Haute voltige en territoire littéraire | feat. Ginji
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Sujet: Haute voltige en territoire littéraire | feat. Ginji   Lun 7 Sep - 23:42
La bibliothèque de la Pokémon Community. C'était grand, c'était plein de livres, c'était silencieux. D'accord, on en avait une petite à Phénacit, dans l'école où j'avais fait la majorité de ma scolarité, mais ça c'était quand même inédit. Toute petite, mon minidraco enroulé à mon cou tel un foulard de type dragon, j'y dissimulais mon visage par habitude un peu timide, avançant presque en ninja. Enfin, entre ça et ma chevelure châtain dont la frange encadrait mes traits, j'aurais bien pu en porter un, un masque de ninja. Toute petite et vêtue d'une robe d'été, la température en cette saison le permettant toujours, je découvrais lentement, mais sûrement, les différents rayonnages s'offrant à moi. Les romans, probablement une bonne avenue, mais je n'en avais pas trop le temps et puis, bon, je préférais encore le septième art à la lecture, donc autant éviter. Des manuels d'élevage, ce pourrait être utile, mais je n'étais pas ici pour ça. Oh! Les trente plus mignons Pokémon à avoir jamais existé! Je le prends celui-là. Mes grands yeux à la couleur du chocolat poursuivirent donc leur périple, parcourant les titres avec curiosité. Des biographies de grands dresseurs Pokémon qui avaient su marquer l'histoire de leur région d'origine, bof. Le type insecte en 598 faits que vous ne connaissiez pas, peut-être un jour. Ah! Les plus beaux paysages du monde Pokémon! Les 28 meilleures destinations touristiques pour les fans de Pokémon Légendaires! Le guide du parfait Ranger! Jackpot!

Enfin, presque jackpot. Voyez, j'avais réussi à lire les titres, mais le fait était que je ne faisais que 144 centimètres et que, même en me hissant sur la pointe des pieds, en sautillant ou en tentant d'utiliser Lyuu comme lasso -le regard de Chaussette le Chacripan m'en avait mystérieusement dissuadée-, le fait est que je n'avais aucune chance de les atteindre, ces ouvrages fabuleux. Les joues gonflées, le sourcil froncé, je tapais du pied en pleine réflexion. Aller demander de l'aide? Comme si! Je pouvais le faire toute seule et ce, indépendamment de ma taille. Première tactique : déposer le livre que j'avais déjà et escalader directement l'étagère, bonne option si je n'avais pas entendu le bruit des pas rigides et autoritaires de madame Pervenche. Retour au sol avec un air quelconque, visage enfoui dans mon écharpe de type dragon. Bon, plan numéro deux, le petit marche-pied. Tendre la main.... Sauter? Mon pied droit rata la marche au moment de retomber et j'allai m'abîmer par terre, le visage sombre. Mauvaise idée. Je revins donc avec une chaise, pour y poser le marche-pied. Maintenant escalader la chaise, grimper sur le marche pier, étirer le bras.... sautiller? Non, vaut mieux pas, la chute serait trop douloureuse là.

Grognonne, j'allais remettre mon équipement en place, revenant me planter devant la fameuse étagère beaucoup trop haute pour moi. Je devais trouver un moyen, ce n'était pas possible autrement. Je me devais de consulter ces ouvrages à tout prix, c'était ma fibre de future Ranger qui m'y poussait. Monter sur Lancelot, mon Chevroum? Non, c'était un plan à me faire jeter dehors par la tyrannique maîtresse des lieux, pas bon donc, puisque je n'aurais pas mes livres. Partant à la chasse, j'abandonnai mon livre sur les Pokémons mignons bien en vue le temps de revenir, porteuse d'une échelle démesurément grande. Avec difficulté, je maneuvrai entre les tables, esquivant rayonnages et élèves qui passaient par là, manquant de peu d'en frapper un au passage. L'on tenta aussi de venir me donner un coup de main, ce à quoi je répliquai d'un foudroyant regard marron. Non, c'est non! Je peux tout faire toute seule, me dis-je en plaçant finalement l'échelle vis à vis de ce qui m'intéressait. Maintenant, monter.

Je rejetai la queue de mon minidraco vers l'arrière, pour me libérer le visage, provocant un petit couinement de la part de mon starter. Oh, ça va Lyuu, je ne veux pas te chasser, mais ce serait très agréable de pouvoir voir ce que je fais. Et maintenant, refermer mes petites mains sur les barreaux et commencer mon ascension, une étape à la fois. Surtout, peu importe ce que je ferais, ne pas regarder en bas. Tout, mais pas ça. Ah, les voilà! Un petit sourire sur le visage, je pouvais enfin observer les couvertures de plus près et faire ma sélection. Tirant sur le livre du parfait Ranger, je fus surprise par son poids qui, pour mon petit bras de demoiselle, s'avérait plutôt lourd. Mon premier réflexe fut, bien sur, de bouger mon poids vers l'arrière, sur une échelle, à plus deux mètres du sol, ou quelque chose comme ça. Brillant Ellie. Je me sentis partir vers l'arrière, mes yeux devenant soudainement aussi grands que des soucoupes alors que je laissai le manuel me glisser des mains, ce dernier allant se fracasser au sol en un bruit sourd qui résonna dans toute la bibliothèque. Vite, je devais faire quelque chose, hors de question de tomber de cette hauteur!

- Fait quelque chose, Lyuu!

Lui murmurais-je avec un empressement certain. Que trouva à faire le dragon? Il quitta son perchoir, mes épaules, en fuite vers l'étagère la plus proche. Ah, mais non! Me dis-je en m'accrochant à sa queue, tirant pour m'accrocher à lui et ainsi arrêter ma chute vers l'arrière. S'en suivit un nouveau couinement, juste avant que les petites dents de mon minidraco ne viennent se refermer dans la tablette, pour s'y retenir. Ok, ça va, je vais pas tomber. Je vais pas tomber. Je vais pas tomber. Regard vers le bas. Ah non! Ellie on avait dit que tu ne le faisais pas! Oh bon sang... c'est... haut..... Soudainement tremblante, je commençai à paniquer, bougeant comme je le pouvais sur mon perchoir, tentant de faire avancer l'échelle, pour retourner l'appuyer doucement contre la bibliothèque. Sauf que ça se saurait si j'étais capable de faire quelque chose de bien, en hauteur comme ça, tout en cédant à la panique. Ne me demandez donc pas comment j'ai fait, mais je me retrouvai face à l'allée plutôt que face aux bibliothèques. Si je tombais, c'était l'aller simple jusqu'au plancher, purement et simplement. Je n'ai jamais serré un dratini aussi fort qu'à ce moment là, terrorisée et désemparée, les deux pieds bien dans les plats.

Ainsi, lorsqu'un autre étudiant apparu finalement au bout de l'allée, on aurait pu croire que j'en étais contente. Après tout, n'était-ce pas le moment parfait pour demander de l'aide? Pour laisser quelqu'un me tirer de là? Sauf que non, j'avais trop d'orgueil pour ça! Et puis, c'était sans oublier le livre que j'avais déjà pris plus tôt et laissé à la vue de tous, au sol, près de moi. Les Pokémon les plus mignons! La honte si quelqu'un devait voir que je lisais ça! Je ne devais pas le laisser approcher, pas le laisser me parler, pas le laisser seulement essayer de dire quoi que ce soit! Vite, action réaction, et tant pis pour le reste! Me dis-je avant de finalement m'adresser à lui de la même voix basse, mais furibonde, que j'avais utilisée pour parler à mon starter.

- Je n'ai pas besoin d'aide, laisse-moi tranquille! Je me débrouille très bien ici alors ne viens pas te mêler de ce qui ne te regarde pas!! Non, baisse les yeux! Tu crois que c'est bien de regarder sous la jupe d'une fille?! Va-t-en!
Ginji Labelvi
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Sujet: Re: Haute voltige en territoire littéraire | feat. Ginji   Mar 8 Sep - 17:48
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« -Monsieur Labelvi.
-... Ou.... Oui ?... »

Je serre les dents lorsque Madame Pervenche m'interpelle. Aïe. J'espère qu'elle n'a pas...

« -Pouvez-vous m'expliquez la présence d'une tache au troisième paragraphe de la page cinquante-huit du quatrième tome de la série "La Guerre des Chacripans"? »

… Si, elle a vu. Mais comment elle fait ?! Ne me dîtes pas qu'elle relit chaque livre qu'on lui rend après emprunt !

Gêné, je me frotte l'arrière du crâne en me tournant face à elle. J’espérais pouvoir rentrer dans la bibliothèque discrétos, mais je crois que c'est raté. Même quand elle semble hyper concentrée sur son bouquin, elle est capable de savoir qui rentre, qui sort, et surtout, avec quoi ! J'ai vu bon nombre d'élève se faire attraper en train de voler un bouquin, ou essayant d'en remettre un en place après un trop long moment d'absence. En fait, elle doit avoir un odorat hyper développé, et elle connaît l'odeur de chacun des élèves et de chaque livre présent dans cette bibliothèque... Oh ! Si ça se trouve, elle est même capable de reconnaître le contenu d'un plat rien qu'en le humant ! Ça doit être pratique ça, pour vérifier la qualité et la véridicité des ingrédients utilisés !...

… Mais COMMENT je fais pour en revenir tout le temps à la nourriture ?! Même moi, je me surprends tellement les liens sont improbables parfois... D'ailleurs. En parlant de nourriture...

« -Et bah euh en fait c'est que bah vous savez j'aime beaucoup lire des livres pour m'endormir et du coup je suis sous ma couette quand je lis et que quand je suis sous ma couette et qu'il fait nuit dehors bah il fait un peu froid alors j'aime bien boire un petit chocolat chaud en même temps pour me réchauffer parce que le chocolat chaud ça réchauffe et que du coup j'essaye d'en boire sauf que c'est dur de boire en étant allongé parce qu'en fait je suis dans mon lit donc c'est que je suis allongé même si je suis quand même un peu contre le mur pour que la lecture soit agréable mais le je suis juste a moitié donc c'est comme si j'étais allongé au final et...
-Abrégez.
-... En buvant, j'ai fait tomber une goutte de chocolat chaud sur l'une des pages du livre. Mais je l'ai tout de suite essuyé ! Dès que j'ai vu ça je me suis levé et j'ai attrapé un sopalin pour nettoyer la tache mais...  »

Elle me fait signe de me taire, ce que je fais automatiquement. Je déglutis tandis qu'elle ré-ajuste ses lunettes, et, calmement, s'empare d'une feuille et d'un stylo avant d'annoter quelque chose dessus. Une petite boule se forme dans mon ventre, stressé en attendant la sanction. Elle finit alors par reprendre la parole.

« -Ou vous nous remboursez le prix du livre pour que nous pussions en acheter un nouveau, ou vous êtes assigné au rangement des bouquins pour le reste de la journée...
-... Le prix du livre ? Pour une si petite tache ?!
-Préfèreriez-vous le recopier intégralement, peut-être ?
-... N-non, ça ira ! Mais euh du coup je pourrai récupérer l'exemplaire abîmé ?...
-Il en est parfaitement hors de question.
-... D'a... D'accord, je vous rembourse... »

Maladroitement, je fourre la main dans mon sac pour en sortir un petit porte-monnaie noir. Je pioche à l'intérieur de celui-ci le nombre de jeton indiqué par la bibliothécaire, puis les pose sur le comptoir. Madame Pervenche les prend un par un, vérifiant qu'il y a bien la somme totale, tandis que mon regard croise celui de Chaussette qui se balade d'un rayon à l'autre, avec un air toujours aussi solennel. Parfois, j'ai l'impression que ce Pokémon peut être beaucoup plus intimidant que moi-même. Comment ça, ce n'est pas qu'une impression?

Le bruit d'une caisse qui se referme me tire de mes pensés. Madame Pervenche me fait signe d'avancer, ce que je fais sans attendre, tandis qu'elle retourne à son bouquin. Je lâche un long soupir de soulagement, content de m'en être tiré contre seulement quelques jetons, et marche entre les rayons sans vraiment faire gaffe où je vais. J'ai juste envie de m'éloigner du comptoir le plus vite possible, en fait.

Dans l'allée principale, j'observe les différents rayons dans l'espoir de trouver quelque chose de captivant. Mais à défaut de trouver un genre de roman particulièrement inspirant dans l'immédiat, mon regard est capté par... Un truc bizarre qui dépasse de derrière une étagère. C'est marron, on en voit à peine le bout, et ça bouge dans tous les sens en faisant de drôles de bruits.

Sceptique, je m'approche du rayon d'où la chose en question dépasse. Lorsque j'y arrive, je ne peux que remarquer la présence d'une immense échelle qui bouge toute seule en plein milieu de l'allée. Je lève alors les yeux pour voir que celle-ci ne bouge pas tout à fait toute seule, mais grâce -ou à cause?- d'une jeune fille perchée tout en haut, tournée dos à moi. Euh... Ils ont ouvert un club d'échasse, à l'académie ?... Oh ouais ! Je veux essayer ! J'en ai jamais fait ! J'ai vu quelques vidéos sur internet, ça n'a pas l'air bien compliqué !.... Remarque, à voir la façon dont l'étudiante est agitée, ça ne semble pas si évident que ça. Doucement, je m'approche d'elle, remarquant au passage la présence d'un Minidraco, et élève la voix pour être sûr qu'elle puisse m'entendre.

« -... Euh... Besoin d'aide ?  »

C'est alors qu'elle s'agite encore plus, se mettant à faire avancer et reculer l'échelle dans tous les sens et de façon totalement incohérente. Le tout en me balançant toute sorte de phrase pour me dire que je ne dois surtout pas lui venir en aide, et encore moins regarder sous sa jupe... Lorsqu'elle dit cela, mon regard dévie aussitôt sur la jupe en question, et la seconde d'après, mon visage a viré au rouge. Extrêmement embarrassé, je détourne le regard et me cache les yeux.

« -Aaaah ! Désolé ! J'ai pas regardé ! Promis ! Je voulais pas ! Je veux pas ! Je te jure !  »

Ses quelques cris légèrement paniqués me rappellent néanmoins que je dois lui venir en aide. Le regard toujours détourné à cause de la gêne, et les yeux fermés, je tends les bras devant moi dans l'espoir d'aggriper l'échelle, pour l'aider à se stabiliser, mais mes mains ne rencontrent que du vide.

« -Attends ! Je vais t'aider ! Mais je regarde pas ! Arrête de bouger je... Aaaha, mais t'es passée où ?!   »

Je fais quelques pas en avant, ne sachant où je mets les pieds, lorsque ces derniers percutent un petit objet posé sur le sol. Je trébuche aussitôt, et au moment de m'affaler sur le sol, je parviens à me rattraper.... A l'échelle.

Je rouvre les yeux, pour voir le grand objet de bois osciller. Je me relève à la va-vite, et fais quelques pas en arrière en voyant l'échelle basculer dangereusement de mon côté. J'ai tout juste le temps d'apercevoir la fille me tombant dessus pour tendre les bras... et me faire écraser l'instant d'après en la réceptionnant, l'échelle atterrissant juste à nos pieds. Elle se relève bien vite -la fille, pas l'échelle-, me permettant de faire de même, alors que je m'enquiers de son état.

« -Ça va ? Tu vas bien ? Tu t'es pas fait mal ? T'as besoin que je t'accompagne à l'infirmerie ? Si t’arrives pas à marcher tu peux t'appuyer sur mon épaule!  »

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Sujet: Re: Haute voltige en territoire littéraire | feat. Ginji   Mer 9 Sep - 5:52
J'étais dans de beaux draps. Toujours perchée en haut de mon échelle, en proie à la panique, je ne savais pas quoi faire. À tout le moins, ça, c'était avant qu'il n'arrive. Un adolescent au visage jovial et un peu rond, aux traits encore un peu enfantins, mais malgré tout qui passait pour plus vieux que moi. En même temps, vu la taille que je faisais.... Enfin! Pourquoi je raconte ça?! J'étais coincée en haut d'une échelle, j'avais des trucs importants à faire! Sous le coup de l'empressement et de la peur, lorsqu'il m'avait demandé si j'avais besoin d'aide, je lui avais répondu d'une façon cassante et désagréable, un peu agressive. Dans mon élan, je lui ordonnai même de ne pas regarder vers le haut, à cause de ma jupe. J'aurais bien du me douter que je n'aurais pas du dire ça! Et le voilà qui rougissait!! Désolé? Pas regardé? Voulait pas? VOULAIT PAS? Donc il avait regardé ou pas?! Et pourquoi il rougissait s'il avait rien vu?!

- Tu crois que je vais te croire?! Espèce de voyeur! Pourquoi tu tires une tête pareille si t'as pas regardé hein?! Attends que je descende de mon échelle, je vais te le faire avaler ce bouquin! Tu vas regretté d'être né, sale pervers!!

Alors que faisait-il pour prouver sa bonne volonté? Il fermait les yeux et avançait à tâtons pour venir m'aider, les mains bougeant dans l'air en espérant trouver l'échelle. L'attendre parce qu'il venait m'aider? Je n'avais que ça à faire, tiens, rester en haut de mon perchoir et attendre patiemment! Même Lyuu, étiré par sa position plus que précaire, était sur le point de lâcher. Nous ne pouvions plus tenir comme ça très très longtemps! Et pourtant voilà que le faux blond me demandait d'arrêter de bouger, avant de me demander bêtement où j'étais passée. Non, mais c'est un incapable ce type! Vite, fait quelque chose, imbécile!

- Je suis partie me faire cuire une tarte, non, mais qu'est-ce que tu crois?! Je suis juste là alors arrête de faire n'importe quoi et aide moi espèce de dégénéré! C'est vachement haut ce truc, dépêche!

Oui, bon, on va me pardonner, j'étais en pleine panique, très haut et prise de vertige, c'était un peu normale que ma patience soit... inexistante. Tout comme ma compréhension ou ma gentillesse, admettons-le. Que voulez-vous, la vérité, c'est que j'étais terrorisée, mais que je ne voulais pas l'admettre. Je ne le pouvais pas. Mon orgueil ne me l'aurais jamais pardonné. Fort heureusement, il réussi finalement à atteindre l'échelle et je la sentis se stabiliser, pour un moment. Un très, très petit moment, avant que tout ne commence à basculer. Ma main glissa, lâchant Lyuu qui tombait lui aussi au sol de son côté. Je n'avais toutefois même pas le temps de m'en soucier, la gravité me traînant bientôt vers le sol et, frappée de stupeur, je ne criai même pas. J'allai m'écraser sur quelque chose de moins dur que le sol, mais qui tomba avec moi, amortissant ma chute. Encore sonnée, il me fallu quelques secondes avant de commencer à me relever, toujours désorientée par le choc. Ce fut la voix de l'adolescent qui regardait sous les jupes qui me ramena sur terre avec son ton inquiet et nerveux, empressé. Si j'allais bien? Si je voulais aller a l'infirmerie? Je pouvais m'appuyer sur son épaule?! Non, mais un tout petit instant là!

- Je vais très bien, tais-toi maintenant!

Lançais-je de mon ton toujours aussi revêche, tremblante de la tête aux pieds. Mes jambes étaient molles et mes bras faibles, encore plus que d'habitude. De petite chose, j'étais devenue une petite chose vulnérable et fragile. Cette aventure ne m'avait décidément pas réussi des masses, mais j'étais au sol, maintenant. Et parlant de choses qui étaient au sol, n'était-ce pas là mes deux livres, par terre, leurs couvertures bien en vue. Le guide du Ranger, ça va, c'est un ouvrage qui peut être consulté par n'importe qui. Par contre, les 30 Pokémon les plus mignons ayant jamais existé... Non! Il ne devait pas le voir! De quoi j'aurais l'air ensuite?! C'était comme d'avouer d'un bloc que j'aimais les poupées Pokémon, la nourriture sucrée, les pyjama colorés, les pantoufles fantaisistes et les accessoires mignons! Moi, une jeune fille pourtant si forte de caractère et si.... Peu importe si quoi! C'était juste embarrassant! Je ne voulais pas me faire juger moi! Presque en un bond, je me précipitai sur les ouvrages, le pas un peu maladroit, passant près de les échapper deux fois avant de finalement réussir à les serrer dans mes bras, pour ensuite jeter un regard mauvais de petit animal farouche en direction du garçon. Tu as intérêt à ne pas avoir vu ou sinon...!

- Je n'ai besoin de rien, strictement rien. J'ai tout ce que... je voulais.

Terminais-je de façon soudainement plus calme, réalisant que ce n'était pas vrai du tout. Je relevai mon regard chocolaté vers la fameuse tablette, beaucoup trop haute pour moi. Les autres livres y étaient toujours, hors de ma portée. J'avais tellement envie de pouvoir les consulter et les feuilleter, sans courir le risque de les abîmer dans la chute ou de me tordre le cou au bout de l'histoire. Mais c'était impossible, je ne retournais pas sur cet engin de l'enfer de si tôt. Mes pieds resteraient sur terre et je ne dépasserais plus jamais la marque des 144 centimètres, j'étais clouée au sol, fin de l'histoire! Enfin, en attendant, le garçon envahissant, lui, était toujours là. Ses grands yeux tellement innocents, son air tellement serviable, comme décidé à m'aider moi en particulier. C'était gênant, vraiment! De quoi m'en faire presque piquer un fard et, bien sûr, m'énerver. Parce que c'est plus facile que de laisser les gens être gentils avec vous et croire que vous le mériter, parce qu'ils pourraient être tentés de recommencer et d'essayer de devenir vos amis. Et au final, les amis, ça fini toujours par vous trahir. J'enfonçai ma tête dans mes épaules, laissant mes mèches châtain venir encadrer mes traits gênés. Définitivement....

- Je n'en ai pas besoin.

Conclus-je avant de tourner les talons, abandonnant le faux blond sur place. Ou, à tout le moins, tentais-je de le faire.
Ginji Labelvi
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Sujet: Re: Haute voltige en territoire littéraire | feat. Ginji   Jeu 10 Sep - 19:25
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Hein ? Me faire avaler un bouquin ? J'ai jamais goûté, ça a un bon goût ? Et puis c'est pas un peu bizarre comme endroit pour faire des tartes ? Remarque ça éviterait que des gens comme moi la mangent avant qu'elle n'ait le temps de refroidir... Raaah, j'ai faim maintenant ! 'Fin j'avais faim avant aussi, mais là, encore plus.

Et j'ai pas compris sinon, au final, elle voulait que je l'aide ou pas ? Parce qu'une fois elle me dit qu'elle se débrouille bien, et l'autre fois que je devais arrêter de faire n'importe quoi et lui porter assistance... Le tout en me disant des trucs pas sympas, en plus. Par exemple, elle m'a traité de « père vert » ! Je ne sais pas vraiment ce que c'est censé vouloir dire, mais en tout cas je suis sûr que c'est pas sympa, parce que j'entends souvent les gens dirent ça à quelqu'un d'autre de manière méchante. Je crois. Je pense. J'en ai aucune idée, en fait.

Dans tous les cas, elle est désormais à terre, et toujours aussi animée, au passage. Lorsque je lui demande si elle veut que je l'amène jusqu'à l'infirmerie, elle me rétorque qu'elle se porte très bien, et me demande de me taire. Mais comme elle est toute tremblante, elle ne paraît pas très crédible. Elle est sûre d'aller bien ?... Peut-être qu'en fait, elle à l'habitude de trembler, et qu'elle est atteinte de la maladie de Parkinson ! Ce qui expliquerait pourquoi elle était aussi agitée sur l'échelle ! La pauvre, ça doit être horrible d'être constamment tremblotante ! Je ne savais pas que l'académie accueille des élèves atteints de ce genre de maladie...

« -Euh d'accord ! Je me tais !... Oups désolé, j'ai parlé du coup, je voulais pas ! Aaaargh, j'ai recommencé ! M'en veux pas ! Arf, j'ai continué ! Je fais pas exprès, je te jure ! Parce qu'en fait je peux pas m'excuser de ne pas ne pas te parler sans parler donc du coup je parle et je dois continuer de m'excuser de ne pas ne pas parler en parlant....  »

Que de complication, dans mon cerveau ! Mais que faire alors ? M'arrêter net ? Mais c'est impoli ! Quoique, pas plus impoli que de regarder sous la jupe d'une fille... Mais je l'ai pas fait ! Je vous le jure !

Ma rougeur temporairement partie revient aussitôt à l'assaut à cette pensée, mais je ne saurai dire si la jeune fille l'a remarqué, puisqu'elle se précipite sur deux livres non loin. Eh mais, c'est pas à cause de l'un d'eux que j'ai trébuché, par hasard ? Pas le temps de vérifier, puisqu'elle les ramasse maladroitement, avant de me lancer un regard farouche, déclarant avoir tout ce dont elle a besoin. Sauf que la fin de sa dernière phrase se fait sur un tout autre ton, tandis que ses yeux se braquent sur une tablette plus en hauteur. Mon regard suit, avant qu'elle ne me lance une dernière parole, et je n'ai pas le temps de me retourner qu'elle tourne déjà les talons.

Mes yeux papillonnent entre elle et la tablette, et j'ai un léger moment d'hésitation. Mais au bout d'à peine quelques secondes, je finis par décrocher une Pokéball de ma ceinture, et appuie sur le bouton central. Harissa en sort en se posant sur le rebord d'une étagère, et me lance son traditionnel sourire carnassier. Je l'ignore, et lui montre la tablette du doigt.

« -Patiente deux minutes avant de faire une bêtise. Tu peux me faire tomber les livres qui sont là-haut ?  »

L'Emolga regarde les livres en question avec un air interrogateur, avant de hausser les épaules. Elle s'élance pour planer quelque secondes à peine et se pose près des livres, pendant que je me positionne juste en face d'elle. Elle pousse alors les livres un par un, ne me laissant le temps d'attraper que les deux premiers, le troisième et le quatrième me tombant sur la tête, et le cinquième sur mon dos. Me mordant la lèvre à chaque fois, je finis par tous les ramasser, tout en remerciant Harissa, puis me précipite vers l'allée centrale. J'ai le temps d'apercevoir brièvement la chevelure de la jeune fille tournant à l'angle d'une étagère, je me mets donc à courir dans sa direction.

« -Attends ! »

Je parviens à l'étagère en question et me dirige directement à droite. Sauf qu'elle s'est visiblement arrêtée lorsque je l'ai appelé, puis a fait volte-face... Je la percute donc à pleine vitesse, faisant tomber nos livres et nous-même au sol. A terre, je me frotte le crâne, et relève la tête en voyant Harissa se poser sur une table. Elle ricane tout en pointant du doigt -fin de la patte- la jeune fille, ce qui me fait aussitôt réagir. Je me relève et m'approche pour l'aider à faire de même, définitivement embêté par toute cette histoire. Surtout que les regards des quelques lecteurs perturbés par tout ce vacarme sont braqués droits sur nous... Mais je n'y fais pas plus attention que cela, beaucoup trop occupé à m'excuser.

« -Aaaaah ! Désolé ! Ça va ? Je... Attends, je vais ramasser tes livres !  »

Je m’exécute aussitôt, et réunis les livres qu'elle portait précédemment ainsi que ceux que j'ai amené. Une petite pile se forme bientôt, et je pose à son sommet le dernier bouquin restant. Je les soulève ensuite maladroitement, et les lui tends.

« -Je... J'ai pris les livres que tu regardais tout à l'heure ! T'avais l'air de les vouloir, alors je... Aaarf, non !  »

Mes deux mains droites ayant décidé d'en faire qu'à leur tête aujourd'hui -je suis gaucher, hein-, le premier livre se trouvant tout en haut de la pile chute une nouvelle fois au sol. J'attends que la brune ait attrapé tous ceux que je lui tends, ne tenant pas compte de ce qu'elle dit, avant de me baisser pour ramasser le bouquin récalcitrant. Je reconnais aussitôt la couverture, et ne peux m'empêcher de lui faire la remarque.

« -Oh ! "Les trente Pokémons les plus mignons ayant jamais existé" ! Je l'ai lu celui-là, il y a des photos super méga trop 'gnones dessus ! Mais il date un peu, je crois qu'ils ont fait une nouvelle édition considérant tous les Pokémons répertoriés jusqu'à nos jours... Si tu veux je peux te montrer où il est, je crois me souvenir où je l'ai vu !  »

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Sujet: Re: Haute voltige en territoire littéraire | feat. Ginji   Jeu 10 Sep - 21:21
Je lui avais dit de se taire et j'avais été très claire là-dessus! Pourtant, le voilà qui repartait de plus belle, parlant pour ne rien dire, s'excusant de parler alors qu'il ne devait pas parler, sans oser arrêter et finalement la fermer. C'était énervant! J'avais déjà vécu assez d'émotions fortes là, je n'avais pas la patience d'endurer ça, d'autant plus que je lui avais expressément demander de se taire et que, surtout, il continuait de façon.... bah, il avait l'air sincèrement gentil quoi. Innocent au possible alors que, dès son arrivée, il avait maladroitement fait de son mieux pour moi et ça m'énervait, beaucoup. Ça me semblait tellement.... forcé? Enfin, je veux dire, il y a des gens gentils et des gens gentils et là, c'était clairement exagéré. Ainsi, je l'avais interrompu sans réfléchir, avec une claque improvisée qui, bien sûr, ne le tapa pas si fort que ça, considérant que... ouais. Ce sont mes bras, on va pas aller loin avec ça.

- Mais la ferme à la fin! Tu m'énerves!

Et c'est ensuite que j'avais récupéré mes livres et, surtout, mon starter venu s'enrouler à mon cou tel un foulard de type dragon, comme à l'habitude. Je n'avais pas vraiment besoin de ces autres livres, ils seraient juste lourds à porter. Sans oublier que j'avais quelques devoirs à faire, déjà, donc c'était peut-être mieux de ne pas me surcharger. Voilà, ces excuses fonctionnaient. Elles n'étaient pas sincères, mais elles étaient suffisantes. Quant à la présence du faux blond, je pouvais tout autant m'en passer. Il était beaucoup trop gentil, beaucoup trop niais, ce n'était pas naturel et ça me rendait mal à l'aise, d'autant plus que cette gentillesse était dirigée vers moi, rien pour arranger les choses. De mon petit pas décidé, je me dirigeais donc vers la sortie, le visage enfoui dans mon starter, mes longs cheveux châtain tirant un peu à cause du serpent sur mes épaules. La sortie n'était plus très loin, ou plutôt le comptoir des prêts, mais il n'en avait pas terminé celui-là. Attends? Les sourcils froncés, joues un peu gonflées, je me retournai pour lui faire face, mes livres toujours serrés contre moi, mécontente qu'il vienne encore me faire perdre mon temps et là... PAF. Encore! Nos livres nous tombèrent des mains et, pour la seconde fois, j'allais m'écraser au sol. C'est que j'avais un abonnement ou quoi?! Sauf que cette fois, pour rajouter une bonne couche d'humiliation, un petit écureuil volant avant décidé de se moquer en plus. Assez c'est assez! Je me relevai d'un bond, replaçant mon starter sur mes épaules, prête à récupérer mes livres, sauf que...

- Je n'ai pas besoin de ton aide pour les ramasser, je peux le faire!

Et puis, d'où sortaient tout ceux... là? Il y avait beaucoup plus de livres que ce que j'avais pris. Il les multipliait ou quoi? Eh? Mais! C'était ces livres là! Il avait réussi à aller les chercher, pour moi, et il m'avait pris en chasse pour me les donner? La pile tendue vers moi, je l'écoutais sans trop comprendre. Parce que j'avais l'air de les vouloir? Mais bien sûr que je les voulais, mais je ne pensais pas... Quelqu'un avait du m'aider à les récupérer. Quelqu'un qui avait décidé de m'aider avec autant de naturel qu'il était possible d'en faire preuve, s'exécutant sans même que je ne le demande. Simplement un garçon bienveillant, innocent. J'étais gênée autant que j'étais contente, j'en avais le souffle presque coupé. Je ne m'étais pas attendu à ça. Je l'avais insulté, je l'avais même frappé et j'étais partie comme une petite furie, sans même prendre en compte ses sentiments ou si j'avais pu le blesser. Mais il l'avait fait quand même et j'étais contente. Tellement contente que, une fois de plus, j'en étais choquée. Quelque chose dans cet élève venait me déranger jusqu'au plus profond de moi, m'énervait et me donnait envie de le taper derrière la tête et de lui crier dessus. C'est d'une impulsion que je réagis, encore, plutôt que de simplement laisser passer ce que je ressentais vraiment.

- Tu ne vois pas que c'est beaucoup trop lourd pour mes bras, tu ne m'aides pas du tout là! Comment je vais les porter jusqu'à mon dortoir?!

Dis-je en prenant tout de même les livres avec une attitude revêche et furibonde. Dans la maneuvre, combiné probablement à mon attitude rustre qui avait peut-être surprit le garçon déjà maladroit, le livre du dessus était tombé au sol et, bien sûr, il fallait que ce soit celui-là. Les trente Pokémon les plus mignons ayant jamais existé. Il aurait pu me le rendre, me laisser le reprendre et juste se taire, ne pas m'embarrasser encore plus, ne pas faire la moindre remarque sur l'existence même de ce livre, mais bien sûr, il devait absolument me provoquer. Sauf que, si je m'étais attendu à ça, alors là. Il l'avait lu?! Quoi?! Parce qu'en plus, lui aussi était fan de Pokémon mignons? Il y avait une nouvelle édition, plus récente, qui regroupait aussi les nouveaux Pokémon trouvé depuis l'édition de celui-là? Je devais donc emprunter les deux, pour pouvoir tous les voir, puisque des Pokémon de l'édition précédente avaient forcément été remplacés pour la nouvelle. Si ça se trouvait, j'aurais soixante Pokémon mignons au lieu de trente! C'était une occasion à ne pas manquer, me disais-je avec les joues rosées, mon grand regard chocolat plein d'étoiles.

- Vraiment? Ils ont pensé à rajouter Limonde? Tu sais si Victribell et Gloom sont dans la vieille édition? Ces Pokémon sont toujours oubliés, mais ils sont tellement....

Un instant. Stop. Je suis en train de dire quoi moi là? Surtout, je suis en train de faire quoi? C'est moi ou je viens tout juste d'admettre ouvertement que j'aime les Pokémon mignons, que je veux en voir plus et, surtout, que j'ai des goûts extrêmement bizarres? Raaaaah! C'était de la faute de ce satané faux-blond! Son attitude gentille et ouverte et serviable et tout ce qui suivait, c'était de sa faute si je parlais soudainement trop comme ça! Et puis pourquoi lui se permettait-il de me dire ça comme ça, de façon aussi détachée, comme s'il n'avait pas du tout honte d'avoir lu les deux éditions et de savoir où elles se trouvaient. Il m'énervait! Mais il m'énervait! C'était de quoi faire passer mes joues au rouge et me braquer de nouveau en lui arrachant le livre des mains pour le remettre tant bien que mal sur la pile que j'avais déjà beaucoup de mal à soutenir, mon visage disparaissant du même coup presque entièrement derrière les ouvrages. Tant pis, je pouvais me débrouiller toute seule pour ça aussi!

- Tu n'as rien entendu! Je peux me débrouiller toute seule et je n'aime pas les gens comme toi. Tu as l'air idiot à agir comme ça, comme si tu demandais aux gens de se servir de toi. C'est comme les hypocrites qui se forcent à être gentils, pour forcer les gens à les apprécier. C'est énervant!

Surtout lorsqu'ils le faisaient bien, lorsqu'ils vous donnaient envie d'être leur ami et de leur parler. Surtout quand, pour vous, ça n'a jamais marché avant, mais que eux, ça leur va trop bien. J'aurais préféré ne jamais le croiser, cet imbécile!
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Sujet: Re: Haute voltige en territoire littéraire | feat. Ginji   Ven 11 Sep - 18:36
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« -Anh ! Ça serait génial qu'ils l'aient rajouté ! Mais j'ai pas vérifié, j'avais déjà tout un tas d'autres bouquins à lire.  Par contre, j'ai déjà adressé un courriel à l'éditeur avec des photos de tous mes Pokémons ! Si ça se trouve, ils ont peut être pris l'image de mon Limonde ! Par contre, aucun souvenir d'Ortide et d'Empiflor, ils les ont peut-être oublié...  »

Voila qu'elle s'est mise à se montrer plus enthousiaste ! Apparemment, elle aussi trouve que Limonde est un Pokémon mignon... C'est la première fois que je rencontre quelqu'un de cet avis ! 'Fin, il y a bien eu Selana, mais elle c'est plus par rapport à l'affinité de type, puisqu'elle est spécialiste Sol. Était, plutôt. Elle a quitté l'académie au début des vacances... Je suis triste qu'elle ne soit pas venue me le dire. Elle en a informé Aileen et Orren, pourquoi pas moi ?... Et elle n'est pas la seule. Personne ne vient jamais me dire au-revoir. Ou même adieu. Comme s'il était normal que les gens disparaissent du jour au lendemain, comme si nous ne faisons partis de la vie des autres que durant quelques secondes, et que dès que quelqu'un quitte notre champ de vision, il n'existe plus. C'est... Accablant. Oui, c'est vraiment accablant.

Mais je n'ai pas le temps de me morfondre, surpris par la saute d'humeur de la brunette. Brunette tiens, je vais l’appeler. 'Fin elle est plus châtain que brune, mais je ne vais pas non plus l’appeler Châtaigne, mon Zéblitz a déjà ce surnom. Va pour Brunette, alors !... Ah bah oui, passé un moment sans connaître le prénom d'une personne, je lui associe un surnom pour plus facilement m'y retrouver. Mes pensées sont déjà assez bordéliques comme ça, vous ne croyez pas ?

D'ailleurs, en parlant de bordel, c'est marrant comme Brunette est pleine de contradiction. C'est un peu... Déstabilisant ? Ses paroles et ses gestes semblent s'opposer en permanence, ce qui fait que je ne sais pas du tout comment réagir. Elle a dit qu'elle peut pas porter tous ces livres, pourtant ça ne l'empêche pas d'arracher celui que j'ai entre mes mains pour le poser en haut de la pile que je lui ai donné précédemment. Et même ses dires se contredisent ! Alors que je croyais la discussion lancée, elle me dit de faire comme si je n'ai rien entendu tout en insistant sur le fait qu'elle peut se débrouiller toute seule( 'faut savoir, elle peut les porter ses livres, oui ou non ?... Pouah, ch'uis perdu.), et aussi qu'elle n'aime pas les gens comme moi, que j'ai l'air idiot, que je suis comme un hypocrite qui se force à être gentil pour que les gens l'apprécie, et que c'est énervant. Bah ? Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? C'est parce que je l'ai percuté ? Raaaah, si elle continue comme ça je vais chopper un mal de crâne à force de réfléchir...

« -Mais je... ! Je veux forcer personne à m'apprécier, môa ! 'Fin c'est juste que t'avais l'air en galère, donc j'ai voulu t'aider, et que du coup bah voilà ! 'Fallait pas ? Pourtant ils te plaisent pas, ces livres ? Maintenant tu les as, tu devrais être contente, non ? »

Je peine à voir son visage derrière tous ces bouquins. Et bien qu'elle cherche à me faire croire le contraire -'fin à certains moments, parfois c'est l'inverse, elle dit le contraire du contraire qu'elle essaye de me faire croire... bref-, son attitude montre bien qu'elle a du mal à tenir toute la pile de livre. Du coup, je tends les bras pour saisir les trois premiers du dessus, puis je fais passer mon sac bandoulière juste devant moi, et je commence à les ranger dedans entre deux cahiers de cours. Cela fait, j'attrape les deux livres suivants, et les garde fermement dans mes mains, ce qui fait qu'elle n'en porte désormais que deux, elle aussi.

« -Hop ! Regarde, on peut mettre ceux-là dans mon sac, et comme ça on peut chacun en tenir deux, et tout amener à ton dortoir ! D'ailleurs, c'est lequel ?  »

A voir son attitude si agitée et colérique, je miserai sur Pyroli. Comment ça, « préjugés »? Bah en même temps, toutes les Pyrolis que j'ai rencontré jusqu'à présent sont loin d'être timides et discrètes, et ont un comportement plutôt vif. D'ailleurs, je me demande bien comment ont fait tous les directeurs de cet établissement, pour savoir répartir tout le monde en fonction de leur comportement. C'est peut-être lié au questionnaire du collectionneur ? Je ne me rappelle plus si on m'a affilé au dortoir Voltali avant ou après l'obtention d'Oz...

Mais passons. Maintenant plus libres de nos mouvements, et mon sac alourdi, je lui attrape le bras et l'entraîne avec moi dans l'allée centrale, sans tenir compte de ses protestations. Nous nous éloignons donc du comptoir des prêts, pour arriver au rayon de nouveautés, où je lâche son bras pour parcourir les étagères du regard. Harissa nous suit en planant d'étagère en étagère, voulant se délecter de cette discussion animée entre deux humains. Quelques secondes me suffisent pour reconnaître la tranche du livre, que j'attrape en me mettant sur la pointe des pieds.

« -Voila ! "Les trente Pokémons les plus mignons ayant jamais existé, Unys et Kalos edition" ! Tiens, t'as plus qu'à aller emprunter tout ça ! Par contre ça te fait... Huit livres ? Tu crois que Madame Pervenche te laissera prendre tout ça ? Si tu veux je peux t'en prendre un ou deux ! J'ai rien d'emprunté, ou à emprunter, en ce moment...  »

Je lui tends, et attends qu'elle le saisisse avec un grand sourire. C'est la moindre des choses que je puisse faire après l'avoir fait tomber de cette échelle, puis bousculé ! Puis c'est une façon de prouver ma bonne foi, je suppose, puisqu'elle semble avoir quelques difficultés à accorder sa confiance aux gens. Ça doit être nul de voir tout le monde comme des hypocrites... Elle se méfie de toutes les personnes qu'elle croise ? Ma maman m'a toujours dit de me méfier des inconnus, mais quand même...

Ma réflexion est interrompue par ma Emolga qui se pose sur mon épaule. Elle scrute Brunette de ses petits yeux, comme si elle souhaite voir au travers d'elle, et je ne peux m'empêcher de penser qu'Harissa pourrait presque lui ressembler, caractériellement parlant. Cette idée me fait sourire. Déjà que je galère avec une Harissa, alors deux ! Mais c'est vrai que les deux semblent plutôt caractérielles... Le petit écureuil volant remarque mon expression, et me lance un regard interrogateur, ce qui me fait légèrement rire.

« -Me regarde pas comme ça, j'ai rien fait ! » je redirige mon attention sur la jeune fille « Il y a d'autres livres que tu veux, Brunette ? Avec Harissa, on peut tous les attraper, sans aucun soucis ! Sinon bah, il ne nous reste plus qu'à passer au comptoir des prêts... »

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Sujet: Re: Haute voltige en territoire littéraire | feat. Ginji   Ven 18 Sep - 5:23
Il avait répondu avec enthousiasme, mentionnant même qu'il avait son propre Limonde avant d'ajouter qu'il n'en avait aucune idée, pour mes deux Pokémon plante préférés. Ça m'avait presque donné envie d'en parler librement avec lui, mais en même temps, non. Je n'en avais pas envie. Je ne voulais pas rencontrer quelqu'un et m'y lier d'amitié car, trop souvent, ça ne durait pas. C'était comme Orion. Je l'avais aidé comme j'avais pu, j'avais été aussi gentille que je le pouvais, j'avais veillé sur lui et, au bout du compte, je n'avais même pas pu lui dire au revoir avant de partir pour Lansat. Un garçon comme le faux blond, de toute façon, devait avoir tous les amis dont il avait besoin. Enfin, je ne sais pas trop, mais j'avais réagit comme à l'habitude, de la pire façon possible, en me rattrapant comme je le pouvais. Toujours aussi spontané, niais et gentil, il répondait tout en confusion, plaidant ne vouloir forcer personne à l'apprécier. J'avais juste l'air d'avoir besoin d'aide alors il avait agit, n'était-ce pas ce qu'il devait faire? Est-ce que je n'étais pas contente? Rentrant un peu plus la tête dans mes épaules, je dissimulai du même coup mes traits gênés derrière la pile de livres, me contentant de répondre en grommelant. J'ignore si c'était vraiment pour m'aider ou si ce n'était pas plutôt pour m'empêcher de fuir, mais mon fardeau s'allégea et mon visage réapparu, par le fait de l'adolescent.

Mes grands yeux chocolats se posèrent sur lui avec mécontentement alors que mes joues étaient encore un peu gonflées. M'en laissant seulement deux, il en portait lui aussi deux et le reste se trouvait dans son sac. Aussi naturellement que faire se peut, avec le sourire, non seulement il avait réglé le problème, mais en plus il se portait volontaire pour me raccompagner jusqu'à mon dortoir, sans même se formaliser de l'identité de celui-ci. Il était juste prêt à m'accompagner, sans rien demander en retour. Ça semblait tellement facile pour lui, c'était d'autant plus frustrant. Pourtant, la tête basse et serrant les deux livres qui me restaient contre moi, je lui répondis. Ma voix était certes toujours faible et mes traits toujours fermés, mais c'était déjà une amélioration, non?

- Mentali. C'est le dortoir Mentali.

Et c'était un peu gênant de l'avouer. Le dortoir des belles, des douces, des gentilles, des délicates et des jeunes femmes soignées. Certes, j'aimais énormément les choses mignonnes et les petites robes, mais je n'avais aucun talent pour ça et ma personnalité était, enfin, vous savez bien. Difficile de deviner, juste par ma façon de le traiter, que j'appartenais au dortoir de Melty Potts. Je ne pu pourtant pas y penser plus longtemps puisqu'on me tirait, littéralement, hors de mes pensées. Sans en avoir le choix, je suivais le pas de course de l'adolescent dans les allées de la bibliothèque, surplombés par son écureuil volant qui nous suivait dans ce qui ressemblait en tous points au début d'une aventure. M'entraînant dans son sillage, il semblait prêt à me faire découvrir un moment nouveau, sans se soucier de mes petites protestations en petits bruits timides, mais pourtant bien mécontents. Je ne retrouvai le silence que lorsque notre chemin toucha à sa fin, à la fois encore sous le choc et curieuse de voir ce qu'il me réservait encore. Se tournant vers moi avec un large sourire, il m'offrait la nouvelle édition du Saint-Graal, droit devant mes yeux ébahis. Relevant mon regard vers lui, j'étais forcée d'accepter qu'il était tout à fait sérieux, même lorsqu'il proposait d'emprunter des livres pour moi, une inconnue. Les sourcils toujours froncés, comme marquant mon découragement, j'esquissai pourtant un sourire timide et baissant la tête de nouveau et en récupérant l'ouvrage.

- Tu es vraiment borné. Tu finiras par le regretter.

Déposant mes autres volumes sur une étagère vide, je parcouru la reliure de celui-ci du bout des doigts, en pleine contemplation, avant de l'ouvrir, pour parcourir la table des matières. Voyons voir ça.... Section Pokémons électriques, page 43. Tournant les pages, je la gagnai, découvrant une espèce de souris hamster orangée. Un dedenne, à en croire la légende. Mmh, ce n'était pas mal, mais je cherchais toujours le limonde moi. Enfin, jusqu'à ce que la voix de l'adolescent ne me fasse relever la tête. Ne pas le regarder comme ça? Oh, il parlait à son écureuil volant? J'allais retourner à mes recherches lorsque son regard pétillant vint retrouver le mien, me demandant si je voulais autre chose. Le garçon semblait toujours aussi sincère, toujours aussi innocent. C'était comme s'il ne portait aucune mauvaise intention, comme s'il était simplement qui il était, doux et bienveillant, sans jamais douter du chemin qu'il était bon d'emprunter. Il était là pour m'aider, ni plus ni moins. Fidèle à mes habitudes, je fronçai les sourcils, dissimulant jalousie, malaise et envie en manières rustres et désagréables.

- Tu veux que j'aie assez de livre pour m'enterrer dessous ou quoi? C'est bien plus qu'assez. Enfin, je suis quand même déçue...Il n'y a pas de Limonde.

Conclus-je de manière plus évasive, récupérant les deux derniers livres avant d'ouvrir la marche vers le comptoir des prêts, suivie par le faux blond qui avait donc accepté de prendre la moitié de mes ouvrages, pour que je puisse repartir avec le tout. Lentement, mais sûrement, mon enthousiasme à l'idée de pouvoir consulter tous ces magnifiques bouquins commençait à me revenir, effaçant peu à peu la peur qui m'avait envahie, lorsque je m'étais retrouvée coincée tout en haut de l'échelle maudite. C'est donc avec moins d'animosité que je remerciai la bibliothécaire et que j'attendis le garçon près de la sortie, en m'assurant toutefois de ne pas le regarder et de plutôt regarder un peu partout autour. Lorsqu'il m'eu rejoint, nous pûmes donc gagner le couloir et nous mettre en marche. Si, au départ, je me fis silencieuse, le regard curieux de Lyuu était assez distrayant. L'élève semblait éveiller sa curiosité et, bien sûr, mon starter se mit à couiner un peu et à me mordiller les cheveux, pour m'inciter à partager cette curiosité. Satané serpent de mer! Mon air un peu renfrogné par la timidité, j'accordai un regard en coin au faux blond.

- Je m'appelle Ellie, au fait... Et merci du coup de main. En fait...

Reportant mon regard dans la direction opposée, je rentrai une fois de plus la tête dans mes épaules, laissant mes mèches châtain encadrer mon visage et dissimuler partiellement mes traits. Timide et sauvage jusqu'à la fin, il semblerait.

- C'était important pour moi, ces livres. Je veux devenir ranger, parce qu'il n'y a presque plus de Pokemon sauvages là d'où je viens, alors forcément... Mais ça ne veut rien dire! Ce n'est pas parce que tu m'as aidé et que tu es gentil que je suis obligée d'être ton amie ou quoi que ce soit!
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Sujet: Re: Haute voltige en territoire littéraire | feat. Ginji   Ven 18 Sep - 21:45
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Je suis borné ? J'ai toujours su que je suis quelqu'un de plutôt entêté, même si on ne m'a jamais fait la remarque. J'ai jamais vraiment fait gaffe à ce trait de caractère d'ailleurs, c'est mauvais ? Après tout être borné, ça peut être interprété comme de l'obstination, tout comme ça peut être de la détermination. Mais visiblement, selon Brunette, mon entêtement va m'apporter des problèmes. A moins que cela soit ironique ? Je ne sais pas, elle se contredit tellement souvent, je ne sais plus trop quoi penser de ses paroles...  

« -Tu crois qu'il faut que je change ça ? C'marrant, d'habitude les gens me disent plutôt de rester comme je suis ! Je dois peut-être faire des efforts, alors. Je sais pas, c'est mal que je cherche à t'aider ? »

Elle a déposé ses deux livres pour observer celui que je viens de lui passer. Elle laisse glisser ses doigts le long de la reliure, avant de l'ouvrir et de consulter quelques pages, concentrée. Néanmoins, ma question la tire de sa lecture, et lorsque mon regard croise le sien, je constate qu'elle a toujours cet air un peu renfrogné. Pourtant, elle-même dit qu'elle en a eu plus qu'assez, niveau livre. Elle devrait s'en réjouir, non ? Après tout, mieux vaut trop que pas assez ! C'est le goinfre qui vous le dit ! Ah moins que cela soit l'absence de Limonde dans le bouquin qui lui fasse tirer cette tête là. Je fais une petite moue déçue, comprenant que mes photographies n'ont probablement pas été retenues. Pourtant, Soul mérite amplement d'être dans ce livre ! Celui-là, et le livre des records, aussi. Après tout, les deux seules compétitions que j'ai remporté dans cette académie, c'est grâce à lui ! Puis il fait planche de surf, puis tapis volant, puis il latte des Ecremeuh, puis il est balèze mon Soul ! T'inquiètes pas mon grand, je te jure qu'un jour, on saura reconnaître ta valeur !

C'est vrai que quand on y repense, on pouvait difficilement donner le maigrichon maladroit et son Pokémon Sol gagnant de la Course Maritime d'un coup d’œil. Puis même avec plusieurs coups d’œil, en fait. C'est vraiment triste, Soul a pourtant plein de potentiel... Et moi ? Est-ce que j'ai du potentiel ? C'est plutôt présomptueux d'affirmer une telle chose. Peut-être bien qu'il y a vraiment une raison, au fait que je ne sois vraiment pas crédible aux yeux des autres. Au de-là de mon apparence et de mon comportement plutôt enfantin, je veux dire... Bah, qu'importe. Je n'ai besoin de prouver ma valeur qu'à moi-même, de toute façon.

Comme pour m'en rassurer, je hoche lentement la tête d'un air convaincu. Puis, me rappelant du sujet de la conversation, je hausse les épaules avant de faire un petit sourire.

« -Bah ! Ils le rajouteront dans la prochaine édition. On va les harceler de courriel !  »

Brunette récupère ses deux autres bouquins, en plus de celui qu'elle tient actuellement, avant d'ouvrir la marche. C'est moi, ou son pas semble moins forcé ? Je la suis sans un mot, Harissa toujours postée sur mon épaule, et ses autres livres avec moi. Nous finissons par arriver au comptoir des prêts, où elle réserve d'abord les trois qu'elle possède, plus l'un de ceux que j'ai dans les mains, tandis que je prends pour mon compte les quatre autres. Madame Pervenche me regarde suspicieusement, n'ayant visiblement pas oublier notre discussion précédente, et voulant probablement me dissuader du regard de recommencer à grignoter tout en lisant. Je hoche timidement la tête lorsque j'attrape les livres qu'elle me tend après les avoir scanné, comme pour lui faire comprendre que j'ai bien capté le message, avant d'aller rejoindre la Dresseuse du Minidraco, qui m'attend devant l'entrée en observant les alentours. Dès que j'arrive à sa hauteur, nous nous remettons en marche.

Au début, le trajet est plutôt silencieux. L'air tranquille, je sers contre moi les livres empruntés pour Brunette, qui semble encore un peu raide, malgré qu'elle se montre un tantinet moins hostile que lors des minutes précédentes. Mais après quelques instants, son Pokémon, jusqu'à présent extrêmement discret, se manifeste d'un couinement et commence à s'agiter. La façon dont il se tortille m'amuse, et je ne peux m'empêcher de lâcher un petit rire à la vue de la scène.

C'est alors que la jeune fille reprend la parole, pour aborder un sujet encore ignoré jusqu'à présent : l'identité de l'autre. Ah bah oui tiens, c'est vrai que Brunette c'est pas son vrai prénom. Ah, et... Elle me remercie, au passage ! J'avoue ne pas m'y être attendu, mais ça me fait plaisir en tout cas. J'ouvre la bouche pour lui répondre, mais elle détourne le regard et enfonce un peu plus sa tête dans les épaules, avant de reprendre la parole. Si elle désirait tous ces livres, c'est dans la perspective de son parcours, alors... J'avoue ne pas avoir vraiment fait gaffe de ce dont traite chacun des bouquins que j'ai récupéré pour elle, et je baisse aussitôt les yeux pour observer ceux que je tiens. Celui qui se trouve tout en haut se nomme « Le guide du parfait Ranger ». Oh, je vois ! Elle aspire à devenir Ranger, tout comme Cael. C'est une belle profession je trouve, venir en aide aux personnes qui en ont besoin !

Pendant l'espace d'une seconde, j'ai espoir qu'elle décide enfin de s'ouvrir à moi, mais cette impression s'arrête aussitôt qu'elle reprend. Je sursaute légèrement, surpris par ce brusque changement d'attitude, qui n'est pas sans rappeler les sautes d'humeurs de Selana. Sautes d'humeurs qu'il ne me sera probablement plus jamais donné d'apercevoir... Un peu paniqué, je lui réponds aussitôt.

« -Euh oui ! D'accord ! J'ai compris ! Mais euh de toute façon je veux forcer personne môa ! Je veux juste te filer un coup de main ! ... J'attends rien en retour, hein. »

Je me calme sur la dernière phrase, prenant un ton plus posé, avant de me présenter à mon tour.

« -Moi, c'est Ginji ! Et du coup, la petite boule de poil teigneuse là, c'est Harissa. » la petite boule de poil en question me tire la langue « Et euh, de rien. Je crois. Je t'ai quand même fait tomber à deux reprises, c'est la moindre des choses !... C'est cool, que tu veuilles devenir Ranger. Secourir les gens et protéger la faune et la flore, c'est vraiment un beau métier. C'est très gentil de ta part de te mettre au service des autres! »

Nous tournons à l'angle d'un couloir, et nous franchissons bientôt une porte pour quitter le bâtiment principal. Nous prenons un chemin qui mène à la fois au dortoir Noctali, mais aussi, et surtout, au dortoir Mentali, celui d'Ellie. Étant un peu gêné par ses dernières paroles, mais souhaitant reprendre la conversation, je retente un début de discussion.

« -Alors, tu t'y plais, au dortoir Mentali ? La préfète est sympa, c'est une bonne connaissance. Et euh... » je penche légèrement la tête vers son oreille, et continue à voix basse « ... Elle peut parler aux espriiiits... Mais chut, c'est un secret... » je me redresse, et reprends comme si de rien n'était  « Les quelques Mentalis que j'ai rencontré ont été plutôt gentilles, elles aussi. Il y a mon amie qu'est à ce dortoir, d'ailleurs !... Même si ça fait un moment que je l'ai pas vue. »

Une petite boule se forme dans mon ventre à cette évocation. Je n'ai aucune idée de ce qu'a pu devenir Estelle depuis mon enlèvement par la Team Rouage. Pendant les vacances, ça ne m'a pas plus dérangé que ça, je pensais qu'elle était partie chez elle comme bon nombre d'élèves, mais ça va faire une semaine que nous sommes tous rentrés à Lansat, et je n'ai toujours pas de nouvelles. Je sais bien que la plupart des étudiants sont occupés par la reprise des cours, et puis ce n'est pas comme si nous avions des spécialités qui concordent au niveau des emplois du temps, mais quand même... Je ne sais pas, si c'est mon amie, on est censés se voir un peu plus souvent, non ? Ou au moins avoir des nouvelles de l'autre. Peut-être que je devrai moi-même prendre l'initiative, et lui envoyer un message ?... Ouais, je ferai ça dès que j'en ai l'occasion.

« -Emo ? »

Harissa me tire sur la joue, visiblement curieuse. Espérant que ma mine ne l'ait pas trop inquiétée, j'attrape délicatement sa petite patte de deux doigts, et la retire de ma joue où l'on doit maintenant voir une petite marque rouge. Souhaitant penser à autre chose, je change aussitôt de sujet.

« -Oh ! Sinon Ellie... » un nouveau sourire innocent s'affiche sur mon visage « ... Ça te dirait, de voir mon Limonde? »

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Sujet: Re: Haute voltige en territoire littéraire | feat. Ginji   Sam 19 Sep - 21:40
Je lui avais concédé qu'il était borné, avec un faible sourire. Oui, pour moi c'était une qualité, mais une qualité triste lorsqu'on la retrouvait chez des gens aussi gentils que cet inconnu aux cheveux châtains, presque comme les miens. Pourquoi, vous voulez savoir? Simplement parce que dans toutes les années que j'avais passées à Phénacit, j'avais essayé d'être cette personne, j'avais essayé avec vraiment beaucoup de bonne volonté et, pourtant, des années plus tard, mon seul véritable ami était toujours mon grand frère. Mais bon, peut-être cela fonctionnait-il mieux pour lui que pour moi? Me dis-je, tentant d'être de bonne foi jusqu'à ce que sa voix s'élève de nouveau, toujours aussi nerveuse et rapide, toujourd aussi soucieuse et concernée. Il me demandait ça à moi?! Non, mais il était vraiment idiot ou quoi? Il y a des limites à la naïveté et au dévouement envers les autres. Qu'il me rende service s'il le voulait, mais là c'était clairement trop! Bien sûr que j'allais froncer les sourcils et lui renvoyer une réplique brutale, il me suppliait presque de le faire, c'est carrément ça!

- On vient de se rencontrer, me demande pas ça à moi. Tu te rends compte à quel point c'est con d'être prêt à changer pour des étrangers?!

Sur quoi j'avais plongé avec plus d'intensité dans le recueuil de Pokémon mignons, pour bien lui faire comprendre que la discussion s'arrêterait à ça pour moi et qu'il n'y avait rien de plus à dire. Non, mais quelle idée! Et s'il était tombé sur quelqu'un de moins respectable que moi, il avait le mot cible écrit en gros dans le front là. Enfin, pas besoin d'être aussi agressif que moi, mais il faut quand même garder un minimum de distance avec les étrangers quoi. On ne leur demande pas des trucs comme ça, ça ne se fait pas. C'est un allé simple pour se faire utiliser ou pour qu'on se moque de nous ou rooooh, qu'est-ce que j'en sais. Je voulais juste trouver Limonde dans ce livre moi, c'est tout. Malheureusement, on sait tous, maintenant, qu'il n'y était pas. Après lui avoir partagé cette vérité, la réaction du garçon fut exactement celle à laquelle on pouvait s'attendre. Sortant de ses pensées, vint un haussement d'épaule accompagné d'un sourire. Les harceler de courriel pour l'inclure dans la prochaine édition? Et il était sérieux? Et puis c'est quoi ce "on"?! Il est tellement naïf, tellement détendu, tellement convaincu qu'on va lui prêter attention, sauf que ça ne fonctionne pas comme ça. S'il passe sa vie à attendre que l'éditeur accepte d'ajouter son Limonde, il n'y sera jamais.

- Ne m'inclus pas dans tes plans débiles, tu leur enverras des courriels tout seul! Ce sont des hommes d'affaires, ils ne savent pas reconnaître les Pokémon vraiment mignon quand ils les voient. Si on veut qu'il y soit, notre seul espoir serait de le rajouter nous-même.

Avais-je terminé avant de récupérer mes livres et d'ouvrir la marche vers le comptoir des prêts, pour l'enregistrement. Une fois cela fait, nous avions pu quitter la bibliothèque pour nous engager dans les couloirs, là où Lyuu avait commencé à faire des siennes. Lui qui était pourtant habituellement si craintif à l'endroit des inconnus, le voilà qui, hors de nulle part, décidait de laisser sa curiosité prendre le dessus. Dire que, d'habitude, nous partagions toujours les mêmes réactions, étant tous les deux plutôt timides. Pourquoi agissait-il donc de manière si différente cette fois? Remarque, était-ce lui qui était bizarre ou moi qui était curieuse, mais qui ne voulait pas me l'admettre? Raaaaaaah, et puis osef de tout ça! Qu'est-ce que ça change de toute façon. Aller, on continue l'histoire et puis c'est tout, non, mais oh. Alors, on en était où? Ah oui! Je m'étais présentée et je lui avais même vaguement parlé de ce que je voulais faire. Puis, soudainement inquiète à l'idée qu'il décide d'en profiter avec toute sa gentillesse maladive pour croire que ça signifiait que je voulais bien être son amie, je m'étais rattrapée avec hargne et impulsivité, en jeune fille rustre et désagréable. Sauf qu'il ne s'en était pas non plus formalisé. Il n'attendait rien en retour, il avait compris, ça ne le dérangeait pas. Levant un sourcil, je le dévisageai, les traits en mode : non-mais-tu-me-troll-là-tu-pourrais-te-forcer-un-peu-au-moins-c'est-pas-possible-être-mou-à-ce-point. À quel point peut-on vraiment, sincèrement, se laisser agresser comme ça sans jamais réagir?! Pas possible, ce type. Pourtant il avait continué, ce grand idéaliste, ou plu simplement Ginji selon ses présentations. C'était vraiment un nom bizarre, mais c'était parfait, puisque l'adolescent lui aussi était vraiment bizarre. Son écureuil volant, pour sa part, s'appelait Harissa, c'est noté.

Continuant de ce même ton enthousiaste et heureux, il s'excusa de m'avoir fait tomber deux fois. Honnêtement, s'il ne me l'avait pas rappelé, j'avais déjà oublié. Mon corps tremblait encore de mon aventure sur l'échelle, alors les chutes, ça importait peu. Bien que bon, en même temps s'il n'avait pas été là je serais peut-être encore sur mon perchoir ou, pire encore, je serais tombée et j'aurais pu me faire mal. Donc au fond, au moins l'une de ces deux chutes avait eu des retombées.... positives.... Vous savez quoi, oubliez ça! Parlons plutôt de la suite, voilà. Mes projets de Ranger pour lesquels il me félicita. C'était un beau métier, selon lui, et c'était gentil de ma part de me dévouer pour la bonne cause. Mon visage passa à l'écarlate et mes yeux s'agrandirent pour le dévisager et le foudroyer en même temps alors que je cherchais quoi répliquer, sans trouver les mots. Ne me fais pas de compliments espèce d'imbécile naïf et horriblement gentil! Sauf qu'en même temps, je ne pouvais pas m'empêcher de repenser aux mots de Paul. C'était la seconde fois qu'on me disait quelque chose du genre, non? Et si j'avais accepté le compliment de la part du Noctali, pourquoi pas de celle de Ginji? Parce que le Noctali n'était pas aussi énervant voilà pourquoi! Graaaagh!

- Ce n'est pas par gentillesse, c'est parce que quelqu'un doit le faire. Il n'y a plus vraiment de faune, là d'où je viens, à Rhode et il faut tout simplement que ça change. Mais je ne suis qu'une gamine et même si je contacte d'autres gens, même si j'essaie de les faire s'en soucier, ça ne changera rien. Ce ne sont que des hypocrites qui vont prétendre que la cause les touche, donner un pokédollars et continuer leur vie sans plus jamais y penser. La seule vraie solution, c'est de changer les choses moi-même, c'est tout. Ce n'est pas gentil, juste... borné.

Terminais-je en poussant la porte qui devait nous conduire dehors, laissant la brise de la fin d'été s'engouffrer dans ma longue chevelure pour en soulever une partie, le reste étant toujours prisonnier des anneaux de mon starter. Un peu plus loin, pourtant, le faux blond tenta sa chance de nouveau, incitant à la discussion. C'est qu'il ne comptait vraiment pas lâcher l'affaire, n'est-ce pas? Il voulait donc savoir, maintenant, si je m'y plaisais au dortoir Mentali. Il disait connaître la préfète qui, livré sur un ton de confidences, pouvait parler aux esprits. Parler aux esprits?! Ouaaaaah! Elle voit des gens qui sont morts? Comme le petit garçon dans le sixième sens?! Trop génial! Moi aussi je veux voir Bruce Willis! Oh, pardon, je devais mettre un spoiler alert ici? Mais c'est un vieux classique, tout le monde l'a déjà vu, si? Non? Eh merde, allez vous instruire un peu! La suite, par contre, nous ramena, ma narration et moi, sur terre. Son amie y était? Mais, dans le genre, "son" amie? Quoi, il n'en avait qu'une seule? Son ton se modifia d'ailleurs, lorsque vint la dernière phrase. Longtemps qu'il ne l'avait pas vue. Ce garçon était encore plus transparent que moi et, sur ses traits, je pouvais voir le malaise se former et le ronger. L'inquiétude. Même Harissa, qui pourtant semblait au moins aussi agréable que moi, s'en retrouva assez concernée pour lui tirer les joues jusqu'à ce qu'il sorte enfin de son mutisme. Et le pire, c'est qu'une fois de retour sur terre, il se tourna vers moi avec un autre sourire, poussant son problème de côté pour me proposer de voir son Limonde. L'offre était tentante, un Pokémon si mignon, je me demandais s'il était souple comme une carpette et s'il pouvait bouger un peu, sans oublier que je me demandais quelle voix ça avait. Mais oh! Minute papilusion! Il va devoir comprendre la leçon, sinon.... Sinon quoi? Pourquoi ça me dérangeait? Non, mais pourquoi je me demande pourquoi?! Aide-le et c'est tout! Mais est-ce que ça allait vraiment aider? Osef! Un peu de réaction par Giratina!

- Bien sûr que j'aimerais voir ton Limonde, mais ce n'est pas la question! Tu as vu ta tête?! Si ça te dérange tant que ça de ne pas l'avoir vue depuis un moment, va la voir toi au lieu d'attendre bêtement que ce soit l'inverse. Elle est au dortoir Mentali tu dis? On va aller trouver sa chambre et elle sera bien obligée de passer un peu de temps avec toi, surtout qu'elle devrait être contente. Si c'est vraiment ton amie avec un grand A, elle devrait se savoir privilégiée d'avoir un ami comme toi et elle devrait agir en conséquence. Ce n'est pas en restant tout compréhensif et tout gentil tout le temps comme ça que les gens vont te prendre au sérieux ou te respecter, imbécile!
Ginji Labelvi
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Sujet: Re: Haute voltige en territoire littéraire | feat. Ginji   Lun 21 Sep - 19:42
Ginji Labelvi
      Feat. Ellie S. Grants



« Haute voltige en territoire littéraire »


Ellie a eu, encore, une étrange réaction lorsque je lui ai demandé si je devais arrêter d'être aussi borné. Je ne pensais pas qu'elle s'énerverait pour une si simple question. C'est idiot d'être prêt à changer pour des étrangers ? Pourtant, si elle me dit que je suis borné, c'est qu'elle le pense, non ? Elle ne doit pas être la seule que ça embête, dans ce cas-là. Du coup, ne vaut-il pas mieux essayer de rectifier cela ? Je ne sais pas, ça me semble juste être quelque chose d'honnête, qu'on fait pour s'améliorer. Peut-être que c'est ça qui la dérange ? J'en fais trop ?

Sinon, je suis déçu qu'elle ait refusé d'adresser des courriels à l'éditeur avec moi, pour inclure Limonde dans ce livre. Alors même qu'elle semble être plus touchée par l'absence du Pokémon Piège que moi-même ! Remarque, elle ne compte pas en rester là, puisqu'elle dit qu'il faudrait que nous le rajoutions nous-mêmes, dans ce bouquin. C'est que c'est une bonne idée, ça !.. Mais je n'ai pas rêvé, elle a bien dit « nous » ? Je croyais qu'elle ne voulait pas que je l'inclus dans mes plans... Peut-être qu'elle peut m'inclure dans les siens, mais pas l'inverse. C'est pour être sûre de ne pas être mêlée à des affaires bizarres ? C'est vrai que j'ai tendance à entraîner les gens dans des situations totalement déjantées... Elle fait ça par sécurité, alors ?... Elle fait donc bien peu confiance aux gens... Même si elle n'a peut-être pas totalement tort, au final, ça la préserve d'un quelconque danger. Et moi ? Suis-je tête brûlée ? Ai-je trop tendance à foncer sans me poser de questions ? Est-ce je manque de mettre tous ceux qui me sont chers en danger ?... Je devrai me méfier plus souvent des gens que je rencontre ? Mais je fais ça comment ?... Et à partir de quand je peux leur faire confiance ? Quand je peux les considérer comme des amis ? Mais ce n’est pas quelque chose qui se fait en quelques semaines, ça… Je dois me méfier d’eux pendant tout ce temps ? Mais comment peut-on devenir ami avec des personnes en qui on n’a pas confiance ?... Non, je ne comprends vraiment pas.

L’incompréhension est d’autant plus grande qu’Ellie est vexée par ce que je lui ai dit au sujet de son ambition. « Parce que quelqu’un doit le faire » ? Pourtant, personne ne l’y oblige. Et elle va essayer de le faire. Elle va consacrer ses études et sa vie dans le but de venir en aide aux habitants de Rhode, sa région d’origine. On peut faire difficilement plus généreux, selon moi. A côté de ça… Mon rêve me semble horriblement égoïste.

Voir cruel, avec du recul.

C’est quoi, mon objectif ? Parvenir à me hisser jusqu’à un Conseil 4. Mais dans quel but ? Pour prouver que je suis le plus fort ? Parce que ça me fera plaisir, de tout faire pour entraver la route des dresseurs souhaitant réaliser leur rêve et accéder au titre de Maître ? Puisque, si j’y parviens, c’est bien ce que je devrai faire, non ? Empêcher tous les dresseurs d’avancer ? Tout le contraire de ce que souhaite réaliser Ellie, au fond… Je vais juste être là pour briser l'avancée des gens ? J'ai l'air d'en faire un peu trop, vu comme ça, mais pourtant, je sais à quel point une défaite peut faire mal. Pas seulement une défaite, d’ailleurs. Il suffit de voir l'issu de mon match contre Kiméra...

Oula. Je me sens mal, là. Il est vrai que je ne me suis jamais posé plus de questions, au sujet de mon rêve… Devenir spécialiste Electrik, vaincre Tanguy, et devenir un membre du Conseil 4, pour moi  ça s’arrêtait là. C’était simple comme bonjour. Dans la théorie, bien sûr. Mais… Pourquoi ? Pourquoi je cherche à faire tout ça ?... Je veux dire… J’aime les Pokémons Electriks, mais rien ne m’oblige à les faire combattre. Pourquoi je ne ferai pas comme Alban, et tout simplement m’occuper d’eux ? Surtout que ce n’est pas comme si je suis quelqu’un de violent. Je me suis toujours considéré comme quelqu’un de pacifique, non ? Alors... Pourquoi ? Je trouve Ellie plutôt incohérente dans son comportement et ses réactions, mais je suis moi-même un étrange paradoxe.  

J’ai mal au ventre, là. Tout ce pourquoi je me bats depuis maintenant deux ans… Cinq ans, si l’on inclut les trois années passées à financer mes études… Je le fais sans même savoir pourquoi ? Comme ça, parce que j’en ai envie ? Ce n’est même pas comme si j’avais un besoin de violence à assouvir !.. Et si je fais fausse route ? Et si je parviens à réaliser mon rêve -si j'y arrive-, et que je me rends compte que ce n'est pas du tout ce à quoi j'aspire ?...  

Et puis… Sa conclusion me laisse perplexe. « Juste borné ». Elle est bornée. Et je le suis également. Pourtant, nos objectifs sont radicalement différents. Elle veut aider au développement de sa région, et moi… Je ne sais pas. Je ne sais plus.

Ça va vraiment me couper l’appétit, toute cette histoire. Oui, c’est possible. Surtout que l’évocation d’Estelle n’arrange en rien mon cas… D’ailleurs, Ellie semble l’avoir bien remarqué, puisqu’elle passe outre ma tentative de remotivation pour... m’engueuler. Encore. Mais pas de la même façon. Si le début de ses paroles m’attriste un peu, je trouve le reste de son discours… Presque rassurant. Non pas que je sois masochiste ou du moins pas encore *pan*, mais cet énervement, ce n’est pas de la méchanceté, comme on aurait pu croire jusqu’à présent... C'est plus une... Remontrance amicale ? Je ne sais pas trop comment l'expliquer. Elle fait ça pour m’aider, en fait. Un peu comme j'ai sermonné Estelle après qu'elle se soit jetée au milieu de la mer, en plein orage. Si elle me dit tout ça, et de cette façon, c'est pour que je cesse de me prendre la tête.

« Ce n'est pas en restant tout compréhensif et tout gentil tout le temps comme ça que les gens vont te prendre au sérieux ou te respecter, imbécile! » … Me prendre au sérieux ? Me respecter ? On se connaît depuis à peine trente minutes, et elle se doute déjà que j'ai quelques difficultés à m'affirmer... Ça aussi, je dois le travailler ? Mais je dois faire quoi ? Je ne vais quand même pas me montrer moins gentil et compréhensif ! Je veux dire... Si je dois devenir plus méchant pour que les gens décident enfin de me prendre au sérieux, je préfère rester tel que je suis.  A moins qu'elle veut dire autre chose, par là ?... Je dois peut-être rester... Moins passif ? Je ne sais pas trop. Je ne me vois pas non plus comme quelqu'un d’effacé.... Je crois, du moins.

… Mince alors. Je sais bien que j'ai des défauts -après tout, tout le monde en a-, mais là... J'ai l'impression de me prendre une claque dans la figure tellement le bilan est violent et brupt. Je ne sais pas exactement qui est cette fille, et encore moins comment elle réfléchit, mais grâce -ou à cause?- d'elle, je suis en train de complètement me remettre en question. Surtout que... Ce n'est pas comme si elle a totalement tort.


Durant toute ma réflexion, j'ai gardé les yeux baissés. Je relève la tête pile au moment où nous arrivons face aux murs du dortoir Mentali, et à cette vue, je m'arrête d'un coup. Ellie a complètement raison. Je dois aller voir Estelle. C'est totalement idiot de ma part d'attendre qu'elle m'envoie des nouvelles. Je peux très bien partir les chercher moi-même. Peut-être bien qu'elle-même attend que j'aille la voir. Il suffit qu'un quelconque événement la surprenne pour qu'elle ne puisse plus venir à moi directement. Ou ne veuille plus... Bon sang... Pourquoi j'ai hésité ? Si ça se trouve elle est dans une mauvaise passe, et a besoin de quelqu'un pour la soutenir! Je suis tellement bête... Tous les gens, qui sont partis de l'académie sans laisser de traces... Il y a bien une raison! Ils n'avaient peut-être personne à qui s'accrocher, personne pour leur proposer une autre alternative ! Et si je ne veux pas que des problèmes entraînent ma seule amie loin d'ici... Je dois aller la voir! Parce que je suis son ami ! Je dois être là pour ça !

Ellie a fait quelques pas après que je me sois arrêté, puis s'est tournée vers moi. Mais avant qu'elle n'ait le temps d'ouvrir la bouche, je me mets à courir, lui attrape la main lorsque je passe devant elle, et pousse les portes vitrées du dortoir Mentali d'un coup de coude, l'entraînant avec moi à l'intérieur.

« -Tu sais quoi ? Je crois que t'as raison ! Ça te dérange si on attend un peu avant d'aller dans ta chambre ? Je vais te la présenter, comme ça ! Tu verras, elle est gentille ! Par contre, si elle te propose à manger, demande lui d'où elle sort la nourriture, avant, d'accord ? Je suis sûr que vous allez vous entendre ! »

Je fais abstraction de la douce odeur sucrée qui imprègne le hall ainsi que des regards que me jettent les étudiantes présentes, et grimpe sans attendre les escaliers menant au premier étage. Harissa a décidé de bondir pour nous suivre en planant, jugeant ce siège qu'est mon épaule trop instable. On tourne ici, on tourne là, et... Voila ! C'est ici !

J'arrête notre course devant la porte de l'éleveuse. Un peu essoufflé, je prends le temps de récupérer un rythme cardiaque à peu près normal en m'appuyant sur mes genoux, pendant qu'Harissa revient se pauser sur mon épaule. Au bout de quelques secondes, je finis par me redresser, et m'approche un peu plus de la porte. Je prends une grande bouffée d'air, lève le poing pour frapper, et malgré une petite seconde d'immobilisation, finis par donner trois coups secs à la porte. Quelques secondes passent, et un silence s'installe. Pensant qu'elle est peut-être occupée et qu'Estelle va mettre un petit moment pour ouvrir, je reprends la parole, toujours en fixant la porte.

« -Tu sais, quand je pense à ce que tu m'as dit tout à l'heure, au sujet de Rhode... Je persiste à penser que c'est gentil, ce que tu fais. Comme tu l'as dit toi-même, peu de gens sont prêts à s'investir pleinement dans ce genre de cause... Donc que tu le fasses, alors que personne ne t'y oblige, c'est gentil.  » je me tourne vers elle, et lui souris « Tout comme c'est gentil de m'avoir encouragé à venir ici.  »

La porte s'ouvre au moment même où je termine ma phrase. Mon regard dévie aussitôt sur la personne qui vient de l'ouvrir, et je m'apprête à prendre la parole, enthousiaste... Avant de me retrouver dans l'incompréhension. La fille qui se tient derrière la porte est à peine plus grande que moi, a de courts cheveux roux, des yeux verts, des taches de rousseurs... Et n'est absolument pas Estelle.

L’étudiante me juge d'un air surpris, mais ne l'est probablement pas autant que moi. Je tente de regarder par dessus son épaule l'intérieur de sa chambre, qui, du peu que je parviens à voir, semble avoir légèrement changé. Je ne suis pas souvent aller dans la chambre d'Estelle, mais de temps en temps, je l'y rejoignais pour lui donner des nouvelles de Mjöllnir et Spark. Cette dernière appréciait beaucoup de retrouver ses anciens camarades le temps d'une journée.

J'ai un léger instant de bug. Pourtant, malgré mes yeux ronds, et mes joues légèrement rougies à cause la gêne, je finis par adresser la parole à la jeune fille.

« -Euh... Estelle a une colocataire, maintenant ? »

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Sujet: Re: Haute voltige en territoire littéraire | feat. Ginji   Mer 23 Sep - 18:49
Il est devenu affreusement silencieux, ou simplement songeur peut-être? La tête basse, son regard semble distant pendant qu'il réfléchit à je ne sais trop quoi. Son air était pourtant si lumineux, il y a peu, mais le voilà maintenant qui semble de plus en plus sombre. Au final, il avait tenté de reprendre un sourire et j'aurais pu le suivre, très facilement même. J'aurais pu prétendre n'avoir rien vu et faire comme si de rien n'était, ne pas lui demander, ne plus m'en soucier. Sauf que je n'étais pas comme ça. C'était plus fort que moi, je devais réagir, faire quelque chose. Peut-être était-ce parce qu'il avait été gentil. Peut-être était-ce juste parce qu'il m'énervait encore plus, lorsqu'il n'avait plus son sourire. Toujours aussi impétueuse, j'avais donc répliqué, je lui avais dit ce qu'il aurait du faire, je me permettais de le juger à haute voix, juste après lui avoir dit de ne pas demander de conseils aux étrangers, parce que ça coule de source. Comme quoi, j'étais encore incapable de passer quinze minutes sans au moins me contredire une fois. Et le pire, dans tout cela, c'est que son air ne changeait pas. Pire, il s'était même immobilisé, comme complètement empêtré dans la réflexion.

À son image, je cessai mon pas pour me tourner vers lui, maintenant inquiète. Avais-je dit quelque chose qu'il ne fallait pas? En même temps, avec toutes les choses que je lui avait dites, il y aurait au moins cinq fois qu'il aurait déjà du partir. Allait-il le faire maintenant? Me laisser rentrer seule et me débrouiller avec les livres, sans plus se soucier de m'aider ou du fait que, en vérité, plusieurs d'entre eux avaient été empruntés à son nom? Me mordant la lèvre inférieure, j'ouvris la bouche avec l'intention de m'excuser. Je ne voulais pas le blesser, en fait. D'accord, ce n'était probablement pas évident à démêler tout ça, mais il était gentil. Je ne voulais pas lui faire de mal, je ne voulais juste pas m'y attacher pour lui laisser la possibilité, ensuite, de m'en faire à moi. Enfin, si j'avais compris tout ça à cette époque, ça aurait sans doute été plus facile pour tout le monde. En attendant, je n'étais qu'une jeune fille très peu douée dans les relations sociales et qui n'aurait pas le temps de s'excuser. Pourquoi ça? Simplement parce que le soleil était revenu éclairer son visage et qu'il m'avait coupée l'herbe sous le pied en refermant sa main sur la mienne, encore. Comme un boulet de canon, il part à la course et c'est de justesse que j'arrive à garder mes livres en main. Sur sa lancée, il m'annonce que j'ai raison, demandant ensuite si je veux y aller. Parce que j'ai le choix là?! Aussi, il m'assure qu'elle est très gentille et que l'on va bien s'entendre, mais que je ne dois pas accepter de nourriture. Ah euh d'accord? Mais un instant!

- Ne vas pas si vite! J'ai de toutes petites--!

Jambes? Non, mais je peux pas dire ça! Je peux pas avouer comme ça que je suis petite, parce que je ne le suis pas tant que ça, voilà! Ce n'est pas aujourd'hui que je vais le reconnaître, sûrement pas. C'est qu'il m'énerve, encore!

- Raaaah! Je peux courir aussi vite que toi! Non, je peux courir... Encore plus vite!

Dis-je en serrant inconsciemment ma main dans la sienne avant de redoubler d'ardeur, pour courir au même rythme que lui malgré ma taille et ma faible forme physique, pour une future ranger. Nous voilà donc lancés, un duo de petits aux cheveux châtains, main dans la main, qui courent dans le dortoir Mentali vers je ne sais quelle chambre, portés par l'enthousiasme et nullement ralenti par tous les regards huppés qui se tournent vers nous. Accroché à mon cou, Lyuu semble d'ailleurs très enthousiaste et décide, sur une impulsion, d'aller rejoindre Harissa l'écureuil volant. C'est que nous sommes bien escortés! Un peu plus et je pourrais presque en rire, presque. Enfin, ce n'est pas l'envie qui manque. Depuis combien de temps n'avais-je pas fait quelque chose de spontané comme ça, avec quelqu'un? Malgré tout, la nouvelle aventure est de courte durée alors que nous nous arrêtons devant ce qui est la bonne chambre, selon Ginji. J'y récupère ma main et voilà que nous prenons tous deux un moment pour respirer, lui les mains sur les genoux, moi les bras serrant un peu plus fort mes livres contre mon abdomen, le dos un peu voûté, mais le visage coloré d'un sourire innocent et enjoué.

- On souffle comme de vieilles locomotives!

De vieilles machines à vapeur qui prennent maintenant le temps de récupérer de cette petite course folle et improvisée. C'était agréable, quand même, de façon surprenante. Ayant retrouvé une respiration normale, Ginji s'approche de la porte et lève le poing avant de s'immobiliser. Sans doute a-t-il un peu de nervosité? Après tout, s'il n'a plus revu son amie depuis longtemps, il doit se demander quoi lui dire. C'est comme si je revoyais Orion, je ne saurais pas trop... Enfin, si je pouvais vraiment me considérer comme son amie? Tirée de mes réflexions par les trois coups du faux blond, je relève mon regard chocolat vers lui alors qu'il s'adresse à moi de nouveau, sans quitter la porte des yeux. Comme Paul, il insiste. Pour lui, c'est gentil. Et pas qu'un peu on dirait, parce qu'il continue d'en rajouter au fur et à mesure que mes traits se font gênés, irrités. Et lorsque son regard retombe sur moi, il m'envoie le coup de grâce. L'accompagner, c'était très gentil. Piquant un fard, je m'apprête à le réprimander vertement, juste au moment où la porte s'ouvre. Il n'y aura pas de retour là-dessus.

Une jeune fille que je ne connais pas -en même temps je suis nouvelle alors- nous répond. C'est elle, Estelle, la copine de Ginji? Vaguement, j'espère ne pas déranger, déjà qu'elle semble plutôt surprise de voir Ginji, sauf que... Lui aussi a l'air surpris de la voir, mais vraiment beaucoup. Est-ce que quelque chose cloche? Même ses joues semblent avoir pris de la couleur. Je dirais qu'il l'aime vraiment beaucoup, à première vue, mais alors pourquoi regarde-t-il derrière elle, comme pour voir dans sa chambre? On dirait qu'il cherche quelque chose. La lumière ne se fait qu'ensuite dans mon esprit, lorsqu'il demande si Estelle a une nouvelle colocataire. Oh, alors ce n'est pas elle.

- C'est peut-être la mauvaise chambre? Tu es sûr que c'est le bon numéro?

Plus rapide, c'est la rousse qui répond.

- Vous parlez d'Estelle Highwind, l'éleveuse? Vous êtes les cinquième cette semaine qui viennent me voir pour un conseil sur un oeuf, marre à la fin! J'espère qu'au moins vous vous pourrez m'aider, pas comme les autres imbéciles.

Dit-elle avant de disparaître pour aller, visiblement, chercher quelque chose. Je ne le sens pas, ce n'est pas normal. Au pire elle a changé de chambre, okay, mais alors pourquoi les gens viennent cogner ici? Elle ne leur a pas donné sa nouvelle adresse? Mais pourtant si c'est une éleveuse qui a sa clientèle, c'est simplement logique qu'elle informe les gens de l'endroit où la trouver. Et Ginji a dit qu'il ne l'avait pas vue depuis un moment, n'est-ce pas? Inquiète, je tourne de nouveau mon regard vers lui, cherchant une façon de lui apporter mon support, parce que mon sixième sens me dit qu'il va en avoir besoin. Enfin, ça et l'air qui semble lentement prendre possession de ses traits, comme s'il venait lentement, mais sûrement, aux mêmes conclusions que moi.

- Hey... Ginji?

Commençais-je, sans espoir de terminer. La rousse revient et sors de la chambre avant de déposer une boite devant nous, l'air irrité. Le contenant de carton n'a pas de couvercle et semble rempli de vêtements Pokémon, dont une petite cape rouge de monarque, avec la fourrure blanche tachetée de noir pour le col et un petit sceptre en ce qui ressemble à du papier-mâcher. Je repère aussi un panneau solaire, du genre de ceux pour les bronzages, une paire de nunchaku, un petit ruban orange et, au milieu de cela, une magnifique robe rouge, chinoise, aux motifs de Pokémon dragon, taille humaine celle-là.  Déposée sur le tissu riche et sans doute onéreux de la robe, une enveloppe affranchie attends qu'on la récupère, porteuse du tampon de la poste. Qu'est-ce qui se passe à la fin?

- Les types qui sont venus chercher ses affaires ont laissé ces trucs là ici, je les ai trouvés dans le garde-robe avec une petite statue bizarre en bois. Ils ont du oublier de regarder. Trois jours plus tard, j'ai reçu cette lettre. L'idiote avait écrit l'adresse de retour, mais seulement le nom du destinataire et l'avait envoyée telle quelle, sans adresse, normal que ce soit revenu. Comme si c'était pas assez, personne dans mon groupe d'amies ne connait le destinataire alors je suis coincée avec tout ça depuis. Ça vous dit quelque chose à vous, Ginji Labelvi?

C'est mauvais ça, très très très mauvais. Impossible, cette fois, de ne pas attraper le bras de Ginji de ma petite main inquiète. Je veux voir ses yeux, j'ai besoin de voir ses yeux, de voir s'il va bien. Pourquoi? Bah parce qu'il est gentil tiens! Il m'énerve, d'accord, mais je n'aime pas du tout ce qui se passe. Je n'aime pas du tout me dire qu'il s'est fait avoir, lui aussi.

- Tu n'es pas obligé de la lire tout de suite... Si... je veux dire....




Hrp ~ Techniquement Estelle partageait la chambre de Kaeko depuis environ un an je pense, du coup c'est elle qui aurait du nous ouvrir, mais poursuivons dans la magie du cinéma x)) /paaaf/
Ginji Labelvi
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Sujet: Re: Haute voltige en territoire littéraire | feat. Ginji   Mar 29 Sep - 14:08
Ginji Labelvi
      Feat. Ellie S. Grants



« Haute voltige en territoire littéraire »


Oui, c'est la bonne chambre. 'Fin, je crois.

Voila ce que j'aurai répondu à Ellie, si la jeune fille se tenant devant nous ne m'avait pas devancé. Elle connaît Estelle ? Pas directement, à en juger ses dires. Et... Je ne suis pas le premier a me tromper de porte, apparemment ?... Mais non pourtant, je suis sûr que c'est la bonne chambre !... Je n'ai quand même pas passé autant de temps sans voir Estelle au point d'en oublier où elle dort ?... Non, tout de même pas ! C'est mon amie, je sais bien où elle est dort !... Ou du moins, où elle est censée dormir...

Malgré cette certitude, je ne peux m'empêcher de jeter un coup d’œil aux deux portes d'à côté, pendant que la Mentali retourne à l'intérieur de la pièce. Me mordant la lèvre inférieur, je constate que les numéros sont biens ceux censés se trouver à côté de celui d'Estelle. C'est cette chambre, j'en suis persuadé.

Alors c'est qui, cette fille ? Et pourquoi Estelle n'est pas là ? Et pourquoi ses affaires non plus ?... Elle a changé de chambre ? Elle m'aurait probablement prévenu, sinon !.. Remarque, je n'ai pas eu de contact avec elle depuis un moment, donc elle a pu tout aussi bien oublier... Ou ne pas penser que cela soit nécessaire, ou encore... Si ça se trouve, elle a donné le numéro de sa nouvelle chambre a cette fille, et elle est partie chercher un papier sur lequel il est noté ! Oui, c'est forcément ça !... Alors pourquoi je ne peux m'empêcher d'être inquiet ? Et c'est normal, cette boule au ventre ? Je n'ai aucune raison de m'en faire, pourtant... Je ne peux m'empêcher de penser... Et si... Et si Estelle... Et si Estelle n'était plus à l'académie ?... Et si elle était partie ?... Elle aussi... Cela expliquerait certaines choses... Non ! Je me fais de fausses idées ! Estelle n'aurait jamais fait ça. Pas sans me prévenir, en tout cas. Après tout, elle est mon amie ! Je ne sais même pas pourquoi je pense à ça, c'est méchant pour Estelle ! Ça voudrait dire que je doute en elle ! Et je ne peux pas douter en elle, pas après ce qu'elle m'a dit sur Enigma. Mais dans ce cas....

… Pourquoi suis-je si anxieux ? Ellie ne tarde pas à le remarquer, en tout cas, puisqu'elle m'appelle, vainement, par mon prénom, voulant probablement s'enquérir de mon état. Mon regard ne quitte pas la chambre d'Estelle, mais lorsque la rousse réapparaît dans mon champ de vision, j'ai un léger mouvement de recul, revenant à moi. Elle tient un carton dans ses mains. Un carton bien rempli, et qu'elle me tend. Je crois reconnaître certaines des affaires du starter d'Estelle, Ouji-Sama, ainsi que de nombreux autres objets que j'ai vu quelques fois dans les pattes de ses Pokémons... La rousse parle aussi d'une statuette en bois. Ça ne serait pas celle que Lucas lui avait offert à son anniversaire ? Il y a maintenant un an, si je ne dis pas de bêtise...

Oh Arceus. Son anniversaire. J'ai... J'ai oublié de souhaiter un joyeux anniversaire à Estelle ! Avec la reprise des cours, le retour sur Lansat, les aménagements que nous avions dû faire dans notre chambre... Ça m'est complètement sorti de la tête ! Est-ce que... Est-ce qu'elle m'en veut ? Il est encore temps de lui acheter quelque chose ? Et un gâteau ? C'est toujours possible, de lui faire un gâteau ? Et est-ce qu'il y a encore moyen d'organiser une petite fête, comme l'année dernière ? Ce n'est pas trop tard, hein ? Il n'est jamais trop tard ! Pas vrai ? Il faut rattraper ça ! A tout prix ! Dès que je la vois, je m'arrange pour savoir ses disponibilités, puis je regarde qui pourrait venir, puis j'irai demander à Mama Odie quand est-ce que je peux réserver la cuisine, puis j'irai réfléchir à ce que je peux lui acheter en cadeau, puis je...

… Si je la revois un jour. Ça veut dire quoi, « les types qui sont venus chercher ses affaires » ?... Elle ne pouvait pas venir les chercher elle-même ?... Et ce carton, pourquoi ne vient-elle pas le récupérer ? Il y a quand même des trucs importants là-dedans, il n'est sûrement pas passer aux oubliettes ! Et c'est quoi, cette lettre ?... C'est Estelle qui l'a écrite ? Et elle a atterri ici trois jours après le passage des « types » ?... Ah ! Tout à l'heure, elle a aussi dit que j'étais le cinquième à venir cette semaine pour voir Estelle. Ça voudrait dire que...

… Estelle n'a jamais remis les pieds à Lansat ?

Troublé, la question que me pose la jeune fille -enfin, nous pose, puisqu'elle vouvoie- met un petit moment pour atteindre mon cerveau. Ginji Labelvi ? Oui, ça me dit vaguement quelque chose, maintenant que j'y pense. C'est qui, une rock-star ?

« -C'est... C'est moi... »

Je crois voir un sourire de soulagement se dessiner sur son visage. Elle me tend le carton avec un peu plus de vigueur, et j'en approche donc les bras pour l'attraper. Mais j'ai quelque peu oublié la présence des bouquins de la bibliothèque dans mes mains, et laisse donc tomber ceux-ci au sol, malgré ma tentative maladroite de les rattraper. Cela ne semble pas gêner la rouquine qui insiste toujours pour que je saisisse le carton, ce que je fais, machinalement, et toujours aussi perdu.

Je sens alors une main qui agrippe mon bras. Je suis presque surpris par le geste d'Ellie, et lorsque mon regard croise le sien, je m'arrête dessus. Je vois dans ses yeux mon propre reflet. L'espace d'une seconde, je parviens même à apercevoir ma triste mine. Mais la légère inquiétude, que je pense déceler dans son regard, reprend vite le dessus. Ses paroles me confirment par ailleurs qu'elle semble inquiète, puisqu'elle déclare que je ne suis pas obligé de lire cette lettre tout de suite. De quoi se doute-t-elle ? Qu'est-ce qui lui dit que son contenu risque de me faire autant de mal ?... Mon angoisse est-elle si visible ? Pourtant, la Mentali que nous avons dérangé ne semble pas l'avoir remarqué, ou alors elle n'y prête aucune attention, puisqu'elle se contente de reculer de quelques pas pour fermer la porte. J'ai ouvert la bouche pour répondre à Ellie, mais le mouvement de la fille me fait tourner la tête dans sa direction.

« -Sois gentil, tu veux bien garder tout ça ? Tu n'auras qu'à lui rendre, puisque tu sembles la connaître. Et ce n'est pas ce que je n'ai pas que ça à faire, maiiiis... Je dois retourner travailler. En tout cas, c'est sympa de m'avoir débarrassé tout ça. Et si vous pouvez faire passer le message comme quoi cette fameuse Estelle n'est plus là, ça m'arrangerait ! Bonne continuation ~ »

Et sur ce, elle referme la porte. Si ce carton n'était pas si encombrant, elle m'aurait probablement fermé la porte au nez.

Je fixe la porte, la bouche toujours entrouverte, et sans savoir que dire, ni que faire. Je sens sur moi le regard d'Ellie. Pour je ne sais quelle raison, je suis incapable de me tourner à nouveau vers elle. J'ai peur de croiser son regard. Non. J'ai peur d'y voir une fois de plus mon propre reflet.

Néanmoins, mon regard s'abaisse sur le carton, et l'enveloppe qui trône à son sommet. Cette lettre. Estelle me l'a écrite. Quand ça ? Le seul moyen de le savoir serait de l'ouvrir, je suppose. Mais... Que contient-elle ? Et si son contenu me confirme mes craintes ?... Non, cela n'a aucun sens ! Pourquoi m'aurait-elle envoyé une lettre pour me dire ça ? Si ça se trouve, elle date d'il y a un petit moment ! Peut-être bien avant son... Son départ... Et puis, un texto, ça aurait été plus simple pour m'annoncer ce genre de truc !
… Non, pas forcément. Samaël avait fait la même chose, après tout. Quoique, lui m'avait aussi envoyé un œuf, pas le genre de truc qu'on peut faire par messagerie électronique. Mais Estelle... L'enveloppe est encore plus plate que mon Limonde, et semble toute fine. Elle a décidé de m'envoyer une simple lettre, donc ?... C'est sûr que si elle ne souhaite pas avoir une réponse immédiate, une lettre, c'est beaucoup plus pratique. Ça met tout de suite... Plus de distance.

Je suis en train d'étouffer, là. Harissa le sent, puisqu'elle décide de bondir de mon épaule pour prendre l’initiative d'empiler les livres que j'ai fait tomber au sol. Son geste me rappelle à l'ordre, et après un petit instant d'hésitation, je m'abaisse pour poser le carton au sol, avant de prendre les livres des pattes de l'Emolga. Je les pose sur le sommet de la boîte, juste à côté de la lettre, puis récupère le tout, et une fois à nouveau droit, je me tourne vers Ellie.

« -Hum.... Amenons tes livres... A ta chambre. Ça sera... Moins encombrant, comme ça. »

Je ne suis pas tout à fait sûr que cela soit la réponse qu'elle attendait. Mais, comme elle le dit... Je ne suis pas obligé d'ouvrir cette lettre tout de suite. Même si quelque chose au fond de moi me hurle de le faire, je m'en abstins. J'ai trop peur, en fait. Peur de ce que je pourrai y lire. Peur d'avoir la certitude que... Estelle soit partie. Elle aussi. Comme le trois quart des personnes que je rencontre, et à qui je m'attache.

Ellie finit malgré tout par avancer. Je la suis, sans un mot, et le regard baissé, comme précédemment. Sauf que contrairement à tout à l'heure, je ne suis pas sûr de voir réapparaître un sourire sur mon visage. Harissa a décidé de nous suivre à pieds, cette fois-ci. Je ne saurai dire si elle est ennuyée par tout ça, ou si elle fait preuve d'un minimum de compassion. L'ambiance est incroyablement pesante, en tout cas. Les seuls sons qui parviennent à mes oreilles sont celui de nos pas, et des quelques Mentalis qu'on entend depuis leur chambre ou la salle commune. J'en entends une qui est au téléphone avec une amie, parlant avec un air outré. Une autre est en train d'engueuler son Pokémon, après que celui-ci ait cassé un objet lui étant précieux. Sur notre route, nous en croisons une qui fredonne un petit air joyeux, totalement sereine. Une dernière finit nous dépasse en courant, visiblement très pressée. C'est incroyable, la diversité des personnes que l'on peut rencontrer dans un dortoir. Chaque dortoir a ses particularités propres, et pourtant, tout le monde y est différent.

Cette pensée, bien qu'un peu plus enthousiaste que les précédentes, n'arrange cependant en rien ma mine. Je ne peux m'empêcher de penser à Estelle. Est-elle réellement partie ? Pourquoi ? Quand ? Pourquoi n'est-elle pas venue chercher elle-même ses affaires ? Pourquoi ne m'a-t-elle pas prévenu ? Bon sang... C'était mon amie !... C'était ?... Est-ce qu'elle ne l'est plus ? Le fait qu'elle parte, ça ne fait plus d'elle mon amie ? C'est possible, de rester ami avec des gens qu'on ne voit plus ? Qu'est-ce qui fait d'elle mon amie, au juste ? Parce qu'on s'entend bien ? Parce qu'on a traversé quelques péripéties ensembles ? Parce que j'ai confiance en elle ? Parce qu'elle m'a promis d'essayer de l'être, mon amie ? Dans ce cas, la distance ne doit rien y changer !

Raaah, c'est pas vrai... Pas elle... Pas Estelle. Pas après ce qu'elle m'a dit à Enigma ! Pourquoi faut-il que tout le monde parte, comme ça ? Qu'est-ce qui peut pousser tous ses gens à mettre leurs études de côté, leurs rêves, voir carrément les abandonner ? Ce n'est quand même pas de me faute ! Ça l'est ? Mais non, enfin ! Mais alors pourquoi personne ne me prévient ? Je suis indigne de confiance, c'est ça ? Je suis peut-être trop naïf pour comprendre ? Ou alors je ne vaux même pas la peine d'être prévenu ? J'ai besoin de savoir ! Et je dois avoir des éléments de réponse sur ce bout de papier, mais... Pourquoi je ne peux pas me résoudre à m'arrêter, à poser ce carton, et à ouvrir cette enveloppe ?

Ellie s'arrête. Nous sommes arrivés devant sa chambre, visiblement. Silencieux, je pose la boîte au sol, passe mon sac devant moi, et en sors les livres que j'ai mis à l'intérieur. Puis j'attrape ceux posés à côté de la lettre, tandis que la brunette ouvre la porte de sa chambre. Je n'ose pas m'avancer sur le seuil, et me contente de lui tendre les bouquins, risquant un sourire, même si je me doute qu'il ne doit pas être très convainquant. Ellie les récupère tous, et va les ranger à l'intérieur de sa chambre. Lorsqu'elle revient, j'ai attrapé la lettre d'Estelle, et je la fixe intensément. J'aurai eu les yeux de Lucina, j'aurai sans doute été capable de lire son contenu sans l'ouvrir.... Je ne sais même pas pourquoi je me fais ce genre de réflexion.

« -... Elle est partie, hein ? »

Concrètement, Ellie n'est pas plus avancée que moi-même pour répondre à cette question, je n'ai pourtant pas pu m'empêcher de la lui poser. Après tout, vu sa réaction, à l'entente des paroles de la rousse, elle doit bien s'être fait sa petite idée. Je ne suis même pas sûr d'attendre une réponse, en fait, puisqu'elle paraît plutôt évidente. Je lâche un soupir, tenant toujours l'enveloppe de mes deux mains.

« -Si c'est ça... Rien ne m'oblige à lire cette lettre. Je veux dire... Si vraiment elle avait voulu discuter avec moi, elle m'aurait envoyé un texto, ou même appelé. Ou elle serait venue me voir...» petit silence « Je... Je crois que j'ai peur de son contenu, en fait. Je ne sais pas du tout quels trucs elle aurait pu marquer dedans, mais ça me fait peur. Si ça se trouve, ce ne sont que des choses futiles. »

Je marque une pause. Je pourrai, oui. Je pourrai mettre cette lettre de côté. La jeter même. Pouvoir vite tourner la page, passer à autre chose, et laisser la vie reprendre son cours, sans me soucier de rien d'autre. Mais... Ce n'est absolument pas ce que j'ai promis à mes Pokémons durant les vacances. J'ai dit que je ferai face à tous les obstacles se dressant sur ma route. Et si je ne lis pas cette lettre, si je me contente de l'oublier, je ne ferai que le contourner. Et puis, je ne peux m'empêcher de penser qu'Estelle n'est pas partie sans raison !

« -Mais... Et si elle a besoin de moi ? Peut-être qu'elle a agi sur un coup de tête, et qu'elle n'ose pas faire machine arrière. Ou alors elle a un problème quelconque, mais ne souhaite pas impliquer ses amis dedans, ou encore... Si ça se trouve, elle est poursuivie par le gouvernement et ne peut communiquer avec moi que par lettre, parce que tous ses messages sont surveillés ! Et elle a besoin de soutien !... Je ne peux simplement pas ignorer cette lettre si elle contient un message de détresse... C'est mon amie, je dois l'aider ! Et cette boîte, là... Si je ne sais pas où elle est, je ne pourrai jamais la lui rendre, il y a des affaires à elle là-dedans, et elle doit y tenir... »

Ma voix tressaille, difficile de ne pas déceler toute mon inquiétude à travers celle-ci. Je me mords la langue, comme pour m'empêcher de continuer, et ainsi ne pas me laisser déborder par les sentiments. Si je craque maintenant, sans même avoir lu cette lettre... Je ne sais pas de quoi j'aurai l'air, après l'avoir lu. Je dois tenir bon. Il le faut. Je vais tenir le coup. Je...

Je laisse ma tête et mes bras pendre mollement, lâchant par ailleurs la lettre d'une des deux mains.

« -Ellie, qu'est-ce que tu ferais, à ma place ?... »

HRP:
 

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« Il y aura des hauts, il y aura des bas… Et je ne serai pas là pour t’aider à les traverser. »
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Sujet: Re: Haute voltige en territoire littéraire | feat. Ginji   Ven 2 Oct - 19:24
La situation ne semblait pas être en voie de s'améliorer, mais là pas du tout. L'inconnue avait remis une boite à Ginji avec tant d'insistance qu'il en avait laissé tomber les livres de la bibliothèque. Une grimace traversa mes traits, lorsque je vis les pages grandes ouvertes du Guide du parfait ranger, affalé au sol comme si on l'avait abattu, couvert par l'ombre du carton. Il ne faut pas beaucoup plus longtemps pour que l'étudiante nous referme la porte au nez, trop contente de s'être débarrassée de son fardeau. Bah en attendant, la situation nous tombe dessus comme une bordée de neige bien épaisse. Le silence l'accompagne et mon regard chocolat, inquiet, ne quitte plus le profil du garçon qui semble, pour sa part, plutôt loin dans ses réflexions. J'en ai le coeur amer pour avoir déjà vécu ça, moi aussi. Enfin, ce n'était pas totalement pareil, mais combien de fois avait-on abusé de ma naïveté par le passé? C'est bien pour cela que je me méfiais autant maintenant, pour ne pas être celui au carton dans les mains et à la lettre sur la conscience. Heureusement, et au bout d'un délai interminable, le faux blond sembla revenir partiellement à lui, suggérant que nous nous dirigions vers ma chambre, pour y déposer mes livres. Roger, me dis-je en acquiescant simplement pour ensuite tourner les talons.

Entre temps, Lyuu est revenu s'installer sur mes épaules et j'en suis reconnaissance, la présence du dragon marin ma rassure toujours, après tout. Mes pas sont petits, mais rapides et mes épaules sont tendues. Dans mon dos, je peux presque le sentir, Ginji et sa détresse sourde, son incompréhension, et ça ne me rend que plus mal à l'aise. Honnêtement, qu'est-ce que je peux faire pour l'aider? Ou plus logiquement, est-ce que je devrais simplement le faire? Il devait bien avoir des amis pour ça, non? Et puis qu'est-ce que j'aurais bien pu lui dire, je ne l'ai même pas connue cette fille, difficile d'en parler du coup. Raaaah, cette situation m'énerve maintenant et c'est presque à pas de bulldozer revêche que je gagne finalement la porte de ma chambre et que j'ouvre avant de récupérer vite fait les livres. Dans la chambre, un Chevroum qui ne m'est pas inconnu se relève, venant passer affectueusement son museau humide dans ma chevelure en respirations chaleureuses. Lâchant mes livres sur le lit, je m'approche de lui, enfouissant mon visage dans son encolure feuillue, mes petits bras tentant de le câliner comme je le pouvais. C'était si rassurant d'avoir quelqu'un sur qui compter comme ça, un autre être pour vous comprendre et vous faire un câlin quand vous en ressentez le besoin, sans même vous poser de question.

- Je suis tellement heureuse de t'avoir, Lance. Et toi aussi Lyuu.

Nouvelle expiration du grand bouc des montagnes Kalosiennes qui, maintenant, me pousse l'épaule, en direction de la porte entrouverte. Hein que quoi?! Il me jette dehors?! Non, il me pousse vers Ginji qui est resté planté là, non? Ouais, c'est clairement ça. Lui aussi, il a besoin de quelqu'un comme moi j'ai toujours besoin de mes Pokemons et mon Gogoat a décidé que ce serait moi, de gré ou de force. C'est donc ainsi que je quitte la pièce, toujours à petits pas, mon regard inquiet retrouvant rapidement la silhouette du faux blond. Il était resté planté là, son regard d'ambre toujours dirigé vers la lettre. J'ignorais qui était cette fille, mais une chose était certaine. Même dans son absence, elle l'accaparait totalement. Malgré tout, il semblait avoir remarqué mon retour, laissant quelques mots lui échapper. Le coeur un peu plus lourd, je lui répondis comme je le pouvais.

- Probablement, ouais.

Sauf que probablement, ce n'est jamais sûr, il y a encore de l'espoir, mais il y a encore aussi beaucoup de doute. La parole lui revint, à nouveau. Si c'était ça, alors pas besoin de la lire, non? Si elle voulait lui parler, il y avait d'autres moyens, après tout. Il avait peur. Peut-être cette lettre n'était-elle que futilités? Pause. Mais si elle avait besoin de lui? Si elle était dans une situation tendue et que c'était un appel à l'aide, quelle était poursuivie par des membres du gouvernement? Mais quel genre d'amies il a lui à la fin?! Hm hm! Il doit aussi lui rendre ses affaires, elle doit y tenir au moins un peu, non? Sauf que c'est la parole de trop, on dirait, puisqu'il s'affaisse soudainement et, même si j'aurais préféré que ce ne soit pas le cas, j'ai compris pourquoi c'est arrivé sur cette phrase là. Ce sous-entendu, comme quoi elle tiendrait plus à revoir cette boite d'objets perdus que le revoir lui, un ami qui manifestement tenait beaucoup à elle. Ça me fait rentrer la tête dans les épaules, ça m'irisse la chevelure et ça me fait froncer les sourcils. Je ne la connais pas, mais si c'est vrai, alors je la déteste déjà cordialement. Enfin, jusqu'à ce qu'il ne me tire de mes pensées, me rappelant que je suis là, moi aussi, et que j'ai le pouvoir d'intervenir. Sa voix est faible, son regard blessé, son être comme désarticulé. Ce que je ferais? Ce que je vais faire, plutôt.

- Entre et va t'asseoir, tout le monde peut te voir ici.

Dis-je simplement en un premier temps avant de le laisser pénétrer la chambre. Je referme derrière et, qu'importe s'il s'asseoit sur le lit ou sur la chaise de mon bureau, dans tous les cas je me plante devant lui, mon regard chocolat bien décidé, sous l'oeil approbateur de mon Chevroum qui fait mine de retourner dormir dans son coin de la pièce.

- Je ferais exactement ce que je vais faire. Je vais la lire à ta place. Comme ça je pourrai te dire les choses vraiment importantes et te dire si elle va bien, mais tu n'auras pas à lire le reste. Tu peux me faire confiance, je t'en dois une, après tout.

Sur quoi j'avais tendu la main, attendant de voir s'il acceptait mon offre ou pas. Une fois l'enveloppe en main, je pris une grande inspiration avant de l'ouvrir pour tomber nez à nez avec... Tout un petit stock de paillettes argentées?! Mes yeux s'agrandirent sous le coup de la surprise, mais ça ne fit qu'empirer lorsque je tirai de là une photographie de Servine en train de se faire... Bronzer? Avec des lunettes de soleil et un collier de fleurs?! Quelqu'un ici fait PEUT-ÊTRE un petit culte de son Pokémon ou je me trompe?! Enfin, heureusement il y a aussi une lettre au milieu des paillettes, je crois.

- Tiens, je ne pense pas que ça puisse faire de mal, une photo pleine de paillettes. Oh? Je la rapprochai de moi, juste avant qu'il ne puisse la prendre. Il y avait une note à la main au verso. "Désolé pour ça, mais il a insisté pour te laisser un souvenir." La bonne idée tiens. Euhm, pardon, je vais lire la lettre maintenant!

Je lui laissai donc prendre possession de la photographie douteuse avant de tirer la lettre de son enveloppe, non sans faire tomber un peu de paillettes au sol au passage. Non, mais quelle fille étrange quoi! À moins que son Pokémon ait insisté pour ça aussi? Osef, ça ne me concernait pas. Je dépliai la feuille, l'air soucieux, débutant ma lecture avec un air sérieux. La lettre était bien adressée à Ginji, c'était un bon départ. Oh. Je vois. Son père était malade et elle avait du rentrer pour s'en occuper, secondée de sa grand-mère. Le portrait qu'elle en dressait semblait plutôt optimiste, mais le fait était qu'elle avait du partir pour s'en occuper et c'était plutôt éloquent. Malgré tout, elle tentait de poursuivre sur une note plus positive, parlant de la poursuite de son objectif, sans pourtant le mentionner, et parlant d'un petit boulot trouvé dans une pension en ville. Elle y apprenait beaucoup et s'y plaisait, même si...

- Elle a réussi à mettre le feu à une cuisine en préparant des croquettes Pokémon?! Mais mais... C'est un danger public! Silence. Pardon.

Le reste de la lettre n'était que des excuses qui semblaient quand même sincères d'avoir du partir, de devoir lui communiquer par une lettre et surtout de ne pas pouvoir écrire plus longtemps, car elle devait accompagner son père à un nouvel examen. S'excusant une dernière fois, elle lui demandait d'avertir pour elle un petit groupe de personnes. J'espérai qu'au moins il les connaissait, mais je trouvais ça plutôt égoïste de lui faire revivre ce départ  plusieurs fois, alors qu'il devrait en informer ses amies à elle. C'était décidé, je le ferais à sa place. Aileen, Kaeko, Orren, Ruby et Cael. Ça ne devrait pas être si difficile à trouver, non? Refermant la lettre, je la rangeai pour finalement me tourner vers Ginji, me demandant bien comment lui dire ça.

- Elle a l'air d'aller bien, mais elle a du rentrer chez elle, il y a de la maladie dans sa famille. Elle a l'air de recevoir du support de sa grand-mère au moins et elle a écrit qu'elle poursuivait quand même ses buts, j'imagine que tu vois ce que c'est, et que pour ça elle avait trouvé un petit boulot dans une pension de sa ville. Et sinon elle s'excuse beaucoup.

De nouveau, je me fis un peu plus silencieuse, guettant sa réaction, mordant ma lèvre inférieure et serrant mes petits poings impuissants. Pourvu qu'il ne le prenne pas trop mal. Pourvu qu'il n'ait pas trop mal. Pourvu que je trouve un moyen de l'aider, même si je n'aurais jamais du m'investir autant et aussi vite. Mais que faire d'autre? Aurais-je vraiment réussi à tourner le dos à quelqu'un comme Ginji, précisément quand il avait besoin de moi?
Ginji Labelvi
Région d'origine : Sinnoh
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Sujet: Re: Haute voltige en territoire littéraire | feat. Ginji   Sam 17 Oct - 20:02
Ginji Labelvi
      Feat. Ellie S. Grants



« Haute voltige en territoire littéraire »


Je relève la tête. Tout le monde peut me voir ?... Je ne comprends pas vraiment ce que veut dire Ellie par là. Mais je ne dis rien, et suis Harissa qui, la première, rentre dans la chambre de la Mentali, l'air légèrement ennuyé. Sans un mot, je passe le seuil de la porte, porte qu'Ellie ne tarde pas à refermer, et m'arrête pour observer sa chambre. Il y a un Chevroum dans la pièce, et je remarque que la jeune fille a posé tous les livres sur son lit.

Un peu hésitant, je m'approche de la chaise de son bureau, et m'assois dessus, presque au bord de celle-ci. Je n'ose pas vraiment me mettre à l'aise, pensant que je suis probablement en train d'importuner Ellie plus qu'autre chose. Qu'est-ce qu'il me prend, moi aussi, à l'embêter avec mes histoires ? D'habitude, je m'arrange toujours pour ne pas embêter les autres avec mes tracas. Alors pourquoi, soudainement, je décide de me lamenter à une fille que je connais depuis quelques minutes à peine ? Elle n'a rien demandé, et a probablement bien mieux à faire que de s'occuper d'un inconnu.

Je suppose que l'idée qu'Estelle puisse être partie sans m'en tenir un seul mot m'a pris par surprise. Je me suis laissé déborder par me sentiments, sans tenir compte des autres. Comme toujours, je laisse ma spontanéité me guider plutôt que de réfléchir à la façon dont je pourrai agir pour ne gêner personne. J'aime bien croire que je possède un mental d'acier, mais... Plus ça va, et plus j'ai la sensation qu'il est en polystyrène. Ce sont mes sentiments qui me guident, pas mon mental. Quelqu'un qui laisse ses sentiments prendre le dessus n'a aucune force d'esprit. Alors que c'est la seule chose que j'ai prétendu posséder, jusqu'à présent.

Quelle prétention.

Ellie se plante devant moi. Ses yeux déterminés fixent les miens, beaucoup moins éclatants. Elle veut lire la lettre à ma place ?... Cela résoudrait bien mon dilemme de tout à l'heure. Mais si elle fait ça, et qu'Estelle a des choses importantes à me dire, mais qu'Ellie ne juge pas bon d'en parler, ça peut être risqué, non ? Et si elle pense par exemple qu'une information importante n'est qu'anodine ? Et si Estelle a écrit dans cette lettre des choses que je suis censé garder pour moi ?... Graaah. Je me pose trop de questions. Encore.

J'observe l'enveloppe pendant quelques secondes, alors qu'Ellie garde la main tendue en attendant que je la lui donne. J'expire doucement, et dépose l'enveloppe dans sa paume, ses doigts se refermant aussitôt sur le papier. La jeune fille prend alors une grande inspiration, et ouvre l'enveloppe... De laquelle sort toute une flopée de paillettes. Surpris, j'écarquille légèrement les yeux et me redresse, alors qu'Ellie sort ce qui semble être une photographie de l'enveloppe. Je ne sais pas ce qu'elle représente, mais vu la tête qu'elle tire, ça doit être particulier.... Comme elle souhaite me passer la photo, je tends les mains pour l'attraper, mais mes doigts ne se referment que sur du vide. Elle tourne la photographie, et lit ce qu'il y a d'inscrit derrière. « Il » a insisté pour me laisser un souvenir ?... Cette phrase devient beaucoup plus claire lorsque je peux enfin attraper l'image, et que je constate la présence d'un certain Lianaja en train de prendre le soleil. Si je suis tout d'abord surpris, un sourire vient rapidement éclairer mon visage, quelque peu assombri depuis les dernières minutes. Au moins, certains ont l'air de prendre du bon temps.

Ellie finit par sortir une lettre de l'enveloppe, la déplie, et commence à la lire. Je me contente d'observer la photo d'Ouji-sama avec un petit sourire, pensant que les choses ne vont peut-être pas se présenter si mal que ça. Le silence qui s'installe devient néanmoins rapidement pesant, et mes orteils commencent à se frotter les uns aux autres en signe de mon impatience. Cependant, Ellie reprend brusquement la parole, s'étonnant du fait qu'Estelle ait apparemment réussi à mettre le feu à une cuisine. Son exclamation me fait sursauter, mais je me ressaisis bien vite lorsqu'elle s'excuse. J'ai alors un léger rire, repensant à la fois où Estelle et moi avions tenté -en vain- de cuisiner.

« -... Ouais, la cuisine, c'est vraiment pas son truc. C'est d'ailleurs pour ça que je vérifiais toujours la provenance de ce qu'elle me donnait à manger... »

La Mentali reprend la lecture. Je vois Harissa qui fait quelques pas hasardeux dans la pièce, avant de s'asseoir contre un mur en croisant les bras. Je l'observe le temps qu'Ellie finisse de lire, ce qu'elle fait. Lorsqu'elle referme la lettre, puis qu'elle la range, je me tourne vers elle avec l'espoir qu'elle puisse enfin me donner les réponses à mes interrogations.

… Donc elle est bien rentrée chez elle. Apparemment, elle, elle va bien, mais ce n'est pas le cas de l'un de ses proches. Sa grand-mère l'assiste, et elle continue de poursuivre son rêve, en travaillant dans une pension du coin. Et elle s'excuse. Beaucoup.

… Et c'est tout ? Il n'y a rien d'autre ? Ellie a lu beaucoup plus que ça pourtant, non ? Est-ce qu'elle omet certaines informations ? Est-ce qu'elle ne serait pas passer à côté de quelque chose d'important?...

« -... T'as regardé s'il y avait un acrostiche? Et si tu remplaces toutes les lettres à partir du code "avocat"? Oh! Faudrait aussi passer la lettre sous rayons ultraviolets, au cas où elle aurait écrit un message caché à l'encre invisible...  »

De plus en plus, je suis tenté de récupérer la lettre et de la lire. Mais je m'abstiens, serrant poings et dents. Je ne dois pas faire ça... Alors même que cela revient à me défiler, alors même que je dois faire confiance à une jeune fille inconnue qui, pourtant, me dit qu'il est complètement idiot de se fier à des étrangers, alors même que je place mon amitié avec Estelle, la seule que je possède, entre ses mains, alors même que je me suis promis de faire face à tous les obstacles, alors même qu'elle a peut-être plus besoin de moi que ce que raconte Ellie... Non, je ne fais pas du tout le bon choix, là ! Mais pourquoi ?... Pourquoi est-ce si dur de prendre ce fichu bout de papier, et de lire noir sur blanc que... Que....

… Que Estelle est partie, que ma seule amie a quitté l'académie, qu'elle a plaqué toutes ses études pour aider un proche, et qu'elle ne m'a pas tenu un seul mot de tout ça....

De plus en plus, mon visage s'assombrit. Je sens en moi une profonde tristesse. Ou un grand désespoir. Ou un mixte des deux. Fixant mes pieds, je ne peux m'empêcher de penser à toutes les personnes qui sont parties, elles aussi, sans rien me dire. Et j'en reviens toujours aux mêmes questions. Encore et encore les mêmes. Pourquoi partent-elles ? Est-ce de ma faute ? Pourquoi ne me disent-elles rien ? Suis-je donc si indigne de confiance ? Comment peut on mettre ses rêves de côté de la sorte ?...

« -... Elle aussi, alors. »

Ces mots sont sortis tout seuls. Mécaniquement, ma main droite attrape mon bras gauche, alors que ma tête est toujours baissée. Pour une raison totalement inconnue, ce geste me rassure. C'est comme si quelqu'un me faisait une étreinte. Même s'il n'y a personne.

« -... Elle dit aller bien, mais ça doit être faux. Elle ne peut pas aller bien alors qu'un membre de sa famille est gravement malade. Elle ne peut pas aller bien alors qu'elle a été obligée de laisser tomber ses études. Elle ne peut pas aller bien alors que... Qu'elle ne sait probablement toujours pas ce qu'est devenu Allen. Alors que son histoire avec Leo est probablement terminée... Alors qu'elle n'a même pas eu le temps de commencer, si ça se trouve.  »

Je ne sais pas pourquoi je raconte ça à Ellie. Elle ne doit probablement rien y comprendre. Sauf si Estelle en a vaguement parlé dans sa lettre, mais je ne vois pas pourquoi elle m'écrirait à ce sujet.

« -Elle est à plaindre, non ? On peut difficilement être dans une situation moins enviable... Je ne peux pas lui en vouloir... Pas pour ça. Cela serait vraiment égoïste de ma part. Mais alors... Pourquoi... Pourquoi je.... »

Je sens une larme glisser le long de ma joue.

« -... Pourquoi je me sens trahi ? »

Je me mords la lèvre inférieure. Mes dents glissent doucement dessus, arrachant un minuscule morceau de peau, avant que mes lèvres ne reprennent une position normale.

« -Quand nous nous sommes rencontrés... Tu sais, j'ai bien compris, que tu te méfiais de moi. Des gens, en général, plutôt. J'ai trouvé ça nul, sur le coup.  »

Je relève la tête, et cherche à capter les yeux d'Ellie.

« -... Ça aide vraiment, de se méfier des gens? »

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Sujet: Re: Haute voltige en territoire littéraire | feat. Ginji   Dim 1 Nov - 19:12
Il semble que ça ne lui convienne pas, que ce n’est pas assez. Il doit forcément y avoir un petit quelque chose de plus, juste un détail, un message codé, un truc écrit au jus de citron qui apparaîtra avec une lampe ultraviolet. Sauf que nous ne sommes pas dans un film et que ça ne fonctionne pas comme ça. Sans oublier que…

- Avocat?! Qui irait faire un code avec un mot aussi bizarre? C’est n’importe quoi, pourquoi ce mot là et pas un autre? Et les ultraviolets? Et si le code c’était ultraviolet! Ça ce serait classe ET original!

Tais-toi Ellie, tu n’aides pas du tout là. Ginji semble vouloir récupérer la lettre, mais le garçon s’en abstient et quelque part, je le comprends. C’est toujours dur de perdre quelqu’un, surtout quand on s’y en attend le moins. On se dit que ça ne peut pas être vrai, qu’une erreur a été commise quelque part et que ce message n’était pas vraiment pour nous. Ça n’arrive qu’aux autres ce genre de chose, mais jamais à nous. J’avais ressenti ce même sentiment d’impuissance et d’injustice, lorsque ma mère nous avait annoncé que papa ne reviendrait probablement jamais. Maintenant, c’était sur le visage du topdresseur que je pouvais voir passer toute cette gamme d’émotion qui m’avait déjà traversée moi, autrefois. L’air sombre, les mains faibles, le regard éteint. Au bout d’un long moment de silence, la sentence tombe. Elle aussi.  Ce n’est pas la première fois, n’est-ce pas? Je le sais, d’une façon que je ne m’explique pas. C’était comme ça pour moi aussi, avant. J’étais comme lui, à une époque, à Phénacit. Et toutes mes amies finissaient par trouver une façon de se moquer de moi ou d’abuser de ma naïveté. Au final, j’avais choisi de m’écarter des gens et, si je n’en étais pas vraiment plus heureuse et que je m’en retrouvais seul, au moins ma famille elle ne me quitterait pas. Remarque, mon père l’avait bien fait, lui. Suffit, ce n’est pas de moi dont il est question là, mais bien de lui. Sa main se referme sur son bras et il s’accroche à ce qu’il lui reste. Rien d’autre que lui-même, en l’occurrence.

Il reprend et continue sur sa lancée en réflexions lointaines. Elle ne peut pas aller bien, pas avec tout ce qui lui arrive. L’adolescent continue comme cela un moment, mais je ne comprends pas tout. Qui sont Allen et Leo? Aucune idée, mais ça ne me concerne pas. Rien de ce qu’il dit, en toute vérité, ne me concerne. Je me suis un peu incrustée dans une histoire complètement extérieure en un tour de main du destin et je ne sais plus comment en sortir. À le voir là, complètement désolé sur le bord de ma chaise de bureau, je me demande si j’en aurais seulement le droit. Il a l’air en si mauvais état, est-ce que j’ai vraiment le droit de le mettre à la porte et de l’abandonner? Non, je ne suis pas comme ça, je ne me le pardonnerais pas. Quand bien même j’ai choisi d’éviter de me lier aux gens, ça je ne peux pas. Surtout pas quelqu’un d’aussi sincère et spontané que Ginji. Son amie est à plaindre. Et toi alors, tu t’es regardé? Il ne peut pas lui en vouloir. Mais bien sûr que si tu peux! Tu devrais! Mais si je dis ça, je ne l’aiderai pas, n’est-ce pas? Ce serait égoïste de sa part. Peut-être bien. Alors pourquoi se sentir trahi? D’où je me tiens, je ne peux pas manquer la larme qui roule sur sa joue, jusqu’à sa mâchoire. Il tient à cette fille, beaucoup. Une pensée vague me dit que ça a du être difficile pour elle aussi, mais je l’oublie rapidement. Je n’ai pas envie de lui donner d’excuses, même si je ne la connais pas, même si c’est peut-être quelqu’un de bien. Une envie soudaine et inexpliquée me vient d’être égoïste moi aussi et de lui en vouloir, parce que même si je ne connais pas beaucoup Ginji, je sais qu’il ne mérite pas ça. J’ai eu le temps de m’en apercevoir, même si je le connais encore que très peu au final.

Ses dents viennent mordre sa lèvre inférieure alors qu’il marque une pause. C’est un silence dans lequel je n’ose pas m’immiscer. Il n’a pas fini, n’est-ce pas? Je dois l’écouter jusqu’au bout, d’abord et avant tout. Pourtant, la suite vient me surprendre alors qu’il s’adresse à moi de nouveau, comme hors de nulle part. Il a remarqué, de son côté, que je me méfiais de lui, voir des gens tout simplement. Et il a trouvé ça nul. Alors pourquoi avoir continué de m’aider espèce d’imbécile?! Pourquoi ne pas l’avoir dit et pourquoi ne pas être parti? Pourquoi être resté si tu me trouvais nulle?! Quel genre de personne fait ça… Quel genre…. Ses yeux remontent, me prennent par surprise et je me fige. Ils sont devenus brillants, humides et un peu rougis. Au fond de ses iris, impossible de ne pas voir la peine et la douleur et, surtout, impossible de ne pas avoir le cœur qui se serre avec le sien. Est-ce que ça aide vraiment, de se méfier des gens? C’est une question importante pour lui, c’est clair. Il veut savoir. Il a besoin de savoir. Mais je suis supposée lui répondre quoi? Je suis supposée faire quoi? Je n’en ai aucune idée moi! C’est jamais à moi qu’on demande ces trucs. C’est jamais vers moi qu’on se tourne avec la larme à l’œil. Je ne donne de conseil à personne et je n’en reçois aucun, je suis toujours toute seule moi. Est-ce que ça aide d’être seule? Est-ce que je me sens vraiment mieux depuis que je le suis? Comment suis-je supposée savoir ça?!

- J’en ai aucune idée. Je…  Mais comment est-ce que je suis supposée savoir ça moi?! J’arrive même pas à le savoir pour moi-même alors…alors pour quelqu’un d’autre! D’accord je n’ai pas d’amis à perdre, je n’ai plus d’ami pour me trahir, mais… mais je n’ai plus d’amis à perdre… Est-ce que ça vaut vraiment la peine? J’en ai aucune idée.

Je sens Lyuu qui vient s’enrouler à moi, monter le long de ma jambe jusqu’à gagner mon bras et, bientôt, mon épaule. Sa joue froide vient s’appuyer contre la mienne et je rentre la tête dans les épaules, baissant le regard. J’entends Lancelot qui se lève, qui s’approche un peu, mais qui reste à la hauteur de Ginji, se contentant de poser sur moi un regard que je devine sans le voir. De grands yeux noirs de boucs, un peu inquiets, mais aussi pleins de douceur. C’est vrai, je ne suis plus seule maintenant, plus depuis qu’ils sont là. Et c’est vraiment un grand soulagement. Peut-être que je le sais un peu, en fait. Peut-être que la réponse que cherche Ginji, j’en ai déjà l’esquisse.

- En vrai je déteste ça…

C’est un murmure, une petite voix faible. Je ferme les yeux et j’ai l’impression de revoir les autres filles de Phénacit, je me souviens de tant de choses en même temps. Je me souviens aussi d’Orion, que je n’ai pas vu depuis si longtemps maintenant. Il n’a pas essayé de me contacter. Il n’a sans doute même pas remarqué que je n’étais plus là. Probablement. Est-ce que ça vaut le coup de se méfier de tout le monde, de se retrouver toujours seule, mais de ne plus avoir rien à perdre?

- C’est… difficile. Surtout quand on croise des gens gentils comme toi. Ça donne envie d’essayer encore, tu vois. Mais ça fait peur, essayer encore. J’ai été horrible avec toi et tu ne méritais pas ça, je suis désolée. J’ai juste… eu peur.

Aller, un peu de courage, juste un petit peu. Je dois relever la tête, accepter de croiser son regard de nouveau malgré que mes yeux à moi aussi soient devenus humides. Au travers de ma frange, toujours un peu incertaine, je peux faire ça. Lui aussi il comprend ce que c’est. Lui aussi, il se demande si ça vaut la peine. Au fond, on a beaucoup en commun. Au fond, ça pourrait être une idée, essayer juste une fois de plus. On en a besoin tous les deux là, je pense bien. Je peux bien sourire, juste un peu. Je dois au moins tenter ma chance. Peut-être que quelque part entre sa naïveté et mon côté revêche, on trouvera la réponse que l’on cherche, qui sais…

- Aujourd’hui, je pense que ça n’a aidé personne, de me méfier, et c’est devenu… un peu bizarre. Si tu veux… euhm… On recommence? Je m’appelle Ellie Serenn Grants, je viens de Rhodes et je suis ici pour devenir Ranger. Ça te dis de devenir mon ami? J’ai un peu oublié comment on fait, mais… Je veux bien essayer, même si c’est seulement une dernière fois.  
Ginji Labelvi
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Sujet: Re: Haute voltige en territoire littéraire | feat. Ginji   Mer 1 Fév - 8:43
Ginji Labelvi
      Feat. Ellie S. Grants



« Haute voltige en territoire littéraire »


Ma question la prend de court. Clairement. Moi qui pensais le contraire, il s'avère visiblement que ce n'est par parce qu'elle a adopté une attitude réserviste envers les gens qu'elle connaît la réponse pour autant.

Elle a l'air encore plus perdue que moi, même. De ce qu'elle dit, elle n'a effectivement pas vraiment d'amis, et n'a donc en conséquence pas grand chose à perdre de manière générale, mais... Est-ce pour autant qu'elle est plus heureuse ? Sa réponse se fait attendre un petit moment. Ses Pokémon doivent venir auprès d'elle afin de la réconforter légèrement, leurs simples regards sous-entendant que, non, elle n'était plus seule.

Silencieux, je fixe la jeune fille, mes doigts se serrant et se relâchant alternativement. J'ai besoin de savoir, pourtant. Il me faut cette réponse. Il faut que je sache si... Si je me suis toujours rattaché à un espoir complètement futile, ou si je peux continuer d'y croire... J'ai besoin d'une direction à prendre avec les relations que j'ai avec les autres élèves. De l'inconnu d'un autre dortoir à... Aux amis qui se jugent proches de moi, et pour lesquels j'ai pourtant du mal à définir notre lien comme réellement amical.

Et enfin, elle me répond.

Elle a horreur de ça.

Relevant doucement la tête, je cherche à capter son regard. Mais le sien fuit, et n'ose pas regarder en face, tandis qu'elle explique pourquoi elle déteste autant la solitude. Je fais une petite grimace lorsqu’elle m'accuse d'être plus ou moins le genre de personne à l'origine de ce tiraillement, grimace remplacée par un air gêné lorsqu'elle s'excuse d'avoir mal agis en ma présence.

« -Oh. Ne t'en fais pas pour ça, hein... »

J'ai un faible sourire, se voulant rassurant. C'est alors que, lentement, mais sûrement, elle relève enfin la tête, et laisse ses yeux croiser doucement les miens. Calmement, sans se brusquer, elle tente petit à petit un sourire, avant de, maladroitement, reprendre la parole. Elle pense être parvenue à la conclusion que se méfier ne sert à rien, et... Souhaite recommencer. Tout reprendre depuis le début. Notre rencontre, notre présentation, tout. Prenant un peu plus d'assurance malgré un air d'abord hésitant, elle se présente à nouveau comme étant Ellie Serenn Grants, déclare venir de Rhodes pour apprendre ici-même le devoir de Ranger. Et de but en blanc... Me propose de devenir son ami.

J'ai besoin de quelques secondes supplémentaires pour comprendre le sens de sa question, plutôt inattendue compte tenu de son attitude jusqu'à présent. Mais après tout... Dois-je vraiment m'y fier ? Ne vient-elle pas de se présenter à moi comme si c'était la toute première fois que nous nous parlons ?... Je ne la connais pas du tout, n'est-ce pas ?

… Oui, peut-être. Mais il n'empêche qu'elle n'est plus une simple inconnue rencontrée à la bibliothèque, à mes yeux. Elle est désormais une adolescente souffrant d'une grande solitude, et peu désireuse à s'ouvrir aux autres. Faire comme si je n'étais pas au courant serait parfaitement ridicule.

Je me relève, et lui fais un grand sourire.

« -... Pas besoin de reprendre depuis le début, tu sais.  »

… Je la prends brusquement dans mes bras, et m'exclame d'une voix beaucoup plus enthousiaste, presque enfantine.

« -Bien sûr, que je le veux !  » je la relâche, et prends une pose solennelle « Ginji Labelvi, Topdresseur spécialisé dans les Pokémon Electriks et provenant de Sinnoh ! Enchanté, Ellie ! J'espère qu'on s'amusera bien, tous les deux ! Et elle, c'est Harissa, ma Emolga ! Harissa, tu salues ?  »

Trouvant ce jeu complètement débile, elle me laisse un regard des plus blasés, avant de lâcher un « Emo. » tout ce qu'il y a de plus mou à Ellie. Ignorant complètement le côté un peu caractériel de ma Emolga, je tends une main à la Mentali.

« -Mais ça ne sera pas la dernière fois. Ce n'est que le premier d'une longue série de rencontre ! Ne t'inquiètes pas, je serai avec toi pour t'aider. Tant qu'on restera ensemble et qu'on se serrera les coudes, tout va bien se passer ! Je t'en fais la promesse !  »

… Oui. Tout va bien se passer. J'en suis certain. Dès lors que l'un sera là pour épauler l'autre, il n'y aucune raison de s'en faire ! Je suis sûr que ce n'est pas n'importe quelle amitié qui vient de naître. Ce sera quelque chose de grand ! Et nous irradierons notre entourage de notre complicité !



… Pas vrai ?

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Haute voltige en territoire littéraire | feat. Ginji
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