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High-one [RP Solo] [Terminé]
 Scientifique Mécanicien
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Scientifique Mécanicien
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MessageSujet: High-one [RP Solo] [Terminé]   Lun 6 Oct - 21:36



Les cris. L’avertissement de Linord. Une femme qui hurle, et puis plus rien. Le noir total. Elle s’était sentie projetée le long de la piste de danse, heurtant chaises et tables au passage. Puis sa longue agonie s’était arrêtée lorsqu’elle avait percuté le mur, la joue douloureuse, l’esprit trouble. Son corps était retombé comme une vulgaire poupée de chiffon. Elle avait senti qu’une de ses dents était cassée, et que sa gencive saignait abondamment. Etait-ce normal qu’on puisse perdre autant de sang ainsi ? Puis, pire que tout, elle avait entendu Curl’ crier. D’un petit cri pitoyable, comme le miaulement d’un chaton qu’on torture. Cette plainte lui avait serré le cœur, et elle avait voulu se relever pour se diriger vers son Pokémon et le protéger. Mais elle en avait été incapable. La poitrine gonflée d’émotion, elle avait voulu pleurer. Mais ça non plus, elle n’en était même plus capable. Elle avait fait tous les efforts du monde, mais déjà son esprit s’évaporait. Comme si elle n’aspirait qu’à dormir. Tiens bon. Tiens bon ! Mais la douleur avait eu raison d’elle, et elle s’était laissé porter. Après tout, que pouvait-il arriver de pire ?

***

Le bruit de l’ambulance. Les lumières qui clignotaient et lui faisaient voir des taches blanches. Elle avait beau avoir les yeux fermés, toute cette agitation lui agressait les rétines. Elle sentait qu’elle roulait à toute vitesse, comme si elle était allongée sur un brancard et qu’on la poussait. Des voix confuses autour d’elle qu’elle ne put distinguer ; était-ce des infirmières ? Puis, soudainement, la sensation s’arrêta. Elle était immobile, allongée sur cette civière qui ne bougeait plus. Elle sentit vaguement la main de quelqu’un chercher la sienne, et la serrer, en tremblant. Si elle avait été plus consciente, elle aurait reconnu celle d’Amaoka. Mais déjà les infirmières repoussaient le garçon pour pénétrer dans le bloc d’urgence. Alors, la petite main chaleureuse au travers duquel toute l’inquiétude du monde passait la relâcha, et elle fut amenée loin d’elle. Un masque fut plaqué sur son visage, et elle inhala quelques vapeurs. Elle avait l’impression de s’étouffer, mais bientôt, elle ressentit une torpeur inhabituelle s’emparer d’elle. Les taches de lumière disparurent alors, et elle tomba profondément endormie…

***

Elle se réveilla en sursaut, d’un sommeil sans rêves. Avait-elle dormi une minute ? Une heure ? Une journée ? Elle avait totalement perdu la notion du temps, et elle eut peur d’ouvrir les yeux. Que découvrirait-elle lorsqu’elle le ferait ? Le monde n’était-il que chaos ? Elle prit une petite inspiration. Un… deux… trois… Ses yeux mordorés s’ouvrirent, et elle cligna deux fois à cause de la lumière vive au-dessus d’elle. Un goût de fer lui donna la nausée, et elle toussota en mettant par réflexe sa main devant sa bouche. La douleur qui irradia le long de son bras faillit la désarçonner, et elle s’allongea, haletante. Où était-elle ? Le plafond était blanc, et une odeur de médicaments flottait dans l’air. Elle n’était plus dans la salle de réception où cette horrible scène s’était produite. Elle sentait son corps douloureux, comme si elle avait couru un marathon la veille. Elle fit un effort pour faire courir ses yeux ambrés le long de la pièce, et compris où elle se trouvait ; un hôpital. L’hôpital de la ville, très certainement.
Prudemment, elle bougea ses doigts pour s’assurer qu’ils fonctionnaient bien. De ce côté-là, aucun soucis, et elle arrivait même à serrer le poing sans avoir mal. Bien qu’elle n’ait presque aucune force pour le faire. Avec milles précautions, elle tâta son ventre. On lui avait ôté sa robe de soirée au profit d’une tenue réglementaire de malade. Pyjama blanc en toile. Bizarrement, elle se sentit rougir qu’on l’ait déshabillée. Comme si c’était le moment de penser à ça !

Sa main se souleva alors pour toucher sa joue ; celle où le Métalosse lui avait asséné le coup. Un énorme pansement lui recouvrait une bonne partie du visage, et elle le frôla du bout des doigts pour ne pas raviver la douleur. Elle sentait que l’anesthésie avait cessé de faire son effet, et elle lâcha une plainte pitoyable. Elle toussa alors de nouveau, et se rendit compte qu’on lui avait mis des compresses dans la bouche ; probablement pour arrêter les saignements de sa gencive.
Les yeux brouillés par les larmes, elle se tourna sur le côté et vit une petite table métallique à roulettes, sur laquelle étaient disposées ses Pokéballs. Il y en avait uniquement 5. Un vent de panique l’agita, et elle voulut se relever, mais n’en eut pas la force. Curl ! Où était-il ? Etait-il en si mauvais état qu’on n’avait même pas pu le ramener avec elle ? Des larmes roulèrent sur ses joues, humidifiant son pansement. Bordel. Pourquoi les choses s’étaient-elles passées ainsi ? Que lui était-il arrivé ? Curly ! Son petit Curly… Elle leva sa main en rassemblant toutes ses forces, et tira sur la sonnette d’alarme pour faire venir une infirmière. Ses mains étaient bandées, de même que ses bras, mais elle ne s’en préoccupait même plus. Pep’. Curl. Amaoka. Ymir. Que leur était-il arrivé ? Où étaient-ils tous ?

Après une attente qui parut une éternité, une infirmière vint s’occuper d’elle. La jeune femme aux cheveux roses et au sourire bienveillant lui demanda comment elle allait, puis s’approcha d’elle et lui posa doucement une main sur la tête. Cleve ferma les yeux et tenta de chasser ces fichues larmes qui lui brouillaient la vision, mais elle n’y parvint pas. « Où… » commença-t-elle avec une voix éraillée, avant de tousser plusieurs fois et de sentir à nouveau ce goût de sang se répandre dans sa bouche. « Calmez-vous… » lui dit l’infirmière d’une voix apaisante, en lui faisant ouvrir la bouche et en épongeant doucement le sang avec la compresse. Cleve ferma un œil sous le coup de la douleur, et l’infirmière vérifia rapidement son état avant de remettre une autre compresse propre. « Vos Pokémon sont en sécurité… Enfin… Le Lokhlass est dans la salle d’attente, et le Psystigri est dans un autre bloc opératoire. » -puis, voyant que Cleve avait brusquement réagit à cette dernière phrase, elle continua- « Mais ses jours ne sont pas en danger, ne vous inquiétez pas. Nous allons tout faire pour le remettre en état. Ça prendra un peu de temps, mais on vous le ramènera au plus vite… »

Cleve ferma les yeux. Elle ne savait pas si elle devait être soulagée ou non. Les jours de Curl n’étaient pas en danger… mais dans quel état devait-il être pour être encore au bloc opératoire ?
« Le jeune garçon qui était avec vous a été raccompagné à la Pokémon Community. » lui indiqua l’infirmière. « L’événement s’est déroulé il y a deux jours, alors il a été reconduit à l’académie dès la première heure, hier. Il a eu le droit de rester en salle d’attente toute la nuit, mais on ne pouvait pas le garder plus longtemps. Monsieur le Maire adjoint va très bien ; quoi qu’il soit un peu sonné. »
Le Maire adjoint… Au moins, Amaoka et lui n’avaient pas été blessés. On ne pouvait pas dire que la mission avait été une réussite, mais au moins, on avait évité la grosse catastrophe. La rousse s’enfonça un peu plus sur son oreiller. « Vous devriez vous reposer un peu… Il est 23h, dormez encore jusqu’à demain au moins, et nous verrons si vous pouvez retourner à l’académie. En attendant, n’hésitez pas à m’appeler si vous avez besoin. »

Un sourire de l’infirmière plus tard et Cleve avait déjà replongé dans le sommeil.

***

Le lendemain, elle se réveilla aux alentours de 10h. Elle se sentait toute étourdie, comme si elle avait dormi bien trop longtemps. Mais les soins avaient été efficaces, et elle put effectuer plusieurs mouvements sans sentir d’engourdissements. Une infirmière vint la voir à 11h et elle l’examina rapidement avant de lui dire qu’elle pouvait retourner à l’académie, mais qu’elle devrait rester alitée dans l’infirmerie au moins une bonne semaine, le temps que son corps se remette des chocs. Et surtout, il lui fallait beaucoup de repos ; impossible d’assister à des cours dans cet état-là, elle avait besoin de dormir ! Deux heures plus tard, Linord vint la chercher en compagnie du Vice-Directeur Rivardi. Cleve leur adressa un sourire gêné tandis que des infirmiers transportaient sa civière dans une grande voiture qui n’avait rien d’une limousine –dieu merci, les banquettes pouvaient être rabattues pour transporter des malades !-. On lui remit ses six Pokéballs, et elle les tint toutes contre sa poitrine, les serrant contre son cœur. Peppéroni seul avait eu le droit de rester hors de sa Pokéball, et il prenait à lui tout seul une bonne partie du coffre, la tête sur la civière de sa dresseuse, les yeux remplis d’inquiétude.

« Je vais bien, Pep… » murmura Cleve en caressant la tête de son ami avec sa main couverte de bandages. Elle allait bien. Elle était vivante. Et ses Pokémon aussi. Mais pour autant, elle ne pouvait pas dire que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Elle ne savait même pas dans quel état était Curl, et cette pensée l’obsédait. On lui avait dit qu’il allait mieux, mais qu’il n’avait pas pu retrouver son état initial… Qu’est-ce que cela voulait dire ? Pour autant, elle avait peur. Elle était effrayée à l’idée d’ouvrir cette Pokéball et de voir ce qu’il en ressortirait. Son Psystigri mutilé ? A jamais défiguré ? Portant les affreux souvenirs de ce combat qu’ils avaient perdu ? Silencieusement, Cleve se mis à sangloter, tandis que Rivardi regardait par la fenêtre, et que Linord faisait semblant de ne pas la voir pleurer dans son rétroviseur…

***

On la déposa dans l’infirmerie. Par chance, les cours avaient repris et personne n’était là pour la voir passer à travers le Parc. Pas de questions gênantes, bien que la nouvelle allait sûrement se répandre comme une trainée de poudre dans l’école. Après tout, tout se savait toujours dans cette académie… Pour le moment cependant, Cleve jouissait d’une journée de tranquillité avant que ne se déchaînent les visites. Elle avait envie de recevoir des visites, évidemment ; Ikiala, Amaoka, Djelly, Allen, et tant de personnes qu’elle aurait aimé voir. Mais pour le moment, elle souhaitait juste être seule.
Rivardi et Linord la déposèrent là, et la laissèrent aux bons soins de l’infirmière Needle. Celle-ci marmonna contre les mauvais traitements qu’on infligeait aux élèves en mission, et elle tira les rideaux autour du lit de Cleve. Une boîte de chocolat de la part de Linord avait été déposée sur l’unique table de chevet qui meublait son petit espace vital, et la jeune fille caressa le papier argenté du bout des doigts.

Peppéroni couina et la regarda de ses grands yeux bleus, ce à quoi la rousse répondit par une caresse sur le cou. « Merci de t’être inquiété, mon plus cher ami… Mais est-ce que tu peux me laisser seule une minute ? Peut-être pourrais-tu aller te chercher un Baba au Rhum dans le réfectoire, non ? Tiens, je te laisse quelques jetons, les Pokémon de Mama Odie te comprendront forcément… » murmura-t-elle au Lokhlass, qui acquiesça et sortit de la pièce dans un bruissement de nageoires.

Seule. Derrière ces rideaux blancs, Cleve était terrorisée. Les yeux fatigués, elle regarda la Pokéball qu’elle avait devant elle, et serra ses doigts autour jusqu’à en faire blanchir ses jointures. Puis, dans un mouvement presque machinal, elle pressa le bouton blanc au centre du mécanisme, et une lumière rouge s’en échappa. La forme qu’elle avait devant elle était bien familière, mais dès que les lueurs se furent éteintes, l’expression de Cleve se figea. « Oh, Curl… » gémit-elle en tendant les bras vers son Pokémon et en passant ses doigts dans sa fourrure grise et duveteuse. Elle n’eut même pas le courage de le serrer contre elle comme elle le faisait si souvent, car elle avait l’impression de ne pas en avoir le droit. Elle tremblait de tout son corps, et des larmes coulèrent abondamment sur son visage. Elle sanglota, tandis que le Psystigri la regardait de son même regard inexpressif. Celui qu’il avait toujours eu. A l’exception près qu’à l’endroit où devait se trouver son œil gauche, une orbite vide lui faisait face.

Il avait perdu un œil dans la bataille.

« Je… je suis désolée… » sanglota Cleve, le corps secoué de tremblements incontrôlables. Ses doigts se pressèrent plus sur la fourrure de son Psystigri, et celui-ci s’approcha d’elle de ses petites pattes de chat. Puis, se blottissant contre la poitrine de sa dresseuse, il ronronna avec puissance et ferma son unique œil, semblant apprécier ce moment. La rousse resta ainsi à pleurer pendant une dizaine de minutes, serrant son Pokémon contre elle, tandis que la journée continuait de s’écouler. Elle s’en était rendu compte quand elle s’était réveillée à l’hôpital. Son monde à elle avait beau s’effondrer, le reste continuait de tourner, indifférent. Et comme toujours, il lui faudrait se relever. Se relever après cette chute.

« Je te promets que je te protègerai toujours, à partir de maintenant… D’accord Curl ? » dit-elle à son Psystigri, en le regardant intensément. Le petit chaton essuya la larme qui perlait au coin de son œil, puis il miaula pour signifier son approbation. « High-one ? » demanda Cleve avec un demi-sourire. Puis, tendant son doigt, elle toucha la petite patte tendue de son Pokémon. Rien ne s’arrêtait là. Ils allaient continuer, encore et encore. Et ils allaient tout faire pour que cette situation ne se reproduise plus jamais…
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