[Cours Été 2015 - Pokéathlète] L'art... [Terminé]
Aileen Sôma
Aileen Sôma
Région d'origine : Illumis, Kalos.
Âge : 20.
Niveau : 80
Jetons : 16666
Points d'Expériences : 3148
Pokeathlète Agent
Sujet: [Cours Été 2015 - Pokéathlète] L'art... [Terminé]   Jeu 27 Aoû - 12:52
L'art... Et les explosions.

Quelques personnes tournaient la tête, fixant peu discrètement l’Absol chromatique assis, bien droit, près d’une chaise et d’une table. Ca murmurait sur son passage. L’Absol le savait. Un Pokémon qui annonce les désastres, et chromatique en plus, sur un bateau ? Est-ce que ça voulait dire qu’il allait couler ? Bande de crétins. De l’autre côté de la chaise, une Persian était couchée, profitant des derniers rayons du soleil qu’elle pouvait voler avant d’arriver à Port-Tempères. Un Psystigri reposait entre ses pattes, sagement assis, regardait curieusement autour de lui. Indifférent aux murmures qu’il entendait, l’Absol tourna la tête vers sa dresseuse, qui lui retourna un bref coup d’œil avant de replonger dans ses papiers. Elle ne pouvait pas laisser passer l’occasion de travailler avec la police internationale. Le but de son petit voyage à Kalos était donc d’empêcher un groupuscule de répandre des idéologies dangereuses dans tout Illumis, chose rendue difficile par le fait qu’ils avaient déjà, semblerait-il, quelques adeptes importants, et des mécènes hauts placés. Meilleur plan, pour la petite espionne qui ne cachait même plus son ambition d’entrer dans la police internationale. Et puis, fracasser quelques imbéciles heureux l’aiderait peut-être à mieux savoir comment combattre la Team Rouage, non ? Sur ses genoux, Lotso bâilla, et Aileen esquissa un léger sourire. Son petit Pandespiègle était vraiment adorable. Quand le long sifflet du bateau se fit entendre, le petit panda sursauta, et s’accrocha à ses bras pour être protégé. Doucement, la brune resserra son étreinte sur lui, et posa un bisou sur sa tête, faisant glousser le petit animal. Port-Tempères. Elle n’avait plus que quelques minutes de marche avant d’aller à la Illumis. Prendre le téléphérique qui la mènerait au sommet, puis traverser la route désertique pour atteindre la capitale par le nord. Elle connaissait le chemin par cœur, pour l’avoir fait et refait avec sa mère. A Illumis, elle devrait rejoindre le centre de la police internationale, situé sur la rue Septentrionale, en face du Sushis sans Chichis. C’était non loin de chez elle, en fait. A tout de rôle, ses Pokémon rejoignirent leurs Poké Ball, et après un nouveau câlin à Lotso, elle le fit rentrer aussi. Il ne resta plus dehors que Sphax, qui quitta la position assise pour se redresser souplement, en même temps que sa dresseuse, alors que les gens débarquaient au port.

« Allez, viens Sphax. Illumis n’est pas très loin. »

L’Absol chromatique hocha la tête et emboîta le pas à sa dresseuse tandis que celle-ci quittait le bateau, son sac à dos sur l’épaule. Elle n’avait pas pris beaucoup d’affaires, juste le strict minimum. Après tout, c’est chez elle qu’elle allait loger pendant deux semaines. Elle n’allait donc pas s’embarrasser d’une valise lourde et encombrante. Mettant enfin pied à terre, elle étira son dos, avant de prendre le chemin du funiculaire de la ville. Il y en avait, du monde… Aileen lâcha un soupir. Grands dieux. Si Seyn avait été un peu plus gros, elle lui aurait demandé de la porter jusqu’à Illumis. Mais en Nosferalto, il pourrait difficilement faire le trajet. Esquivant les passants et les gens pressés, elle rentra dans le funiculaire, Sphax derrière elle, et s’appuya contre le métal froid de la cabine. Il n’y avait déjà plus de place. Heureusement, la présence de l’Absol imperturbable à côté d’elle dissuadait les gens de trop s’approcher, et les enfants de tendre la main pour le caresser. Heureusement, le trajet était rapide. Cinq petites minutes, et les voilà au sommet. Le plus ennuyeux serait ce désert à traverser, en fait. L’ait y était chaud, et sec, et les Pokémon sauvages bondissaient sur ceux qui s’avisaient de sortir des chemins. Par précaution, elle fit sortir Naveen, son Grenousse, et le laissa se jucher sur sa tête. Le moindre Pokémon Sol qui voudrait sortir sa tête du sable se mangerait un Vibraqua dans le museau, voilà qui le calmerait un minimum. Quittant Port-Tempères, elle s’enfonça sur la route 13. Elle détestait les steppes d’Illumis. Naveen, sur sa tête, commençait déjà à crachoter des Écume sur les Griknot qui se jetaient sur eux, pas du tout intimidés par le regard meurtrier de l’Absol. Elle n’était pas la seule à galérer, vu comment les gens, devant comme derrière, se battaient contre les Pokémon sauvages pour passer tranquillement. Ce fut avec un certain soulagement qu’elle arriva à Illumis. Par contre… Quel monde !

« Hm. On va passer par les ruelles, on atteindra la maison plus vite qu’en traversant la rue septentrionale. Moins de touristes, en général. »

Sphax hocha placidement la tête et emboîta le pas à sa dresseuse, levant parfois les yeux pour regarder autour de lui. L’endroit était joli. Très grand, mais joli. Et… Qui étaient ces gens étranges qui les regardaient comme ça ? Sphax ne tourna pas la tête vers eux, se contentant de rester à la même hauteur que sa dresseuse, sait-on jamais. Cependant, c’était lui qu’ils semblaient regarder avec stupéfaction. N’avaient-ils jamais vu un chromatique de leur vie, ou quoi ? Cependant, l’un d’eux fit la bêtise de faire un pas de trop, et Sphax tourna la tête vers lui pour planter son regard de glace dans celui de l’être humain, stoppant immédiatement la Pyroli, qui fixa son starter, puis l’autre homme. L’instinct de la préfète lui souffla qu’il n’était pas de bonne compagnie. Aussitôt, sa main se posa à sa ceinture, et ses doigts effleurèrent ses Poké Ball. Qu’il tente quoi que ce soit, elle était prête.

« Il y a un problème ? »
« Non, non, pas du tout, je venais juste voir si vous étiez contente de votre achat. »
« Mon… Achat ? »
« Eh bien, oui ! Votre Pokémon chromatique ! Où d’autre pourriez-vous l’avoir eu, sinon auprès de nous ? » Il esquissa un sourire, qui s’éteignit en voyant qu’elle ne comprenait pas. « Vous ne l’avez tout de même pas eu… Naturellement ? »

L’adulte porta une main à sa ceinture. Immédiatement, l’Absol lâcha un grondement menaçant, et s’interposa quand un Coatox émergea d’une Poké Ball. Wow. Le Coatox était bleu. Aileen n’eut pas le temps de l’observer plus longtemps, son Coup-Croix balayant l’air pour s’écraser sur la Détection que Sphax avait montée en urgence. Alors qu’il réarmait son bras, l’Absol bondit, et sa Coupe Psycho envoya son adversaire dans le décor. La seconde suivante, il attrapait Aileen par le bas du tee-shirt et la tirait avec force dans la ruelle pour la faire s’enfuir. Pas besoin de lui en dire plus, ce malade avait essayé de lui voler un de ses Pokémon ! Elle atteignit la Place Rose en quelques secondes, et fila vers la Place Rouge. Rentrer chez elle ? Pour que ce malade et ses copains sachent où elle habitait ? Et puis quoi encore ! La préfète essayait de réagir de manière rationnelle et militaire, comme Jackie avait pu le leur apprendre aux entraînements matinaux. Ah. Bonne idée. Partant en sens inverse, elle courut dans une ruelle, s’arrangeant pour qu’il reste derrière elle, et fila droit vers l’agence Beladonis, le poste de la police internationale d’Illumis, appuyant discrètement sur le bouton d’une de ses Poké Ball pour faire sortir Nagini, qui se jeta dans une ruelle proche. Il la suivait toujours. En dérapage contrôlé, elle s’arrêta comme elle le put, et fit face à l’homme. Retraite bloquée. L’Arbok d’Aileen se tenait dans son dos, bien droite, menaçante, pour l’empêcher de s’enfuir. La seule retraite restait en face de lui, donc derrière la jeune demoiselle et son Absol hostile.

« Tu vas très gentiment me donner ce chromatique. »
« Tu vas très gentiment aller te faire f - »

Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Un Seviper (chromatique, encore) venait de sortir de sa Poké Ball pour se jeter sur elle. La poigne de fer d’Asami arrêta le serpent, et la Mangriff lâcha un léger rire méprisant quand les crocs du Pokémon s’enfoncèrent dans son bras. Vaccin. Rien à foutre. D’un geste vif, Asami envoya le serpent dans les airs, et alors qu’il se mettait en position pour tomber droit sur son adversaire séculaire, Sookie, la Tarsal, apparut d’un Téléport pour lancer un Choc Mental sur le Seviper, qui partit en arrière heurtant les poubelles du Sushi sans Chichis avec violence. Le bruit fit immédiatement réagir les adultes présents dans l’agence Beladonis, et en quelques secondes, un Arcanin, deux Mistigrix et un Léopardus se joignaient à la fête. Avec un juron, l’homme fit sortir un Lewsor (chromatique, à nouveau) et l’utilisa pour se téléporter. Avec une satisfaction sauvage, Aileen se retrouva seule dans la ruelle… Jusqu’à ce que les adultes débarquent, Poké Ball au poing. Placidement, la brune fit rentrer tous ses Pokémon (à l’exception de Sphax, bien entendu) et leva docilement les mains en l’air pendant que l’Absol se rapprochait d’elle, sans se soucier de l’air hostile des Pokémon présents.

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« Récapitulons. Tu es donc Aileen Sôma, élève de l’académie Pokémon sur l’île Lansat, la jeune demoiselle qu’on accueille pendant une semaine ? » Aileen hocha la tête. « L’Absol, la Tarsal, la Mangriff et l’Arbok t’appartiennent ? » Nouveau hochement de tête. « Et tu n’es pas Topdresseuse, je suppose ? » Mouvement de dénégation. « On a reçu un email du Général Jackie nous disant que tu es la préfète de son dortoir, et un bon élément quand tu ne décides pas de désobéir aux ordres. Pourquoi une médecin voudrait participer à ce stage ? »
« Peut-être parce que je ne suis pas médecin. Je suis une espionne. Et on a sur Lansat une organisation criminelle, la Team Rouage, qui s’est tellement bien installée qu’elle visite l’école comme un centre commercial pour chiper des Pokémon aux élèves, qui kidnappe aussi des élèves sur la route des vacances après avoir essayé de les buter un an avant, qui réussit aussi à kidnapper les profs au passage… Excusez-moi du peu, mais nos directeurs passés et présent n’ont pas vraiment été d’une utilité transcendante, et la police, n’en parlons même pas, le maire a été attaqué et ses agresseurs se baladent encore sur l’île. Je vais me faire la main sur les blaireaux d’Illumis, et en revenant à Lansat, je serai un peu mieux préparée pour déchiqueter ces enfoirés, s’ils leur reprennent l’envie de s’infiltrer dans ma chambre en pleine nuit pour me voler un Pokémon. Oh, et accessoirement, je voudrais rentrer dans la police internationale, donc ce stage est un excellent moyen de commencer. »

Grand silence dans la pièce. Ca faisait quelques minutes qu’elle était interrogée, elle n’avait lâché que quelques phrases laconiques, allant droit au but pour montrer sa coopération, et là, elle venait de lâcher le plus long monologue de ces dernières minutes. Du coin de l’œil, elle vit une rousse plonger derrière son ordinateur en étouffant un fou rire, et un blond se retourner pour ne pas éclater de rire aussi. La tête de leur chef était impayable. Il en avait lâché son stylo face à ce flot de paroles aussi inattendu que bienvenu. Il n’en attendait pas autant pour une simple question. Du coup, il avait presque peur de poser les autres.

« Hmmm… Et cette histoire de désobéissance ? Si tu es incapable d’obéir aux ordres, ça va être difficile à gérer pour nous. »
« Je ne désobéis pas. Mais quand les élèves ont été kidnappés, suivis par les profs deux jours après, disons que oui, certains d’entre nous ont décidé de se battre contre la Team Rouage au lieu de rester cachés dans les maisonnettes à trembler inutilement. Mais bon, au final, on a trouvé leur planque, on leur a collé une raclée, on a libéré les profs et les Pokémon. »
« La police aurait pu le faire, aussi. »
« Disons que vu leur efficacité les fois précédentes, on a préféré ne pas prendre de risques. Après tout, comme dit le proverbe, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. »

La rousse étouffa un fou rire, et plongea un peu plus derrière son écran quand le chef coula vers elle un regard sévère. L’adulte lâcha un profond soupir, semblant murmurer quelque chose qui ressemblait à « C’est vraiment de famille… », puis il se saisit du sac de la Pyroli pour le lui rendre. Après le petit esclandre, son sac avait été fouillé, ses Pokémon, répertoriés, sous la surveillance de Sphax, puis d’Hilda, une fois cette dernière sortie de sa Poké Ball pour être répertoriée. Tous les Pokémon chromatiques avaient subi un examen plus approfondi, pour une raison qu’elle ne comprenait pas. Si Naveen s’était laissé manipuler sans broncher, et si Panzer avait juste lâché un grondement blasé, Lotso avait paniqué, manquant de casser la jambe de l’adulte blond d’un seul coup de poing. La présence d’Ellie, la Mysdibule, l’avait rassuré, surtout quand cette dernière s’était laissée manipuler par les adultes pour lui prouver qu’il ne risquait rien. Se saisissant de sa ceinture, Aileen la raccrocha à sa taille sans un mot. Quand elle releva les yeux, l’adulte reprit la parole.

« Reprenons dans les règles. Bonjour Aileen. Je suis Théo, le chef de ce petit groupe. La rousse qui rit tout le temps s’appelle Lucie, et le blond qui a répertorié ton équipe, c’est Maël. » Les deux adultes dirent bonjour de la main. « Normalement, le poste central nous a envoyé une personne d’Unionpolis, elle ne devrait plus trop - »

ZBLAM.

« YOOOOOOOOOOOOOOOOOOO LES GENS ! »

Après un sursaut qui avait failli la décoller de son siège, Aileen tourna la tête vers la porte, non sans capter la réaction de ses futurs collègues. Le blond, Maël, venait de facepalm avec un « Oh noooon pas elle… » et la rousse, Lucie, ouvrait de grands yeux choqués. Même le chef, Théo, un grand brun ténébreux plutôt mignon, avait plaqué sa tête sur le bureau dans un air de désespoir profond. Aileen détailla la nouvelle venue. Grande, avec une veste inhabituelle, des cheveux roses et des - wait. Non. Elle connaissait cette voix. C’était impossible. Était-ce vraiment…

« Cléo Joy ?! »

Ladite Cléo posa un regard légèrement surpris pour elle, avant qu’il ne se mette à pétiller. Elle venait visiblement de reconnaître sa voix.

« Hey ! C’est pas toi, la gamine qui engueulait mon frère ?! »
« Ouais, bah, il l’avait mérité, ce p’tit con. »

Cléo resta silencieuse quelques instants, avant d’éclater de rire, ayant senti toute l’affection dans l’insulte de la brune. Alors qu’elle allait reprendre la parole, le chef se releva précipitamment, faisant tomber sa chaise au sol dans un bruit sec qui réduisit presque tout le monde au silence, sans doute parce qu’il en profita pour prendre la parole d’une voix forte, sèche et sévère.

« Bon, puisque tout le monde est là, venez ici que je vous fasse un topo de la situation pour que vous sachiez à quoi vous attendre, et je ne veux entendre personne, c’est compris Joy ?! » Regard sévère vers Cléo, et il reprit très vite la parole. « Je n’ai rien envoyé à l’école ni au QG par peur que les informations soient détournées, mais nous faisons face, depuis quelques mois, à une surabondance de Pokémon chromatiques dans les rues d’Illumis, et il semblerait que tous proviennent du même endroit, c'est-à-dire une organisation assez récente sur laquelle nous n’avons pas la moindre information, si ce n’est qu’elle semble financée par des personnes influentes pour des raisons que nous ignorons. »
« Ouais, donc en gros, on n’a rien et on part de zéro, pas la peine de chercher à détourner la vérité… »
« Et le mec qui m’a agressé il y a deux heures faisait donc parti de cette organisation ? »
« Non Cléo, on n’a pas rien, et oui Aileen, il en faisait partie. On sait qu’ils reçoivent les Pokémon chromatiques, qu’ils vendent très cher dans les rues d’Illumis en vantant la rareté de ces Pokémon sensés apporter chance, joie et bonne fortune à ceux qui en ont un ou plusieurs. Comme vous vous en doutez, on pense que ce ne sont pas de véritables chromatiques, alors quand ils tombent sur un vrai… La tentation de le voler à son propriétaire est vraiment trop tentante. »

Aileen hocha la tête. Cléo garda le silence, ce qui sembla être choquant pour le petit groupe. Profitant du silence, la rousse, Lucie, s’avança avec les dossiers, qu’elle leur tendit, avant d’étaler une carte d’Illumis sur le tableau blanc. Aileen esquissa un sourire en voyant les places colorées, le nom des rues, et des croix aux bâtiments importants, comme le musée, le labo scientifique, ou… Tiens, pourquoi une croix près de la Place Rose ? Il n’y avait rien, là, sinon un vieux café rouge qui tombait en ruines depuis le départ de ses propriétaires. Les autres bâtiments, elle les connaissait, en particulier l’hôtel Crésus, que sa mère jugeait cher et tape à l’œil pour le service proposé. Il y avait aussi le Chic à Porter, les quatre grands restaurants de la ville et, bien entendu, l’Agence Beladonis.

« Et ils sont où les autres ? On n’est que quatre et une stagiaire sur le coup ? » Cléo esquissa un sourire presque malsain. « Cool, ça en fera plus pour moi ! »
« En planque un peu partout pour essayer d’en apprendre plus… Je peux commencer ? Oui ? Merci. Bon, chaque croix bleue sur la carte représente un endroit susceptible d’être frappé par les vols de cette organisation criminelle. Les croix rouges représentent les endroits où ils pourraient éventuellement se cacher, le principal endroit étant le café Lysandre, inoccupé depuis la chute de la Team Flare. Voilà comment on va faire. Maël est en charge de nos liaisons radios, il va donc rester ici. Je vais rejoindre ce point-là, Théo va rejoindre celui-là. Toi, Aileen, tu - »
« J’l’embarque avec moi, pour que le p’tit bébé fasse bien ses premiers pas ! »
« Ouhla, alors, non, Aileen va - »
« Ah si si, moi je veux bien. »

Nouvel instant de silence. Les trois adultes la regardèrent avec stupéfaction (mais OU est ton instinct de survie, gamine ?!) tandis que Cléo éclatait de rire en lui tapant le dos avec force. Outch. Elle n’aurait pas été habituée aux entraînements de Jackie, celle-là aurait pu lui faire bien mal. Visiblement, elle avait été adoptée d’office et allait passer deux semaines avec Cléo, que le chef le veuille ou non. Ca ne lui déplaisait pas trop. Pouvoir apprendre à connaître la grande sœur de Cael, c’était inespéré pour elle ! Théo soupira, puis haussa les épaules, semblant se désintéresser de la question.

« Alors vous allez partir vous occuper du café Lysandre pour baliser le terrain, et vérifier qu’il n’y ait pas trop de trafic par là-bas. Une planque high-tech inoccupée, c’est inespéré pour une organisation criminelle. Et DISCRÈTEMENT, et c’est un ordre. Pas d’esclandre. Pas de bruit. Juste de la finesse et de l’infiltration. Compris ? »

Aileen hocha placidement la tête, et Cléo, après avoir grommelé, en fit de même, ce qui sembla hautement soulager le trio d’adultes. Après quelques discussions, tout le monde se leva pour partir, et la brune emboîta le pas à Cléo, très contente d’avoir choisi ce stage et pas un autre.

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Il ne leur fallut que quelques minutes pour atteindre le café Lysandre. Quelques minutes de pur silence, où Cléo avait suivi Aileen qui semblait mieux connaître le coin qu’elle. Curieuse, la Pyroli observait la façade rouge et délabrée de ce qui avait été, autrefois, un grand café renommé, dont le propriétaire, grand mécène des arts, finançait le musée de la ville et les associations artistiques. « Mauvais endroit », lui disait sa mère sans entrer dans les détails. Aileen comprenait maintenant pourquoi. Cet endroit était-il réellement le quartier général de la Team Flare, cette organisation criminelle qui voulait détruire le monde pour le rendre plus beau ? Quelle idée étrange. La dépassant, Cléo posa la main sur la poignée pour pousser la porte du bar. L’intérieur était aussi peu reluisant que l’extérieur. Poussière et délabrement régnaient en maîtres sur les lieux, mais ne pouvaient, cependant, recouvrir le rouge vif des meubles et du comptoir. Cet endroit était… Dérangeant. Et le trou béant dans le mur d’en face n’arrangeait rien du tout. Placidement, Aileen suivit sa jeune supérieure qui s’engouffrait dans le passage, et ouvrit de grands yeux choqués. Waw. Maintenant, elle comprenait pourquoi sa mère ne voulait pas qu’elle traîne par ici. L’endroit était très… Grand. Et métallique. Et incroyablement moderne. Au sol, malgré la faible luminosité du lieu, elle devinait des téléporteurs, et des plaques tournantes, tout un réseau bien enquiquinant pour les fouinards, en somme.

« Comment ils ont pu cacher un truc pareil derrière un café aussi modeste ? »
« Bizarrement, ces connards sont toujours imaginatifs pour cacher leurs planques et leurs méfaits. »
« Heureusement que la police internationale a dissout la team. »
« Hmmm. On va dire. »

Aileen leva les yeux vers Cléo, curieuse, mais cette dernière se contenta d’avancer pour s’approcher d’une plaque mouvante posée au sol. Elle avait l’air de savoir comment ça fonctionnait, alors que la brune, elle, n’en avait pas la moindre idée. Elle reconnaissait les téléporteurs, pour en avoir vu dans la planque de la Team Rouage, mais ces plaques bizarres ne lui disaient rien. Se redressant, la jeune agente attrapa une de ses Poké Ball pour en faire sortir un Ectoplasma imposant, lui ordonnant de faire un tour rapide pour s’assurer qu’il y avait du monde. Pas bête. Attrapant la Poké Ball de son Munja, Aileen lui ordonna la même chose, et le Pokémon s’enfonça placidement dans le sol pour visiter les étages inférieurs. Cependant, ce dernier revint très vite, au bout de quelques minutes, pour lui dire qu’il n’y avait personne. Il n’avait rien vu, rien entendu, rien ressenti. L’endroit était vide. Et visiblement, l’Ectoplasma en était arrivé à la même conclusion. Tout comme Moon, il avait trouvé des salles, des ordinateurs, mais tout était cassé, inopérant, mort depuis de nombreuses années.

« Fais chier ! Y a vraiment que dalle ici, on perd notre temps ! J’vais le buter ce con ! »

Aileen esquissa un sourire. Eh bah, elle a mauvais caractère, la grande sœur de son timide et naïf petit Cael. Whah, venait-elle réellement de balancer un coup de poing dans le mur ? Et maintenant, elle ressortait comme une furie. Retenant un fou rire, la brune la suivit en vitesse, et l’observa en silence sortir son téléphone de sa poche pour essayer de contacter Théo, le chef de la petite brigade. Une fois. Deux fois. A la troisième fois, elle lâcha un juron bien senti qui fit chauffer les oreilles de la brune, et appela quelqu’un d’autre. Sans doute Maël.

« Mec sérieux, c’est quoi le délire ?! Y a rien ni personne là-bas ! C’est mort ! On m’a envoyé là-bas pour me faire compter les grains de poussière ou quoi ?! Attends… Quoi ? Okay… Hm hm… Ok, on arrive. » Elle coupa la communication avant de tendre son téléphone vers Aileen. « Faut qu’on retourne à l’agence. »
« Des problèmes ? »
« Des nouveautés, surtout. »

Aileen hocha la tête sans répondre, et sortit la première du café Lysandre sans chercher à être discrète, Cléo la suivant d’un bon pas. Il leur fallut peu de temps pour rejoindre les deux autres, qui faisaient le pied de grue dans l’agence, accompagnés de deux autres hommes qui la regardèrent avec intérêt. Hilda, qui la suivait placidement, se redressa légèrement pour feuler, se méprenant sur les regards des deux hommes. Elle se tut dans un grondement quand les doigts de sa dresseuse effleurèrent doucement le haut de son crâne. La réaction de sa Persian l’amusait. Depuis qu’elle avait compris que Sphax ne pourrait pas assurer son rôle de garde du corps, du fait de son chromatisme qui attirait trop l’attention au vu de la situation actuelle, la Persian s’était imposée pour prendre cette place, et personne n’avait cherché à la lui contester. Elle faisait parti des chefs de l’équipe, de toute manière. Asami avait accepté sans protester, et Ellie avait haussé ses petites épaules en se désintéressant du problème. La jolie Persian était donc devenue l’ombre de la brune, ce qui ne gênait pas plus que ça la petite espionne.

« Tiens, Cléo, ça faisait longtemps, ça va depuis Bonport ? »
« Tranquille. Et toi, tu fais quoi ici, du baby-sitting ? »
« Dit-elle… Tu nous a amené ta p’tite sœur, Joy ? »
« Ouais, en quelque sorte… »

Les deux adultes lâchèrent un léger rire, et Aileen leva un sourcil sans comprendre. Il y avait quelque chose de drôle ? Ok, elle avait plutôt bien pris le fait que Cléo ne cherche pas à défendre le fait qu’elle n’était pas sa sœur. Mais finalement, ils semblaient avoir compris qui elle était, à savoir la petite stagiaire qui squatte l’équipe pendant une semaine pour combattre le crime et les forces du mal (ahem). Finalement, voyant que ses collègues ne semblaient pas trop motivés à parler, Théo lâcha un soupir et prit la parole après l’avoir invitée à se rapprocher, sa Persian sur les talons.

« Ces deux idiots sont Oscar et Philéas. Je les avais envoyés en repérage devant un bâtiment d’où on voyait entrer et sortir de nombreuses personnes étiquetées comme faisant parti de ce petit groupe de trafiquants de Pokémon. Ils sont revenus avec des informations très intéressantes… Et c’est là qu’on va avoir besoin de toi. »

Mouvement à sa ceinture. Et d’un coup, Sphax en sortit en grognant de frustration, agitant ses pattes pour se débarrasser de l’impression désagréable d’avoir été enfermé dans une Poké Ball. Les regards se tournèrent vers le chromatique, et l’un des deux hommes (Oscar ? Philéas ? Comment savoir ?) lâcha un sifflement approbateur qui ne fit pas broncher l’Absol, même si Aileen savait qu’il se rengorgeait intérieurement, très fier de sa couleur inhabituelle. Sans s’émouvoir, Théo sortit plusieurs objets pour les poser sur le bureau. Curieuse, Aileen se pencha pour les observer. Elle reconnaissait une caméra espion, le genre de trucs qui se fixait au tee-shirt, dans un badge, pour espionner discrètement. Il y avait aussi un petit micro, et plein de petites plaquettes dont elle ignorait l’utilité. Cléo, elle, avait compris, et esquissa un sourire amusé, tandis que le chef reprenait la parole.

« Le souci, c’est que tous les membres de cette organisation nous connaissent, vu qu’ils nous ont vu au moins une fois entrer dans l’agence. Cléo fait beaucoup trop flic pour assumer le rôle. Il ne reste donc que toi. Donc voilà ce qu’on va faire. Demain, il y a une visite des locaux en question, donc on va t’y envoyer, sous déguisement. On a réussi à récupérer un plan des lieux, donc on va le travailler, et demain on te montrera où tu devras poser ces plaquettes espionnes. »
« D’accord… Quoi d’autre ? »
« Rien, si ce n’est qu’il vaut mieux ne pas tout faire foirer, si possible. Qu’on soit bien clairs, Aileen, si je te laisse cette partie de l’opération, c’est parce que Jackie et Hortense ont émis des avis positifs sur toi, donc je veux voir ça en direct. »
« T’inquiètes, la mouette ! C’est ma stagiaire, alors ça va l’faire ! »

Théo grommela quelque chose, faisant sourire le reste de la troupe. Sauf Aileen. C’est bon, elle avait les foies. Bonjour la grosse pression, d’un coup ! D’un geste, le chef les renvoya. Ils devaient travailler sur un truc important, puis le soleil commençait à se coucher. Il valait mieux qu’ils retournent tous à leur hôtel, ou quel que soit l’endroit où ils logent. Donc, en l’occurrence, pour la Pyroli, chez elle. Accompagnée de Cléo, qui avait été renvoyée aussi (il ne restait plus, dans les locaux, que Théo, Maël et Oscar ou Philéas, l’un ou l’autre), elle attendit quelques secondes, le temps que sa voix se raffermisse. Hors de question qu’elle montre à la sœur de Cael qu’elle avait les chocottes.

« Tu veux que je t’accompagne jusqu’à ton hôtel ? »
« Hôtel ? Pourquoi faire ? »
« Bah, pour dormir, enfin, là où tu vas passer la nuit quoi. »
« Oh. J’ai pas pris d’hôtel. Faut mettre son nom, ça laisse des traces, c’est con pour un espion. »
« Tu veux dire que… Tu vas dormir… Dans la rue ? »
« Bah ouais ! C’est ni la première ni la dernière fois, gamine ! »
« Alors ça, c’est hors de question. Viens avec moi. »

Si elle ne semblait pas très contente de voir sa stagiaire lui donner des ordres, Cléo ne broncha pas, et la suivit placidement dans les ruelles. Aileen remonta jusqu’à la Place Rouge, tourna à une ruelle, tourna encore, et s’arrêta devant une porte, qu’elle ouvrit avec sa clé. Sa maison. Elle n’y passait pas beaucoup, mais visiblement, sa mère s’y était arrêtée il y a peu de temps. Le ménage semblait avoir été fait, il faisait agréablement frais pour un mois d’Août, et après un petit tour par la cuisine, oui, le frigo était plein. Aileen sourit. Sans rien dire, sa mère avait fait les courses et tout préparé pour son séjour, alors que la brune était partie du principe qu’elle devrait le faire elle.

« Sympa, la baraque. »
« Ouaipe. C’est chez moi. Je pensais y loger seule, mais à deux, c’est cool aussi. » Cléo ouvrait la bouche pour répondre. Aileen lui coupa la parole. « Je ne laisserai pas la grande sœur du crétin qui me sert de petit frère dormir dehors quand j’ai une grande baraque. Viens, je vais te faire visiter, et je te montrerai ta chambre, après. »
« Okay… » Cléo esquissa un sourire. « … P’tite sœur. »

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Aileen retint un grognement, et s’empêcha de tirer le col de son déguisement. Quand elle était revenue le lendemain à l’agence, avec Cléo, Théo lui avait tendu des vêtements en lui demandant de se changer. Quand la brune avait demandé pourquoi, il lui avait placidement répondu qu’elle avait été attaquée, la veille, par un membre de cette organisation qu’elle devait infiltrer, et qu’il y avait toujours un risque qu’elle soit reconnue. Soit. Aileen s’était donc isolée pour se changer, avant de découvrir, avec un certain amusement, qu’on la transformait en garçon. Chemise rouge, veste noire, pantalon noir et une perruque… Ouhla. D’un blond vif. Non. Elle avait rejeté la perruque pour s’attacher les cheveux bien serrés et glisser la couette sous la chemise rouge, et avait passé ses doigts dans ses cheveux pour les ébouriffer un peu, noyant ses habituelles oreilles de lapin sous une multitude de mèches rebelles. Pour les yeux… Elle avait repoussé les lentilles bleues, qui lui rappelaient trop les yeux de son frère, pour mettre des lentilles jaunes. Hilda, qui l’observait, avait hoché la tête d’un air appréciateur. Elle était méconnaissable. Théo avait un peu grommelé de voir qu’elle avait dédaigné perruque et lentille, mais quand, en entrant, Lucie avait demandé si le gamin qui l’accompagnait était son petit frère, il avait bien été obligé de reconnaître que le déguisement était bon.

« Bonjour à tous, et bienvenue à notre journée portes ouvertes ! » Aileen leva les yeux. Un homme venait de sortir des locaux. Costard, grand sourire commercial brillant. Méfiance.  « Comme vous le savez, notre entreprise aime l’art et les belles choses, et tend à s’implanter dans le monde entier pour faire découvrir aux autres continents les merveilles que Kalos peut abriter, car c’est bien connu, Kalos est le continent de l’art ! »

Les gens hochèrent la tête. Aileen se retint de lever les yeux au ciel. Oh, pitié, pas le speech sur « tout le monde il est beau tout le monde il est gentil ». Enfin. Elle était là pour espionner, pas pour s’intéresser à ce qu’ils disaient. Enfin, si en fait, elle pourrait peut-être récupérer des infos intéressantes, mais à la base, elle n’était pas là pour visiter naïvement les locaux. Avant qu’elle ne parte, Maël l’avait prise à part pour lui expliquer ce qu’ils attendaient d’elle. Il avait accroché les plaquettes dans sa manche, lui avait expliqué comment les faire glisser discrètement jusqu’à sa main, pour les coller d’un geste subtil sous une surface plane. Ces plaquettes, des détecteurs, leur serviraient à espionner les conversations plus efficacement qu’avec une caméra-espion, pas très discrète au demeurant, par ailleurs. Il lui avait aussi donné des petits élastiques pointus, en lui expliquant comment les dévisser pour les revisser autour des câbles, ce qui leur servirait à prendre le contrôle du lieu et entrer dans leur système informatique. Un Porygon aurait quand même été plus rapide. Mais bon. Alors qu’elle allait partir, Lucie l’avait attrapée pour lui demander de lui remettre tous ses Pokémon chromatiques. Tous ? Tous. Ainsi que les éventuels Pokémon que son agresseur avait pu voir. Donc en plus de Panzer, Lotso et Naveen s’ajoutaient Hilda, Asami, Nagini… Et Sphax. Ce fut à contrecœur qu’elle avait posé les Poké Ball sur la table, surtout celle de son starter. Ce dernier, assis à la gauche de Cléo, n’avait pas bronché, mais elle avait bien vu, dans ses yeux, que ça le dérangeait tout autant qu’elle. Et comme, finalement, on lui avait demandé de faire un choix dans son équipe pour ne pas arriver avec trop de Poké Ball à la ceinture (ça fait de suite suspect, il paraît) elle avait posé tout le monde avant de faire son choix, rangeant les autres dans le sac qu’elle avait ensuite tendu à Asami. Aileen n’en avait donc pris que six. Ellie, sa Mysdibule, Joyce, son Dedenne, Feänor, sa Pyroli, Sokka, son Riolu, Sissi, sa Stalgamin, et Kipling, son Psystigri. Les autres attendaient dans le sac, sous la surveillance de Sphax, Hilda et Asami, qui avaient refusé de retourner dans leurs Poké Ball.

« Comme vous le savez, nous recherchons la beauté en toute chose, et nous sommes persuadés que, dans n’importe quel être ou n’importe quel objet, la beauté existe. Parfois profondément cachée, mais elle existe. Et nous estimons être de notre devoir d’aider ces êtres ou ces objets imparfaits à devenir parfaits, pour leur propre bonheur et pour celui des autres. »

Et surtout pour vous en mettre plein les fouilles, pensa la Pyroli sans rien dire, faisant ricaner mentalement son petit Psystigri. Elle n’était pas la seule à avoir des Poké Ball à la ceinture. Un gamin, qui courait devant elle, n’en avait pas moins de six. Une armada de Chenipan, sans doute. Quelle horreur. Alors qu’ils passaient devant les bureaux d’accueil, Aileen replia doucement le poignet pour laisser tomber une plaquette entre ses doigts, et imita les gens qui s’approchaient pour demander des informations. Quand elle s’éloigna avec le groupe, sa plaquette avait disparu, collée sous le comptoir d’accueil, assez loin pour ne pas être vue. Et d’une. N’empêche, cette histoire de beauté était très intéressante. A tous les coups, ils parlaient des chromatiques. Est-ce que ça voulait dire qu’ils avaient trouvé le moyen de transformer un Pokémon normal en Pokémon chromatique ? C’était un peu effrayant. Tout au long de la visite, Aileen dissémina ses plaquettes dans le bâtiment avec suffisamment de discrétion pour que personne ne la voie. Le reste allait être plus dur. Théo, le chef, lui avait demandé de fausser compagnie au groupe pour visiter les autres étages, là où la visite ne l’emmènerait pas. La brune n’avait pas du tout réfléchi à comment elle allait faire, mais elle commençait à avoir une idée. Le gamin n’arrêtait pas de courir partout, et avait plusieurs fois échappé à la vigilance de ses parents. Et de leur guide, accessoirement. Si elle pouvait provoquer la panique, ils chercheraient à retrouver le gosse, et elle pourrait en profiter pour filer.

« Kipling ? Tu te rappelles notre exercice ? »
« Celui où je devais taper ton esprit en essayant de passer les défenses de Sookie ? »
« Oui. Refais-le. Sur le gosse. Pas trop fort, je veux juste provoquer un mouvement de foule. »
« Oui maman. »


Kipling étendit sa conscience, jusqu’à trouver celle du petit garçon. Et il frappa. Le gamin se mit à hurler, avant de partir en courant. Ses parents l’appelèrent, avant de quitter le groupe pour lui courir après, forçant leur guide à partir à leur suite. Aileen en profita pour reculer de quelques pas, se faisant oublier, et tourna à l’angle d’un couloir avant de filer. Elle aurait dû faire cette diversion bien avant, mais il y avait trop de gens autour. Ca la forçait à revenir sur ses pas pour retrouver le bon endroit, qui était… Ici. Coup d’œil à droite. Puis à gauche. Personne. La Pyroli se faufila dans un couloir, jusqu’à atteindre une porte verrouillée par un code. Heureusement, ils avaient pu trouver le code, et Aileen ouvrit la porte sans déclencher d’alarmes. Cette pièce faisait parti des nombreuses salles fantômes du bâtiment, selon Maël. Il lui avait montré le plan, lui expliquant qu’il y avait dans ce bâtiment des salles non répertoriées, et qu’elle devait s’y rendre pour y coller des plaquettes et enrouler les élastiques aux fils électriques. Sortant de sa Poké Ball, Joyce attrapa un des élastiques et partit chercher un endroit où l’enrouler, pendant qu’Aileen grimpait en hauteur pour avoir un meilleur point de vue, et promener son regard jaune partout dans la salle. Ses lentilles, lui avait-on expliqué, étaient en réalité des mini-caméras, et qu’ils voyaient ce qu’elle voyait. Ils récupéraient la vidéo sur l’ordinateur de Maël et l’utiliseraient comme preuves. Elle se montrait donc consciencieuse. Lentement, mais sûrement, la brune quitta la pièce, et passa à la suivante. Elle en avait plusieurs à visiter, autant faire ça avant qu’ils remettent la main sur le gamin. Heureusement, les pièces semblaient plutôt rapprochées. Elle atteignit la dernière salle en moins de dix minutes, et la visita de fond en comble, comme les autres, pour que l’agence récupère toutes les images possibles. Alors qu’elle s’apprêtait à partir, la porte qu’elle avait prise pour entrer s’ouvrit. Merde ! Elle se jeta au sol et fila se cacher dans un coin. Planque la plus pourrie du monde…

« … Le plan d’extraction, alors ? »
« Marche pas. Il nous a canné entre les doigts, ce con, en plus. »
« Merde, comme si c’était pas dur à trouver, un shiny ! »
Grommellements indistincts. « Ca marche vraiment pas ? Et tous ceux qu’on a vendus sur le marché alors ? »
« Ah nan, le sérum marche bien, mais l’extraction des cellules chromatiques marche pas. Quand on compare avec les cellules d’un Pokémon normal, c’est la même chose, mis à part ce p’tit gène, là, tu sais. Mais ces cons de scientifiques crèvent nos rares chromas en pompant tout leur sang comme des moustiques, et après ils veulent qu’on leur en ramène plus. Ils nous prennent pour qui, sérieux, le Père Noël ? »
« Va falloir qu’on retourne en chercher… Sinon, Vertigo va gueuler. »
Vertigo. Aileen nota ce nom dans un coin de sa tête. « Y en a pas un qui a croisé une gamine avec des chromas, près du désert ? »
« Ouais, mais paraît qu’elle s’est tirée près de l’agence des flics, elle a fait du bordel, ça les a tous fait sortir. J’crois qu’elle bosse avec eux, ce serait pas très prudent. »
« Mouais. Mais peut-être que si on… »


Les deux hommes quittèrent la pièce. Aileen resta silencieuse, ne bougeant pas, pour le cas où ce serait un piège. Une gamine, près du désert, avec des chromas. Naveen sur l’épaule et Sphax à côté. Ils parlaient d’elle. Souplement, elle se releva pour les suivre, ignorant la voix mentale de Théo, qu’elle imaginait hurler dans son esprit. Fais demi-tour, conforme-toi au plan, tu vas nous faire choper… Elle imaginait surtout Cléo esquisser un sourire de fierté en voyant sa petite sœur stagiaire, comme elle l’appelait, désobéir aux ordres pour faire ce qui lui semblait juste. Si elle ne retrouva pas les deux hommes, elle trouva, au bout du long couloir, ce qui ressemblait à un laboratoire. Avec des gens dedans. Zut. Discrètement, elle se faufila sous une table, et se rapprocha pour voir de quoi ça parlait. Pause café, dernier film du Pokéwood, l’exposition universelle au musée, ouais, pas intéressant… Par contre, ça, ça l’était. Une étagère avec des flacons remplis de sang. Charmant… C’était ça, le fameux sang des chromatiques ? Pauvres Pokémon… Elle colla sa dernière plaquette sous la table où elle se situait avant d’observer un peu mieux. Elle ne pourrait jamais récupérer ça sans être vue.

« Tu veux une nouvelle diversion, maman ? »
« Non. Ce serait trop gros, ils vont comprendre, vérifier le groupe de visiteurs et se rendre compte qu’il manque un jeune homme à l’appel. On va agir autrement. Tu pourrais créer une illusion ? »
« Non. Mais Silica peut. »
« Oui, mais elle n’est pas là… Oh attends, j’ai trouvé. »


Doucement, elle posa la main sur la Poké Ball de Feänor, et demanda à Kipling de lui expliquer le plan. Là-bas, il y avait un gros générateur qui semblait consommer pas mal de chaleur. Tellement qu’elle la ressentait sur sa peau, même à distance. Kipling lui fit comprendre que Feänor avait compris. Elle tendit le bras vers le générateur pour y lâcher Feänor, et cette dernière se cacha souplement derrière, avant d’ouvrir la gueule. Flammèche. Misérable. Riquiqui. Le générateur prit brusquement feu, et tout le monde se tourna vers lui, une seconde après que la Pyroli ait réintégré sa Poké Ball.

« Merde, ça surchauffe ! Je l’avais dit, ça tire trop de puissance ! »
« Mais sors ton Tartard au lieu de râler ! »


Silencieusement, Aileen sortit de sa cachette, ouvrit la porte du placard, se saisit de trois fioles au hasard, pendant que son Riolu filait de l’autre côté pour en attraper d’autres. Et tandis qu’ils se hâtaient tous d’éteindre le feu, la préfète sortit comme elle était entrée, sans faire le moindre bruit, avec des fioles de sang au fond de son sac et des papiers volés par Ellie.

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Sing me to sleep ★ Remember me now, time cannot erase, I can hear your whispers in my mind, I've become what you cannot embrace, our memory will be my lullaby.
Aileen Sôma
Aileen Sôma
Région d'origine : Illumis, Kalos.
Âge : 20.
Niveau : 80
Jetons : 16666
Points d'Expériences : 3148
Pokeathlète Agent
Sujet: Re: [Cours Été 2015 - Pokéathlète] L'art... [Terminé]   Jeu 27 Aoû - 13:02
« Tu crois qu’il va m’en vouloir longtemps ? »
« T’as désobéi à un ordre direct pour entrer dans un labo qu’on avait pas répertorié, piqué des flacons et des papiers en faisant sauter une de leurs machines. Laisse tomber, gamine. Il fait la gueule par principe, mais au fond il est vachement content que t’ait ramené tout ce merdier. »

Cléo tendit la main pour saisir son verre, posé à côté d’elles. Assises sur la terrasse, elles profitaient des derniers rayons du soleil pour lézarder au calme. Aileen était revenue de sa petite opération deux jours plus tôt, Théo et Lucie avaient fait les gros yeux, Maël s’était caché derrière son écran pour rire en silence, et Cléo lui avait tapé le dos en s’exclamant que ça, c’était bien sa p’tite sœur à elle. Ca lui avait fait très plaisir, même si elle n’en avait rien montré. Certes, elle avait désobéi, mais elle avait rapporté des trucs intéressants. Lucie avait quitté l’agence avec les fioles après que Théo ait appelé le professeur Platane pour lui demander la permission d’utiliser son laboratoire. Il avait, bien entendu, accepté d’aider la police. Depuis, plus rien. Aileen était retournée au poste le lendemain, puis le lendemain encore, mais son travail avait été de jouer les guetteuses dans les rues. Maël l’avait cependant prise à part pour la remercier d’avoir collé les plaquettes et les élastiques pointus. Il avait accès à tout leur réseau, pouvait tout voir, tout entendre… Sauf certains endroits où elle n’était pas allée, faute de temps. Elle n’avait grappillé qu’une vingtaine de minutes pour faire son tour, et Théo lui avait demandé de visiter le côté droit. Elle savait qu’il y avait eu une autre journée portes ouvertes, et qu’un flic de la police internationale, arrivé quelques heures plus tôt, y était allé pour faire pareil qu’elle du côté gauche. Après ça, elle n’avait plus eu grand-chose à faire. En apprenant qu’elle était mécano, Maël avait souri, et l’avait entraînée lui pour qu’elle l’aide à améliorer du matériel. Ca l’avait occupée quelques heures. Puis, elle était là pour apprendre, après tout.

« Comment tu l’as connu ? Mon p’tit frère, je veux dire. »

Aileen réfléchit, et attrapa son verre pour boire une gorgée de thé glacé. Comment avait-elle connu Cael ? Dans les cuisines, eut-elle envie de répondre en rigolant. Enfin, c’était presque ça, en fait.

« Sur Pumkin, à Noël dernier. Il y avait eu une tempête de neige, qui a provoqué un trou dans une patinoire. Le proprio m’a demandé d’aller voir ce qu’étaient les trucs bleus qui brillaient au fond en disant qu’il m’offrirait un repas gratuit, et Cael s’est incrusté quand il a entendu ça. »
« Ca m’étonne même pas, tiens. »
« Après ça, on a sympathisé, et on a continué à se voir. Puis un jour, j’ai appris que ce boulet était allé sauver ses Pokémon tout seul comme un grand, sans prévenir personne, et surtout pas son amie préfète en chef qui aurait pu régler ça en quelques secondes. La suite, tu la connais. »

Cléo hocha la tête. En effet, elle connaissait la suite. La dispute d’Aileen et Cael alors qu’elle était au téléphone et qu’elle entendait tout, leur réconciliation, et Aileen qui appelle Cael « petit frère ». Et le fait qu’Aileen avait chopé le Phyllali responsable de tout ça pour le massacrer et le coller pendant un mois, l’obligeant à participer aux entraînements du Général Jackie. Elle avait marmonné quelque chose comme « trop gentil » avant de changer de sujet. Portant la main à sa poche, Cléo en sortit une photo, eut un sourire énigmatique, et leva les yeux vers Aileen. Puis elle lui tendit la photo.

« Tiens, regarde. Vu que c’est aussi ton p’tit frère, t’as le droit de voir. »

Curieuse, la brune posa son verre pour attraper la photo, et ouvrit de grands yeux choqués. Nooooon. Quel âge avec Cael sur cette photo ? Il était tellement mignon, avec son regard brillant d’innocence et son sourire de gamin ! Un léger sourire étira ses lèvres avant qu’elle n’éclate brusquement de rire en se rendant compte qu’il était déguisé en Keldeo. Il était tellement choupi ! Oserait-elle le dire ? Oserait-elle seulement ?

« Cael… »
« Deo. »

Silence. Et elles éclatèrent de rire. Aileen rendit la photo à Cléo, notant tout de même le surnom dans un coin de sa tête pour le ressortir à Cael quand il ne s’y attendrait pas. Caeldeo. Héhéhéhéhé. Alors que le soleil se couchait, la Pyroli récupéra les verres pour les laver et les poser sur l’égouttoir, laissant Cléo squatter la salle de bains. Tandis que la jeune officier prenait sa douche, la Pyroli se posa dans sa chambre. Il leur fallait se coucher tôt. Théo, avant qu’elles ne partent, leur avait demandé de venir à la première heure, ce qui, en langage flic, signifiait au milieu de la nuit. Ca sentait le raid surprise. Cléo lui avait promis de la réveiller avant, vu qu’elle ne savait pas du tout à quelle heure elle devait se pointer. Si elle arrivait trop tôt, ce ne serait pas grave, mais trop tard, ce serait embêtant. Doucement, Lotso escalada le lit pour se caler contre elle et s’endormir contre son ventre. Avec un sourire, elle l’enlaça doucement, et ferma les yeux, bercée par le bruit familier de la douche qu’elle entendait au loin.

Ce fut un craquement qui la réveilla, lui faisant ouvrir les yeux dans l’obscurité de sa chambre. Plus précisément, le craquement de la septième marche de l’escalier, qui se manifestait quand on y posait le pied. Aileen avait pris l’habitude, depuis toute petite, d’enjamber cette marche pour ne pas s’y coincer le pied, et la voyant faire, Cléo en avait fait de même de manière naturelle. Aileen tendit la main, et ses doigts effleurèrent la corne de Sphax, qui ne gronda pas, ayant levé la tête de lui-même pour lui faire comprendre, d’un seul contact, qu’il avait également entendu. Hilda, qui venait de bouger naturellement la patte pour mieux poser sa tête, avait elle aussi été réveillée par ce bruit inhabituel. Aileen ne bougea pas. Ses doigts restèrent posés sur la corne de Sphax. Mais, quand la porte s’ouvrit, elle releva les doigts, et l’Absol rouge fusa, corne brillante, pour frapper droit devant lui, à l’aveuglette. Il y eut une exclamation de douleur étouffée, et un bruit de liquide. Du sang. Aileen gicla brusquement de son lit pour attraper une Poké Ball posée à côté de son lit, et appuya dessus pour libérer Nagini, son Arbok, qui se jeta en avant, gueule grande ouverte, pour planter ses longs crocs tranchants dans un Pokémon qui voulait se jeter sur sa dresseuse. Elle entendait, si proche mais pourtant si loin, que Cléo se battait aussi contre ses adversaires. Son Ectoplasma hurlait avec force, presque aussi fort que sa redoutable dresseuse. Sphax lâcha un couinement de douleur avant de tomber au sol, frappé par le Poing-Karaté d’un Machopeur. Kipling, qui avait la voie libre, lui lança un Choc Mental, le faisant vaciller vers Sookie, qui attaqua pareillement. Le Machopeur passa d’un Pokémon Psy à un autre, avant qu’un énorme Rafflesia n’apparaisse dans la pièce.

« Poudre Dodo ! »

La poudre vola dans la chambre. Aileen toussa, lutta, mais finit par s’écrouler au sol, vaincue. Un à un, les Pokémon de son équipe tombèrent au sol, et la dernière chose que la brune vit, ce fut des gens qui s’engouffraient dans sa chambre pour récupérer ses Poké Ball, faire rentrer les Pokémon… Comme pendant l’attaque du bus. Alors qu’elle luttait pour se relever, ses yeux se fermèrent, et le sommeil l’emporta.

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« Ils étaient combien ? »
« J’sais pas. »
« Cléo, bordel, fais un effort ! »
« Mais je sais pas putain ! Tu crois que j’avais que ça à foutre ?! Leur demander de se mettre en ligne et les compter pour tes beaux yeux ?! On a été attaqués et on a perdus nos teams, et toi tu me demandes combien ils étaient ?! »
« J’ai compté trois paires de bottes avant de fermer les yeux. Dans ma chambre, ils étaient au moins trois. Pour Cléo, aucune idée. »

Théo baissa les yeux vers son carnet pour noter les quelques informations qu’ils possédaient. En arrivant en panique à l’agence Beladonis, Cléo et elle avaient pu constater qu’elles n’étaient pas les seules à avoir été attaquées. Visiblement, tous les membres de l’agence y étaient passés. Maël frottait distraitement son œil au beurre noir, qu’il avait récupéré en essayant de protéger ses Pokémon, et Lucie était avec un médecin de la police, qui enroulait une bande stérile autour de son poignet gonflé. Théo avait encore une longue balafre sur la joue. Mais quand un médecin s’était approché, il l’avait chassé, plus concentré par son enquête que par quelque chose d’aussi trivial qu’une égratignure sur la joue. Bizarrement, l’agence grouillait de flics. Aileen avait réussi à demander pourquoi à Cléo, qui lui avait expliqué à mi-voix que Théo avait appelé des renforts la veille pour la grande attaque de ce soir. Maël, grâce aux caméras installées par Aileen et par l’autre flic, avait pu découvrir l’endroit où étaient enfermés les Pokémon volés aux habitants d’Illumis, et comment ils procédaient pour les transformer en shiny. Ils avaient donc besoin de beaucoup de renforts pour prendre d’assaut le bâtiment, arrêter chaque personne impliquée, libérer et prendre en charge les Pokémon, et couler totalement l’entreprise pour l’empêcher de se réimplanter ailleurs. Et maintenant que leurs collègues venaient d’être attaqués en pleine nuit, chez eux, ça motivait encore plus les renforts à couler définitivement cette organisation criminelle. Théo se releva, essuyant distraitement le sang qui coulait de sa joue, faisant grogner un des médecins de la police.

« Bien, voilà comment ça va se passer. Timmons, tu prends cette section-là. » Il pointa un endroit de la carte. « Hevert, tu prends celle-là. » Il pointa une autre partie, celle cartographiée par Aileen. « Normalement, les Pokémon volés sont ici, ou là. On sait qu’ils ont séparé les chromatiques des normaux, mais on ne sait pas où ils sont. N’oubliez pas de vous tenir informés via vos radios, et restez en contact avec Maël, qui a sous la main tout ce qui compose le bâtiment grâce à nos deux infiltrations. »
« Et nous, on fait quoi ? »
« Rien. » Cléo allait protester. Il lui coupa la parole. « On ne peut rien faire, Cléo. On n’a pas de Pokémon. On est à nu, sans nos équipes. Alors on va les laisser bosser et attendre ici. »

La discussion était close. Et pourtant, Aileen bouillait de rage. Comment ça, on ne va rien faire ? Alors comme ça, on peut kidnapper son Sphax, toute son équipe, et elle ne va rien faire ? Ouais, et le Père Noël existe, aussi ? Cléo se renfonça dans son siège sans rien dire, et Aileen se mit à réfléchir à un moyen de lui fausser compagnie. Parce que, franchement, pensaient-ils vraiment qu’elle allait rester sagement assise alors qu’on venait de lui voler ses Pokémon (encore) tout en l’endormant au passage (encore) ? Bah oui, bien sûr ! Il fallait qu’elle s’en aille. Son équipe avait besoin d’elle. Sagement assise sur son siège, elle réfléchissait au moyen de s’éclipser sans être vue de personne, et surtout pas de Cléo. Sinon, bonjour le savon… Cependant, quand Théo reçut un coup de fil, et qu’il s’éloigna, ce fut avec une certaine surprise qu’elle vit Cléo se lever et partir. Sans réfléchir, elle gicla presque de son siège pour la suivre, et sortit de l’agence sur ses talons.

« Reste hors de tout ça, gamine. »
« Très drôle. » Aileen mit un point d’honneur à la rattraper et à la dépasser. « J’vais chercher mon équipe. Tu viens ? »

Cléo ne répondit pas, mais lui tendit son poing. Aileen tendit le sien pour un brofist, et elles reprirent leur route en silence. Un hurlement de colère, derrière elles, leur apprit que Théo s’était aperçu qu’elles étaient parties. Sans rien dire, Cléo porta la main à sa poche et éteignit son téléphone. Aileen fit de même avec son iPok. Une dizaine de minutes plus tard, les deux demoiselles avaient atteint le bâtiment en question, illuminé de partout, cerné par les badauds qui se demandaient ce qu’il se passait. Par où allaient-elles passer ? Tranquillement, le regard d’Aileen se promena sur les immeubles alentours, tandis que Cléo, qui avait trouvé, attendait qu’elle trouve également. C’est qu’elle était toujours sa petite stagiaire en formation. Finalement, la brune arrêta son regard sur un immeuble. Les toits étaient à la même hauteur. En sautant de toits en toits, il leur serait facile d’entrer dans le bâtiment. Cléo hocha la tête, appréciatrice, et prit la tête de leur petite expédition, Aileen la suivant comme une petite apprentie bien docile. Elles entrèrent dans l’immeuble et utilisèrent l’ascenseur pour monter. En règle générale, Aileen utilisait les escaliers, mais elle devait économiser son énergie. Car sur le toit, il y avait du vent. Beaucoup. Et c’était haut. Très haut. Aileen jeta un coup d’œil en bas. Heureusement qu’elle n’avait pas le vertige… Imitant Cléo, elle recula de quelques pas, essayant de calmer les battements affolés de son cœur. C’est une idée de merde. C’est une idée de merde. La brune se mit à courir, accélérant de plus en plus, avant de prendre appui du pied sur le parapet du toit, et bondir. C’était une idée de merde. Elle allait s’écraser en bas. Elle allait… Elle atterrit d’une roulade experte sur le toit d’en face, et se redressa souplement, comme un chat.

« On dirait que t’as fait ça toute ta vie. »
« Pour faire le mur d’une chambre d’hôtel au septième étage, il faut un peu d’imagination. Ou de folie, appelle ça comme tu veux. »

Son cœur battait la chamade, mais sa voix était calme. C’était une chose qu’elle avait appris à faire. Cacher sa peur. C’était peut-être débile, mais ça fonctionnait, généralement. Les gens hésitaient beaucoup à l’affronter, vu qu’elle semblait ne rien craindre et n’avoir peur de rien. Mais elle était motivée par quelque chose d’important. Récupérer ses Pokémon. Se prouver qu’elle n’était pas qu’une moins que rien. La Team Rouage lui avait volé sa Ponyta chérie, et c’était le seul Pokémon de son équipe qui disparaîtrait, elle s’en était fait la promesse. Se redressant, elle suivit Cléo, qui s’était accroupie pour chercher un endroit par où passer. Finalement lassée de chercher, elle s’approcha du bord, et se suspendit par les mains. D’instinct, Aileen sut ce qu’elle allait faire, et ce qu’elle-même devait faire. Elle s’accroupit et attrapa les poignets de Cléo, le temps que cette dernière se stabilise, et lui lâcha une main pour qu’elle attrape la gouttière. Elle l’imita ensuite, peu rassurée de sentir le vent violent qui tentait de limiter sa prise. Elle mettait sa vie en danger. Pour son équipe. Ses mains s’accrochèrent à la gouttière. Si c’était pour son équipe, tous les risques étaient bons à prendre. Silencieusement, elles descendirent comme deux petites araignées, et quand Aileen s’arrêta pour désigner une fenêtre, Cléo descendit un peu plus pour la laisser passer. En équilibre très précaire, plaquée contre la gouttière par la main de Cléo plaquée fermement sur sa jambe, Aileen se pencha, sortant son matériel de crochetage d’une petite pochette accrochée derrière sa ceinture à Poké Ball. L’exercice était difficile. Périlleux. Mortel, même. Mais, au bout des sept minutes les plus longues de sa vie, elle réussit à ouvrir la fenêtre, et la poussa pour l’entrebâiller et passer la première, Cléo la suivant de près. Elles tombèrent silencieusement dans une pièce plongée dans l’obscurité, et Aileen se releva pour fermer la fenêtre. Ni vu, ni connu.

« T’es déjà venue ici. »
« Ouais. Ca faisait parti de leur circuit. Ils avaient une simulation sur ordinateur pour nous montrer à quel point leurs expériences étaient cool. »
« Hm. J’me souviens. Théo râlait parce que tu fixais l’écran. »

Aileen esquissa un sourire, et leur badinage prit fin. Vu qu’elle connaissait mieux les lieux, Cléo la laissa passer devant, et elles s’avancèrent dans le couloir, aussi silencieuses que deux félins. Si elle se souvenait bien, la visite continuait vers la gauche, mais en revenant précipitamment vers le groupe, elle était passée par la droite. Ce serait donc la droite. Alors qu’elle allait s’y engager, la main de Cléo lui attrapa le poignet pour la tirer brusquement en arrière. Il était temps. Trois flics venaient de passer en courant. Doucement, elles firent demi-tour pour retourner dans la pièce. Et Aileen se rappela d’un détail. Pendant leur petite propagande par ordinateur, elle avait été gênée par un courant d’air venant du plafond. Bêtement, elle leva les yeux, et Cléo l’imita. Un conduit de ventilation. Elles montèrent sur une table, et la sœur de Cael lui fit la courte échelle pour qu’elle atteigne le conduit, enlève la grille, et grimpe à la force des bras. Heureusement qu’elle était entraînée par Jackie… Une fois bien à plat dans le conduit, elle se pencha à l’extrême pour tendre sa main à Cléo, qui bondit pour la saisir, manquant de la faire retomber en l’attrapant. Lentement, mais sûrement, la flic grimpa dans le conduit avec elle, et Aileen se pencha pour remettre la grille à sa place, fermement maintenue par les mains de Cléo sur ses jambes.

« Et maintenant ? »
« Gauche, gauche, droite, droit, gauche. Le sens de la visite. Pour revenir, j’avais pris le couloir de droite. »
« Mis à part le sang, il y avait quoi dans ton labo ? »
« Un générateur qui a explosé à la moindre flammèche. Les armoires pleines de sang. Les tables avec des notes. Du vieux matos scientifique. Des cages vides. » Court silence. « Tu crois qu’il y a des Pokémon dedans maintenant ? »
« Tes deux potes parlaient bien de toi la dernière fois, c’était ta team qu’ils visaient, c’est pour ça que tu les as suivis. »
« J’avoue. »
« Alors à mon avis, il y a une petite chance qu’on trouve tes bestiaux dans ces cages creepy. Allez, en route gamine, je te suis. »

Doucement, Aileen se redressa. Elles n’avaient que la place de progresser à quatre pattes. Et en silence, pour ne pas avertir la police. Il leur fallut de nombreuses minutes pour progresser, à tâtons dans le noir, doucement pour rester silencieuses, ce que la brutale inclinaison des conduits rendait pour le moins difficile. Alors qu’elle descendait un conduit vertical à la seule force de ses bras, Aileen se prit à respecter Gaston Fooly, qui faisait ça pour se déplacer rapidement plusieurs fois par jour. Finalement, elles réussirent à retrouver leur chemin, et Aileen fit sauter la plaque pour descendre souplement dans la salle, Cléo la suivant de près. Le laboratoire était au bout du couloir. Elles parcoururent cette faible distance en quelques secondes, et plaquées au mur, jetèrent un coup d’œil à l’intérieur. Aileen retint un grondement. Oui, les cages étaient pleines. Et dans l’une d’elles… Sphax. Leurs regards se croisèrent, et l’Absol comprit. Alors qu’un scientifique passait à côté de lui, il se jeta sur les barreaux pour le mordre, faisant bondir l’adulte en arrière. Noyé sous les insultes, il se mit en position d’attaque, grognant d’un ton féroce, sa corne s’illuminant doucement. L’adulte, qui noyait l’Absol d’injures, se tut en plein milieu, immobilisé par les trois coups de poings que la brune venait de lui balancer le long de la colonne vertébrale. Il s’écroula. Sans s’émouvoir, la Pyroli lui vola sa clé pour ouvrir la porte de la cage, et l’Absol en sortit de son habituelle démarche impériale. Il ferma brièvement les yeux quand la main de sa dresseuse glissa doucement sur sa tête, seul signe qu’il était, lui aussi, très heureux de la revoir en vie.

« Allez, fini de jouer. On va chercher les autres maintenant. Et on va leur apprendre ce qu’il en coûte de nous faire chier. »
« Bien parlé, gamine. Bien parlé. »

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Cléo avait récupéré toute son équipe. Une fois libéré, son Ectoplasma avait semé la terreur chez leurs ennemis, et la jeune stagiaire n’avait pas bronché d’entendre un de leurs adversaires lâcher un long hurlement déchirant. Pas son problème. Il lui restait encore du monde à récupérer. Ses Pokémon chromatiques, mis à part Sphax, manquaient tous à l’appel. Pour quelle raison avaient-ils mis l’Absol chromatique à part, Aileen ne se l’expliquait pas. Mais maintenant, elle devait récupérer les autres. A la différence de Sphax, chacun de ses Pokémon lui avait fait un gros câlin une fois sauvés, pour la remercier de ne pas les avoir abandonnés. Elle les avait tous serrés brièvement dans ses bras avant de les faire réintégrer leurs Poké Ball, qu’un membre de la police internationale leur avait rendus. Ils étaient au courant de leur présence. Théo avait appelé, et hurlé de colère. Cléo lui avait raccroché au nez et avait rendu son communicateur au collègue qui le lui avait laissé.

« Il dit qu’il veut qu’on rentre immédiatement à l’agence. »
« Ooooh, alors qu’on commence tout juste à s’amuser ? »
« J’t’aime bien, gamine. Allez viens, on va chercher le reste de ton équipe. »

Les deux demoiselles s’en allèrent à nouveau, et personne n’essaya de les retenir. Le caractère explosif de Cléo Joy était bien connu dans la police internationale, et la gamine n’avait pas l’air mieux, à première vue. Elles avaient le même sourire flippant. Et cette fois-ci, elles n’essayaient même plus d’être discrètes. Sphax marchait à côté d’elle de son pas félin, dangereux, sa corne luisant d’un éclat sombre. La police internationale courait autour d’eux, cherchant à retrouver les derniers Pokémon enfermés de ci de là. Aileen sentit le découragement la prendre. Comment allait-elle retrouver les siens ? Kipling et Sookie avaient tous deux abandonné, trop profondément agressés par toutes les pensées qui les heurtaient avec violence. Quand son iPok sonna, elle décrocha par réflexe. La voix de Maël s’éleva au bout du fil.

« Hey, mini-Joy. Théo est furax, je l’avais jamais vu comme ça, félicitations ! » Le jeune informaticien lâcha un petit rire avant de reprendre plus sérieusement. « Je viens de te voir passer devant une caméra. T’as un joli profil, tu sais ? Enfin bref. Vous allez dans la mauvaise direction. Au prochain couloir, va à droite et redescend-le complètement. Y a un genre de parking au sous-sol, trois mecs sont en train de ranger des cages dans un camion. Et, oui, y avait ton p’tit panda roux dedans. Bouge, t’as cinq minutes, pas plus. »

Aileen leva les yeux vers Cléo, qui hocha la tête. Elle avait entendu. Les deux demoiselles se mirent à courir dans le couloir de droite, manquant presque de se ramasser dans les escaliers. Mais elles atteignirent le parking souterrain en moins de cinq minutes. La main de Cléo fusa alors, lançant une Poké Ball droit devant elle, et l’Ectoplasma en surgit en ricanant. Sans attendre d’ordre, il frappa, et son Poing Ombre envoya voler l’un des trois adultes. Un autre fut fauché par la Tranche de Sphax, qui l’envoya contre un autre véhicule. Le troisième bondit dans le camion et démarra en trombe, laissant s’échapper des Poké Ball sur lesquelles Cléo et Aileen se jetèrent. L’un d’eux était forcément assez gros pour stopper tout ça… En posant la main sur une de ces sphères de capture, la Pyroli esquissa un grand sourire dangereux, et la lança agilement pour lui faire décrire un arc de cercle devant le camion. La Poké Ball tomba juste à l’entrée du garage, et s’ouvrit dans une lumière rouge, laissant sortir un Galegon gris aux yeux rouges. En voyant le véhicule qui fonçait droit sur lui, Panzer affermit sa prise au sol, plaça un Mur de Fer pour augmenter sa défense, et attendit. L’homme eut beau freiner comme un fou, il percuta tout de même l’imposant Pokémon métallique, détruisant totalement l’avant du camion. Panzer, lui, n’avait rien. Consciencieux, le Galegon acheva de détruire inutilement le camion pour l’empêcher de redémarrer (c’est sûr que sans moteur, c’est de suite plus dur) tandis que Cléo attrapait l’homme au cou pour le jeter hors du véhicule et braquer une arme à feu sur lui, résistant visiblement à l’envie folle de lui vider son chargeur dans la tête. Aileen, pendant ce temps, ouvrit les portes arrières du camion, pour grimper dedans, récupérer les Poké Ball, crocheter les cages et faire rentrer tous les chromatiques dans leurs sphères de capture. Lotso, en la reconnaissant, lui bondit au cou, et la Pyroli lui caressa le dos, soulagée de le revoir en un seul morceau, pas trop blessé, et pas traumatisé. Quand elle ressortit du camion, le reste de la brigade était arrivé, les trois criminels avaient été maîtrisés, Cléo avait lâché son arme, et - oh ho… Théo était là.

« Vous deux. Venez là. Il y a certaines choses dont on doit discuter. »

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Aileen s’appuya contre la vitre en verre pour regarder son Absol. Très calme, ce dernier se tenait assis, bien droit, laissant le professeur Platane et ses assistants lui tourner autour sans rien dire. Quand l’une des infirmières du Centre Pokémon avait fait glisser ses doigts sur sa corne, pour s’assurer qu’elle n’était pas abimée, il avait lâché un très faible grondement, sans toutefois bouger d’un pouce. Tous ses Pokémon y étaient passés sans broncher. Hilda la première, pour montrer que c’était sans danger, Ellie ensuite, pour rassurer les plus petits, et les autres, mis en confiance, s’étaient laissé manipuler sans rien dire. Ils avaient tous été emmenés au laboratoire du professeur Platane, et de nombreuses infirmières avaient quitté les trois centres de la ville pour les rejoindre. La police internationale avait jugé plus prudent de rassembler tous les Pokémon en un seul lieu pour les rendre à leurs propriétaires, au lieu de séparer leur groupe en trois pour les envoyer dans chacun des centres Pokémon de la ville. Déjà, car un lieu était plus facile à défendre que trois, ensuite, pour que les habitants n’aient pas à courir d’un point à l’autre de la ville pour récupérer leurs Pokémon volés.

« Vous avez désobéi à mes ordres. »
« Je n’aime pas rester à rien faire. »
« Ils avaient volé mes Pokémon. »

Théo lâcha un soupir blasé, et frotta le bandage sur sa joue. Il n’avait pas pu esquiver l’infirmière en chef, qui l’avait soigné en le traitant d’imbécile, parce que ça aurait pu s’infecter et devenir plus grave. D’un geste, il fit venir Maël. Ce dernier s’installa à côté, son ordinateur posé devant lui, et leva le regard en attendant la suite des évènements. Théo avait abandonné l’idée de leur rentrer dans le lard. Il était fatigué, avait plein de responsabilités qui lui tombaient dessus, en tant que responsable du bureau d’Illumis, et puis, bon, il savait à quoi s’attendre en laissant Aileen à la garde de Cléo. Au moins, l’officier Joy n’avait pas mis en danger la vie de leur jeune stagiaire. Du moins l’espérait-il. Il préférait ne même pas demander, en fait, ce serait plus prudent.

« Rapport, Maël. »
« Oui chef. » L’informaticien ouvrit sa page avant de reprendre la parole. « Tous les Pokémon volés ont été récupérés. Au niveau des criminels, certains ont réussi à s’échapper, dont celui qu’ils appellent Vertigo, et qui semble être l’un de leurs généraux, si ce n’est le chef en personne. »
« Génial… Et leurs expériences ? »
« Tout a été détruit par leurs soins. Mais on a pu découvrir qu’ils essayaient d’extraire les gènes des Pokémon chromatiques pour expliquer d’où venait leur couleur inhabituelle, et qu’ils essayaient ensuite d’injecter ce sang modifié dans un Pokémon normal pour voir s’il changeait de couleur. »

Un grand silence tomba sur l’assemblée. Expériences génétiques… Quelle horreur. Cléo lâcha un juron bien senti, et Aileen sourit en caressant la tête de son Absol, qui venait d’être diagnostique hors de danger et qui venait donc de la rejoindre dans la salle.

« Mais… Ca marche non ? Vu qu’ils vendaient des Pokémon chromatiques dans tout Illumis… »
« Alors, en fait, oui, et non. Le sang d’un chromatique ne colore pas un Pokémon normal. Ils ont utilisé ce sang modifié pour créer un sérum, et c’est en injectant ce sérum qu’ils modifient la couleur des Pokémon normaux. »
« Mais ? »
« Mais, en effet… En fait, ce sérum agit comme un agressif qui force les gènes à se modifier pour colorer différemment le Pokémon. Le souci, c’est qu’au bout de quelques jours, il s’attaque aux autres gènes, puis au Pokémon, qui devient fou de douleur, donc agressif et dangereux, avant de mourir brutalement. Par ailleurs… » Il pianota un peu les touches de son ordinateur. « Ah, voilà. Par ailleurs, on sait, grâce au petit espionnage d’Aileen, que de nombreux Pokémon sont visiblement morts dans ces expériences, et que le raid qui visait la police internationale servait tout autant à récupérer les chromatiques et les autres qu’à nous rendre inopérants. Ils n’avaient pas du tout prévu que tu aurais appelé le quartier général la veille pour demander des renforts. »

C’était un peu ironique, en quelque sorte. Eux qui avaient voulu museler la police s’étaient retrouvés avec un escadron d’élite sur le dos. Doucement, Aileen gratouilla la tête de son bébé Pandespiègle, laissant les autres discuter. Cléo était d’avis qu’il fallait commencer à chercher les criminels maintenant, avant qu’ils n’aient le temps de quitter la ville. Maël aurait préféré couler les autres boîtes appartenant à ce groupuscule pour les empêcher de refaire pareil ailleurs, ou pire encore, de continuer. Quant à elle…

« Toi, tu vas retourner à ton école. »
« Quoi ?! Mais pourquoi ? »
« Parce que ton stage est fini, Aileen. Tu pars demain matin. »
« Mais, il reste des gens à retrouver ! »
« Oh allez, laisse-la venir, j’te jure de la surveiller. » Théo leva un regard torve vers Cléo, qui lâcha un petit rire. « Okay, au moins de l’empêcher de se mettre en danger. »
« Hrm… Bon, d’accord. Ton stage va durer un peu plus longtemps. Mais attention, cette fois-ci, pas de bêtises. On a déjà assez d’une Cléo Joy, ne commence pas à faire comme elle, Aileen. »

La brune esquissa un sourire, et hocha la tête, ce qui ne sembla pas du tout convaincre son supérieur hiérarchique. Ce dernier lâcha un nouveau soupir, et se tourna vers Maël pour poursuivre sa discussion. Aileen, elle, baissa la tête vers Sphax, qui la leva vers elle, et une même étincelle brilla dans leurs regards.

Que la chasse commence.

< suite du rp >

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Sing me to sleep ★ Remember me now, time cannot erase, I can hear your whispers in my mind, I've become what you cannot embrace, our memory will be my lullaby.
[Cours Été 2015 - Pokéathlète] L'art... [Terminé]
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