[390] Sven Seinfeld [ADULTE]
Sven Seinfeld
Région d'origine : Hoenn
Âge : 19 ans
Niveau : 0
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Points d'Expériences : 67
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Sujet: [390] Sven Seinfeld [ADULTE]   Ven 5 Aoû - 23:15
Sven Seinfeld
Nom. Seinfeld
Prénom. Sven, Saryel. Appelé Abigor par sa tribu
Âge. 19 ans
Région d'origine. Hoenn, Désert de la route 111
Ambitions futures. Devenir un Archéologue libre et collectionner toutes les pierres précieuses de ce Monde
"Au final, c’était peut-être elle qui était le plus apte à le faire souffrir."
évolution envisagée
Grade 0. Apprenti Archéologue
L'apprenti vient d'obtenir son diplôme d'une grande école d'Archéologie. Il a le droit de fouiller dans 80% des endroits de ce Monde, mais n'a encore aucune subvention pour mener ses recherches. Il est également soumis à de nombreuses lois et doit dépendre d'un organisme d'Archéologie ou d'un tuteur.
Grade 1. Archéologue débutant
L'Archéologue appartient à un organisme d'Archéologie et reçoit des subventions de la part des organismes de recherche. Il peut toujours accéder à 80% des lieux du Monde mais a le droit d'entrer dans certains monuments appartenant aux 20% restants, sous réserve d'une autorisation délivrée par l'organisme. Il doit mener des recherches et des projets annuels et est soumis à l'autorité de l'organisme dans lequel il travaille. Il a néanmoins le droit d'accepter des stagiaires très courte durée.
Grade 2. Archéologue
Le travail de l'Archéologue est de plus en plus reconnu. Il peut participer à de nombreux projets de groupes, et peut à présent accueillir des stagiaires sur une moyenne durée. Il a le droit de mener ses propres projets sous réserve d'acceptation par l'organisme pour lequel il travaille. Pour obtenir plus de subventions, il peut également donner des cours de travaux dirigés dans des établissements spécialisés.
Grade 3. Archéologue confirmé
L'Archéologue peut à présent mener ses propres projets et être chef de groupe dans les expéditions avec ses pairs. Ses subventions augmentent encore, et il peut prendre un stagiaire longue durée pour l'assister dans ses recherches. Il peut également donner des conférences dans les établissements qui veulent bien l'accepter, et peut parfois être amené à travailler avec les médias pour des reportages ou documentaires.
Grade 4. Archéologue indépendant
L'Archéologie indépendant n'a plus besoin d'un organisme pour subventionner ses travaux. Il obtient directement des aides de l'état et peut organiser son travail et ses fouilles comme il le souhaite. Au besoin, il peut faire appel à un apprenti pour l'aider. Il est de plus en plus libre et n'est plus obligé de présenter ses travaux pour obtenir d'autres financements.
Grade 5 et 6. Archéologue-chercheur reconnu
L'Archéologue-chercheur reconnu a totale liberté. Il peut fouiller dans n'importe quelle partie du Monde, et tire ses financements directement d'actionnaires qui veulent bien subventionner ses projets. Il choisit ce qu'il veut étudier, et avec qui il veut travailler. Il n'est plus soumis à aucune loi relatives à tous les Archéologues, mais doit tout de même respecter celles du lieu dans lequel il se trouve.
Histoire
Le sable s’étendait à perte de vue, véritable océan de grains et de poussière. Sous ces rubans granuleux d’or et d’ocre, le désert semblait dormir malgré les éléments qui se déchaînaient à sa surface, rongeant sa peau, faisant frémir ses membres. Les vents violents balayaient ces plaines sauvages et désolées, gonflant les toiles tendues des tentes comme celles des bateaux qui amarraient aux ports alentours. Le ciel avait une teinte bleue terne comme si, usé par ce lieu de violence indompté, il avait perdu de sa superbe. Le soleil brillait cependant avec un éclat aveuglant, diffusant sa lumière blanche avec une prestance presque divine. Dans ce paysage aride et vierge des constructions industrielles de l’Homme, la rumeur des habitants du désert paraissait trouble et étouffée. Mais les éléments ne gênaient plus personne car ces gens étaient nés dans le désert. Et, de ce fait, ils appartenaient au désert.

Sous le sable qui tourbillonnait en minces tornades miniatures, les étals du marché venaient se monter progressivement. La marchandise alimentaire, protégée sous des pans d’étoffe blanche, dégageait de délicieux effluves sucrés. Sur une table bancale de bois de récupération, un marchand proposait des objets insolites aux teintes d’or ou de bronze. Sur une autre, c’était pipeaux de bois qui venaient côtoyer harmonicas usés. Les gens riaient, plaisantaient et se racontaient les dernières rumeurs du village. Leurs mains aux douces teintes cuivrées s’agitaient pour présenter leurs objets aux passants et aux touristes. L’ambiance était, comme toujours, à la bonne humeur. Le vent sembla d’ailleurs se calmer pour laisser aux curieux le loisir d’observer la marchandise. Les enfants riaient dans les allées. Une petite fille seule, le visage radieux, passa devant un étal avec une brochette de viande à la main.

Elle devait avoir aux alentours de 7 ans. Petite et menue, elle arborait la même teinte caramel que les autres locaux. Sa silhouette était cependant rendue trouble par les pans d’étoffe blanche qu’elle portait. Ses cheveux noir de jais et bouclés étaient à demi-cachés sous un keffieh traditionnel ivoire. A ses poignets, des bracelets d’or cliquetaient au fur et à mesure qu’elle sautillait sur le sable, ses pieds nus épousant à la perfection les courbes chaotiques du désert. Ses yeux en amande d’un rouge rubis semblaient rieurs. Exécutant quelques pas de danse, l’enfant fit mouvoir ses hanches avec une grâce exotique et sensuelle qui n’allait pas avec son jeune âge.

Assis non loin d’elle, sur un rocher gris, un autre enfant l’observait. Son expression n’était pas forcément simple à déchiffrer, mais il était aisé de comprendre qu’il avait envie de rejoindre la danseuse pour jouer avec elle. Ses joues gonflées en une moue dépitée, le garçon regarda le rocher sur lequel il était assis. Cela faisait déjà plusieurs jours qu’il voyait Serah s’amuser non loin de cette pierre. Plusieurs jours qu’il avait essayé de tourner dans son esprit moult répliques qui lui permettraient de la saluer et de lui proposer de jouer avec lui. Mais il n’en avait pas eu le courage. Et si elle lui riait au nez ? Et si elle refusait ?

Il hocha la tête de gauche à droite. Aujourd’hui, il allait vaincre sa timidité et se comporter comme un homme. Amorçant un mouvement pour se lever, l’enfant vit une ombre passer devant lui, et un mur se dresser brusquement. Etonné, il retomba sur sa pierre et leva ses grands yeux verts de chêne.

- Oh… Je t’ai fait peur mon petit ? Excuse-moi, lui murmura une voix douce de femme aux inflexions étrangères.

Elle était immense. Ou en tout cas, bien plus grande que la majorité des femmes du désert et des alentours qu’il avait pu voir. Sa carrure était plutôt carrée et imposante ; presque masculine. Etonnamment, son visage était bien plus doux et beau qu’il ne se l’était imaginé. Ses yeux étaient verts comme les siens, ce qui n’était pas une particularité qu’on avait l’habitude de voir par ici. Ses cheveux, épais et fournis, avaient une étrange teinte bleue océan. Ils étaient par ailleurs tressés et retenus en partie par un bandeau noir et épais.

Impressionnante. C’était le mot qui lui était venu à l’esprit dès qu’il l’avait vue pour la première fois.

Avec une douceur qui contrastait avec son physique, la femme s’accroupit sur le sable pour être à la même hauteur que l’enfant. De près, ce dernier remarqua les habits inhabituels qu’elle portait. Du cuir, des lanières de coton, et quelque chose qui semblait être doux au toucher.

- Ça ? On appelle ça de la fourrure. C’est très banal d’en porter dans mon village natal. Il s’appelle Cromlac’h, tu connais ?

Elle enleva son col de fourrure et le tendit au garçon pour qu’il puisse le toucher et l’observer.

- Je m’appelle Vayka. Je suis une simple voyageuse, et Archéologue à mes heures perdues. Et toi, petit ? Tu as un physique plutôt atypique comparé aux autres Surinbes. Tu ne viens pas d’ici ?

Il hocha la tête et rendit le col de fourrure à la femme.

- Je m’appelle Sven. J’habite ici mais je ne suis pas natif d’ici. Je suis de la tribu de Baal, du désert d’Ylel. Mon peuple est nomade et nous avons donc établi notre camp ici pour un certain temps.

L’Archéologue eut un sourire poliment curieux.

- Il est étonnant que le peuple de Surinbe du désert d’Agaal accepte des nomades. Il n’est pas fermé aux visites de touristes et d’habitants des alentours le premier lundi de chaque semaine, pour le marché, mais en dehors… il est extrêmement difficile de s’attirer la confiance des Surinbes et de pouvoir rester dans n’importe quelle partie de ce désert, dont ils ont le monopole.

Sven comprenait ce qu’elle voulait dire. Depuis un an qu’il était arrivé ici, il avait appris à connaître le peuple qui les avait accueillis, ainsi que leurs us et coutumes. Mais sa propre tribu, la tribu de Baal, n’était pas « n’importe qui ». Natifs du désert que les incultes et hérétiques appelaient communément le « désert de la route 111 », à Hoenn, les membres du clan de Baal étaient des nomades et fervents croyants. On racontait qu’ils vivaient sur une terre sacrée, bénie par Salomon lui-même. En outre, leur foi et leur application à suivre leur religion était un exemple pour toutes les autres tribus, qui, comme la leur, croyaient en l’existence après la mort du jardin sacré de Salomon. Les diverses lois et règles du Lemegeton, le livre sacré, étaient cependant bien trop nombreuses et exigeantes pour que tous les peuples les appliquent à la lettre. La tribu de Baal était la seule en ce Monde qui suivait scrupuleusement toutes les volontés du Lemegeton. Ce qui leur octroyait presque un statut divin.

Respecter le livre sacré. Vivre une vie simple, de voyages et de découvertes. C’était les fondements de sa religion. C’était d’ailleurs la raison pour laquelle Sven n’avait que rarement vécu à Ylel, le désert d’Hoenn. Son peuple ne pouvait séjourner plus de deux ans au même endroit ; et il ne pouvait retourner à Ylel que tous les six ans, sauf conditions exceptionnelles de naissance ou de décès. Car tout un chacun se devait de naître à Ylel, et de mourir à Ylel. En outre, la naissance d’un enfant au sein du clan permettait au reste du peuple de séjourner quatre ans au même endroit, et de retourner à Ylel tous les quatre ans. Un écart permis par le Lemegeton afin que l’enfant puisse s’accoutumer à sa terre natale. Mais dans ce peuple touché par une fertilité pauvre, peu de femmes enfantaient. Avant Sven, cela faisait vingt-deux années qu’il n’y avait pas eu d’autres enfants. Ce qui le rendait, en quelques sortes, exceptionnel.

- Ma tribu a quelque chose de spécial, expliqua-t-il à Vayka, qui le regarda avec un air maternel.

Elle devait avoir moins de la trentaine. Plus jeune que tous les membres de la tribu de Baal, qui était une population vieillissante. Ses propres parents étaient déjà à un âge très avancé, lorsqu’ils l’avaient eu…

- Je vois… Que dirais-tu de me raconter tout ça et de me parler de ton peuple, pendant que nous visitons le marché ? Pour te remercier, je pourrai même t’offrir un cadeau…

Elle lui souriait, et son visage était tellement beau, tellement pur, que Sven se sentit rougir. Coulant un regard vers Serah, il remarqua que plusieurs autres enfants Surinbes venaient de la rejoindre pour jouer tous ensemble. Il soupira. Ce ne serait pas pour aujourd’hui, encore une fois. Attrapant donc la main que lui tendait la femme de Cromlac’h, il se mit debout et la suivit vers le marché.

Sur le chemin, il lui raconta tout ce qu’elle voulait savoir. Qui étaient ses parents. Quelles étaient ses coutumes. Quel genre d’éducation il avait reçu. Ce qu’il pensait des Pokémon, de ses voyages d’antan, du Monde… Etrangement confiant en présence de l’Archéologue, Sven lui raconta tout. Qu’il n’avait que peu voyagé jusqu’à maintenant, et qu’en dehors d’Ylel et du désert d’Agaal, il n’avait vécu qu’au Désert Désolant d’Unys. Il lui raconta que sa famille possédait quelques Pokémon, qu’il les adorait, et qu’il était curieux d’en découvrir d’autres. Il lui expliqua qu’il avait reçu une éducation propre aux enfants d’Ylel, à savoir la lecture des runes et de l’alphabet arabe, à la base de toute chose. Elle lui parla de l’écriture qu’ils utilisaient à Cromlac’h, différente de la sienne, mais liée par un passé commun. Elle lui expliqua son métier, son amour des monuments et des objets enfouis et disparus. Elle lui parla de ses voyages, des contrées étonnantes qu’elle avait vues, des îles qui entouraient celle-ci…

- Ah oui, j’ai également vu ces îles lorsque nous sommes arrivés à Agaal. Il y en a plus d’une dizaine, toutes de tailles différentes. On dirait qu’elles s’amassent toutes au même endroit pour former un continent.
- C’est ce qu’on appelle un Archipel, Sven. L’Archipel Orange, pour être plus exacte. Il y a des climats et des faunes et flores différents sur chaque île. Mais toutes sont régies par un gouvernement commun.
- Un gouvernement ?
- C’est comme ça que l’on appelle un ensemble décisionnel pour un état. C’est un peu l’équivalent du chef de tribu, si je devais comparer à la tienne. Sauf que ce sont plusieurs personnes qui décident ensemble, votent, et discutent. Il existe une multitude de régions, de villes, de contrées… Chacune a ses particularités. Certaines croient même en un Dieu différent du tiens.
- Différent de Salomon ?
- Oui… On l’appelle Arceus. Et c’est un Pokémon.
- Un Pokémon ? Quelle drôle d’idée !

Vayka éclata de rire mais s’interrompit lorsque Sven s’arrêta brusquement devant un étal. S’accroupissant à sa hauteur, elle suivit son regard.

- C’est cette pierre qui t’intéresse ?

Sven s’écarta précipitamment du stand, les joues roses.

- Heu… je… non ! C’est juste que...

Vayka attrapa la pierre qui brillait d’un éclat rougeâtre comme les yeux des Surinbes, et déposa quelques pièces d’or sur l’étal du marchand, qui la remercia. Puis, donnant la pierre à Sven, elle lui caressa amicalement la tête.

- Tiens, c’est ton cadeau pour m’avoir servi de petit guide. Tu aimes les pierres, Sven ?

Il hocha la tête timidement, et un remerciement se coinça dans sa gorge, petit gazouillis d’oiseau.

- Oui. Un jour, une vieille dame du clan m’a donné une très jolie Agate. Depuis, j’aime beaucoup les belles pierres. Cela fait quelques années que cette dame est décédée, mais j’ai toujours conservé son cadeau comme un précieux trésor. Je ne sais pas pourquoi. Je sens qu’elles sont mystérieuses. Qu’elles ont vécu bien plus longtemps que nous, et qu’elles sont chargées d’histoires. Parfois… J’ai même l’impression qu’elles me murmurent des choses.

Vayka eut un sourire.

- Dans ce cas, tu pourras faire de celle-ci ton nouveau trésor. C’est ce qu’on appelle un Grenat du Mozambique. C’est une pierre très rare et précieuse, mais ici, la valeur des objets est bien différente d’ailleurs. Les Surinbes ont une terre riche en pierres précieuses et en métaux. L’or, le cuivre et le bronze sont des trésors pour les autres régions, mais de simples ornements classiques pour les habitants d’Agaal. Tu pourras en acheter des dizaines par ici, mais rien ne vaudra le plaisir de les découvrir toi-même. C’est ce que j’aime, dans mon métier. Trouver des objets disparus, enfouis et inaccessibles. Au-delà de la valeur financière de l’objet, c’est son histoire qui m’intéresse, et tout l’effort qu’on a pu mettre pour le trouver. Si tu aimes autant les pierres, je pourrai t’enseigner l’Archéologie. Mon prochain voyage peut attendre, je ne suis pas pressée… Je pourrai également t’apprendre à écrire l’alphabet qu’on utilise à Cromlac’h et t’instruire. Qu’en dis-tu ?

Sven regardait la femme, complètement fasciné par l’aura qu’elle dégageait. Dans sa tribu, les métiers n’étaient pas très diversifiés. Les gens se contentaient de suivre les lois du Lemegeton, sans jamais chercher à rêver. Ils voyageaient, exploraient, mais cela s’arrêtait là. Pourtant, lui, avait envie de rêver. Son cœur de nomade vibrait aux paroles de Vayka. Il y avait quelque chose qui l’émerveillait, dans cette façon qu’elle avait de raconter ses histoires. Et puis… il avait encore envie d’entendre les pierres lui chuchoter leurs secrets à l’oreille. Encore envie de ressentir le flux de leur vécu s’écouler dans son esprit. Mais ça… mieux valait ne pas trop en parler à Vayka.

- J’aimerais beaucoup, mais tu n’auras pas le droit de rester ici, non ? Comment vas-tu faire ?

Elle se mit à réfléchir quelques secondes, avant de proposer.

- Si je deviens ton instructrice, je pense que la tribu de Baal m’autorisera à rester temporairement avec vous, non ? Ainsi, les Surinbes accepteront mieux ma présence. Qu’en penses-tu ? Peux-tu en parler à tes parents pour qu’ils en fassent la requête à ton chef de tribu ?

Sven mit à peine une fraction de seconde à se décider.

- Oui ! Je demanderai à père et mère avant la fin du marché.

Il était tellement enthousiaste à cette idée. Faisant un signe à Vayka, il s’éloigna en courant pour retourner à sa tente.

- Merci, mon petit… murmura l’Archéologue avec un petit sourire.

Sven s’arrêta brutalement et se tourna vers Vayka. Il ne savait pas pourquoi, ni comment, mais le Grenat venait de lui transmettre une sorte de flash qu’il n’avait pas pu définir. Comme une sorte de mise en garde… un pressentiment…

- Il y a un problème ?
- … n… non, non, rien. A tout à l’heure.

Il chassa cette idée de son esprit et se remit à courir, ses doigts serrés autour du Grenat. Une fraction de seconde, il avait eu l’impression de faire un mauvais choix. Il ne pouvait pas y avoir de problèmes à ce que Vayka reste l’instruire, non ? Non… Certainement pas. Alors, il poursuivit sa route, passant devant Serah qui lui faisait des signes de main sans la voir.

Oh Sven. Pauvre Sven… Pour cette fois, tu aurais dû écouter le Grenat.

Mais le destin s’était lancé au moment où il avait fait cette décision fatidique. Et, inlassablement, les grains de sable s’égrenaient le long du sablier du temps.

Au loin, le tonnerre grondait, annonciateur d’une tempête qui n’allait pas tarder à s’abattre sur le désert d’Agaal. Mais cela n’était rien, comparé à ce qui allait se produire sous peu…


***


Sven releva la tête de son cahier sur lequel étaient tracés des caractères soigneusement calligraphiés. Avec un sourire, il agita sa plume, faisant tomber des gouttes d’encre noire partout sur son petit pupitre.

- Professeur ! Professeuuuur ! J’ai fini mon exercice !

Agitant les pieds avec excitation, Sven se mit à bouder lorsqu’il vit que Vayka était plongée dans l’étude d’une pile de parchemins en rouleaux. Soudainement mutin, il se redressa puis, à pas feutrés, se faufila jusqu’à l’Archéologue. Sans prévenir, il l’enserra dans ses petits bras pour un câlin affectueux.

- Sven !

Vayka sursauta et laissa tomber ses parchemins. Visiblement, elle n’avait pas du tout fait attention à lui. Se sentant légèrement coupable de lui avoir fait peur, Sven se pencha pour l’aider à ramasser ses parchemins. Son regard fut aussitôt capté par un croquis soigneusement réalisé au fusain.

- C’est Virevell ? demanda-t-il à l’Archéologue, qui récupéra précipitamment ses dossiers pour les ranger dans sa besace.

Virevell. Soit, le monument sacré du désert d’Agaal. On racontait qu’il était là depuis des décennies, avant même l’apparition du premier Homme. Les Surinbes lui vouaient un véritable culte. Les légendes disaient même que l’objet sacré qui se trouvait en son sein, protégé par des pièges et des gardes, avait le pouvoir d’assurer prospérité et santé aux Surinbes. Sven ne l’avait jamais vu, mais il espérait qu’Ardgar, le chef des Surinbes, lui permettrait de pénétrer dans la pièce sacrée avant qu’il ne retourne à Ylel.

- Oui. Des villageois m’ont donné de la documentation et des reproductions de textes anciens, donc je leur fais honneur en les lisant. Grâce à toi, tes parents et le chef de ta tribu, j’ai eu l’autorisation de rester. Maintenant, ils me font pleinement confiance et m’acceptent. Je n’aurais jamais eu autant d’attention et autant de savoir sans ton intervention, mon petit Sven. Merci encore.

Elle déposa un baiser sur la tête de Sven, et ce dernier lui montra son cahier.

- J’ai fini tous les exercices que tu m’avais donnés ! On passe à la suite ?

Vayka eut un petit rire, puis vérifia rapidement les mots tracés avant d’acquiescer.

- Ok. Tu as fait du très bon travail. Je suis désolée de ne pas avoir eu tout mon temps à te consacrer ces dernières semaines, mais j’étais occupée par mes propres recherches. On sort s’entraîner ?

Sven leva les bras de joie puis suivit Vayka. Hors de la tente de la jeune femme, le désert semblait calme et reposé. Un vent léger soufflait et permettait de lutter contre la chaleur écrasante de ce mois de Juillet. Sven en profita pour se débarrasser de son keffieh et se mettre à l’aise. Comme tous les jours, Vayka l’instruisait. Ils commençaient par une heure de culture générale, puis il devait faire des exercices d’écriture, de calcul, et parfois de réflexion. Une fois par semaine, ils allaient également fouiller dans des zones reculées du désert. Pour son âge, Sven avait déjà beaucoup appris. Il était capable de lire trois alphabets et d’en écrire parfaitement deux. Vayka lui avait parlé des autres régions, et il avait appris la carte de certaines d’entre elles, comme Kalos, Johto et Hoenn. L’enseignement se passait donc bien, et Sven avait plus appris auprès de Vayka en un an, qu’auprès de n’importe qui en sept.

Les talents de la native de Cromlac’h ne s’arrêtaient cependant pas là, et elle avait enseigné à Sven des tours qu’on ne lui soupçonnait pas de maîtriser… A savoir, l’art du lasso et de se mouvoir comme un véritable Archéologue terrain.

Debout, sa main forte en avant, Sven fronçait les sourcils. Un lasso rouge était enroulé autour de chacun de ses avant-bras, allant s’entortiller autour de ses mains. Concentré devant les poupées russes que Vayka avait alignées devant lui, Sven fit un mouvement circulaire du bras et du poignet. Aussitôt, le lasso alla s’enrouler autour de la première poupée. Un mouvement de côté, et il stabilisait sa pose. Il ne lui resta plus qu’à tirer d’un coup vers lui, afin de récupérer l’objet. Exécutant les gestes à la perfection, il eut un sourire satisfait.

- Tu as fait d’immenses progrès, Sven. C’est bien, le félicita Vayka.

Sven regarda son lasso, heureux de ce qu’il parvenait à faire avec. Tout ce que lui apprenait Vayka était exceptionnel. Le savoir, l’écriture, la pratique… Il avait l’impression qu’en continuant avec elle ainsi, il parviendrait à toucher du bout des doigts son rêve. Celui de devenir un grand Archéologue. Celui de pouvoir trouver toutes les pierres rares en ce Monde. Celui d’apprendre leur histoire, et de devenir le plus grand des collectionneurs.
Reportant son attention sur Marble et Mervin, les deux Seviper de Vayka, Sven leur caressa le bout des écailles. Il aurait voulu pratiquer encore le lasso. S’entraîner avec Vayka pour qu’elle lui apprenne encore à esquiver, parer, plonger… A être souple, agile et habile dans tout ce qu’il faisait. Mais l’Archéologue semblait préoccupée. Ses yeux bleus turquoise étaient rivés sur l’horizon.

- Professeur ? Une tempête approche ? demanda-t-il, en mettant ses mains en visière.
- Je ne sais pas… Mais mieux vaut ne pas trop tarder ici. Le ciel a une couleur qui ne me plaît pas. Tu ferais mieux de rentrer dans ta tente et d’y rester, tu seras plus en sécurité.
- Hein ? Mais l’entraînement ?

Vayka soupira et posa une main sur la tête de son apprenti.

- Demain, Sven. Promis. Ai-je déjà brisé une promesse ?

Sven hocha la tête de gauche à droite, un peu dépité tout de même.

- Non… Je vais rentrer à la maison. On se voit demain, alors ?

L’Archéologue acquiesça et déposa un baiser sur le front de l’enfant. Puis, après avoir sifflé Marble et Mervin, elle alla s’isoler dans sa grande tente. Jetant un coup d’œil accusateur au ciel, Sven se dirigea vers sa propre tente. Il passa devant un chapelet d’autres toiles tendues, et finit pour soulever le pan de l’une d’entre elle. A l’intérieur, la lumière était tamisée. Une simple lanterne se balançait sur son support métallique, tandis que des fragrances d’herbes et de fruits flottaient dans l’air.

- Je suis rentré…

Sa mère leva la tête de l’étoffe qu’elle était en train de tisser, et son visage s’éclaira d’un doux sourire. Sven parvint à le lui renvoyer, mais le cœur n’y était pas. Il avait beau aimer ses parents… il ne pouvait s’empêcher de souhaiter passer plus de temps avec Vayka. Plus il regardait sa mère, et plus les différences entre les deux femmes étaient flagrantes. Vayka était grande, belle, jeune et encore pleine d’avenir. Sa propre mère était petite, incroyablement âgée, ridée et faible. C’était horrible à dire, mais Sven en venait à espérer que Vayka soit sa propre mère, quelques fois. Il s’inclina néanmoins respectueusement devant celle qui l’avait mis au monde, puis se tourna vers sa couchette ; un simple tapis posé à même le sol, brodé de quelques fils dorés. Rien à voir avec l’épais matelas que les Surintes avaient offert à son Professeur.

Sous les pans de tissu, une petite boule verte translucide flottait. Son visage ridicule et ahuri avait quelque chose de comique. Sven ne put s’empêcher de sourire en le voyant.

Furfur était un Nucléos que son père avait capturé à proximité du Désert Désolant, lorsqu’ils étaient à Unys. A ce moment-là, le type Psy était d’une faiblesse à faire peur. A présent que la famille de Sven s’était bien occupée de lui, le Nucléos avait repris des forces et parvenait à flotter à sa guise. Il ne servait pas à grand-chose, mais Sven l’aimait bien.

- Hey Furfur ! Regarde ce que j’ai fait aujourd’hui !

Il lui montra ses cahiers, et Furfur regarda avec curiosité les mots calligraphiés. Sven sentit une légère excitation qui n’était pas la sienne titiller son esprit, et il se tourna vers le Nucléos. Encore trop jeune pour entièrement communiquer grâce à ses pouvoirs psychiques, Furfur avait néanmoins la capacité de faire percevoir ses émotions, quelques fois. C’était ténu, mais Sven avait appris à être attentif. Après tout, c’était la même chose qui se produisait, pour les objets…

Un nouveau sentiment venait cependant de prendre le pas sur l’excitation. La surprise. Aussitôt, Sven leva la tête et son attention fut captée par un point mobile visible à travers la « fenêtre » de sa tente. S’approchant pour voir au-dehors, Sven reconnut la carrure caractéristique de Vayka. Alors que tout le monde restait bien à l’abri pour éviter la tempête en approche, que faisait-elle dehors ? Sven cligna des yeux et la vit disparaître dans le monument sacré Virevell. Il se tourna vers Furfur, aussi étonné que lui. C’était un peu étrange… Que faisait-elle dehors ? Mais plus important… Que faire ? Il mit à peu près trois secondes à prendre sa décision.

- Ah ! J’ai oublié quelque chose chez Vayka ! J’y vais vite et je reviens. Furfur m’accompagne !

Sa mère releva la tête de sa tapisserie, l’air étonné.

- Mais le temps est mauvais. Ça ne peut pas attendre demain ? Tu devrais rester ici. Ton père ne va pas tarder à rentrer, en plus…
- Nan c’est très important ! Je fais vite, je te promets !

Mais lui, contrairement à Vayka, ne tenait pas toujours ses promesses.

Sa mère finit cependant par accepter et elle hocha faiblement la tête. Sans plus attendre, Sven sortit de la tente avec Furfur.

Dehors, le vent s’était levé. Comme l’avait dit Vayka, le ciel avait viré au gris et orange, ce qui n’était jamais bon signe dans un désert. Probablement une tempête de sable approchait… Conscient qu’il ne lui restait donc que peu de temps, Sven se dirigea à pas feutrés vers Virevell. Il ne savait pas trop pourquoi, mais Vayka semblait s’intéresser à ce monument et lui cacher des choses. Il ne voulait pas espionner ni la déranger. Juste… savoir ce qu’elle allait y faire.

Il parvint devant le monument en quelques minutes à peine. Le souffle haletant, il s’emmitoufla dans son keffieh couleur de sable puis pénétra, Furfur flottant derrière lui.

Il faisait sombre. Beaucoup trop sombre pour qu’il puisse y voir quelque chose, malgré les torches qui brillaient au bout du long couloir face à lui. Observant rapidement les lieux, Sven s’accroupit derrière un rocher. Comme Vayka le lui avait appris, il fallait toujours être au fait de son environnement avant de foncer tête baissée. Sa vision s’accommoda à la pénombre au bout de quelques secondes. Il avait beau ne pas y voir comme en plein jour, Sven pouvait tout de même distinguer les contours des pierres qui s’entassaient, et des murs abimés par le temps. Aucune trace de Vayka, ici. Sûrement s’était-elle dirigée vers la relique sacrée. Mais que faisait-elle ici ? Avait-elle eu l’autorisation de venir observer le trésor des Surinbes ? Voulait-elle discuter avec les gardes ? Sven n’en savait rien, mais son comportement l’inquiétait. Il fallait qu’il en sache plus.

A pas discrets, il sortit donc de sa cachette et progressa le long du couloir. Tout au fond, il entendait quelques bruits étouffés… mais pas de signe de discussions. Pas de voix. Furfur vint se poser sur son épaule à plusieurs reprises, comme pour l’avertir. Puis, s’envolant, il alla flotter autour d’un rocher. Sven suivit son regard et vit un Cryptéro au sol, blessé par une morsure. Il se précipita vers lui et essaya de le réveiller, sans succès. Le Pokémon semblait bien mal en point. Qui avait bien pu faire une chose pareille ? Ce devait être un des gardiens du corridor. Il y en avait sûrement d’autres, plus loin… Laissant le Cryptéro là, lui promettant de revenir le chercher plus tard, Sven se défaussa de son keffieh pour faire un bandage de fortune au Pokémon. Puis, toujours aussi discrètement, il continua le long du couloir.

Bientôt, il déboucha dans la salle sacrée. A pas feutrés, il se cacha derrière un énorme rocher à l’entrée, et décala légèrement sa tête. Là, ce qu’il vit dans la pièce le glaça d’horreur.

Vayka était bien ici, comme il l’avait pensé. Vêtue d’un keffieh de la même couleur que le sien, elle était aux prises avec un des gardes, qu’elle maîtrisa aisément en lui faisant une clé de bras. Autour, Marble et Mervin étaient en train de faire un véritable carnage. Une demi-douzaine de gardes étaient au sol, terrassés par des morsures d’où suintait un venin mauve. Il y avait du sang partout, des Pokémon blessés, des tissus déchirés et des armes en bois brisées en deux. Que s’était-il passé, ici ?

Sven sentit son corps entier trembler, tandis qu’il contemplait la scène, impuissant. Furfur était caché derrière lui, et son épiderme globuleux et gonflé tapotait à intervalles irréguliers contre l’arrière de sa tête. C’était un véritable massacre. Usant des techniques qu’elle lui avait en partie montrées, l’Archéologue maîtrisait les gardes. Ses deux Seviper déchiquetaient les chairs, envoyant rouler dans tous les coins de la pièce, des Pokémon évanouis. Pourquoi ? Pourquoi ?

Puis, aussi brusquement qu’il avait commencé, le carnage s’acheva. Vayka soupira de soulagement et enleva son keffieh tâché de sang. Tranquillement, elle se dirigea vers l’objet sacré. C’était donc ça qu’elle convoitait ? Sven la regarda faire, partagé entre l’envie de fuir pour avertir quelqu’un, et celle d’empêcher Vayka de toucher la relique. Comme pour Serah, il sentait qu’il n’avait pas le courage de bouger. Les membres tremblants, il déglutit avec difficulté. Il fallait qu’il fasse quelque chose… Il fallait... Il fallait…

Il sentit des crochets se refermer sur ses habits, et le soulever comme une poupée de chiffon. Puis, d’un coup violent, on l’envoya rouler au milieu de la pièce. Vayka se retourna, et ses épaules se détendirent tandis qu’elle reconnaissait Sven. Se redressant maladroitement, le garçon la regarda avec des yeux hargneux, avant de se remettre à trembler lorsque Mervin passa à côté de lui en sifflant. Furfur se blottit contre son dos.

- Mon petit Sven… l’appela-t-elle, avec son habituelle voix douce qui contrastait avec l’horreur de la scène précédente.

Sven sentit ses muscles se détendre. Quand elle lui parlait comme ça, il ne pouvait s’empêcher de penser à elle. De penser à ce lien qu’ils avaient. Celui de Professeur et d’élève. Celui d’une mère et de son enfant… Il avait forcément rêvé. Vayka ne pouvait pas avoir de mauvaises intentions. C’était sûrement un malentendu avec ces gardes, non ? Elle n’avait fait que se défendre.

Sentant des larmes rouler sur ses joues, Sven regarda l’Archéologue. Tout son être tremblait. Incapable de se tenir sur ses jambes, il resta accroupi sur le sol. Son visage semblait cependant trahir son désespoir.

- Je… Professeur… Qu’est-ce qui se passe ici ? Tu es blessée ? Ils t’ont attaquée ? Je… J’ai cru que tu voulais prendre la relique, mais ce n’était qu’une hallucination, hein ?

Dans sa voix, il sentait comme une pitoyable supplication. Il voulait se convaincre qu’il avait tort. Qu’il ne s’était rien passé de tout cela. Que Vayka était la Vayka qu’il connaissait. Que tout ça n’était qu’une chimère…
Avec douceur, la femme s’accroupit auprès de lui. Son habituel sourire angélique se dessina sur ses lèvres, tandis qu’elle levait la main pour lui caresser les cheveux. Comme d’habitude. Sentant l’espoir renaître en lui, Sven eut un sourire. Mais la main de Vayka attrapa violemment une poignée de ses cheveux blancs pour saisir sa tête et la fracasser au sol.

Sa joue rencontra la pierre en premier. Sous la violence de l’impact, il sentit son souffle s’arrêter un instant. Dans son esprit, il sentit la panique et la surprise de Furfur. C’était douloureux. C’était insoutenable. Mais au fond, la douleur physique n’avait rien à voir avec ce qu’il ressentait émotionnellement.

- Reste à ta place, gamin, lui cracha Vayka, le regard brusquement beaucoup plus sombre et mauvais.

Ce furent les derniers mots qu’il entendit d’elle, avant de perdre connaissance.


Sven Seinfeld
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Sujet: Re: [390] Sven Seinfeld [ADULTE]   Ven 5 Aoû - 23:17
Sven Seinfeld
Histoire

(suite)


Lorsqu’il se réveilla, plusieurs heures plus tard, Sven se rendit compte qu’on lui avait administré les premiers secours. Néanmoins, une agitation inhabituelle entourait ce qui aurait normalement dû être une tente de soins. Sa tête lui faisait un mal de chien. Entre le traumatisme crânien et le bruit alentour, il avait l’impression qu’il allait exploser. Se redressant maladroitement, il ouvrit un œil vitreux. Mais il n’y avait personne autour de lui. Personne pour s’occuper de ses blessures.

Se traînant par terre pour atteindre la sortie de la tente, Sven sentit la nausée lui prendre aux tripes. Il avait envie de rester dormir encore un peu. Mais sans guérisseur, il n’irait pas bien loin. Il fallait qu’il appelle à l’aide. Qu’il appelle quelqu’un.

D’une main tremblante, il écarta le pan de la tente. Aussitôt, une lumière éblouissante le força à fermer les yeux.

Dehors, l’ambiance était chaotique. Tout le village, Surinbes comme Yliens, semblaient s’être réunis. Mais pas d’une façon pacifique et sereine, comme ils avaient l’habitude de le faire. L’ambiance était au conflit et à la guerre. Choqué par ce qu’il voyait, Sven resta au sol, terrassé par la douleur. Il voyait les membres de son clan se bousculer dans la désorganisation la plus totale, tandis que les Surinbes leurs lançaient des pierres dessus.

- C’est de votre faute ! Votre faute ! hurla un Surinbe.
- Partez ! Partez ! Vous n’êtes plus les bienvenues !

Sven sentit une ombre au-dessus de sa tête. Saryel, son père, venait de se diriger vers lui pour le protéger de toute cette folie. Il voulut lui demander ce qu’il se passait. Ce qu’il s’était passé. Mais les mots ne parvinrent pas à sortir de sa gorge. Avec un air grave, Saryel le porta pour l’envelopper dans des linges. Puis, le gardant entre ses bras, il appela un des Tropius de la tribu. Sven écarquilla les yeux, tandis que des dizaines d’autres membres de son clan se mettaient à en faire de même. Qu’est-ce qui se passait ? C’était les Tropius et les Grodrive qui leurs permettaient d’ordinaire de transporter leur campement jusqu’à leur prochaine destination. Ils allaient partir ? Comme ça ?

- Pè… re… Je…

Saryel le serra contre son corps et hocha la tête de gauche à droite.

- N’en dis pas plus mon fils. Nous partons.

Le Tropius déploya ses ailes de feuilles, et Sven se sentit quitter le sol. Dans un dernier flash, il vit le désert d’Agaal et ses si joyeux habitants, en proie à la discorde et la haine. Leurs tentes avaient été brûlées et réduites en pièces. Dans une dernière image, Sven vit Serah qui les regardait partir, ses yeux rouges baignés de larmes. Ah… Finalement, il n’aura jamais eu l’occasion d’aller lui parler.


***


8 ans plus tard.

Il avait 15 ans. L’horreur d’Agaal était loin derrière lui, et il avait quitté son peuple un an plus tôt pour se consacrer à ses études, à Kalos. Personne ne l’avait désigné comme responsable d’avoir fait entrer Vayka au sein de leur groupuscule. Ou « Ziael », comme ils l’appelaient. A savoir, « la vipère », dans leur langage. Personne ne lui avait reproché ses erreurs. Pourtant, Sven se sentait responsable. Responsable d’avoir incité les Surinbes à accepter Vayka. Responsable du vol de l’objet sacré qui en avait suivi. Responsable du malheur qui s’était abattu sur son clan. Responsable de ces longs mois passés à errer à la recherche d’un endroit où s’installer, après la destruction et l’abandon de leurs maigres possessions. Responsable de la maladie des uns, et des décès des autres. Et, plus que tout, responsable de s’être attaché à cette femme.

Son cœur meurtri s’était progressivement refermé. D’enfant gai et joyeux, il était devenu plus renfermé, plus froid. Mais son visage restait indéniablement doux et enthousiaste, pour une raison qu’il ne s’expliquait pas. Furfur était quant à lui toujours à ses côtés, depuis l’incident. Les années qui avaient suivi le drame, Sven avait passé son temps à étudier. Il avait continué l’enseignement inculqué par Vayka, et s’était renseigné sur elle. Il avait appris qu’elle était une célèbre Archéologue, mais qu’elle était également connue comme étant une « pilleuse de tombeaux ». Mystérieuse et insaisissable, il était cependant impossible de savoir où elle se trouvait, où elle allait, et ce qu’elle faisait. Son but était de devenir comme elle. De jouer sur son propre terrain. De la retrouver, et de récupérer l’objet qu’elle avait volé aux Surinbes. Puis, une fois que cela serait fait, il pourrait le restituer à ce peuple, et rétablir l’ordre entre les différentes tribus. Mais pour le moment, il allait devoir faire de son mieux pour briller dans l’école dans laquelle il avait réussi à se faire accepter.

Il redressa la tête lorsque son Professeur annonça la fin du cours. Soupirant, il rangea ses affaires en se promettant de relire ses notes. Puis, après avoir salué poliment le reste de sa promotion, il sortit de la pièce.

Au dehors, le ciel était d’un bleu d’azur. Les arbres qui encadraient les allées du campus étaient verdoyants de fraîcheur. Au sol, une multitude de fleurs colorées dessinaient comme un patchwork d’aquarelles. Sac à dos sur l’épaule, Sven s’approcha de la grande horloge florale ; la fierté de son école. Sur un cercle de terre à l’herbe étincelante, douze Flabébé aux fleurs de différentes teintes étaient disposés ; un à chaque heure de la journée. Leurs rythmes de vie étaient tous différents et, lorsqu’ils sentaient le soleil jouer sur leurs pétales, les Flabébé faisaient s’ouvrir leurs fleurs. A chaque heure, une nouvelle fleur pouvait éclore, tandis que toutes les autres restaient fermées. Consultant l’horloge, Sven hocha la tête. Puis, se penchant pour ramasser une petite fleur de Bougainvillier, il se dirigea vers l’hôpital qui était accolé à leur campus.

L’école d’Archéologie de Kalos était extrêmement réputée dans le milieu. Acceptant des élèves de 15 à 18 ans, elle permettait un enseignement de pointe pour des élites triées sur le volet dès l’admission. Pour y entrer, il fallait justifier de plusieurs années d’expérience dans le domaine en tant que stagiaire ou apprenti, ou se montrer particulièrement bon sur le test d’admission écrite. En outre, ses frais de scolarité étaient exorbitants. Les adolescents issus de milieux modestes, comme Sven, pouvaient cependant trouver un arrangement avec l’administration s’ils se montraient assez bons pour décrocher une bourse. Ils étaient ainsi exemptés de frais à payer, mais devaient donner de leur temps pour tenir compagnie aux résidents de l’hôpital Ste Anne.

Se dirigeant machinalement vers l’hôpital, Sven se présenta au comptoir, où une infirmière particulièrement mal lunée le reçu. Après l’avoir enregistré et lui avoir autorisé à rejoindre la chambre de sa patiente, elle lui hurla de ne pas salir le tapis qui revenait du pressing. Levant les yeux au ciel, le jeune étudiant l’ignora et frappa doucement à la porte numéro 213. Là, une voix douce lui autorisa à entrer.  

Cess était une jeune fille de son âge qui était atteinte d’une maladie incurable. Malgré leur profil similaire, Sven ne pouvait s’empêcher d’éprouver de la pitié pour elle. A âge égal, leur santé ne l’était pas. Et, alors que lui parcourait les régions à la découverte d’endroits à explorer, elle était clouée dans son lit ou son fauteuil roulant, trop faible pour se déplacer elle-même. La vie était parfois injuste. Au milieu de tous ces riches retraités à la recherche d’un peu de compagnie, Cess se démarquait cependant du lot par sa jeunesse, ses espoirs, et sa joie de vivre malgré son handicap. Avec un sourire sincère, Sven s’assit sur la chaise en face du lit de la demoiselle.

- Sven !

Cess eut un sourire large et elle agita faiblement la main pour le saluer. Furfur vint se poser sur la couverture de l’adolescente, et Sven se pencha pour dire bonjour à Zépar, le Lépidonille de son amie.

- Que racontes-tu de beau, aujourd’hui ?
- Pas grand-chose. La vieille peau à l’accueil a été d’une vacherie sans nom. Je lui aurais bien fait bouffer son tapis, tiens.

La jeune fille éclata de rire.

- Sven. Ton physique ne va VRAIMENT pas avec ton caractère. Pour quelqu’un d’aussi mignon, on ne s’attend pas à ce que tu sois aussi grossier. Tu devrais surveiller tes manières !
- Oui, oui, mademoiselle…

Ils rirent ensemble, et Sven s’installa plus confortablement pour lui raconter le reste de sa journée. Au passage, il lui tendit la fleur de bougainvillier, qu’elle renifla avec délices.

Cela allait faire presque un an qu’il avait rencontré Cess, et qu’il était devenu ami avec elle. Au début taciturne en sa présence, il avait rapidement appris à lui faire confiance et à s’attendrir de ce petit brin de fille. Cess ne le trahirait pas comme Vayka. Elle avait une sincérité étonnante, et Furfur lui-même lui avait dit qu’il pouvait lui faire confiance. En outre, elle était limitée par sa condition physique qui l’empêchait de quitter l’hôpital. Honnêtement… Quel mal pouvait-elle lui faire ?

Il lui raconta donc sa journée. Les mystères de Johto qu’il avait étudiés aujourd’hui en cours. Ses futures explorations dans la Grotte Miroitante de Kalos, pour une fouille en travail pratique. Cess l’écoutait avec passion. A travers Sven, c’était comme si elle pouvait voyager. Comme si elle pouvait quitter ce petit corps de blonde chétive et s’évader, comme lui le faisait. Au fond, elle était un brin envieuse des aventures qu’il vivait. Mais elle avait appris depuis longtemps à s’accoutumer à son corps handicapé, et les histoires de Sven lui faisaient un bien fou. Entortillant ses cheveux bouclés entre ses doigts, elle eut un petit rire lorsque le blanc eut fini de lui raconter ses dernières mésaventures.

- Il t’en arrive des choses ! Enfin bon… Aujourd’hui, j’aimerais que tu… ah, voilà, je l’ai trouvé ! Peux-tu examiner cet objet, s’il-te-plaît ?

Elle lui tendit un petit pot argenté, et il la regarda en soupirant.

- Cess… Tu sais bien ce que je t’ai dit sur-
- Oui, oui, je sais ! Mais alleeeeez Sven ! J’adore quand tu fais ça !
- …
- S’il-te-plaît ! Pour moi ?

Cess lui fit les yeux doux et il soupira, exaspéré. Quand elle faisait ça, il ne pouvait rien lui refuser.

- Ok mais je ne te promets rien, d’accord ? Ça ne fonctionne pas tout le temps et je ne le maîtrise pas assez pour le déclencher sur demande.
- Oh aller, je suis sûre que tu vas réussir !

Il prit une grande inspiration et posa sa main droite sur le pot argenté. Aussitôt, l’habituelle sensation de picotement se fit sentir au bout de ses doigts. Quelques flash disparates vinrent s’imprimer dans sa rétine, et il ferma les yeux pour se concentrer. Cette sensation dura à peine une demi-seconde. Puis, lorsque les flash cessèrent, il expira doucement. Cess le regarda avec curiosité.

- Alors, qu’as-tu vu ?
- Une enfant blonde qui joue avec un poney en peluche.
- Ahahaha ! Exact ! Ce pot c’était celui que je mettais sur la tête de Fluff, ma peluche. Tu as vu autre chose ?
- Oui. La tête du capitaine Fluff tranchée net par l’Hélionceau de ta famille.

Cess fut prise d’un fou rire tellement intense que Sven consentit rire également.

- C’est vraiment un sacré don que tu as là. Tu n’as jamais songé à faire des spectacles ? De la prestidigitation ? De la Police Scientifique ?

Sven hocha la tête de gauche à droite, mal à l’aise.

- Ce n’est pas grand-chose. Et je ne le maîtrise pas, alors rien de tout ça…
- Mais comment tu penses que ça t’es venu ? Ça s’entraîne ?
- Je n’en sais rien Cess, je te l’ai déjà dit… Depuis tout petit, quand je touche un objet chargé d’histoire, il m’arrive de voir des flash de sa vie. Mais je ne peux pas le faire quand je veux… C’est assez aléatoire. Si je me concentre bien, je peux parfois y arriver mais je ne sais pas quel est le taux de réussite. Et de la même façon, il peut survenir quand je n’ai pas envie de voir des choses. C’est à double tranchant… Et puis bon, c’est encore très obscur et mystérieux. Qui me croirait si je lui disais que je peux voir des choses ? On me prendrait pour un fou ou pour un charlatan, rien de plus.
- Allons Sven. Tu peux faire des grandes choses. Tu devrais t’en servir plus souvent. Allez, on s’entraîne !

Elle lui tendit un mouchoir utilisé, et Sven eut un mouvement de recul.

- Sans vouloir te vexer, Cess… J’ai assez eu de traumatismes depuis que je suis arrivé dans ce campus pour avoir une sainte aversion des mouchoirs usagés. Je n’ai pas envie d’y toucher.
- Fais pas ta chochotte, allez !

Lui attrapant la main, elle fourra le mouchoir à l’intérieur. Aussitôt, Sven vit quelques scènes en flash entrecoupés.

C’était toujours la même chose. S’il y avait une histoire assez forte liée à un objet, il était capable d’en voir le passé rien qu’en le touchant. Ce don, il le possédait depuis qu’il était tout petit. Cela avait commencé en touchant l’Agate qu’une vieille dame lui avait offerte. Puis, de fil en aiguille, il avait pu sonder beaucoup plus d’objets. Des pierres, essentiellement… mais également des objets antiques, qui lui livraient leur histoire par séries de flash, comme un clip musical. Cette fois-ci cependant, il n’y avait qu’une seule scène. Sven se crispa. Dans son esprit, il voyait Cess qui pleurait, assise sur son lit, face à deux personnes habillées en blouse. Des médecins…

Retour à la réalité. Les yeux agrandis de surprise, il se tourna vers la petite blonde pour une explication. Cette dernière s’était cependant mise à sourire.

- Je ne savais pas comment te le dire, alors j’ai préféré te montrer… Je… Les médecins ont dit que je n’en avais plus pour très longtemps. La maladie continue de se propager, et il n’y a toujours aucun remède.

Sven se leva pour que Cess puisse se blottir dans ses bras. Au fond, il sentait que son cœur venait de tomber en miettes. Son Monde s’écroulait. Ce n’était pourtant pas comme s’il ne s’y était pas attendu. Depuis le départ, il avait su qu’elle risquerait de partir un jour ou l’autre. Mais il avait eu l’espoir, fugace, que quelqu’un trouverait un remède pour elle… Désespéré, il ferma les yeux pour refouler ses larmes. Il s’était trompé lorsqu’il avait dit que Cess ne pouvait pas lui faire de mal à cause de sa condition physique…

Au final, c’était peut-être elle qui était le plus apte à le faire souffrir.

- Tu… tu t’occuperas de Zépar lorsque je serai pa-partie ? bégaya-t-elle en reniflant.

Le Lépidonille leva la tête vers le duo, les yeux tristes. Lui aussi ressentait toute la détresse du départ prochain de Cess.

- Promis…

Et cette fois-ci, il respecterait sa promesse.

- Sven ?
- Oui ?
- Est-ce que tu peux me rendre un dernier service ?
- Je t’écoute.
- Hier, quand le médecin m’a annoncé ça, mon père est venu quelques heures après. Il tenait ce ruban dans ses mains, qu’il voulait m’offrir. Est-ce que tu peux le sonder ? J’aimerais savoir… A quel point cette nouvelle l’a affecté.

Avec un soupir, Sven attrapa le ruban. C’était étonnant qu’il puisse le faire trois fois dans la même journée, mais les émotions que diffusaient Cess partout dans la pièce devaient aider à ouvrir ses sens. Fermant les yeux, il vit de nouveau quelques flash.

Le père de Cess, le ruban à la main. Le père de Cess, parlant avec le médecin. Le père de Cess, soupirant de soulagement à la nouvelle du décès prochain de sa fille. Le père de Cess, heureux de ne plus avoir autant de frais hospitalier à dépenser pour quelqu’un qui était de toute façon condamné.

- Alors Sven ? Etait-il triste ?



- … Je suis désolé Cess, je n’ai rien vu du tout.
- Oh…

Un peu déçue que le pouvoir de son ami ne marche plus, Cess baissa les yeux, frottant doucement les quelques larmes qui perlaient. Sven la prit dans ses bras, encore une fois.

Pour ne pas qu’elle puisse voir son expression. Pour ne pas qu’elle puisse voir que son habituel sourire avait disparu. Pour ne pas qu’elle puisse voir que lui aussi, pleurait…


***


Cess s’était éteinte deux mois plus tôt. A sa mort, Sven avait énormément pleuré. Il s’était rendu à son enterrement, en compagnie de la famille de la jeune fille. Il avait à peine écouté les remerciements du père de Cess, qui le félicitait d’avoir été un aussi bon ami pour son enfant. Il s’était senti vide, creux, seul. Celle qui avait été son amie pendant un an était partie. Et, tout comme Vayka, elle ne lui reviendrait plus jamais.

A ce moment-là, Sven avait pris une décision. Si s’attacher autant aux gens devait autant le faire souffrir, alors mieux valait-il ne plus réitérer l’expérience. Il n’avait besoin de personne, de toute façon. Si c’était pour qu’on l’abandonne, il ne voulait plus ouvrir son cœur. Comme promis à Cess, Sven avait adopté Zépar, le Lépidonille. Sa petite équipe commençait à grandir. Un Xatu avait par ailleurs rejoint ses rangs, et, tous les quatre, ils brillaient dans les fouilles organisées par l’école. Furfur s’était montré excellent pour la cartographie. Il lui suffisait de voir un lieu, une carte, pour en retenir immédiatement les points névralgiques. Son talent pour l’orientation était fortement utile à Sven, qui s’en servait comme guide principal. Zépar, lui, avait su trouver son utilité. Se servant de ses Sécrétions pour tisser des fils d’Ariane, il permettait à Sven de garder un point d’ancrage avec la sortie. Ou, à défaut, il créait des toiles d’araignées qu’il disposait partout dans les endroits visités, qui se fondaient dans le décor et permettaient de détecter la présence de Pokémon sauvages. Quant à Xatu… Il usait de ses sens incroyables et de ses pouvoirs psychiques pour repérer les objets autour de lui, à la façon d’un sonar.

Dans sa détresse, Sven avait trouvé de quoi atténuer sa peine en fouillant. Ses études se passaient étonnamment bien, et, à part Cess, personne n’avait réussi à devenir son ami. Sa seizième année était cependant arrivée depuis quelques temps et, si son cursus lui permettait de se tenir éloigné de sa patrie, il ne pouvait pas repousser plus longtemps son retour temporaire à Ylel. Alors, profitant de ses vacances, il boucla ses affaires… direction : son désert natal.


***


17 ans. Son cursus touchait à sa fin, mais Sven était retourné de façon précipitée à Ylel pour assister à l’accouchement de sa mère. Sa mère… Elle était tellement âgée, qu’elle n’aurait normalement pas dû avoir d’autre enfant. Comment cela était-il possible ? Il n’avait pas pris le temps de plus d’explications. A un âge si avancé, il était fort probable que sa mère ne survive pas à l’accouchement. Vu son état de faiblesse de ces deux dernières années, cela n’aurait pas étonné Sven. Soulagé néanmoins que sa famille soit à Ylel pour que l’enfant puisse naître dans ces terres sacrées, le jeune étudiant était arrivé à Hoenn. Là, la tribu l’avait accueilli avec des accolades amicales et des prières en sa faveur. Bientôt… Bientôt, l’enfant qu’il était atteindrait sa majorité. Et un autre allait le remplacer.

Se précipitant dans la tente de ses parents, il vit sa mère allongée sous une couverture fine. Saryel, son père, lui tenait la main avec gentillesse.

- Tu es rentré enfin… Mon fils…

Il fut frappé de voir à quel point son père était vieux. Ses parents étaient vraiment d’un tout autre âge. Ils auraient presque pu être ses grands-parents… Gardant un visage impassible, Sven s’approcha de sa mère pour lui donner la main. Il ne s’était jamais senti particulièrement proche de ses géniteurs. Ils l’aimaient, et lui les aimait en retour, mais…

- SARYEL ! SVEN ! C’EST TERRIBLE !

Un homme du clan fit irruption dans leur tente. Sven se retourna.

- La Tour Mirage est apparue…

Le blanc sentit son cœur tambouriner dans sa poitrine. Il n’avait jamais vu la Tour Mirage du désert d’Ylel. Son apparition était tellement rare, tellement aléatoire, qu’il n’avait pu que rêver de l’explorer. Et là, elle venait d’apparaître devant eux… alors que son futur petit frère était sur le point de naître. Etait-ce lié ?

- … et nous avons vu Ziael y entrer.

Sven cessa aussitôt de respirer. Ses yeux verts fixèrent l’homme qui venait de les avertir. Ce n’était pas possible. Elle ne pouvait pas être de retour… Amorçant un mouvement pour se lever, il se refreina cependant. C’était l’accouchement de sa mère, et peut-être les derniers instants qu’il passait avec elle. Il ne pouvait pas… Il n’allait pas…

- Va-y.

Il se tourna vers sa mère, les yeux arrondis de surprise. Souffrante, Seren le regardait néanmoins avec un sourire doux.

- Je sais que tu veux y aller, mon fils. Je sais… Une autre chance comme celle-ci ne se représentera pas. Pars. Va la retrouver… celle que tu considères comme une mère.

Une larme brilla au coin de ses yeux. Sven sentit son corps se glacer. Il savait que ce qu’elle disait était son parfait ressenti… Pourtant… Pourtant…

Il se leva, le corps tremblant. Furfur, Zépar et Vual son Xatu redressèrent aussitôt la tête. Il ne savait vraiment pas quoi lui dire. Quoi dire à cette femme qui avait tant d’amour, tant d’affection pour lui. Celle qui l’avait aimé plus que n’importe qui d’autre, et à qui il renvoyait si peu. Il se sentait mal. Déchiré. Mais au fond, il voulait également revoir Vayka…

Il s’approcha d’elle et se pencha pour lui déposer un baiser sur la main. A travers ce simple geste, il essayait de lui faire passer toute une foule de messages. Merci de m’aimer. Désolé de ne pas être un bon fils. Désolé de ne jamais t’avoir montré tout ce que je ressens pour toi.

- Merci, maman. Je sais que je ne te le montre pas assez. Que je ne suis pas le fils parfait que tu souhaitais avoir. Malgré tout, je sais que tu m’aimes. Alors… Quand je reviendrai, promets-moi d’être encore là. Je te montrerai… à quel point tu comptes pour moi.

Seren eut un sourire et elle hocha la tête de haut en bas. Saryel posa une main sur l’épaule de son fils, et lui donna deux lames de poignard d’une drôle de forme de losange.

- Reviens-nous vite cette fois, Sven. Ne nous oblige pas à venir te chercher.

Il acquiesça avec gravité, puis quitta la tente.

Au dehors, la nuit était comme celle de la dernière fois. Le ciel était gris et chargé d’orages. Le vent commençait à se lever sur le désert. Mais cette fois, Sven ne laisserait pas Vayka s’échapper. Il ne la laisserait pas voler les trésors qui appartenaient à son peuple. Et, plus que tout…

Il allait la revoir.

Ses Pokémon sur les talons, il pénétra dans la fameuse Tour Mirage. Se protégeant le visage avec ses mains, le jeune Archéologue regarda partout autour de lui. A partir de ce moment, il allait devoir se montrer prudent… Mais contrairement à la dernière fois, il n’était plus seul.

- Zépar, tisses des toiles. Furfur, scanne la zone et creuse nous un chemin. Vual, tu restes en soutien et tu surveilles nos arrières.

Ses trois comparses acquiescèrent. Alors, Sven souffla un grand coup et fila la piste de Vayka.

L’endroit n’était pas très dur à explorer. Il n’y avait que quelques salles, et aucune difficulté à se repérer dans ces lieux. Il savait que Vayka était en général silencieuse, mais il pouvait la tracer grâce aux trainées de Mervin et Marble. Il fallait qu’il se calme… Il était fort. Il s’était entraîné. Plus jamais il ne se ferait maîtriser par Vayka. Il n’avait plus 7 ans, après tout…

Au bout d’un bon quart d’heure, Furfur se tourna pour les alerter qu’il y avait quelqu’un, plus loin. A pas feutrés, Sven s’approcha. S’il voulait prendre Vayka par surprise, il ne fallait pas qu’il se fasse repérer. A petits pas… Tout petits pas…

Là.

Il s’arrêta lorsqu’il vit la chevelure bleue caractéristique, loin devant lui. Elle était bel et bien là. Bel et bien en face de lui. Toujours accompagnée de ses deux Seviper, elle venait de mettre la main sur un objet doré qu’il ne connaissait pas. Un des trésors de la Tour Mirage, certainement… Il ne fallait pas qu’il la laisse faire. Il allait l’arrêter.

Faisant un signe à Furfur, il laissa son Nucléos l’auréoler d’une aura verte. Puis, se redressant, il se jeta sur Vayka.

Cette dernière se retourna et esquiva le premier coup qu’il essaya de lui porter. Reculant, Sven dégaina son lasso et l’envoya vers l’Archéologue, qui fit un nouveau bond de côté pour le parer. Le combat débuta. Violent, fulgurant. Autour, Vual était aux prises avec un des Seviper, tandis que Zépar faisait de son mieux pour repousser les assauts du second. Sven essaya de porter un second coup, mais Vayka était bien plus rapide et expérimentée que lui.

- Eh bien mon petit Sven, c’est comme ça que tu dis bonjour après autant de temps ? se moqua-t-elle, avec ce sourire qui lui était caractéristique.

- FERME-LA !

Il tenta un coup de poing, sans succès. Vayka en profita cependant pour le parer et pour préparer un second assaut. Alors que sa jambe allait attendre le ventre de Sven, ce dernier fit un bond en arrière et esquiva de justesse l’attaque.

- Oh… ? Comment as-tu fait ça, mon petit ?

Il bondit sur elle et lui donna un grand coup de pied dans la hanche. Vayka roula sur le côté et se cogna la tête contre un rocher.

- Travail d’équipe, vieille peau.

L’Archéologue se releva, et regarda le Nucléos à côté de Sven.

- Oh, je vois… Il a des pouvoirs plutôt intéressants. Il te contrôle comme un pantin et accélère ta vitesse de réaction, c’est ça ? Ce coup également… Ce n’est pas moi qui t’ai appris ça. C’est grâce à lui ?

Sven ne répondit rien, même si Vayka avait totalement raison. C’était une technique qu’il peaufinait avec Furfur depuis bien des années déjà. Faible quand il s’agissait de déplacer des objets, son Nucléos pouvait cependant contrôler tout ce qui était vivant avec une facilité déconcertante. Au départ, il n’avait pu prendre possession du corps de Sven que quelques secondes. Mais à force d’entraînements, ils étaient capable de combiner leurs forces jusqu’à une demi-heure…

Le combat reprit de plus belle. A force de coups, chacun des deux opposants commençait à sentir la fatigue et la douleur. Vayka était bien plus sauvage que lui, mais Furfur parvenait à réguler le niveau. Derrière Sven, Zépar et Vual avaient fait du bon travail pour blesser le plus possible Mervin et Marble. Ils avaient cependant essuyé de sacré dégâts, et l’oiseau vert était au sol, complètement affaibli après des morsures répétées.

Sven, quant à lui, était fou de rage. Elle lui avait menti. Elle l’avait trahi. Elle avait pillé le trésor des Surinbes et craché sur l’hospitalité de ce clan comme du sien. Il fallait qu’il se venge. Qu’il lui fasse mal. Qu’il récupère le trésor. Oui mais après ?

Après… Que ferait-il ?

Vayka lui donna un nouveau coup de pied, qui l’envoya rouler au sol. Affaibli, Sven mordit la poussière. Malgré l’influence psychique de Furfur, il était déjà au bout de ses forces. Incapable de se relever par lui-même, il regarda devant lui. Marble était complètement évanouie, tandis que Mervin se tenait à peine debout, l’un de ses crocs cassé en deux. De son côté, Zépar venait de le rejoindre, ayant réussi à n’essuyer presque aucun blessure par grand miracle. Vual, au contraire, était au sol, son pelage vert tâché de morsures diverses, ses ailes virant au violet après avoir subi tant d’attaques Poison.

La situation était mauvaise pour lui.

Vayka, qui était blessée mais encore debout, s’avança vers lui en prenant un itinéraire spécial. Entre ses yeux à demi clos, Sven remarqua qu’elle évitait les pièges de la Tour. Les pièges… Menaçante, la femme sortit un poignard de sa besace.

- Je m’étais trompé à ton sujet, mon petit Sven. Je pensais simplement me servir de toi pour obtenir le trésor d’Agaal, mais j’ai fait une erreur. Ce n’est pas grave… Je vais la réparer, ici et maintenant…

Il fallait qu’il trouve une solution. A bout de forces, il vit une sorte de corde dissimulée sous des branchages qui n’auraient pas dû se trouver ici. Un piège… ? Jouant le tout pour le tout, il puisa dans ses dernières ressources pour trancher d’un coup net la corde. Il entendit Vayka hurler, et le sol fut secoué de tremblements… Que se passait-il ?

Un bloc de pierre se détacha du sol et tomba  juste devant lui, forçant Vayka à reculer. Un second. Puis un troisième. Paniqué, Sven vit le plafond s’effondrer sur eux. L’un de ces rochers tomba même sur Marble, tandis que le second…

- VUAL !!!

L’oiseau disparut sous un rocher qui devait faire deux fois sa taille, et Sven contempla la scène avec horreur. Son Xatu… Celui avec qui il avait tant partagé. Ce n’était pas possible… Ce n’était pas possible… Furfur, déclenchant ses pouvoirs psychiques, parvint à faire léviter le reste du plafond avant qu’il n’achève de s’effondrer. Il s’était cependant épuisé au cours du combat de Sven et Vayka, et peinait à maintenir le tout en suspension. Le cœur vide après la perte de Vual, Sven, remarqua que les rochers ne tomberaient pas sur Furfur, Zépar et lui. Néanmoins, Vayka était pile en-dessous du piège. Et, la jambe bloquée sous un rocher trop gros à déplacer, elle le regardait.

- Je…

Sven essaya de bouger, mais son corps l’en empêchait. Il n’était pas un héros. Il n’allait pas trouver brusquement un regain d’énergie pour sauver Vayka. Au fond de lui pourtant, il en avait envie. Il ne voulait pas qu’elle disparaisse. Il ne voulait pas que tous ces moments avec elle ne soient qu’un simple souvenir. Il avait encore tant de choses à lui dire. Tant de questions à lui poser… Dieu qu’il avait été stupide…

Dans son esprit, Furfur l’avertissait qu’il ne pourrait pas tenir le plafond plus longtemps. Le petit Nucléos, ployant psychiquement sous le poids des rochers, était en train de perdre de ses forces. Il ne pouvait pas la sauver. Ni elle, ni Marble, ni Merven, ni Vual. Vual… Il était tellement désolé…

Redressant légèrement la tête, à bout de souffle, Sven sentit des larmes couler le long de ses joues. Il regarda Vayka une dernière fois, et ordonna mentalement à Furfur de couper ses pouvoirs psychiques. Il ne voulait pas risquer de perdre son Nucléos également.

- Je suis désolé…

Sous les rochers qui se remettaient à tomber, Sven vit du coin de l’œil un sourire se dessiner sur les lèvres de Vayka… Ce sourire qu’il avait toujours aimé… et qu’il ne verrait plus jamais.

Alors, elle disparut sous les rochers.


***


19 ans.

Sven releva la tête et mit ses mains en visières. Au-dessus de lui, le ciel était d’un bleu magnifique.

Cela faisait un an qu’il avait reçu son diplôme. Un an qu’il parcourait les routes afin d’explorer, de chercher… et d’un côté, de piller, également. Son statut d’Archéologue lui donnait le droit de fouiller dans la majorité des régions du Monde. Mais son manque d’expérience et son jeune âge lui fermaient de nombreuses portes. Soucieux de s’améliorer, il avait cependant suivi les conseils d’un ancien de ses Professeurs, et s’était rendu sur l’île de Touga. Là-bas, on racontait qu’une Pyramide étrange recelait de trésors encore enfouis, et qu’un professionnel éminent dans le domaine de l’Archéologie s’y était rendu pour les vacances. On racontait également qu’il était Professeur dans une académie…

Un Professeur. Le cœur serré, Sven ne pouvait s’empêcher de penser à Vayka, à Marble et Mervin, et à Vual… Il s’était senti fautif longtemps après. Même ses parents et son petit frère nouveau-né n’avaient pas réussi à lui remonter le moral. Mais deux ans après le drame, Sven était prêt à surmonter cette histoire et à aller de l’avant. Après tout, il le leur devait à tous… A Vual qui l’avait toujours soutenu. Et à Vayka, qui restait, au fond, celle qu’il considèrerait toujours comme une mère…

Bien. Qui que soit cet Archéologue, il allait essayer de le rencontrer. Après tout… peut-être pourrait-il en apprendre plus sur la fameuse Pyramide Kalalau ? Et au passage… peut-être pourrait-il obtenir quelques références ?

Sans trop savoir que ses objectifs étaient voués d’avance à l’échec, Sven posa un pied dans le fameux Village de l’Oasis. Direction… une nouvelle aventure.


***






2 ans plus tôt, peu après l’effondrement d’un des paliers de la Tour Mirage

Une lumière éclatante illumina les plaines de Cromlac’h, et trois silhouettes apparurent. Deux Pokémon et… une femme. Sa chevelure bleue était reconnaissable entre mille. Sa stature, caractéristique des gens de ce village de Kalos, était haute et imposante. Avec un soupir, la femme déposa au sol, le Seviper qu’elle tenait dans son bras gauche. De l’autre, elle essuya le sang qui s’écoulait le long de sa jambe. Amusée, elle leva la tête vers le Xatu qui était devant elle et venait de les téléporter. Hors de la Tour Mirage. Hors du danger de l’éboulement…

- Bien joué, Mervin…

Le Xatu blessé et couvert de poussière hocha la tête, puis se transforma. Les plumes vertes virèrent au rose, et se changèrent en une texture plus élastique. L’oiseau perdit plusieurs centimètres et, bientôt, ce fut un Métamorph blessé qui se ratatina au sol, complètement épuisé.

Vayka le caressa un instant, avant de lever ses yeux vers le ciel étoilé. Il y avait eu dans cette journée, beaucoup d’échecs. Mais également, beaucoup de promesses…

Sven. Sa progression. Son potentiel. Et son envie de la pourchasser, encore et encore. A cette heure-ci, certainement devait-il penser qu’elle était bel et bien morte. Mais Vayka savait qu’il ne mettrait pas longtemps à comprendre certaines choses.

Dos appuyé contre un rocher, elle se mit à rire. De plus en plus fort. De plus en plus douloureusement. Cette sensation était si grisante. Celle d’avoir quelqu’un qui est prêt à vous poursuivre, à vous haïr, et à vous aimer avec tant d’intensité. Alors, déchirant un pan de ses habits pour se confectionner une compresse de fortune, elle banda sa jambe blessée.

- Retrouve-moi encore une fois, Sven… Mon cher petit…

Description
Sven ? C’est un chic type. Il a un passé plutôt triste et la vie n’a pas toujours été facile pour lui, mais il ne se laisse jamais abattre et remonte les pentes à force d’efforts et d’acharnement. C’est un gars plutôt serein qui avait eu l’habitude d’être jovial et adorable dans le passé. Maintenant, seul son visage est resté mignon. Faut dire que la nature l’a plutôt bien gâté, celui-là. Enfin… ça aurait été le cas s’il avait été une fille ! Parce que niveau virilité, on repassera… Bref, Sven c’est ce type qui se fait facilement remarquer dans la rue. Il a un visage fin, une peau couleur de lait, des grands yeux verts et des taches de rousseur autour du nez. On pourrait le prendre pour une fille, tellement ses traits sont délicats ! La particularité qui attire le plus les regards, c’est la couleur de ses cheveux. Blanc ! Comme un vieux ! Mais il les a comme ça depuis la naissance. Ce n’est pas une caractéristique si anormale que ça, même pour un ptit gars né dans le désert. C’est assez rare mais il arrive que parfois, la génétique fasse des choses drôles. Il ressemble en tout cas beaucoup plus à sa mère qu’à son père. Car si Seren a une peau claire et des cheveux de la même couleur que son fils, Saryel est au contraire bien tanné avec une chevelure brune. M’enfin. Comme la majorité des gens de sa tribu - la tribu de Baal, du désert d’Ylel -, Sven porte des habits traditionnels. Une sorte de longue robe en coton de couleur blanche, bordée par endroits de bandelettes vertes aux motifs runiques. Un pantalon large et des chaussures type babouches noires. Et puis, un long keffieh vert qu’il pose sur sa tête pour se protéger du sable. Même quand il n’y a pas de sable. Mais allez changer les habitudes d’un gars comme lui ! Depuis sa rencontre avec Vayka, en tout cas, Sven porte des lassos rouges autour de ses deux bras. Ils lui servent à attraper des objets, ou à se défendre en cas d’attaques. Faut dire que Sven, c’est un peu l’Indiana Jones des temps modernes ! Quand il n’est pas occupé à fouiller des lieux historiques, il part dans des monuments en quête d’objets et de reliques rares. Parfois, même illégalement ! Je crois qu’on appelle ça des « pilleurs de tombeaux », mais je suis encore trop étranger à ce terme. Car pour moi, du moment qu’on fouille et qu’on trouve quelque chose, il n’y a pas de grande différence entre le faire dans les règles ou non. Mais bref ! Sven entretient quotidiennement son corps. Je pense que c’est une caractéristique qu’il garde depuis qu’il s’était mis en tête de retrouver Vayka et de pouvoir être en mesure de se défendre contre elle. Enfin maintenant, elle est décédée et ce n’est plus trop la peine, mais faut dire que ça nous a sorti de situations critiques pas mal de fois. De l’extérieur, et avec ses vêtements amples, on ne remarque pas qu’il est forcément musclé. Mais en vrai, il a un corps plutôt bien travaillé ! Enfin je vais éviter d’en dire plus. Il a déjà assez de problèmes comme ça dans la rue pour que je ne fasse de la pub qui vous donnerait envie de l’effeuiller.

Côté caractère, Sven est plutôt du style turbulent. C’est totalement paradoxal avec son physique, mais ce type jure comme un charretier. Il s’énerve au moindre manque de respect, et a une aversion pour les personnes qui n’ont aucun savoir vivre. Je vous jure ! Doublez-le dans une file d’attente et vous verrez ! Plutôt sanguin et du genre à s’emporter facilement, il a néanmoins un côté froid et calculateur. M’enfin… ça dépend quand. De façon générale, titillez-le un peu et il s’énervera comme un gamin. Essayez ! C’est très drôle à voir. Sauf quand il est avec des gens plus jeunes que lui et qu’il doit se comporter comme un « adulte ». Là, il essayera d’être un minimum crédible, même si cela virera rapidement au moniteur de colo qui s’énerve sur des gosses parce qu’ils ont encore essayé de passer leurs caleçons au barbecue. M’enfin…

En dehors, Sven a un don. Depuis qu’il est tout petit, il est capable de voir des choses par flash entrecoupés lorsqu’il touche un objet chargé d’histoire. Ce talent est assez aléatoire et même après 17 ans de pratique, Sven est toujours incapable de le déclencher sur demande. Ce qui peut être assez drôle, puisqu’à contrario, son don se déclenchera aux moments où il s’y attend le moins ! Nous ne sommes pas encore parvenus à déterminer les règles qui régissent son don, mais ça viendra bien, un jour. Enfin bon ! En dehors, et ça ne va pas du tout avec son physique, mais Sven est un excellent cuisinier. Même s’il n’est pas du tout maniaque - il arrive qu’il ne fasse pas le ménage pendant des jours et des jours, s’il est concentré sur ses travaux -, le bougre met toujours un point d’honneur à faire un dressage de son assiette digne des plus grands palaces de Kalos ! Je sais absolument pas pourquoi, et je crois que lui non plus, mais il le fait sans trop s’en rendre compte. Du coup, on mange super bien à la maison ! Ah heu… je m’emporte je crois, non ?

Pour revenir au vif du sujet, je dirai que Sven n’est ni bon ni mauvais. Il n’a pas conscience de ce qui est bien ou mal. Tout ce qui l’intéresse est de savoir si les choses le feront souffrir ou non. Il est égoïste, égocentrique, individualiste, radin et souvent insensible… mais au fond, c’est juste qu’il se persuade qu’il n’a plus envie d’être en contact avec les autres. Il est cependant très solidaire avec les membres de sa tribu, pour qui il a une grande affection même s’il ne l’avouera jamais. Il est un peu tsundere sur les bords, aussi.

- Furfur ? Tu parles encore devant le miroir ? Ça suffit. Prépare-toi, on doit y aller.

Oups. Je dois partir. Enfin bon… inutile de vous en dire plus. De toute façon, vous aurez tout le loisir de le découvrir. Il a pas mal de rêves et pas mal de projets. Donc vous croiserez sans doute son chemin, si vous vous intéressez à l’Archéologie !

- Magne-toi !

Bon, je manque vraiment de temps, là. Je vous dis à très bientôt ! Sur ce, c’était Fuzzy l’éclair, en direct de la hutte de Sven Seinfeld ! Restez à l’antenne si vous voulez en savoir pl-

- FURFUR !!!

Ok, ok, j’arrive.


Surnom. Furfur. Se fait souvent appeler "Fuzzy" "Fuzzy l'éclair" ou "Furr"
Espece. Nucléos
Nature. Foufou
Description. Hey ! Je suis Furfur, aussi appelé Fuzzy l'éclair ! Ouh yer ! Je suis un Nucléos qui accompagne Sven depuis qu'il est tout petit. Sa famille m'a trouvé à Unys, près du Désert Désolant, alors que je n'étais encore qu'un jeune Nucléos martyrisé par les autres Pokémon. Ils ont pris soin de moi, et je suis devenu en quelques sortes le compagnon de Sven. C'est un peu moi, le gars intelligent du duo, m'voyez. J'ai une mémoire exceptionnelle, et mes sens sont au poil. Franchement, je suis tellement puissant et cheaté que j'aurais pu évoluer depuis longtemps mais... nan. La division cellulaire, ça a l'air de faire un mal de chien. Pas envie. Niveau goûts, j'adore les films d'actions et les trucs d'arts martiaux asiatiques. Faut pas l'dire à Sven, mais quand je prends possession de son corps pour l'aider à se battre, je répète par mimétisme des scènes vues à la télé... Chut, ce sera notre petit secret ! En dehors, j'adore le jazz, la K-pop et les belles filles. Et je suis vraiment un Pokémon très intelligent !

Surnom. Zépar. Se fait souvent appeler "Zep"
Espece. Lépidonille (Verdure)
Nature. Timide
Description. B... b... bonjour. Je suis Zépar, aussi appelé Zep parce que c'est plus court, et plus mignon *rougit*. Je suis un Lépidonille. J'appartenais à Cess avant ; son père m'a ramené d'un de ses voyages et j'ai passé ma vie dans une chambre d'hôpital. Avant que ma maîtresse ne... p... p... parte *renifle*. Mon nouveau maître m'a adopté peu après, pour respecter une promesse faite à mon ancienne dresseuse. Je lui dois beaucoup, et je fais toujours de mon mieux pour me rendre utile. Je ne suis pas très fort, mais je sais tisser de belles toiles qui nous permettent de détecter les intrus et les Pokémon sauvages. *regarde Furfur qui lui chuchote des choses* Oh ah et heu... Niveau goûts, j'aime beaucoup les baies bien fraîches et bien mures et... *commence à paniquer en voyant Furfur froncer les yeux* la salsa et la bonne cuisine. Je suis un Lépidonille de maison comme de terrain. J'aime tenir propres les lieux où je passe.

Surnom. Agares. Se fait souvent appeler "Ares"
Espece. Milobellus
Nature. Sérieux
Description. ... ... (Agares ne souhaitant pas faire sa propre présentation, c'est Furfur qui s'en charge)
Yo les gars ! C'est encore Fuzzy l'éclair ! Agares est un Milobellus suuuuper sérieux que Sven a capturé peu avant d'arriver à Touga, dans les mers qui bordent Hoenn. Aucun de nous ne l'a connu en tant que Barpau, mais on peut dire que sa version Milobellus envoie du lourd ! Enfin bon, il est trop sérieux donc pas marrant, mais au moins il est cool. Il nous permet de voyager sur les mers sans avoir besoin d'un ferry, et de plonger visiter les épaves ! Il est avare en mots et en expressions, mais je sais qu'au fond il respecte Sven. Il est un peu narcissique sur les bords lorsqu'on ne le regarde pas, et adore s'admirer dans un miroir. Il fait toujours semblant que rien ne l'affecte mais en vrai, c'est un coeur d'artichaut. En cachette, il regarde des films à l'eau de rose et des trucs d'adolescentes. Son livre préféré est Tw- *capte le regard incendiaire d'Agares* heu erm. Bref, c'est Agares.
Pseudo ou prénom. Alban
âge. 24 ans
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Quelque chose à ajouter ? DC d'Alban Abernaty, avec l'autorisation d'Elisabeth Snow

Idalienor Edelwen
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Sujet: Re: [390] Sven Seinfeld [ADULTE]   Sam 6 Aoû - 0:05
*Ida s'est posé devant cette fiche*

*Ida a réussi à arriver au bout /pan/*

Non mais Alban tu as don c'est pas possible. Enfin bref c'est trop trop bien ♥ Je love Sven ♥ J'ai adoré son histoire et j'ai hâte de revoir Vayka ♥ Bon j'arrête les cœurs ♥ En fait non ♥

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Sujet: Re: [390] Sven Seinfeld [ADULTE]   Sam 6 Aoû - 8:24
Coucou ! (dire que je me suis couchée tard exprès pour lire ta fiche de présentation hier... ><)

Comme d'habitude, tes écrits sont surprenants et nous transportent totalement dans l'univers si bien ficelé de ton personnage. Je prends toujours autant plaisir à te lire... Hâte de découvrir la suite avec cette vil Vayka et d'approfondir des relations avec nos personnages. ^^

Comme dit en PV, le shiny de Milobellus est accordé (il me semble que c'est celui-ci que tu voulais quand je t'ai demandé) Je te laisse modifier son sprite. Je te valide donc. =D


Bienvenue chez les Adultes ! N'hésites pas à poser tes questions si tu as le moindre soucis, et bonne intégration parmi tes confrères ! Tu peux dès lors poster ta T-CARD dans la partie correspondante, ainsi que gérer tes RPs grâce à aux RECHERCHES DE RPs ET RELATIONS. N'oublie pas de remplir les champs de ton profil dès que possible (T-card et Fiche de Présentation) pour faciliter la navigation aux autres joueurs, et de réserver ton AVATAR dans la partie adéquate ! Ton numéro ID est 0390. Bon jeu sur Pokémon Community !
O'Ech Niki
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Sujet: Re: [390] Sven Seinfeld [ADULTE]   Sam 6 Aoû - 8:32
welcome chez les adultes!!

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Sujet: Re: [390] Sven Seinfeld [ADULTE]   Sam 6 Aoû - 10:15
Wouaaaaaaah ♥
Ca y est ! J'ai lu ! C'était tellement génial *-* ! J'y ai versé ma petite larme, comme souvent devant tes écrits T-T

Et je rejoins Ida, tu as un don ! C'est magnifique et diablement bien écrit !

Pi, Sven est beau gosse, et un Milobellus Shiny, c'est la classe ♥

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PHYL THE POWER
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Sven Seinfeld
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Sujet: Re: [390] Sven Seinfeld [ADULTE]   Sam 6 Aoû - 14:03
Oooh, merci à tous et à toutes **. Comme convenu, je prends bel et bien le Milobellus en chromatique. Je change le sprite dès que je pourrai le faire !
Au plaisir de RP avec vous tous !
Max Arago
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Sujet: Re: [390] Sven Seinfeld [ADULTE]   Sam 6 Aoû - 14:06
Aaaaaaaaaaaaaaaaaah. FUFUFUFUFUFUFU.

J'aime Sven.

Beaucoup.

♥♥♥♥♥♥


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Sujet: Re: [390] Sven Seinfeld [ADULTE]   
[390] Sven Seinfeld [ADULTE]
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