[INTRIGUE #1] Protocole Lumière. [TERMINE]
Chypre Hamilton
Région d'origine : Sinnoh
Âge : 13 ans
Niveau : 24
Jetons : 669
Points d'Expériences : 475
Scientifique Chercheur Pokemon
Voir le profil de l'utilisateur
Sujet: [INTRIGUE #1] Protocole Lumière. [TERMINE]   Lun 28 Oct - 18:56


Protocole Lumière.


Un écran bleu digitalisé, des suites de lettres au relief graphique et les rumeurs qui défilaient sous le regard avide des adolescents qui peuplaient l’académie. Près d’une semaine que l’article était en ligne et déjà l’un de ses précieux articles faisait polémique. Une rumeur, un potin, une farce, c’était improbable, Ezra était très selecte., pointilleuse sur ses sources et amatrice de secrets inavouables. Les petites hantises de nos professeurs, les pires hontes des élèves, elle les mettait en ligne. Ce qui la faisait vibrer pourtant c'étaient les cachotteries qu’on tentait de nous faire au sein de l’établissement. Titiller notre intérêt pour mieux nous pousser à mettre en lumière les ombres que renfermait l’île. La gazette du mois ne faisait pas dans la dentelle concernant le principe. Comment mieux mettre les bambins au pied du mur quand suspendant leur vie et l’intégrité du bâtiment à une salle secrète et enfouie où des dizaines d’Electrobes n’attendaient qu’une secousse pour faire littéralement tout sauter ? La journaliste avait dû s’en donner à cœur joie, en quelques lignes concises elle nous rapportait le témoignage d’une sotte que l’infortune avait guidé jusqu’au désastre. Elle marquait notre esprit de mots légers pour mieux nous imprégner de la gravité d’une telle rumeur. Et si tout n’était qu’un gigantesque canular ?

Je lisais, relisais, cherchant dans chaque mot la preuve irréfutable que tout ceci n’était qu’une mascarade, que j’avais tort de rester planter ici, au coin du grand hall, dans l’attente d’acolytes dont j’ignorais jusqu’au nom. Je ne pouvais exprimer avec des mots le cauchemar qu’était devenu cet article. D’abord simple objet de curiosité et de réflexion avant de lentement devenir une obsession tenace qui maintenait le sommeil à distance et empoisonnait chacune de ses pensées. Mon carnet ne se remplissait de rien sinon d’innombrables interrogations sur les causes, l’impact et les conséquences de ce que nous révélait le clavier d’Ezra. A cet enfer qui paraissait vouloir s’étirer jusqu’à gommer mon intérêt pour la nature et la connaissance, je n’avais trouvé qu’une solution : résoudre le mystère. Un rapide coup d’œil sur les commentaires  m’avait appris que je n’étais pas la seule à avoir eu cette idée. Du simple curieux qui désirait s’informer sur ce qui tramait à Pokemon Community au psychopathe qui voulait comprendre rôle jouait par le professeur Roseverte dans cette sombre affaire, tous étaient venus en quête de réponses. J’avais d’abord observé leurs exclamations candides avec un certain mépris, j’abhorrais ces espèces d’émulations communes qui ne donnaient aucun résultat, généralement. Toute la nuance était dans ce mot, j’avais vu des groupes de discussions privées se multiplier comme les petits fours de miss Potts et des membres du réseau exigeaient des codes pour accéder à une minorité de topique qui, à l’évidence, ne parlait pas de la façon dont se remettre des courbatures occasionnées par les entraînements intensifs du général Jackie. Petit à petite à la façon des Fermites, chacun avait trouvé sa place. On occupait un rôle bien précis dans la fermilière et les actions étaient menées en petits groupes de trois tout au plus. J’étais désireuse de participer à un coup d’éclat. Je voulais savoir qui se cachait derrière les tacticiens qui avaient élaboré les arcanes d’un tel dessein. Ces arguments m’avaient convaincus et je m’étais jointe à la communauté. J’avais adopté un pseudo quelconque, une anagramme de mon propre prénom : « Hepryc ». Cela ne voulait pas dire grand-chose et je soupçonnais mes interlocuteurs virtuels de me prendre pour un prépubère du dortoir des Phyllali.

A partir de là tout était allé très vite. Persuadés que je maîtrisais ce qui pouvait s’apparentait des capacités d’infiltration et faire des coups éclats, on m’avait rapidement orientée vers une mission de diversion. Cette idée me plaisait beaucoup. Nous n’allions pas nous contenter de marcher sur des œufs en sursautant au moindre son comme les autres. Non, nous serions dans le feu de l’action. Nous allions mettre un lustre hors d’usage. Et pas n’importe quel lustre, le lustre de Gaston. Il n’y avait qu’à le voir qui trônait au centre de la salle tout de dorures et de cristaux. Des dizaines d’ampoules faisaient miroitaient des reflets d’un or doux et chaleureux sur sa carcasse dont le concierge n’était jamais las de parler. Il en parlait comme d’un être de chair dont il serait un proche parent aux dires de mes « charmantes » colocataires qui avait parfois la « bonté » de lui faire la conversation. Et c’est là que mon plan intervenait. Un plan dont les grandes lignes m’avaient été dictées par d’autres mais auxquels j’avais ajouté mes propres revendications. Tout était calculé, du nombre d’homme à neutraliser aux secondes dont nous disposerions pour chacune des étapes. Car le plan était une succession d’étapes que je m’étais fait un bonheur d’ancrer sur le papier, vidant ma tête de l’insupportable bombe à retardement cachée quelque part sous nos pieds. Il y en avait neuf. Neuf. Pas une de plus pas une de moins. J’avais piégé Thor dans sa ball peu désireuse de tout faire foiré mais avait choisi de garder Bel sur mon épaule. Je le savais capable de véritables prouesses quand les circonstances l’y contraignaient. La punition exemplaire qui planait au-dessus de nos têtes si nous étions pris me paraissait être une menace suffisante pour pousser le hérisson à donner le meilleur de lui-même.

Je savais peu de chose de mes camarades de mission. Sinon que l’une était une passionnée de mécanique, véritable génie de la clé anglaise et de la technologie. Je l’avais très rapidement orientée sur la création d’appareils qui nous permettraient de rester en liaison et d’autres qui devaient nous permettre d’éliminer les codes d’accès qui risquaient de nous barrer la route. Mon second camarade était plus mystérieux, il avait accepté de jouer celui qui nous débarrasser du personnel. Ce dernier pouvant éventuellement faire obstacle au bon déroulement de notre infraction. J’avais du mal à imaginer l’individu autrement que grand, musclé et blond. Ne me demandait pas pourquoi blond, pure projection de ma part. Je consultais l’heure de mon Ipok une énième fois.  J’avais réglé cette dernière de façon à ce qu’elle indique les secondes en plus des minutes et des heures. Les chiffres inscrits étaient sans appels d’ici moins d’une minute, mes complices me rejoindraient et dans sept minutes et trente-huit secondes le plan se mettrait en marche.

_________________



perso' le plus studieux

Cleve Carter
Région d'origine : Johto
Âge : 15 ans
Niveau : 24
Jetons : 13113
Points d'Expériences : 770
Scientifique Mécano
Voir le profil de l'utilisateur
Sujet: Re: [INTRIGUE #1] Protocole Lumière. [TERMINE]   Mar 29 Oct - 3:19
Le dernier article d’Ezra Plume avait fait encore plus de grabuge que le précédent, et avait déchaîné les foules. En effet, si  l’Intelligence Artificielle s’était contentée de raconter les mésaventures de certains élèves lors de la Pré-rentrée, elle s’était cette fois-ci attaquée à l’administration et à leurs petits défauts de gestions. Même si une bonne partie des élèves avaient cru au canular, les discussions avaient été bien nourries ces derniers jours. Entre ceux qui paniquaient à l’idée d’exploser à la moindre surchauffe du groupe électrogène, et ceux qui tentaient par tous les moyens d’arranger les choses en organisant des excursions ninjas en pleine nuit dans l’académie –et se faisaient irrémédiablement pincer par Gaston Fooly-, c’était une joyeuse panique là-dedans. Le directeur et son vice-directeur ne semblaient cependant pas vouloir faire grand-chose pour arranger ce capharnaüm, et les mots « réductions d’effectifs » sonnaient inexorablement dans les oreilles de notre jeune rousse préférée. Au milieu de tout ça, Cleve Carter ne savait pas trop quoi penser. D’un côté, faire sauter l’académie lui aurait permis de rentrer plus rapidement à Ecorcia –même s’il était fort probable qu’elle y retourne en pièces détachées-, mais de l’autre, elle appréciait de plus en plus son séjour sur l’Île Lansat. Même si les cours étaient pour la plupart assez ennuyeux et qu’elle s’endormait systématiquement –pour ne pas dire que sa capacité de concentration lorsqu’on ne parlait pas de mécanique était proche du zéro absolu-, la Givrali avait pu faire la rencontre de ses actuels compagnons de route. Et même si les deux compères étaient particulièrement intenables, ils lui donnaient toujours de nouvelles idées pour ses inventions. Quoi qu’il en soit, la grande question n’était pas de savoir si oui ou non Cleve voulait que l’académie explose, mais plutôt : allait-elle réellement sauter dans un joyeux feu d’artifices ?

Visiblement, la jeune fille n’était pas la seule à se poser des questions. Rapidement, un véritable réseau s’était tissé autour des « groupes de discussions » d’Ezra Plume, et les élèves s’étaient empressés de s’y inscrire sous des pseudonymes tous plus ridicules les uns que les autres dans le but de partager leurs craintes et, accessoirement, des photos du dernier repas de cantine concocté avec un peu trop d’amour par Mama Odie. Suivant le mouvement de la foule, Cleve avait décidé « par curiosité » de voir à quoi ces chans pouvaient ressembler. Le bon côté dans tout ça ? Sa soif de connaissance avait grandement été satisfaite, et elle avait été fascinée par tous ces plans alambiqués qui s’étaient mis en place pour découvrir le pot-au-rose. Le mauvais côté ? Peppéroni avait tapoté sur son écran d’iPok lorsqu’elle avait voulu s’inscrire, et toute l’école pensait à présent qu’il existait quelqu’un d’assez stupide pour avoir « Duiqzdn » comme pseudonyme. Et dire qu’elle ne savait même pas comment cette chose se prononçait. Ou qu’elle n’avait pas envie d’essayer, de peur d’asperger ses camarades de dortoir d’une abondante quantité de bave. Mais passons outre ces détails.

Assise sur un coin de son lit superposé, Cleve regardait les derniers messages de son groupe de discussion privé, où le rôle managérial avait été confié à un certain « Hepryc ». La rousse ne savait pas s’il s’agissait d’une fille ou d’un garçon, mais ce surnom évoquait très fortement une quelconque crème contre les mycoses vaginales. Encore un dont le Pokémon avait sans doute fait des siennes en tapant comme un malade sur le clavier de l’iPok lors de l’inscription. Toujours est-il que comme elle avait ouvertement dit qu’elle savait plutôt bien bricoler, le grand chef lui avait rapidement demandé de confectionner des casques transmetteurs qui permettraient aux membres du groupe de communiquer les uns avec les autres à distance. Et de quoi faire un petit peu de piratage si piratage il y avait. Très vite, Cleve avait adoré fabriquer ces petits objets, dont la plupart n’étaient que très simples de mécanisme. Bizarrement, elle se sentait un peu comme une espionne avec tous ces petits gadgets, chose qui n’était pas si désagréable que ça. Dans un excès de zèle, la Givrali avait même construit un unique émetteur, qu’elle comptait accrocher sur Gaston Fooly dès que l’occasion se présenterait, histoire d’avoir une trace dans ses allées et venues dans l’académie. Le mécanisme n’était pas encore parfait, mais malgré le fait qu’il s’éteigne par intermittence, il permettait de connaître assez fidèlement la position de la cible. Restait à savoir comment elle allait le fixer sur le concierge, ce qui constituait son plus gros problème.

Soupirant, Cleve se redressa et fixa sa montre. C’était bientôt le moment de retrouver ses camarades anonymes et de préparer la grande mission d’infiltration. Par chance, les autres avaient eu assez de bon sens pour ne pas confier à l’éternelle maladroite qu’elle était, un rôle qui nécessitait de la discrétion. Au contraire, elle serait au premier plan à saboter le grand lustre de Gaston Fooly, en espérant que le grabuge attirerait le concierge assez longtemps pour que ses collègues puissent avoir accès à la salle interdite. Autant dire qu’elle risquait l’expulsion directe si elle venait à se faire prendre, et probablement un bon coup de pied dans le derrière. Ceci dit, mieux valait peut-être prendre des risques plutôt que d’exploser avec le reste de l’Île. Tout était relatif.

Pour l’occasion, Pep’ avait bien accepté de rester dans sa Pokéball, ce qui était un immense soulagement. Le but de Cleve était de saboter le lustre en le faisant dysfonctionner. Pas de le faire tomber en faisant monter son gros Lokhlass dessus –ce qui aurait été bien malheureux pour les quelques malchanceux qui se seraient retrouvés en dessous au même moment-. Attrapant son sac à dos chargé de matériel pratique, la rouquine quitta son dortoir et se dirigea machinalement jusque dans le hall. Là-bas, elle retrouva à un lieu très précis de rendez-vous, sa première camarade. Ce fut avec soulagement qu’elle y reconnu Chypre Hamilton, et non pas un quelconque inconnu passionné de mycoses. Aussi furtivement que possible, la jeune fille s'approcha de sa collègue Mentali. 

« Baba-au-rhum. » murmura-t-elle à l’adresse de sa camarade, qui ne la regarda pas comme si elle était devenue folle.

Le mot de passe. Plutôt bonne façon de se reconnaître entre membres d’un même groupe, et de ne pas risquer de tout faire cafouiller en montrant son plan au premier venu. Voyant qu’il s’agissait bien de Chypre, Cleve esquissa un sourire timide.

« Je ne m’attendais pas à ce que ce soit toi… » ajouta-t-elle en lui faisant un clin d’œil, et en lui montrant discrètement le contenu de son sac.

Les trois casques de communication demandés, le petit émetteur à fixer sur Gaston Fooly, et une armada de gadgets destinés à ouvrir les portes et à faire capoter le lustre. Une joyeuse excursion en perspective !
Chypre Hamilton
Région d'origine : Sinnoh
Âge : 13 ans
Niveau : 24
Jetons : 669
Points d'Expériences : 475
Scientifique Chercheur Pokemon
Voir le profil de l'utilisateur
Sujet: Re: [INTRIGUE #1] Protocole Lumière. [TERMINE]   Jeu 21 Nov - 19:10

Ma première co-équipière – ou sous-fifre – je le connaissais. C’était bien au-delà de l’absurde quand on savait que j’avais du adresser la parole à une dizaine de personnes au maximum depuis mon arrivée à l’académie. Totalement absurde. Et pourtant c’était vrai. Je reconnaissais son éclatante et vivante chevelure rouge bien avant qu’elle me rejoigne. Ce petit de femme menue qui m’inspirait autant de curiosité que de bienveillance. Avec son visage insouciant crispé d’appréhension. Au début, je n’y croyais pas vraiment. Lors de notre première rencontre, la rouquine m’avait donnée lieu de croire qu’elle avait l’esprit volage et l’imaginer perdu dans un hall désert ou presque, n’était pas si incongrus. Je classais l’affaire, m’obligeant à la discrétion pour ne pas perdre du temps dans une conversation superficielle. Mais Cleve – car c’était elle- cherchait du regard quelque chose, ou quelqu’un. Ses grands yeux ambrés finirent par croiser les miens. La révélation fut immédiate.

Cleve, la virtuose de la clé anglais, la future mécanicienne de renom, la fille high-tech. Cleve s’était « Duiqzdn », autrement dit, sa complice. Ce qui n’était pas rassurant. Je revoyais « l’accident » de l’arbre, le pauvre corps de la demoiselle qui s’éclatait sans ménagement contre un tronc à cause d’un réglage défaillant. Le dinosaure bleu qui avait jaillit à sa suite pour lui mordiller son crâne et son rongeur aquatique terroriste. J’appréciais sincèrement la Carter dans sa qualité d’intellectuelle, pour son faciès candide et son ouverture d’esprit. Mais en tant que leadeuse d’un acte illégal dont j’avais calculé jusqu’au trente-six secondes qu’il nous faudrait pour nous soustraire aux regards une fois le lustre mis hors servie, je n’étais pas sûr d’arrêter mon choix sur la maladroite – bien qu’adorable – rouquine. Je mordais la lèvre inférieure. Une nuée de chiffres et d’idées me parcouraient, le sens, le temps, les contraintes, tous se modifiaient si vite que j’oubliais presque de voir l’objet de mon tourment se dirigeait vers mois à grands pas. Elle semblait rassurée. Son regard noisette pailleté d’or était empreint d’une réserve charmante et ses lèvres rosées plissées dans un sourire incertain.

Ma partenaire murmure le nom d’un gâteau alcoolisé dont la signification m’échappa sur l’instant. Les récentes « perturbations » troublaient la clarté de mes idées et je perdais une dizaine de secondes à reconnaître le mot de passe. C’était mon idée ? Elle ne valait pas beaucoup mieux que mon pseudonyme alors. La rouquine me montra son sac avec un clin d’œil entendu. Elle aussi était apparemment surprise de me retrouver à la tête du bataillon. Je le prenais moitié bien, moitié mal. Ma vanité intérieure ne pouvait s’empêcher d’être froissée par l’idée qu’on ait pu sous-estimer mon intellect. En même temps, il était probable que l’étudiante soit simplement étonnée qu’une fille avec qui elle avait cueilli baies se cache sous l’identité virtuelle d’Hyprec. Mais il était dans ma nature de complexifier les choses. Les petits bijoux planquait dans son bagage eurent raison de mes réflexions et je m’émerveillais pour la seconde fois. Des dizaines de petits objets au design simple et invisible aux yeux des gens ordinaires. Mais pas dans ceux de Cleve, tous étaient porteur de ce savoir-faire qu’elle était –à ma connaissance – seule à posséder. Les circuits, les pièces et cette intuition agile qui éveillait les mains de la mécanicienne, formaient une série de gadget qui allait du casque de transmission noir à l’émetteur métallique. Chacun correspondait à une intention précise, comme des clefs magiques qui nous ouvrirait les portes une à une.

J’en oubliais ma précédente inquiétude. Je me laissais envahir par l’excitation puérile que suscitaient ces délicieuses énigmes dans mon esprit avide de savoir. Un sourire aussi grandiose qu’imbécile trônait sur mon visage, comme une fillette à qui on aurait offert la BarbieLippoutou convoitée. Je me devais de féliciter chaudement ma complice, d’autant que les minutes s’écoulaient beaucoup trop vite et que le temps nous était plus précieux que la parole.

    « Ravie de te revoir Cleve. Le travail que tu as réalisé est formidable, merci. »


L’image de la collision de l’arbre me revint à ce moment-là et je ne pouvais m’empêcher d’ajouter d’une voie dépourvue de mauvaises intentions.

    « J’espère qu’ils marchent mieux que les jumelles. »


Je ne pensais pas vraiment à mal en jetant ses mots. Bien sûr, je les voyais facilement prendre un aspect réducteur dans la bouche d’un autre, mais le fait était que je préférais être directe plutôt que faire tout capoter pour une histoire de conventions sociales. Un coup d’œil sur l’écran minuté et digitalisé m’informa de deux choses. La première nous n’avions plus que deux minutes trente avant le lancement des hostilités. La seconde était plutôt une conséquence de la première. Je n’avais pas le droit d’attendre un peu plus notre dernier complice. Il devrait donc agir de l’extérieur, du moins dans un premier temps. Mes traits se durcirent instantanément, et je sentais les choses se réorganisait pas fracas dans mon esprit malmené. Je jetais un regard circulaire dans le hall rutilant, personne. J’attrapais les paumes de la rousse bien qu’il ne soit pas dans mes habitudes d’engager un contact direct. Je voulais lui transmettre ma tension et ma pression, c’était les deux ingrédients de la réussite. Chez moi en tout cas. Mieux vaudrait que cela soit aussi son cas sinon elle risquait de trouver les prochaines heures cauchemardesques.


    « On lâche Brutus pour le moment. Je n’ai plus le temps de t’expliquer les détails du plan. L’important c’est de ne pense qu’à une seule chose, si tu tombes, si tu ralentis, si tu hésites ne serait-ce qu’une seconde, nous sommes foutue. On n’entreprend pas juste une mission d’arrière-plan où il faut courir après un piaf ou chercher un indice dans une grotte. Nous on prend un risque. Nous serons sous les projecteurs au moment où les autres débuteront leurs recherches. Autrement dit toute l’attention va être rivée sur nous, sur les coupables de ce que nous nous apprêtons à faire. Il est impératif que tu écoutes tout ce que je te dise sans réfléchir. C’est compris ? »


De mon regard cendre aiguisé, je cherchais à bien imprimer chacun des mots dans l’esprit de la scientifique. Nous devions réussir, il n’y avait tout simplement pas d’autres alternatives. Sa réponse comptait peu, je me doutais que la rousse était trop impressionnable pour contredire mes ordres. Cette force froide et violente qui allait nous permettre de survivre à cet assaut je la découvrait pour la première fois. Cette position directive et impérieuse me plaisait. Elle me rappelait mes plus jeunes années quand je m’imaginais reine des bois qui bordaient ma maison et que j’exigeais que le soleil se lève à l’aube et qu’il se couche au crépuscule. J’eus une pensée pour le général Jackie dont l’impitoyable autorité avait transformé ses élèves en caninos de combat. Le personnage qui me paraissait pétri de convictions d’un autre âge et d’une intolérable indélicatesse me semblait désormais plus familier. Brutus c’était notre retardataire, j’avais en tête les futures ordres à lui transmettre depuis mon ipok. Son manque de ponctualité était très regrettable mais les projections peu flatteuses que j’avais à son égard m’avaient permise d’anticiper le coup. Son flagrant manque de vocabulaire et sa façon radicale de voir les choses étaient autant d’indices sur sa probable précarité d’esprit qui n’étaient pas passés inaperçus. Je passais une main sur l’épaule de Cleve et l’entraînais avec douceur mais fermeté dans un couloir. Il était évident que nous ne pouvions nous en prendre au lustre directement, cela aurait du suicide. Non, pour nous les choses commençaient plus loin. Alors que sous nos pas le carrelage défilé, j’informais la Carter sur ce qui allait se dérouler après.


    « Je t’emmène dans la section D7 du bâtiment. C’est là-bas que tout commence. Je ne saurais trop te recommander d’être attentive à mes prochaines paroles. La phase un du plan est très simple mais exigeante de la sens que si elle n’est pas mené dans les temps elle met en péril la suite. Objectif pénétrer les locaux du personnel sans être vu. Notre solution : la bouche d’aération. »


Je m’arrêtais devant un mur très bête, nu et blanc, semblable à ceux des hôpitaux au parfum capiteux. Son unique était une grille en aluminium situé dans le coin inférieure gauche de sa surface. Notre entrée personnelle, l’ingéniosité de mon propre stratagème fit naître un sourire arrogant sur mes lèvres. J’étais devenue superficielle au contact des Mentali, je ne savais encore si j’avais envie de l’assumer entièrement. Mon regard se braqua ensuite sur Cleve, j’avais relâché ma prise laissant à la petite rousse la possibilité de s’échapper. J’étais persuadée qu’elle ne le ferait pas, nous étions deux prises dans le tourbillon de cette dangereuse « conspiration » dont j’étais en partie l’initiatrice. Je faisais sèchement claquer ma langue et à l’entente de ce bruit la petite boule jusqu’ici discrètement perchée sur mon épaule bondit au sol. Bel était hésitant, mais conscient de la pression que je mettais sur ses épaules. Sur son corps chétif des flammes pivoines dansèrent pendant un bref instant avant de jaillir de la gueule du mammifère. Une onde de chaleur parcourut le cul-de-sac et des effluves de métal brulé vinrent chatouillés mes narines.

La température retomba et la Flammèche prit fin, révélant un trou béant au cœur de la plaque d’aluminium fondue. J’adressais un sourire paisible à Cleve et d’un geste aussi galant qu’emprunté lui indiquait la marche. Du bout des lèvres et d’une voix plein de l'’exaltation que m’inspirait la mise à exécution de mon minutieux dessein, je laissais tomber :


    « A toi l’honneur. »


_________________



perso' le plus studieux

Cleve Carter
Région d'origine : Johto
Âge : 15 ans
Niveau : 24
Jetons : 13113
Points d'Expériences : 770
Scientifique Mécano
Voir le profil de l'utilisateur
Sujet: Re: [INTRIGUE #1] Protocole Lumière. [TERMINE]   Mar 26 Nov - 17:57
C’était Chypre ! Chypre la jeune fille sauvage qui traquait les baies en se basant sur le ciel et les empreintes de pas qu’elle pouvait voir sur le sol. Chypre, dont l’intelligence avait tant de fois était soulignée par les enseignants lors des cours. Avec une alliée de cette envergure, Cleve ne pouvait douter de la réussite de leur mission. La personne qui se cachait derrière le grand manitou de cette expédition était un génie de confiance. Un véritable cerveau. Les extrémités des lèvres de la rouquine se relevèrent malgré-elle. Elle était venue à ce lieu de rendez-vous avec milles appréhensions, mais à présent, celles-ci s’étaient toutes évaporées comme une nuée de papillons. En équipe avec Chypre, elles allaient réellement faire péter le lustre –au sens propre, comme au figuré- ! Restait à savoir qui les rejoindrait dans l’aventure et jouerait le rôle du monsieur muscle. Une petite inquiétude persistait de ce côté-là, puisque le rôle du troisième membre était tout aussi important que les deux autres. A la rigueur, les filles pouvaient gérer à elles deux, mais une aide supplémentaire n’était jamais de trop.

Scrutant les alentours de ses yeux ambrés, Cleve suspectait chaque personne. Alliées ? Ennemies ? Taupes, espions ? Elle savait qu’il y avait à l’académie des personnes assez fourbes pour s’infiltrer parmi leurs camarades et tout répéter aux professeurs. Bon évidemment, il y avait très peu de risque que l’une d’entre elle soit dans son propre dortoir. Après tout, même si les Givralis auraient adoré répéter tous les ragots à l’administration, elles avaient une trop grande gueule pour ne pas se faire cramer dès le départ. Néanmoins, Cleve et Chypre se devaient d’être prudentes. N’accorder leur confiance à personne, et ne pas parler de la mission. Ja-mais ! La rousse était prête à emporter le secret dans la tombe, si cela était nécessaire. Enfin en supposant bien évidemment qu’elle ne se ferait pas remarquer par Fooly et qu’il ne la reconnaîtrait pas.

Un coup d’œil circulaire supplémentaire, mais toujours pas de trace de Brutus. Soupirant, Cleve supposa que le bougre s’était défilé, ou n’avait pas avalé un réveil-matin au petit déjeuner. Chose plutôt agaçante quand on savait qu’elle avait tout fait pour arriver un peu avant l’heure, histoire de s’assurer que tout se déroulerait selon le plan ! Les remarques de Chypre parvinrent cependant à rehausser le moral de la mécanicienne, et cette dernière eu un sourire lorsqu’elle vit la mine émerveillée de son commandant.

« Pas de soucis. » répondit-elle avec une expression modeste sur le visage.

Une vision furtive lui revint en mémoire, et la réplique suivante de Chypre acheva de former l’image dans son esprit. Elles avaient évidemment pensé à la même chose, et Cleve éclata de rire en repensant à sa malheureuse aventure dans la forêt. La Givrali n’était pas du genre à mal prendre les choses. Elle trouvait d’ailleurs que la tentative de sa camarade pour détendre l’atmosphère était fructueuse. D’autant plus qu’en même temps, elle s’assurait que le travail avait été bien fait.

« Oui, j’ai tout testé plusieurs fois, et il n’y aura pas de bug ! Ce sont des choses sur lesquelles j’ai déjà eu l’occasion de travailler par le passé, donc tout ira bien. »

Un nouveau sourire qui se voulait rassurant s’étira sur ses lèvres roses. Elle avait pris grand plaisir à bricoler tous ces petits gadgets, et était encore plus enthousiaste à l’idée de les tester en conditions réelles. Elle savait bien que leur mission serait compliquée, semée d’embuche, et n’aboutirait pas forcément à une fin heureuse. Cependant, elle était plutôt surexcitée par cette opportunité qui s’offrait à elle, et l’anxiété de sa camarade ne parvint même pas à émousser sa détermination. Visiblement, l’heure était bientôt venue de décoller, mais Brutus n’était toujours pas arrivé. Probablement désagréablement surprise par cette nouvelle inconnue dans l’équation, Chypre attrapa les mains de Cleve et lui communiqua la réécriture du plan. Ses traits étaient encore plus sérieux et durs qu’à l’ordinaire, et la rousse fronça elle aussi les sourcils pour montrer à sa coéquipière qu’elle lui offrait toute son attention. Le discours de la Mentali se voulait motivant, mais restait tranchant. Aucune erreur ne serait permise. Il était interdit de flancher, de se planter, et de ralentir l’équipe. Message reçu. De toute façon, Cleve n’était pas venue ici avec pour intention d’être un boulet. Elle allait faire tout son possible pour que la mission soit un succès, et y mettrait évidemment les moyens. Elle nota cependant une petite allusion à d’autres plans, que d’autres élèves avaient choisis et dont les vestiges étaient encore visibles sur les forums de discussion. La mécanicienne n’avait pas idée de qui il pouvait s’agir, et n’avait même pas eu vent de ces missions-là. Mais en effet, Cleve et Chypre prendraient plus de risque, puisqu’elles seraient au premier plan pour se faire attraper et dégommer par le redoutable concierge.

« Message reçu. Je t’accorde une totale confiance, et je ne te décevrai pas. » répondit Cleve, en se faisant violence pour ne pas se mettre au garde-à-vous.

Chypre sembla réfléchir un moment, comme si elle se demandait quoi faire de ce fichu Brutus qui leur avait posé un lapin. Puis, sa vivacité d’esprit reprenant le dessus, elle élabora un autre plan et attrapa Cleve par la main. Les deux jeunes filles s’engouffrèrent ensuite telles des chouettes hulottes dans un couloir vide, pour parler de la suite des évènements. Section D7. Les rouages du cerveau de la Givrali se mirent à tourner, et elle localisa immédiatement l’espace voulu. Les plans, elle les avait appris avant de venir. Si son sens de l’orientation était en temps normal d’un niveau assez contestable, Cleve n’avait aucun souci lorsqu’elle avait une carte en main. Les traits tracés au crayon à papier ressemblaient à des schémas de mécanismes complexes, et elle les assimilait avec la même facilité. Elle suivi donc Chypre jusqu’à un mur nu muni d’une bouche d’aération métallique. Bel, le Héricendre de la Mentali, constituait la première pièce du puzzle. Lançant une attaque flammèche sur les grilles d’aluminium, il créa un espace assez épais pour laisser passer Cleve et Chypre. Suite à quoi la scientifique invita la Givrali à s’engouffrer en premier.

Se mettant à quatre pattes pour pouvoir passer par la grille, Cleve attendit que Chypre soit entrée à son tour pour faire sortir Peppéroni de sa Pokéball. Le rayon lumineux rouge passa à travers le trou béant, et l’immense bête cobalt se matérialisa dans le couloir. De l’autre côté de la grille, Cleve lui demanda de recréer les barreaux grâce à une attaque Eclat Glace. En quelques mouvements, une bouche d’aération neuve remplaçait celle qui avait été carbonisée par le hérisson de feu, fière, droite et solide. Seule la couleur étincelante de la glace qui reflétait la lumière pouvait indiquer qu’il s’était passé quelque chose par ici, mais la mécanicienne avait prévu le coup. Sortant une bombe de peinture de couleur métallique, elle aspergea les pics de glace pour recréer une grille qui ferait illusion. La peinture, prévue pour adhérer à la glace et ne pas s’estomper au fur et à mesure, dessina une nouvelle barrière parfaite. Suite à quoi Cleve rappela Peppéroni, et continua sa route en évoluant à travers les boyaux des tuyaux.

Ramper dans ces conduites n’était pas une tâche aisée, mais la Givrali était plutôt aidée par sa petite taille. Elle faisait bien attention à ne pas faire trop de bruit en se déplaçant, chose qui aurait pu alerter les personnes qui se trouvaient de l’autre côté du mur. Son esprit se souvenait parfaitement des directions qu’elle devait emprunter pour se rendre jusqu’à la salle du personnel, et, après quelques grilles qui barraient le passage et qu’elle était parvenue à démonter grâce à un tournevis, Cleve parvint enfin au point d’arrivée.

La conduite ne se terminait par ici, mais une grille se situait sur leur droite, permettant d’avoir une plutôt bonne vue sur la salle du personnel. Ici, personne ne pourrait les voir du moment qu’elles ne faisaient pas de bruit. La prochaine étape était évidemment celle de coller le mouchard sur la veste de Gaston Fooly, que ce dernier irait certainement récupérer après avoir bu son habituel café. Après avoir minutieusement étudié les habitudes du concierge, le groupe était parvenu à la conclusion que pour accrocher le traceur, ils devaient profiter de ce moment précis, sans quoi il leur serait très compliqué d’approcher l’homme sans éveiller les soupçons.

Pour le moment, la salle était presque vide. Seule Jackie était en train de regarder des revues sportives tout en buvant une boisson protéinée et en faisant jouer la crosse de son fusil sur la table. La veste de Gaston était là, comme prévu, mais il devait rester à peine une poignée de minutes avant que son possesseur ne revienne. Les yeux froncés, Cleve se demanda combien de temps Jackie allait rester, lorsqu’un bruit sourd se fit entendre à plusieurs pièces de là. L’enseignante se releva d’un bond, et sortit en trombe de la salle du personnel sans prendre le temps de refermer la porte. Celle-ci claqua, indiquant que le terrain était à présent libre pour les deux jeunes filles. Etait-ce Brutus qui avait fait diversion sur les ordres de Chypre ? Cleve n’en savait rien, mais cet heureux évènement leur avait permis de gagner du temps. Donnant le mouchard à Chypre, la Givrali sortit son tournevis et commença à dévisser la bouche d’aération pour permettre à sa camarade de se glisser dans la pièce et d’accrocher l’indétectable appareil dans un revers de la veste.

« La grille va céder dans 5 secondes, et il m’en faudra une dizaine de plus pour la remettre en place après que tu sois entrée puis revenue. Il nous reste combien de temps avant que Jackie ou Fooly ne reviennent ? » interrogea Cleve sans se déconcentrer de sa tâche pour autant.

Il allait falloir faire vite si elles voulaient ne pas se faire repérer. Mais Cleve avait confiance en Chypre. Cette dernière avait sûrement tout prévu pour qu’elles aient assez de temps !
Compte PNJ
Région d'origine : -
Âge : -
Niveau : 0
Jetons : 0
Points d'Expériences : 11604
PNJs
Voir le profil de l'utilisateur
Sujet: Re: [INTRIGUE #1] Protocole Lumière. [TERMINE]   Sam 7 Déc - 1:18
Profitant de l'absence de Général Jackie, Chypre Hamilton se faufile dans la Salle des Professeurs et ouvre les poches de Gaston Fooly pour y déposer le mouchard. Un détail retient cependant son attention, et elle sort de l'intérieur de la veste du concierge quelques feuilles contenant des schémas étranges et identifiés de la mention "trouvés dans la salle des électrodes" écrite de la main de Fooly. Après les avoir rapidement montrés à Cleve, les deux jeunes filles décident de les garder pour voir s’ils peuvent contenir des informations importantes, et parviennent à refermer la bouche d’aération au moment où Fooly revient dans la salle pour récupérer sa veste.

Vous avez donc en votre possession quelques feuilles noires d’informations que Cleve arrive à identifier comme étant des schémas d’une certaine Pokéball dont elle ne reconnaît pas le modèle. De quoi s’agit-il ? L’écriture vous est inconnue, mais il ne s’agit pas de celle de Gaston Fooly… Une prochaine enquête devrait-elle être menée, ou alors ces papiers n’ont-ils aucun intérêt ?
Chypre Hamilton
Région d'origine : Sinnoh
Âge : 13 ans
Niveau : 24
Jetons : 669
Points d'Expériences : 475
Scientifique Chercheur Pokemon
Voir le profil de l'utilisateur
Sujet: Re: [INTRIGUE #1] Protocole Lumière. [TERMINE]   Sam 7 Déc - 13:53

Impatiente. Rongée par l’envie folle de voir les engrenages s’imbriquer harmonieusement et ivre de ce plaisir palpable de rendre ma théorie pratique. J’étais un fauve enfermé dans le corps frêle d’une adolescente. Cleve, cette surdouée de la mécanique, partageait ma soif de réussite. Ses réponses claires, ses gestes déterminés que j’observais maintenant avec plus de distinction ne laissaient pas de doutes sur le sujet. Je me sentais complice avec elle. Pour rien au monde, je n’aurais désiré l’échanger contre une autre, il me suffisait de la voir se glisser  habilement dans le conduit avant de recréer la grille d’origine pour en avoir la certitude. A nouveau je m’émerveillais sur sa prévention et son matériel, une fine couche d’un gris métallique venait parfaire la plaque factice. Peppéroni sans être le plus gracieux des alliés, méritait le titre de partenaire efficace. Notre ascension commença ainsi. Nous étions entourées par le silence, attentives au moindre grincement alors que nos silhouettes menues longées les parois relativement larges des conduits.

Je voyais Cleve absente, probablement plongée dans le plan virtuel que je nous avais tous fait apprendre par cœur. Confiante je m’en remettais à son génie et m’occupait d’une autre tâche tout aussi préoccupante. J’étais sans nouvelle de Brutus, mais mon intuition me disait qu’il n’était pas encore totalement hors-jeu. Je pianotais rapidement et sans bruit sur mon Ipok, priant pour qu’il reçoive mon message à temps. Dans cette entreprise où chaque seconde était comptée et où le moindre retard signait la fin de notre anonymat. Un faux pas, un mauvais calcul, se révélerait fatal. Nous atteignîmes bientôt une nouvelle grille, elle débouchait directement sur la salle du personnelle et était dissimulée de façon stratégique dans le plafond. L’étoffe sombre de la veste de Gaston Fooly était  posée bien en évidence sur la table en contrebas, il s’agissait de la cible. C’était par son biais que nous suivrions le concierge grincheux, nous assurant ainsi qu’il n’était pas dans nos pattes au moment de faire sauter le lustre. C’est à moi que Cleve avait confié le mouchard. C’est moi, l’ingénieuse auteure de ce dessein  qui allait effectuer l’aller-retour des conduits à la veste. J’ignorais encore le nombre de secondes que j’aurais à ma disposition pour accomplir mon devoir, je savais simplement que c’était une étape clé de notre quête.

Mon premier était obstacle n’était pas des moindres. La référente des Pyroli, une blonde à tendance psychorigide et aussi agressive qu’une Airmure en furie montait la garde. Elle avait le regard sévère, sa mâchoire carrée contractée alors qu’elle se désaltérait arme en main. Je la toisais du avec attention, analysant son attitude, cherchant à capter un indice. Aucune chance qu’elle bouge, et c’est là qu’intervenait Brutus. Je voyais les grands yeux interrogateurs de Cleve  se tournaient vers moi et fermais les yeux avec appréhension. Des bruits de claquements et de chute éclatèrent faisant voler en éclats le mutisme qui nous entourés. Ce vacarme m’apaisa, j’y voyais une bénédiction. J’ignorais si c’était bien Brutus qui ne donnaient pas le moindre signe de vie mais le résultat était là. Nous avions bons. Je voyais le général Jackie sautait sur ses pieds et s’enfuir de la salle l’air menaçant et pressé. Cleve face à moi s’agita. La rouquine avait posé son matériel, elle avait mis chaque élément à sa place. C’était mon tour. 3… Je lui faisais signe avec les mains que je disposais d’environ une minute. 2… Mon cœur s’accéléra… 1… Je me tenais prête à glisser dans la pièce. La dernière vis claqua me donnant accès à cette salle interdite.

Nous ne l’avions pas choisi par hasard. Dans leur vanité, les enseignants n’avaient pas pris la peine de la faire équiper de caméra ce qui la rendait plus facile d’infiltration que les autres locaux où ce cher Gaston aurait pu semer du matériel. Le choc avec le sol fut rude. L’onde choc remonta violement dans mes genoux m’arrachant une grimace. Je ne m’appesantissais pas dessus. Déjà cinq secondes de perdues. J’allais furtivement jusqu’à la table, rectangulaire et blanche cette dernière m’évoquait une table d’opération et je fonçais les sourcils devant la rigueur des lieux. Je m’étais un peu attendue à de post-it partout et des gâteaux de Miss Potts au centre. Peut-être le courant ne passait-il pas encore entre les instituteurs ? Je secouais la tête. Pas le temps. Une immense aiguille faisait claquer les secondes dans ma tête et sur ma tempe une sueur froide. Je sortais le mouchard de ma poche. Il était petit et noir, muni de pinces pour mieux l’accrochait à la poche du veston du concierge. Je choisissais la poche gauche de l’habit, étant gaucher c’’était probablement celle dans laquelle il risquait le moins de fourrer ses paluches.

Un frisson me parcourut en sentant que dans le textile doux de la veste plutôt coûteuse du concierge, de fins papiers étaient rangés. Il me restait presque la moitié du temps et ne résistant pas à la tentation, je m’emparais des documents après avoir enfoncé le petit gadget espion au fond du tissu. Le froissement des feuilles quand je les ouvrais fit monter la tension. Je n’étais plus qu’une masse informe d’inquiétude, mes sens étaient tendus à l’extrême et moi dévorée par la curiosité j’abimais mes yeux sur le feuillet couvert de gribouillages. Je n’y comprenais rien. Trop de traits, tops de ratures, trop de termes, tout était rempli de cette logique fascinante qui caractérisait ma partenaire. J’aurais peut-être abandonné ce délicieux brouillon si trois mots ne m’avaient pas ôté un battement de cœur « Salle des électrodes ». Ça sonnait un peu comme la victoire, c’était un peu comme si notre diversion devenait la seule mission valables de toutes les expéditions organiser. Je tremblais, tremblais comme la feuille que je tenais dans les mains. Incapable de contenir l’émotion violente qui venait m’ébranler à l’aube de cette découverte. Une alarme résonna en moi. Une voix qui hurlait la fin du temps imparti. Peut-être un appel de Cleve ? Ou ma simple intuition. Mais je sentais, oui je sentais que le jeu prenais fin. Quelqu’un approchait et cette personne ne pouvait que réduire à néant l’ouvrage de mes dernières nuits. Précipitamment je rangeais l’objet dans un pli de vêtement cousu à l’improviste pour ce genre de situation. Dans ma poitrine ça tambourinait comme un troupeau de galopa, ça m’arrachait une respiration lourde que j’avais du mal à masquer. Mais je ne cédais pas. Pas si près du but et m’aidant de la table et de la paume de la rousse je remontais dans ma cachette. Je votais Cleve s’agitais pour remettre en place la grille et je m’en voulais de ne lui être d’aucune utilité. Tout était électrique, c’était une question de vie ou de mort. Déjà les pas lourds et reconnaissables de Gaston s’accentuaient, il arrivait. Entre deux inspirations saccadées  je murmurais du bout des lèvres.


    « Tu ne devineras jamais… »


Et un sourire naquit, trop grand, trop frais, trop fort. Un sourire de triomphe alors que je dépliais fébrilement le papier sous les yeux de la Givrali. Il n’avait pas changé d’un pouce et pourtant je savais qu’au regard de ma partenaire il prenait déjà une nouvelle signification. J’espérais avec conviction qu’elle verrait du sens dans ses lignes régulières qui étaient restées impénétrables pour moi.


    « C’est de sa main… Aucun doute… »


A nouveau, mes iris cendres vinrent se fixer sur la mention qui m’avait poussé à conserver le document « salle des électrodes ».

HRP - Je suis désolée pour le retard pris >.< je gère pas du tout en ce moment. S'il y a le moindre soucis dans le RP dis le moi et encore pardon ;;

_________________



perso' le plus studieux

Cleve Carter
Région d'origine : Johto
Âge : 15 ans
Niveau : 24
Jetons : 13113
Points d'Expériences : 770
Scientifique Mécano
Voir le profil de l'utilisateur
Sujet: Re: [INTRIGUE #1] Protocole Lumière. [TERMINE]   Mar 24 Déc - 14:56
L’expédition avait commencé à prendre une tournure plus excitante lorsque la salle de repos des enseignants fut en vue. Derrière la mince grille de métal qui fermait cette bouche d’aération, des tables et des chaises étaient alignées dans un ordre presque incapable. Aucune fioriture, aucun jeu de carte qui indiquait une quelconque « vie ». Juste quelques tasses de café abandonnées là, et des empilements de journaux moisis par le temps. Tout ça faisait tellement sérieux que Cleve se demanda un instant si le plan n’était pas faux. Malgré tout, la présence du Général Jackie confirmait leur itinéraire, et la Givrali trouva cela légèrement triste ; on se serait cru dans un camp d’entraînement, avec tant de propreté et si peu d’exubérance. Etait-ce la redoutable référente des Pyrolis qui imposant son train de vie à ses collègues ? Cleve n’allait pas se risquer à poser la question. Après tout, Chypre et elle n’étaient pas censées se retrouver là. Pourtant, la mission le voulait, et leur but était d’une importance capitale pour la survie de l’école –rien que ça !-. La rouquine attendit donc patiemment que l’obstacle fut distrait par une manœuvre de Chypre et de Brutus –ou tout du moins, Cleve le supposait-, pour faire jouer ses tournevis et démonter la grille de métal. Suite à la question silencieuse de la mécanicienne, la Mentali leva le pouce pour lui donner la réponse. Une minute… Les choses allaient être justes, mais si tout se passait sans accrocs, le duo pouvait réussit à coller le mouchard et à remettre le grillage en place dans les temps. L’objectif ici était non seulement de placer le mécanisme bricolé par Cleve, mais également de sortir sans se faire repérer. Ce sans quoi la poursuite de la mission serait grandement compromise, la Givrali étant bien incapable d’élaborer des plans seule. Ceci dit, si Chypre se faisait attraper, elle pourrait toujours prétexter d’être là pour poser une question à un enseignant. Cleve ne doutait pas qu’avec son cerveau, son amie saurait se sortir d’une situation compliquée. Malheureusement, si le mouchard était découvert, Fooly et Jackie feraient rapidement le lien entre la présence fortuite de Chypre dans la salle des professeurs, et le sabotage du lustre. Ce qui leur permettrait de remonter le réseau et de faire tomber toute la petite organisation des rebelles. Non… Elles se devaient de réussir, c’était obligatoire.

Laissant donc Chypre se couler à travers la bouche d’aération, Cleve se tint prête à l’aider à remonter et à refixer la grille, en surveillant d’un œil attentif la porte d’entrée. Les secondes s’écoulaient, interminables, durant lesquelles la Mentali se réceptionna avec grâce sur le sol, avant de se ruer vers la veste de Fooly. Cleve compta le temps qui leur restait dans la tête, et ce détonateur lui faisait battre le cœur à cent à l’heure. Le traceur devait normalement déjà être en place, non ? Se risquant à cesser la surveillance, la rouquine coula un œil vers sa camarade, et remarqua un feuillet dans ses mains. Elle manqua de s’étrangler, voulant lui dire de remettre ces papiers à leur place, mais elle ne voulait pas se risquer à attirer l’attention en faisant du bruit supplémentaire. Chypre fit cependant ce qu’elle craignait, et elle glissa le butin dans sa poche intérieure, avant de remonter dans la conduite. Les protestations de Cleve semblèrent ne pas aboutir, et Chypre parut comprendre qu’elle voulait vraiment les garder. Qu’importe. Pour le moment, la rousse avait plus urgent sur la planche. Rapidement, et les gestes guidés par l’électricité statique qui courait à travers ses membres, Cleve referma la grille et la souda en quelques tours, avant de s’écarter brusquement lorsque Gaston fit son apparition dans la salle des professeurs. Qui sait, peut-être se mettrait-il à regarder dans toutes les directions lorsqu’il remarquerait que ses documents avaient disparu, et alors, une touffe de cheveux écarlates derrière une grille serait probablement rapidement repérée. Le cœur battant, la Givrali se demandait encore quelle folie avait poussé Chypre à piquer ces feuilles. Sujets des prochains tests ? Non, sûrement pas. Gaston n’était que le concierge, et il ne donnait pas de cours. Les deux filles attendirent cependant que le mécanicien soit sorti de la salle, pour se mettre à parler à voix basse.

Chypre semblait surexcitée par sa découverte, et elle tendit le paquet de feuilles à Cleve qui put y lire « Trouvés dans la Salle des Electrodes ». Immédiatement, tous les rouages se mirent en place dans le cerveau de la rouquine. Un vent d’excitation s’empara d’elle, et elle regarda d’un air intrigué les feuilles que lui tendait Chypre, tentant de décrypter leurs secrets. Une écriture fine et régulière qu’elle n’avait jamais vue avant, et qui n’était certainement pas celle de Fooly. Outre ces aspects, ce fut le contenu qui intrigua le plus la Givrali. Car derrière les mots jetés sur le papier, Cleve reconnaissait clairement ce qui faisait partie de son quotidien. Des schémas… et pas n’importe lesquels ! Après une rapide inspection, la mécanicienne y reconnu des plans de fabrication d’une Pokéball… Par contre, elle ne savait pas de quel modèle il s’agissait, même si le squelette électronique de l’appareil était bien détaillé. Cela ne ressemblait à rien de connu de Cleve. Et pourtant, elle avait déjà démonté les trois types de Pokéballs les plus connus, et les Fargas Ball. Qu’était-ce donc ?

« Je ne connais pas ce modèle… mais il s’agit bien d’un plan de fabrication de Pokéball. » murmura Cleve à l’adresse de son acolyte.

Acolyte qui semblait d’ailleurs reconnaître l’écriture de son ingénieux propriétaire, même si cette information échappait complètement à Cleve.

« A qui penses-tu que ça appartient ? » osa demander la rouquine à voix basse, pour ne pas attirer les soupçons.

Elle n’eut cependant pas le temps de discuter plus longtemps, car un bruit sourd venait de se faire entendre dans la salle des professeurs. Se mettant immédiatement sur son mode « alerte », Cleve se détourna de son chef et continua à ramper le long des conduites. Si Fooly s’était aperçu de la disparition de son butin, mieux valait ne pas trainer dans les parages ! La jeune fille continua donc son avancée, se rappelant parfaitement du plan qu’elle avait appris par cœur la veille. Un virage à droite, tout droit, puis encore à droite. S’enfoncer là où la lumière déclinait, passer devant les salles de classe, s’assurer de la direction en jetant de temps à autres des coups d’œil à travers les grilles. Bientôt, le duo déboucha sur leur dernière destination : la bouche qui menait directement au grand lustre adoré de Fooly. En bas, quelques élèves étaient encore en train de papoter distraitement, mais aucun enseignant n’était en vue. Cleve n’avait aucune idée de ce que Chypre avait prévu de faire pour éloigner les témoins dérangeants, mais il était hors de question qu’elle se mette à démonter le grand lustre alors qu’il y avait autant de gens en dessous.

« Que fait-on, maintenant ? »
demanda-t-elle donc, tournevis en main, prête à agir à la moindre directive.

[ Désolée également >.< ]
Chypre Hamilton
Région d'origine : Sinnoh
Âge : 13 ans
Niveau : 24
Jetons : 669
Points d'Expériences : 475
Scientifique Chercheur Pokemon
Voir le profil de l'utilisateur
Sujet: Re: [INTRIGUE #1] Protocole Lumière. [TERMINE]   Ven 17 Jan - 7:01

Les yeux de ma complice filaient, de droite à gauche, de mentions en esquisses. Un ballet agité dont j’attendais avec impatience le final. Les prunelles noisettes de ma camarade finiraient pas s’arrêter, comme repues d’informations ou bien délaissant à regret ce précieux trésor. Je me sentais soudain comme la plus sotte des enfants. Incapable de saisir le moindre terme technique de cette écriture pourtant si régulière, incapable de voir dans les lignes emmêlées un schéma bien distinct. J’enviais les qualités de Cleve, comme le Caninos envie la gamelle du Chacripan. Une jalousie déraisonnable  suscitait par ma gourmandise de savoir. J’étais pourtant hermétique à ce genre de logique, j’avais besoin qu’elles découlent de la nature. Toute ma science était fondée sur la baie Tomato que le soleil fait rougir et l’impénétrable instinct maternelle d’une mère Nidoqueen. Enfin, des lèvres que quelques fin rayons de lumières découvraient, le verdict s’échappa. Une Pokéball. Une Pokéball ? Mon intellect se mit en marche. Tournant, grattant, frottant, comme un vieux fauve qui s’échine contre les barreaux de sa cage. Les hypothèses s’amassaient, toutes envisageables, pourtant la bonne n’en faisaient peut-être même pas partie. Je sentais mon cerveau qui chauffait, j’observais avec acuité la situation.  Mais rien ne venait. La solution se refusait dans l’immédiat. Chaque idée s’effilochait face à d’autres arguments, me contraignant à réfléchir plus.

La voix légère et fluette de la petite Carter, troubla le mécanisme, interrompant momentanément  ma réflexion. L’auteur du document ? Et tout à coup je doutais. Le nom ne collait pas avec ce qu’elle venait de me dire. Je ne pouvais affirmer comme j’étais prête à le faire une minute avant. Soucieuse de n’éveiller aucun soupçon sans avoir la certitude que ce que j’avançais, je marmonnais à voix basse :


    « Non, non… Des bêtises, c’est tout. Il nous faut des preuves. »


Au mot « preuves » je plantais mes yeux dans les siens. J’avais besoin de ce lien visuel entre nous. Besoin d’être sûre qu’elle était toujours avec moi, loyale jusqu’au bout de ce Protocole Lumière. Le son d’un impact sourd mit fin à cette « pause » non prévue par mon plan initial. Alors que des voix se mettaient à brailler et que le couinement des portes me faisait courir de longs frissons dans le dos, nos corps se remirent à ramper à travers le conduit. L’air moite tout autour, aucune de nous deux n’osaient rompre le silence de peur d’attirer l’attention de nos porions. Je suivais, confiante, la rouquine. Elle avait le « pas » sûr, probablement le plan du conduit était-il imprimé dans son esprit comme dans le mien. J’étais inquiète pourtant. N’avait-on pas perdu trop de temps ? L’espace était trop étroit pour me permettre de consulter mon Ipok, j’étais contrainte de m’en référer à des facteurs hasardeux comme la chance concernant la réussite de l’opération. Une grille trouée de lumières vint mettre fin à mes méditations. Tout en bas, des petits corps agglutinés les uns sur les autres gesticulaient et jacassaient avec insouciance. J’eus un reniflement de mépris pour ces académiciens que rien ne préoccuper plus que les commérages. La question de Cleve me fit sortir de ma contemplation.


    « Nous faisons au plus simple, Brutus n’étant pas là, je vais utiliser le brouillard de Bel pour te fournir une couverture. Je me charge de la diversion. Nos chemins se séparent ici, je vais sortir par la sortie S3 discrètement. Quand tu verras un nuage de suie se former, tu dévisses et tu opères. Sois efficace, la fumée te couvriras une minute trente au mieux. Après ce délai le voile ne sera plus assez opaque pour masquer ta présence. On se revoit en cours si tout à fonctionner comme prévu, je garde le plan. »


J’attrapais le papier qu’elle tenait encore dans ses mains. L’encourageait d’une poignée de main dans l’ombre puis repartais à contresens dans le tunnel métallique. Au bout de quelques mètres, je me stoppais. Le besoin de lui signifier ma gratitude me pressait.


    « Cleve ? Merci pour tout. Le génie ici, c’est toi. »


Puis je glissais mon corps dans un virage en pente. Il fallait que je me dépêche, l’intuition de Fooly était ma pire ennemie. Le bruit de mes propres halètements m’angoissait. Je m’efforçais de ne penser qu’au complexe échafaudage, maintenant que la silhouette solidaire de ma complice n’était plus là pour me guider. Je lui faisais confiance pour mettre un terme à notre aventure avec tout le professionnalisme et la discipline que lui avait inculquée sa passion pour les engrenages et la technologie de pointe. Enfin, je touchais le but. Je m’arcboutais contre la grille de sortit qui céda du premier coup. Je libérais Belzébuth pour qu’il ressoude les vis afin de dissimuler mon passage. J’avais atterris à deux couloirs du grand Hall. Notre point de rencontre, le lieu où se déroulait le dernier acte avant que les rideaux ne se ferment, définitivement. Je devais la jouer fine, distraire un maximum d’étudiants avant de me servir des talents de mon starter pour  camoufler nos méfaits.  Le cœur battant j’enjambais un premier couloir. Je me raclais la gorge. Ce que je m’apprêtais à faire était humiliant, tellement humiliant que j’espérais avidement que Cleve ne ferait pas le lien entre ce qu’elle risquait d’entendre et la diversion dont j’étais chargée.


    « Ace ? Oh s’il te plaît pas ici Ace… S’il te plaît... »


J’avais pris une voix chevrotante et aigue. Puisant dans mon coffre personnel pour être entendu de tous les gosses dans le Hall, tout en étouffant ma voix, la rendant suffoquée. Je me plaquais aussitôt contre un mur un peu plus loin. Des dizaines de paires de chaussures claquaient tout près, comme un grand troupeau. J’étais en sueur. Je craignais presque que mon odeur n’attire les curieux dans l’ombre où j’avais trouvé refuge. Je ne voyais pas la meute passée, sentant seulement les vibrations du sol et les exclamations aigues passées toutes proches, comme un souffle mortel. Dès qu’ils furent passés, je me ruais dans le hall, brandissant mon Héricendre s’en oser lui ordonner quoique ce soit à voix haute de peur que la Carter ne trouve d’étranges accents dans mon intonation. La brave bête expira aussitôt un immense nuage de fumée noire jais. L’attaque perfectionnée engloutie toute la salle, rendant l’air insoutenable. Sans savoir où j’allais, je me mettais à courir, il fallait se sauver. J’ignorais si l’attaque pouvait déclencher l’alarme incendie. J’ignorais combien de temps les profs mettraient à arriver. Tout m’échapper alors que je me sauvais, priant pour le salut de Cleve.


Spoiler:
 

_________________



perso' le plus studieux

Cleve Carter
Région d'origine : Johto
Âge : 15 ans
Niveau : 24
Jetons : 13113
Points d'Expériences : 770
Scientifique Mécano
Voir le profil de l'utilisateur
Sujet: Re: [INTRIGUE #1] Protocole Lumière. [TERMINE]   Ven 21 Fév - 1:20
La curiosité de la jeune Cleve avait vraiment été piquée à vif. Elle comprenait les schémas, elle admirait la délicatesse des esquisses, la précision des traits, l’ingéniosité de la personne qui avait couché ces plans sur papier… mais même si elle aurait été capable, selon elle, de reproduire l’appareil si elle se penchait sur ces dessins, elle ne savait pas qu’elle en était la finalité.  Il y avait probablement une raison pour laquelle ce modèle-là n’existait pas. Etait-ce simplement un prototype ? Une ébauche n’ayant jamais vu le jour, jetée aux oubliettes comme un trésor dont on ne serait pas parvenu à déceler la valeur ? Pour Cleve, il était inconcevable que ce feuillet soit un échec. Elle parvenait à comprendre le génie de l’auteur rien qu’en lisant la précision de ces croquis. Etait-ce réellement un anonyme ? Un Mozart de la mécanique non reconnu ? Même Fargas en aurait été vert de jalousie. Il y avait moyen de faire un véritable chef d’œuvre, et si les pensées de la rousse n’étaient pas entièrement tournées vers son casque traducteur, elle aurait sans doute changé d’orientation pour tenter de résoudre le mystère de cette énigmatique Pokéball. Elle le désirait. Elle désirait ardemment réussir à faire tourner les petits rouages de l’appareil pour le voir fonctionner. Capturer. S’épanouir comme le bijou d’orfèvre qu’il était. Ses longs cheveux roux tombèrent devant ses yeux d’opaline et lui rappelèrent qu’elle avait une mission. Il n’était pas encore temps de se déconcentrer et de penser mécanique. Elle se devait de rester focalisée sur sa tâche, afin de ne pas faire honte à Chypre Hamilton.

Cette dernière semblait d’ailleurs connaître l’identité du génie qui avait fait ces plans, mais elle se ravisa bien vite et ne désira pas partager l’information avec la Pokémécanicienne. Elle n’en était peut-être pas sûre, pensa furtivement Cleve. Après tout, Chypre était une personne qui se basait énormément sur les faits pour avancer des choses, et elle ne souhaitait sûrement pas risquer de communiquer une information erronée à sa comparse. D’un côté, la jeune Carter trouvait cette façon de penser admirable. Mais de l’autre, elle ne pouvait s’empêcher d’être déçue de ne pas pouvoir savoir qui était le mystérieux auteur. Même un indice. Une espérance. Elle n’en demandait pas beaucoup plus… Cependant, le sujet semblait être clos pour la Mentali, qui regarda longuement Cleve dans les yeux, comme pour lui signifier qu’il fallait se recentrer sur leurs objectifs, à présent. Pendant un furtif instant, la rouquine se senti coupable d’avoir pensé à elle avant de penser à la mission. Evidemment que si Chypre voulait émettre des suppositions, ce n’était pas pour permettre à Cleve de rencontrer un Pokémécanicien de génie, mais plutôt pour faire avancer leur enquête. Deviner pourquoi ce papier s’était trouvé au mauvais endroit à ce moment précis était en effet bien plus important que de savoir qui était un Picasso de la Pokéball. Stupide Clevouille !

La première année hocha donc la tête doucement pour montrer au cerveau de l’opération qu’elle avait sa totale attention. Le bruit sec qui se fit entendre dans la salle des enseignants acheva d’ailleurs de lui faire reprendre ses esprits, et Clevie rampa rapidement dans les conduites, désireuse de ne pas traîner trop longtemps au même endroit. Suivant les plans qu’elle s’était tracés dans l’esprit, la Givrali n’eut aucun souci à trouver son chemin dans le labyrinthe des tuyaux. Elle voulait s’éloigner le plus possible de cette menace potentielle, et elle ne savait pas si elles respectaient le planning établi par la Scientifique ou non. Il ne fallait pas qu’elles se fassent attraper. Les ennuis auraient plu sur elles tel le Crachin d’un Kyogre rendu fou de rage. Une décharge électrique parcouru l’échine de Clevie, et elle aurait presque senti ses cheveux se dresser sur sa tête. Elle était en mode « alerte », comme une pauvre Fouinette prise au piège entre deux Arcanins. Mais justement, cette pression n’était pas mauvaise pour elle. Il fallait qu’elle se sente coincée pour être au maximum de ses capacités. Et pour le coup, elle aurait pu soulever des montagnes –en ayant bricolé un système de porte-charge avant, évidemment-.

Chypre semblait cependant savoir comment canaliser la mécanicienne, et elle lui exposa rapidement la suite de son plan. Brutus avait fait preuve d’une lâcheté plutôt incroyable en osant dévier les plans de la scientifique. Impardonnable ! Mais l’heure n’était pas aux reproches, et la rouquine se contenta d’écouter les directives de sa cheftaine. Un petit pincement au cœur se fit ressentir lorsqu’elle se rendit compte qu’elles devraient se séparer, et la perspective de se retrouver seule au milieu des projecteurs ne l’enchantait pas. Cependant, l’héritière Hamilton avait tout ficelé et planifié au millimètre près, et Cleve était persuadée que la mission serait une véritable réussite. Aussi se contenta-t-elle d’acquiescer bravement en avalant sa salive. Elle allait devoir faire vite si elle voulait que tout se passe comme prévu. Elle ne savait pas ce qu’il y avait de prévu après, si Brutus se servirait bien de cette diversion pour pénétrer dans la Salle des Electrodes comme ils l’avaient dit, ou si tout cela serait inutile. Cependant, elle avait une confiance aveugle en sa partenaire.

« Brouillard, couverture, diversion, et je décroche le lustre. Une minute trente… ça devrait aller, c’est plus de temps qu’il n’en faut. » commenta Cleve en comptant sur ses doigts.

Elle n’avait pas particulièrement besoin de décrocher le lustre. Juste de le mettre hors d’état de fonctionnement durablement en donnant quelques coups de tournevis par-ci par là. Elle avait étudié la structure de ce genre de modèles, et connaissait les schémas par cœur. En ne paniquant pas, et en supposant que le brouillard ne la gênerait pas, elle pouvait mettre une minute. Une minute trente si elle peinait à trouver un repère qui lui permettrait de se repérer dans le noir. Dans le pire des cas, Biske pouvait toujours dissiper momentanément le brouillard autour d’elle… Hm… En pleine réflexion, Cleve senti que Chypre récupérait le document qu’elles avaient trouvé, et eut une mine triste. Certes, sa collègue était mieux placée pour analyser les données et déterminer qui en était l’auteur, mais elle aurait bien voulu étudier ces fichiers. Enfin… il n’était pas temps d’être égoïste, et la jeune rousse adressa un dernier sourire qui se voulait assuré à sa complice. Complice qui la remercia d’ailleurs grandement pour leur escapade.

« Merci à toi. On va réussir, je te le promets ! » murmura Cleve en levant le pouce.

Puis, Chypre disparu en se laissant choir dans une conduite. Sans se laisser bousculer par les émotions, la rouquine continua son chemin dans les entrailles de l’académie, et bientôt, elle reconnut la grille qui menait directement au lustre. Se coulant avec l’agilité d’un chat juste au-dessus, elle regarda le hall depuis la bouche d’aération et compta plusieurs étudiants présents, mais aucun enseignant. Ceci dit, elle était trop exposée pour tenter quoi que ce soit, alors elle se contenta de dévisser la grille pour pouvoir la faire coulisser et atteindre le lustre au moment venu. Sans un seul bruit, elle glissa les vis dans sa poche et attendit que Chypre fasse sa part du travail. Une goutte de transpiration perla sur son front, et elle l’essuya d’un revers de main. Puis, regardant sa montre, elle fit sortir Biske de sa Pokéball pour avoir son aide.

Rapidement, la foule d’élèves accourut vers un couloir adjacent sans que Cleve ne puisse en déterminer la raison. Ceci dit, il s’agissait sûrement d’une diversion de Chypre. Et, comme pour confirmer ses dires, la scientifique déboula bientôt dans le hall avec son Héricendre et lança l’attaque Brouillard. Profitant de l’obscurité soudaine, Cleve se faufila jusqu’au lustre, et commença à entreprendre son travail. Pour plus de sécurité, Biske avait enroulé sa queue extensible autour de sa cheville, et restait fermement accroché aux conduites pour éviter que sa dresseuse ne bascule. 10 secondes… La première ampoule se dévissa et tomba dans un bruit de verre brisé sur le sol. 20 secondes… Un coup de tournevis bien placé et le lustre fut mis hors d’état de fonctionnement jusqu’à ce qu’il soit réparé. Chaque seconde, Cleve agissait sur une nouvelle portion de l’appareil pour le faire dysfonctionner, le saboter, et occuper Gaston le plus longtemps possible. Il était toujours plus simple de démonter une machine plutôt que de la remonter, et la rouquine s’attela à y mettre le plus de difficultés possibles.

Un bruit la tira cependant de ses expériences et elle leva brusquement la tête, sans pour autant voir à travers l’épais nuage noir. Elle suffoqua un instant en essuyant son visage couvert de suie, mais elle ne parvint pas à savoir de qui il s’agissait. Sans pour autant se déconcentrer de sa tâche, elle demanda à Biske de surveiller les environs avec ses oreilles et de lui dire quand il entendrait le son caractéristique d’une voix d’adulte. La souris aquatique, étrangement docile dans les situations critiques, l’alerta finalement au bout d’une minute 20 et Cleve regrimpa dans la conduite, avant de revisser à toute hâte la grille. Une fois que cela fut fait, elle rampa comme si sa vie en dépendait à travers les longs boyaux, et se guida comme une automate. Il ne fallait pas qu’on la retrouve. Elle devait fuir au plus vite.

Le cœur battant à tout rompre, et accompagnée de Biske qui lui ouvrait la marche, Cleve parvint enfin à la sortie qu’elle comptait emprunter, et son Marill envoya une attaque charge pour faire céder la grille. Celle-ci se fracassa dans un bruit mat, et la Carter s’en extirpa. Elle revissa ensuite à toute hâte, et prit ses jambes à son cou. Un couloir, deux couloirs, et elle alla s’enfermer dans une salle de classe vide, priant pour être assez loin des lieux du crime. Elle se laissa ensuite tomber contre la porte, et pu enfin souffler. Elles avaient toutes les deux fait fort aujourd’hui, et Clevie espérait que Brutus aurait fait sa part du travail, malgré tout. Quoi qu’il en soit, elles avaient une nouvelle énigme sur le dos, et les recherches sur le mystère des Electrodes étaient loin d’être finies !

[Terminé pour Cleve]
Contenu sponsorisé
Sujet: Re: [INTRIGUE #1] Protocole Lumière. [TERMINE]   
[INTRIGUE #1] Protocole Lumière. [TERMINE]
Page 1 sur 1
Permission de ce forum: Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers:  
Outils de modération :