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[Mission] Alice in Slumberland
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MessageSujet: [Mission] Alice in Slumberland   Ven 21 Avr - 13:28

open your eyes and they will see, there lies a dream to leave them hypnotized
Ta vision se trouble.

Ça ne devrait pas se passer comme ça. Pourtant, tout avait l'air normal quand vous êtes arrivés ici. Nulle trace de quelqu'un — ou de quelque chose — de vivant. Ni de ceux qui vous étiez sauver, ni de ce que vous étiez censés arrêter. Et pourtant, quelque chose vous avait échappé. A vous deux. Tu sens tes paupières s'alourdir, tes yeux lentement, lentement se fermer ; vraiment ? Un échec, aussi rapidement ? Un game over en début de partie, le classique « et on entendit plus jamais parler d'eux » et le livre qui se referme pour laisser la place à d'autres héros ? C'en est presque rageant. Pour une première mission, tu venais de te rater de la plus belle des façons, et le goût amer de la débâcle en est plus fort que jamais. Bien sûr, tu te déçois, toi qui étais si motivée pour une fois : mais tu as surtout peur de décevoir les autres. Dire que Jauplain avait l'air tellement satisfaite qu'une de ses élèves soit aussi impliquée...

Tu sens ton corps s'affaisser. Le choc contre le sol humide devrait être brutal mais étrangement, tout te semble...distant. Comme s'il existait un voile, inconcevablement fin, entre toi et la réalité. Tout devient lointain : les sons, les sensations, le monde, le monde entier. Comme anesthésiée, tes pensées se perdent, ricochent, n'ont plus de sens. Tout est flou ; tu t'es comme égarée à mi-chemin entre le rêve et la réalité. Oh... et ton partenaire ? Est-ce qu'il va bien ? Clouée à terre tu parviens, une fraction de seconde avant de perdre conscience, à le voir. Lui aussi, à terre, évanoui, sa Gardevoir à ses côtés.

...soudainement, tout vire au noir.

Et lorsque tu rouvres les yeux, une immensité blanche s’étend à perte de vue devant toi. Tu restes figée sur place, incapable de ne serait-ce que trouver un lien logique entre ta situation précédente et...où tu te trouves à cet instant précis. Rien ne connecte ; les rouages de ton esprit sont comme rouillés, refusent de tourner d'un millimètre, alors que tu es plongée dans une confusion profonde. Quel est cet endroit ? Tu n'arrives même pas à raisonner clairement, ni à te rappeler de ce qu'il s'est passé avant que tu arrives ici...peu importe où cet endroit se trouve, et qu'est-ce qu'il est. Le moindre effort de pensée t'accable avec une migraine si forte qu'elle te dissuade de poursuivre ta tentative. Tu as l'impression de te sentir épuisée, exténuée, et pourtant...en même temps, tu te sens drôlement légère. Tu ne sais absolument pas ce qu'il t'es arrivé, ni à toi, ni à lui, mais tu es sûre d'une chose : quelque chose ne tourne pas rond.

Soupirant, tu t’assois sur le sol — est-ce que c'est vraiment le sol, ou juste du vide ? Tu n'en est même pas sûre, puisque tout autour de toi est d'un blanc immaculé. Calmement, respirer et réfléchir calmement...revenir à comment cette journée a commencé. Comment cette mission a commencé. Ugh, cette migraine... Tu fermes les yeux afin de te remémorer, avec la solide impression de vivre un cauchemar.

***

Tu es arrachée d'un sommeil particulièrement agité par un violent sursaut, si violent que Topaz, qui dormait à côté de toi, a lui aussi été tiré des bras de Morphée. Le choc te propulse en avant, et avant même que tu puisses le réaliser, tu es déjà redressée, assise sur ton lit, entre tes draps qui forment un enchevêtrement que tu arrives à peine à décrire. Le souffle te manque — et tes idées sont confuses. Tout s'entremêle, couleurs sons et sensations ; il te faut encore un moment avant de comprendre ce qu'il t'est arrivé. Lorsque tout se remet progressivement en place, tu finis par comprendre : un cauchemar. Tu viens de faire un cauchemar comme tu n'en avais pas fait depuis longtemps.

Depuis que tu es arrivée ici, en vérité...depuis que tu avais trouvé ta place entre les murs de la Pokémon Community, tes démons nocturnes avaient comme disparus, te laissant à des escapades oniriques les plus paisibles, ou simplement proie à des songes étranges, défiant le sens commun. Mais cette fois...cette fois-ci, les chimères étaient devenues bien plus sombres, encore plus que celles qui t'avaient hanté il y a quelques années. De brèves réminiscences surgissent dans ton esprit, comme des flashs écarlates que tu n'aurais jamais voulu voir jaillir : des corps reposant dans une mare de sang, carbonisés, déchiquetés, aux membres tordus dans des angles impossibles pour un humain, pétrifiés par le froid... Et le pire, c'est que chacun, chacun de ces corps appartient à des gens que tu connais. Et à qui tu ne voudrais jamais voir arriver ce genre de choses. Tu serres les dents, le goût salin des larmes qui roulent sur tes joues se logeant au fond de ta bouche. Topaz, inquiet, vient se lover contre toi, et la chaleur émise par le chiot te rappelle doucement à la réalité. Le souffle encore court, tu le serres contre toi : tu te demandes ce que les gens penseraient de toi s'ils savaient que ce genre de choses te hantait. C'était peut-être pour ça que tu avais arrêté de lire des romans policiers et d'épouvante, en fait.

Tu détournes le regard vers le réveil posé à côté de toi. Il est à peine huit heures du matin. Tu avais déjà évité le réveil en plein milieu de la nuit, ce qui est déjà un bon progrès. Oh, et Shana...? Posant tes yeux sur le lit à l'autre bout de la chambre, tu remarques que ton sursaut n'avait pas eu l'air de la déranger plus que ça, car elle était toujours assoupie, roulée en boule sous ses couvertures. Tu soupires, soulagée ; au moins, tu ne l'avais pas réveillée. S'ajuster à la vie en colocation était bien plus dur qu'il n'y paraissait...prendre en compte les habitudes de vie de quelqu'un que tu connaissais à peine était plutôt difficile. Mais pour l'instant, tout se passait bien. Elle allait pouvoir continuer à profiter de son (profond) sommeil, et toi...tu allais devoir te lever, car une longue journée se profilait devant toi. Une longue journée qui marquait le début de ton envie de prendre ton avenir en main — et cela te mettait plutôt du baume au cœur.

Une fois levée, tu attrapes la première jupe et le premier pull qui te viennent sous la main — tu entendais déjà Sirius hurler, mais vu l'expédition qui t'attendait, il fallait mieux être à l'aise. Tu te mordilles la lèvre, l'esprit ailleurs ; tu es encore étonnée que l'affiche que tu avais accrochée il y a quelques jours dans le dortoir Givrali aie disparu aussi vite. Tu t'attendais déjà à devoir effectuer cette mission seule, et voilà que le lendemain matin, ta demande s'était volatilisée. Bien sûr, tu avais aussitôt commencé à te poser des questions : et si quelqu'un l'avait juste jetée ? Tu étais assez fière de toi, et tu n'avais vraiment pas envie que tout cela passe à la trappe. Fort heureusement, tu fus vite rassurée, et pas par n'importe qui : par ta référente, Janice Jauplain elle-même. Elle était celle qui avait récupéré l'affiche, et tout en te félicitant de tes efforts, elle avait décidé d'aller voir un de ses collègues pour t'aider à trouver un binôme. Déroutée, tu avais juste pu bégayer quelques remerciements, avant que Jauplain t'adresse un doux sourire, te glisse que ton fameux binôme t'attendrait à l'embarcadère qui vous emmènerait à Unys, et tourne les talons en te souhaitant bon courage. Vraiment, tu l'aimais bien ta référente. Elle te rappelait un peu ta mère, parfois.

Ce qui t'amenait donc à aujourd'hui. Ayant rassemblé les affaires qui te semblaient les plus judicieuses à transporter, ainsi que les Pokéballs de ton équipe au complet, tu faisais désormais route vers le port de Lansat, où t'attendait apparemment l'élève avec qui tu étais censé accomplir cette mission, d'un pas relativement pressé. Tu avais pris un peu de retard sur ton planning, une de tes mèches s'étant coincée dans l'un des boutons de ton pull, et tu avais passé cinq bonnes minutes à essayer de te dépêtrer sans trop te faire mal — il serait peut-être temps que tu te coupes les cheveux, quand même, d'autant plus que c'était un alibi ridicule pour justifier un retard. Mais une fois arrivée en face du bateau qui vous mènerait à Unys, il n'y avait personne d'autre que toi. Une légère angoisse pointe dans ton cœur — et si ton binôme t'avait fait faux bond ? — mais au bout de quelques minutes de plus, elle s'est aussitôt envolée, au son de bruits de pas approchants derrière toi.

Tu voudrais te retourner pour voir de qui il s'agit, mais pour une raison qui t'échappe — ou plutôt, il y a trop de raisons que tu pourrais citer — tu n'y arrives pas. Tes jambes sont paralysées par l'appréhension. Finalement, le déclic se fait, et tu fais volte-face...pour te retrouver nez à nez avec un garçon...bien plus grand que toi. Genre, vraiment beaucoup plus grand que toi. Laissant échapper un cri de surprise, tes joues se mettent à flamber : est-ce que c'est une manière d'accueillir quelqu'un, Luce ?

« P-pardon, je suis désolée, je, je ne voulais pas... »

Ta voix s'éteint brusquement lorsque tu réalises que tu as l'impression d'avoir déjà vu cette personne...et le Gardevoir à ses côtés. Oh. OH. Bien sûr ! Tout te revient maintenant. C'est le garçon que tu as accidentellement percuté le jour de la Saint Valentin. Tu reconnais sa Gardevoir — qui a l'air ravie de te revoir d'ailleurs, et tu lui adresses un timide salut de la main. Mais ton impression de déjà-vu ne s'arrête pas là...et peut-être que le visage blême de ton binôme en est la raison. C'est un souvenir un peu plus ancien, cette fois-ci...la sortie capture de Noël. C'était aussi celui qui était sur le Lokhlass qui naviguait juste à côté du tien et qui avait l'air terrifié. Le mal de mer, sans doute...? Enfin, bref. Le fait savoir que ton partenaire était quelqu'un que tu avais déjà croisé était plutôt bon signe. Peut-être que les choses allaient bien se passer, pour une fois...

« Je, je...je m'appelle Luce. Enchantée de faire ta connaissance. »

***

Ton mal de crâne semble s'être atténué, mais les choses sont toujours aussi confuses dans ton esprit. Tu grognes silencieusement : évidemment que les choses n'allaient pas bien se passer. Les choses ne se passent jamais, jamais bien à la Pokémon Community. Mais trêve de protestations. Maintenant que tu as commencé à remettre les éléments du puzzle en place, tu peux commencer à te préoccuper de tes priorités actuelles...et la première d'entre elles, c'est de retrouver ton binôme. Tu te relèves, encore un peu sous l'effet du vertige, et balaye la plaine blafarde autour de toi. Évidemment, dans de telles conditions, repérer quelqu'un est relativement aisé. Tu te diriges donc vers la silhouette que tu as aperçue au sol, plus loin, et une rapide course (« course », on parle de toi et de ton endurance, après tout) plus tard, tu retrouves effectivement ton partenaire, encore inconscient. Aucune trace de Libra, en revanche. Tu te penches au-dessus de lui : il a l'air de respirer normalement, au moins.

« N-Nolan...? Tu m'entends ? E-Est-ce que ça va...? »

15/04/2017, feat. nolan dèannag


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MessageSujet: Re: [Mission] Alice in Slumberland   Sam 29 Avr - 22:30

Do, mi, fa, do, ré, sol...Elles s'égrènent, elles virevoltent, elles dansent tout autour de toi. Des noires, des rondes, des croches, rien n'est laissé au hasard : Chaque chose à sa place, toi compris, sur cette immense partition qui semble t'envelopper. Même si cette sensation est un peu perturbante au premier abord, elle est loin de te déplaire. Pour une fois, tu fais réellement corps avec ta musique.
Certes, l'absence de Libra et des autres est un peu perturbante (Je suis pourtant sûr d'avoir vu un Alban s'envoler sur un char tiré par une dizaine de type Vol), mais...étrangement, tu ne sembles pas t'en soucier. Ou plutôt, tu n'as pas l'idée de t'en soucier. Dans cette espèce de tourbillon musical, rien ne semble avoir la moindre importance. Tu as l'impression de flotter dans du coton et en même temps, chaque pulsation de ton coeur envoie une énergie qui t'es complétement inconnu dans chacun de tes membres. Rien de plus normal donc que d'attraper tour-à-tour une guitare, un saxophone et un clavier qui passaient à ta portée (En volant de leurs petites ailes, tout est parfaitement normal), pour laisser glisser tes doigts sur les instruments. L'ensemble forme ainsi une mélodie qui t'emplit d'une sensation de paix comme tu n'en as jamais ressenti. Aucune fausse note, aucun élément perturbateur pour venir briser cet instant...

''...Un peu court.''

...? Oh, ce n'est qu'elle : émergeant de l'un des détours de la partition, une silhouette mince et agile s'approche rapidement de ta position, dévoilant la jeune violoniste de Lansat. Chacune de tes excursions en ville semble se solder par une rencontre impromptue avec cette dernière, aussi ne montres-tu aucune surprise à la voir ici...D'ailleurs où êtes-vous ? Bah, aucune importance, cette fois, tu as ENFIN l'occasion de lui demander son nom !
Elle se tient donc juste devant toi, dans une robe simple d'un azur brillant, un archet dans une main et son violon dans l'autre. Son éternelle demi-sourire sur les lèvres, elle semble attendre quelque chose. Et tu ne peux donc répondre que par la seule manière que tu connaisses...

Symphonia

..C'est étrange. Lors de votre dernière performance commune, tu étais sûr d'avoir atteint une synchronisation parfaite. Et pourtant, à cet instant précis, tu sens sa musique qui s,unit à la tienne d'une manière que tu n'aurais jamais pu imaginer. Tu goûterais bien à cette mélodie jusqu'à la dernière note, si la jeune femme ne s'était pas interrompu pour reprendre la parole.

''Merci. C'était...plaisant.''

''..Pour moi aussi.''

...Wait. Tu viens...de parler. J'ai pas rêvé (Encore heureux, c'est moi qui l'ai écrit). Tu viens de parler, Nolan. Avec des mots. Fin', avec des mots qui sortent de ta bouche. Pas de signes, pas de texte, pas de télépathie, tu as fait juste ouvert la bouche et c'est sorti. Et donc, qu'est-ce qu'on peut en conclure ? Si on excepte l'intervention d'Arceus, une rémission spontanée ou l'alcoolisme de ton rédacteur, il ne reste plus qu'une solution disponible...

********************

Ouvre les yeux. Allez, ouvre-les. Ça ne devrait pas être si difficile. Ok , Nolan, je sais que tu n'en a pas envie, mais il va falloir le laisser filer, ce beau rêve. Quoi ? Tu veux que ce soit autre chose ? Je pense que les notes volantes et le Alban-Apollon étaient des indices suffisants pour que tu t'en rendes compte, mais toi qui parles normalement...Ça, c'est beaucoup trop improbable. Alors maintenant, tu te lèves et tu te bouges !
Ah, voilaaaaaaa...D'abord, tu entrouvres une paupière...Puis une autre...Et finalement, les deux yeux grands ouverts, tu contemples le plafond. Sauf qu'en ce moment, difficile d'apercevoir le-dit plafond, il y a quelque chose qui le coince : une petite frimousse avec deux grands yeux qui te fixent, à moins de quarante centimètres de ton visage. Et dans cette situation, tu ne peux avoir qu'une seule réaction logique.

*SBUNK*

Aouch. Ça, ça a dû faire mal. Pour les deux, je veux dire. Ton réflexe de te relever aussi brutalement...Pas malin, pas malin du tout même. Tu te retrouves donc un peu sonné, tandis que ta pauvre victime s'écarte en se massant le front. Au moins, le choc t'aura permis de dissiper les derniers reliquats du sommeil : tu n'as pas encore les idées claires (Par contre, en ce qui concerne le mal de crâne...), mais au moins, tu arrives à t'asseoir sans tanguer de droite à gauche.
Bon, récapitulons : déjà, il s'agirait de déterminer comment vous êtes arriver...arriver où, pour commencer ? C'est grand, vide, faiblement éclairé et on dirait que le néant qui vous entoure, se disperse aussi loin que porte le regard. Il va falloir faire un petit effort, Nolan. Tu as peut-être une migraine atroce, mais en te concentrant, tu devrais être capable de te rappeler au moins un élément susceptible d'expliquer ce que vous fichez dans un endroit aussi bizarre.
Alooooooors...La dernière chose dont tu te souviens, c'est un endroit qui sentait l'humidité et qui ne cessait de bouger de gauche à droite. Un bateau...C'est pas plaisant, mais il n'y a qu'un bateau qui corresponde à cette définition. Donc, il y avait un bateau. Et s'il y a un bateau, surtout quand on te connait, ça implique que tu as dû quitter Lansat pour une raison ou une autre. On peut exclure la visite à ta famille te connaissant et vu que tu ne serais jamais monté volontairement sur ce moyen de transport diabolique. À moins que la présence d'un Meloetta est été signalée sur une île proche de Lansat, il ne reste donc plus qu'une seule option...Tu es parti pour remplir une tâche ou une mission d'importance.
Et quand tu y penses, effectivement, ça te dit quelque chose. Quelque chose en rapport avec l'apparition d'Heartnett au beau milieu d'une matinée qui s'annonçait plutôt tranquille. Ton référent avec sa ''persuasion'' habituelle, s'est arrangé pour que tu te retrouves en route pour Unys, au coté d'une ''pauvre jeune Givrali en détresse, qui aurait bien besoin d'un bras secourable''. Il s'agit sûrement de la jeune fille que tu viens de percuter sans le moindre préavis, c'était quoi son nom déjà ? Un truc qui commence par L...Luce ! Ça, c'est posé. Maintenant, la question est ''Qu'est-ce qui a bien pu se passer, depuis ?'': vous êtes arrivés à Unys, ça tu t'en souviens (Aie, cette migraine), ensuite, vous avez pris place dans un bus à destination d'Ogoesse, en échangeant au maximum quinze mots pendant tout le trajet et ensuite...

''...''

Le trou noir. Impossible de visualiser autre chose qu'un espèce de gouffre informe, sans la moindre cohérence. Tu tenterais bien de contacter Libra par la pensée, mais que ce soit à cause de la distance ou d'un autre facteur, la Gardevoir semble incapable de répondre à ton appel. Tes Pokéballs sont également portées disparues, autant dire que la situation ne s,annonce pas bien brillante.
Empoignant une tablette et un stylo (Qui n'étaient pas là une seconde avant...Il me semble ?), tu pivotes donc vers Luce, avant de griffonner d'une main incertaine quelques phrases.

''Désolé de te demander ça, mais...Tu t'appelles bien Luce ? Et plus important, tu sais comment on a atterris ici ? Je me rappelle du bateau, d'Ogoesse mais après, c'est le néant. D'habitude, je communique via télépathie avec ma starter, mais on dirait que tous mes Pokémons ont disparus.
D'ailleurs, ce Wattouatt est à toi ?''


En effet, il serait peut-être temps de s'intéresser à la boule de laine qui ne cesse de revenir à la charge et pose sa tête sur tes genoux. Il en faudra plus pour t'étonner dans un endroit pareil, mais cette bestiole est tenace et à la longue, tu apprécierais que sa propriétaire modère ses ardeurs.

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MessageSujet: Re: [Mission] Alice in Slumberland   Sam 6 Mai - 16:24

afraid of change, i'll just blame my lack of courage on being born in this day and age
Aïe.

Tu frottes ton front de manière répétée, comme si ce geste enfantin allait magiquement faire disparaître la douleur. Tu étais parvenue à réveiller ton binôme, mais il s'était relevé si brusquement qu'il venait de te laisser une belle marque rouge à l'endroit où vos têtes s'étaient entrechoquées. Tu serres les dents : ça te semblait un peu ridicule de faire ça mais mine de rien, ça faisait vraiment mal. Tandis que tu t'efforces à dissiper l'élancement qui a pris possession de ton crâne, tu ne remarques pas tout de suite que le brun alors assis face à toi s'est saisi d'une tablette et d'un stylo — tiens,  c'était là avant, ça ? — et griffonne nerveusement dessus. C'est sûrement à cause de la confusion générale, mais il te faut un peu de temps avant de réussir à faire sens des mots qu'il a inscrit, comme si les lettres flottaient, refusaient de rester en place. Fronçant les sourcils, ta concentration vient finalement à bout des palabres écrites noir sur blanc, et tu lui réponds, encore légèrement hésitante.

« O-oui...c'est ça. Luce Agnelli... Je, um, je ne sais pas du tout comment on s'est retrouvés ici, en revanche. Mes souvenirs sont tout aussi confus que les tiens... »

Tu fermes les yeux — peut-être que te couper un instant du monde autour de toi t'aidera à avoir les idées plus claires. Et effectivement, cela semble marcher : toi et le garçon à tes côtés, Nolan Dèannag, étiez en route pour Ogoesse, bourgade du sud de la région d'Unys. D'ailleurs, il ne t'avait pas semblé très bavard au premier abord, et tu avais bien vite compris pourquoi : il était tout simplement incapable de parler, t'avait-il expliqué via lien télépathique. Une méthode assez déconcertante, mais tu n'avais mis que peu de temps à t'y habituer. Après tout, c'était avec sa Gardevoir (la même à qui tu avais remis la rose à la Saint Valentin dernière) que tu avais le plus échangé. De manière assez ironique, tes suspicions à propos du Voltali s'étaient confirmés — faire la conversation n'était pas vraiment son genre. Enfin, ça...c'est surtout parce qu'il avait passé tout le trajet en bateau jusqu'à Unys enfermé dans sa cabine. La sortie capture de Noël t'avait permis de déduire qu'il semblait souffrir du mal de mer, et tu étais donc restée sur le pont avec sa starter, Libra. Un Pokémon particulièrement sympathique soit dit en passant, qui te rappelait beaucoup ta sœur aînée, Stella, dans sa manière de se comporter et d'agir envers toi. Tellement, d'ailleurs, que ça en devenait presque effrayant.

Mais en dehors du trajet, tu avais encore du mal à te rappeler de quoi que ce soit d'autre. Le moindre de tes efforts pour te focaliser sur ce trou béant dans ta mémoire se solde par un échec, et par un éclair de douleur dans ton cerveau. Ugh, toujours cette fichue migraine... Tu inspires ; expires lentement. Se forcer ne mènera à rien de bon...même si votre situation actuelle aurait bien besoin d'être élucidée. Tes mains agrippent machinalement l'écharpe autour de ton cou — et tu prends une nouvelle inspiration. Doucement, Luce, réfléchis. Réfléchis...

***

Tes pieds touchent enfin la terre ferme après ce qui t'a semblé être une traversée beaucoup plus longue que la normale. Certes Libra était de très agréable compagnie, mais passer plusieurs heures seule à seule avec des gens que tu viens à peine de rencontrer n'a jamais été ton fort, d'autant plus que ta timidité naturelle avait donné lieu à bon nombre d'excuses et d'inquiétudes, ce qui n'avait pas rendu vos dialogues de tout repos. Secouant doucement la tête pour chasser ces instants qui sont maintenant derrière toi, tu t'étires en laissant échapper un léger couinement. Ce que monsieur Edern disait à propos des voyages en mer était vrai : naviguer, ça vous draine un homme. Enfin, une jeune fille, en l'occurrence. En tout cas, il n'y a rien de mieux qu'un retour sur le plancher des Ecremeuh pour se ressourcer ! On dirait par ailleurs que tu n'es pas la seule à partager cet avis : en te retournant, tu aperçois Nolan descendre du bateau, blême comme un Funécire. Tu ne l'avais pas vu du voyage, et Libra était parti le chercher quelques minutes avant que vous arriviez à bon port — c'était probablement pour cette raison.

« Est-ce que ça va aller...? »

Malgré son visage livide, il a l'air de s'en sortir. Ça ne t'empêche pas de te sentir un peu triste pour lui, mais c'est déjà ça de gagné. Tu plonges la main dans le sac que tu as suspendu à ton épaule afin d'en sortir ton iPok, et de consulter votre prochaine destination. Vous veniez tout juste d'amarrer au port de Volucité, et il vous fallait maintenant prendre le bus jusqu'à Ogoesse, lieu où vous seraient donnés les détails de votre mission. Le bus vous attendait en plein centre ville — et tu étais assez déconcertée en contemplant le lieu qui s'étendait devant tes yeux. Tu avais lu qu'Unys était un endroit impressionnant, mais tu ne t'attendais pas à ce qu'il le soit autant : d'immenses immeubles s'élevaient jusqu'à quasiment toucher le ciel, et les rues étaient bondées, bien, bien plus que dans ta modeste ville de Joliberges. Tu avais failli te perdre plus d'une fois dans la foule, ta petite taille n'aidant absolument pas, mais avoir un partenaire aussi grand t'avait été d'une aide considérable. Au moins, lui, il était facile à repérer...

Le trajet en bus fut, de manière surprenante, dépourvu de complications. Aucun accident, aucune perturbation : juste toi, Nolan qui somnolait contre la vitre du véhicule, et Libra assise entre vous deux. Le tout, dans le plus grand des calmes. Le silence planant autour de vous (à l'exception du vrombissement du moteur et de la Gardevoir qui tentait parfois de relancer une conversation) était même étrangement relaxant. Cela ne faisait que te conforter dans ton impression qu'une fois peut-être quelque chose se déroulerait sans encombres — et ce fait t'arrache un léger sourire. Tu avais passé le reste de l'itinéraire à discuter avec Libra, regardant de temps à autres le paysage défilant devant vous, t'attardant parfois sur le feuillage sombre de la Forêt d'Empoigne ou l'architecture typique de la ville de Maillard. Et une demi-heure plus tard, le bus vous déposait devant le centre Pokémon d'Ogoesse, ne vous laissant que quelques minutes de marche pour arriver à destination.

La destination en question était une simple bâtisse dans l'une des rues adjacentes à l'arène de la cité, sans prétention quelconque. C'était ici que vous deviez retrouver Oryse, scientifique de son état et celle qui avait contacté l'établissement, afin de lui apporter votre aide.

Enfin, ça, c'était si tu arrivais à rassembler suffisamment de courage pour frapper à l'entrée.

Finalement, c'est Libra qui s'en charge à ta place — et la porte s'ouvre pour laisser apparaître dans l'encadrement une jeune femme aux longs cheveux violacés et aux lunettes ornant à la perfection son visage.

« Oh ! Vous devez être les élèves envoyés par la Pokémon Community, je présume ? Je suis Oryse, enchantée de faire votre connaissance, vous deux ! Entrez, entrez donc ! »

Alors qu'elle vous adresse un large sourire, tu sens ton cœur se réchauffer : elle a l'air d'être quelqu'un de très gentil, et ça, ça veut dire beaucoup pour toi. Les choses vont peut-être vraiment bien se passer, au final...

Elle vous amène jusqu'à la pièce principale du bâtiment, qui s'avère être, malgré son extérieur banal, un laboratoire particulièrement bien équipé. Elle vous invite tous deux à vous asseoir, alors qu'elle-même se place aux côtés de deux autres personnes. Deux hommes, dont un barbu relativement âgé arborant des lunettes de soleil rondes et une cicatrice sur l’œil — tiens, comme ton Farfuret — et un autre plus jeune, aux longs cheveux oscillant entre le noir et le vert bouteille, actuellement occupé à fumer une cigarette, ce qui a l'air de beaucoup déplaire à Oryse. Ils...n'étaient pas mentionnés dans l'intitulé de la mission, non ? Tu tressaillis légèrement, serrant les poings : tu commences déjà à sentir le stress t'envahir...

« Je suppose que vous êtes déjà au courant de ce qui vous amène ici, mais j'ai jugé bon de vous informer un peu plus sur les événements, » déclare Oryse, un éclat bien plus sérieux luisant soudainement dans son regard. « Cela fait plusieurs semaines que la mairie d'Ogoesse a commencé leurs travaux de réhabilitation des Vestiges du Rêve. Je ne n'approuve personnellement pas cette démarche puisque cela risque de perturber l'environnement naturel de beaucoup de Pokémon mais... »

Un toussotement interrompt la scientifique en plein milieu de sa phrase, suite à quoi elle se tourne en direction de l'homme à la cigarette, qui semble la fusiller du regard. Lui adressant un sourire quelque peu gêné, Oryse reprend.

« Oui, je m'égare, toutes mes excuses. Tout cela pour dire que depuis que ces travaux ont commencé, des choses étranges sont arrivées au personnel envoyé sur le site. La majorité des ouvriers est tombée dans un coma dont il est impossible de les sortir. Nous pensions qu'il s'agissait d'une maladie, mais les médecins sont formels : aucune anomalie n'a été détectée, et ils semblent juste en proie à un profond sommeil. Ni moi, ni mes collègues ici présents n’arrivons à savoir ce qu'il se passe exactement...et c'est pour cette raison que nous avons décidé de faire appel à votre école. »

Tu déglutis : tu savais qu'il s'agissait de quelque chose de sérieux, mais tu ne t'attendais pas à ce que cela prenne de telles proportions. Inquiète, tu tournes ton regard vers tes compagnons...

***

Ton récit prenant brutalement fin, tu portes de nouveau une main à ton front. Décidément, cette migraine... Confuse et consternée, tu relèves les yeux en direction de Nolan.

« C'est tout ce dont je me rappelle pour l'instant. Je...je n'en sais pas vraiment plus. Peu importe à quel point j'essaye de remémorer ce qu'il s'est passé après ça, c'est le flou total... »

Quelque chose ne te semble vraiment pas tourner rond, ici. L'angoisse au fond de toi ne cesse de gronder, même si elle te parait distante à cette instant. Ce qui est traître avec ce genre de sentiments, c'est qu'ils attaquent sans même prévenir...

« Nolan...est-ce que tu crois qu'on est dans le même état que les ouvriers que nous devions sauver ? »

Cela sonne comme un coup particulièrement dur, pour toi : non seulement vous êtes perdus, sans vos Pokémon et n'avez pas la moindre idée ce qu'il se passe, mais en plus de cela, vous vous êtes retrouvés dans le même pétrin que vous étiez censés prévenir. Tu serres les dents. Mais avant de te refaire submerger par une vague de honte, quelque chose te revient à l'esprit : n'as-tu pas oublié un détail, Luce ? Est-ce que le Voltali n'aurait pas mentionné quelque chose, à la fin de ses explications ? Un Pokémon, très exactement. Un...Wattouat ?

Ton regard se pose sur la boule de coton alors allongée sur les genoux de Nolan, qu'il considère être la tienne. Qu'est-ce ce Pokémon fait là, alors que ni Libra, ni Albireo, ni aucun autre membre de vos équipes respectives ne sont à vos côtés ? Étrange.

« N-non, ce Wattouat ne m'appartient pas...» tu murmures, troublée. « M-mais...on peut-être devrait explorer cet endroit...peut-être qu'il appartient à un des ouvriers. »

Ton binôme hoche la tête, et t'aide à te relever avant que vous vous mettiez en route vers...le premier endroit, la première chose qui pourra vous donner un indice. N'importe quoi qui pourrait vous éclairer sur cette situation qui ne fait que devenir de plus en plus bizarre...et votre avenir, plus sombre.


Sombre, c'est le cas ; bien que vos pas ne semblent mener nulle part, inexplicablement, vos environs s'assombrissent de manière anormale. Pas de la manière dont un ciel passerait du jour à la nuit, non : l'immensité blanche vous entourant devient peu à peu noire, comme un dégradé, jusqu'à ce qu'au bout de quelques instants, vous vous retrouviez dans le noir complet. Rien n'est visible, ni toi, ni lui, ni quoi que ce soit. Plus rien.

Tu te stoppes, net — et instinctivement, tu agrippes le bras de Nolan, alors que ton coeur, lui, bat de plus en plus vite.

C'est exactement pour cette raison que Lazuli fait office de veilleuse dans ta chambre.

Exactement pour ça que tu respires difficilement, sans pouvoir reprendre ton souffle ; que dans les eaux de tes souvenirs, des hurlements remontent à la surface.

Dans cette obscurité totale — la même que le jour où écoutais, recroquevillée sous tes couvertures, tes parents se battre, du verre se briser, ta mère hurler, fondre en larmes, et la porte claquer — tu ne parviens plus à te contrôler. Tu trembles, Luce ; les larmes roulent déjà sur tes joues, et tu as honte. Honte de ne pas réussir à surmonter ça ; honte de te décevoir. D'avoir voulu te prouver que tu n'étais pas une bonne à rien — et d'avoir échoué. Plus rien, plus un mot ne s'échappe de tes lèvres, à part des sanglots étouffés. Quelque chose en toi s'effondre, se craquèle ; tu te brises, Luce.

Mais pas seulement toi.

Autour de vous, le monde entier semble se fendre. Des fissures, des lézardes blanchâtres bardent les murs qui devraient vous surplomber, sillonnent le sol sur lequel vous vous tenez. Le sol sur lequel tu te tiens. Les fêlures s'amassent, juste en dessous tes pieds, avec un bruit de verre éclaté qui résonne dans vos têtes comme dans vos cœurs—

—et rugit.

Le sol se rompt ; se brise sous toi. La surprise te fait lâcher la manche du brun, et tu bascules ; tu tombes. Tu tombes dans cet abîme de ténèbres, le regard noyé par les larmes, incapable de parler, incapable de hurler, d'appeler à l'aide, rien — rien du tout. La panique t'a arraché ta voix, l'angoisse s'est déjà saisie de ton cœur, y plante ses griffes. Tu chutes ; une chute qui te semble sans fin. Car il n'y en a pas, il n'y a rien là en bas, rien d'autre qu'une infinité noire, une obscurité qui t'enlace de ses bras doucereux. Les voix, ces voix surgies de tes souvenirs font écho autour de toi, et cette fois, ne sont pas de simples simulacres de mémoires. La voix de ton père, la voix de ceux qui t'ont humiliée, rabaissée — ces voix là,

Elles sont vraies.

Tu sers à rien, Luce.
Jamais tu t'en sortiras.
T'es juste bonne à pleurer, de toute façon !
T'es pas assez douée, pas assez courageuse !
Tu vas te retrouver toute seule parce que t'es trop faible, et personne voudra jamais de toi.

Toute seule.
Tu es seule.
Toute seule, tu tombes.

Et tu pries, tu espères ; que bientôt, tu atteignes le sol.

15/04/2017, feat. nolan dèannag


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MessageSujet: Re: [Mission] Alice in Slumberland   Mar 9 Mai - 21:08

Manifestement, cette charmante jeune fille est aussi perdue que toi, en ce qui concerne votre situation actuelle. Néanmoins, au prix d'un effort conséquent, tu parviens à ignorer la  douleur qui résulte du choc entre vos deux occiputs, avant de te redresser. Tu aimerais bien pouvoir profiter d'une communication télépathique, ô combien plus pratique par rapport à ta tablette. Libra n'étant nulle part en vue, il semblerait que vous deviez vous en contenter pour le moment: l'important, c'est de déterminer précisément ce qui vous est arrivé.
Tu te rappelles bien ce trajet en bus (Rien de mieux pour oublier celui en bateau, qui t'avait tout bonnement brisé mentalement) aux cotés de la Givrali, votre arrivée à Ogoesse, la délicatesse de Libra lorsque Luce et toi hésitiez à frapper à la porte du laboratoire (''Deux empotés pareils, ça devrait être encadrés et fixés au mur !'') et votre arrivée au milieu d'une sorte de réunion stratégique.
Les ouvriers des Vestiges du Rêve succombaient les uns après les autres à un mal mystérieux et soporifique, vous étiez donc chargé de vous rendre sur place pour élucider ce mystère. Et ensuite...

''Nolan...est-ce que tu crois qu'on est dans le même état que les ouvriers que nous devions sauver ? ''

...En voila une hypothèse qui expliquerait pas mal de choses. À commencer par le fait que le monde tout autour de vous semble s'être évaporé dans une brume grise et floue. Mais il y a bien un autre moyen de le vérifier de manière définitive : que faisais-tu avant d'arriver ici, Nolan ? Voir même, comment t'es tu retrouvé dans cette endroit étrange ?

********************

''Ni moi, ni mes collègues ici présents n’arrivons à savoir ce qu'il se passe exactement...et c'est pour cette raison que nous avons décidé de faire appel à votre école.''

Tu as des doutes. Faute de mieux, je pense que nous pouvons nous arrêter sur ça, Nolan : pourquoi faire appel à votre école pour régler un problème d'ordre médical, qui affecteraient des ouvriers à l'autre bout du monde ? Tandis qu'Oryse détaille progressivement les caractéristiques du projet, tu ne peux t'empêcher de sentir qu'il y a autre chose. C'est infime, mais lorsqu'elle parle des victimes, sa voix est légèrement altéré, à peine un demi-ton, mais suffisamment pour que son discours s'en ressente.
Désireux d'obtenir d'autres versions de l'histoire, tu détaches la tablette fixée à ta ceinture, avant d'inscrire la courte liste de tes questions dessus et de la tendre à l'homme à la cigarette, qui semble légèrement intrigué par ton manège. Son collègue barbu ne tarde pas à se pencher à son tour sur l'objet, avant de laisser son collègue répondre à tes interrogations.

''Endormis ? Dans quels circonstances ? Combien ? Et surtout, avez-vous des idées sur une cause potentielle ?''

''Absolument aucune, mon garçon. La situation a commencé à nous échapper à peine deux semaines après le début des travaux. Au début, on a même pensé que quelqu'un aggressait nos ouvriers en pleine journée, mais rien, aucune trace de bagarre. Mes gars sont pourtant de rudes gaillards et ils savent se défendre.  C'est même déjà arrivé qu'on soit forcé de lutter directepour te dire !
Mais là, j'ai déjà perdu plus de la moitié de mon équipe, soit douze hommes et pas la plus petite piste. On a même rameuté tout le bureau scientifique, en espérant que M'dame Oyrse puisse nous donner un coup de patte....Mais pour le moment, on continue de ramer dans le bouillon.''


''Hmm, ce qui est sûr, c'est que nous ne pouvons pas nous permettre de relancer le projet tant que le moindre risque persiste. C'est pour cela que j'aimerais vous emmenez sur place...Peut-être que vous trouverez quelque chose qui nous à échappé.''

*********************

Très bien...Donc vous vous êtes bien rendus aux Vestiges du rêve avec Oryse. Mais après ? Comment est-ce que vous avez pu passer d'une opération d'observation, à...cet endroit ? La théorie de Luce semble plutôt plausible, si l'on considère ton incapacité totale à te rappeler votre arrivée dans ce lieu étrange. De plus, suite à ton expérience avec Libra à l'automne dernier, la sensation de flottement légèrement éthérée qui vous entoure ne t'es pas complétement inconnue. En tant que Spé Psy, tu comptes bien profiter de l'occasion pour étudier le phénomène. Conclusion, vous êtes actuellement coincé....Mais pas démunis.

''N-non, ce Wattouat ne m'appartient pas... M-mais...on peut-être devrait explorer cet endroit...peut-être qu'il appartient à un des ouvriers.''

Faute de mieux, il faudra te contenter de ce plan. Pas contrariant pour un sou, le Wattouat semble bien décidé à vous accompagner dans votre expédition, vers...et bien, vers une direction complétement aléatoire, vu la difficulté que tu as à tout simplement différencier ta droite de ta gauche, ici. Tu ignores donc la boule de laine qui se met à trottiner juste derrière toi et suis donc ta partenaire, qui fait preuve d'un courage étonnant pour s'enfoncer ainsi dans l'inconnu.
Enfin, je pense que l'obscurité serait un terme plus adapté : au fur et à mesure de votre progression , la lumière qui vous entoure semble décliner petit à petit, jusqu'à ce que vous ne puissiez plus discerner que le bout de vos chaussures. L'endroit n'était déjà pas bien détaillé, amsi à présent, vous naviguez au radar dans une sorte de brouillard noir complétement opaque.
Sauf que ce n'est pas le genre de choses qui t'handicapera, Nolan. Après tout, tu as toujours préféré te fier à tes oreilles qu'à ta vue et cette fois-ci ne fera pas exception. Malgré l'absence déconcertante de...''tout'', il y a du bruit dans ces ténèbres. Un bruit sourd et persistant, qui se transforme peu à peu en chuchotements, puis en murmures de plus en plus audibles. Tu ignores ce qui se cache dans ce brouillard, mais une chose est sûr, ce son te hérisse de plus en plus..Aucune rythmique, aucun timbre, juste des grincements sifflants qui te font frissonner de la tête au pied. Tu donnerais n'importe quoi pour qu'ils s'estompent...Aieuh ! Ah non, ça par contre, c'était ton bras et tu en as besoin !
Un peu pris de court, tu abaisses les yeux sur ton membre meurtri pour découvrir les doigts de ta partenaire, fermement enserrés autour de ce dernier. Vu la force qu'elle déploie pour s'accrocher à ton bras, elle ne devrait pas tarder à te l'arracher, Nolan : La Givrali tremble comme une feuille, tandis que (Chose aussi étonnante à écrire qu'à observer), l'obscurité qui vous entoure semble se renforcer encore. Tu discernerais presque des mots dans les murmures qui vous assaillent en tout sens...

''Jamais tu t'en sortiras.
T'es juste bonne à pleurer, de toute façon !
T'es pas assez douée, pas assez courageuse !
Tu vas te retrouver toute seule parce que t'es trop faible, et personne voudra jamais de toi. ''


Okaaaaay...Alors, soyons concentrés deux secondes : de un, le brouillard, ça ne parle pas. De deux, le rythme et l'enchainement sont absolument nullissimes. Et surtout, de trois, si la jeune fille ne lâche pas très vite ton bras, tu ne tarderas pas à avoir besoin de le remplacer de l'épaule au coude !
Alors que Luce vacille subitement, tu tentes de la rattraper par réflexe...Mais avec l'absence totale de lumière et ta réactivité coutumière, autant demander à un Rinocorne de jouer les funambules ! Oserais-je ajouter, mon cher Nolan, que tu ne vas pas tarder à la rejoindre, puisque c'est carrément le sol qui semble se dérober sous vos pieds ! Un gouffre aussi béant devrait produire un bruit de tonnerre lors de sa formation et pourtant, tout s'exécute dans le plus grand des calmes. Pas de panique, j'ai dit, pas de panique...S'il s'agit bien d'un rêve, vous ne devriez pas pouvoir vous blesser. C'est donc avec un air des plus neutres que tu commences à chuter vers l'infini, suspendu dans les airs comme une marionnette dont on aurait coupé les fils. Le Wattouatt vous accompagne dans votre descente vers les abysses, en laissant échapper une unique bêlement intrigué. Courageuse, le boule de laine sur pattes...
Et vous tombez, tombez, tombez....Et vous tombez encore...Et encore..Bon, ça commence à faire long, là ? À tel point que tu tentes même de te mouvoir en apesanteur, sans grand résultat. Aggripant le Wattouatt par la patte, tu parviens au moins à te porter à hauteur de la jeune fille qui continue de tomber elle aussi : difficile de l'attraper, tu ne disposes pas d'une allonge suffisante (Ce qui est un comble, vu la taille de tes bras). Réfléchis, il serait peut-être temps de faire quelque chose, Nolan, tu ne crois pas ? Quoi ? Comment tu veux que je le sache, je suis juste une voix off, moi ! Réfléchis une seconde, comment tu réagirais dans ce genre de situation...Non, oublie, je connais la réponse. Essayons plutôt ça : comment Alban réagirait-il dans ce genre de situation ? Il essayerait de la calmer, voila ! Ça vaut toujours mieux que de rester là, à tomber dans l'infini. Il lui dirait un mot gentil, il la prendrait par les épaules, il...OUI, JE SAIS QUE C'EST PAS TON GENRE, MAIS MOI, AU MOINS, J'ESSAYE DE FAIRE AVANCER LES CHOSES !
...Désolé. Tu disais donc, mon cher Nolan ? Combattre le feu par le feu ? Moi je veux bien, mais tu comptes faire ça comment, vous êtes dans un rêve, je te rapp...Ah, pas bête. Tu te sens un peu stupide avec ta main tendue de la sorte, mais je pense que tu tiens quelque chose. Allez on se concentre. Si c'est bien un rêve et que vous êtes conscient de la situation, il devrait être possible de l'influencer un minimum, non ? Au moins suffisamment pour que tu sentes soudainement un léger poids alourdir ta paume. Inutile de voir pour savoir ce que tu as actuellement dans les mains, le simple contact du bois et des cordes tendues suffit pour confirmer la réussite de ta tentative.
Tu fermes donc les yeux, ignorant la jeune fille et le Wattouatt qui t'entoure: même la sensation de descente s'estompe petit à petit, ne laissant la place qu'au manche que tu cales contre ton épaule et à au toucher lisse de la corde qui glisse sous ton index. Tu pinces d'ailleurs cette seule corde, libérant une note qui semble s'étendre à l'infini tout autour de vous. L'écho n'est pas mauvais, en fait de compte...


C'est ça ta réponse, Nolan. Elle est probablement commune à tout problème que tu rencontrerais, mais tu n'en connais pas d'autre. Et soudainement, sans aucun signe avant-coureur, tu te sens ralentir, juste avant que tes pieds ne rencontrent une surface solide. Rouvrant les yeux, tu découvres que votre chute semble s'être stoppée en douceur. Néanmoins, ce brusque changement de sensations te déstabilise suffisamment pour que tu te mettes à vaciller et tu te serais probablement étalé en arrière, si le Wattouatt n'avait pas obligeamment joué le rôle du matelas moelleux.  Désolé, petit gars et merci pour la réception !
Une fois capable de te tenir debout par tes propres moyens, tu prends conscience de l'état somme toute plus apaisée de ta partenaire. Nous passerons sur les remerciements, vu ton amour de ce genre de démonstration...Disons simplement que tu lèves les yeux au ciel, en espérant repérer quelque chose qui justifierait ton intérêt soudain pour tout ce qui n'est pas la Givrali, le Wattouatt et en règle général, ce qui se tient devant toi. Pas de bol, Nolan, vous êtes dans le ''rien'', même moi, je ne peux pas t'aider.
Une fois que tu auras vaincu cette terribleeeee épreuve, il serait peut-être temps de vous remettre en route, non ? D'autant qu'avec le départ de l'obscurité, il n'y a pas que l'atmosphère ambiante qui a changé : la lumière qui vous entoure s'est également fait légèrement plus forte et semble éclairer un tracé, non loin de votre position. Pas grand-chose, à peine un vague trait indistinct d'un gris plus soutenu que le reste, mais c'est suffisant pour que tu décides de tenter ta chance. Votre parcours s'effectue donc dans le silence (Tu gardes tout de même la guitare après l'avoir passé en bandoulière, faut pas déconner), tandis que vous tentez de repérer quoi que ce soit qui puisse briser la monotonie des lieux.

''...''

Par contre, j'avoue que je m'attendais à autre chose qu'à...une porte. Juste un truc plus flamboyant ou impressionnant, parce que là, ça fait vraiment triste comme apparition. Pourtant, poussé par la curiosité, tu poses ta main sur la poignée ronde de cette dernière...et lève rapidement un bras au niveau de tes yeux pour les protéger de la lumière perçante qui illumine l'autre coté du battant !
Cette dernière semble vous absorber et quand tu retrouves enfin l'usage de tes mirettes, on peut dire que l'environnement qui vous entoure à bien changé : fini le néant obscur, vous vous trouvez manifestement à l'intérieur d'un grand batîment, au toit en forme de dôme. Le plafond doit bien s'élever à plus de dix mètres, mais ce qui attire le regard, c'est l'espace dégagé au centre de ce qui semble être un hangar. Recouvert d'une sorte d'ams rocheux, il est également parsemé de pointes métalliques, semblables à de gigantesques piquants sur la carapace d'un Sablaireau géant.
En temps normal, n'importe qui ouvrirait de grands yeux tout en essayant de déterminer où il a atterri...Mais pas toi. Oh non, surtout pas toi, parce que tu sais EXACTEMENT où vous vous trouvez : rien d'étonnant quand on considère le nombre de fois où tu t'es approché de l'arène d'Oliville, dans l'espoir de (et de ne surtout pas) pouvoir apercevoir la Championne en titre. Et comme si ça ne suffisait pas à ton plantage cérébral, voila qu'une voix aussi douce que mélodieuse se fait entendre, juste à coté de vous.

''Et bien, et bien....Je peux vous aider ?''

Cette voix...Depuis la première fois que tu l'as entendue, elle te hante. Tu sais à qui elle appartient et pourtant, tu refuses tout bonnement de pivoter pour t'en assurer. Lentement, très lentement, tu tournes la tête avant de te figer tout aussi brusquement qu'à votre arrivée...Les cheveux longs et brun clair qui encadrent un joli visage souriant, la taille gracile contenue dans une simple jupe bleue ciel et un énorme nœud pour orner sa p...le haut de son corps, assortis aux décorations dans ces mêmes cheveux...Jasmine se tient devant vous. Mais bon, ça ne devrait pas trop t'affecter, Nolan, après tout, ce n'est qu'un rêv...Eh oh ? Nolan ? Réagis au lieu de virer au rouge comme ça, on dirait que tu vas prendre feu !

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MessageSujet: Re: [Mission] Alice in Slumberland   Mar 30 Mai - 22:45

coming around the way, i found you and
i heard the sound of my world breaking
Cette chute, tu n'en vois pas la fin.

L'obscurité gronde autour de toi, prenant la forme de sons, de voix qui te sont familières. Elles hurlent, clament, te matraquent avec ces mots que tu avais presque oublié depuis quelques mois. Ces mots qui se sont brièvement effacés de ta vie, remplacés par une euphorie aveugle. Ton temps à la Pokémon Community t'avait offert de nouvelles opportunités, de nouvelles rencontres... de nouveaux amis. Une euphorie qui, à cet instant précis, te semble si éphémère. Si fugace.

C'est étrange : rien existe en ce lieu, rien à part cette sombre immensité qui s'étend à ne plus en finir. Ni lumière, ni vent, ni son, ni vie, rien ; absolument rien, ni personne. Juste toi, toi et tes démons. Toi dans un océan noir buvard, tombant à ta perte — mais ta perte, elle, ne se décide pas à venir. Est-ce ainsi que le monde a choisi de faire justice ? De te faire payer pour toutes les erreurs que tu as commises ? Est-ce que ça serait une punition ? Est-ce que c'est ce que tu mérites ?

Et pourtant...

Pourtant, de l'autre côté de ce mur de ténèbres, quelque chose te parvient. Quelque chose qui, comme un éclat dans le néant alentour, émet une douce chaleur. Douce, mais vive. Tu la sens, au beau milieu de ce monde aux couleurs d'ébène qui s'offre à toi, tu la perçois — même si tu ne la vois pas. Ton regard ne contemple qu'obscurité, mais elle se rapproche, cette chaleur, lentement, si lentement. Mais ce qui te semble être une flamme n'en est pas réellement une.

C'est un son.

Des notes de guitare qui viennent flotter jusqu'à tes oreilles. Chacune des cordes pincées sont comme des chaînes qui s'accrochent à toi, tes mains, tes membres, et viennent te retenir, te relier à nouveau à la réalité — t'empêcher de te perdre encore une fois. C'est une mélopée douce et rassurante, étrangement nostalgique, qui vient panser les plaies de ton for intérieur, qui s'élève telle une muraille contre les voix qui t'assaillent. Alors que les battements de ton cœur ralentissent, stoppent leur rythme effréné, tu le sens : elles cherchent à te protéger, à te ramener à elles. A ce qui t'attend, au delà de cette mer de ténèbres. Bien vite, ton esprit semble échapper aux hurlements qui te hantent, tandis que les plaintes qui résonnaient auparavant ne sont bientôt plus que simples murmures passagers. Ta chute s'avère elle aussi ralentir, insensiblement, et le vent qui souffle dans cet endroit n'est plus si cruel — ce n'est plus qu'une douce brise qui t'enlace.

Et enfin, tu touches le sol.

Cet atterrissage imprévu, aussi en douceur soit-il, te fait perdre l'équilibre. Sans avoir la moindre chose à laquelle tu puisses te rattraper, tu tombes en avant, tes genoux heurtant durement la terre ferme... ou du moins, ce que tu estimes être la terre ferme. Autour de toi, le monde a repris ses couleurs opalines — mais là-haut, dans ce qui serait normalement le ciel, de pâles teintes rouges-orangées s'étendent à perte de vue, exactement comme celles des couchers de soleil que tu aimes tant. Entre ces nuées vermeilles, tu vois encore poindre des fragments l'abysse noire de laquelle tu viens de t'échapper : mais des étoiles y ont désormais pris place — et résonnent d'un son clair, brillent de cette même lumière distante que les notes salvatrices qui t'ont arrachée à cet enfer.


Tu trembles encore. Le choc que viennent de subir tes genoux te paraît ridicule comparé à ce que tu viens de traverser. Aussi courte soit-elle — bien que tu y as perdu la notion du temps — cette expérience n'est clairement pas de celles que tu souhaiterais revivre. Un bref bêlement te tire de tes pensées : et alors que tu relèves la tête, c'est à nouveau le regard azur de ton partenaire que tes prunelles croisent. Est-ce qu'il serait tombé en même temps que toi ? Est-ce que... est-ce que tu l'aurais entraîné dans ta chute ? Non, il te semblait l'avoir lâché par surprise lorsque le sol s'est effondré...peut-être que non, au final ? Tu n'es plus sûre, car un mélange de peur et d'adrénaline qui lentement retombe bouscule et perturbe tous tes souvenirs. Tu voudrais lui demander ce qu'il s'est passé, mais bien vite, tes yeux se posent sur la guitare qu'il tient entre ses mains. Alors, les notes d'il y a quelques instants... Si tu es saine et sauve, maintenant... est-ce que ça serait grâce à lui ? Cela te semble être l'hypothèse la plus probable.

Néanmoins, ton cœur se serre. Si il est ici à tes côtés, ça veut dire qu'il a lui aussi dû traverser cette épreuve — et l'air vaguement contrarié du Wattouat à côté duquel il est assis semble te confirmer que le Pokémon a lui aussi chuté avec vous. Tu te sens tellement coupable. Et pourtant, si reconnaissante. Sans lui, tu ne sais même pas si tu aurais été capable de t'en sortir. Tu veux le remercier — mais les émotions se mélangent au fond de toi. La gratitude, l'angoisse, la honte, le chaos dans ta mémoire s'entrechoquent, et ce qui en advient est une réaction... étrange et imprévue.

Sans même pouvoir te contrôler, tu fonds en larmes, et, comme par instinct, tu te jettes dans les bras de Nolan.

Tu ne réalises pas tout de suite ce que tu viens de faire, trop préoccupée par le fait que tu es probablement en train de vider toutes les larmes de ton corps. Et par ailleurs, ces dernières ne semblent pas vouloir s'arrêter, tandis que tu sanglotes, incapable de balbutier le moindre mot, blottie contre son torse. Ce n'est qu'au bout de quelques minutes que finalement, le flot parvient à se tarir...et que la réalité te revient en pleine figure. Une vague d'embarras t'envahissant alors que tu sens déjà tes joues flamber, tu relèves la tête timidement...pour remarquer que Nolan a lui-même détourné les yeux, et que son propre visage a pris une légère teinte rosée. Est-ce lui aussi serait... gêné ? Ça ne te semblait pas être son genre, pourtant.

Immédiatement, tu te redresses, agrippant fermement l'écharpe toujours nouée autour de ton cou, et la remontant légèrement comme pour cacher ton visage. Cette fois-ci, tu parviens à aligner quelques mots... même s'ils ne veulent pas dire grand chose. C'est déjà ça de gagné, pas vrai... ?

« P-pardon...! Je, je, oh non je, je voulais pas— je suis désolée, pardon je— je...um... »

Nolan met bien vite fin à tes bredouillements en quelques rapides traits — un simple « ce n'est rien » — et, comme évacuée par ta précédente série de balbutiements, la pression au fond de ton cœur redescend. Les joues toujours écarlates, ton regard s'abaisse. Bien sûr que tu as encore honte, mais... plus autant qu'avant. Un autre sentiment a comme pris le dessus. Tu te sentirais presque... plus légère. Soulagée.

« Merci... N-Nolan. »

Après ce moment qui t'a paru interminable (et les deux ou trois minutes suivantes que tu as passé à essayer de te calmer), vous vous mettez enfin d'accord sur votre prochain objectif : reprendre votre route, évidemment, et découvrir ce qu'il se passe par ici, car il est vrai que pour l'instant, vous n'aviez pas mis le doigt sur grand chose.

Mais peut-être que la réponse se trouve derrière cette porte que vous venez de trouver ? Tu réfléchis : une porte n'est clairement pas la solution la plus originale pour vous tirer de cette situation. Ton binôme semble par ailleurs partager ton avis, vu l'expression profondément neutre qu'il affiche. Mais d'un autre côté, c'est actuellement la seule chose qui se présente à vous dans cet immense vide, alors autant en profiter. Le brun pose alors sa main sur la poignée, et l'abaisse. Dans un grincement éthéré, la porte s'ouvre... et dévoile un flash de lumière violente qui vous aveugle, un éclat si intense qu'il vous pousse à devoir vous protéger les yeux, si puissant qu'il semble presque vous dévorer.

Lorsque la lumière finit enfin par se dissiper, tu parviens difficilement à rouvrir les yeux. Ça fait un peu mal — mais ça parait logique, vu votre soudain changement d'ambiance. Et quel changement, d'ailleurs : vous vous trouvez désormais dans un bâtiment qui t'est totalement inconnu. Un toit en forme de dôme vous surplombe, chacun de vos pas sur le sol métallique de l'édifice fait écho autour de vous, et en contrebas, d'immenses pics semblables à des épieux jonchent une zone rocailleuse s'étendant sur plusieurs mètres. Malgré ton incapacité à reconnaître l'endroit, l'agencement de la salle t'est bizarrement familier. Tu n'as pas souvent eu l'occasion d'y poser les pieds, mais malgré l'ambiance totalement différente, cette pièce te rappelle l'arène de Joliberges. Tu tenterais bien de te tourner vers Nolan pour lui demander si en sait plus que toi, mais il semble actuellement pétrifié... voir même livide. Troublée par son état, tu devines bien vite la source de la paralysie du Voltali, lorsqu'une voix douce et claire, plus qu'agréable à l'écoute, s'élève dans la pièce.

Une jeune femme aux traits fins se tient juste à côté de vous, et elle aussi ne te paraît pas si étrangère. De longs cheveux châtains retenus par deux broches oranges, une silhouette élancée moulée par une robe bleu ciel et un gilet blanc, le tout agrémenté d'un gros ruban de la même couleur que ses barrettes... même si ce n'était que dans le journal, tu l'as déjà vu quelque part, c'est sûr : elle est même plutôt connue à Sinnoh, pour ses fréquentes visites dans la ville de Rivamar.

La championne de l'arène d'Oliville, dans la région de Johto, Jasmine. Et pour une raison qui t'échappe, Nolan est bonnement et simplement immobile devant elle.

Tu tentes à plusieurs surprises de le faire réagir, mais ni l'appeler, ni tirer sa manche, ni le secouer, ni les bêlements du Wattouat à ses pieds ne parviennent à le faire bouger. Et là, tu commences réellement à paniquer. Tu ne sais pas quoi faire, le Pokémon Laine ne t'aide absolument pas, Jasmine vous sourit toujours sans rien dire, et Nolan est toujours planté devant elle sans bouger, aussi rouge qu'une tomate. En l'espace de quelques instants, tu perds complètement tes moyens. Inspire, expire... Du calme, calme-toi Luce...il doit bien y avoir quelque chose à faire ! Mais en dépit de tes interpellations mentales, aucune idée ne te vient à l'esprit.

Encore une fois, tu ressens ce poids dans ton ventre — et ta gorge se serre. De l'angoisse. Encore.

Toujours.

Tu tentes d'inspirer, d'expirer aussi lentement que tu le peux, mais tu n'arrives pas à laisser de côté la réalisation que tu es actuellement seule, et que tu ne peux rien faire. Si seulement tu étais plus débrouillarde, plus ingénieuse, et plus brave... c'était toujours dans ces moments là que tu enviais beaucoup les héros de tes romans préférés. Eux, au moins, ils avaient suffisamment de courage pour accomplir leurs objectifs, et ils n'étaient jamais à court de plans ingénieux pour en venir à bout. Quand tu disais cela, tu pensais évidemment à ton personnage préféré, le protagoniste des Visions d'Arcadia, Sieg. Malgré son cruel manque de motivation la plupart du temps, il était confiant et aguerri, futé comme un Feunard et buté comme pas deux, et il parvenait toujours à s'en sortir.

Ton absolu contraire, en somme.

Tu soupires, alors que la championne d'Oliville n'a pas abandonné son sourire, qui devient au fur et à mesure de plus en plus inquiétant. Qu'est-ce Sieg ferait, à ta place... ? Il ne resterait sûrement pas là à se morfondre, ça s'est sûr. ...attendez un instant. Tes méninges s'activent soudainement, tournant à pleine vitesse alors que tu essayes de faire revenir un souvenir en particulier... mais oui ! Comme tu en avais eu l'impression, dans le tome 4 des Visions d'Arcadia, Sieg a effectivement eu affaire à une situation telle que la tienne. C'était une fois où Aura — l'héroïne de la série, une jeune filles aux origines troubles qui cherchait à se rendre à l'éponyme cité d'Arcadia — s'était mise à paniquer parce qu'elle n'avait pas été capable de protéger Sieg lors d'une attaque en traître. Sa panique avait alors pris le dessus, et elle s'était mise à faire une crise d'angoisse — un passage qui t'avait par ailleurs beaucoup touchée, soit dit en passant. A court d'idées pour la calmer, Sieg avait été obligé de recourir à une solution désespérée...

Oh.
Oh.

Tu déglutis. Est-ce qu'il va vraiment falloir que tu fasses ça ? Oh non, non, non non non, tu ne pouvais décemment pas faire ça... mais est-ce que tu avais vraiment le choix ? C'était ça, ou rester coincée ici, avec Nolan toujours aux abonnés absents. Tu inspires, si fort que tu en as presque mal aux poumons. Quand faut y aller, faut y aller. D'un geste ferme, animée de tout le (peu) de courage que tu es parvenue à rassembler, tu agrippes la manche de Nolan, et...

***


Si tu t'écoutais, tu te serais probablement mise à hurler. Plus. Jamais. Tu ne pourras te regarder en face après ça. Qu'est-ce qui t'a pris, sérieusement ? Ce n'est pas parce que Sieg en a été capable que tu devais le faire... ! Une bouffée de frustration te prenant aux tripes, tu aurais bien été capable de te cogner la tête contre le premier mur à ta portée pour te calmer.

Ta crise est cependant écourtée, car Nolan semble revenir à ses esprits. Ni une, ni deux, tu attires aussitôt son attention en l'attrapant par le bras.

(Nous allons bien sûr omettre que tu es probablement aussi rouge qu'il l'était auparavant, mais passons.)

« N-Nolan... qu'est-ce qu'il se passe, est-ce que tu... »

Tes mots se perdent malheureusement dans le vide, car tu sens déjà que Nolan t'échappe à nouveau. Avant qu'il puisse repartir complètement dans son petit monde, tu te saisis de la guitare qu'il portait alors, la soulevant du peu de force que tu possèdes. Après tout ça, Sieg a probablement déteint sur toi, car une autre idée vient tout juste de surgir dans ton esprit. Ta prise toujours ferme autour de la main de ton partenaire, cette fois-ci, ce n'est pas à Nolan que tu t'adresses, mais à Jasmine elle-même.

« Madame... Jasmine, c'est ça ? Je... e-est-ce que vous accepteriez de l'écouter jouer... ? »

Elle paraît un bref instant surprise, mais après un petit moment de silence, elle te sourit à nouveau, et hoche la tête : elle accepte. Quelque chose qui ressemble vaguement à du soulagement t'envahit, et tu te saisis alors à nouveau de la main de Nolan, et la place alors sur les cordes de l'instrument. Un geste rapide, et quelques notes s'échappent alors de la caisse de résonance : visiblement, elles sont suffisantes pour ramener le Voltali à la réalité.

Tu lui expliques brièvement ce que tu attends de lui, et, après quelques instants où le brun est incapable de réagir correctement, il paraît se calmer. Et, comme il l'a fait avec toi, se met à jouer.

Les notes s'enchaînent, de la manière la plus fluide et la plus naturelle que tu aies jamais entendue. Cela te semblait tellement différent de tout ce que tu avais pu entendre, à la radio, ou lors du concert du nouvel an, par exemple. Ce morceau là dégageait... quelque chose. Quelque chose de particulier, d'infiniment sensible. Quelque chose sur lequel tu n'arrivais pas à mettre de mots, que tu ne comprenais pas exactement. Mais il t'a semblé, brièvement, avoir saisi une infime part de ce cela évoquait.

Et lorsque la dernière note du morceau s'est éteinte dans l'air, la Jasmine qui se tenait à vos côtés vous sourit une dernière fois, avant de se dissiper elle aussi. ... une illusion ? Cela aurait du sens, si vous étiez... coincés dans le monde des rêves ? Ça t'aurait paru totalement impossible, si, après la performance de ton binôme et la disparition de la championne d'arène chimérique, une porte semblable à celle que vous aviez ouvert un peu plus tôt ne venait pas d'apparaître.

D'accord, c'est peut-être possible, en vrai.

Nolan désormais en pleine possession de ses moyens — et qui n'a curieusement pas fait de remarque sur ce qu'il s'est passé plus tôt — vous vous attelez à ouvrir cette nouvelle porte... et à aussitôt voir vos tympans détruits par ce qui est sûrement la voix la plus tonnante que vous ayez jamais entendu. Tu aurais bien appelé ça un beuglement, mais... c'était étrangement harmonieux, pour tout dire.

C'était probablement pour ça que tu n'as pas l'air très étonnée lorsque tu réalises que vous vous trouvez dans une salle de théâtre — d'opéra, pour être précise. Après être tombée dans un pseudo-vide intersidéral et avoir croisé une Jasmine fantôme, ça ne te paraît plus si surréaliste. Après tout, si vous êtes effectivement dans le monde des rêves et qu'il est comme tu te l'imagines, aucune règle ne s'applique ici.

Tant que vous ne vous retrouvez pas à affronter une invasion extraterrestre, tu serais presque capable de t'en sortir.

15/04/2017, feat. nolan dèannag


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MessageSujet: Re: [Mission] Alice in Slumberland   Lun 12 Juin - 23:37

Elle est là. Ça ne devrait pas être possible, tu le sais et pourtant, la partie encore en mesure de raisonner de ton cerveau (Mais si, celle qui te rend aussi chiant particulier en société) refuse de l'admettre : Jasmine se tient devant toi. Tu le sais, tu le sens voir même, tu le ressens. Cette longue chevelure auburn qui encadre un visage aussi fin que sublime, dans lequel un regard ambre vient brûler ton coeur...Ça ne peut pas être une illusion, le sentiment qui t'envahit petit à petit est bien trop fort pour cela.
Un sentiment, Nolan ? Toi ? Et bien oui, n'en déplaise à ceux qui te considère comme un bloc de pierre insensible. Tu n'as jamais réellement prêté attention aux jeunes filles de ton âge. Après tout, en chacune d'elles, tu ne retrouvais qu'une toute petite partie de la mélodie parfaite qu'incarne la championne d'Oliville. Même lors de tes rares tentatives pour frapper à la porte de son arène (Se soldant par ta fuite, à peine le premier coup porté sur les lourds battants de métal), tu n'as jamais espérer davantage que la simple chance d'entrapercevoir un bref instant, la silhouette gracile et souple de la jeune femme. Elle est si belle, si pure, si....mélodieuse. Oui, c'est bien ça, pour toi, Jasmine est une véritable symphonie, à la fois puissante et douce, aimée et respectée dans tout Oliville. Et en cet instant, tu te trouves face à elle et elle te SOURIT, Nolan ! Elle te sourit ! Je ne sais pas trop si tu réalises ce que àa implique...Ou si tu réalises quoi que ce soit tout court, vu que tu viens tout bonnement de te pétrifier comme un Coconfort sous Armure, incapable d'esquisser le moindre geste.
Même la tentative, pour la moins courageuse du Wattouat pour te faire réagir, se solde par un petit couinement dépité lorsque la brave bête bêlante prend conscience du peu d'impact de son action. Tu es dans un autre monde, Nolan et pour l'instant, ce dernier ne se résume qu'à une seule personne...
D'ailleurs, on dirait qu'elle s,approche de toi et que...*glumps*...elle est vraiment trés près, là. Et tu as chaud, tellement chaud...Ça tuerait quelqu'un d'ouvrir une fenêtre, dites-moi ? Elle s'approche de plus en plus prés, noyée dans l'espèce de brouillard ambiant qui a remplacé l'intégralité de ce qui t'entoure...Tellement prés que, complétement paralysé, tu ne peux qu'observer, lorsqu'elle finit par amener son visage à hauteur du tien. Elle ne vas pas...Non, cette idée seule suffirait probablement à te faire exploser, c'est sans doute une illusion.

''...*Clac*''

Tes doigts ont réagis d'instinct, claquant en un rythme extrêmement lent. Mesurés, ils égrènent des notes aux tonalités basses et douces, un peu comme la sensation qui parcourt tout ton corps. Tu as un goût étrange dans la bouche, légèrement sucré...et tu t'étonnes davantage d'en avoir conscience que de sa présence. Après tout, tu es en présence de Jasmine, rien d'autre ne compte à présent.

« Madame... Jasmine, c'est ça ? Je... e-est-ce que vous accepteriez de l'écouter jouer... ? »

''Avec plaisir''

Cette voix, tu la connais. Mais, avant que tu ne puisses l'identifier, le ton paisible de la championne d'Oliville vient te faire frissonner de la tête aux pieds et tu secoues même légèrement la tête en entendant ses paroles ; Elle est vraiment en train de te demander de jouer pour elle ? JASMINE accepte de t'écouter, toi, le grand dadais muet qui ne rêve que de ça depuis le premier jour où tu L,as aperçu dans une rue d'Oliville ? Mais qu'est-ce que tu attends, espèce de grande asperge, remue-toi !
Machinalement, tu sens que ta main se dirige vers les cordes de ton instrument (On remerciera le personnel assistant pour sa compréhension et son efficacité) et lorsque tu effleures doucement les longues lignes tressés, les sons qui en sortent te semblent bien plus puissant qu'à l'accoutumée. Pour elle, tu tisserais une mélodie qui engloberait le soleil, la lune, les étoiles, la mer et toute la création, si elle te le demandait !

To your Eyes

Tu as enfin pu le faire, Nolan. Et lorsque tes yeux se rouvrent, désormais conscients du monde qui t'entoure, c'est pour découvrir un mince visage souriant qui te fixe avec gentillesse. D'un petit mouvement du menton, la jeune femme semble te remercier, juste avant que sa silhouette ne s'estompe doucement dans les airs, pour disparaitre complétement.
Pourtant, tu ne ressens aucune tristesse, alors que tu aurais tout donné il y a quelques instants pour qu'elle reste face à toi pour l'éternité...Tu as joué pour Jasmine. Et rien que cela, c'est suffisant pour te combler.
Dans le même temps, tu prends également conscience que Luce est toujours à tes cotés et en chassant les derniers reliquats de flou (Certains diront de rêve) qui obscurcissaient ta vue, tu te tournes vers la Givrali. Quelques mots sur ta tablette t'aideront à renouer complétement le contact avec la réalité.

''Elle était bien là ? Tu l'a vue, toi aussi ?''

Apparemment, oui. Tu n'étais pas seul dans ce rêve, Nolan. Luce te fait également remarquer l'existence (Ou devrais-je dire l'apparition) d'une nouvelle porte, sembable à celle qui vous a mené en ce lieu. Cette dernière semble étrangement sculpté dans un bois rouge et luisant et la poignée dorée est parsemée de gravures minuscules. Tu as un sentiment étrange lorsque, accompagnée de la jeune fille, ta main se pose sur le cercle de laiton et le fait pivoter doucement...Juste avant que la-dite main ne vole à tes tympans !

''O SOLE MIOOOOOOOOOOO ! STA 'NFRONTE A TEEEEEEEE !♪♪♪'''

C'est-beaucoup-trop-fort ! Pas forcément faux, ni laid, juste que si un Brouhabam mangeait un Groudon, ça produirait sûrement ce niveau de volume sonore ! Mains plaquées sur les tympans, tu es reconnaissant à Luce de réagir et ''d'emprunter'' un peu de sa laine au Wattouat pour te constituer des boules quiès improvisées. Néanmoins, malgré cette protection relative, tu grimaces tout de même légèrement en franchissant le seuil ouvragé.
Et une fois de l'autre coté, tu te figes tout aussi rapidement, avant de tendre ta tablette d'autorité à la Givrali.

''Dis-moi que je rêve...''

Je te répondrais bien que Oui, Nolan, mais ce ne serait vraiment pas un troll de qualité valable : devant vous, l'environnement semble avoir complétement changé. Vous vous trouvez dorénavant dans un espace bien plus luxueux, où des rangées de sièges capitonnées en velours rouge, côtoient de sublimes balcons décorés de torsades et de balustrades en cuivre. Un tapis écarlate se déroule sous vos pieds et descend une à une les marches d'un immense escalier, avant de s'achever au pied d'une estrade tout aussi titanesque. Et bien que vous sembliez absolument seuls au milieu des gradins, la salle bruisse pourtant de mille petits bruits, rappelant des conversations de spectateurs ou des raclements de gorges approbateurs.

''Quanno fa notte e 'o sole se ne scenne ♪
Me vene quase 'na malincunia ♪ ''

Ça, par contre, ça provient bien d'une personne tangible : Debout au beau milieu de la scène, un espèce de colosse en tenue d'apparat déclame à pleins poumons les vers d'un célèbre opéra. Son visage extatique semble même refléter une joie intense, tandis qu'il parcourt la scène à grand pas sans cesser de s'époumoner. Barbe aussi rousse que l'aube naissante, la carrure d'un Mackogneur sous stéroïdes...Il colle en tout point à la description que le chef de chantier vous a fait de l'un des ouvriers qui ont succombé au sommeil mystérieux, les premiers jours de travaux. C'était quoi son nom, déjà...Francis ! Francis Alexander, même.
Tu éprouves d'ailleurs une sensation étrange en découvrant sa haute taille...Il te rappelle ton père. Au-delà de la barbe et de la carrure, c'est surtout son air joyeux et un peu bourru qui te fait ressentir une légère pointe de sympathie instinctive pour ce grand gaillard.
Avec circonspection, tu t'approches donc à pas tranquille de la scène, tandis que sur cette dernière, le-dit Francis continue son numéro et ne semble pas prêt de s'arrêter. Mais, alors que tu t'apprêtes à manifester votre présence et à le couper dans un soprano particulièrement bien exécuté, ton regard est attiré par deux petites silhouettes qui tournent tout autour du colosse: incrédule, tu découvres alors Mu, accompagné d'un Farfuret, qui semblent calquer leurs mouvements sur ceux du chanteur, en se figeant au garde-à-vous à  chaque début de refrain. Mais, ce qui te perturbe bien plus que leur participation incongrue à ce show, c'est bien leurs tenues ! Casaque et casque miniature sur la tête, les deux Pokémons ressemblent en tout point à des spadassins de Kalos, les armoiries qui s'étalent sur le torse de Francis reproduit sur les tabards. Et lorsque le petit Abra prend conscience de ta présence, c'est une tornade psychique volante qui vient vous tourner autour, en couinant de joie !

(Nolaaaaaan ! T'as vu, t'as vu ? Elle est pas trop bien mon armure ?!)

(...Si. Dis Mu...Je peux savoir ce que tu fabriques ici ?)

(Oh. Je sais pas trop. J'me suis réveillé là, tout à l'heure après..Je sais plus. Mais pendant que je te cherchais, je suis tombé sur le Capitaine et il a été super sympa avec moi ! Il m'a donné cette super armure et là, on est des stars, t'as vu ?)

Comme pour souligner les paroles du type Psy, une salve d'applaudissements fantomatiques vient emplir la salle, alors que Francis termine de maintenir une note haute, qui s'achève avec une sorte de soupir satisfait. Tandis que Luce semble prendre des nouvelles du Farfuret, tu reportes ton attention sur ton compagnon flottant.

(Tu sais où sont les autres ?)

(Pas du touuuuut. Je pense qu'on a été séparés quand on est arrivés...là. Mais c'est rigolo, y,a tout ce qu'on veut, ici !)

Il n'a pas tout à fait tort. Avec la présence de Francis, votre hypothèse semble se confirmer : il semblerait que ce qui affecte les victimes des Vestiges du Rêve vous concerne désormais directement et que tous ceux qui succombent à ce sommeil mystérieux finissent réunis dans cet univers onirique. Il ne vous reste plus qu'à trouver la sortie, à présent...

''Dites, jeunes maroufles...Pourriez-vous rejoindre vos siège, séance tenante, afin que mes fiers compagnons puissent reprendre leur place et que nous poursuivions ?''

Et aussi, que vous parveniez à sortir cette montagne de muscle de son délire. Ça ne devrait pas être compliqué, il ne te met qu'une tête et il a l'air particulièrement content d'être ici...Ah non, pas une autre chanson !

''DER VOGELFÄNGER BIN ICH JA ♪
STETS LUSTIG, HEISSA, HOPSASSAAAAAAAA! ♪''

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MessageSujet: Re: [Mission] Alice in Slumberland   Hier à 16:32

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« Dis-moi que je rêve... »

Qu'est-ce que tu aimerais lui répondre qu'il est en train de rêver. Même si en réalité, vous êtes en effet en train de rêver. C'était assez ironique, n'est-ce-pas ? Une pensée fugace te susurre que si Arceus vous regardait à cet instant précis, il serait sûrement en train de beaucoup s'amuser. Tu comprends mieux pourquoi les divinités dans les romans sont toujours décrits comme affreusement malicieux. Tout ça pour dire que non, vous n'étiez pas en train de rêver, et oui, l'homme qui se tenait sur la scène en face de vous était toujours en train de vous détruire les tympans. Soit il n'avait vraiment aucun contrôle de son volume, soit la personne qui s'occupait du son ici faisait très mal son travail. Peut-être un peu des deux.

Mais tu devais admettre que ce n'était pas tout à fait ta préoccupation principale à cet instant précis. Oui, évidemment que sauver les ouvriers, découvrir ce qu'il se passait ici, revenir dans le monde réel tout en essayant de comprendre pourquoi votre situation devenait de plus en plus invraisemblable restait votre objectif final, oui, bien sûr. Mais ce n'est pas la seule raison pour laquelle tu restes figée là, à... admirer, si on peut dire, le ténor qui était actuellement en train de hurler — de manière toujours étonnamment juste — les paroles d'une chanson que tu es à peu près sûre d'avoir entendu auparavant. Avec un accent à couper au couteau, mais là n'est pas le sujet.

Tu restes immobile et hagarde majoritairement parce que tu n'arrives toujours à réaliser ce qu'il vient de se passer dix minutes auparavant, avant que vous ouvriez cette porte et atterrissiez dans cet opéra, alors que vous étiez encore dans cette pseudo-arène d'Oliville, aux côtés d'une pseudo-Jasmine qui avait fait criser un Nolan lui complètement réel. Un Nolan que tu avais... que tu... que...

Non, vraiment, tu n'arrives pas à admettre que tu as fait ça.

La même bouffée de frustration et de gêne que tu as ressentie plus tôt te saisit à nouveau. D'accord, la situation était critique. Oui, ça a effectivement marché. Mais non, tu n'arriveras certainement pas à oublier ce que tu as fait. Vouloir être courageuse est une chose, se sentir stupide et avoir envie de te cacher, une fois l'adrénaline passée, sous le premier tapis qui passe puis d'enterrer ce tapis au fond d'un tunnel en était une autre. C'était ta première fois, en plus... avoir de meilleures conditions pour une telle chose n'aurait pas été de refus. Tu soupires silencieusement : le point positif, c'est qu'il n'a pas l'air d'avoir réalisé ce qu'il s'est passé... ou même d'avoir compris l'entièreté de votre épisode avec Jasmine. C'est plutôt rassurant... et en même temps, ça te laisse un goût assez amer dans le fond de la gorge, même si tu n'arrives pas à en saisir la raison exacte. Pourtant, tu n'arrives pas à te retirer de l'esprit que c'était plutôt... mignon, de le voir afficher une autre expression que son habituel visage neutre.

D'ailleurs, pendant que tu réfléchissais, Nolan a déjà pris les devants, et s'est déjà approché de l'estrade afin d'espérer comprendre ce qu'il se passait actuellement. Tu secoues la tête — même si pour une fois, ce n'est pas suffisant pour extirper cette pensée de ton crâne. Tu te dois de te reconcentrer sur... ce qu'il se passe devant toi, bien que tu préférerais ne pas assister à ça. Ni une, ni deux, tu le suis, avant de t'arrêter à ses côtés, réalisant que vous n'avez aucune idée de ce que vous allez faire pour attirer son attention. Tu lèves le regard vers lui... avant de promptement t'immobiliser : tu n'arrives pas à le regarder en face. Il ne manquait plus que ça. Un peu de courage, Luce, ce n'est pas parce que tu... parce qu'il est arrivé ce qui est arrivé que tu dois soudainement perdre tous tes moyens !

Peut-être que si, en fin de compte.

Tu finis par rassembler suffisamment de courage (il te semblait ne plus en avoir pourtant, vu ton « exploit » de plus tôt) pour réussir à lui adresser la parole, même si tes yeux ne quittent pas un certain endroit de son visage.

« U-um...Nolan, qui est-ce... »

Mais avant même que le garçon puisse te répondre — enfin, répondre est un bien grand mot — un soudain flash d'énergie vous absorbe, tourbillonnant autour de vous. Et il te semble que le coupable n'est pas étranger au Voltali : c'est même un de ses Pokémons, visiblement. Un Abra, si tu te rappelles bien de cette espèce. Si il est là, peut-être que tes compagnons aussi...

Un rapide coup d’œil ne fait que confirmer cette pensée, car à l'autre bout de la scène se trouve une silhouette vaguement féline que tu reconnais bien.

« A...Albireo ? »

Le Farfuret se tourne vers toi, un air profondément soulagé illuminant son visage, et avance d'un pas pressé vers le bord de la scène où tu l'attends. Tu es confuse. Qu'est-ce qu'Albireo faisait ici ? Et surtout, pourquoi il était déguisé de cette façon là ? Certes, l'ample cape noire dont il est vêtu et le masque lui vont plutôt bien, mais...

« Albireo, où est-ce que tu étais passé ? Qu'est-ce que tu fais...habillé comme ça ? »

« Jeune demoiselle, je vous prie de bien vouloir laisser mon antagoniste en paix ! Ce n'est pas encore à lui de jouer ! »

La voix tonitruante du ténor te fait sursauter, et te permet enfin de porter ton attention de façon plus approfondie sur lui. Un...antagoniste. Il a recruté ton Pokémon pour lui servir de grand méchant dans sa pièce. Tu auras tout vu. Tu reportes ton regard sur l'homme en question : son visage t'est clairement familier, en tout cas, mais où l'as-tu vu... ? C'était récent, en plus...

...Ah !

Ça y est, tu te rappelles. On dirait que tes souvenirs te reviennent de manière plus claire et plus rapide désormais.

***

Assise aux côtés de Nolan sur le divan du salon-laboratoire d'Oryse, tes mains sont fermement serrées sur tes genoux. Droite comme un piquet, tu essayes de rester le plus attentive aux indications que vous donnent les trois adultes qui vous font actuellement face. Aucune trace de lutte, aucun indice, rien... la pression commence lentement à monter dans tes entrailles, et, malgré tes efforts pour te contenir, tu sens tes genoux trembler. Plus tu en sais plus à propos de cette mission, plus tu as peur. Peur de ne pas être à la hauteur. Peur de décevoir. Mais tu veux faire de ton mieux : Jauplain t'a fait confiance, t'a félicitée. Tu ne peux pas la laisser tomber comme ça. Tu déglutis ; et tu inspires.

« E-Est-ce que vous auriez les noms des gens qui ont été atteints par ce... phénomène ? »

L'homme à la barbe et aux lunettes de soleil te sourit : malgré son air bourru, il semble avoir remarqué que tu étais un peu — euphémisme — mal à l'aise. Il s'approche de toi, en te tendant une liasse de feuilles reliées.

« Bien sûr mam'zelle. Y'a un sacré paquet de mes ouvriers qui ont été victime de ce bazar, mais le dernier en date s'appelle Francis Alexander. Il m'semble qu'une des employées de m'sieur Sinclair ici présent en a été victime aussi, et... »

***

...ugh. Toujours cette migraine. Tu n'arrives vraiment pas à te rappeler plus de choses que ça, mais tu es au moins parvenue à remettre la main sur l'information que tu voulais. Comme tu l'avais soupçonné, votre ténor est une des personnes qui ont été victime de l'étrange phénomène que vous étiez venus résoudre. « Étiez » à l'imparfait car, clairement, vous n'aviez pas tout à fait réussi à venir au bout de ce mystère. Vous en étiez encore en plein milieu, pour tout dire, et tout aussi perdus qu'auparavant.

Un nouvel aigu te vrille les tympans : monsieur Alexander s'est remis à beugler chanter, et tu fermes brusquement les yeux, surprise par le changement de volume sonore. Le raisonner semble être impossible pour l'instant...et tu dois admettre que tu commences un petit peu à désespérer. Peu importe à quel point tu réfléchis, à quel point tes méninges s'activent pour trouver une solution, tu reviens toujours au point de départ. Tu serres le poing, frustrée. Il y a un côté positif à cette situation, pourtant : au moins, tu n'es pas toute seule. Tu relèves les yeux en direction de ton binôme, qui a l'air tout aussi affligé que toi... voire même plus.

Et tu n'arrives absolument pas à décoller le regard de son visage, parce qu'encore une fois tu repenses à ce qu'il s'est... passé plus tôt.

Ça te donne toujours autant envie de hurler.

Mais bien vite, quelque chose détourne ton attention.
Une espèce de vague forme rose qui flotte à la périphérie de ta vision.

Tes paupières s'abaissent, une fois, deux fois ; elle a déjà disparu. Hein ? Est-ce que tu serais en train d'halluciner ? Cela t'étonnerait à peine, considéré que vous êtes dans un rêve. Tout de même— oh ! L'espèce de sphère pastel est revenue, on dirait. Tu plisses les yeux, car étrangement, tu n'arrives pas à en distinguer la forme exacte. C'est comme si la lumière elle-même cherchait à l'éviter, comme si cette chose cherchait à se cacher. Mais un peu d'insistance suffit à en clarifier les contours, les couleurs... et la fumée rosâtre qui s'échappe de son corps. Tu connais cette créature... tu l'as déjà vue, dans un des livres de la bibliothèque de Joliberges, un des nombreux livres que tu as dévoré lors de tes escapades quotidiennes là-bas. Son nom te revient.

Et soudainement, tout paraît devenir plus clair.

Ni une, ni deux, tu te fais volte-face en direction du Voltali.

« Nolan ! Je...je crois que j'ai— »

Le fracas avec lequel ta voix s'est échappée de tes lèvres te surprend, tellement que tu en sursautes. Tu n'as pas l'habitude d'être aussi réactive, aussi spontanée, envers qui que ce soit.

Attendez... un fracas ?

Tu lèves les yeux vers le plafond. L'absence de logique dans ton raisonnement vient à peine de te sauter à la figure, de te tomber dessus— exactement comment la poutre qui vient de se décrocher de la structure en métal surplombant la scène.

Se décroche, encore.
Ne tient plus qu'à un fil.

Tombe.

Tu as envie de hurler, Luce— mais quelque chose t'en empêche, quelque chose t'a comme dérobé ta voix, tes cris restent nichés dans ta gorge. Tes jambes non plus, ne réagissent pas. Tu voudrais fermer les yeux, mais ces derniers se plantent immédiatement sur la silhouette de Nolan, qui lui aussi regarde l'énorme barre de métal tomber vers vous.

—c'est à cet instant précis que la musique change. Littéralement.

Tu n'as pas exactement compris ce qu'il s'est passé — mais Francis le ténor se trouve désormais devant vous, retenant la poutre de toute la force de ses muscles, son rire assourdissant résonnant dans l'immense salle de concert, et la mélodie qui baignait alors la pièce a été remplacé par quelque chose de beaucoup plus... mouvementé ? Si on peut appeler ça comme ça.

« Wahahaha !! Mon heure de gloire est arrivée ! N'ayez crainte jeunes gens, je vous protégerai de tout mon être s'il le faut, ou mon nom n'est pas Francis Alexander ! »

Et il continue à rire, malgré le poids qui repose alors sur ses épaules.

Il est temps que tu abandonnes officiellement l'idée d'essayer de comprendre ce qu'il se passe ici.

15/04/2017, feat. nolan dèannag


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[Mission] Alice in Slumberland
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