Une rencontre électrique | Feat Andrew Stansfield |
Matsuo Kyokai
Matsuo Kyokai
Région d'origine : Johto
Âge : 17
Niveau : 21
Jetons : 301
Points d'Expériences : 415
Todresseur Ranger
Sujet: Une rencontre électrique | Feat Andrew Stansfield |   Mer 20 Juil - 23:15

UNE RENCONTRE ELECTRIQUE
ANDREW STANFIELD, MATSUO KYOKAI


Dire que j'avais du mal à me lever et être opérationnel le matin était un pléonasme, et ce matin là n'échappa pas à la règle.
Contrairement à moi, Goupix était du genre à se réveiller très tôt et à attendre que je sorte, difficilement, de mon sommeil. Souvent, il me regardait dormir depuis le rebord de la fenêtre à proximité de mon lit, ou alors il s'installait à mes pieds en boule.
Ce matin là, il s'était installé plus haut et je sentais sa chaleur irradier à côté de ma hanche.
Le fait que je bougeais un peu, tout en ouvrant les yeux, le fit se relever et pousser un petit glapissement joyeux pour me saluer.
Trop endormi, je ne répondis que par un grognement à son salut et sortis difficilement de mon lit.
Je passai une main dans mes cheveux, encore plus ébouriffé qu'habituellement, et vérifiai par réflexe si j'étais dans une tenue décente pour aller me mêler à mes camarades du camp de vacances.
La plupart de ces derniers ont rapidement compris que me parler à cet instant de ma journée n'aurait que pour résultat qu'un grognement de ma part et un total désintérêt, et ils ne cherchaient plus à m'approcher. Autant dire que ça m'arrangeai bien, tout particulièrement ce matin là où je m'étais levé de particulièrement mauvais poil.
J'avalai la nourriture sans trop faire attention à ce que je mettais dans ma bouche. Je devinai tout de même que c'était du café que j'avais dans mon bol et cela me permis de me réveiller un peu plus, bien que ma mauvaise humeur ne partait pas.

J'avais donc pris mon petit déjeuner dans le brouillard le plus complet, et une fois cela fait, j'étais parti prendre une douche interminable.
J'essayais de me sortir de mon sommeil en laissant l'eau chaude me tomber sur mon dos. Pourquoi étais si en colère ? Je ne m'étais pas couché dans cet état là pourtant. Et même si je pouvais concevoir que je n'étais pas toujours à prendre avec des pincettes, ce réalisme sur mon caractère au réveil était conséquence des nombreuses remarques que ma mère, Ruri ou parfois même Taro me faisaient depuis des années.
Repenser à ma famille me renfrogna un peu plus. Ils me manquaient, même si je ne l'aurais pas admis. Bien que je me plaisais à Touga, et que j'étais très heureux d'avoir pu obtenir Goupix, au fond, la maison me manquait.
Rien qu'en fermant les yeux, je pouvais imaginer les bruits dans la cuisine, où maman nous préparait le déjeuner, très souvent en compagnie de Ruri depuis notre emménagement sur Doublonville, pendant que Sakurato serait en train de se plaindre qu'il ne trouve pas son tee-shirt ou n'importe quelle chose lui appartenant.
J'entendis des rires dans la cabine de douche à côté de moi, et cela me fis reprendre pied dans la réalité. Je retins le grondement qui monta et abrégeai ma douche.
Quand j'en sortis, une serviette autour de la taille et une sur mes cheveux, j'étais suffisamment réveillé pour voir l'air un peu moqueur de mon pokemon. Il avait du sentir que je n'étais pas dans mon état habituel. Je lui jetais un regard dédaigneux tout en me séchant  vaguement les cheveux.
Nous nous observèrent quelques instants et il pencha la tête sur le côté d'une façon trop adorable qui fit tomber un peu ma colère.
Je poussai un soupir et finit par lui dire :

- C'est bon t'as gagné, je sais que je ne devrai pas être en colère, mais je n'y peux rien c'est plus fort que moi.

- Piiix... répondit mon compagnon semblant se moquer de ma colère et de mon comportement matinal.

- Ça va, va falloir t'y faire, je suis pas du matin, grognai-je à son attention et je sentis l'amusement de mon pokemon grandir.

Tout en essayant de faire abstraction du regard franchement moqueur de mon compagnon, j'enfilai rapidement un débardeur bleu et un short en toile légère militaire. Je comptais aller crapahuter du côté des grottes, et il fallait que je sois à l'aise.
Je passais quelques secondes à m'observer dans une des glaces disponibles avant de quitter définitivement les douches communes sans même tenter de me coiffer. J'évitai un gamin qui passait justement à côté de moi et qui faillit me rentrer dedans.

- Tu pourrais faire attention, je lui lance.

Je dus être un peu trop froid car je vis le sourire du gamin se faner, pour se transformer en un mélange entre la peur et la honte. J'allais m'excuser, regrettant de ne pas avoir assez preuve de subtilité et de bonne humeur, mais je décidai que non, ça lui apprendrait à regarder où il allait et puis entretenir le doute sur ma véritable personnalité me fis sourire. Mon premier sourire de la journée était pour une raison sadique, ça promettait de ne pas s'arranger si je commençai la journée de cette façon.
Retournant à mes sombres pensées, une autre raison montra le bout de son nez. Je n'avais pas à être toujours gentil et agréable à vivre, et je n'avais pas envie de passer pour une bonne poire. Il valait mieux que je montre à tous que je n'avais pas toujours l'air d'être un bienheureux naïf et pacifiste, car je n'étais absolument pas comme ça.
Avoir trouvé une bonne raison d'entretenir ma mauvaise humeur, je ne m'attardai pas plus longtemps et pris le chemin du village.
Je marchai un moment, sans faire attention où j'allai, suivi par Goupix, étonnement calme et docile.
Au détour d'une rue déserte, je vis un garçon en train de dorloter son pokemon.
Encore un pokemon que je ne connaissais pas d'ailleurs.
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Sujet: Re: Une rencontre électrique | Feat Andrew Stansfield |   Jeu 21 Juil - 14:15

Une rencontre électrique
Andrew Stansfield / Matsuo Kyokai


La lettre à la main, mes souvenirs renaissaient en moi comme de vieux fantômes. L'écriture élégante de ma mère, gouttes de poison sur le papier, dansaient dans mon esprit, envoûtantes et meurtrières. "Donne nous de tes nouvelles, Andrew": c'est la première fois, ma petite maman, que tu me fais cette requête. Quelle mouche t'a piqué? Père est-il seulement au courant que je suis au cœur de ce désert aride? Mais non, maman chérie, son cœur est lui aussi un désert aride. Vous étiez toute mon enfance un mirage de désert, vos paroles, du sable brûlant dans la bouche. Maman adorée, m'entends-tu? Tu faisais toujours la sourde oreille lorsque je voulais rester avec toi, dans la fugacité de l'instant, je ne me rappelle même plus ta voix. Elle s'est effacée de mes souvenirs, cette voix; je l'ai envoyé valser dans les casiers de ma mémoire. Le poison de tes paroles me remplit d'amertume.

Une pluie de morceaux de papier coula dans mes cheveux, sur mes vêtements, sur le banc, enfin. Je venais de mettre en pièces ta lettre mensongère, maman. Je venais de déchirer ton souvenir une seconde fois. Iris, pourquoi me regarde-tu comme ça? C'était un massacre nécessaire à la tranquillité de ma conscience. Quoi que je fasse, Illumis me collait à la peau. J'aurais voulu abîmer mon regard dans ce soleil furieux, y brûler mes prunelles pour ne plus voir cette ville enfiévrée de lumière, pour ne plus voir son visage angélique et froid.

- Drew... Toutes les montagnes sont condamnées à redevenir grain de poussière un jour: de même, ton passé s'émiette entre tes doigts. Drew, tu es comme le vent, sans maîtres, sans principes, toujours versatile; du calme à la colère terrible, tes états d'âmes sont plus violents que des tempêtes. Drew, tu es sauvage, tu es libre, tu ne compte sur personne. Drew, tes démons s'effacent quand tu te déchaines. Ne brûle pas tes yeux Drew, pose les acérés sur ce monde, et ris-en.

- Iris, tu te trompes. Je compte sur quelqu'un désormais. Je compte sur toi.


Nous n'avions pas besoin de parler pour nous comprendre. Elle lisait en moi comme dans un livre ouvert, et moi, j'entendais sa voix me bercer dans les turpitudes du jour. Un lien indéfectible se laçait entre nous, mêlant nos cœurs et nos pensées secrètes.
Je posais ma main sur sa tête pâle, doucement, je caressais cette tête aimée, gamin perdu, gamin terrible, fasciné par la beauté de ses deux yeux d'or et de flammes. Elle brûle d'un feu intérieur, elle se consume. Un jour, elle atteindra le ciel, elle dévorera sa carapace de nuages, et, libéré de sa prison, sa lumière inondera enfin mon cœur noirci d'amertume. Mon Iris... je faisais pattes de velours devant elle.

Une désagréable impression me saisit à la gorge. Nous n'étions pas seuls. Quelqu'un, depuis déjà quelques temps, nous observait au tournant de la ruelle. Ça me rend dingue ça, vous cherchez un endroit tranquille, à l'abri des regards, et il y a toujours un regard intrusif pour vous fixer. J'étais dans une situation délicate: accroupi, un sourire vague collé aux lèvres, chouchoutant Iris d'un air rêveur, je n'étais pas en position de force. Il fallait attendre, avec un peu de chance le gêneur partirait de son propre chef. Passent les secondes, et le regard est toujours collé sur nos silhouettes. Ma patience a des limites. Je me retourne lentement, et me trouve face à un garçon à la chevelure hirsute, flanqué d'un Goupix magnifique. D'un air absent, il observe la carapace bleutée d'Iris. Un nouvel élève alors. Très bien. Si tu crois que me déranger impunément n'a pas de conséquences... Tu vas être surpris.

Je me relève avec souplesse, les pieds en appui dans le sable et les mains dans les poches, puis je le toise du regard. Un éclat de mépris luisant dans les prunelles, froides comme de l'acier, je profère d'une voix tranchante:

- C'est amusant de fixer les gens? Soyons deux dans ce cas.

Je ne céderais pas à ton regard, mon grand.

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Sujet: Re: Une rencontre électrique | Feat Andrew Stansfield |   Ven 29 Juil - 19:25


UNE RENCONTRE ELECTRIQUE
ANDREW STANFIELD, MATSUO KYOKAI



Son pokemon était vraiment étrange. Je n'avais jamais vu un pokemon avec une couleur aussi... Aussi bleu ciel, mais ça avait son charme. Je l'observai quelques instants, m'imprégnant de l'originalité de ce curieux pokemon. J'aurai été dans mon état normal, j'en aurais certainement profité pour faire un croquis rapide.
Le dresseur se rendit compte que je l'observai, et je vis son regard se fermer et son attitude se transformer, je n'avais pourtant rien dit encore, même si j'aurai pu lui lancer un commentaire désobligeant sur sa présence au milieu de la rue, pas terrible s'il voulait être tranquille.
Surtout quand on savait qu'à Touga, il y avait quantité d'endroits bien plus tranquilles et plus beaux.
J'en profitai pour le détailler un peu. Il avait des cheveux assez atypiques, presque autant en bataille que les miens, mais ils partaient dans tout les sens de façon réfléchie. Il était plutôt bien fait de lui même et devait sûrement avoir la côte chez nos camarades féminines.
Et puis c'était quoi cette tenue tirée à quatre épingle ? On était en vacances, pas besoin de faire autant attention.
En même temps, il n'était pas difficile de voir que nous venions pas du même milieu. Il était sûrement de la Haute, alors que je n'étais qu'un gamin d'une famille modeste. Je ne supportais ce genre de mec, persuadé d'être mieux que les autres parce qu'ils avaient un grand nom.
Il m'avais été donné d'en côtoyer un ou deux et a chaque fois j'avais fini par me battre avec eux.
C'était toujours la même chose avec ces gars. Une fois passé la couche d'aristo, il n'y avait qu'une coquille vide sans intérêt.

- C'est amusant de fixer les gens? Soyons deux dans ce cas.

Il a dit sa tirade d'une voix très cassante et cela remotiva ma colère.

- Mais je t'en pris, fais toi plaisir. Moi j'ai autre chose à faire que m'occuper des états d'âmes d'un petit aristo.

Non mais c'est vrai quoi ! J'étais tranquille en train de ruminer dans mon coin et voilà que je me faisais emmerder. Je passai ma main dans mes cheveux et réfléchis quelques instants. Il ne fallu que quelques secondes pour réaliser que s'embrouiller était un bon moyen de faire passer ma colère.

- Et si tu n'aimes pas que les gens te fixent, ne te mets pas en évidence, crétin.

Le crétin était sorti tout seul et j'attendais à présent ce qu'il avait à me répondre, car pourri quelqu'un sans répartie, ce n'était pas drôle et j'avais encore besoin de me défouler si je voulais calmer la hargne qui m'habitait depuis mon réveil.

HRP:
 
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Sujet: Re: Une rencontre électrique | Feat Andrew Stansfield |   Lun 1 Aoû - 20:54

Une rencontre électrique
Andrew Stansfield / Matsuo Kyokai

- Mais je t'en prie, fais-toi plaisir. Moi j'ai autre chose à faire que m'occuper des états d'âmes d'un petit aristo. Et si tu n'aimes pas que les gens te fixent, ne te mets pas en évidence, crétin.

Et c’est là que le bât blesse… Touché, mon grand, et tout en finesse en plus. Un aristo, et un crétin… c’est moi, mais oui c’est moi évidemment… ça se sent dès qu’on me voit, ça a cette odeur pourrie qui me colle à la peau… une odeur putride, un miasme d’Illumis, des relents de quartiers embourgeoisés remplis d’hommes pourris jusqu’à la moelle, de grosses affaires, de gros sous, et dans mes yeux, cette fierté, cette arrogance qu’ils portent tous en se pavanant dans leurs costumes hors de prix, avec leurs femmes fardées et empaquetées dans des robes fourreaux, la carte bancaire brandie comme une arme aux yeux de ce qu’ils voient comme la lie de la société… Et toi, tu m’exècre comme tu les exècre eux… Car tu vois en moi tout ce que tu déteste.

Papa et Maman payent tout à leur fiston, qu’ils vénèrent comme une idole sacrée. Fiston grandit choyé, les caprices épongés à coup de chèque, et devient un parfait petit enfant roi. Mais fiston ne se contente pas seulement de satisfaire ses envies primaires de possession, non, fiston va toujours plus loin… Il voudrait qu’en claquant des doigts, les êtres qui lui sont inférieurs sur l’échelle sociale plient l’échine… Car fiston est très fier du beau nom que lui a donné papa, un nom rutilant, même avec des armoiries ! Alors… il doit bien les dominer ? J’imagine que c’est trop difficile pour toi de croire que fiston en a peut-être rien à foutre de l’argent, qu’il hait ses parents, surtout son père, un égoïste, un… Non ! Bien sûr que non, il est heureux celui-là,  on lui sert tout sur un plateau d’argent ! Ça ne souffre pas un aristo’, comment cela pourrait souffrir quand tout lui est permis ! L’argent, l’argent, l’argent… Rien à foutre de l’argent ! Mes parents ont depuis longtemps été rongés par ce ver, ils sont corrompus de l’intérieur, comme un fruit pourri… De la pourriture, j’en ai côtoyé toute mon enfance… Et son odeur m’imprègne encore, lourde et entêtante.

Est-ce mon look que tu juges pincé, ou ce sourire narquois qui ne me quitte plus ? Tu sais d’où je viens, et ça me fait doucement sourire… Tu craches ton poison, comme je t’ai craché le mien. Et je sens la colère monter comme un feu dans ma gorge ; elle pousse, inexorablement, elle coure sur mon palais car elle veut se déchaîner : elle aimerait te retourner tes préjugés à la con, te dire qu’elle pourrait très bien voir en toi un gamin envieux d’une richesse illusoire, alors qu’il est aimé, qu’il sait ce que ça fait d’être attendu le soir à la maison, de ne pas les voir fuir une fois passé la porte d’entrée…  Mais de tout ça, tu ne sais rien. Tu ne me connais pas, et je ne te connais pas non plus. Et crois moi, te connaître est la dernière chose qui m'intéresse maintenant. Et tu sais quoi, mes états d'âme, ils te crachent au visage.

Ils disent que l'argent n'a pas d'odeur... Un beau mensonge, si tu veux mon avis; toi aussi tu l'as capté, et tu me le jettes en pleine figure. A moi de te balancer tes quatre vérités, mon grand. Car cette histoire de passage et de rues n'est rien d'autre qu'une étincelle embrasant la poudre, je ne me leurre pas. Cette petite flamme, je la laisse prendre vie.

- Mais oui tu as tout compris... Le fric rend les gens méchants, c'est bien connu. Tous des petits cons ces gosses de riche. J'imagine que tu vaux mieux, que tes problèmes de cœur sont autrement plus profonds que les miens, hum? J'aurais au moins le mérite d'avoir attiré l'attention d'une personne de ta qualité...

Mes lèvres s'étirent en un sourire narquois, un air condescendant posé sur cette silhouette de mauvaise augure. Mon mépris et ma haine, je te les laisse, toi qui croit que la vie n'est qu'en noir et blanc, alors que devant moi se déploie une infinités de gris.

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Sujet: Re: Une rencontre électrique | Feat Andrew Stansfield |   Mar 6 Sep - 21:27






Une rencontre électrique

ANDREW STANFIELD, MATSUO KYOKAI




- C'est amusant de fixer les gens? Soyons deux dans ce cas.

Il dit sa tirade d'une voix très cassante et cela remotiva ma colère. Il avait un talent horripilant pour être désagréable et je fus surpris de ressentir aussi rapidement la colère qu'il faisait ressortir en moi.
Nous nous affrontâmes du regard de longues secondes. Et ce que je vis dans ses yeux me fis un peu revoir mes jugements sur lui. Il n'était pas comme les autres fils de bourges. Il semblait se cacher derrière un masque, masque de la bourgeoisie. Mais c'était plus fort que moi, il fallait que je lui cherche des poux.

- Mais je t'en pris, fais toi plaisir. Moi j'ai autre chose à faire que m'occuper des états d'âmes d'un petit aristo.

Non mais c'est vrai quoi ! J'étais tranquillement en train de ruminer dans mon coin et voilà que je me faisais emmerder. Je réfléchis quelques instants et je réalisai que s'embrouiller était un bon moyen de faire passer ma colère.

- Et si tu n'aimes pas que les gens te fixent, ne te mets pas en évidence, crétin.

Le crétin était sorti tout seul et j'étais resté poli.

- Mais oui tu as tout compris... Le fric rend les gens méchants, c'est bien connu. Tous des petits cons ces gosses de riche. J'imagine que tu vaux mieux, que tes problèmes de cœur sont autrement plus profonds que les miens, hum? J'aurais au moins le mérite d'avoir attiré l'attention d'une personne de ta qualité... 

Sa remarque sur l'argent souffla un peu ma colère. Je n'avais jamais dit que l'argent rendait les gens méchants ! Quoi que, je n'avais pas forcément fait dans la finesse, mais c'est leur comportement qui me hérissait les poils. Et il aurait pu être le dernier des clochards, ce type était pire que le gars le plus aristo.

- De ma qualité ? Je ne crois pas avoir dis que j'étais mieux que toi !

C'était toujours pareil quand j'étais en colère, incapable de faire preuve de répartie correcte. J'étais plus doué pour faire parler mes poings. Et à l'instant, l'idée me semblait alléchante. Pourtant, une sonnette sonna dans mon esprit. J'avais promis, pas de bagarre.
J'essayais de reprendre mon calme, respirant profondément, les yeux fermés. Je n'avais plus autant envie de le cogner, mais ça ne résolvait pas mon problème de colère pour autant. D'un mouvement brusque, je m'ébouriffais avec hargne les cheveux tout en hurlant :

- Mais bordel yen a marre à la fin !

Je sentis Pix se frotter contre ma jambe, et cela enclencha la redescente de la colère, et je me forçai à me concentrer sur lui. Une fois un peu calmé, je rouvris mes paupières et du ton le plus neutre que je pus faire je lui lançais :

- Écoutes, là j'ai pas envie de discuter avec toi. Alors tu m'excuseras.

Et je le plantais là, tant pis si je passais pour un taré.
Je me répétais de ne pas faire demi tour et aller m'expliquer avec lui. J'avais promis à maman de ne pas me battre, mais la tentation était grande. Les pulsions violentes avaient toujours été les plus compliqué à gérer pour moi. Mon prof de primaire disait que j'étais un gentil garçon, mais que je devais apprendre à canaliser mes colères.
Bon, il y avait du mieux par rapport à mon enfance. A partir du moment où Taro a commencé à me suivre, j'ai arrêté. Il m'est arrivé de devoir me défendre, mais je ne frappai plus le premier.
Pourtant ce gars j'avais vraiment eu envie de lui refaire le portrait, sans chercher plus loin.
Marcher était un des moyens les plus simples pour commencer à me canaliser, et je m'y employais avec zèle, sans relever la tête jusqu'aux grottes scintillantes.
Ce ne fus qu'à la moitié du chemin que je me rappelais que je n'étais pas seul, et tournai la tête vers Goupix.
J'étais encore trop en colère, et surtout contre moi même, pour lui adresser le moindre mot, mais quand nos regards se croisèrent, je ne vis pas d'inquiétude. Il attendait juste que je me calme.
J'appréciais sa réaction à sa juste valeur, et c'est avec le cœur un peu plus léger que j'atteignis l'entrée des grottes.


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