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Quatre heures trente du matin. (solo - terminé)
 Pokéathlète Espion
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Pokéathlète Espion
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MessageSujet: Quatre heures trente du matin. (solo - terminé)   Ven 17 Oct - 15:02




Les gens en blouse blanche entouraient ma dresseuse. Sur leurs visages d’humains, je pouvais lire l’inquiétude. Et je n’aimais pas du tout ça. Le rouquin, Loan quelque chose, celui qui fait si bien le thé, était en train de pleurer, et Grimm n’arrivait pas à le consoler. Elle lui avait enlevé son cache-œil, et pour la première fois, je pus voir ce qu’il y avait en dessous. Un œil, tout simplement. Ah, pas de préservatif alors, comme avait pourtant dit Aileen en riant. Aileen. Mon regard bleuâtre se tourna à nouveau vers ma dresseuse, entourée par des hommes en blanc. Des infirmiers, avait murmuré Grimm dans ma tête. Ils allaient l’emmener à l’hôpital, avait-elle ajoutée. Je ne savais pas ce qu’ils faisaient à ma dresseuse, mais je n’aimais pas du tout ce que je voyais. Tous ces câbles. Ce masque étrange en plastique transparent qu’on lui mettait sur le visage. Le lit sur lequel on la couchait – oui, une civière, merci Grimm. Ils levèrent le lit – la civière, oui – à bout de bras, pour le porter dans leur camion rouge et blanc Aussitôt, je bondis de mon séant pour les suivre. Un de ces humains bizarres tenta de m’empêcher de passer, mais je l’esquivai pour grimper dans le camion et m’asseoir à la tête du lit, posant ma tête duveteuse près de la sienne. Le garçon roux batailla un moment, mais il obtint finalement le droit de monter à l’arrière lui aussi. Il attrapa la main de ma dresseuse pour la serrer doucement, lui parlant pour lui dire des choses que je n’arrivais pas à comprendre. Le langage des humains est bizarre. Et les larmes, ça n’aide pas trop, aussi. Je voulus caresser ma dresseuse du bout de la truffe, mais je ne rencontrai que le plastique puant, qui devait absolument tenir en place. Ma dresseuse allait peut-être mourir. J’allais me retrouver tout seul … Mais qu’est-ce que j’allais bien pouvoir dire à Ellie, et à ces deux œufs qui dormaient sur son bureau ? Je ne voulais pas d’un autre dresseur. Aileen avait été la première. La meilleure. L’unique. Tournant un peu la tête, je collai un léger coup de langue râpeux sur la joue de Loan, qui avait appuyé sa tête contre le lit pour pleurer. C’est pas ta faute.

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L’hôpital. Grand bâtiment blanc à l’odeur étouffante. Encore plus désagréable que l’infirmerie de cet endroit qu’ils appellent école. Loan avait été obligé de lâcher la main de ma dresseuse, et j’avais été obligé de laisser passer tous les humains en blanc avant de pouvoir descendre du camion et courir derrière eux. Une humaine à l’accueil sembla hurler quelque chose qui ressemblait à « Pas de Pokémon en liberté dans les couloirs ! ». Je l’ignorai pour continuer ma course derrière les gens en blanc, derrière le lit où ma dresseuse était couchée. Je ne la laisserai plus hors de mon regard. Trois secondes avaient suffi, trois petites secondes où je l’avais lâchée des yeux pour attaquer le Cizayox, et elle s’était retrouvée les mains dans l’eau, électrocutée par un Ohmassacre. Celui-là, si je le retrouvais … Aileen aurait de quoi se faire des sushis pendant plusieurs mois. Si elle survivait. Loan continuait à suivre les humains, moins rapidement que moi, qui avais réussi à me mettre à la hauteur du lit pour rester aux côtés de mon humaine. Loan posait des tas de questions. Des questions sans réponse, ou s’il y en avait, je ne voulais pas les entendre. Va-t-elle s’en sortir ? Comment va-t-elle ? Est-ce qu’elle respire ? Elle va survivre, oui ou merde ?! Un des humains eut la stupidité de lui répondre d’une voix un peu trop négligente, trop concentrée sur sa patiente. Il n’aurait pas du.

« Écoutez, pour le moment son pronostic vital est engagé, on ne – »
« COMMENT CA, SON PRONOSTIC VITAL EST ENGAGÉ ?! »

Le garçon roux sauta à la gorge de l’humain, et j’hésitai. Rester avec ma dresseuse ou empêcher ce crétin de tuer quelqu’un qui pouvait la sauver ? Mais si je perdais Aileen des yeux, je … Grimm lança un Choc Psy brutal sur son dresseur, le faisant tituber, et il fut vite immobilisé par des humains qui sortaient des pièces à côté. Grimm hocha la tête dans ma direction, et je filai en courant à la suite de la civière, les hurlements de Loan s’estompant dans le couloir. Il voulait venir, savoir comment elle allait. Quelle idiot … Comment ma dresseuse pouvait-elle s’intéresser à un crétin pareil ? Le thé ne faisait pas tout, quand même ! Mon humaine fut poussée dans une pièce, et on m’en interdit l’accès. QUOI ?! Je grondai et je jappai, refusant de laisser ma dresseuse toute seule. Mais le lieu devait rester, comment ? Stérile ? Je ne connaissais pas ce mot. Mais soit. Je me couchai à côté de la porte, la tête sur les pattes. J’étais un peu blessé, moi aussi, mais je resterai ici jusqu’à ce que ma dresseuse sorte. Le temps passait. Trop lentement. Mais on finit par faire sortir ma dresseuse, me réveillant d’un bond, comme si je n’avais pas dormi.

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Biiiip biiiip biiiip … Ce bruit de machines était insupportable et effrayant. Sans nul doute, leur bazar allait finir par la réveiller, comme il m’empêchait de dormir. Il était bientôt quatre heures trente du matin, et mon regard bleuâtre fixait ma dresseuse avec espoir. Quatre heures trente … L’heure où elle se réveillait pour partir se préparer avant le sport du matin. Quatre heures trente … Allez, ouvre les yeux, par pitié … Trente-et-un. Ma tête retomba sur mes pattes et je poussai un soupir déçu. Elle ne se réveillerait jamais. Loan était parti à contrecœur, ayant peur qu’elle ouvre les yeux quand il n’était pas là. Il avait emmené Aurum avec lui, le personnel de l’hôpital lui ayant demandé de « prendre les Pokémon de sa petite amie ». Il avait tendu ma Poké Ball vers moi. Mais j’étais resté là, le fixant de mon regard saphir très calme. Trois tentatives. Trois échecs. J’avais refusé de communiquer avec Grimm. Et j’étais resté. J’étais resté éveillé toute la nuit, surveillant le ballet incessant des humains tournant autour de ma dresseuse pour chercher son pouls, changer un ballon d’eau à la tige en métal à côté d’elle, prendre sa température, et s’en aller, pour revenir deux heures plus tard. J’avais vu le soleil se lever timidement, puis un peu plus franchement, et la silhouette de Loan s’approcher de l’hôpital. Alors je m’étais levé, pour appuyer ma tête sur le bras de ma dresseuse, et lui murmurer en jappant que son rouquin arrivait. Elle ne répondit pas, même pas quand il rentra dans la chambre quelques minutes plus tard, pour s’asseoir à côté d’elle et lui attraper la main.

« Réveille-toi, Aileen … S’il te plaît … »

Il y avait quelqu’un d’autre avec lui. Grande cape sympathique, cheveux noirs ébouriffés, regard bleu-gris … Orren. Qui semblait avoir autant dormi que moi. Orren me caressa doucement la tête, avant de s’asseoir à côté de Loan. Ils restèrent là toute la journée, immobiles et silencieux, ne se levant que quelques fois pour revenir un peu après, à tour de rôle. Aucun des deux ne m’oublia pour le midi, pensant à me prendre des baies. Je n’avais même pas remarqué à quel point j’étais affamé. Le soir venu, ils s’en allèrent. Mais ils revinrent les jours suivants, toujours à la même heure. Ce n’est qu’au bout du troisième jour que ma dresseuse ouvrit enfin les yeux. J’avais perdu tout espoir de la revoir un jour, et pour lui faire un dernier adieu, je m’étais couché sur elle, calant ma tête dans son cou pour respirer une dernière fois son odeur. Alors que je m’endormais tout doucement contre elle, je la sentis remuer. Je levai la tête, plein d’espoir, et la vis ouvrir un œil fatigué. Le second suivit peu après. Puis ses bras se refermèrent tout doucement autour de mon cou, et je me blottis contre elle, si puissamment heureux que j’avais l’impression que mon cœur allait exploser.

« Hey, mon Sphaxou … Je t’ai manqué ? »

Oui. Beaucoup trop. Ma truffe se perdit dans sa chevelure, et je respirai avec bonheur son odeur tant aimée. Ma dresseuse s’était réveillée. Et quand je levai les yeux vers l’horloge, je faillis presque éclater d’un rire nerveux.

Il était quatre heures trente du matin.

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aileen sôma
I messed up tonight, I lost another fight, I still mess up but I'll just start again, I keep falling down, I keep on hitting the ground, I always get up now to see what's next. Birds don't just fly, they fall down and get up, Nobody learns without getting it wrong.
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