Un sourire peut faire naitre une amitié - Alban Abernaty
Calliope Pryde
Calliope Pryde
Région d'origine : Unys.
Âge : 18 ans
Niveau : 51
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Sujet: Un sourire peut faire naitre une amitié - Alban Abernaty   Dim 2 Aoû - 12:51
Avec ce nouveau remue-ménage de la part de la Team Rouage, la vie de Calliope avait totalement basculé. Déjà, d'un point de vu caractériel, la demoiselle avait évolué. De façon positive ? Certainement car un peu de courage ne pouvait pas lui faire du mal, d'autant plus quand cela concernait ses amis. Puis, d'un point de vu sentimental, la rouquine avait clairement le cœur brisé. Inutile de vous rappeler ce qu'il s'était passé dans la fameuse base de l'île Frista, elle en avait encore honte en ce moment même. Impossible aussi de passer à côté de sa petite mine triste... Cependant, Calliope arrivait encore à se faire discrète, lui permettant d'éviter les questions dérangeantes. Malheureusement, elle n'avait pas d'ami assez proche pour se confier afin vider un peu son sac. Cela lui aurait permis de se sentir mieux et c'est sûrement ce dont elle avait le plus besoin actuellement.

La nuit avait été courte. Et la jeune préfète n'avait pu profiter des vacances pour se lever plus tard. Elle avait du mal à dormir, le sommeil totalement perturbé. Et elle ne devait pas être la seule. Elle passait donc sa matinée allongé dans son lit, les yeux grand ouvert et la porte de sa chambre fermée pour que personne ne vienne la déranger. Ses colocataires étaient au courant de ce qu'il s'était passé mais ils préféraient la laisser en paix. La rouquine faisait passer le temps en se remémorant la veille. Heureusement que la directrice et la police étaient intervenus car finalement, se jeter dans la gueule du loup avait été une mauvaise idée. Callie réalisait que cela avait été grave de partir ainsi à la recherche des élèves kidnappés. Mais elle avait été entrainé par le mouvement de groupe et sa volonté naissante, surtout pour secourir le Phyllali.

Soupirant doucement, elle constatait qu'il était bientôt temps pour elle de partir. En effet, en tant que préfète des Givrali, Calliope devait se rendre là où la directrice lui avait demandée de venir pour un rendez-vous. La rouquine savait parfaitement de quoi il en retournait et elle se préparait mentalement à passer un mauvais quart d'heure. Quand son iPok sonnait pour lui dire qu'il était temps de se préparer, Callie rassemblait son courage pour se lever. Elle se douchait à l'eau froide pour mieux se réveiller. Ensuite, elle s'habillait et se coiffait rapidement devant le miroir; ajustant le tout comme il faillait. Elle avait la mine toujours aussi triste et la fatigue se faisait aussi ressentir. Elle tentait alors de se sourire mais cela ressemblait plus à une grimace qu'autre chose. La demoiselle baissait alors aussitôt la tête et filait à l'extérieur.

Comme prévu, la directrice passait ses nerfs sur les quatre préfets qu'elle jugeait d'irresponsables. Notamment Aileen, la préfète en chef. C'est dans ces moments là qu'on aimerait filer dans un trou de souris. Callie patientait alors, n'osant même pas prendre la parole pour se défendre elle ou ses collègues. Oui, ils avaient eu tord... Mais pouvaient-ils vraiment rester ici les bras croisés ? Finalement, la réunion se terminait sur une note un peu plus douce et la jeune fille comprenait que la directrice s'était tout bonnement inquiétée. Il n'y avait pas de répercussion sur leur devenir dans la Pokemon Community, personne n'avait été renvoyé. Ni même une quelconque punition.. Un véritable soulagement. Ils avaient été récompensés, comme les autres élèves.

Alors qu'elle s'apprêtait à rentrer dans sa maisonnette, elle croisait Alban sur la route. Impossible de l'esquiver en faisant demi-tour, cela paraitrait bien trop suspect. Et puis bon... Ils ne s'étaient pas revus depuis ce fameux jour, d'autant plus qu'il l'avait bien aidé au début. Elle lui avait simplement avoué qu'elle avait fait cela pour rien mais elle n'avait pas eu de réponse en retour car le jeune homme avait été embarqué pour recevoir de meilleur soin. Le voir là, en train de marcher dans la rue rassurait Calliope. Finalement, sa blessure à l'abdomen n'était pas si grave, laissant penser qu'il n'y avait aucun dégât interne comme elle avait pu l'imaginer.

_ S-Salut... déclarait-elle en faisant un petit signe de main quand il se trouvait à sa hauteur. Elle se sentait stupide, complètement stupide... Notamment pour le comportement lunatique qu'elle pouvait avoir. Une teinte rosé avait coloré ses joues. Euh... Ta blessure, ça va ? demandait-elle en posant ses yeux sur son ventre -encore un bon moyen pour esquiver son regard !- J'imagine que tu as des pansements à faire...
Alban Abernaty
Alban Abernaty
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Sujet: Re: Un sourire peut faire naitre une amitié - Alban Abernaty   Dim 2 Aoû - 16:23
Ils avaient emmené Alban avant même que ce dernier ne puisse finir de poser sa question à Calliope. Des mains gantées s’étaient refermées comme des serres sur ses épaules, et la force des adultes lui avait intimé de s’allonger sur ce brancard en tissu. Quelques sangles autour de son corps pour l’empêcher de tomber, et le voilà en direction du camion de pompier, pour une évacuation en urgence vers l’hôpital de Frista. Pour une sortie du champ de bataille, il y avait plus héroïque ; mais actuellement, le jeune Voltali n’en avait cure. Il lui fallait des soins, et il avait besoin de laisser retomber toute la pression de ces derniers jours. Était-ce mal de se reposer sur des adultes qui étaient certainement mieux placés pour prendre les choses en main ? Certainement pas. A un moment, il fallait se rendre à l’évidence et savoir quand il était bon de s’effacer. De premier abord, il ne se serait jamais lancé dans cette opération, si Calliope ne s’était pas proposée spontanément. Il avait voulu la protéger et la soutenir, quand bien même il ne la connaissait que très peu ; étrangement, un drôle de lien s’était tissé entre les deux adolescents, comme un filin invisible et incassable. Dans l’adversité, il avait voulu être là pour elle ; comme un rempart face au vent. Il avait réussi, lui semblait-il. Enfin… Jusqu’à ce qu’il se retrouve séparé d’elle par cette porte métallique qui l’avait coupé du reste du groupe. Il en était sûr, il en ferait encore quelques cauchemars. Cette plaque qui coulisse, emprisonnant la lumière et les élèves de l’autre côté. A ce moment, il n’avait plus entendu que le son de son cœur qui martelait, celle de sa respiration haletante, de ses pas durs sur le pavé. Puis sa main tendue avait à peine pu effleurer l’espace vide avant que celui-ci ne disparaisse derrière le rideau de métal. Emprisonné comme un oiseau en cage. Loin de la lumière, de la liberté, et des siens. Il avait espéré qu’il retrouverait Calliope rapidement, après ça. Mais ça encore, on le lui avait enlevé. Il s’était retrouvé dans des situations difficiles, avait connu des moments durs, et sur la fin, quand il pensait enfin que tout était fini, la rousse lui faisait une révélation qui l’avait fait réfléchir longuement. Cela n’avait servi à rien… Mais quoi ? Pourquoi pleurait-elle ? Qu’est-ce qui s’était passé durant son absence ? Il s’en était voulu. Avait maudit cette fichue porte qui l’avait coupé d’elle si longtemps. Que s’était-il passé ? Il n’avait pas pu le savoir, car on l’avait arraché à ses collègues pour aller le soigner. Et, tandis qu’ils refaisaient ses bandages aux urgences, et qu’ils vérifiaient que Zéphyr allait bien, Alban regardait le plafond de ses yeux bleu-vert.

Il était songeur. Les pensées se bousculaient dans son esprit, et même la douleur lui semblait secondaire. Il ne savait pas quand est-ce qu’il serait en mesure de retourner sur Cobaba, ni même comment ça s’était terminé pour ses camarades. Son iPok avait été éteint par les soigneurs, pour ne pas interférer avec les engins du cabinet médical. Il n’avait eu aucune nouvelle des autres, et les infirmières n’avaient pas l’air d’être au courant ; elles étaient sérieuses dans leur travail, s’occupant de lui en essayant de le rassurer par moments, l’abreuvant de « pauvre garçon, si jeune… », comme s’il était mourant. Roulé en boule près de son oreiller, Zéphyr dormait profondément. On lui avait administré un sédatif pour lui permettre de mieux récupérer de son éprouvante journée, et il ronflait en faisait ses drôles de gargouillis, agitant une ou deux plumes de temps à autres. La fatigue finit par gagner Alban également, et ce dernier ferma les yeux pour se laisser flotter dans un autre univers ; sans problèmes, plus vaste, et plus réconfortant…
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Il était de retour sur Cobaba. Visiblement, on l’avait transféré durant la nuit par bateau jusqu’à leur île. De là, on l’avait véhiculé jusqu’à l’hôpital de Cobaba. A moins qu’on ait risqué de le téléporter jusqu’à là-bas ? Il n’en savait rien, mais en tout cas, il avait la certitude d’être de retour. Le soleil pointait doucement à l’horizon, maigre consolation après toute l’horreur des jours passés. Quoi qu’il en soit, ce paysage-là lui était familier, et Alban soupira de contentement. Ce n’était pas grand-chose, mais il avait la sensation d’être de retour chez lui. Ce qui était un peu bête, sachant qu’il était arrivé depuis moins d’une semaine. Frôlant son pansement autour du ventre, il vérifia la présence de Zéphyr, puis appela une infirmière. Aussitôt, on lui expliqua ce qu’il avait, les quelques pommades qu’il allait devoir passer pour faire guérir ses blessures, qui étaient beaucoup moins graves que prévues. On lui remit une ordonnance pour des compresses et des bandages, ainsi que pas mal de médicaments qu’il ne connaissait pas. Chouette… Comme s’il n’avait pas déjà à faire avec son genou. Malgré tout, on le laissa rapidement partir, après avoir bien vérifié qu’il était en mesure de sortir, et lui avoir fait signer une batterie de papiers administratifs. Zéphyr dormant sagement dans son sac à dos, Alban pu enfin reprendre le chemin du village.

Le trajet fut assez long. Son genou le gênait dans sa marche, et le fait d’être seul n’arrangeait pas son humeur. Il avait hâte que son Goélise se réveille pour que le temps puisse passer plus vite, et également parce qu’il souhaitait vérifier de lui-même s’il allait bien. Au bout de plusieurs heures passées à déambuler et à faire de longues pauses pour récupérer, Alban fut enfin de retour dans le village principal de Cobaba. Ici, les stores étaient déjà sortis, les gens papotaient déjà avec animation, comme si de rien n’était. Comme si des dizaines d’élèves n’avaient pas été kidnappés. Comme si une organisation criminelle n’avait pas investi les lieux pour d’obscures raisons. Comme si tout se déroulait parfaitement bien dans le meilleur des mondes. Alban en eut des nausées. Mais il savait bien que les gens qui n’étaient pas affectés directement par les événements s’en retrouvaient toujours détachés. Il l’avait bien vu, quand il s’était blessé au genou. Pour lui, ça avait été comme la fin du monde. Pour tous les autres, ce n’était qu’une poussière dans le cosmos qui avait perdu de son éclat. Rien qui ne les concerne. Rien qui ne les chagrine.

Perdu dans ses pensées, Zéphyr toujours endormi dans son sac à dos, Alban sursauta lorsqu’une chevelure rousse bien connue se détacha comme un carré de ciel bleu au milieu d’un écran de nuages. Son cœur rata un battement, et il leva ses yeux verts mouchetés d’or vers la jeune fille qui lui adressait un signe de la main. Calliope…
La jeune fille avait l’air toujours aussi timide, les joues rosies par la gêne. Lui, avait plutôt l’air du héros rentré de bataille. Son pansement sur la joue, là où Benjamin l’avait frappé, et son bandage autour du ventre. Sans parler de son genou, toujours aussi manquant à l’appel… Un héros, tu parles ! Plutôt un raté, jouet cassé qu’on ne pouvait plus réparer. Malgré tout, lorsqu’elle lui demanda s’il allait bien, et qu’elle esquiva une nouvelle fois son regard pour le poser sur ses bandages, Alban se sentit d’humeur taquine. Il ne savait pas pourquoi, mais Calliope déclenchait de drôles de sensations qui lui tourbillonnaient dans le ventre comme un feu d’artifice. Alors, il se penchait à sa hauteur pour capter son regard, un petit sourire malicieux en coin. Oui… Un sourire. C’était si rare de sa part, mais ça lui semblait tellement naturel, à cet instant.

- Bonjour Calliope, lui dit-il d’une voix douce et amusée. Ma blessure va bien, et moi aussi. Quelques pansements à faire, mais rien de très contraignant. Par contre, c’est ici que je suis, pas en bas.

Il voulut rire mais ce n’était pas encore à sa portée. Alors, il se contenta de se redresser et d’afficher ce petit sourire qu’il n’avait pas l’habitude d’offrir. Cependant, en repensant à la façon dont ils s’étaient quittés la veille, ce dernier disparut.

- Mais je voulais plutôt savoir… toi, comment vas-tu ?
Calliope Pryde
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Sujet: Re: Un sourire peut faire naitre une amitié - Alban Abernaty   Ven 7 Aoû - 10:40
Pourquoi fuyait-elle sans arrêt son regard ? Elle-même ne savait pas vraiment... La peur ? La honte ? La gêne ? C'était un mélange de tous ces sentiments dans le fond. La peur d'être jugée, la honte d'avoir eu un tel comportement et la gêne de l'avoir embarqué dans une mission de folie. Calliope ne connaissait Alban que depuis quelques jours seulement. Ils s'étaient rencontrés dans le bus et bien que les débuts étaient plutôt glacials; les deux adolescents s'étaient rapidement rapprochés, devenant finalement de bons amis. L'accident du bus avait tout déclenché et immédiatement après, l'un s'inquiétait pour l'autre et vice versa. Au début, elle le trouvait froid, distant... Et son comportement à elle du moment n'avait pas aidé, elle qui était pourtant plus sociable. Puis, au fur et à mesure, ils avaient appris à se connaitre et Callie s'était rendu compte qu'elle appréciait certaines qualités du garçon : son intelligence, sa réflexion mais aussi sa volonté. Lui, qui avait des problème de santé plutôt handicapant, n'hésitait pas à se mettre à l'épreuve pour faire des choses. Un bon exemple pour la demoiselle. Mais était-ce seulement comparable ? Son problème l'empêchait d'avoir une bonne démarche... Quant à elle, le soleil pouvait la tuer.

   La rouquine avait alors les yeux rivés sur le ventre de son interlocuteur, revoyant la scène quand elle l'avait retrouvé dans la base de la Team Rouage, mal en point. Pour elle, les dégâts étaient plutôt internes mais cela ne devait pas être si grave que cela puisqu'il se tenait devant elle aujourd'hui. Le jeune se baissait alors à sa hauteur, forçant la préfète à poser ses prunelles sur les siennes. Son sourire la rassurait et calmait ses pulsations cardiaques. Sauf que ces dernières repartaient de plus bel au moment où il lui disait qu'il était "là"... Une petite taquinerie pour faire comprendre à la demoiselle que c'était mieux de regarder la personne avec qui nous étions en train de discuter. Il n'avait pas tord. Alors, la jeune fille se forçait à maintenir son regard sur le faciès d'Alban, s'excusant par la même occasion. Puis, le sourire de son ami s'estompait bien vite, comme si les choses devenaient plus sérieuses ce qui amenait la rouquine à s'interroger. Callie comprenait bien que derrière la question du garçon, il y avait un autre questionnement. Pour lui, savoir qu'elle aille bien ou non n'était pas l'essentiel... Il voulait savoir la raison pour laquelle elle avait pleurer, avant qu'il ne l'embarque dans l'ambulance. Car oui... Les deux adolescents n'avaient pas reparlé depuis et il était évident qu'il désirait des explications. Sur l'instant, Calliope hésitait. Elle ne voulait vraiment pas l'embêter avec ces histoires.

   _ Ca va... Je pense.

   Non, ça n'allait pas. Et ça se voyait... Callie était un livre ouvert, on pouvait facilement deviner ses sentiments. Soupirant doucement, comme pour dégager ce poids qu'elle avait sur le cœur, elle entrainait Alban avec elle afin de marcher un peu. Pourquoi mens-tu, Callie... ? Alban avait le droit à des explications. Si tu n'y étais pas allée, il ne serait pas venu. La démarche de la jeune fille était lente. Elle regardait droit devant elle, mais elle n'avait aucun point de repère : son regard était vide. En réalité, elle réfléchissait. Elle ne savait pas comment aborder le sujet sans que le garçon ne s'inquiète de trop pour elle. Mais d'un autre côté, exprimer ses véritables sentiments à quelqu'un afin de partager sa peine pouvait aussi lui faire du bien. Elle avait besoin de conseils. D'autant plus que c'était aussi un garçon.

   _ La seule raison qui m'a poussée à participer au sauvetage des kidnappés, c'est parce qu'il y avait un être cher à mon cœur qui avait disparu.  Pas mal comme phrase d'amorce... Elle pouvait faire mieux. Les yeux à présent baissés, elle fixait le sol. Sa mine devenait de plus en plus triste. Je... Je ne suis pas une fille courageuse. Bien au contraire. Mais il ... Leo était là-bas, prisonnier. Au fur et à me sure qu'elle parlait, la rouquine faisait tout son possible pour retenir ses larmes. Ses cheveux basculaient de chaque côté de son visage, permettant un camouflage parfait. Je voulais faire quelque chose mais seule, c'était impossible. Alors, quand j'ai vu autant d'énergie de la part des autres et notamment d'Aileen, je me suis sentie pousser des ailes. Car j'avais la conviction que je pouvais être utile et que je pouvais le retrouver. Et alors ? Pourquoi se mettre dans ces états... ? Etait-ce réellement compréhensible aux yeux d'Alban ? J'ai finalement retrouvé les kidnappés, la première. J'étais très heureuse, c'est sûr. Tellement... Car Leo étai sain et sauf. Sauf que... que... Sauf qu'il n'avait d'yeux que pour sa chère et tendre Estelle. Sauf qu'elle avait appris pleins de choses à son sujet qu'elle ignorait. Il y avait un court silence pendant lequel Callie portait sa main à son visage afin d'essuyer les premières larmes. Je me suis rendue compte à quel point il était inaccessible. Et que j'avais fait tout cela pour... rien.
Alban Abernaty
Alban Abernaty
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Sujet: Re: Un sourire peut faire naitre une amitié - Alban Abernaty   Ven 7 Aoû - 18:28
Elle était plutôt mignonne, avec ses longs cheveux roux et son air gêné. Plus il la regardait, et plus il dénotait les différences qu’elle avait avec Alizée, et qui faisaient toute sa particularité. Etrangement, il se rendit compte que ces écarts ne l’en rendaient que plus charmante. Elle n’était pas totalement parfaite. Elle n’avait pas ce calme exemplaire et ce visage toujours doux, comme si elle était sereine en permanence. Elle n’avait pas l’air forte et au-dessus de tout autre, comme un nuage indépendant qui trace son propre chemin dans le ciel. Non… Elle avait ses sautes d’humeurs, ses interrogations, ses problèmes et ses moments d’intrépidité. Elle pouvait être lucide et professionnelle, comme moins réfléchie et précipitée. En clair, elle était incroyablement humaine, et cette ambiguïté sur son accessibilité lui donnait des airs attrayants. Alban conserva son sourire tandis que, penché vers Calliope, ses cheveux châtains lui tombaient sur les yeux. Il se sentait d’humeur taquin, comme s’il voulait la titiller pour voir jusqu’à quel point il voulait la gêner. C’était stupide, évidemment. Mais il n’avait pas la prétention de ne pas l’être. Sur le moment, il avait juste eu envie de l’embêter parce qu’elle avait la manie de lui parler en regardant ses pieds, ou en se servant de n’importe quelle autre partie de son anatomie pour ne pas avoir à croiser son regard. L’intimidait-il ? Probablement. Avec ses airs durs et froids, et ses yeux aux couleurs changeantes qui captaient les moindres changements d’humeur du ciel, il avait de quoi être impressionnant. Pourtant avec elle, il voulait tout simplement être normal. Alors, il essaya de la fixer le plus longtemps possible, jusqu’à ce qu’elle se décide à lever les yeux vers lui et à plaquer son regard dans le sien. Tiens ? C’était qu’il y avait de l’amélioration, maintenant. Elle semblait réagir à ce qu’il lui disait, sans pour autant paraître vexée ou offusquée. Elle s’excusa même d’une toute petite voix, ce qui fit rire doucement Alban.

- Pas de problème, la rassura-t-il, toujours aussi taquin.

Puis son sourire disparut. A présent qu’ils s’étaient amusés un peu, il était temps de passer aux sujets qui fâchaient. Et pour le coup, il n’y avait sûrement rien de plus déprimant actuellement que de repenser à cette sombre histoire de Team Rouage. En venant sur l’île Cobaba, Alban s’était attendu à tout sauf ce kidnapping dès son premier jour. Le pire ? Il ne savait même pas ce qu’il était advenu des membres de cette organisation criminelle. Et même après avoir glané de nombreuses informations dans la base, il n’était pas parvenu à démêler leurs motivations lors de l’attaque. Pourquoi enlever des adolescents ? Pourquoi les enfermer sur l’île Frista ? Pourquoi cette fameuse « liste » ? Alban se sentait d’un côté rassuré de n’être arrivé qu’il y a quatre jours, ce qui lui permettait de se tenir un peu à l’écart et de ne pas avoir l’épée de damoclès qui planait sur ses autres camarades, mais tout de même… Et puis Calliope faisait partie des anciens élèves. Sans moyen de savoir comment les élèves avaient été choisis, il ne pouvait s’assurer qu’elle ne risquait pas de courir le même danger à un moment ou à un autre. Et ça, il ne le souhaitait pas. Une ride soucieuse lui barrant le milieu du front, il écouta Calliope lui assurer qu’elle allait bien. Mon œil, oui. Elle n’était même pas persuadée elle-même de ce qu’elle avançait, cette idiote ! Il soupira et détourna à son tour le regard. Elle avait l’air en proie à tout un tas de sentiments de fille compliqués, et il était certain qu’elle n’aurait pas apprécié qu’il la dévisage pendant qu’elle était en train de se morfondre. Peut-être s’était-elle remise à pleurer, comme avant que l’ambulance ne vienne le chercher ? Il ne savait pas, et fourra ses mains dans ses poches pour occuper son temps.

Il fallait qu’il trouve quelque chose à dire pour la rassurer. Pour essayer de lui remonter le moral, et l’inciter à se confier à lui, peut-être. Il n’avait pas envie de la voir dans cet état-là, et encore moins de ne pas en connaître les causes. Depuis qu’ils s’étaient séparés, la veille, il en avait presque été malade. Elle n’avait pas eu l’air blessée, pourtant. Mais son visage lorsqu’il l’avait retrouvée, et ses larmes… Qu’avait-il pu bien se passer ? Il lui laissa un peu le temps de faire le point sur ses pensées. Elle venait de soupirer et de se mettre doucement en marche. Docile, il l’accompagna pour lui montrer qu’il la soutenait. Il n’allait pas la laisser seule, après tout. Quand avaient-ils décidé de rester un peu ensemble aujourd’hui ? Jamais. Ca s’était simplement posé comme une évidence sur le moment. Suivant le pas de sa camarade, il lui laissa prendre tout son temps pour mettre ses pensées au clair. Et, comme un torrent qu’on relâche après avoir tenté de le contenir, Calliope pris enfin la parole pour vider son sac.

Dès les premiers mots, il sentit une enclume lui tomber dans le ventre. « Un être cher ». Ah… C’était donc ça.

Il resta silencieux, soucieux de l’écouter se confier. Il y avait donc ce garçon, du nom de Leo, qui faisait partie des kidnappés. Alban ne le connaissait pas et ne savait même pas à quoi il pouvait ressembler, mais il se fit la réflexion que ce garçon devait être plutôt incroyable pour pousser Calliope, une fille si timide, à se lancer dans cette expédition. Elle avoua qu’elle n’était pas bien courageuse, ce avec quoi Alban n’était pas d’accord. Elle l’était, à sa manière ; il n’y avait qu’à voir comment elle avait pris soin de lui après l’accident de bus, quand il avait ce morceau de verre dans l’épaule. A ce souvenir, il sentit son bras picoter. Il n’aurait pas su dire ce qui était le plus désagréable : la douleur, ou le fait que Calliope ait quelqu’un de spécial ? Attendez… Il s’arrêta un instant. Pourquoi au juste, cela le gênait-il tellement ? Il n’y avait pas ce genre de relation entre lui et la rouquine, et honnêtement, il ne s’était jamais fait la réflexion. Maintenant qu’il y pensait, certes, elle lui rappelait un peu Alizée et lui plaisait, c’était indéniable. Mais pourquoi se sentait-il un peu jaloux ? Tellement étranges, les sentiments adolescents…

Il l’écouta cependant continuer de raconter ses histoires, sans la regarder. Au ton de sa voix, il devinait qu’elle était en train de lutter pour ne pas pleurer ; ou peut-être était-elle déjà en train de sangloter ? Il n’aurait su le dire. Pourtant, quand elle lui avoua qu’elle avait fait tout ça pour rien car « Leo » était inaccessible, il sentit une légère colère poindre à l’horizon. Il en voulait à ce garçon. D’après ses dires, Calliope s’était sûrement « faite jeter », non ? Ou d’une façon ou d’une autre, ce garçon qu’elle appréciait lui avait fait comprendre que ce ne serait pas possible entre eux. Un truc du genre, certainement, sans qu’il n’ait envie de demander ou de savoir les détails. Comment avait-il pu faire un truc pareil ? Une fille timide qui brave vents et marées pour vous retrouver, ça avait de quoi faire rêver. Etait-il idiot au point de ne pas s’en rendre compte ? Alban soupira. Elle était démoralisée, c’était clair et net, et il n’aimait pas la voir dans cet état. Pourtant, malgré ses révélations, et malgré cette jalousie qui enflait en lui et qu’il ne comprenait pas, il souhaitait faire son possible pour la consoler. Alors, toujours sans la regarder, il posa une main sur sa tête dans un geste réconfortant. Pas trop proche, mais pas trop éloigné non plus.

- Dis-moi Calliope, lui demanda-t-il d’une voix douce. Tu as participé à cette mission de sauvetage car tu voulais sauver la personne qui t’étais chère, ou parce que tu voulais qu’il te tombe dans les bras si tu le trouvais la première ?

Il avait fortement conscience du côté rude de ses paroles, mais il souhaitait la faire se rendre compte de certaines choses. Il n’avait pas envie de prendre des pincettes ; il savait que ça ne servirait à rien. Pourtant, il essaya de l’aiguiller sur la bonne direction, avec toujours une voix calme et apaisante.

- Laisse-moi te dire ce que j’en pense, et dis-moi si je me trompe. Selon moi, tu es partie le sauver parce qu’il comptait pour toi et qu’il était potentiellement en danger. Tu l’as trouvé, tu as réussi à le sauver. Alors, ton objectif était atteint, non ? Ça n’a pas « servi à rien », comme tu le penses. Dis-toi que sans toi, il serait peut-être encore en train de croupir dans sa cellule de prison en attendant que quelqu’un les libère. Ou alors, si tu es aussi persuadée que ça que tous les autres auraient pu se débrouiller sans toi et les retrouver, eh bien… ne serais-tu pas actuellement en train de te morfondre et de regretter de ne pas avoir pris part à l’aventure ?

Il se tourna vers elle et lui adressa un sourire discret. Puis, passant ses deux mains derrière sa tête, il leva les yeux au ciel. Ah, s’il avait été à la place de ce Leo, il n’aurait sans doute pas fait pleurer Calliope. Quel chanceux il était, tout de même, d’être aimé par une fille comme elle…
Calliope Pryde
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Sujet: Re: Un sourire peut faire naitre une amitié - Alban Abernaty   Dim 9 Aoû - 21:29
Alban avait eu la gentillesse d’écouter jusqu'à bout la demoiselle sans l’interrompre une seule fois. Et Callie en était reconnaissante car c’était bien ce genre de chose qu’elle détestait. Plus elle expliquait, plus il lui était difficile de trouver les mots et même de les prononcer. Sa gorge s’était nouée progressivement et un poids pesait au sein de sa poitrine, lui rappelant atrocement la douleur que son cœur subissait actuellement. Quand elle avait terminé, la rouquine cherchait à respirer profondément pour se calmer et pour lutter contre les larmes. Elle n’aimait pas se sentir ainsi, surtout devant un ami. Mais ce poids, elle avait vraiment besoin de l’évacuer et il lui semblait que le Voltali était l’ami idéal. Malheureusement, il était aussi possible qu’elle mette Alban en position de faiblesse. Elle ne cherchait pas spécialement du réconfort… Rien le simple fait d’exprimer ses sentiments la soulageait. Camouflée par ses longs cheveux pendant de chaque côté de son visage, Calliope pouvait essuyer ses larmes sans crainte. Bien entendu, elle savait qu’Alban avait deviné, mais elle voulait préserver une sorte de dignité en ne se montrant pas au grand jour. Puis, alors qu’elle avait la tête légèrement baissée, elle sentait quelque chose s’y poser. La chaleur de la main du garçon parcourait son corps, tel une décharge électrique. Cela faisait tellement de bien… Mais les propos qui suivaient la blessaient.

Sauver la personne qui lui était chère ?! Bien évidemment, c’était pour ça et rien d’autre ! Pourquoi Leo lui tomberait-il dans les bras alors qu’il avait déjà quelqu’un pour ce genre de chose ? Est-ce qu’Alban avait au moins compris ce qu’elle venait de lui dire ? Callie se redressait pour fixer le garçon. Son regard était toujours triste mais on pouvait aussi y lire son mécontentement. Les sourcils étaient froncés et les traits durs. Puis, elle levait la main en l’air, prête à le frapper sur la joue. Une gifle suffisait amplement, elle n’avait nullement besoin d’y mettre des mots. Presque aussitôt ce geste, elle regrettait. Car le Voltali lui exprimait le fond de sa pensée. Et elle se ravisait, baissant lentement son bras le long de son corps. Il avait raison, elle avait réussi… Elle l’avait trouvé. Sauf qu’il y avait un détail important : Non, si elle n’avait pas été là, il ne serait pas en train de croupir. Car Estelle était arrivée. Juste dans la seconde où Callie avait mis les pieds dans la cellule. Alors, oui, il aurait été libéré. Finalement, elle réfléchissait sur ces propos. Oui, dans le fond, elle espérait sûrement que Leo lui tombe dans les bras. Mais… Ce n’était pas son objectif premier, c’était sur l’instant T, pile au moment où elle l’avait retrouvé. Parce qu’elle avait été inquiète, parce que pleins de sentiments s’étaient mélangés durant cet évènement et que du coup, elle voulait libérer les siens. Sauf qu’elle était tombée de haut et qu’elle aurait mieux faire de les taire, comme depuis toujours.

_ Tu … Tu ne comprends pas Alban. Pouvait-elle lui en vouloir ? Non, car il n’avait pas tous les éléments… Et parce qu’il ne pouvait pas être à sa place. Elle tâchait alors à donner plus d’éléments. L’objectif était atteint, c’est sûr… Mais même si c’était atteint, elle est arrivée juste après, Estelle. Estelle, c’est celle qu’il aime. Je m’en veux. J’aurais dû ne rien faire, ne rien tenter en le retrouvant. J’aurais dû enfuir mes sentiments, comme j’avais pour habitude de faire. Du coup je me suis effacée et j’ai appris tellement de chose sur Leo que je ne savais même pas ! Alors, je me suis dit que je ne le méritais simplement pas. Est-ce qu’il va se rendre compte à quel point je me suis battue pour lui, pour le retrouver ? Si non, alors oui. Ça n’a servi à rien. Dans tous les cas, il veut me revoir. Et je redoute terriblement ce moment.

Callie baissait de nouveau la tête. Les sourires de son ami ne l’aidaient pas, bien qu’il y mettait toute sa volonté. La demoiselle avait perdu sa joie de vivre, elle se sentait perdue. Ce dilemme, cette complexité… L’adolescence et même la vie : ce n’était pas une tâche facile. Soupirant de nouveau, la jeune fille s’arrêtait de marcher pour se poster contre le tronc d’un arbre, à l’ombre. Il faisait encore chaud aujourd’hui et cela l’affaiblissait tout le temps. Croisant les bras, elle fermait les yeux et se mettait à réfléchir. Et si elle arrêtait de penser un peu à tout cela ? Facile à dire. Cela empiétait son esprit sans même pouvoir y faire quelque chose.

_ Je sais que c’est compliqué. Et puis… Je t’ai un peu entrainé dans tout ça dans le fond et du coup, je trouve que c’était pour… rien. Je suis désolée.

La rouquine lui devait au moins bien cela. Pour le moment, cela semblait impossible de lui faire changer d’avis. Alors, pour partir sur un autre discours, elle rebondissait sur ce qu’il s’était passé quand ils avaient tous les deux débarqués sur Frista, quand ils s’étaient retrouvés seuls mais qu’Orren et les autres les avaient vite rejoints, ne leur permettant pas de continuer leur discussion. Alban avait été sur le point de lui dévoiler sa faiblesse. Oui, elle désirait savoir mais elle ne voulait pas le forcer… Pourtant, quand elle fixait sa jambe, son regard était insistant. Non, hors de question de lui redemander. Elle tournait alors vivement la tête sur le côté pour se concentrer sur un couple d’amoureux qui passait devant eux. Mmh… Pas de bol.

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Alban Abernaty
Alban Abernaty
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Sujet: Re: Un sourire peut faire naitre une amitié - Alban Abernaty   Dim 9 Aoû - 22:33
Alban avait été dur avec Calliope. Il fallait dire que de base, ce n’était pas le garçon le plus empathique du siècle, ni le plus délicat. Il avait cette manie de dire les choses avec un ton peu engageant, et le continuel masque inexpressif sur son visage ne l’aidait pas à faire passer les véritables messages qu’il souhaitait. C’était peut-être pour cela que certaines personnes n’accrochaient pas, parfois ; il avait cet air hautain et supérieur qui pouvait déplaire à ceux qui, de base, n’ont pas une confiance excessive en eux. Il ne fut donc pas étonné lorsque la jeune fille réagit plutôt violemment à sa première question, levant le bras, certainement pour le frapper. Il ne l’avait pas volée, celle-là. Il attendit, impassible, que la main s’écrase contre sa joue, tout en continuant son discours. Si cela pouvait lui faire du bien, il n’y avait pas de soucis. Après tout, il n’était pas à une blessure près, et il était persuadé que Calliope avait à peu près autant de force dans les bras qu’un moustique. Blasé de la vie le garçon ? Après avoir passé un an en rééducation sans sortir de sa ville et sans voir ses amis, on pouvait dire oui, un peu. Bien heureusement, la suite de son discours parvint à calmer les ardeurs de la rouquine qui baissa la main d’un air piteux. Alban ne la regardait pas mais il la devinait simplement en la captant du coin de l’œil. Ah… En deux jours, on avait beaucoup voulu lui décocher des baffes. Etait-ce pour cela qu’il se remettrait en question ? Non, pas vraiment. Il avait sa façon de parler, sa façon de s’exprimer, et il n’avait pas l’intime conviction qu’essayer de changer lui apporterait quoi que ce soit de bon. En outre, bien qu’il apprécie la jeune Givrali, il n’avait pas envie de changer pour elle. Après tout, à quoi bon ? Elle avait déjà ses sentiments tournés vers ce Leo, et lui n’était qu’une passerelle qui l’avait aidée lorsqu’elle en avait besoin. Il n’avait pas l’impression d’avoir été utilisé, mais il ressentait une petite pointe d’agacement lorsqu’il pensait à ce garçon. Pour une raison inconnue, il se bornait dans sa conviction de n’être qu’un ami de Calliope. Un ami, et rien de plus. Ce qui signifiait qu’il lui devait une amitié, et rien de plus.

Il se laissa porter par ses sentiments et commença à s’interroger. Pourquoi avait-il l’impression d’être… comment dit-on déjà ? « Jaloux » ? Il ne nourrissait pas de sentiments romantiques pour la rousse ; après tout, son cœur était déjà tourné vers la délicieuse Alizée, l’idole de son village. Pourtant, toutes ces révélations lui avaient déplu plus que de nécessité. Il se rendit compte avec un soupçon d’effroi qu’il n’avait pas envie qu’elle parle d’une autre personne. Et surtout pas d’un garçon dont elle était amoureuse, et qui avait été assez stupide pour la jeter. Elle était avec lui, et il souhaitait donc qu’elle lui accorde toute son attention. Était-ce cela, être possessif ? Il n’en savait rien, mais pour une fois, son visage impassible l’arrangeait ; ainsi, la rouquine ne pourrait rien y lire. Elle ne pourrait pas entrapercevoir ne serait-ce qu’un fragment de ce à quoi il pensait.

Calliope recommença à parler. Elle était tourmentée, c’était clair et net. Pour un abruti, en plus. Les yeux d’Alban virèrent au gris d’orage ; il n’était pas de bonne humeur, loin de là, et il sentait déjà la tempête gronder dans sa poitrine. Heureusement que Zéphyr était toujours endormi dans son sac à dos, sinon le pauvre Pokémon aurait paniqué face à toutes les émotions de son dresseur. Le Goélise était en effet celui qui comprenait le mieux Alban, et qui pouvait déceler ses sentiments mieux que quiconque ; un lien d’empathie semblait exister entre eux deux, et Alban n’avait même pas besoin de parler pour que son Pokémon le comprenne. D’après Calliope, Alban ne comprenait pas. Ouais… Il avait du mal à calculer pourquoi ce type l’avait laissée dans un état aussi déplorable, elle qui avait remué ciel et terre pour le retrouver… Et puis, la révélation : « Leo » (quel prénom stupide !) avait déjà Estelle en ligne de mire. Et Estelle, bien qu’arrivée juste après Calliope, avait l’avantage d’avoir une petite longueur d’avance sur la piste de course qui menait au cœur du Phyllali. Bon ça, les courses, il pouvait comprendre ; il avait baigné dedans toute son enfance. Au moins, c’était déjà un peu plus facile à comprendre que les histoires de cœur que lui contait la Préfète. Bref, quoi qu’il en soit, elle s’était rendu compte du fait que Leo aimait Estelle, plutôt qu’elle. Pauvre chose, ça avait dû lui briser le cœur. Et elle s’en voulait parce qu’elle mettait donc visiblement Leo dans une solution délicate. Ah, c’était le problème des filles douces, calmes et avec peu d’assurance comme Calliope. Mettez-les face à un connard de première, et elles trouveront le moyen de penser que c’est de leur faute. Alors que non… De prime abord, Leo n’aurait pas dû lui laisser penser qu’il y avait quelque chose de possible entre eux. Si Calliope s’était montée la tête ainsi, c’était forcément parce qu’il avait joué sur plusieurs tableaux à la fois, sans foi ni loi, n’est-ce pas ? non pas forcément, mais Alban est trop de mauvais caractère pour supposer une autre option #PAF#

Enfin, c’était une histoire compliquée, et à présent, la rouquine était paniquée à l’idée de revoir Leo pour s’expliquer. Qu’allait bien pouvoir dire cet abruti ? « Nan en fait t’inquiète, Estelle c’est juste ma copine officielle, mais toi tu peux être ma maîtresse cachée. Viens, on va gambader dans un champ en se tenant la main ! » Hm non, Alban, là, t’es carrément de mauvaise foi. Il voulait sans doute mettre les choses au clair, et probablement, s’excuser. Ce qu’elle ferait également, avant qu’ils ne redeviennent de bons amis cœur cœur paillette. Eurk. Alban se retint de pincer des lèvres, tant la situation l’agaçait. Mais il était son ami, lui aussi. Il se devait de la soutenir dans ce moment dur, quand bien même il avait juste une folle envie de tout casser sur son passage.

- Je pense qu’il s’en est rendu compte. A moins qu’il ne soit stupide, mais bon, on va lui laisser le bénéfice du doute. Après, je n’ai pas la prétention de m’y connaître en relations amoureuses, mais je pense qu’il vaut mieux faire quelque chose, quitte à se prendre une claque, plutôt que de ne rien faire et de le regretter plus tard. Une claque on la prend, et on se relève ensuite. Je comprends que tu puisses avoir peur de l’affronter, mais il faut que tu sois courageuse, sinon la situation va rester au point mort et vous allez tous les deux stagner sans essayer de vous comprendre l’un et l’autre. Je ne sais pas ce qui se passe dans ta tête, et encore moins dans la sienne. Pourtant, en parlant, on parvient toujours à en savoir un peu plus. Et je pense qu’au fond, tu as besoin de ça… de savoir, je veux dire.

Il fit une pause. Il venait encore de lui donner des conseils avec sagesse, même si une bonne moitié le faisait grincer des dents. S’arrêtant à l’ombre d’un arbre lorsque la rousse alla s’appuyer contre le tronc, il attendit patiemment que la jeune fille ait fini de réfléchir. Puis, elle s’excusa de l’avoir entraîné dans tout ça. Honnêtement ? Il ne s’était pas attendu à ce qu’on rebascule sur son sujet si vite, et il en tomba presque des nues. Dans cette situation, c’était ça qui lui venait en tête ? Il n’aurait su dire si ça lui faisait plaisir ou non. Pourtant, là, il se contenta de soupirer. Au moins, cette partie-là entrait plus dans ses cordes…

- Tu n’as pas à t’excuser. Même à notre échelle, je pense qu’on a pu aider à faire avancer le groupe, un petit peu. Et pour ça, je ne regrette rien. Pour rappel, tu ne m’as pas mis le couteau sous la gorge, que je sache. C’était ma propre décision.

Il esquissa un sourire et baissa de nouveau la tête pour être pile en face d’elle, plongeant ses yeux qui avaient viré au vert et pétillaient à présent de malice.

- Ou alors commences-tu à prendre assez confiance en toi pour penser que je me suis engagé là-dedans juste pour toi ? la taquina-t-il, avec un sourire énigmatique qui rendait la situation encore plus ambiguë qu’elle ne l’était.

Puis, après un petit rire pour détendre l’atmosphère, il se figea lorsqu’il capta que le regard de la rousse était rivé sur son genou. Ah, oui, ça… Il lui avait promis qu’il répondrait à sa question, et pourtant, ils n’en avaient toujours pas eu l’occasion. Avec un haussement d’épaule, il tapota sur son genou blessé.

- Ça, c’est mon petit secret. Je vais te le dire parce que je pense que ça t’aidera à avancer, mais sois bien consciente que je ne l’aurai pas fait pour tout le monde. Je n’ai pas envie que ça se sache…

Il laissa quelques secondes de blanc, avant de poursuivre à voix basse.

- Je boite parce que j’ai eu un accident, il y a un an. Disons que j’étais champion de courses aériennes et que ma dernière a… un peu mal tourné, on va dire. Depuis, je ne peux plus faire de courses, et je ne peux même pas marcher correctement… Enfin, je suppose que ça va se guérir un jour ou l’autre, mais en attendant, j’en suis réduit à ça.

Il fit une courte pause, les sourcils froncés. Le souvenir de la course et de la chute était toujours douloureux pour lui. Rien que d’y repenser, il se revoyait ce jour-là, à Nénucrique. Il se força à oublier, au moins pour aujourd’hui. Cirrus n’aurait pas aimé le voir comme ça…

- Quand je me suis réveillé à l’hôpital, j’avais l’impression que ma vie et ma carrière étaient bousillées. Je ne voulais plus rien faire, plus manger, plus parler avec personne… Et pourtant, un jour, j’ai compris que ça ne servait à rien de se lamenter, et qu’il fallait que j’essaye de me relever… Alors je n’y arrive pas totalement, j’y vais à petits pas, mais progressivement, je remonte la pente. Ce que j’essaye de te dire, c’est qu’il y a toujours moyen de redresser fièrement la tête, quels que soient les problèmes… Et qu’il vaut mieux les affronter, plutôt que de les fuir.

Il posa de nouveau sa main sur la tête de Calliope, pour la rassurer. Au final, il s’était confié bien plus qu’il ne l’aurait pensé. Il eut un petit rire intérieur. Était-ce lui ou elle qui était à consoler ? Une vague de chaleur lui remonta dans la poitrine. Il comprit qu’il n’y avait pas d’elle ou lui dans l’histoire. Ils étaient amis. Ils pouvaient donc se confier librement l’un à l’autre. Partager leurs problèmes, et s’aider à avancer. Ce n’était pas parce qu’elle l’avait sollicité, qu’il devait être juste une oreille attentive ou une épaule sur qui elle pouvait pleurer. Lui aussi, pouvait pleurer… Tournant ses yeux vers le ciel d’un bleu pâle, il passa de nouveau ses mains derrière sa tête. Ah… Que c’était compliqué, l’adolescence.
Calliope Pryde
Calliope Pryde
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Sujet: Re: Un sourire peut faire naitre une amitié - Alban Abernaty   Lun 10 Aoû - 20:42
Calliope écoutait son interlocuteur avec une grande attention. Ce dernier avait des conseils qui lui semblaient juste et qui orientaient ses pensées sur le droit chemin. Le Voltali avait raison, elle ne devait pas appréhender cette rencontre avec Leo et encore moins regretter ce qu'elle avait fait quand elle l'avait retrouvé. Cacher ses sentiments était difficile et cela engendrait plus de douleur qu'elle n'aurait pu le croire. En tout cas, oui, l'adolescente s'était pris une bonne claque. Arriverait-elle à surmonter cela ? C'était tout autre chose. Elle comptait bien se battre mais n'en trouvait pour le moment pas la force. Le chagrin d'amour était redoutable, que ce soit sur le plan physique ou sur le plan moral. On ne se sentait plus vivre. S'appuyant contre le tronc de cet arbre, elle se disait qu'il était temps de mettre un terme à tout cela car elle ne désirait pas ennuyer Alban davantage. Ce qu'il avait déjà dit lui suffisait et elle devait bien des excuses à son ami. Sauf que ce dernier contre disait ses propos en se plaçant devant elle, déclarant avoir pris lui-même la décision de partir pour cette dangereuse mission et qu'elle n'avait donc pas à être désolée. La suite perturbait Callie qui ne savait pas quoi penser. Comment ça, croire qu'il était venu exprès pour elle ?

_ J-je... Euh... commençait-elle, perplexe, le rouge apparaissant progressivement sur ses joues et la chaleur l'envahissant. Puis, au bout d'une seconde de silence, elle comprenait qu'il l'embêtait. Merci, Alban.

Sur le coup, la demoiselle esquissait un petit sourire au coin de ses lèvres. Alban était vraiment une personne attentionnée mais aussi légèrement taquine ce qui rendait la situation délicate et qui mettait mal à l'aise notre pauvre préfète timide. Le rire la rassurait. Du moins, il calmait les battements de son cœur un peu trop rapide. Pourquoi lui avoir dit cela ? Décidément, elle n'arrivait pas encore à cerner totalement le garçon, il la troublait.

Son regard se posait finalement sur la jambe handicapée de ce dernier, se remémorant alors le moment où il était sur le point de tout lui expliquer. Elle ne se rendait même pas compte de son insistance, à tel point qu'au bout d'un moment, son interlocuteur la sortait de ses pensées. Son secret... Il allait cette fois-ci tout lui raconter. A moins que quelque chose ne vienne une fois de plus perturber ce moment. Callie le fixait droit dans les yeux, avide de savoir. La voix du garçon était plus basse, forçant son interlocutrice à être très attentive et à lire pratiquement sur ses lèvres. Un accident... Elle aurait dû s'en douter. En l'écoutant, elle apprenait davantage de chose sur le garçon qu'elle ne soupçonnait même pas ! Lui, champion de courses aériennes ? Incroyable... Mais son rêve était brisé. Du moins, c'est ce que lui pensait. Dans ses paroles, Callie arrivait plus ou moins à retranscrire ce qu'elle vivait actuellement. Se lamenter n'était pas la solution, elle devait faire face et garder la tête haute pour gravir la pente qui se dressait devant elle, comme Alban le faisait, comme elle l'avait déjà fait, pour sa maladie. En fait, en racontant son histoire, le garçon continuait à rassurer Calliope.

_ Arrête de poser ta main ici, déjà que je suis petite ça ne sert à rien de me rapetisser davantage. Et... Je ne suis pas une enfant que l'on console ! Enfin, un petit peu quand même...

Elle ne savait pas d'où venait ce geste réconfortant mais ce dernier commençait à gêner Calliope, n'hésitant donc pas à se faire comprendre. Ses paroles n'étaient pas non plus méchantes et brutales mais plutôt comme une plainte d'une gamine qui voulait se montrer grande. De quoi faire redescendre la tension que se tissait de plus en plus entre les deux adolescents. Le regard brillant de la jeune fille changeait par la suite, devenant bien plus sérieux. Cette histoire l'avait touchée et elle voulait faire quelque chose pour lui, pour l'aider. Il devait encore avoir de la rééducation et des exercices pour permettre à son genou de retrouver un maximum de mobilité.

_ J-j'aimerais... Enfin, si c'est possible et surtout si tu es d'accord... Je souhaiterais prendre en charge ta rééducation. Lançait-elle d'un coup.

Callie le désirait fortement. Cependant, Alban était en position de refuser, ce qu'elle pouvait comprendre. Mais la demoiselle voulait venir à son aide et à sa manière. Elle faisait des études de médecine... Mais pas que pour les Pokemon. Une tâche doublement difficile, sauf que Callie en avait dans le ciboulot. Bien entendu, avant de se lancer là-dedans, elle devait se renseigner. Ce n'était pas tous les jours que l'on éduquait un genou ! Les mains dans le dos, elle croisait les doigts discrètement pour qu'il accepte. Elle se voyait déjà poser ses rendez-vous médicaux et retrouver le jeune Voltali toutes les semaines. Cela l'enchantait. Alors, monsieur Alban ? Calliope peut-elle devenir votre infirmière personnelle ?

Refus ou non, Calliope se sentait redevable. Ce qu'il lui avait avoué sur sa vie passée, elle savait qu'il voulait le garder secret. Il le lui avait demandée. Et elle respecterait son choix, elle garderait cette révélation secrète. Perdue de nouveau dans ses pensées, l’adolescente hésitait. Devait-elle lui aussi lui apprendre ce qui la rongeait ? Personne dans établissement n'était au courant de sa maladie mise à part la directrice et les professeurs. La rouquine n'avait encore jamais osé en parler aux autres élèves, et ce depuis son admission à l'académie. Bien entendu, certains avaient des doutes. Mais la jeune fille était restée muette comme une carpe. Et ce depuis plus d'un an. Et voilà qu'Alban, lui, avouait directement alors qu'il venait d'arriver et qu'il connaissait à peine la préfète des Givrali. Soudain, alors qu'elle réfléchissait encore à tout cela, une chaleur désagréable sur son avant-bras la forçait à constater que son épiderme était en plein soleil. La crainte se lisait sur son visage et elle se décalait brusquement pour s’abriter.
Alban Abernaty
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Sujet: Re: Un sourire peut faire naitre une amitié - Alban Abernaty   Lun 10 Aoû - 21:39
Il lui avait dit tout ce qu’il avait à lui dire. Comme un ami. Avec un soupir, il plongea ses yeux océan dans ceux, ambrés, de Calliope. Il avait la désagréable impression de ne pas être totalement honnête, et de ne pas jouer franc jeu avec elle. Il lui disait ce qu’elle avait envie d’entendre. Non… Ce qu’elle avait besoin d’entendre. Pas ce qu’il pensait réellement. Et comment aurait-il pu, de toute façon ? Il était certain que s’il le faisait, il pouvait dire adieu à son amitié avec la rousse ; et honnêtement, il aurait risqué bien plus qu’une simple claque. Il ne pouvait pas s’y résoudre. Ne pouvait juste pas le faire. De plus, comme elle le disait, il ne comprenait pas tout ; il n’avait que la moitié des informations, et uniquement la version de Calliope. Pourtant, il se fichait d’être « juste » ou pas. Ce type l’avait faite souffrir, il ne l’appréciait pas. Point. C’était aussi simple et binaire que cela. Chez Alban, la vision des choses pouvait être extrêmement primaire, parfois. Et pourtant, il était le premier à penser qu’il n’était pas bête. Mais l’intelligence avait-elle vraiment rapport avec ces sentiments, plus bruts et plus entiers ? Il n’en était pas sûr, mais quoi qu’il arrive, il savait qu’il voulait la soutenir. La faire rire. La faire sourire. Effacer ces larmes du coin de ses yeux. En toute amitié, évidemment. Il n’y avait que de l’amitié dans tout ce qu’il ressentait pour Calliope, n’est-ce pas ?

Il hocha la tête pour chasser toutes ces pensées parasites. Il était las d’avoir le cerveau qui tourbillonnait à cause de tout ça. Ses synapses tissaient des réseaux complexes, l’entravant dans leurs mailles. Il était comme une proie prise dans le filet d’une araignée ; faible, entouré d’une soie douce mais pourtant si solide, enfermé dans un cocon de désillusions. Son salut et sa perte, c’était cette fille. Elle le mettait dans des situations difficiles, lui faisait réfléchir bien plus que de nécessité, et pourtant, il se sentait bien en sa présence. Alors, tandis qu’il la taquinait pour sauver les apparences, et pour détendre une atmosphère beaucoup trop pesante, il l’entendit lui susurrer un remerciement. Merci Alban. Rien que deux mots, mais qui signifiaient tellement pour lui.

Avec un sourire en coin, il fit courir son regard le long de l’horizon. Au loin, derrière les maisons, un ciel immense et d’un bleu pur se dessinait. Evidemment, qu’il était allé là-bas rien que pour elle. Evidemment, que sans elle dans cette expédition, il n’aurait pas osé se joindre au groupe, de peur d’être un poids mort à cause de son genou. Et par peur aussi, il fallait l’avouer, de se retrouver blessé. Alban n’était pas un super-héros. Il ne faisait pas partie de ces élèves si courageux qui pouvaient se jeter dans la bataille sans sourciller. Il n’était pas fort comme Calliope, qui avait bravé sa timidité et son manque d’expérience en combat pour rejoindre ses amis. Et pourtant, il se sentait étrangement proche de cette dernière. Elle était allée là-bas pour Leo ? Il était allé là-bas pour elle. Cela le rendait-il moins courageux d’une certaine manière, ou plus lâche ? Il n’en savait rien, mais préférait ne pas se demander ce qui se serait réellement passé si elle n’avait pas rejoint le groupe. Aurait-il tout de même tenté une action courageuse ? Aurait-il pu se faire tous ces « amis », dans l’adversité ? Aurait-elle pu dévoiler ses sentiments à Leo ? Et cette dernière chose, était-elle bonne ou mauvaise ? Il ne savait pas ce qui était pire ou mieux. Ne pas avouer ses sentiments et vivre sans cesse caché, mais nourrir un amour impossible et en être conscient ? Ou les avouer mais se retrouver face à une cruelle vérité, et se morfondre pour cela ? L’amour, c’était plutôt compliqué, et le châtain décida de ne plus s’en préoccuper pour le moment. Il avait bien mieux à faire. Comme par exemple, répondre aux attentes des regards insistants de Calliope sur son genou. Son genou...

Il avait craqué. Il avait avoué. Se sentait-il mieux après ça ? Peut-être pas. Il se sentait diminué, minable, faible, grotesque, handicapé, informe… Pourtant, il sentait que l’enclume qui pesait sur sa poitrine depuis plus d’un an était progressivement en train de s’alléger. Il avait l’impression d’être plus soulagé. D’avoir partagé sa peine et tout ce qu’il ressentait avec quelqu’un. Et pas avec n’importe qui…
Ses yeux rivés sur son genou, il attendait le verdict. Calliope ne parlait pas. Elle avait dû être surprise, sans aucun doute. Après tout, il venait de lui révéler qu’il était un champion de courses aériennes, mais qu’il avait échoué un jour. Aha, quel piètre champion il faisait. Pire que d’échouer, il s’était carrément bousillé le genou. C’était stupide. Il était stupide, n’est-ce pas ? Il s’apprêtait à dire quelque chose pour essayer de sauver la situation. De fuir, encore et toujours, même s’il ne voulait pas avouer qu’il s’échappait. Mais Calliope pris les devants, et, d’une voix boudeuse, elle lui lança un reproche.

_ Arrête de poser ta main ici, déjà que je suis petite ça ne sert à rien de me rapetisser davantage. Et... Je ne suis pas une enfant que l'on console ! Enfin, un petit peu quand même...

Hein ? Ça venait d’où, tout ça ? Il eut presque envie de rire tant la situation était grotesque. Il lui partageait son plus grand secret et elle elle trouvait le moyen de… faire de l’humour ? Aha, elle n’était même pas bonne pour ça ! Il éclata de rire intérieurement. Décidément, cette fille trouvait toujours moyen de l’étonner. Alors, il décida de lui accorder de nouveau un de ses rares sourires. C’était si simple, de sourire pour elle…

- Bien, bien, je suis désolé, mademoiselle, répondit-il, en insistant sur le dernier mot, une pointe de sarcasme dans la voix. Je ne recommencerai plus. Et puis c’est vrai que l’enfant grandit tellement vite, que ce serait mauvais de ma part de continuer de la considérer encore comme telle.

Il la couva du regard, de façon presque paternelle. En quelques jours à peine, même lui avait pu remarquer les changements qui s’étaient opérés chez la rousse. Il n’avait pas la prétention de la connaître, et pourtant, chaque jour, il en découvrait un peu plus. Et autant dire que ce qu’il entrevoyait ne lui déplaisait pas, même si les révélations étaient loin de toujours le transcender de joie. Puis, une fois que le moment d’humour fut passé, elle redevint sérieuse et le regarda droit dans les yeux. Il fut presque surpris du regard qu’elle lui jeta à ce moment-là ; elle qui, quinze minutes plus tôt, n’osait même pas regarder plus haut que son nombril. Dès ses premiers mots, il eut l’impression que l’enclume dans sa poitrine disparaissait, éclatée en mille morceaux par la poigne de fer de la rousse. Elle voulait l’aider. Elle voulait le rééduquer. Elle voulait… faire tout ce qu’elle pouvait pour qu’il puisse remarcher correctement de nouveau. Ce fut à son tour de demeurer étrangement silencieux. S’il s’était attendu à ça ! D’ordinaire, les gens qui apprenaient la nouvelle d’une quelconque manière se contentaient de le regarder avec pitié, en lui souhaitant un bon rétablissement. Mais pas elle… Ne faisait-elle rien comme les autres ?

Alors il se surprit à sourire de nouveau. Il leva la main pour la poser sur la tête de Calliope, comme autrefois, mais suspendit son geste dans les airs. Non. Elle ne voulait plus de ça. Elle ne voulait plus qu’il la considère comme une gamine. Alors, il dévia sa main de sa trajectoire et attrapa une mèche de cheveux de la demoiselle. Juste une, qu’il porta à ses lèvres et embrassa doucement en fermant les yeux, comme un prince. Il ne savait pas d’où lui venait ce geste, mais ça lui sembla tout naturel, à ce moment-là… Puis, s’inclinant légèrement, il releva la tête et la regarda droit dans les yeux ; de ce regard sérieux et pourtant plein de sentiments qu'il pouvait parfois avoir.

- Ce sera avec plaisir… Doc… lui dit-il avec révérence.

Elle souhaitait s’occuper de lui. Elle souhaitait l’aider. Dans sa poitrine, son cœur faisait des bonds indisciplinés. S’il en avait été capable, il aurait souri comme un dément. Et pourtant, alors qu’il s’apprêtait à dire quelque chose d’autre pour ne pas laisser un silence gêné s’installer, la jeune fille eu un sursaut et alla se cacher plus près de lui, à l’ombre de l’arbre. Le sourire d’Alban disparu. Calliope avait l’air terrifiée. Il regarda autour de lui pour savoir s’il y avait un insecte dans le coin, et ce qui avait bien pu effrayer la jeune fille. Mais rien, outre le soleil qui cognait comme en plein désert. Inquiet, il se tourna vers Calliope.

- Qu’est-ce qui se passe, tu as mal quelque part ? lui demanda-t-il, une pointe de panique dans la voix.
Calliope Pryde
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Sujet: Re: Un sourire peut faire naitre une amitié - Alban Abernaty   Sam 15 Aoû - 18:22
Callie voulait être son médecin personnel. Enfin, c'était un bien grand mot de dire cela mais elle désirait vraiment l'aider dans sa rééducation. C'est pour cela qu'elle se proposait directement, sans même prendre le temps de réfléchir car tout était déjà clair dans son esprit. Le regardant droit dans les yeux, la demoiselle remarquait que son interlocuteur semblait surpris. Elle ne le voyait pas par son visage, non... Elle le devinait par le silence qui régnait en maitre depuis quelques bonnes secondes déjà. Allait-il accepter ? Il avait le choix. Alban pouvait très bien lui dire non, la rouquine n'allait pas se vexer pour un refus. Ça le concernait lui, c'était donc à lui de prendre la décision. Hors de question pour la préfète de lui forcer la main, ce ne serait pas son genre... Quoi qu'elle tenterait bien d'insister un peu afin de prouver sa détermination et montrer qu'elle pouvait faire quelque chose à cela.

Finalement, le garçon souriait, ce qui rassurait la demoiselle. Elle lui rendait donc son sourire à l'instant même où il tentait encore de poser sa main au sommet de son crâne. Il se ravisait bien vite, heureusement, car Callie reprenait déjà sa petite mine boudeuse de petite fille. Il se saisissait alors d'une mèche de cheveux, capturant cette dernière entre ses doigts. La préfète regardait son interlocuteur, perplexe. Que voulait-il faire ? Elle n'arrivait pas à le déterminer et ne pouvait poser une raison à ce geste. Peut-être que pour lui, cela avait un sens. Mais aux yeux de Callie, ce drôle de mouvement ne signifiait rien. Elle passait alors par dessus, souriant de nouveau quand le garçon acceptait sa proposition, en profitant pour lui attribuer un petit surnom tout en réalisant une révérence.

_ Doc ... ? Tu crois sincèrement que ce surnom me va bien ?

Callie riait de bon cœur. Heureusement qu'Alban était là pour lui remonter le moral. Grâce à ce dernier, elle ne pensait plus à rien qui pouvait la chagriner. Surtout que maintenant, elle était plus concentrée sur autre chose. Une chose de particulièrement dérangeante et dangereuse. En effet, la rouquine avait ressenti une sensation de brûlure au niveau de l'avant bras et en posant ses yeux sur la zone douloureuse, elle avait remarqué que les rayons de soleil étaient posés dessus. Presque aussitôt, elle s'était reculée, comme si elle venait de sursauter. Elle s'était rapprochée d'un coup du jeun homme mais n'y prêtait aucune attention. Son regard auscultait sa "blessure". Une brûlure... Elle ne s'était pas trompée. Et bien évidement, Alban s'inquiétait.

_ Non ! Se braquait-elle aussitôt, le ton de la voix un peu trop élevée. Elle imaginait entendre sa mère, toujours en train de s'inquiéter vis à vis de sa maladie. Son regard était un peu plus dur.

Callie cognait sa tête contre le tronc de l'arbre. Droite comme un i, elle regardait vers le haut sans prêter plus aucune attention à son ami. Elle réfléchissait. A plusieurs choses en même temps mais qui concernaient toutes sa maladie. Sa fichue maladie. Cette dernière était vraiment handicapante pour la demoiselle, une preuve en plus aujourd'hui. Mais le dilemme qui se présentait à elle était bien plus complexe. Devait-elle expliquer, non, avouer à Alban ce qui la rongeait depuis son enfance ? Pouvait-elle se permettre de lui faire suffisamment confiance ? C'était idiot comme question, d'autant plus que le garçon c'était carrément dévoilé quelques instants plus tôt. Sauf que pour la rouquine, c'était bien plus difficile. Déjà, elle voyait cela comme une tare, un handicape malsain. Elle ne voulait pas non plus inquiéter son entourage, d'où la raison pour laquelle seuls ses parents et les professeurs étaient au courant. Aucun élève, ni même amis ne savaient pour sa maladie. Et ce depuis son inscription, ici, à l'académie, il y a déjà un an et demi. Le Voltali venait d'arriver, ils se connaissaient à peine et... Non, c'était stupide de penser à ça. Si lui pouvait faire autant confiance à Callie, elle aussi le pouvait. Alors, après cette dure réflexion, elle baissait la tête. Elle posait ses yeux, où on pouvait lire que la colère s'était envolée, sur la zone douloureuse qui la picotait sans cesse. Ce n'était qu'une brûlure, une simple brûlure oui... Mais pour Callie, ça aurait pu être fatal.

_ Je... *grande inspiration* Je suis atteinte d'une maladie génétique rare. Elle s'appelle "xeroderma pigmentosum". Pour faire plus simple, ma peau est hypersensible au soleil. lâchait Callie, relevant lentement le regard vers son ami afin d'y observer sa réaction. Normalement, je dois éviter de sortir le jour. Mais en prenant certaines mesures, comme la crème ou des vêtements recouvrant la peau, il m'est possible de m'exposer. Pas trop longtemps par contre.

Pouvait-elle en mourir ... ? Oui. Qu'importe l'exposition, son espérance de vie était relativement réduite. Car la maladie entrainait d'autres pathologies, comme le cancer. Heureusement, Calliope était très suivie et les médecins étaient plutôt rassurants. Malgré tout, elle prenait la chose très au sérieux, comme ses parents et évitait de se faire des illusions. Son dermatologue lui avait expliqué que sa maladie était une variante de l'XP. Mais qu'est-ce que ça veut dire, "variante", exactement... ?

_ C'est la première fois que j'en parle depuis que je suis à l'académie. C'est aussi pour cela que je n'ai pas beaucoup d'amis. Mon comportement est bien trop étrange à leurs yeux... Rien que de porter ce gilet génère des murmures incessants.
Alban Abernaty
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Sujet: Re: Un sourire peut faire naitre une amitié - Alban Abernaty   Ven 21 Aoû - 16:10
Il ne fallait plus qu’il la considère comme une gamine ; ce n’était pas ce qu’elle souhaitait. L’avait-il fait ? Au fond, peut-être un petit peu, effectivement. Elle semblait tellement frêle et fragile qu’il ne pouvait s’empêcher de la surprotéger, même si au final, elle était bien plus forte que lui ; peut-être plus forte qu’il ne le serait jamais. Il la couva du regard. Elle était étrange, comme demoiselle ; parfois calme et d’un sérieux implacable. D’autres fois maladroite, enfantine ou impulsive. Il avait tenté de lui tapoter sur la tête, comme il l’aurait fait pour Arya, sa petite sœur. Pourtant, la mine boudeuse de la jeune fille et ses mots plus tôt l’avaient arrêté en plein chemin. Au lieu de cela, il avait préféré récupérer une mèche de cheveux roux pour y déposer un court baiser. Maintenant qu’il n’était plus dans le feu de l’action, il se sentait particulièrement gêné par ce geste. Qu’est-ce qui avait bien pu lui prendre ? Il s’était pris pour quoi là, ohé ? Un chevalier servant ? Un personnage de film à l’eau de rose ? Allons Alban, reprend toi, garçon. Il se foutu une gifle mentale, et se concentra sur le présent. Depuis quand était-il aussi quiche et mielleux ? Son cœur tambourinant dans sa poitrine, il plongea ses yeux océans dans ceux noisette de sa camarade. Visiblement, le surnom Doc ne lui plaisait pas. Avec un sourire, Alban la contempla rire aux éclats. Elle était mignonne quand elle riait ; bien plus que quand elle était maussade, déprimée, ou encore qu’elle l’ignorait superbement. Il se joignit à elle pour rire discrètement de bon cœur. Ils étaient si rares, les gens avec qui il riait encore. Pourtant, depuis qu’il était arrivé sur l’île de Cobaba, il avait la sensation qu’il parviendrait à s’ouvrir un peu plus aux autres. Ici, il n’était pas le seul garçon incroyable. Il n’était plus le petit handicapé ex champion de courses qui se faisait forcément remarquer, dans son petit village maussade. A Cobaba, chacun avait une histoire, une unicité. Ils brillaient tous plus forts les uns que les autres. Au milieu de tout ça, Alban pouvait redevenir le garçon normal ; celui qui peut se faire des amis, peut vivre sans être rejeté pour ses différences. Il esquissa un sourire doux à l’adresse de Calliope. Elle le faisait rire, avec ses mimiques enfantines, et ce petit brin d’humour qu’il ne lui connaissait pas. Il fallait dire qu’ils ne s’étaient pas rencontrés dans les meilleures conditions à la base, et que les occasions de faire de l'humour ne s'étaient pas encore présentées.

- Moi j’aime bien, je crois qu’une barbe grise et une blouse t’iraient bien, plaisanta-t-il, plus pour se moquer d’elle que parce qu’il le pensait réellement.

Malheureusement, ils n’eurent pas le temps de se charrier plus longuement car Calliope eu un mouvement de recul. Sur le moment, Alban fut tellement inquiet qu’il réagit au quart de tour, chose qui sembla paniquer encore plus la rousse. Elle lui cria légèrement dessus, et il se recula précipitamment, surpris. Qu’est-ce qui lui prenait ? Avait-il fait quelque chose de mal ? Ses sourcils se plissèrent sous l’inquiétude. Il ne l’avait pas touchée, lui semblait-il. Pourtant, elle avait hurlé comme s’il venait de lui faire mal, ou qu’elle ne voulait pas qu’il lui pose ce genre de questions. Silencieux, il la contempla poser son front contre le tronc de l’arbre. Elle ne le regardait même plus à présent, et semblait perdue dans ses pensées. Ses yeux étaient vides. Il décida de ne pas la brusquer et de lui laisser le temps de faire le point ; après tout, elle avait l’air d’en avoir besoin. Malgré sa curiosité, Alban ne voulait pas la forcer à lui donner des explications. Ca le rendrait malade de ne pas savoir quel mal l’avait piquée, certes, mais il ne souhaitait pas être insistant et risquer de s’attirer ses foudres. Après tout, elle était tellement changeante, tellement lunatique. Un instant elle riait avec lui, et l’autre elle le fuyait. Pourtant, il l’appréciait honnêtement et ne voulait pas qu’elle le déteste. Curieux sentiment que celui-ci.

Sa patience fut cependant récompensée, car Calliope revint vers-lui. Sa peau semblait rouge par endroits, mais était-ce par pure gêne ? Certainement pas. Il y avait autre chose, qu’Alban ne parvenait pas à s’expliquer. Il écouta donc attentivement ce que la rouquine lui disait. Au fur et à mesure de son discours, il se sentait se décomposer de l’intérieur ; comme si on enserrait son cœur avec une poigne de fer pour le réduire en fragments de verre. Xeroderma Pigmentosum ? Il n’en avait jamais entendu parler, mais derma et pigment, ça devait avoir un rapport logique avec la peau… Hypersensibilité au soleil… Alban devint brusquement pâle, et son visage restait figé dans une expression neutre ; il ne savait comment réagir. Le soleil était dangereux pour Calliope. Mais à quel degré ? Il l’avait déjà vue avec des parties de sa peau à nu, même si en règle générale, elle était anormalement couverte pour une fille en pleine journée de canicule… Une brusque pensée lui revint à l’esprit. Il l’avait surprise, sur l’île Frista, se passant de la crème sur les bras alors qu’elle s’était éclipsée après la séparation du groupe dirigé par Orren, et de celui mené par Aileen. Sur le moment, il avait cru qu’il s’agissait de crème solaire et avait eu envie de la houspiller pour son manque de sang-froid et son sens biaisé des priorités. A présent, il se sentait étrangement stupide. Calliope n’avait pas fait ça pour aller se bronzer au monoï sur la plage. Elle en avait besoin. Elle en était dépendante, même. Auquel cas, son épiderme risquait de brûler…

Il était comme vidé de son énergie. Il lui avait révélé son secret, et elle avait même proposé de l’aider dans sa rééducation. Même s’il ne voulait pas y penser pour être déçu plus tard, il pouvait encore avoir quelques espoirs quant à une possible guérison. Mais elle ? Une maladie génétique rare. Que pouvait-il faire pour elle ? Rien du tout, certainement. Il n’était pas médecin. Il ne connaissait pas de spécialistes de l’épiderme. Il n’avait pas de sommes astronomiques à dépenser pour la confier aux bons soins des plus grands hôpitaux. Existait-il des traitements permettant d’annuler la maladie ? Ça lui semblait compromis. Il leva piteusement ses yeux vers elle. C’était la première fois qu’elle en parlait à une personne de l’académie. Il se sentait à la fois flatté, et incroyablement triste. C’était un poids difficile à porter, mais depuis qu’il s’était lui-même confié, il se sentait mieux ; se sentait-elle mieux également ? Il voulait l’aider à porter son fléau, mais comment faire ? Il ressentit une vive pointe de rage lorsqu’elle lui avoua que les gens murmuraient sur son passage. Lui aussi, connaissait ce genre de choses… Les gens rejettent ce qui est bizarre ; ce qui est différent. Lui avec son boitillement. Elle avec ses vêtements alors qu’il fait chaud. Pourtant, il aurait cru que sur Cobaba, où chacun est particulier, ces choses passeraient plus inaperçu. Les mots de Benjamin lui revinrent en tête. On chuchotait sur son passage, lui aussi. Il n’avait pas voulu y penser, mais même si les autres semblaient l’accepter, qui lui assurait qu’ils n’en pensaient pas moins, derrière son dos ? Il soupira. Ce n’était pas le moment de penser aux autres. Il fallait qu’il pense à eux, avant tout. Impuissant, il s’approcha cependant de la rousse et sortit une bouteille d’eau de son sac. Puis, la tendant à Calliope, il lui dit à voix basse.

- Tiens. Je pense que le soleil t’as brûlée et je ne sais pas si tu as quelque chose de particulier à faire, mais l’eau fraîche soulage en règle générale. Je ne sais pas trop quoi te dire… je suppose que je me sens honoré d’avoir pu partager ton secret, même si…

Il laissa sa phrase en suspens. Nul besoin de mots, ils se comprenaient. C’était là une bien maigre consolation que d’avoir pu se chuchoter des secrets à voix basse. Ils savaient l’un comme l’autre que ces secrets, ils auraient préféré cent fois ne pas les avoir.

- Je me sens nul de ne pouvoir rien faire pour toi… Tu me proposes ton aide et moi je… ne sers à rien.

Ils restèrent silencieux quelques minutes. Un blanc gênant venait de s’installer, comme s’ils étaient au chevet d’un mourant. Ils n’osaient pas élever la voix, de peur d’être encore plus effrayés. Allons Alban ! Il faut que tu te bouges ! Ses pensées toujours tourbillonnant dans son esprit, il parvint à faire la part des choses. Il fallait qu’il essaye de détendre l’atmosphère. Après tout, à quoi bon se morfondre sur ce qu’ils ne pouvaient pas arranger ? Il se força à sourire, mais n’y parvint pas. Décidément, il n’était pas encore assez bon à ce genre d’exercice. Tentant de lui faire passer un message grâce à son regard, il parvint enfin à décoller les lèvres pour une tentative stupide d’humour.

- Enfin bon. Je suppose que la solution du Doc serait de se balader en permanence avec une blouse. Tu vois bien que ce surnom ne te va pas si mal que ça.

Il redevint brusquement sérieux, et regarda le soleil qui cognait fort au dessus de leurs têtes. Malgré le couvert des arbres, ils était quand même exposés... Ce qui n'augurait rien de bon pour la jeune fille.

- Tu veux qu'on aille en intérieur, plutôt ? Je connais un café sympathique qui devrait te plaire. Sauf si tu préfères te réserver ça pour un autre jour, comme tu le sens.
Calliope Pryde
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Sujet: Re: Un sourire peut faire naitre une amitié - Alban Abernaty   Mar 25 Aoû - 13:58
Calliope prenait le temps d'observer la réaction de son interlocuteur. A vrai dire, elle ne savait pas vraiment à quoi s'attendre. A ses yeux, tout était possible, comme le fait qu'Alban la rejette - ce qui était le cas de la plupart des autres. Après tout, qui aimerait devenir ami avec une fille malade ? L'être humain était vraiment trop horrible parfois et Callie ne comprenait pas vraiment ce genre de réaction ce qui la rendait souvent triste. La solitude, elle connaissait bien, alors que c'était une jeune fille pleine de joie. Ce n'était pas sa faute si les autres se comportaient de cette façon avec elle, et ce malgré ses efforts.  Alors, à cet instant, elle espérait. Elle osait espérer qu'Alban ne soit pas comme ces personnes là. Si cruelles. Et elle avait l'intime conviction qu'il était différent car il faisait preuve de maturité et d'intelligence. Et tout simplement parce qu'elle se sentait bien avec lui, il avait quelque chose de différent. De rassurant. Croyez-vous vraiment que la préfète lui aurait tout avoué dans le cas contraire ? Absolument pas. Elle était juste sûre d'elle et espérait ne pas se tromper.

La couleur du visage du garçon blanchissait au fur et à mesure qu'elle expliquait sa pathologie. Callie savait que c'était quelque chose de dur à avaler mais aussi à comprendre, donc elle ne s'en faisait pas. C'était une réaction parfaitement logique à ses yeux. Malgré tout, elle ne lisait rien d'autre sur le faciès du Voltali, gardant cette expression neutre qu'elle détestait temps. Néanmoins, son regard trahissait son sentiment d'impuissance. Tout ce qu'elle voulait éviter, c'était d'engendrer de la pitié. La rouquine n'en avait pas besoin. Elle n'était pas là pour se plaindre ou se morfondre... Elle désirait juste le mettre au courant, lui expliquer la raison de cette brûlure qui aurait pu être anodine pour quelqu'un d'autre. Calliope en avait terminé avec son petit monologue. Alban lui tendait déjà une bouteille d'eau et elle appréciait ce geste. Le garçon lui parlait à voix basse tandis qu'elle se concentrait à répandre le liquide sur son bras, dans un petit filet d'eau. Ce dernier n'arrivait pas à terminer sa phrase et Callie relevait son regard vers lui. Pas la peine de continuer, elle avait compris. Mais par contre, se rabaisser ainsi, ça, elle ne pouvait pas le laisser passer.

_ Je t'interdis de dire cela. Cette bouteille le prouve...

Les adolescents avaient l'air idiots, l'un en face de l'autre, à s'avouer des secrets interdits en murmurant alors qu'il n'y avait personne autour d'eux. Calliope ne savait plus du tout quoi dire et elle laissait le silence planer. Que ajouter de plus de toute façon ? Rien. Alors, la demoiselle s'occupait mieux de sa "blessure" en sortant de son sac un petit linge qu'elle humidifiait avec le reste d'eau que contenait la bouteille. Elle appliquait ensuite ce dernier sur son avant bras, ce qui la soulageait énormément. Finalement, Alban brisait le silence en tentant de nouveau l'humour. Sauf que sa phrase ne faisait que faire sourire la demoiselle qui n'arrivait même pas à répliquer quelque chose. Elle avait bien trop de chose à penser en fait. Et ce moment partagé l'amenait à réfléchir énormément sur la relation qu'elle entretenait avec le garçon. Lui faisait-elle confiance ? Oui. Ce qu'il s'était passé dernièrement avait fait avancer d'un grand pas leur amitié, bien plus qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Et elle en était heureuse. Du moins, une partie de son cœur l'était.

_ Allons-y, ça nous changera les idées.

Calliope venait d'accepter la proposition d'Alban quant au fait d'aller dans un café. Ils y seraient bien mieux installés et la rouquine pourrait éviter de s'exposer davantage face à ces rayons meurtriers. Elle accompagnait donc son ami, le laissant la guider car elle ne savait pas où cela se trouvait. Le trajet s'était déroulé dans un silence royal, laissant pleinement l'occasion à la jeune fille de réfléchir à tout ça. Et puis, ce n'était pas très loin comme destination. L'atmosphère était plutôt agréable dans ce café et il n'y avait pas tellement de monde pour le moment. On les installait alors dans un coin plutôt tranquille. La pièce était climatisé et les sièges très confortables. Le serveur ne tardait pas à arriver pour prendre les commandes et Callie demandait une simple glace avec un coulis de Framby. C'était une baie qu'elle appréciait particulièrement. Le service aussi était rapide et la demoiselle en avait l'eau à la bouche. Cuillère en main, elle s'empressait de planter cette dernière dans son dessert. Mais au moment où elle la portait à sa bouche pour se délecter de sa première bouchée, quelque chose la stoppait. Ou plutôt, Happy la stoppait.

_ H-Happy ! Il s'agissait de son Cadoizo, aussi bon cuisinier que gourmand. Particulièrement friand des baies Framby sous toutes ses formes. Mais... NON ! Cette glace est à moi.

Calliope avait beau le repousser comme elle pouvait, cette petite fripouille avait réussi à s'emparer de ce qu'il estimait être son du. La mine dépitée, la demoiselle ne pouvait se résoudre qu'à lui donner son dessert tout en présentant l'oiseau à Alban.

_ Happy, mon Cadoizo. Un véritable goinfre. Je me demande d'ailleurs comment il fait pour avoir l'odorat si développé. Ou alors, il a un sixième sens. A chaque fois c'est pareil...

Tant pis. Rien n'empêchait cependant la préfète à commander la même chose, lui permettant cette fois-ci de savourer sa glace tout en questionnant son ami.

_ Ca te plairait de reprendre les  courses aériennes si je réussis ta rééducation ? demandait-elle d'un coup. Bien entendu, Happy serait inutile pour des entrainements. Mais j'ai un Passerouge qui, une fois évolué, pourrait se montrer très utile.
Alban Abernaty
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Sujet: Re: Un sourire peut faire naitre une amitié - Alban Abernaty   Mer 26 Aoû - 11:39
Décidément, c’était la journée des grandes révélations. Ils avaient partagé leurs secrets, leurs faiblesses, et malgré tout, Alban se sentait plus léger. On avait ôté un poids qui pesait sur ses épaules depuis bien trop longtemps. A deux, le fardeau semblait moins lourd, moins insupportable… Qui aurait cru qu’il révèlerait déjà son accident, quatre jours à peine après son arrivée ? Lui qui était d’ordinaire si peu bavard, et mystérieux… Non. Calliope était différente. Il avait su dès qu’ils avaient appris à plus se connaître au travers de toutes les épreuves qu’on avait mises sur leur chemin qu’il pouvait lui faire confiance. Elle semblait avoir également ses secrets, et malgré son dortoir réputé pour les commérages, Alban savait que la rousse n’était pas à placer dans le même panier. Givrali car son calme et sa froideur ainsi que son intelligence la plaçaient sous ce blason. Mais pas Givrali car elle allait colporter des ragots. Même si, il fallait l’avouer, elle avait tout de même ce côté un peu curieux qu’il lui avait déjà vu par certaines occasions. C’était fou, à quel point ils en connaissaient l’un sur l’autre, en si peu de temps. Ce n’était pas la seule personne avec qui le châtain avait parlé depuis son arrivée, mais Calliope était sans nul doute celle de qui il se sentait le plus proche. Et paradoxalement, parfois étrangement éloigné. A l’instant où elle lui avait révélé sa maladie, il s’était senti incroyablement loin d’elle ; comme si de nouveau, une barrière s’était érigée entre eux deux. Son corps frissonna sans qu’il ne puisse le contrôler. Le souvenir de la porte métallique qui l’avait séparé de la préfète, lors de l’infiltration dans le QG des Rouages, était encore trop vif pour le laisser indifférent. Il avait cependant tenté de se rendre utile, à sa petite échelle. Un peu d’eau fraîche, la seule chose qu’il pouvait faire pour elle ; pour tenter de l’aider dans sa maladie. Il savait bien qu’il était impuissant ; il n’allait pas trouver un antidote du jour au lendemain, d’autant plus qu’il n’en avait pas les capacités. Pourtant, c’était frustrant de le penser à voix haute. Calliope le fusilla cependant du regard, lui faisant comprendre qu’il n’avait pas intérêt à se rabaisser. Elle appliqua un peu d’eau sur ses brûlures, bien plus rouges depuis qu’Alban examinait la peau de la fille un peu plus en détails. Les plaies devaient être douloureuses. Il se demanda à quelle fréquence l’épiderme de la rouquine la faisait souffrir ainsi. Elle avait une crème, un traitement, normalement. Etait-il efficace la plupart du temps ? Il s’inquiéta encore plus pour elle. Il esquissa cependant un sourire léger lorsqu’elle le remercia indirectement pour la bouteille.

- Ok, Doc… soupira-t-il, essayant de rester taquin malgré la situation qui ne s’y prêtait clairement pas.

La jeune fille parvenait à sourire de nouveau. Mais Alban voyait bien que c’était plus par politesse que parce qu’elle était « guérie », intérieurement. Après tout, que pouvait-elle faire d’autre ? Tout l’humour du monde ne parviendrait pas à chasser ses problèmes. D’autant plus qu’Alban n’était pas connu pour son côté comique ; d’ordinaire, il passait plus pour le rabat joie qu’autre chose. Elle accepta cependant de faire un crochet par le café, histoire qu’ils puissent s’abriter tout en continuant de parler. Alban n’avait pas de projets particuliers, autre que le fait d’aller voir Needle pour commander en masse des pommades et bandages histoire de se soigner. Il se doutait cependant bien que la rousse devait avoir prévu quelque chose. Après tout, elle était préfète, et le drame des jours passés était encore vif. Sûr qu’elle allait devoir travailler doublement pour essayer de mettre en place une cellule de crise pour les autres Givralis. Ce qui fit penser à Alban qu’il n’avait pas revu Orren depuis la veille. Que pouvait bien faire son préfet ? Il haussa les épaules, se contentant de prendre place à une table vide, à l’ombre des plantes en pot qui bordaient les allées. L’ambiance avait toujours été agréable, ici. C’était le seul café où Alban avait mis les pieds depuis son arrivée, puisqu’il avait eu à peine trois jours pour profiter de Cobaba avant de faire route pour Frista. Cependant, le côté cosy des sièges, de la décoration et du service donnait l’impression d’être dans un immense cocon. Egalement, il y faisait étonnamment frais, ce qui était bienvenu lors de temps caniculaires. Une petite brise climatisée vint lui chatouiller les cheveux, et il s’installa dans son fauteuil moelleux pour consulter la carte. Calliope avait déjà choisi de prendre une glace Framby. Alban se contenta d’un grand verre de chocolat viennois, avec des morceaux de cookies et des stries de coulis noisette.

- C’est le seul café que j’ai découvert avant qu’on entreprenne notre petite expédition, expliqua-t-il à la jeune fille. Il y en a plusieurs sur le guide touristique de Cobaba que je voulais essayer, des endroits plus thématiques, mais je n’en ai pas encore eu l’occasion. Celui-là est sympathique toutefois, c’est reposant.

Il se décala pour faire place à la serveuse qui revenait avec leur commande. Après avoir souhaité bon appétit à la rousse, il entama son chocolat. La chantilly était excellente, et il trempa ses cookies dans son lait au chocolat, comme d’habitude. Il fut surpris lorsqu’une masse rouge et blanche pris naissance sur les genoux de Calliope, et eu un petit rire lorsque celle-ci houspilla son Cadoizo qui venait de partir avec sa glace.

- Aha oui, je l’avais déjà croisé hier, il courrait dans le couloir, paniqué. Tiens, j’ai quelques cookies en rab si tu en veux.

Il glissa vers elle des cookies qu’il n’allait pas manger, en faisant comme s’ils étaient de trop pour ne pas gêner Calliope. Puis il observa un peu plus le fameux Happy qui portait bien son nom, et qui s’empiffrait gaiement.

- Les Cadoizo ne sont pas connus pour avoir un superbe odorat, en plus. Je pense plutôt que son estomac communique directement avec son cerveau et lui susurre des ordres venus d’un peu plus haut.

Il pointa le plafond, comme pour suggérer que des extraterrestres quelconques aient pu monter à la tête du Cadoizo. Mais qu’est-ce qu’il racontait ? Il n’était même pas drôle. Il agissait juste stupidement lorsque la rousse était dans les parages. Bah. Elle n’allait pas lui en tenir rigueur, après tout. Calliope commanda une seconde glace et cette fois, elle put la manger tranquillement. Le sujet s’orientait vers des choses plus sérieuses, et Alban resta pensif. Reprendre les courses aériennes ? Il ne pouvait dire qu’il n’y avait pensé. Mais il y avait comme un blocage. Si dans le cas idéal, il retrouvait son genou, il n’était pas sûr d’avoir les mêmes compétences qu’avant. Reprendre tout depuis le départ… Autant dire que ça lui faisait peur, il n’avait pas honte de le dire. Lui qui avait été au top. Retomber comme un débutant, c’était un sacré coup à l’égo. Calliope lui proposait cependant son Passerouge, et il eut un sourire en repensant à ce Pokémon de Kalos, qu’il connaissait trop peu.

- Je ne sais pas pour les courses… C’est encore un peu tôt pour y penser, je n’ai pas pris ma décision. Je ne sais même pas quel parcours je vais suivre, ici… C’est gentil de proposer cependant, je le garde en tête. Les Flambusard sont de magnifiques créatures, très rapides en course, même si j’ai une préférence pour les Roucarnage…

Il laissa sa phrase en suspens, se forçant à ne pas penser à Cirrus. S’il parvenait à élever un Roucarnage de nouveau, arriverait-il à faire des courses en sa compagnie ? Le souvenir de son ancien partenaire pèserait trop sur sa conscience. Il n’arriverait pas à ne pas faire de lien entre les deux montures. Il eut un soupir, et piqua de nouveau dans son chocolat. La journée filait doucement, et, après avoir achevé leurs coupes, Alban décida qu’il était temps qu’il prenne congé. Il voulait évidemment rester plus longtemps avec Calliope, mais malheureusement, il devenait urgent qu’il aille changer ses bandages. Et il n’avait pas envie de demander à la Médecin de l’aider là-dessus et risquer de se montrer plus faible encore qu’il ne l’était.

- Bon eh bien, j’ai quelques trucs à faire, donc je vais y aller… Je te souhaite une bonne journée, Calliope, lui dit-il, après l’avoir raccompagnée au comptoir et avoir payé pour Happy et sa dresseuse également.

Il agita la main pour lui dire au revoir, et disparu derrière un mur, direction la pharmacie. Ses blessures ne le faisaient plus souffrir, mais il sentait que ses joues allaient carboniser s’il restait trop longtemps dans les parages. Avec un sourire, il repensa à la journée. Finalement, celle-ci n’avait pas été totalement perdue, puisqu’il avait pu voir la rouquine. Un mouvement dans son sac à dos le fit se retourner, et il vit Zéphyr qui sortait doucement sa tête, encore tout ensommeillé. L’accueillant d’une caresse, il lui déposa un baiser sur le haut du crâne, ce qui fit piaffer la petite mouette.

- Bonjour Zéphyr. Prêt à partir à l’aventure ?

L’oiseau aux ailes dorées claqua du bec, et ils s’engouffrèrent dans le cœur de la ville. Aujourd’hui encore, la journée ne serait pas ennuyeuse. Qui savait quelles rencontres ils feraient ?
Calliope Pryde
Calliope Pryde
Région d'origine : Unys.
Âge : 18 ans
Niveau : 51
Jetons : 2109
Points d'Expériences : 1579
Adulte Médecin Débutante
Sujet: Re: Un sourire peut faire naitre une amitié - Alban Abernaty   Ven 4 Sep - 8:42
C'était un joli petit café tranquille qu'Alban avait trouvé, bien qu'il n'avait pas encore eu l'occasion d'étendre ses recherches d'après ce qu'il expliquait à Calliope. Cela convenait cependant à la jeune fille qui se sentait à l'aise de cet établissement, jusqu'à ce que son Cadoizo vienne perturber ce moment de calme. Callie était un peu honteuse d'avoir un tel Pokemon... Elle l'appréciait, bien  entendu, sauf quand il se comportait de cette façon. Par moment, et si elle le pouvait, elle s'échapperait par le trou d'une souris le plus rapidement possible. fort heureusement, le Voltali ne semblait pas être dérangé par l'apparition soudaine de cet intrus. Il en riait même, avant d'avouer qu'il l'avait déjà rencontré. Arquant un sourcil, la préfète était surprise... Puis elle réfléchissait quelques minutes avant de percuter. Mais bien sûr ! Dans la base de cette organisation criminelle... Callie riait alors à son tour en repensant à cette scène, bien qu'au moment de la vivre, elle était totalement en panique.

_ Happy a su parfaitement jouer le rôle de l'appât ! En fait, le but était d'éloigner l'adversaire le plus redoutable et... Happy a couru pour attirer l'attention. Je ne m'y étais pas attendue !

Ni que sa Seviper saute sur la dernière proie pour la dévorer d'ailleurs... Bref, passons ses détails peu supportables. aux yeux de la demoiselle... Alban proposait gentiment à la rouquine une partie de ses cookies et elle le remercia avec un sourire. S'en suivi une thèse  quelque peu loufoque de la part de son interlocuteur. Calliope bugait un instant, fixant d'abord le plafond puis son Cadoizo sur ses genoux avant de se rendre compte que c'était une blague. Le rire délicat, elle prenait ensuite la peine de reprendre une commande pour laisser sa glace à Happy qui la dévorait joyeusement. Elle plaçait finalement le postérieur de ce dernier à ses côtés afin d'avoir un peu de place sur la table. C'est quand elle avait enfin sa propre commande qu'elle osait poser une question un peu délicate. Elle restait cependant essentielle pour elle et autant y aller franchement. Cela était à double tranchant. Bien entendu, Alban pouvait espérer reprendre les courses aériennes comme ne plus jamais en faire à cause de ce traumatisme moral. Car après tout, même si son genou avait prit, le psychique devait lui aussi souffrir. Un peu stressée de la réponse, la préfète avait les yeux rivés sur son interlocuteur. Il ne savait pas. La réponse soulageait en quelque sorte la rouquine qui s'attendait à pire. Elle reprenait alors un morceau de glace qu'elle enfournait dans sa bouche en écoutant les explications de son amis.

_ Pas de soucis, c'est normal de douter encore. Et puis, je ne te force pas. Je voulais juste connaitre ton point de vu vis à vis de cette situation.

Calliope accompagnait sa réponse d'un sourire sincère et attrapait les mains du Volali entre les siennes pour le rassurer. L'essentiel était d'abord de bénéficier d'une bonne rééducation avant de se pencher de trop sur l'avenir. Puis, elle réfléchissait sur la dernière phrase d'Alban qui faisait immédiatement tilt dans son esprit. Il préférait les Roucarnage... Cela voulait-il dire qu'il faisait les courses aériennes avec cette espèce ... ? Probablement. Callie préférait taire et enfuir sa question au fond d'elle.

S'il s'était arrêté d'en parler, c'était pour une bonne raison. Alors, la rouquine respectait ce silence en prenant plaisir à manger ce qu'elle avait devant elle. Cadoizo avait bien entendu déjà fini et n'hésitait pas à négocier une nouvelle part à sa dresseuse qui le repoussait d'une main. Cela engendrait encore pas mal de rire jusqu'à ce que les adolescents décident de quitter l'endroit. Il était temps de rentrer. Calliope aussi désirait partir mais se retrouver encore seule dans sa chambre lui plombait d'avance le moral. Alban était une compagnie agréable mais il avait des choses à faire. Et puis, la préfète ne voulait vraiment pas le déranger davantage. Il avait déjà été bien assez gentil à l'écouter et cela lui avait fait du bien.

_ D'accord. bonne fin de journée alors et... Merci pour la glace.

Gênée par cette attention, Callie adressait à son tour un petit signe de main discret. Puis, au fur et à mesure que son ami disparaissait, c'était sous sourire au visage qui s'effaçait. Une fois hors de porté, elle faisait route dans sa propre maisonnette, la tête baissée pour fixer le sol. Inutile de vous dire à quoi elle pensait actuellement. Leo occupait sans arrêt ses pensées et elle espérait recevoir bientôt un message de ce garçon pour enfin le voir, comme il le lui avait promis. La préfète s'imaginait alors tout un tas de possibilité, les bonnes comme les mauvaises qui lui rendaient, une fois de plus, la vie impossible. Et pourtant, cette journée avait été, quelque part, agréable.
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Un sourire peut faire naitre une amitié - Alban Abernaty
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