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[Mission] Alice in Slumberland
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MessageSujet: [Mission] Alice in Slumberland   Ven 21 Avr - 13:28

open your eyes and they will see, there lies a dream to leave them hypnotized
Ta vision se trouble.

Ça ne devrait pas se passer comme ça. Pourtant, tout avait l'air normal quand vous êtes arrivés ici. Nulle trace de quelqu'un — ou de quelque chose — de vivant. Ni de ceux qui vous étiez sauver, ni de ce que vous étiez censés arrêter. Et pourtant, quelque chose vous avait échappé. A vous deux. Tu sens tes paupières s'alourdir, tes yeux lentement, lentement se fermer ; vraiment ? Un échec, aussi rapidement ? Un game over en début de partie, le classique « et on entendit plus jamais parler d'eux » et le livre qui se referme pour laisser la place à d'autres héros ? C'en est presque rageant. Pour une première mission, tu venais de te rater de la plus belle des façons, et le goût amer de la débâcle en est plus fort que jamais. Bien sûr, tu te déçois, toi qui étais si motivée pour une fois : mais tu as surtout peur de décevoir les autres. Dire que Jauplain avait l'air tellement satisfaite qu'une de ses élèves soit aussi impliquée...

Tu sens ton corps s'affaisser. Le choc contre le sol humide devrait être brutal mais étrangement, tout te semble...distant. Comme s'il existait un voile, inconcevablement fin, entre toi et la réalité. Tout devient lointain : les sons, les sensations, le monde, le monde entier. Comme anesthésiée, tes pensées se perdent, ricochent, n'ont plus de sens. Tout est flou ; tu t'es comme égarée à mi-chemin entre le rêve et la réalité. Oh... et ton partenaire ? Est-ce qu'il va bien ? Clouée à terre tu parviens, une fraction de seconde avant de perdre conscience, à le voir. Lui aussi, à terre, évanoui, sa Gardevoir à ses côtés.

...soudainement, tout vire au noir.

Et lorsque tu rouvres les yeux, une immensité blanche s’étend à perte de vue devant toi. Tu restes figée sur place, incapable de ne serait-ce que trouver un lien logique entre ta situation précédente et...où tu te trouves à cet instant précis. Rien ne connecte ; les rouages de ton esprit sont comme rouillés, refusent de tourner d'un millimètre, alors que tu es plongée dans une confusion profonde. Quel est cet endroit ? Tu n'arrives même pas à raisonner clairement, ni à te rappeler de ce qu'il s'est passé avant que tu arrives ici...peu importe où cet endroit se trouve, et qu'est-ce qu'il est. Le moindre effort de pensée t'accable avec une migraine si forte qu'elle te dissuade de poursuivre ta tentative. Tu as l'impression de te sentir épuisée, exténuée, et pourtant...en même temps, tu te sens drôlement légère. Tu ne sais absolument pas ce qu'il t'es arrivé, ni à toi, ni à lui, mais tu es sûre d'une chose : quelque chose ne tourne pas rond.

Soupirant, tu t’assois sur le sol — est-ce que c'est vraiment le sol, ou juste du vide ? Tu n'en est même pas sûre, puisque tout autour de toi est d'un blanc immaculé. Calmement, respirer et réfléchir calmement...revenir à comment cette journée a commencé. Comment cette mission a commencé. Ugh, cette migraine... Tu fermes les yeux afin de te remémorer, avec la solide impression de vivre un cauchemar.

***

Tu es arrachée d'un sommeil particulièrement agité par un violent sursaut, si violent que Topaz, qui dormait à côté de toi, a lui aussi été tiré des bras de Morphée. Le choc te propulse en avant, et avant même que tu puisses le réaliser, tu es déjà redressée, assise sur ton lit, entre tes draps qui forment un enchevêtrement que tu arrives à peine à décrire. Le souffle te manque — et tes idées sont confuses. Tout s'entremêle, couleurs sons et sensations ; il te faut encore un moment avant de comprendre ce qu'il t'est arrivé. Lorsque tout se remet progressivement en place, tu finis par comprendre : un cauchemar. Tu viens de faire un cauchemar comme tu n'en avais pas fait depuis longtemps.

Depuis que tu es arrivée ici, en vérité...depuis que tu avais trouvé ta place entre les murs de la Pokémon Community, tes démons nocturnes avaient comme disparus, te laissant à des escapades oniriques les plus paisibles, ou simplement proie à des songes étranges, défiant le sens commun. Mais cette fois...cette fois-ci, les chimères étaient devenues bien plus sombres, encore plus que celles qui t'avaient hanté il y a quelques années. De brèves réminiscences surgissent dans ton esprit, comme des flashs écarlates que tu n'aurais jamais voulu voir jaillir : des corps reposant dans une mare de sang, carbonisés, déchiquetés, aux membres tordus dans des angles impossibles pour un humain, pétrifiés par le froid... Et le pire, c'est que chacun, chacun de ces corps appartient à des gens que tu connais. Et à qui tu ne voudrais jamais voir arriver ce genre de choses. Tu serres les dents, le goût salin des larmes qui roulent sur tes joues se logeant au fond de ta bouche. Topaz, inquiet, vient se lover contre toi, et la chaleur émise par le chiot te rappelle doucement à la réalité. Le souffle encore court, tu le serres contre toi : tu te demandes ce que les gens penseraient de toi s'ils savaient que ce genre de choses te hantait. C'était peut-être pour ça que tu avais arrêté de lire des romans policiers et d'épouvante, en fait.

Tu détournes le regard vers le réveil posé à côté de toi. Il est à peine huit heures du matin. Tu avais déjà évité le réveil en plein milieu de la nuit, ce qui est déjà un bon progrès. Oh, et Shana...? Posant tes yeux sur le lit à l'autre bout de la chambre, tu remarques que ton sursaut n'avait pas eu l'air de la déranger plus que ça, car elle était toujours assoupie, roulée en boule sous ses couvertures. Tu soupires, soulagée ; au moins, tu ne l'avais pas réveillée. S'ajuster à la vie en colocation était bien plus dur qu'il n'y paraissait...prendre en compte les habitudes de vie de quelqu'un que tu connaissais à peine était plutôt difficile. Mais pour l'instant, tout se passait bien. Elle allait pouvoir continuer à profiter de son (profond) sommeil, et toi...tu allais devoir te lever, car une longue journée se profilait devant toi. Une longue journée qui marquait le début de ton envie de prendre ton avenir en main — et cela te mettait plutôt du baume au cœur.

Une fois levée, tu attrapes la première jupe et le premier pull qui te viennent sous la main — tu entendais déjà Sirius hurler, mais vu l'expédition qui t'attendait, il fallait mieux être à l'aise. Tu te mordilles la lèvre, l'esprit ailleurs ; tu es encore étonnée que l'affiche que tu avais accrochée il y a quelques jours dans le dortoir Givrali aie disparu aussi vite. Tu t'attendais déjà à devoir effectuer cette mission seule, et voilà que le lendemain matin, ta demande s'était volatilisée. Bien sûr, tu avais aussitôt commencé à te poser des questions : et si quelqu'un l'avait juste jetée ? Tu étais assez fière de toi, et tu n'avais vraiment pas envie que tout cela passe à la trappe. Fort heureusement, tu fus vite rassurée, et pas par n'importe qui : par ta référente, Janice Jauplain elle-même. Elle était celle qui avait récupéré l'affiche, et tout en te félicitant de tes efforts, elle avait décidé d'aller voir un de ses collègues pour t'aider à trouver un binôme. Déroutée, tu avais juste pu bégayer quelques remerciements, avant que Jauplain t'adresse un doux sourire, te glisse que ton fameux binôme t'attendrait à l'embarcadère qui vous emmènerait à Unys, et tourne les talons en te souhaitant bon courage. Vraiment, tu l'aimais bien ta référente. Elle te rappelait un peu ta mère, parfois.

Ce qui t'amenait donc à aujourd'hui. Ayant rassemblé les affaires qui te semblaient les plus judicieuses à transporter, ainsi que les Pokéballs de ton équipe au complet, tu faisais désormais route vers le port de Lansat, où t'attendait apparemment l'élève avec qui tu étais censé accomplir cette mission, d'un pas relativement pressé. Tu avais pris un peu de retard sur ton planning, une de tes mèches s'étant coincée dans l'un des boutons de ton pull, et tu avais passé cinq bonnes minutes à essayer de te dépêtrer sans trop te faire mal — il serait peut-être temps que tu te coupes les cheveux, quand même, d'autant plus que c'était un alibi ridicule pour justifier un retard. Mais une fois arrivée en face du bateau qui vous mènerait à Unys, il n'y avait personne d'autre que toi. Une légère angoisse pointe dans ton cœur — et si ton binôme t'avait fait faux bond ? — mais au bout de quelques minutes de plus, elle s'est aussitôt envolée, au son de bruits de pas approchants derrière toi.

Tu voudrais te retourner pour voir de qui il s'agit, mais pour une raison qui t'échappe — ou plutôt, il y a trop de raisons que tu pourrais citer — tu n'y arrives pas. Tes jambes sont paralysées par l'appréhension. Finalement, le déclic se fait, et tu fais volte-face...pour te retrouver nez à nez avec un garçon...bien plus grand que toi. Genre, vraiment beaucoup plus grand que toi. Laissant échapper un cri de surprise, tes joues se mettent à flamber : est-ce que c'est une manière d'accueillir quelqu'un, Luce ?

« P-pardon, je suis désolée, je, je ne voulais pas... »

Ta voix s'éteint brusquement lorsque tu réalises que tu as l'impression d'avoir déjà vu cette personne...et le Gardevoir à ses côtés. Oh. OH. Bien sûr ! Tout te revient maintenant. C'est le garçon que tu as accidentellement percuté le jour de la Saint Valentin. Tu reconnais sa Gardevoir — qui a l'air ravie de te revoir d'ailleurs, et tu lui adresses un timide salut de la main. Mais ton impression de déjà-vu ne s'arrête pas là...et peut-être que le visage blême de ton binôme en est la raison. C'est un souvenir un peu plus ancien, cette fois-ci...la sortie capture de Noël. C'était aussi celui qui était sur le Lokhlass qui naviguait juste à côté du tien et qui avait l'air terrifié. Le mal de mer, sans doute...? Enfin, bref. Le fait savoir que ton partenaire était quelqu'un que tu avais déjà croisé était plutôt bon signe. Peut-être que les choses allaient bien se passer, pour une fois...

« Je, je...je m'appelle Luce. Enchantée de faire ta connaissance. »

***

Ton mal de crâne semble s'être atténué, mais les choses sont toujours aussi confuses dans ton esprit. Tu grognes silencieusement : évidemment que les choses n'allaient pas bien se passer. Les choses ne se passent jamais, jamais bien à la Pokémon Community. Mais trêve de protestations. Maintenant que tu as commencé à remettre les éléments du puzzle en place, tu peux commencer à te préoccuper de tes priorités actuelles...et la première d'entre elles, c'est de retrouver ton binôme. Tu te relèves, encore un peu sous l'effet du vertige, et balaye la plaine blafarde autour de toi. Évidemment, dans de telles conditions, repérer quelqu'un est relativement aisé. Tu te diriges donc vers la silhouette que tu as aperçue au sol, plus loin, et une rapide course (« course », on parle de toi et de ton endurance, après tout) plus tard, tu retrouves effectivement ton partenaire, encore inconscient. Aucune trace de Libra, en revanche. Tu te penches au-dessus de lui : il a l'air de respirer normalement, au moins.

« N-Nolan...? Tu m'entends ? E-Est-ce que ça va...? »

15/04/2017, feat. nolan dèannag


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cut through your pain.


Dernière édition par Luce C. Agnelli le Sam 15 Juil - 1:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Mission] Alice in Slumberland   Sam 29 Avr - 22:30

Do, mi, fa, do, ré, sol...Elles s'égrènent, elles virevoltent, elles dansent tout autour de toi. Des noires, des rondes, des croches, rien n'est laissé au hasard : Chaque chose à sa place, toi compris, sur cette immense partition qui semble t'envelopper. Même si cette sensation est un peu perturbante au premier abord, elle est loin de te déplaire. Pour une fois, tu fais réellement corps avec ta musique.
Certes, l'absence de Libra et des autres est un peu perturbante (Je suis pourtant sûr d'avoir vu un Alban s'envoler sur un char tiré par une dizaine de type Vol), mais...étrangement, tu ne sembles pas t'en soucier. Ou plutôt, tu n'as pas l'idée de t'en soucier. Dans cette espèce de tourbillon musical, rien ne semble avoir la moindre importance. Tu as l'impression de flotter dans du coton et en même temps, chaque pulsation de ton coeur envoie une énergie qui t'es complétement inconnu dans chacun de tes membres. Rien de plus normal donc que d'attraper tour-à-tour une guitare, un saxophone et un clavier qui passaient à ta portée (En volant de leurs petites ailes, tout est parfaitement normal), pour laisser glisser tes doigts sur les instruments. L'ensemble forme ainsi une mélodie qui t'emplit d'une sensation de paix comme tu n'en as jamais ressenti. Aucune fausse note, aucun élément perturbateur pour venir briser cet instant...

''...Un peu court.''

...? Oh, ce n'est qu'elle : émergeant de l'un des détours de la partition, une silhouette mince et agile s'approche rapidement de ta position, dévoilant la jeune violoniste de Lansat. Chacune de tes excursions en ville semble se solder par une rencontre impromptue avec cette dernière, aussi ne montres-tu aucune surprise à la voir ici...D'ailleurs où êtes-vous ? Bah, aucune importance, cette fois, tu as ENFIN l'occasion de lui demander son nom !
Elle se tient donc juste devant toi, dans une robe simple d'un azur brillant, un archet dans une main et son violon dans l'autre. Son éternelle demi-sourire sur les lèvres, elle semble attendre quelque chose. Et tu ne peux donc répondre que par la seule manière que tu connaisses...

Symphonia

..C'est étrange. Lors de votre dernière performance commune, tu étais sûr d'avoir atteint une synchronisation parfaite. Et pourtant, à cet instant précis, tu sens sa musique qui s,unit à la tienne d'une manière que tu n'aurais jamais pu imaginer. Tu goûterais bien à cette mélodie jusqu'à la dernière note, si la jeune femme ne s'était pas interrompu pour reprendre la parole.

''Merci. C'était...plaisant.''

''..Pour moi aussi.''

...Wait. Tu viens...de parler. J'ai pas rêvé (Encore heureux, c'est moi qui l'ai écrit). Tu viens de parler, Nolan. Avec des mots. Fin', avec des mots qui sortent de ta bouche. Pas de signes, pas de texte, pas de télépathie, tu as fait juste ouvert la bouche et c'est sorti. Et donc, qu'est-ce qu'on peut en conclure ? Si on excepte l'intervention d'Arceus, une rémission spontanée ou l'alcoolisme de ton rédacteur, il ne reste plus qu'une solution disponible...

********************

Ouvre les yeux. Allez, ouvre-les. Ça ne devrait pas être si difficile. Ok , Nolan, je sais que tu n'en a pas envie, mais il va falloir le laisser filer, ce beau rêve. Quoi ? Tu veux que ce soit autre chose ? Je pense que les notes volantes et le Alban-Apollon étaient des indices suffisants pour que tu t'en rendes compte, mais toi qui parles normalement...Ça, c'est beaucoup trop improbable. Alors maintenant, tu te lèves et tu te bouges !
Ah, voilaaaaaaa...D'abord, tu entrouvres une paupière...Puis une autre...Et finalement, les deux yeux grands ouverts, tu contemples le plafond. Sauf qu'en ce moment, difficile d'apercevoir le-dit plafond, il y a quelque chose qui le coince : une petite frimousse avec deux grands yeux qui te fixent, à moins de quarante centimètres de ton visage. Et dans cette situation, tu ne peux avoir qu'une seule réaction logique.

*SBUNK*

Aouch. Ça, ça a dû faire mal. Pour les deux, je veux dire. Ton réflexe de te relever aussi brutalement...Pas malin, pas malin du tout même. Tu te retrouves donc un peu sonné, tandis que ta pauvre victime s'écarte en se massant le front. Au moins, le choc t'aura permis de dissiper les derniers reliquats du sommeil : tu n'as pas encore les idées claires (Par contre, en ce qui concerne le mal de crâne...), mais au moins, tu arrives à t'asseoir sans tanguer de droite à gauche.
Bon, récapitulons : déjà, il s'agirait de déterminer comment vous êtes arriver...arriver où, pour commencer ? C'est grand, vide, faiblement éclairé et on dirait que le néant qui vous entoure, se disperse aussi loin que porte le regard. Il va falloir faire un petit effort, Nolan. Tu as peut-être une migraine atroce, mais en te concentrant, tu devrais être capable de te rappeler au moins un élément susceptible d'expliquer ce que vous fichez dans un endroit aussi bizarre.
Alooooooors...La dernière chose dont tu te souviens, c'est un endroit qui sentait l'humidité et qui ne cessait de bouger de gauche à droite. Un bateau...C'est pas plaisant, mais il n'y a qu'un bateau qui corresponde à cette définition. Donc, il y avait un bateau. Et s'il y a un bateau, surtout quand on te connait, ça implique que tu as dû quitter Lansat pour une raison ou une autre. On peut exclure la visite à ta famille te connaissant et vu que tu ne serais jamais monté volontairement sur ce moyen de transport diabolique. À moins que la présence d'un Meloetta est été signalée sur une île proche de Lansat, il ne reste donc plus qu'une seule option...Tu es parti pour remplir une tâche ou une mission d'importance.
Et quand tu y penses, effectivement, ça te dit quelque chose. Quelque chose en rapport avec l'apparition d'Heartnett au beau milieu d'une matinée qui s'annonçait plutôt tranquille. Ton référent avec sa ''persuasion'' habituelle, s'est arrangé pour que tu te retrouves en route pour Unys, au coté d'une ''pauvre jeune Givrali en détresse, qui aurait bien besoin d'un bras secourable''. Il s'agit sûrement de la jeune fille que tu viens de percuter sans le moindre préavis, c'était quoi son nom déjà ? Un truc qui commence par L...Luce ! Ça, c'est posé. Maintenant, la question est ''Qu'est-ce qui a bien pu se passer, depuis ?'': vous êtes arrivés à Unys, ça tu t'en souviens (Aie, cette migraine), ensuite, vous avez pris place dans un bus à destination d'Ogoesse, en échangeant au maximum quinze mots pendant tout le trajet et ensuite...

''...''

Le trou noir. Impossible de visualiser autre chose qu'un espèce de gouffre informe, sans la moindre cohérence. Tu tenterais bien de contacter Libra par la pensée, mais que ce soit à cause de la distance ou d'un autre facteur, la Gardevoir semble incapable de répondre à ton appel. Tes Pokéballs sont également portées disparues, autant dire que la situation ne s,annonce pas bien brillante.
Empoignant une tablette et un stylo (Qui n'étaient pas là une seconde avant...Il me semble ?), tu pivotes donc vers Luce, avant de griffonner d'une main incertaine quelques phrases.

''Désolé de te demander ça, mais...Tu t'appelles bien Luce ? Et plus important, tu sais comment on a atterris ici ? Je me rappelle du bateau, d'Ogoesse mais après, c'est le néant. D'habitude, je communique via télépathie avec ma starter, mais on dirait que tous mes Pokémons ont disparus.
D'ailleurs, ce Wattouatt est à toi ?''


En effet, il serait peut-être temps de s'intéresser à la boule de laine qui ne cesse de revenir à la charge et pose sa tête sur tes genoux. Il en faudra plus pour t'étonner dans un endroit pareil, mais cette bestiole est tenace et à la longue, tu apprécierais que sa propriétaire modère ses ardeurs.

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MessageSujet: Re: [Mission] Alice in Slumberland   Sam 6 Mai - 16:24

afraid of change, i'll just blame my lack of courage on being born in this day and age
Aïe.

Tu frottes ton front de manière répétée, comme si ce geste enfantin allait magiquement faire disparaître la douleur. Tu étais parvenue à réveiller ton binôme, mais il s'était relevé si brusquement qu'il venait de te laisser une belle marque rouge à l'endroit où vos têtes s'étaient entrechoquées. Tu serres les dents : ça te semblait un peu ridicule de faire ça mais mine de rien, ça faisait vraiment mal. Tandis que tu t'efforces à dissiper l'élancement qui a pris possession de ton crâne, tu ne remarques pas tout de suite que le brun alors assis face à toi s'est saisi d'une tablette et d'un stylo — tiens,  c'était là avant, ça ? — et griffonne nerveusement dessus. C'est sûrement à cause de la confusion générale, mais il te faut un peu de temps avant de réussir à faire sens des mots qu'il a inscrit, comme si les lettres flottaient, refusaient de rester en place. Fronçant les sourcils, ta concentration vient finalement à bout des palabres écrites noir sur blanc, et tu lui réponds, encore légèrement hésitante.

« O-oui...c'est ça. Luce Agnelli... Je, um, je ne sais pas du tout comment on s'est retrouvés ici, en revanche. Mes souvenirs sont tout aussi confus que les tiens... »

Tu fermes les yeux — peut-être que te couper un instant du monde autour de toi t'aidera à avoir les idées plus claires. Et effectivement, cela semble marcher : toi et le garçon à tes côtés, Nolan Dèannag, étiez en route pour Ogoesse, bourgade du sud de la région d'Unys. D'ailleurs, il ne t'avait pas semblé très bavard au premier abord, et tu avais bien vite compris pourquoi : il était tout simplement incapable de parler, t'avait-il expliqué via lien télépathique. Une méthode assez déconcertante, mais tu n'avais mis que peu de temps à t'y habituer. Après tout, c'était avec sa Gardevoir (la même à qui tu avais remis la rose à la Saint Valentin dernière) que tu avais le plus échangé. De manière assez ironique, tes suspicions à propos du Voltali s'étaient confirmés — faire la conversation n'était pas vraiment son genre. Enfin, ça...c'est surtout parce qu'il avait passé tout le trajet en bateau jusqu'à Unys enfermé dans sa cabine. La sortie capture de Noël t'avait permis de déduire qu'il semblait souffrir du mal de mer, et tu étais donc restée sur le pont avec sa starter, Libra. Un Pokémon particulièrement sympathique soit dit en passant, qui te rappelait beaucoup ta sœur aînée, Stella, dans sa manière de se comporter et d'agir envers toi. Tellement, d'ailleurs, que ça en devenait presque effrayant.

Mais en dehors du trajet, tu avais encore du mal à te rappeler de quoi que ce soit d'autre. Le moindre de tes efforts pour te focaliser sur ce trou béant dans ta mémoire se solde par un échec, et par un éclair de douleur dans ton cerveau. Ugh, toujours cette fichue migraine... Tu inspires ; expires lentement. Se forcer ne mènera à rien de bon...même si votre situation actuelle aurait bien besoin d'être élucidée. Tes mains agrippent machinalement l'écharpe autour de ton cou — et tu prends une nouvelle inspiration. Doucement, Luce, réfléchis. Réfléchis...

***

Tes pieds touchent enfin la terre ferme après ce qui t'a semblé être une traversée beaucoup plus longue que la normale. Certes Libra était de très agréable compagnie, mais passer plusieurs heures seule à seule avec des gens que tu viens à peine de rencontrer n'a jamais été ton fort, d'autant plus que ta timidité naturelle avait donné lieu à bon nombre d'excuses et d'inquiétudes, ce qui n'avait pas rendu vos dialogues de tout repos. Secouant doucement la tête pour chasser ces instants qui sont maintenant derrière toi, tu t'étires en laissant échapper un léger couinement. Ce que monsieur Edern disait à propos des voyages en mer était vrai : naviguer, ça vous draine un homme. Enfin, une jeune fille, en l'occurrence. En tout cas, il n'y a rien de mieux qu'un retour sur le plancher des Ecremeuh pour se ressourcer ! On dirait par ailleurs que tu n'es pas la seule à partager cet avis : en te retournant, tu aperçois Nolan descendre du bateau, blême comme un Funécire. Tu ne l'avais pas vu du voyage, et Libra était parti le chercher quelques minutes avant que vous arriviez à bon port — c'était probablement pour cette raison.

« Est-ce que ça va aller...? »

Malgré son visage livide, il a l'air de s'en sortir. Ça ne t'empêche pas de te sentir un peu triste pour lui, mais c'est déjà ça de gagné. Tu plonges la main dans le sac que tu as suspendu à ton épaule afin d'en sortir ton iPok, et de consulter votre prochaine destination. Vous veniez tout juste d'amarrer au port de Volucité, et il vous fallait maintenant prendre le bus jusqu'à Ogoesse, lieu où vous seraient donnés les détails de votre mission. Le bus vous attendait en plein centre ville — et tu étais assez déconcertée en contemplant le lieu qui s'étendait devant tes yeux. Tu avais lu qu'Unys était un endroit impressionnant, mais tu ne t'attendais pas à ce qu'il le soit autant : d'immenses immeubles s'élevaient jusqu'à quasiment toucher le ciel, et les rues étaient bondées, bien, bien plus que dans ta modeste ville de Joliberges. Tu avais failli te perdre plus d'une fois dans la foule, ta petite taille n'aidant absolument pas, mais avoir un partenaire aussi grand t'avait été d'une aide considérable. Au moins, lui, il était facile à repérer...

Le trajet en bus fut, de manière surprenante, dépourvu de complications. Aucun accident, aucune perturbation : juste toi, Nolan qui somnolait contre la vitre du véhicule, et Libra assise entre vous deux. Le tout, dans le plus grand des calmes. Le silence planant autour de vous (à l'exception du vrombissement du moteur et de la Gardevoir qui tentait parfois de relancer une conversation) était même étrangement relaxant. Cela ne faisait que te conforter dans ton impression qu'une fois peut-être quelque chose se déroulerait sans encombres — et ce fait t'arrache un léger sourire. Tu avais passé le reste de l'itinéraire à discuter avec Libra, regardant de temps à autres le paysage défilant devant vous, t'attardant parfois sur le feuillage sombre de la Forêt d'Empoigne ou l'architecture typique de la ville de Maillard. Et une demi-heure plus tard, le bus vous déposait devant le centre Pokémon d'Ogoesse, ne vous laissant que quelques minutes de marche pour arriver à destination.

La destination en question était une simple bâtisse dans l'une des rues adjacentes à l'arène de la cité, sans prétention quelconque. C'était ici que vous deviez retrouver Oryse, scientifique de son état et celle qui avait contacté l'établissement, afin de lui apporter votre aide.

Enfin, ça, c'était si tu arrivais à rassembler suffisamment de courage pour frapper à l'entrée.

Finalement, c'est Libra qui s'en charge à ta place — et la porte s'ouvre pour laisser apparaître dans l'encadrement une jeune femme aux longs cheveux violacés et aux lunettes ornant à la perfection son visage.

« Oh ! Vous devez être les élèves envoyés par la Pokémon Community, je présume ? Je suis Oryse, enchantée de faire votre connaissance, vous deux ! Entrez, entrez donc ! »

Alors qu'elle vous adresse un large sourire, tu sens ton cœur se réchauffer : elle a l'air d'être quelqu'un de très gentil, et ça, ça veut dire beaucoup pour toi. Les choses vont peut-être vraiment bien se passer, au final...

Elle vous amène jusqu'à la pièce principale du bâtiment, qui s'avère être, malgré son extérieur banal, un laboratoire particulièrement bien équipé. Elle vous invite tous deux à vous asseoir, alors qu'elle-même se place aux côtés de deux autres personnes. Deux hommes, dont un barbu relativement âgé arborant des lunettes de soleil rondes et une cicatrice sur l’œil — tiens, comme ton Farfuret — et un autre plus jeune, aux longs cheveux oscillant entre le noir et le vert bouteille, actuellement occupé à fumer une cigarette, ce qui a l'air de beaucoup déplaire à Oryse. Ils...n'étaient pas mentionnés dans l'intitulé de la mission, non ? Tu tressaillis légèrement, serrant les poings : tu commences déjà à sentir le stress t'envahir...

« Je suppose que vous êtes déjà au courant de ce qui vous amène ici, mais j'ai jugé bon de vous informer un peu plus sur les événements, » déclare Oryse, un éclat bien plus sérieux luisant soudainement dans son regard. « Cela fait plusieurs semaines que la mairie d'Ogoesse a commencé leurs travaux de réhabilitation des Vestiges du Rêve. Je ne n'approuve personnellement pas cette démarche puisque cela risque de perturber l'environnement naturel de beaucoup de Pokémon mais... »

Un toussotement interrompt la scientifique en plein milieu de sa phrase, suite à quoi elle se tourne en direction de l'homme à la cigarette, qui semble la fusiller du regard. Lui adressant un sourire quelque peu gêné, Oryse reprend.

« Oui, je m'égare, toutes mes excuses. Tout cela pour dire que depuis que ces travaux ont commencé, des choses étranges sont arrivées au personnel envoyé sur le site. Certaines des victimes sont tombées dans un coma dont il est impossible de les sortir. Nous pensions qu'il s'agissait d'une maladie, mais les médecins sont formels : aucune anomalie n'a été détectée, et ils semblent juste en proie à un profond sommeil. Ni moi, ni mes collègues ici présents n’arrivons à savoir ce qu'il se passe exactement...et c'est pour cette raison que nous avons décidé de faire appel à votre école. »

Tu déglutis : tu savais qu'il s'agissait de quelque chose de sérieux, mais tu ne t'attendais pas à ce que cela prenne de telles proportions. Inquiète, tu tournes ton regard vers tes compagnons...

***

Ton récit prenant brutalement fin, tu portes de nouveau une main à ton front. Décidément, cette migraine... Confuse et consternée, tu relèves les yeux en direction de Nolan.

« C'est tout ce dont je me rappelle pour l'instant. Je...je n'en sais pas vraiment plus. Peu importe à quel point j'essaye de remémorer ce qu'il s'est passé après ça, c'est le flou total... »

Quelque chose ne te semble vraiment pas tourner rond, ici. L'angoisse au fond de toi ne cesse de gronder, même si elle te parait distante à cette instant. Ce qui est traître avec ce genre de sentiments, c'est qu'ils attaquent sans même prévenir...

« Nolan...est-ce que tu crois qu'on est dans le même état que les gens que nous devions sauver ? »

Cela sonne comme un coup particulièrement dur, pour toi : non seulement vous êtes perdus, sans vos Pokémon et n'avez pas la moindre idée ce qu'il se passe, mais en plus de cela, vous vous êtes retrouvés dans le même pétrin que vous étiez censés prévenir. Tu serres les dents. Mais avant de te refaire submerger par une vague de honte, quelque chose te revient à l'esprit : n'as-tu pas oublié un détail, Luce ? Est-ce que le Voltali n'aurait pas mentionné quelque chose, à la fin de ses explications ? Un Pokémon, très exactement. Un...Wattouat ?

Ton regard se pose sur la boule de coton alors allongée sur les genoux de Nolan, qu'il considère être la tienne. Qu'est-ce ce Pokémon fait là, alors que ni Libra, ni Albireo, ni aucun autre membre de vos équipes respectives ne sont à vos côtés ? Étrange.

« N-non, ce Wattouat ne m'appartient pas...» tu murmures, troublée. « M-mais...on peut-être devrait explorer cet endroit...peut-être qu'il appartient à une des victimes. »

Ton binôme hoche la tête, et t'aide à te relever avant que vous vous mettiez en route vers...le premier endroit, la première chose qui pourra vous donner un indice. N'importe quoi qui pourrait vous éclairer sur cette situation qui ne fait que devenir de plus en plus bizarre...et votre avenir, plus sombre.


Sombre, c'est le cas ; bien que vos pas ne semblent mener nulle part, inexplicablement, vos environs s'assombrissent de manière anormale. Pas de la manière dont un ciel passerait du jour à la nuit, non : l'immensité blanche vous entourant devient peu à peu noire, comme un dégradé, jusqu'à ce qu'au bout de quelques instants, vous vous retrouviez dans le noir complet. Rien n'est visible, ni toi, ni lui, ni quoi que ce soit. Plus rien.

Tu te stoppes, net — et instinctivement, tu agrippes le bras de Nolan, alors que ton coeur, lui, bat de plus en plus vite.

C'est exactement pour cette raison que Lazuli fait office de veilleuse dans ta chambre.

Exactement pour ça que tu respires difficilement, sans pouvoir reprendre ton souffle ; que dans les eaux de tes souvenirs, des hurlements remontent à la surface.

Dans cette obscurité totale — la même que le jour où écoutais, recroquevillée sous tes couvertures, tes parents se battre, du verre se briser, ta mère hurler, fondre en larmes, et la porte claquer — tu ne parviens plus à te contrôler. Tu trembles, Luce ; les larmes roulent déjà sur tes joues, et tu as honte. Honte de ne pas réussir à surmonter ça ; honte de te décevoir. D'avoir voulu te prouver que tu n'étais pas une bonne à rien — et d'avoir échoué. Plus rien, plus un mot ne s'échappe de tes lèvres, à part des sanglots étouffés. Quelque chose en toi s'effondre, se craquèle ; tu te brises, Luce.

Mais pas seulement toi.

Autour de vous, le monde entier semble se fendre. Des fissures, des lézardes blanchâtres bardent les murs qui devraient vous surplomber, sillonnent le sol sur lequel vous vous tenez. Le sol sur lequel tu te tiens. Les fêlures s'amassent, juste en dessous tes pieds, avec un bruit de verre éclaté qui résonne dans vos têtes comme dans vos cœurs—

—et rugit.

Le sol se rompt ; se brise sous toi. La surprise te fait lâcher la manche du brun, et tu bascules ; tu tombes. Tu tombes dans cet abîme de ténèbres, le regard noyé par les larmes, incapable de parler, incapable de hurler, d'appeler à l'aide, rien — rien du tout. La panique t'a arraché ta voix, l'angoisse s'est déjà saisie de ton cœur, y plante ses griffes. Tu chutes ; une chute qui te semble sans fin. Car il n'y en a pas, il n'y a rien là en bas, rien d'autre qu'une infinité noire, une obscurité qui t'enlace de ses bras doucereux. Les voix, ces voix surgies de tes souvenirs font écho autour de toi, et cette fois, ne sont pas de simples simulacres de mémoires. La voix de ton père, la voix de ceux qui t'ont humiliée, rabaissée — ces voix là,

Elles sont vraies.

Tu sers à rien, Luce.
Jamais tu t'en sortiras.
T'es juste bonne à pleurer, de toute façon !
T'es pas assez douée, pas assez courageuse !
Tu vas te retrouver toute seule parce que t'es trop faible, et personne voudra jamais de toi.

Toute seule.
Tu es seule.
Toute seule, tu tombes.

Et tu pries, tu espères ; que bientôt, tu atteignes le sol.

15/04/2017, feat. nolan dèannag


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cut through your pain.


Dernière édition par Luce C. Agnelli le Sam 15 Juil - 1:18, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Mission] Alice in Slumberland   Mar 9 Mai - 21:08

Manifestement, cette charmante jeune fille est aussi perdue que toi, en ce qui concerne votre situation actuelle. Néanmoins, au prix d'un effort conséquent, tu parviens à ignorer la  douleur qui résulte du choc entre vos deux occiputs, avant de te redresser. Tu aimerais bien pouvoir profiter d'une communication télépathique, ô combien plus pratique par rapport à ta tablette. Libra n'étant nulle part en vue, il semblerait que vous deviez vous en contenter pour le moment: l'important, c'est de déterminer précisément ce qui vous est arrivé.
Tu te rappelles bien ce trajet en bus (Rien de mieux pour oublier celui en bateau, qui t'avait tout bonnement brisé mentalement) aux cotés de la Givrali, votre arrivée à Ogoesse, la délicatesse de Libra lorsque Luce et toi hésitiez à frapper à la porte du laboratoire (''Deux empotés pareils, ça devrait être encadrés et fixés au mur !'') et votre arrivée au milieu d'une sorte de réunion stratégique.
Les ouvriers des Vestiges du Rêve succombaient les uns après les autres à un mal mystérieux et soporifique, vous étiez donc chargé de vous rendre sur place pour élucider ce mystère. Et ensuite...

''Nolan...est-ce que tu crois qu'on est dans le même état que les ouvriers que nous devions sauver ? ''

...En voila une hypothèse qui expliquerait pas mal de choses. À commencer par le fait que le monde tout autour de vous semble s'être évaporé dans une brume grise et floue. Mais il y a bien un autre moyen de le vérifier de manière définitive : que faisais-tu avant d'arriver ici, Nolan ? Voir même, comment t'es tu retrouvé dans cette endroit étrange ?

********************

''Ni moi, ni mes collègues ici présents n’arrivons à savoir ce qu'il se passe exactement...et c'est pour cette raison que nous avons décidé de faire appel à votre école.''

Tu as des doutes. Faute de mieux, je pense que nous pouvons nous arrêter sur ça, Nolan : pourquoi faire appel à votre école pour régler un problème d'ordre médical, qui affecteraient des ouvriers à l'autre bout du monde ? Tandis qu'Oryse détaille progressivement les caractéristiques du projet, tu ne peux t'empêcher de sentir qu'il y a autre chose. C'est infime, mais lorsqu'elle parle des victimes, sa voix est légèrement altéré, à peine un demi-ton, mais suffisamment pour que son discours s'en ressente.
Désireux d'obtenir d'autres versions de l'histoire, tu détaches la tablette fixée à ta ceinture, avant d'inscrire la courte liste de tes questions dessus et de la tendre à l'homme à la cigarette, qui semble légèrement intrigué par ton manège. Son collègue barbu ne tarde pas à se pencher à son tour sur l'objet, avant de laisser son collègue répondre à tes interrogations.

''Endormis ? Dans quels circonstances ? Combien ? Et surtout, avez-vous des idées sur une cause potentielle ?''

''Absolument aucune, mon garçon. La situation a commencé à nous échapper à peine deux semaines après le début des travaux. Au début, on a même pensé que quelqu'un agressait nos ouvriers en pleine journée, mais rien, aucune trace de bagarre. Mes gars sont pourtant de rudes gaillards et ils savent se défendre.  C'est même déjà arrivé qu'on soit forcé de lutter directement avec des Pokémons, pour te dire !
Mais là, mes hommes tombent des mouches : certains s'endorment et se réveillent après quelques heures, d'autres sont restés dans les vapes deux bonnes journées et là, on a encore trois victimes qui piquent un roupillon...et ça fait presque deux semaines qu'elles ont été attaquées ! On a même rameuté tout le bureau scientifique, en espérant que M'dame Oyrse puisse nous donner un coup de patte....Mais pour le moment, on continue de ramer dans le bouillon.''


''Hmm, ce qui est sûr, c'est que nous ne pouvons pas nous permettre de relancer le projet tant que le moindre risque persiste. C'est pour cela que j'aimerais vous emmenez sur place...Peut-être que vous trouverez quelque chose qui nous à échappé.''

*********************

Très bien...Donc vous vous êtes bien rendus aux Vestiges du rêve avec Oryse. Mais après ? Comment est-ce que vous avez pu passer d'une opération d'observation, à...cet endroit ? La théorie de Luce semble plutôt plausible, si l'on considère ton incapacité totale à te rappeler votre arrivée dans ce lieu étrange. De plus, suite à ton expérience avec Libra à l'automne dernier, la sensation de flottement légèrement éthérée qui vous entoure ne t'es pas complétement inconnue. En tant que Spé Psy, tu comptes bien profiter de l'occasion pour étudier le phénomène. Conclusion, vous êtes actuellement coincé....Mais pas démunis.

''N-non, ce Wattouat ne m'appartient pas... M-mais...on peut-être devrait explorer cet endroit...peut-être qu'il appartient à un des ouvriers.''

Faute de mieux, il faudra te contenter de ce plan. Pas contrariant pour un sou, le Wattouat semble bien décidé à vous accompagner dans votre expédition, vers...et bien, vers une direction complétement aléatoire, vu la difficulté que tu as à tout simplement différencier ta droite de ta gauche, ici. Tu ignores donc la boule de laine qui se met à trottiner juste derrière toi et suis donc ta partenaire, qui fait preuve d'un courage étonnant pour s'enfoncer ainsi dans l'inconnu.
Enfin, je pense que l'obscurité serait un terme plus adapté : au fur et à mesure de votre progression , la lumière qui vous entoure semble décliner petit à petit, jusqu'à ce que vous ne puissiez plus discerner que le bout de vos chaussures. L'endroit n'était déjà pas bien détaillé, amsi à présent, vous naviguez au radar dans une sorte de brouillard noir complétement opaque.
Sauf que ce n'est pas le genre de choses qui t'handicapera, Nolan. Après tout, tu as toujours préféré te fier à tes oreilles qu'à ta vue et cette fois-ci ne fera pas exception. Malgré l'absence déconcertante de...''tout'', il y a du bruit dans ces ténèbres. Un bruit sourd et persistant, qui se transforme peu à peu en chuchotements, puis en murmures de plus en plus audibles. Tu ignores ce qui se cache dans ce brouillard, mais une chose est sûr, ce son te hérisse de plus en plus..Aucune rythmique, aucun timbre, juste des grincements sifflants qui te font frissonner de la tête au pied. Tu donnerais n'importe quoi pour qu'ils s'estompent...Aieuh ! Ah non, ça par contre, c'était ton bras et tu en as besoin !
Un peu pris de court, tu abaisses les yeux sur ton membre meurtri pour découvrir les doigts de ta partenaire, fermement enserrés autour de ce dernier. Vu la force qu'elle déploie pour s'accrocher à ton bras, elle ne devrait pas tarder à te l'arracher, Nolan : La Givrali tremble comme une feuille, tandis que (Chose aussi étonnante à écrire qu'à observer), l'obscurité qui vous entoure semble se renforcer encore. Tu discernerais presque des mots dans les murmures qui vous assaillent en tout sens...

''Jamais tu t'en sortiras.
T'es juste bonne à pleurer, de toute façon !
T'es pas assez douée, pas assez courageuse !
Tu vas te retrouver toute seule parce que t'es trop faible, et personne voudra jamais de toi. ''


Okaaaaay...Alors, soyons concentrés deux secondes : de un, le brouillard, ça ne parle pas. De deux, le rythme et l'enchainement sont absolument nullissimes. Et surtout, de trois, si la jeune fille ne lâche pas très vite ton bras, tu ne tarderas pas à avoir besoin de le remplacer de l'épaule au coude !
Alors que Luce vacille subitement, tu tentes de la rattraper par réflexe...Mais avec l'absence totale de lumière et ta réactivité coutumière, autant demander à un Rinocorne de jouer les funambules ! Oserais-je ajouter, mon cher Nolan, que tu ne vas pas tarder à la rejoindre, puisque c'est carrément le sol qui semble se dérober sous vos pieds ! Un gouffre aussi béant devrait produire un bruit de tonnerre lors de sa formation et pourtant, tout s'exécute dans le plus grand des calmes. Pas de panique, j'ai dit, pas de panique...S'il s'agit bien d'un rêve, vous ne devriez pas pouvoir vous blesser. C'est donc avec un air des plus neutres que tu commences à chuter vers l'infini, suspendu dans les airs comme une marionnette dont on aurait coupé les fils. Le Wattouatt vous accompagne dans votre descente vers les abysses, en laissant échapper une unique bêlement intrigué. Courageuse, le boule de laine sur pattes...
Et vous tombez, tombez, tombez....Et vous tombez encore...Et encore..Bon, ça commence à faire long, là ? À tel point que tu tentes même de te mouvoir en apesanteur, sans grand résultat. Aggripant le Wattouatt par la patte, tu parviens au moins à te porter à hauteur de la jeune fille qui continue de tomber elle aussi : difficile de l'attraper, tu ne disposes pas d'une allonge suffisante (Ce qui est un comble, vu la taille de tes bras). Réfléchis, il serait peut-être temps de faire quelque chose, Nolan, tu ne crois pas ? Quoi ? Comment tu veux que je le sache, je suis juste une voix off, moi ! Réfléchis une seconde, comment tu réagirais dans ce genre de situation...Non, oublie, je connais la réponse. Essayons plutôt ça : comment Alban réagirait-il dans ce genre de situation ? Il essayerait de la calmer, voila ! Ça vaut toujours mieux que de rester là, à tomber dans l'infini. Il lui dirait un mot gentil, il la prendrait par les épaules, il...OUI, JE SAIS QUE C'EST PAS TON GENRE, MAIS MOI, AU MOINS, J'ESSAYE DE FAIRE AVANCER LES CHOSES !
...Désolé. Tu disais donc, mon cher Nolan ? Combattre le feu par le feu ? Moi je veux bien, mais tu comptes faire ça comment, vous êtes dans un rêve, je te rapp...Ah, pas bête. Tu te sens un peu stupide avec ta main tendue de la sorte, mais je pense que tu tiens quelque chose. Allez on se concentre. Si c'est bien un rêve et que vous êtes conscient de la situation, il devrait être possible de l'influencer un minimum, non ? Au moins suffisamment pour que tu sentes soudainement un léger poids alourdir ta paume. Inutile de voir pour savoir ce que tu as actuellement dans les mains, le simple contact du bois et des cordes tendues suffit pour confirmer la réussite de ta tentative.
Tu fermes donc les yeux, ignorant la jeune fille et le Wattouatt qui t'entoure: même la sensation de descente s'estompe petit à petit, ne laissant la place qu'au manche que tu cales contre ton épaule et à au toucher lisse de la corde qui glisse sous ton index. Tu pinces d'ailleurs cette seule corde, libérant une note qui semble s'étendre à l'infini tout autour de vous. L'écho n'est pas mauvais, en fait de compte...


C'est ça ta réponse, Nolan. Elle est probablement commune à tout problème que tu rencontrerais, mais tu n'en connais pas d'autre. Et soudainement, sans aucun signe avant-coureur, tu te sens ralentir, juste avant que tes pieds ne rencontrent une surface solide. Rouvrant les yeux, tu découvres que votre chute semble s'être stoppée en douceur. Néanmoins, ce brusque changement de sensations te déstabilise suffisamment pour que tu te mettes à vaciller et tu te serais probablement étalé en arrière, si le Wattouatt n'avait pas obligeamment joué le rôle du matelas moelleux.  Désolé, petit gars et merci pour la réception !
Une fois capable de te tenir debout par tes propres moyens, tu prends conscience de l'état somme toute plus apaisée de ta partenaire. Nous passerons sur les remerciements, vu ton amour de ce genre de démonstration...Disons simplement que tu lèves les yeux au ciel, en espérant repérer quelque chose qui justifierait ton intérêt soudain pour tout ce qui n'est pas la Givrali, le Wattouatt et en règle général, ce qui se tient devant toi. Pas de bol, Nolan, vous êtes dans le ''rien'', même moi, je ne peux pas t'aider.
Une fois que tu auras vaincu cette terribleeeee épreuve, il serait peut-être temps de vous remettre en route, non ? D'autant qu'avec le départ de l'obscurité, il n'y a pas que l'atmosphère ambiante qui a changé : la lumière qui vous entoure s'est également fait légèrement plus forte et semble éclairer un tracé, non loin de votre position. Pas grand-chose, à peine un vague trait indistinct d'un gris plus soutenu que le reste, mais c'est suffisant pour que tu décides de tenter ta chance. Votre parcours s'effectue donc dans le silence (Tu gardes tout de même la guitare après l'avoir passé en bandoulière, faut pas déconner), tandis que vous tentez de repérer quoi que ce soit qui puisse briser la monotonie des lieux.

''...''

Par contre, j'avoue que je m'attendais à autre chose qu'à...une porte. Juste un truc plus flamboyant ou impressionnant, parce que là, ça fait vraiment triste comme apparition. Pourtant, poussé par la curiosité, tu poses ta main sur la poignée ronde de cette dernière...et lève rapidement un bras au niveau de tes yeux pour les protéger de la lumière perçante qui illumine l'autre coté du battant !
Cette dernière semble vous absorber et quand tu retrouves enfin l'usage de tes mirettes, on peut dire que l'environnement qui vous entoure à bien changé : fini le néant obscur, vous vous trouvez manifestement à l'intérieur d'un grand batîment, au toit en forme de dôme. Le plafond doit bien s'élever à plus de dix mètres, mais ce qui attire le regard, c'est l'espace dégagé au centre de ce qui semble être un hangar. Recouvert d'une sorte d'ams rocheux, il est également parsemé de pointes métalliques, semblables à de gigantesques piquants sur la carapace d'un Sablaireau géant.
En temps normal, n'importe qui ouvrirait de grands yeux tout en essayant de déterminer où il a atterri...Mais pas toi. Oh non, surtout pas toi, parce que tu sais EXACTEMENT où vous vous trouvez : rien d'étonnant quand on considère le nombre de fois où tu t'es approché de l'arène d'Oliville, dans l'espoir de (et de ne surtout pas) pouvoir apercevoir la Championne en titre. Et comme si ça ne suffisait pas à ton plantage cérébral, voila qu'une voix aussi douce que mélodieuse se fait entendre, juste à coté de vous.

''Et bien, et bien....Je peux vous aider ?''

Cette voix...Depuis la première fois que tu l'as entendue, elle te hante. Tu sais à qui elle appartient et pourtant, tu refuses tout bonnement de pivoter pour t'en assurer. Lentement, très lentement, tu tournes la tête avant de te figer tout aussi brusquement qu'à votre arrivée...Les cheveux longs et brun clair qui encadrent un joli visage souriant, la taille gracile contenue dans une simple jupe bleue ciel et un énorme nœud pour orner sa p...le haut de son corps, assortis aux décorations dans ces mêmes cheveux...Jasmine se tient devant vous. Mais bon, ça ne devrait pas trop t'affecter, Nolan, après tout, ce n'est qu'un rêv...Eh oh ? Nolan ? Réagis au lieu de virer au rouge comme ça, on dirait que tu vas prendre feu !

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Dernière édition par Nolan Dèannag le Ven 14 Juil - 18:59, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Mission] Alice in Slumberland   Mar 30 Mai - 22:45

coming around the way, i found you and
i heard the sound of my world breaking
Cette chute, tu n'en vois pas la fin.

L'obscurité gronde autour de toi, prenant la forme de sons, de voix qui te sont familières. Elles hurlent, clament, te matraquent avec ces mots que tu avais presque oublié depuis quelques mois. Ces mots qui se sont brièvement effacés de ta vie, remplacés par une euphorie aveugle. Ton temps à la Pokémon Community t'avait offert de nouvelles opportunités, de nouvelles rencontres... de nouveaux amis. Une euphorie qui, à cet instant précis, te semble si éphémère. Si fugace.

C'est étrange : rien existe en ce lieu, rien à part cette sombre immensité qui s'étend à ne plus en finir. Ni lumière, ni vent, ni son, ni vie, rien ; absolument rien, ni personne. Juste toi, toi et tes démons. Toi dans un océan noir buvard, tombant à ta perte — mais ta perte, elle, ne se décide pas à venir. Est-ce ainsi que le monde a choisi de faire justice ? De te faire payer pour toutes les erreurs que tu as commises ? Est-ce que ça serait une punition ? Est-ce que c'est ce que tu mérites ?

Et pourtant...

Pourtant, de l'autre côté de ce mur de ténèbres, quelque chose te parvient. Quelque chose qui, comme un éclat dans le néant alentour, émet une douce chaleur. Douce, mais vive. Tu la sens, au beau milieu de ce monde aux couleurs d'ébène qui s'offre à toi, tu la perçois — même si tu ne la vois pas. Ton regard ne contemple qu'obscurité, mais elle se rapproche, cette chaleur, lentement, si lentement. Mais ce qui te semble être une flamme n'en est pas réellement une.

C'est un son.

Des notes de guitare qui viennent flotter jusqu'à tes oreilles. Chacune des cordes pincées sont comme des chaînes qui s'accrochent à toi, tes mains, tes membres, et viennent te retenir, te relier à nouveau à la réalité — t'empêcher de te perdre encore une fois. C'est une mélopée douce et rassurante, étrangement nostalgique, qui vient panser les plaies de ton for intérieur, qui s'élève telle une muraille contre les voix qui t'assaillent. Alors que les battements de ton cœur ralentissent, stoppent leur rythme effréné, tu le sens : elles cherchent à te protéger, à te ramener à elles. A ce qui t'attend, au delà de cette mer de ténèbres. Bien vite, ton esprit semble échapper aux hurlements qui te hantent, tandis que les plaintes qui résonnaient auparavant ne sont bientôt plus que simples murmures passagers. Ta chute s'avère elle aussi ralentir, insensiblement, et le vent qui souffle dans cet endroit n'est plus si cruel — ce n'est plus qu'une douce brise qui t'enlace.

Et enfin, tu touches le sol.

Cet atterrissage imprévu, aussi en douceur soit-il, te fait perdre l'équilibre. Sans avoir la moindre chose à laquelle tu puisses te rattraper, tu tombes en avant, tes genoux heurtant durement la terre ferme... ou du moins, ce que tu estimes être la terre ferme. Autour de toi, le monde a repris ses couleurs opalines — mais là-haut, dans ce qui serait normalement le ciel, de pâles teintes rouges-orangées s'étendent à perte de vue, exactement comme celles des couchers de soleil que tu aimes tant. Entre ces nuées vermeilles, tu vois encore poindre des fragments l'abysse noire de laquelle tu viens de t'échapper : mais des étoiles y ont désormais pris place — et résonnent d'un son clair, brillent de cette même lumière distante que les notes salvatrices qui t'ont arrachée à cet enfer.


Tu trembles encore. Le choc que viennent de subir tes genoux te paraît ridicule comparé à ce que tu viens de traverser. Aussi courte soit-elle — bien que tu y as perdu la notion du temps — cette expérience n'est clairement pas de celles que tu souhaiterais revivre. Un bref bêlement te tire de tes pensées : et alors que tu relèves la tête, c'est à nouveau le regard azur de ton partenaire que tes prunelles croisent. Est-ce qu'il serait tombé en même temps que toi ? Est-ce que... est-ce que tu l'aurais entraîné dans ta chute ? Non, il te semblait l'avoir lâché par surprise lorsque le sol s'est effondré...peut-être que non, au final ? Tu n'es plus sûre, car un mélange de peur et d'adrénaline qui lentement retombe bouscule et perturbe tous tes souvenirs. Tu voudrais lui demander ce qu'il s'est passé, mais bien vite, tes yeux se posent sur la guitare qu'il tient entre ses mains. Alors, les notes d'il y a quelques instants... Si tu es saine et sauve, maintenant... est-ce que ça serait grâce à lui ? Cela te semble être l'hypothèse la plus probable.

Néanmoins, ton cœur se serre. Si il est ici à tes côtés, ça veut dire qu'il a lui aussi dû traverser cette épreuve — et l'air vaguement contrarié du Wattouat à côté duquel il est assis semble te confirmer que le Pokémon a lui aussi chuté avec vous. Tu te sens tellement coupable. Et pourtant, si reconnaissante. Sans lui, tu ne sais même pas si tu aurais été capable de t'en sortir. Tu veux le remercier — mais les émotions se mélangent au fond de toi. La gratitude, l'angoisse, la honte, le chaos dans ta mémoire s'entrechoquent, et ce qui en advient est une réaction... étrange et imprévue.

Sans même pouvoir te contrôler, tu fonds en larmes, et, comme par instinct, tu te jettes dans les bras de Nolan.

Tu ne réalises pas tout de suite ce que tu viens de faire, trop préoccupée par le fait que tu es probablement en train de vider toutes les larmes de ton corps. Et par ailleurs, ces dernières ne semblent pas vouloir s'arrêter, tandis que tu sanglotes, incapable de balbutier le moindre mot, blottie contre son torse. Ce n'est qu'au bout de quelques minutes que finalement, le flot parvient à se tarir...et que la réalité te revient en pleine figure. Une vague d'embarras t'envahissant alors que tu sens déjà tes joues flamber, tu relèves la tête timidement...pour remarquer que Nolan a lui-même détourné les yeux, et que son propre visage a pris une légère teinte rosée. Est-ce lui aussi serait... gêné ? Ça ne te semblait pas être son genre, pourtant.

Immédiatement, tu te redresses, agrippant fermement l'écharpe toujours nouée autour de ton cou, et la remontant légèrement comme pour cacher ton visage. Cette fois-ci, tu parviens à aligner quelques mots... même s'ils ne veulent pas dire grand chose. C'est déjà ça de gagné, pas vrai... ?

« P-pardon...! Je, je, oh non je, je voulais pas— je suis désolée, pardon je— je...um... »

Nolan met bien vite fin à tes bredouillements en quelques rapides traits — un simple « ce n'est rien » — et, comme évacuée par ta précédente série de balbutiements, la pression au fond de ton cœur redescend. Les joues toujours écarlates, ton regard s'abaisse. Bien sûr que tu as encore honte, mais... plus autant qu'avant. Un autre sentiment a comme pris le dessus. Tu te sentirais presque... plus légère. Soulagée.

« Merci... N-Nolan. »

Après ce moment qui t'a paru interminable (et les deux ou trois minutes suivantes que tu as passé à essayer de te calmer), vous vous mettez enfin d'accord sur votre prochain objectif : reprendre votre route, évidemment, et découvrir ce qu'il se passe par ici, car il est vrai que pour l'instant, vous n'aviez pas mis le doigt sur grand chose.

Mais peut-être que la réponse se trouve derrière cette porte que vous venez de trouver ? Tu réfléchis : une porte n'est clairement pas la solution la plus originale pour vous tirer de cette situation. Ton binôme semble par ailleurs partager ton avis, vu l'expression profondément neutre qu'il affiche. Mais d'un autre côté, c'est actuellement la seule chose qui se présente à vous dans cet immense vide, alors autant en profiter. Le brun pose alors sa main sur la poignée, et l'abaisse. Dans un grincement éthéré, la porte s'ouvre... et dévoile un flash de lumière violente qui vous aveugle, un éclat si intense qu'il vous pousse à devoir vous protéger les yeux, si puissant qu'il semble presque vous dévorer.

Lorsque la lumière finit enfin par se dissiper, tu parviens difficilement à rouvrir les yeux. Ça fait un peu mal — mais ça parait logique, vu votre soudain changement d'ambiance. Et quel changement, d'ailleurs : vous vous trouvez désormais dans un bâtiment qui t'est totalement inconnu. Un toit en forme de dôme vous surplombe, chacun de vos pas sur le sol métallique de l'édifice fait écho autour de vous, et en contrebas, d'immenses pics semblables à des épieux jonchent une zone rocailleuse s'étendant sur plusieurs mètres. Malgré ton incapacité à reconnaître l'endroit, l'agencement de la salle t'est bizarrement familier. Tu n'as pas souvent eu l'occasion d'y poser les pieds, mais malgré l'ambiance totalement différente, cette pièce te rappelle l'arène de Joliberges. Tu tenterais bien de te tourner vers Nolan pour lui demander si en sait plus que toi, mais il semble actuellement pétrifié... voir même livide. Troublée par son état, tu devines bien vite la source de la paralysie du Voltali, lorsqu'une voix douce et claire, plus qu'agréable à l'écoute, s'élève dans la pièce.

Une jeune femme aux traits fins se tient juste à côté de vous, et elle aussi ne te paraît pas si étrangère. De longs cheveux châtains retenus par deux broches oranges, une silhouette élancée moulée par une robe bleu ciel et un gilet blanc, le tout agrémenté d'un gros ruban de la même couleur que ses barrettes... même si ce n'était que dans le journal, tu l'as déjà vu quelque part, c'est sûr : elle est même plutôt connue à Sinnoh, pour ses fréquentes visites dans la ville de Rivamar.

La championne de l'arène d'Oliville, dans la région de Johto, Jasmine. Et pour une raison qui t'échappe, Nolan est bonnement et simplement immobile devant elle.

Tu tentes à plusieurs surprises de le faire réagir, mais ni l'appeler, ni tirer sa manche, ni le secouer, ni les bêlements du Wattouat à ses pieds ne parviennent à le faire bouger. Et là, tu commences réellement à paniquer. Tu ne sais pas quoi faire, le Pokémon Laine ne t'aide absolument pas, Jasmine vous sourit toujours sans rien dire, et Nolan est toujours planté devant elle sans bouger, aussi rouge qu'une tomate. En l'espace de quelques instants, tu perds complètement tes moyens. Inspire, expire... Du calme, calme-toi Luce...il doit bien y avoir quelque chose à faire ! Mais en dépit de tes interpellations mentales, aucune idée ne te vient à l'esprit.

Encore une fois, tu ressens ce poids dans ton ventre — et ta gorge se serre. De l'angoisse. Encore.

Toujours.

Tu tentes d'inspirer, d'expirer aussi lentement que tu le peux, mais tu n'arrives pas à laisser de côté la réalisation que tu es actuellement seule, et que tu ne peux rien faire. Si seulement tu étais plus débrouillarde, plus ingénieuse, et plus brave... c'était toujours dans ces moments là que tu enviais beaucoup les héros de tes romans préférés. Eux, au moins, ils avaient suffisamment de courage pour accomplir leurs objectifs, et ils n'étaient jamais à court de plans ingénieux pour en venir à bout. Quand tu disais cela, tu pensais évidemment à ton personnage préféré, le protagoniste des Visions d'Arcadia, Sieg. Malgré son cruel manque de motivation la plupart du temps, il était confiant et aguerri, futé comme un Feunard et buté comme pas deux, et il parvenait toujours à s'en sortir.

Ton absolu contraire, en somme.

Tu soupires, alors que la championne d'Oliville n'a pas abandonné son sourire, qui devient au fur et à mesure de plus en plus inquiétant. Qu'est-ce Sieg ferait, à ta place... ? Il ne resterait sûrement pas là à se morfondre, ça s'est sûr. ...attendez un instant. Tes méninges s'activent soudainement, tournant à pleine vitesse alors que tu essayes de faire revenir un souvenir en particulier... mais oui ! Comme tu en avais eu l'impression, dans le tome 4 des Visions d'Arcadia, Sieg a effectivement eu affaire à une situation telle que la tienne. C'était une fois où Aura — l'héroïne de la série, une jeune fille aux origines troubles qui cherchait à se rendre à l'éponyme cité d'Arcadia — s'était mise à paniquer parce qu'elle n'avait pas été capable de protéger Sieg lors d'une attaque en traître. Sa panique avait alors pris le dessus, et elle s'était mise à faire une crise d'angoisse — un passage qui t'avait par ailleurs beaucoup touchée, soit dit en passant. A court d'idées pour la calmer, Sieg avait été obligé de recourir à une solution désespérée...

Oh.
Oh.

Tu déglutis. Est-ce qu'il va vraiment falloir que tu fasses ça ? Oh non, non, non non non, tu ne pouvais décemment pas faire ça... mais est-ce que tu avais vraiment le choix ? C'était ça, ou rester coincée ici, avec Nolan toujours aux abonnés absents. Tu inspires, si fort que tu en as presque mal aux poumons. Quand faut y aller, faut y aller. D'un geste ferme, animée de tout le (peu) de courage que tu es parvenue à rassembler, tu agrippes la manche de Nolan, et...

***


Si tu t'écoutais, tu te serais probablement mise à hurler. Plus. Jamais. Tu ne pourras te regarder en face après ça. Qu'est-ce qui t'a pris, sérieusement ? Ce n'est pas parce que Sieg en a été capable que tu devais le faire... ! Une bouffée de frustration te prenant aux tripes, tu aurais bien été capable de te cogner la tête contre le premier mur à ta portée pour te calmer.

Ta crise est cependant écourtée, car Nolan semble revenir à ses esprits. Ni une, ni deux, tu attires aussitôt son attention en l'attrapant par le bras.

(Nous allons bien sûr omettre que tu es probablement aussi rouge qu'il l'était auparavant, mais passons.)

« N-Nolan... qu'est-ce qu'il se passe, est-ce que tu... »

Tes mots se perdent malheureusement dans le vide, car tu sens déjà que Nolan t'échappe à nouveau. Avant qu'il puisse repartir complètement dans son petit monde, tu te saisis de la guitare qu'il portait alors, la soulevant du peu de force que tu possèdes. Après tout ça, Sieg a probablement déteint sur toi, car une autre idée vient tout juste de surgir dans ton esprit. Ta prise toujours ferme autour de la main de ton partenaire, cette fois-ci, ce n'est pas à Nolan que tu t'adresses, mais à Jasmine elle-même.

« Madame... Jasmine, c'est ça ? Je... e-est-ce que vous accepteriez de l'écouter jouer... ? »

Elle paraît un bref instant surprise, mais après un petit moment de silence, elle te sourit à nouveau, et hoche la tête : elle accepte. Quelque chose qui ressemble vaguement à du soulagement t'envahit, et tu te saisis alors à nouveau de la main de Nolan, et la place alors sur les cordes de l'instrument. Un geste rapide, et quelques notes s'échappent alors de la caisse de résonance : visiblement, elles sont suffisantes pour ramener le Voltali à la réalité.

Tu lui expliques brièvement ce que tu attends de lui, et, après quelques instants où le brun est incapable de réagir correctement, il paraît se calmer. Et, comme il l'a fait avec toi, se met à jouer.

Les notes s'enchaînent, de la manière la plus fluide et la plus naturelle que tu aies jamais entendue. Cela te semblait tellement différent de tout ce que tu avais pu entendre, à la radio, ou lors du concert du nouvel an, par exemple. Ce morceau là dégageait... quelque chose. Quelque chose de particulier, d'infiniment sensible. Quelque chose sur lequel tu n'arrivais pas à mettre de mots, que tu ne comprenais pas exactement. Mais il t'a semblé, brièvement, avoir saisi une infime part de ce cela évoquait.

Et lorsque la dernière note du morceau s'est éteinte dans l'air, la Jasmine qui se tenait à vos côtés vous sourit une dernière fois, avant de se dissiper elle aussi. ... une illusion ? Cela aurait du sens, si vous étiez... coincés dans le monde des rêves ? Ça t'aurait paru totalement impossible, si, après la performance de ton binôme et la disparition de la championne d'arène chimérique, une porte semblable à celle que vous aviez ouvert un peu plus tôt ne venait pas d'apparaître.

D'accord, c'est peut-être possible, en vrai.

Nolan désormais en pleine possession de ses moyens — et qui n'a curieusement pas fait de remarque sur ce qu'il s'est passé plus tôt — vous vous attelez à ouvrir cette nouvelle porte... et à aussitôt voir vos tympans détruits par ce qui est sûrement la voix la plus tonnante que vous ayez jamais entendu. Tu aurais bien appelé ça un beuglement, mais... c'était étrangement harmonieux, pour tout dire.

C'était probablement pour ça que tu n'as pas l'air très étonnée lorsque tu réalises que vous vous trouvez dans une salle de théâtre — d'opéra, pour être précise. Après être tombée dans un pseudo-vide intersidéral et avoir croisé une Jasmine fantôme, ça ne te paraît plus si surréaliste. Après tout, si vous êtes effectivement dans le monde des rêves et qu'il est comme tu te l'imagines, aucune règle ne s'applique ici.

Tant que vous ne vous retrouvez pas à affronter une invasion extraterrestre, tu serais presque capable de t'en sortir.

15/04/2017, feat. nolan dèannag


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MessageSujet: Re: [Mission] Alice in Slumberland   Lun 12 Juin - 23:37

Elle est là. Ça ne devrait pas être possible, tu le sais et pourtant, la partie encore en mesure de raisonner de ton cerveau (Mais si, celle qui te rend aussi chiant particulier en société) refuse de l'admettre : Jasmine se tient devant toi. Tu le sais, tu le sens voir même, tu le ressens. Cette longue chevelure auburn qui encadre un visage aussi fin que sublime, dans lequel un regard ambre vient brûler ton coeur...Ça ne peut pas être une illusion, le sentiment qui t'envahit petit à petit est bien trop fort pour cela.
Un sentiment, Nolan ? Toi ? Et bien oui, n'en déplaise à ceux qui te considère comme un bloc de pierre insensible. Tu n'as jamais réellement prêté attention aux jeunes filles de ton âge. Après tout, en chacune d'elles, tu ne retrouvais qu'une toute petite partie de la mélodie parfaite qu'incarne la championne d'Oliville. Même lors de tes rares tentatives pour frapper à la porte de son arène (Se soldant par ta fuite, à peine le premier coup porté sur les lourds battants de métal), tu n'as jamais espérer davantage que la simple chance d'entrapercevoir un bref instant, la silhouette gracile et souple de la jeune femme. Elle est si belle, si pure, si....mélodieuse. Oui, c'est bien ça, pour toi, Jasmine est une véritable symphonie, à la fois puissante et douce, aimée et respectée dans tout Oliville. Et en cet instant, tu te trouves face à elle et elle te SOURIT, Nolan ! Elle te sourit ! Je ne sais pas trop si tu réalises ce que àa implique...Ou si tu réalises quoi que ce soit tout court, vu que tu viens tout bonnement de te pétrifier comme un Coconfort sous Armure, incapable d'esquisser le moindre geste.
Même la tentative, pour la moins courageuse du Wattouat pour te faire réagir, se solde par un petit couinement dépité lorsque la brave bête bêlante prend conscience du peu d'impact de son action. Tu es dans un autre monde, Nolan et pour l'instant, ce dernier ne se résume qu'à une seule personne...
D'ailleurs, on dirait qu'elle s,approche de toi et que...*glumps*...elle est vraiment trés près, là. Et tu as chaud, tellement chaud...Ça tuerait quelqu'un d'ouvrir une fenêtre, dites-moi ? Elle s'approche de plus en plus prés, noyée dans l'espèce de brouillard ambiant qui a remplacé l'intégralité de ce qui t'entoure...Tellement prés que, complétement paralysé, tu ne peux qu'observer, lorsqu'elle finit par amener son visage à hauteur du tien. Elle ne vas pas...Non, cette idée seule suffirait probablement à te faire exploser, c'est sans doute une illusion.

''...*Clac*''

Tes doigts ont réagis d'instinct, claquant en un rythme extrêmement lent. Mesurés, ils égrènent des notes aux tonalités basses et douces, un peu comme la sensation qui parcourt tout ton corps. Tu as un goût étrange dans la bouche, légèrement sucré...et tu t'étonnes davantage d'en avoir conscience que de sa présence. Après tout, tu es en présence de Jasmine, rien d'autre ne compte à présent.

« Madame... Jasmine, c'est ça ? Je... e-est-ce que vous accepteriez de l'écouter jouer... ? »

''Avec plaisir''

Cette voix, tu la connais. Mais, avant que tu ne puisses l'identifier, le ton paisible de la championne d'Oliville vient te faire frissonner de la tête aux pieds et tu secoues même légèrement la tête en entendant ses paroles ; Elle est vraiment en train de te demander de jouer pour elle ? JASMINE accepte de t'écouter, toi, le grand dadais muet qui ne rêve que de ça depuis le premier jour où tu L,as aperçu dans une rue d'Oliville ? Mais qu'est-ce que tu attends, espèce de grande asperge, remue-toi !
Machinalement, tu sens que ta main se dirige vers les cordes de ton instrument (On remerciera le personnel assistant pour sa compréhension et son efficacité) et lorsque tu effleures doucement les longues lignes tressés, les sons qui en sortent te semblent bien plus puissant qu'à l'accoutumée. Pour elle, tu tisserais une mélodie qui engloberait le soleil, la lune, les étoiles, la mer et toute la création, si elle te le demandait !

To your Eyes

Tu as enfin pu le faire, Nolan. Et lorsque tes yeux se rouvrent, désormais conscients du monde qui t'entoure, c'est pour découvrir un mince visage souriant qui te fixe avec gentillesse. D'un petit mouvement du menton, la jeune femme semble te remercier, juste avant que sa silhouette ne s'estompe doucement dans les airs, pour disparaitre complétement.
Pourtant, tu ne ressens aucune tristesse, alors que tu aurais tout donné il y a quelques instants pour qu'elle reste face à toi pour l'éternité...Tu as joué pour Jasmine. Et rien que cela, c'est suffisant pour te combler.
Dans le même temps, tu prends également conscience que Luce est toujours à tes cotés et en chassant les derniers reliquats de flou (Certains diront de rêve) qui obscurcissaient ta vue, tu te tournes vers la Givrali. Quelques mots sur ta tablette t'aideront à renouer complétement le contact avec la réalité.

''Elle était bien là ? Tu l'a vue, toi aussi ?''

Apparemment, oui. Tu n'étais pas seul dans ce rêve, Nolan. Luce te fait également remarquer l'existence (Ou devrais-je dire l'apparition) d'une nouvelle porte, sembable à celle qui vous a mené en ce lieu. Cette dernière semble étrangement sculpté dans un bois rouge et luisant et la poignée dorée est parsemée de gravures minuscules. Tu as un sentiment étrange lorsque, accompagnée de la jeune fille, ta main se pose sur le cercle de laiton et le fait pivoter doucement...Juste avant que la-dite main ne vole à tes tympans !

''O SOLE MIOOOOOOOOOOO ! STA 'NFRONTE A TEEEEEEEE !♪♪♪'''

C'est-beaucoup-trop-fort ! Pas forcément faux, ni laid, juste que si un Brouhabam mangeait un Groudon, ça produirait sûrement ce niveau de volume sonore ! Mains plaquées sur les tympans, tu es reconnaissant à Luce de réagir et ''d'emprunter'' un peu de sa laine au Wattouat pour te constituer des boules quiès improvisées. Néanmoins, malgré cette protection relative, tu grimaces tout de même légèrement en franchissant le seuil ouvragé.
Et une fois de l'autre coté, tu te figes tout aussi rapidement, avant de tendre ta tablette d'autorité à la Givrali.

''Dis-moi que je rêve...''

Je te répondrais bien que Oui, Nolan, mais ce ne serait vraiment pas un troll de qualité valable : devant vous, l'environnement semble avoir complétement changé. Vous vous trouvez dorénavant dans un espace bien plus luxueux, où des rangées de sièges capitonnées en velours rouge, côtoient de sublimes balcons décorés de torsades et de balustrades en cuivre. Un tapis écarlate se déroule sous vos pieds et descend une à une les marches d'un immense escalier, avant de s'achever au pied d'une estrade tout aussi titanesque. Et bien que vous sembliez absolument seuls au milieu des gradins, la salle bruisse pourtant de mille petits bruits, rappelant des conversations de spectateurs ou des raclements de gorges approbateurs.

''Quanno fa notte e 'o sole se ne scenne ♪
Me vene quase 'na malincunia ♪ ''

Ça, par contre, ça provient bien d'une personne tangible : Debout au beau milieu de la scène, un espèce de colosse en tenue d'apparat déclame à pleins poumons les vers d'un célèbre opéra. Son visage extatique semble même refléter une joie intense, tandis qu'il parcourt la scène à grand pas sans cesser de s'époumoner. Barbe aussi rousse que l'aube naissante, la carrure d'un Mackogneur sous stéroïdes...Il colle en tout point à la description que le chef de chantier vous a fait de l'un des ouvriers qui ont succombé au sommeil mystérieux, les premiers jours de travaux. C'était quoi son nom, déjà...Francis ! Francis Alexander, même.
Tu éprouves d'ailleurs une sensation étrange en découvrant sa haute taille...Il te rappelle ton père. Au-delà de la barbe et de la carrure, c'est surtout son air joyeux et un peu bourru qui te fait ressentir une légère pointe de sympathie instinctive pour ce grand gaillard.
Avec circonspection, tu t'approches donc à pas tranquille de la scène, tandis que sur cette dernière, le-dit Francis continue son numéro et ne semble pas prêt de s'arrêter. Mais, alors que tu t'apprêtes à manifester votre présence et à le couper dans un soprano particulièrement bien exécuté, ton regard est attiré par deux petites silhouettes qui tournent tout autour du colosse: incrédule, tu découvres alors Mu, accompagné d'un Farfuret, qui semblent calquer leurs mouvements sur ceux du chanteur, en se figeant au garde-à-vous à  chaque début de refrain. Mais, ce qui te perturbe bien plus que leur participation incongrue à ce show, c'est bien leurs tenues ! Casaque et casque miniature sur la tête, les deux Pokémons ressemblent en tout point à des spadassins de Kalos, les armoiries qui s'étalent sur le torse de Francis reproduit sur les tabards. Et lorsque le petit Abra prend conscience de ta présence, c'est une tornade psychique volante qui vient vous tourner autour, en couinant de joie !

(Nolaaaaaan ! T'as vu, t'as vu ? Elle est pas trop bien mon armure ?!)

(...Si. Dis Mu...Je peux savoir ce que tu fabriques ici ?)

(Oh. Je sais pas trop. J'me suis réveillé là, tout à l'heure après..Je sais plus. Mais pendant que je te cherchais, je suis tombé sur le Capitaine et il a été super sympa avec moi ! Il m'a donné cette super armure et là, on est des stars, t'as vu ?)

Comme pour souligner les paroles du type Psy, une salve d'applaudissements fantomatiques vient emplir la salle, alors que Francis termine de maintenir une note haute, qui s'achève avec une sorte de soupir satisfait. Tandis que Luce semble prendre des nouvelles du Farfuret, tu reportes ton attention sur ton compagnon flottant.

(Tu sais où sont les autres ?)

(Pas du touuuuut. Je pense qu'on a été séparés quand on est arrivés...là. Mais c'est rigolo, y,a tout ce qu'on veut, ici !)

Il n'a pas tout à fait tort. Avec la présence de Francis, votre hypothèse semble se confirmer : il semblerait que ce qui affecte les victimes des Vestiges du Rêve vous concerne désormais directement et que tous ceux qui succombent à ce sommeil mystérieux finissent réunis dans cet univers onirique. Il ne vous reste plus qu'à trouver la sortie, à présent...

''Dites, jeunes maroufles...Pourriez-vous rejoindre vos siège, séance tenante, afin que mes fiers compagnons puissent reprendre leur place et que nous poursuivions ?''

Et aussi, que vous parveniez à sortir cette montagne de muscle de son délire. Ça ne devrait pas être compliqué, il ne te met qu'une tête et il a l'air particulièrement content d'être ici...Ah non, pas une autre chanson !

''DER VOGELFÄNGER BIN ICH JA ♪
STETS LUSTIG, HEISSA, HOPSASSAAAAAAAA! ♪''

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MessageSujet: Re: [Mission] Alice in Slumberland   Mar 27 Juin - 16:32

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« Dis-moi que je rêve... »

Qu'est-ce que tu aimerais lui répondre qu'il est en train de rêver. Même si en réalité, vous êtes en effet en train de rêver. C'était assez ironique, n'est-ce-pas ? Une pensée fugace te susurre que si Arceus vous regardait à cet instant précis, il serait sûrement en train de beaucoup s'amuser. Tu comprends mieux pourquoi les divinités dans les romans sont toujours décrits comme affreusement malicieux. Tout ça pour dire que non, vous n'étiez pas en train de rêver, et oui, l'homme qui se tenait sur la scène en face de vous était toujours en train de vous détruire les tympans. Soit il n'avait vraiment aucun contrôle de son volume, soit la personne qui s'occupait du son ici faisait très mal son travail. Peut-être un peu des deux.

Mais tu devais admettre que ce n'était pas tout à fait ta préoccupation principale à cet instant précis. Oui, évidemment que sauver les victimes, découvrir ce qu'il se passait ici, revenir dans le monde réel tout en essayant de comprendre pourquoi votre situation devenait de plus en plus invraisemblable restait votre objectif final, oui, bien sûr. Mais ce n'est pas la seule raison pour laquelle tu restes figée là, à... admirer, si on peut dire, le ténor qui était actuellement en train de hurler — de manière toujours étonnamment juste — les paroles d'une chanson que tu es à peu près sûre d'avoir entendu auparavant. Avec un accent à couper au couteau, mais là n'est pas le sujet.

Tu restes immobile et hagarde majoritairement parce que tu n'arrives toujours à réaliser ce qu'il vient de se passer dix minutes auparavant, avant que vous ouvriez cette porte et atterrissiez dans cet opéra, alors que vous étiez encore dans cette pseudo-arène d'Oliville, aux côtés d'une pseudo-Jasmine qui avait fait criser un Nolan lui complètement réel. Un Nolan que tu avais... que tu... que...

Non, vraiment, tu n'arrives pas à admettre que tu as fait ça.

La même bouffée de frustration et de gêne que tu as ressentie plus tôt te saisit à nouveau. D'accord, la situation était critique. Oui, ça a effectivement marché. Mais non, tu n'arriveras certainement pas à oublier ce que tu as fait. Vouloir être courageuse est une chose, se sentir stupide et avoir envie de te cacher, une fois l'adrénaline passée, sous le premier tapis qui passe puis d'enterrer ce tapis au fond d'un tunnel en était une autre. C'était ta première fois, en plus... avoir de meilleures conditions pour une telle chose n'aurait pas été de refus. Tu soupires silencieusement : le point positif, c'est qu'il n'a pas l'air d'avoir réalisé ce qu'il s'est passé... ou même d'avoir compris l'entièreté de votre épisode avec Jasmine. C'est plutôt rassurant... et en même temps, ça te laisse un goût assez amer dans le fond de la gorge, même si tu n'arrives pas à en saisir la raison exacte. Pourtant, tu n'arrives pas à te retirer de l'esprit que c'était plutôt... mignon, de le voir afficher une autre expression que son habituel visage neutre.

D'ailleurs, pendant que tu réfléchissais, Nolan a déjà pris les devants, et s'est déjà approché de l'estrade afin d'espérer comprendre ce qu'il se passait actuellement. Tu secoues la tête — même si pour une fois, ce n'est pas suffisant pour extirper cette pensée de ton crâne. Tu te dois de te reconcentrer sur... ce qu'il se passe devant toi, bien que tu préférerais ne pas assister à ça. Ni une, ni deux, tu le suis, avant de t'arrêter à ses côtés, réalisant que vous n'avez aucune idée de ce que vous allez faire pour attirer son attention. Tu lèves le regard vers lui... avant de promptement t'immobiliser : tu n'arrives pas à le regarder en face. Il ne manquait plus que ça. Un peu de courage, Luce, ce n'est pas parce que tu... parce qu'il est arrivé ce qui est arrivé que tu dois soudainement perdre tous tes moyens !

Peut-être que si, en fin de compte.

Tu finis par rassembler suffisamment de courage (il te semblait ne plus en avoir pourtant, vu ton « exploit » de plus tôt) pour réussir à lui adresser la parole, même si tes yeux ne quittent pas un certain endroit de son visage.

« U-um...Nolan, qui est-ce... »

Mais avant même que le garçon puisse te répondre — enfin, répondre est un bien grand mot — un soudain flash d'énergie vous absorbe, tourbillonnant autour de vous. Et il te semble que le coupable n'est pas étranger au Voltali : c'est même un de ses Pokémons, visiblement. Un Abra, si tu te rappelles bien de cette espèce. Si il est là, peut-être que tes compagnons aussi...

Un rapide coup d’œil ne fait que confirmer cette pensée, car à l'autre bout de la scène se trouve une silhouette vaguement féline que tu reconnais bien.

« A...Albireo ? »

Le Farfuret se tourne vers toi, un air profondément soulagé illuminant son visage, et avance d'un pas pressé vers le bord de la scène où tu l'attends. Tu es confuse. Qu'est-ce qu'Albireo faisait ici ? Et surtout, pourquoi il était déguisé de cette façon là ? Certes, l'ample cape noire dont il est vêtu et le masque lui vont plutôt bien, mais...

« Albireo, où est-ce que tu étais passé ? Qu'est-ce que tu fais...habillé comme ça ? »

« Jeune demoiselle, je vous prie de bien vouloir cesser d'importuner mon antagoniste ! Ce n'est pas encore à lui de jouer ! »

La voix tonitruante du ténor te fait sursauter, et te permet enfin de porter ton attention de façon plus approfondie sur lui. Un...antagoniste. Il a recruté ton Pokémon pour lui servir de grand méchant dans sa pièce. Tu auras tout vu. Tu reportes ton regard sur l'homme en question : son visage t'est clairement familier, en tout cas, mais où l'as-tu vu... ? C'était récent, en plus...

...Ah !

Ça y est, tu te rappelles. On dirait que tes souvenirs te reviennent de manière plus claire et plus rapide désormais.

***

Assise aux côtés de Nolan sur le divan du salon-laboratoire d'Oryse, tes mains sont fermement serrées sur tes genoux. Droite comme un piquet, tu essayes de rester le plus attentive aux indications que vous donnent les trois adultes qui vous font actuellement face. Aucune trace de lutte, aucun indice, rien... la pression commence lentement à monter dans tes entrailles, et, malgré tes efforts pour te contenir, tu sens tes genoux trembler. Plus tu en sais plus à propos de cette mission, plus tu as peur. Peur de ne pas être à la hauteur. Peur de décevoir. Mais tu veux faire de ton mieux : Jauplain t'a fait confiance, t'a félicitée. Tu ne peux pas la laisser tomber comme ça. Tu déglutis ; et tu inspires.

« E-Est-ce que vous auriez les noms des gens qui ont été atteints par ce... phénomène ? »

L'homme à la barbe et aux lunettes de soleil te sourit : malgré son air bourru, il semble avoir remarqué que tu étais un peu — euphémisme — mal à l'aise. Il s'approche de toi, en te tendant une liasse de feuilles reliées.

« Bien sûr mam'zelle. Y'a un sacré paquet de mes ouvriers qui ont été victime de ce bazar, mais le dernier en date s'appelle Francis Alexander. Il m'semble qu'une des employées de m'sieur Sinclair ici présent en a été victime aussi, et... »

***

...ugh. Toujours cette migraine. Tu n'arrives vraiment pas à te rappeler plus de choses que ça, mais tu es au moins parvenue à remettre la main sur l'information que tu voulais. Comme tu l'avais soupçonné, votre ténor est une des personnes qui ont été victime de l'étrange phénomène que vous étiez venus résoudre. « Étiez » à l'imparfait car, clairement, vous n'aviez pas tout à fait réussi à venir au bout de ce mystère. Vous en étiez encore en plein milieu, pour tout dire, et tout aussi perdus qu'auparavant.

Un nouvel aigu te vrille les tympans : monsieur Alexander s'est remis à beugler chanter, et tu fermes brusquement les yeux, surprise par le changement de volume sonore. Le raisonner semble être impossible pour l'instant...et tu dois admettre que tu commences un petit peu à désespérer. Peu importe à quel point tu réfléchis, à quel point tes méninges s'activent pour trouver une solution, tu reviens toujours au point de départ. Tu serres le poing, frustrée. Il y a un côté positif à cette situation, pourtant : au moins, tu n'es pas toute seule. Tu relèves les yeux en direction de ton binôme, qui a l'air tout aussi affligé que toi... voire même plus.

Et tu n'arrives absolument pas à décoller le regard de son visage, parce qu'encore une fois tu repenses à ce qu'il s'est... passé plus tôt.

Ça te donne toujours autant envie de hurler.

Mais bien vite, quelque chose détourne ton attention.
Une espèce de vague forme rose qui flotte à la périphérie de ta vision.

Tes paupières s'abaissent, une fois, deux fois ; elle a déjà disparu. Hein ? Est-ce que tu serais en train d'halluciner ? Cela t'étonnerait à peine, considéré que vous êtes dans un rêve. Tout de même— oh ! L'espèce de sphère pastel est revenue, on dirait. Tu plisses les yeux, car étrangement, tu n'arrives pas à en distinguer la forme exacte. C'est comme si la lumière elle-même cherchait à l'éviter, comme si cette chose cherchait à se cacher. Mais un peu d'insistance suffit à en clarifier les contours, les couleurs... et la fumée rosâtre qui s'échappe de son corps. Tu connais cette créature... tu l'as déjà vue, dans un des livres de la bibliothèque de Joliberges, un des nombreux livres que tu as dévoré lors de tes escapades quotidiennes là-bas. Son nom te revient.

Et soudainement, tout paraît devenir plus clair.

Ni une, ni deux, tu te fais volte-face en direction du Voltali.

« Nolan ! Je...je crois que j'ai— »

Le fracas avec lequel ta voix s'est échappée de tes lèvres te surprend, tellement que tu en sursautes. Tu n'as pas l'habitude d'être aussi réactive, aussi spontanée, envers qui que ce soit.

Attendez... un fracas ?

Tu lèves les yeux vers le plafond. L'absence de logique dans ton raisonnement vient à peine de te sauter à la figure, de te tomber dessus— exactement comment la poutre qui vient de se décrocher de la structure en métal surplombant la scène.

Se décroche, encore.
Ne tient plus qu'à un fil.

Tombe.

Tu as envie de hurler, Luce— mais quelque chose t'en empêche, quelque chose t'a comme dérobé ta voix, tes cris restent nichés dans ta gorge. Tes jambes non plus, ne réagissent pas. Tu voudrais fermer les yeux, mais ces derniers se plantent immédiatement sur la silhouette de Nolan, qui lui aussi regarde l'énorme barre de métal tomber vers vous.

—c'est à cet instant précis que la musique change. Littéralement.

Tu n'as pas exactement compris ce qu'il s'est passé — mais Francis le ténor se trouve désormais devant vous, retenant la poutre de toute la force de ses muscles, son rire assourdissant résonnant dans l'immense salle de concert, et la mélodie qui baignait alors la pièce a été remplacée par quelque chose de beaucoup plus... mouvementé ? Si on peut appeler ça comme ça.

« Wahahaha !! Mon heure de gloire est arrivée ! N'ayez crainte jeunes gens, je vous protégerai de tout mon être s'il le faut, ou mon nom n'est pas Francis Alexander ! »

Et il continue à rire, malgré le poids qui repose alors sur ses épaules.

Il est temps que tu abandonnes officiellement l'idée d'essayer de comprendre ce qu'il se passe ici.

15/04/2017, feat. nolan dèannag


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Dernière édition par Luce C. Agnelli le Sam 15 Juil - 1:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Mission] Alice in Slumberland   Ven 14 Juil - 23:29

Il ne vous écoute pas, Nolan. En même temps, avec un tel volume sonore, le contraire serait pour le moins étonnant. Debout sur la scène, face à une salle immense mais intégralement vide, le ténor semble complétement parti dans un autre monde...Mais n'est-ce pas votre cas à tous ?
Tu tenterais bien de te manifester, mais dans son délire, il y a peu de chances pour que Mr. Alexander (Francis de son petit nom) ne te prête la moindre attention. Pour couronner le tout, Mu semble s'être pris au jeu et vient de repartir en volant tout autour du chanteur, sur un rythme mesuré (Que tu admets reconnaitre comme étant d'une certaine qualité). Inutile de contacter mentalement le petit Abra, ce dernier vient de céder à l'appel du jeu et à part Libra, personne au monde n'est capable de l'en sortir lorsqu'il est dans cet état. Il ne vous reste plus qu'à attendre...En espérant que tes tympans survivent jusque là !

''SIOOOOOOOOOOO ! ♪''

Pas sûr que tu tiennes aussi longtemps, d'autant que cette pièce ne t'est pas inconnue. De mémoire, elle peut durer entre six et huit heures selon la version et l'endurance des comédiens....D'ici là, on peut être sûr que tu seras devenu complétement sourd, Nolan. Espérons que tu obtiennes un succès plus important, lorsque les cordes vocales (J'aurais dit ''Le marteau-piqueur en fin de vie'') de Francis auront besoin d'un peu de repos.
En attendant, il ne te reste plus qu'à ''profiter'' du spectacle...Pas de problème, tu n'as qu'à appliquer ta méthode habituelle, consistant à ignorer totalement tout ce qui t'entoure. Si c'était un véritable sport, tu serais probablement dans l'équipe olympique, Nolan. Mais pour le moment, cette faculté va t'être d'un grand secours, puisque tu peux ainsi concentrer ton attention sur les différents éléments que vous avez rencontré depuis votre arrivée en ces lieux : manifestement, les victimes du mal qui plane sur les Vestiges du Rêve se retrouvent complétement coincées dans un lieu sans queue ni tête, où les règles de la logique ne s'appliquent que très partiellement. En bref, un univers onirique, si l'on explore cette voie spécifique...Ta rencontre avec Jasmine, ainsi que la réticence de Francis à mettre un terme à son spectacle, semblent corroborer cette hypothèse.
Votre problème actuel serait donc davantage de comprendre les règles qui régissent votre situation actuelle, plutôt que d'essayer vainement d'en sortir...Sauf que tu ne sais même pas par où commencer. Depuis le départ, tu as le sentiment que saisir des mesures incohérentes, sans pour autant déceler une trame globale dans la mélodie. Et ce genre de sentiment t'agace bien plus qu'il ne te motive. Il doit forcément y avoir un schéma cohérent quelque part...

''Nolan ! Je...je crois que j'ai—''

Hmm ? Ta partenaire aurait-elle réussie à déterminer un nouvel élément ? Avec un soupir, tu te retournes donc dans sa direction, heureux d'échapper à la vision de ton Abra s'étalant sur la scène avec un couinement tragi-comique. De son coté, la Farfuret semble tout aussi blasé que toi en ce qui concerne la performance de son partenaire, mais s'avance néanmoins d,un air las pour simuler le coup de grâce, à l'instant où Francis se lance dans une octave de plus en plus haute. J'ignore combien ce type a de souffle, Nolan, mais il en remonterait à un Brouhabam, sans problème !
D'ailleurs, tu ferais mieux de ne pas le fixer comme ça et de te concentrer un peu plus sur l'énorme poutrelle métallique qui vous tombe dessus..Hein ? Oh, aurais-je oublié de te prévenir ? Et bien, il ya une énorme poutrelle métallique qui vous tombe dessus, attention !
Incapable de faire le moindre mouvement, tu n'as le temps de saisir que la vision fugitive d'une sorte de masse rosée, enveloppée de volutes de fumée, juste avant que la barre scintillante ne semble se déloger de son support et ne se précipite sur vous ! Tu sais que tu devrais te jeter sur le coté, mais ton corps refuse tout bonnement de faire ce simple geste..Et la poutrelle tombe, tombe, tombe...

*CLANG*

Francis OTOKO


C'est...juste impossible. Tu le sais et pourtant, tes yeux te hurlent (Des yeux qui hurlent pour un muet...je pense que je vais la noter, cette métaphore) que la scène qui se déroule sous vos yeux est bien réelle : alors que vos Pokémons semblent pétrifiés par le désastre qui vient de se dérouler non loin de la scène, Francis s'est tout bonnement jeté en avant, les bras dressés au-dessus de la tête. Avec un grognement sonore, l'ex-chanteur reçoit de plein fouet la poutrelle entre ses paumes gigantesques, avant de se redresser en soulevant la masse métallique. Seule marque de l'effort qu'il doit fournir, une légère rougeur qui envahit son visage, au diapason de sa barbe rousse.
Néanmoins, votre sauveur affiche toujours un immense sourire, avant de garder la pose sous vos yeux mi-ébahis, mi-atterrés.

''Wahahaha !! Mon heure de gloire est arrivée ! N'ayez crainte jeunes gens, je vous protégerai de tout mon être s'il le faut, ou mon nom n'est pas Francis Alexander !''

...Si tu n'étais pas sûr et certain que ton père se trouvait actuellement sur les docks d'Oliville, tu serais presque tenté de croire que ce colosse et lui pourraient n'être qu'une seule et même personne.

''Wahaha ! Pas trop de mal, les jeunes ? Vous avez apprécié le spectacle ?''

''...''

Il ne peut pas être sérieux..Deux adolescents viennent tout juste de manquer de se faire aplatir et lui, il rigole ? Pourtant, tu ne parviens pas à t'énerver, Nolan...Ce type n'a aucune mauvaise intention, après tout.
Regroupés au niveau des gradins, tu remarques que vos Pokémons portent toujours leurs tenues de scène, tandis que Francis affecte de lisser sa barbe d'une main, tout en rajustant la mise de son manteau en fourrure écarlate de l'autre. Vous avez peut-être risqué vos vies, mais au moins, il semblerait que l'incident vous aura permis de le sortir en partie de son délire musical.

(Mu...Quand vous vous êtes réveillés ici avec ce Farfuret, cet homme..)

(Le Capitaine ?)

(..Le Capitaine, si tu veux. Il était déjà présent ?)

(Oh oui, oui, il chantait sur scène. Et quand on s'est approché, il nous as demandé si on voulait devenir des stars. Alors moi, comme j'ai toujours rêvé de ça et ben..)

(...Attends.)

(...et après, on a commencé à chanter et le public, il était trop content, donc on a continué. Bon, c'est surtout le Capitaine qui chantait, mais ils nous applaudissaient aussi !)

C'est vrai. Depuis que tu l'as capturé, Mu s'est toujours comporté comme un gamin qui ne souhaitait rien d'autre que de briller aux yeux de ceux qui l'entouraient. Pas étonnant qu'il se soit senti aussi proche de Mr. Alexander, à son arrivée ici. Et si l'on pousse la réflexion jusqu'au bout...Empoigne ta tablette, Nolan, tu risques d'en avoir besoin.

''Je pense que nous pourrions parler de vos performances vocales à un moment plus propice. J'ignore si vous en avez conscience, mais il semblerait que nous nous retrouvions tous prisonniers d'un monde onirique par une force mystérieuse. Vos collègues sont aussi affectés par le phénomène et votre patron nous envoie pour vous sortir de là.
Nous n'avons pas encore réussi à identifier la cause ou le responsable de notre état, mais il semblerait que toutes les victimes puissent se rejoindre, une fois leur rêve terminé.  ''


Le temps de tendre la tablette à Francis, tu sens la main de Luce te tirer légèrement par la manche et en te retournant, tu découvres une Givrali qui semble bien pensive. En quelques mots, cette dernière te décrit ce qu'elle a aperçu dans les échafaudage, une seconde avant que la poutre ne se détache. Et lorsque la jeune fille évoque le nom de ''Mushana'', tu sentirais presque un électrochoc (Le comble pour un Voltali) te parcourir des pieds à la tête.
Mushana, le Pokémon Rêveur...En te basant sur ce que tu sais de sa forme pré-évolué et les capacités de ta propre Munna, votre situation s'éclaire effectivement d'un jour nouveau. S'il ne s'agissait pas d'un autre mirage, il se pourrait bien que vous ayez aperçu votre geôlier onirique. Néanmoins, un détail te turlupine : même si Mushana se nourrit des rêves, c'est bien la première fois que tu entends parler d,un Pokémon qui endormirait simultanément autant d'humains pour se constituer un banquet à volonté (Même si, à la réflexion, il y aurait bien un Voltali de ton dortoir qui serait capable d'arriver à de telles extrémités...Alors pourquoi pas un Pokémon ?). Il vous manque une pièce du puzzle...Et pour le moment, concentre-toi donc sur Francis, qui vient de te rendre ta tablette avec un éclat de rire surpuissant !

''Ahahah ! T'es bien bizarre, mon grand, avec tes gribouillis. Lorsque j'suis arrivé, y'avais Jacob et Denis avec moi, on était trois et notre numéro était SU-BLIME. On aurait fait pleurer les anges de la virilité, rien qu'avec nos voix.
Et puis Jacob en a eu assez, il passait plus de temps dans les gradins que sur la scène. Il parlait sans cesse de ''choses irréelles'' et de ''fin du spectacle'' Puis ça a été le tour de Denis...Un instant, il était là, la tête entre les mains à me regarder chanter et la seconde d'après, il avait disparu. J'ignore où ils sont maintenant, mais c'est bien dommage, notre trio était absolument parfait. Non pas que je vous dénigre, mes braves petits amis, votre performance était tout aussi honorable !''


Mu en rougirait presque sous le compliment, mais pour ta part, tu t'intéresses davantage aux implications sous-entendues par l'histoire de Francis : manifestement, les ouvriers qui ont échappé à ce sommeil mystérieux ont également pu interagir avec leur collègue. Ce dernier étant une des trois dernières victimes toujours endormies...Reste à déterminer comment les autres ont pu s'échapper.
Et en te basant sur la description que vient de vous faire Francis de ce qu'il a vécu à leurs cotés...Il est temps de réfléchir un peu, Nolan.
Si l'on additionne les faits, nous avons : des ouvriers qui se sont rejoints dans une salle d'opéra, dont deux qui sont parvenus à s'extraire du rêve. Le seul qui demeure encore sur la scène semble particulièrement satisfait de son sort, en revanche. Dans le même temps, les descriptions faites de ses collègues ont au moins un point commun...Leurs attitude juste avant leur disparition. Francis reste sur scène, ses collègues la quittent...et disparaissent.
Allez Nolan, fais un peu fonctionner cette cervelle si ordonnée. Tu as toutes les notes, tu connais le rythme, il ne te reste plus qu'à organiser la partition. Le temps de rédiger ton hypothèse pour la tendre à Luce et tu te tournes vers le colosse, qui commence doucement à fredonner comme s'il s'apprêtait à relancer son numéro.

''S'il est encore là, c'est qu'il a une bonne raison de ne pas quitter le rêve. Je pense qu'au fond de lui, il pense qu'en restant ici, il pourra réellement être un chanteur d'opéra...Il va falloir le convaincre du contraire.''

Oui mais par où commencer ? Le plus simple serait de lui annoncer la vérité de but en blanc. Néanmoins, vu son attitude et ses mimiques, je doute que ça marche et...Et il est déjà parti le faire. Nolan, un de ces jours, tu pourras essayer de comprendre le début du commencement de la notion de ''relation humaine'' ?
Alors que tu t'avances, un signe rapide en direction de Mu fuse et le petit Abra ne se fait pas prier (il fait même preuve d'un étrange enthousiasme) pour vous connecter mentalement, incluant Luce et son Farfuret dans la conversation. Fais craquer tes doigts (mentaux) Nolan, tu as du pain sur la planche. Et si Francis a un bref instant de surprise, lorsque ta voix retentit dans son crâne obtus, il se contente d'un regard curieux dans la direction de l'adolescent qui le fixe avec autant d'intensité.

(Vous dites qu'ils sont partis tous les deux, après avoir quitté la scène. Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi ?)


''Qu'est-ce que j'en sais, moi ! Ils ont sûrement été appelés par le Dieu de l'Opéra, vers d'autres salles d'autres public ! Sol, ré, mi, ré, DOOOOOOOO ♪''

(Et si c'était le contraire ?)

''Là, mon jeune ami, il va falloir t'expliquer un peu mieux que ça. On croirait entendre un ténor qui s'essayerait au soprano.''

(S'ils sont partis, c'est peut-être...parce qu'ils ne souhaitaient plus chanter ?)

Que...Avec un mouvement de recul, tu constates que la physionomie si chaleureuse de Francis semble se modifier sous tes yeux : en un éclair, l'air affable s'est mué en une sorte d'expression de colère refoulée, tandis que ses yeux te mitraillent de leurs éclairs fulminants. Et la voix qui retentit et tonne dans la salle immense est à la mesure de son propriétaire !

''NE PLUS CHANTER ?! COMMENT OSES-TU ! ILS ÉTAIENT LES MEILLEURS, DE GRANDS ET VAILLANTS TÉNORS ! ENSEMBLE, NOUS AVONS ENFIN PU FAIRE ENTENDRE NOS VOIX AILLEURS QUE SUR DES ÉCHAFAUDAGES ROUILLÉS, SOUS LE VENT MUGISSANT ET LES PLUIES TORRENTIELLES ! ET TU VOUDRAIS ME FAIRE CROIRE QU'ILS AURAIENT ÉTÉ CAPABLE DE DIRE NON À ÇA ?!''

Joignant le geste à la parole, Francis écarte alors brusquement les bras (et manque de t'envoyer bouler au passage), tandis que la salle complétement vide se remet à bruisser, comme si une foule de personnes s'était mise à discuter et à huer tout autour de vous. Et le ton des conversations n'est pas des plus amicales. Ponctuant chaque phrase de Francis avec emphase, cette même foule te vrille les tympans, tandis que tu esquives maladroitement les amples mouvements du colosse.

''Nous avons un opéra ! (HOURRA !) Nous avons des jeunes premiers de talents (ASSURÉMENT !) ! Et nous avons un public formidable ! (C'EST BIEN VRAI !)''

(...*soupir* Vous n'avez rien compris.)

''Nous avons...Pardon ?''

Ton agacement devant les réactions exubérantes de ce colosse semble s'être dissipée, Nolan. Plus d,énervement, plus de lassitude, juste...un sentiment qui t'es rarement associé. Car en l'observant réagir ainsi, tu penses avoir compris les raisons de son geste. Non...Tu sais même, pourquoi il souhaite rester ici. C'est un sentiment que tout ceux qui ont parcourus une scène ont un jour ressentis. Et ce sentiment, c'est...

(La peur. Vous avez peur de repartir. Peur de ne plus jamais pouvoir goûter à tout ça, la scène, le public, les acclamations et même le simple fait de chanter d'aussi...euh...d'aussi belles pièces. Si vos amis sont repartis, c'est qu'ils avaient réussi à accepter cette idée. Mais vous, non. Vous êtes terrorisés à l'idée que tout ceci s'arrête.)

''Je ne...Grmpf...Tu vois, en fait...''

(Et le plus triste, dans tout ça, c'est que votre peur est complétement infondée.)

''Mais...Tout ça, c'était mon rêve.''

(Peut-être. Je vous avoue que je ne crois pas personnellement aux rêves. Mais s,il y a une chose et une seule sur laquelle je peux discuter, c'est la musique. Vous avez un certain talent pour ce genre de choses. Que ce soit ici ou dans le monde réel. Et je pense que vos amis l'avaient compris : ils ont préférés partir réaliser le leur, plutôt que de recommencer éternellement les mêmes expériences ici.)

''Je...''


Et sans aucun préavis, la montagne de muscle qui te menaçait du regard un instant auparavant, se jette sur toi pour t'étreindre avec tant de force que tu sentirais presque ta colonne vertébrale protester avec véhémence. Dans le même mouvement, Francis s'empare de ta partenaire, avant de l'enlacer tout aussi fort, la voix brisée par l'émotion.
Une fois libéré de l'étreinte du colosse, en revanche, ce dernier recule d'un simple pas, avant de vous fixer tout deux. Puis d'une voix légèrement hésitante, il reprend alors la parole.

''Je crois...que je comprends. Enfin, je comprends surtout à quel point j'ai été stupide. Il est temps que je me confronte réellement à ce que je suis.''

(Parfait.)

''Mais avant ça...Vous accepteriez de...m'entendre chanter une dernière fois ?''

*Soupir* Courage Nolan. Encore deux petites heures et le rideau pourra tomber sur cet endroit étrange.

********************


''HAC IN HORA
SINE MORA
CORDE PULSUM TANGITE
QUOD PER SORTEM
STERNIT FORTEM
MECUM OMNES PLANGITEEEEEEEE ♪♪♪ ''


Et voila, ce n'était pas bien dur. Nolan ? EH OH NOLAN, TU M'ENTENDS ? Enlève donc tes mains de tes oreilles et applaudit comme ta partenaire et ce Wattouat, espèce de grande asperge imbécile !
Sur la scène, Francis, Mu et Albireo (Quoi que je m'avance peut-être un peu pour ce dernier) saluent avec une intense satisfaction, sous un tonnerre de vivats et d'applaudissements fantômes. Et une fois le silence retombé sur les lieux, il ne vous reste plus qu'à vous diriger sur la-dite scène, où Francis exécute une curieuse pantomime : en deux temps-trois mouvements, le grand homme a ôté son costume à fourrure pour se retrouver en short et en marcel blanc, dévoilant ses épaules puissantes. Puis, avec une sorte de clin d'oeil, l'ancien ténor se dresse devant vous, les poings sur les hanches, avant de partir dans un rire tonitruant.

''Merci les jeunes, on se reverra de l'autre coté ! WAHAHAHAHA!''

Et dans l'écho de ce rire si puissant, la silhouette de Francis semble se diluer dans les airs, perdant sa substance jusqu'à ce que le silence emplisse les lieux, avec sa disparition. Simultanément, les costumes de Mu et Albireo semblent se dissiper et vos deux Pokémons se retrouvent de nouveau à vos cotés. De l'autre coté de la scène, une légère lueur commence à s'amplifier et avec un certain détachement (Une fois ok, deux ça va, trois, c'est bon, on a compris), tu observes l'apparition d'une nouvelle porte en bois laqué, dont la poignée semble faite d'argent.
Après un bref regard à Luce, vous vous disposez de part et d'autre de la porte...ta main s'avance en direction de la poignée...et l'univers tout autour de vous disparait subitement dans le néant.

********************

(Ouille, ouille, ouille...Ça faisait moins mal avant...On est où, Nolan ?)

C'est une bonne question ça , Mu. Une chose est sûr, il ne s'agit plus d'une salle d'opéra. Vous vous retrouvez en extérieur et le ciel étrangement piqueté d'étoiles au-dessus de vos têtes, produit un calme apaisant bienvenu après vos émotions précédentes. Avec circonspection, tu commences à étudier votre nouvel environnement : à première vue, il semblerait que vous vous trouviez sur un toit, à une certaine hauteur du sol.
Vraisemblablement votre perchoir se trouve tout au sommet d'un immeuble et une multitude de bâtiments similaires s'étendent dans les quatre directions tout autour de vous, formant une ville tentaculaire. De ce point d'observation, tu remarques néanmoins que cette dernière à l'air complétement vide. Il y a bien des néons, des enseignes et des rues balisées, mais aucune trace d'activité dans ces dernières, ni de mouvements dans les bâtiments. Profitant du lien mental créé par Mu, tu en profites pour  à relayer ton observation à ta partenaire et récupérer les siennes.
Décidément, vous avez la capacité de vous retrouver dans des endroits étranges...Et ça ne risque pas de s'arranger !

(Si les choses suivent la même logique qu'avec Francis, on doit absolument trouver la personne prisonnière de ce rêve...Le problème, c'est que je ne me souviens absolument pas des deux qui restent.)

En es-tu sûr, Nolan ? Tu n'écoutes donc pas cette petite voix qui tente de te renvoyer en arrière...Mai si, elle a des choses très intéressantes à te dire.
Vous étiez dans le bureau d'Orise. Le responsable des travaux venait tout juste de céder la parole à son collègue à la cigarette et ce dernier farfouillait dans les papiers étalés sur le bureau, avant de sortir un document bien précis et de te le tendre.

''Bien sûr mam'zelle. Y'a un sacré paquet de mes ouvriers qui ont été victime de ce bazar, mais le dernier en date s'appelle Francis Alexander. Il m'semble qu'une des employées de m'sieur Sinclair ici présent en a été victime aussi, et...''

''Et je peux parler pour elle, merci bien. Alicia était une de nos meilleures techniciennes, avec un esprit aiguisé comme on en voit rarement dans le milieu. Francis n'avait pas encore été retrouvé, qu'elle était découverte dans un recoin des Vestiges du rêve, son matériel éparpillé autour d'elle et complétement dans les pommes. Et depuis, impossible de la réveiller.
Sans elle, je ne pense pas être en mesure de relancer l'étude des lieux, elle refusait de prendre des notes et ses analyses sont primordiales pour notre réussite !''


Nous y sommes. Avant votre départ, le responsable du projet avait effectivement parlé d'une scientifique souffrant du même mal que Francis.  Vu ton incapacité à remonter plus loin dans tes souvenirs, plus qu'à espérer que la jeune femme soit bien votre hôte actuelle...et qu'elle soit moins difficile à convaincre que son homologue chantant !
En revanche, vu votre position actuelle, il serait bon de trouver un moyen de descendre...car il n'y a aucune trace d'escalier, de corde ou même de quoi que ce soit qui pourrait vous permettre de rejoindre les rues en contrebas !

(Mu, tu pourrais nous faire léviter ?)

(Euh, seulement un par un. Sinon, vous allez être trop lourds...Pardon, madame, je veux pas dire que..)

(On a compris, Mu.)

Voila qui risque de prendre du temps...Et je doute que vous en ayez beaucoup !

*CLING**CLANG**CLONG*

Soudain, une série de claquements et de bruits métalliques commencent à se faire entendre tout autour de vous, tandis qu'une multitude de projecteurs s'allument en contrebas, inondant l'immeuble qui vous fait face de faisceaux croisés. Un peu ébloui, tu places ton bras au-dessus de tes yeux et en les plissant, tu parviens à discerner une silhouette de grande taille, accompagné d'une autre créature de plus petite taille qui se déplace à quatre pattes. Toutes deux semblent sortir littéralement du sol de leur batîment et sont drapées dans de grandes capes. Prépare-toi, Nolan, c'est peut-être un nouvel ennemi, de nouveaux dangers, ou...

(AHAH ! NE CRAIGNEZ PLUS RIEN, CITOYENS ! VOS SAUVEURS SONT ARRIVÉS !)

Ou pire, comme par exemple, une Libra complétement déchainée !

(TOPAZ, FIDÈLE SIDEKICK....POSE DE VICTOIRE #38 !)

Alors que la lumière faiblit légèrement, tu contemples, complétement stupéfait l'apparition de ta starter et d'un étrange Pokémon canin : la tenue de ce dernier est pour le moins bariolé à l'exception du masque noir qui lui couvre le haut du visage. Et ta starter a complétement renouvelé sa garde-robe, elle aussi : Un plastron bombé rehaussé de plaques orangés, deux épaulières blanches, un étrange appareil qui lui recouvre l’œil droit et clignote dans la nuit et surtout, une immense cape pourpre qui traine jusqu'au sol.
Avec une synchronisation approximative, les deux Pokémons se positionnent alors l'un à coté de l'autre légèrement penché et bras tendus, avant de revenir vers l'avant. Libra se baisse alors, bras écartés, tandis que son acolyte se dresse sur ses pattes arrières, comme un poing dressé vers le ciel...Une posture qui ne tiendra que deux secondes avant que le-dit Pokémon ne se prenne les pattes dans la cape de ta Gardevoir et ne l'envoie bouler en avant.
Mu ne se prive pas pour éclater de rire, tandis que le Wattouat et toi échangeaient un profond regard de lassitude....Certaines choses ne changeront jamais.

(Mu, essaye de me connecter à Libra. Je ne pense pas qu'elle puisse nous voir, vu sa position.)

(J'vais essayer, mais elle est loin quand même !)

(Libra, tu m'entends ?)

(..NOLAN ?! T'es...puis...tention....peut...arrive !)

(Mu, envoie un peu plus de puissance, c'est trop instable.)

(Désolé, j'y arrive pas !)

Pourtant, tu as bien reçu quelque chose : ta starter est stressée et en même temps, elle semble exulter. Qu'est-ce qui peut bien provoquer le mélange de ces deux sentiments chez elle ? Hein ? Quoi, comment ça, tu as les oreilles qui bourdonnent ? C'est pas plutôt un grondement, Nolan ? Un grondement qui va en s'amplifiant et qui ne tarde pas à devenir assourdissant ! Mains sur les tympans, tu tombes à genoux alors que Luce se rapproche pour s'enquérir de ton état.
La Givrali n'aura néanmoins que peu de temps pour s'exécuter : avec une cacophonie de grincements, de hurlements et de vérins qui se détendent, une silhouette titanesque semble sortir du sol, à quelques distances de votre immeuble. L'ombre immense se déploie jusqu'au ciel, et une fois complétement formée, semble se solidifier : la lueur de la lune se reflète désormais sur des écailles métalliques, accrochant au passage une paire de pattes pourvues de griffes étincelantes. Mais ce qui attire encore plus l'attention, ce sont les deux lumières rouges aussi grosses que des camions qui viennent de s'allumer au sommet de la créature. Alors que cette dernière se met en mouvement avec un bruit de tonnerre, les lumières de immeubles proches vous révèlent que cette dernière ressemble à un étrange Tyranocif métallique aux yeux rougeoyants...et qu'il fonce droit sur vous !
Tandis qu'une seconde vague de projecteurs vient éclairer le titan de métal, Libra et son acolyte s'élèvent dans les airs, mus par le pouvoir de la Gardevoir, avant de se poser en douceur sur un toit plus proche du votre. Le cri de la Gardevoir résonne alors dans vos deux esprits, au moment où la machine se met à avancer dans votre direction !

(NOLAN, LUCE, TIREZ-VOUS DE LÀ, ON VA LE RETENIR ! TOPAZ, AVEC MOI !)

Vous tirez, ok, mais par où ? Il n'y a aucun moyen de quitter ce toit, ni de fuir le monstre qui se rapproche toujours plus près. Heureusement (ou malheureusement pour vous), le titan métallique semble prendre conscience de la présence de Libra et Topaz et pivote brusquement dans leur direction, balayant au passage un certain nombre d'immeubles avec sa queue. Ces derniers s'effondrent avec une lenteur étrange et le bruit est bien moins puissant que ce à quoi tu t'attendais, mais actuellement, il s'agit du cadet de tes soucis, Nolan...Car votre imeuble compte au nombre de ceux qui viennent de subir les dégâts les plus importants !
Avec un grincement sinistre, ce dernier semble vaciller...une seconde avant que vous ne vous retrouviez jetés à terre quand une grande partie de sa structure s'effondre en une pluie de briques dans la rue. Main dans la main, vous vous accrochez tant bien que mal à la rambarde du toit, tandis que le reste du batîment commence à pencher dangereusement sur le coté.
Pas le temps de réfléchir, Nolan, il faut agir !

(Mu, essaye de nous ralentir !)

(Mais ça marchera pas, vous êtes trop...)

(FAIS-LE !)

Tu paniques, Nolan. Tu ne sais que faire et tes réactions restent trop lentes pour contrebalancer le désastre qui prend place autour de vous : un peu plus loin, tu aperçois sans même la voir réellement Libra qui virevolte en déchainant des éclairs psychiques sur la créature de métal.
Alors que l'immeuble émet un nouveau grincement et s'affaisse de quelques mètres supplémentaires, tu jettes un coup d'oeil à la rue en contrebas...Il y a au moins quinze mètres en chute libre, droit sur le béton. Néanmoins, il va  falloir tenter le coup, ça vaudra toujours mieux que de rester ici à finir aplatis comme des crêpes !

(Luce, accroche-toi.)

Tu as agis avant même de penser. Profitant de ta taille, tu viens tout bonnement de soulever la Givrali pour la prendre dans tes bras, avant de crier un dernier ordre mental à Mu. Dans le même temps, tu récupères le Farfuret de la Givrali pour le hisser sur une de tes épaules où il se stabilise avec une de ses griffes. Enfin, le Wattouat se retrouve posé sur l'estomac de la jeune fille achevant de compléter le tableau. Puis, avec une profonde inspiration, tu comptes les secondes, guettant le plus petit frémissement sonore qui annoncerait un affaissement supplémentaire de votre perchoir. Et lorsque ce dernier se produit...TU SAUTES !
Voila ce qui arrive quand tu n'as pas moyen de réfléchir, Nolan..Tu agis à l'instinct. Le problème, c'est que chez toi, l'instinct est a peu près aussi développé que ta capacité à parler l'araméen. Une seconde après votre envol, tu réalises sans mal que Mu ne parviendra jamais à ralentir votre chute : entre ton poids, celui de Luce et de vos Pokémons, Mu peine même à ralentir son propre vol. Pourtant, malgré le crépitement qui amorce la surcharge d'énergie psychique qui traverse le petit Abra, ce dernier semble refuser de vous laisser tomber et lutte de toute son énergie pour continuer de maitriser votre chute. Vous parcourez ainsi deux mètres...cinq mètres...sept mètres...

(Nolan...je...peux plus....)

Avec un soupir mental, le petit Abra perd soudainement la lueur qui l'entourait, juste avant que le cocon qui vous entourait ne se dissipe également. Tombant comme une pierre, Mu s'est évanoui et votre chute risque de vous amener exactement au même endroit que lui...Droit sur le béton qui semble impatient de ramasser vos restes !
Et pourtant, tu ne paniques pas...À quoi bon ? Dans ce monde onirique, que faire de plus, vous ne maitrisez rien, vous n'êtes rien. Et lorsque ton regards commence à vagabonder en direction des immeubles proches, tu crois apercevoir cette même forme rose se glisser par une fenêtre, avant qu'elle ne disparaisse

(NOLAN !)

Une voix. Une voix féminine, même. Libra ? Non, elle est trop douce, trop ferme (Pas assez exubérante, ok, on peut le dire comme ça). Et pourtant, elle vient de retentir dans vos têtes, avec une clarté saisissante. Véhiculant un sentiment d'urgence, elle te pousse même à pencher la tête, afin de regarder le sol qui se rapproche à toute vitesse de vous : en contrebas, une petite silhouette semble vous attendre, dressée sur ses quatre pattes. Et alors que vous n'êtes plus qu'à cinq mètres du sol, cette dernière semble se mettre à briller. Et elle grossit, grandit, illuminant même davantage que les projecteurs qui l'entourent. Au loin, les bruit du combat menée par Libra et Topaz contre le monstre métallique se poursuivent, mais tu ne peux détacher ton regard de cette lueur.
Dans le même temps, tu sens que l'air autour de vous semble s'épaissir. Petit à petit, tu sens que le poids qui vous entrainait vers le bas semble s'estomper, tandis que Mu se retrouve figé dans les airs, toujours évanoui.
Avec une certaine délicatesse, cette même force vous dépose ensuite un à un dans la rue, sans plus de mal qu'un cœur battant la chamade et une bonne frousse. Et lorsque finalement la lumière disparait totalement, tu te retrouves ainsi, une jeune fille  et un Wattouat dans les bras, un Farfuret sur l'épaule et un Abra allongé à tes pieds, face à une silhouette aussi svelte que gracieuse. La perle rouge qui orne le front du nouveau venu cesse alors d'émettre un étrange rayonnement bleuté, tandis que le Pokémon se rapproche de vous, avant de te toucher brièvement le bras de son museau.

(Content de vous revoir. Je pense que nous devrions nous éloigner un peu, Libra a tendance à se montrer un peu...extrême, dans ce genre de circonstances.)


(De nous revoir ?)

(Bien sûr. Qu'est-ce que tu ferais sans ta Shaka, mon cher Nolan ?)


********************
Allo ? Allooooooooo. Non, c'est définitif, il a complétement planté Désolé Luce, il semblerait que tu vas devoir lui administrer à nouveau le traitement de choc...Ah ben non, il réagi enfin. C'est pas trop tôt, ça explose depuis presque vingt minutes, à l'extérieur.
Réfugiés dans l'un des immeubles éloignés du lieu du combat, vous vous trouvez à présent au deuxième étage de ce dernier et pouvait ainsi contempler le carnage qui se déroule en ville : si Libra et Topaz peuvent voler tout autour de l’ennemi via les pouvoirs psychiques de la Gardevoir, leurs attaques respectives semblent bien dérisoires par rapport au Mécha-Tyranocif qui ravage tout ce qui passe à portée de sa queue ou de ses griffes.
Pourtant, en contrepartie de la surprise causée par Shaka, ce spectacle parait bien dérisoire à tes yeux. Allongée sur le ventre, la Mentali vous contemple tour à tour, avant de poser nu regard d,une grande douceur sur toi.

(Donc tu étais une...une fille ?)

(Oui. Cela poserait-il un problème ?)

(Non, mais...Pourquoi tu ne l'as...)

(Jamais dit ? Je pensais que tu t'en étais rendu compte.)

(Mais ta voix était celle d'un garçon, je me trompe ?)

(Relayée par Libra. Disons qu'elle a trouvé amusant de jouer le jeu tout ce temps...Elle voulait voir ta tête, le jour où tu t'en rendrais compte.)

(...*soupir* Bon, qu'est-ce qui se passe ici?)

(Je ne me rappelle pas comment nous en sommes arrivés là, je l'avoue. Mais depuis cet instant, Libra et Topaz ont décidés de lutter pour empêcher cette machine infernale de détruire la ville. Un acte relativement dérisoire, puisque tout semble se reconstruire, dès le lever du jour.)

(Tu peux contacter Libra d'ici ?)

(Nous sommes en contact direct depuis le départ, cela devrait être encore plus aisé à présent)

Fermant les yeux, la Mentali se concentre un instant, juste avant que au travers de vos propres yeux, vous ne puissiez discerner l'extérieur de votre cachette au travers des pupilles écarlates de Libra. La Gardevoir esquive un coup de patte colossale, juste avant de faire exécuter une vrille à Topaz qui évite la queue du Tyranocif. D'un même mouvement, le duo se retrouve rapidement caché derrière un angle de mur, alors que la machine pulvérise tout ce qui lui tombe sous la patte afin de les retrouver.

(Hello Nolan...Et Luce, vous allez bien ? On est un peu occupés, là, donc si vous pouviez faire vite !)

(Libra, qu'est-ce que tu fabriques ?)

(C'que font tous les héros, quelle question ! En plus, avec mon super sidekick El Topaz Grande, j'suis sûr que nous allons réussir à en venir à bout !)

(C'est ce que tu as dit hier.)

(La ferme, Shaka ! Bon et toi, Nolan, quoi de neuf ?)

(...Tu crois vraiment que c'est le moment ?)

(Tu parles ! Depuis qu'on a commencé, la seule personne avec qui j'échange des politesses, c'est la folle qui pilote ce machin, alors je compte pas te lacher !)

(La folle ?)

(Ouaip, une brune complétement déchainée. Elle est dans la tête de ce truc, y'a un espèce de cockpit de pilotage. El Topaz Grande a failli réussir à y entrer, mais son robot a beaucoup trop de couches de blindage et on a préféré éviter de réessayer...Ça l'avait vraiment foutu en rogne.)

(Hmmm...Tu peux nous la décrire ?)

(Mieux, j'peux vous la montrer !)

Et sous vos yeux (fermés, c'est une image), se dessine rapidement la vision d'une jeune femme, assise sur un siège de pilotage. Les yeux complétement fous, ses cheveux bruns flottant de gauche à droite, elle parait totalement euphorique et pianote sur une multitude de contrôle, tandis qu'autour d'elle, des écrans montrent les divers bâtiments s’effondrer les uns après les autres.
Voila qui ne va pas vous simplifier la tâche...Mais au moins, à présent, tu possèdes toutes les mesures du morceau qui se joue ici.

********************

Après un bon quart d'heure de dessin sur ta tablette, tout en prenant en compte les informations que te relaye Luce depuis les étages supérieurs, tu t'estimes prêt à monter votre opération. Rappelant vos divers équipiers, vous vous retrouvez ainsi en petit groupe au niveau du rez-de-chaussée. À l'extérieur, Libra et Topaz poursuivent leur diversion, mais leurs assauts se sont raréfiés et ils se contentent d'esquiver sans riposte.
Tout en traçant les derniers signes sur la plaque déjà bien chargée de signes cabalistiques, tu te tournes vers la Givrali, juste avant que Shaka ne vous connecte de nouveau.

(Bon...Si tout se passe comme avec Francis, cela veut dire que nous devons réussir à atteindre ce cockpit. Vu la taille de cette chose, la seule manière serait de la faire tomber. Et pour cela, je crois que j'ai une idée, mais tout le monde va devoir participer. Voila comment je vois la chose : Luce, ton  Farfuret me semble assez rapide et fera une diversion supplémentaire parfaite. Mu vous connectera et tu n'auras plus qu'à lui indiquer les mouvements du Tyranocif...Parce qu'il sera directement en train de se déplacer sur son corps. Il faut qu'Alicia soit bien trop occupée à essayer de l'attraper pour se concentrer sur nous. Pendant ce temps, Shaka va rejoindre Libra sur un toit un peu éloigné.
Là, c'est à Topaz de prendre le rythme: avec son attaque Piège de Roc, il devrait pouvoir générer des rochers de plus en plus nombreux. Libra et Shaka, votre rôle sera de les agglomérer avec Psyko, afin de former un projectile de plus en plus compact et massif.
Je resterai en arrière pour coordonner les timings de tout le monde.
Lorsque ce dernier aura atteint sa taille suffisante, ce Wattouat...Oui, c'est de toi que je parle, devra utiliser l'attaque Éclair pour que  Luce puisse faire en sorte qu'Albireo se replie. En unissant ma starter, Shaka et Topaz, leur boulet de canon improvisé devrait suffire à envoyer cette chose à terre...et ensuite, nous devrions pouvoir extraire Alicia du cockpit. Si tout le monde est d'accord avec ce plan...Des questions ?)


Moi, j'en ai une... EST-CE QUE TU ES DEVENU COMPLÉTEMENT FOU ?

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MessageSujet: Re: [Mission] Alice in Slumberland   Mar 1 Aoû - 0:04

we only want those things we never can gain, made by man ain't it all the same?
Tu n'oses plus rien dire, Luce.

Tu n'oses plus rien dire, parce que les mots t'échappent, parce que tu ne trouves pas de termes assez justes pour décrire la situation dans laquelle tu te trouves. Assez frappants pour exprimer ton doute envers l'absurdité de ce qu'il vient de se passer une ou deux minutes auparavant, et pour formuler ton... admiration ? Est-ce que tu oserais utiliser ce mot ? Il te semble un peu pompeux, un peu trop pour le genre de sentiment que tu éprouves à cet instant précis, mais...

Tu ne peux nier que tu ressens une certaine admiration envers ton binôme.

Lui qui avait été particulièrement silencieux jusqu'ici, c'était la première fois que tu le voyais parler autant. Mais là n'est pas ce qui t'impressionne le plus — c'est que chacun de ses mots, soigneusement choisis et pourtant délivrés de manière si fluide, si pertinente, frappent au bon endroit. Il sait quoi dire, au moment opportun. Si ça avait été toi, tu doutes franchement que tu aies pu convaincre qui que ce soit à propos de cette histoire abracadabrante de monde onirique. Mais lui — lui, il a réussi. Il a réussi à trouver les mots justes pour calmer la fureur du ténor qui se trouvait devant vous, et le ramener à la réalité. Tu te doutais bien qu'il était doué (après tout, ta mère te disait souvent que les gens qui parlent le moins sont les plus sages) mais tu n'imaginais pas que ce soit à ce point là. Tu n'es — ne lui est — d'aucune utilité dans cette épreuve, mais tu ne trouves nulle part l'ombre du goût acerbe qui devrait pourtant t'envahir. Parce qu'il a raison. Chacune des lettres, des syllabes qu'il a énoncé étaient un morceau du puzzle que vous aviez à résoudre, une énigme qu'il a résolu avec brio. De la surprise, mêlée de respect, semble remplacer l'amertume qui t'habiterait habituellement.

C'est étrange.

(Et ce qui était encore plus étrange, c'est le fait que sa voix ait soudainement résonné dans ta tête. Déjà, parce que tu ne t'y attendais pas, et surtout... enfin, tu n'arrives même pas à décrire la sensation qui t'a traversée à ce moment là.)

Cela fait un moment que tu n'entends plus rien. Oh. Encore ta fâcheuse tendance à oublier la réalité autour de toi lorsque tu réfléchis.

Même si, vu ce qui est sur le point de t'arriver, tu aurais préférer l'oublier un peu plus longtemps — car le colosse, désormais calmé, s'avance vers toi de façon inquiétante. Tu n'as pas le temps de réagir, ne serait-ce que de faire un pas en arrière ou de dire quoi que ce soit, qu'il t'a déjà saisie, et t'arrache du sol pour te serrer dans une étreinte... qui te paraît plus semblable à un rouleau compresseur qu'à un véritable câlin. Lorsqu'il te repose enfin sur le plancher des Ecremeuh, tu as l'impression qu'il vient de te casser la moitié des côtes...et probablement le reste de tes os, aussi.

Il n'est pas méchant, évidemment...il manque juste cruellement de délicatesse. Un peu comme un Chelours, en fait. C'est un gros nounours sensible, au final — et vu le regard suppliant qu'il vous lance, à toi et Nolan, tu ne peux certainement pas lui refuser sa dernière demande.

***

Les dernières notes retentissent, aussitôt suivies d'un tonnerre d'applaudissement, dernier simulacre de la fantaisie de Francis. Les acclamations bientôt cessent, pour laisser résonner dans l'immense salle d'opéra le bruit de tes mains frappant l'une contre l'autre... et celui des pattes du Wattouat qui, toujours avec vous, t'a imitée. Tu ne savais pas qu'un Wattouat pouvait applaudir, mais passons. Tu es bien contente que cela se soit enfin fini — car bien que monsieur Alexander ait un plutôt bel organe, il n'a définitivement aucune notion de contrôle sur ce dernier. Enfin, pas que tu puisses vraiment parler, mais... il chante beaucoup trop fort. Tes oreilles ne sont clairement pas habituées à ce genre de vacarme. Mais ce qui te soulage le plus, ce n'est même pas que le pseudo-ténor ait enfin fini de chanter, c'est que tu peux enfin te lever : cela fait deux heures que tu es assise sur ce siège sans bouger, et tes jambes commençaient sérieusement à s'engourdir, et d'ailleurs, tu as failli t'écrouler face contre moquette en essayant de te relever. Décidément, tu tombes beaucoup, aujourd'hui — encore plus que d'habitude.

Tu rejoins le Voltali sur scène, à temps pour voir l'ouvrier revêtir une tenue bien plus normale, et vous adresser un grand sourire.

« Merci les jeunes, on se reverra de l'autre côté ! »

Et dans un dernier rire tonitruant, qui peu à peu s'éteint, la silhouette du ténor amateur se dissipe, exactement comme celle de la Jasmine onirique que vous aviez croisé un peu plus tôt. Et vous laisse, seuls, sur la scène du théâtre.

Rideau.

Soudainement, quelque chose semble te piquer dans le dos. Un glapissement de surprise et un pivot plus tard, tu remarques Albireo, désormais de retour à tes côtés, et ayant lui aussi perdu son accoutrement d'antagoniste. Un léger sourire t'échappe — cela lui allait plutôt bien, au final. Tu aurais bien aimé en garder quelques clichés. Qui sait ? Ça aurait peut-être donné des idées à Calua.

Tu n'as pas le temps de te perdre plus longtemps dans tes pensées qu'une lueur qui t'es désormais familière se met à étinceler de l'autre côté de la scène. Une nouvelle porte se dessine lentement dans le vide, exactement comme les deux premières fois, son contour lumière toujours aussi déconcertant. On dirait que vous en avez fini avec ce « monde »... car au final, cela te semble être la meilleure appellation pour ce que vous êtes en train de traverser, non ? Une aventure dans le royaume des rêves, en voyageant de monde en monde, d'esprit en esprit, de cœur en cœur. Cela ferait un merveilleux scénario de roman, en vérité.

Toi et Nolan échangez un simple regard : vous savez déjà ce que vous avez à faire. La main du Voltali s'approche de la poignée, et cette fois-ci, c'est l'univers autour de vous qui s'efface instantanément.

***

Lorsque tu rouvres les yeux, c'est un ciel d'un bleu sombre qui t'accueille, parsemé d'étoiles qui paraissent à la fois terriblement distantes, et pourtant si proches. Le même genre d'étoiles que tu as aperçu, dans ton « monde » à toi. Couplé au silence qui règne dans ce nouvel univers, ton cœur qui plus tôt battait la chamade retrouve lentement un rythme normal. Enfin... ça, c'était avant que tu te rendes compte que vous vous trouvez vraisemblablement au sommet d'un immense gratte-ciel, et donc à plus d'une bonne centaine de mètres du sol. Tu déglutis : on dirait que ce petit moment de répit vient de brusquement prendre fin.

La voix de Nolan résonne à nouveau dans ton esprit, ce qui te provoque la même réaction que tout à l'heure. C'est vrai que le lien mental entre vous est encore actif... visiblement, il veut savoir ce que tu vois de ton côté. Pour être honnête, pas grand chose, en dehors d'autres immeubles, de rues à perte de vues, d'immenses panneaux publicitaires affublés d'affiches aux airs dérangeants, et de quelques néons dont le halo rougeoie au loin.

« N-Nous sommes dans une ville, on dirait... mais elle est complètement déserte. Tu crois que ça a un rapport avec une autre des victimes...? »

Et vu sa réponse, ça a l'air d'être le cas. D'après le dossier que le chef des travaux vous avait remis, la deuxième personne que vous aviez à secourir était une jeune femme travaillant avec l'homme à la cigarette... monsieur Sinclair, si tes souvenirs sont exacts. Il n'avait pas l'air très commode, et les rares fois où il vous avait adressé la parole n'avaient pas été très agréable. Son caractère avait sûrement à voir avec son poste — en tout cas, c'était souvent le cas dans les romans que tu lisais. Les gens d'une telle trempe et avec autant de responsabilités n'étaient souvent pas très... aimables. Sans vouloir lui manquer de respect, évidemment. En tout cas, il était certain que tu préférais largement t'entretenir avec son homologue qu'avec lui. Mais là n'était pas le sujet.

C'est toujours un peu flou, là haut ; mais lentement, les détails te reviennent. Une jeune femme du nom d'Alicia était la deuxième victime dont on vous avait parlé. Quelqu'un de brillant, visiblement, mais quelques détails dans les informations auxquelles vous aviez eu accès t'avaient quelque peu... troublée.

Avant même que tu puisses te rappeler de ce qui t'avait ainsi perturbée, Nolan prend à nouveau la parole. Enfin, ce qui lui sert de parole, en tout cas. Tu dois admettre que s'entretenir par télépathie est une expérience étrange, et en même temps plutôt plaisante. Il n'a fallu que quelques minutes à ta curiosité avant qu'elle s'emballe et t'assaille de questions à propos du fonctionnement exact de la chose : est-ce que toi aussi, tu peux leur parler mentalement ? Comment êtes-vous reliés, exactement ? Est-ce qu'ils peuvent également voir ce à quoi tu penses — et tu t'arrêtes net, parce que tu sais que si jamais ne serait-ce qu'un d'entre eux a un aperçu de ce qui te passe par la tête actuellement... gulp.

Fort heureusement, la remarque de l'Abra t'arrache à cette pensée. Surprise, tu bégayes pendant plusieurs bonnes secondes, avant de parvenir à prononcer quelque chose de compréhensible.

« Um, je, ce n'est pas grave Mu, je n'ai pas été offensée... »

Un bruit sourd t'interrompt alors, ne laissant même pas l'occasion aux engrenages de ta curiosité de se remettre à tourner à l'entente du mot « léviter » ; un bruit sourd rapidement suivi par un tonnerre de claquements métalliques, tandis que des projecteurs situés en contre-bas — tu es à peu près sûre qu'ils n'étaient pas là quelques minutes auparavant — émettent un soudain éclair de lumière qui te force à placer ton bras devant ton visage pour ne pas être aveuglée. Si le Mushana que tu as aperçu plus tôt est bien responsable de tout ce qui vous arrive, il doit vraiment avoir une grande passion pour la mise en scène et les effets de lumière. Ou alors c'est peut-être juste les résidents des mondes que vous traversez qui ont une imagination sacrément débordante.

« NE CRAIGNEZ PLUS RIEN, CITOYENS ! VOS SAUVEURS SONT ARRIVÉS ! »

Ta deuxième hypothèse est à moitié confirmée lorsque du haut d'un immeuble surgissent deux silhouettes qui te semblent plutôt familières... des soupçons confirmés par la voix féminine qui tonne alors dans ton esprit.

« TOPAZ, FIDÈLE SIDEKICK... POSE DE VICTOIRE #38 ! »

Doux Arceus. Est-ce que Libra vient sérieusement de prendre la pose en compagnie de ton Rocabot comme le feraient deux super-héros d'une bande-dessinée quelconque ? Vraiment ?

On dirait bien.

...même si, en vérité, ce qui te perturbe le plus, c'est comment Topaz a réussi à se débrouiller pour tenir sur ses deux pattes arrière. Il n'a jamais eu un très bon équilibre, et turbulent comme il est, comment est-il est parvenu à garder la... ah. Ah. Tu soupires lourdement, alors que tu regardes ton Pokémon se vautrer royalement en se prenant les pattes dans la cape de son bras droit, tandis que l'Abra de Nolan trouve bon de ponctuer le merveilleux échec qu'a été cette pose de victoire avec un éclat de rire qu'il parvient à peine à calmer. La griffe d'Albireo se pose sur ton dos, comme pour compatir à ta douleur (et tu l'entendrais presque te murmurer que tu n'as pas à t'en vouloir et que Topaz est un sacré idiot) alors que ton visage prend à peu près la même expression que celles qu'arborent ton partenaire et le Wattouat qui vous accompagne toujours.

Soit dit en passant, tu ne pensais pas qu'un Wattouat pouvait être aussi expressif.

(Tu ne sais toujours pas pourquoi il est là d'ailleurs.)

Bien que tu continues à désespérer intérieurement à l'égard de Topaz, ce petit moment de répit est plus que le bienvenu : étant donné les péripéties que vous venez de traverser, tu es bien contente que les choses se calment un petit peu.

...oh. Un goût amer se loge au fond de ta gorge alors que tu te rappelles que tu viens de faire la première erreur qu'il ne faut jamais, jamais faire dans ce genre de contexte. Soit, croire que tu vas pouvoir être tranquille et respirer un bon coup. Evidemment, le simple fait d'y avoir pensé a déclenché une autre catastrophe.

Perdue dans tes pensées, tu n'as pas remarqué que Nolan s'était éloigné de quelques pas, probablement pour avoir un meilleur aperçu de la situation. Il était clair qu'on ne pouvait pas vraiment compter sur toi pour réagir posément dans un moment pareil — une qualité que tu lui enviais particulièrement. Son self-control, en revanche, ne lui est d'aucune utilité lorsque le sol sous vos pieds se met à trembler et qu'un grondement assourdissant le force à tomber à genoux, paumes vissées sur ses tympans. Tu tentes de le rejoindre, l'inquiétude pointant dans ton cœur — mais un second fracas vient suivre le précédent, allant crescendo en intensité, et te pousse à adopter la même posture que le Voltali. Une posture qui te permet de supporter le bruit, mais qui ne t'épargne en rien ce qui prend actuellement place devant tes yeux.

Ta comparaison avec une bande-dessinée d'un peu plus tôt te semble encore plus justifiée maintenant : du sol de la ville onirique dans laquelle vous vous trouvez émerge lentement une immense créature, un colosse, un véritable titan qui, inexorablement, semble dévorer le ciel de sa simple stature. Lorsqu'elle atteint son paroxysme, et que la lumière de la lune s'étend sur ce qui lui sert d'écailles, ton esprit parvient enfin à relier les pièces du puzzle : pourquoi est-ce que cette silhouette démesurée te disait quelque chose.

Un Tyranocif d'acier vient de faire irruption devant vos yeux écarquillés. Et même Nolan, malgré sa maîtrise de soi (qui ne te semble plus si absolue depuis l'épisode avec la Jasmine chimérique d’auparavant) affiche une expression confuse. Alors que dire de ton état, Luce ? Purement et simplement, tu paniques. Tes jambes se mettent lentement à trembler lorsque les flammes écarlates qui servent d'yeux à la créature se posent sur vous. Ton corps entier te crie de réagir, de faire quelque chose ; mais il est interrompu par la voix de Libra, qui explose dans vos esprits à tous les deux. Est-ce que tes tympans vont réellement survivre à tout ça ?

« NOLAN, LUCE, TIREZ-VOUS DE LÀ, ON VA LE RETENIR ! TOPAZ, AVEC MOI ! »

Premièrement, tu doutes que Topaz puisse faire quelque chose en face d'un mastodonte tel que celui-ci qui doit facilement faire plus de cent mètres de haut. Et deuxièmement... « se tirer » d'accord, avec plaisir. Mais par où ? Vous êtes sur un toit ! Où est-ce que vous êtes supposés aller exactement, Libra ?!

Et, comble de vos malheurs, l'intervention de votre héroïne n'a visiblement fait qu'empirer les choses, car le Tyranocif géant pivote insensiblement dans sa direction... et anéantit au passage les fondations de plusieurs immeubles sur son chemin.

Y compris celui sur lequel vous vous tenez.

Le grincement qui rugit alors te semble infiniment plus intense que tout ce que tu as entendu jusqu'à présent — et c'est beaucoup dire, bien qu'il soit probablement amplifié par la panique. Lentement, mais sûrement, l'édifice cède, étage par étage — jusqu'à ce qu'une secousse vous pousse jusqu'au bord du toit. Tu perds aussitôt l'équilibre, de par le choc et tes jambes qui ne tenaient déjà plus vraiment le coup. Par tu ne sais quel miracle, tu réussis à t'agripper à la rambarde de l'immeuble ; mais visiblement, tu n'es pas à la hauteur d'un tel effort.

« Je... je n'arrive pas à... je vais... »

Tes doigts lâchent. Tu t'attends à tomber, à voir les étages défiler sous tes yeux, ramenant par la même occasion le souvenir de ce que tu as traversé dans ton propre univers onirique, à chuter, chuter, indéfiniment, en n'attendant qu'une chose : que tu percutes le sol et que tout s'arrête — lorsque quelque chose te rattrape.

Ce quelque chose — c'est quelqu'un.

La main de Nolan vient d'attraper la tienne, alors qu'il tente tant bien que mal de te maintenir à sa hauteur. Alors que le bâtiment penche progressivement sur le côté.

Ton esprit a perdu le fil, Luce. Tu n'arrives plus à faire sens de ce qu'il se passe autour de toi. Le Tyranocif, Libra et Topaz, Nolan qui te tient, et tu l'entends hurler quelque chose à Mu —  quelque chose que tu n'arrives pas à comprendre, car à moitié étouffé par le bruit de l'immeuble qui peu à peu s'effondre.

Mais il y a une chose que tu parviens à entendre. Qui fait écho, clairement, distinctement dans ta tête.

« Luce, accroche-toi. »

Hein ? C-Comment ça, s'accrocher ? Qu'est-ce qu'il entend par là ? Comment est-ce que tu es supposée—

La réponse à ta question s'explique d'elle même lorsqu'avec un ultime effort, Nolan parvient à te hisser et à te prendre dans ses bras. Il pose le Wattouat contre ta poitrine, et fait signe à Albireo de venir vous rejoindre, ce qu'il effectue en un simple bond, rapide et efficace, tout en se posant sur son épaule.

Et — après un laps de temps qui t'a semblé s'écouler en un éclair — il saute.

Il te semble que c'était à cet instant précis que ton esprit a définitivement arrêté de suivre.

Nolan vient tout juste de sauter dans le vide, et ce tout en te portant dans ses bras, alors que vos corps sont tous les deux enveloppés dans une sorte de cocon d'aura bleue, signe des pouvoirs psychiques de son Abra. Tu n'arrives même pas à trouver les mots pour exprimer la frustration que tu ressens actuellement — quoique, est-ce que tu saurais réellement donner un nom à cette espèce de boule que tu as actuellement dans l'estomac/le cœur/la gorge/peu importe qui est actuellement en train de hurler parce que est-ce que Nolan vient réellement de sauter de cet immeuble en te portant dans ses bras ? Alors que le halo bleu autour de vous semble faiblir de plus en plus, que vous êtes à plus d'une bonne centaine de mètres du sol, et que le sol en question est en béton armé ? Est-ce qu'enfin l'absurdité de vos aventures auraient eu raison de son bon sens ?

D'un autre côté, c'était ça, ou y passer en compagnie de l'immeuble sur lequel vous vous teniez. Dans tous les cas, votre avenir était plus qu'incertain, mais tu te dis que ce n'est peut-être pas si désagréable. Après tout, il doit y avoir pire comme fin que de mourir dans les bras de quelqu'un... et le visage enfoui dans la toison d'un Wattouat. Quelque chose te dit que ça devrait être loin d'être une de tes priorités, mais soyons francs : tu es un peu fatiguée de raisonner clairement après tout ce qui vient de vous arriver.

Une autre question vient cependant se loger dans ton esprit, et réactive brièvement la sonnette d'alarme : si vous veniez réellement à mourir tous les deux... qu'adviendrait-il de vous ? Est-ce qu'on peut réellement mourir dans le monde des rêves ? Et si c'est le cas... est-ce que ça veut dire que vous ne vous réveillerez plus jamais ? Tu déglutis : cette idée est loin d'être une perspective alléchante, et pourtant, elle ne fait que devenir de plus en plus plausible, au fur et à mesure que le sol semble se rapprocher, et que Mu perd soudainement la force qui lui permettait de ralentir votre chute. L'aura bleue vous entourant s'évanouit, et avec elle, s'éteint votre protection.

Ton cœur bat la chamade, comme lancé dans une course folle, comme s'il n'attendait que cela, qu'on décroche ses chaînes et qu'il cavale, inarrêtable. Celui de Nolan, en revanche, ne semble pas s'emballer : c'est étrange à dire, mais positionnée comme tu es, tu parviens à discerner chacun de ses battements. Un rythme régulier, sans accroc, sans fausse note. Une harmonie parfaite avec son détenteur, en sorte. Alors que votre chute s'accélère, le vent qui te lacère le visage devient de plus en plus violent — tu fermes les yeux, incapable de continuer à regarder ce qui vous attend en bas.

Sauf que... la collision ne vient pas. Il t'a semblé entendre une énième voix — que tu es incapable de nommer, cette fois-ci — retentir dans vos esprits, avant que lentement, votre chute ralentisse, pour s'arrêter complètement, et que vous touchiez le sol, tous les deux sains et saufs. Le Voltali te dépose à terre avant de s'intéresser à la responsable de votre atterrissage en douceur. Qu'il a l'air de... connaître ?

***

Tu tires la manche du brun, une fois, deux fois, plusieurs fois, tellement de fois que tu as fini par arrêter de compter. Oh non. Un nouveau sentiment d'appréhension te saisit : ce qui s'est passé avec Jasmine est en train de se reproduire, à un degré beaucoup moins important, et tu espères franchement que tu n'auras pas à devoir refaire la même chose que plus tôt, parce que tu es certaine de ne pas pouvoir recommencer.

Et de ne pas vouloir recommencer non plus, soit dit en passant.

Fort heureusement, il finit par réagir, une bonne vingtaine de minutes plus tard. C'est étrange comme quelqu'un de si composé peut complètement dérailler lorsque ses convictions sont mises à épreuve. Si tu as bien compris, celui qui est venu à votre rescousse est un autre des Pokémon de Nolan... et est une fille, par dessus le marché. Chose qu'il semblait ignorer visiblement — ce que la Mentali actuellement allongée en face de vous, Shaka, t'a calmement expliqué après vous avoir déposés en sécurité dans un des immeubles alentours pendant que son dresseur était, heu... aux abonnés absents, disons. Un Pokémon des plus sympathiques d'ailleurs — et surtout, beaucoup plus posée que Libra, ce qui de toute manière ne semblait pas bien difficile. Enfin, pas que Libra soit méchante, hein... mais un peu de sérénité était la bienvenue de temps à autres.

Une sérénité qui vient bien vite à son terme lorsqu'une fois ses explications terminées, Shaka vous met en contact avec Libra et Topaz d'une façon plutôt... particulière. Tu sursautes et laisse échapper un cri de surprise lorsqu'en fermant les yeux, tu vois arriver à tout vitesse une patte de Tyranocif géante vers toi. Il te faut quelques secondes avant de réaliser que tu perçois à cet instant ce que la partenaire improvisée de ton Rocabot est en train de voir. Tu ne t'attendais pas à un changement aussi brusque de perspective, ni à te retrouver en plein milieu du chaos qui régnait actuellement à l'extérieur. Et voir une patte de Tyranocif d'aussi près n'était pas vraiment quelque chose que tu souhaitais de manière générale. Encore sous le choc, mêlé à une certaine inquiétude pour Topaz et la Gardevoir tu n'arrives pas vraiment à participer à la conversation mentale qui est en train de se dérouler, jusqu'au moment où Libra fait apparaître sous vos yeux (enfin, presque) la responsable de cette apocalypse onirique.

« Je la reconnais... c'est l'assistante de monsieur Sinclair. C'est donc bien elle qui à l'origine de tout ça, alors ? Elle n'a pas l'air... très bien... »

Qu'est-ce qui te fait dire ça, Luce ? Ce n'est certainement pas la façon dont elle mitraille les divers boutons du tableau de bord s'étalant devant elle, ça c'est sûr. Toi qui avait l'impression que Francis était dur à gérer, on dirait que vous allez devoir vous frotter à un obstacle bien plus important, cette fois-ci. Au moins, Francis n'avait pas de robot géant, lui — et tu n'oses même pas imaginer ce qui serait arrivé si ça avait été le cas.

Tu soupires : espérons juste que vous parveniez à trouver une solution à ce carnage... et vite.

***

Pour être honnête, être toute seule dans un immeuble aussi vide, aussi haut, et aussi susceptible à se faire ravager par un robot Tyranocif furieux est bien plus qu'effrayant.

C'est terrifiant.

C'est terrifiant, catastrophique, et tu n'as qu'une envie : que tout cela se finisse, et vite.

Tu te repasses les étapes du plan que Nolan a établi quelques minutes plus tôt en tête, une par une, soigneusement, afin d'être sûre de ne pas faire d'erreur. Vu comment la partie la plus délicate de votre stratégie repose sur tes épaules, tu ferais mieux de ne rien oublier.

Tu inspires.

Si tout ce que ton binôme t'a expliqué est clair dans ton esprit, la majorité du travail — la partie offensive — sera réalisée par Libra et Topaz (sans aucune surprise) eux-même soutenus par Shaka, qui seront chargés de créer un projectile suffisamment important pour pouvoir assommer l'espèce de dinosaure métallique qui vous sert de cible. Tu n'as aucune idée de comment c'est possiblement réalisable, mais tu imagines que le fait d'être actuellement dans un rêve doit beaucoup faciliter les choses. Et pendant ce temps là, ça sera à toi de le distraire afin de laisser du temps à l'équipe de Libra pour pouvoir préparer leur attaque. Enfin, « toi » ; Albireo, plutôt. Nolan ayant jugé bon qu'un Pokémon véloce et agile serve de diversion, c'est tout naturellement sur ton Farfuret qu'il a arrêté son choix — ce qui, soit dit en passant, a fait particulièrement plaisir au Pokémon Grifacérée. Il avait beau être ronchon, c'était plutôt facile de le satisfaire, au final.

C'est pour cette raison qu'en ce moment même, tu te trouves à l'avant-dernier étage d'un des immeubles situés sur le chemin du mécha-Tyranocif, à attendre de recevoir le signal qui marquera le début des opérations. Un pas lourd retentit dans vos alentours, signe que le robot est en train d'approcher. Un autre pas, puis un autre, encore un autre, et...

« ...maintenant. »

L'ordre est clair et décisif : c'est à vous de jouer, désormais.

« Albireo, tu peux y aller ! »

Tu n'as pas besoin d'en dire plus pour que le Farfuret s'exécute : d'un simple bond, il s'élance du haut de la corniche, et atterrit directement sur le bras de la machine. Tu ne peux rien faire à cet instant, à part le guider — et tu serres déjà les dents lorsque tu le vois glisser légèrement sur les immenses plaques de métal qui servent d'écailles à la créature. Il parvient à se redresser, et commence à détaler le long de la patte, ponctuant son ascension de coups de griffes afin d'attirer son attention. Ton cœur marque un rythme lourd dans ta poitrine : le Tyranocif ne réagit toujours pas, et une nuée d'idées indésirables envahit alors ton esprit. Et si ça ne fonctionnait pas ? Et si quelque chose arrivait à Albireo ? Si jamais cela se retournait contre vous et que vous y passiez pour de bon cette fois-ci ? Tu secoues la tête : tu ne peux pas te permettre de baisser les bras maintenant. Tu ne te le pardonnerais pas... et surtout, tu ne te pardonnerais pas d'avoir déçu Nolan. Cependant, tes pensées parasites sont brutalement balayées lorsqu'Albireo traverse en un éclair le champ de vision du robot, ce qui le fait enfin réagir. Il parvient à éviter une première secousse...

« Albireo, à gauche ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait : ton Farfuret, d'un saut maîtrisé à la perfection, esquive une morsure du titanesque type Sol.

« Fais attention à sa patte ! »

Le type Ténèbres a un peu plus de mal cette fois-ci, n'ayant pas exactement bien calculé sa trajectoire ; mais il réussit avec une de ses griffes à se rattraper à la brèche qui pointe entre deux des écailles métalliques, ponctuant sa récupération d'une attaque Vent Glace droit dans les yeux de la machine.

« B-bien joué, Albireo...! »
« ...hmph. Pas de quoi. »

La voix qui grogne dans ton esprit ne t'est pas familière, et il te faut quelques instants avant d'enfin réaliser que ton Farfuret vient tout juste de te parler. Interloquée, tu bégayes, ne sachant pas quoi lui répondre. Tu ne t'attendais pas à ce qu'il ait une voix comme celle-ci...

« Luce, c'est bon ! On va pouvoir envoyer la sauce ! »

Tu relèves la tête sans même t'en rendre compte lorsque Libra t'adresse la parole : la phase finale du plan du Voltali est enfin terminée. Tu détournes le regard vers l'immeuble situé dans le dos du Tyranocif... pour remarquer une immense sphère de roc, entourée d'une aura bleutée, similaire à celle qui a amorti votre chute précédemment. Sa simple taille te coupe le souffle : tu es à peu près sûre que ce n'est pas possible que quelque chose d'aussi énorme puisse flotter. Encore une fois, le fait d'être dans un rêve doit pas mal aider...

« Luce ! »
« A-ah, p-pardon ! C'est bon, tu peux revenir par ici ! »

Exaspéré, le Farfuret saute du haut de l'épaule du Pokémon de métal, et se rattrape à la façade de l'immeuble avec une de ses griffes avant de te rejoindre. Mais avant même que tu puisses lui dire quoi que ce soit, c'est la voix tonnante de Libra qui explose dans ta tête.

« HAHAHA~ ON VA VOIR SI TU VAS ENCORE RIGOLER APRES CA, ESPÈCE DE LÉZARD BALOURD ! »

Tu es à peu près sûre que le lézard en question aurait été offensé... si ça n'avait pas été un robot.

« TOPAZ, FIDÈLE SIDEKICK... A TOI DE JOUER !  IMPULSION GAIA : DEAD END, PUISSANCE MAXIMALE ! »

A l'entente de ces mots — ponctués par un aboiement retransmis télépathiquement — l'immense rocher qui flottait au dessus du toit d'en face est projeté à une vitesse inhumaine vers la tête du Tyranocif... et fait mouche. Lentement, le colosse d'acier titube... et s'écroule dans un bruit de tonnerre au sol, provoquant une secousse si intense qu'elle fait trembler absolument tout autour.

Tu soupires à nouveau : mais cette fois-ci, c'est un soupir d'absolu soulagement.

C'est enfin fini.

***

Tu rejoins Nolan et les autres en bas, en face de ce qui était quelques minutes plus tôt votre pire ennemi — mais Libra te laisse à peine le temps d'arriver que déjà, elle te saute au cou.

« Luce !! C'était trop cool hein, t'as vu, on s'en est bien sortis ? Et on aurait pas pu le faire sans toi et Albireo, ça ! Pas vrai Nolan ? »

Tes joues prennent une légère teinte rougeâtre : tu n'as pas l'habitude d'être complimentée aussi vivement.

« Euh, m-merci... ? Je n'ai pas vraiment fait grand chose, pourtant... »

La type Psy te tire la joue, s'apprêtant à te re-noyer sous des remontrances qui te rappellent furieusement celles de ta sœur — mais est coupée court dans sa tentative par le bruit du cockpit du robot qui s'ouvre dans une fumée étouffante, et qui en laisse sortir une jeune femme vêtue d'une blouse blanche et affublée d'énormes lunettes rouges plantées dans sa chevelure brune. A sa simple apparition, Libra cesse aussitôt de te réprimander, et se jette sur elle en compagnie de ton Rocabot, lui toutes griffes dehors, elle adoptant une pose héroïque, prête à l'interroger.

« Pas un geste de plus, jeune femme ! Qu'est-ce que vous avez à dire pour votre défense ? »

D'un simple signal télépathique, Nolan lui ordonne de se calmer, causant un râle d'exaspération venant de la Gardevoir — et tu comprends pourquoi le Voltali a réagi aussi vite : quelque chose ne va pas avec la scientifique. Rampant en dehors du robot, elle est haletante, tremblante, a le regard hagard, et prend peine à respirer... des symptômes que tu reconnais très bien. D'un pas peu assuré, tu t'approches d'elle, et s'agenouille à ses côtés. Elle ne semble pas immédiatement remarquer que tu es près d'elle, cependant. Rassemblant tout ton courage, tu avances timidement la main vers la sienne afin de l'agripper, le plus doucement possible, afin de ne pas l'effrayer.

« Est-ce que ça va... ? »

Pour simple réponse, elle ne parvient qu'à aligner des balbutiement incohérents, entre deux respirations saccadées. Tu renforces ta prise autour de sa main encore tremblante, et pose ton autre main libre sur son épaule.

« C-Ca va aller, d'accord ? Respirez doucement, ça va aller... »

Toi, plus que quiconque, sait à quel point sortir de ce genre de situation est difficile, car tu en as été victime tellement de fois. Ces moments peuvent parfois être la chose la plus terrible du monde ; ces moments où on se sent déconnecté de tout, où il devient impossible de se raccrocher à la réalité, et où personne n'est là pour aider. Personne pour vous dire que tout va rentrer dans l'ordre, personne pour aider à chasser les pensées parasites qui vous dévorent de l'intérieur et troublent le peu de pensée logique qu'il vous reste. Personne pour vous tenir la main et vous rassurer, vous dire que vous êtes toujours là, dans cet instant présent. Rares sont ceux qui sont parvenus à t'expliquer cela clairement, et toi-même, tu as mis longtemps à le saisir.

Une ancre : c'est ça dont elle a besoin.

Tu resserres à nouveau ta prise, répétant les mêmes mots que précédemment pour qu'ils parviennent enfin à trouver la sortie du labyrinthe de son esprit actuellement plongé dans le chaos. Et au bout de plusieurs, longues fois, ses tremblements diminuent — sa respiration reprend un rythme relativement normal. Elle est enfin sortie du brouillard, visiblement ; et son regard croise le tien.

« Est-ce qu'ils sont partis... ? »

Tu fronces légèrement les sourcils. Qui est parti ? Est-ce qu'il y a encore quelqu'un ici, en plus d'elle — et de vous ?

« Je... je ne sais pas exactement de qui vous parlez, mais il n'y a personne ici, à part vous, et nous six. »

« Il faut qu'on s'en aille d'ici, ils vont revenir sinon... il ne faut surtout pas qu'ils reviennent, mon mécha-Tyranocif a été détruit, je peux plus les arrêter— »

« D-doucement, s'il vous plait... ça va aller. Vous êtes en sécurité maintenant, d'accord ? »

« Mais les aliens... ! »

Tu t'immobilises subitement. Oh... c'est ça qui avait donc tant attiré ton attention sur son dossier. Parmi ses signes particuliers, il était noté qu'elle souffrait de paranoïa et de troubles majeurs de l'anxiété... quelque chose qui t'est particulièrement familier. Tu serres les dents.

« Si on reste ici ils vont revenir... et je n'ai rien pour me défendre cette fois-ci... ! »

Relâchant ta prise sur son épaule, tu agrippes fermement son autre main, en essayant de la forcer à te regarder dans les yeux — quelque chose que tu n'aurais jamais fait, d'habitude. Tu es probablement la personne la mieux placée pour la comprendre à cet instant précis, et il est hors de question que tu la laisses tomber. Peu importe si ses délires semblent invraisemblables — ils sont réels pour elle, plus réels que tout autour d'elle, et c'est à toi de l'aider à en sortir.

« D-dans ce cas, on va vous emmener ailleurs, d'accord ? Comme ça vous n'aurez plus à avoir peur, et... »

« Mais ils vont s'en prendre aux autres, si on les laisse ! Ils vont s'en prendre à tout le monde et— »

« S'il vous plait, écoutez-moi— est-ce qu'ils s'en sont pris à qui que ce soit pour l'instant ? Est-ce qu'ils s'en sont pris à vous directement ? »

Elle reste silencieuse un instant — et tu sens son regard dévier légèrement.

« Ils sont là... il ne partiront pas tant que— »

« Dans ce cas, nous allons partir, d'accord ? Il n'y a personne ici, à part nous. Nous, et votre robot ici qui a failli détruire toute la ville. Je comprends que vous ayez essayé de vous défendre... mais je ne pense pas que c'était la meilleure des façons de le faire. Et... e-est-ce qu'ils sont si mauvais que ça ? Il existe plein de Pokémon qui viennent de l'espace, et ils ne sont pas méchants pourtant, non ? U-um, regardez Mélofée et Stari... Seleroc et Solaroc... répétez après moi, d'accord ? »

Tu entames la liste de tous les Pokémon en rapport avec l'espace dont tu peux te rappeler, ceux à propos desquels tu avais lu tant de choses dans les livres de la bibliothèque de Joliberges. Evidemment, tu omets volontairement Deoxys — ce ne serait clairement pas une bonne idée de la faire replonger alors qu'elle suit calmement, nom après nom, tout ce que tu lui dis.

Graduellement, elle commence à reprendre une posture plus détendue. Ses traits ne sont plus aussi crispés, et sa respiration est tout ce qu'il y a de plus normale désormais. Tu peux enfin lâcher ses mains, alors qu'elle tente de se redresser.

« Est-ce que vous allez mieux, madame... Alicia, c'est ça ? »

« Oui...ça va mieux. Merci beaucoup... heu, vous êtes qui, exactement ? Qu'est-ce vous faites ici et— où est-ce qu'on est, d'ailleurs ? La dernière chose dont je me souviens, c'est d'avoir été aux Vestiges du Rêve, et... »

« Ah— » tu bafouilles brusquement. C'est vrai qu'elle n'a pas dû être mise au courant de ce qu'il s'est passé. « Je m'appelle Luce, et, um, voici m-mon partenaire, Nolan... nous avons été envoyés pour vous aider. Je suis désolée d'être aussi brusque mais, e-est-ce que vous parvenez à vous rappeler de quoi que ce soit d'autre, après que vous soyez arrivée au Vestiges du Rêve ? »

« Hum... j'y étais sur ordres de mon supérieur pour étudier le terrain. J'y suis donc allée avec tout mon matériel histoire de voir ce que je pouvais faire, mais... j'ai commencé à avoir la tête lourde et à voir flou... la dernière chose dont je me rappelle, c'est d'une espèce de fumée rose. »

Une fumée rose... décidément, tout se rejoint pour dire que le Mushana que tu as aperçu plus tôt est responsable de toute cette histoire. Tu tentes de sourire à Alicia, afin de la rassurer à nouveau. Si tu te rappelles bien de comment Nolan a procédé avec Francis, il va falloir que tu en fasses de même avec la scientifique.

« Merci beaucoup, madame Alicia. Tout va bien aller, d-d'accord ? Les aliens sont partis, et vous pouvez rentrer tranquillement. C'est terminé, maintenant. Et puis... vous avez encore du travail devant vous, non ? Oh, nous avons croisé monsieur Sinclair un peu plus tôt d'ailleurs, et il nous a dit que vous étiez très douée dans votre travail... »

« Oh bon Arceus, c'est vrai ! Sinclair va être de mauvaise humeur si je ne me dépêche pas... m'enfin, il est toujours de mauvaise humeur, alors un peu plus un peu moins... »

Tu ne parviens pas à retenir un léger rire après cette dernière phrase — on dirait que même ses employés partagent ton avis à son propos.

« Merci... Luce, c'est ça ? C'est gentil d'être restée pour m'aider. Ca m'arrive souvent ce genre de truc... c'est un peu embêtant, pour tout te dire. C'est sympa d'avoir des gens pour filer un coup de main. »

« O-oh, de rien... je suis contente d'avoir pu vous aider. Nous allons rester encore un peu ici, nous avons encore quelques choses à examiner ici... r-rien de bien grave, ne vous inquiétez pas ! Mais madame Oryse et monsieur Sinclair vous attendent, alors... »

« Oh, compris miss, je vais pas les faire attendre plus alors ! Bon courage à toi et ton partenaire, alors — vous faites un sacré bon duo pour avoir réussi à m'arrêter, quand même. Allez, à plus tard ! »

Elle vous adresse un simple geste de la main en guise d'au revoir, et, à l'instar de Francis antérieurement, disparaît lentement, emportée par le vent qui souffle encore dans les ruines de la ville, et qui constitue le seul bruit qui perce encore le lourd silence qui pèse sur vous. Non, pas tout à fait le seul : à nouveau, un bruit de scintillement auquel vous êtes désormais habitué emplit l'air, et signale l'apparition d'une nouvelle porte, d'un bois aux couleurs cette fois-ci bien plus vives.

Avant même que vous puissiez vous avancer vers elle cependant, la voix stridente de Libra hurle soudainement dans vos têtes. Tu te crispes, et lentement, tu te tournes vers elle, alors qu'elle te fixe avec une lueur amusée dans le regard.

« Luce, je crois qu'il va falloir qu'on parle, toi et moi... »

Tu déglutis. Même si ça fait peu de temps que vous vous connaissez, tu es persuadée que Libra qui demande ce genre de choses, c'est tout sauf rassurant. Heureusement pour toi, ton binôme a l'air de vouloir passer le prochain seuil, qui vous mènera tu-ne-sais-où. Dans un endroit un peu plus normal, tu espères bien. Libra, Topaz, Shaka et Albireo tous à vos côtés, c'est cette fois-ci à ton tour d'ouvrir la porte.

Mais dès lors que ta main se pose sur la poignée ciselée, tu ressens quelque chose... d'étrange. Une sorte de décharge — un pressentiment qui met tes sens en alerte. Quelque chose ne va pas. Quelque chose te semble affreusement mauvais, mais tu n'arrives pas à saisir quoi. Avant que tu puisses y réfléchir plus, la porte s'ouvre, et pour la troisième fois, vous êtes absorbés par un torrent de lumière...

***

Tu le sens, cette fois-ci. Quelque chose est différent. Quelque chose de bizarre... quelque chose qui comme pèse sur ton cœur, quelque chose de dur, de froid.

Un peu comme le sol sur lequel tu es actuellement recroquevillée.

Tu secoues la tête légèrement : votre arrivée les fois précédentes n'avait pas été aussi rude. Tu te redresses, non sans un certain effort. Ta tête te lance, tu te sens horriblement engourdie, et tu as l'impression que quelque chose manque.

Ce quelque chose, c'est sûrement la moitié de ceux avec qui tu étais avant de franchir la porte.

Comme soudainement rappelée à la réalité, ton regard parcourt ce qui se trouve autour de toi. Mais à part une végétation dense et immense, tu ne vois rien que tu parviens à reconnaître. Aucun indice ; et ni Albireo, ni Libra, ni Topaz, ni Shaka, ni Nolan ne sont présents. Un certain malaise t'envahit lorsque tu réalises que non seulement tu es seule, mais qu'autre chose ne tourne pas rond.

Tu as changé. Enfin, très exactement, tes vêtements ont changé, pour un accoutrement que n'importe quel féru de littérature reconnaîtrait.

Et ça ne te dit rien qui vaille.
feat. nolan dèannag


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[Mission] Alice in Slumberland
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