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Le temps qui s'arrête en cet instant où je meurs || feat. Mikato
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MessageSujet: Le temps qui s'arrête en cet instant où je meurs || feat. Mikato   Dim 3 Juil - 20:59

La confiance.
Le respect des autres.
Le plaisir.
La dignité.

Tant de choses que tu avais perdu. Tant de choses vite effacés et pardonnés. Tant de choses où l'on t'avait offert une seconde chance. Tant de choses qui t'avaient permis d'avancer, de grandir, d'apprendre à te connaître et connaître les autres, le monde qui t'entourait, les Pokémon. Tant de choses qui t'avaient changé en cet homme que tu étais en ce jour. Mais cette chose-là … Oui, cette chose-là. Tu n'aurais jamais cru la perdre un jour. Plus de sauvetage, pas de seconde chance, pas de possibilité de l'oublier, de l'effacer de ta vie. Elle s'était ancré en toi comme une sangsue acharnée, prête à te vider de ton sang jusqu'à la dernière goutte. Et elle venait de t'achever, ne laissant plus derrière elle qu'un corps sec et sale, jonchant tristement le sol tel un balai qu'on aurait cassé et choisi de laisser sur place. Tu n'étais plus rien. Ou plutôt une chose, inhumaine, indescriptible. Une chose. Tout simplement. Affalé sur l'espèce de lit où tu te trouvais, tu n'avais pas lâché le moindre mot, muet comme un Magicarpe. Une loque humaine. Ton téléphone devait encore passer l'appel. On entendait des bruits dans l'appareil, sans pouvoir les décrire précisément. On savait seulement qu'ils étaient féminins. Personne ne savait s'il fallait écouter ces bruits étranges, par peur de découvrir quelque chose d'horrible. On se contentait d'observer ce Lucas, immobile et silencieux, transformé en masse brouillonne.

Pourquoi ?
Pourquoi ?
Pourquoi cela ?
Pourquoi était-ce arrivé ?

Après plusieurs minutes, le combiné qui se raccrochait dans le téléphone et laissant un grisaillement quelque peu strident se propager dans toute la chambre, tu avais parlé. Quelques mots. Ces trois questions que tu n'arrêtais pas de répéter en boucle, désormais recroquevillé sur toi-même. Tu faisais pitié à voir. On aurait dit que le monde s'effondrait autour de toi. Impossible de savoir ce qui se passait. Incompréhensible. Quand on essayait de t'approcher, tu t'énervais et semblait prêt à sauter sur le premier venu, mais pourtant, dans ton regard, on ne voyait que de la tristesse et un début de dépression profonde. Pourquoi, commencions-nous à nous interroger ? Aucun indice, rien. On ne pouvait qu'assister à ta déchéance subite. Le Lucas s'éteignait à petit feu. De brasier, il n'était plus qu'allumette proche de sa fin. Seconde après seconde, tu perdais les traits d'homme que tu étais. Tu devenais véritablement personne. Une chose. On t'aurait alors discrètement poussé que tu n'aurais pas réagi même une seconde. Ton corps n'était plus qu'une coquille vide désormais …

Monde infâme.
Monde pourri.
Monde diabolique.
Monde assassin.

Tes pensées avaient virés au pessimisme absolu. C'était comme si d'un seul coup, tu n'avais plus goût à rien. Toi seul subsistait encore comme un objet acceptable. Le reste était devenu pour toi la pire des choses. Le Lucas ne pouvait plus supporter ce qui l'entourait. Tu avais envie de mourir. Mais ta logique t'ordonnait de ne pas en arriver là. Tu avais même fini par quitter ton lit et ta hutte pour partir en direction des profondeurs de la forêt tropicale pour y trouver une cascade pour s'y poser dans la solitude. Pour être seul. Supporter seul le poids de ce monde obscur, avec l'eau pour laver toute pensée. Pour survivre. Tu marchais donc seul, à travers les arbres, tête baissée, caché derrière tes cheveux, fixant le sol sans y prêter attention. Pas un seul de tes Pokémon ne se déplaçait avec toi. Pourtant, tu avais étrangement pris soin de récupérer ton sac où se trouvait toutes leurs Pokéballs où ils étaient enfermés. Réflexe sans doute. En tout cas, tu t'en fichais pas mal. Tu continuais d'avancer en silence, esquivant les arbres que ton instinct de survie te permettait d'esquiver.

Plus rien.
Plus de pensée.
Plus d'émotions.
Plus de vie.

Tu étais maintenant un mort-vivant, se déplaçant au rythme d'un Ramoloss, avec un esprit encore plus vide. Maintenant, c'était l'instinct qui te permettait de continuer à avancer. Plus encore, il te faisait avancer vers ce que tu recherchais : une cascade. On aurait presque pu appeler cela un miracle. Toi tu continuais de ne pas y penser. Tu avais presque perdu la notion de temps. Un mouvement de paupière, et tu avais atteint l'endroit recherché. Puis l'instant suivant, cette impression d'éternité. Un arrêt dans le temps, ton regard qui se déplace dans tous les sens mais pas le corps.

Un regard.
Un geste.
Un mouvement.
Un déplacement.

La cascade. Elle était là. Combien de temps pour y parvenir. Aucune idée. Tu savais seulement que tu l'avais trouvé. Elle était immense, s'explosant sur une petit étendue d'eau calme qui se déversait sur une seconde cascade sur sa gauche. La profondeur ne devait pas accéder deux mètres. Parfait. Instinctivement, tu avais commencé à avancer vers celle-ci, lorsque ton corps eut l'idée de lâcher ton sac, à moitié ouvert, qui fit sortir toutes les Pokéball présentes à l'intérieur qui s'ouvrirent tous en même temps. Piou. Zéro. Aegis. Myrtille. Mo. Layla. Bahamut. Alexandre. Les autres bien sûr. Même Queen. Mais surtout, Freed. Ils venaient tous d'apparaître devant toi, te bloquant le chemin, te regardant tous avec tristesse. Ils avaient bien compris. Ils n'avaient pas le droit de te laisser dans un tel état. Tu n'avais pas le droit de les ignorer. Mais tu continuais d'avancer, toujours tête baissé, dans le silence le plus total. Un pas. Deux pas. Piou et Zéro mirent leurs bras en avant et te repoussèrent. Rien à faire. Tu continuais d'avancer comme un zombie, ignorant toute sensation, toute présence autour de toi. Enfin, tout du moins les premières fois. Petit à petit, à force d'être repoussé, tu commenças à t'énerver, te mordant la lèvre droite. Encore et encore, tu étais repoussé. La cascade était là, juste devant toi, mais on t'empêchait d'y aller.

Laissez-moi passer ... grognas-tu.

Rien à faire. Tu continuais d'être repoussé après deux pas en avant. Tu t'agaçais progressivement, rapidement.

LAISSEZ-MOI PASSER, PUREE ! te mis-tu à gueuler.

Les Pokémon ne fléchirent pas un instant, continuant de te fixer avec un air attristé mais devenu légèrement féroce, comme s'ils commençaient à en avoir marre de tes agissements. Au bout d'un moment, tu finis par te stopper, gardant la tête baissé. Tes pensées commencèrent alors subitement à te revenir en tête.

Pourquoi ... les Pokémon furent attirés par ce mot. Pourquoi vous faites ça ... continuas-tu.

Un long silence pesant s'ensuivit, sans qu'aucun ne te quitte du regard même une seconde. Puis, d'un seul coup, ton corps commença à trembler tout entier, et tu finis par relever ton visage.

Des larmes.
Des larmes ruisselaient.
Des larmes coulaient le long de tes joues.
Des larmes venaient s'exploser sur le sol en continu.

Tu pleurais. Pourquoi ? Mais pourquoi ? Pourquoi t'empêchait-on d'aller à la cascade ? Tu n'avais besoin que de cela. La cascade. Pourquoi même tes Pokémon étaient contre toi maintenant ? Que leur était-il arrivé ? Le monde entier s'était révolté contre toi, et réduisait ta vie en morceaux. Pourquoi toi ? Pourquoi ce Lucas ? Pourquoi ça ? Tes pensées se bousculaient dans ta tête sans pouvoir les aligner correctement, tu te perdais toi-même. Ton esprit dérivait de plus en plus. Tu n'observais plus tes Pokémon, tu observais le vide. Un blanc uniforme qui te couvrait le regard. C'était le néant total. Il ne subsistait que le bruit de cette cascade dans tes oreilles. Puissant, bruyant, il te permettait de ne pas sombrer dans la folie complète. Mais elle ne t'empêchait pas d'avoir perdu toute notion d'humanité. Tu étais Chose. Plus rien. Fini. Alors pourquoi t'accordait-on encore de l'importance ? Les efforts de chacun étaient vains. Tu étais mort à l'intérieur.

J'EN AI MARRE, LAISSEZ-MOI PASSER ! finis-tu par t'irriter.

Cette fois, plus question de rester calme. Tu t'élanças à toute vitesse vers la cascade, espérant surprendre. Encore un faux espoir. Les bras des deux puissants te repoussèrent avec une telle aisance que tu t'effondras sur toi-même, terminant à quatre pattes les genoux au sol. Ton regard était tourné vers ce sol. Ce sol froid et dur. Cet endroit où tu devrais te trouver en cet instant, loin de ce monde qui t'avait retiré tout ce que tu étais. Tu le sentais à travers ton corps. Même à travers ce blanc, il était là ce sol. Prêt à t'accueillir. Ses bras grands ouverts, tu aurais volontiers plongé vers lui, mais on t'en empêchait. On voulait te torturer. Te réduire à l'état de poussière. N'être plus qu'un souvenir du passé. Un mort parmi tant d'autres. Pourquoi une telle injustice ? Tu n'avais pourtant rien demandé. Rah, impossible de savoir ! Tes pensées continuaient de provoquer un boxon dans ta tête. Tu ne faisais que te perdre encore plus à essayer de comprendre. Mais il n'y avait plus rien à comprendre. Cela avait été son destin, la finalité de sa vie. Ce que Dieu avait prévu pour lui. Mais tu n'arrivais pas à l'accepter. Tu ne l'accepterais jamais.

Pourquoi continuez-vous à me torturer ? Je n'ai rien demandé, rien voulu. Je veux simplement mourir en paix ... lâchas-tu à tes Pokémon.

Tu relevas alors ta tête, et te mit en position de tailleur, observant devant toi ce blanc sans savoir qu'il s'agissait de tes compagnons. Mais ce mouvement, tu le vis, tu le sentis et le ressentit. Chacun de tes compagnons vinrent autour de toi, et d'un commun accord, t'enlacèrent pour ceux qui avaient des bras et se frottèrent à toi pour les autres. Chacun y allait de son réconfort, lâchant quelques petits cris réconfortants. Pourquoi faisaient-ils cela ? Voulaient-ils te faire souffrir jusqu'à ce que tu finisses par mourir de douleur ? Non. Tu n'arrivais pas à comprendre, mais ce geste était chaleureux. Ils t'aimaient du plus profond de leur cœur, même les plus jeunes. Ils comprenaient parfaitement ta peine. Et ils tenaient à la supporter à tes côtés. Pour que tu t'en sortes. Pourquoi faisaient-ils cela ? Tu n'arrivais même plus à accepter leur existence. Tu n'étais plus important. Plus humain. Alors pourquoi ? Les larmes continuaient de couler en abondance sur ton visage. Petit à petit, tu avais perdu ta colère, se changeant en tristesse douloureuse.

Pourquoi … Pourquoi vous faites cela ... demandas-tu.

Les mêmes cris de réconfort incompréhensibles. Ils avaient fini par supplanter la cascade. Tu n'attendais plus qu'eux. Ton cerveau n'arrivait pas à supporter. Tu perdais encore l'esprit, sûrement pour de bon. Le monde s'effondrait cette fois sous tes yeux. Tu sentais ta fin approcher. Tu baissas de nouveau la tête, plongeant tes larmes dans tes cheveux, te recroquevillant sur toi-même en laissant ton âme s'envoler à jamais dans l'éternité.

Pourquoi … Pourquoi … Pourquoi … Pourquoi … Pourquoi ... murmurais-tu désormais, perdant en intensité à chaque nouvelle répétition.

Tu le comprenais désormais. Malgré toutes tes tentatives, tu avais fini par comprendre que c'était la réalité, que tu ne rêvais pas, qu'on ne t'avait pas fait une mauvaise farce. Les larmes de ta mère étaient réelles. Tes larmes aussi. On ne pouvait plus revenir en arrière désormais. C'était terminé.

Ton père était mort.

_________________


                         


Dernière édition par Lucas Emerillon le Lun 4 Juil - 13:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le temps qui s'arrête en cet instant où je meurs || feat. Mikato   Lun 4 Juil - 13:25

Tu cours tendant la main vers cette ombre si familière et pourtant si lointaine, quelques fois tu tombes pour te relever aussitôt pour tenter encore de la rattraper, ta main tendu essayant de toucher cette ombre qui n'en ai pas vraiment une. Car cette ombre c'est ton frère, tu le sais et pourtant elle ne lui ressemble pas, elle est froide et distante, hors de ta portée, cette ombre est son opposée. Tu tentes de lui crier de s'arrêter mais les mots refusent de sortir, le seul bruit est le craquement des branches sous ta course, lui ne fait pas de bruits, il flotte dans les airs tellement léger que tu as peur de le voir s'envoler. Pas encore, tu ne veux pas le laisser partir encore une fois sans toi, parce que tu as vu les larmes de ta mère, parce que tu ne veux plus revivre ce cauchemars encore et encore, et pourtant. Pourtant tu tombes avec elle encore une fois, encore une fois tu rattrapes l'ombre, encore une fois elle n'ai que fumée et encore une fois tu vois son  visage blanc et craquelé t'appeler à l'aide, et puis le sol s'approche mais l'ombre disparaît, ton frère disparaît et tu as peur.

Tu t'es réveillée en sursaut, tu ne savais pas où tu étais ni ce que tu faisais là. Puis tu as vu la petite tête de Tim inquiète se relever et les cornes de Kitsu se mettre à briller et tu t'es rappelé, vous étiez tous les trois aller vous promenez en forêt mais tu t'étais sentis un peu fatiguée et tu avais décidée de faire une pause... et il y avait eu le rêve, enfin le cauchemars que tu refaisais toute les nuits, jamais le même mais finissant toujours de la même manière. Avec un sourire désolé tu essayes de rassurer tes pokémons mais ils ne sont pas dupes, tes yeux sont remplis de larmes que tu tentes vainement de retenir, c'est bête d'habitude tu y arrives mais là peut-être à cause de la chaleur tu les laisses couler sans pouvoir te retenir. Tes deux pokémons viennent alors se frotter contre toi et arrivent par miracle à te faire rire en te chatouillant l'un avec sa truffe froide et l'autre avec une feuille d'arbre trouvée pas loin de l'endroit où vous vous trouvez. Entre deux éclats de rire tu tentes de leur dire d'arrêter puis les larmes de tristesse deviennent des larmes de rire et tu t'écroules dos au sol complètement vaincu par la bonne humeur de tes pokémons.

« D'accord, promis j'arrête de pleurer ! D'ailleurs ça vous dit de trouver un point d'eau ? Il fait vachement chaud dans cette forêt en fait ! »

L'île Touga vous a accueillit dans un brasier brûlant et espérant trouver un peu de fraîcheur tu t'es directement tournée vers la forêt, à part Tim et Kitsu aucun de tes pokémons n'a voulut parcourir la distance de la hutte à la forêt sans être sûr de trouver un coin d'ombre et ont décidés de rester se reposer à la hutte, tu les as donc laissés faire leur petite vie tranquillement laissant leurs pokéball à coté d'eux pour le cas ou ils auraient vraiment trop chaud. Malheureusement pour l'instant et malgré les dires des habitants du village tu as bien du mal à trouver un quelconque point d'eau, alors bien sûr l'ombre des arbres réduit considérablement la chaleur mais tu as toujours l'impression d'être plongée dans un volcan en fusion ! Alors que tu t'enfonces encore un peu plus dans la forêt un bruit semble figer tes pokémons, il se tiennent à côté de toi puis se rapprochent un peu plus comme pour te protéger.

« Qu'est-ce qu'il y a ? Il se passe quelque chose ? »

Tu aimerais vraiment pouvoir entendre aussi bien qu'eux, mais ça te fait un peu peur quand même parce qu'ils ont l'air d'être vraiment très concentrés sur le bruit et Tim s'est approché un peu plus de toi jusqu'à toucher ta jambe, il tremble, il a peur.

« Kitsu expliques-moi ce qu'il se passe, pourquoi est-ce que vous avez l'air d'avoir peur ? »


( Il y a... il y a quelqu'un qui a crié... mais cette personne est bizarre... on dirait qu'il est comme... un gouffre remplit de colère et de peur. )

Tu dois l'aider, cette personne dont parle Kitsu est peut-être en danger.

« Kitsu la personne dont tu parles elle est à quelle distance ? Vers quelle direction tu as entendus son cri ? »

( Non non non ! Il ne faut pas y aller ! )


Ton Kirlia semble complètement paniqué et il essaie de te retenir, Tim lui aussi s'y met et tu t'arrêtes perturbée par le comportement de tes pokémons, ils n'ont jamais eu l'air aussi effrayés.

« Mais enfin Kitsu, Tim, cette personne est peut-être en danger ! Si elle a peur elle est sûrement en danger on en peut pas la laisser comme ça ! »


Tu ne comprends pas, tu ne comprends pas pourquoi ils ne veulent pas que tu ailles là-bas, ils ont peur pour toi tu le sens mais c'est au dessus de tes forces même pour tes pokémons de laisser une personne en détresse toute seule.

« Kitsu dis moi d'où venaient ces bruits je t'en prie, sinon je partirais toute seule et tu sais très bien que je vais me perdre. »

( Mais... )

( Kitsu s'il-te plaît... )

( Mais elle fait peur ! La personne qui a crié, elle fait peur... )

( Tout va bien aller, tu me connais non ? Et puis si il y a un problème je peux compter sur vous, si tu sens que je suis en danger tu nous téléportes tout les trois à la hutte d'accord ? )

( ….. )

Il ne dit rien mais tend le bras vers une direction, il ne reste plus qu'à espérer qu'il ne tente pas de t'éloigner de cette personne et qu'elle ne soit pas trop loin, elle ne doit quand même pas être très près vu que tu ne l'as pas entendu crier toi. Cela doit bien faire vingt minutes que vous marchez mais tu sais que tu te rapproches, tu le sais parce que tes pokémons deviennent de plus en plus tendus et à un moment ils ont sursauté en disant que la personne avait encore crié, ça te fait de la peine de les voir dans cet état mais tu ne peux pas laisser une personne en danger, et quand tu as peur c'est que tu es en danger. Alors que tu marches dans une direction précise Kitsu te fait passer des sentiments, les sentiments de la personne... et tu as peur, peur d'arriver trop tard, peur de ne pas réussir à l'aider, ses sentiments sont tellement seuls, et pourtant ils changent, tu les sens changer, ils passent de la colère à la désolation en quelques minutes. Tu dois te dépêcher. Tu dois l'aider et ton corps le sait, mais une part de ton esprit s'enferme complètement, ces sentiments tu les as ressentis, tu les ressens encore, si tu y vas tu n'es pas sûre de pouvoir les laisser enfouis en toi, si tu y vas tu ne pourras peut-être que rajouter ta peine. Et toujours ces larmes qui viennent au mauvais moment, l'aideras-tu vraiment si tu y vas ? Tu sais pourtant que tu n'es pas douée pour comprendre les sentiments des personnes qui t'entourent, tu n'es pas de ceux qui savent consoler, trouver les mots justes et les bons gestes. Tu le savais déjà avant d'arriver à la Pokémon Community mais tu le sais encore plus maintenant, tu n'as pas pu aider Idaliénor et tu l'as vu partir en pleurant, tu n'as pas su déchiffrer les sentiments de la petite fille aux cheveux argentés et elle aussi s'est enfuie... tu crains la réaction de la personne, pourras-tu vraiment l'aider ? Ne devrais-tu pas aller chercher quelqu'un d'autre, quelqu'un qui sache quoi dire et quoi faire ?

( Kitsu restes ici, Tim va me guider )


Ton Kirlia te regarde, hésitant. Ta voix était tremblante et sur le point de craquer, il sait que tu fais ça pour le protéger de ces sentiments qui te font mal mais tu ne peux pas la laisser toute seule, Tim te regarde ne semblant pas savoir quoi faire puis il hoche la tête de ton côté, tout ira bien. Si Tempest te dit que tout ira bien alors tout ira bien.

( Très bien mais... fais attention  )

Elle est si fragile, ta dresseuse est tête en l'air, toujours prête à aider les autres, ta dresseuse est gentille et douce mais elle est surtout horriblement fragile, comme si elle pouvait casser à tout instant, et pourtant personne ne le voit à part ses pokémons, elle ne le montre pas, elle continue à sourire comme si tout aller bien. Kitsu a du mal à la voir partir, elle n'est pas prête à faire face à tant de douleur, mais Tim a dit que tout irait bien...

Tu suis Tim qui presse le pas, tu entendis bientôt des cris de pokémons, une mélodie douloureuse et incompréhensible te faisait douter encore plus mais tes jambes continuaient à te porter, tes pieds continuaient à avancer et tes larmes continuaient de couler. Après quelques minutes qui te semblèrent durer des heures tu arriva enfin à l'endroit des cris, la vue était magnifique, une cascade reflétant le ciel et entourée d'une végétation luxuriante. Tu aurais sûrement admirée ce paysage idyllique, tu l'aurais peut-être prit en photo, ça aurait fait une belle photo... Mais tu t'es arrêtée, tu as vu un amas de pokémon se presser les uns contre les autres, tu en reconnus quelques uns mais celui que tu ne reconnus pas ce fut lui, il était recroquevillé au milieu de ses pokémons impuissants. Ton cœur battait fort, tu essuya tes larmes qui devront couler plus tard, tu t'approchas à pas incertains vers les pokémons, par peur de déranger, ou par peur tout court. Tu trembles.

« Lucas ? »

Tu as réussis à aller jusqu'à lui et tu as maintenant la main au dessus de son épaule, tu n'oses pas le toucher, c'est comme si il allait exploser. C'est Lucas, et pourtant ce n'est pas lui. Ce n'est pas le Lucas que tu as rencontré, celui qui était gentil et apaisant, celui qui te faisait sentir en sécurité, celui dans les bras duquel tu t'es endormie. Ce n'est plus ce Lucas, celui-là est brisé, sa flamme si belle autrefois s'est éteinte, plus de lumière dans ses yeux, tu as peur, tu ne peux pas le laisser partir si loin dans les ténèbres, tu ne le peux pas car tu les as visités ces ténèbres, il y fait froid et mal. Ta main vient elle-même se poser sur son épaule mais ce n'est pas assez, il faut qu'il revienne, il faut qu'il revienne tout de suite. Tu l'entoures de tes bras, tes larmes recommencent à couler, il faut qu'il revienne, qu'il redevienne lui-même, tu feras tout pour ça, tout.

« Lucas reviens... Lucas s'il-te plaît... »

Ta voix est suppliante, tu manques toi aussi d'aller dans ces ténèbres, tu caresses ses cheveux comme pour le rassurer, mais pourquoi est-il dans un tel état ?  Tu as peur, peur de ne pas y arriver, ta voix est tellement faible, comment pourrait-elle l'atteindre dans les ténèbres où il se trouve ?

« Lucas... Lucas j'ai peur s'il-te plaît reviens... »

Tim s'est assit à côté de vous et surveille, si tu sombres il appellera Kitsu et tu ne pourras pas aider Lucas, tu luttes pour ne pas te laisser submerger par ta tristesse mais si ça continue, si ça continue... tu ne tiendras pas.

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MessageSujet: Re: Le temps qui s'arrête en cet instant où je meurs || feat. Mikato   Lun 4 Juil - 18:47

Un infarctus.
Un infarctus l'avait touché.
Un infarctus l'avait éloigné.
Un infarctus l'avait emporté.

Il n'avait presque pas souffert. C'était peut-être la seule bonne nouvelle dans ce chaos d'émotions. Il était parti en paix. Oui. Mais il laissait derrière lui des collègues, des camarades, des amis, des proches, sa famille … Et toi. Tu lui en voulais presque pour cela. Lui, il était en paix, pendant que vous deviez supporter sa perte. Ce monde était décidément trop injuste. Pourquoi viviez-vous dans un tel monde ? Pourquoi étiez-vous forcé de supporter une telle charge ? Était-ce pour amuser ceux qui vous observaient d'en haut ? Par un simple coup de la malchance ? Dans les deux cas, tu ne voyais déjà plus ta condition humaine comme un cadeau du monde, mais comme un fardeau, une punition infligé pour l'éternité, condamnées à vivre avec la mort autour de soi. Plus confiance en qui que ce soit, plus d'intérêt pour quoique ce soit. Plus de raison de rester sur Terre. Le suicide restait la meilleure solution pour toi. Libéré des tracas de ce monde, libéré de cette punition qu'on vous avez donné. Loin du malheur des autres, loin de son propre malheur. Mais tu ne pouvais t'y résoudre. Trop longtemps tu avais cherché à voir chez les gens une part de lumière, cette part de bon que chaque être possédait toujours en eux. Tu étais plutôt naïf sur ce sujet, mais tu étais tout aussi perspicace. Avec le temps, tu avais fini par ressentir cette part de lumière. Au plus profond de ton être, tu sentais que le monde n'était pas complètement pourri, qu'il y vivait des êtres au cœur pur qui méritait de vivre dans les plus hauts firmaments du monde. Tes Pokémon étaient de ceux-là. Tes amis étaient de ceux-là. Ta mère plus encore. Même ton frère, malgré ses erreurs, en faisaient parti. Tout comme Anysia. Ah, Anysia … Comment l'oublier. Elle qui t'avait dupé, elle qui t'avait sauvé, elle à qui tu avais pardonné, elle qui t'avait aidé à grandir. Tu la reconnaissais aujourd'hui comme l'un d'eux. Et tu n'arrivais pas à les abandonner. Tu n'avais pas le droit de le faire. Tu étais trop gentil pour le faire. Trop proche aussi. Le monde en était devenu plus injuste encore.

Un mouvement.
Un bruit.
Un regard.
Un corps.

Une fille. Elle venait de tomber sur toi. Tes cris de colères avaient sûrement dû l'attirer. Tu n'y prêtas pas attention. Tu ne t'en rendis même pas compte. Le néant continuait de s'effondrer autour de toi. Seuls les cris de tes compagnons subsistaient encore. Douce mélodie funèbre que c'était. Pleins de réconforts et d'espoirs, de tristesses et de colère. Un chaos émotionnelle. Encore. Tu les sentais jusqu'au plus profond de ton être, mais n'arrivait pas à les appréhender. Ton esprit avait perdu de sa logique. Tu plongeais vers tes propres abysses à chaque nouvelle seconde. Et chaque seconde représentait l'éternité perdu à vivre en ce monde. Cette éternité qui se terminait avec la mort de ton père. Pourquoi se considérer encore vivant, quand on a perdu l'être le plus cher à ses yeux ? Pourquoi continuer à croire que l'on est quelque chose, quand on comprendre que c'est le monde qui en est le vrai maître ? Encore des questions. Trop de questions. Elles continuaient de t'embrouiller l'esprit, de te détruire à petit feu. Tu cherchais à y répondre sans cesse sans le vouloir. Tes pensées se bousculaient toujours plus. Plus de logique. Que des morceaux. Le monde se fissurait dans tous les sens, on avait l'impression d'assister à l'apocalypse, à la fin des temps. Peut-être était-ce le cas, peut-être pas. Mais tu le voyais. Dans ce blanc uniforme, des traits noirs se dessinaient dans tous les sens. Le vide laissait place au vide. Et eux, ils restaient là, silencieux, à tenter de te réconforter. Et elle, elle se tenait là, à t'observer pleins de larmes.

Lucas ?

Une voix. Douce. Tremblante. Effrayée. Hésitante. Elle avait transpercé la logique, et t'avait atteint en plein cœur, provoquant cette réaction instinctive de la surprise. Tu connaissais cette voix. Tu l'avais entendu. Plusieurs fois. Tu l'avais apprécié. Plusieurs fois. Et maintenant elle apparaissait. Encore. Une nouvelle torture. Évidemment. Après les plus fidèles compagnons, c'était ceux que tu appréciais qui venaient à toi. Il n'aurait plus manqué que Ginji Labelvi et la torture aurait été insupportable. Monde infâme. Quand cesseras-t-il de jouer avec toi ? Jamais, sans doute. Il aimait à te détruire autant que possible, jusqu'à que ce que tu ne sois plus que cette pauvre poussière dispersée aux quatre vents. Monde infâme. Il n'avait que faire de tes lamentations, de ta douleur. Rien. Pas une once de pitié. Il te suçait véritablement jusqu'à la dernière goutte. Monde infâme. Si cela continuait ainsi, tu finirais pas oublier totalement la raison de ta vie et en finirait. Il fallait te reprendre. Aucune chance. Espoirs vains. Tu étais condamné à subir cela. A devoir supporter tes compagnons, cette fille, ce monde, cette vie … Monde infâme, un jour tu le payerais. Tu en faisais la promesse personnelle.

La menace.
La menace marchait.
La menace faisait fuir les compagnons.
La menace t'amenait vers ton destin.

Tes Pokémon s'étaient subitement séparés de toi, s'écartant de plusieurs pas que tu n'entendis qu'à peine, s'évanouissant dans l'oubli le plus total. La cascade, violente, se fit de nouveau entendre, cassant le court silence qui suivit. Ça y est. L'heure était venue. L'heure d'arriver au bout du chemin. De tomber dans ce trou. De disparaître à jamais. Tu y avais maintenant sans hésitation, poussé par un désir étranger qui supplantait tout le reste. Le trou était visible devant toi. Il t'attendait, t'attirait à lui par ce mot doux. Lucas. Lucas. Lucas. Ce nom. A qui était-il ? Tu ne t'en souvenais même plus maintenant. Tu avais atteint le point de non-retour. L'instant X où ta mémoire s'effaçait dans le néant obscur. Bientôt le bout du chemin. Cinq pas. Quatre. Trois. Deux. Un. Le trou était juste en-dessous, prêt à t'accueillir. Ton regard intérieur se tourna alors vers ce trou, le fixant avec un air … excité. Ce qu'il te restait d'âme était maintenant poussé par tes pensées pessimiste, par cette envie d'en finir. Il t'incitait à plonger, tête la première dans ce trou sans fond qui n'attendait que toi. Ton pied se prépara à avancer.

Lucas reviens … s'il te plaît ...

Cette voix. Encore. Toujours plus douce. Toujours plus tremblante. Toujours plus effrayée. Toujours plus hésitante. Ton corps se stoppa. Subitement, tu reculas et te posa sur ce sol invisible, sentant progressivement un sentiment redevenu inconnu en toi. Du bonheur. Cette douleur d'ordinaire plaisante. D'ordinaire si excitante. Mais ce n'était en cet instant que synonyme de torture. On voulait t'empêcher d'en finir. Pourquoi ? Mais pourquoi ne te permettait-on pas d'en finir ? C'était ton seul souhait en ce monde. Ton seul et unique désir. La colère monta en toi, allant jusqu'à transcender ton esprit pour se manifester dans la réalité. Tu serras les dents. Tu la vis, cette fille. Elle était là, te touchant l'épaule. Elle était ombre. Ombre dans un blanc qui commençait soudainement à se reformer. Tes pensées pessimistes, elles, suivaient le mouvement. Mais ta colère restait présente. Car tu continuais à croire en cette torture. Tes dents laissèrent rapidement place aux poings. Tu les serrais à t'en faire déchirer la peau. Tu voulais qu'elle parte. Vite. Qu'elle te laisse tranquille, qu'elle te laisse terminer ce que tu désirais plus que tout. Mais elle était là, à t'enlacer désormais par le cou, à chercher à te sauver de ta propre chute.

Lucas … Lucas j'ai peur s'il te plaît ...

Encore. Encore. Encore. Elle ne voulait pas comprendre qu'elle te faisait souffrir. Sa voix douce devenue suppliante te déchirait plus qu'elle ne te faisait supporter ta douleur. C'en était trop. Attrapant subitement ses petits mains, de ce que tu pouvais sentir, tu la repoussas avant de te tourner vers elle, armant ton poing droite. Elle devait être puni pour la souffrance qu'elle t'infligeait. Mais tu n'étais plus toi-même désormais. Tu n'étais même plus Lucas. Tu étais une chose ressemblant à Lucas. Ton regard, passé à l'impassible et assombri par tes cheveux, fixait sévèrement cette fille. Chacun pouvait le sentir : tu allais lui faire du mal. Piou et Zéro étaient déjà en train de s'élancer sur toi pour t'arrêter avant que tu ne fasses la plus grosse bêtise de ta vie. Le Pokémon de la fille aussi devait être sur le coup. Mais ils le savaient. Ils n'auraient pas le temps de t'arrêter assez vite. Ton poing commençait à être tiré vers cette fille, visant sa joue droite. Et c'est là que tu vis. Que tu compris. Que tu ressentis. Des larmes coulaient abondamment sur son visage et elle arborait un air effrayée. Que faisais-tu ? Pourquoi faisais-tu cela ? Les questions s'enchaînèrent de nouveau à une vitesse folle dans ta tête, stoppant ton poing à mi-chemin pendant une demi-seconde. Cette éternité, où ton regard croisa celui de la fille. Et de nouveau tu vis, comprit et ressentit. Maintenant, tu savais pourquoi tu te rappelais de cette voix. Cette fille … Tu la connaissais bien …

Mi … Mikato ...

Ta voix était silencieuse, presque muette, mais audible par la demoiselle. Et dès cet instant, tout le blanc qui obstruait ton champ de vision disparut, dévoilant le magnifique paysage, la forêt alentour et la cascade, que tu entendais de nouveau en fond. Et tout te revient. Ce qui venait de se passer, ce qui l'avait amené. Tout. Ton regard reprit de sa couleur, et ton visage passa de l'impassibilité à un air à mi-chemin avec la tristesse et le dégoût. Le dégoût de soi. Tu t'en voulais. Tes agissements n'étaient pas justifiables, et tu t'en rendais maintenant compte. Mais tu n'eus même pas le temps d'y penser plus encore que ta vision se brouilla rapidement, et que tu sentis ton corps basculer en avant.

Je suis … Désolé ... furent tes derniers mots.

Puis tu t'évanouis dans les larmes qui se formaient de nouveau sur ton visage, t'effondrant sur Mikato avant d'être récupéré par Piou avant que la demoiselle ne finisse mal. Cette journée resterait à jamais gravé dans ta mémoire …

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MessageSujet: Re: Le temps qui s'arrête en cet instant où je meurs || feat. Mikato   Mar 5 Juil - 0:13

Tout s'est arrêté. Ton souffle, ton cœur, tes larmes et son poing se sont arrêtés au même instant, ta peur elle seule a continué à emplir ton cœur. Tim s'est élancé entre le poing et toi et se trouve maintenant entre Lucas et toi prêt à attaquer au moindre mouvement, il lui avait pourtant fait confiance, parce que c'était Lucas il avait dit à Kitsu de lui faire confiance, que tout irait bien. Mais sa confiance envers le dresseur avait été brisée au moment où il avait sentit que Lucas était en colère contre Mika, sa si compréhensive dresseuse qui essayait de l'aider. Il avait tenté d'aller vite mais il sait, il sait qu'il n'aurait pas pu arriver à temps, il sait qu'il n'aurait pas pu la protéger et ça le rend d'autant plus furieux, il est prêt à écharper ce dresseur qu'il a autrefois apprécié. Cependant, alors qu'il s'apprête à se jeter sur lui sa dresseuse l'en empêche, elle ne fait pas un mouvement, ne dit pas un mot, mais il le ressent, au fond de lui sa dresseuse l'en empêche, elle regarde le dresseur dans les yeux avec tellement... tellement de compassion et de compréhension à travers toute cette peur dévorante. Tu restes entre eux prêt à le tuer au moindre signe hostile mais ta dresseuse a l'air comme happée par son regard, ça en est presque terrifiant cette intensité dans leurs regards.

Lucas... il te faisait peur, horriblement peur, tellement peur que tu n'avais pas fais un seul geste, tu t'étais effondrée comme une poupée sans vie. Tout ce que tu avais ressentis quand il avait prit tes mains avait été de la surprise mêlée à une peur immense, la douleur viendrait plus tard, les marques aussi... Pour l'instant ton regard est rivé dans le sien, Lucas s'était arrêté près de ton visage le poing serré et le visage sans émotions, mais ses yeux... ses yeux eux étaient remplis d'émotions, ses yeux emplis de colère et de rage, mais aussi, et c'est ce que tu y voyais le plus car elle reflétait la tienne, de terreur ? Et puis son visage changea, il te reconnut. Tu sursautes au son de sa voix, au son de ton nom. Son regard que tu n'as pas quitté n'est plus couvert de ce voile de ténèbres si noires et tes yeux y cherchent instinctivement une lueur, elle est si petite que tu as crus ne jamais pouvoir la trouver mais elle est là, elle est encore là, si faible mais si précieuse, sa lumière est encore là... La tristesse et quelque chose d'autre que tu ne reconnus pas firent leur apparition sur son visage, ses yeux se remplirent de larmes et tu crus le perdre encore une fois, il semblait complètement épuisé, vidé par toutes ces émotions. Alors que tu n'arrivais pas à bouger ton corps réagit directement quand il tomba vers toi, tu le rattrapas de justesse mais il était bien trop lourd pour ton gabarit, surtout après tout ça. Un Braségali plutôt imposant vint le prendre dans ses bras et tu pu te remettre à respirer. Tu n'as pas entendu ses derniers mots, tu les as devinés plutôt qu'entendus, sa voix était tellement faible... Tu restes complètement figée, ses pokémons l'emmènent, que devrais-tu faire ?

« Où... » tu as du mal à parler, ta gorge est horriblement serrée « Où l'emmenez-vous ? »

Tu prends de longues respirations en essayant de te calmer, tu ne peux pas le laisser seul, pas dans cet état et pourtant... c'est horrible de te l'avouer mais tu as peur de lui, non, en réalité tu as beaucoup plus peur pour lui que de lui. Tu vois du sang, il a serré ses poings jusqu'au sang, tu ne peux pas le laisser seul, pas dans cet état, pas comme ça. Tu ne reviens pas toi même de ce que tu vas dire, tes pokémons vont te tuer si tu fais ça, mais tu ne peux pas, c'est au dessus de tes forces de le laisser tout seul.

« Venez avec moi, je vais soigner ses blessures aux mains. »

C'est complètement idiot, Tim te regarde comme si tu venais de te prendre un coup sur la tête. As-tu oublié ? N'as-tu pas vu son regard ? Tu le sais ces questions sont dans sa tête et pourtant c'est comme si finalement tu savais qu'il accepterait, toi-même tu ne sais pas pourquoi tu fais ça, tu ne sais pas et pourtant c'est ce que ton cœur te dit. Ses pokémons n'ont pas vraiment le choix, ils n'ont nulle part où aller et doivent être complètement perdus, il te suivent donc, Lucas endormi dans les bras du Braségali comme un enfant. Enfin... si il n'était pas évanoui dans ses bras évidemment. Kitsu les attends sur une souche d'arbre, Mika appréhende sa réaction elle sait très bien qu'il a tout ressentit bien qu'il soit resté à distance, étrangement ce n'est pas toi ni Lucas qu'il regarde, c'est Tim. Tim qui a l'air si désolé, Mika s'attendait à se faire disputer, elle s'attendait à avoir droit aux gros yeux et au refus de Kitsu d'emmener Lucas mais apparemment et elle ne sait pas par quel miracle mais son Kirlia ne lui dit rien... enfin dans les premiers temps. Il semble d'abord avoir une conversation plutôt musclée avec Tim puis il se tourne vers toi semblant hésiter entre la colère et son envie de te serrer dans ses bras.

( J'ai attendu. ) Son ton est tellement amer, tu ne l'as jamais vu comme ça, son inquiétude pour toi s'est transformée en colère ( Tu m'avais dis que tout irait bien ! )

Tu essaies de lui sourire, de le rassurer.

« Mais Kitsu tout va bien maintenant je t'assure... »

( Non ! Tout ne va pas bien ! Pourquoi est-ce que tu fais toujours semblant d'aller bien ?! Pourquoi tu tentes toujours de sourire après ce qu'il vient de se passer ?! Tu as vu tes poignets ?! )

Tu as sursauté et ton sourire s'est figé, il s'est transformé en une grimace étrange résultat du passage entre le sourire et les larmes. Tu ne sais pas pourquoi tu tentes de sourire, tu ne sais pas pourquoi tu fais toujours semblant c'est juste que... c'est juste que si tu ne fais pas semblant d'aller bien alors ça sera encore plus dur d'être heureuse ! Ta main vient essuyer une larme et tu regardes tes poignets avec surprise, c'est étrange ça ne t'a pourtant pas fait si mal que ça, pourtant tes poignets sont violets. La peur revient, tu avais réussit à t'en détacher un peu, voir Lucas endormi t'avait un peu apaisée mais là... ton souffle se fait plus rapide et les larmes reviennent, tes yeux doivent être rouges à force de pleurer, tu te concentres tu ne dois pas craquer, pas maintenant. Tu respires. Profondément. Inspirer. Expirer. Inspirer. Expirer. Ça va mieux, ton cœur se calme, tu fais signe aux pokémons de Lucas de continuer d'avancer, tu vois le regard emplit de rage de Kitsu mais tu tiens bon.

( QU'EST-CE QUE TU FAIS ?! )

Tu plaques tes mains sur tes oreilles, ça t'a fait mal, ça t'a fait vraiment mal cette explosion dans ta tête, comme si quelqu'un t'avait mit une bombe dans la tête et qu'elle avait explosé en million de petits bouts. Tu ne peux plus parler, cette douleur te cloue au sol, un ultrason déchire tes tympans et tes mains ont beau être plaquées contre tes oreilles tu sais que ça ne sert strictement à rien.

( Kitsu arrêtes tu me fais mal ! Je ne peux pas le laisser comme ça ! )

Ton Kirlia hésite tu le sens, il déteste te faire du mal tu le ressens mais il ne peut pas te laisser l'aider, c'est contre ses principes, il ne comprend pas pourquoi tu fais ça. Pourquoi est-ce que tu l'aides ? Toi aussi tu aimerais bien le savoir, tu as beau chercher tu ne trouves, est-ce parce que cette rage et cette douleur tu les as ressentis ? Ou parce que tu as vu cette solitude dans ses yeux et cette détresse ? C'est faux, que de fausses raisons, bien sûr elles font parties des raisons qui te poussent à tenir tête à ton pokémon en sachant qu'il a raison mais ce n'est pas tout, il y a quelque chose d'autre, quelque chose que tu n'arrives pas à analyser, c'est juste que Lucas... Lucas est Lucas, c'est tout. La douleur s'en va, Kitsu a lâché prise et te regarde comme si tu étais devenue complètement folle, quelque chose s'est brisé entre vous, il te faudra du temps pour le reconstruire, beaucoup de temps. Vos regards se croisent mais le Kirlia dévie son regard, Tim lui a suivit l'échange avec inquiétude, il ne sait pas non plus pourquoi sa dresseuse fait ça mais il sera toujours avec elle, jamais il ne la laissera.

« Tim tu peux nous guider pour retourner aux huttes ? »

Ta voix est comme éteinte, Kitsu a rompu votre lien, tu ne ressens plus ses émotions et il ne ressent plus les tiennes, une partie de toi s'est envolée avec Kitsu et tu as comme un vide à l'intérieur de ta tête, sa voix te manque déjà... Après presque une heure de silence vous arrivez enfin à la hutte, tes pokémons ne font aucun commentaire suite au regard de Tim signifiant ''pas maintenant'' mais Guture et Shira ont tout de suite remarqués le froid entre Kitsu et toi et les bleus sur tes poignets. Tu montres au Braségali où il peut poser Lucas et celui-ci l'allonge sur le lit, tu demandes à Shira d'apporter de quoi soigner ses mains et tu commences à nettoyer les plaies. Tu n'es pas une experte mais les plaies ne sont pas très profondes et d'ici quelques jours elles ne devraient déjà plus lui faire mal, il faudra quand même qu'il aille voir Idaliénor pour que des cicatrices ne restent pas. Tu finis de lui mettre son bandage et demandes à Smoothie de lui passer un linge froid toute les 10 minutes, il est bouillant et doit sûrement avoir de la fièvre.

Tu n'as pas le temps de faire un geste que déjà Shira vient vers toi et prend tes poignets.

« Aie ! »

Tu te mords la lèvre, tu ne dois pas réveiller Lucas, tu chuchotes pour ne pas qu'il se réveille.

« Shira pourquoi tu as fais ça ? Je t'en prie ne me fais pas la leçon toi aussi, Kitsu ne veut déjà plus me parler alors s'il-te plaît, je t'expliquerais tout après. »


Shira te regarde durement puis semble soupirer intérieurement et son regard se fait plus doux. Tu grimaces quand elle passe tes poignets sous l'eau froide mais tu ne dis rien, tu n'en a pas le droit, heureusement ta Colimucus a pensé à tout et a apporté une trousse de secours. Elle en sort un tube d'arnica et t'en applique aussi doucement que possible car à chaque touché tu grimaces ou as un mouvement de recul, Shira te regarde soucieuse mais tu n'oses pas croiser son regard, si tu le fais tu vas encore essayer de la rassurer en souriant et Kitsu, qui bien qu'il fasse semblant de ne pas regarder tue Lucas du regard à chacune de tes grimaces, va exploser de colère. Une fois que ta Colimucus t'a enfin libérée de cette torture tu retournes prendre le relais pour les linges, tu continues encore et encore jusqu'à ce que sa fièvre se calme un peu, profitant d'un moment de repos tu regardes le visage de Lucas. Il semble tellement calme comme ça, tu voudrais qu'il reste comme ça encore un moment, en fait tu as peur de ne plus le voir comme avant, tu le regardes endormi et tu as peur d'être effrayée quand il se réveillera.

C'est étrange mais c'est comme si tout disparaissait, tu le regardes et tout disparaît, l'envie de meurtre de Kitsu, l'inquiétude de Tim et de Shira, l'incompréhension de tes autres pokémons... tout disparaît. Tu prends sa main dans la tienne et une larme coule sur ta joue, tu aurais voulut ne jamais le voir comme ça, tu aurais voulut qu'une autre personne l'aide, quelqu'un de plus compétent et compréhensif, un médecin aurait été beaucoup plus qualifié... Tu aurais voulut et pourtant tu n'aurais pas été complètement sereine, c'est comme si tu devais quelque chose Lucas dont tu ne savais pas la valeur, Lucas pour toi c'est... c'est... tu ne le sais pas toi même. Peut-être est-ce à cause de la chaleur ou bien du trop plein d'émotions de ta journée mais quelques minutes plus tard tu t'es endormie tenant toujours sa main, dans la pièce Kitsu, Tim et Shira ainsi que des pokémons de Lucas vous regardent chacun étant prêt à défendre son dresseur coûte que coûte.

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MessageSujet: Re: Le temps qui s'arrête en cet instant où je meurs || feat. Mikato   Mar 5 Juil - 15:06

Pourquoi ?
Pourquoi avais-tu fait cela ?
Pourquoi avais-tu manqué de frapper Mikato ?
Tu étais vraiment la pire des enflures d'avoir agi ainsi.

Dans l'inconscience, tu ressentais étrangement cette nouvelle colère, non plus envers les autres, mais envers toi-même. En te blessant, tu avais blessé les autres. Tu t'en voulais profondément. Pourquoi en étais-tu arrivé aussi loin. Qu'est-ce qui avait bien pu t'arriver pour devenir aussi fou ? Tes souvenirs et tes pensées s'embrouillaient à mesure que tu tentais que de comprendre tes agissements. Tu finis par te dire qu'il n'y avait en vérité rien à comprendre : tes agissements étaient impardonnables. Tu t'étais détruit tout seul. Tu t'étais tué tout seul. Et pour quoi ? En vérité, tu n'en savais rien. La mort de ton père ne méritait pas que tu réagisses aussi mal. Il y avait autre chose. Un autre point qui t'avait poussé à telle folie. Mais mettre la main dessus relevait de l'impossible. Le chaos continuait de subsistait. L'obscurité de ton inconscience avait fini par laisser place à un monde étrange, aux couleurs pâles et sombres, ressemblant à s'y méprendre à une chambre. Ta chambre. Elle apparaissait dans ses plus petits détails. Même les jouets les plus insignifiants se trouvaient là, jonchant mollement le sol, comme si on venait de tout défaire. Tu compris très vite ce que ton subconscient voulait te faire comprendre : cette chambre, c'était ton esprit. Chamboulée, bordélique, assombrie par un triste événement. Comment pouvais-tu en avoir conscience ? Cette sensation était forte étrange. Mais elle était réelle. Tu rêvais de toi-même, sous une forme plus adéquate. Il allait forcément se passer quelque chose. Mais quoi ? Tu l'attendais sans t'en rendre compte avec une grande impatience.

Et là, un bruit.
Et là, une porte.
Et là, une ombre.
C'était ton père.

Dans toute sa splendeur, il paraissait depuis cette porte apparu soudainement derrière toi. Ses traits étaient les derniers que tu avais pu voir de lui. Les tous derniers. Ils étaient ceux d'un homme vigoureux, aux épaules larges et fortes, au corps massif et puissant, aux muscles saillants et durs, au visage vieilli par les années mais encore fort jeune pour une personne de son temps, à la barbe propre et proéminente, d'un gris clair magnifique, s'alliant parfaitement au gris de sa chevelure autrefois toute jaune d'or. Oui, c'était bien lui : le dernier souvenir de ton père. Il semblait plus vivant que jamais, plus frais que tu ne le fus jamais. Un homme respectable et respecté, ayant mené une vie parfaite et ayant vécu avec plaisir chaque jour de cette vie. Un homme que tu respectais tant et si bien que tu avais toujours souhaité lui ressembler. C'était ton père après tout. Il méritait cet honneur. Mais tu te rappelais de nouveau que la mort l'avait emporté, et ton regard qui fut pendant un instant brillant et enjoué de revoir cette stature si imposante, devint de nouveau triste et abattu, sombrant dans la déprime. Tu l'entendis venir vers toi, mais tu ne bronchas pas. Tu le sentis toucher ta tête de son immense main chaleureuse, mais tu ne réagis pas. Tu ressentis tout son bonheur à travers ton corps, mais tu ne réagis pas. Tu restais abattu. Ce n'était qu'un simple souvenir à tes yeux. Il ne serait jamais le vrai. Jamais il ne pourrait te consoler de sa perte. Jamais. Et pourtant, sans réagir, tu avais l'impression que c'était lui, qu'il était redescendu des cieux pour venir te faire ses adieux en bonne et due forme, pour te pousser à sauter le pas et accepter sa disparition. Finalement, tu finis par lever les yeux vers lui. Il était souriant. Et radieux. On aurait dit un ange.

Lucas. dit-il calmement.
Papa. répondis-tu tout aussi calmement, mais avec un ton plutôt sec.
Viens par là. continua-t-il avec son sourire.

Il ouvrit alors ses bras, prêt à t'accueillir pour un câlin réconfortant. Mais au dernier moment, tu le repoussas, mû d'une subite rage à son encontre.

Je n'en ai pas envie. lui avouas-tu.
Ah ? Mais pourquoi ? demanda-t-il, presque naïf.
Pourquoi ? POURQUOI ?! t'écrias-tu, perdant de nouveau les pédales. TU NOUS AS ABANDONNÉ, MAMAN ET MOI ! TU NOUS AS QUITTÉ COMME SI DE RIEN N'ÉTAIT, SANS ESSAYER DE COMPRENDRE CE QUE L'ON POUVAIT RESSENTIR ! JE T'AIMAIS BEAUCOUP, PAPA, MAIS JE N'ARRIVERAIS JAMAIS A TE PARDONNER D'AVOIR DISPARU AINSI ! gueulas-tu, crachant toute ta colère contre lui.

Le sourire de ton père finit par s'effacer, laissant place à un air dépité.

... Je le sais. commença-t-il, parlant presque très bien. Je ne sais que trop bien que je vous ai laissé à l'abandon. Je n'ai jamais voulu cela. J'aurais préféré que tout ceci ne soit jamais arrivé. Que je sois toujours en vie, toujours auprès de vous, de ta mère, de toi … continua-t-il.
ALORS POURQUOI ?! t'énervas-tu, pourtant conscient que tu ne faisais que souffrir de nouveau en agissant ainsi.
Je n'en sais rien … Je n'en sais rien Lucas … J'aurais tant aimé le savoir, mais je ne suis qu'un souvenir. Un souvenir de l'homme qui t'as inspiré tant de respect. dit-il, maintenant tout aussi abattu que toi désormais.

Vous étiez dès lors comme deux larves, évitant le regard de l'autre, fixant simplement le sol. Un long silence avait pris place et tu avais presque l'impression que ce moment durerait une éternité. Que le temps allait s'y arrêter. Mais le souvenir finit par quitter sa torpeur pour attraper les premiers jouets qui lui passait entre les mains avant d'aller les ranger dans les boîtes correspondantes.

Qu'est-ce que tu fais ? l'interrogeas-tu, intrigué.
Je range ta chambre, cela ne se voit-il pas ? répondit-il calmement.
A quoi bon … Ce n'est qu'un rêve après tout … Pourquoi s'embêter à ranger tout cela si l'on sait que cela disparaîtra quand je reviendrais à la réalité. t'indignas-tu.

Ton père se raidit subitement et se tourna tel un robot vers toi, te fixant avec un air sévère.

Lucas. Il faut que tu comprennes une chose : on ne revient jamais en arrière. Le temps avance inexorablement vers sa finalité et nous autres, humains, ne pouvons que le subir. La seule chose dont nous sommes capables, c'est de le supporter en allant de l'avant, en acceptant de vivre avec son destin. Si tu continues à te morfondre, tu ne feras que te détruire à petit feu. Et tout ce que j'ai pu bâtir pour toi, ce que les autres ont accompli pour toi, ce que tu as dû faire pour grandir. S'il y a bien une chose que tu peux encore faire en cet instant, c'est de choisir de vivre comme tu l'entends. Alors viens donc m'aider à ranger cette chambre pour te remettre les idées en place. expliqua-t-il.

Tu restas stoïque. Ses paroles étaient pleines de bons sens. Tu en avais transpercé de toute part. Un très court instant hésitant, tu avais fini par le rejoindre et commença à ranger cet endroit. De ton avis, cela restait toujours aussi stupide, mais étrangement, tu sentais que quelque chose était en train de se passer à mesure que les affaires retrouvaient leurs bonnes places, que la pièce commençait à retrouver son rangement parfait d'autrefois. Ton esprit commençait à se construire. TU étais en train de rassembler les pièces du puzzle qu'il était devenu. Petit à petit, les idées et les pensées se décrochèrent l'une de l'autre et reformèrent un assemblage parfait. Ton cerveau retrouvait de sa logique. Dehors, alors que jusqu'alors il faisait un noir, tu voyais des morceaux du paysage magnifique et ensoleillé se reformer. Il y avait ta mère qui était là, près de la fenêtre, vous faisant joyeusement coucou. Lentement mais sûrement, ton air abattu et attristé laissa place à une expression jouissive, emplie de bonheur. Finalement, vous achevâtes de ranger la chambre, qui avait perdu de ses couleurs pâles et sombres pour laisser place à des teintes plus vivants et clairs. La vie reprenait son cours normal dans cette chambre. Ton père et toi vous fixâtes pendant quelques instants, souriant.

Je m'excuse de tout mon cœur de vous avoir abandonné, toi et ta mère. Si je pouvais revenir en arrière, même un instant, je ... s'exprima ton père.
Chuuuuut ... lui dis-tu, le coupant dans sa phrase. C'est toi qui l'a dit, il faut aller de l'avant. Je ne veux plus d'excuses désormais. Le destin a fait son choix. Je te remercie d'avoir pu apparaître à moi une dernière fois. J'ignore si j'arriverais à me remettre totalement de ta perte, et maman tout autant, mais je ferais de mon mieux. Le plus important est d'aller de l'avant. lui répondis-tu, chaleureux, l'enlaçant de toutes tes forces.Adieu, papa. achevas-tu, laissant quelques larmes couler de nouveau sur tes joues.

Ton père ne répondit pas, mais te rendit ton câlin, restant ainsi pendant un court moment, avant qu'il ne s'illumine de plus en plus jusqu'à ne plus devenir qu'une lumière dessinant ses traits, qui explosa en milliers de papillons de lumière qui s'envolèrent dans le vide, disparaissant après quelques secondes. Dans le silence de la pièce, on pouvait entendre ces quelques mots prononcés d'une voix si douce et si réconforte que tu en fermas les yeux pour l'entendre jusqu'au plus profond de ton coeur. « Adieu, mon fils. ». Tes larmes s'intensifièrent alors, mais tu restais yeux fermés, parfaitement calme. Tu étais certain que dans la vraie vie, des larmes avaient commencé à se former sur ton visage. Dans peu de temps, tu reviendrais à toi. Alors tu profitais de ces derniers instants, de ces dernières secondes à attendre sa voix disparaître dans le néant. Bientôt, tu sentis que le sol se dérobait sous tes pieds, mais tu ne tombais pas. Tu avais simplement suivi le souvenir dans le néant. Et ta conscience se rendormit.

Plus rien.
Plus rien du tout.
Plus rien de toi.
Tu avais sombré dans un sommeil profond.

Tu ignorais s'il s'était passé beaucoup de temps entre cet instant et ton réveil, mais tu finis par retrouver la vue, sortant de ton sommeil profond, le corps engourdi et les yeux endoloris par les larmes. Oui, c'était bien la réalité. Ton regard parcourut le plafond au-dessus de toi. Tu étais retourné à la hutte. Pas de doute : c'était Piou qui t'avait ramené là. Tu devais te trouver dans ton lit, mais impossible de le savoir. En tout cas, on t'avait ramené à la hutte. Étais-tu seul dans cette pièce ? Il fallait te savoir. Usant d'efforts, ton regard tourna vers la droite. Ton regard croisa immédiatement celui du Brasegali, qui avait tout de suite vu que tu étais revenu à toi. Il te fixait d'un air si sévère que tu gloussas en le voyant. Il t'en voulait, c'était certain. Et tu ne pouvais pas te défendre. Au contraire, tu acceptais pleinement sa réaction. Tu étais allé bien trop loin. Tu avais fait le con. Et tu t'en voulais plus que lui t'en voulait. D'ailleurs, malgré sa colère envers toi, il t'aida à bien te réveiller, t'administrant quelque médicament que tu avalais avec difficulté, et sembla appeler quelqu'un. Les secondes s'enchaînèrent et petit à petit, tu retrouvais complètement tes sensations. Tu transpirais. Tu avais mal. Tu te sentais mal. Surtout tes mains. Avec une difficulté monstre, tu parvins à en soulever une au niveau de tes yeux et ne put que constater les dégâts : en la serrant pour frapper, tu étais allé jusqu'à t'ouvrir la peau. Les pansements étaient déjà rouges. Tu te dégoûtais toi-même. Tu étais vraiment con. Mais tu te le dis encore plus lorsque ton ouïe te fit comprendre que quelqu'un venait d'arriver dans la pièce. Abandonnant ta main qui retomba mollement sur le matelas, ton regard bifurqua vers l'origine du bruit.

Mikato.
Mikato était là.
Mikato avait peur.
Tu lui faisais peur.

Tes yeux traduisirent toute ta peur. Tu lui faisais peur. Et par extension, tu te faisais peur à toi-même. Tu étais un monstre. Qu'est-ce qui t'avait pris d'agir ainsi ? Tu n'arrivais toujours pas à comprendre pourquoi, malgré les paroles du souvenir de ton père. Tu étais un monstre et tu le savais trop bien. Elle ne méritait pas de te voir et toi de la regarder. Tu te retournas ainsi à toute vitesse dans l'autre sens, au prix d'une grosse douleur dans tes mains, et t'enfouit à moitié dans le drap qui te recouvrait une grande partie de ton corps.

Je suis désolé. lanças-tu avec une voix pitoyable, mêlé aux quelques larmes qui coulaient encore de tes yeux. Je suis un monstre, tu ne te fais que du mal à m'avoir ramené ici. dis-tu.

Tu savais que c'était faux, ou du moins pas complètement, mais tu n'arrivais pas à admettre cela. Tu rejetais maintenant toute la faute sur toi et, même si c'était presque entièrement vrai, tu savais que tu supportais bien plus que ce que tu avais vraiment à supporter. Piou s'en rendit tout aussi compte et, gardant son air sévère, t'attrapa par le buste et te souleva sans vergogne en te tournant vers Mikato avant de te poser assis sur ton lit, te fixant tel que tu n'eus pas la motivation de te tourner de nouveau dans l'autre sens. Tu te rallongeas cependant et commença à fixer le vide autour de la Mentali.

Je m'en veux. Je n'aurais pas dû attirer quelqu'un dans ma situation. Je n'aurais jamais dû ... dis-tu, parlant comme si tu te parlais tout seul.

Tu fermas les yeux un instant. Devais-tu aller jusque-là. Elle n'était pas encore complètement concerné par l'événement. Puis tu te souvins avec douleur de ses larmes près de la cascade, de la tristesse et de la peur qui se lisait dans ses yeux. Elle avait le droit de savoir pourquoi elle avait mis en jeu ce qu'elle était pour venir à toi. Elle méritait de comprendre.

... Je m'en veux d'avoir réagi ainsi, mais … C'est mon père … Il est parti ... dis-tu, chaque seconde plus hésitant. ... à jamais ...

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MessageSujet: Re: Le temps qui s'arrête en cet instant où je meurs || feat. Mikato   Jeu 7 Juil - 21:20

Tu frottes tes yeux en te demandant où tu es puis tu perçois un mouvement à ta droite et tout te reviens, tu t'es endormie mais un mouvement t'avait réveillé, Lucas semble en proie à un cauchemars et alors que tu pensais que sa fièvre baissait quand tu prends sa température avec ta main tu n'as pas besoin de sortir le thermomètre pour sentir avec inquiétude que son front est brûlant. Tu vas directement reprendre un linge et passes de l'eau froide dessus avant de le poser doucement sur le front de Lucas, ton regard est triste le dresseur semble souffrir même dans son sommeil, tu hésites à le réveiller et tends la main vers son bras. Tu sursautes et regardes ton pokémon avec surprise quand il pose son bras sur le tien pour te retenir, ton Kirlia a le visage fermé et pourtant il ne semble pas être poussé par de mauvaises intentions, tu baisses ton bras en lui faisant confiance et ne réveilles pas Lucas espérant que Kitsu ne soit pas assez énervé pour laisser souffrir le garçon.

Pendant des minutes exténuantes tu fais des aller-retours entre tes pokémons pour les rassurer et Lucas toujours aussi brûlant et agité, Tim en profite pour essayer de comprendre ce qu'il s'est passé pour que leur dresseur soit dans un tel état auprès de ses pokémons mais se ravise en voyant leurs visages tristes, ce n'est pas le moment pour ça... Alors que tu fais sortir certains des plus jeunes pokémons de Lucas pour qu'ils aillent un peu prendre l'air Shira t'appelle et tu vois avec un certain soulagement que le convalescent est redevenu assez calme, alors que tu détends tout juste tu te rends alors compte de l'heure qu'il est et ton ventre te fait bien comprendre sa demande, c'est l'heure du goûter. Tu t'attaches les cheveux et commences à cuisiner laissant Lucas entre les bonnes mains de Shira, tu constates avec soulagement qu'il y a assez de nourriture pour tous les pokémons et tu te mets derrière les fourneaux, le sourire aux lèvres tu constates que Kitsu vient t'aider comme il le fait toujours bien que cette fois il garde son air frustré. La préparation est enfin finie, alors que vous vous apprêtez à appeler tout le monde pour venir manger le Braségali de Lucas vient et Kitsu te fait passer qu'il s'est réveillé, une assiette dans les mains tu te figes à ces mots, tu déglutis péniblement et poses l'assiette sur le plan de travail avant de te diriger vers la chambre.

Quand tu rentres dans la pièce Lucas regarde ses mains et tu ne peux empêcher ton cœur de battre plus vite et la peur t'envahir pendant une demi-seconde à la vue de ses mains, au souvenir de son poing. Une demi-seconde et tu te reprends, c'est Lucas après tout n'est-ce pas ? Ce n'est pas comme si il t'avait vraiment fait du mal, ce n'est pas comme si il ne s'était pas arrêté, ce n'est pas comme si il avait vraiment voulu te faire du mal à toi... Il remarque ta peur et tu vois qu'il a peur lui aussi avant qu'il n'aille se réfugier sous les draps et ne dévie son regard, sur ton visage passa un voile de tristesse quand il utilise le mot ''monstre'' et ta main posée sur l'entrebâillement de la porte se sert faisant rougir le bout de tes doigts, tu fronces les sourcils ne comprenant pas pour qu'elle raison il continue à se faire tant de mal.    

( Tu vois, même lui il dit qu'il devrait partir. )

Tu te tournes vers Kitsu qui, méfiant, était resté près de toi un peu en arrière, tu soupires à son intervention mais ne dis rien, tu es trop fatiguée pour parlementer et supporter les pointes sarcastiques de ton Kirlia. Quand tu te retournes de nouveau vers Lucas son Braségali le tient par la chemise et l'assoit sur le lit dans ta direction, Lucas se recouche mais reste tourné vers toi, il murmure qu'il n'aurait jamais du te mener dans une telle situation et tu vois qu'il a l'air tellement triste... Tu sens qu'il se prépare à te dire quelque chose d'important, tu n'arrives pas à faire un pas et encore moins à aller vers lui, Kitsu te regarde soucieux et se met devant toi avant que Lucas ne prenne la parole.

« … Je m'en veux d'avoir réagi ainsi, mais … C'est mon père … Il est parti …... à jamais … »

Tu regardes Lucas et tout ce que tu voudrais faire c'est le prendre dans tes bras lui dire que tout va s'arranger. Mais tu ne peux pas. D'abord parce que c'est faux, tout ne va pas s'arranger et il le sait et ensuite parce que, bien que tu le souhaites et que tu t'en veuilles, tu n'arrives plus à faire assez confiance en Lucas pour le prendre dans tes bras. Tu n'arrives pas à parler, tu t'avances et t'assoies sur le bord du lit, là, tu prends sa main et la sert doucement, tu aimerais pouvoir lui parler, avoir autre chose que ''toutes mes condoléance'' ou ''il ne méritait pas de mourir si jeune'' qui te viennent en tête. Il faut pourtant que tu parles.

« Je suis désolée... »

C'est vrai, tu l'es, et pourtant ce mot est tellement faible pour ce que tu ressens. Tim vient sur tes genoux et Kitsu s'assit lui aussi sur le lit sentant tout les deux un changement dans tes sentiments, tu veux lui refaire confiance, tu veux revoir son sourire et pouvoir à nouveau rire avec lui, tu ne veux plus avoir peur d'être à ses côtés... Rassemblant ton courage tu te tournes vers Lucas et le regardes dans les yeux soudain sûre de toi, tu ne veux pas revoir son regard devenir fou et que sa vie devienne si accablante qu'il veuille y mettre fin.

« Mais promets-moi, promets-moi de ne plus jamais croire que ta vie ne vaut rien ! Lucas... »
tu secoues la tête comme pour lui montrer que c'est complètement impossible « Tu ne peux peux pas croire ça ! Je me fiche complètement d'avoir eu aussi peur, si je devais le faire je le referais sans hésiter ! Parce que Lucas... tu es important ! » ''pour moi'', tu n'arrives pas à le dire, ce sentiment, il n'est pas encore temps... « Tu ne peux pas faire ça aux personnes qui tiennent à toi et encore moins à tes Pokémons, promets-le-moi, promets-moi que je pourrais compter sur toi et que je n'aurais pas à me demander avec peur ce que tu fais quand tu n'es pas dans mon champ de vision...»

Tu lâches ses mains que tu as serrées comme si tu te raccrocher à un espoir, tu as conscience que ce que tu fais n'est peut-être pas la meilleure chose à faire, tu devrais le consoler ou au moins essayer... Mais il allait renoncé à la vie si facilement, c'est comme si rien ne le retenait dans ce monde, comme si il avait voulut rejoindre son père le plus rapidement possible sans aucune hésitation, sans aucun remords. Kitsu se lève et se place entre Lucas et toi sous ton regard surpris, tu tentes de le retenir de peur qu'il s'en prenne mais Tim arrête ton geste et sourit, ton Kirlia croise les bras et regarde Lucas sérieusement, il a coupé votre lien télépathique et tu n'entends pas ce qu'il lui dit.

( Ma dresseuse est trop gentille, s'il n'avait tenu qu'à moi nous t'aurions abandonnés dans la forêt... Quoi qu'il en soit, saches que si tu la refais pleurer ou que tu essais de lui faire du mal, la prochaine fois tu n'auras pas de seconde chance )

Un ton dur et qui ne demande pas de réponse, c'est l'avertissement d'un pokémon qui n'a pas pu protéger sa dresseuse et qui ne réitérera pas la même erreur. Après ces paroles Kitsu te prend par la main et t'entraîne dehors malgré tes interrogations, Tim sur vos talons tu n'as pas vraiment le choix et tu sors un sourire contrit sur ton visage.

« Si vous voulez manger j'ai préparé des cookies dans la cuisine et, Lucas ! Profites-en pour parler avec tes pokémons d'accord ? Et j'attends toujours ma réponse ! »

Ta dernière phrase est criée à travers la porte car Kitsu refuse de te laisser partir, il t'amène jusqu'à une souche d'arbre où il te fait t'asseoir, là tu vois tes pokémons arriver un par un, des plus anciens compagnons aux plus récents les 8 sont tous là devant toi. C'est mauvais ça, tu vas te faire remonter les bretelles...

« Est-ce que j'ai fais quelque chose de mal ? »

Bah oui, évidemment, sinon ils ne te regarderaient pas avec une tête aussi sérieuse... tu n'as pas pu t'empêcher de demander quand même et maintenant tu fais une moue d'enfant triste parce qu'ils te regardent tous comme si tu devais dire quelque chose avant qu'ils ne commencent à t’engueuler, c'est pour ça aussi que tu retardes le moment. Au bout d'un moment tu n'en peux plus de toute cette pression et lâches un soupir, très bien.

« Je suis désolée d'avoir dit que tout irait bien alors que je n'en étais pas sûre et je m'excuse d'avoir emmener Lucas ici alors que je savais que ça ne vous plairait pas... Je suis désolée de vous avoir fait peur comme ça et d'avoir été stupide en allant vers un danger sans vous... »

Ta voix se fait de plus en plus faible et tu n'oses plus les regarder, à mesure que tu t'excuses tu te rends compte de la peur qu'ils ont du avoir et de l'incompréhension dans laquelle tu les as laissés, d'ailleurs tu as promis à Shira que tu leur raconterais tout quand ça se calmerait, ton regard se porte vers la hutte pas très loin d'ici, est-ce que ça s'est calmé ?

« Je sais que vous ne savez pas tous ce qu'il s'est passé mais avant de tout vous raconter je veux que vous me promettiez de ne pas faire de mal à qui que ce soit. »

Tu vois déjà les sourcils se froncer et les têtes interloquées se tourner vers la cabane, après un moment tous hochent la tête et s’assoient autour de toi en attendant des explications.

« Bien. Alors commençons... »

*****

Quelques minutes plus tard alors que tes mots s'arrêtent tu attends leur réaction avec anxiété, Kitsu qui n'avait rien vu mis à part les marques sur tes poignets contient difficilement sa colère depuis qu'il a apprit que Lucas a faillit te frapper, Tim au courant de tout reste près de toi et guette chaque mouvement des membres de l'équipe pour en stopper un si il essaye d'aller vers la cabane, Shira semble furieuse mais se retient d'exploser devant les petits arrivés récemment dans l'équipe qui quand à eux se contentent de te regarder d'un air dubitatif. Guture regarde Kitsu avec inquiétude mais pose finalement son museau sur ton épaule pour te rassurer, il comprend tes raisons et essaie de t'aider parce qu'il voit bien que Kitsu te donne du soucis.

« On y retourne ? Je compte sur vous d'accord ? »

Avec un regard appuyé à Kitsu et Shira vous vous remettez en chemin pour la hutte, après avoir raconté tout ça à tes Pokémons c'est comme si un poids t'avait été enlevé, quand vous arrivez tu te diriges directement vers Lucas et tu te jettes dans ses bras. Ton cœur bat animé par la peur mais tu as décidé que tu n'allais pas laissé ta peur te guider, tu feras confiance à Lucas et ta peur devra bien le supporter car après tout quand tu veux quelque chose il suffit que ce soit réalisable pour que tu l'ai... tu es une fille chanceuse Mika, et tu le sais. N'empêche qu'il faudrait peut-être que tu le lâches maintenant, tu t'attardes un peu trop dans sa chaleur et tu sens déjà Shira et Kitsu qui te fusillent du regard, tu te recules puis regardes Lucas une nouvelle fois dans les yeux.

« Est-ce que ça va aller tout seul ? Tu peux rester ici autant de temps que tu le veux en tout cas. »

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Le temps qui s'arrête en cet instant où je meurs || feat. Mikato   Ven 8 Juil - 23:04

La solitude.
La solitude t'anime.
La solitude t'embrasse.
Tu as l'impression d'en avoir perdu ton humanité.

C'est bizarre, de se sentir seul quand le monde t'entoure. Quand on ne demande qu'à t'aider. C'est ce pilier. Encore. Il t'a emporté dans sa chute. Et même si tu y as survécu, tu as la sensation d'avoir tout perdu pour te sauver la vie. Comme si d'un seul coup, tu n'étais plus toi-même, qu'on avait remplacé l'homme que tu étais auparavant par une personnalité tiré par le destin. Comme si d'un seul coup, tout ce que tu avais eu tant de mal à mettre en place, que les autres s'étaient presque tués à te donner pour que tu avances avec le temps, s'était soudain effondré comme un vulgaire château de carte. Toi qui avait jusqu'alors pensé bâtir une véritable forteresse, un monde inébranlable et imprenable, n'avait en vérité construit qu'un pauvre château avec des cartes si fragiles qu'elles étaient prêtes à tomber au premier coup de vent. Et c'est ce qui s'était passé. Arrivée comme une tornade, la perte de ton père avait balayé tes pauvres efforts dans tous les sens, ne laissant qu'un vide émotionnel derrière lui tel qu'il n'aurait plus manqué qu'un coup de pied pour imploser. Mais elle, elle était venu. Elle t'avait arrêté. Encore une fois, pourquoi ? Qu'est-ce qui pouvait bien pousser une tierce personne à te venir en aide ? Qui voudrait sauver une chose qui ne vaut rien ? C'était si étrange. Mais pour une raison que tu ignorais, quand tu t'étais rendu compte que tu connaissais cette tierce personne, ça t'avait plaisir. Certes, tu ne le manifestais pas, mais tu pouvais la sentir, cette sensation de joie. Cette sensation d'avoir de l'importance quoiqu'il advienne, quoique tu puisses perdre. C'était plaisant. Et déchirant aussi. Dur à accepter dans une telle situation. Comme si l'on tentait vainement de reconstruire ce château instable avec des cartes désormais déchirés. Plus dur encore à accepter quand il t'était impossible de t'y opposer. Trop faible. Trop dépendant. Tu ne faisais que subir le cours des événements, et tu n'arrivais pas à supporter une telle chose. Pourtant, tu t'y pliais, à cette dépendance. Même perdu, celui que tu étais continuait de subsister dans tes agissements. Il n'aurait fallu qu'un geste pour rejeter cette aide qu'on t'imposait, pour t'enfermer dans ton univers et pour te soustraire à cette souffrance interne qui continuait, même diminuée, de te ronger de part en part. Mais tu avais préféré agir dans la dépendance, dans ce chemin mauvais qui détruisait ensuite ceux qui tentaient de t'en extraire. Et de par cette idée-là, tu devenais un monstre, oubliant tout sauf sa propre personne. Et tu t'en voulais.

Je suis désolée ...

Trois mots. Il n'avait fallu que trois mots pour tout remettre en cause. Tout refaire partir. Cette compassion, cette tristesse. Tout ce sentiment de compréhension, comme si elle avait vécu la même chose. Elle avait parlé peu, mais dit tant. Ce n'était plus ses mots qui parlaient, c'était ses sentiments. Tout ce qu'elle pouvait ressentir face à ce qu'elle venait d'apprendre. En cet instant, tu avais perdu toute trace de colère, de dégoût ou de tristesse. Tu étais … Envahi. Comme envoûté par ces trois mots. Discrètement, tu avais pivoté dans l'autre sens, et tu cachais la surprise qui s'affichait maintenant sur ton regard. Car au fond, tu souhaitais continuer à supporter seul ce que tu vivais. Mais tu te ravisas très vite. Trop vite. Tu pivotas de nouveau vers Mikato, affichant un air désormais neutre. Tu ne voulais laisser transparaître aucun sentiment. C'était étrange, comme façon d'agir, mais tu ne savais même plus qui tu étais avant que tout ne s'effondre. Tu continuais d'observer ces morceaux de cartes que les autres essayaient de ramasser pour toi. Tu continuais d'être dépendant. Tu continuais d'être faible.

Mais promets-moi, promets-moi de ne plus jamais croire que ta vie ne vaut rien ! Lucas...

Ah. Le discours larmoyant. Tu te sens presque un peu dur à ne pas y réagir. Tu essayes. En vain. Tu ne fais qu'écouter comme une statue écoute les hommes. En silence.

Tu ne peux peux pas croire ça ! Je me fiche complètement d'avoir eu aussi peur, si je devais le faire je le referais sans hésiter ! Parce que Lucas... tu es important !

Toujours aucune réaction. Mais tu sens que ton cœur bat de plus en plus vite, comme tenu en haleine. Il tape si fort, si violemment, que ta main ne peut s'empêcher de te venir le serrer, comme s'il voulait l'empêcher d'exploser tant il devient seconde après seconde plus dur.

Tu ne peux pas faire ça aux personnes qui tiennent à toi et encore moins à tes Pokémons, promets-le-moi, promets-moi que je pourrais compter sur toi et que je n'aurais pas à me demander avec peur ce que tu fais quand tu n'es pas dans mon champ de vision ...

Tu ne réponds pas. Les mots ne veulent pas venir. Tu sens le regard inquisiteur de Piou qui t'incite à le faire, mais tu restes stoïque, fixant la Mentali comme si tu fixais une inconnue. Tu t'étais alors rendu compte qu'elle te tenait la main. Comment ne t'en étais-tu pas rendu compte ? La bêtise t'avait rendu aveugle. Il ne pouvait pas en être autrement. Bien triste constat. Tu en replongeas dans une certaine torpeur, quittant le regard étrangement assuré de Mikato. Tu ne lui répondras pas. Pas maintenant. Tu ne sens pas prêt à agir, à faire quoique ce soit. Tu dois encore essayer de ne pas perdre complètement l'esprit. Tu n'y fais même pas gaffe, mais tu as déjà commencé à réparer ton petit château. Tu recolles les morceaux les uns après les autres sans le savoir. Mais tu n'es pas seul, et tu le comprend parfaitement. Mikato, Piou, tes compagnons … Même ce Kirlia qui t'en voulait. D'ailleurs, ce dernier venait d'abandonner son coin pour venir vers toi, et se plaça en cet instant entre toi et Mikato, prenant celle-ci par surprise. La seconde suivante, tu sentis qu'on accrochait quelque chose à ta tête, comme une corde ou quelque chose du genre. Un lien télépathique.

( Ma dresseuse est trop gentille, s'il n'avait tenu qu'à moi nous t'aurions abandonnés dans la forêt... Quoi qu'il en soit, saches que si tu la refais pleurer ou que tu essais de lui faire du mal, la prochaine fois tu n'auras pas de seconde chance )

Tu ne réagis qu'à peine, tournant le regard vers le type Psy. Mais avant même de pouvoir prononcer le moindre mot, le Pokémon emporta avec lui sa dresseuse, qui n'y comprenait rien. Alors qu'elle disparaissait derrière la porte de la chambre, sa voix lança quelques derniers mots, faisant part de l'existence de cookies, ajoutant un conseil que tu n'écoutas même pas, à l'instar de Piou, et achevant par une certaine exclamation, presque inaudible maintenant mais que tu pouvais facilement deviner. Puis le silence tomba. Un long silence où personne n'esquissa le moindre soupir, le moindre bruit. Mais chacun observait quelque chose, quelqu'un. Piou te fixait sévèrement, et tu regardais le vide, inexorablement présent, continuant de te tendre les bras. Tu semblais comme pris dans tes pensées, attiré par ce vide. Le Braségali finit par perdre patience, et réitéra ses agissements, attrapant cette fois seulement ton menton pour tourner de force ton regard vers le sien. Il était en colère. Très colère. Tu fus parcouru de frissons tant la rage l'animait. C'était sans doute pire encore que le Kirlia. Si tu ne le connaissais pas si bien, tu jurais qu'il voulait te réduire en charpie. Et c'était compréhensible. Bien trop compréhensible malheureusement. Il savait comment tu étais, comment tu réagissais. Il avait déjà vécu cela avec l'affaire Ginji. Revoir son maître en venir à de tels extrémités ne pouvait que le pousser à être en colère. Ah, quel imbécile tu faisais. Si seulement tu avais pu ne jamais existé, tout aurait été si bon dans leurs vies. Jamais tu n'aurais eu à leur faire si peur. Jamais eu à les animer d'une rage qu'ils n'auraient jamais eu habituellement. Tu continuais de t'en vouloir, et de ce fait, détourner mollement le regard vers la gauche. Tu ne méritais pas de regarder quelqu'un. Tu n'avais plus aucun mérité à quoique ce soit. C'est en tout cas ce que tu pensais, jusqu'à ce que Piou te relâche et fasse sortir Gandalf de sa Pokéball, un type Psy obtenu des mains d'une autre élève de l'académie, Ruby L. Jones. Le Roussil, puisque c'en était un, allait servir d'intermédiaire entre vous deux. Impossible de le stopper dans son entreprise. Tu ne faisais encore une fois que subir. Bientôt, une nouvelle impression que ta tête venait de s'accrocher à un fil se fit sentir, et enfin, Piou prit la parole.

(Je t'ai vu, Lucas. Je t'ai vu grandir en deux ans. Je t'ai vu prendre en maturité, à apprendre de tes erreurs, à avancer quoiqu'il advienne, à devenir quelqu'un, à apprécier les autres qui qu'ils soient, et qu'ils t'apprécient en retour. Je t'ai vu devenir chaque jour un peu plus fort, un peu plus endurant … Mais surtout un peu plus motivé. Tu en veux, et chacun d'entre nous, même les jeunes membres de l'équipe, le savent parfaitement. Tu es ce genre de personne qui ne lâche rien, pas même un instant, pour s'améliorer. Tu es courageux, talentueux, gentil et amical. Et c'est pour tout cela que chacun d'entre nous avons décidé de te suivre et de te soutenir dans ton entreprise. Que chacun d'entre nous avons apprécié le temps, même court, passé jusqu'à présent à tes côtés. Nous sommes fiers d'être tes Pokémon, et nous le serons à jamais.)

Il avait parlé avec une voix si forte, si dur, qu'elle te fit réagir au quart de tour. Tu ressentais comme une puissante gifle à chacun de ses mots, comme pour te faire comprendre à quel point il était sincère. Au travers ses paroles, tu comprenais à quel point il t'appréciait, à quel point il se souciait de toi. Tu le savais depuis longtemps, mais l'entendre de ses propres mots provoquait comme une espèce … de plaisir. Un véritable accomplissement. Tu te sentais soudain prêt à sourire, instinctivement tout de moins, mais fut très vite stoppé par Piou, qui fit alors sortir tous tes compagnons dans la chambre, à l'exception d'Onyx qui était bien trop grand. Ils étaient vingt-deux, sans compter Piou, qui te regardaient désormais avec un air abattu, comme attristé.

(Mais aujourd'hui, tu n'es plus le Lucas que nous connaissons. Il vaut bien mieux que cela. Il n'abandonnerait pas si facilement la partie, il ne tomberait pas si facilement dans la dépression. Il se battrait, quoiqu'il en coûte, pour tenir le coup, pour surmonter cette épreuve, et il saurait garder le sourire en tout circonstance, pour ne pas blesser ceux qui l'entourent. Il serait fort et bon. Il serait … Lui-même.)

… Oui. Il n'y avait plus que ce mot qui comblait tes pensées. Oui. Ses mots, toujours plus forts, continuaient d'agir comme un coup de poing sur ton estomac. Ils étaient durs, mais justes. Tu ne pouvais l'ignorer. Et tu ne pouvais pas ignorer non plus ce sentiment de confiance qui semblait faire vivre la colère de Piou. Il ne voulait pas perdre cette confiance en toi. Il ne voulait pas te perdre … Toi. Et les autres étaient du même avis. Queen, qui avait les larmes aux yeux et qui était apparu sur toi, venait de se jeter à ton cou en répétant son cri dans un ton si triste que tu ne pouvais pas rester sourd. Toi, cette chose inutile et désormais morcelé, tu étais important pour quelqu'un. Tu n'étais pas rien. Tu étais quelque chose. Une chose que tu avais oublié trop facilement : tu étais … Un ami. Comment pouvais-tu être aussi sot ? Tu acceptais maintenant la bêtise qui était tienne, et tu l'empoignais à pleine main, resserrant l'étau. Ton visage passa de la torpeur à la réflexion. Tu fermas les yeux, et commença à sentir des larmes couler de tes joues. Encore. Puis ton regard se rouvrit subitement.

(Lucas.)

Cette voix. Ce sérieux. Ce ton familier. Oui. C'était lui. Rien que lui. Il n'avait jamais parlé, mais tu avais l'impression que tu aurais pu le reconnaître entre mille. Il était ta moitié, ton tout, ton confident, ton ami, mais surtout … Ton starter.

(Piou a raison. Tu n'es plus le Lucas que j'ai pu connaître au fil du temps. Tu n'es plus rien en vérité, en cet instant, et tu le sais très bien. Piou est rude dans sa manière de penser, mais il sait parfaitement ce qu'il ressent à ton égard : de la confiance. Et je sais que tu le comprends : ce n'est pas tout le monde qui mérite la confiance de Piou. Ne la perds pas bêtement. Ne nous perds pas non plus, car nous restons là pour toi, même dans les pires moment. Car nous sommes tes Pokémon et tu es notre dresseur. Tu n'auras pas le droit de nous quitter avant que tu n'aies réalisé tes rêves. Nous ferons tout ce que nous pourrons pour t'en empêcher. Et puis … Je ne pense pas que ton père ait souhaité que tu ne réagisses ainsi ...)

Tu n'arrivais pas à lui répondre. Les pensées ne venaient pas. Tu ne faisais qu'appréhender ce qui t'était dit. Mais quand ton père fut mentionné, tu ne pus retenir un mouvement de tête dans la direction de Freed. C'était vrai. Bien trop vrai. En agissant ainsi, tu avais fait honte à la mémoire de ton père. Il n'aurait jamais accepté que tu en viennes à vouloir le rejoindre dans la mort. Et poussé dans ta propre bêtise, tu n'en avais pas eu conscience jusqu'alors. Mais maintenant, tu le comprenais si bien que d'un seul coup, tu avais jeté toutes tes pensées. Tu avais fait table rase. Et, armée d'une feuille blanche, tu fixais l'Ymphect d'un air intrigué, mais surtout surpris.

(Je suis heureux de voir que malgré tout, tu comprennes ce que nous te disons. En cela, tu restes ce Lucas que tu nous adorons tous ...) il coupa sa phrase pendant un court instant avant de reprendre. (Nous ne te demandons pas de te remettre immédiatement des événements. Même si aucun de nous ne le connaît personnellement, nous savons qu'il était bon. Et sa disparition nous bouleverse énormément. Non, nous ne te demandons une seule chose : de rester toi-même. De continuer à vivre et profiter de la vie comme tu le fais si bien, et de te remettre progressivement, tranquillement. Tu as suffisamment souffert, et les autres aussi. Laisse maintenant le temps se charger de recoller les morceaux tranquillement.)

Tu restais toujours sans voix. C'était bizarre de pouvoir sentir à travers ses mots tout ce que tu avais cherché à rejeter dans ta triste bêtise. La confiance. Le plaisir. La fraternité. L'amitié. Tant de bonheur que tu commençais à ressentir de nouveau, lentement, mais tout aussi sûrement.

(Je sais que tu es capable de surmonter cette épreuve. J'en ai la conviction. Et n'hésite pas à vouloir demander l'aide des autres. Tu n'en as peut-être plus conscience, mais ils sont le meilleur lien qui te retient encore en ce monde. Ne les néglige pas comme tu as failli le faire. Ne LA néglige pas non plus, tu le regretterais pour le restant de tes jours.)

Un gloussement. Freed avait forcé sur le LA, faisant mention de Mikato. Que voulait-il dire par là ? Quoiqu'il en était, il finit par couper la communication télépathique, et s'en retourna dans un coin, te fixant ensuite. Toi, tu restas allongé pendant quelques instants, pensif, puis te redressa, attrapant Queen au passage, que tu posas sur ton genou et caressa généreusement. Tu souriais.

Oui. Vous avez entièrement raison. Je dois redevenir celui que j'étais.

Tu semblais serein, très calme, comme lavé de tout sentiment. Mais à l'intérieur, tu bouillonnait de plus en plus. Ton esprit vacillant commençait à reprendre de sa robustesse, et tes pensées reconstruisaient de nouveau les cartes recollés de ton château fragile. Tu reprenais goût à la vie. Accordant une dernière caresse à Queen, tu la rappelas ensuite avec les autres et leur promis de profiter très vite d'une journée à leurs côtés. Tu leur devais bien cela. Mikato et ses Pokémon choisirent bien leur moment pour revenir subitement dans la pièce, légèrement attristé. Par logique, tu en déduis bien vite qu'elle leur avait tout raconté. Le Kirlia te fixait d'un air plus menaçant qu'auparavant, mais tu n'y fis pas attention. Tu n'y faisais plus attention. Tu étais concentré dans tes pensées.

Est-ce que ça va aller tout seul ? Tu peux rester ici autant de temps que tu le veux en tout cas.

Mikato venait littéralement de se jeter sans attendre dans tes bras. Tu ne savais même pas comment réagir. Ton regard surpris, tes bras tendus mais ouverts. Tu ne sus pas quoi répondre, sinon le silence. Heureusement, elle finit par abandonner son étreinte et avait posé cette question. Encore une fois, pas de réponse. Le choc était encore présent. Que faire ? Quoi dire ? Tu étais comme perdu. Mais tu te sentais bien. Tu te sentais enfin heureux que quelqu'un fasse un tel geste à ton égard. Tu voulais lui rendre la pareille, mais tu ne savais pas comment. Pris de court car elle sembla, à tes yeux, se retourner pour se diriger vers la cuisine, tu abandonnas en une demi-seconde ton lit pour sauter sur Mikato et l'élança plus fort et plus tendrement que tu ne l'eus jamais fait avec un élève. Tu enfouis ta tête dans ses cheveux, et du moins t'y essayas-tu, avant que le mot te vienne.

Merci. Merci pour tout.

Ta voix était calme et sereine, dénuée de toute animosité. Elle était même … Paisible. Tu avais rendu la pareille, mais pour toi, ce n'était qu'un tout petit rien, un remerciement quelconque. Mais tu l'avais fait, c'était déjà ça. Très vite d'ailleurs, tu abandonnas à ton tour le câlin, pris de gêne, et te dirigea vers la cuisine, te rappelant l'existence de cookies. Ces événements avaient fini par t'ouvrir l'appétit après tout.

[...]

Pendant ce temps, dans la chambre, Piou sembla attirer à lui le regard du Kirlia, auquel il lâcha visiblement quelques mots avant de se tourner vers Mikato, perdant subitement de son animosité pour retrouver un sérieux presque militaire. A cet instant, le type Psy établit entre les deux protagonistes, et Piou commença à parler.

(Lucas est un homme foncièrement bon vous savez. Il n'en a pas l'air, mais c'est sûrement l'une des personnes les plus gentils que je connaisse. Mais il est aussi très sensible. Trop justement. Je ne souhaite aucunement justifier ses actes, ils sont impardonnables et il le sait très bien, en revanche, je voudrais que vous sachiez que même s'il le montre très mal, il ne vous veut absolument aucun mal et qu'il vous apprécie même beaucoup. Si vous pensiez vraiment ce que vous lui avez dit tout à l'heure, alors je ne vous demanderai qu'une chose : si un jour Lucas revient vous voir, aidez-le. Il vous en sera extrêmement reconnaissant, je vous l'assure. Pardonnez-moi de avoir pris de votre temps, j'espère que je ne vous l'ai pas gâché ...)

Piou avait parlé en toute franchise, sans détour, et avec sa voix forte et dur. L'instant suivant, il avait coupé le lien et t'avait rejoint dans la cuisine, non sans offrir au passage un sourire du bec ainsi qu'une expression faciale amicale et d'un hochement de tête de remerciement, suivi de près par Freed. Il ne le disait pas vraiment, mais en agissant ainsi, il avait montré que si sa confiance n'était pas encore établi, il commençait à avoir de la sympathie pour cette Mikato. De la véritable sympathie ...

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MessageSujet: Re: Le temps qui s'arrête en cet instant où je meurs || feat. Mikato   Sam 9 Juil - 17:55

Après que tu te sois jeté dans ses bras il te semble que Lucas est un peu figé, tu te demandes si tu as bien fait, tu recommences à t'inquiéter pour lui, as-tu fais une erreur ? Malgré tout tu gardes le sourire, après tout tu t'attendais à ce qu'il ne réponde pas, tu voulais juste qu'il sache qu'il pouvait rester ici autant qu'il le voudrait pour se remettre. Lucas a l'air d'aller un peu mieux malgré son air figé, il a l'air... plus calme. Malheureusement tu constates que lui et ses pokémons n'ont pas touchés aux cookies, si ça continue Lucas va retomber dans les pommes et tu vas être bien embêtée, tu te diriges donc vers la cuisine le pas léger, tu n'as pas le temps de faire trois pas que soudain tu sens Lucas près de toi. Tu te laisses aller dans cet océan de flammes aussi belles que dangereuses, son souffle dans tes cheveux ton esprit est incapable de réfléchir et tu ne fais aucun mouvement, tu fermes les yeux essayant de calmer ton cœur tapant un peu trop fort.

« Merci. Merci pour tout. »

Tu rouvres tes yeux surprise par ses paroles, surprise et heureuse d'entendre ces mots avec la voix de celui que tu connais, il n'a plus cette voix éteinte qui t'avait effrayé, sa voix est douce et apaisante, plus que les mots c'est sa voix que tu entends. Et alors que ton esprit commence tout juste à se remettre Lucas se détache de toi et se dirige vers la cuisine, toi, tu profites encore un peu de la chaleur dans laquelle il t'a laissé avant de remarquer qu'un échange a lieu entre ton Kirlia et le Braségali de Lucas, un échange un peu tendu vu le regard de Kitsu.
Tu es étonnée de changement de comportement du Pokémon quand il se tourne vers toi, et puis tu sens une sorte de contact entre vous, ce n'est pas du tout la même sensation qu'avec Kitsu, tu passes de l'étonnement à la concentration face au sérieux du Braségali, il a l'air calme et juste, c'est lui qui a essayé de faire réagir Lucas tout à l'heure et qui l'a porté...

« (Lucas est un homme foncièrement bon vous savez. Il n'en a pas l'air, mais c'est sûrement l'une des personnes les plus gentils que je connaisse. Mais il est aussi très sensible. Trop justement. Je ne souhaite aucunement justifier ses actes, ils sont impardonnables et il le sait très bien, en revanche, je voudrais que vous sachiez que même s'il le montre très mal, il ne vous veut absolument aucun mal et qu'il vous apprécie même beaucoup. Si vous pensiez vraiment ce que vous lui avez dit tout à l'heure, alors je ne vous demanderai qu'une chose : si un jour Lucas revient vous voir, aidez-le. Il vous en sera extrêmement reconnaissant, je vous l'assure. Pardonnez-moi d'avoir pris de votre temps, j'espère que je ne vous l'ai pas gâché ...) »

Le vouvoiement t'interpelle un instant avant que tu ne te focalises sur ses mots, tu n'as pas le temps de lui répondre que votre communication est déjà coupée, tu lui souris mais restes bloquée sur place comme si alors que ton cerveau recommençait enfin à marcher c'était ton corps qui prenait le relais. Après quelques minutes cependant tu t’assois sur le lit soudain envahie par la fatigue de la journée, tu tires les draps du lit par réflexe mais tes pensées sont tournées vers les paroles du Braségali, tu te lèves et replaces une mèche derrière ton oreille puis murmures pour toi-même :

« Évidemment... évidemment que je l'aiderais. »

Ça sonne comme une évidence, tu ne sais pas exactement comment Lucas a réussit à revenir du gouffre dans lequel il était et même si tu ne penses pas que tu y sois pour beaucoup c'est sûr que si il te demande de l'aide, ou même si il n'en demande pas, tu l'aideras. Cette nouvelle conviction en tête tu te diriges avec toute ta petite troupe de Pokémons dans la cuisine et le sourire aux lèvres, un vrai sourire, pas celui qui est là juste pour rassurer ou pour masquer ta tristesse, tu souris et ça te fait du bien de sentir enfin, au bout de cette journée interminable, toute la pression accumulée partir peu à peu.

Tu attrapes un cookies et t'assois sur l'une des chaises de la pièce, alors que tes pokémons essaient d'avoir un cookies avant que Guture ne se jette dessus tu regardes Lucas de loin, il a l'air d'aller mieux c'est vrai, mais tu le sais ce genre de blessures ne partent pas si facilement ni si vite et il lui faudra du temps avant de pouvoir penser à son père sans aucune colère.

( Dis, tu penses qu'un jour tu vas pouvoir le lui dire ? )


Kitsu te tire de tes pensées, tu en as même sursauté, tu hausses les épaules ne sachant pas ce que ton Kirlia veut dire par là.

( Lui dire quoi Kitsu ? )

( Et bien ton passé, tes cauchemars... et puis le sentiment bizarre qui t'entoure quand tu es avec lui, si tu crois que je n'ai pas vu comme tu le regardais... )

Tu continues à observer sans rien laisser transparaître mais tu doutes, tu ne l'as dit à personne depuis ton arrivée ici et dans ton équipe seul ton starter et Kitsu qui essaie d'arrêter tes cauchemars le savent, ce n'est pas que tu veuilles le cacher mais étrangement tu n'as pas eu l'envie de le dire, ni l'occasion d'ailleurs... Un voile est apparu sur ton regard, tu n'observes plus, plongée dans tes pensées tu ne fais plus attention au monde autour de toi, est-ce que tu pourrais le lui dire ? Non. Ce n'est pas le moment, surtout pas maintenant, un jour peut-être que tu le lui diras, sûrement... mais pas maintenant.

( Kitsu tu vois bien que ce n'est pas le moment, il vient de perdre son père je ne vais pas lui rajouter une charge qui ne le concerne pas. )


( Mmh. Il ne s'est pas gêné lui pour te faire peser une charge qui ne te concernait pas... Et tes sentiments... ? )

Là tu rougis. Tu ne sais pas réellement ce que tu ressens pour Lucas, tu n'as jamais eu d'amis très proches alors tu te dis que ça doit être ça, mais quand tu le regardes tu ressens comme une sorte de gêne étrange et en même temps tu es comme attirée par lui. Si tu te laissais faire c'est sûr que ça finirait mal, parce que tu laisses tes émotions te guider et qu'à la fin tu finis toujours par attendre trop des personnes autour de toi, tu finis toujours par être déçue alors tu préfères rester la bonne amie, celle sur qui on peut compter.

( Je ne vois pas de quoi tu parles Kitsu... et puis tant que tu parles de sentiments justement ça avance comment avec Kabu ? )

( Tu sais très bien que ce n'est pas le sujet ! )

Le Kirlia a les sourcils froncés et ça te fait sourire, c'est vrai, ce n'est pas le sujet.

( Kitsu, je ne veux pas en parler d'accord ? )

( Et bien moi non plus ! )

C'est bien, tu as toujours fais comme ça, détourner la conversation des sujets douloureux et surtout ne jamais perdre le sourire. Si tu ne souris plus alors tu ne pourras plus sentir que le bonheur est juste à côté de toi, si tu ne souris plus tu ne verras plus sourire tes Pokémons et tu ne tiendras plus debout, tu t'écrouleras complètement et tu le sais très bien. Alors tu ris à sa mine boudeuse et lui aussi parce qu'un rire en amène un autre, Tim à côté de vous comprend très bien ce qu'il se passe, il a apprit à te connaître, c'est celui qui te connaît le mieux et pourtant il ne te connaît pas totalement... Tu sens la fatigue t'envahir, c'est vrai que depuis ce matin tu n'as pas arrêté de courir dans tous les sens et ce n'est pas tes nuits plus courtes les unes que les autres qui vont t'aider à te reposer, tu frottes tes yeux fatigués puis te diriges vers la chambre pour faire une sieste, tu as Tim et Kitsu avec toi ainsi que Candy, le Doudouvet reçu de Nox.

« Lucas je vais faire une sieste, tu pourras me réveiller pour que l'on prépare le repas ensemble ? »

Tu vas dans la chambre puis tu te rends compte de ce que tu viens de dire, Lucas n'a jamais dit qu'il resterait ici, tu ne le prends pas en otage en lui disant ça ? Tu hésites à retourner dans la cuisine puis tu hausses les épaule, après tout il te réveillera avant son départ si il veut partir. Candy tourne toujours autour de ta tête, il a tout le temps l'air de vouloir venir se réfugier dans tes cheveux c'est assez amusant d'habitude mais là tu n'y fais plus attention, ton corps n'en peut plus, tu sens tes jambes faibles et tu t'écroules presque sur ton lit. Sitôt après avoir touché les draps du lit tes yeux se ferment d'eux-mêmes et tu sombres dans un sommeil réparateur, Kitsu veille sur tes cauchemars, Candy te sert de doudou avec joie et Tim s'est couché tout contre toi. Tu vas enfin pouvoir dormir.

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Le temps qui s'arrête en cet instant où je meurs || feat. Mikato
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