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J'aurais voulu être ton frère | feat. Ginji
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MessageSujet: J'aurais voulu être ton frère | feat. Ginji   Mar 5 Juil - 11:32

Depuis l'appel de ta mère, tu t'étais considérablement renfermé sur toi-même. Avec ce qui s'était passé avec Mikato Suzoy, tu avais conservé un minimum d'esprit, et restait plutôt neutre dans tes agissements, mais malgré les quelques sourires que tu t'efforçais de faire devant les autres, l'on pouvait sentir la mélancolie te meurtrir toujours plus. Tes journées dans la hutte étaient très calmes et silencieuses. Pas un bruit, pas un mouvement. Tu ne quittais ton lit que pour aller trouver de quoi te rassasier pour la journée, avant de retourner t'allonger en silence, fixant alors le ciel à travers la fenêtre de fortune d'un regard livide et impassible. On aurait dit que tu observais cette partie de toi-même que tu avais perdu ce jour-là, en cet instant où ta mère t'avait appelé, crachant ses larmes tant et si bien qu'elle aurait fini par s'en étouffer. Un des piliers qui te tenait vivant était tombé, s'effondrant si violemment qu'il avait manqué de t'entraîner dans sa chute. Alors sans doute l'observais-tu avec une certaine colère, une certaine rage qu'il ait failli te détruire, qu'il t'ait poussé à la folie. Il te connaissait pourtant trop bien pour savoir comment tu réagirais. Il avait pris l'habitude, à force. Mais cela n'avait au final pas empêché qu'il ne parte. Ah, rage. Si tu pouvais, en cet instant, aller lui mettre un coup de poing en guise de vengeance, tu n'aurais pas hésité une seule seconde. Mais voilà. Tu ne pouvais pas. Tu ne pouvais que rester sur ton lit, à observer en silence ce ciel bleu azur qui t'aurait paru si magnifique dans d'autres circonstances. Journée pourrie. Vacances pourries. Vie pourrie. Toi qui avait paru si heureux le premier jour. Toi qui avait eu tant de projets en tête en voyant toutes les possibilités qu'offrait cette oasis. Toi qui avait grande hâte de pouvoir vivre de belles journées à se promener sur les lieux. Tu n'étais plus cette personne. Toi tu étais alité, toi qui était silencieux et pitoyable, toi qui ne faisait qu'observer les cieux. Tu ne valais plus rien.

Papa ... lâchais-tu par moments.

On aurait dit un vrai mort-vivant. Aucun intérêt. Pourtant, tes Pokémon finirent par sortirent de leurs Pokéball pour venir à toi. Enfin, juste Piou et Freed. Les deux médiateurs du groupe. Sans prévenir, ils t'extirpèrent de ton lit et t'emportèrent sans raison à l'extérieur, se dirigeant vers la forêt alentour sans dire mot de tout le trajet. Et toi, tu ne réagissais pas. Tu regardais seulement le décor changer chaque nouvelle seconde qui passait. En vérité, tu ne faisais même pas attention à ce détail. Tu étais comme perché, fixant ce point que personne d'autre que toi ne pouvait voir. Un petit point noir, situé au centre de ta vision, qui ne bougeait pas d'un pouce, peu importe où tu tournais le regard, et qui te semblait te fixer tout autant que toi, plus durement et plus intensément. Tu avais l'impression d'avoir ton père en face de toi, regardant le déchet que tu étais en train de devenir. Mais tu ne réagissais toujours pas. C'était comme si tu appréciais d'être un déchet. C'en était même à ce point où tu semblais penser comme un déchet, à ne vivre que pour n'être qu'un déchet. Tu ne pensais plus qu'à ça, et tu ne vis même pas le temps qui passait. Finalement, les deux Pokémon finirent par s'arrêter, et posèrent au sol, de façon à pouvoir tenir debout.

On est où ? demandas-tu instinctivement.

Tu semblais las, prêt à t'effondrer sur place. Mais tu restais là, planté comme un piquet, le regard perdu dans l'horizon. Un bruit de cascade au loin. Encore. Mais cette fois, il y avait des bruits de Pokémon pour le suivre. Des cris de tout genre, joyeux et vivants. Tu pouvais sentir leur bonheur d'ici. Et ça te faisait mal. Tu savais qu'ils n'étaient en rien responsables de tes malheurs et qu'ils n'avaient pas besoin d'être triste pour toi, mais tu ne pouvais t'empêcher de leur en vouloir, de les haïr pour jouir d'un tel bonheur. Pour peu que tu aurais gardé ton pessimiste de l'autre jour, tu aurais sauté sur le premier Pokémon qui passerait, fusse-t-il un Colossinge, et lui aurait arraché poil ou plumes avec une telle hargne qu'on t'aurait facilement apparenté à un monstre. Mais en ce jour-ci, tu semblais simplement irrité. Irrité d'être le seul dans ce lieu à supporter la perte de quelque chose. Et ça t'agaçait profondément. Tu bouchais donc tes oreilles et commença étrangement à marcher, quittant enfin le point noir angoissant pour le décor qui t'entourait. Il ne fallait plus penser à ses cris de bonheur.

C'est … beau. remarquas-tu.

En effet, l'endroit était magnifique. Une grotte qui plongeait dans une obscurité peu attirante mais qui, au loin laissait paraître des points de lumière multicolores de toute beauté, des cascades qui tombaient bruyamment dans des petits lacs calmes et peuplés de divers Pokémon eau, attirant du même coup les habitants de la forêt d'à côté pour s'abreuver en toute tranquillité, ne faisant même pas attention à ta présence, et enfin la dite forêt tropicale, aux arbres immenses et variés, dans un décor totalement verdoyant et abondant. On pouvait facilement s'y perdre. Mais au final, malgré la beauté de ce paysage, tu restais calme et silencieux, n'affichant ni joie, ni dégoût, ni même une quelconque émotion vis-à-vis de ces lieux. Tu t'étais posé sur un rocher plutôt massif, offrant une vue imprenable sur les lieux. Et tu restais là, à le fixer impassiblement, sans vraiment savoir pourquoi tu étais là. Mais au bout d'une vingtaine de minutes, les bruits des Pokémon sauvages s'estompèrent, ne laissant qu'au loin un faible bruit de cascade. A la place, des pas. Des pas s'approchaient de l'endroit où tu te trouvais. Un instant ignorant, tu ne pus te résoudre à ne pas y penser et te tourna vers leur origine. Toi qui était si impassible depuis tout à l'heure, ton visage fut subitement frappé de stupeur.

Gin … Ginji ?

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MessageSujet: Re: J'aurais voulu être ton frère | feat. Ginji   Mer 6 Juil - 14:32

Ginji Labelvi
Feat. Lucas Emerillon



« J'aurais voulu être ton frère »


« -... Amaaaa?
-Désolé, mais c'est un peu long, ce truc... Mais ça m'a l'air plutôt stable, là. Alors, voyons voir... 32°C ?!... Bon, ici aussi, c'est mort. On repart ! »

Smegta, Arlo, Meg et moi-même nous trouvons actuellement dans les alentours de la forêt de Touga, un vieux thermomètre dans ma main que je maintiens en l'air. Je m'apprête à reprendre ma marche, mais un nouveau cri de mon Amagara m'en abstient. Je me retourne, et remarque que les voiles du Pokémon fossile ont viré au bleu, signe d'une légère tristesse. De toute façon, rien qu'à voir l'expression de son visage, je me doute sans grande difficulté qu'il est quelque peu peiné... Je m'approche de lui et m'accroupis, en profitant pour remettre sa capeline, légèrement penchée sur le côté, comme il faut, et lui souris.

« -Qu'est-ce qui ne va pas ? La température est trop insupportable ? »

Arlo secoue la tête de droite à gauche. Les cristaux présents sur ses côtes émettent en permanence du froid, ce qui permet de diminuer la chaleur aux alentours du Pokémon. La capeline que j'ai faite fabriquer par Sirius, un Noctali fort sympathique et efficace, permet de conserver son petit corps à l'ombre, tandis que Smegta et Meg aident à maintenir une température plus basse que celle habituelle du désert et de ses alentours. Néanmoins, tout ceci demande pas mal d'effort à mes trois Pokémons, et la température devient alors tout juste supportable pour mon Amagara, jamais habitué à une telle chaleur. Pourquoi donc avoir choisi un désert aride comme destination estivale ?... Maintenant, je dois parcourir Touga en large et en travers, un ancien thermomètre au mercure en main, afin de délimiter quelles sont les zones à la température la moins élevée pour mon Pokémon. Et c'est justement ça qui semble gêner Arlo, qui pousse une légère complainte en m'indiquant la direction que j'allais prendre d'un mouvement de la tête.

« -Euh... Tu ne veux pas continuer ?  » je penche légèrement la tête sur le côté, perplexe « Tu as peur que ça soit inutile, ce qu'on fait ? »

Il hoche timidement la tête. Je n'ai pas le temps de répondre quoi que ce soit que Meg intervient, bondissant sur mes cuisses pour se mettre à hauteur des yeux d'Arlo, et lui lance quelques cris d'encouragement pour l'inciter à continuer. Je ne saurai dire qu'elle est le contenu exact des propos de ma Loupio, mais je suppose qu'elle le convainc que cela ne nous dérange pas de chercher une zone plus adéquate à l'épanouissement d'Arlo, ou quelque chose dans le style. Smegta se permet d'appuyer ses propos d'un petit cri approbatif, ce qui semble finir de persuader l'Amagara. Je me relève, laissant toutefois à Meg le temps de redescendre de mes jambes, et pose mes mains sur mes côtes d'un air satisfait.

« -Bien ! Nous pouvons nous remettre en route, dans ce cas. » je prends alors une expression plus sérieuse « Tu sais, si tu as de gros problèmes à cause de la température de Touga, je risque d'être contraint de t'envoyer dans une région plus froide pour l'été. Nous pourrons bien t'accompagner pour quelques jours, mais je n'ai malheureusement pas les moyens de nous payer à tous un séjour à tes côtés... Ça serait dommage de devoir passer des vacances éloignés les uns des autres, tu ne crois pas ? D'où l'importance de trouver un endroit frais ! Il doit forcément y en avoir plusieurs dans les parages ! »

La zone dans laquelle se trouve ma hutte, que je partage avec Aileen, Orren et Ruby, a l'avantage d'être près d'un lac qui donne un accès facile au rafraîchissement. Néanmoins, la température y reste élevée, et ça serait vraiment sympa de trouver un coin où il ne fait pas si chaud... La Forêt Tropicale remplit relativement bien ce rôle, grâce à son humidité et ses gigantesques zones d'ombre, mais je suis certain qu'il existe encore d'autres endroits !

Nous nous remettons donc en marche, motivés, à la recherche de notre Eldorado glacé. Ou du moins, frais. Parce que de la glace, au milieu d'une île désertique, ça me semble plutôt compromis. Remarquez, on a bien la Grotte Granite, sur Lansat, qui est gelée vingt quatre heures sur vingt quatre... Ça serait superbe, si on pouvait tomber sur quelque chose de similaire ! Genre un endroit au fond duquel reposerait Kyurem. Ça pourrait être pratique. Le machin se serait gelé lui-même à cause de son souffle, selon les légendes. Imaginez un peu la bête ! Bon, apparemment, elle s'amuserait aussi à manger des gens, mais... Un Pokémon ne peut pas être méchant au point de venir dévorer humains et Pokémons qu'il croise, non ? Je veux dire, même moi, qui suis un grand goinfre, je ne ferai jamais une chose pareille...

A force de réflexion insensée dans le style, et surtout à force d'errer sur Touga, nous finissons par atterrir aux abords de rochers assez banals à première vue. Ils sont gigantesques, et doivent offrir une magnifique vue à quiconque monterait tout en haut, mais là n'est pas ma première observation : une grande ouverture se trouve en dessous, et il semblerait qu'une grotte soit dissimulée par delà celle-ci.

« -Vous avez-vu ?... » hochement de tête de mes trois compagnons « Comme les rayons du soleil ne peuvent pas rentrer dans la grotte, il doit faire plutôt frais à l'intérieur ! Venez ! »

Sans plus atteindre, je me mets à courir en direction de l'entrée de la caverne, ayant pris Meg dans mes bras au préalable. Arrivés devant celle-ci, je ralentis, et marche simplement en observant les alentours. Il fait effectivement un peu plus frais que dehors, et la grotte semble plutôt normale aux premiers abords... A part peut-être ce bruit, qu'on entend, un peu plus loin... Une cascade ? Ce son n'échappe guère à Meg, qui s'excite déjà dans mes bras, et nous incite à aller un peu plus vite. Et dès lors que nous nous enfonçons un peu dans la grotte... Un magnifique spectacle s'offre à nous.

De la mousse parsème les parois de la grotte, et émet une étrange lumière qui éclaire les lieux sans aucun problème. Grâce aux quelques ouvertures présentes dans le plafond, de nombreuses autres plantes ont pu se développer ça et là, permettant une végétation pour le moins inédite dans ce lieux insolite. Et si ma première observation sur l'absence de soleil à l'intérieur s'avère fausse, il n'en reste pas moins que ceux-ci restent insuffisants pour provoquer de tels pics de chaleur comme il peut y en avoir partout ailleurs sur Touga. Cet endroit est juste... Magnifique.

« -... Alors, Arlo ? Déçu du voyage ? »

Le concerné secoue la tête de droite à gauche, puis pousse un cri joyeux, ses voiles virant soudainement au vert. Je dépose Meg au sol, qui observe les alentours avec curiosité, et ne tarde pas à remarquer la cascade présente non loin. Elle se dirige sans attendre vers celle-ci, et nous la suivons d'un pas plus tranquille. Néanmoins, en me rapprochant, je ne peux que remarquer la silhouette qui se dessine à quelques mètres de là, posée sur un rocher, et me tournant le dos. Silhouette qui ne tarde d'ailleurs pas à se retourner, et qui se fige en me voyant. Aussitôt, une voix s'élève, appelant mon nom avec une certaine stupeur. Il me faut quelques secondes pour réellement comprendre de qui il s'agit.

« -... Lucas ! »

Sans attendre, je me dirige vers le Noctali, et le rejoints sur son imposant trône avec un grand sourire sur les lèvres. Je n'ai pas trop de difficulté à le rejoindre en haut du rocher, et m'installe à côté de lui sans l'once d'un hésitation.

« -Je ne m'attendais pas à te voir ici ! Comment tu vas ? »

Je remarque aussitôt la présence de son Braségali, Piou, et de son Ymphect, donc je me souviens plus difficilement du surnom. Je ne suis même pas sûr de l'avoir déjà rencontré, en fait. Je les salue également, puis me tourne vers leur dresseur, attendant la réponse à ma question... Avant de me figer à mon tour. Mon sourire s'efface, et laisse place à une expression plus inquiète face à celle de Lucas.

« -... Quelque chose ne va pas ? »

@Eques sur Never-utopia.

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« Mais euh, ch'uis pas qu'un paysan môa d'abord, hein ! »

Merci Môman Callie!
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MessageSujet: Re: J'aurais voulu être ton frère | feat. Ginji   Dim 17 Juil - 7:14

... Lucas ?

L'intéressé n'avait pas manqué de répondre à ton appel presque au quart d'heure. C'était bien lui, ça. Son regard était maintenant tourné vers le coin, chargé d'une surprise qui se changea très vite en joie. Tu ne sentais en lui plus aucune colère envers toi. Ce jour-là, il t'avait véritablement pardonné. Tu le sentais en cet instant. Et c'était plus que bien. Au moins la journée ne tournerait pas au drame. Pas encore. Tu essayas d'afficher une mine souriante à l'intention du Voltali, pour ne pas l'inquiéter, mais ta tristesse dominait encore largement, et tandis qu'il venait vers toi, ton semblant de sourire s'effaça pour retrouver la mélancolie qui était tienne. Tu faisais le muet, le regard tourné vers l'horizon. Tu te demandais s'il t'observait, s'il était là, quelque part dans ce ciel magnifique, à espérer que tu te remettes de sa perte, que tu repartes du bon pied et que tu avances. Il était cet homme bon qui aurait été capable de faire cela si le paradis existait vraiment. Ce père aimant qui connaît mieux que personnes les tourments de sa famille et qui trouve toujours une solution convenable à chacun de leurs problèmes. Un vrai père. Soudain, les questions revinrent. Pourquoi était-il parti ? Pourquoi lui ? Pourquoi aussi tôt ? Pourquoi aussi durement ? Tant d'interrogations auxquels tu n'arrivais pas à mettre même le plus petit raisonnement logique qui soit. La seule réponse, pourtant, tu la connaissais parfaitement : c'était le destin. Le destin qui avait décidé qu'il disparaîtrait ce jour-là. Mais malgré ce qui s'était passé avec Mikato, tu n'arrivais vraiment pas à accepter complètement que c'était normal et que la vie devait reprendre son cours normal, qu'au moins il n'avait pas souffert et qu'il n'avait pas péri dans quelque circonstance plus tragique. Tu en serrais presque les dents, comme si tu rejetais même cette idée, cantonné au fait qu'il devait y avoir une explication rationnel, sinon scientifique à tout cela. Mais tu savais, tu savais … Et tu serrais, sans pour autant ouvrir la bouche, toujours plus tes dents.

Je ne m'attendais pas à te voir ici ! Comment tu vas ? lâcha Ginji, tout enthousiaste.

Sa voix candide et innocente t'extirpa de tes bien tristes pensées. Sans hésitation, il avait rejoint le haut du rocher et s'était posé à tes côtés, tournant ensuite le regard vers Piou et Freed, qu'il salua alors d'un mouvement de tête. Pendant les petites salutations, ton regard scruta ce qui se trouvait derrière lui. Un Amagara. Voilà qui n'était pas banale. Ginji avait donc eu le plaisir d'obtenir un fossile et même de le ramener à la vie. Quelle chance. Tu l'enviais presque. Mais cette envie s'effaça très vite, rappelée par la mélancolie. Encore. Tu enfouis légèrement ton visage, quittant l'horizon lointain pour le sol et la roche grisâtre et maussade … Que tu retrouvas bien vite, soutenu par une force inconnue à continuer à fixer cet horizon. C'est à cet instant que Ginji, armé d'un sourire se tourna enfin vers toi, arborant subitement un air inquiet, dénoué de joie.

... Quelque chose ne va pas ? avait-il demandé.

Tu n'avais pas répondu. Pas tout de suite en tout cas. Tu lui avais simplement adressé un regard quelque peu piteux, presque minable, avant de retrouver l'horizon. Que pouvais-tu lui répondre ? Cela se voyait malheureux à des kilomètres que quelque chose n'allait pas. Posture légèrement courbé, mine triste, regard perdu au loin. Tout était réuni pour exprimer ta tristesse. Lui répondre relevait donc simplement de la précision. Mais tu était bien trop occupé à te perdre dans tes pensées pour venir lui préciser ce qu'il voulait. Pourtant, tu cherchais quoi lui dire. Ginji était quelqu'un de très bien. Il n'y avait pas de raison de rester muet devant lui. Alors, tu cherchais, plusieurs fois en vain. Puis finalement, les mots te vinrent, instinctivement, poussés par ce désir de ne pas ignorer ton interlocuteur si avenant et perspicace.

Dis Ginji. commenças-tu, comme pour donner le ton. T'es-t-il déjà arrivé dans ta vie d'avoir souffert ? demandas-tu.

La question pouvait paraître fort étrange, et elle l'était totalement. Mais c'était là les seules paroles qui eurent le courage de sortir de ton esprit encore embrouillé. Et très vite, poussé par cet élan, les mots s'enchaînèrent.

D'avoir souffert de la perte d'un être cher, souffert pour une offense qui aurait pu t'avoir été fait. Simplement, souffrir. Intérieurement. Avoir cette impression d'avoir le cœur qui se serre si fort qu'on a l'impression qu'il va finir par imploser. Qu'on a tout perdu et qu'on est plus qu'une simple chose, une être vivant mais inexistant. As-tu déjà ressenti une telle chose ? lui dis-tu sur un ton presque sérieux, avant d'entamer sur la suite. Moi, oui. Depuis quelques jours. Il m'est arrivé tant de choses durs et horribles depuis mon arrivée à la Pokemon Community, mais celle-ci fut la pire de toute. J'ai eu comme cette sensation que le monde s'était effondré sous mes pieds quand je l'ai appris, vois-tu. Je n'étais plus rien, plus personne. Seulement une chose. lui racontas-tu.

Peut-être qu'il ne souhaitait pas le savoir, simplement inquiet de ton air triste. Mais maintenant que tu étais dans ta lancer, s'arrêter allait être difficile. Et les mots continuaient de s'enchaîner, comme poussé par une motivation inconnu qui t'obligeait à parler.

J'ai échappé au pire quand je l'ai appris. J'ai malheureusement la fâcheuse tendance à réagir trop facilement à ce qui m'entoure, et j'ai manqué de mettre fin à mes jours. J'ai aussi manqué de frapper une autre élève qui tentait simplement de me sauver de ma folie. Comme j'ai honte, maintenant, comme j'ai honte. Heureusement, elle m'a pardonné, mais maintenant, j'essaye de comprendre ce qui a pu m'amener à agir ainsi. Mais encore maintenant je reste sans réponses. tu toussotas, pris d'une légère quinte de toux. Dis, tu crois que tu pourrais m'aider ? J'ai besoin de savoir … Si l'on peut se remettre complètement de la perte de son père ... dévoilas-tu.

Et ton visage s'enfouit définitivement, du moins pour le moment, dans tes cheveux, observant de nouveau la roche grisâtre et maussade ...

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MessageSujet: Re: J'aurais voulu être ton frère | feat. Ginji   Ven 5 Aoû - 14:23

Ginji Labelvi
      Feat. Lucas Emerillon



« J'aurais voulu être ton frère »


L'atmosphère semble s'être alourdi d'un seul coup. La simple vue de l'expression dévastée de Lucas suffit à calmer tous mes élans d'enthousiasme. La tête qu'il fait est caractéristique des problèmes qui ne se résolvent pas en faisant une tape amicale sur l'épaule accompagnée d'un grand sourire, après avoir remonté le moral de son acolyte avec quelques paroles optimistes. Non, là, il se passe un truc vraiment sérieux. Trop sérieux. Extrêmement sérieux. Typiquement le genre de situation où je fais tâche, en général.

Mais je m'en moque, de faire tâche. Ce que je vois actuellement, c'est un camarade en très mauvais état, et je crois bien que lui aussi, il s'en moque. Il a des préoccupations toutes autres. Préoccupations qui le poussent en un profond désespoir, au point de devoir s'enfoncer dans cette grotte pour s'isoler du reste du monde. Du moins, je suppose ?

A ce moment là, une question me vient à l'esprit : je reste ou je pars ?

Attention, je ne me demande pas là si je dois aider Lucas ou non. Bien sûr que oui, je dois l'aider, il est tout simplement hors de question que je fasse mine de l'ignorer. Mais l'assistance est à nuancer : si certains ont besoin de soutien pour remonter la pente, d'autres doivent chercher la paix dans  l'introspection. Et pour cela, rien ne vaut la méditation, à peser le pour, le contre, et le pourquoi du comment. Seul.

Et je sais de quoi je parle.

Pourtant, lorsque Lucas prend la parole, je comprends tout de suite que la deuxième option n'est pas envisageable. Pas tout de suite, du moins. Il a besoin de se confier. De vider son sac, peut-être. De recevoir des conseils, ou quelque chose dans le style : dans tous les cas, c'est ma présence, qu'il cherche, dans l'immédiat. Il veut parler à quelqu'un. Il en a besoin. S'il ne désirait pas tant ouvrir le dialogue, jamais il n'aurait commencé avec une question si ouverte. Si j'ai déjà souffert ?

Je fronce les sourcils. Je trouve cette interrogation vraiment étrange. Pas dans son essence même, mais parce qu'elle m'est posée par Lucas. Il est peut-être le mieux placé pour savoir si j'ai déjà souffert. Le Cirque des Boulons. Les agressions répétées de la Team Rouage. L'enlèvement. Tous ces événements, il sait très bien que j'y ai pris part, puisque nous étions tous deux présents, et à chaque fois, nos actions ont influencé, de manière direct ou non, la vie de l'autre. Et je pense qu'il est plus qu'évident que toutes les personnes ayant été prises dans l'engrenage de la Team Rouage ont souffert, d'une manière ou d'une autre. Alors pourquoi une telle question ?

Je n'ai pas le temps de plus y réfléchir, puisque la langue de Lucas se délie peu à peu. Les mots commencent à sortir de sa bouche, et s'enchaînent, profitant que les vannes soient ouvertes pour se déverser en un flot continu.

Je ne comprends pas trop où il veut en venir. Tout ce qu'il me décrit... Me paraît à la fois familier et délié. Sans concordance aucune. Je ne sais pas vraiment si toutes ces émotions peuvent être ressenties en même temps, mais en tout cas, je les ai déjà ressenti. Je crois. Peut-être. Mais à quelle intensité ? Car là sera toute la différence avec ce qui suivra, au final.

Il m'explique que les événements se sont enchaînés, depuis quelques jours. Qu'il a failli craquer, et voulu passer l'arme à gauche. Que ses actions ont failli -une nouvelle fois- impacté la vie d'une autre élève, qui voulait simplement l'aider. Qu'il a honte. Qu'il a besoin de mon aide.

Que son père est mort.

Je détourne le regard à l'entente de sa dernière phrase, fixant le vide. Un décès. Proche, qui plus est.

Je baisse légèrement la tête, pensif. Je n'ai jamais eu l'occasion de côtoyer la mort de près. 'Fin, si, j'y ai bien réchappé à plusieurs reprises, mais je veux dire... Jamais je n'ai vraiment pu faire face à la fragilité de la vie.

Si je peux l'aider ? Je ne sais pas trop. Je n'ai jamais géré une telle situation. Mais il doit bien y avoir quelque chose que je puisse faire... Dire que je pourrai lui remonter le moral serait bien trop prétentieux de ma part, personne n'est capable d'une telle chose alors que la douleur est si vive. Non, je crois que tout ce que je peux faire... C'est seulement lui répondre. Lui répondre franchement.

« -... »

Je reste silencieux quelques secondes. Sans préavis, je bondis du rocher pour atterrir sur le sol, et fais quelques pas en direction de la cascade. Je ne m'éloigne cependant pas de Lucas, et reste à portée de voix, de sorte que je puisse lui parler sans avoir à hausser le ton.

« -... Je ne sais pas. Oui, je crois. Il y a bien des gens qui ont dû faire avec.  »

Je m'arrête. C'est une réponse extrêmement maigre, je le sais, mais je commence tout juste à parler. Il faut seulement que je cherche mes mots, avant de continuer. Je connais Lucas. Il est du genre instable. Lui même le sait. Il peut sur-réagir très facilement. Et dans un tel état... Qui sait ce qui pourrait lui passer par la tête si je ne trouve pas les bonnes paroles.

Je me baisse, et ramasse une caillasse qui se trouve au sol. Je la fais rebondir dans ma main, tout en reprenant la parole.

« -Oui, j'ai déjà souffert. Pas mal, je pense. Plus que quiconque, ça m'étonnerait, mais.... Tout autant que la plupart des membres de cette académie, je suppose.  »

Ma main se referme sur le cailloux, et je serre légèrement les dents.

« -Mon corps a été malmené, frappé, tabassé, charcuté, carbonisé. Mon esprit a été torturé, contrôlé, trahi, peiné et terrifié. De manière parfois justifiée, parfois non, et avec, à chaque fois, plus ou moins de cicatrices, ou de marques.  »

Mécaniquement, ma main de droite, qui ne tient pas le cailloux, passe dans mon dos. Ma peau est parfaitement intacte, et je n'ai pas l'ombre d'une trace de souffrance sur mon corps. Pour ma part, la plupart de mes traumatismes restent d'ordre psychologique. Et ce même si, quelques années auparavant, des bleus auraient parsemé ma peau en grand nombre.

Ma main revient en position, le bras le long de mon corps, tandis que je me tourne vers Lucas, le cailloux toujours dans ma main gauche.

« -Dans tous les cas, il faut se rattacher à ce en quoi on croit. A nos rêves. Et... »

Je lance un regard en direction de mes Pokémons. Meg et Arlo sont tous les deux dans l'eau, et Smegta s'amuse à leur lancer des boules de glace que les deux autre créatures doivent éviter. Leur expression joyeuse est en totale contradiction avec la notre. J'ai un doux sourire sur le visage.

« -... A ceux que l'on aime, et qui nous sont chers. Il faut trouver la force de se battre pour eux. Car ils sont ce pourquoi la vie mérite d'être vécue.  » mon expression s'assombrit « Même si on peut en souffrir. Même si les routes se croisent et se séparent, même si nous ne sommes jamais à l'abri d'une trahison, même si... Ces liens peuvent... Nous blesser...  »

Je me mords la lèvre inférieure. Yamato. Samaël. Kaleb. Allen. Estelle. Ellie... J'ai l'impression que ma vie est faite de rencontre et d'adieu. Pour un nouveau camarade, un autre disparaît. C'est assez... Terrifiant. Mais je n'ai pas envie d'y penser. Pas maintenant. Ce n'est pas le moment.

Je secoue la tête de droite à gauche pour chasser ces quelques pensées de mon esprit, et me tourne à nouveau vers Lucas.

« -...A force de broyer du noir et de te faire de la matière grise, la vie sera loin d'être rose. Avoir une peur bleue, être vert de jalousie ou voir rouge sont des choses qui peuvent arriver à n'importe qui. Mais laisse-toi déborder par tes sentiments...   »

Je fais volte-face, et jette la pierre dans l'eau. Au moment de toucher la surface, quelques cercles se créent, mais aussitôt après, le cailloux entame sa chute... Et coule. Irrémédiablement.

« -... Et tu en verras de toutes les couleurs. »

Une nouvelle fois, je pivote sur moi-même, pour faire face à Lucas. Mes yeux fixent le sol quelques secondes, mais je finis par relever la tête, pour le regarder droit dans les yeux.

« -Ce que je veux te dire, c'est que... Nous souffrons tous. D'une différente intensité. Mais dépendamment de cette dernière... Il faut savoir faire face. Aller de l'avant, sans pour autant refouler son passé, accepter la douleur pour en tirer de meilleures leçons, se remettre en question afin de trouver ce qui nous fait défaut, et s'assurer ainsi un avenir meilleur.  »

Je me rapproche de lui, et retourne à ma place sur le rocher. Je remarque, en montant, qu'il y a une marque rouge dans ma main gauche. J'ai peut-être serré le cailloux un peu trop fort.

« -N'oublie pas ton père. Son absence va sûrement te faire souffrir, peut-être même que la blessure ne disparaîtra jamais... Mais pense à lui pour mieux vivre. Je ne sais pas quelle était exactement votre relation, mais... Au risque de paraître extrêmement cliché... Je suis sûr qu'il aurait voulu te voir aller de l'avant.  »

Je lui souris.

« -Et je suis sûr que tu as suffisamment de force pour ça.   »

@Eques sur Never-utopia.

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« Mais euh, ch'uis pas qu'un paysan môa d'abord, hein ! »

Merci Môman Callie!
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J'aurais voulu être ton frère | feat. Ginji
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