When Despair comes out
Ruby L. Jones
Ruby L. Jones
Région d'origine : Unys
Âge : 18 ans
Niveau : 60
Jetons : 821
Points d'Expériences : 1862
Todresseur Spé. Type
Sujet: When Despair comes out   Mar 28 Juil - 23:32
27 juillet, après-midi. C'est triste. Tout était définitivement trop triste. Ce monde, cette vie, cette ambiance, ces événements s'étant enchaînés si rapidement. Ruby ne cessait de se rappeler à quel point elle avait été impuissante face à la Team Rouage ; cette impuissance lui tirait ouvertement la langue et lui sapait plus que jamais le moral. Recroquevillée sur son lit, dos au mur, la Pyroli avait encore une fois passé les derniers jours à déprimer. Cela aurait sans doute pu être pire, bien pire même puisqu'elle a au moins eu la chance de retrouver ses Pokémons. Et la suite ? Et le reste ? Qu'avait-elle fait, au final ? Rien. Avec ou sans elle, tout cela n'aurait changé. Bien que les objectifs de la Team Rouage paraissaient encore assez éludés, ils étaient néanmoins un peu plus clairs qu'auparavant, quoique... Tout cela n'avait été que source de conflits, d'ennuis, de démence et j'en passe. Comment est-ce que tout le monde pouvait se porter à priori bien après tout ça ? Comment est-ce qu'ils arrivaient à faire abstraction de ce passé douloureux ? Voilà le type de questions qui la rousse se posait présentement sans même y trouver la moindre réponse. Le noir total. Elle se sentait comme oppressée, piégée par une matière à la fois invisible et impalpable, mais qui était pourtant bien présente. C'est comme si qu'elle était prise au cœur d'un étau dont la constitution était régie par les limites de son imagination. Sans savoir comment en sortir, elle se débattait néanmoins mais de la plus inutile des façons, puisque sa solitude actuelle et sa perte de confiance faisaient d'elle un pantin désarticulé, ou quelque chose qui s'en rapprochait énormément. N'ayant ni la force de bouger, de parler, ou de manger comme il le fallait, Ruby passait ses journées à phaser sur son état de plus en plus déplorable, ne se contentant que du minimum de sommeil et de nourriture pour pouvoir se maintenir en vie. Tout cela devenait une véritable corvée pour l'étudiante qui n'avait donc pas avancé ses affrontements tests, malgré que ceux-ci soient désormais au bord de l'achèvement. Ce n'est pas comme ça que le grade 3 allait être atteint. En parlant de ça, cette pensée déboucha sur un nouveau questionnement de la dépressive : à part son arrivée définitive dans le monde scientifique, qu'est-ce que cela allait signifier pour elle ? Une progression dans un univers ô combien hasardeux sans réelle débouchée future certaine ? Non merci. Le refus de grandir s'emparait alors d'elle, se mêlant à tout le schmilblick déjà présent. Rien de mieux pour la faire phaser encore plus.

En fin d'après-midi, elle se décida néanmoins de bouger. Ce fut d'abord le bras, celui-ci aussitôt allongé jusqu'à l'iPok posé sur la table de chevet. Une fois l'appareil attrapé, Ruby rétracta son bras et ramena la machine vers elle, observant celle-ci d'un œil – puisqu'elle avait la tête enfouie entre ses genoux, seul une pupille dépassait – dénué de la moindre émotion. Le néant absolu. C'est comme si qu'elle venait à nouveau de se perdre dans ses pensées, alors qu'elle semblait encore maîtresse d'elle-même. On ressentait néanmoins la fatigue en elle, notamment par ses gestes lents ou encore par les immenses cernes se dessinant sous les yeux éclatés de la rousse. Pour sûr qu'elle aurait dû dormir davantage, mais l'envie lui manquait. De plus, lorsqu'elle y arrivait, il fallait forcément qu'un sempiternel cauchemar lui rappelle son impuissance lors de son kidnapping. Qui sait ? Peut-être bien que sans ce mystérieux individu de la Team Rouage, elle serait encore à croupir dans la cellule commune. Pire encore : peut-être qu'elle partagerait la folie de ses camarades. Oui, je parle bien de ces camarades-ci, qui ont réussi à se calmer, eux. Leur demander ? Oui, mais comment ? Toute volonté de communiquer avec le monde extérieur semblait absente. La Pyroli vivait désormais telle le plus isolé des ermites, sans personne pour lui parler ou même l'observer. Était-elle si insignifiante en ce monde ? Il fallait croire que oui.

Après d'énièmes réflexions, la dépressive sortit de sa position fœtale et pianota quelques mots sur son iPok, rassemblant ses dernières doses de courage pour y parvenir. Aileen, Orren, Kaeko, Estelle, Ginji, Heath... Tant de personnes auxquelles elle aurait aimé parler pour apaiser sa conscience. Pourtant, elle ne pouvait pas le faire. Son courage en vacances ne lui permit que d'écrire quelques mots sur l'appareil électronique, dans l'espoir de les envoyer à quelqu'un par la suite. Combien de fois supprima-t-elle son message avant de le réécrire ? Pourtant, le contenu n'en différa pas tellement. À chaque fois, elle ne réussit qu'à écrire un appel à l'aide, une demande sérieuse exprimant son envie irrépressible de se confier. Luttant de toutes ses forces contre son indécision, Ruby parvînt néanmoins à appuyer sur le bouton d'envoi. Premier destinataire ? Orren. Le contenu du message était simple, bref et n'en disait que très peu jusque là.

Ruby L. Jones - 27/07/2015 ; 18h56
Orren, est-ce que je peux te parler ? C'est important, j'ai besoin de me confier.

Une fois le message prétendument envoyé, l'iPok grésilla durant quelques secondes, si bien que Ruby fut obligée de la lâcher, par peur de subir une quelconque décharge. Ses soupçons s'apaisèrent néanmoins lorsque la machine certifia que le message avait été envoyé. L'appareil fut alors reposé à son emplacement d'origine tandis que la rousse se vautra pitoyablement sur son lit, la tête plongée dans l'oreiller, alors que chaque seconde la rendait plus impatiente encore. Elle voulait une réponse mais n'en aura pas, pour la simple et bonne raison que Xi le Motisma, sur obligation de Hex, avait déjà infiltré l'iPok de l'étudiante dans le but de le pirater sans que l'humaine ne soit au courant de rien. De ce fait, elle attendit encore et encore, en l'attente d'une réponse de la part du préfet Voltali, et ce jusqu'à ce que la fatigue ait finalement raison d'elle.

_____

28 juillet, aux alentours de trois heures du matin. Encore et toujours le même cauchemar. Ruby se trouvait au centre d'une pièce aux murs blancs, sans la moindre fenêtre ou porte. Impossible dans sortir. Aucun son ne lui parvenait. Elle cherchait bien évidemment à s'en échapper, en vain puisqu'il n'y avait réellement aucune issue. Après maintes et maintes tentatives d'évasion, une tâche noir faisait toujours son apparition au milieu d'un des quatre murs. Cette tâche semblait vivante, s'étendant intelligemment sur toute la surface du mur comme un être consciencieux l'aurait fait. Après ce mur-ci, le plafond, puis le sol. Prise par l'habituelle panique, Ruby se recroquevilla littéralement dans un coin de la pièce, à l'opposé de cette tâche noir qui recouvrait peu à peu la surface immaculée. La jeune tremblait, sanglotait et s'agitait, ne sachant désespérément pas quoi faire face à cette menace. Enfin, la tâche parvînt à toucher un premier pied de la rousse, le recouvrant partiellement puis totalement malgré les cris poussés. L'invasive matière continuait de progresser inlassablement, prenant davantage possession de l'humaine sans défense. Tout son corps se fondait désormais aux murs peints de noir. Ce fut bientôt au tour de son visage puisque la sombre matière ne tarda pas à atteindre la base du coup de la rêveuse, s'emparant alors de son visage avec lenteur et sadisme. Et comme d'habitude, lorsque Ruby ferma les yeux, elle plongea dans l'inconscience la plus totale, ne se rappelant que de cette étrange forme de vie qui la sortit de sa torpeur, mais cette fois-ci dans le monde réel.

En sueur, haletante et accoudée sur son lit, la miss venait en effet de s'échapper du même cauchemar pourtant si peu terrifiant à première vue. Simple syndrome d'une combinaison entre le stress, la solitude et la peur. Elle le savait très bien mais ça ne rendait en rien cette expérience moins traumatisante. Cherchant aussitôt de réconfort, elle se tourna rapidement vers son iPok mis en veille, qu'elle ralluma aussitôt afin d'en consulter les messages. Rien du tout. Absence totale de réponse. Il n'y avait que son message dernièrement "envoyé" à Orren. Une nouvelle masse de questionnements parvînt alors à la rousse : était-il occupé ou bien ne voulait-il tout simplement pas lui parler ? Aurait-elle réellement dû envoyer ce message ? N'était-ce pas trop bizarre ? Devait-elle réellement déranger son entourage avec ses problèmes, mais surtout avec ses aveux ? Aucune réponse à son cogito.

Soudain, elle releva la couette lui servant habituellement de protection face aux divers suceurs de sang nocturnes et quitta son lit, traînant des pieds jusqu'à ce qu'elle se rende dans la salle de bain. Sa main droite se porta au mur le plus proche qu'elle tâta jusqu'à trouver l'interrupteur. Clic. Une lumière allumée. Ruby s'approcha alors du miroir disposé au dessus du lavabo et s'y regarda durant quelques longs instants. Une mine fatiguée, des cheveux en bataille, un air triste... Voilà à quoi elle ressemblait actuellement. Pitoyable. C'était tout bonnement pitoyable. Si elle en avait eu la force – mais surtout la nourriture suffisante dans l'estomac – pour sûr qu'elle aurait vomi, répugnée par l'état dans lequel se elle trouvait. Pourtant, lutter lui paraissait bien trop dur. Tout ce qui était à sa portée à l'heure actuelle, ce fut de tourner le robinet pour que de l'eau fraîche en coule et de s'en asperger le visage. Ses iris remontèrent aussitôt vers le miroir, dans l'espoir d'y apercevoir une mine un peu plus claire que la précédente. Raté. Rien n'avait changé, si ce n'est que – pendant une fraction de seconde – la rousse crut apercevoir le reflet de son starter dans la vitre. Son rythme cardiaque s'accéléra aussitôt, ses lèvres s'entrouvrirent alors qu'elle cherchait à prononcer une phrase construire. Un seul mot ne sortit, ou plutôt un seul nom.

– Hex...?

De toute façon, pourquoi est-ce que son starter s'amuserait à lui causer une telle frayeur ? Mauvais, ok. La limite était néanmoins toute tracée dans la tête de la jeunette. Le Branette tenait à sa dresseuse, c'était l'évidence même. Dans ce cas, pourquoi la tourmenter ainsi ? N'arrivant guère à trouver de réponse à ce raisonnement, Ruby en conclut hâtivement qu'il s'agissait d'une simple hallucination. Par conséquent, elle fit lentement demi-tour et retourna au lit en soupirant, priant néanmoins pour ne pas être à nouveau réveillée par l'effrayant cauchemar. Heureusement pour elle, ce ne fut pas le cas. La tourmentée se rendormit donc sans la moindre difficulté et resta dans les bras de Morphée encore quelques heures.

C'est avec beaucoup de retard que le soleil la réveilla. Pour cause, il était déjà plus de quinze heures. Encore dans le gaz, la Pyroli eût néanmoins pour premier réflexe de consulter à nouveau son iPok. Encore une fois, elle n'y trouva aucune réponse, de quoi la faire douter encore plus qu'avant. Elle parvînt ainsi à la conclusion la plus logique selon elle : Orren ne voulait plus lui parler. Tristesse ô combien absolue. Blessée, elle serra l'appareil contre sa poitrine, se mettant à pleurer à chaude larme. Alors que son estomac venait de grogner il y a peu, la voilà à ne plus avoir envie d'ingurgiter le moindre aliment. Elle souffrait, c'était évident. Pourtant, il n'y avait personne pour lui venir à l'aide, si ce n'est le Branette opportuniste qui se posta à l'autre bout du lit en toisant sa dresseuse d'un air qui se voulait le plus compatissant possible. Il s'agissait actuellement de la seule et unique compagnie de la dépressive, autant ne pas faire une croix dessus. Elle demanda d'ailleurs à son spectre de se rapprocher. Une fois que le Pokémon fut à portée, elle l'enlaça sans sommation, se mettant aussitôt à pleurer à chaudes larmes. Hex ne pouvait pas être plus fier de lui que présentement. Son objectif principal semblait désormais lui courir sur la patte, presque prêt à lui manger dedans.

– Je me demande bien ce que je ferais sans toi... Merci d'avoir été là quand il le fallait, même si j'ai pu te dire des choses que je regrette, avant le kidnapping. Merci d'être encore et toujours présent pour moi...

La poupée hantée poussa un râle de satisfaction, enlaçant sa dresseuse de ses bras rembourrés, la rendant presque captive bien qu'elle se soit jetée ici volontairement. Sans qu'elle ne le remarque puisqu'elle fermait désormais les yeux, Hex s'enticha d'un immense sourire qui était tout sauf gentil ou compatissant. La première étape de son plan avait été accomplie avec brio sans que le seul danger voisin et proche, à savoir Mist, n'ait pu s'en mêler...

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Ruby L. Jones
Ruby L. Jones
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Todresseur Spé. Type
Sujet: Re: When Despair comes out   Mer 5 Aoû - 21:01
Tic, tac... Tic, tac... Les secondes passaient à leur rythme tandis que Ruby ne lâcha toujours pas son starter, puisqu'il s'agissait à l'heure actuelle de son seul et unique réconfort, aussi mauvais était-il dans le fond. Le Branette, entièrement satisfait, repoussa néanmoins sa dresseuse lorsqu'il estima que l'étreinte devait s'arrêter là, puis il la poussa à se rallonger afin qu'elle puisse s'endormir. Le sadisme a aussi ses limites. Ainsi s'endormit la rousse aux yeux encore rougis par les pleurs, sans qu'aucun cauchemar ne la perturbe cette fois-ci. Cela signifierait-il une hypothétique sortie de cet enfer ?

28 juillet, milieu de la journée. Un réveil on ne peut plus tardif. La miss se frotta les yeux et s'étira en râlant longuement avant de daigner sortir de son lit. Malgré l'absence de cauchemar durant la seconde partie de la nuit, cela n'avait pas empêché d'immenses poches noires de s'installer à leurs aises sous les yeux de la rousse, preuve de son mental actuellement défaillant. Lorsque sa dresseuse entra en mouvement, Hex ne fit pas un geste, se contenta de la regarder depuis le bout du lit. Ruby fit alors la traversée jusqu'à la salle de bain, dans laquelle elle retrouva son ami – ou pas – le miroir pour y consulter l'état de sa trombine. Le bilan fut désastreux. Même une Mentali experte en maquillage ne pourrait pas tout cacher. C'est donc dans l'espoir d'hériter d'une meilleure mine que la Pyroli se jeta nonchalamment sous la douche, fraîche de préférence. Mauvaise idée puisque cela la fit plus grincer des dents qu'autre chose. Elle en ressortit simplement irritée, bien plus qu'auparavant. En constatant dans quel état mitigé lui revenait sa dresseuse, le Branette ne peut s'empêcher de sourire dans son coin, presque sur le point de ricaner. Sympathique.

– Moque-toi, vas-y. Je ne suis plus à ça près, tu sais ?

Elle soupira puis se reposa sur son lit, avec la ferme conviction d'avoir reçu quelque chose. Comment le savait-elle ? Son instinct. De ce fait, elle se saisit promptement de son iPok et en consulta tout aussi vivement les messages. Un seul. Serait-ce une réponse ? Son cœur se mit à battre comme pas possible, l'anxiété s'empara totalement d'elle alors que la poupée maudite vit son sourire s'effacer rapidement. Alors Xi avait laissé passer un message ? Cela inquiétait fortement le fou qui voleta jusqu'à la rousse avant de passer la tête par dessus son épaule. L'humaine stressait et il le sentait parfaitement, comme si qu'il était déjà en symbiose avec elle. La peur était partagée, mais fut bien vite substituée par une amère frustration lorsque Ruby se rendit compte qu'il ne s'agissait que d'un misérable spam. Aussitôt soulagé, Hex s'enfuit à l'extérieur de la maisonnette avant qu'un fou rire ne le prenne juste en face de l'humaine. Il voulait rire. Il voulait jubiler face à tant de sadisme de la part du Motisma, qui était d'ordinaire si... innocent et influençable. Oui, ce sont ces mots. Xi s'était misérablement fait enrôler dans cet enfer vicieux, pour le plus grand plaisir du rembourré.

Retour au désespoir profond et à l'effrayante solitude. Ruby se recroquevilla sur elle-même, seule comme jamais. Jamais elle ne pourra lui dire ce qu'elle ressentait vraiment. Rien. Tout ce qui s'était passé avec lui l'année dernière, aucun souvenir n'avait été oublié, pas même cette douloureuse séparation, mais qui fut pourtant nécessaire. Si moyen de remonter le temps il y avait, pour sûr qu'elle l'aurait fait dans l'espoir de tout arranger. Malheureusement, cela était impossible. Seul un être, ou plutôt un Pokémon, était en mesure de réaliser de telles prouesses, mais il était porté disparu Arceus ne sait où. Alors cela était tout bonnement impossible ? Il semblerait et il fallait s'y résoudre, mais c'était bien trop dur. Accepter la vérité, accepter cette souffrance, tout cela était bien trop dur, au moins aussi dur que d'avaler quelque chose. Quitte à perdre quelques kilos, autant le faire correctement. Et puis, dormir éternellement, c'est tellement plus rassurant. Ce n'est pas comme si que quelqu'un allait s'en rendre compte, visiblement.

29 juillet, vers deux heures du matin. Du bruit. Ou plus précisément des voix. De très nombreuses voix, qui semblaient toutes discuter – ou plutôt menacer – une autre voix, celle-ci ressemblant fortement à celle de Hex. Ruby ouvrit lentement les yeux, quitta son lit et s'approcha silencieusement de la source desdites voix, sans même allumer la lumière. Le clair de lune passant par une fenêtre suffisait largement à offrir assez de luminosité pour pouvoir marcher sans se prendre le pied dans quoi que ce soit. C'est en arrivant dans le séjour que la rousse assista à une scène plutôt exceptionnelle, scène qui la poussa d'ailleurs à se cacher derrière un mur pour ne pas être vu. Ici se trouvaient Hex et Midnight, en train de communiquer entre eux. Bien sûr, les murmures du Spiritomb se faisaient aussi compréhensibles qu'un appel en fourche-langue, tant qu'on n'y prêtait pas trop attention en tous cas. Mais si on se concentrait, on pouvait distinguer quelques rares mots. Après déduction des rares mots compris et du ton employé par le chromatique, celui-ci menaçait clairement Hex, qui paraissait d'ailleurs bien moins à ses aises que d'habitude. Apeuré ? Sans doute. C'est alors que la phrase choc se fit perceptible. Acte délibéré ou non ? Certainement, puisque Midnight semblait avoir senti la présence de sa dresseuse.

– Dis... à... Xi... d'arrêter... ou... nous... te... TUERONS !

Le dernier mot, violent à souhait, avait fait écho de très nombreuses fois. Les 108 semblaient en accord quant à cette alternative tragique qui fit frissonner Ruby. L’œil du Spiritomb transperça littéralement la conscience de Hex. Quelques chaises et verreries se mirent à voler autour du schizophrène à l'air menaçant. La réponse de Hex ? Aucune. Il grinça simplement des dents en baissant la tête puis se retourna vers le couloir où était Ruby. Oups ! Pourtant, elle n'avait fait aucun bruit. Le Branette s'en rapprocha alors que la rousse reculait de plus en plus tout en retenant sa respiration. Elle longea le mur jusqu'à retourner dans la chambre et plonger dans son lit comme si de rien n'était, alors que son starter y débarqua peu de temps après. Il s'approcha de l'iPok de Ruby qui feignait de dormir et le frappa trois fois. Un Motisma en sortit de façon terriblement maladroite puisqu'il fit sauter par la même occasion tous les circuits de l'appareil. Un iPok dysfonctionnel, un ! Mais alors... Midnight n'était aucunement la menace de l'histoire ? Furibonde, la Pyroli bondit hors de son lit et toisa son starter de haut en bas, puis de bas en haut.

– Tu as osé..? Je... Elle se mordit la lèvre, ne sachant que dire sur le coup. Seuls de mauvais mots lui venaient à l'esprit. Il fallait qu'elle se contienne. Je croyais que tu étais avec moi... J'avais confiance en toi, alors qu'en vrai... tout ça, c'est de ta faute... Début des sanglots. Tu me déçois. Je t'interdis de sortir de ta ball tant que je ne l'aurais pas décidé. Aux grands mots, les grands remèdes.  Bien évidemment, le Branette tenta de se justifier, mais la rousse énervée ne lui laissa guère le temps de s'exprimer. Échec total. Il retourna dans sa ball en grimaçant alors que Ruby plongea la tête dans son oreiller, méditant sur sa situation actuelle. Bien que l'absence de réponse d'Orren était certainement due à Hex et Xi – ce dernier d'ailleurs parti on ne sait où – la dépressive se résigna néanmoins à ne plus s'acharner après son iPo désormais grillé. Et encore, même s'il était fonctionnel, qui voudrait bien se faire chier à entendre tout cela et réconforter cette idiote solitaire. Dans son malheur, elle pensa que personne ne lui viendrait en aide. Après tout ça, ce serait beaucoup trop beau. Autant rester dans la plus totale des solitudes, pour toujours et à jamais. Voilà une chose dont elle s'était fermement convaincue, à un tel point que le sommeil put s'emparer sans vergogne de la miss.

Quelques heures plus tard, Ruby se réveilla. Pour une fois, elle se dirigea vers la cuisine sans traîner des pieds. Elle avait enfin l'intention de manger quelque chose de consistant. Non pas qu'elle sortait déjà de la déprime, ça non. C'est juste que savoir la vérité l'avait simplement délestée d'un poids. Orren n'avait simplement pas eu de message, et celui-ci restera perdu à jamais dans les méandres abyssales numériques. On pouvait donc qualifier l'étudiante de rassurée. Enfin... Elle l'avait été jusqu'à ce que quelqu'un frappe à la porte. Apparition d'une personne random numéro 1. Un facteur ? Il avait un Goélise déguisé sur l'épaule, donc il semblerait. Quoiqu'il en soit, le random tandis une lettre à Ruby, qui retourna aussitôt l'enveloppe. Aucun destinataire affiché mais elle se mit pourtant à trembler. Le sceau familial. Chouette ! Qu'est-ce que cela annonçait ? Rien de bon, probablement. La rousse referma aussitôt la porte – en oubliant la politesse auprès du facteur, bien trop inquiète pour s'en préoccuper – et déchira l'enveloppe avec le plus grand des soins, dans l'espoir de pouvoir y ranger à jamais la lettre si son contenu était trop blessant. Suite à quoi, elle lut enfin le bout de papier de bonne facture. Répugnant. Pourquoi gaspiller tant d'argent dans de telles futilités alors que d'autres personnes en auraient besoin ? Peu importe. L'heure n'est pas à la charité, et c'est bien dommage.

Sainte horreur. Le visage de Ruby se décomposa dans une affreuse grimace. Réunion de famille. Cela ne voulait rien dire de bon. La dernière ayant eu lieu il y longtemps de ça, et dont l'issue avait été misérablement stupide. Remettre le destin d'une héritage sur les frêles épaules d'enfants ? Conneries. Mais pourquoi en fallait-il une maintenant ? C'était tout sauf le bon moment pour la pauvre dépressive. De plus, il fallait y être au plus vite. À ce titre, on pouvait être certain que Heath sera au quai cet après-midi, ou demain matin au plus tard. Ruby n'osa pas en lire davantage. De toute façon, le reste de la lettre ne devait être réservé qu'à des ragots sans intérêt. "blablabla team rouage méchante", "blablabla incompétence professorale" et d'autres encore. Elle se laissa donc retomber sur son lit, totalement désemparée. On dit que les malheurs n'arrivent jamais seuls. Il semblerait que ce soit entièrement vrai, pour le plus grand malheur de la Pyroli qui fut forcée de se résigner à prendre le large demain dernier délai, sous peine de finir sermonnée comme elle ne l'avait jamais été, voire ramenée de force à Volucité s'il le fallait.

– Je suis finie.

Dire qu'elle était à deux doigts de se sortir de la dépression... Mais ça, c'était avant.

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