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[Cours été 2016] Le choix d'une vie
 Scientifique Chercheur Pkmn
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Scientifique Chercheur Pkmn
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MessageSujet: [Cours été 2016] Le choix d'une vie   Jeu 1 Sep - 18:01

Citation :
Ethologie/Etude approfondie des Pokémon
- Les relations entre les différentes espèces de Pokémon vivant dans un même environnement sont encore méconnues. Un Professeur Pokémon vous charge de rédiger cette étude sur une route de sa région.

Le choix d’une vie
31 Juillet.
L’été bat de son plein sur l’île de Touga, on ne peut pas nier ce fait. La chaleur est de plus en plus pesante. La Terreur est de plus en plus présente. Heureusement, l’école nous permet d’échapper quelques jours à cette fournaise oppressante. Nous devons effectuer un cours, n’importe où, pourvu que nous répondons à l’une des thématiques proposées. A vrai dire, je n’ai pas vraiment réfléchi quant au thème que j’allais prendre. J’ai simplement téléchargé les sujets sur mon iPok avant de sauter dans le premier ferry pour Hoenn. Retour aux sources. Face à la réalité. Un an et demi que je fréquente une école alors que mes parents ne sont même pas au courant qu’ils ne paient pas pour le Parcours TopDresseur. Il va falloir leur expliquer. Pourquoi si soudainement ? Simplement parce que je remets toujours cette tâche à demain. Et là, j’en ai marre. J’ai l’impression que je vais exploser si je fais un pas de plus sans qu’ils soient au courant. Et, surtout, j’ai besoin de retrouver mes racines. Après tout, peut-être la Terreur y est-elle également née. J’ai besoin d’indices, de calme et de sérénité. Je semble être parti dans une bonne direction. Ces séances de méditations fréquentes me force à me recentrer enfin un peu sur moi-même. Je ne dois pas perdre le cap.

Quelques jours à Hoenn ne me feront pas de mal. Et je sais que mes parents seront contents de m’accueillir pour mon anniversaire. L’année dernière… J’étais perdu entre une colonie d’enfants et les magouilles de la Team Rouage. Cette année, rien ne pourra gâcher mon été. Si on met de côté la Terreur.

Je passe mon trajet solidement accoudé au bastingage, Invy sur mes épaules. Mon Abra récupère un peu de sa nuit. Enfin.. Il dort quoi, comme d’habitude. Mais il est là, bien présent. Ma séparation avec Joy et Inlay a laissé un grand vide dans l’équipe. Tous ses membres sont un peu perdus. Surtout Genesy qui avait trouvé un équilibre entre l’Insécateur et la Wattouat. Je crois qu’il m’en veut un peu. Seul mon Sablaireau parvient à lui décrocher un sourire, il est redevenu le Galegon blasé que j’ai capturé dans cette usine désaffectée. Cela m’attriste. Je suis tellement occupé par moi-même que je passe au second plan mes Pokémon. Je n’arrive pas à gérer les deux de front. Pourtant, il va falloir y parvenir durant ces vacances. Je pousse un long soupire. Ces quelques jours ne vont pas être de tout repos.

Je profite de la fin du voyage pour examiner de plus près les sujets proposés. L’un m’attire particulièrement : étudier les relations entre les espèces de Pokémon vivants dans une même région. Partir à l’aventure, livré à soi-même. Cela a le don de me rappeler mon cours de cartographie l’année dernière. Il avait été riche en rebondissements. Je suis sûr que partir sur les routes d’Hoenn sera des plus intéressant. Après m’être assuré de mon choix, j’éteins mon iPok au moment où le ferry entre dans le baie de Nénucrique.

Un sourire se dessine lentement sur mes lèvres. Les souvenirs remontent aussitôt. J’ai passé toute mon enfance à côtoyer cette ville. Je connais le moindre des rochers de la plage, le moindre iceberg des mers, la moindre ruelle. Ma vision est bientôt ternie par l’apparition d’immenses immeubles en bord de plage. Je sens les larmes me monter aux yeux. Voilà ce qu’ils ont fait de nos belles plages. Un petit cristal dévale ma joue. Et je n’ai pas été là pour protéger cette merveille de la nature. Devenir un Ranger reconnu et respecté me semble de plus en plus logique. Ca me détruit de voir ce qu’on peut faire d’un si riche patrimoine naturel. Je sors aussitôt mes jumelles, cherchant désespérément des Tentacool. La baie était leur refuge, ils vennaient y pondre leur oeufs, trouver un partenaire ou simplement élever leurs petits. A la place, j’y vois des ados rouges écarlates se baigner, des familles tenter d’apprendre à nager leurs enfants, des moniteurs enseigner les bases du surf. Je sens une colère sourde monter en moi. C’était chez moi. C’était notre plage. Voilà ce que tout ça est devenu…

Je n’ai pas le temps de m'apitoyer plus longtemps sur le sort de la crique. Le bateau entre au port dans une longue sonnerie. Mais au fond de moi, je sais que je suis décidé. J’irais étudier comment les Pokémons du Chenal 124 ont modifié leur habitude de vie face à la colonisation des hommes. Je m’attacherai particulièrement à l’organisation entre les Pokémon, s’il y a, ou, au contraire, les rivalités qui pourraient naître à cause d’un espace maritime restreint. Ca sera parfait. Cette idée en tête me redonne du courage. Les Pokémon restent très adaptatifs, je suis sûr qu’ils sont parvenus à trouver un nouvel équilibre.

C’est donc plutôt serein que je débarque sur la terre ferme. L’ancien petit port a été totalement ravagé par le goudron, partout. Je ne peux m’empêcher d’en avoir un serrement au coeur. même Vivaldy semble un peu perdue au milieu de toute cette civilisation. De nombreux touristes ont voyagé avec moi, ils sont attendus par différents clubs de vacances que je ne peux m’empêcher de foudroyer du regard. Même s’ils ne me voient pas. Ma Natu s’est glissée sur mon épaule alors que Galegon transporte Maky et Frey sur son dos. Vivaldy s’est glissée à côté de moi et à pris le Moustebouée comme cavalier. J’adresse une caresse au Pokémon Eau. Marley est une vraie perle, il est docile, écoute tout ce que je lui dit, il est d’une composition parfaite. Je suis réellement heureux qu’il ait rejoint mon équipe. Il me donne du baume au coeur. Comme le petit Sablaireau, malgré sa timidité, on ne peut pas dire qu’il n’y mette pas du sien ! Seul Genesy s’acharne à vouloir entretenir la mauvaise humeur…

“_ Aaaaaaaaaaaaarooooooooooon !”


Je tourne la tête au moment où ma mère se jette dans mes bras.

“_ Comme tu as grandi mon chéri ! Comme tu es beauuuuu ! Regarde toi ! Nous sommes si fiers !”


Mon père s’approche également et nous prend tous les deux dans ses bras. Pendant que Zack, l’Evoli familial me saute sur le crâne.

“_ Heureux que tu sois de retour à la maison, mon fils.”

Je ferme un instant les yeux, tentant de résister au flot d’émotion qui tend dangereusement à me submerger. Un an et demi que je ne les ai pas vu. Mon regard s’attarde sur mes parents. Ils semblent plus fatigués, plus usés. Ma mère a toujours ce sourire rayonnant dont je crois avoir hérité, mon père, ses yeux rieurs et ce petit sourire discret. Ils ont pris quelques cheveux blancs, quelques rides. Mais ils ont l’air véritablement heureux de me voir. Mon père ébouriffe chaleureusement mes cheveux de sa main rugueuse. Léo. Il est le seul à faire ça d’habitude… J’ai pourtant avoué à Alex que ça ne servait à rien que je m’acharne. Je ne suis pas revenu à Hoenn pour ressasser mes sentiments pour mon Préfet. J’ai… j’ai d’autres choses à faire. Nous embarquons dans le vieux 4x4 et Zack me saute sur les genoux, au grand désarroi de Marley qui est obligé de partager la place. Le petit Evoli a toujours été généreux avec moi, il était l’un des seuls Pokémon à m’accepter. Avant mon Starter.

Je ne peux m’empêcher de sentir l’anxiété me gagner. Et si… les Pokémon de la ferme me fuyaient toujours ? Et si.. c’était le lieu qui entrait en jeu ? Je secoue la tête, non, impossible. J’avais un truc qui les effrayait. Cette chose, je n’arrive toujours pas à la comprendre. Est-ce la Terreur ? Je ne peux m’empêcher de penser que ces deux choses qui semblent différents soient en fait corrélées. Après tout, c’est après que je me sois rendu compte de l’existence de la Terreur que j’ai enfin pu approcher plus facilement les Pokémon. Ou ce n’était que le hasard. Je reste pensif durant le trajet alors que j’imagine que mes parents se rongent le frein pour ne pas me poser trop de questions. Je croise de temps à autre le regard de ma mère dans le rétroviseur, toujours souriante.

Le paysage défile derrière la fenêtre. Nous finissons par quitter les surplus d’habitation de la côte. Je fini par reconnaître peu à peu le paysage de mon enfance. Les immeubles laissent place aux grands pins. Ceux-là même qu’on grimpait avec facilité pour récolter leur branches avec papa. Je ne saurais comment l’expliquer, mais je sens qu’il est ému aussi. C’est… presque étrange de retrouver ses parents après tant de temps. J’ai l’impression de les avoir quitté hier. Mais hier me paraît si loin. J’ai l’impression d’avoir vécu deux vies depuis que j’ai quitté Hoenn. Lansat est tellement… hors du temps. Si je devais leur raconter ce qui m’est arrivé, depuis le début, je ne saurais même pas par où commencer. C’est… tellement dense. Evidemment que je voudrais leur parler de mes études, de ma passion de les modes de vie des Pokémon, de celle pour la protection de l’environnement. Mais aussi de mes amis… tout en évitant bien soigneusement les sujets épineux, comme mon homosexualité ou même mon incapacité totale dans le domaine du TopDressage. Evidemment que j’ai fais des recherches. Homosexualité. Qui aurait pu penser que je puisse mettre un mot là dessus l’année dernière. Je trouvais les hommes attirant, c’était normal, c’était … banal. Mais après ce qu’il s’est passé avec Alban, il a bien fallu se rendre à l’évidence que non, ce n’était pas le cas de la majeure partie des gens. Et moi qui suit toujours entré bien gentiment dans le rang. Ca me faisait un truc. Mais… c’est ma vie.. et… je crois que j’ai encore besoin d’y réfléchir avant de leur en parler. Avec Alex… c’était différent ! J’étais à moitié torché !

J’entre dans la maison, il y fait bien frais, comme si la chaleur de l’été ne parvenait pas à pénétrer ses murs. J’imagine que cette sensation est également dûe au fait que je viens de passer un mois entier sur une île plus que désertique. Je frissonne à cette pensée, il fait maintenant presque froid. La maison n’a pas beaucoup changé, tout est en ordre. Je dépose ma valise avant de rejoindre mes parents dans le salon. C’est mon père qui se lance le premier.

“_ Alors… raconte nous tout !”

La question que je craignais… il va falloir abréger ce moment. Allez Aaron, c’est le moment de leur dire. Ma mère semble percevoir mon trouble et m’incite à commencer.

“_ Je… je ne.. je ne serais jamais TopDresseur. J...je suis désolé. Je sais, je sais, vous payez l’école pour que je réalise mon rêve, non, votre rêve. Je ne suis pas fait pour les combats. Je le savais bien avant d’aller à la Pokemon Community, mais je ne voulais pas vous décevoir. J’ai… j’ai, en secret, demandé à changer de filière. Et… je crois que je m’épanouie chez les Scientifiques…”

Je relève le museau, un petit sourire aux lèvres. M’attendant au pire. Mais non, ils ne paraissent pas surpris le moins du monde. Ma mère acquiesce doucement mais c’est mon père qui reprend la parole en venant me poser une main sur l’épaule, l’air compatissant.

“_ Tu sais… Aaron Stuart, nous avons été prévenus. Peu après ton arrivée sur Lansat, la directrice, Elisabeth Snow, nous a écrit. Elle nous faisait part de ta volonté de changer de filière et voulait s’assurer que nous étions d’accord. Evidemment, nous ne l’étions pas. Ca… umh… à vrai dire, ça nous a mis en colère, ta mère et moi. Oui… on te voyait déjà en haut de l’affiche. Puis, on s’est rendu compte que nos lettres ne recevaient pas de réponse. Je ne sais pas ce que la Directrice en a fait. J’imagine qu’elle était bien trop occupée avec la Team Rouage, elle n’avait pas que ça à faire de s’occuper de parents énervés. Puis… au moins de juin, nous avons reçu ton premier bulletin. Evidemment, il excellait dans tes matières de prédilections. Et, nous nous sommes fait une raison, même si nous avons songé à l’idée de contacter ce… Ace Creed pour te forcer à t’améliorer dans cette discipline qui tu exècres. Umh… nous pensions que tu étais au courant que nous savions. Nous étions d’ailleurs un peu attristés que tu ne nous en parles pas. Mais alors, tu as gardé ce poids pendant un année et demie ? Pensant que… nous allions nous énerver ?”


Je reste abasourdie face au monologue de mon père. Depuis le début ils étaient au courant. Et ils ne m’ont jamais rien dit. J’hésite en l’énervement et l’envie de pleurer. C’est la seconde qui l’emporte et je me mets à évacuer toute cette tension accumulée sans aucune raison… Mes parents me serrent dans leurs bras alors qu’Evoli se frotte contre mes mollets.

Une fois les larmes séchées et attablées face à un bon repas je me suis mis à raconter diverses aventures. J’ai commencé par les rassurer au sujet de la Team Rouage. Nous n’en avons jamais réentendu parler après son démantèlement. J’ai préféré éviter de parler du fait qu’elle pourrait bel et bien renaître de ses cendres. Pas la peine de les inquiéter pour rien. Je leur ai parlé d’Alban, mon meilleur ami, ce maître du Vol déchu. Eux aussi, se souviennent de cette course tristement célèbre. Ils veulent le rencontrer, je leur ai promis qu’un jour, ils verraient Alban. J’ai également mentionné mes diverses expéditions dans le monde. Ils n’ont pas caché leur enthousiasme, surtout face à la grotte Azurée ! Je leur ai même montré le fossil de Ptera que je garde précieusement jusqu’au jour où je souhaiterais le ramener à la vie. C’est à leur demande que j’ai du raconter en détail mon aventures durant les Hunger Games. Ils m’ont demandé si on m’avait forcé à tenir un rôle. Ils m’ont aussi questionné sur ma santé… Evidemment, impossible de leur parler de la Terreur. J’ai évoqué le stress, la panique, les caméras, l’enjeu et même Jackie. Tout ça rajouté à la pseudo trahison d’Alban et j’avais de solide excuse pour péter des câbles, même à la télé.

Lorsque nous avons terminé de manger, j’avais plus ou moins fait de le tour des évènements notables de cette dernière année. Ils m’ont alors raconté ce qui s’était passé de leur côté. Les agents immobiliers ont envahi la ville, ont construit ces immenses barres touristiques, sans que les habitants soient consultés. Quant à leur élevage, ils ont beaucoup moins de demande. Ma mère songe même à changer de voix. Ils vivotent en espérant qu’aucun agent immobilier ne viennent leur piquer leur terrain. Ils étaient bien assez bouleversés lorsque la forêt du fond du jardin a été rasée. Je leur ai assuré que je ferais tout pour les en empêcher. Il doit forcément avoir un moyen de classer l’endroit avec une espèce rare de Pokémon, ou juste prouver l’existence d’une quelconque lieu de rendez-vous. Plongé dans mes pensées, je ne remarque pas mon père m’apporter une enveloppe. Mon nom joliment calligraphié trône au centre de l’enveloppe. Qui peut bien m’écrire à cette adresse ?

Je le remercie d’un signe de tête avant de monter dans ma chambre pour ouvrir le courrier. A vrai dire, je suis intrigué. J’ouvre délicatement l’enveloppe et en retire le parchemin manuscrit. Je parcours les lignes jusqu’à la signature. Mon coeur bondit. La lettre est signée Lucenzo. Lucenzo Darika. Elle est datée du 29 février 2016. Je rougis. Rongé par l’impatience, je me mets à lire alors que le son de sa voix résonne dans mon crâne.
Citation :

“Le 29 Février 2016
A Argenta

Aaron,

Voilà plus de six mois que nous nous sommes rencontrés. Et jamais revus depuis. Mais je ne t’ai jamais oublié, Aaron. Ta petite frimousse reste gravée dans ma mémoire. Je ne savais même pas que tu partais. Ce sont les gars de la plonge qui m’ont informé de ton départ. Ils ont fait leur boulot, ils m’ont remercié de ta part. Je ne savais pas quoi penser jusqu’à que je trouve Lisebeth en larmes. Je ne pouvais que compatir…

J’ai continué ma petite vie jusqu’à que j’entende parler des Hunger Games. Oui, ici aussi on a suivit tes péripéties. Je t’ai vu si proche de cet… Alban. Et ce petit pincement au coeur m’a fait comprendre.
C’est pour ça que je t’écris, en fait. J’imagine que tu dois crouler sous les cadeaux à l’Académie après cette victoire haute en couleurs. Il ne m’a pas bien été difficile de dénicher ton adresse à Nénucrique. Et je me suis dit que tu lirais cette lettre la tête reposée. Et c’est mieux ainsi.

La date n’a pas été choisie au hasard, Aaron.

Je t’embrasse,
Lucenzo Darika.”

Mes joues sont à présent baignées de larmes. Il n’a laissé aucune adresse. Aucun moyen de la contacter. Cela fait bientôt six mois qu’il attends une réponse. Une réponse qui n’arrivera jamais. Une déclaration d’amour envolée. Dire que ma St Valentin s’est terminée par un baiser pour Rodrigue. Toute cette histoire me laisse songeur. Je range soigneusement la lettre en repensant aux moments que nous avions passé ensemble. C’était pas grand chose. Une petite après-midi. Mais j’imagine que c’était assez. Je l’avais trouvé charmant. Une cible potentielle d’une histoire sans lendemain. Jamais je n’aurais osé penser que c’était aussi sérieux pour lui…

Je reste un moment pensif, sur ma chaise de bureau. Jusqu’à que la fatigue me rappel d’aller me mettre au lit. Cette nuit-là, j’ai l’impression de revivre mon stage de l’année dernière. C’est troublant. Mais j’ai surtout l’impression de passer plus de temps avec Lucenzo. Il me récite sa lettre. Puis tout finit bien. Dans le meilleur des mondes.

C’est avec un goût amer dans la bouche que je me réveil. Non, rien de tout cela existe dans cette réalité. La lettre est posée sur mon bureau. J’ai envie de passer à autre chose, pas de m'appesantir sur les fantômes du passé. Désolé, Lucenzo, tu n’auras pas de mes nouvelles de si tôt. Peut-être qu’un jour… mais pas aujourd’hui. Je me prépare, je me mets en quête d’un sac étanche ainsi que de matériel qui ne craignent pas l’eau. Je débute aujourd’hui mon étude sur les Pokémon du Chenal 124. Fin prêt, je descends au rez de chaussé pour enfourcher mon vélo. Ma mère me ratrape sur le pallier :

“_ Rentres pas trop tard ce soir, d’accord ?”

Je lui promets d’être à l’heure pour le dîner. Je sais bien qu’ils vont préparer quelque chose pour mon anniversaire. D’ailleurs, en consultant mon iPok je me rends compte que certains de mes amis ont pensé à me le souhaiter. C’est le cas de Max, son petit message me réchauffe le coeur.

Je prends la route pour Nénucrique. A vélo, cela me demande une bonne heure sous un soleil de plomb. Bon, heureusement, pas aussi chaud que sur l’île Touga. Je finis par gagner le bord de mer, bondé à cette de la matinée. On ne trouverait pas une seule place pour mettre sa serviette. Heureusement, ce n’est pas ça que je suis venu faire. Je loue une tenue de plongée ainsi que du matériel d’observation. Je laisse mes Pokémon en pension non loin de là avant de rejoindre l’océan aux vagues bleutées. Je vérifie l'étanchéité de tout le matériel avant de me laisser tomber à l’eau. L’eau est si fraîche que cela m’électrise. Moustillon et Moustebouée sont déjà partis devant et je les suis avec quelques mètres de retard. Je ne suis pas habitué à nager tout en étant aussi encombré.

Mon but aujourd’hui est de repérer les différents bancs de Pokémon afin de pouvoir les observer et comprendre leur mode de fonctionnement. Je mets plusieurs minutes pour m’éloigner du bord. Vu le raffut que font tous ces touristes, les Pokémon ne doivent pas être aussi proche des côtes. Et c’est d’ailleurs ce qui m’inquiète. Les côtes rocheuses sont maintenant trop proches des sites touristiques, les Pokémon n’osent plus s’y aventurer alors que c’est un endroit indispensable à leur mode de fonctionnement. Des sortes de point de rendez-vous. J’ai beau scruter les bords rocheux, je ne vois pas la moindre traces de vie. Frey et Marley m’indiquent le chemin à suivre et ce n’est que bien plus loin que nous tombons sur nos premières espèce. C’est un régiment de Tentacool qui semble se laisser dériver. Je les observe grâce à mes jumelles sous-marine et l’évidence me saute aux yeux : ils sont faméliques et semblent se laisser dériver aux gré des vagues. Je prends note de tout cela sur mon iPok. Des territoires restreint empêchant le fonctionnement de l’écosystème côtier. Ces Tentacool ont dû fuir la foule et donc, les côtes. Ces amas rocheux sont pourtant des plus important pour ces type Eau. Surtout pour leur reproduction. Et comme les touristes ont dû débarquer dès ce printemps, durant leur période féconde, les voici là, à dériver. Ils ne savent même plus comment réagir face à ce changement soudain. Ils sont perdus.

Mais, ce qui me questionne le plus… certes, les côtes sont plus habitées qu’auparavant, mais il reste largement de quoi faire. Il doit y avoir un autre mystère là-dessous. J’ai l’intime conviction que les Tentacool sont en territoire ennemi et que ceux-ci ne sont pas prêts de laisser la moindre parcelle de terrain. Je continue alors ma route, attentif à tous les mouvements sous l’eau. Il ne me faut guère plus de temps pour tomber sur un énorme Wailmer. Le Pokémon baleine se dirige à toute allure vers le banc de Tentacool et les fait fuir en poussant un énorme cris. Mon intuition est donc bel et bien fondée. Les Tentacool cherchent un nouvel abri mais n’ont pas l’air d’être accueilli à bras ouverts par ici. Et maintenant, ils sont bien trop fatigués pour aller trouver refuge ailleurs. Ce Wailmer a vraiment l’air redoutable. Après que le groupe de Tentacool ait passé un certain rocher, le Wailmer se détourne de ses cibles et repart dans l’autre direction, sans m’adresser le moindre regard. Son territoire doit s’arrêter à ce niveau là. Je prends quelques photos afin de m’en rappeler. Le groupe de pieuvres est pris entre deux eaux, c’est le cas de le dire, d’un côté, ils sont dans l’impossibilité de rejoindre leur terre et de l’autre, chassés par un monstre marin. Ils divaguent donc entre les deux, sans pouvoir faire quoi que se soit.

Lorsque l’on pense que tout est perdu, il y a toujours un Pokémon pour nous prouver le contraire. Aujourd’hui, c’est un petit groupe de Viskuse accompagné par quelques Moyade. La troupe semble très organisée. A l’air de leur petits bras en forme de mandibules, ils prennent en charge les différents Tentacool et commence à les emporter. Je note soigneusement le fait qu’ils évitent parfaitement ce qui semble être le territoire du Wailmer. J’adresse un regard à mes deux Pokémon aquatiques, ils ont l’air aussi subjugués que moi. Pas de temps à perdre ! Je me mets à poursuivre cet étrange cortège en élaborant divers scénarios dans mon esprit. Est-ce dans la nature des Viskuse de sauver leurs prochains ? D’après leur description… ils utilisent plutôt leur nageoires pour emporter leurs proies dans les profondeurs. Je suis soudainement pris de panique. Et si j’étais en train d’assister à un génocide de Tentacool ?! Mais… je n’ose pas m’approcher plus, les Moyade ne sont pas réputés pour être généreux envers les humains.

Me voilà donc à une vingtaines de mètre au dessus de la troupe de Pokémon. Ils semblent s’enfoncer petit à petit dans les profondeurs. Mes peurs semblent être fondées. Je sers les dents. Impossible pour moi d’aller plus bas avec seulement un masque et un tuba. Je suis parfaitement inefficace ici. Je remonte la tête hors de l’eau. Je dois me rendre à l’évidence : il faut que je rentre. je reviendrai demain, plus équipé cette fois-ci.

L’après-midi est en train de s'étirer à l’horizon. De nombreuses personnes profitent encore des joies de l’océan. Je m’en vais rendre l’équipement loué et en profite pour récupérer toutes mon équipe. Tous mes compagnons semblent être en pleine forme ! Ils ont dû bien profiter de leur journée et cela m’apaise. Cela me fait toujours du bien de les savoir près de moi. J’aurais aimé rentrer sur le dos de Vivaldy mais mon vélo ne peut pas rester ici. J’hausse alors les épaules et grimpe sur le scelle. Je monterai ma Haydaim demain. J’adresse une caresse à Maky avant de me mettre à pédaler. J’ai quatorze ans aujourd’hui. Cela ne me fait rien de particulier… je me demande simplement ce que mes parents vont m’offrir.

Une fois rentré à la maison, c’est en effet un grand repas qui m’attend. Mes parents m’écoutent raconter l’aventure du jour. Je suis vraiment inquiet pour ces Tentacool. J’ai à la fois hâte et terriblement peur d’y retourner demain. Rien ne semble pouvoir gâcher la bonne humeur ambiante et nous parlons bientôt de tout et de rien. Mes parents ont préparé divers mets et je dois avouer que je me régale ! L’heure du dessert arrive et un immense gâteau au chocolat se dresse devant moi. Je crois que c’est mon gâteau préféré. Même si c’est pas très original ! Nous en dévorons une bonne partie avant de passer à l’heure des cadeaux.

“_ Joyeux anniversaire, Aaron !”

Mon père me tend un gros paquet. Je m’empresse de l’ouvrir et de découvrir ce qu’il contient. Comme si mes parents avaient lu dans mes pensées, une combinaison de plongée ainsi que tous ses accessoires se dévoilent sous mes yeux. Je ne peux réprimer un immense sourire ainsi qu’une petite larme avant de me jeter dans leurs bras.

“_ Merci beaucoup ! C’est magnifique !
_ Nous nous sommes souvenus de ton amour pour l’eau, alors voilà ! J’espère que tu en trouveras l’utilité à l’Académie !”

Je secoue positivement la tête. Evidemment ! En plus, le dortoir des Phyllalis est juste à côté de la plage. Ainsi que de l’épave ! Je vais enfin pouvoir profiter pleinement de ces magnifiques ruines ! La combinaison est une tenue complète, avec les palmes, le masque et même deux bouteilles d’oxygène ! C’est simplement génial ! Je le remercie une nouvelle fois avant de monter me coucher. Vivement demain, une nouvelle aventure m’attends !

Je suis debout au lever du jour. Je prends à peine le temps d’avaler mon petit déjeuner que je suis déjà en train d’enfourcher Vivaldy pour rejoindre la mère au plus vite. J’ai hâte d’essayer cette combinaison. Aujourd’hui, j’opte pour une technique pour radicale. Je joue carrément une barque afin d’emmener tous mes Pokémon avec moi. Seuls Genesy et Vivaldy préfèrent rester sur la terre ferme, ce que je comprends. ils trouvent rapidement un endroit à l’ombre pour passer la journée. Je leur fais signe alors que je m’éloigne de la rive. Je ne mets pas bien longtemps avant de retrouver l’endroit d’hier. Le Chenal se fait bien plus profond ici. Je rêvets mon masque et me jette en arrière. Me voilà prêt à braver les profondeur sous-marine. Frey et Marley m’accompagnent, on ne sait jamais ce qui pourrait arriver.

Il fait de plus en plus sombre à cette profondeur. Les rochers semblent vouloir m’enfermer. Mais le spectacle est magnifique. Des coraux bordent le moindre replis rocheux. Des Coquiperle ont trouvé refuge un peu partout dans cet habitat. Ils semblent bien paisibles. Comme si rien ne pouvait tromper leur quiétude. Je m’applique à ne pas les déranger et je continue ma descente vers le fond. Les abîmes semblent vouloir m’aspirer et je n’aperçois toujours pas de fond. La noirceure commence à m’envelopper et la peur à étreindre mon coeur. Je ne suis plus tout à fait aussi sur de moi.

Un éclat de lumière me force à tourner vivement la tête. Je suis persuadé que c’est un Moyade. Il faut que je reste sur mes gardes. La curiosité l’emporte tout de même et je me mets à nager vers l’endroit où il m’a semblé le voir. Je divague entre les pics rocheux. Et, bientôt, je tombe sur une petite crique sous-marine. Le sable s’est déposé au fond de cette grotte. Des dizaines de Viskuse et Moyade sont ici. Ils sont tous attachés aux tentacules des pauvres Tentacool. Comme s’ils drainaient leur énergie vitale. J’empêche d’un mouvement de bras mon Moustebouée qui voulait foncer dans le tas. Non, nous n’avons pas à intervenir. Je… je crois que c’est la dur lois de la nature. Je reste quelques minutes en suspens. Et, bientôt, les Viskuse emporte les corps sans vie dans Tentacool dans les profondeurs. A des endroits si profonds que je n’ose m’y aventurer. Je déglutis et mets un petit moment à retrouver une respiration normale. Moi aussi, j’aurais voulu empêcher se massacre. Mais nous n’avons pas à intervenir dans l’écosystème.
Si je me mets à tuer de Viskuse, comme prouver que je ne suis pas comme ses hommes qui ont bâtis des immeubles autour de la crique ?

Néanmoins, je crains que les Tentacools soient en mauvaises postures. Ils risquent d’être en voie de disparition à Nénucrique. Il faudra que je prévienne les Chercheurs de la ville. Je m’éloigne de la grotte, pas la peine de s'appesantir, j’ai toutes les informations qu’il me faut pour mon cours. Je remonte tranquillement vers la surface en me laissant guider par la lumière du jour. Mon expédition d’aujourd’hui a été rapide. La fin de la matinée est à peine commencé. Je remonte dans la barque et le calme du lieu me décide à remettre de l’ordre dans mes pensées.

Je m’assois en tailleur, les mains sur les genoux. Je sens mon esprit vagabonder pendant quelques instants avant de se laisser emporter dans les sillons de mon esprit. Je cherche toujours la même chose. La Terreur. Elle est ici, je le sais. Je l’ai déjà sentie. Je sens Invy toucher ma conscience, j’approuve sa venue et il mélange son esprit au miens. Nous avançons plus vite, plus loins, avec plus d’aplomb. J’ai la même impression que tout à l’heure : plonger dans des profondeurs abyssales. Nous divaguons un moment, cherchant cette Terreur qui ne semble pas vouloir donner signe de vie. Ma respiration est calme, je pourrais rester des heures ainsi. Nous sommes si loin que je ne crois ne jamais y être venu. J’ai l’impression d’avoir trouvé une sorte de pallier, un endroit où je ne peux pas aller plus loin. Mes pensées cheminent mais ne rencontrent rien d’autres que celle d’Invy. Mon Abra partage mes inquiétudes et a senti la présence de la Terreur bien avant moi. Il est un atout incontestable dans mes recherches. Il finit néanmoins par me dire qu’on ne la trouvera pas aujourd’hui. Je sens sa conscience rassurante s’évaporer. Il est parti. Je me laisser glisser vers le haut et je reprends petit à petit conscience de mon environnement.

La barque tangue doucement alors que Phy batifole en compagnie de Marley. Je les rappel et nous rejoignons bien vite la terre ferme. J’y retrouve mes deux autres Pokémon. Je profite du temps magnifique pour pique niquer dans un endroit tranquille. Alors que je mange, je rédige un message pour le Laboratoire du coin. Il faut absolument mettre sous surveillance les Tentacool. J’y joins mes notes et un rapport pas vraiment rédigé. Mais il devrait faire l’affaire. J’en profite également pour mettre ce rapport au propre afin de le rendre lors de mon retour à l’Académie. Je suis à la fois fier et troublé par ce que j’ai découvert.
Oui, je me doutais que l’homme pouvait avoir un impact sur le mode de vie des Pokémon. Mais… au point de faire disparaître toute une espèce ? Ou alors, est-ce seulement un coup du destin ? Il y a probablement d’autres bancs de Tentacool dans la crique. Malheureusement, je manque cruellement de temps pour en observer d’autres. Demain, je prends le premier ferry en direction de Touga.

Je reste un moment pensif. Puis, je reprends le chemin de la maison. Nous discutons une bonne partie de la soirée avec mes parents. Nous partageons un dernier repas. Je n’ai pas vu passer ces quelques jours en leur compagnie. Je suis tellement rassuré. Ils ont accepté le fait que je ne sois pas TopDresseur. Et ils me soutiennent tellement. J’ai enfin l’impression d’avoir rattrapé le temps perdu, même en seulement deux jours. Je n’ai donc aucun mal à trouver le sommeil ce soir là.

Le lendemain, mes parents me raccompagnent jusqu’à l’embarcadère. Je les étreint fort tout les deux.

“_ Je crois que j’ai pris une décision… je vais suivre le parcours TopDresseur.”


Je vois un vieil éclat s’illuminer dans leurs yeux.

“_ Puis… je me spécialiserai en tant que Ranger. Et, plus jamais je ne verrai un paysage détruit de la main de l’homme. Jamais.”

C’est à leur tour de me serrer dans leurs bras. Ils me répètent qu’ils sont fiers de moi. Et cela me remplit de joie. J’ai trouvé ma voie. Enfin.
Aaron S. Mightley

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PHYL THE POWER


Le couple le plus improbable avec... une fille
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