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La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes
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MessageSujet: La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes   Jeu 28 Mai - 20:49

Je sentais toujours ma joue qui chauffait, quelque part dans le lointain. C'était à cause d'Epona, il m'avait léché la joue, avant que je ne perde conscience, rassurée par... la silhouette d'Allen, venu veiller sur moi, pour s'excuser sans doute. Les yeux toujours clos, je n'osais pas trop bouger. Si je les ouvrais, serait-il encore là? Probablement pas. J'avais fait toute une chute et mes jambes m'élançaient maintenant, sans parler de l'arrière de mes cuisses qui, plus que ma joue encore, chauffait. À chacun de mes mouvements, j'avais l'impression d'en sentir la peau qui se tirait, qui chauffait un peu plus à cause de ces satanées éraflures. Mon bras gauche, bien qu'affaiblit par mon état général, ne comptait rien de plus que quelques éraflures lui aussi, tout allait bien de ce côté là. Ce qui m'inquiétais le plus, c'était mon bras droit. Il me faisait tant souffrir que je ne savais plus comment le placer, je n'osais pas l'appuyer nul part et encore moins bouger mes articulations. Je ne suis peut-être pas une experte, mais je n'aurais certainement pas été surprise si l'on m'avait dit qu'il était cassé maintenant. En même temps, une chute à cheval, un faceplant et une glissade en bord de mini-falaise, tout avait joué en ma défaveur. Il aurait bien fallu un miracle pour que je m'en sortes indemne. Et puis, je ne vous parle pas du mal de tête. Pulsation sourde et régulière, appuyant sur mes tempes de manière presque rythmée, comme battant la mesure. Ma gorge était sèche, presque aride. Avaler le peu de salive qui me restait revenait à nettoyer l'endroit à l'acide, j'aurais bien tout donné pour une bouteille d'eau. Et il faisait si humide. Mes vêtements me collaient au corps de la plus inconfortable des façons, accompagné d'une chaleur désagréable et d'un air plat, sans la moindre bourrasque. Il n'y avait que le brouillard, lourd et oppressant, me surveillant incognito. Parfait tout ça, vraiment parfait. Et comme s'il ne manquait plus que ça dans la colonne de l'inconfort, toute l'eau que j'avais bu entre le ferry et ici commençait à peser. J'avais cru pouvoir tenir jusqu'au bateau, mais j'allais probablement devoir trouver une autre alternative plus rapidement car dans cet état, je n'étais pas près d'y être. Et cette fichue roche qui me rentrait dans le dos, comme s'il ne me faisait pas assez mal comme ça. Le moindre mouvement semblait empirer la situation alors que ce pointu rocheux me malmenait. J'aurais de loin préféré tomber dans une pile de foin, à la mode des assassins, mais j'allais devoir revoir mon leap of fate.

▬ Bonjour? Tu es encore vivante ou tu es un zombie qui attends que je passe pour me faire peur?

Mais quelle question étrange. Enfin, peut-être pas tant que ça, c'est vrai que c'était un gros cliché, mais vu ma situation actuelle, ça n'en était pas moins très loin de m'amuser. Et quel genre d'idiote irait dire un truc pareil à voix haute? Quel genre d'idiote aurait tout simplement des pensées de ce style là? Je devais tenter d'ouvrir les yeux et, malgré tout le flou, la fatigue et la brume, je devais voir. D'autant plus que la voix m'était familière d'une façon ou d'une autre, tout en étant étrangère. C'est comme de s'entendre parler dans un enregistrement, ce n'est jamais pareil. Aller, encore un effort... Des converse rouges, comme ceux que j'avais avant. Je remontai, des vêtements quelconques, bien que possédant une touche de féminité, et des mèches de cheveux bruns qui lui tombaient sur les épaules. Je n'arrivais pas à voir son visage, mais je sentais son regard qui me détaillait toujours.

- Pas un zombie... J'ai besoin... D'aide, s'il-te-plait...

J'avais réussi à parler malgré ma voix éreintée, malgré le désert dans ma gorge et malgré les lames de rasoir qui semblaient titiller cette même gorge. Elle m'avait entendu, au moins. Enfin, je crois, puisqu'elle se mit à rire. Ce n'était pas un rire méchant, il ne sonnait pas comme telle, mais plutôt un rire sincère, vraiment amusé. J'aurais préféré qu'il soit méchant, parce que quelque part j'aurais pu comprendre. Ça aurait juste pu être une mentali heureuse de me voir dans cet état et qui se moquait. Mais qui peut bien rire de bon coeur devant quelque chose comme ça? Qui serait assez sadique, ou alors assez déconnecté de la réalité, pour être heureux jusqu'à en rire dans un moment comme ça? Une fois de plus, je tentai de la regarder, de voir son visage, mais il semblait se fondre dans la brume. Je voyais ses traits sans les voir. Mes yeux les voyaient, mais mon cerveau refusait de me laisser comprendre et je me retrouvais à la fixer sans raison, avec autant d'insistance que je pouvais, me maudissant intérieurement.

▬ Et maintenant tu attends que quelqu'un vienne te sauver, c'est ça? Parce que tu ne peux rien faire d'autre? C'est devenu ça, Estelle Elizabeth Highwind? C'est devenu ça, Ellie?

Quoi? Mais comment connaissait-elle ce surnom? Il n'y avait que ma famille et Leo qui étaient au courant, normalement. D'où pouvait bien sortir cette fille? Comment savait-elle et pourquoi se moquait-elle comme ça au lieu de m'aider? J'essayai de tendre ma main valide vers elle, pour l'attraper peut-être, pour lui demander d'arrêter son cirque, pour simplement faire quelque chose, mais elle était complètement hors de portée. Elle était à la fois trop loin et beaucoup trop près. Elle était un mystère.

- Comment?

▬ Comment tu es devenu ça? Bonne question. Je pensais que tu voulais faire tes preuves, que tu cherchais un moyen d'être utile, de devenir quelqu'un. Je pensais que tu voulais avoir l'air classe et débrouillarde devant Allen. Que tu voulais prouver que les mentaliennes pouvaient--

- Allen est parti! Ne me parle pas de lui, tu ne sais rien! Qui t'es et qu'est-ce que tu me veux?!

▬ Tu es devenue ce que tu redoutais le plus. Tu es devenue une publicité ambulante pour le dortoir mentali avec ton énorme chevelure rose, parce que c'est tout ce que tu as trouvé pour attirer l'attention. Tu as abandonné ta personnalité, t'es devenue une rose comme les autres, parce que c'était plus facile pour toi comme ça. Paresseuse, égoïste! Je ne serais jamais restée assise à avoir l'air misérable en attendant que quelqu'un vienne m'aider!! Tu es tellement centrée sur toi-même que tu as complètement oublié le plus important!! C'est ça que t'es maintenant, une égoïste mentali, mais ce n'est pas si grave, vu que tu fais de sport maintenant, non? C'est ce que tu te dis pour te sentir mieux que les autres plouffes? Mais c'est faux, tu es la princesse qui attends dans un autre château, la pauvre idiote plutôt que la protagoniste. Pire, tu n'as même pas eu la force de l'attendre, ton prince! Tu n'es plus moi!

Je ne serai jamais comme ça!!

Un duo de voix indignées, pareilles, mais qui sonnaient différentes dans mon oreille. Et je frissonnai. Je n'avais plus besoin de la regarder pour savoir, plus besoin de me poser la moindre question. Je savais que ses yeux avaient des iris chocolatés, que ses lèvres portaient un sourire malicieux et que ses traits malléables pouvaient s'agencer à la moindre émotion caricaturale, la moindre parodie de manga. Je savais que ses cheveux n'avaient pas cette couleur brun-roux de façon naturelle. C'était la teinture. Elle les voulait bruns, mais les reflets de sa vraie couleur lui donnaient l'air rousse, sous certains éclairages. Elle l'avait fait pour ne plus qu'on lui demande sans cesse si elle était une Joy, parce qu'elle ne savait pas, parce qu'elle n'aimait pas que l'on voit juste ses cheveux et plus la fille en dessous. Elle l'avait fait parce qu'elle voulait valoir plus que ça, parce qu'elle voulait que les gens retiennent son nom plutôt que ses cheveux. Parce qu'elle n'était pas confiante en qui elle était, mais bien en qui elle voulait devenir. Et d'une façon ou d'une autre, j'étais devenue une déception pour cette jeune fille au visage enfantin, parce que j'oubliais quelque chose. Pire, j'oubliais le plus important. J'étais devenue égoïste. Et elle tourna les talons, je pouvais voir les converse rouge s'éloigner dans le sol meuble de la forêt, je devinais ses boucles brun-roux qui ondulaient dans son dos.

- Qu'est-ce que j'ai oublié? Estelle! Ellie, ne pars pas, dis moi ce que j'ai oublié!

Elle s'immobilisa et, finalement, se tourna vers moi avec un sourire désolé. Je pouvais la voir, enfin. Je la voyais comme dans un miroir, comme une réflexion de mon passé. Une année à peine nous séparait l'une de l'autre. Une seule, et pourtant j'avais changé à ce point? Mon visage avait maigrit depuis, mes cheveux étaient plus longs, mon regard ne brillait plus autant, ma malice s'était atténué et ma personnalité flamboyante était devenue rose, moins piquante. D'astre solaire, j'étais devenue simple étoile. Et ce soleil m'aveuglait autant qu'il me réchauffait alors que ses yeux de chocolat étaient bienveillants, mais compatissants.

▬ Dis moi ce qui compte le plus pour nous, ensuite je te dirai ce que tu as oublié.

Ce qui comptait le plus? Mais tant de choses comptaient pour moi! Ma famille, mes amis, mon équipe Pokémon, la réussite, devenir quelqu'un de bien, les mêmes trucs que tout le monde quoi. Mais ça ne me semblait pas suffisant. Il devait y avoir quelque chose de plus. Quelque chose de tellement important que, même à un cheveux de l'inconscience, mon réflexe avait été d'appeler son prénom, pour qu'il vienne m'aider. Mais j'avais oublié le plus important. J'avais oublié quelque chose de fondamental. Quelque chose que j'aurais du venir arriver gros comme un Wailord. Quelque chose qui me donna envie de vomir, de me maudir. Comment avais-je pu oublier. Comment avais-je pu être aussi centrée sur moi-même?!

- Léonidas... Qu'est-ce que Leo... Va voir dans la brume... Ce n'est pas moi qui ai besoin d'aide. Par Arceus...

Mon souffle s'était coupé et mes paupières commencèrent à battre, comme pour lutter contre la poussière. J'avais eu une vie ordinaire. D'accord, j'avais perdu ma mère très jeune, mais j'étais en paix avec cela maintenant que je l'avais partout avec moi, en son ancien médaillon. Il y avait eu Allen et il m'avait fichu une bonne frousse, assez pour me faire glisser, en jouant avec mes peurs, mes regrets et ce qu'il me resterait toujours d'amour pour lui. Mais mis à part ça, mis à part que je n'étais pas devenue celle pour qui j'avais travaillé si fort, il n'y avait que des chimères. Des monstres empruntés à mes jeux vidéos, des craintes absurdes et clichées, biaisées par ma culture populaire. Mais imaginons que je sois arrivée à la Pokémon Community avec une grande aversion pour les Pokémon, point sur lequel j'aurais travaillé durant des mois et des mois encore. Si au moment où j'avais enfin réussi à les aimer et à m'en faire une famille, des membres de la team rouage étaient venus tous me les arracher? Si je m'étais retrouvée presque seule, du jour au lendemain, avec une blessure au coeur et au corps qui avait nécessité des mois de rétablissement et que, malgré tout, je devrais porter le symbole même de mon échec devant les yeux à chaque jour qu'Arceus faisait? Qu'est-ce que là, j'aurais vu dans la brume?

Et j'avais réussi à oublier ça. Parce que pour moi, Leo était fort, il était intelligent et il n'avait jamais failli. Toujours il avait été là, toujours il m'avait sourit et toujours j'avais été à l'aise à ses côtés. J'arrivais même parfois à oublier ses lunettes, parce que nous pouvions, entre nous, communiquer d'instinct. Il était quelqu'un de normal pour moi, voir mieux. Il était mon meilleur ami, mon confident, mon partenaire dans le crime, mon monsieur Blackhart, celui pour qui mon coeur avait eu un battement infidèle. Comme si je l'avais toujours connu, comme si nous avions toujours été ensemble et comme si nous étions condamnés à l'être toujours alors que l'amour avait lentement et sournoisement tissé sa toile. Jamais dans cent ans aurais-je seulement réussi à penser à lui comme à un infirme. Et c'est comme ça que je m'étais piégée, que j'avais été trop optimiste, que j'avais oublié la dure réalité, parce que c'était plus facile. Parce que j'étais devenue égoïste. Je me mordis la lèvre inférieure, dégoûtée. Dire que mon réflexe avait été de vouloir l'appeler à l'aide. On est loin de Sarah Connor ma p'tite demoiselle. Je portai mon pouce et mon index à mes lèvres, ne bronchant pas lorsque le goût de la terre humide vint se loger sur ma langue avec poussière et un arrière-goût de sang, merci les roches et ma chute d'un peu plus tôt. Puis, je sifflai, aussi fort que je le pouvais, espérant que mon étalon de feu reviendrait au galop. Arceus merci, c'est ce qu'il fit. Claudiquant certes, mais toujours fidèle au poste, sa mine fatiguée faisant route vers moi jusqu'à ce que son museau vienne affectueusement farfouiller dans ma chevelure rose, ses puissantes expirations de cheval soufflant sur mon visage en brume chaude.

- Tu as fait du beau travail, Epona. Je suis fière de toi, mais maintenant il me faut mon sac. Tu sais où il est?

Le cheval de feu me délaissa, se dirigea un peu plus loin sur ma gauche et grimpant quelques rochers pour récupérer mon sac, rendu invisble d'où j'étais par l'angle et les hautes herbes. D'ailleurs, n'avais-je pas un oeuf là-dedans?! Epona revint, portant son butin par une sangle, coincée entre ses dents, et il déposa le tout à mes côtés. De la main gauche, je cherchai dans le sac, faisant bien attention à mon autre bras, pour ne pas le bouger. Bingo! J'extirpai une pokeball et l'ouvrit, laissant le rayon rougeoyant dessiner une forme ronde et très rose, aux grands yeux bleus et mécontents. Oui bon, j'allais encore me faire materner, mais plus tard. De toute façon je souffrais déjà bien assez, pas besoin de qui que ce soit pour savoir que j'avais été inconsciente, que c'était dangereux et que je ne devais plus jamais refaire ça.

- Assure toi que l'oeuf va bien. C'est le plus important. Après il faut que tu m'emportes la trousse de premier soin, on doit faire quelque chose pour ce bras.

Le verdict tomba rapidement, la coquille était intacte et le Pokémon dedans allait sans doute très bien. Arceus bénisse ce sac, je ne me serais jamais pardonné une tragédie comme celle-là. Ce problème hors de notre chemin, mon assistante vint m'aider à immobiliser mon bras et à le bander. Plus qu'à utiliser ce truc dont j'oubliais toujours le nom, passant le tissu blanc derrière mon cou, puis laissant reposer mon bras meurtris dans le tissu. Vous voyez sans doute de quoi je veux parler, les gens dans le plâtre ont souvent ces trucs. Enfin, je perds mon temps, ces mots précieux passés à vous décrire tout ça pourraient plutôt servir à retrouver Leo!

- Maintenant libère Shaw et Sephiroth pour moi. Shaw devra morpher Epona, il a fait de son mieux, mais il ne pourra pas me porter avec une patte blessée. Sephiroth et toi m'aiderez à monter. Tu utiliseras voeu sur moi pendant la chevauchée et Sephiroth nous protégera des illusions de la brume et des Pokémon sauvage. Allons y, je ne serai pas tranquille tant que je ne serai pas certaine qu'il va bien.

Et c'est ainsi que je du me lever avec maintes plaintes de douleur, serrant les dents alors que mes Pokémon m'aidaient à prendre place sur Shaw, le ponyta imposteur. Iggy vint ensuite s'asseoir devant moi, avec l'aide de notre spectre de service, et nous voilà fin prêts. Je refermai mon bras gauche autour de ma grosse boule rose, pour ne pas tomber, et c'est ainsi que débuta mon combat. Ne pas refermer les yeux, rester éveillée. Chaque pas du cheval sous moi se répercutait dans le bas de mon dos en éclairs de douleur, surtout au niveau des reins. Bon sang que c'était désagréable ces conneries. J'étais épuisée et j'avais mal partout, je n'avais toujours pas réussi à boire ou à traiter mes blessures mineures, mais je devais rester pleinement consciente. Je ne devais pas...fermer les yeux...juste un petit deux minutes... Allez, au moins je suis en route, non? Et d'où viens cette silhouette qui guide Epona? Oh, peu importe, je peux lui faire confiance. Parce que c'est sa veste ça, non? Juste un peu de repos, je peux bien me permettre ça...
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MessageSujet: Re: La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes   Mar 16 Juin - 23:18

Ginji Labelvi
      Feat. Estelle Highwind



«  La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes »


Le brouillard est vraiment épais, et je peine à mettre un pied devant l'autre sans risquer de chuter à cause d'une branche traîtresse ou d'un sol boueux. Il faudrait sérieusement demander au rectorat quel est le critère de sélection des îles pour les sorties captures... Je me demande parfois s'ils sont vraiment conscient des risques qu'ils nous font prendre. Peut-être bien qu'ils en sont conscients, et qu'ils font tout ça dans le but de nous former ? De toute façon je ne sais pas pourquoi je me pose la question, dans la situation actuelle, il me suffit de rallier le bateau et de rentrer à Lansat comme si de rien n'était... Et puis, ce n'est pas non plus comme lors des nombreuses interventions de la Team Rouage durant ma scolarité...

Perdu dans mes pensés, je reviens vite à mes esprits lorsque je sens mon pied gauche partir en avant. Je tombe au sol, ma main se blessant sur quelques gravillons, mais rien de grave. Goldfroy se précipite vers moi et m'aide à me relever, tandis que Tobby et Thibault viennent tous deux s'assurer que je vais bien. Je hoche la tête, secoue la main, puis me tourne vers l'un des Magnéti.

« -Dis moi Thibault... Puisque tu vis sur cette île, tu ne saurais pas m'indiquer un chemin pas trop risqué jusqu'à la plage ? »

La petite sphère de métal baisse les yeux, l'air dépité. Tant pis, je ferai sans... Et puis, tous les chemins mènent à Rome. Je n'ai aucune inquiétude à me faire... Alors pourquoi je ne peux pas m'empêcher d'être anxieux ? Quelque chose me dérange avec cette île.. Toute cette brume... Ce n'est pas la même brume que celle du bois du même nom... Est-ce bien elle qui m'a fait vivre un souvenir d'enfance ? Je me demande par quel moyen... Mais qu'importe.

Je reprends la marche, en tendant mes mains devant moi pour être sûr de ne percuter aucun obstacle. Si je vais tout droit, je vais forcément finir par atteindre la plage, et de là, il me suffira de longer la mer pour rallier le bateau. La stratégie basique de quiconque est perdu sur une île... Dois-je vraiment me considérer comme perdu ? Je pense que maintenant, il n'y a pas de doute possible... Je me suis bel et bien égaré. Je ne suis vraiment pas doué...

« -Je confirme, un vrai minable.  »

Je m'arrête d'un coup, les yeux écarquillés. Non. Ce n'est pas vrai... Pas elle... Pas ici, pas maintenant !

Je me tourne, tout doucement, mes membres pris d'un léger tremblement. Malgré la brume, j'aperçois la silhouette de Suzie à quelques pas de moi. Et la seule chose que je parviens à distinguer correctement... C'est son sourire... Son sourire diabolique.

« -N-n... NON ! Je ne me ferai pas avoir ! Pas encore ! Non ! G-Goldfroy, Tobby, Thibault, venez !  »

Je commence à courir, à toute vitesse, voulant laisser le plus de distance possible entre cette fille et moi-même. Je ne me retourne même pas, je ne veux pas savoir si elle me suit, et si c'est le cas, quelle longueur nous sépare.

« -C'est donc la seule solution que tu trouves face à moi ? La fuite ?  »

Je freine brusquement, lançant un cri horrifié en voyant Suzie qui se tient devant moi. Comment a-t-elle fait aussi vite ?! Sans réfléchir, je repars à gauche, manquant de percuter un arbre, trébuchant sur une pierre, tombant à genoux, me relevant, me remettant à courir, apeuré.

« -Mais où vas-tu Maigrichon ? Tu ne nous attends pas ? Viens jouer avec nous, promis, nous serons gentils.  »

La voix de Yann m'arrache un nouveau cri horrifié. Qu'est-ce qu'il fait là ?! Il devrait être à Rivamar ! Il n'a rien à faire ici !
Je reprends ma course en tentant d'éviter le garçon, mais bien vite il réapparaît devant moi,  bientôt imité par Suzie. Et puis, d'autres silhouettes apparaissent. Certaines plus frêles que d'autres, certaines plus grandes, certaines plus imposantes. Mais toutes appartiennent à des enfants d'un âge semblable au mien, et toutes m'évoquent une figure de mon enfance. Même ceux que je n'ai pas revu depuis plusieurs années me sont reconnaissables. Comment ne pas les reconnaître ? Ses silhouettes... Elles m'ont marqué à vie.

Tous rigolent, et s'approchent de moi en tendant les mains avec leur sourire sadique. Désespéré, je fais de grands gestes avec les bras pour repousser mes assaillants, mais je ne parviens à rien d'autre que brasser de l'air. Pourtant, elles sont toujours là, elles m'entourent, elles vont m'agresser, elles vont me faire mal, je le sens, je le sais, c'est ce qu'elles m'ont toujours fait, et c'est ce qu'elles me feront toujours, car je suis trop faible pour répondre, pour répliquer, pour me débattre, pour me défendre. Brasser de l'air : voilà une bonne métaphore pour ce que j'entreprends. Je suis nul, incapable, lâche, impuissant, et je ne peux rien faire, rien, absolument rien, à part subir, puis fuir, pour subir à nouveau, et me remettre à fuir.

M'agitant dans tous les sens, et lâchant des cris toujours aussi terrifiés, je finis par tomber au sol et à glisser sur la terre boueuse. Je fais plusieurs roulés-boulés, avant de percuter un tronc d'arbre qui arrête ma route. Goldfroy, Tobby et Thibault réapparaissent alors dans mon champ de vision, dispersant les ombres qui me hantaient, et me fixent d'un air désespéré. Je ne m'en rends compte que maintenant, mais j'ai les yeux en larme, le souffle haletant, la respiration saccadée, et des perles de sueur dégoulinent de mon visage. Allongé sur le dos, je regarde le ciel totalement invisible à cause de la brume en remettant de l'ordre dans mes pensés. Ou en tentant, du moins.

Les paroles de Suzie -ou de son ombre, ou de son fantôme, ou de je ne sais quoi d'autre- me reviennent en tête. « C'est donc la seule solution que tu trouves face à moi ? La fuite ?  » Oui, c'est la seule. Il y aurait une théorie qui dit que face à un problème, l'homme peu avoir trois types de réaction : la soumission, la contestation, ou la fuite. Lors de notre rencontre, j'ai d'abord subi, sans oser réagir, et c'est au final Webble qui en a le plus souffert. Lors de notre deuxième rencontre, puis la troisième, j'ai contesté, je me suis battu, révolté. Et comment cela s'est fini ? Je suis désormais atteint de claustrophobie, et je tremble rien qu'à l’évocation du prénom de ma Némésis. Je ne vois donc plus qu'une seule solution face à ce problème : fuir, fuir, fuir, et fuir.

« Viens jouer avec nous, promis, nous serons gentils.  » La voix de Yann résonne dans ma tête comme un lointain souvenir du passé, alors que la scène ne s'est déroulée qu'il y a quelques instants. Ou peut-être se déroule-t-elle en ce moment même, ou va-t-elle se dérouler dans un moment. Gentils, j'ai voulu y croire, à cette gentillesse. Toute mon enfance, à vouloir m'approcher d'eux, à discuter avec eux, à sourire avec eux, à feindre toutes ses actions banals du quotidien. Et mon corps, mon misérable corps, qui au final n'avait aucune autre utilité que celle de punching-ball pour ces monstres... Et encore, je suis sûr qu'ils accorderaient plus de crédit à un véritable punching-ball.

Je crois que j'ai changé, je crois que j'ai évolué, grandi, mais au final, je suis toujours le même. Au moindre obstacle trop important pour moi, je me recroqueville sur moi-même, me balance d'avant en arrière, et prie pour que cela se termine au plus vite, et lorsque l'orage est passé, je revis comme si de rien n'était, craignant secrètement qu'il se remette à pleuvoir.

Goldfroy commence à me relever, mais je finis par me remettre debout tout seul. Avancer. On doit avancer. A tout prix.

« -Je... Je vais bien.  » j'essuie une larme sur ma joue « Continuons. Si jamais une hallucination me reprend, je compte sur vous pour me ramener à la réalité le plus rapidement possible.  »

Mes Pokémons opinent, silencieux. J'aurai voulu montrer une autre vision de moi-même à Tobby et Thibault, mais les conditions ne sont pas les meilleurs. J'espère que je ne suis pas déjà en train de faire regretter ce dernier de m'avoir rejoint.

Nous reprenons notre route. Je ne fais même plus attention à toute la boue accumulée sur mes vêtements et ma peau. Je n'ai qu'une idée en tête, avancer et arriver au plus vite à l'académie.

Et puis, une lueur, plus loin, dans la brume. Je me frotte en premier temps les yeux, craignant que cela ne soit une nouvelle hallucination, mais la réaction de Goldfroy à la vue de celle-ci me conforte dans l'idée qu'elle est réelle. Doucement, je m'approche, et retiens un hoquet de surprise à la découverte de l'origine de cette lumière. Un Ponyta, que j'identifie immédiatement comme étant Epona, qui soutient un Rondoudou ainsi qu'une jeune fille qui n'est autre qu'Estelle. Au dessus d'eux flotte un Sephiroth étonnement calme.

Si je suis en premier temps rassuré, je déchante vite en voyant Estelle en piteux état. Celle-ci peine à garder les yeux ouverts, et lorsque j'arrive à sa hauteur, elle les ferme tout juste. La Rondoudou prend une attitude défensive en voyant que je m'approche de la Mentali, je recule donc légèrement en mettant mes mains en évidence pour le rassurer.

« -Je... Je m'appelle Ginji, je suis un ami d'Estelle. Epona et Sephiroth pourront te le confirmer. Laissez-moi vous aider...  »

Bien que peu rassurée à l'idée de faire confiance à un inconnu, la Rondoudou se résigne cependant en voyant la réaction de ses compagnons. Je m'approche donc à nouveau d'Estelle et remarque tout d'abord son bras mis dans une attelle improvisée. Que s'est-il donc passé pour qu'elle se retrouve dans cet état ? Probablement un coup de cette maudite île...

Je ne transporte malheureusement rien qui puisse aider à améliorer l'état d'Estelle, et j'ai beau élever mon bras dans toutes les directions, mon Ipok ne capte aucun signal. Une fusée de détresse. Penser à acheter une fusée de détresse dès mon retour sur Lansat.

Ne sachant trop que faire, j'invite les Pokémons d'Estelle à me suivre. Mais nous avons beau avancer tout droit, la plage n'est toujours pas en vu. Si ça se trouve depuis tout à l'heure nous tournons en rond... C'est pourquoi je décide que, à la vue de la première grotte, nous allons faire une pause et nous abriter. La brume ne semble pas pénétrer à l'intérieur de celle-ci, ce qui fait que nous pourrons constater les dégâts plus facilement.

J'aide le Ponyta à déposer Estelle sur le sol, tandis que Goldfroy est parti chercher des brindilles. Une fois qu'il est de retour, Epona allume un feu de camp improvisé sans plus tarder, permettant à tout le monde de se réchauffer. Cette scène m'évoque aussitôt le jour où Estelle et moi nous étions perdus dans la forêt de Lansat après avoir été séparés, mais j'ai tôt fait de réfléchir à autre chose au vu de la situation actuelle. Car ici nous ne sommes pas à Lansat, mais sur une île déserte au milieu de nul part...

Depuis l'incident de mon avant dernière sortie capture, les professeurs s'assurent que tous les élèves sont à bord du bateau avant de partir. Ce qui signifie que si nous patientons, ils finiront forcément par envoyer des gens à notre recherche.

… Ne nous reste-t-il donc plus qu'à attendre ?

@Eques sur Never-utopia.

_________________



« Je... Je ne suis plus sûr de rien, en fait. »

Merci Môman Callie!

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Dernière édition par Ginji Labelvi le Jeu 18 Juin - 10:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes   Mer 17 Juin - 21:53

Le noir, les ombres, le brouillard, le malheur, la douleur. Voilà ce qu’il y avait pour m’enlacer dans l’inconscience, me faire flotter entre deux mondes, celui des rêves et celui des cauchemars. J’aurais voulu me débattre, émerger de cet océan de confusion et lever la tête vers le ciel, simplement ouvrir les yeux et me relever, mais c’était au-delà de mes forces. C’était pitoyable, c’était décevant, c’était tout ce dont j’étais capable. Tout autour de moi, le monde continuait de tourner, mais je n’avais plus la force d’en faire partie, plus pour l’instant. Je n’eu pas conscience de notre arrêt, pas conscience des grosses joues d’Iggy qui s’étaient gonflées de méfiance, ni de cet ami qui était venu prendre la place de ma dernière hallucination, pour guider notre troupe. J’eu vaguement conscience de notre entrée dans un lieu humide, là où l’air semblait plus frais, bien que tout aussi stagnant. La seule différence, c’est qu’il ne régnait pas là l’épaisseur du brouillard. Je me sentis tomber, retenue par des mains inconnues, mais je ne m’en formalisai pas, sombrant de nouveau presque immédiatement pour aller me perdre de nouveau au royaume des songes. Seule, sur une route de Sinnoh, perdue en un territoire complètement inconnue, sans même mes Pokémon. Et je marchais, mes pieds me faisaient souffrir, mes souliers semblaient trop serrés et, pourtant, je ne pouvais pas cesser d’avancer. Et je fredonnais un vieil air que je ne connaissais que par un hasard quelconque, les paroles s’étant rappelées d’elle-même à moi pour venir habiter l’instant avec une image amoureuse.

♫ But I would walk 500 miles, and I would walk 500 more just to be the girl who walked a thousand miles to fall down at your door ♪

Sauf que la chanson ne disait pas ce qu’il fallait faire, si une fois devant la porte, l’autre n’avait pas envie d’ouvrir. Et donc je me suis mise à pleurer tout en chantant et tout en marchant, buttant sur des cailloux, marchant dans les herbes hautes, le soleil me réchauffant avec une gentillesse presque cruelle d’ironie. Et j’en avais marre de marcher, mais je continuais à chanter. Si seulement je pouvais sortir de cet endroit. Si seulement je n’avais pas eu besoin de marcher. Mais si Il était vraiment au bout de la nuit, patientant pour que je vienne le rejoindre et que je fasse éclater son monde de verre aux idées préconçues, sa cage dorée où il avait cru bon à tort de s’enfermer? Mais et si j’avais tort? S’il avait volontairement décidé de couper les ponts, s’il était aussi mauvais que le disais Aileen, s’il ne m’avait considérée que comme, oh je ne sais pas, un désennui? Rirait-il de moi, au moment où je tomberais à sa porte après mille miles de marche à pied?

Oh, mais si je tombe? Mais ma chérie, et si tu volais?

Un ricanement fantomatique, au loin. Un câlin, tout doux et probablement rose, tout proche. Un hennissement, inquiet, juste à côté, là. Que…? Oh….aie. J’étais revenue, enfin. Difficilement, j’ouvris les yeux, mon bras valide se refermant sur ma jigglypuff, pour la serrer contre moi et lui retourner son étreinte, espérant ainsi la rassurer sur mon état. Enfin, j’avais moi aussi besoin de ce réconfort et il serait mentir que de le nier, mais voilà qui n’est que questions secondaires. Je regardai autour de moi, mes iris de chocolat toujours un peu vides, les reflets du petit feu de camp venus danser au sein de ma chevelure florale, tombant autour de moi en boucles fatiguées, sales et souffrantes. Mes Pokémon avaient réussi à nous trouver un abri et à allumer un feu? Non. Il y avait quelqu’un d’autre dans cette grotte. Je me redressai, déclenchant une nouvelle vague de douleur dans le bas de mon dos, arquant mes sourcils et serrant mon poing gauche, l’autre n’aurait pas pu bouger même si ma vie en dépendait.

- All…! Oh. Ginji? C’est toi? Je t’ai pris pour quelqu’un d’autre durant une seconde… Tu as l’air… différent.

Oui, c’était bien le cas, Ginji ne me semblait pas le même qu’à l’habitude. Lui qui, d’habitude, était toujours de bonne humeur. Il était comme un vent de fraîcheur, comme la joie incarnée. Tout semblait glisser contre lui sans jamais l’atteindre, comme une petite perle qui danse en pleine tempête, sans jamais quitter le sol et sans jamais craindre quoi que ce soit. Comme un petit garçon qui avance dans un incendie tout en prenant le temps de regarder le paysage et de se demander ce qu’il va manger. Tant d’innocence, de candeur, de joie et d’appétit. J’étais jalouse de Ginji, je l’avais toujours été, parce que c’est tout ce dont moi j’étais capable. La petite mentali au sourire enjoué, qui n’est en vérité rien de vraiment mieux que les autres de son espèce, à la seule différence, peut-être, d’une hypocrisie composée de sincérité et de bonne volonté. Mais voilà, aujourd’hui, Ginji n’était pas comme d’habitude. C’était comme si une vilaine tâche s’était collée à lui, comme une ombre venue le ternir, le contaminer. Le rendre humain, imparfait. Le forcer à marcher au milieu des hommes tel leur égal plutôt que comme l’essence même de pureté qu’il incarnait si bien. Impossible de rester de marbre face à cela. Je l’enviais peut-être, mais jamais je n’aurais pu me réjouir de pareille chute. Retourne au ciel, petit ange, je ne veux pas de toi ici.

- Tu as les yeux rouges, on dirait que… Tu vas bien?

On dirait que tu as pleuré, Ginji. Mais, bien sûr, je n’aurais pas osé le lui dire, pas osé le lui demander. Au lieu de cela, je m’étais contentée de déposer doucement ma main gauche sur sa joue, la droite étant dans l’impossibilité de le faire, tout en parlant. Un petit geste de douceur innocente, pour marquer toute la sincérité de mon inquiétude. Lorsque mon double m’avait fait comprendre que je devais m’inquiéter pour les autres, j’avais tout de suite pensé à Leo, mais la vérité était que tout le monde, tous les élèves de l’Académie, tous mes amis étaient aux prises avec ce même brouillard. Toute âme qui vive, sur cette île, devait être présentement confrontée à des défis insoupçonnés, tout droit sortis des profondeurs de leur boite de Pandore personnelle. Je voulais quitter Enigma. Là, maintenant, je voulais fuir en courant et je serais prête à le faire à pied au besoin, je n’en avais cure. Cet endroit, plus jamais je n’y mettrais les pieds. J’irais à Isla Nublar avant de revenir ici!

- Qu’est-ce qui t’es arrivé? Tu t’es fait avoir par la brume toi aussi?

Jiggly!!

Je tournai vers mon assistante un regard surpris, mais ses grosses joues frustrées étaient sans appel. Petites mains posées en poings sur ses hanches –enfin, je crois-, ma rondoudou me regardait avec un regard sérieux, la trousse de premier soin trônant devant elle pendant que son petit pied tapait au rythme d’un chant silencieux. Compris cinq sur cinq, je dois d’abord m’occuper de mes propres blessures avant de m’inquiéter pour celles de quelqu’un d’autre. Résignée, je récupérai donc ma main gauche et tentai d’ouvrir la trousse de ma seule main valide, avec un peu d’aide de mon infirmière rose. Enfin, ça, c’est ce que je fis pour acheter la paix et lui faire croire que je m’inquiétais de mon état alors que, en réalité, mon regard d’experte scrutait Ginji à la recherche d’une blessure quelconque, me faisant même oublier mon bras cassé du même coup.

- Es-tu blessé quelque part? Je peux m’en occuper, au besoin. Tu as croisé d’autres élèves? Tu as vu Leo?
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MessageSujet: Re: La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes   Jeu 18 Juin - 12:19

Ginji Labelvi
      Feat. Estelle Highwind



«  La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes »


Il y a des choses qui fascinent les êtres. Cela peut-être quelque chose de matériel, ou d'irréel, que l'on peut stocker, ou une simple idée abstraite. Le feu n'est rien de tout ça. Il est matériel, mais il est inconcevable de le stocker. Est-il irréel pour autant ? Non, il est bien présent. Il réchauffe, il cuit, il forge, il est bien là.

Le regard perdu dans le vide, je fixe les flammes onduler, l'air morose. Le feu me fascine dans mes moments de blues. Si dangereux, mais si fragile, à la fois source de crainte et de réconfort. De tels paradoxes réunis dans une seule entité. Cette entité qui joue un rôle primordial pour nous les hommes...

On dit qu'à vouloir jouer avec le feu, on finit par se brûler. C'est peut-être bien ce qu'il s'est passé avec Suzie. J'ai voulu défier les flammes afin de m'élever, reprendre de la hauteur, et au final je me suis brûlé les ailes, commençant une chute inexorable. Mais le choc est-il inévitable ? Peut-être est-il encore trop tôt pour le décider... Si je n'ai pas déjà touché le fond...

Non. Je n'ai pas voulu jouer avec le feu. Du moins, pas lors de notre première rencontre, ni lors de la dernière du moins. Il n'y a que lorsque Yann et elle m'ont défié que j'ai décidé, de mon plein gré, de continuer à combattre. Et c'est pourtant ce jour-là que je m'en suis le mieux sorti, au final. C'est tellement injuste... Est-il donc nécessaire de vouloir à tout prix écraser quelqu'un pour le surpasser ? N'y a-t-il que la haine qui puisse faire face à la haine ? « Il faut vaincre le feu par le feu »... Toujours cette omniprésence des flammes... Ces mêmes flammes qui ont fait brûler un chapiteau...  

Un mouvement sur ma gauche me tire de ma rêverie. Estelle vient de se lever, crispée, probablement à cause de la douleur. A ma vue, elle prononce d'abord le prénom de quelqu'un d'autre, avant de me reconnaître et de s'excuser. « All » ? Il me semble bien qu'il y a eu un Al dans l'école, mais je ne vois pas pourquoi....

Allen. Elle a cru que j'étais Allen. J'ai été vaguement au courant d'une histoire compliquée entre elle et lui, surtout que cela a pris de l'ampleur suite à la disparition du Noctali. Mais j'avoue ne pas y avoir fait plus attention que ça, après tout Allen a été victime de très nombreuses rumeurs au sein de l'académie et je n'y attache pas beaucoup de crédit. La brume lui a-t-elle joué des tours au sujet du Topdresseur ?

La dernière phrase d'Estelle me fait comme l'effet d'une onde de choc. J'ai l'air différent ?... Je souris, tentant de me donner une allure plus assurée, plus enthousiaste.

« -Que ?... Non non je vais bien !..  »

Estelle s'approche de moi et relève aussitôt l'aspect rouge de mes yeux. Cela se voit tant que ça ?... Ai-je vraiment l'air si dépité ?... La Mentali pose sa main sur ma joue, montrant son inquiétude pour mon état. Je plonge mon regard dans le sien, me demandant si je peux lui parler de tout cela, tandis qu'elle me questionne au sujet de la brume.

« -Je... Hum...   »

Rondoudou finit par trancher pour moi, en sommant la jeune fille de venir se faire soigner. Estelle se lève et se dirige vers sa trousse de secours, et ne l'ouvre qu'à l'aide d'une main. C'est là que je réalise à quel point son bras invalide semble être mal en point, et me mets à prier pour que cela ne soit pas plus grave qu'une fracture ou je ne sais quoi. Dommage qu'aucun de nous deux ne suivent une filière Médecin... Aileen nous aurait été d'une grande aide dans cette situation. D'ailleurs, est-elle sur cette île en ce moment même ? Combien d'élève sont aux prises avec la brume actuellement ?

Je jette un œil à mon Ipok. 16H47. Théoriquement, nous devons être à la plage dans treize minutes à peine... Mais puisque nous sommes égarés sur l'île, et en voyant l'état d'Estelle, je me doute que c'est tout bonnement impossible. Et ce téléphone qui ne marche toujours pas... On ne peut compter que sur les organisateurs de la Sortie Capture pour nous retrouver.

Estelle me demande alors si je suis blessé quelque part, ainsi que si j'ai croisé d'autres élèves, plus précisément Leo... Pourquoi Leo ? Ils étaient ensembles mais ont été séparés ? Bah, je ne sais pas pourquoi je me pose ce genre de question...

Je passe ma main sur mon coude droit, où je sens une petite égratignure, avant de faire non de la tête.

« -Non ça va, j'ai juste quelques bobos à force de trébucher... Difficile d'avancer dans toute cette brume !... Un peu de désinfectant devrait suffire, merci. Et non, je n'ai vu personne, tu es la première personne que je croise depuis le début de la Sortie...  »

Parler me permet d'oublier les événements précédents, et m'évite notamment de ruminer dans mon coin. Heureusement que je suis tombé sur Estelle... D'abord parce que je ne sais pas si ses Pokémons auront réussi à la ramener à temps, et ensuite parce que je ne risque pas de devenir fou à ses côtés.

« -Mais dis moi plutôt... Ça va ton bras ? Qu'est-ce qui t'est arrivé pour que tu te retrouves dans cet état ? Je t'ai trouvé alors qu'Epona, Sephiroth et ton Rondoudou te transportaient.   »

Tobby, intrigué par les objets que manipulent Estelle, s'est mis à tourner autour de la Mentali avec une grande curiosité. Thibault, plus réservé, reste en retrait, observant de loin son compagnon Magnéti. Goldfroy vient s'asseoir à côté de moi, voulant s'assurer que je vais bien, ce que je tente de lui faire par comprendre par un sourire. Je ne veux pas penser à tout ça, je n'en ai pas l'envie et ce n'est sûrement pas le moment.

Je me relève, un peu plus déterminé.

« -A mon avis nous sommes là pour un moment. Je pense aller chercher des feuilles ou quelque chose dans le genre pour essayer de nous faire des couchettes plus confortables, si on reste assis trop longtemps sur ce sol rocailleux on risque d'avoir des courbatures. Tu te sens d'état à m'accompagner ou tu préfères rester ici ? Je ne compte pas m'éloigner de toute façon, cette île est beaucoup trop grande pour que je me risque à aller bien loin.  »

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MessageSujet: Re: La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes   Ven 19 Juin - 17:48

Bien sûr, il a nié. Il avait le malheur écrit partout sur le visage, une abondance de boue séchée sur le corps et les traces sales des larmes au fond des yeux, mais il a choisi de nier. Un peu comme un mensonge innocent, une omission presque polie. Ça ne m'avait même pas l'air d'être par fierté ou par manque de confiance en moi, Ginji semblait bien trop authentique pour cela. Pourtant, j'aurais préféré que ce le soit, qu'il décide simplement de ravaler ses mots par vanité, car maintenant, ce n'était rien de plus qu'une vérité douce et toute en simplicité. Nous étions amis, mais nous n'étions pas assez proches pour qu'il accepte de me parler de ces choses là. Comme quoi les vérités les plus simples sont les plus difficiles en encaisser. Ainsi, qu'ais-je fait? Rien, sinon respecter mon ami et m'éloigner sans un mot de plus, choisissant de me plier à cette entente non-dite, en toile de fond. Il n'y eut même pas de malaise, pas pour moi en tout cas. C'est comme d'avaler une énorme aspirine. On a pas le choix, on le fait et après on en parle plus, on espère juste que ça va fonctionner et que, si le médicament ne nous soigne pas, l'effet placebo, lui, s'en chargera peut-être.

Je me suis donc plongée dans ma trousse, y cherchant quelconque remède à mes maux, en toute naïveté empirique. Il n'y avait rien, dans cette trousse, pour guérir l'âme et guider les pauvres voyageurs égarés. Rien qui aurait pu me faire oublier que presque tous les gens que j'aimais étaient quelques parts, sur cette île, dans une marre grotesque de souvenirs infectes et pourris de cendre. Et pourtant je vous jure que je l'ai cherché, ce remède miracle. Il n'y eut que la voix du voltali pour me faire relever les yeux et quitter ces recherches fiévreuses et impuissantes. Mes iris de chocolat rencontrèrent les siens, taillés dans l'ambre, et je ne pu m'empêcher de me dire que c'était devenue monnaie courante maintenant. Tant de ces yeux que j'avais croisés par le passé, que ce soit Ginji, Yuki, Lyphie, Noctis ou même Leo. Le jeune homme me dit qu'il n'avait rien de plus que quelques bobos, faits en tombant, et j'esquissai un sourire soulagé. Il n'avait, toutefois, croisé personne d'autre. Mon air se fit un peu plus sérieux, plus songeur, mais j'acquiesçai malgré tout. Peut-être était-ce un mal pour un bien. S'il n'avait croisé personne, ça voulait peut-être simplement dire que les autres avaient réussi à regagner le bateau malgré toutes ces ombres qui ricanaient en roulant sur elles-mêmes, s'étouffant dans l'hilarité de leurs méfaits.

De nouveau, c'est la voix du jeune homme qui brisa le court silence qui s'était installé après sa dernière affirmation. Il faut me pardonner, je n'étais plus en l'état de m'étaler en conversations vives, colorées et fortes d'arabesques d'imagination. Je n'étais plus qu'une adolescente écorchée et inquiète dont les éclats d'argent avaient cédé le pas aux rudes imperfections de la rouille. Mais bon, au moins j'avais le mérite de réfléchir de façon beaucoup plus pratique qu'à l'habitude, ce dont je me serais sans doute félicitée en grandes pompes en temps normal, mais ça n'aurait pas été très pratique, là maintenant. Le topdresseur s'inquiétait pour mon bras, me demandant ce qui m'était arrivé et mentionnant qu'il m'avait trouvé alors que mon trio de Pokémon veillaient à nous rapprocher de la côte.

- C'est Shaw. Epona a une patte blessée.

Répondis-je à brûle pour point, comme pour le corriger. Si malaise il n'y avait pas eu un peu plus tôt, lorsque ma propre question avait été éludée, j'en sentis un à cet instant là. Je n'avais rien à ce qu'il soit inquiet pour moi, au contraire, mais il m'était vexant de le savoir quand la réciproque m'était en quelques sortes interdite. Pourquoi est-ce que moi j'aurais le droit de lui raconter ce qui m'était arrivé si lui se gardait de le faire? M'étais-je trompée? Ce n'était pas parce que nous n'étions pas assez proche, c'était parce que personne ne se confiait à moi, n'est-ce pas? Allen ne s'était jamais confié à moi, jamais vraiment. Il avait toujours gardé ces choses pour lui même, à mon grand damne. Mais ce n'était même pas le pire. Mon père ne m'avait-il pas caché la mort de ma mère -ainsi que sa propre responsabilité dans l'affaire- jusqu'à tout récemment, par crainte de ma réaction? Mais pourquoi était-ce comme ça? Pourquoi personne ne semblait disposé à se confier à moi? Avais-je autant besoin d'être épargnée? Étais-je si peu digne de confiance? Étais-je vraiment aussi risible? Juste un bibelot destiné à être jolie et à distribuer les sourires, bien entretenue par des gens qui n'osent même pas se reposer sur elle?!

- Je suis tombée. Il y avait une pente, très abrupte, un genre de paroi rocheuse. Il m'a fait tomber, c'est aussi bête que ça.

Tentais-je de dire, pour me rattraper, avec un sourire qui se voulait détaché. C'était raté, je vous le dit tout de suite. J'avais l'air de ces scientifiques un peu cyniques et désabusés, dans les films catastrophes. Vous savez, un peu blasés et tout, juste avant que le monde ne se referme autour d'eux pour les avaler. Un peu comme le type de Jurrasic parc ou dans Independance Day. Il est bien cet acteur, même si je ne connais pas vraiment ses autres films. Il faudra que je cherche ça sur Google en rentrant, que je me suis dit. Mais ce n'était vraiment pas une pensée pratique alors je l'ai oubliée. Je ne suis pas allée vérifier en rentrant. L'un des magnéti de Ginji s'était rapproché de moi tout en curiosité et je le laissai faire avec un sourire à peine plus sincère. De son côté, le presque blond ne semblait pas en mener beaucoup plus large. Nous n'étions plus que façades, comme de grands sourires ironiques, tracés avec de la peinture en bombe aérosol sur un barrage. De grands sourires jaunes fluos qui nous auraient demandé en ricanant. Why so serious? Et il ne fallait pas répondre, car autrement, la vallée serait inondée. Un manège bien étouffant, contraignant. Je fus très heureuse de voir, du coin de l'oeil, Ginji qui se relevait d'un bond. Si l'on voulait éviter de briser l'élastique, il fallait le laisser se détendre un peu.

Il énonça l'évidence, nous étions là pour un moment et il valait mieux nous préparer comme telle. Un lit de feuilles? L'idée me répugnait profondément, je ne pouvais m'empêcher de penser à la saleté, aux insectes, au crissement des feuilles et à cet amas organique, me faisant sentir comme prisonnière d'un tas de compost, mais j'avais vraiment envie de sortir de cette grotte et de confronter une fois de plus les mirages d'Enigma. Ces feuilles étaient l'excuse parfaite et, même si mon état physique ne me donnait pas le droit à l'erreur, je me suis relevée toute en douleur sourde, esquissant grimaces et tremblements intermittents. Mes iris, pourtant, étaient sans failles. Il aurait du m'attacher pour m'empêcher de le suivre, car il y avait là au dehors une tentation qui m'attirait autant que le miel attire les abeilles, autant que le souffle du vent enchante les ailes des oiseaux et autant qu'une promesse fait battre le coeur de jeunes amants au coeur de la nuit.

- Je viens. Je ne sais pas si je pourrai beaucoup t'aider, mais je ne serais pas tranquille si tu y allais seul. Il n'y a pas d'orage cette fois, il est temps de me racheter, non?

Mais ce n'était pas une question. Pas plus que c'était une proposition. C'était un mensonge éhonté, déguisé en bonnes intentions et en inquiétudes pourtant réelles. Je veux sortir, parce que je veux entendre sa voix encore. Mais je ne veux pas y aller seule, parce que je vais me perdre à la chercher. Ainsi bat le coeur des femmes. Ainsi battait le mien, en tout cas. Parce que même quand on tente de réfléchir de façon pratique, le coeur l'emporte toujours sur la raison, aussi stupide et auto-destructrice que cette victoire puisse être. Et c'est donc ainsi que nous sommes sortis dans la brume, plongeant tête la première dans ce monde d'illusions, de fables à la morale décousue et de contes cauchemardesques. Ramasser des feuilles, rien de plus simple, en théorie. Avec un bras en écharpe, c'était stupide de seulement essayer. J'avais accompagné Ginji, c'est tout. Je n'étais rien de plus qu'un regard de biche, s'il est possible de s'imaginer une biche qui plisse les yeux, impatiente de déceler les phares qui feront route pour venir l'écraser. Si seulement je pouvais l'entendre à nouveau, juste un peu, juste quelques mots. Juste de quoi graver quelques syllabes dans ma tête, parce que j'avais eu l'idiotie de ne pas le faire, avant son départ. Bien sûr, lorsque l'on implore le diable de venir prendre son âme, il ne faut pas s'étonner de voir le contrat apparaître.

➖"Estelle? Tu es là? Estelle?!"

Je laissai m'échapper un hoquet en sanglot étouffé, plaquant ma main sur ma bouche, comme pour étouffer un secret. Puis, la panique me gagna, une petite panique si innocente, si emportée, comme un élan du coeur en soubresauts incertains, effrayés, alors que je rejoins Ginji au pas de course, à peine plus loin dans les sous-bois, sans regarder derrière moi. J'avais envie d'aller le chercher. J'avais envie de croire, quelque part dans le fond de ma tête, qu'il était revenu. Après tout, aurait-il été si étonnant de le voir gagner l'île en catastrophe pour nous retrouver, s'il avait su que nous n'étions pas rentrés? Parce que dans mes songes les plus fous, bien sûr, il n'aurait pu qu'être inquiet, n'est-ce pas? Sauf que ça ne cadrait pas du tout. Sauf qu'il y avait toujours cette possibilité pour que, même après mille miles de marche à pied, je me bute à une porte fermée.

- Tu as entendu, Ginji?! Pitié, dis moi que je ne suis pas la seule qui l'a entendu...

Dis-je en m'essuyant la joue, comme pour chasser une larme qui n'avait pas coulé, bien que j'aurais pu jurer qu'elle l'avait fait. Je regardai ailleurs, la mine honteuse, maintenant, car j'aurais préféré ne jamais partager ce moment là. J'étais tellement faible, tellement perdue. J'aurais été prête à tout plaquer pour tenter de chasser une vulgaire ombre. Voilà le niveau auquel j'étais tombé, sans jamais que, des profondeurs de son lointain château, le prince au coeur d'acier se sente seulement interpellé.

- J'ai revu Allen aujourd'hui ou plutôt une pâle copie de lui. Il était furieux, parce que j'étais blessée et que je cherchais quand même Leo. Il en a vécu de pas faciles l'été dernier, si quelqu'un mérite de quitter cet endroit et d'échapper à ces hallucinations, c'est bien Leo. Alors Allen, le faux Allen, s'est mis en colère. Il a dit qu'il ne me laisserait pas faire, qu'il allait me protéger de force et me ramener à la côte, en sécurité. Mais ce n'était pas Allen, ce n'était qu'un monstre venu me tourmenter. J'entends encore sa voix dans ma tête, comme un écho dans la brume. Et dire que je donnerais tellement de chose, pour me lancer à sa recherche. Mais il n'est pas là.

Nouveau soupir, nouveau petit bout d'âme et de coeur, nouveau petit bout d'espoir arraché avec de grandes cisailles de fer. Après tout ce temps, même constat. Même faiblesse d'âme, même décision inéluctable du coeur. Mais pourquoi étais-je comme ça? Qu'avait-il donc fait de si spécial pour que je sois comme ça? C'était à ne plus rien y comprendre, même pour moi. Surtout pour moi. Que c'était embarrassant. Comme il me gênait, cet Allen aux mains d'argent.

- Et toi? Je sais qu'il s'est passé quelque chose. Tout le monde sur cette île est probablement aussi paumé présentement que Leon S. Kennedy à son premier jour de travail. Enfin, t'es pas obligé de m'en parler à moi remarque. Juste, tu es quelqu'un de bien Ginji, ne va pas blesser les gens autour de toi en commençant à garder ce qui te tracasse juste pour toi. Ça me tuerais de voir quelqu'un d'aussi enjoué et sympathique que toi devenir quelqu'un comme lui. Enfin, pas littéralement, mais... Raaah, pourquoi je n'arrive jamais à dire ces trucs avec classe moi! Tu es un bon ami, je suis inquiète, voilà!



HRP - Désolé, j'ai écris ce post sur portable et il commençait à être tard alors c'est possible qu'il y ait des moments plus faibles ou simplement un peu confus ou je sais pas quoi. Au besoin n'hésite pas à me le signaler et j'essaierai de modifier ce qui coince. ^^
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MessageSujet: Re: La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes   Sam 20 Juin - 17:55

Ginji Labelvi
      Feat. Estelle Highwind



«  La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes »


« -Ah. »

Une réponse brève, légèrement teintée d'étonnement, mais trop sèche à mon goût. Voila la seule chose que j'ai su répondre à Estelle lorsqu'elle s'est contentée de me dire que le Ponyta n'est pas Epona mais Shaw, passant sous silence tout le reste de ma question.

Je sens un léger malaise s’installer dans la grotte. L'espace d'un instant, j'ai trouvé sa réponse presque... Cassante. Comme si elle digérait mal le fait que je ne lui ai pas répondu précédemment. Mais peut-être ai-je tort, il est tout aussi possible qu'Estelle ne préfère pas en parler pour la même raison que je ne lui ai pas répondu. Pourquoi ne lui ai-je pas dit ? Même moi, je ne le sais pas. Ce dont je suis sûr, c'est que cela ne vient pas d'Estelle : il aurait pu s'agir de Cael, Leo, Ruby, ma mère, Lissa ou Caroline, je n'aurai rien dit. Après tout... Je ne l'ai jamais dit à personne. Ces paroles, elles ne parviennent pas à franchir cette barrière qui sépare les autres de moi-même. Mais pourquoi donc ? Est-ce par peur de représailles ? Par lâcheté ? Par manque de confiance en ceux qui m'entourent ?... Difficile de briser un silence si immuable.

Espérons juste qu'il faut bien un début à tout.

Estelle a bien ressenti ce malaise, et a plus ou moins tenté de rattraper la donne. « C'est aussi bête que ça ». Vraiment ? J'espère qu'elle dit ça juste histoire de, et qu'elle est tout de même bien consciente qu'elle aurait très bien pu se briser la nuque. Et puis... Qui est « il » ? Est-ce que je me pose trop de question, ou il y a bien un "il"?

Qu'importe. Elle a répondu à ma question, chose que je n'ai pas faite, je suis donc le moins bien placé pour insister. Pourquoi les choses prennent-ils cette tournure là ? Ne pouvons-nous donc pas tout nous dire ? C'est quoi, cette espèce de méfiance mutuelle qui s'installe ? Qu'est-ce qui ne va pas chez moi, au juste ?... Cette île est vraiment en train de me rendre dingue.

La Mentali saute sur ma proposition comme moi sur un frigo. Estelle n'a clairement pas envie de rester ici à attendre bien sagement. Je ne suis pas rassuré du fait qu'elle soit tout de même blessée, mais il serait mal placé de ma part de lui dire que faire. Et puis, elle a ses Pokémons. Elle peut leur faire confiance, j'en suis certain.

Puisque nous étions d'accord, j'ai vidé mon sac dans la grotte, en ne gardant sur moi que mon Ipok et quelques objets de soin, et ce afin de pouvoir transporter une plus grande quantité de feuille. Je juge bon de laisser le feu allumé, il devrait tenir à distance les Pokémons sauvages trop curieux. Et puis nous ne serons pas long, et je ne compte pas m'éloigner de la grotte. Et dans le pire des cas, Thibault devrait être parfaitement apte à nous reconduire ici. Estelle, nos Pokémons et moi-même quittons donc la grotte, et commençons notre recherche de ressource. Avec un peu de chance, on trouvera même de quoi nous nourrir... Au delà de mon appétit titanesque, je ne sais pas dans combien de temps les gérants vont nous retrouver, il faut donc prévoir sur le long terme. Et oui, je sais faire abstraction de mon ventre en situation de crise ! Si ça se trouve c'est pour ça que je mange autant, mon organisme me fait faire des réserves pour les moments critiques, ou alors il cherche à compenser pour ce genre de contexte...

Nous nous enfonçons dans la brume. Je décoche une Pokéball de ma ceinture et fais sortir Webble, mon Mygavolt, afin qu'il puisse nous aider à coup d'attaques Coupe. La créature parvient à détacher d'épaisses feuilles d'un bananier n'ayant malheureusement aucun fruit, feuilles qui risquent de nous être grandement utiles. Je m'apprête à en faire par à Estelle, qui revient justement vers moi au pas de course. Mais pas pour une bonne nouvelle, hélas. La Mentali, paniquée, me demande, m'implore presque, si je « l'ai» entendu. D'un air totalement désolé, je secoue doucement la tête de gauche à droite.

« -N-non Estelle... Je n'ai entendu personne....  »

Elle essuie une larme sur sa joue, regardant sur le côté, bien que j'essaye de capter son regard. Mais Estelle semble totalement ailleurs, tandis qu'elle commence à me dévoiler petit à petit ce qui la met dans un tel état. La brume s'est jouée d'elle sous l'apparence d'Allen car elle s'était mise en tête de retrouver Leo coûte que coûte, ce même Leo qui avait disparu pour ressurgir du jour au lendemain sans vouloir donner d'explication, chose que je ne lui ai jamais reproché, d'ailleurs. Apparemment, ses dernières vacances estivales ne se sont pas déroulées pour le mieux... Je me doutais bien que le Phyllali a eu quelques problèmes pour s'absenter si longtemps, j'espère juste que ce n'est pas si grave que ça.
Estelle continue en expliquant que l'illusion d'Allen ne cesse de la tourmenter, et qu'elle serait prête à tout pour le retrouver. Soupir. Et puis elle se tourne vers moi, me demandant ce que j'ai vu moi, dans cette brume. Je grimace, tandis qu'elle développe sa pensée pour finalement conclure en disant qu'elle est juste inquiète.

Cette fois, c'est à moi de détourner le regard. Je serre les poings, et ferme les yeux.

Lui dire. Tu dois lui dire. Tu vas lui dire. Vas-y Ginji, raconte tout. Libère toi de ce poids qui te hante.

Inspire.

Expire.

Et lâche.

« -Ils me battaient.  »

Je rouvre les yeux, comme étonné par mes propres paroles, lâchées si brutalement. Puis, doucement, presque tremblante, ma main droite vient presser le centre de mon dos, cachant une blessure invisible, voulant la compresser pour ne pas qu'elle réapparaisse. Il y a deux ans, des bleus auraient été visibles à cet endroit là.

« -Ils me battaient. Je n'avais rien fait pour le mériter pourtant... Du moins je crois. Je voulais juste me faire des amis. Mais ils en avaient déjà bien assez pour s'encombrer d'un gamin comme moi. Alors ils m'ont trouvé une utilité. J'étais le bouc-émissaire, celui sur qui tout le monde se défoulait. Alors que je voulais juste des amis. Juste des amis. Des amis.  »

Ma main droite retombe, tandis que je fixe le vide. Mes jambes lâchent soudainement, et je tombe à genoux, le regard toujours ailleurs, les yeux en larme, la voix qui tremble, et ce flot de parole qui ne cesse de sortir de ma bouche.

Ça y est.

La vanne est ouverte.

« -Au début j'essayais de m'intégrer. Je travaillais dur sur moi-même pour devenir plus gentil, plus généreux, plus tolérant, plus patient. Je pensais que si j'étais une personne agréable, qui ne se plaignait jamais, et qui étais toujours à l'écoute des autres, on m'accepterait. Mais c'était trop tard, mon rôle était déjà attribué. Parfois, l'un d'eux venait vers moi, me disant qu'il allait devenir mon ami. Puis il me donnait un coup de couteau dans le dos, et partait en riant avec d'autres enfants. Et ça continuait. Et ça continuait. Bien sûr, j'aurai pu en parler. Dire que je souffrais. Mais si je faisais ça, il allait y avoir des conséquences sur eux, non ? Si jamais ils se faisaient gronder par ma faute, ils ne voudraient jamais que je devienne leur ami. Alors j'ai rien dit. Jamais. Parce que je voulais juste des amis. Juste des amis. Des amis. Des amis. Des amis. »

Je sens quelque chose qui se frotte à mon bras. Webble veut savoir ce qui ne va pas. Mais je ne le regarde pas. Je n'y arrive pas.

Et quand bien même, difficile de voir quoi que ce soit avec le regard embué de larme.

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« Je... Je ne suis plus sûr de rien, en fait. »

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MessageSujet: Re: La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes   Dim 21 Juin - 18:41

Pourquoi lui avais-je demandé ça? Pourquoi est-ce que j'avais insisté alors que, pourtant, il avait semblé très clair, plus tôt, qu'il ne désirait pas en parler? C'est que je suis une égoïste. Il n'y avait plus, dans mon coeur, que les regrets de ne pas avoir pu être là pour ceux qui m'étaient chers, ou plutôt pour un jeune homme en particulier. Je ne dois pas faire la même erreur deux fois, que je m'étais dit, quitte à insister. Mais il ne fait pas s'étonner, lorsque l'on est motivé par des causes aussi personnelles et centrées sur soi, de blesser les autres plutôt que de les aider. Mais cela, je l'ai compris une demi-seconde trop tard, lorsque Ginji a détourné les yeux. Les choses n'auraient pas du se passer comme ça, mais il suffit de tellement peu pour qu'une erreur sois commise, altérant à jamais le cours des événements.

Les poings du topdresseur s'étaient refermés, tout comme ses yeux aux paupières hermétiquement closes. Il respirait profondément, luttant contre lui même en une joute silencieuse. Je cru durant un instant qu'il allait se défiler encore une fois, qu'il ne répondrait pas. Je pourrais alors soupirer de soulagement, m'excuser pour mon manque de délicatesse et nous passerions à autre chose, n'est-ce pas? Ça aurait été bien trop facile. Ne pas avoir à vivre avec les conséquences de mon interrogation, tellement facile que s'en était presque drôle. Platement et ironiquement drôle. [i]Ils me battaient.[/b] Tellement drôle, n'est-ce pas? S'en était au point où mon souffle s'empêtra dans ma gorge et que mes cils battirent un instant dans l'air. Il n'était pas sérieux, il ne pouvait tout simplement pas l'être. Mais pourtant.

Il avait voulu des amis. Il n'avait rien fait de mal, du moins il ne le pensait pas et il avait probablement raison. Sa seule faute était d'avoir été trop gentil. Les autres avaient décidé d'en faire leur bouc émissaire, Ginji, un garçon si doux, si amical. Et il a insisté. Il ne voulait que des amis. Des amis. Encore. Comme une incantation pour les faire apparaître et effacer tout le mal qui avait été fait. Simplement repartir de zéro et être des amis comme il faut. Et je me suis mis à espérer que Ginji soit comme moi, aussi lâche et faible que moi, et qu'il ne trouve jamais la noblesse d'âme de les pardonner. Car par Arceus, ils ne le méritaient pas du tout.

Je voulais dire quelque chose, je voulais avancer vers lui et le serrer dans mes bras, le consoler. J'aurais tout donné pour lui dire que je le comprenais, que tout irait mieux maintenant ou je ne sais pas quoi, mais ce n'était pas vrai. Ça ne m'étais jamais arrivé, oh grand jamais. Je n'aurais jamais seulement pu imaginer que c'était possible. Alors qu'est-ce qu'on dit dans ces moments là? Comment est-on supposé agir? Comment pouvais-je l'aider et me racheter pour lui avoir tiré les vers du nez de façon aussi inconsciente? Je me posais encore la question quand il s'est effondré au sol, les yeux baignés de larmes. Et il a continué à tout déballer avec une voix chevrotante, plongé dans un état presque second, comme s'il revivait ces scènes et qu'on s'amusait à le taper d'un bâton pour le forcer à tout avouer. Et je restais là, immobile, incarnant malgré moi l'essence même de la mentali. J'avais toujours été superficielle, j'avais toujours eu des amies et, même si j'avais eu ma dose normale de bêtises et de disputes, je n'avais jamais vraiment été seule. Et pourtant, je n'avais pas trouvé cela suffisant, je voulais encore plus, sans réaliser que j'avais déjà tellement. J'avais même été jalouse de Ginji en personne, sans rien connaître de la vérité. Bien honnêtement, je n'avais même jamais cherché à la connaître, cette vérité.

Il n'avait pas tari d'efforts. Il avait voulu être plus patient, plus conciliant, plus gentil. En somme, il avait tout fait pour tenter d'être l'ami parfait. Comme ça, il avait pensé que les choses changeraient. Il pensait qu'ils finiraient par le reconnaître comme l'un des leurs, mais c'était impossible. Ginji ne serait jamais comme l'un de ces monstres, et ça ne l'avait pourtant pas empêché d'espérer. C'était tellement niais, ça me donnait mal au coeur, de me dire que ces gamins avaient été capables d'en profiter, mais pourtant ça ne m'étonnait pas tant que ça. Il n'avait même pas osé en parler, par craintes de représailles. Il voulait tellement ne plus être seul qu'il préférait encore souffrir. Même les mauvais traitements lui semblaient plus enviables que la solitude. Des amis. Simplement des amis. Juste des amis. Des amis et rien de plus. Mais ce n'était pas ce qu'ils étaient, loin de là. C'était assez, maintenant. Je devais faire quelque chose. Je devais trouver les mots. Je devais trouver un moyen de l'aider. N'importe quoi, mais je ne voulais plus le voir souffrir comme ça. Je n'aurais pas pu l'endurer une seule seconde de plus.

Je me suis approchée de lui, enfin, et je me suis presque laissée tomber, n'ayant plus la force de simplement m'accroupir. Mes genoux encaissèrent le choc et mon dos, un fois de plus, me fit souffrir. Mon bras droit pour sa part... Je préfère ne même pas en parler. Je le regardai un instant de mes yeux de chocolats, incertaine, timide, maladroite. Puis, de la gauche, j'essuyai sa joue en une caresse, du revers de mes doigts normalement si doux, mais maculés aujourd'hui de terre et de poussière.

- Ginji... Garder tout ça... Aussi longtemps...

Comment avait-il seulement réussi? Un tel fardeau, une telle blessure. Comment qui que ce soit aurait-il pu endurer tout ça sans jamais se plaindre et, pire, en souhaitant que ses bourreaux ne soient pas punis? Ça m'en rendait presque furieuse, mais j'aurais été incapable de lui en vouloir. Au lieu de cela, je tentai de l'étreindre doucement. Néanmoins, à cause de ma blessure, il serait plus juste de dire que je l'attirai à moi de mon bras valide, pour l'inciter à me serrer dans ses bras alors que je lui rendrais le câlin comme je le pouvais, ignorant la douleur lancinante qui m'assaillait. J'allai même jusqu'à poser ma joue sur son épaule, ce après quoi je ne pu m'empêcher de verser quelques larmes moi aussi. Comme si j'arriverais, un jour, à ne pas pleurer comme une véritable fontaine à la moindre larme qui viendrait souiller les yeux de mes amis. Pourtant, ce n'était pas assez. Si je ne lui disais pas ce que j'en pensais, ce que je ressentais, sincèrement, je m'en serais amèrement voulu. C'est donc d'une voix douce, faible, mais assez près de lui pour être entendue, que je pris la parole, prolongeant le câlin, espérant qu'il saurait lui apporter un peu de réconfort.

- Je ne sais même pas quoi dire... Je veux dire... Je ne comprends pas. J'ai été tellement jalouse de toi. Je le suis encore, d'ailleurs. Tu es tout le temps de bonne humeur, toujours content d'aider tout le monde. Chaque fois que je te vois, on dirait que je n'arrive plus à m'en faire. C'est comme si tu avais fait des provisions de bonheur à l'infini et que tu en donnais aux autres. Tous ceux qui te connaissent à la PC t'adorent, tous ceux que je connais en tout cas. Et je ne pouvais pas m'empêcher de penser : si seulement j'étais comme Ginji. Comme ça j'aurais probablement pu être une meilleure amie, pour les gens autour de moi. J'aurais pu être meilleure en tant qu'individu. Mais je n'aurais jamais cru que toi, pendant tout ce temps... Je suis tellement désolée.

Et j'étais sincère. Je ne l'ai jamais été autant qu'à ce moment là. J'avais encore l'impression d'entendre son incantation qui résonnait dans ma tête. Des amis. Des amis. Des amis. Tant et si bien que je retirai ma joue de son épaule, pour prendre un peu plus de distance et tenter de croiser son regard, incitant doucement son visage à se tourner vers moi, de la main. Que voulez-vous, je suis tactile, moi.

- Laisse moi être ton amie! Pour de vrai. Je ne serai peut-être pas une amie parfaite, mais je veux faire de mon mieux. Je promets de ne jamais te forcer à manger ma nourriture, de toujours t'offrir une oreille attentive, et même une épaule pour pleurer si tu en as besoin! Sinon on peut aussi juste rire ensemble et se perdre dans la forêt, on est doués pour ça. Et...et te protéger! Enfin, c'est un peu bizarre à dire vu que tu es un topdresseur plutôt doué en vrai, mais ça n'empêche rien, n'est-ce pas? Je... Je ne veux plus jamais que tu ais à vivre tout ça tout seul, Ginji. Je ne suis sans doute pas la mieux placée pour ça, mais, ce n'est pas juste. Tu as fait tellement, il faut que quelqu'un te rende la pareille, que quelqu'un essaie de faire pareil pour toi. S'il te plaît, laisse moi essayer.
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MessageSujet: Re: La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes   Lun 22 Juin - 0:34

Ginji Labelvi
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«  La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes »


Je pleure à chaude larme. Je ne cherche même plus à me retenir. A quoi bon ? Plus la peine de se voiler la face. Autant laisser cette pluie déferler, avec un peu de chance elle se contentera d'arroser les plantes sans inonder les champs.

Estelle se laisse tomber à côté de moi. Elle essuie l'une des nombreuses larmes coulant sur ma joue, peinée par le temps qu'il m'a fallu pour me débarrasser de cette histoire coincée au fond de la gorge.

Pourquoi a-t-il fallu que je garde tout cela pour moi-même ? Certes, quand j'étais encore à Rivamar, cela pouvait se comprendre, mais aujourd'hui ? Est-ce par peur de représailles ? C'est tout bonnement ridicule, ils ne peuvent rien me faire maintenant. Et quand bien même ils arriveraient à me retrouver, j'ai mes Pokémons pour me défendre. Webble et Thoron l'ont bien démontré lors des vacances sur Pumkin, contre Yann, profitant de notre rencontre pour me torturer une fois de plus. Alors qu'est-ce ? La honte ? Je suis un ventre sur patte que personne n'a jamais pris au sérieux, maladroit, naïf et insouciant, qu'est-ce que j'en ai à faire de la honte ? Peut-être par simple altruisme alors, parce que je ne veux gêner personne avec mes problèmes ? Non, ce n'est en aucun cas pour une raison noble ou héroïque. C'en est devenu maladif. Presque une obsession. Me taire, et laisser passer en priant qu'un jour ou l'autre, tous ces souvenirs allaient disparaître. Recenser le passé, n'est-ce pas le faire revivre ? Je ne veux pas revivre tout cela une deuxième fois. Non. Hors de question. C'est cela en fait : si je me tais, c'est par lâcheté. Purement et simplement.

Estelle me prend avec son bras valide et m'attire vers elle. Je me laisse faire, cherchant le réconfort auprès de la Mentali, me réfugiant dans son bras comme un enfant se réfugierait dans les bras de sa mère. Je me tiens le visage de mes deux mains, et continue de pleurer en hoquetant. Tous ces coups. Toute cette douleur. Toutes ces blessures. Je l'ai vécu, et je le revis en ce moment. Je me revois assis dans un coin de la récréation, les yeux fermés, les bras levés dans l'espoir désespéré de pouvoir arrêter les coups. Je me revois, au bord de la mer, à me faire traîner par terre, le dos brûlant, écorché par les grains de sable. Je me revois, poussé d'un enfant à un autre, avant que le dernier choisisse de ne pas se salir les mains, me laissant tomber au sol, dans une plainte sourde.

Ma camarade finit par prendre la parole. De sa voix légère, presque faiblarde, mais tout de même audible, je l'entends me parler de sa jalousie à mon égard, du fait que je sois joyeux, apprécié, optimiste, volontaire. Puis elle s'excuse. Pourquoi ? Pour m'avoir demandé ce qui n'allait pas ? Pour sa jalousie ? Pour cette histoire, par compensation ? Je n'en sais rien. Peut-être pour tout ça à la fois. Mais dans tous les cas... Tu es pardonnée Estelle.

Elle retire sa joue de mon épaule. Je relève la tête, presque aussitôt, mon regard se plongeant dans le sien. Je dois avoir les yeux plus rouges que jamais, le visage pathétique, la mine désespérée. Je crois qu'en ce jour, je n'ai jamais été aussi triste. J'ai été apeuré, terrifié, écœuré, mais jamais attristé à ce point.

C'est alors qu'elle me demande d'être mon amie. Qu'elle ferait tout pour être une excellente amie, que ça soit dans la consolation que dans le divertissement, dans la joie comme dans la peine, dans le malheur comme dans l'espoir. Elle veut me rendre la pareille que l'on ne m'a jamais rendu.

Elle veut juste être mon amie.

« -... Es.... Telle.... »

Je l'enlace aussitôt, me remettant à pleurer de plus belle. Mais ce ne sont plus les mêmes larmes qui coulent : celles-ci sont le signe de ma délivrance. Je me libère enfin de cette charge qui pesait si lourd. Tout ce que je cherchais durant toutes ces années, la seule chose que j'ai souhaité avoir durant mon enfance, ce pourquoi j'ai tant souffert, enduré, elle vient de me l'offrir. En l'espace de quelques secondes, je passe du cauchemar au rêve, de l'enfer au paradis, de la pauvreté à la plus grande des richesses.

En l'étreignant, je sens son attelle contre mon torse, je me recule aussitôt de peur d'y être allé trop brusquement.

« -Pa... P-pardon ! J'espère que je... snif... J'espère que j't'ai pas fait mal ! Je... Je... Merci Estelle. Merci.  »

Et je l'enlace à nouveau, plus doucement cette fois-ci. Pendant de longues secondes, de longues minutes, nous restons ainsi, sans bouger. Je garde les yeux fermés, profitant de ce renouveau, de cette renaissance. Cette île a beau m'avoir mis face à un terrible cauchemar, elle m'a permis de me libérer d'un fardeau. D'un terrible fardeau.

Au bout d'un moment, je sens Webble qui commence à s'impatienter à côté de moi. Je m'écarte, passe ma main sous mes yeux pour essuyer les dernières larmes qui coulent, puis regarde le Mygavolt qui piétine le sol. Puis je lui tends les bras, bras dans lesquels il se réfugie presque aussi immédiatement.

« -T'inquiètes pas, ton dresseur va mieux... snif... Il va beaucoup mieux maintenant. »

C'est au tour de Goldfroy de s'approcher, puis des deux Magnétis. Après une étreinte collective où j'ai trouvé la peau rocailleuse de mon Gravalanch aussi chaleureuse qu'une peluche, je me suis libéré pour me tourner une nouvelle fois vers Estelle, me frottant toujours les yeux.

« -Merci Estelle. Ça à l'air d'être rien, comme ça, mais... Tu me libères d'un poids. Vraiment.  »

Je renifle, me frotte une nouvelle fois les yeux, puis lâche un profond soupir de soulagement. Je me sens beaucoup plus léger, plus tranquille. Comme si tout problème avait disparu....

Non. Tout n'est pas encore réglé. Il y a encore Suzie qui peut toujours se remettre à me tourmenter. A n'importe quel moment. Elle n'attend que ça, que je sois insouciant et sereine pour me faire encore plus mal...

Je vois une ombre se former petit à petit dans le dos d'Estelle. J'écarquille les yeux, puis secoue la tête pour la chasser.

« -Vas-t-en fichue brume... On n'a pas besoin de toi. »

Je prends un ton le plus ferme possible, la tête refroidie. Presque obéissante, l'ombre s'efface peu à peu dans le reste de la brume pour disparaître définitivement de mon champ de vision. Le tour de Suzie viendra, mais pas maintenant. Je préfère en rester là pour l'instant, je pense avoir eu mon lot d'émotion pour la journée.

J me relève, et aide Estelle à faire de même, avant de commencer à ramasser quelques unes des feuilles de bananier tandis que mes Pokémons font de même.

« -Prenons les feuilles et rentrons.... Dans la grotte, nous serons à l'abri de tout danger. »

Sans vraiment attendre de réponse de la part d'Estelle, je l'invite à me suivre et me dirige donc vers la grotte où j'ai laissé mes affaires, guidé par Thibault. Pendant le trajet, je fixe mes baskets l'air pensif, avait de parler en direction de la Mentali.

« -Je... Je pense avoir compris comment fonctionne cette brume. Tout à l'heure, tu... Tu m'as bien dit que tu cherchais Allen ? Et tu as entendu sa voix ? Moi, c'est quand j'ai commencé à douter de moi-même que j'ai commencé à halluciner. Je crois que cette brume puise dans nos faiblesses pour nous piéger.  » je m'arrête et me tourne vers Estelle « Tant que nous ne baissons plus les bras, je pense que nous n'avons rien à craindre.  » je me retourne et reprends la marche « Du moins, c'est ce que je pense. »

Nous finissons par arriver à la grotte. Le feu est encore allumé, et mes affaires toujours entassées dans un coin. Nous empilons toutes les feuilles dans un coin, avant que je ne les sépare en deux piles distinctes, en poussant une vers Estelle pour qu'elle puisse s'asseoir, ou même s'allonger, dessus. Je tasse l'autre tas, avant de m'asseoir dessus, essuyant une énième larme.

« -Merci encore. Dès que tout ceci sera terminé, j'aimerai peut-être te parler d'autre chose... Si ça ne te dérange pas, bien sûr. Et quand je serai prêt à le faire... »

Je me frotte les yeux, mais cette fois-ci plus à cause de la fatigue qu'autre chose. Je jette un œil à mon Ipok pour y lire qu'il est 17h16. Hmm. Le temps passe trop lentement à mon goût...

« -Je pense qu'ils ont tout juste commencé les recherches. Ils devraient nous trouver d'un moment à un autre...  »

Je regarde le bras blessé d'Estelle, priant en silence pour qu'elle n'ait rien de trop grave. Cela risque d'être compliqué de passer plus de temps sur cette île avec une telle blessure... Pourquoi n'ai-je pas de Pokémon capable d'utiliser des attaques de soin ?

Je m'approche légèrement du feu, cherchant à me réchauffer. Aussi douloureuse soit-elle, je crains qu'Estelle va devoir faire avec... Ça va être dur. Très dur. Mais...

« -On va s'en sortir Estelle. Je te le promets. »

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MessageSujet: Re: La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes   Mar 23 Juin - 20:04

Il a beaucoup pleuré, le visage enfoui dans ses mains, son être tremblant contre moi. Il en avait besoin, réellement. Je lui avais ensuite parlé, j'avais tenté de faire de mon mieux, pour lui remonter le moral sans doute, bien que ça ne me semblait pas être exact. Lorsque l'on veut remonter quelqu'un, on lui dit toutes sortes de choses positives, même si on ne les pense pas toutes, parce que la fin justifie les moyens. Sauf que là, je n'avais pas eu besoin de le faire. Tout était sortit tout seul, tout en sincérité. Lorsque j'ai retiré ma joue de son épaule, il s'est redressé tout de suite, ses ambre baignées de larmes venant retrouver mon regard. En ce simple mouvement, j'avais presque eu l'impression de l'avoir entendu protester, comme s'il était prêt à refuser de me laisser m'éloigner. Comme s'il avait peur que je le fasse. Ses traits semblaient ravagés de tristesse, une vision bien douloureuse que je n'aurais jamais cru voir un jour. Comme quoi il avait été très doué dans l'art de tout garder pour lui, de souffrir en silence. Et j'avais donc poursuivit sur ma lancée, lui offrant mon amitié imparfaite, mais offerte affectueusement, sincèrement. Et je ne l'avais pas fait à moitié, bien sûr que non! De toute façon je suis incapable d'être à moitié près des gens que j'aime vraiment et, en rétrospective, c'est vraiment à partir de cet instant là que j'ai connu Ginji. L'instant où son visage s'est éclairé et où j'ai senti en lui plus de reconnaissance et de soulagement que je n'aurais jamais pu en imaginer.

C'est d'une voix bien inhabituelle qu'il prononça mon prénom, le détachant même au milieu sous le coup de la surprise ou de l'émotion, qu'est-ce que j'en sais. Mais dans tous les cas, c'était bien plus qu'assez pour que je me mette à pleurer avec lui alors que ses bras se refermaient sur moi et qu'il m'enlaçait. Oui, c'est vrai, ça m'a fait assez mal au bras, mais je n'en ai rien laissé paraître. J'ai simplement fermé les yeux et je l'ai serré en retour comme je le pouvais pendant qu'il pleurait toujours. Il n'y a rien qui vaut la peine de souffrir un peu autant qu'un câlin, surtout un câlin comme celui-là. Mais bon, heureusement il remarqua de lui-même et le topdresseur me libéra tout en se confondant en excuses, espérant ne pas m'avoir blessée d'avantage avant de me remercier. Je ne pu m'empêcher d'y répondre avec un sourire chaleureux malgré mes yeux humides et brillants, accompagné d'un petit haussement de l'épaule gauche.

- Ça fait encore un peu mal, mais c'est pour la bonne cause.

Ma réponse semble satisfaire le topdresseur puisqu'il m'enlaça de nouveau, bien que, cette fois si, avec beaucoup de douceur et de soin, comme si j'eu été une chose fragile et précieuse qu'il chérissait au creux de ses bras. Aussi aberrant que cela puisse être, Ginji, en cet instant, m'offrit cette étreinte particulière, celle que les hommes réservent aux femmes. Nul besoin de vous dire que je me suis sentie rougir et qu'un rire nerveux m'a même échappé, mais je ne me suis pas enfuie pour autant. Dans cette île de mirages, d'illusions, de cauchemar et de supercheries, ce moment que nous partagions était beaucoup trop vrai pour que j'accepte de m'en soustraire. Combien de temps il dura? Je ne sais pas, pour la simple bonne raison qu'il échappait à cela. Ce n'était plus un vulgaire moment dans le temps, mais bien l'instant présent, ce moment d'éternité qui nous glisse sans cesse entre les doigts, lorsque l'on ne sait pas s'arrêter pour l'admirer.

Le temps ne reprit que lorsque son mygavolt vint s'enquérir de son état, probablement inquiet. Le voltali s'occupa donc de le rassurer, sous mon regard attendris. Que voulez-vous, je suis une grande sentimentale, je suis facilement émue et c'était un moment riche en émotions, voilà tout. D'ailleurs, ses trois autres compagnons étaient venus s'ajouter à la partie et, de mon côté, Sephiroth apparu dans la brume, sans doute envoyé par Iggy, pour venir me tourner autour. Encore heureux que mon petit Prince n'ait pas fait partie de l'expédition, autrement il serait venu me trainer de force jusqu'à la grotte pour que j'aille prendre soin de mon bras et autres blessures. Mais bref, le nouveau moment de câlins se termina et, à mon grand soulagement, le jeune homme essuya ses dernières larmes, signe que la tempête était passée et que son coeur serait maintenant plus léger. Une fois de plus, il ne put s'empêcher de me remercier et, de mon côté, je ne pu pas m'empêcher de sourire, surtout après ce grand soupir de soulagement qui exprimait la situation mieux que n'importe quelles phrases.

- Pas besoin de me remercier, les amis sont faits pour ça. Sans oublier que ça me fait vraiment plaisir de te retrouver un peu plus serein.

Sauf qu'il a l'air encore songeur, trop songeur alors qu'il semble regarder quelque chose par-dessus mon épaule, avec ce qui a l'air, ma foi, de traits décidés et fermes. La parole ne tarde d'ailleurs pas à s'allier à son expression alors qu'il ordonne presque à l'ombre de nous laisser tranquilles, parce qu'on a plus besoin d'elle. En un réflexe intrigué, je me retourne, pour tenter d'apercevoir quelque chose, en un bruissement de cheveux roses. Dans mon mouvement, je chasse les relents de brume qui se collaient à moi et partent se fondre dans la végétation. Dommage, quoi qu'il y ai eu dans la brume à cet instant précis, je l'ai manqué. Il est amplement temps de se relever maintenant et c'est avec un petit coup de main du Spe type que je m'exécute, ce après quoi le jeune homme prends les rennes de notre duo. Récupérer les feuilles et regagner la grotte, pour y être en sécurité. Voilà un bon plan auquel je me contente d'acquiescer, n'ayant rien à y rajouter de toute manière. C'est un peu silencieusement que nous nous mettons en route alors que je n'ose pas trop déranger Ginji qui semble, de nouveau, plutôt pensif à fixer comme ça le chemin devant lui. Ou peut-être simplement ses souliers? Qu'importe, après tout. Ça n'en demeure pas moins un soulagement d'entendre peu après sa voix s'élever de nouveau, témoignage de son état apaisé. Il m'expliqua son raisonnement au sujet de la brume et je demeurai attentive. Au final, j'ajoutai même mes propres expériences à la liste, bien que je n'avais pas assez confiance en moi au plan intellectuel pour clairement formuler une hypothèse comme mon camarade d'infortune.

- Au départ j'ai juste vu des créatures de jeu vidéo, comme des zombies et tout, mais ouais, c'était peut-être un peu ce que je voulais voir. Et ce n'est pas faux que je cherchais un endroit sécuritaire alors... Mon esprit a peut-être fait le lien par réflexe ou quelque chose comme ça. On voit bien ce que l'on veut voir quoi. Après, je ne sais pas si on peut vraiment dire que la brume s'en sers contre nous... Je veux dire, ça voudrait dire qu'elle a des intentions quoi, un but. Mais ce n'est jamais que de la brume, non?

Question qui n'aura pas de réponse pour l'instant, mais qui en trouvera probablement une dans un futur plus ou moins éloigné, alors on est de gentils lecteurs et on accepte de simplement rentrer à la grotte pour l'instant! Les choses n'y avaient d'ailleurs pas beaucoup bougé, si l'on omet de parler d'Iggy qui était maintenant en train de s'occuper du véritable Epona et d'Ash, mon pauvre phanpy, blessé lors de son combat héroïque contre un Arbok. Avec Sephiroth qui flottait déjà autour de moi et Shaw qui avait repris sa forme de gelée, presque tout le monde était sortit. Les seuls que j'avais avec moi qui n'étaient pas de la partie étaient Hime, ma barpau, et ma dernière capture, par mesure de sécurité. Il ne nous fallu pas longtemps pour organiser les feuilles -enfin, Ginji s'occupa de la plus grande partie quand même- et je pu m'asseoir, enfin, appuyant mon dos contre Epona qui s'était glissé derrière moi avec précaution, pour sa patte. Même plus besoin de m'approcher des flammes, je serais au chaud pour sûr! Sans oublier qu'Ash vint s'étendre le long de ma jambe, appuyant sa tête sur ma cuisse sans remords. Un peu plus et j'étais parfaitement entourée, mais ça ne m'empêchait pas d'être attentive à Ginji, fort heureusement. D'ailleurs, impossible de manquer qu'il se frottait toujours les joues de temps à autre, comme si les larmes refusaient d'en partir tout à fait.

Une fois de plus, il prit la parole et, sans grande surprise, il commença par me remercier encore. À croire que ça deviendrait bientôt une habitude tiens! La suite, par contre, m'inquiéta un peu. Lorsque nous serions sortis d'ici, il aimerait me parler d'autre chose, si je le voulais bien, mais seulement lorsqu'il serait prêt. Y avait-il d'autres peines, dissimulées au fond de ce regard ambré? À quel point ces enfants cruels avaient-ils empoisonné Ginji de leur poison acide? Et qu'aurait-il fait, si cette sortie capture ne l'avait pas forcé à confronter tout cela? Aurait-il simplement vécu toute sa vie avec ce poids sur les épaules? C'était tellement, mais tellement injuste.

- Prends tout le temps qu'il te faut. Et bien sûr que ça ne me dérange pas, ça me changera de la compagnie des mentaliennes clichées. Enfin, elles ne sont pas méchantes, mais bref! Ça me fera plaisir.

Toujours aussi maladroite, la petite Estelle, quand vient le temps de dire des trucs un peu classes. Je n'ai pas de talent, qu'est-ce que je peux vous dire de plus. Encore heureux que je sache plus ou moins comment être une bonne amie, ça rattrape le coup vu que les actes comptent toujours plus que les mots. Et puis il fait dire que la fatigue et la douleur commencent à me rattraper et je n'ai pas l'air d'être la seule dans ce cas là. La journée a été longue et j'ai l'impression d'avoir quitté Lansat depuis des jours déjà alors que, pourtant, ca ne fait même pas encore douze heures. Je m'en demanderais presque si les choses vont avoir changé à notre retour ou pas, comme s'ils vont avoir pris le temps de repasser un coup de peinture, des petits trucs comme ça. Un peu con, je l'admets, mais au moins c'était une pensée légère et rassurante, familière. Car l'angoisse me gagnait un tout petit peu quand même, et quelqu'un d'autre ici semblait l'avoir senti. Enfin, peut-être éprouvait-il simplement la même chose par un hasard pas si fortuit, mais ça reste un peu moins bien à écrire.

Ils devraient nous trouver d'un moment à l'autre. Une pensée bien optimiste, mais je ne manque pas non plus ce regard pour mon bras. J'en suis même presque honteuse, parce que je le sens être inquiet. Je ne réponds que d'un mouvement affirmatif de la tête, mais ça ne semble pas assez, le jeune homme me parait encore tendu. Un mélange des restes de sa tristesse de plus tôt, de sa détermination, de son inquiétude et de sa fatigue, sans parler qu'il a peut-être faim, on parle quand même de Ginji. Comme pour en rajouter à mon impression, il surenchérit encore, allant jusqu'à me promettre que nous allions nous en sortir. On dirait presque qu'il cherche à se convaincre et à se donner du courage tout autant qu'il veut me rassurer et, même si je ne peux m'empêcher d'être flattée -gènes de mentali-, je m'en retrouvais encore plus inquiète.

- Hey, je te fais confiance. Et ce n'est pas notre première mésaventure en forêt, on a survécu à bien pire. Ne t'inquiète pas.

Et je me garderais bien de lui dire que nous n'étions certainement pas les seuls dans cette situation. Au milieu de toute cette histoire, nous allions devoir trouver le moyen de regagner la côte si nous voulions être retrouvés, parce que dans une forêt comme celle-là, personne n'est épargné, que ce soit les autres élèves ou l'équipe de secours elle-même, si équipe il y avait. Enfin, ce n'était pas le moment. Nous n'étions pas en état de toute façon, ni l'un, ni l'autre, de regagner la côte de cette île de malheur. Nous devions y aller par ordre des priorités.

- Sinon... Tu as l'air plutôt épuisé, il vaudrait sans doute mieux essayer de te reposer un peu. Je peux même me pousser un peu, c'est plus confortable d'être appuyé sur Epona que sur de la roche, sans offense Goldfroy, et puis tu pourras être au chaud sans te soucier de la fumée du feu de camp. De toute façon je peux monter la garde ou un truc dans le genre, je ne sais pas si je réussirai à dormir vu euhm... Bref.

Vu que ça faisait mal, oui, quand même. Fichu bras brisé! Je pourrais me reposer, mais dormir, ce serait difficile. Le moindre mouvement semblait relancer des éclats de douleur virulents, ce qui m'interdisait l'accès au confort rassurant des bras de Cresselia. Cela n'empêchait toutefois pas que nous avions besoin de tout le repos que nous pourrions avoir, l'une étant blessée et l'autre étant probablement épuisé d'avoir autant pleuré. Quelle histoire quand même. Avoir su que de telles péripéties nous attendaient sur cette île, je pense bien que j'aurais passé mon tour et que je serais restée bien sagement sur Lansat. Enfin, si je l'avais fait, qui sait ce qui serait arrivé à Ginji? Question qui me portait à me demander : puisque moi je suis déjà avec Ginji, est-ce qu'il y a quelqu'un avec Leo? Est-ce que lui aussi va bien? En acceptant de rester avec Ginji, en me liant d'amitié avec lui et en m'abritant avec lui, est-ce que cela comptait comme d'avoir abandonné Leo à son sort? Serait-ce une pointe de remord, cette chose que je sentais soudainement au fond de moi? Enfin, je ne pouvais pas non plus regretter d'être l'amie de Ginji. Il avait eu besoin de quelqu'un, j'étais là et j'avais décidé de faire ce que je pouvais et ça me semblait bien. Mais est-ce que c'était vraiment bien? Voilà la question qui me tournait toujours en tête, lorsque j'ai réussi à fermer les yeux.

***

Je m'éveillai un peu plus tard, clignant quelque fois des yeux et laissant échapper une plainte sourde. À force d'être assise sur ce sol dur, feuilles de bananier et dossier en ponyta ou pas, ça commençait à m'élancer. Il était temps de me dégourdir les jambes, ce que je pouvais faire sans trop de mal. Enfin, le bas de mon dos était encore un peu douloureux, mais c'était presque passé en comparaison de mon bras toujours immobilisé. Je tournai mon regard chocolat vers le topdresseur, à mes côtés, et réalisai qu'il semblait endormi. Enfin, en même temps il commençait à faire sombre donc je n'étais pas certaine à cent pour cent, mais c'est l'impression que j'avais. Je repérai d'ailleurs aussi son iPok, plus facile d'accès que le mien à l'heure actuelle, et le lui empruntai le temps de regarder l'heure. 19h27. Joie. Le soleil allait probablement se coucher sous peu et si on ajoute le combo brouillard dans tout ça, sans parler des Pokémon sauvages et possiblement hostiles, nous allions très probablement nous retrouver immobilisés dans cette grotte pour un petit moment. Il fallait partir maintenant où nous résigner et nous installer à passer la nuit. Mais avant... ggggrhhhhhghhhh Il fallait trouver de quoi manger. Un examen rapide me permi de faire mon propre inventaire, il ne me restait rien de plus qu'une barre à l'avoine et aux morceaux de fruit, loin d'être suffisant pour deux adolescents. Mmmmmh.... Nouveau regard en biais vers Ginji, qui ne me semblait pas avoir bougé. Je ne pouvais quand même pas le réveiller juste pour ça. Pourquoi ne pas y aller moi-même? D'accord, je ne pourrais rien faire d'extravagant, mais j'avais mes Pokémon pour me protéger et pour m'aider, si je restais assez près rien de mal ne pouvait se passer, non?

Aidée d'Iggy, je me suis relevée et ai demandé, du menton, à certains de mes compagnons de m'accompagner. Shaw, morphé en Ash cette fois, Iggy et Sephiroth étaient de la partie. Les Pokémon de Ginji semblaient me regarder avec un air interrogateur, mais je les rassurai d'un sourire, préférant qu'ils restent ici à veiller sur leur dresseur. Notre quatuor quitta donc la grotte, plongeant dans la purée de pois qui semblait encore plus épaisse que tout à l'heure. Tu devrais rebrousser chemin, petite Estelle! Ça se passe toujours comme ça dans les films d'horreur, c'est un très gros cliché et tu le sais très bien. La fille un peu idiote qui veut se racheter et qui pense bien faire, mais qui prends du même coup un risque démesuré sans trop le réaliser, parce qu'elle a un faux sentiment de sécurité. Et qu'est-ce qui lui arrive après, à cette blonde?! Elle ne revient pas, voilà ce qui lui arrive! Sauf que ce n'était pas un film, mais la réalité. Aller, un peu moins d'élucubrations et un peu plus de cueillette de petits fruits, me dis-je en passant de buisson en buisson. Au final, ce fut Sephiroth qui trouva des baies sauvages le premier, me guidant jusqu'à elles tout en flottant de fierté. Génial! Il n'y en avait pas des masses, mais ce serait amplement suffisant pour nous permettre de reprendre quelques forces tout en discutant de ce que nous ferions ensuite.

➖"Laisse moi t'aider, tu ne peux pas porter ça toute seule, regarde ton bras."

Hmpf! Et puis quoi encore! Me dis-je en gonflant les joues et en froncant les sourcils.

- Merci de ta sollicitude, mais je peux très bien me débrouiller toute... Seule? Allen?! Oh, mais non! C'est encore la brume! Tu ne m'auras pas cette fois, ce n'est qu'une illusion, tu n'es pas là pour de vrai. Tu es à Sinnoh, dans ton château ou je ne sais quoi, et tu n'as aucune idée de ma situation actuelle, alors n'essaie pas de venir me faire croire que tu t'inquietes ou je vais vraiment finir par te frapper!

Ce après quoi je me suis contentée de tourner les talons, laissant l'ombre seule à elle-même, près du petit buisson à baies que je venais de dévaliser sans remords. Non, mais oh! Ça ne va pas ou quoi, il a être borné et être borné, marre à la fin, je n'avais même plus envie de le prendre au sérieux. S'en était telle que, lorsque j'ai vu Abstrak, l'immense Steelix d'Allen, sur le bord de la grotte, enroulé comme un serpent géant qui someille devant son trou, lui non plus, je ne l'ai pas pris au sérieux.

- Oh la la, il fait savoir lâcher prise quand même. Remarque si c'est mon hallucination, ça veut dire que c'est de ma faute... Mmh, je me demande si Ghost sait faire quelque chose pour les peines de coeur, je savais que c'était sérieux mais à ce poo- ooh. Hein? Mais... Comment ça se fait que...?!

Voilà ma réaction, lorsque je tentai de traverser le mirage d'Abstrak et que je me heurtai purement et simplement à un grand mur d'acier. M'étais-je trompée sur l'emplacement de la grotte? Pourtant, j'étais bien certaine que c'était ici. Et puis, les mirages ne peuvent pas nous toucher normalement, non? Comment des illusions pourraient elles nous toucher? Jigglyyyyy Je tournai un regard intrigué vers ma petite boule rose dont les grands yeux bleu semblaient paniqués. À côté, Shaw transférait nerveusement son poids d'une patte à une autre et, pour finir, Sephiroth semblait jauger mon hallucination avec un sourire malsain, comme s'il se demandait comment il allait le réveiller pour faire une bonne blague. C'est bizarre ça, tiens. Ils étaient capable de le voir eux aussi? Ou alors.... Les immenses rocher d'acier commencèrent à bouger, doucement d'abord, puis laissant apparaître une immense tête façonnée dans ce même acier à l'allure indestructible alors que son grand cri fatigué prenait des apparances de bâillement. Steeeeeeee-liix.

- Oh putain... Ginji.... Ginjiiiii!
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MessageSujet: Re: La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes   Mer 24 Juin - 21:49

Ginji Labelvi
      Feat. Estelle Highwind



«  La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes »


Je souris à la remarque d'Estelle. C'est vrai que notre aventure d'aujourd'hui n'a rien à envier à celle vécue sur Lansat... Ni même aux diverses fouilles faites avec Rouquine. Oui, ça va aller, j'ai connu bien pire....

La jeune fille me conseille alors de me reposer un peu, allant même jusqu'à me proposer de me laisser dormir sur Epona. Je suis tout d'abord plutôt réticent, ce n'est en effet pas très rassurant de dormir au milieu d'une île remplie de Pokémons sauvages, et qui plus est si la seule personne capable de veiller sur moi est blessée. Mais d'un autre côté, je sais que je peux faire confiance à Estelle, et si je me repose maintenant, je pourrai à mon tour la veiller la nuit tombée...

Mon corps semblant s'accorder avec ma pensée, je lâche un bâillement avant de m'étirer de tout mon long.

« -Pouah... Je dis pas non. Par contre, tu peux garder ta place, ce tas de feuille me suffira amplement pour dormir. Quand on a grandi dans une ferme, le moindre tas de paille peut faire le meilleur des sofas !  »  

Je retire mon sac et m'allonge, rabaissant la visière de ma casquette sur mes yeux pour mieux me cacher de la lumière du jour. Je propose à mes quatre Pokémons de faire de même, et leur demande même s'ils préfèrent que je les rentre dans leurs Pokéballs, mais refus général. Soit... Je croise les bras, et lance quelques dernières paroles à Estelle avant de fermer complètement mes sens à tout ce qui m'entoure.

« -Et au moindre problème, surtout, réveille moi...  »  

***

Je jette un œil à ma droite. Personne. Je me tourne vers ma gauche. De même. Où suis-je ? La pluie continue de fouetter mon visage, les branches des arbres s'entrechoquent sous la violence du vent, et le ciel est parsemé d'éclairs illuminant, l'espace d'une seconde, les lieux.
Je tente de faire un pas, mais mon pied gauche est aussitôt retenu par quelque chose. Je secoue la jambe, et remarque une chaîne attachée à mon pied. J'essaye de m'avancer en direction de l'extrémité de cette chaîne, mais mon second pied est lui aussi retenu par une autre chaîne partant dans la direction opposée. Je cherche à libérer mes membres, mais en vain.
La panique me gagne peu à peu. Je m'agite de plus en plus.

Je hurle.


***

J'ouvre un œil à l'entente de mon prénom. Doucement, je me lève, le corps légèrement endoloris, et me frotte les yeux. Goldfroy et Webble sont déjà debout, et semblent plutôt agités, tandis que Tobby et Thibault dorment l'un contre l'autre plus loin. Le feu est plutôt affaibli, et je ne vois nul trace d'Estelle. Le stresse monte crescendo lorsque j'entends la Mentali m’appeler une deuxième fois. Je me tourne alors vers la sortie de la grotte... Pour me rendre compte qu'elle a disparu. Euh. Pourquoi je suis entouré de parois rocheuses ?...

Je déglutis. Je suis enfermé. Les battements de mon cœur s’accélèrent, et quelques gouttes de sueur commencent à perler sur mon front.

Ma panique croît lorsque je réalise qu'un des murs est en train de se mouvoir. Ça y est. Je me suis fait avoir par la grotte. Les murs vont se rapprocher de nous petit à petit, jusqu'à nous encercler et nous étouffer, nous broyer, lentement, très lentement... On est foutu. On va mourir. Je suffoque...

Je me mets une gifle, pour tenter de reprendre mes esprits, je me relève, titube, je manque de trébucher, mais réussis à me rattraper en m'appuyant sur l'une des parois. Puis en la voyant, je sursaute, lâche un cri terrifié, mes pieds se marchent dessus, et je tombe au sol.

« -N-n-n-n-non.... Je dois.... Garder mon.... C.... Alme....  »  

Tremblant, je me relève, et remarque que Goldfroy est en train de frapper la paroi mouvante de toutes ses forces. C'est alors que celle-ci se décale d'un coup, laissant entrevoir la sortie. J'attrape Tobby et Thibault et me précipite aussitôt dehors, suivi de mes Pokémons, et déboule à l'extérieur en chutant sur le sol. Je me relève, tremblant, avant de comprendre pourquoi l'entrée de la grotte avait disparu.... Un Steelix ?!

Estelle est juste à côté. Que faisait-elle dehors ? Quand ce Steelix a débarqué ? Le ciel fait actuellement un magnifique dégradé orangé, signe qu'il ne va pas tarder à faire nuit. Ça veut dire que j'ai dormi au moins... Deux, peut-être trois heures. Les secours ne nous ont toujours pas trouvé ? Pouah, autant de réflexion dès le réveil...

Le Steelix lâche un cri mécontent. Je n'ai vraiment pas besoin d'un combat Pokémon dans l'immédiat mais tant pis, je suppose que ce n'est pas au choix du client... Bien qu'encore tremblant, je porte ma main à ma ceinture et en décoche la Pokéball de Meg, ma Loupio. Je fais sortir la petite créature à l’extérieur de sa sphère, et tente de mobiliser toute ma réflexion sur le combat. Rien d'autre. Attaquer, esquiver, et mettre K.O. .

« -E-E-Estelle ! Ne reste pas trop près, tu pourrais être blessée par l'une de ses attaques... Je vais m'en occuper. T'inquiètes pas, c'est pas parce que c'est un Pokémon de type Sol que je vais avoir peur...  
-Steeeeeeeeeee! »

Ouah. Il n'est vraiment pas d'humeur à discutailler lui... Faut dire qu'on l'a probablement dérangé alors qu'il venait tout juste de trouver un coin pour dormir, sinon je ne vois pas comment Estelle aurait eu le temps de sortir puis revenir sans s'en apercevoir. Mais qu'importe ! Je sors mon Ipok et scanne immédiatement le Steelix. Comme le système d'analyse se base sur l'image filmée par l'appareil, je n'ai pas de problème vis à vis des soucis de réseau.. Très vite, la page concernant Steelix s'affiche sur l'écran, page que je consulte à vive allure.

« -"Son corps est composé du fer contenu dans la terre qu'il mange. Avec le temps, il est devenu plus dur que le diamant. Ses mâchoires robustes peuvent broyer la pierre. Ses yeux percent la pénombre souterraine. " D'accord, grosse Défense, faire gaffe à sa mâchoire. Il va falloir tenir la distance ! Meg ! Ton attaque Hydrocanon sera parfaite pour ça ! »

La Loupio lâche un cri enthousiaste, et tire aussitôt un jet d'eau gigantesque en direction du Pokémon géant. Dans d'autres circonstances, je me serai bien demandé comment une si petite créature peut générer autant d'eau, mais là n'est pas la question pour le moment.

« -Webble, Tobby, Thibault ! Utilisez vos attaques Grincement pour faire drastiquement baisser sa Défense ! Les autres, BOUCHEZ-VOUS LES OREILLES ! »

Ma parole se joint aussitôt au geste, puisque je me bouche les oreilles de mes deux mains. Malgré tout, cela ne m'empêche guère d'entendre les cris stridents lancés par mes trois Pokémons, surtout en étant aussi rapproché. Je n'ose donc pas imaginer ce que ressent le Steelix actuellement qui se tord dans tous les sens dans l'espoir de faire cesser ce bruit. J'essaye donc de capter le regard de Meg, qui semble elle aussi plutôt affectée par l'attaque qui ne lui est pourtant pas destinée, mais qui arrive à croiser mon regard. Je fais alors un mouvement du menton pour lui désigner le Steelix, puis lève la tête d'un coup en direction du ciel. Le mini-hochement de mini-tête me fait comprendre que la Loupio a compris ce que je veux qu'elle fasse, avant qu'elle ne se propulse aussitôt vers le Steelix, entourée d'eau, pour ensuite remonter tout le long de son corps grâce à l'attaque Cascade.

Mes trois Pokémons cessent leur attaque Grincement, tandis que Meg retombe gracieusement au sol. Le Steelix ne semble guère dans le meilleur des états, mais le sol se met aussitôt à trembler...

« -Une attaque Séisme ! »

Le secousses me font chuter au sol. Tobby et Thibault, s'étant posés suite à l'attaque Grincement encaissent très mal l'attaque du fait de leur double faiblesse et de leur manque d'expérience dans le combat Pokémon, et tombent aussitôt K.O. . Je rentre les deux pauvres Magnétis dans leur Pokéball avant de constater que seul mon Mygavolt a plutôt bien encaissé. C'est à cause de l'affinité de type ça...

« -Tss, c'est pas cool, je vais encore devoir utiliser des Baies Oran môa... Désolé les amis, mais ça fera moins de poffins pour vous. Meg, reviens dans ta Pokéball ! »

La Loupio s’exécute, et se laisse absorber par le rayon qui sort de sa sphère de capture. Je raccroche la ball à ma ceinture, puis me tourne vers Golfroy.

« -Goldfroy ! Montre nous qui fait le plus gros Séisme !  »

Le Gravalanch s’exécute, se mettant à marteler le sol de ses quatre bras. Je m'accroche à un tronc d'arbre, afin de résister le mieux possible au tremblement, imité par Webble. Je n'ai pas pris la peine de rentrer le Mygavolt dans sa Pokéball, je pense qu'il encaisse suffisamment bien.

Au bout de quelques secondes, les secousses cessent, mais une dernière, plus légère, se fait sentir au moment de la chute du Steelix au sol. Je lâche l'arbre, et cherche Estelle du regard. La jeune fille n'est pas loin, j'arrive donc à sa hauteur assez rapidement.

« -Tu vas bien ?! Que faisais-tu dehors ? Ça va ton bras ? Pas trop eu mal aux oreilles ? Et la secousse, tu l'as senti de là où tu étais ou ça allait ? Il s'est passé un truc pendant que je dormais ? T'es partie combien de temps ? Tu t'es pas faite avoir par une hallucination au moins ?  »

Webble me lance un petit cri en tendant les mandibules vers moi, voulant me faire signe d'aller plus doucement. Je passe le bras sur mon front, enlevant quelques gouttes de sueur, avant d'attraper les Pokéballs de Tobby, Thibault et Meg.

« -C'est vrai. Je dois d'abord les soigner eux. Il faudrait qu'on retourne chercher mes affaires dans la gro...  »

Cette grotte, qui me semblait si protectrice lorsqu'Estelle et moi nous sommes réfugiés à l'intérieur, me semble soudainement néfaste. Le fait que le Steelix ait précédemment bouché la seule issue a fait resurgir en moi ma claustrophobie... Je ne veux pas y retourner. Je ne veux pas me sentir coincé entre quatre murs... Pas à nouveau...

« -Webble, va chercher mon sac s'il te plaît, tout est dedans.  »

Le Mygavolt s’exécute, tandis que je me tourne vers Estelle.

« -Ils ne vont jamais nous retrouver à ce rythme. Rallions la plage, cela mettra fin à tout cela plus rapidement. »

@Eques sur Never-utopia.

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MessageSujet: Re: La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes   Ven 26 Juin - 16:34

Non, mais quelle imbécile! J'étais sortie en pensant pouvoir bien faire, pouvoir rendre service et ramener de petits fruits sauvages. Bon, ok, j'avais réussi cette partie, mais j'avais aussi réussi la partie "réveiller un gros méchant Steelix en le prenant pour une simple illusion du Steelix de mon ancien petit copain, mettant ainsi en danger mon compagnon d'infortune alors que nous étions perdus et seuls sur une île déserte probablement hantée ou maudite, au choix". Affreusement spécifique quand même comme réussite, je me demande s'il y a un trophée pour ça ou pas. Quoi qu'il en soit! Il y a un autre sujet plus important, ledit serpent d'acier assez peu content d'avoir été dérangé. Non, mais c'était quoi l'idée de s'installer là pour dormir aussi?! Heureusement, Ginji réussit à émerger de derrière lui avec l'aide de ses Pokémon, se dirigeant vers moi et les miens avec une hâte et une inquiétude certaine. Premier réflexe? Me crier de ne pas rester trop près, sans quoi je pourrais être blessée. Je devais le laisser s'en occuper plutôt, car ce n'était pas car il avait le type sol qu'il en serait effrayé.

- Sol et acier...Il est aussi type acier...

Murmurais-je pour moi-même, comme si ce double type eut été la chose la plus importante dans tout ça. Et c'était peut-être un peu le cas. Ce type là n'était-il pas devenu différent pour moi? Ne representait-il pas, maintenant, quelque chose de beaucoup plus vaste et de beaucoup plus fondamental? Il y avait tous les types d'un côté et celui-là de l'autre, carrément. Iggy me gifla à la cuisse, étant trop petite pour m'atteindre plus haut, ses grosses joues gonflées et son air mécontent. Ça va, j'ai compris, je recule! Entourée de mes trois Pokémon sphériques -rondoudou, fantominus et un faux phanpy roulé en boule quoi-, je m'eloignai du champ de bataille, à grand regret. Pourquoi est-ce que ça se passait toujours comme ça? Je devais me décaler sur le côté et laisser quelqu'un d'autre se battre pour moi, me protéger. Pourquoi est-ce que je n'arrivais jamais à le faire toute seule?! Et pendant que je rageais dans mon coin, Ginji et son équipe travaillaient ensemble comme une machine bien huilée, comme une horloge dont le moindre rouage est à sa place, comme un seul et même être. Je serrai les dents, le regardant à l'oeuvre et me disant, une fois de plus, que j'aurais du être capable de faire mieux. Prenons juste en exemple, oh, je ne sais pas, l'un des plus grands modèles d'Allen? Si j'avais été quelqu'un comme ça, si j'avais été une fille comme Cynthia... Enfin, ouais non, comparer une jeune fille de seize ans à une championne de région comme elle, je suis prête à dire que la comparaison est un peu bancale. Mais admettons qu'on remet ça en perspective, je suis certaine que Cynthia, à seize ans, n'aurait pas eu besoin de laisser quelqu'un d'autre faire le travail à sa place!

Et même, je n'avais pas besoin de chercher aussi si loin, suffisait de regarder Ginji. Des grincements par ci, une attaque cascade là, et une attaque séisme et...woaah! Je m'accrochai à un arbre, ou plutôt je laissai mon épaule foncer contre un arbre pour éviter de m'étaler par terre n'importe comment. Si, c'était la droite, bien sûr. J'étais blessée, c'est comme une invitation au karma, quand on se fait mal quelque part, il y a toujours, toujours quelque chose pour venir appuyer sur la blessure, pour empirer les choses. Heureusement, le tout se calma bientôt, le choc du Steelix contre le sol mettant le point final à ce combat qui avait été, ma foi, aussi rapide qu'impressionant. Une seconde et demie plus tard, le faux blond m'avait rejoint au pas de course, lançant ses questions comme des shuriken, sans vraiment viser. Une fois de plus, je l'avais inquiété plus que je n'avais pu l'aider et ça, c'était un méchant coup dans l'orgueil.

- Je vais bien. J'ai revu Allen, mais je l'ai ignoré, je savais que c'était une illusion. Du coup quand j'ai vu le steelix, je pensais que c'était Abstrak, celui d'Allen, et j'ai cru que je pourrais simplement le traverser pour rentrer dans la grotte, mais au final je l'ai réveillé... J'étais partie chercher des baies sauvages, pour que nous puissions manger un peu. Je voulais te faire la surprise, mais c'est plutôt raté. N'empêche, encore heureux que ce n'ait pas été le vrai Abstrak...

Non pas que j'aurais cru Ginji et son équipe incapables de battre le vrai, mais... Ok, moment d'honnêteté là, si on parlait combat, mon vote irait toujours à Allen, que j'aie raison ou pas. Je connaissais son zèle, sa passion, sa force et celle de son équipe et, même si je n'avais jamais vraiment eu l'impression de le voir se battre au maximum de ses capacités, j'avais toujours eu cette impression qu'il avait la force de réaliser de grandes choses. Terribles! Certes... Mais grandes! comme dirait un certain vendeur de pokeball magiques. Un cookie à celui qui trouve cette référence là. Quoi qu'il en soit, le voltali ne tarda pas à aller récupérer ses compagnons, ce que je fis d'ailleurs également, Epona et Ash sortant finalement de la grotte pour venir nous rejoindre. Dommage qu'ils aient déjà été blessés, autrement ils auraient peut-être pu aider contre le Steelix. D'ailleurs, les Pokémon de Ginji, eux aussi, avaient du combattre pour effectuer une capture, mais pourtant ils avaient encore l'air plutôt en forme. Un autre signe d'un dresseur expérimenté, j'imagine.  Dresseur qui avait d'ailleurs demandé à son Pokémon d'aller chercher ses effets à sa place dans la grotte. Oh, mais ça va hein! Je veux bien qu'il n'ait pas envie de me faire confiance après ça, mais je ne vais pas non plus profiter de deux secondes d'inattention pour aller me jeter dans un volcan! Enfin, je ne vais pas commencer à rouspéter non plus. C'est quand même moi qui ait le bras cassé, moi qui ait réveillé le Steelix, moi qui s'était déjà lancée à la course dans une rivière pendant un orage pour sauver un oeuf, moi qui... Ouais bon, je peux arrêter là? Ça va vite devenir gênant autrement.

Une fois de retour, le topdresseur décréta que nous allions devoir rallier la plage car, autrement, ils ne nous retrouveraient pas à ce rythme là. Que faire sinon acquiescer? Raaah! Ma pauvre petite fierté, quelque part dans les tréfonds de mon esprit, se tortillant de douleur en lâchant de petits cris inhumains, le genre dont on préfère se moquer car autrement ils nous feraient trop peur. Et pourtant je n'ai rien dit, je me suis contentée de demander à Shaw de morpher Epona pendant que les autres retourneraient dans leur pokeball. Presque tous se montrèrent obéissants, sauf un. Ash. Le phanpy, maintenant reposé, était campé solidement sur ses quatre petites pattes, prêt à nous escorter. Je le remerciai d'un sourire entendu et il me le rendit d'un confiant mouvement de la tête. Il était souvent maladroit, mais il ne m'avait jamais fait faux bond. Dès notre toute première rencontre, il était devenu mon plus fidèle chevalier. Qu'aurais-je bien pu faire sans lui?

Nous voilà de nouveau en route, les sacs et moi-même portés par Shaw, pour faciliter le déplacement. Perchée sur mon étalon de substitution, je plissais les yeux, tentant de percer cette épaisse brume pour trouver un chemin, ou d'autres élèves, ou simplement la plage, ce serait bien ça aussi. Nous avancions depuis un petit moment déjà et la nuit était tombée, rendant l'avancée encore plus complexe, mais pas moins nécessaire. C'était presque désespérant à force, surtout que je ne pouvais m'empêcher de penser à mon inutilité chronique depuis, oh, disons quelques mois. Je n'avais rien fait durant l'attaque de la team rouage, je m'étais laissée effrayer par les orages deux fois, j'avais eu besoin de tous mes amis et même ma famille pour essayer de me remonter le moral après le départ d'Allen, j'avais dépendu de Ginji deux fois, non, mais merde c'est pas sérieux! Même les paroles de ma vision de l'ancienne moi me revenaient en tête. J'étais devenue une mentali, une vraie de vraie. Une rose jusqu'à la moelle. Une bisounours qui aime faire les boutiques et laisser les autres la défendre à sa place, tout en me disant que je valais mieux que les autres Lippoutou, juste parce que moi je faisais du sport. Ridicule! Idiotie! Que dis-je, conneries!

- Ah, c'est bien! Tu commences enfin à comprendre quelques petits trucs. Pourquoi tu penses que ton petit Roméo n'arrête pas de se montrer depuis que tu es là? Même en tant qu'hallucination, il sait que tu es trop nulle pour te tirer d'ici toute seule. T'aurais du comprendre le message, la dernière fois qu'on s'est vues, petite ratée.

Je me figeai, comme parcourue d'un frisson alors que mes sourcils s'arquaient dramatiquement et que mes iris lançaient des éclairs à cette silhouette, à environ dix heure. Sortie de la brume, grande et belle, des formes voluptueuses, une longue, très longue chevelure d'un rose vif, lisse. Son poing était planté sur sa hanche et son regard bleu ciel me regardait avec beaucoup de mépris et de dédain, tout à l'image de son starter qui l'accompagnait. Hadès, un gengar, le mal incarné ce Pokémon. Et ils étaient là, ricanant à l'unisson en me fixant alors que je deglutis difficilement. Laisser Shaw continuer à avancer, ne pas lui répondre, ne pas laisser son venin s'insinuer en moi et me faire paniquer. Je ne devais pas non plus laisser Ginji remarquer ce qui se passait, je ne voulais pas l'inquiéter une fois de plus et solliciter son aide, encore.

- Alors euhm, Ginji... Tu fais des combats Pokémon depuis longtemps? Tu étais vraiment impressionnant tout à l'heure, à travailler comme ça avec eux, en équipe.

- J'avoue que pour toi ça doit être vachement impressionnant, avant que tu sois capable de faire un truc comme ça les Pikachu sauront voler! Même pour la coordination tu saurais pas, c'est pas un peu pour ça que tu as fait exprès de rater le concours de Pâques? Parce que t'es lâche en plus?

Répondais la voix de ma demi-soeur Jamie alors que cette dernière nous suivait toujours sans jamais que je sente son regard quitter ma nuque. Malgré moi, je ne pu m'empêcher de devenir nerveuse, tendue. Shaw le remarqua le premier, s'ébrouant avec inquiétude. Distraitement, je lui flattai l'encolure pour tenter de le calmer, écoutant d'une oreille à peine la réponse de Ginji. Je devais trouver un moyen de la faire partir, n'importe lequel. Je n'arriverais pas à l'ignorer plus longtemps, pas Jamie. Il y avait dans cette femme une telle attitude de mise à l'épreuve, de narcissisme et d'implacabilité. C'était un peu comme une général Jackie en plus jeune, plus retorse, pleine de rancoeur et de fierté, sans oublier cette classe ridicule et cette petite tendance aux caprices explosifs. On ne peut pas ignorer Jamie Leonhart lorsqu'elle a décidé qu'elle va vous tomber dessus, c'est impossible.

- Tu attends quoi, vas-y. Continue ta petite conversation avec lui, fait tout ce que tu peux pour nous oublier, moi et la vérité. Je sais bien que tu n'es pas capable de bien mieux de toute façon, je suis cruelle d'en attendre autant de toi, Estelle.

Respire ma vieille, respire. Ne l'écoute pas. Elle serait prête à n'importe quoi pour te faire sortir de tes gonds. Elle va aborder n'importe quel sujet, n'importe quel angle, et va tenter d'exploiter tes faiblesses pour te faire réagir, parce que c'est une sadique et qu'elle aime ça. Et plus tu continues d'y penser, plus tu lui facilites la tache, parce que c'est toi qui l'hallucine à cause de cette fichue île. Ignore la, c'est tout.

- Désolé Ginji, j'ai un peu la tête ailleurs je t'avoue. Euhm et sinon... Euh....enfin, je voulais dire....

- Ah ce que t'es ennuyante! Aller, fait une vraie mentali de toi! Pauvre petite demoiselle, remercie le de t'avoir sauvée, bat des cils, fait lui un gâteau et un baiser sur le nez, je sais pas moi. Aller, soit une gentille petite princesse et puis...

- Des références à Mario?! Non, mais c'est toi qu'est nulle dans ton boulot, hallucination de mes deux! Jamie ne ferait jamais une référence à Mario!! Et puis d'abord ce n'est pas vrai que...!

Je m'arrêtai dans mon mouvement, l'index bien en l'air, mes grands yeux chocolats comme surpris alors que je venais comme qui dirait de réaliser que j'étais en train de répondre sans aucune hésitation à mon hallucination et que Ginji devait me trouver vraiment, mais vraiment bizarre. Lentement, je rebaissai mon doigt et esquissai un sourire gêné et un peu désolé. Au moins Jamie avait disparu, pour l'instant, laissant derrière elle rien de plus qu'un rire moqueur et puant la supériorité.

- C'était euh.... Ma demi-soeur, je pense. Ouais, c'était ça, demi-soeur. Elle essayait de me narguer, vu que je ne sais pas me battre ou me défendre toute seule... J'avais demandé à Allen, il devait m'aider à apprendre un peu à son retour de mission, mais ça n'a jamais pu se faire, vu qu'il n'est jamais... Revenu. Hm. Bref. Tu..euhm... Tu l'as connu un peu, au fait? Pas que ça change grand chose, je suis juste curieuse. Et puis ça changerait, les gens ont toujours des idées préconçues à son sujet. Ça devient difficile de le défendre à la longue...
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MessageSujet: Re: La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes   Sam 27 Juin - 13:25

Ginji Labelvi
      Feat. Estelle Highwind



«  La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes »


Estelle m'explique qu'elle va bien, et qu'elle a vu, une nouvelle fois, l'illusion d'Allen. Elle a donc pensé que le Steelix faisait lui aussi parti de l'illusion, déduisant qu'il s'agissait d'Abstrak, et l'a donc involontairement réveillé. Puis elle raconte être partie pour nous trouver de quoi manger, intention louable soit dit en passant, avant de conclure en avouant être bien heureuse qu'il ne s'agisse pas d'Abstrak. Pourquoi donc ? Il aurait s'agit d'Abstrak, il ne nous aurait probablement pas attaqué... Et puis ça aurait voulu dire qu'Allen ne devait pas être bien loin ! .. Ah oui, c'est vrai. Décidément j'ai un peu de mal à comprendre Estelle, elle veut le revoir, ou non, Allen ? Et Leonidas, dans tout ça ? N'a-t-elle pas dit qu'elle le cherchait tout à l'heure ?

Webble revient avec mes affaires réunies. Je remercie le Mygavolt d'une caresse et fouille dans mon sac pour en sortir quelques potions, que j'administre à chacun de mes compagnons blessés lors du combat précèdent. Cela fait, je fais rentrer tout le monde à l'exception de Webble, puis me tourne vers Estelle.

« -Maintenant, on ne se sépare sous aucun prétexte, d'accord ? Aucun. Comme ça s'il arrive quelque chose à l'un de nous deux, l'autre pourra intervenir rapidement. Visiblement nous ne craignons pas les mêmes choses, donc il y aura toujours quelqu'un capable d'agir.  »

Nous nous mettons donc en marche, en direction de la plage -du moins je l'espère-. De toute façon, en avançant tout droit, nous finirons bien par l'atteindre, après tout cette île n'est pas infinie non plus !
La marche se fait dans un silence de mort. Je suis devant Estelle, étant plus apte à dégager les passages compliqués que la Mentali à cause de son handicap. Petit à petit, le soleil achève sa course folle dans le ciel pour laisser place à madame la lune, nous plongeant petit à petit dans le noir. Au bout d'un moment, je suis contraint de faire à nouveau appel à Meg que je transporte dans mes bras -ses petites pattes n'étant pas adéquates à la randonnée-, et dont les loupiotes sont parfaites pour éclairer le chemin. Webble prend alors la relève pour découper les branches sur notre passage, mes mains étant en toute logique occupées.

C'est alors qu'Estelle prend soudainement la parole, me posant une question quelque peu hors-sujet. Bah, elle veut sûrement faire la discussion, et je la comprends, dans un contexte comme celui-ci il vaut mieux se changer les idées...

« -Ah ? Euh merci. Ça fait à peine plus d'un an, puisque j'ai commencé au début de ma scolarité. Je connaissais déjà la théorie, table des types et tout ça, mais pas la pratique. On a beaucoup de Pokémon chez moi, mais ce sont des Pokémons d'élevage, et ils appartiennent avant tout à mes parents, donc ils m'ont jamais laissé les faire combattre... Ce que je comprends tout à fait, bien sûr ! D'ailleurs, je pourrai peut-être te présenter ma grande sœur un de ces quatre ! Elle est coordinatrice elle aussi. Bon, elle fait pas dans l'élevage, mais comme elle a longtemps assisté mes parents à la ferme, elle connaît pas mal de truc. Elle passe souvent à l'académie, la prochaine fois qu'elle vient je te la présenterai ! »

La Mentali ne relève pas. J’espérais que cette opportunité lui plairait, mais visiblement c'est pas le cas...  Que suis-je bête aussi, elle assistes à des cours d'élevage toute la journée, qu'est-ce qu'elle en a à faire de rencontrer une jeune femme ayant bossé dans une ferme il y a maintenant plusieurs années ?

Je m'arrête et me tourne vers la jeune fille, souhaitant rediriger la conversation.

« -Et toi ? Tu étudies depuis combien de temps à la Pokémon Community?... Estelle ? Tu vas bien ? »

Estelle semble ailleurs, le regard dirigé vers je ne sais quel fantôme. Elle reprend alors soudainement ses esprits, m'avouant qu'elle était plongée dans ses réflexions, avant d'essayer de changer de sujet. Sceptique, je fronce les sourcils tout en m'approchant d'elle.

« -T'es sûre que ça va ? Tu veux qu'on fasse une pause ? »

D'un coup, sans prévenir, Estelle s'énerve contre je-ne-sais-quoi parlant de Mario, me faisant faire un bond en arrière à cause de la surprise. Dans son sermon, je comprends qu'elle est en train de parler à une hallucination, avant qu'elle ne réalise qu'elle crie actuellement dans le vide. Elle interrompt son discours en plein milieu d'une phrase, et, doucement, sa main levée s'abaisse, un sourire gêné s'affichant sur son visage.

« -... Encore une hallucination ?...  »

Lentement, de manière presque timide, voir honteuse, elle m'explique brièvement que l'illusion de sa demi-sœur (Une fille n'ayant qu'un parent en commun avec elle, donc ?.. A moins que je confonde avec belle-sœur ? ) la narguait vis-à-vis de son incapacité à se défendre toute seule. Le sujet tend aussitôt vers Allen, qui devait l'apprendre à combattre à son retour de mission, chose qui ne s'est jamais faite puisqu'il n'est jamais revenu. Elle me demande alors si je le connaissais bien, et que plus ça allait, plus elle peinait à le défendre...

Ma mine se fait plus grave au fur et à mesure qu'elle développe ses paroles. Je finis par lâcher un soupir, avant de faire signe à Estelle de descendre de Shaw sous forme d'Epona.

« -Faisons une pause, pour que Shaw puisse récupérer un peu. »

Je dépose Meg au sol, et dégage quelques feuilles d'une grosse pierre difforme pour qu'Estelle puisse s'asseoir dessus. Puis je m'assois sur le sol en tailleur, la tête levée en direction de ma camarade.

« -Je l'ai croisé à de nombreuses reprises, oui. La première fois qu'on s'est rencontrés, c'était lors d'une fouille aux Ruines Jirachi. Il était avec un autre garçon de son dortoir, tandis que moi j'étais accompagné de... De Leo. A l'époque, Leo était le seul garçon que je connaissais vraiment, puisque nous nous sommes rencontrés dès notre premier jour sur Lansat après avoir été séparés des autres nouveaux élèves... Fin bref. Après j'ai souvent croisé Allen, on a fait quelques affrontements, et puis on se voyait a presque tous les cours de Topdresseur. Au début, il me semblait être quelqu'un de plutôt prétentieux, et très sûr de ses compétences... Au final ça a toujours été le cas, mais quand on apprend un peu plus à le connaître, c'est quelqu'un de chaleureux et un garçon de valeur, ça c'est sûr. Et puis c'est un grand combattant, c'est indéniable !  »

Je fais une pause, me remémorant chacun des événements évoqués. De ma rencontre avec Leo à bord du bateau nous menant à l'académie, de mon affrontement contre le Noctali sur Cobaba, en passant par la fameuse fouille avec Samaël... Et même mon combat en partenariat avec Leo contre Allen ! Il s'en passe des choses, en une année, ça c'est certain...

« -La dernière fois où nous nous sommes vraiment vus, c'était lors du mission avec Ruby, juste avant ton anniversaire. Et depuis... Je n'ai fait que le croiser, jusqu'à ne plus le voir du tout depuis un moment maintenant. Faut croire que c'est une manie dans cette académie de disparaître sans laisser de trace, héhé... Il est loin d'être le premier, et probablement pas le dernier... »

Combien de personnes vont suivre sa trace ? D'abord Samaël, puis Yamato, puis Leo, puis Layla, puis Kaleb, puis Faith, puis Allen... Combien risquent de devoir rentrer précipitamment chez eux ? Pour quelles raisons ? Qu'est-ce qui peut contraindre de jeunes élèves plein d’enthousiasmes, venant ici pour réaliser leurs rêves, à renoncer à cette noble quête? Combien ont dû renoncer à leurs objectifs ?... C'est tellement triste...

« -Estelle... Je sais pas exactement ce qui se passe entre Allen et toi, ni ce que Leo vient faire dans tout ça, mais...  Dans tous les cas, sache deux choses : déjà, s'il est parti, il y a forcément une raison. Allen est ambitieux, il n'aurait jamais mis ses rêves de côté pour de simples broutilles. Ensuite... Partout autour de toi, en permanence, tout le long de ta vie, des gens vont te décevoir, c'est indéniable. Tu vas pleurer certains, en haïr d'autres, peut-être même être dégoûtée par des comportements de quelques-uns... Mais il y aura aussi des gens sur qui tu pourras compter, des gens qui seront là pour te soutenir et qui auront confiance en toi. Comme moi !... Après tout, "les amis sont faits pour ça", hein ?  Et puis tu as même de la famille sur qui compter !... Peut-être pas ta demi-sœur, quoique,  elle est vraiment méchante ou c'est juste l'illusion ?... Ais confiance en toi Estelle, tu ne dois jamais, je dis bien JAMAIS, baisser les bras, d'accord ? »

@Eques sur Never-utopia.

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« Je... Je ne suis plus sûr de rien, en fait. »

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MessageSujet: Re: La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes   Mer 1 Juil - 8:30

Impossible de rater l'expression de Ginji qui se modifiait au fil des mots, devenant de plus en plus sérieux. Pour le coup, je m'en sentais presque coupable de lui raconter ça, mais c'était nécessaire. Si je ne lui partageais pas honnêtement l'identité des fantômes qui me hantaient, nous n'aurions aucune chance de nous en sortir indemnes de cette île. Enfin, ça ne m'enlevait pas l'impression d'être un boulet, mais au moins j'étais un boulet honnête qui n'allait pas retenir des informations cruciales pour que ça se retourne contre nous un peu plus tard comme dans tout bon film. En charge de cette mission d'escorte, le topdresseur décreta qu'il était temps de nous reposer, plus particulièrement pour ce pauvre Shaw qui n'avait pas chômé depuis notre départ de la grotte. Le faux blond pris même la peine de me déblayer une roche, pour que je puisse m'y asseoir, avant de lui même préférer le sol. Je le remerciai d'un vague sourire, mais mon regard était éteint. Je m'assis malgré tout et mes iris chocolats attendaient la suite, car le jeune homme avait décidément quelque chose à me dire et il n'allait plus tarder, je le sentais et je détestais cela. Je me sentais beaucoup trop protégée, beaucoup trop mentali, beaucoup trop maladroite et beaucoup trop inutile. Voilà un sentiment que j'avais tout fait pour étouffer, mais au final il m'était revenu tel le retour de bâton que c'était véritablement.

La voix de Ginji me chassa hors de mes pensées moroses, se lançant dans un petit monologue concernant Allen. Et je détestais ça aussi, parce que si j'avais été véritablement forte, ou simplement pas complètement faible et inutile, nous n'aurions même pas eu besoin d'en parler. Je me sentais tellement pénible, je ne pouvais que plaindre le pauvre Ginji d'être tombé sur moi dans les confins de l'île Enigma. Enfin, je l'écoutai tout de même, me faisant attentive dès qu'il parla de leur première rencontre, par hasard, lors d'une fouille aux ruines Jurachi. Il était accompagné, ce jour là, de nul autre que le lion en personne, l'archéologue, le dessinateur, l'admirateur secret, le meilleur ami, le blond que j'avais entrepris de chercher dans la brume, sans succès. Donc un instant là, non seulement Leo et Ginji étaient beaucoup plus proches que je le pensais, mais en plus Allen et Leo s'étaient déjà rencontrés par le passé?! Ouah! C'est que j'en apprenais de belles moi! Ils s'étaient même affrontés à quelques reprises, Ginji et lui, en plus de se croiser dans les cours de topdresseur. Son impression du noctali avait été celle d'un jeune homme prétentieux et confiant en ses habilités, ce qui me poussa malgré moi à esquisser un sourire, le genre de sourire qui vous vient du coeur, lorsqu'un vieux souvenir vous réchauffe. Il avait toujours eu une aura de ce genre, lorsqu'il combattait, et je le visualisais très bien, juste en y pensant.

Malgré ce jugement, le voltali avoua qu'après avoir appris à le connaître, le blond s'était avéré un individu de valeur et chaleureux, sans bien sûr mettre de côté cet impressionnant potentiel qui régnait au fond de lui. Je n'en avais jamais douté. Il deviendrait un grand dresseur, s'il ne se laissait pas détourner de sa voie. Dans tous les cas, voilà un diagnostique qui me soulageais, me poussant à laisser échapper un soupir et à, sans le remarquer, porter ma main valide à mon coeur avant de répondre, le regard perdu dans les souvenirs, le visage enduit de nostalgie et de regrets, mais de beaucoup de tendresse également.

- C'est bien vrai, lorsque l'on commençait à le connaître, il était vraiment quelqu'un d'extraordinaire. C'est si dommage que les gens ne se soient pas donnés la peine de le voir tel qu'il était vraiment. On pouvait toujours compter sur lui. Presque toujours...

Mais Ginji n'en avait pas terminé et je relevai les yeux vers lui, quand il m'interpella de mon prénom. Il mentionna ne pas savoir ce qui se lassait entre Allen et moi, ni ce que Leo venait faire dans tout cela, mais il y avait tout de même des choses qu'il savait. Déjà, Allen était ambitieux et il ne serait pas parti pour des broutilles et ça, c'était amplement vrai. Même sans savoir ce qui s'était passé, ou même ce qui se passait à l'instant, à Sinnoh, je savais que ce n'était pas son genre de simplement abandonner une cause qui lui tenait à coeur, pas sans une très bonne raison. Des obligations familiales, par exemple. Pour continuer, le faux blond savait que, au fil de ma vie, j'allais rencontrer des gens qui allaient me décevoir. Selon lui, j'allais pleurer, maudire, être abandonnée parfois, j'allais vivre en somme, mais que j'aurais toujours des gens sur qui compter, comme lui. J'allais toujours avoir mes amis et ma famille. Peut-être pas ma demi-soeur, ce à quoi je ne pouvais qu'acquiescer, mais des gens autour de moi. Simplement, je ne devais pas baisser les bras. Voilà un discours que je ne m'attendais pas du tout à entendre de ses lèvres, ça c'était certain. Qui aurait cru, après tout, que Ginji soit capable de chose de ce genre? Malheureusement, aussi bons qu'étaient ses points, il les avais joués à l'aveugle et, au final, c'était presque pire maintenant. La peine, mais aussi la reconnaissance, au fond des yeux, j'allai trouver le regard de Ginji, forçant un sourire, mais le coeur n'y était pas vraiment.

- Tu as raison, Ginji. Sur toute la ligne. S'en est presque... Douloureux. Car si les amis sont vraiment supposés être capables de tout ça, j'ai été la pire amie possible pour celui qui comptait le plus. Ce qui se passe, enfin, ce qui s'est passé... Allen et moi, nous étions ensemble. D'accord, ce n'était pas parfait. D'accord, il a toujours été un peu secret, parce qu'il ne s'ouvre pas facilement, mais aussi fou que cela puisse paraître, il était tendre et attentionné et les choses allaient quand même bien. Jusqu'à ce que je rencontre Leo, au moins... Il était tellement gentil et puis, après ce que la team rouage lui a fait subir l'été dernier. Perdre presque toute son équipe comme ça, être blessé au point d'en avoir des séquelles et de devoir s'absenter, bien sûr que je voulais être son amie, que je voulais l'aider, mais je ne pensais pas que ça finirait par blesser Allen. Il était toujours si occupé avec son travail de préfet, toujours si déterminé dans ses cours, je ne voulais pas lui mettre des bâtons dans les roues ou je ne sais pas quoi, mais même s'il ne l'a jamais dit, je sais que je lui ai fait mal. M'éloigner de lui et m'approcher comme ça de Leo, ce n'était pas la chose à faire. Je n'ai jamais été infidèle, quand même, mais il y a bien certaines scènes que je compte garder pour moi. Et Allen est parti, obligations familiales. Il n'est jamais revenu de mission, à dire vrai, il était déjà sur le continent alors, aucun besoin de revenir sur Lansat.

Je marquai une pause, silencieuse, baissant soudainement le regard. La première partie avait été facile, relativement, à lui partager. La suite, néanmoins, je savais qu'il en serait autrement. Ça me forcerait à m'ouvrir, vraiment, à me confier. Mais je pouvais le faire, n'est-ce pas? Après tout ce que Ginji m'avais déjà dit à son propre sujet, je serais au moins capable de lui dire ça, non? Oui, je pouvais le faire. Suffisait de trouver les mots.

- Ce devait être important, vraiment très important, et pourtant je suis restée ici. Je ne sais même pas ce que c'était, je ne sais même pas ce qu'il devient, rien. J'aurais du faire quelque chose, j'aurais du l'aider, mais au lieu de ça je l'ai laissé partir. Je l'ai laissé s'isoler de nouveau et je n'arrive pas à bouger. Je ne peux quand même pas abandonner mes études sur Lansat, mais je me déteste de ne pas pouvoir faire quelque chose, ne pas pouvoir aller le retrouver et enfin faire les choses comme il faut. Et puis tout le monde autour de moi le voit comme un type arrogant ou je ne sais pas quoi, ils ne le connaissent pas, ils n'ont jamais été capables de voir dans ses yeux à quel point il était seul parfois, alors ils me disent que je devrais penser à autre chose, vivre ma vie, comme si c'était lui le coupable et pas moi. Comme si Allen n'avait jamais su me chérir alors que c'est tout l'inverse, mais je suis bien trop lâche pour dire ça tout haut. Alors je me suis dit que je pourrais juste terminer mes études et aller le retrouver ensuite, mais s'il est trop tard? S'il avait besoin de moi maintenant, mais que je n'étais pas là. Parfois, je me demande s'il m'en veut. Et puis, il y a aussi Leo...

Nouvelle petite pause, sans doute pour reprendre un peu de courage et offrir à Ginji une chance d'assimiler ce que je disais, car il y avait quand même là-dedans tout un paquet d'informations.

- Je me suis attachée à lui, profondément, et il a besoin de moi autant que j'ai besoin de lui. Je veux qu'il soit heureux, je voudrais pouvoir le rendre moi-même heureux, mais même cette décision est trop difficile pour moi, car j'aurais l'impression d'abandonner définitivement Allen à son sort. Ce serait un peu le cas, vraiment. J'ai été incapable de soutenir celui que j'aimais, je suis incapable de me décider à attendre de pouvoir le revoir, sans abandonner, mais je suis aussi incapable de tourner la page. Et puis, ça va plus loin. Je n'arrive pas à me défendre seule, je me plains tout le temps et même, je suis un boulet pour toi, entre autres choses. Si quelqu'un me déçoit, dans toute cette histoire, ce n'est certainement pas Allen. Ça me hante en permanence, mais plus j'y pense et plus j'hésite. Peut-être que je devrais adopter un élevage de Chacripans et vivre comme ça, devenir vieille fille!

Terminais-je avec un rire forcé et amer, tentative complètement ratée d'alléger un peu l'atmosphère. Compréhensif, Ash était venu s'installer à mes côtés pendant que je parlais, pour m'offrir un peu de support, et je lui caressais maintenant le dessus de la tête de ma main valide, doucement. J'en avais vraiment dis beaucoup là, au point que j'avais du mal à savoir si tout ceci m'avait réconfortée ou totalement épuisée, alors je n'imagine pas pour le voltali.

- Désolé, je n'aurais peut-être pas du tout te balancer comme ça... Ça en fait beaucoup.



HRP - Je suis morte, mais genre, vraiment beaucoup, de fatigue. Alors c'est probablement un gros post tout degueux plein de fails alors n'hésite pas si tu veux que je modif quelque chose et désolé au passage si c'est moyen >.<
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MessageSujet: Re: La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes   Lun 6 Juil - 12:40

Ginji Labelvi
      Feat. Estelle Highwind



«  La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes »


Estelle semble rassurée de ce que j'ai dit dans un premier temps au sujet d'Allen. Le regard perdu dans le vide, la Mentali regrette que les gens s'arrêtent au caractère prétentieux du blond, sans apprendre à mieux le connaître. Mais la suite de mon discours a tôt fait de rabattre le peu de joie lui restant, me faisant presque regretter mes paroles à la vue de son sourire forcé.

Elle commence donc à m'expliquer qu'elle a probablement été la pire amie qui soit, avant de mettre au clair toute cette histoire. Elle sortait avec Allen, et si tout n'était pas rose, elle s'épanouissait tendrement à ses côtés. Puis elle fit la rencontre de Leonidas, blondinet extrêmement gentil malgré le vol de son équipe par la Team Rouage...

… Pardon ?

J'écarquille les yeux, avant de poser précipitamment une main derrière moi pour m'éviter de tomber suite à l'effet de surprise, totalement abasourdi. C'était donc CA la raison de sa si longue absence ? « être blessé au point d'en avoir des séquelles  », veut-elle dire par là que c'était à cause de ce même vol que le Phyllali était désormais contraint de porter des lunettes de soleil en permanence ?

… Mais pourquoi ne m'a-t-il rien dit ?... J'espère que c'est parce qu'il a du mal à s'en remettre plutôt que parce qu'il n'a pas confiance en moi... Mais non, qu'est-ce que je raconte ?! Il vaut mieux qu'il n'ait pas confiance en moi plutôt qu'il en souffre encore !... Et puis si Estelle l'a su, c'est qu'il l'a bien raconté à quelqu'un... Mais pas à moi...

… Je comprends mieux la réaction d'Estelle lorsque j'ai refusé de lui donner des explications.

D'ailleurs, la Mentali n'a pas cessé son discours malgré ma réaction, continuant d'expliquer qu'elle voulait être son amie afin de le soutenir, au détriment de sa relation avec Allen... Le Noctali, déjà abâtardi par le travail, aurait souffert de cet éloignement, et ce jusqu'à sa subite disparition après une  mission sur le continent. Raisons familiales. Jamais bon signe.

Estelle baisse les yeux, marquant une pause. Encore sous le choc, je ne parviens pas à rebondir sur la première partie de son discours, discours loin d'être terminé puisque la Mentali finit par reprendre...

Elle poursuit donc en exprimant sa frustration, regrettant d'être coincée ici sans pouvoir lui venir en aide, impuissante face à un obstacle inconnu. Elle se lamente sur le repli d'Allen, déplore le fait qu'elle ne puisse lâcher ses études, avant de revenir sur ce qu'est Allen selon la plupart des élèves. Un personnage arrogant, alors qu'il est en vérité un être souffrant de sa solitude. Elle me parle des conseils qu'elle a reçu, selon quoi elle devait tourner la page, l'oublier et passer à autre chose, car tout était de sa faute. Pourtant Estelle est persuadée du contraire, avouant qu'il prit plus soin d'elle qu'elle prit soin de lui, étant trop lâche pour lui venir en aide. Elle pensait donc finir bien gentiment sa scolarité à la Pokémon Community pour le rejoindre ensuite, tout en se demandant si cela ne serait pas trop tard.

Puis Leonidas vint compliquer les choses. Lui aussi a besoin du soutien d'Estelle, mais celle-ci ne peut se résigner à lui venir en aide sans pour autant trahir Allen. Elle se retrouve donc coincée entre sa fidélité envers le Noctali et son attachement envers Leo.

Qui plus est, Estelle souffre de son incompétence, d'être incapable de se défendre, de se plaindre tout le temps sans avoir la capacité de tourner la page, pour finalement achever cette longue tirade sur une tentative de blague plutôt ratée...

Je me frotte le front, tentant d'assimiler toute ces informations bien sagement. La Mentali s'excuse, voyant bien que tout ceci est plutôt énorme, mais je secoue la tête pour lui faire comprendre qu'elle n'a pas à s'en faire.

« -Non non, 'fallait bien que ça sorte... Wow. Laisse moi juste deux secondes, s'il te plaît... »

Je me lève, me frotte le menton, et fais quelques pas pour me dégourdir les jambes. Puis je m'arrête, prends une profonde inspiration, et me tourne vers Estelle.

« -Tu ne peux pas te tenir responsable de l'isolement d'Allen. Il est parti, et personne ne sait pourquoi. Comment veux-tu l'aider à surmonter un problème que tu ne connais même pas ? Et puis... Tu sais où il est, actuellement ? Parce que quand bien même tu as son adresse, absolument rien ne te dit qu'il est bel et bien chez lui. Il peut-être n'importe où. Mais il est nul part.   »

Je me rassois, à la même place et dans la même position que précédemment.

« -Maintenant, si tu veux avancer, il y a des choses qu'il te faut déterminer. Premièrement, Allen reviendra-t-il à l'académie ? Si oui, dans combien de temps ? Cela a beau être malheureux, mais s'il ne revient pas, tu n'as pas à te torturer l'esprit vis-à-vis de la relation avec Leo. S'il revient, ou si tu parviens à rentrer en contact avec lui, et si ce n'est pas déjà fait, il faudrait que tu lui expliques clairement ton ressenti par apport à Leonidas. Ne fais pas de chichi, ne tourne pas autour du pot, sois franche avec Allen, et lui sera le mieux placé pour te dire quel impact cela aura sur votre relation. »

Légère pause durant laquelle, d'un sourire épuisé, je tapote la tête de Webble venu se rapprocher. Mais j'ai tôt fait de reprendre.

« -Ensuite... Leo et toi, est-ce vraiment du sérieux ? Leo est-il amoureux de toi ? A quel point ? Après tout, si cela se limite à une franche amitié, ce n'est en rien une trahison vis-à-vis d'Allen. Cependant, si vous ressentez réellement de l'attirance, l'un envers l'autre...  »

J'ai un petit rire nerveux, puis je me passe la main derrière le crâne.

« -... Ça va être compliqué. »

A nouveau, je me lève, en faisant tomber les quelques saletés s'étant accrochées à mon pantalon, avant de m'étirer. Puis je me tourne vers Estelle en lui tendant la main, autant comme symbole que pour l'aider à se relever.

« -Mais dans tous les cas, je serai là pour t'aider, d'accord ? J'ai aucune expérience amoureuse, mais je dois bien pouvoir faire quelque chose pour t'assister dans cette épreuve !... Nous devons reprendre la marche, continuons à discuter tout en avançant.  »

Estelle prend place sur Shaw morphé, puis nous nous remettons en route sans tarder. Nous devons à tout prix rallier la plage.

« -Je sais pas si tu le sais, mais j'habite à Sinnoh, moi aussi. C'est bien là-bas que vit Allen ?… Je peux demander à ma famille d'essayer de les contacter, même si ça m'étonnerait qu'on accorde de l'importance à de simples travailleurs. Je pourrai toujours essayer d'aller chez lui pendant les vacances sinon. C'est dans quelle ville qu'il habite déjà ?...  »

***

J'ai froid. Je meurs de froid. J'aimerai tellement pouvoir me réchauffer... Je pourrai demander à mes Pokémons de le faire, mais ils sont à l'abri dans leurs Pokéballs, eux. Je ne vais pas leur donner froid pour que je puisse avoir chaud. Cela serait égoïste.

Je grelote donc. Recroquevillé sur moi-même, j'ouvre un œil, rouge. Cette nuit était horrible. Vraiment horrible. La pluie. La faim. Le froid. Les hallucinations. Insupportable. Plus jamais. Plus jamais ça.

Je me lève, les vêtements plein de sable. Estelle est toujours allongée, non loin. Lorsque nous avons rallié la plage, nous avons rien trouvé d'autres que des élèves aussi perdus que nous. L'académie nous a oublié sur cette île, visiblement. Mais malgré le ressentiment que je devrai avoir, je ne parviens même pas à être énervé contre eux. Trop fatigué pour ça.

Pourtant, un bruit capte l'attention des quelques étudiants éparpillés partout. Tous les regards convergent vers l'horizon, où un bateau est visible. Il se dirige droit sur nous.

Beaucoup d'élèves se précipitent au bord de la plage, faisant tout plein de signe pour capter l'attention du bateau. Mais je me doute qu'il vient déjà vers nous. Ils sont enfin venus nous chercher.

Je me laisse retomber dans le sable, et ferme les yeux.

HRP:
 

@Eques sur Never-utopia.

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Merci Môman Callie!

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La rose en détresse et l'innocent gouffre sur pattes
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