[Mission] Sur les traces de Magearna
Ambre Lawford
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Sujet: [Mission] Sur les traces de Magearna   Mer 10 Aoû - 22:48

Un groupe d’expédition s’était levé. Majestueux. Grandiose. Impressionnant. Et certainement le plus important de toute ma vie d’étudiante. J’allais marcher dans la cours des grands, caresser l’espoir d’atteindre un rêve que j’avais pensé illusoire au tout début mon aventure. Je me sentais pourtant si proche. Et la détermination grandissait en mon être… J’y étais presque.

Je profitais des vacances comme tout élève de l’académie jusqu’à ce que mes pensées ne me rattrapent. Je ne perdais pas de vu mes objectifs. J’en étais incapable. Des questions se posaient, s’entremêlant dans un esprit d’adolescente en perdition. Une opportunité s’était offerte à moi et je l’avais finalement déclinée, ne me sentant pas encore prête. Cependant, je savais que la porte n’était pas totalement close, que le laboratoire me laissait encore la possibilité de venir y travailler après mes heures de cours. Mais se retrouver sur l’île Touga avait bascula ma conception du futur. Et cela par l’intermédiaire d’une simple question : « qu’est-ce que tu veux vraiment … ? » Une simple scientifique clouée dans un bureau à mener de pauvres réanimations ou duplications de fossiles ? … Non. J’étais bien plus. Je ne pouvais pas me cautionner qu’à cela. J’avais besoin de vivre sur le terrain, de parcourir des endroits, de les explorer de fond en comble, à la recherche d’un trésor, toujours de plus en plus précieux.

Une autre porte venait de s’ouvrir. Une voie intéressante et intrigante qui m’avait menée à postuler sans hésitation.  L’origine de cette mission ? Une multinationale qui faisait parler d’elle depuis quelques mois. Tous les scientifiques étaient en effervescence face à la nouvelle de cette dernière : un nouveau Pokemon avait été aperçu au Royaume d’Azoth. Comment l’expliquer ? J’en étais incapable. Personne ne l’était à vrai dire. Ce Pokemon inconnu avait été baptisé Magearna. Le PDG de PALLADIUM SARL, Garrick Gamble avait, dans ses paroles, glissé un appel. Je savais que je n’étais pas la seule, que les sélections seraient rudes et que je devais me démarquer : sortir du lot afin d’avoir une chance de faire partie de cette aventure très certainement révolutionnaire. Ce serait un  moyen de se faire une place, d’annoter son nom dans les livres d’histoire et d’avoir son heure de gloire. Je ne m’imaginais pas non plus monter aussi haut mais c’était, à mes yeux, déjà une très belle reconnaissance. Et une valorisation personnelle considérable à ne pas négliger.

Je me souvenais encore de cette nuit blanche, à concocter ma lettre de motivation. Je m’étais montrée rigoureuse et pointilleuse et j’avais même eu l’audace de demander un appui de la part de Roseverte. Inutile de vous dire que je m’étais fait jeter comme un vieux torchon sans intérêt. Cet homme était cruel et il m’arrivait encore à me demander comment est-ce qu’il pouvait enseigner. Les brouillons s’étaient enchainés, faisant déborder ma poubelle en un rien de temps. Mes colocataires avaient pesté car il m’arrivait parfois de grommeler un peu trop fort d’insatisfaction. Mais au bout du compte, ça avait payé. Cette lettre entre mes mains épuisées, j’en étais fière et c’est elle qui m’avait permis d’être sélectionnée. Il me semblait avoir pleuré de joie, guettant avec un stresse insurmontable l’e-mail. Il était bien rare de me voir ainsi, traverser toutes sortes d’émotions alors que l’on me voyait toujours comme une fille stoïque.  Le masque s’était brisé l’espace d’un instant.

Au bout de plusieurs jours d’attente, la firme m’envoyait enfin vers une destination. Et pas n’importe laquelle : le désert d’Hoenn. Je le connaissais. Un peu. Car il s’agissait de ma région d’origine mais aussi parce que j’avais déjà pu fouler le sable de ce dernier, quelques mois avant. C’est dans un silence cérémonieux que j’avais rassemblé mes affaires et que j’avais quitté l’île Touga sans un regard en arrière. Ma détermination était palpable, Meian la ressentait bien. Il ne me quittait pas d’une semelle durant tout le voyage.

A Hoenn, les conditions météorologiques étaient différentes. Je ne me sentais pas écrasées par la chaleur. Mais je savais qu’une fois dans le désert, ce serait différent. Alors, je m’étais habillée en conséquence. Des chaussures légères, permettant au pied de respirer. Un pantalon à étage, bien pratique qui pouvait couvrir mes jambes en cas de tempête de sable ou encore de coup de soleil et les découvrir en cas de forte chaleur. Un T-shirt ample et confortable. Une veste avec de nombreuse poche pour mettre mes divers objets et enfin, le fameux chèche, un long foulard de couleur bordeaux que j’enroulais autour de ma tête pour l’isoler du vent et du sable. J’emballais mes cheveux avec, laissant quelques mèches rebelles y sortir.

Dans le désert, il y avait un campement de base permettant au groupe d’exploration de se regrouper et notamment faire connaissance. Je partais vers l’inconnu, et ma condition d’étudiante me faisait douter de ma place dans cette escouade. Je me sentais… insignifiante. Alors, je pinçais mes lèvres  en arrivant, me jurant de ne jamais intervenir sauf quand on me le demanderait. Je ne voulais pas être considérée comme un boulet. Il n’y avait personne. J’étais seule avec un camarade. Un étudiant, comme moi. Mais d’une autre académie. J’avais pu brièvement discuter avec lui pour patienter. Un garçon gringalet un peu plus jeune, suivant un parcours plus axé chercheur. Je n’en savais pas davantage, il ne m’inspirait pas.  Et surtout, je n’étais pas ici pour nuer une nouvelle amitié.

Un à un, j’observais tous les adultes entrer dans la grande tente, levant les yeux discrètement. Il y avait trois archéologues et un chercheur. Un me paraissait bien jeune, proche de mon âge. Mais ses cheveux blancs me faisaient douter. Je n’avais pas eu le temps de détailler ses traits. Je ne voulais pas paraître insistante. Un autre semblait bien à l’aise, chapeau sur la tête et bout d’herbe dans la bouche. A ma première impression, cet homme avait de l’expérience. Le genre d’explorateur blasé qui… Mais… Attendez deux secondes… Ne serait-ce pas le fabuleux Indiana Conda. Non, non. J’ai la berlue. Mes yeux me jouent des tours. Aaaah… La nervosité picotait mes doigts. Pourquoi est-ce que mon coeur bats plus vite ? Venait soudainement mon tour de prendre la parole. Meian proche de moi en étant assis à mes pieds, il m’insufflait sa confiance en soi. J’étais la première à me présenter. Je me redressais.

« Ambre Lawford. Je suis étudiante à l’académie de l’île Lansat depuis trois ans et je suis le cursus pour devenir archéologue. Enfin… Exploratrice. »

Euh… Depuis quand je change de bords moi ? Et l'hésitation ne fait pas partie de mon langage habituellement. D'accord. Je perds mes moyens, c'est ça ? Je m'adressais une grosse baffe mentale et poursuivait, paraissant parfaitement calme.

« Hem. Je pense que participer à ce genre d'exploration me permettrait de faire un sacré bond dans le domaine et de me lancer dans ma future carrière. Et puis, Magearna est une opportunité à ne pas laisser filer... »

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Sven Seinfeld
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Sujet: Re: [Mission] Sur les traces de Magearna   Ven 12 Aoû - 1:59


Sur les traces de Magearna

Ambre Lawford
␥   Mission PALLADIUM
␥   Août
␥   Désert de la Route 111
Une dizaine de parchemins s’amoncelaient sur son bureau, vestige de ses longues heures passées à gratter le papier avec sa plume et la sueur de son front en guise d’encre. Complètement débordé par la masse de travail qu’on lui avait assigné, deux semaines à peine après son arrivée, Sven soupira et acheva son énième papelard après avoir manqué de transpercer le parchemin en apposant un dernier point de i rageur. Roulant à la hâte son travail après que Zépar ait dirigé le ventilateur vers lui pour que l’encre sèche, le jeune Archéologue attrapa un nouveau livre pour le feuilleter dans le but d’en écrire une dissertation. Il prit néanmoins le temps d’enlever le monocle qu’il portait occasionnellement lorsqu’il travaillait, afin de frotter ses yeux endoloris.

Il avait toujours été un bourreau du travail. Tout petit déjà, Vayka l’avait habitué à une éducation scolaire stricte et impitoyable. De l’apprentissage de sa défunte mentor, Sven avait su tirer de nombreuses facultés, ce qui lui avait permis de surclasser haut la main tous les autres élèves de sa promotion à l’école d’Archéologie de Kalos. Mais ce n’était pas suffisant. S’il voulait devenir un des meilleurs Archéologues qu’il soit, et réaliser son rêve de devenir un Explorateur libre, le jeune Seinfeld devait redoubler d’efforts. Encore frustré et vexé de constater qu’il y avait dans le Monde, beaucoup de gens bien plus doués que lui, Sven se replongea dans l’étude de son ouvrage.

(Alors p’tite tête, encore en train de bouder du vent que tu t’es pris ?)

Sven leva ses yeux verts-gris et prit un air automatiquement blasé lorsqu’il vit Furfur, son Nucléos et ami, flotter paresseusement devant lui.

- Fuzz, laisse-moi bosser, maugréa Sven en remettant son monocle sur son œil droit.
(Prfft. Sven. Laisse-moi te dire que parfois, tu te comportes vraiment comme un gamin)

Un livre vola dans le minuscule bureau, et Furfur fit un bond sur le côté pour éviter le projectile, avant de continuer de ricaner. Sven l’entendait très clairement dans sa tête, et les quolibets dont l’affublaient le Nucléos étaient en train de perturber sa concentration. Décidant que de toute façon, il lui serait impossible de travailler dans ces conditions, l’Apprenti Archéologue se leva pour aller jusqu’à sa fenêtre.

Au dehors, le ciel était d’un bleu d’outremer. Loin vers l’horizon, le jeune homme pouvait voir des rubans rose et or s’entrelacer, dessinant de belles aquarelles sur la surface de l’eau scintillante. C’était un spectacle qu’il avait déjà vu de nombreuses fois ailleurs, et qui, pourtant, parvenait toujours à apporter ce petit quelque chose de nouveau. Que ce soit ici, à Hoenn, à Unys ou à Touga, le ciel revêtait des parures différentes dans des décors différents. Il avait l’impression d’assister à ces parades ridicules de dames de soirées mondaines, qui changeaient de tenues de luxe en un claquement de doigt. Pensif, Sven s’accouda sur la rambarde.

Il était à Lansat, petite île située dans le même océan que l’île de Touga, où il avait accosté par curiosité pour tenter de voir l’éminent Professeur Roseverte. Sur conseil d’un de ses anciens enseignants de l’école d’Archéologue de Kalos, Sven avait tenté une approche du Scientifique, mais n’avait rencontré que son profond mépris. Il n’était pourtant pas venu mendier une quelconque lettre de recommandation. Mais un simple bonjour avait rapidement braqué le Professeur, qui lui avait répondu avec une telle froideur qu’une suite de discussion aurait été mal avisée.

(Et pourtant, avec les cheveux blancs et le monocle, vous aviez pourtant des choses en commun), se moqua Furfur.
- Oh, ta gueule…

Heureusement que cet autre Professeur binoclard aux cheveux bruns l’avait pris en pitié. Comment s’appelait-il, déjà ? Il avait un nom ridicule d’aromate, ou quelque chose dans le style. Quoi qu’il en soit, il semblait suivre Roseverte avec admiration et frayeur partout où il allait. Voyant que Sven venait de se prendre le vent le plus monumental de l’histoire de l’Archéologue, il avait pris le temps de lui parler pour savoir ce qu’il voulait. Et lui avait conseillé de s’inscrire dans un organisme d’Archéologie où Roseverte officiait parfois, moyennant finances. Une chose en entraînant une autre, il avait fini par postuler et par envoyer ses références. Quelques jours plus tard à peine, Caine Corwick l’avait appelé pour lui proposer un entretien sur Lansat. Entretien à l’issu duquel il avait été intégré à l’organisme d’Archéologie de Lansat. Son premier véritable travail. Et pourtant le plus chiant.

Car depuis qu’il était arrivé, Sven n’avait rien eu de véritablement intéressant à faire. Il s’y était attendu, évidemment ; après tout, lorsqu’on venait de sortir d’école, on ne partait pas directement explorer. Mais bon. Après avoir épluché plus d’une trentaine de livres et écrit près de vingt dissertations en dix jours de travail, Sven devait reconnaître qu’il en avait ras le derrière.

Et cela n’avait rien à voir avec des quelconques troubles de constipation.

Retournant derrière son bureau et dégainant sa plume, Sven s’apprêta à écrire lorsque la porte de son bureau s’ouvrit à la volée sur un homme séduisant. Le blanc dû se retenir pour ne pas soupirer d’exaspération. Caine Corwick, son patron.

- Hello mon petit Sven, comment vas-tu, aujourd’hui ? lui demanda le brun en s’appuyant négligemment contre l’encadrement de la porte.

Comme à son habitude, Corwick était impeccablement habillé. La chemise blanche qu’il portait avait été soigneusement repassée, et la veste de cuir noire jetée désinvoltement sur son épaule lui donnait des airs d’acteur de grande renommée. Ses yeux dorés étaient taquins, et ses cheveux bruns effet « sortie du lit » avaient sûrement demandé beaucoup de préparation. Son sourire se voulait charmeur et Sven songea un instant à attraper la corbeille sous son bureau pour y vomir tout son saoûl. Non. Clairement. Le courant avec Corwick ne passait pas du tout.

- Oh, tu as encore passé la nuit à travailler sur tes parchemins ? Enfin, je ne vois pas pourquoi tu t’embêtes à tout écrire à la main ; les ordinateurs sont tellement plus pratiques. Mais puisque ton travail est plus que satisfaisant comme ça, je ne peux pas te dire grand-chose. Oh, et sens ça. C’est mon nouveau parfum, il est cool, hein ?

Quel moulin à paroles. Habitué à travailler dans le calme et la sérénité, Sven avait du mal à supporter ce genre d’intrusions. Non seulement Corwick venait le déranger dans son travail - ce qui, de base, était impardonnable -, mais, en plus, il venait lui raconter son inintéressante vie. Ne pouvait-il pas embêter quelqu’un d’autre, pour une fois ?!

- Mais j’y pense, mon mignon. Tu as vu l’heure qu’il est ? Il faut qu’on prenne le ferry pour Hoenn maintenant, sinon on risque d’être en retard.

Brusquement, Sven releva la tête, l’air incrédule. Attendez… Il avait tellement travaillé qu’il en avait complètement perdu la notion du temps. Quel jour était-on ?! Quelle heure était-il ?! Merde, merde, merde. Sa mission pour PALLADIUM !

- Mes valises sont encore chez moi, pesta-t-il en se redressant d’un bond, sortant sa montre à gousset de sa poche pour la consulter.

Dix minutes à peine avant le départ du ferry. C’était jouable, même si ça allait être compliqué. Sifflant ses Pokémon, Sven commença à se précipiter vers la porte, avant d’être retenu par un pan de sa robe par Corwick. Son regard vert sembla jeter des étincelles et demander ô pourquoi est-ce que cet abruti ne pouvait pas comprendre qu’il était pressé.

- Je sais où tu habites, et tu n’arriveras pas à attraper le ferry dans les temps. C’est pas grave, on a d’autres alternatives. Je te propose donc de gentiment rentrer chez toi, prendre une petite heure pour te préparer bien tranquillement, et ensuite on prendra mon véhicule personnel pour rallier Hoenn dans les temps.

Sven s’immobilisant en se mordant la lèvre. Il devait bien reconnaître que c’était l’alternative la plus raisonnable. Même s’il continuait de s’en vouloir pour avoir oublié quelque chose d’aussi important. Après avoir remercié son chef, il retourna donc chez lui et revint tout aussi vite jusqu’à son entreprise. Devant l’immense bâtiment à l’architecture travaillée, Corwick l’attendait avec son immense Bruyverne. Wait.

- Hélicoptère express ! Enfin… Bruyverne express, devrions-nous dire. T’inquiète pas, elle est parfaitement capable de tenir un long trajet avec deux passagers. T’as vu sa silhouette ? Enfin bon, on sera quelque peu serré mais ça devrait aller. De toute façon, si tu as peur, je serai derrière toi pour te tenir gentiment dans mes bras. Ça va être très sympa. N’est-ce pas ? Mon-pe-tit-S-v-e-n.



Et le harcèlement au travail, on en parlait ?

***

Après quelques heures d’un trajet parfaitement désagréable où Sven dû faire plusieurs fois des remarques pour que Corwick cesse de le serrer de façon un peu trop tendancieuse pour qu’il s’agisse de quelque chose d’anodin, les deux Archéologues arrivèrent enfin devant le désert d’Hoenn. Descendant de cette monture de l’enfer, le blanc redressa la tête et huma l’air caractéristique de son village natal. Quelque part derrière les grandes falaises qui encadraient le désert d’Ylel, le peuple de Baal - sa tribu -, devait certainement vivre sa vie de façon toujours aussi paisible. Sven se demandait s’il aurait l’occasion au cours de sa mission d’aller rendre visite à ses parents et son petit frère. Les habitants du désert ne se mêlaient que rarement aux Chercheurs et touristes qui venaient explorer le désert. Sûrement se tiendraient-ils à l’écart du campement de PALLADIUM, afin de ne pas être mêlés à leurs activités. Quoi qu’il en soit, Sven eut un sourire sincère lorsqu’il vit le sable chaud de ses terres natales. Il était toujours bon de rentrer chez soi, même dans des circonstances inattendues comme celles-ci.

Enveloppé de sa robe traditionnelle blanche et de son habituel keffieh vert, Sven pénétra dans le désert sans ciller devant les masses de sables que soulevaient les vents. Derrière-lui, il entendit vaguement Corwick se plaindre des dégâts de sa tenue, qu’il estimait « ruinée par cette tempête ». Rien que ça. Résistant à l’envie de lever les yeux au ciel, Sven se tourna vers ses Pokémon. Furfur, son Nucléos, était toujours en train de flotter autour de lui. Zépar, son Lépidonille, se blottissait contre son épaule, intimidé d’avance à l’idée de rencontrer de nouvelles personnes. Enfin, Agares, son Milobellus chromatique, ondoyait paresseusement derrière lui en agitant ses écailles étincelantes.

Quelques autres Scientifiques déjà sur place se retournèrent sur leur passage pour observer Agares. Il fallait dire qu’il valait le coup d’œil, après tout. Même Sven, qui accordait peu d’importance à la beauté des Pokémon, le reconnaissait. Avec ses écailles de corps d’un blanc de nacre, et ses ornements d’un vert feuillage, Agares avait plus les codes couleurs d’un Majaspic que d’un Milobellus classique. Faisant étrangement penser à un reptile sous cette forme, le Pokémon n’en paraissait que plus majestueux. En outre, Agares faisait particulièrement attention à prendre soin de lui, ce qui lui conférait encore plus de beauté. Ignorant les regards des passants, Sven avisa la présence de leur campement un peu plus loin, et entra dans la tente, Corwick sur les talons.

A l’intérieur, un espace spacieux avait été monté pour qu’ils puissent tenir des réunions sans se sentir à l’étroit. De ce qu’il avait compris, ils seraient six à participer à l’exploration. Corwick et lui, un Archéologue, un Chercheur, et deux élèves stagiaires dont ils allaient avoir la tutelle. Aussitôt après avoir mis un pied à l’intérieur de la tente, Sven su qu’ils étaient les derniers arrivés. Il croisa rapidement le regard de la jeune fille aux longs cheveux bruns, et remarqua la présence d’un magnifique Noctali chromatique. Agares, se sentant probablement supérieur, ondoya jusqu’à la table pour se placer juste à côté de son dresseur, dans le cercle. Son port de tête haut et fier semblait toiser hautainement les autres.

De son côté, Sven avait toujours la même expression. Malgré ses appréhensions et sa mauvaise humeur apparente, ses traits délicats dessinaient un visage doux et agréable. Son gentil sourire perpétuel était fixé sur ses lèvres, et la présence de Corwick ne fit qu’accentuer cette impression qu’il avait de former un duo d’abruti avec son boss. Sven regarda rapidement les personnes autour de lui. A part la jeune fille brune, il y avait un garçon qui devait être stagiaire également, et semblait relativement effacé. Côté Adultes, Sven reconnaissait Indiana Conda, un célèbre explorateur dont il avait souvent entendu les exploits. C’était une chance de se trouver dans le même projet que lui ; sûrement apprendrait-il beaucoup. Enfin, et si on exemptait Corwick, il y avait une seule autre adulte. Une femme à l’énorme poitrine qui paraissait visiblement nerveuse.

Les discussions commencèrent à se lancer. Pris dans une sorte de combat de coq, Corwick et Conda se jaugeaient avec intensité, sourires aux lèvres. Sven savait que Corwick était du genre mâle alpha. Et la seule présence d’un autre homme de la même trempe que lui suffisait à l’agacer. Sans se départir néanmoins de son sourire enjôleur, Corwick fit signe à la fille brune de se présenter. Avec un certain désintérêt, Sven l’écouta s’introduire assez timidement. Elle semblait un peu anxieuse d’être avec tant d’adulte, et Sven voyait bien qu’ils n’avaient pas grandi dans le même genre d’environnement. A son âge, il n’avait jamais eu de problèmes à s’exprimer devant des adultes. Après tout, il avait passé son enfance à être le seul enfant de son clan…

Il nota néanmoins qu’elle avait étudié trois ans à l’académie de Lansat. Soit, celle où le Professeur Roseverte enseignait. Sûrement avait-elle reçu des cours dispensés par cet égocentrique antipathique. Il nota mentalement qu’il devrait penser à le lui demander.

Vint ensuite le tour du jeune stagiaire. Sven retint vaguement qu’il s’appelle Goldric et qu’il venait d’une académie de Hoenn. Et qu’il avait l’air à peu près aussi intéressant qu’un Chenipotte. Sûrement tenterait-il de l'ignorer, dans ce cas-là. La femme se présenta ensuite comme étant le Professeur Olivia Clove, une Chercheuse dans le domaine des Pokémon Légendaires, Indiania Conda comme un Explorateur des civilisations anciennes, Corwick comme un des Directeurs de l’organisme d’Archéologie de Lansat, et…

- Sven Seinfeld, Archéologue. Je viens de finir mes études à l’école d’Archéologie de Kalos et je travaille actuellement avec Corwick à Lansat. Je suis également originaire de ce désert et tend à devenir un Archéologue Explorateur et collectionneur de pierres précieuses.

A ses côtés, Agares fit frémir ses écailles pour se faire remarquer. Sven soupira d’exaspération, tandis que les conversations reprenaient. Il voyait la diversité de profils, et il n’avait pas l’habitude de travailler en groupe sans en être le leader. En outre, il semblait déjà y avoir une lutte de pouvoir entre son boss et Indiana Conda. Pff. Comment allait se passer leur collaboration ?
Ambre Lawford
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Sujet: Re: [Mission] Sur les traces de Magearna   Mar 16 Aoû - 15:04

Archéologue, c'est explorer des lieux. Donc je pouvais tout à fait dire que je voulais être exploratrice. Il n'y avait aucune honte à cela. Pourquoi avait-il fallu que je bafouille de la sorte ? Il faillait absolument que je me ressaisisse et que je récupère d'une main de fer mes émotions. Pour qui allais-je passer, sinon ? Une bonne inspiration et me voilà redevenue celle que je suis : une Ambre Lawford à la façade stoïque. Je n'oubliais pas aussi de préciser mes motivations, sait-on jamais... Dans ce lot, il y avait bien quelqu'un que je pouvais intéresser, non ? Alors, je devais me montrer un peu plus stratégique et surtout, analyser toutes les informations que je pouvais recevoir. Me voici donc transformée en petite espionne, me rappelant amèrement la proposition de Noctis quant à rejoindre ce genre de cursus. Malheureusement, je m'imaginais pas tellement là-dedans. Je préférais, en réalité, me concentrer pleinement sur ma première activité, soit l'archéologie. Ma voie était déjà toute tracée, alors, pourquoi la combiner avec un tout autre chemin ? Bien que certains pouvaient se montrer complémentaire, j'éprouvais déjà bien assez de difficulté à ne rester que sur mon domaine. Il n'était pas nécessaire que je m'en éloigne.

Finalement, ma prise de parole avait été brève. L'autre élève enchainait juste après mais je ne l'écoutais pas vraiment, bien trop émue pour. Je notais cependant qu'il se prénommait Goldric, et c'est tout. Je déglutissais avec un peu de mal, cherchant ma respiration. Être si proche d'adultes expérimentés me mettait vraiment très mal à l'aise et c'était un sentiment dont je n'avais pas l'habitude de côtoyer, ce qui me rendait la tâche difficile quant à le maitriser. Pourquoi devenais-je si craintive face à mes ainés ? Sûrement parce que cela n'était arrivé que très rarement et que dernièrement, c'était plutôt moi la cheftaine de groupe. Cependant, jamais je n'avais imaginé que d'inverser les rôles si brutalement m'affecterait autant. Et je sentais, sans raison valable d'ailleurs, que mon futur était en jeu. Je fermais alors les yeux au moment où Goldric terminait et respirait un bon coup pour me concentrer sur la présentation des autres.

Le professeur Olivia ne semblait pas mieux que moi. En même temps, avec tous ces hommes et sa ... Généreuse poitrine qui .... Ok ok, j'arrête de dire n'importe quoi. Au moins, je ne me sentais pas trop seule. Apparemment, elle était spécialiste des Pokemon Légendaires ce qui semblait être un élément majeur dans cette mission. Mais pourquoi était-elle la seule scientifique ? Peut-être que PALLADIUM avait jugé cela suffisant. Suivait le fameux et le prestigieux Indiana. J'avais les yeux rivés sur lui, comme plongée subitement dans un rêve d'adolescente un peu trop frivole. Qu'est-ce qu'il était beau... Et musclé. Il avait la classe. Il était tout simplement par-fait ! Ahum. Je secouais simplement la tête. Depuis quand je réagissais de cette façon, moi ? Il avait beau être mon idole qui restait un pur fantasme mais ça s'arrêtait là. Et je ne devais pas trop perdre pied. Surtout maintenant.

Next !

Un certain Corwick que.... qui me laissait tout simplement bouche bée. Eh oui, moi, Ambre Lawford, je peux avoir ce genre de réaction. Il ne s'agissait pas de n'importe qui. A Lansat, il était une figure importe. Du moins, pour mon domaine de prédilection. Le directeur de l’organisme d’Archéologie de Lansat, rien que ça ! On peut dire que j'avais énormément de chance. J'en oubliais totalement Idiana, complètement émerveillée. Cet organisme, c'était tout simplement mon objectif. Est-ce qu'au moins, il avait entendu parler de moi ? Certainement pas. Et je ne pouvais pas compter sur Roseverte pour. Repenser à ce professeur déplaisant me faisait perdre ma béatitude. Certes, il avait pu -PARFOIS- se montrer agréable avec moi... Mais il me considérait toujours comme une petite merde méprisable. Et ça en devenait vexant. Bien... il ne restait plus qu'une seule personne. Un garçon relativement jeune. Lui aussi était élève ? On avait en tout cas la même tranche d'âge.

Gloups.

Sa présentation me laissait... admirative ? Oui un peu. Je dirais même que je le jalousais. Lui avait terminé ses études et avait pu directement rejoindre cet organisme. Et moi je restais plantée dans ce trou perdu de l'académie. Youpi. Mon sourire s'effaçait totalement. Allez savoir pourquoi, mais je me sentais entrer en compétitivité avec ce garçon. Bref. En tout cas, son Milobellus était vraiment magnifique. Un peu trop prétentieux pour se faire remarquer, d'ailleurs. Mais ça valait le coup. Meian l'ignorait totalement, soupirant à mes pieds d'exaspération.

« Bon, c'est bien beau la causette mais... »

« En effet mon cheeeeer Conda. » le coupait Corwick. « Le désert nous attend. On y va ! »

Le duo me tirait de ma contemplation. Et je ne pouvais que me facepalm intérieurement en les observant. Étaient-ils vraiment en train de se chamailler pour savoir qui prendrait la tête du groupe ... ? Et on parle d'adultes responsables là ? Je ne pouvais y croire. Je grommelais dans mon coin, attendant que la sélection naturelle se fasse. Qui aurait le dessus ? Affaire à suivre. Car là, c'était un véritable combat de coq. Enfin, plutôt soft car ils n'essayaient pas non plus de se crever les yeux ou de s'arracher les cheveux. Mais c'était assez voyant pour permettre au reste du groupe de comprendre que la bataille était rude. Je lâchais un petit soupire d'agacement et me penchais pour attraper mon sac et le mettre sur mon dos, quittant la toile de tente pour fuir ce moment embarrassant. Je patientais à l'extérieur que les choses se règlent.

« Et pourquoi, ce serait TOI ? »

Corwick se faisait de plus en plus insistant. Assez pour que finalement, j'entende ces deux zigotos alors que je venais de les quitter.

« Peut-être parce que je suis beaucoup plus expérimenté, comme je ne passe pas mes journées entières derrière un bureau pour gérer un fichu organisme ? » grondait Indiana.

Je priais pour que la situation se cadre automatiquement. Ca devrait le faire. Étant adulte, il y en a bien un qui allait se raisonner ou s'aplatir... Mais j'avais un bel espoir. J'étais vite rejoins par le reste du groupe, abandonnant aussi l'idée d'observer cette chamaillerie. La scientifique aux poumons sur-développés avait replacé ses lunettes brillantes correctement sur son nez et avait demandé timidement à ce qu'on la suive. On ne quittait pas pour le moment le campement. Je ne trainais pas trop, restant proche d'Olivia.

« On ne va pas y aller à pied. On va monter deux par deux sur ces Galegon. Ca... euh... nous facilitera la traversée d'autant plus qu'il peut y avoir des tempêtes de sables. »  

Ca, j'en avais parfaitement conscience. J'en avais eu l'amère expérience il y a un petit moment déjà. Je regardais alors nos futurs montures. Forcément, j'allais me retrouver avec l'autre élève. Mais cette préoccupation me quittait au moment où je remarquais qu'il n'y avait que deux Galegon pour six. Olivia était plus réactive et s'adressait directement au propriétaire dans un dialecte hésitant qui m'était inconnu. Elle devait sûrement se plaindre. J'intervenais alors, jugeant ma participation utile.

« Si c'est le nombre de Galegon qui gêne, j'en possède un ... » Je devais me montrer un peu plus confiante et m'affirmer. Je paraissais tellement timide et ça ne me ressemblait pas. Il me fallait plus d'assurance, bordel. « Il suffit qu'il suive les autres et ça ne posera pas de soucis. »

Pas de "je pense" à la fin de tes phrases Ambre. Tu es certaine, point. La scientifique me regardait avec ses grands yeux, comme soulagée que j'apporte une solution. Elle affirmait alors ma proposition d'un signe de tête positive et j'appelais le concerné sans trop tarder. Olivia formait elle-même les groupe. Je me retrouvais donc avec ce Sven -comme par hasard tien, pss- et elle avec Goldric. Elle préférait que les élèves restent encadrés avec un adulte. Ce que je pouvais comprendre. Mais pourquoi Sven ?! Il semblait à peine plus âgé que moi... Idiana aurait été carrément mieux... Sauf que lui et Corwick arrivaient plusieurs minutes après. Et là, je m'imaginais mal tous les deux sur la même monture... Je pouvais toujours proposer une alternative en me sacrifiant, non ... ?

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Sujet: Re: [Mission] Sur les traces de Magearna   Mer 17 Aoû - 22:48


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␥   Mission PALLADIUM
␥   Août
␥   Désert de la Route 111
Et voilà que revenait le comportement de gamin excentrique de Corwick. Avec une expression totalement neutre, Sven regarda ailleurs en essayant de ne pas prêter attention au spectacle désolant qui se déroulait devant ses yeux émeraude. C’était stupide à quel point ces deux-là essayaient de se mettre en avant. Mais d’un côté, lui aussi les comprenait un peu. A l’école d’Archéologie de Kalos, il s’était toujours imposé comme le leader naturel des Expéditions. Enfin… « Imposé » était un bien grand mot. Disons que les autres avaient rapidement reconnu sa supériorité intellectuelle et ses capacités terrain, ce qui l’avait propulsé au rang de chef de projet à chaque fois qu’il y avait quelque chose d’important à faire. Et autant dire qu’il valait mieux toujours être le meneur que le suiveur. C’était bien plus formateur qu’être un simple larbin. Mais dans le cas actuel, Sven reconnaissait la supériorité hiérarchique de Conda et de Corwick. Ils avaient plus d’expérience, plus de maîtrise, et il aurait été stupide qu’il se joigne au combat de Chacripan pour tirer son épingle du jeu. Après tout, il était encore un Apprenti auprès de son patron. Laissant donc son chef se battre pour sa si précieuse place, Sven lâcha un soupir imperceptible par les autres. Suivant l’exemple de la jeune stagiaire brune, l’habitant du désert quitta la tente et rajusta son keffieh pour se couvrir des Tempêtes de Sable. Derrière lui, l’autre adolescent venait d’émerger, rapidement suivi par Clove, la Scientifique.

Sven observa la jeune femme blonde un moment. Elle semblait brillante et douée, mais terriblement gauche. Un regard lui permis de déterminer qu’il aurait cependant trouvé plus judicieux que ce soit elle qui prenne la tête de l’Expédition. Même si elle n’était pas Archéologue, sa connaissance des Pokémon Légendaires ou Fabuleux allait leur permettre de suivre le bon chemin. En outre, elle semblait bien plus mature que ses deux homologues, ce qui la rendrait donc forcément moins stupide et plus efficace. Ce n’était cependant pas à lui de décider, et avec sa timidité maladive, le Professeur Clove allait sans doute se faire marcher sur les pieds par les deux autres étalons de leur groupe. Et en parlant d’eux, voilà qu’ils sortaient enfin de la tente avec des airs butés et maussades. Dès qu’il fut en extérieur cependant, Corwick vissa ses lunettes de soleil sur son nez en relevant le menton d’un air charmeur, sans doute pour se donner des airs « cools ». Furfur passa à côté en flottant gaiement, et Sven fut content que pour une fois, son boss ne puisse pas entendre les commentaires sarcastiques que lui transmettait son Nucléos.

L’expédition s’organisait. Lentement, mais sûrement. Encore observateur dans ce vaste monde qu’il ne connaissait que trop peu, Sven regarda les trois autres s’affairer à la tâche. Les deux hommes étaient encore en train de se chamailler, discutant cette fois-ci de leurs styles vestimentaires respectifs. Olivia Clove était quant à elle en train de dialoguer avec un habitant du désert, dans un langage quelque peu approximatif qui lui permettait néanmoins de se faire comprendre. Surpris par une telle maîtrise, Sven s’approcha de la jeune femme en écoutant sagement. Il était rare de croiser des gens qui parvenaient à parler les dialectes des déserts, et l’Archéologue était persuadé que ni Conda, ni Corwick n’en étaient capables.

- Mais nous sommes six, nous ne pouvons pas avoir uniquement deux montures, c’est impossible…
- Je suis désolé amagen, mais les habitants du désert ont l’habitude de voyager à côté de leurs Pokémon pour les guider. Il était normalement prévu qu’il y ait quatre personnes sur les Galegon, et deux autres au sol pour diriger… Nous n’avons malheureusement plus de montures à vous proposer…

Au visage que faisait Clove, Sven su qu’elle n’avait pas compris la moitié de ce qu’il lui disait. Elle avait tiqué lorsqu’il l’avait appelée « amagen ». Mais il s’agissait là simplement d’une appellation envers les femmes étrangères de façon générale. Quelque chose qu’on n’apprenait pas forcément dans les livres… Il s’avança légèrement pour lui venir en aide et négocier ce qu’elle souhaitait avoir - bien que marcher ne le dérange pas -, mais fut devancé par la petite brune qui proposa son propre Galegon.

Sven se tourna vers elle et la regarda, légèrement surpris qu’elle ose intervenir dans une discussion aussi tendue. Il avait eu l’impression qu’elle était hésitante et peu sûre d’elle, mais peut-être s’était-il trompé. Clove soupira de soulagement, et l’éleveur de Galegon haussa un sourcil, sans trop comprendre ce qui se passait. Toutes les tribus du désert d’Ylel n’étaient pas forcément versées dans les langues étrangères, contrairement à celle de Baal.

- Elle dit qu’elle a un Galegon et que cela règle donc les soucis d’effectifs. Je vous remercie pour votre aide en tout cas. Nous reviendrons vous les rendre comme convenu lorsque l’expédition sera achevée, traduisit-il dans un arabe impeccable.

L’homme le regarda un peu surpris, puis, avisant la présence du liseré vert sur sa robe, su de quelle tribu il venait. Il se mit alors à parler très vite et de façon précipitée pour s’enquérir de son état, faire l’éloge de sa tribu et lui souhaiter que son expédition soit couronnée de succès et placée sous la protection de Salomon, leur dieu commun. Sven le remercia pour son enthousiasme et s’inclina profondément, au fond un peu content que personne d’autre que Clove ne puisse comprendre ce qui se disait. Et encore, vu la difficulté des mots employés et la rapidité du dialogue, Sven n’était pas sûr qu’elle ait tout suivi. Ignorant donc les regards étonnés de la majeure partie de ses collègues, l’Archéologue ne broncha pas lorsque la Chercheuse fit les groupes.

Il se retrouvait avec la stagiaire Archéologue, ce qui ne le dérangeait pas outre mesure. Clove se trouvait avec le stagiaire Chercheur, ce qui tombait sous le sens. Ce qui laissait la dernière monture pour…

- Ah non, je n’ai pas envie d’être avec TOI, cracha Conda à l’adresse de Corwick.

Tous deux se toisèrent avec des yeux méchants. Sven soupira. Si ça lui permettait de se passer de ces gamineries, il pouvait proposer d’échanger sa place avec l’un ou l’autre. Mais le problème était le suivant ; si Corwick se retrouvait avec la petite brune, il en profiterait certainement pour la tripoter ou que sais-je encore. Après tout, ce type n’avait aucune limite et, filles comme garçons bénéficiaient de ses lourdes tentatives de drague. Autant dire qu’il n’avait pas envie que l’expédition tourne au cauchemar pour des attouchements sur mineure. Mais d’un autre côté… Lui-même n’avait pas envie de se retrouver avec Corwick. Il avait déjà du mal à marcher devant lui car il se faisait toujours mater les fesses. Alors partager un Galegon ? Plutôt mourir. A choisir, il préférait que l’étudiante s’y colle à sa place.

Cette dernière sembla d’ailleurs sur le point de se proposer, et Sven y vit là une très mauvaise idée. Automatiquement, sa main jaillit avec la vivacité d’un Seviper pour se fermer doucement autour du poignet de la belle et l’interrompre dans son geste. Il se pencha alors vers elle, tandis que les deux autres abrutis étaient en train de s’insulter copieusement.

- Mauvaise idée, crois-moi, lui souffla-t-il à voix basse.

Il ne savait pas comment elle allait prendre son geste, mais il s’en fichait un peu à dire vrai. Elle ne répondit néanmoins rien sur le moment et, lorsque Conda et Corwick consentirent - enfin - grimper sur leurs montures respectives, Sven enjamba aisément le Galegon de la brune. Il attendit qu’elle l’ait rejoint et que le Pokémon se mettre en branle pour se tourner vaguement vers elle. Devant eux, les autres binômes étaient trop loin pour entendre quoi que ce soit. Et puis de toute façon, avec cette Tempête de Sable, ça leur aurait été impossible…

- Ambre… c’est ça ? lui demanda-t-il avec une voix assez froide malgré la chaleur de ses traits enjoués.

Evidemment que c’était ça. Elle portait le même nom qu’une pierre magnifique qu’il adorait. Il ne pouvait pas se tromper. Mais, par politesse, il préféra attendre qu’elle l’invite à continuer de parler pour poursuivre.

- Je préfère te prévenir d’avance. Evite de te retrouver seule avec Corwick ou de lui donner l’occasion d’être trop proche de toi. Ce type saute sur tout ce qui bouge, et il ne fait attention ni aux questions de sexes, ni aux questions d’âge. Enfin bon, tu t’en rendras bien compte par toi-même. C’est un Archéologue exceptionnel mais il a quelques… excentricités, dirions-nous.

Furfur vint flotter à côté d’Ambre et Sven, et se tourna vers l’étudiante avec une expression malicieuse.

(Il est complètement fêlé, plutôt)
- Furfur, tais-toi.
(Huhuhu)

Agares passa à côté d’eux en rampant dans le sable, totalement à son aise. Il lança un regard blasé au Nucléos, puis les dépassa, faisant ondoyer ses écailles blanches et vertes sur l’or du désert. Sven resta silencieux quelques longues minutes durant. Il n’avait aucun mal avec le silence, et cela avait l’air d’être la même chose pour la jeune fille. Tandis que Corwick et Conda se disputaient encore, loin devant, et que Goldric et Clove avaient engagé une conversation passionnée dont les détails lui échappait, Sven décida d’en profiter pour questionner Ambre sur son école.

- Je voulais te demander… Tu as dit que tu venais de Lansat. Cela signifie donc que tu as eu des cours avec le Professeur Roseverte, non ?

Il coula un regard vers elle, guettant la moindre réaction. Mais autant son visage à lui était expressif et jovial - chose qui n’allait pas du tout avec son réel caractère -, autant celui de la brune était froid et placide. Impossible de lire quoi que ce soit sur ce minois-là.

- Comment est-il avec ses élèves ?

Il s’interrompit lorsque le Galegon ralentit jusqu’à se stabiliser. Redressant légèrement le nez, Sven vit qu’ils venaient d’arriver devant une partie du désert qu’il n’avait que peu exploré et qui était composée de nombreux rochers, placés aux pieds d’une falaise immense. Avec souplesse, il sauta au bas de sa monture et rejoignit le reste du groupe. Clove était déjà en train de rajuster ses lunettes, sa poitrine pigeonnant menaçant de faire éclater sa blouse blanche. Goldric semblait avoir eu le mal du transport, et il se tenait dos aux autres, légèrement courbé, comme s’il avait envie de vomir. Enfin, Conda et Corwick semblaient s’être - enfin - calmés, et ils regardaient avec curiosité la falaise. Ce fut finalement Conda qui brisa le silence. Vu la réaction très calme de son propre patron, Sven supposa qu’ils avaient dû tirer au sort lors de la traversée, qui aurait le premier tour de parole.

- Bon. Avant que nous commencions, je vais faire un récapitulatif de la Mission. Comme vous le savez sans doute déjà via PALLADIUM, notre but est de retrouver des traces du Pokémon mécanique, Magearna. Comme vous avez pu le lire dans le dossier attribué, il existe très peu de données sur ce Pokémon. On en sait encore trop peu sur lui, même si Mademoiselle Clove ici présente sera notre experte en la matière. Nous avons discuté avec Corwick, et nous en sommes venus à la conclusion qu’il était judicieux de séparer les effectifs en deux. Un groupe mènera les recherches sur le Pokémon en lui-même, à savoir détection d’éventuels rouages qui auraient pu disparaître dans le sable, ou toute autre « partie » du Pokémon. Les habitants des villages voisins ont affirmé à PALLADIUM qu’ils avaient retrouvé des rouages. Donc nous sommes là pour confirmer leurs dires. Dans un même temps, un second groupe mènera les recherches sur l’environnement en particulier, en essayant de retrouver des empreintes ou des modifications du terrain qui pourraient laisser supposer la venue de Magearna ici. Au besoin, un troisième groupe pourra être formé, composé d’un effectif de chacun des deux groupes, pour l’analyse des données et la reconstitution des évènements. Mais nous ne savons pas encore ce que nous allons trouver, alors autant nous organiser en seulement deux groupes pour le départ. Êtes-vous d’accord avec ce plan ?

Corwick leva la main presque aussitôt, et s’éclaircit la gorge pour poursuivre.

- Avant de continuer sur l’organisation et les groupes, je tenais à attirer votre attention sur le fait que le Pokémon est peut-être encore dans les parages. Agissez donc toujours avec prudence et avec délicatesse, pour ne pas l’effrayer si c’est le cas. A mon avis il s’est déjà enfui depuis longtemps vu le nombre de personnes qui transitent ici, mais ne sait-on jamais. Essayez également de comprendre pourquoi il est venu ici, et qu’est-ce qui a pu l’attirer dans ce désert. Ce sera plutôt la mission de nos deux Chercheurs ici présents, mais tout le monde doit être mis à contribution. Nous sommes une équipe, tâchons de nous comporter comme tel.

Il fit un sourire à l’audience, et Sven acquiesça silencieusement. A présent, il fallait décider de qui allait se retrouver dans tel groupe. Avec ses compétences et ses préférences, Sven préférait s’occuper de l’environnement et du terrain. Mais si d’autres étaient plus doués que lui pour ça, il n’y voyait pas d’inconvénients. De ce qu’il en savait, Corwick était plus axé sur les objets et Conda sur les lieux. Ce qui basculait d’office Corwick dans le premier groupe, et Conda dans le second. La tuile. Il n’avait pas envie de se retrouver avec Corwick… Une intervention du Professeur Clove le tira néanmoins de ses préoccupations triviales. Appelant ses collègues dans un murmure, elle pointa discrètement du doigt un groupe de personnes habillées étrangement, un peu plus loin, qui ne cessaient de leur jeter des coups d’œil.

- Psst. Regardez. Un groupe de Scientifiques. Vu leurs habits, ils ne sont pas natifs du désert. Ni de la région, d’ailleurs. On dirait les tenues des Chercheurs de Kalos…

Sven accusa le coup sans rien dire. Il était évident qu’il y aurait d’autres Scientifiques sur la recherche des preuves. Mais plus il observait, et plus il voyait les Scientifiques pousser comme des champignons autour d’eux. Visiblement, la tâche n’allait pas être de tout repos. Surtout que certains avaient l’air de leur être ouvertement hostiles. Sûrement à cause de l’allure de bellâtre stupide que se payait Corwick. Décidant de ne pas s’en préoccuper pour le moment, Sven rajusta la sacoche qui contenait tout son matériel sur son épaule, et fit cliqueter les instruments pour attirer l’attention.

- Bon. Qui va dans quel groupe ? Personnellement, j’aimerais bien faire partie du second. Mais le premier peut me convenir aussi. Je peux m’adapter en fonction des besoins et des effectifs.

Furfur vint flotter devant lui, tandis que Zépar se recroquevillait sur son épaule, stressé par toutes les paires d’yeux qui venaient de se tourner vers eux.

- Essayons de choisir vite, en tout cas. J’ai l’impression que ces Scientifiques ne vont pas nous attendre pour trouver quelque chose.

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Sujet: Re: [Mission] Sur les traces de Magearna   Sam 20 Aoû - 16:46
Alors, est-ce que mon intervention a été pertinente ? A en voir la scientifique, oui. Mais son interlocuteur me regardait d'un drôle d'air, comme s'il était outré qu'une gamine intervienne dans les négociations. Je me sentais soudainement ridicule. Mais en analysant davantage l'expression de son visage, je me rendais compte que je m'étais trompée et qu'il était plutôt dépassé par mes propos. Ah... Il ne parlait donc pas notre langue. Je lançais alors un regard implorant à Olivia pour que cette dernière puisse lui traduire la situation. Sven prenait cependant les devants, totalement à l'aise dans ce dialecte qu'il parlait sans l'ombre d'une hésitation... Sur le coup, je restais pétrifiée de surprise, mais je me détachais bien vite en reculant un peu et en appelant mon compagnon. Le Galegon sortait dans un bruit léger, apposant ses pattes sur le sable chaud du désert. Il ne semblait pas du tout dérangé par l'environnement et ses petits yeux me regardaient, attendant des directive. Je lui soufflais rapidement ce pourquoi j'avais besoin de lui et il ne bronchait pas, patientant en allant rejoindre les autres de son espèces.

La scientifique avait formé les groupes pendant ce temps et je me retrouvais avec le fameux Sven. Et oui, j'étais déçue. Allez savoir pourquoi, mais je m'étais déjà imaginée à l'arrière du grand homme Indiana, à tenir son torse musclé et à respirer sa douce odeur enivrante, menton sur son dos... Je lâchais un soupir discret et me rapprochait du jeune adulte avec lequel j'étais, jusqu'à ce que les deux énergumènes ne fassent leur soudaine apparition. Le combat de coq se réengageait au moment où ils s'étaient rendus compte qu'ils se retrouvaient ensemble sur une monture. Cela devenait épuisant de les voir se chamailler de cette façon, m'amenant à me demander s'ils avaient au moins conscience de leur comportement. Comment pouvait-on être un adulte et agir de la sorte ? Cela ne collait vraiment pas à l'image que je me faisais d'eux. Et ça prenait une si grande proportion que je finissais par m'avancer pour me désister et signaler que je pouvais apporter une solution à ce "problème" en faisant équipe avec l'un d'eux -de préférence Indiana, d'accord ?!

« Gros nigo. » lâchait l'un des deux hommes.

C'en était trop. La main en avant, j'étais prête à intervenir. Mais je fus stopper par le garçon à côté de moi. Il avait fait preuve d'une telle vivacité que je m'étais retournée brusquement, sur la défensive. Je dégageais aussitôt mon poignet de son emprise et je lui lançais un regard à la fois mauvais et empli d'incompréhension. Mes pupilles allaient se confronter aux siennes et je cherchais dans son regard une quelconque réponse de ce geste que je qualifiais de déplacé. Mauvaise idée ? Et pourquoi ça ? Je pestais doucement et je me résignais en replaçant mon bras le long de mon corps. J'essayais de me convaincre que cet avertissement avait un sens. Et j'avais hâte qu'il me le donne.

Enfin, ils s'étaient mis d'accord. Indiana et Corwick restaient ensembles et avaient fini par se calmer, au soulagement du groupe. Je rejoignais Sven qui avait déjà monté Galegon et me retrouvais donc derrière lui. Ce dernier m'aidait à monter mais je restais un peu à l'écart, m'accrochant là où je le pouvais. Notre monture se mettait ensuite en marche et, comme convenu, il suivait les autres. Une petite tempête de sable se levait, me forçant à resserrer mon chèche jusqu'en dessous des yeux. Je ne savais pas où on allait et combien de temps cela allait duré, ce qui ne m'empêchait pas de rester muette comme une carpe. De toute façon, je n'avais rien à dire à ce Sven, bien que son intervention de tout à l'heure méritait de plus amples explications.

Le concerné allait finalement se retourner. Il me demandait de confirmer mon prénom, ce que je faisais d'un hochement de tête positif. J'étais exaspérée. A quoi servaient les présentations au juste ? Je le laissais poursuivre, en regardant tout sauf son regard. Je me disais que son timbre de voix ne collait pas du tout à l'image physique qu'il dégageait. Il avait l'air d'un garçon sympathique, pourtant. Mais le ton employé ne n'aidait pas. Le jeune homme poursuivait en donnant enfin les détails que j'attendais. Arquant un sourcil, j'étais plutôt choquée par de telles révélations. Assez pour me permettre de douter. Il était sérieux ou il se fichait de moi là ? Je n'étais quand même pas assez naïve pour croire à une chose si stupide... Je déglutissais peu avec difficulté et reprenais la respiration que j'avais interrompu sans m'en rendre compte au moment où le Nucleos de mon interlocuteur intervenait.

« Merci de l'avertissement, je ferai attention. » me contentais-je de répondre.

Je ne m'étendais pas davantage. Et pour quoi dire ? Ce garçon devait me trouver totalement inintéressante. Je n'étais qu'une stagiaire à ses yeux. Et malgré tout, mes trois années d'expérience et notre âge paraissant relativement proche me disaient que je pouvais me positionner au même niveau que lui. Que valait l'école de Kalos, exactement ? Je baissais les yeux, me disant que je devais éviter de me propulser ainsi comme si j'étais quelqu'un d'important. Ici, dans cette expédition, ce n'était plus le cas. J'étais rétrogradée au dernier rang.  

C'est Sven qui brisait de nouveau le silence qui nous entourait -bien que les insultes entre Corwick et Indiana me parvenaient de temps à autre jusqu'aux oreilles. Le jeune homme semblait bien intéressé par l'un de mes professeurs de l'académie. Et lorsque j'entendis son nom entre ses lèvres, je ne pouvais m'empêcher d'afficher un sourire malicieux qu'il ne pouvait voir puisque mon foulard était encore dessus. Là, je sentais une soudaine fierté quand à l'idée de dire : Oui, j'ai des cours avec lui. Cependant, cette fierté retombait comme un soufflet lorsqu'il me demandait quel comportement il avait avec ses élèves. Je trouvais la question hors contexte et n'arrivait pas à faire directement le lien. Mes yeux se froissaient, essayant de comprendre où est-ce qu'il voulait en venir. Et lorsque je percutais enfin, je prenais une grande inspiration, abaissant le chèche pour dégager ma bouche. Mon sourire était toujours présent.

« J'en conclu qu'il vous a envoyé sur les roses. » Je me délectais de pouvoir lui parler du professeur. Je le connaissais plutôt bien, même s'il se montrait toujours ingrat avec moi. Mais je ne devais pas oublier ce qu'il avait pu faire pour ma personne, notamment le don de la pierre mousse pour me féliciter indirectement de ma progression mais aussi des conseils quant au laboratoire de Lansat et autres... « S'il vous trouve insignifiant, n'osez même pas espérer un entretien avec lui. Ce qui... Semble être apparemment le cas. »

Je laissais les secondes filer, le temps pour lui de réfléchir à ce que je venais de dire. Parler de Roseverte ne m'enchantait pas tellement. Néanmoins, je pouvais prouver ma valeur grâce à celui-ci en disant que je le côtoyais, malgré le comportement qu'il avait avec moi comme tous les autres élèves. Mais ça, Sven n'était pas obligé de le savoir. Je pouvais toujours mentir en faisant comme si j'étais une élève particulière à ses yeux et que j'avais le droit à un traitement de faveur. Ca dépendait plutôt de comment allait tourner la discussion. Le mensonge n'était pas une chose évident à maitriser bien que je prenais un certain plaisir à le faire. Si je pouvais au moins en tirer profit, ce n'était pas négligeable ...

Galegon ralentissait, m'amenant à me concentrer sur les alentours et stoppant notre discussion. Apparemment, nous étions arrivés. Je descendais juste après Sven et surveillait du coin de l'oeil Goldric qui se remettait tout juste  de cette escapade. Si c'est pour se récolter un boulet, autant qu'il reparte directement. Il n'allait tout de même pas nous ralentir ! Mes yeux se posaient sur Indiana qui prenait la parole, s'étant donc imposé comme leader. J'écoutais avec attention le récapitulatif de notre mission mais aussi les directives auxquelles il avait déjà réfléchi sur la route. Corwick ajoutait ses propres consignes que je jugeais utiles.

Encore des groupes. Je ne m'imposais pas et patientais que les adultes les déterminent. A juste de titre, ils déclaraient unanimement que moi et l'autre stagiaire, on ne devait pas se retrouver ensemble. De toute façon, le premier groupe lui était plus prédestiné, comme le second pour moi. A voir... Alors qu'ils étaient en pleine réflexion, c'est le professeur qui les interpelait en indiquant discrètement un autre groupe plus loin. Je levais les yeux vers le ciel. Forcément. Nous n'étions pas les seuls à s'intéresser à ce Magearna... La concurrence allait être rude. Je jurais même en avoir vu quelques-uns faire des signes tendancieux, une sorte d'appel au meurtre. C'est bien ce que voulait dire le mouvement de ce pousse sous la gorge, non ?

Sven attirait finalement notre attention, nous permettant de nous re-concentrer. Les évènements s'enchainaient rapidement et au risque de voir filer ma place précieuse avec l'archéologue Indiana Conda, je bondissais sur l'occasion à mon tour en prenant la parole juste derrière le jeune homme.

« J'aimerais aussi être du second ! » intervenais-je d'un coup, directement après Sven.

J'avais la crainte que l'on me grille la priorité, puisqu'il restait une dernière place. Les yeux se tournaient vers Goldric pour avoir son opinion et ce dernier hochait les épaules en rétorquant que de toute façon, c'était mieux ainsi vu nos spécialités. Par-fait. Je serais donc avec ce cher Indiana et... ce mystérieux Sven auquel je lançais un regard suspicieux. N'était-il pas en train de fuir son partenaire ? On devait se mettre en route. S'écarter des autres pour avoir une chance d'obtenir des indices. Indiana nous invitait à le rejoindre d'un signe de main et on quittait Olivia, Goldric et le fameux Corwick -auquel je repérais un regard crémeux en direction de Sven. Oook... Il y avait FORCEMENT quelque chose entre eux.

Avançant en silence, Indiana était un peu en avant. Je me retrouvais donc à côté de Sven et Meian, à fixer mes pieds s'enfoncer dans le sable. Trouver des indices là dedans... ? Je ne voyais pas trop comment faire. Alors, je préférais me laisser totalement guider par le professionnel. J'en profitais pour donner un coup de coude léger à Sven afin d'attirer son attention. Je reprenais la conversation qu'on avait eu tout à l'heure, comme si nous avions jamais été coupé.

« Concernant Roseverte, si vous réussissez à attiser sa curiosité, peut-être qu'il changera d'avis. »

Voilà un bon conseil. Mais attirer la curiosité de Roseverte était un véritable défi. Pour lui, personne n'était sur le même pied d'estale. Alors de la à susciter un quelconque intérêt... Je préférais en rire discrètement. Mais qui sait, peut-être que Sven y parviendrait. Ce qui, avouons-le, me dégouterait un petit peu.

Plus en avançait, plus on s'éloignait des autres scientifiques. Je ne savais pas si c'était judicieux et j'allais même à me demander si ce que faisait Indiana Conda était correct. Sauf que je n'avais pas réellement mon mot à dire. On arrivait cependant à endroit fort intéressant. Parsemé dans les dunes de sable, des débris métallique. De quelle taille ? Ca restait à déterminer. Sauf que nous n'étions pas seul. Et nos "concurrents" n'étaient pas très heureux de nous voir débarquer ici. Pensant que nous allions faire demi-tour pour nous trouver un autre endroit, le légendaire Indiana ne se laissait pas impressionner. Main sur son chapeau pour le repositionner, il allait naturellement vers l'un de débris sans sous soucier des autres. Personnellement, je restais assez hésitante. Je sentais la tension grandissante et les poils de mon Noctali s'hérisser. Le danger approchait-il ? Je le caressais lentement pour l'apaiser. Inutile de montrer les crocs. Ils étaient là pour étudier, tout comme nous ? Mais la gloire reviendrait au groupe ayant le plus d'informations viables. Et là, la guerre était déclarée.

« Dégagez d'ici. On était là avant. » pestait l'un des deux hommes
« On était là avant, gnagnagna » répétait Indiana, d'un air insolent. « Non mais franchement, vous vous êtes vus ? Des archéologues de pacotillent qui ne savent même pas où baser leurs recherches. Et qui parlent comme des gosses. Pathétique. »

Oulalaa... Mauvaise idée. Dangereuse idée même. Là, ce n'était pas Corwick. La réaction serait différente. Et je ne me trompais pas en pensant cela. L'homme en question, vexé, serrait le poing de rage. Il se tournait et lançait un regard significatif à son partenaire qui le rejoignait la seconde suivante. Meian grognait à mes pieds, menaçant, mais attendait qu'on lui ordonne d'agir. Les hommes appelaient alors leur Pokemon, bien décidé à nous chasser. Un imposant Tyranocif, Camerupt et Kaorine faisaient leur apparition. D'accord... Alors, on se bat où on dégage ? La zone avait vraiment l'air intéressante pourtant, se battre pour l'obtenir semblait plus envisageable. Mais qui pouvait faire face à des molosses pareils ?

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Sujet: Re: [Mission] Sur les traces de Magearna   Mer 7 Sep - 1:09


Sur les traces de Magearna

Ambre Lawford
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Son geste avait visiblement déclenché chez la jeune Lawford une certaine animosité à son égard. Haussant à peine un sourcil face à cette réaction exagérée selon lui, Sven décida de passer outre. Il n’était pas là pour se faire des amis. Et, aussi brillante que cette élève puisse être - cela restait encore à vérifier -, le jeune Archéologue n’était pas sûr de pouvoir tirer quoi que ce soit d’une éventuelle relation amicale ou professionnelle avec elle. Aussi se contenta-t-il de relâcher doucement son emprise lorsqu’elle tira son poignet vers elle pour se dégager. Bah. Elle aurait tôt fait de comprendre les raisons de son geste, après tout. Et dans le pire des cas… Il n’y accordait pas une grande importance. Ignorant donc l’évidente animosité de la brune, il grimpa sur son Galegon avec souplesse et aisance. Plus par réflexe que par réelle gentillesse, il tendit une main à la jeune étudiante pour l’aider à monter derrière lui. Cette dernière fit cependant tout son possible pour se passer de son aide au maximum, semblant le fuir. Fierté ou dégoût ? Sven n’en savait rien. Et il ne se posait pas vraiment de questions, à dire vrai. Il avait toujours été socialement handicapé. En dehors de Cess, de Vayka et des membres de sa tribu, il n’avait eu que très peu de liens. Alors comprendre que quelque chose n’allait pas avec Ambre Lawford ? C’était bien au-dessus de ses capacités. Tous deux installés, il donna donc un léger coup sur les flancs du Pokémon Acier pour que ce dernier se mette en marche.

Bientôt, le pas maladroit du Galegon sur le sable se fit plus régulier et assuré. Légèrement balloté d’avant en arrière, Sven garda son regard rivé sur l’horizon. Un silence pesant s’était installé sur la petite troupe, parfois ponctué des chamailleries de Conda et Corwick qu’ils percevaient par éclats. Quelque part devant eux, le jeune stagiaire derrière le Professeur Clove semblait ne pas trop apprécier le côté rustique de ce transport, ne cessant de prendre de grandes inspirations pour calmer le tumulte dans son estomac. Et au milieu de tout ça, Ambre et Sven n’échangeaient pas un seul mot. Seule l’avancée sinueuse d’Agares à leurs côtés parvenait à troubler la quiétude de leur voyage.

Souhaitant néanmoins mettre Ambre en garde, Sven lui prodigua quelques avertissements à propos de Corwick. Après un bref silence que l’habitant du désert ne s’embêta pas à interpréter, la brune le remercia de ses conseils. Furfur flotta joyeusement aux côtés de son dresseur, ricanant intérieurement. Bien plus habitué aux relations que Sven, le Nucleos avait très bien compris de quoi il en retournait. Pourquoi Ambre semblait si hostile à l’égard du blanc. Et le complexe d’infériorité qu’elle devait sans doute éprouver envers ce garçon qui n’était pourtant pas beaucoup plus âgé qu’elle et qui lui accordait si peu d’attention. S’il l’avait pu, il aurait bien ajouté un peu d’huile sur le feu en balançant quelques répliques bien senties visant à les faire s’entredéchirer. Mais Sven était si amorphe aux provocations de ce genre que c’en serait vite ennuyant. Se contentant donc de rester silencieux, Furfur fit une légère accélération pour se retrouver au niveau du museau du Galegon.

A la grande surprise du Nucleos, Sven fit cependant quelques efforts pour engager la conversation. Enfin… Disons plutôt qu’il avait des choses à dire, pour une fois. Abaissant le chèche qui lui recouvrait une partie du visage, Ambre lui offrit un sourire légèrement malicieux. Sven connaissait bien ce genre d’air ; c’était typiquement celui qu’arboraient certains de ses camarades de l’école d’Archéologie lorsqu’ils voulaient se montrer sarcastiques ou hautains. Ne réagissant aucunement lorsqu’Ambre supposa - à raison - que Roseverte l’avait « envoyé sur les roses », Sven soupira intérieurement. Effectivement, c’était le cas. Et visiblement, la brune semblait en ressentir une certaine joie pour une raison qu’il ne s’expliquait pas - et qu’il n’avait pas envie de comprendre -. Elle ne s’arrêta cependant pas à sa première pique, et le reste de ses paroles sembla claquer comme une avalanche en pleine montagne. Sven ne se départit pas de son habituel sourire pour autant. Il lui semblait qu’entre elle et lui, il y avait un certain froid. Bah. Elle n’était pour le moment pas assez significative pour qu’il commence à la considérer et à s’énerver contre elle. Aussi se contenta-t-il de répondre, toujours aussi avare en mots :

- Je n’espère pas grand-chose. Disons simplement que j’étais curieux du personnage.

Il détourna la tête pour se remettre à fixer la route. Qu’avait-il espéré avec le Professeur Roseverte, au juste ? Sven ne s’était même pas réellement renseigné sur qui il était vraiment. Il avait vaguement entendu dire qu’il avait découvert une espèce marine préhistorique, mais cela s’arrêtait-là. Il n’avait été qu’une piste donnée au détour d’une conversation par un de ses anciens enseignants. Une petite pierre qu’on entrepose pour construire un édifice, mais dont on peut aisément se passer pour la remplacer par d’autres. Malgré tout, son manque de considération évident avait été un brin vexant. Sven avait typiquement ce même genre d’attitude, mais de mémoire d’homme, il n’avait jamais envoyé balader quelqu’un après un simple salut poli.

La monture s’arrêta progressivement, et Sven en descendit. Furfur et Agares le suivirent aussitôt, tandis que Zépar restait sur son épaule. L’expédition se montait progressivement. Une fois arrivés au lieu de fouille, les deux Archéologues commencèrent à prendre le contrôle des opérations et à organiser les choses. Bien. C’était typiquement ce genre d’intervention que Sven avait attendu. Restant en retrait, il se proposa néanmoins d’office pour faire partie du second groupe, même s’il ajouta qu’il pouvait être souple sur les décisions. Dans le fond, il espérait pouvoir travailler sur ce sujet, qu’il jugeait plus intéressant que le premier.

Par chance, les deux groupes se formèrent assez facilement. A sa grande joie, Corwick décida effectivement de prendre le premier. Sven tourna ostensiblement la tête lorsque son supérieur hiérarchique lui lança un regard larmoyant pour le supplier de venir dans sa team. Ce furent néanmoins Clove et le stagiaire Chercheur qui s’associèrent à lui. De son côté, Sven allait se retrouver avec Conda et Ambre. Une équipe qui lui semblait polyvalente et équilibrée, même s’il n’était pas certain de la spécialisation de la brune. Enfin… Au moins étaient-ils entre Archéologues.

- Bon, maintenant que les groupes sont faits, ne trainons pas. Vous deux, venez avec moi. On va aller s’avancer vers là-bas.

Après avoir scruté à peine quelques secondes les alentours, Conda s’avança dans une direction, l’air sûr de lui. Intrigué de la façon dont il avait repéré les choses, Sven se pencha doucement et essaya d’en savoir plus. L’explorateur ne semblait pas avoir sorti un Cherch’Objet, ni aucun Pokémon pour l’aider à se repérer. Comment avait-il fait ? Par simple flair ? Légèrement impressionné, Sven fut néanmoins tiré de ses observations par Ambre qui venait de lui donner un très léger coup de coude. Se tournant vers la brune, il eut un sourire un peu plus large lorsqu’il entendit ce qu’elle avait à lui dire. Attiser sa curiosité, hm ? Voilà qui était plutôt amusant. Taquin, il se pencha légèrement vers la jeune fille.

- Hm-hm. Du coup, je me demande bien ce que tu as pu faire pour attiser sa curiosité. A moins que… ce ne soit pas encore le cas ?

Il se redressa et lui emboîta le pas pour rejoindre Conda. Devant eux, une grande dune leur faisait face. Au sol, quelques débris métalliques brillaient, à demi-enfouis dans le sable. Etait-ce leur éclat qui avait attiré Conda ? Les avait-il repérés grâce à leur faible reflet ? Si tel était le cas, Sven trouvait cela plutôt impressionnant vu la distance à laquelle ils se trouvaient de l’autre groupe. Maintenant qu’ils étaient là néanmoins, il lui semblait évident que cette zone allait être intéressante à fouiller. Peut-être même aurait-elle été plus adaptée au premier groupe qu’au leur… Mais Sven ne pouvait blâmer Conda de n’avoir pas partagé l’information. Au fond, il était persuadé que la petite guerre Conda-Corwick se poursuivait, et que l’un et l’autre ferait tout pour montrer plus de résultats que l’autre. Ne restait plus qu’à faire de son mieux pour fournir un travail de qualité. Comme il le faisait toujours, de toute façon…

Passant sa main sur sa sacoche, il coula un très léger regard au groupe de Scientifique concurrent qui s’était posté ici avant eux. Le monde de l’Archéologie et de la Recherche était un monde de Sharpedo, tout le monde le savait. Néanmoins, il y avait souvent un accord tacite qui se faisait entre les différents professionnels. « Tu peux fouiller le reste de la grotte, mais ne fouille pas la parcelle que je suis en train de fouiller. » Tout du moins, c’était quelque chose qu’on lui avait inculqué à l’école d’Archéologie, et qu’il avait rapidement compris par lui-même. Le monde des pros était cependant un peu différent. D’autant plus lorsque tous travaillaient sur le même projet, et avaient pour ambition de découvrir la même chose. Là, il n’y avait plus de bienséance ou de respect qui tenait. Agressif néanmoins, l’autre groupe tenta de les chasser. Une réaction normale, puisqu’ils étaient les premiers arrivés et que Sven aurait réagi exactement de la même façon…

Conda ne sembla cependant pas de cet avis, et il leur balança une réplique cinglante en espérant les faire fuir. Mauvaise idée. Aussitôt, plusieurs choses se passèrent en même temps. Agares agita ses écailles et vint se positionner devant Sven, prêt à frapper. Le Noctali chromatique d’Ambre se mit à grogner, le dos légèrement arqué comme un félin sur le point de bondir. Le groupe de Scientifique adverse, quant à lui, fit sortir plusieurs Pokémon pour les intimider. Tyranocif, Camerupt et Kaorine… Aucun qui ne puisse donner du fil à retordre à son équipe, songea Sven. Néanmoins, il serait plutôt dangereux de livrer un combat juste à côté d’une potentielle zone de fouille. D’autant plus qu’il ne savait absolument pas de quelle façon ses adversaires, Conda et Ambre allaient se comporter. Il y avait bien trop d’inconnues dans cette équation…

Bien plus vif que les Pokémon autour qui attendaient des ordres, Sven dégaina ses poignards reliés aux lassos rouges qu’il portait autour de chacune de ses mains et les lança. Le premier frôla la joue de l’homme qui leur avait demandé de dégager et vint se planter dans la roche juste derrière-lui, tandis que le second frappa le chapeau de l’autre homme. Les deux Scientifiques sursautèrent et restèrent pétrifiés sur place. Conda fit volte-face, les yeux écarquillés.

- Vous vous trouvez actuellement dans le désert de la route 111 de Hoenn, aussi appelé désert d’Ylel par la population locale. Je ne sais pas si vous avez été engagé par PALLADIUM ou non, mais votre présence ici n’est permise que grâce à la tolérance des diverses tribus qui peuplent ce désert. Je pense que vos employeurs vous ont mis en garde ; rester en bons terme avec la population locale est essentiel pour votre Mission. Les habitants du désert sont habituellement pacifiques, mais menacez leur peuple et vous pouvez être certains que vous serez chassés de ce désert avec pertes et fracas.

Les trois Pokémon adverses regardèrent leurs dresseurs, décontenancés, attendant des ordres qui ne venaient pas. Sven pointa d’un air nonchalant le liseré vert sur sa tenue blanche traditionnelle.

- Si vous ne le savez pas, cette robe indique l’appartenance à la tribu de Baal. Clan le plus peuplé de ce désert. Je pense que je n’ai pas besoin de vous indiquer ce qui se passerait, si vous vous attaquiez à un local, non ?

La compréhension commençait à se lire dans les yeux de ses interlocuteurs.

- Bien. Je préfère que les choses se règlent de façon pacifique, entre adultes et professionnels dignes de ce nom. Alors, afin de décider qui resterait dans cette zone, je vous propose de tirer au sort. Si vous gagnez, nous ne tenterons pas de prendre cette zone. Mais si vous perdez, vous irez en chercher une autre. Chaque groupe a une chance sur deux de l’emporter ; je pense que cela est honnête, non ?

Il sortit une pièce d’or de l’intérieur de sa tunique, et la montra aux deux hommes. Ces derniers échangèrent un regard pour se consulter. Ils semblèrent réfléchir un petit moment, jusqu’à ce que…

- Ok, faisons comme ça.

Dans la voix de cet inconnu, Sven décelait une certaine crainte. Visiblement, ils n’étaient pas assez idiots pour provoquer un habitant de ce désert. Satisfait de l’ascendant qu’il avait dans cette conversation, Sven fit tournoyer la pièce dans les airs et la rattrapa sans la regarder. Puis, posant sa main sur la pièce, il annonça.

- Pile.
- Face, répondit l’autre homme.

Il ouvrit doucement sa main. Autour de lui, la tension était palpable.

- C’est pile. Nous avons gagné, donc comme convenu, partez sans faire d’histoire.

L’un des hommes pesta, mais il rappela ses Pokémon dans leurs Pokéballs respectives, rapidement suivi de son collègue. Tous deux quittèrent ensuite l’endroit en jetant un regard noir à Conda et Sven. Au bout de quelques minutes à peine, ils disparurent derrière un gros rocher.

- Fiou. Je ne m’attendais pas à ce que tu sois un habitant de ce désert, Sven. Impressionnant. Même si c’était plutôt risqué de jouer l’emplacement au hasard. Personnellement, j’aurais préféré me battre.

Sven se tourna vers lui et lui envoya la pièce.

- C’est un pari truqué. La pièce tombe forcément sur pile, donc j’étais sûr de gagner. Quand on peut éviter de se battre inutilement, autant recourir à la ruse plutôt qu’à la force. Au moins, ils sont partis sans faire d’histoire. Je pense qu’un combat aurait trop attiré l’attention, en plus de risquer d’endommager le terrain. Rappelez-vous que nous sommes là pour fouiller, et non pas pour chercher des ennuis.

Conda se gratta la tête, l’air un instant gêné, puis il reprit son assurance habituelle. Posant ses affaires dans le sable et sortant son matériel de fouille, il se tourna vers ses deux acolytes.

- Tu as raison. C’est pas tout, mais il faut qu’on commence notre travail si on ne veut pas encore y être demain. Si ça vous va, je vais prendre cette zone-là. Sven, je te laisse celle du milieu, au niveau des rochers. Ambre, peux-tu examiner celle à droite de Sven ?

L’Archéologue acquiesça et posa également ses affaires au sol. A côté de lui, Furfur vint flotter pour le regarder faire. Ce n’était pas habituel qu’ils fouillent en extérieur. A la base, Sven était plutôt intéressé par les vieilles reliques et les pierres, ce qui le forçait souvent à explorer l’intérieur de grottes ou de monuments en ruines. Il avait néanmoins une méthodologie qui pouvait s’appliquer en toutes situations. Déposant Zépar près de lui, Sven lui montra les quelques débris métalliques.

- Zép’, peux-tu sécuriser les objets en les accrochant avec tes Sécrétions ? Je vais commencer à dégager le sable autour, et je ne voudrais pas qu’ils s’enfoncent à l’intérieur.

Le Lépidonille acquiesça et il sortit quelques filins blancs de ses mandibules qui vinrent s’accrocher aux pièces métalliques. Autant procéder de façon prudente. S’il les remontait directement grâce à l’attaque de son Lépidonille, il prenait le risque d’endommager quelque chose. S’avançant donc vers le sable, Sven commença par observer la forme qu’avait prise la dune. Visiblement, en dehors des objets, il n’y avait pas d’autres traces de Magearna. Pas d’empreintes particulières… Rien. Mais après tout, ils étaient dans un désert. Le sable changeait souvent de configuration à cause du vent et des tempêtes. Ils allaient avoir un peu de fil à retordre, avec ça…

Rajustant son keffieh pour se protéger du soleil qui cognait fort, Sven tourna la tête vers un Cacnéa qui avait surgit juste à côté d’Ambre. Ces Pokémon étant d’ordinaire inoffensifs, le blanc n’y prêta pas attention… jusqu’à ce que le Pokémon se mette à charger vers Ambre, son poing couvert de dards verts brillants.

- Attention !

Ses réflexes toujours aussi bons, Sven bondit sur la brune pour la plaquer au sol et lui éviter d’un cheveu une attaque qui aurait pu être dramatique. Il sentit les dards du Cacnéa frôler le haut de son keffieh, et il roula sur le côté en gardant ses bras au-dessus d’Ambre dans une attitude protectrice.

- Agares, Voix Enjôleuse.

Le Milobellus chromatique se mit à chanter d’une voix puissante et enchanteresse, et le Cacnéa recula. Il sembla se calmer légèrement, mais reprit ses esprits lorsque Conda se précipita vers eux en faisant de grands gestes. Une nouvelle attaque Dard Nuée fut lancée, et cette fois-ci, un des dards vint érafler le poignet d’Ambre. Conda sortit son célèbre fouet et donna un grand coup dans le Pokémon, qui fut propulsé au loin. Avec un air furieux, il revint à la charge mais fut mis K.O par une Draco-Queue d’Agares.

- Bon sang, qu’est-ce qui lui a pris, à celui-là ?! pesta Conda, tandis qu’il rangeait son fouet d’un air mécontent. Puis, se tournant vers Ambre, il remarqua sa blessure. Ola. Il faut absolument qu’on t’enlève ça avant que le poison ne se propage.

Il lui attrapa le poignet et entreprit d’aspirer le poison avec sa bouche, qu’il recracha dans le sable. Il fit deux ou trois fois ce geste, puis sortit un bandage de son sac pour panser la brune.

- Tu vas bien ?

Peut-être était-elle un peu secouée, après tout. Sven, interdit, resta à côté du duo. Il lui semblait voir des cœurs flotter un peu partout dans l’air. Mais quelle était cette drôle d’ambiance ?

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Sujet: Re: [Mission] Sur les traces de Magearna   Jeu 22 Sep - 14:31

« Hm-hm. Du coup, je me demande bien ce que tu as pu faire pour attiser sa curiosité. A moins que… ce ne soit pas encore le cas ? »

Pourquoi est-ce que je lui avais donné ces informations au juste, si c'était pour lâcher ce genre de commentaire qui évoquait de gros sous-entendus ? Irrémédiablement, je levais les yeux vers le ciel et laissait échapper de mes lèvres entre ouvertes un petit soupir significatif : "Sven Seinfeld, vous êtes un parfait un idiot." S'il s'imaginait me voir rougir comme une tomate, il se trompait. Je n'étais pas ce genre de fille, je restais en règle générale parfaitement stoïque. Ce qui était le cas en ce moment même : mon visage ne traduisait aucune expression. Au contraire. Moi aussi j'étais joueuse. Et puisqu'il se permettait de mettre les pieds là-dedans... Il ne me connaissait pas et ne savait pas du tout de quoi j'étais capable.

« Si vous saviez ... » déclarais-je pour réponse, suivi d'un petit rire cristallin et forcé. Je me délectais de ma subtilité. Du moins, si s'en était une. Je souriais par la suite, malicieuse.

Mère m'avait appris plusieurs choses plus jeune. Et c'était bien l'un des seuls art que je jugeais utile : la tromperie. Retourner à son interlocuteur tous propos gênants et déplacés pour l'user à son avantage. Une sorte de jeu que j'adorais pratiquer. Noctis en avait déjà fait les frais et c'était d'ailleurs de cette manière que l'on avait réussi à se charmer mutuellement. ... Forcément. Il faillait que je pense à lui. Mon cœur se pinçait et mon visage se refermait, les traits de ces quelques airs joyeux disparaissant aussi vite qu'ils étaient apparus. Je me sentais mal, d'un coup. Mon rythme ralentissait, suffisamment pour que Sven prenne les devants. Tant mieux, je ne voulais pas qu'il remarque ou devine mon état d'esprit. Je me sentais soudainement attristée. Pourquoi est-ce que le brun devait toujours, d'une manière ou du notre, occuper mes pensées ? Des milliers de picotements se concentraient au niveau de mes joues. Une sensation bien trop connue ces derniers temps. Je la stoppais en prenant une grande bouffée d'air et soufflais juste après comme pour extirper le mal qui m'habitait. Je n'allais quand même pas pleurer, là, maintenant.

« ... »

Inutile. Il y avait à faire. Je me concentrais de nouveau sur notre objectif et rejoignait mon groupe sans trop tarder. Mes yeux avaient parcouru, dans une premier temps, ces nombreux débris enfuient dans le sable jusqu'à ce qu'ils se posent, dans un second temps, sur l'autre groupe de scientifique. Vu leurs regards et vu comment ils se comportaient en voyant Conda s'approcher d'un peu trop près de leur "trésor", je comprenais bien vite qu'il y allait avoir de l'action. Et je n'étais pas la seule. Meian était déjà sur le qui-vive, tout comme le Milobellus de Sven qui s'était déjà placé en avant. Nos probables adversaires piquaient en plein coeur le terrible Conda qui n'hésitait pas à cracher son venin. Je ne savais pas quoi penser de tout cela. Autant j'étais en admiration totale, autant je trouvais que c'était une mauvaise idée.

Mes yeux se posaient sur nos interlocuteurs qui se transformaient en adversaires. Tout allait très vite. Trois Pokemon étaient appelés dans le but de nous chasser. Je faisais un pas en arrière, ma main plongeant au niveau de ma ceinture pour attraper une Pokeball. J'étais prête à me défendre. Meian s'était placé en avant, protecteur et mauvais, les babines retroussées au maximum. Il n'attendait qu'une seule chose : que je donne l'assaut. Je m'y apprêtais, d'ailleurs. Mais la réaction de Sven me coupait dans mon élan. Si je m'étais attendue à ce genre de chose ? Pas le moins du monde. Yeux écarquillés, je profitais du spectacle que l'on était en train de m'offrir. Avec une rapidité déconcertante, le jeune homme avait envoyé deux lassos en direction de nos ennemis. Ma main allait aussitôt se plaquer sur ma bouche pour retenir un cri de surprise. Meian, quant à lui, se calmait, complètement stupéfait lui aussi.

J'étais paralysée, sous le choc de ce qu'il venait de se produire. Sven cachait vraiment bien son jeu. Lui qui paraissait si faible, si gentil ... Le discours qui suivit était tout aussi impressionnant. Sûr de lui, il n'hésitait pas une seule seconde quant à la formulation de ses phrases. Les mots frappaient avec violence. Et on découvrait un tout autre personnage -du moins, pour ma part. Je comprenais mieux les choses à présent, notamment la partie qui précisait qu'il était originaire de ce désert. Etrangement, toute la pression en moi s'envolait, comme soulagée. Mais la suite me laissait perplexe... Il n'allait quand même pas jouer la zone par un jeu de hasard tout de même ? Mon émerveillement chutait, comme si l'on venait de lui couper les ailes. Je me frappais le front et me retournais. Mais qu'avais-je à proposer de mieux, de toute façon ? Je n'avais plus qu'à croiser les doigts pour que l'on gagne. La pièce s'élevait dans les airs et... suspens. On avait remporté le match. Je souriais tandis que les hommes repartaient. Mais je me sentais idiote lorsque mes yeux croisaient ceux de Sven, mon sourire s'effaçant aussitôt. Conda était le premier à réagir à ce qu'il venait de se produire.

Je restais simple spectatrice de cet échange et ressentait ce qui semblait être de l'admiration. Vous savez, ce genre de sentiment que l'on éprouve lorsque l'on se retrouve face à un idéal que l'on aimerait atteindre. La ruse. Subtilité qui m'était propre. Subtilité qui faisait partie de moi, de mon éducation. Petit à petit, ce Sven montait dans mon estime. Petit à petit, il réussissait à me surprendre, et dans le bon sens.

Conda me donnait une zone délimitée à fouiller. Cet ordre sortait de nulle part et me faisait sortir de mes pensées, tel le gong d'une cloche. Mes genoux plongeaient dans le sol et je soufflais. Un dernier coup d'oeil à Sven et je m'affairais à la tâche. Et autant dire que je ne savais pas du tout comment m'y prendre. Le sable était une matière trop instable. Le moindre mouvement pouvait avoir d'énorme répercussion et je pouvais perdre à tout instant l'objet de convoitise. Je ne savais pas trop si cette plaque métallique était grande. De toute façon, c'est plutôt ce petit débris là qui m'intriguait. L'attrapant du bout des doigts, je le faisais rouler dans la paume de ma main tout en faisant attention de ne pas me couper. Mon analyse n'était pas certaine mais j'étais presque sûre qu'il s'agissait d'un acier tout à fait banal. Mais à force de le retourner dans tous les sens, la couleur qui reflétait me faisait un peu douter. Les teintes or me rendaient perplexe, au point de me demander si ce n'était pas le reflet du soleil qui me jouait des tours.

Bien trop concentrée, je ne remarquais même pas l'apparition soudaine du Cacnea. Je n'entendais que la voix de Sven s'écrier pour me dire de faire attention. A peine avais-je redressé la tête que je m'écroulais au sol, sous le poids du garçon.

« Humph ! »

Je fermais les yeux et serrais ma trouvaille dans ma main de façon ferme : je ne voulais pas la perdre. Je sentais le corps de Sven à peine quelques secondes sur moi avant qu'il se décale. Pour autant, je ne parvenais pas à me relever car ses bras placés de façon protecteurs m'en empêchaient. A vrai dire, je ne comprenais rien de ce qu'il était en train de se passer, jusqu'à ce que quelque chose ne se plante dans mon poignet et ne m'arrache un cri de douleur.

« Q-que ... Ah mais... ! »

Je me mordais la lèvre inférieure et des insultes fusaient dans mon esprit. Ma respiration augmentait, tout comme mon rythme cardiaque. Mon poing se serrait et se desserrait, comme pour tenter d'atténuer la douleur. Bordel. Qu'est-ce que ça faisait mal. Des larmes perlaient dans le coin de mes yeux, mais je me retenais. Ma poitrine se soulevait suffisamment pour comprendre que j'éprouvais des difficultés pour m'oxygéner. J'étais en état de choc. Conda s'approchait de moi. Je ne comprenais qu'un seul mot dans tout ça.

« P-poison ? »

Mon visage traduisait ma douleur. Je transpirais à grosses gouttes. Et quand il attrapait mon poignet, je n'essayais même pas de me débattre. Je lui faisais confiance, aveuglément. Ses lèvres se collaient à ma blessure et je ressentais la succion. Il voulait extirper le venin de la sorte ?! Gênée, je sentais pour la première fois de ma vie le rouge me monter au joue. Aussi rapidement, ce n'était pas habituel. Mais dans cet état j'avais beaucoup de mal à me contrôler. La douleur était toujours là mais elle se dissipait. Je ne savais pas si c'était une mauvaise idée ou non. Après tout, j'avais toujours vu faire ça dans les films... La légende était donc vraie ?

Je me calmais enfin. Ma respiration et les battements de mon cœur revenaient à la normal. Mes yeux se relevaient, emplis de remerciement et d'amour à l'encontre de Conda. Mais j'oubliais une personne dans tout cela. Celle qui avait été la première à ce jeter sur moi pour éviter le pire. Je regardais alors Sven, tandis que l'on me bandait le poignet. Il était juste là, à nous regarder, sans rien dire. Je me sentais étrangement mal à l'aise d'être observée de la sorte. Avait-il remarqué quelque chose. Je détournais aussitôt le regard et remerciais Conda. J'acceptais ensuite la gourde d'eau qu'il me tendait et me désaltérais. Que d'émotion.

Les hommes me laissaient me reprendre et étaient repartis à leurs affaires. Je regardais le ciel sans nuage. La chaleur tapait fortement. Puis, je fixais mon poignet entouré d'un bandage blanc qui avait quelques petites taches de sang. Et d'un coup, je me souvenais ce que j'avais pu tenir dans cette main.

« Non ! » m'exclamais-je d'un coup, tandis que je m'affairais au sol pour le rechercher.

Je dégageais le sable, à droite, puis à gauche. Rien. Je poursuivais sans faire attention jusqu'à ce que je le rencontre de nouveau. J'étais soulagée. Il était encore là. Je m'apprêtais à la rattraper mais il s'enfuyait dans le sable. Je ne comprenais pas vraiment comment. Etait-ce mon imagination qui me jouait des tours ? Je perdais la tête. Cette dernière devenait lourde d'un coup et puis ... Plus rien.

Ce n'est que quelques heures après que je rouvrais les yeux. J'étais installée confortablement dans un lit de camp, les mains sur mon ventre. Celle de gauche était toujours bandée, mais le pansement avait été refait. Contemplation terminée, je me redressais un peu plus sur les coudes et constatais que je n'étais pas dans notre camp de base mais dans un abri de fortune, une toile de tente tendu juste à côté de gros rochers. Meian se trouvait juste à mes côtés et ne bougeait que les oreilles lorsqu'il me sentait me mouvoir. Il faisait noir, la nuit était tombée. Et les températures avaient considérablement baissé. Je ne saisissais pas exactement jusqu'à ce que mon cerveau ne se mette en route pour assembler les fragments de ce puzzle. Conda, assis en tailleur non loin, remarquait que j'étais réveillée. Couteau à la main, il taillait une branche en bois et me parlait sans même se retourner.

« Après ta perte de connaissance, il y a eu une tempête de sable. Nous sommes allés nous abriter ici, près des rochers. Impossible de revenir sur le camp, nous avons du camper là. » expliquait-il calmement. Je cherchais Sven, mais il n'y avait aucun trace de ce dernier. « Oh, je crois qu'il est parti chasser. Ou un truc du genre. » devinait Conda en se retournant enfin. « Tu vas mieux ? »

« Oui, merci. »

Je ne me prononçais pas davantage, encore perturbée par ce qu'il venait de m'arriver. Sven revenait quelques minutes après et il n'y eu aucun échange entre nous. C'était incroyablement calme et silencieux. Suffisamment pour que je ne trouve pas le sommeil, contrairement à mes deux compères -du moins, je le croyais. Jambes repliées contre ma poitrine, je fixais l'horizon en respirant doucement. Je réfléchissais. Je me demandais ce que ces recherches pouvaient apporter exactement mais aussi si l'autre groupe ne s'inquiétait pas trop. Devrions-nous continuer nos recherches ? Alors que celles-ci n'aboutissaient à rien de concret ? Je soupirais ensuite, le sentiment d'être perdue. Las d'être assise, je me relevais et m'éloignais un peu de notre camp de nuit. Une dernière caresse à Meian pour l'avertir, je lui murmurais que je ne partais pas trop loin et il restait ici, en baillant. Veste sur les épaules, je l'endurais. Il faisait vraiment frais, contrairement à la journée. La lune éclairait les alentours et les étoiles parsemaient le ciel. Je pensais un peu trop. A tout. A l'école, à mon avenir. A Noctis aussi. Mes yeux se rabaissaient immédiatement sur le sol, en colère.

Puis une ombre. Ou plutôt, quelque chose de furtif, juste derrière moi. J'en frissonne et je jette un coup d'oeil. Rien, mise  à part un cactus. Tient, il était là, celui-là ? Je n'avais pas fait attention. Je m'avance alors encore, toujours dans mes pensées. Puis je me redresse d'un coup et regarde derrière moi. Le cactus a bougé. IL A BOUGE. Je ne sais pas comment, ni par quel miracle mais je suis quasiment certaine qu'il a bougé ! Le regard suspicieux, je place l'une de mes mains sur ma ceinture et me saisissais de la première Pokeball que j'avais accès. La seule et unique. J'arque un sourcil et je me retourne encore une fois. D'autre... cactus ?C'est quoi ce bordel ? Je tiquais. Pas de Noctali pour m'éclairer. Je tentais un sifflement, mais les ombres se mouvaient, menaçantes. Je les distinguais mieux à présent : il s'agissait d'un groupe de Cacturne. Je connaissais bien ce Pokemon. Etant originaire d'Hoenn, on m'avait toujours dit de m'en méfier si jamais je décidais de parcourir le désert la nuit... Car justement, ils attaquaient leur proie à ce moment là. En étais-je une ?

« Dégagez ... » soufflais-je entre mes dents. « DEGAGEZ ! »

Je perdais le contrôle. Je paniquais totalement. Ma main se refermait fermement sur la sphère bicolore. Tyran, mon Rexillius, faisait son apparition. Protecteur, il s'était placé devant moi et les Cacturne se regroupaient pour faire face à ce nouvel adversaire. Je n'avais pas d'autres Pokeball avec moi. Pourquoi d'ailleurs ? Je ne savais pas. Elles devaient être avec les autres. Les hommes avaient du me les retirer pour m'allonger.

« Ok, fais ton possible, je cours chercher du renfort. »

La bête hochait la tête et poussait un hurlement dans le but d'effrayer ses adversaires. Je partais ensuite en courant vers le camp. Avec ce cri, il avait du réveiller Sven et Conda... Je ne m'en inquiétais pas plus que cela et filais comme prévu.

A la base, Meian sursautait en me voyant arriver avec précipitation. Aussitôt, ses anneaux lumineux bleuté s'activait pour m'éclairer la voie et je fouillais partout dans les affaires. Conda tiquait, grondait même, mécontent d'être retiré de force des bras de Morphée. Mais pas le temps !

« Qu'est- qu'il y a ? » grogna t-il.

Oh, rien... Juste une horde de Cacturne qui veule ma peau. TOUT VA BIEN. Pour une fois, je lui lançais un regard meurtrier. J'attrapais le maximum de mes Pokeball et repartais dans le sens opposé. Cette fois-ci, Meian m'accompagnait. A l'extérieur, je retrouvais Sven qui était déjà en route sur la source des bruits. Le combat devait faire rage. Je ne prêtais aucun attention à lui. Il était certes plus rapide. Mais lorsqu'il découvrait le spectacle sous ses yeux, grâce aux lueurs de la lune, il se stoppait net. C'est de cette façon que je le dépassais. Sûre de moi, j'envoyais une seconde Pokeball : Lucario. Puis une troisième : Pyroli. Un type combat et un type feu. Parfait. Sauf que le garçon pensait comprendre que je voulais combattre les Cacturne ET Rexillius. Il se trompait. Et là d'un coup, je me sentais fière. Fière de pouvoir dire que ce Pokemon préhistorique était à moi. Et de la manière la plus indirecte.

« Tyran, Pouvoir Antique. »

Le tyrannosaure hurlait de nouveau et faisait soulever des pierres à proximité afin de les envoyer sur le groupe de plante.

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Sujet: Re: [Mission] Sur les traces de Magearna   Sam 24 Déc - 0:30


Sur les traces de Magearna

Ambre Lawford
␥   Mission PALLADIUM
␥   Août
␥   Désert de la Route 111
Devant lui se déroulait un spectacle plutôt singulier. Alors que, quelques secondes plus tôt, ils étaient aux prises avec un Cacnea réfractaire - bon certes, ce n’était pas l’ennemi le plus effrayant, mais tout de même… -, voilà à présent qu’il assistait à une scène digne d’un nanar sur la 2. Et pas de ceux qui passaient le soir, aux heures où l’audience n’était pas composée uniquement de vieilles grands-mères ou de femmes/hommes au foyer en manque de vie. C’était… étrange, pensait Sven, tandis qu’il regardait vaguement Conda et Ambre se faire des mamours dans une ambiance rose bonbon. Enfin. « Regarder » était un bien grand mot. Disons plutôt qu’il y avait accordé un brin d’importance les deux premières secondes, et qu’à présent ses yeux étaient aussi morts que ceux d’un Magicarpe. Il avait juste eu la flemme de détourner la tête, ce qui devait sans doute donner l’impression qu’il se rinçait allègrement l’œil. Mais ne vous inquiétez pas. Son cerveau ne calculait absolument rien. M’enfin.

Laissant le célèbre Conda s’occuper de la jeune Lawford - ça faisait toujours ça de moins à faire pour lui -, Sven se releva et retourna à ses explorations. Ce n’était pas qu’il avait une fouille à mener, mais un peu… Il soupira en rajustant son keffieh. Il détestait les imprévus, et être perturbé par un Pokémon normalement pacifique ne lui plaisait guère. Au-delà du fait qu’il puisse penser qu’il perdait beaucoup trop de temps pour rien, Sven se demandait ce qui avait bien pu se passer dans la tête du Cacnea. Il connaissait bien ce désert, puisqu’il y était né. Alors… Pourquoi ?

Légèrement soucieux, le jeune homme sortit son pinceau d’une ceinture d’outils qu’il portait autour de la taille, et entreprit de déblayer la zone qu’avait sécurisée Zépar. Le petit Lépidonille, posté à côté de lui, tenait toujours le morceau métallique avec ses fils de Sécrétion. Il n’avait pas vraiment bougé lors du combat parce qu’il savait que Sven l’appellerait s’il en avait réellement besoin. Et puis, pour un petit Cacnea… Agares ou Furfur faisaient déjà largement l’affaire.

Un coup de pinceau par-ci, un autre par là. Progressivement, Sven parvenait à dégager les grains de sable qui emprisonnaient son objet. Ce n’était pas un travail fastidieux, ni un travail bien compliqué. Il fallait juste s’y prendre minutieusement et avec d’infimes précautions pour ne pas risquer d’endommager la pièce. Au bout de quelques secondes, il parvenait déjà à voir les contours de l’objet lorsqu’un cri s’éleva quelque part à côté de lui. Agacé, il se tourna vers Ambre qui semblait avoir perdu quelque chose. Ne pouvait-elle pas travailler en silence ? Il lui jeta un regard froid, malgré son visage jovial et chaleureux, puis retourna à ses affaires. Il avait presque fini, quand…

(Sven)

C’était la voix de Furfur, directement dans sa tête. Sven releva les yeux pour regarder son Nucléos. Ce n’était pas habituel que son Pokémon s’adresse à lui avec un ton aussi sérieux. Ni qu’il l’appelle avec autre chose qu’un quolibet. Par ailleurs, la voix se répercutait plus à l’intérieur de sa propre tête qu’à l’extérieur. Et Sven avait passé assez de temps avec Furfur pour savoir que quand le son était ainsi, cela voulait dire que le Nucléos ne communiquait qu’avec lui. Intriguant.

(Qu’y-a-t-il ?) lui répondit-il en pensant fort aux mots, puisqu’il avait l'impression que Furfur avait envie qu’on ne puisse pas épier leur conversation.

Le Nucléos parut réfléchir quelques secondes. Il flotta dans les airs à côté de son dresseur/serviteur, puis se tourna vers l’arrière.

(Je ne suis pas sûr mais… Je crois qu’il y a une perturbation psychique dans l’air. Comme… si un Pokémon Psy était dans les parages et qu’il diffusait « quelque chose ». Je n’arrive pas bien à le sentir. Il est fort.)
(Ok. Mais que veux-tu que ça puisse me faire si…)

Il s’interrompit et se redressa brusquement lorsqu’il entendit un bruit de chute. Conda cria quelque chose. Par réflexe, Sven lâcha ce qu’il était en train de faire et se précipita vers Ambre qui était allongée dans le sable. Il se pencha aussitôt à son chevet, tandis que l’explorateur la retournait avec douceur pour la mettre en position latérale de sécurité.

- Elle respire, le rassura-t-il. Puis, posant une main sur son front, il annonça : Elle a dû avoir un coup de chaud. Peut-être que le poison l’a un peu affaiblie, également…
- …

Sven se tourna vers Furfur, qui flottait presque imperceptiblement de haut en bas, comme s’il acquiesçait. Il avança vers l’endroit exact où Ambre était accroupie lorsqu’elle s’était évanouie, puis fit semblant de palper le sable avec ses deux mains. Ses yeux néanmoins, ainsi que tous ses autres sens, étaient focalisés sur autre chose.

(… On nous observe, n’est-ce pas ?) demanda-t-il mentalement à Furfur.
(Je pense, oui.)
(Combien sont-ils ?)
(Aucune idée.)
(Ce n’était clairement pas un coup de chaud, n’est-ce pas Fuzzy ?)

Ses doigts s’arrêtèrent de fouiller le sable, se refermant automatiquement sur une petite pièce métallique. Probablement celle qu’Ambre cherchait avec autant d’acharnement, vu les traces creusées dans le sable. Son Nucléos vint se poser à côté de son épaule.

(Non. Clairement pas.)

Sven ferma les yeux et serra ses doigts autour de la pièce métallique. Encore une fois, il y avait quelque chose d’anormal dans les parages. Et quelque chose lui disait qu’ils n’étaient pas les bienvenus ici.

- On devrait la transporter jusqu’au camp pour lui administrer les premiers soins.

Même s’il n’avait pas envie de perdre encore plus de temps, le blanc acquiesça. Puis, il alla rapidement aux côtés de Zépar et acheva de dégager sa pièce. Il la récupéra et la glissa dans sa sacoche, aux côtés de celle qu’Ambre était en train de chercher. Il n’avait pas réellement le temps de s’en préoccuper maintenant, il l’observerait plus tard. Un peu contrarié, le jeune Archéologue aida Conda à couvrir Ambre avec son keffieh, puis ils reprirent la direction de leur camp. De toute façon, ils n’en étaient pas bien loin. Peut-être une petite demi-heure à pieds ? Quelque chose dans l’air néanmoins ne plaisait pas à Sven. Il se força à abaisser le keffieh qui lui couvrait une partie du visage pour découvrir sa bouche. Puis, observant le ciel, il tira la langue. L’air avait une saveur légèrement piquante et désagréable. Comme si…

Le vent redoubla d’intensité, souleva une brusque gerbe de sable. Sven se couvrir le visage pour ne pas en avoir dans les yeux. Habitué à vivre dans les déserts, ces endroits capricieux, le jeune homme savait très bien de quoi il en retournait.

- Conda. Une tempête de sable se prépare. Je pense qu’il serait plus judicieux de monter un campement de fortune, le temps que ça se calme. Nous ne sommes pas bien loin mais mieux vaut se protéger. Surtout qu’avec elle évanouie, on prendra plus de temps que prévu.

L’explorateur pesta mais accepta finalement. Ils posèrent Ambre dans le sable le temps de sortir de leurs sacs à dos, de grands morceaux d’étoffe qu’ils conservaient sur eux pour les situations d’urgence. Normalement, cela ne leur aurait que permis de monter un petit campement de taille suffisante pour qu’une personne puisse rester en-dessous. Avec les tissus d’Ambre, de Conda et de Sven néanmoins, ils parvinrent à faire quelque chose d’un peu mieux, même si ce ne serait pas un campement complet. Tant pis. Du moment que cela les protégeait du sable, Sven n’en demandait pas plus.

Sollicitant ses Pokémon pour tendre les toiles et les fixer grâce à des sardines, Sven laissa Conda décharger l’un des Galegon qui les accompagnait. L’explorateur se montra particulièrement doué pour installer une sorte de lit de campement low cost, sur lequel il déposa Ambre. Au moins, le problème de la santé de la brune n’était plus au centre des préoccupations. Et le jeune Archéologue ne comptait pas passer son temps à jouer la nounou. Au dehors, la tempête faisait rage et Sven se hâta de finir les derniers préparatifs pour enfin aller s’abriter avec les autres. Il enleva son keffieh et secoua sa crinière blanche argentée pour en faire tomber les grains qui s’y étaient logés.

- C’est plutôt intense, dehors, commenta Conda en voyant les toiles de leur tente se mouvoir au rythme des vents violents.

Sven ne répondit rien. Ils étaient dans le désert. Ce genre de tempête n’était pas inhabituel ; de même que le commentaire de Conda n’était pas vraiment utile. Comment ça, une tentative pour faire la conversation ? Allons. Sven avait bien trop de mal avec les relations sociales pour voir cela comme une invitation. Lâchant un soupir dédaigneux, il s’assit en tailleur et fit venir ses Pokémon à lui. Alors, tandis que Conda libérait son Typhlosion pour que le feu de sa crinière puisse les réchauffer, Sven sortit les deux pièces métalliques de sa poche pour les observer. Ces dernières étaient petites et rondes, et ressemblaient vraisemblablement à des rouages qui, à défaut d’avoir la même taille, s’emboitaient à la perfection. Magearna… Le Pokémon Rouages ? Il ne s’était pas énormément renseigné sur le mystérieux nouveau Pokémon, mais de ce qu’il en avait entendu, ce dernier serait plutôt mécanique. Etait-il néanmoins normal qu’un Pokémon perde des « morceaux » de lui dans un désert ? Pokémon Acier ou non, l’idée sonnait juste étrange aux oreilles de Sven. A moins que, comme Diancie, ce Pokémon soit capable de faire apparaître des objets en lien avec sa « nature » ?

Il fit rouler les pièces entre ses doigts. Les flammes se reflétaient dans les pièces dorées, fragments écarlates et chaleureux. Songeur, Sven finit par glisser les rouages dans sa poche. Ils n’avaient pas encore trouvé assez d’éléments pour pouvoir être satisfaits de cette première journée de recherche. C’était stupide à dire également, mais Sven n’avait pas envie d’être en retard par rapport aux autres groupes. Que ce soit vis-à-vis des Scientifiques rivaux, ou vis-à-vis de Corwick. Question de fierté et d’honneur, que voulez-vous. Frustré de ne pouvoir rien faire, Sven s’attela à la préparation d’un repas de fortune, à savoir quelques conserves que Conda et lui firent réchauffer sur le feu. Ils mangèrent dans le plus pesant des silences, à peine interrompu par le bruit de la respiration d’Ambre. Comment allait-elle, d’ailleurs ? Sven coula un léger regard vers elle. Elle semblait plutôt pâle, et une légère couche de transpiration recouvrait son front. Conda savait-il s’y prendre pour soigner les gens ? Hm… Sûrement mieux que lui, en tout cas. Il décida de le laisser faire là-dessus. Au final, toute cette histoire n’était pas son problème. Même si…

Il se tourna légèrement vers Furfur, qui flottait paisiblement autour de lui. Vu le faciès d’imbécile heureux de son Nucléos, Sven en déduisit que la « menace » de plus tôt était écartée. Mais compte tenu de la tempête de sable qui s’était déclenchée, cela n’avait rien de bien étrange. A moins que ce soit justement cette même tempête qui brouille les sens de son Pokémon ? Le blanc n’en savait rien. Il en était pourtant sûr ; il y avait bien quelqu’un, dehors, qui leur était hostile. Quelqu’un qui semblait vouloir bousiller leur expédition en particulier. Et quelqu’un qui s’était attaqué à Ambre Lawford. Dans les faits, qu’elle se soit évanouie à cause de ça n’était pas un problème en soi. Cela devenait plus personnel pour Sven si on prenait en compte le fait que quelqu’un essayait de ruiner son travail. Et ça, il ne le permettrait pas.

Sentant que la tempête s’était légèrement calmée, le jeune Archéologue se releva. Puis, sans un mot, il enfila son keffieh et sortit de la tente de fortune.

Au dehors, l’écran de poussières et de sable ne permettait pas d’avoir une bonne visibilité. La nuit commençait par ailleurs à tomber, ce qui projetait une ombre assez conséquente sur le désert d’ordinaire presque doré. Mais ce n’était pas ça qui allait empêcher Sven de faire ce qu’il voulait. Evoluant lentement mais sûrement le long du chemin de sable, le blanc regagna bien rapidement la zone qu’ils avaient commencé à fouiller la veille. Comme il s’y était attendu, personne n’était revenu continuer les explorations depuis que la tempête s’était levée. Néanmoins, le vent avait recouvert les dunes d’une couche de sable supplémentaire, enterrant définitivement les derniers vestiges des passages de Magearna. Problématique… Il leur faudrait sûrement attendre que le vent se calme pour pouvoir recommencer à déblayer tout ça. Dire qu’ils avaient presque tout eu sous les yeux quelques heures plus tôt… Si seulement ils n’avaient pas perdu de temps inutilement… M’enfin. Ils n’y pouvaient rien.

- Agares, murmura Sven.

Le Milobellus chromatique aux couleurs d’un noble Majaspic vint ondoyer à côté de lui. Il agita les antennes localisées de part et d’autres de sa tête afin de tenter de capter un signal. Sven se baissa à sa hauteur. Dans son esprit, les objets étaient capables d’emmagasiner une quantité d’informations incroyables ; des souvenirs, des sensations, des sentiments… C’était ce phénomène, amplifié au maximum, qui lui permettait parfois de revoir par flash interposés la mémoire d’un objet. Milobellus était quant à lui un Pokémon capable de ressentir l’anxiété et les tensions. Si les rouages « perdus » par Magearna l’avaient été à cause d’une attaque ou sous le coup d’un stress intense, il y avait fort à parier que les rouages possédaient encore une « trace » d’anxiété. De ce fait, si Agares pouvait ressentir ces émotions, ils seraient en mesure de localiser les objets en question. Enfin… ça, c’était dans la théorie. Côté pratique, cette méthode n’avait pas encore donné de vrais résultats jusqu’à maintenant. Mais Sven comptait bien persévérer là-dessus.

Agares se redressa et hocha la tête de gauche à droite. Un peu dépité, Sven ne se laissa pas abattre pour autant. Sortant sa trousse à outils, il entreprit d’essayer de déblayer un peu plus une zone au hasard. A défaut d’avoir de quoi détecter les objets, il comptait s’y prendre méthodiquement. Sortant des cordes et des piquets, il délimita une zone carrée dans laquelle il commença à fouiller… avant que Furfur ne vienne lui tapoter sur l’épaule avec… hm… il ne valait mieux pas s’interroger sur la partie de son corps qui venait de le toucher.

- Quoi ?
(Il est tard. Tu devrais rentrer dormir. Et surveiller le camp, également. La tempête s’est calmée, alors nous ne sommes pas à l’abri d’attaques)
- Ne t’inquiète pas pour moi, je sais me défendre.
(Huhu. Ce n’est pas pour toi que je m’inquiète, bougre d’idiot)

Sven attrapa un petit caillou et le lança vers Furfur, qui l’esquiva en ricanant dans son esprit. Force était néanmoins de constater que le Nucléos n’avait pas tort. Lâchant un léger soupir, Sven rajusta ses vêtements et se redressa. Puis, il reprit lentement la direction de leur camp de fortune.

Il lui fallut quelques minutes à peine pour retrouver la tente dressée à la hâte. Lui jetant à peine un regard, Sven pénétra à l’intérieur. Ambre semblait s’être réveillée, même si elle était encore un peu pâle et faible. Décidant de ne pas la déranger pour le moment, Sven se glissa jusqu’à son lit à même le sol et se drapa sous un plaid fin. Là, il ignora superbement les deux autres en faisant semblant de dormir. Secrètement néanmoins, il gardait les oreilles grandes ouvertes, prêt à intervenir au moindre problème. La nuit se poursuivit alors dans un calme relatif. Pendant une bonne demi-heure, aucun son inquiétant ne vint perturber la quiétude des lieux. Au bout d’un moment néanmoins, une personne se leva et quitta la tente. Se mouvant toujours avec la discrétion qui lui était caractéristique, Sven se retourna pour essayer de voir qui venait de sortir. Conda semblait… toujours en train de dormir. Quant à Ambre…

Ses couvertures étaient jetées pêle-mêle et son lit vide.

Où avait-elle bien pu aller ? Sven vit que le Noctali était encore au pied du lit de la brune. Bah. Probablement était-elle partie faire sa petite commission, dehors. Elle reviendrait vite, très certainement. Ou… peut-être pas ?

(Ben alors, on s’inquiète pour la petite étudiante ?) ricana Furfur en venant flotter au-dessus de sa tête.
- Oh, ferme-là, grogna Sven.

Ce fut à peu près à ce moment-là qu’un cri déchira la nuit. Se redressant vivement, Sven attrapa ses affaires et courut hors de la tente, croisant une Ambre au passage. Que ? Pas le temps de s’attarder néanmoins. Accélérant sa course, le jeune Archéologue continua de se diriger vers la source du bruit, ses trois Pokémon sur les talons. Le spectacle qu’il vit alors dépassait toutes les questions de logique.

La première chose qui le frappa fut évidemment cet immense Pokémon préhistorique, droit devant lui. Impossible de le louper, malgré la faible luminosité. Il était de grande stature, et ses écailles rouges et blanches luisaient d’un éclat méchant. Mais que faisait un Pokémon pareil en plein milieu d’un désert d’Hoenn ? Sven regarda tout autour. Une horde de Cacturne, bien plus locaux que ce tyrannosaure originaire de Kalos. Il fallait qu’il continue d’analyser la situation…

Des pas se firent entendre derrière lui. Ambre revenait, faisant sortir son Lucario et son Pyroli. Effectivement, ils allaient devoir essayer de maîtriser la situation s’ils ne voulaient pas que cela dégénère. Et avant de comprendre, Sven allait devoir agir. Pas qu’il aime cet ordre de priorité, mais ils n’avaient pas réellement le choix.

- Agares, tu t’occupes du flanc gauche. Furfur, on-

Mais Ambre venait de le prendre de court en ordonnant un Pouvoir Antique à… Wait ? Ce Rexillius était-il vraiment à elle ? Sven eut une expression surprise, tandis que les roches s’abattaient sur les Cacturne. Puis, reprenant rapidement ses esprits, il établit un lien mental avec son Nucléos.

- Allez, j’ai besoin de toi.
(Si c’est si gentiment demandé~)

Une lueur verte nimba le corps de Sven. Respirant un grand coup, le blanc attrapa les pans de ses manches trop longues et les enroula comme il le pouvait autour de ses mains, façon boxeur. Puis, il se détendit pour lâcher prise, comme à chaque fois depuis qu’il avait appris à se battre en symbiose avec son Nucléos.

Ses bras commencèrent à bouger d’eux même. Pareil à un marionnettiste, Furfur lui donnait des ordres en se basant sur les situations qu’il parvenait à voir grâce à ses sens surélevés. Sven pivota sur la droite et asséna un coup de pied latéral à un Cacturne pour l’envoyer rouler plus loin. Sous l’impulsion de son Pokémon, il se baissa pour éviter une pluie de dards et fit un croche-patte. Pantin savant au bout des fils de son maître, Sven décimait les Cacturne uns à uns en tapant à la base de leurs articulations. De son côté, Agares se servait de sa queue pour les immobiliser et les envoyer s’écraser contre les rochers qui les entouraient. Rapidement, les Cacturne battirent en retraite, sous les assauts répétés de leur équipe.

Au bout d’un moment, il ne resta plus qu’Ambre, Sven, et leurs Pokémon. Soupirant, le blanc relâcha son lien physique avec Furfur, qui vint se poser sur son épaule pour quérir un peu de repos. Se tournant vers Ambre, le jeune Archéologue lui décocha un sourire. Probablement son plus sincère, depuis qu’ils s’étaient rencontrés.

- Joli Pokémon Préhistorique, la complimenta-t-il, toujours aussi avare en mots.

Il comprenait un peu mieux pourquoi Roseverte s’était intéressé à elle. Derrière, Conda arriva à moitié habillé en leur demandant ce qui s’est passé. Balayant ses questions d’un soupir dédaigneux, Sven retourna sous la tente, laissant Ambre avec son idole. Probablement serait-elle heureuse de se retrouver seule avec lui ? Il n’en savait rien, et s’en fichait, à dire vrai. Tout ce qu’il savait, c’était qu’il s’était prononcé un peu vite à son sujet. Au final, peut-être était-elle bien plus intéressante que ce qu’il s’était imaginé.

Alors, se blottissant sous sa couverture, il ferma les yeux.

Il avait hâte d’être au lendemain. Quel genre de surprises pourrait-elle encore lui réserver ?

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[Mission] Sur les traces de Magearna
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