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[Mission] La fureur du drag-... de la fouine [PV Marie]
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MessageSujet: [Mission] La fureur du drag-... de la fouine [PV Marie]   Ven 28 Avr - 16:35




La fureur du drag-... de la fouine
Alban Abernaty & Marie R. Uana

Le charme ravageur allait de pair avec le plumage tapageur. Ses cheveux d’un rouge carmin criard se balançaient tandis qu’il tournait la tête, un sourire meurtrier aux lèvres. Ses longues jambes dignes de celles d’un mannequin croisées sur son bureau, le bellâtre observait ses ongles d’un air savamment désintéressé. Quelques gloussements se firent entendre dans la classe, majoritairement parmi les rangs des premiers semestres. Assis à son bureau en milieu de salle, Alban se tourna discrètement vers la Mentali installée à côté de lui, et roula des yeux d’un air entendu. Cette dernière prit exactement la même expression et articula silencieusement les mots « trop jeunes, elles ne le connaissent pas encore assez » avant de hocher la tête en soupirant. Le châtain esquissa en sourire en coin, avec l’impression d’être de retour presque deux ans auparavant.

Il s’était déjà retrouvé dans cette même situation. Néanmoins, à l’époque, c’était lui le nouveau à l’académie. Celui qui venait à peine d’entamer son semestre et qui se retrouvait donc entouré d’une horde de filles aussi jeunes que lui qui soupiraient d’extase devant Ace Stupide Creed. A présent, les choses avaient un peu changé. Il y avait certes toujours des filles de sa promotion qui continuaient de fantasmer sur le référent Noctali, mais elles étaient beaucoup moins nombreuses. Après tout, qui pouvait continuer de trouver ce type séduisant après avoir cerné sa personnalité exécrable ? Dans des cours à années partagées néanmoins - un concept qui lui avait toujours échappé, d’ailleurs -, la classe était équitablement répartie entre nouveaux arrivants et anciens élèves. Et cela ne faisait même pas trois mois que la nouvelle promotion était arrivée. Alban estimait qu’à l’été, toutes les filles qui étaient actuellement en train de déshabiller du regard le TopDresseur seraient tellement dégoûtées de lui qu’elles ne lui offriraient qu’un coup d’œil désapprobateur.

- Il est tellement beau, soupira une fille derrière lui.

Alban se retourna légèrement et vit l’expression béate de la demoiselle, menton posé sur la paume de sa main, les yeux rivés sur Ace et la bouche en cœur. Ah, l’innocence du premier semestre… Hochant la tête d’un air désespéré, le châtain se concentra sur ce qu’il était en train de faire. A savoir, tout sauf les notes stratégiques qu’il devait prendre sur la vidéo des « meilleurs combats d’Ace S. Creed, le meilleur TopDresseur du monde et de l’univers, élu deux fois plus beau sourire par Stratège Magazine ». Il releva néanmoins la tête lorsqu’une vague de gloussements déferla sur la classe, causée par Ace qui venait de se passer une main dans les cheveux. Il essaya d’ignorer Jaen, assis un rang devant lui, qui faisait semblant de vomir derrière son livre mais ne parvint qu’à s’étrangler ridiculement dans un petit rire. Evidemment, Ace le remarqua et darda un regard furibond vers lui. Ben oui, sinon ce n’était pas drôle.

- Abernaty, dit-il de sa voix tranchante, tout en se levant.

Ses bottes noires montantes claquèrent le long de l’allée, dans le silence qui venait brusquement de s’installer dans la classe. Alban sentit sa gorge se serrer, mais il tenta de rester digne face à l’enseignant. Ça lui ferait trop plaisir de voir Alban en train de trembler de peur face à lui, hein ? Comme lors de sa première année, le châtain soutint le regard du TopDresseur, n’essayant même pas de prendre une expression poliment surprise.

- Pauvre Alban… souffla une fille à sa camarade, quelques rangs derrière lui.

Ce qui eut évidemment pour effet d’énerver encore plus Ace. Alban pouvait voir la veine au niveau de sa tempe qui gonflait de rage. Bon certes. Alban n’avait pas toujours été avec lui l’élève modèle qu’il était en dehors de son cours. Il lui avait effectivement fait quelques crasses - dans la limite du raisonnable, évidemment -. Mais tout de même. Cet acharnement avait de quoi être dérangeant. Et il sentait que cette fois, le référent Noctali comptait bien se venger de lui.

Il retenait sa respiration depuis quelques secondes déjà lorsque la porte de la classe d’Ace s’ouvrit brusquement, laissant apparaître un Andreas Heartnett plus beau que jamais.

Cette arrivée façon Prince Charmant qui sauve sa demoiselle en détresse était tellement clichée qu’Alban sentit son estomac se retourner. Une petite pointe d’espoir subsistait néanmoins, tandis qu’il croisait le regard de son référent en essayant de lui faire passer un message. H.E.L.P. SAUVEZ-MOI. Indifférent au fait qu’il venait d’entrer dans la classe d’un de ses collègues sans frapper, Andreas balaya la pièce du regard et ce dernier s’arrêta sur Alban. Ses yeux s’illuminèrent, et un sourire joyeux se dessina sur la plastique parfaite du Coordinateur.

- Ah, je te cherch-
- Est-ce que je peux savoir ce que tu fous là ?!

Andreas s’interrompit et sembla enfin remarquer son ennemi de toujours. Son nez se fronça comme s’il venait de renifler une odeur particulièrement désagréable, et il s’appuya contre le cadrant de la porte, bras croisés. Ace semblait fou de rage, et Alban cru qu’il allait tableflip son bureau. La classe retint son souffle tandis que les deux plus beaux enseignants de l’école étaient en train de se toiser avec méchanceté. Tout le monde connaissait cette rivalité stupide qu’il y avait entre eux. Noctali et Voltali. TopDresseur et Coordinateur. Bellâtre et bellâtre. Même Alban essaya de se faire tout petit, ayant compris que son visage insolent de plus tôt risquait d’exciter encore plus ces deux coqs.

- Je venais chercher un de mes élèves pour une urgence, expliqua enfin Andreas en affichant un petit sourire satisfait, comme s’il était persuadé d’avoir l’ascendant sur Ace.
- Et tu ne pouvais pas frapper avant d’entrer et de perturber mon cours ?!
- Qu’est-ce que tu ne comprends pas dans le mot « u r g e n c e » ?
- Ne commence pas à me provoquer…
- Tant mieux, parce que dame Elisabeth n’a pas que ça à faire, et qu’elle aimerait bien que j’envoie son élève en Mission tout de suite.

Le visage d’Ace devint tout rouge, et Alban cru qu’il allait utiliser une attaque Explosion et raser l’école de la surface de Lansat.

- Ok… P… Prends-le et dégage d’ici, alors, fulmina Ace en reportant son regard sur Alban.

Uh-oh. Alban su qu’il allait passer un très mauvais quart d’heure dès qu’Andreas aurait refermé la porte de la salle de classe. Finalement, il aurait préféré se passer de l’intervention du Prince Charmant.

- Super ! annonça joyeusement Andreas en tapant dans ses mains, faisant se rencontrer ses doigts parfaitement vernis. Alban mon chou, tu veux bien venir s’il-te-plaît ? Prends tes affaires aussi vu que tu ne reviendras pas avant la fin du cours.
- ?!!

Ace se tourna tellement vite qu’Alban eut l’impression qu’il allait se coincer le dos. Il avait la sensation d’être une proie qu’on enlevait des serres du TopDresseur.

- Pas possible, Abernaty était sur le point d’avoir une retenue…
- Eh bien tu enverras le papier à notre directrice quand tu l’auras rédigé, roula des yeux Andreas, à présent exaspéré. Mais elle a besoin de lui tout de suite et ce n’est pas négociable.
- Tu ne peux pas faire ç-
- Alban, mon chou, tu veux bien venir ?

Le Coach rassembla ses affaires précipitamment et trottina vers son référent. Il n’osa même pas lancer un regard sarcastique à Ace, qui était en train de faire crisser ses ongles sur le bois de son bureau.

- Bye la classe ! Désolé du dérangement, annonça joyeusement Andreas avant de claquer la porte derrière son élève et lui.

Puis, dès qu’il fut dans le couloir, il sortit nerveusement des dizaines de roses du revers de sa veste, lançant des pétales tout autour de lui. Alban le regarda avec étonnement, tandis que Zéphyr penchait la tête sur le côté.

- Oh désolé mon chou. Elisabeth Snow m’a interdit de sortir mon matériel de Performer à l’intérieur de la salle de classe de ce stupide TopDresseur parce que ça allait l’énerver, donc je me rattrape maintenant et… aaah, ça fait du bien ! Elle a énoncé la liste de tout ce qui était interdit et figure-toi qu’elle a réussi à n’omettre aucun détail. J’étais coincé !

Ouais ok. C’était donc bien compulsif de sa part, pensa Alban. Néanmoins, il se trouvait hors de son dernier cours de la semaine avant l’heure, et était donc à présent en… week-end ! Un petit sourire se grava sur son visage. Encore une victoire sur Ace !

- Oh et à ta place je ne me sentirais pas encore totalement en week-end, mon mignon. Même si je t’ai sauvé des griffes de cet abruti, il va falloir que tu fasses quelque chose pour moi. Demande expresse de la directrice !

Dans un geste dramatique, il sortit un ordre de Mission des pétales d’une rose. Un nuage de confettis explosa, se répandant sur les cheveux du châtain. S’agitant machinalement pour faire tomber les confettis - après tout, il avait l’habitude -, Alban attrapa le papier et le lu rapidement. Sauf que… Il ne comprenait pas en quoi ça le concernait lui, directement.

- Ok ça a l’air d’être une Mission Coach mais… Pourquoi toute cette urgence ?
- Je ne sais pas mon petit. Mais visiblement, ceux qui ont lancé l’appel d’offre pour cette Mission avaient déjà choisis les deux élèves qu’ils voulaient. Je ne sais pas qui est l’autre, mais tu as rendez-vous d’ici une demi-heure à l’adresse indiquée pour commencer.
- Une demi-heu-… Oh mer-
- Pas de grossièreté ! le houspilla Andreas avec un regard choqué.

Alban se secoua pour enlever les dernières traces de pétales et de confettis sur lui puis, après avoir remercié brièvement son référent, sprinta jusqu’à son dortoir. Il allait devoir rester sur place pendant quelques jours, et il avait à peine une poignée de minutes pour se préparer une valise et rallier le cœur de Lansat. Comment allait-il faire pour y être en une demi-heure ?! Pendant qu’il fourrait ses affaires pêle-mêle dans son sac de voyage, il releva la tête et vit Mistral, sur son lit, qui le regardait avec curiosité.

Ok… Il avait peut-être trouvé une solution pour ne pas être en retard.

***

Une demi-heure plus tard, Alban arriva sur le dos de son Altaria chromatique devant le studio Pokéwoodien, un peu nerveux. C’était la première fois qu’il allait entrer dans un endroit pareil, et autant dire qu’il était encore très étranger au monde du cinéma. Derrière lui, Zénith atterrit également et posa la valise de son dresseur qu’il avait transportée au sol. Alban remercia ses Pokémon et les rappela tous dans leurs Pokéballs, à l’exception de Zéphyr qui resta sur son épaule. Ce n’était pas vraiment le moment de se faire remarquer en entrant dans un célèbre studio avec une armée de Pokémon. Sûr que la sécurité ne le laisserait pas entrer.

Le papier de Mission fermement serré dans son poing, le jeune Voltali pénétra dans le bâtiment et se présenta à l’accueil. Une femme à l’air pincé regarda ses papiers d’un air dubitatif, puis finit par appeler un homme dont Alban ne retint pas le nom. Nerveusement, il s’agita sur place, se demandant si sa chemise et sa cravate ne faisaient pas trop peu dans cet univers où tout le monde semblait sortir d’une pub pour parfum.

- Alban Abernaty ? interrogea une voix à côté de lui.

Il sursauta et se retrouva face à l’un des plus bels hommes qu’il ait jamais vu. Wow. Barbe rasée à 1cm, cheveux bruns, yeux bleus, carrure musclée sans tomber dans l’excessif. Ce type-là devait faire tourner la tête de pas mal de femmes.

- Je suis Michael Baight. Je m’occupe de la direction des artistes pour le film que nous allons tourner.
- M… Michael Bay ? hoqueta Alban, choqué.

L’autre lui adressa un sourire indulgeant.

- Non, Baight. Mais on me le dit souvent, aha. Ton autre camarade n’est pas encore arrivé mais ce n’est pas grave, Carla me l’enverra quand elle sera là. En attendant viens, je vais t’amener sur le lieu du tournage pour te montrer un peu tout cas…

La réceptionniste lui fit un signe et battit des cils pour appuyer ses dires. Puis, Alban se retrouva affublé d’un badge à son nom qu’il épingla sur sa chemise et se retrouva poussé dans un ascenseur.

- Bon, je vais t’expliquer la Mission dans les grandes lignes. On a besoin que notre acteur soit au top pour le tournage du film qui commence dans quelques jours mais heu… disons qu’il n’a pas une carrure des plus… esthétique. On a fait venir un grand entraîneur pour essayer d’en faire quelque chose, mais ce dernier s’est coincé le dos et a fait appel à vous pour venir l’épauler. Il prendra évidemment le contrôle des opérations, mais vous vous chargerez des entraînements et de la pratique. Je t’expliquerai tout quand ton binôme sera arrivé, mais ça te permet déjà de cerner un peu la situation… Je dois aussi te prévenir que les caractères des personnes sur le tournage sont assez… heu… compliqués. Je serai là la majeure partie du temps pour vous soutenir mais je ne pourrai pas toujours être là. Il faudra avoir les nerfs accrochés.

Alban déglutit et hocha la tête. Qui pouvait bien avoir eu l’idée de l’appeler lui pour une Mission ? Un « grand entraîneur » ? Bizarrement, il redoutait le pire… Et il ne pouvait pas avoir plus raison.

Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent sur un immense espace encombré de caméras, zones de maquillage et autres qu’Alban ne connaissait même pas. Au milieu de la salle, un grand écran vert avait été installé, probablement pour tourner des scènes à arranger plus tard. Timidement, Alban suivit Michael au centre, où un attroupement s’était créé. Il y avait des caméramans en grand nombre, des maquilleurs, des costumiers, mais également un Shaofouine qui semblait être la vedette du futur film et qui avait…

… well. Un peu de ventre, dirions-nous.

Etait-ce réellement lui la vedette ? De quel film, d’ailleurs ? Alban n’arrivait pas à reconnaître avec les éléments autour de lui, et on ne lui avait pas dit. Ça avait l’air d’être un film d’action type art martial, vu les costumes qui s’étalaient tout autour d’eux, classés par taille et par couleur sur des portoirs mobiles. Il était subjugué par son observation du Shaofouine lorsqu’une voix nasillarde et désagréable s’éleva derrière-lui.

- YO MOMMA IS SO FAT, HER PATRONUS IS A CAKE !

Non. Ça ne pouvait pas être…

- JE N’AI PAS FINI ! hurla une voix.

Alban sentit le plat d’une main qu’il ne connaissait que trop bien s’abattre sur son crâne. Pas parce qu’il avait fait quelque chose, non. Juste comme ça, par habitude. Et pour le saluer aussi, peut-être.

Il se retourna et, les yeux larmoyants, vit son ancien entraîneur. Miyagi Tajiri. Aussi appelé Maître Miyagi. Toujours aussi vieux que la dernière fois, le maître le toisa de haut, même s’il semblait bloqué dans une position où il avait le dos courbé. Il se tenait grâce à une canne, soutenu par Springroll - son propre Shaofouine -, mais quelque chose disait à Alban qu’il était tout autant capable qu’avant de lui foutre une rouste mémorable. Tout était comme dans ses souvenirs, en dehors. La longue barbe blanche. Le costume bleu foncé. Le chapeau chinois tressé. Le cliché criant.

Et là, il se rendit compte que c’était Maître Miyagi qui l’avait appelé pour cette Mission. Ce qui signifiait…

… qu’il savait maintenant qui serait son binôme pour cette folle aventure.
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MessageSujet: Re: [Mission] La fureur du drag-... de la fouine [PV Marie]   Ven 28 Avr - 22:00

La fureur du drag-... De la fouine.
feat Alban Abernaty


Marie haletait.

A bout de souffle, elle s'arrêta, les jambes en feu. Elle n'en pouvait plus. La pauvre fille était à bout. Si cela continuait, elle allait craquer... Elle n'arrivait plus à tenir le coup. Tout ceci... C'était beaucoup trop dur pour elle. Elle aurait dû le savoir. Elle aurait dû le prévoir. C'était une grave erreur, qu'elle avait commise. Maintenant, là voilà, plissant les yeux, peinant à tenir debout, et le souffle saccadé par de vives respirations. Elle se sentait presque partir. Sa vision se floutait par moment. Ses tempes pulsaient à intervalles réguliers pour irriguer correctement son cerveau, qui n'arrivait plus suivre le rythme. Il lui hurlait d'arrêter. Il la suppliait. Marie devait mettre fin à tout ça. Et vite.

Se redressant, elle souffla un bon coup.

« -Il était pourtant clair que... Augmenter la fréquence de course de 40 % n'était point judicieux...  » grimaçante, elle porta sa main à l'une de ses côtes en sentant un point de côté apparaître « Oh Arceus...  »

Baignant dans sa sueur, la Mentali jugea bon de mettre fin à son jogging quotidien. Enfin, « quotidien », c'était vite dit : cela ne faisait qu'une semaine à peine que Marie avait décidé de reprendre plus sérieusement l'entretient de son corps, ce dernier ayant été bien trop délaissé au cours de ces derniers mois.

Lorsqu'elle était arrivée à la Pokémon Community, elle avait gardé de bonnes habitudes sportives, mais sa dépression en cours d'année l'avait complètement stoppée dans ses efforts. Et même si cela faisait désormais un moment qu'elle en était sortie, elle n'avait pas pour autant récupéré un mode de vie très sain, ses doutes quant à son avenir des plus incertains ne l'y aidant pas vraiment.

Mais une semaine après l'incendie ayant ravagé les locaux de Palladium, sa situation avait légèrement évolué. Elle devait se reprendre en main si elle voulait mener à bien sa carrière de Ranger. Si elle ne se remettait pas au sport, jamais elle ne survivrait aux péripéties imposées par son futur métier. Le mental ne faisait pas tout, après tout.

D'autant plus que celui de Marie n'était pas des plus fiables.

S'étirant, la Mentali prit quelques minutes de plus pour finir cet entraînement d'une manière un peu plus correcte que son déroulement. Elle avait visé trop haut trop vite et avait voulu intensifier l'effort dès qu'elle eut remarqué qu'elle tenait un minima le coup ; résultat des courses, elle était maintenant à bout et se tapera très certainement quelques vilaines courbatures le lendemain.

Enfin, la fin de semaine arrivait, et un repos bien mérité avec. Si vraiment l'entraînement d'aujourd'hui avait vidé ses dernières forces, elle prendrait le temps de se reposer demain, pour repartir d'un meilleur pied Lundi. Le surmenage ne menait à rien de bon.

Quand Marie eut terminé de reposer ses muscles, elle se mit en route vers son dortoir. Elle pourrait y prendre une longue et savoureuse douche, bien froide comme elle les aimait. Passant une main dans ses cheveux, elle retira l'élastique grâce auquel elle les avait attachés, et laissa sa chevelure argentée retomber le long de son corps. Peut-être serait-il judicieux de les couper, un jour. De si long cheveux pouvaient s'avérer problématiques en situation d'urgence, non ? Elle prendrait le temps d'y méditer.

Pénétrant à l'intérieur de son dortoir, Marie ne perdit pas de temps une fois dans celui-ci et se dirigea tout droit vers sa chambre pour prendre de quoi se laver avec elle. Elle traversa le hall en quelques foulées à peine, et ignora royalement toutes les Mentali qui lui passaient à côté, ne daignant même pas leur jeter un regard. Si Marie était désormais un peu plus sûre de ses ambitions, elle n'en restait pas moins asociale avec l'ensemble de ses camarades, s'évertuant ainsi à entretenir une froideur mutuelle envers toutes les autres filles du dortoir. Voir même, avec l'ensemble de l'académie, en vérité.

Non pas qu'il y avait une volonté particulière de Marie d'être tenue en exècre par ses compatriotes. Simplement, elle avait parfaitement compris que jamais elle ne pourrait se mêler à cette masse étudiante superficielle et un petit peu trop médisante à son goût, aussi préférait-elle rester à l'écart et s'assurer ainsi de ne pas s'attirer de problèmes. Elle s'y était complètement faite à l'idée, et ne regrettait pour l'instant pas son choix.

Hélas, même toute l'antipathie du monde ne suffisait pas à éloigner d'elle la terrible Melty Potts.

« -Mariiiiiiiiie ! ♥  Enfin je te trouve ma jolie ! J'ai une GRANDE nouvelle à t'annoncer !  »

Visiblement euphorique, la référente Mentali manqua de percuter l'une de ses protégées en sautillant jusqu'à Marie, qui s'apprêtait à pénétrer dans sa chambre. La main posée sur la poignée, et ayant entrouvert la porte, la Ranger se tendit en entendant la douce et mélodieuse voix de Melty se diriger droit vers elle. Aïe. Cela n'inaugurait rien de bon.

Sentant l'adulte arriver dans son dos, Marie prit une profonde inspiration silencieuse et se retourna, lâchant la poignée qu'elle avait durement serrer pour extérioriser une potentielle colère à venir. Toisant Melty de son regard froid habituel, elle tenta de faire bonne mesure, sans grande conviction.

« -M'avez-vous apostrophé, Mademoiselle Potts ? »

Ignorant royalement l’attitude peu enthousiaste de la jeune fille, Melty lui mit une petite enveloppe parfumée en plein milieu du visage, la maintenant devant ses yeux avec insistance. Marie, dans une position parfaitement immobile, loucha brièvement sur le bout de papier, avant d'à nouveau fixer sa référente sans montrer la moindre réaction.

« -Puis-je savoir ce dont il est question ? »

Melty tira une courte, mais bien présente, moue déçue en voyant le peu de volonté que mettait Marie à engager la conversation, et cessa alors d'obstruer sa vue en attrapant sa main pour y déposer l'enveloppe. Arborant un grand sourire fier, elle tenta de communiquer son allégresse à la miss.

« -Une convocation de mission ! On requiert tes services, ma grande ! Je ne sais pas de qui il s'agit ni pourquoi, mais l'auteur de la demande a grandement insisté sur ta participation.  »

Fronçant les sourcils, Marie se saisit de l'enveloppe, et se décida enfin à l'ouvrir. Une convocation ? Quelqu'un la voulait elle ? Voila qui paraissait fort étrange. Elle était loin d'être connue du grand public pour ses hauts faits inexistants, et ne voyait donc pas qui pouvait avoir l'idée saugrenue de faire appel à ses talents. Pendant qu'elle lisait l'énoncé de la mission, Melty continuait son petit monologue, enthousiaste à l'idée que la petite Marie puisse être demandée expressément pour un devoir capital. Savoir que l'on avait conscience de ses capacités allait forcément la remotiver ! Pas vrai ? 

« -Je suis tellement contente pour toi ! Tu dois être très fière! Être spécialement convoquée par une personne extérieure à l'académie n'est pas donné à tout le monde, tu sais? Tu sais ce que cela signifie ? Que tu as réussi à impressionner des personnes en dehors du corps professoral et donc que-
-Vous devez faire erreur. »

Coupant court aux réjouissances de sa référente, Marie lui retourna l'énoncé de mission, et fit volte-face pour ouvrir à nouveau la porte de sa chambre. Après s'être engouffrée à l'intérieur, elle s'apprêta à la refermer, le visage inexpressif.

« -Cette mission semble destinée à un élève Coach. Ou Performer, dans une autre mesure. Je n'ai rien à y faire. Bonne jour- »

A son tour interrompue, Marie voulut refermer la porte au nez de Melty, mais celle-ci l'en empêcha d'un mouvement du pied. Elle la rouvrit immédiatement en réalisant qu'elle était en train d'écraser la chaussure de sa référente, qui n'en démordait toujours pas.

« -Non ! Je t'assure ! Il n'y a aucune erreur ! C'est TOI qu'ils veulent, alors sois gentille et... » elle fronça le nez en sentant l'odeur de Marie « … Et dépêche toi d'aller prendre une douche, ils t'attendent ! Tu dois te rendre sur place d'ici une demi-heure ! »

Melty plaça à nouveau la convocation entre les mains de Marie, et posa les siennes sur ses hanches tout en la toisant avec insistance. Posant un regard vide sur la lettre, presque dépité, la Ranger lut l'énoncé une nouvelle fois, et poussa finalement un long et profond soupir. Elle devait y rester plusieurs jours, en plus de ça... Elle pouvait dire adieu à son week-end de repos. Tant pis.

« -... Soit. Je m'en remets à vous. » Marie serra les dents après avoir prononcé cette phrase. Elle finissait toujours par le regretter, généralement « … Maintenant, si vous pouviez retirer votre pied afin que je puisse préparer mes affaires, cela m'arrangerait.  »

La jambe toujours en travers de la porte, Melty eut un petit sursaut surpris en réalisant qu'elle empêchait Marie d'aller se préparer. Prononçant quelques excuses maladroites, et ravie que la jeune fille ait finalement accepté, elle lui lança de grands encouragements avant de retourner à ses occupations, non pas sans lui avoir rappelée une dernière fois de se dépêcher.

Marie put enfin fermer sa porte, mais resta quelques secondes de plus immobile tout en fixant cette lettre. Qui diable l'avait donc convoquée ? Et pourquoi... Pour ça ?.. Enfin, elle aurait les réponses une fois sur place, supposa-t-elle, à raison. Maintenant, elle devait surtout se dépêcher de se laver et de préparer ses affaires pour ce week-end qui s'annonçait, elle s'en doutait déjà, fort laborieux.

***

Avec beaucoup de retard, Marie débarqua devant les locaux où elle avait été appelée. Si elle ne se trompait pas, c'était bien là, la succursale des studios Pokéwoodiens implantée à Lansat. Mais bon sang, qu'est-ce qu'elle venait faire ici un vendredi en fin d'après-midi ?

Elle avait pu se préparer en quinze minutes seulement, mais n'avait eu d'autres choix que de compter sur un car pour venir jusqu'ici. Résultat, après dix minutes d'attente, trente de trajet, et cinq de marche, la Mentali débarqua avec pas moins de trente minutes de retard - néanmoins soigneusement habillée. Top blanc laissant entrevoir ses épaules, ainsi que la balafre qui ornait celle de gauche, long pantalon en tissu gris, et, une fois n'était pas coutume, une capeline bleu ciel en guise de couvre-chef. Seule sa besace au style très hippie tranchait avec l'allure générale de la jeune fille, mais ce n'était pas Marie qui s'en accommoderait. Son sac contenait toujours le nécessaire en cas de déplacement, avec, notamment, son Capstick et ses précieux Pokémon. Jamais elle ne s'en séparerait.

D'ailleurs, elle n'était accompagnée par aucun de ses compagnons, au moment d'arriver sur les lieux. Elle avait jugé leur présence inutile, du moins, tant qu'elle n'était pas un peu plus fixée sur les raisons de sa venue ici-même.

Observant quelques instants la devanture du bâtiment, elle finit par rentrer, et se dirigea droit vers le comptoir d'accueil. Un homme était actuellement accoudé à celui-ci, et demandait à l'hôtesse si elle n'avait pas obtenu des nouvelles d'une certaine personne, lorsque la jeune femme posa son regard sur Marie. L'homme se retourna alors, et à la vue de l'adolescente, se détourna immédiatement du comptoir pour se rapprocher d'elle en quelques pas.

« -Marie Uana ?
-Rosalina. Marie Rosalina Uana. »

Surpris par la réponse froide que lui renvoya la jeune fille, il hésita un instant à lui tendre la main lorsqu'elle fit une courbette en guise de salutation. Néanmoins, il la tint tendue droit vers elle, et se présenta à son tour, espérant toujours qu'elle la saisisse.

« -Hum, oui, excuse-moi. Michael Baight, enchanté. Nous t'attendions, Marie.  »

Bien qu'un peu hésitante, elle serra la main tendue. Elle fronça néanmoins les sourcils à l'entente du nom de l'homme qui venait l'accueillir, et pencha légèrement la tête sur le côté, perplexe.

« -Mickaël Bethe ? L'artiste contemporain réalisant des sculptures en papier mâché? Je vous imaginais plus... Âgé ? »

Michael afficha une expression surprise. Un sourire quelque peu gêné sur le visage, il secoua la tête de droite à gauche, alors qu'ils mettaient fin à leur poignée de main.

« -Non, juste Michael Baight. C'est étrange, d'habitude les gens pensent plutôt à... Hmm, aucune importance. Dépêchons-nous, nous avons du retard.  »

Indiquant un ascenseur à quelques pas de là, l'homme invita Marie à le suivre. Le temps que les portes s'ouvrent, il lui tendit un badge sur lequel était marqué « Marie Uana », ce qui fit tiquer l'adolescente. D'une, elle n'avait pas vraiment l'habitude de l'absence de « Rosalina » sur son patronyme, et se demandait bien pourquoi celui-ci avait été omis, de deux.. Ils avaient préparé un badge à son nom ? Bon, alors, visiblement ce n'était pas une erreur, on avait bel et bien besoin d'elle ici. Mais qui ? Qui l'avait recommandée auprès de cet homme, ou de cet entreprise, ou de qui que ce soit l'ayant embauchée ? Marie eut à peine le temps de s'engouffrer dans l'ascenseur aux côtés de Michael que celui-ci commença les explications.

« -Nous sommes sur le point de débuter le tournage de notre prochain film, mais l'acteur principal a quelques problèmes... D'embonpoints, dirons-nous. Nous avons fait appel à un entraîneur réputé, mais suite à un problème médical, il ne peut plus s'occuper directement de lui. Il a alors fait appel à toi et un autre élève de ton académie pour que vous puissiez venir l'épauler. Votre rôle consistera principalement à simuler les exercices pratiques et à les faire appliquer, mais ce sera l'entraîneur qui supervisera l'ensemble de l'entraînement. Et je tiens à t'avertir toi aussi, les personnes avec qui vous allez travailler ont un tempérament pour le moins particulier, donc j'ose espérer que tu sais faire preuve d'une grande patience.   »

Marie lui jeta un regard dubitatif à l'entente de ces dernières paroles. Elle ? Patiente ? Oui, effectivement, c'était le cas, du moins lorsqu'il s'agissait d'une activité qu'elle avait VOULU entreprendre. Ce qui, aujourd'hui... N'était pas le cas.

D'ailleurs, elle se posait de plus en plus de question sur son rôle dans cette mission. Un entraîneur réputé ? Elle ne se souvenait pas avoir fait la connaissance de l'un d'eux, récemment. Parce que bon, à part Mademoiselle Hortense et la Générale Jackie... A la rigueur, il y avait bien l'autre Maître agaçant qu'elle avait dû supporter le temps de deux jours durant sa première mission, mais il n'y avait absolument aucune chance que ce soit lui qui-

« -JE N'AI PAS FINI ! »

… Oh bonté divine.

Alors que les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, un cri strident parvint jusqu'aux oreilles de Marie. Celle-ci écarquilla les yeux en deux ronds parfaitement circulaires en reconnaissant la voix, la tournure, et l'intonation de cette phrase qui était désormais gravée jusqu'au fin fond de son esprit.

Stupéfaite, Marie eut besoin que Michael l'appelle par son prénom une fois en dehors de l'ascenseur pour qu'elle se remette en marche. Suivant mécaniquement l'homme qui l'amenait jusqu'à Maître Miyagi, elle n'osait lâcher du regard son ancien employeur qui était actuellement occupé à passer ses nerfs sur... Oh. Ah bah oui, forcément, c'était la suite logique des choses.

« -... Salutations, sieur Abernaty. Maître Miyagi.... Ravie de vous rencontrer à nouveau? »

Peu convaincue par son arrivée, Marie fit une courbette polie à l'attention de l'ancien maître kung-fu, qui paraissait beaucoup plus courbé que la normale. Mais bien évidemment, ce n'était pas ça qui allait empêcher le vieil homme de s'égosiller en de délicats cris assourdissants.
 
« -ON NE COUPE PAS LA PAROLE A SES AINES ! Votre sens de la politesse est toujours aussi médiocre, Tic ! Je suis déçu que vous n'ayez retenu aucun des enseignements que je vous ai pourtant inculqué à la sueur de mon front. Vous êtes indignes d'être mes disciples !  »

… Cette scène lui paraissait beaucoup trop familière.

La Mentali prit une profonde inspiration et serra plutôt ses poings pour canaliser son énervement. Ça y est. Elle en avait déjà marre. Ce vieil homme lui gâchait son week-end, la faisait travailler pour son intérêt pendant celui-ci, ne lui montrait aucune reconnaissance ni pour ce qu'elle avait fait pour lui, ni pour ce qu'elle allait devoir faire, il se montrait impoli, irrespectueux, et exécrable dès la première minute, en plus d'ignorer complètement les efforts qu'elle-même avait prodigué lors de leur précédente mission, et surtout, ET SURTOUT....

Il se remettait à l’appeler « Tic ».

Marie, lentement, détourna les yeux, et glissa un regard rempli de détresse à Alban. Elle ne voulait pas. Elle n'en avait pas envie. Pas ça. Qu'il abrège ses souffrances. Par pitié Alban, viens donc briser la nuque de Marie qu'on en finisse une fois pour toute. Tu lui rendrais un IMMENSE service.

Ne sachant trop où se placer ni que dire sur la situation, Michael tenta un sourire rassurant.

« -... Je vois que vous allez l'air de bien vous connaître. Monsieur Miyagi, permettez-moi de leur faire un rapide topo de la situa-
-MAÎTRE. C'est MAÎTRE Miyagi.
-... Mes excuses, Maître Miyagi, mais permettez-moi de réquisitionner vos... "Disciples", le temps de quelques petites secondes... »

Serrant les dents en un sourire crispé, Michael attrapa Marie et Alban par les épaules pour les emmener un peu plus loin. Une fois à l'écart, il se frotta les yeux en une expression fatiguée, et savoura le court instant de silence dont il bénéficiait, avant de bien vite revenir aux choses sérieuses.

« -... Bien. Comme vous avez pu le constater, Mons... Maître Miyagi a de graves problèmes de dos, et ne peut plus entraîner notre acteur vedette. Il s'agit de ce Shaofouine, là-bas. Son entraînement a commencé il y a trois jours, mais il est hélas bien loin d'être terminé.  »

Marie jeta un coup d’œil aux alentours, cherchant le Shaofouine du regard. Elle en trouva bien rapidement un, mais il s'agissait de Springroll, le Pokémon de Miyagi, et certainement pas l'acteur vedette, qui se trouvait lui au fond de la pièce, vers laquelle convergeaient toutes les caméras. Légèrement perplexe à la vue de la... difformité dont faisait preuve le Pokémon, Marie ne put s'empêcher de lâcher un petit commentaire.

« -... Les critères esthétiques de l'univers cinématographique me paraissent bien particuliers.
-... Justement, c'est bien cela le problème. Il ne convient absolument pas. »

Marie jeta à Michael un regard perdu.

« -Alors pourquoi faire appel à lui ?
-J'y venais. Il s'avère que le réalisateur tient absolument à ce que ce soit l’acteur Brousse Li qui tienne le rôle principal, et qu'il refuse d'admettre son décès. Sa myopie n'aidant pas, il est persuadé que ce Shaofouine est la célèbre star. Et comme Clean T. Histwoud est notre réalisateur le plus influent, et que nous avons absolument besoin de son nom en bas de l'affiche si nous voulons éviter de faire faillite... Nous n'avons d'autres choix que de nous en incommoder.  »

Toujours plus perplexe, la Ranger regardait l'homme avec l'air de dire « Wtf, dude ? » - Bon ok, peut-être pas, il s'agissait de Marie quand même- mais en tout cas, elle était très clairement interloquée par la situation. Elle allait passer deux jours infernaux aux côtés d'un enseignant qui arrivait à réunir les pires défauts d'Ace et Jackie réunis pour les besoins d'un film ridicule suite au caprice d'un de leurs réalisateurs, alors qu'elle avait toujours les jambes en feu et qu'elle était au bord de l'épuisement ? Ah ça non, ça n'allait pas se passer comme ça... Furibonde, la Mentali croisa les bras, et fusilla Michael du regard.

« -Pourquoi diable vouloir nous mêler à cela ? Si Maître Miyagi peut nous houspiller avec tout autant d'aisance, je ne vois pas quelle difficulté il aurait à éduquer ce Shaofouine. Et puis, pourquoi ne pas utiliser le sien ? En plus d'arborer un physique plus décent, il maîtrise parfaitement les techniques de combats usuelles.
-Ne me demandez pas pourquoi, mais Clean prend le Shaofouine de Miyagi pour une masseuse Alolienne. Et l'entraîneur a bien insisté, il a dit qu'il ne dispenserait ses enseignements que si vous étiez là pour l'épauler, sans quoi nous pouvons dire adieu à notre film, et à nos salaires ! Je vous en prie, nous avons besoin de votre aide si nous ne voulons pas finir à la porte... »

Suppliant, Michael jeta un regard désespéré à Alban et Marie. Cette dernière se tourna vers son camarade et ami, les bras toujours croisés, et attendit une réponse de sa part, son expression neutre habituelle. Si le Voltali décidait de partir, elle ne resterait pas une seconde de plus dans la même pièce que Miyagi...


© Mzlle Alice.

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« Navrée, mais je ne puis vous laisser faire. »

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MessageSujet: Re: [Mission] La fureur du drag-... de la fouine [PV Marie]   Dim 30 Avr - 20:30




La fureur du drag-... de la fouine
Alban Abernaty & Marie R. Uana

S’il s’était attendu à ça ? On pouvait dire que non. Nul n’était réellement préparé à l’apocalypse et à l’Armageddon, après tout. Alors quand les deux survenaient en se mêlant de la plus sournoise des façons possibles ? Ouais. Ça donnait Miyagi Tajiri, pensa amèrement Alban. Ou Maître Miyagi aurait-il dû dire, plutôt. Semblant presque lire dans ses pensées, le vieil entraîneur lui asséna un second coup sur la tête, qui fit piailler d’affolement Zéphyr. Aïeuuuuuh ! Mais il allait arrêter avec ça ?! Baissant un regard larmoyant vers son ancien tuteur de Mission, Alban se demanda comment il faisait pour atteindre systématiquement le haut de son crâne alors qu’il faisait bien vingt centimètres de moins que lui et qu’il avait le corps plié en deux. Et puis il se fit la réflexion qu’après tout, il s’agissait de Maître Miyagi, le type qui était capable de vous attraper les doigts avec une paire de baguettes et de vous faire vous coller des baffes avec votre propre main. Il avait presque faillit oublier la règle n° 44 avec Maître Miyagi ; ne jamais se poser de questions sur la façon qu’il avait de vous frapper. La règle n° 45 étant dédiée à la raison pour laquelle il vous frappait.

- B… bonjour Maître… bredouilla-t-il en se tenant la tête de ses deux mains.

Il aurait bien aimé rajouter un truc du style « je suis content de vous revoir » ou « vous avez bonne mine ». Mais il n’avait pas envie de mentir, ni de s’enquérir de l’état de son tortionnaire. Il avait certes, au fil des ans, passé systématiquement des coups de fil à son ancien mentor pour lui souhaiter toutes les fêtes possibles et imaginables mais… ça, c’était lorsqu’il ne le voyait pas. A présent qu’il était en face de lui, tout ce dont Alban avait envie c’était de prendre ses jambes à son cou en espérant que le nabot ne cavalerait pas assez rapidement avec sa canne. Mais connaissant le bougre, il allait sûrement le rattraper en quelques secondes et lui foutre la branlée du siècle.

Ouais. L’option fuite n’était même pas envisageable.

Il resta donc là, planté comme un piquet, sans savoir quoi dire. Il essaya bien de lancer un appel au secours à Michael, mais ce dernier décrocha son téléphone puis bredouilla une excuse comme quoi il devait aller à la réception. C’est ça. Tu ne croyais tout de même pas qu’Alban avait clairement vu que tu évitais d’intervenir ? Ne pouvant cependant pas lui en vouloir - après tout, si les rôles avaient été inversés, le Coach ne se serait pas gêné pour se carapater à la moindre occasion -, Alban se concentra sur le vieux maître, qui le toisait déjà d’un regard méchant. Comme s’il essayait de déterminer la prochaine zone à frapper. Alban déglutit et il se recula d’instinct, tandis que les cameramans autour de lui essayaient de l’encourager - tout en restant à distance respectueuse, ils n’étaient pas suicidaires non plus -.

Springroll, le reconnaissant immédiatement, inclina respectueusement la tête pour le saluer. Alban lui rendit maladroitement sa révérence, se dépêchant pour ne pas laisser sa nuque à disposition de l’ennemi trop longtemps. Puis il attendit. Sans trop savoir quoi faire puisque Michael s’était enfui et que Maître Miyagi semblait ne pas vouloir trop lui donner d’informations.

Pour faire passer ce moment de flottement, il se tourna vers le Shaofouine vedette et fut surpris de ne pas le voir réagir. Il avait l’air complètement… amorphe à la situation, se contentant de fixer un point sur l’écran vert. Puis les mots sortirent de la bouche du vieux maître d’arts martiaux, tranchants comme le plat de sa main.

- … côté droit du corps plus musclé que côté gauche. Cela nécessite un équilibrage.

Alban se tourna vers Maître Miyagi, surpris, avant de se souvenir que le vieil homme jaugeait systématiquement ses recrues avant chaque séance d’entraînement. Wow. Il avait mis tant de temps pour émettre un avis ? Alban avait plutôt l’impression qu’il avait cherché la petite bête autant que faire se peut, et qu’il en était finalement arrivé à la conclusion qu’il valait mieux dire quelque chose que rien du tout. Pas peu fier de lui, le Pokéathlète ne put cacher un petit sourire en coin. Après tout, Maître Miyagi ne lui avait pas fait de grosse critique sur sa forme physique, ce qui signifiait qu’en un an et demi, il était parvenu à retrouver ses facultés d’avant son accident.

- Et enlevez ce sourire niais de votre visage, vous avez encore beaucoup à apprendre, râla le vieil homme.

Le châtain hocha la tête, néanmoins toujours un peu amusé. Puis, il caressa distraitement le plumage de Zéphyr.

- Bien, Maître. Alors comme ça, vous avez fait appel à nous pour cette Mission, c’est ça ? demanda-t-il pour faire la conversation.

Maître Miyagi leva les yeux au ciel.

- Thanks Captain Obvious. A votre avis, je vous ai appelé pour faire des nouilles chinoises ?

Alban perdit son sourire et se retint très fort pour ne pas râler. Et puis d’abord, d’où est-ce que Miyagi sortait toutes ces phrases ? Avant, il n’avait jamais été du genre à sortir des memes populaires d’internet ou quoi que ce soit. C’était plutôt louche.

- N… non, effectivement. Dites-moi, Maître. Vous avez regardé autre chose que vos films d’arts martiaux, dans la dernière année ?
- Ouep. Ping et Pong m’ont offert un abonnement Netflix à Noël dernier pour essayer de se faire pardonner du défi qu’ils m’avaient lancé quand vous étiez venus chez moi. Cela n’a pas lavé leur affront, mais au moins, j’ai pu passer du bon temps.

Ah… Voilà que tout s’expliquait. Même si dans le fond, Alban avait du mal à imaginer Maître Miyagi regarder des séries ou des films sur Netflix. Wow. Le temps avait bien changé, depuis. Hochant la tête pour signifier qu’il comprenait bien, il poursuivit la conversation pour meubler ce silence qui était de plus en plus gênant…

- Oh c’est sympathique. Moi-même j’apprécie quelques séries, comme Lansat is the new bl-
- JE N’AI PAS FINI !

Le plat de la main de Maître Miyagi vint de nouveau rencontrer le crâne d’Alban, juste au moment où l’ascenseur s’ouvrait pour laisser apparaître Michael et… Marie !

Alban essuya précipitamment les larmes au coin de ses yeux, et il adressa un sourire chaleureux à la Ranger. Evidemment, Marie… Dès qu’il avait su que Maître Miyagi l’avait appelée, il avait compris qui serait son partenaire pour cette Mission. Et la nouvelle ne pouvait lui faire plus plaisir. S’il devait supporter les humeurs massacrantes de Maître Miyagi, il ne pourrait le faire qu’avec une seule personne ; c’est-à-dire, celle qui formait sa batterie. La Tic de son Tac, quoi…

Des souvenirs de leur première Mission ensemble lui revinrent rapidement en mémoire. Il ne la connaissait pas à cette époque, et pourtant, elle avait décidé de lui faire confiance. Il n’avait appris que bien plus tard par les ragots de l’école que Marie n’était pas du genre à vraiment parler avec les gens. Pourtant, elle lui faisait la discussion sans paraître trop ennuyée à chaque fois qu’il allait la voir. Il avait un réel lien avec elle, et savait qu’il était l’une des seules personnes à avoir pu faire tomber un peu la carapace de la Mentali. Ils étaient d’abord devenus des amis, puis étaient devenus un peu plus que ça au fil du temps. Marie avait été là lorsque Chell avait disparu. Elle avait été sa bouée de sauvetage lorsqu’il se sentait plus perdu que jamais à cause de son amnésie. Et puis, elle avait pris de son temps pour répondre à ses demandes de cours sur… eh bien… sur quelque chose qu’il essayait de garder secret jusqu’à un certain Halloween prochain, on va dire. Non, clairement… Il considérait Marie comme sa petite sœur de cœur, et il espérait qu’elle était bien consciente du fait qu’il serait là pour elle si elle le lui demandait.

En cet instant néanmoins, son instinct de grand frère protecteur fut mis à mal par Maître Miyagi. A peine la Ranger eut elle salué le vieil homme que ce dernier lui beuglait déjà dessus… non sans avoir donné au passage un autre coup à Alban. Bon OK. Comme d’habitude, lorsqu’il s’énervait sur Marie il le frappait lui. Et même si le geste était criant d’injustice, Alban se fit la réflexion qu’il pouvait bien prendre un ou deux coups à la place de la jeune fille. C’est dire à quel point il tenait à elle !

Se glissant souplement à côté de Marie, Alban essaya de lui faire un sourire rassurant… sourire qui ne put se transformer qu’en grimace lorsque la douleur de son crâne lui balança une décharge électrique. Il voyait bien qu’elle avait besoin d’être rassurée parce qu’elle avait tout sauf envie de passer son week-end avec le vieux schnock mais… il n’y pouvait malheureusement rien. Il était d’ailleurs en train de se demander ce qui était le pire entre une heure de colle avec Ace Stupide Creed ou un week-end avec Maître Miyagi lorsque Michael prit la parole…

Le pauvre garçon se fit aussitôt houspiller par Maître Miyagi - mais ne se fit pas frapper, ce qu’Alban trouva injuste pour le coup -, et il s’excusa aussitôt en embarquant avec lui Marie et Alban. Victoire ! Sautant sur l’occasion pour s’éloigner du vieil homme, Alban suivit Michael jusqu’à un coin reculé du plateau de tournage. Ce dernier semblait exténué et le châtain voyait bien que ce n’était pas que de la fatigue physique. Se plaçant à côté de Marie, le châtain lui attrapa doucement le poignet pour la rassurer.

Michael leur expliqua alors que Maître Miyagi s’était blessé et qu’il ne pouvait plus entraîner leur vedette. Alban hocha la tête pour signifier qu’il comprenait bien, se tournant légèrement vers le Shaofouine pour le regarder. Pauvre petit. Marie et lui avaient à peine passé trois jours avec Maître Miyagi. Le calvaire de ce Pokémon ne s’arrêterait-il donc jamais ? Compatissant, il se figea néanmoins lorsque Marie annonça de but en blanc que le critère esthétique des acteurs de cinéma étaient particuliers… Aha… Marie et son habituelle franchise. Curieux néanmoins car il n’osait pas poser lui-même la question, Alban eu un bug mental lorsqu’il apprit qu’un réalisateur particulièrement capricieux souhaitait que Brousse Li soit sa vedette. Sauf que Brousse Li était… mort, non ? Cela faisait déjà plusieurs années, d’ailleurs.

Fronçant son sourcil d’incompréhension, Alban écouta Michael se perdre dans ses explications comme quoi le réalisateur était persuadé que ce Shaofouine gras du bide était bien la légende des films d’arts martiaux. Wow. C’était qui, ce mec ? Woody Haleine ? Night Shamanleshaman ? Il manqua de s’étrangler en apprenant qu’il s’agissait de Clean T. Histwoud, la légende des films de cow-boy. Attendez… Cela voulait dire qu’ils étaient à quelques mètres à peine de cette super star et que personne n’avait pris la peine de le lui dire ?

Essayant de laisser de côté ses pulsions de fanboy, le châtain commença à ouvrir la bouche pour poser des questions mais Marie le devança. Alban regarda le visage de la jeune fille et… fut particulièrement étonné de la voir aussi… furieuse ? C’était bien une expression qu’il n’avait jamais vue sur elle. Il resta silencieux le temps qu’elle passe un savon à Michael. Car c’était bien ça qu’elle était en train de faire, non ? Se faisant tout petit, intérieurement heureux de ne pas être à la place du brun, Alban hocha vaguement la tête lorsqu’elle demanda pourquoi Springroll ne pouvait pas prendre la place du faux Brousse Li. Il manqua de s’étouffer d’exaspération lorsqu’il apprit que le Clean T. Histwoud prenait Springroll pour une masseuse Alolienne. What ?! Et il n’avait pas remarqué que l’autre Shaofouine était légèrement trop en surpoids pour être Brousse Li ? Et d’ailleurs… Comment pouvait-il faire autant la différence entre deux Shaofouine ? A part leur ventre, le reste était pratiquement identique. Encore un mystère Pokémon.

Les explications et les supplications passées, Michael les regarda tour à tour en attendant une quelconque réaction de leur part. Bras croisés, Marie se tourna vers lui pour qu’il prenne une décision. Heu… Comptait-elle vraiment sur lui pour faire le choix le plus sage ? Il déglutit difficilement.

- Je… eh bien… de toute façon je crois que nous n’avons pas le choix, non ? lâcha-t-il, un peu à contre cœur.

Marie allait forcément être déçue de sa décision. Mais après tout, ce n’était effectivement pas comme si on leur donnait le choix. La Mission leur avait été imposée. Ils étaient déjà sur le lieu. S’il n’y avait pas danger immédiat ou conditions de travail déplorables, ils n’étaient pas censés avoir le droit de refuser d’y participer. Michael soupira de soulagement et posa sa main sur leurs épaules pour les remercier.

- Bien… Je… Clean n’est pas là sur le tournage aujourd’hui donc vous aurez relativement la paix. Tous vos frais seront évidemment pris en charge par la boîte, nous vous devons au moins ça. Vous prendrez tous vos repas au restaurant du studio, au premier étage, et nous vous avons préparé des chambres d’hôtel dans notre pavillon résidentiel, au septième. Votre badge fait office de pass mais également de carte prépayée pour les repas. Si vous avez besoin de matériel, n’hésitez pas à le demander. Je serai dans les parages pour vous redire tout ça aux moments venus donc ne vous inquiétez surtout pas. Ah et aussi, dernier point de détail. Monsie-… heu, Maître Miyagi a absolument tenu à ce que vous revêtiez ça comme tenues d’entraînement. Les vestiaires sont derrière la porte bleue, là-bas. Prenez le temps qu’il vous faudra pour vous changer, et revenez sur le plateau.

Sur ces mots, il leur remit un sac de sport chacun, puis leur désigna une porte un peu plus loin. Alban fit automatiquement la grimace mais il acquiesça. Accompagné de Marie, il se dirigea vers les vestiaires. Ils restèrent silencieux jusqu’à ce qu’ils aient passé la porte. Là, le châtain soupira.

- Désolé Marie, je n’ai pas pu te saluer convenablement à cause de ce vieux tordu… J’espère que tu vas bien, malgré ce petit imprévu. J’ai l’impression qu’on a fait un bond dans le passé. J’espère que ça se passera mieux que la dernière fois. Enfin… cette fois ce n’est pas vraiment nous qu’il doit entraîner donc je suppose que ce sera moins intense.

Il essaya de lui faire un sourire rassurant, espérant qu’elle ne lui en voudrait pas trop. Ils se séparèrent ensuite pour rejoindre chacun leur vestiaire, et Alban sortit ses affaires de son sac. Il les tendit ensuite devant lui pour voir à quoi cela ressemblerait et…

… pris un long moment pour se décider à passer ça sur le dos.

***

Il sortit après un court quart d’heure, affublé d’un genre de kimono en toile noir, brodé de motifs bleus foncés. Il n’avait pas pris le temps d’étudier tout son costume, mais il était à peu près sûr qu’il avait un phénix, un dragon et diverses fleurs sur l’ensemble de sa tenue. Plus cliché que ça, tu meurs. Un bandeau bleu sombre était également noué autour de sa tête, et il portait des sortes de sandales asiatiques noires. Ok… C’était CLAIREMENT super ridicule, et il osa à peine lever les yeux vers les autres personnes rassemblées sur le plateau de tournage lorsqu’il les rejoignit. Marie était déjà là, et Alban échangea un regard de Magicarpe mort avec. Miyagi 1, Honneur 0.

Michael leur lança un drôle de regard, comme s’il hésitait entre compatir très fort ou éclater de rire. Par chance, il parvint à garder une expression relativement neutre, et il appela Maître Miyagi pour que ce dernier revienne vers eux.

- Ok, Tic et Tac. Comme blanc-bec vous l’a probablement expliqué, notre objectif est de redonner une forme olympique à la brioche vapeur ici présente. Le premier exercice est simple. Vous avez ici des serpillières. Pour finir l’exercice, vous devez garder un seau d’eau sur votre tête tout en repoussant les jets de pièces de go que j’ai ici. Enfin… IL doit finir l’exercice mais vous devez lui montrer pour qu’il comprenne bien. Est-ce que c’est clair ?

Alban hocha la tête, en se demandant ce que donnerait un exercice « compliqué » si celui-ci était « simple ». Il fit signe à Marie de venir vers lui et s’isola avec elle pour établir un plan de bataille.

- Bon, Marie… Autant te dire que ce n’est pas du tout un exercice que je sais faire, ou qu’aucun de mes Pokémon ne serait capable de faire. Je n’ai pas vraiment de Pokémon pouvant se tenir sur ses deux pattes tout en pouvant tenir des serpillières dans ses mains, et le seul qui le peut est mon Dracaufeu donc je me vois mal lui mettre un seau d’eau sur la tête, si tu vois ce que je veux dire. Tu penses que tu as un Pokémon capable de ça pour la démonstration ? Auster sait se tenir sur ses pattes arrières grâce à l’entraînement de Maître Miyagi de la dernière fois, mais de là à rester assez stable pour garder le seau fixe, il y a un monde… On peut éventuellement utiliser ses capacités psychiques pour tricher un peu et garder le seau en place ; le Shaofouine n’y verra que du feu et au moins, il comprendra ce qu’on veut lui faire faire. Qu’en penses-tu ?

Il attendit la réponse de la Mentali puis, à deux, ils s’approchèrent du Shaofouine pour essayer de faire connaissance. Zéphyr toujours sur son épaule, Alban vint doucement à la rencontre du type Combat, un sourire apaisant aux lèvres.

- Eh, salut toi… lui dit-il à voix douce pour ne pas l’effrayer.

Mais le Shaofouine sembla l’ignorer complètement. Ne comprenant rien, Alban échangea un regard avec Marie, tandis que Zéphyr s’envolait de son épaule pour aller saluer le Pokémon. Ce dernier n’eut aucune réaction lorsque le Goélise fut dans son angle mort, mais sursauta brusquement lorsque ce dernier apparut dans son champ de vision. Paniqué, il regarda autour de lui et vit enfin Alban et Marie.

- Tout va bien ? lui demanda Alban, inquiet de sa réaction.

Mais le Pokémon hocha la tête en faisant de grands signes qu’Alban mit du temps à comprendre, avant que… oh !

- Marie ! Je crois que ce Shaofouine n’entend pas bien et qu’il utilise la langue des signes ! C’est peut-être pour ça que Miyagi a été obligé de faire appel à nous. S’il ne peut pas se faire comprendre par la parole, il est obligé de montrer les exercices physiquement. Et avec juste Springroll et blessé comme il l’est, c’est difficile. C’est notre chance, Marie ! Tu maîtrises à la perfection la langue des signes. Tu ne voudrais pas nous heu… présenter ?

Il capta le regard dubitatif de la Mentali, qu’il interpréta - peut-être à tort - comme un regard d’enseignante blasé. Ses joues devinrent automatiquement rouges et il baissa les yeux, un peu honteux. Ouais. Marie était quelqu’un d’exigeant, et elle devait sûrement penser que c’était une occasion parfaite pour lui de pratiquer ce qu’ils apprenaient ensemble depuis la rentrée dernière. Prenant une grande inspiration, il s’avança donc vers le Shaofouine, et essaya de se concentrer au maximum pour communiquer avec lui. Les premiers signes s’enchaînèrent sans trop de difficulté. Marie était un excellent professeur, et il se surprit à se souvenir presque immédiatement de tout ce qu’il avait appris avec elle.

(Bonjour, nous sommes Alban et Marie) signa-t-il pour le Shaofouine, qui sembla particulièrement joyeux de voir qu’ils connaissaient la langue des signes.

Alban eut quelques hésitations sur les signes à employer, mais même si sa communication était très hachée, il parvint à faire passer son message.

(Nous sommes là pour t’aider à t’entraîner. Enchanté)

Fier de sa courte communication, il se tourna vers Marie pour s’assurer qu’il avait tout bien fait comme il faut. Quoi qu’il en soit, le Shaofouine semblait avoir compris car il lui répondit par le même biais.

(Enchanté. Je m’appelle Manjû. Je suis bien aise de vous rencontrer. Vous êtes amis avec l’autre timbré ?)

Confus, Alban se tourna vers Marie parce qu’il n’avait pas compris le sens exact de la formulation après le prénom du Pokémon et ce dont il avait traité Miyagi. Il leva un sourcil pour qu’elle lui traduise ce qu’il lui manquait, et attendit. Au fond néanmoins, le châtain se sentait plutôt bien de n’être pas autant lésé qu’il le pensait. Il avait mis énormément d’efforts à apprendre la langue des signes, et espérait être capable de tenir une conversation décente avant Halloween prochain.

Car s’il faisait tous ces efforts, c’était bel et bien pour une personne en particulier. Et il espérait que le cadeau d’anniversaire qu’il préparait depuis plusieurs mois pour son colocataire parviendrait à lui faire plaisir.


Dernière édition par Alban Abernaty le Mar 23 Mai - 22:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Mission] La fureur du drag-... de la fouine [PV Marie]   Mer 3 Mai - 13:40

La fureur du drag-... De la fouine.
feat Alban Abernaty


Marie fixait Alban.

Mal à l'aise, le Voltali regarda Michael, et sortit tant bien que mal une réponse peu assurée. Marie ferma les yeux à l'entente de celle-ci, et retint un soupir. Décroisant les bras, elle posa une main contre sa hanche, et laissa l'autre le long de son corps, avant de fixer à son tour l'adulte.

« -Soit. Vous pouvez compter sur notre aide.  »

Résigné, la Ranger jugea bon de se montrer conciliante. Un travail, même forcé, se devait d'être bien fait, aussi s'appliquera-t-elle du mieux qu'elle pouvait à la tâche. Simple question de perfectionnisme.

Michael, visiblement rassuré, ne cacha pas son soupir soulagé, et posa ses mains sur les épaules des deux adolescents. Il leur expliqua les derniers détails concernant la mission, comment ils allaient la mener à terme, à quels frais, mais aussi l'endroit où ils allaient passer leurs quelques nuits ici. Concluant sur une première demande de Miyagi, il leur tendit deux sacs, dont ils se saisirent, et détailla le premier caprice de leur maître : ils allaient devoir porter ces tenues précisément pendant toute la durée de la mission. Marie leva les yeux au ciel. Combien, qu'il s'agissait d'un kimono ? Suivant Alban à l'endroit indiqué par Michael, la jeune fille se dirigea vers les vestiaires, et une fois à proximité de ceux-ci, se tourna vers son camarade qui prenait la parole.  

S'excusant de sa précédente salutation quelque peu lacunaire, Alban lui demanda si tout allait bien, avant de se permettre un petit commentaire concernant la mission à venir. A sa dernière phrase, Marie secoua la tête de droite à gauche, peu convaincue.

« -Je ne serai guère aussi optimiste. N'oubliez pas à qui nous avons affaire. » haussant les épaules, elle répondit finalement à sa première question « Rien de bien condamnable, rassurez-vous. Il serait mal venue de ma part de tenir rigueur de votre accueil silencieux. Le réel bémol de cette soirée étant ma fatigue musculaire qui, en plus d'être parfaitement contre-productive, risque de s'aggraver lors de ce séjour.  »

Puis, s'approchant d'un vestiaire, elle ouvrit une porte et s'engouffra à l'intérieur. Posant le sac de sport sur un tabouret, elle retira ensuite le sien, et regarda le contenu de celui confié par Miyagi. En tirant un long vêtement, Marie eut un petit rictus nerveux à la vue de la tenue.

On ne changeait pas une équipe qui gagne, hein ?

Tant bien que mal, la Mentali, après s'être dévêtue, enfila le kimono donné par leur maître. L'espace d'un instant, elle se demanda comment pouvait-il être au courant de leurs mensurations, mais préféra ne pas s'en soucier plus que cela. Peut-être s'était-il renseigné auprès de l'académie un peu plus tôt... Rangeant ses vêtements, pratiquement propres, dans son sac, Marie déposa sa capeline par dessus, et l'entreposa dans un coin du vestiaire, à côté du sac de sport vide. Sur elle, elle ne prit que ses Pokéballs, rangées dans une poche spécialement prévue à cet effet, et son Capstick, qu'elle accrochait machinalement à son obi. Elle avait également gardé à son poignet gauche le bracelet qu'Alban lui avait offert il y a plus d'un an, indélogeable.

Sortant, elle découvrit la tenue de son partenaire, avec une insatisfaction non dissimulée. Si lui possédait un kimono et des sandales noirs, sertis de motifs bleus foncés et d'un bandeau de même coloris, Marie, elle, avait l'habit parfaitement opposé : son kimono, ses chaussettes et sandales étaient parfaitement blancs, tandis que les quelques dessins qui ornaient sa tenue arboraient un rouge vif, tout comme son obi, et le bandeau, qu'elle gardait dans une main. Avisant la coiffe d'Alban, la Mentali contempla pendant quelques secondes le tissu qu'elle n'avait pas osé mettre juste avant, le trouvant parfaitement ridicule, mais finit par l'enfiler en un soupir résigné.

Rejoignant Michael, Marie lança à ce dernier un regard profondément noir, dont je me passerai de donner la signification. L'homme retint tant bien que mal son rire, et passa rapidement à autre chose en convoquant Miyagi à leurs côtés. Ce dernier ne perdit pas une seule seconde de plus, et leur expliqua de but en blanc les consignes du premier exercice qu'ils se devraient d'appliquer.... Et, attendez, il ne s'agissait aucunement de tâches ménagères ?! Wow ! Maître Miyagi aurait-il développé des méthodes d'entraînement plus... Conventionnelles ?... Ouais, nan, ses idées étaient toujours aussi farfelues et dépourvues de sens. Comment pouvait-on donner à une serpillière la rigidité nécessaire pour renvoyer des pièces de go ? De plus, il n'était guère évident de donner une direction précise à un chiffon flasque et souple...

La miss Uana plissa les yeux en dévisageant leur maître, mais se passa de commentaire. Elle tenait à son intégrité mentale. Elle suivit donc docilement Alban à l'écart, qui commençait déjà à réfléchir à une façon de procéder, prenant visiblement son rôle très au sérieux. La Mentali se contenta d’acquiescer à la plupart de ses propositions, et attendit poliment qu'il eut fini de parler pour prendre à son tour la parole.

« -C'est envisageable. Le problème étant qu'il faudra veiller à bien évaluer le calibrage des jetons de go avec et sans pouvoirs psychiques, que l'exercice soumis au Shaofouine ne soit pas démesuré.  » elle plongea sa main dans sa poche à Pokéballs, et en tira deux « Deux de mes compagnons seraient capables de mener l'entraînement à son terme, mais... » elle rangea celle de Soren, et montra plutôt l'autre à Alban « Je suis bien curieuse de voir ce dont est capable mon Mangriff. De plus, ses griffes lui octroieront une adhérence facilité aux serpillières. Il ne peut s'agir que d'un atout non négligeable.  »

Après qu'elle eut jeté la Pokball au sol, Sephiran apparut en un éclat lumineux. Relevant la tête, intrigué par sa dresseuse vêtue d'une si drôle de façon, le Mangriff vit le visage de Marie se rapprocher du sien lorsqu'elle s'accroupit légèrement pour s'adresser à lui.

« -Salutations, Sephiran. Nous allons passer la fin de semaine ici, à aider ce Pokémon à retrouver une forme olympienne.  » elle indiqua le Shaofouine d'un mouvement du menton « Veux-tu bien m'aider ?  »

La voix de Marie était relativement douce. Enfin, douce, Marie restait Marie, mais il n'était pas bien compliqué de voir que la jeune fille tenait à ne pas se montrer trop brusque envers le Mangriff. Il était en quelques sortes la poupée de l'enfant que Marie n'avait jamais été, et par conséquent, la Mentali avait tendance à agir moins sévèrement envers lui qu'envers les autres membres de son équipe. Du favoritisme ? Oui, complètement. Mais Marie ne s'en était jamais réellement souciée, et puisque personne ne s'en était jamais plaint, elle n'avait aucunement cherché à changer cela.

Timidement, Sephiran hocha la tête. Sa dresseuse se redressa, et lui fit signe de la suivre jusqu'au Shaofouine vers lequel Alban commençait déjà à se rapprocher. Le Pokémon ne sembla pourtant pas vouloir daigner regarder les nouveaux arrivants, et ce malgré les appels répétés du garçon. Penchant légèrement la tête sur le côté, Marie nota son regard fixe et l'absence de conscience du Pokémon de son entourage. S'apprêtant à vérifier s'il réagissait aux signaux visuels, elle fut prise de court par Zéphyr, le Goélise d'Alban, lorsqu'il surgit de l'angle mort du Shaofouine. Ce dernier sursauta, et se retourna, commençant alors toute une série de signe que Marie identifia sans trop de mal.

Hochant la tête à la remarque du Voltali, elle fut satisfaite de voir que le garçon avait su réagir face à cette apparition spontanée de signes permettant la communication des sourds et des muets. Néanmoins, le semblant de fierté qu'elle ressentit s'évanouit aussitôt qu'il lui demanda de les présenter, et Marie toisa le garçon avec un regard sévère. Le regardant sans un mot, elle attendit qu'il réagisse, et lorsque ce fut le cas, elle se contenta de croiser les bras en signe de son statut de pure observatrice.

Alban prit donc une profonde inspiration, et s'approcha du Shaofouine, concentré. Plaçant ses mains à hauteur des yeux du Pokémon, il commença par les présentations, simples et rapides, et enchaîna sur une phrase un peu moins évidente pour laquelle il n'était pas spécialement habitué à signer. Lorsqu'il se tourna vers Marie en quête d'une remarque quelconque, celle-ci se contenta de hocher la tête, avant de lui indiquer d'un mouvement du menton le Pokémon qui s'était remis à signer. Se présentant à son tour – avec un langage fort courtois –, le prénommé Manjû demanda s'ils étaient des connaissances de Miyagi – dans un langage un peu moins courtois –. Alban jeta cette fois-ci un regard légèrement perdu à Marie, qui, bien que arquant un sourcil, ne fit pas le moindre commentaire et se rapprocha plutôt d'un peu plus près du Shaofouine.

« -Manjû est ravi de nous rencontrer, et souhaite savoir si nous sommes affiliés d'une quelconque façon à Maître Miyagi. »

Son court déplacement permit d'attirer sur elle l'attention du Pokémon. Elle en profita pour signer aussitôt.

[Enchantée. Maître Miyagi nous envoie afin d'aider à la préparation du film dans lequel tu vas jouer.] elle marqua une pause, hésitante, mais reprit brusquement, avec des gestes plus vifs [Pardon si cela t'importune, mais puis-je te soumettre quelques interrogations ? J'avais déjà entendu parler de Pokémon capables de signer, mais en rencontrer un est une première pour moi. Combien de temps cela a-t-il fallu ? Est-ce ton dresseur qui te l'a enseigné ? Soupçonnes-tu la présence d'une corrélation entre ta surdité et ta capacité à mémoriser un nouveau langage? Sur une échelle de un à dix, à combien estimes-tu la relation liant un Pokémon incapable de communiquer avec son dresseur et celle que tu entretiens avec le tien ? Penses-tu qu'une meilleure compréhension de l'autre permettrait de réconcilier les conflits humano-pokémonesques ayant lieu dans certaines régions sensibles du globe, comme notamment... ]

Manjû, quelque peu surpris par cette quantité soudaine de questions autant incompréhensibles les unes que les autres, fit un mouvement de la patte pour demander à Marie de s'arrêter. Bien que coupée dans son élan, elle obtempéra, et croisa les bras pour expliciter la fin de sa prise de parole – si l'on pouvait réellement parler de prise de parole. En temps normal, Marie se serait offusquée de se voir ainsi interrompre, mais quand la personne d'en face avait le malheur d'être celui ayant piqué sa curiosité, elle concédait à se montrer moins véhémente. Même si en vérité, c'était surtout car la Mentali tenait absolument à obtenir une réponse, et qu'elle en oubliait de s'intéresser à ce genre de détail tel que le manque de politesse et l'hostilité.

[Mon maître s'est effectivement évertué à m'inculquer ce langage, et ce depuis mon plus jeune âge. Ce fut long, mais après plusieurs années de travail, le résultat était là. Quant à vos autres demandes, navré, mais je ne saurai vous répondre. ]

Marie laissa ses yeux descendre sur ses sandales, déçue. Après qu'elle eut signé un bref [Je comprends], le Shaofouine profita de cet interlude pour retourner au sujet initial.

[J'espère que vous saurez vous montrer plus sympathiques que le vieux schnock. Il pense peut-être que puisque je n'entends rien, il peut me crier dessus autant qu'il le souhaite, mais ça ne m'empêche pas de respirer son haleine fétide... ]

Une fois qu'elle eut relevé la tête en entendant de nouveaux mouvements, elle hocha la tête pour rassurer le Pokémon, et reprit.

[N'aie crainte. Au moins, nous te comprenons. Au moindre problème, n'hésite pas à nous le faire savoir.]

Le Pokémon hocha la tête. Marie se tourna alors vers Alban, et garda l'une de ses mains en suspension tout en dispensant son enseignement.

« -C'est une excellente opportunité qui s'offre à vous. En plus de vous permettre de vous essayer au langage des signes avec quelqu'un d'autre que moi-même, vous allez pouvoir découvrir certaines subtilités de la conversation avec une personne atteinte de déficit auditif. Un Pokémon, de surcroît ! Voila une expérience tout à fait inédite, moi-même je n'ai jamais eu cette chance.  » Marie acquiesça pour elle-même, puis reprit « Vous réaliserez bien vite quelles contraintes entraînent la surdité. Par exemple, détail qui puisse paraître anodin, mais lors d'un échange à plusieurs, comme le notre, il est nécessaire de bien se trouver dans le champ de vision de votre interlocuteur, afin que celui-ci puisse savoir quand vous vous adressez à lui. Puisqu'il n'entend rien, s'il a les yeux rivés sur mes mains, il ne vous entendra pas signer, et ne vous verra donc point sans que vous ne le lui ayez signalé clairement au préalable, vous comprenez ? »

Elle souhaitait continuer, mais la patte de Sephiran venant tirer sur son kimono, impatient, avait tôt fait de lui rappeler la raison de leur présence en ces lieux. Vrai qu'elle n'était pas ici en voyage linguistique avec son élève... Tant pis. Elle trouvera bien le moment de lui expliquer d'autres détails primordiaux à ce sujet dans le week-end.

Marie se tourna vers Manjû.

[Nous allons te montrer l'entraînement de la soirée. Merci de patienter quelques petites minutes.]

Puis, invitant Alban à la suivre, elle traversa le plateau de télévision pour revenir près de Miyagi. Le vieil homme semblait les fixer depuis leur départ, et n'avait pas l'air d'apprécier le temps qu'ils avaient mis à faire un simple aller-retour.

Se postant devant lui, bien droite, Marie attendit qu'il prenne la parole. Parce que si c'était elle qui le faisait, il allait certainement l'en empêcher, pas vrai ? Qu'à ne cela tienne, Miyagi non plus ne dit rien, et se contenta de fixer ses deux disciples avec une expression indéchiffrable. Haussant un sourcil, la jeune fille considéra qu'elle pouvait donc parler en toute impunité, et ouvrit la bouche.

Mal lui en prit.

« -JE N'AI PAS FINI ! Tic, votre état est déplorable. Jambes lentes et tremblantes, souffle lourd. Vous peinez à ne serait-ce que vous tenir droite.  » il s'approcha d'elle, accusateur « Auriez-vous négligé votre entraînement, disciple? »

Marie eut un petit mouvement de recul, surprise. Ah. C'est vrai qu'il faisait ça aussi.

Miyagi recula.

« -N'allez pas croire que c'est parce que l'autre blanc-bec m'empêche de vous approcher plus de cinq minutes que vous allez vous faire oublier pour autant.  » il glissa un regard en direction du blanc-bec en question, puis se concentra à nouveau sur ses élèves « Quels étaient donc ces mouvement bizarres que vous faisiez, avec Manjû ? Maintenant que j'ai percé le secret de vos "lol" et autres "xdmptdr", vous établissez un langage secret dans le dos de votre maître? Vous n'allez pas me la faire à la Ping et Pong, quand même ?... »

Sans prononcer le moindre mot, Marie se contenta de secouer la tête de droite à gauche, ne comprenant pas vraiment les termes évoqués par leur enseignant. La réponse sembla convenir à Miyagi, qui hocha la tête d'un air satisfait, avant de reprendre.

« -J'espère bien. Peu m'importe comment vous arrivez à communiquer avec lui, tant que cet boule de poil aussi grasse qu'un nem au porc caramel parvient à reproduire les exercices que je lui demande. Est-ce que vous êtes prêts ?»

L'adolescente fit un petit mouvement de la tête en direction de Sephiran, réfugié derrière sa jambe.

« -Mon Mangriff se chargera de la démonstration. Il nous faudra néanmoins quelques essais pour qu'il puisse correctement cerner l'entraînement demandé.
-ALORS QU'EST-CE QUE VOUS ATTENDEZ?! »

Marie retint une grimace de dégoût lorsque Miyagi se mit à hurler. Pouah. Manjû n'avait pas tort. L'haleine de leur maître laissait à désirer.

Sans se faire prier, les deux étudiants se mirent un peu en retrait pour préparer leurs premières tentatives d'entraînement. Après avoir récupéré les deux serpillières et le seau, Marie montra le tout à son Mangriff, et lui expliqua brièvement en quoi consistant son rôle. Voyant cela comme un jeu, quoique un peu étrange, Sephiran voulut volontiers s'essayer à ce mystérieux exercice d'équilibriste renvoyant des projectiles à l'aide d’extensions de ses propres pattes.

Jetant un bref coup d’œil en direction de Miyagi, Marie se tourna ensuite vers Alban, soudainement peu sûre d'elle suite à cette nouvelle séance de remontrances de la part du vieil homme.

« -Êtes-vous certain que Maître Miyagi nous laissera profiter des pouvoirs psychiques de Auster impunément ?... »


© Mzlle Alice.

_________________

« Navrée, mais je ne puis vous laisser faire. »

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Dernière édition par Marie R. Uana le Jeu 4 Mai - 7:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Mission] La fureur du drag-... de la fouine [PV Marie]   Mer 3 Mai - 22:45




La fureur du drag-... de la fouine
Alban Abernaty & Marie R. Uana

Maître Miyagi n’avait pas traîné pour leur hurler confier leurs tâches. Alban avait l’impression qu’en un an et demi, le vieillard était devenu encore plus méchant et plus vicieux qu’avant. Avait-il eu d’autres disciples sur lesquels se défouler et à qui il avait fait subir ses entraînements les plus éreintants ? Le châtain avait l’impression que non. Parce que la frustration qu’il voyait chez Maître Miyagi était palpable ; sûr qu’il n’avait pas dû avoir d’autres victimes depuis un bon bout de temps, et qu’il se vengeait donc sur les trois pauvres péquenauds qu’il avait réussi à avoir sous la main. A savoir, Alban, Marie, et ce pauvre Shaofouine un peu trop bedonnant. RIP la sainte trinité. Le châtain sentait que ce week-end serait long. Très long.

Se penchant vers Marie pour les premiers brainstormings, le Voltali commença à exposer ses idées. Aussi étrange que cela puisse paraître, Alban avait l’impression que tout ça lui avait manqué. Il ne l’aurait probablement pas avoué devant Maître Miyagi - plutôt récurer ses toilettes - mais il avait énormément appris lors de ces quelques jours dans la demeure de l’expert d’arts martiaux. En outre, cela lui permettait d’avoir une activité supplémentaire avec Marie. Ils avaient certes passé beaucoup de temps sur l’apprentissage de la langue des signes et sur les longues discussions qui avaient suivi son amnésie partielle, mais le châtain n’en était pas pleinement satisfait. Il s’était toujours un peu considéré comme un grand-frère avec Marie. Et, même s’il ne voulait pas forcément lui être supérieur en quoi que ce soit, il devait reconnaître qu’il préférait quand ils étaient des égaux. Il avait bien trop eu besoin d’elle ces derniers mois. Il était grand temps que la balance se rééquilibre et qu’il se rende utile à son tour.

Ce fut donc avec un léger sourire qu’il accueillit cette séance de mise en place de stratégie. Cette fois, les choses allaient être un peu plus compliquées vu qu’ils ne connaissaient absolument rien de ce Shaofouine, mais qu’importe. Ils avaient déjà fonctionné comme équipe. Ils allaient surmonter tout ça, hein ?

- Oui effectivement, tu as raison… C’est un Shaofouine après, il doit avoir un excellent sens de l’équilibre et de bons réflexes, non ? Ce ne sera pas comme Soren et Auster qui ne sont pas faits pour ce genre de pratiques. Par contre vu sa carrure, je ne mettrai pas ma main à couper…

Il coula un regard vers le Shaofouine plus loin, qui semblait toujours aussi amorphe à la situation. Décidant de le laisser de côté le temps de régler les derniers détails, il se tourna de nouveau vers sa partenaire lorsque celle-ci lui annonça qu’elle avait deux Pokémon adaptés à la démonstration. Elle sortit alors son Mangriff, et le châtain le regarda se matérialiser dans un rayon lumineux rouge. Effectivement. Sephiran était un des deux Pokémon bipèdes de la Mentali, et il était un choix parfait pour ce genre d’exercices. Rassuré d’avoir au moins un Pokémon capable de tenir la démonstration, Alban hocha la tête avec appréciations, laissant à Marie le soin d’expliquer le pourquoi du comment au type Normal. Il fut néanmoins surpris de la douceur avec laquelle elle parlait à Sephiran. C’était… très différent de la sévérité dont elle faisait habituellement preuve avec Soren. Estimant néanmoins que ce n’était pas vraiment à lui de se mêler de la façon dont Marie gérait son équipe, l’adolescent se dirigea vers son sujet du week-end afin de commencer les présentations.

La surprise des premiers instants passés, Alban parvint à communiquer de façon plus ou moins correcte avec lui en langue des signes. Puisque sa partenaire n’avait pas fait de réflexions sur sa façon de signer, le châtain estimait qu’il ne s’était pas trop mal débrouillé. Alors certes, ses constructions étaient plutôt simplistes et il avait bien fait attention à n’employer que des signes qu’il connaissait bien, mais il sentait qu’il y avait un peu d’amélioration et que cette pratique directe allait lui permettre de se perfectionner. Après tout, mieux valait se confronter directement à la chose pour devenir bon, non ?

La réponse ne se fit pas attendre très longtemps. Compte tenu de la fluidité de ses gestes et de son assurance lorsqu’il réalisait ses signes, Alban estima que le Shaofouine avait appris la langue des signes il y a bien longtemps. Peut-être depuis qu’il était né, d’ailleurs. Néanmoins, il ne se posa pas plus de questions et se contenta d’appeler Marie à l’aide lorsqu’il ne comprit pas la totalité de la phrase. De son habituel ton las, la Mentali lui traduisit et Alban haussa un sourcil, sans rien dire. Il n’était pas certain que Manjû avait EXACTEMENT dit tout ça et dans ces termes, puisqu’il les aurait compris autrement, mais peu importe. Si Marie estimait qu’il n’était pas nécessaire d’entrer dans les détails, cela voulait dire que ce n’était pas important.

La Ranger pris ensuite les devants et commença à signer à son tour. Alban s’en sentit légèrement soulagé puisqu’il se sentait encore un peu timide à pratiquer devant une autre personne que Marie, mais il déchanta bien rapidement en voyant tout ce qu’elle essayait de communiquer au Shaofouine. Gné ? Elle enchaînait les signes tellement vite que le Voltali avait du mal à tout comprendre. Et puis… il n’était même pas sûr d’avoir appris tout ce vocabulaire. Se contentant néanmoins de hocher la tête comme s’il avait tout compris - inutile d’énerver Marie alors qu’elle était déjà sur les nerfs à cause de Miyagi -, Alban ne fit pas de commentaire. Il parvint à saisir la globalité du message - et s’amusa d’ailleurs de la curiosité de Marie au sujet de Manjû - mais quelques subtilités lui échappaient encore. Bah. Si Marie avait vraiment voulu être dans une démarche d’apprentissage, elle lui aurait traduit tous les signes qu’il ne connaissait pas en direct. Si elle ne le faisait pas, cela signifiait qu’elle souhaitait juste converser avec ce Pokémon qui piquait sa curiosité. La fameuse curiosité de Marie.

Alban se souvint avec un sourire de tout le temps qu’elle avait pu passer avec Chell, tentant de déterminer les caractéristiques de ce spectre un peu spécial. Il eut un léger pincement au cœur en pensant au petit esprit frappeur, mais n’en montra rien. L’histoire était déjà bien loin derrière lui et, même s’il ne l’oubliait pas, il avait réussi à aller de l’avant et à faire son deuil. A la place, il se contenta donc d’observer les réactions surprises de Manjû, et étouffa un petit rire. Ouais. Il allait devoir s’habituer à être le centre de l’attention, avec Marie dans les parages. Heureusement pour lui, son second coach n’était pas forcément intéressé par toutes ces histoires. Il suivit néanmoins avec attention les réponses et posa doucement sa main sur l’épaule de Marie lorsqu’elle baissa la tête, déçue.

Manjû continua ensuite sur sa lancée en se moquant au passage de Miyagi, ce qui ne manqua pas de faire éclater de rire Alban. Il laissa à Marie le soin de répondre, puis cette dernière décida qu’elle l’avait laissé de côté trop longtemps. Malgré son visage toujours aussi blasé, Alban sentit clairement l’enthousiasme de sa petite sœur de cœur face à cette situation. La Mission prenait un tournant un peu différent, et la Mentali comptait bien lui donner la fonction de voyage linguistique improvisé. Ergl. Alban piétina légèrement sur place, un peu gêné, et pas vraiment rassuré de devoir apprendre de deux maîtres aussi terribles l’un que l’autre. Pas que Marie soit aussi tyrannique que Maître Miyagi, mais… heu… disons qu’il y avait parfois un petit air de famille.

- Je heu… oui… répondit-il maladroitement, ne parvenant pas à caser plus de mots dans la longue tirade de Marie.

Lorsqu’elle était lancée, on ne pouvait plus vraiment l’arrêter.

Il prit néanmoins des notes dans sa tête et acquiesça pour montrer qu’il avait bien compris.

- Oui, c’est très clair. J’avoue que comme on a toujours pratiqué que tous les deux, je n’y avais pas vraiment pensé avant. Ceci dit ça me semble parfaitement logique. Y-a-t-il des règles particulières pour capter l’attention de son interlocuteur, ou n’importe quel geste suffit ? Je ne t’ai pas vu en faire tout à l’heure, puisqu’il t’a regardée spontanément, mais dans ces cas-là… le contact physique est-il autorisé ? Du style, une main sur l’épaule, ou quelque chose comme ça ?

Autant s’assurer de tous les éléments s’il ne voulait pas faire de bêtises dans le futur. S’instruisant donc auprès de Marie, il fut interrompu par Sephiran qui était revenu vers eux. Ah oui, l’exercice. Un peu confus, Alban laissa de côté la partie « questions » sur la langue des signes. De base, ils n’étaient clairement pas venus pour ça. Si cette Mission leur permettait de pratiquer au passage, ce n’était qu’un plus. Mais il ne fallait absolument pas que tout ça prenne le dessus sur leur objectif premier.

Resserrant donc le bandeau bleu autour de sa tête, Alban suivit Marie lorsque cette dernière se dirigea vers Miyagi. Cela faisait à peine quinze minutes qu’il portait son kimono, et il n’y faisait même plus vraiment attention. Ce ne fut que lorsqu’il passa devant un miroir qu’il capta son reflet. Il grimaça à la vue de ce phénix majestueux qui couvrait toute une partie de son dos, et détourna les yeux pour ne pas s’infliger plus de mal.

- JE N’AI PAS FINI ! hurla une voix juste à côté de lui.

Il se figea sur place, lançant un regard à Marie qui avait à peine ouvert la bouche. Aucun son n’était sorti. Et Maître Miyagi n’avait même pas parlé, juste avant. Ouais bon. Il aimait juste dire ça pour capter l’attention et prendre la parole, hein ? On n’allait pas dire qu’ils n’avaient pas l’habitude…

Restant à côté de sa partenaire lorsque cette dernière se faisait houspiller pour sa forme physique, Alban ne put s’empêcher de ressentir un élan de gratitude envers Michael lorsque Miyagi leur apprit qu’il faisait de son mieux pour les préserver. Snif. Et dire qu’Alban avait pensé du mal de lui, un peu plus tôt. Savoir qu’il essayait de tenir le vieux fou loin d’eux était une belle preuve de sacrifice. Il ne put néanmoins s’empêcher d’être exaspéré quand Maître Miyagi leur reprocha d’utiliser la langue des signes. Il n’aurait su dire si c’était le fait que le vieillard ne l’ait pas reconnue qui désespérait Alban, ou plutôt ces « lol » et ces « xdmptdr » qu’il employait en étant persuadé que c’était encore « cool ». Malgré toutes les Missions qu’il avait pu faire pour le compte de l’école, rien ne l’avait préparé à ça.

De concert avec Marie, Alban hocha la tête nerveusement. Les voir ainsi synchronisés sembla d’ailleurs détendre Maître Miyagi, qui se caressa la barbe d’un air appréciateur.

Alban n’osa pas lui dire qu’ils ne feraient JAMAIS un coup à la Ping et Pong parce qu’ils évitaient de le croiser comme la peste. Mieux valait-il qu’il continue de croire que s’ils ne l’avaient pas encore défié, c’était à cause du profond respect qu’ils éprouvaient à son égard.

Ouais. On dira que c’est un truc comme ça, sur le papier.

Maître Miyagi continua néanmoins de s’exciter, traitant Manjû de tous les noms d’oiseau. Un détail fit cependant tiquer Alban, qui ne put retenir la question qui lui traversa les lèvres.

- Ça existe les nems au porc caramel ?

Sans même se tourner vers lui, Maître Miyagi lui asséna un coup du plat de la main sur le crâne, et Alban sentit sa bosse s’aplatir avant de regonfler de nouveau. Il étouffa un petit cri de douleur et laissa Marie se charger des explications sur la démonstration. Un nuage de postillons plus tard et les deux jeunes étaient partis sans demander leurs restes, profitant des remontrances de Maître Miyagi pour s’éclipser plus ou moins discrètement.

Ils s’arrêtèrent à proximité des outils de nettoyage que les femmes de ménage avaient bien voulu leur laisser - non sans avoir jeté un regard aux personnes présentes comme si elles étaient complètement dingues -, et Alban fut satisfait de voir que Marie avait reconnu la serpillère sans avoir besoin de son aide. Il regarda Sephiran renvoyer les pièces de go à l’aide de ses griffes, et constata qu’il avait de bons réflexes. Son œil de coach aguerrit repéra cependant certaines failles, et il s’approcha doucement du Mangriff avec un sourire.

- Tu devrais placer tes jambes de façon plus écartées pour avoir un meilleur appui. Voilà, comme ça. Et également, quand tu tiendras le tissu, essaye de décoller les coudes de tes hanches pour avoir une plus grande amplitude.

Aidant le Mangriff à se placer en touchant doucement ses pattes et en rajustant sa posture, il se recula plusieurs fois pour observer jusqu’à être pleinement satisfait. Zéphyr l’aida d’ailleurs en utilisant son Regard Vif et en alertant son dresseur dès qu’il voyait qu’un pli dans la fourrure du type Normal n’était pas parfait. Alban sortit un calepin de sa poche de kimono et griffonna quelques bricoles sur cet exercice, profitant de l’opportunité qu’il avait pour étudier d’autres Pokémon qu’il n’avait pas l’habitude de coacher.

- Essaye de faire des swings avec tes griffes pour que je puisse voir comment tu te débrouilles dans cette posture ? Je pense que pour pouvoir renvoyer efficacement les pièces de go il faut que tu t’entraînes un peu sans pièces, sans serpillère et sans seau dans un premier temps, et-. Hn ? Qu’y-a-t-il Marie ?

Il se tourna vers la jeune fille, qui venait de chuchoter en sa direction. Pour une fois, il sentit que la Ranger était légèrement anxieuse. Ah. Maître Miyagi, hein ? Alban réfléchit rapidement à ce qu’elle venait de soulever comme problème, et il hocha la tête de haut en bas.

- Je pense effectivement que ça risque d’être difficile. On peut utiliser Auster pour lancer les pièces de go, dans ce cas-là. Il n’aura qu’à utiliser Psyko pour les envoyer là où il veut. Ce sera beaucoup plus précis que d’entraîner un Pokémon à lancer. L’air de rien, viser juste avec un objet de ce genre est beaucoup plus difficile que viser avec une attaque Pokémon. Si on combine les deux, on arrivera à un résultat plus rapidement. Et puis honnêtement, le gros de l’exercice est focalisé sur le Pokémon qui doit renvoyer les pièces de go. Si on perd notre temps sur du lancer, je crains fort que Maître Miyagi ne soit pas satisfait. Déjà qu’il fulmine, depuis là-bas…

Il désigna d’un coup de tête Maître Miyagi, assis sur un siège pour ménager son dos, qui leur lançait des petits regards furibonds.

- Pour l’histoire de l’équilibre, hm… Laisse-moi réfléchir un peu.

Baissant la tête pour faire l’inventaire des Pokémon qu’il avait avec lui, Alban finit par tapoter sur deux de ses Pokéballs. Le premier Pokémon à sortir fut évidemment Auster, qui agita ses oreilles et s’ébroua avant de se tenir parfaitement droit. Le second, quant à lui, se contenta de se draper dans sa feuille d’indifférence, visiblement mécontent d’avoir été appelé alors qu’il faisait une sieste. Le Pokéathlète soupira, et s’accroupit à niveau de ses deux Pokémon.

- Salut vous deux. On va avoir besoin de vous pour un exercice. Le but est d’entraîner le Shaofouine qu’il y a là-bas. Néanmoins, pour ça, il faut qu’on lui fasse la démonstration de l’exercice de Maître Miyagi.

Il sentit Auster se tendre lorsqu’il entendit ce fameux nom, mais le Noctali ne montra pas plus de réaction. Brièvement, Alban leur expliqua l’exercice du seau, de la serpillère et des pièces de go, puis leur montra les petits jetons noirs et blancs.

- Auster, je peux compter sur toi pour utiliser Psyko et lancer ces pièces en direction de Sephiran lorsque je te le demanderai ?

Le Noctali hocha noblement la tête. Alban se releva et se tourna vers Marie.

- J’aimerais bien qu’Hélios utilise ses fils de Sécrétion pour sécuriser le seau, dans un premier temps. J’ai envie de découper l’exercice en plusieurs parties. Premièrement, il faudra que Sephiran s’adapte à ses serpillères. Et pour ça, je pensais lui faire renvoyer les pièces de go sans le seau sur sa tête. Ensuite, on passera à un exercice avec uniquement la partie équilibre, donc juste avec le seau. Je pense qu’on peut utiliser les fils de Sécrétion et les relier du seau à Hélios, comme un genre de « harnais ». Sephiran apprendra à se déplacer avec le seau en équilibre sur sa tête, mais Hélios pourra le suivre et l’aider à le maintenir en place s’il commence à basculer. S’il commence à tomber dans une direction opposée, il n’aura qu’à tirer légèrement sur le fil pour rajuster la position. S’il tombe dans sa direction par contre, il faudra trouver une solution mais bon, ça nous évite déjà pas mal de problèmes dans un premier temps. Une fois que Sephiran sera habitué à rectifier lui-même la position du seau, on enlèvera l’aide d’Hélios. C’est juste au début, pour éviter d’avoir à ramasser et remettre le seau à chaque fois qu’il tombe - et sans vouloir vexer Sephiran, je pense qu’il va pas mal tomber, au départ. Je ne sais pas ce que tu en penses… On assemblera ensuite le tout pour voir comment il se débrouille face à l’exercice réel.

Il acheva ses explications et sentit la présence de Manjû juste à côté de lui. Curieux, le Shaofouine était venu voir ce qui se tramait. Alban capta son attention et commença à signer.

(On va te montrer l’exercice que Maître Miyagi veut que tu fasses mais pour ça, il faut également qu’on s’entraîne dessus. Tu peux toujours rester ici et regarder comment ça se passe pour apprendre plus vite tout à l’heure, qu’en penses-tu ?)

Le Shaofouine hocha de la tête, et Alban se demanda pourquoi ils s’embêtaient à faire une démonstration, à présent que le Pokémon pouvait comprendre ce qu’ils attendaient de lui. Néanmoins, il avait appris à ne jamais contrarier Maître Miyagi. Il tapa donc dans ses mains pour signaler le début de l’entraînement, et il profita du fait que le vieux ne regardait plus pour se pencher légèrement vers Marie.

- Oh et puis dans le pire des cas, Hélios pourra toujours attacher quelques Sécrétions collantes sous le bas du seau pour qu’il tienne plus facilement en place sur la tête de Sephiran. Vu qu’il va en mettre partout de toute façon, Maître Miyagi n’y verra que du feu. Non ? chuchota-t-il, un sourire malicieux aux lèvres.

Ils avaient à peine deux jours pour boucler tout l’entraînement probablement titanesque que Miyagi avait prévu. Autant trouver quelques raccourcis, non ?


Dernière édition par Alban Abernaty le Mar 23 Mai - 23:26, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [Mission] La fureur du drag-... de la fouine [PV Marie]   Lun 8 Mai - 15:20

La fureur du drag-... De la fouine.
feat Alban Abernaty


Marie observait.

Silencieuse, elle contemplait son Mangriff renvoyer les pièces de go qu'Alban lui lançait. Il s'en sortait plutôt bien, surtout pour une première fois, mais la Ranger ne se faisait pas pour autant de faux-espoirs. Nul doute qu'avec des serpillières dans les pattes et un seau sur la tête, le jeu allait devenir plus compliqué.

C'est plongée dans une profonde réflexion qu'elle écoutait les propositions du Voltali. A défaut d'être parfaitement honnête envers leur professeur, Alban avait le mérite d'être astucieux : les idées pour faciliter le travail de Sephiran semblaient fuser dans son esprit, idées auxquelles Marie se contentait systématiquement de répondre d'un bref hochement de tête approbatif. Les yeux rivés sur Sephiran, elle semblait presque ailleurs.

Ne vous y trompez pas, Marie écoutait bel et bien Alban. Seulement, une toute autre réflexion trottait également dans sa tête : comment faire usage des serpillières pour renvoyer convenablement les jetons ? Car, en plus de les renvoyer d'une manière complètement hasardeuse, Sephiran ne ferait que les arrêter dans leur élan et les dévier de quelques centimètres à peine de leur direction originelle. Avec ses griffes, plus rigides et plus dynamiques, il arrivait à un résultat bien plus convenable...

Les fameux torchons dans les mains, Marie ne remarqua la présence de Manjû à leur côté que lorsque Alban commença à signer à son attention. Même si son expression restait parfaitement neutre, elle éprouvait une certaine pointe de fierté de voir ainsi son élève mettre en pratique ses enseignements. D'ailleurs, ne lui avait-il pas posé des questions un peu plus tôt ? Suite à l'intervention de Sephiran, elle n'avait pas pensé à y répondre, mais puisqu'il était désormais occupé à s'entraîner... L'air de rien, elle prit donc la parole après avoir accepté d'un hochement de tête la nouvelle proposition du Voltali.

« -Tout dépend du degré d’affiliation entretenu avec votre interlocuteur.  » au regard légèrement perdu d'Alban, Marie réalisa que sa phrase était parfaitement hors-contexte  « Concernant la manière d'engager le dialogue, voulais-je dire. Avec un proche, il paraît naturel de se montrer tactile, mais un inconnu n'apprécierait certainement pas la chose. Contentez-vous de capter son regard d'un geste de la main. » elle détourna le regard, la main posée sur son menton, pensive « Un parallèle peut-être fait avec les procédés de salutation populaires. Envers un inconnu ou une personne de haut rang, il est de coutume de serrer la main, mais des gestes beaucoup moins formels peuvent être utilisés envers des personnes proches. » elle baissa sa main pour la porter à hauteur de la deuxième, et les entrechoqua l'une contre l'autre, de manière hasardeuse « J'ai observé au sein de notre propre académie un phénomène pour le moins étrange. Certains étudiants semblent avoir mis en place un rituel de salutation consistant en une série de gestuelle désordonnée et vide de sens. » elle arrêta de les mouvoir, et laissa passer un court silence « … Mais reproduite de manière parfaitement synchrone. Comme si la cohésion mutuelle seule importait. »

Marie semblait ne pas comprendre. Elle avait éternellement salué les gens avec une révérence polie – et de rigueur au sein de la haute société – sans que jamais l'idée de faire autrement ne lui vienne à l'esprit. Était-ce parce qu'elle n'en voyait pas l'utilité ? Ou alors... Elle ne se jugeait tout simplement pas assez proche de qui que ce soit pour entreprendre une telle démonstration amicale?

Bien que songeuse, un brusque retour à la réalité s'imposa lorsqu'une pièce de go vint percuter sa jambe. Arquant un sourcil surpris, Marie se baissa pour ramasser le jeton tombé à ses pieds, le regarda, puis observa son Mangriff. Il n'avait vraiment aucun mal à les renvoyer. Mais qu'en serait-il avec ces serpillières ? Souhaitant au plus vite une réponse, elle s'approcha de Sephiran, et s'accroupit une nouvelle fois devant lui. Après l'avoir gratifié d'une brève caresse sur la tête, elle lui demanda de montrer ses pattes, et posa au creux de ceux-ci les épais tissus. Le Pokémon referma son emprise dessus, et les garda fermement en main, avant de donner quelques coups dans le vide avec une expression se voulant féroce. On aurait dit un enfant jouant avec une épée en plastique... Mais ici, il s'agissait d'un entraînement se voulant « sérieux », aussi Sephiran se concentra bien rapidement quand vint le moment de relancer les pièces de go. Prenant cette fois-ci le rôle d'envoyeur, Marie jeta quelques pièces en direction de son Pokémon, d'abord calmement, puis en un geste beaucoup plus vif, comme elle avait l'habitude d'en faire avec son Casptick. Pour peu, on aurait cru qu'elle s'entraînait régulièrement à lancer des shurikens sur ses compagnons.

S'il parvenait d'abord à toucher les jetons en de grands gestes hasardeux, la tâche devint bien plus compliquée pour Sephiran dès lors que Marie commença à les envoyer dans des directions opposées. Elle fronça les sourcils. C'était bien ce qu'elle craignait : les serpillières n'avaient absolument pas la dynamique nécessaire pour exécuter des mouvements vifs et puissants. Leur longueur et l'absence de rigidité causaient un profond ralentissement au contact de l'air, et il était peu aisé de réaliser l'entraînement demandé dès lors que l'on intensifiait un peu l'exercice – ce qui s’avérait nécessaire, puisque celui-ci n'aurait absolument rien de physique sinon. Et ils étaient là pour mettre la matière grasse de Manjû à l'épreuve, non ? En lançant un regard en sa direction, Marie se demanda comment un Pokémon si nonchalant pouvait bien réussir le boulot demandé.

C'est alors qu'elle les vit. Les serpillières, aux pattes du Shaofouine. Enfin, évidemment que non, ce n'étaient pas des serpillières, mais plutôt une extension de la fourrure du Pokémon qui traînait au delà de ses pattes. Les Shaofouine se servent des longs poils sur leurs pattes antérieures pour fouetter leurs adversaires... Mais bien sûr ! Qu'est-ce qu'elle pouvait être sotte.

Elle coula un court regard en direction de Miyagi. Les exercices de ce vieux schnock faisaient preuve de toujours plus de profondeur que ce qu'elle imaginait. C'en était presque agaçant !

Des serpillières, en voilà une bien drôle d'idée, aussi ! Tout ceci n'avait en fait pour but que de reproduire à la perfection les mouvements combatifs des Shaofouine. Plus Manjû s'identifierait à son modèle, moins de mal il aura à reproduire l'entraînement demandé. Peut-être même que la reconnaissance de ses propres mouvements dans ceux du Mangriff le motiverait à agir ? Marie décréta qu'elle se moquait complètement de la réponse aussitôt que cette question lui vint à l'esprit : si Sephiran continuait ainsi de brasser l'air, jamais Manjû ne réalisera tout l’intérêt de l'entraînement, alors qu'elle cesse de se poser des interrogations inutiles et qu'elle passe à l'action, un peu!

Arrêtant purement et simplement le jet de pièces de go, elle se rapprocha de son Pokémon sans la moindre transition et s'accroupit à nouveau. Lui enlevant les serpillières des pattes, elle les plia en deux pour leur donner une longueur plus proche de celle des bras de Manjû, puis saisit délicatement les griffes de Sephiran... Pour planter les serpillières dessus. Voila. De quoi donner suffisamment de tonus à ses coups.

Après avoir ramassé à la va-vite les pièces éparpillées autour d'elle, Marie retourna auprès d'Alban et les lui tendit.

« -Tenez. Meian Auster peut directement passer à l'exercice pratique. Laissons juste quelques essais à Sephiran pour s'accoutumer à cette nouvelle gestuelle, puis passons à l'utilisation du seau. »

Laissant Alban donner les dernières consignes à Auster, ainsi que le signal de départ, elle attendit que Sephiran soit à nouveau en plein exercice pour expliciter son raisonnement.

« -Le véritable exercice résidera dans la gestion du seau. » elle regarda son camarade « Les serpillières ne servent qu'à imiter les pratiques martiales propres aux Shaofouine. Manjû devra de lui-même faire corps avec ses instincts de combat primitifs, et forcer sa posture afin de permettre le maintien du seau en plus de ses larges mouvements. Et s'il n'y parvient pas... » elle tourna la tête en direction de son Mangriff « … A nous de l'aider à rectifier le tir en fonction des observations faites sur Sephiran. » elle marqua une courte pause, puis baissa les yeux en un soupir « … Ce qui signifie que l'usage de Sécrétion pour maintenir le seau en place fausserait nos analyses. Et donc la réussite de Manjû. »

Traduction : ils ne pouvaient même pas tricher. Le Shaofouine-acteur-Brousse-Li-gras-du-bide-sourd-comme-un-pot un peu long comme surnom, je vous l'accorde n'était définitivement pas le seul dont les capacités étaient mises à l'épreuve... Les talents de coach et d'analystes d'Alban et Marie étaient pleinement réquisitionnés pour cet entraînement, et ça tombait bien, Marie n'avait rien d'une Coach. Il fallait espérer que ses capacités observatoires sauraient se montrer utiles... Qui donc était là pour voir ses compétences s'améliorer, déjà ? Et bien, pas que Manjû, apparemment.

Vint donc le moment de passer au seau. Lorsqu'elle saisit ce dernier, un détail fit tiquer la Mentali : devait-il être vide, ou rempli ?... Notant le contenu résolument inexistant du contenant, elle espéra que cette absence de liquide soit due à la volonté de leur maître, et revint vers Sephiran non sans jeter un regard prudent vers Miyagi. S'il la voyait mal faire, il se téléporterait instantanément derrière elle pour l'engueuler et au passage frapper Alban, mais Marie n'avait pas encore réalisé les supplices qu'enduraient son partenaire à sa place. Elle préférait donc s'assurer de son immobilité.

Pourtant, aucun mouvement. Avec une mine toujours aussi renfrognée, le vieu-vétéran pardon, continuait de les observer aux côtés de Springroll, le dos toujours courbé, et sa main caressant lentement sa longue barbe. Boooon, va pour le seau d'eau alors... Le posant sur la tête de son Mangriff, elle lui expliqua calmement qu'il devait bien le maintenir en place, tout en renvoyant les projectiles d'Auster. Puis elle se dirigea vers Manjû, et, captant son regard, signa brièvement quelques paroles.

[Le véritable contenu de l'entraînement va être dévoilé. Observe bien, et prends acte.]

Le Shaofouine hocha lentement la tête, puis se focalisa sur Sephiran. Le Mangriff, pas épuisé pour un sou (à l'inverse de sa dresseuse), fit un petit mouvement déterminé des bras pour inviter Auster à commencer le jet de pièces. Le Noctali s'exécuta, et envoya une première pièce de go, qu'il renvoya avec succès, puis une deuxième, qu'il renvoya également ; mais déjà, le seau basculait en avant et chutait sur ses pattes inférieures, ce qui fit arracher un petit gémissement douloureux au Mangriff qui se hâta de saisir son pied. Sauf qu'avec les serpillières au bout des griffes, il ne l'attrapa guère comme convenu, et commença à tituber vers l'arrière.

S'approchant dans leur dos, Michael passait inaperçu, les élèves trop concentrés sur le spectacle.

« -Alors, comment ça se passe par ic-AÏE ! »

Cherchant tant bien que mal à retrouver l'équilibre sur sa seule patte posée au sol, Sephiran a glissé sur un jeton de go, puis est tombé à terre, non pas sans avoir envoyé la pièce droit dans le front de Michael. Tournant lentement la tête en sa direction, Marie contemplait le pauvre homme en train de frotter la marque rouge sur son front, silencieuse, avant de sentir que quelqu'un tirait sur son kimono. Cette fois-ci, ce n'était pas Sephiran, mais Manjû, qui cherchait à avoir l'attention de la Mentali. Le Shaofouine semblait perplexe.

[Dois-je vraiment viser cet homme en renvoyant les projectiles ?... ] il glissa un bref regard en direction de Miyagi [Ne puis-je pas m'exercer sur celui-ci, plutôt ? Après tout, s'il est l'inventeur de cet entraînement...]

Marie lâcha un profond soupir. Sans plus se soucier de Michael (Elle décréta intérieurement qu'Alban saurait mieux s'occuper de lui qu'elle durant le reste du séjour), elle secoua la tête de droite à gauche en guise de réponse, puis signa à l'intention du Pokémon.

[L'entraînement consiste surtout à simplement renvoyer les projectiles, tout en maintenant le seau en équilibre sur ta tête.] elle regarda le Mangriff, toujours assis en se tenant la patte [Ce dont n'a pas été capable Sephiran.]

Délaissant le Shaofouine, elle se rapprocha de son Mangriff et l'aida à se relever. Le Pokémon tendit les bras pour un câlin, mais Marie le lui refusa d'un mouvement du doigt.

« -Tu dois d'abord parvenir à maintenir ce seau en place. Remémore toi bien les conseils d'Alban, et applique-les. »

Sephiran, visiblement très attristé de se voir ainsi interdire un câlin, hocha malgré tout la tête avec un air peiné. Cette expression fendait le cœur de sa dresseuse, qui lutta intérieurement pour ne pas le prendre dans ses bras. Avec Miyagi dans les parages, mieux valait pour elle qu'elle évite de congratuler un Pokémon venant lamentablement d'échouer un exercice. Et oui, Marie plaçait sa propre survie avant l'amour qu'elle portait à ses compagnons. Ou à Sephiran, plus précisément, étant donné qu'il n'y avait rien d'aberrant à la voir remballer Soren ou Sain.

Retournant une énième fois auprès d'Alban et d'Auster, elle attendit que le Mangriff remette convenablement le seau sur sa tête pour donner cette fois-ci le signal de départ. Ses yeux s'illuminant d'une lueur violette, le Noctali fit voleter devant lui l'une des pièces de go, qu'il commença à lancer en direction de Sephiran, lorsque la voix criarde de Miyagi résonna derrière eux.

« -QU'EST-CE QUE C'EST QUE CE BINZ ?! Pourquoi êtes-vous si lents ?!  »

Surpris, Auster dévia légèrement la trajectoire de la pièce, qui, au lieu de percuter la serpillière comme prévue par Sephiran, vint se loger dans son œil. Le Mangriff lâcha un gémissement bien plus audible que le dernier, et voulut se tenir le visage à l'aide de ses pattes, mais une fois de plus... Les bouts de tissus ornant ses griffes l'en empêchaient.

Poussant un râle énervé, Sephiran retroussa ses babines, et leva un regard furieux en direction d'Auster. Il lui avait fait mal. Il l'avait visé. Il l'avait fait exprès ! Il l'avait fait souffrir... Donc... Le seul châtiment possible... C'ETAIT LA MORT !

… Oui, Sephiran est légèrement susceptible.

Très remonté, le Mangriff lâcha un cri de rage, et se précipita vers Auster, les griffes... Euh, serpillières, en avant. Marie eut à peine le temps de froncer les sourcils, et d'ouvrir la bouche pour avertir le Noctali.

« -Attention ! »

Heureusement qu'Auster était du genre réactif. Se décalant d'un bond, le Noctali esquiva l'assaut du Mangriff, qui se retrouva à foncer droit sur... Manjû. Immobile, et ne réalisant que trop tard ce qu'il se passait, le Shaofouine aurait très certainement fini en charpie si Springroll n'avait pas bondi entre les deux, balayant Sephiran d'un revers du bras parfaitement exécuté. Le Mangriff fut éjecté en direction d'une caisse qu'il percuta, ce qui le sonna instantanément, pendant que Miyagi commençait (ou plutôt recommençait) d'ors et déjà à beugler sur ses disciples.

« -C'EST QUOI CE TRAVAIL ?! TIC ! Ce n'est pas la première fois que tes Pokémon n'ont font qu'à leur tête ! Quand est-ce que tu apprendras à les dresser convenablement ?! ET TAC ! Apprends donc à viser à ce chien galeux !  »

Croisant les bras, Marie ne sut retenir sa réponse.

« -Si vous n'étiez pas arrivés en un tel boucan, Auster n'aurait jamais été déstabilisé. » elle détourna le regard, vexée « De plus, je n'ai pas souvenir d'avoir ordonné à mon Pokémon de s'arrêter. Vous ne pouvez pas lui reprocher d'être désobéissant.  »

C'était plus par besoin d'opposition que par vérité que Marie disait cela. Elle savait parfaitement que Sephiran passait rapidement du petit ange doux et délicat qu'il était à un véritable démon cherchant à faire endurer les pires souffrances à ceux qu'il jugeait être ses ennemis. Et quand il était lancé... Le seul moyen qu'elle avait de l'arrêter était de le faire rentrer dans sa Pokéball. Elle avait donc de la chance de ne pas avoir eu à intervenir, sans quoi sa phrase aurait été parfaitement infondée.

Un peu moins quand on sait que c'est ce qui l'avait incitée à rétorquer à Miyagi.

… Décidément, la réadaptation allait être longue.


© Mzlle Alice.

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MessageSujet: Re: [Mission] La fureur du drag-... de la fouine [PV Marie]   Mer 24 Mai - 1:30




La fureur du drag-... de la fouine
Alban Abernaty & Marie R. Uana

Alors qu’il observait de nouveau Sephiran en train de faire des gestes souples avec ses pattes avant, Alban entendit la voix de Marie quelque part derrière lui. Plaît-il ? Il mit quelques secondes à comprendre à quoi elle faisait allusion… Ou soyons plutôt franc ; il ne comprit que lorsqu’elle lui resitua le contexte. Oooh. Hochant la tête lorsqu’elle lui expliqua les us et coutumes relatifs au fait de capter l’attention d’une personne malentendante, il nota mentalement toutes ces informations. Son parallèle avec le quotidien des personnes sans soucis d’audition était intelligent ; rapidement, le châtain pu tout à fait visualiser la situation. Il se figea néanmoins lorsqu’elle parla des phénomènes au sein de leur académie. Il ne fallut pas beaucoup de temps à Alban pour savoir exactement à quoi la Mentali faisait allusion.

- Tu parles du… check ? Genre…

Il échangea un regard avec Zéphyr, posé sur son épaule, puis tendit son poing vers lui. Le Goélise tapa sur sa main du bout des ailes, puis ils enchaînèrent une petite série de signes et de bruitages - dans la mesure du possible pour Zéphyr, qui n’avait pas non plus une super maniabilité avec ses ailes -. Il reporta ensuite son attention sur Marie avec un air entendu.

- … ce genre de choses ?

L’air de la Ranger sembla lui donner raison.

- Hmmm comment te dire… En fait, la signification est assez variable. Les gens peuvent s’en servir pour se dire bonjour, mais également pour montrer qu’ils sont sur la même longueur d’onde sur quelque chose. Tu vois, comme le fait de se taper dans la main l’un de l’autre quand on vient de faire une action sympathique à deux. Bref, chaque duo a sa propre gestuelle ; son propre « check » si tu veux. Et ces derniers peuvent être plus ou moins compliqués. Comme tu dis, ça montre qu’il y a une cohésion. Ça peut être un signe assez fort…

Il s’interrompit en sentant le regard de Maître Miyagi lui brûler l’arrière de la nuque. Hm ouais. S’il ne voulait pas que le vieux fou fasse un check en solo dans sa tronche, il valait mieux qu’il se remette au travail au plus vite. Il observa donc sa partenaire caler les serpillères entre les pattes de Sephiran, et passa le relai à Marie pour les projectiles.

L’exercice se poursuivit quelques minutes supplémentaires. Alban était plutôt sceptique du résultat. Autant, avec ses griffes, le Mangriff gardait une certaine dextérité. Autant avec les serpillères… il rencontrait de grosses difficultés à renvoyer les pièces de go et à coordonner ses mouvements opposés. Le châtain continua d’observer pour essayer de trouver la raison de ce manque de maîtrise. Avec ses griffes, le Pokémon de Marie avait pourtant fourni un travail plus qu’acceptable… A présent, il galérait. Pourquoi ?

Le Voltali vit enfin la préhension un peu hasardeuse du type Normal, ainsi que le fait que les serpillères ne faisaient surtout que frôler les pièces de go sans vraiment les renvoyer très loin. Contrairement aux griffes, la toile était trop légère. Par ailleurs, tenir des objets et utiliser ses membres ou extensions de ses membres étaient deux choses bien différentes. Pour pouvoir se servir correctement des serpillères, il fallait certainement que Sephiran les considères comme une extension de son propre corps. Mais pour faire ça…

Alban sursauta quand Marie passa à côté de lui. Curieux, il la regarda plier les morceaux de toile et les planter dans les griffes de Sephiran. Ce ne fut que lorsque le Mangriff leva ses pattes avant en laissant pendre les serpillères que le Coach comprit. Manjû. Les sortes de fouets accrochés aux pattes avant des Shaofouine. Parfait ! Enthousiaste quant à cette découverte, le jeune homme siffla Auster à la demande de Marie. Il ordonna ensuite à son Noctali de commencer par lancer quelques pièces à Sephiran, puis se rapprocha de la Ranger pour qu’ils puissent s’organiser.

- Oui, je viens de le comprendre grâce à ce que tu as fait avec les serpillères. Bon par contre, je ne sais pas pourquoi Maître Miyagi veut que Manjû s’entraîne avec ça vu qu’il pourrait directement utiliser les extensions de ses pattes mais bon… on ne va pas chercher, hein. Quant à la triche avec les Sécrétions, je suis d’accord. Je maintiens qu’il faudrait qu’on commence par faire des exercices uniquement avec le seau en sécurisant avec un harnais de Sécrétions pour gagner du temps par la suite mais si tu estimes qu’on peut s’en passer, on peut toujours essayer une première fois directement l’exercice final et aviser en fonction.

Marie ayant l’air de vouloir se passer d’une étape, Alban la laissa expliquer le tout à Sephiran. De son côté, il briefa Auster sur la suite des évènements. Il demanda également à Zéphyr de bien observer les positions du Mangriff afin de pouvoir pointer du doigt les éventuelles actions correctives. Du coin de l’œil, Alban vit Marie signer quelques phrases à l’égard de Manjû. Le Shaofouine rajusta légèrement sa position puis se mit à observer Sephiran. Bien. Au moins, il avait l’air plutôt motivé.

Auster se nimba d’une aura violette et il commença à envoyer les pièces vers le Mangriff. Le premier tir partit, suivi d’un second. Etrangement, Sephiran semblait bien s’en sortir, même avec un seau sur la tête. Mais, comme à chaque fois qu’Alban pensait quelque chose de positif, on s’empressait de lui envoyer une preuve du contraire.

Le seau sur la tête du Mangriff bascula dangereusement et le Pokémon essaya de le rattraper. Sans succès. Il ne parvint qu’à se le faire tomber sur le pied, ce qui le fit sautiller et... trébucher en arrière. Sa patte glissa sur ce qui semblait être une pièce de go, et le projectile fut envoyé à quelques mètres d’eux… pile sur le front de Michael. Aoutch. Mais qu’est-ce qu’il foutait là celui-là, aussi ?! Avec un air catastrophé, le Voltali se précipita vers leur tuteur de Mission, laissant à Marie le soin de s’occuper de son Pokémon.

- Vous allez bien ? demanda-t-il, les sourcils froncés d’inquiétude.

L’homme se frotta le front, les yeux fermés férocement comme pour faire passer la douleur. Alban fit un signe à Auster qui vint trottiner jusqu’à eux. Doucement, il lui demanda d’utiliser un Rayon Lune pour essayer de soulager un peu Michael. Même s’il se doutait que ça ne faisait pas si mal que ça, il se sentait un peu coupable de leur négligence. En même temps, quelle idée de venir dans leur dos sans signaler sa présence…

- Oui, oui, ne t’inquiète pas. Alors, comme ça se passe, du coup ?
- Heu. On avance, on va dire.

Michael lui adressa un sourire encourageant et lui tapota doucement l’épaule. Puis, voyant que Maître Miyagi les regardait comme s’il voulait tous les rouler en makis, il se précipita vers l’entraîneur pour essayer de détourner son attention. Merci Michael. On se souviendra de toi longtemps.

Se reconcentrant sur l’exercice, Alban attendit que Sephiran ait achevé la première phase pour demander à Auster d’envoyer la première pièce. Le type Ténèbres se concentra, puis s’exécuta. La trajectoire était plutôt belle, de l’avis d’Alban. Les serpillères du Mangriff étaient parfaitement placées pour renvoyer le projectile, et…

- QU’EST-CE QUE C’EST QUE CE BINZ ?! Pourquoi êtes-vous si lents ?!

… nope. Déconcentré par l’intervention aussi bruyante que désagréable de Maître Miyagi, Auster dévia de sa trajectoire et envoya la pièce de go se loger directement dans l’œil de Sephiran. Le Mangriff poussa un petit cri de douleur, se colla la serpillère dans le visage puis reporta son attention sur Auster. Oh-oh. A son regard, Alban vit qu’il y avait de la colère. Et pas forcément dirigée vers la bonne personne. Il mit quelques fractions de secondes à réagir au son d’alerte de Marie. Par chance, Auster esquiva souplement l’attaque de Sephiran - qui n’aurait pas été bien dévastatrice puisque ses griffes étaient neutralisées, mais tout de même… -. Dans sa course, le Pokémon de Marie continua cependant de foncer droit sur Manjû.

- Hélios !

Un Abri se déclencha automatiquement, formant comme un dôme protecteur et à peine visible autour de Manjû. Dans le même temps, Springroll s’interposa entre Sephiran et leur sujet, puis envoya rouler le premier au sol d’un mouvement aussi souple qu’implacable. Le Mangriff fut projeté vers une caisse et Alban ferma un œil. Puisque son premier Abri venait de se déclencher, Hélios ne pouvait pas en recréer un aussitôt pour éviter la mauvaise chute à Sephiran. Dans un fracas assourdissant, le furet renversa quelques objets et resta au sol, légèrement sonné.

Alban aurait bien aimé qu’Hélios ne gaspille pas son Abri pour l’utiliser plutôt autour de ses oreilles. Les hurlements de Maître Miyagi se répercutèrent sur tout le plateau de tournage. Le châtain aurait souhaité lever les yeux quant aux remontrances envers Auster et lui, mais il n’en eut même pas la force. Droit comme un piquet, il essuyait le sermon injuste de son ex mentor. Allons bon ! Auster savait excellemment bien viser. Ce vieil idiot ne se rendait-il pas compte que c’était LUI le déclencheur de tout ce bordel ?! Visiblement non. L’idée ne lui avait même pas traversé l’esprit.

Marie se montra cependant bien moins mesurée qu’Alban dans son attitude. Bras croisés, elle tint tête à Maître Miyagi, pointant du doigt le fait que tout ça était à cause de lui. Wow. Alban fut impressionné par son courage. Lui, n’aurait jamais osé dire tout ça au vieux schnock… Bon. Marie ne risquait pas vraiment de se prendre un coup sur le haut du crâne, ce qui la rendait peut-être un peu plus téméraire mais… il admirait tout de même la prise d’initiative.

Furieux, Maître Miyagi voulut ouvrir la bouche pour répliquer - qu'il n’avait pas fini, probablement -, lorsque les portes s’ouvrirent à la volée. Les trois humains ainsi que les Pokémon autour d’eux se retournèrent immédiatement pour voir débarquer… well… une bien étrange procession.

- C’est qui, tout ça ? demanda Alban, son attention à présent totalement détournée de la dispute entre Maître Miyagi et Marie.

Il sentit le vieillard se tendre à côté de lui, et entendit les bruits de pas précipités de Michael qui accourait vers eux. Pendant ce temps, les nouveaux arrivants se dirigeaient fièrement vers le groupe, menés par un homme grand et baraqué dans une tenue qu’Alban aurait qualifiée de « cool ». Quand ils furent assez près pour que le châtain puisse bien discerner tous les visages, celui-ci dû admettre qu’il était bien en face de ce à quoi il pensait.

Il y avait bien une quinzaine de Yanma qui se tenait en vol stationnaire, bourdonnant au possible en faisant un vacarme de tous les diables. Les types Insectes avaient tous à peu près la même apparence, et ils étaient vêtus de sortes de débardeurs blancs ou noirs. Ils se tenaient docilement derrière celui qui devait être leur dresseur ou entraîneur, et Alban avait un peu du mal à comprendre qui ils étaient…

- Les Yanmakasi… murmura Michael à côté de lui.

Wut. C’était quoi ce jeu de mot bien bidon ? Il n’eut cependant pas le temps de demander plus d’explications car le dresseur, après avoir jeté un coup d’œil aux environs, éclata d’un rire tonitruant.

- BWAHAHAHAHA ! Ben alors comme ça, l’entraînement de ce gros tas n’avance toujours pas ? Je vous préviens que de mon côté, tout se passe à merveille. Mon équipe est toujours aussi performante, si ce n’est plus… Démonstration ?

Il claqua des doigts et les différents Yanma, dans une synchronisation parfaite, se mirent à exécuter de difficiles figures acrobatiques. Le ballet, déjà impressionnant, était en plus accompagné de prises d’arts martiaux complexes. En outre, l’entraîneur des Yanmakasi faisait des bruitages dignes de Brousse Li pour doubler en quelques sortes ses protégés. Même si c'était parfaitement ridicule et too much, Alban ne fit aucun commentaire. Il déglutit simplement, se rendant compte du fossé entre Manjû et ces Pokémon. L'entraîneur cool finit par taper son poing contre sa paume tendue et ses Yanma se replacèrent dans un ordre parfait. Wow.

- Je n’ai pas besoin de vous rappeler notre arrangement Monsieur Baight, n’est-ce pas ? Et je n’ai pas besoin de vous brandir un calendrier sous le nez pour vous rappeler la date non plus, hein ? L’entraînement de cette grosse brioche est censé prendre fin demain. Si d’ici là il n’y a pas de résultats, eh bien… nous prendrons la vedette !

Il éclata d’un nouveau rire tonitruant puis claqua des doigts. Il sortit ensuite du plateau de tournage, ses Yanmakasi sur les talons. Tout le monde était silencieux dans la salle. Même Maître Miyagi semblait ne pas avoir envie de dire quoi que ce soit. Les poings serrés, il observait d’un air méchant la porte derrière laquelle le type et ses Yanma venaient de disparaître. Alban hésitait entre penser que son ex entraîneur voulait réduire la porte en cendre rien qu'avec son regard, et se demander s'il était constipé.

Michael, à côté d’eux, soupira.

- Heu… Qui était-ce ? osa demander Alban.

A sa grande surprise, Maître Miyagi ne lui hurla même pas sa fameuse phrase fétiche à l’oreille. A la place, Michael leur fit face pour des explications.

- Hm, c’est un peu compliqué et je ne voulais pas vous tracasser plus avec ça donc je ne vous en avais pas parlé avant. Mais je pense que des explications s’imposent. Ce gars que vous venez de voir, c’est Sam Ouraï. C’est un entraîneur très célèbre dans les films d’actions de la région de Kalos. Pas forcément connu ici, il a pourtant une excellente notoriété dans le Pokéwood. Ses Yanmakasi - des Yanma yamakasi, comme vous avez pu le deviner - jouent souvent les rôles de méchants dans les films d’arts martiaux. Ce sont de très bons cascadeurs. Néanmoins, Sam Ouraï en a eu assez que ses Yanma aient sans cesse les rôles de méchants et il a quitté la profession parce que personne ne voulait d’eux comme héros. Néanmoins, Clean voulait ABSOLUMENT d’eux dans son film. Il ne voulait rien entendre, donc j’ai comme qui dirait heu… trouvé une sorte d’arrangement pour inciter Sam à venir…

Alban sentait venir le plan foireux. Oh oui, il le sentait bien bien fort.

- Sam refuse de faire les scènes de combat en simulé. C’est-à-dire qu’il veut que ce soit du « réel ». Sauf qu’il ne veut pas que ses Yanma se retiennent. De ce fait, si Manjû n’est pas capable de les battre en duel demain soir, dernier délai d’entraînement, les rôles seront inversés et les Yanmakasi seront les stars du film… Le problème qui se pose, c’est que Clean ne sera ABSOLUMENT pas d’accord avec ce revirement de casting. Et du coup, si on n’arrive pas à battre Sam Ouraï demain soir, on peut dire adieu au film et mettre la clé sous la porte…

Ah ben oui, c’était donc bien un plan foireux. Il ne s’était pas trompé.

- Attendez... ça veut dire que même si on arrive à rendre sa forme à Manjû, mais qu’il perd son duel de demain… nos efforts n’auront servi à rien puisqu’il ne sera pas le héros du film et que ce dernier sera de toute façon annulé ?

Michael soupira de nouveau et pinça la zone entre ses deux yeux, l’air incroyablement fatigué.

- Oui. En gros, c’est ça. C’est pour ça qu’on est en situation de crise et qu’on a absolument besoin de vous. Je vous en prie… Il faut que Manjû puisse être la star du film et-
- JE N’AI PAS FINI ! beugla Maître Miyagi.

Tout le monde sursauta. Erf. Alban avait PRESQUE failli oublier sa présence, l’espace d’un instant. S’éloignant par réflexe du fou furieux, il haussa un sourcil poli.

- Nous n’avons que trop perdu de temps. Dépêchez-vous de finir cet exercice et nous passeront au suivant. ALLEZ, QU’EST-CE QUE VOUS ATTENDEZ ?!!

Il fit de grands gestes et s’éloigna, soutenu par Springroll. Alban leva les yeux au ciel puis, après que Michael soit parti, il se tourna vers Marie.

- Ok Marie, la situation est plus critique que je ne le pensais. Comment va Sephiran ? Il est calmé ? Tu penses qu’on peut être en mesure de continuer l’exercice, ou on trouve un plan B ?

S’il y avait quelque chose de pire que de passer un week-end à souffrir auprès de Maître Miyagi, c’était passer un week-end à souffrir auprès de Maître Miyagi POUR RIEN. Et Alban n’allait certainement pas laisser tout ça se produire. Il fallait qu’ils fassent de leur mieux pour que Manjû soit capable de se battre seul contre les Yanma, demain soir… Mais d’ailleurs… Comment se portait le Shaofouine ?

Laissant à Marie le soin de vérifier l’état de Sephiran, Alban s’enquit rapidement de celui de son sujet du week-end.

(Manjû ? Comment vas-tu ? Pas trop secoué ?) signa-t-il.

Le Shaofouine hocha la tête et montra le lot de produits ménagers, sur le côté.

(Non, tout va bien. Mais je crois avoir compris l’exercice, et je pense être capable de renvoyer les pièces. Pour le seau, je ne sais pas, il faut que j’essaye… Est-ce que je peux commencer à m’entraîner ?)
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MessageSujet: Re: [Mission] La fureur du drag-... de la fouine [PV Marie]   Mar 30 Mai - 20:20

La fureur du drag-... De la fouine.
feat Alban Abernaty


Marie fulminait.

Ayant détourné le regard, elle levait les yeux avec dédain. Rares étaient les fois où elle osait se montrer hautaine envers Miyagi ; à vrai dire, elle n'était plus certaine de se souvenir de la dernière fois qu'elle l'avait fait. Peut-être avait-elle volontairement effacé ce passage de sa mémoire suite au savon que lui avait passé, et que lui passera sans doute, son mentor...

Pourtant, rien ne vint. Miyagi avait-il enfin concédé à écouter leurs peines ? Pas des moindres. S'il s'était tu, ce n'était non pas volontairement, mais par obligation : un fracas retentissant parvint jusqu'aux oreilles des protagonistes, qui tournèrent, d'un seul mouvement, la tête en direction des portes du studio. Désormais grandes ouvertes, et s'immobilisant de manière parfaitement illogique contre le mur au lieu de rebondir dessus et d'aller se fracasser contre les nouveaux arrivants la scène rendrait moins bien sinon, les portes firent place à un homme, entouré de toute une horde de Yanma, qui ne tarda pas à s'avancer dans leur direction.

Marie haussa un sourcil, sceptique par cette arrivée plus tape à l'oeil qu'autre chose, et ne remarqua la soudaine tension qui habitait Miyagi que lorsque Alban voulut s'enquérir de l'identité de cette personne. Et ce fut Michael, qui, arrivant au quart de tour, répondit à l'interrogation du jeune homme. Il s'agissait des... Yanma-quasi ? Comment ça ? Ils n'étaient que « quasiment » des Yanma ? Genre, c'étaient des Yanma... Incomplets ? Peut-être le fruit d'une expérience de clonage s'étant soldée par un échec... Bien étrange, cette histoire...

La réflexion, tout à fait cohérente et probable, de Marie fut alors interrompue par les premières paroles du dresseur. Éclatant soudainement de rire, sans que la Mentali ne puisse comprendre ce qu'il pouvait bien trouver d'hilarant (il ne se moquait pas de leurs tenues, quand même?), l'homme évoqua l'entraînement de Manjû, avant d'étaler aux yeux de tous les fruits de ses propres performances. S’exécutant dans une harmonie presque parfaite, les « Yanma-quasi » effectuèrent toute sorte de figures impressionnantes qui, même si leur utilité combative restait à démontrer, offraient tout de même un spectacle étonnant et certainement divertissant. Il suffit alors d'un geste sec de la part de l'entraîneur pour qu'ils cessent tout mouvement, et se replacent dans une position parfaitement ordonnée.

Bien que peu ébahie, Marie se devait de reconnaître que cet homme était sans nul doute un grand entraîneur. Être capable de faire preuve d'une telle autorité sur autant de Pokémon... C'était bien là la preuve d'une grande discipline et d'un savoir-faire certain.

Après avoir rappelé à Michael les termes et l’échéance d'un supposé contrat obscur, il s'en alla, dans un nouveau rire, et sans que la Mentali ne comprenne réellement ce qu'il venait de se passer. Il était venu pour faire quoi, au final ? Il voulait juste montrer l'avancée de son entraînement ? Ou celle de Manjû ? C'était bien aimable de sa part, de vouloir s'enquérir de l'état de celui qui était, vraisemblablement, son adversaire, mais il ne leur avait pas vraiment laissé le temps de répondre...

Michael, visiblement désemparé, lâcha un soupir bien audible, avant de s'approcher des deux adolescents suite à la question d'Alban. Ah, ça allait être l'heure des explications.

Cet homme, répondant à la douce appellation de Sam Ouraï, est un célèbre entraîneur de Pokémon acteurs. Ses Yanma-quasi, qui sont en vérité des Yanmakasi, car des Yanma yamakasi, et donc des Yanma dont Marie ne comprenait toujours pas la particularité, devaient tenir un rôle secondaire dans le film sur lequel ils travaillaient actuellement, ce qui n'était hélas pas de l'avis de Sam. L'homme souhaitait que ses Pokémon aient le premier rôle, et puisque Clean tenait absolument au contraire, Michael n'eut d'autres choix que de trouver un arrangement pour le moins... Particulier. Bon sang, c'était toujours aussi compliqué, l'élaboration d'un film ? Marie ne verrait plus jamais les rares documentaires animaliers qu'elle regardait sous le même œil...

Dooooonc, si on résumait bien, ils devaient entraîner Manjû pour qu'il puisse 1) tenir le premier rôle du film correctement 2) battre ces Yanma-hamac-quasi-chaipakoi en combat singulier... Et ce même s'il n'y avait rien de singulier à devoir combattre tout seul contre quinze adversaires 3) mettre en corrélation ces deux derniers points pour offrir un affrontement réaliste pendant la séquence de combat, le tout en un délai de... Deux jours ? Un et demi, vu le temps restant ?... Boooooooon...

Marie passa une main sur son front, et secoua la tête de droite à gauche. Vraiment, pourquoi TOUT devait être TOUJOURS si compliqué ? Bah parce que sinon la narration serait inintéressante, pardi.

Lorsque Miyagi se manifesta enfin, elle se contenta de relever la tête en sa direction, ayant oublié qu'ils étaient en pleine altercation il y a quelques minutes à peine, et lâcha un profond soupir résigné. Ouais, ils allaient devoir travailler dur... Quelle déveine. La Mentali commença même à entrevoir le risque de ne pas dormir cette nuit afin de gagner un maximum de temps.

Alban vint rapidement confirmer ses propres craintes, et prendre des nouvelles de Sephiran. Marie eut l’air étonné. Tiens, c'est vrai, elle avait complètement oublié son Pokémon. Tournant la tête en direction des caisses précédemment percutées par le Mangriff, elle vit que ce dernier commençait tout juste à se relever, se maintenant néanmoins le sommet du crâne en une grimace douloureuse. Le visage placide, la Ranger fit un bref diagnostic.

« -... Tout ira bien. » elle se tourna vers Alban « Veuillez excusez sa soudaine colère, Sephiran peut parfois paraître quelque peu... Susceptible. Bien que cela soit tout bonnement impardonnable, je crains que cela ne s'inscrive dans une réaction logique compte tenu de la présence d'une Séviper dans son entourage. C'est une façon pour lui d'être toujours apte à répliquer, je suppose. Vous présenterez mes excuses à Auster. »

Se détournant, elle rejoignit son Pokémon en quelques pas, et s'accroupit à sa hauteur. Sephiran réclama aussitôt un nouveau câlin lorsqu'il vit sa dresseuse arriver, mais cette dernière, après une courte hésitation, le lui refusa encore d'un mouvement de la tête. Le Mangriff parut renfrogné, presque remonté, mais les quelques paroles de Marie l'incitèrent aussitôt à se ratatiner sur lui-même.

« -Sephiran, je ne peux tolérer un tel comportement. » elle glissa une œillade en direction d'Alban « … Pas envers une personne n'étant clairement pas un ennemi, du moins. » elle regarda son Pokémon et fronça les sourcils « Dans tous les cas, ta réaction était parfaitement inappropriée et démesurée. Tâche de faire preuve de plus de retenu, à l'avenir. Et si tu récidives... Je me verrai dans l'obligation de te punir.  »

Sephiran baissa les yeux, honteux. Il avait déçu sa dresseuse. Ce n'était pas souvent qu'elle lui faisait des remontrances. Piétinant sur place, et entrechoquant ses griffes avec un air intimidé, il tenta de couler un piteux regard en sa direction. Il n'échappa pas à Marie, mais celle-ci maintint une expression ferme... Avant de baisser les yeux en un soupir. Silencieuse, elle fixa quelques instants la mine dépitée du Pokémon, avant de lui tendre doucement les bras.

« -... D'accord. Viens. »

Ne cachant pas sa joie, le Mangriff alla se réfugier dans l'étreinte de Marie presque immédiatement. Il ne se souciait plus vraiment des serpillières se trouvant au bout de ses pattes, et frotta son museau contre le kimono de sa maîtresse avec un air satisfait. La jeune fille tenta malgré tout de calmer sa joie. Faudrait pas non plus qu'il soit trop heureux, oh.

« -Mais prends garde, tu as tout intérêt à te montrer obéissant pour le reste de la mission, d'accord ? Sinon, tu me verras obligée de faire appel à Sully. »

Sephiran se tendit aussitôt qu'il entendit le surnom de la Séviper. Si Marie ne venait pas tout juste de le sermonner, nul doute qu'il aurait été un peu moins vigilant et aurait involontairement planté ses griffes dans la tenue de la Mentali. Néanmoins, la sensation de la main de sa dresseuse caressant son pelage l'aida à se détendre un peu, sans pour autant qu'il n'oublie la menace qui planerait au dessus de lui en cas de nouvel échec. Le message était passé.

Se détachant de lui-même, Sephiran revint auprès d'Alban avec une expression plus déterminée. Marie, après un regard satisfait en direction de son Pokémon, fit de même, et retourna auprès de son partenaire en un rien de temps. Elle remarqua que ce dernier avait aidé Manjû à débuter l'entraînement, et se fit surprendre à penser que cette mission n'était peut-être pas aussi désespérée que ça. Après tout, il n'était pas question de faire perdre à Manjû son immense bedaine -cela risquait d'être difficile en seulement 48h-, mais seulement de le préparer physiquement à un tournage et à un affrontement... Ce qui revenait un peu au même, finalement, non ? Puisque ce n'étaient pas eux qui allaient assumer la gestion du tournage, ils devaient simplement le remettre en forme... Et n'était-ce pas ce qu'ils avaient fait, lors de leur première mission ? Entraîner des Pokémon pour un combat fatidique en quelques jours seulement ?... Certes, c'étaient des Pokémon déjà entraînés et moins... Grassouillets, dira-t-on, mais.... Eh, attendez, Manjû, lui, IL PARLE ! Le langage des signes, certes, mais quand même ! Ça change... Tout ! Absolument tout ! Genre euh... Bref, c'est génial !

« -Avez-vous conversé avec lui des tenants et aboutissants de son rôle au sein de la réalisation du film ?  » … Non, apparemment, Alban avait préféré se soucier de détails aussi futiles tels que l'état de santé du Pokémon « Je ne sais point s'il est au courant, mais cela pourrait peut-être le motiver. Dépendamment de l'importance qu'il accorde au succès de toute cette entreprise, évidemment...  »

Marie vint à se questionner sur la présence du Shaofouine sur les lieux. Enfin, la question qu'elle se posait n'était pas tant pourquoi, mais comment : il avait évoqué son dresseur, précédemment, faisait-il parti de l'équipe de tournage ? Un ami de Clean ? Il avait inscris son Pokémon au casting par besoin financiers ? Ou Manjû désirait de lui-même être l'acteur vedette de ce film ?... Quand on voyait l'allure nonchalante et molle du Pokémon, difficile de penser que celui-ci était là de son plein gré...

Enfin, il n'y avait pas plus de temps à perdre. Manjû semblait prêt à se mettre au boulot, c'était tout ce qui importait ! Avisant Sephiran, le Shaofouine tenta de reproduire sa posture, corrigé par les remarques d'Alban, et s'entraîna à la maintenir tout en gardant le seau en équilibre sur sa tête. Bien vite, la contrainte qu'offrait sa surdité se fit plus évidente : souvent, on pouvait être tenté de le rectifier à haute voix, mais son incapacité à entendre quoi que ce soit revenait alors à l'esprit des deux adolescents qui devaient ensuite faire de larges mouvements pour capter son regard. Les explications qui venaient après n'étaient pas non plus évidentes à communiquer, mais heureusement, Sephiran était là pour montrer comment faire dans les détails...

Cela faisait vraiment longtemps que Marie n'avait pas communiqué en présence d'une personne sourde, et étrangement... Elle éprouvait une pointe de plaisir à s'y réessayer. Incalculable était le nombre d'enseignement que ses parents adoptifs avaient tenté de lui inculquer, tout autant étaient ceux qu'elle avait oublié suite à son arrivée à l'académie.... Peut-être devrait-elle tenter de s'y intéresser à nouveau afin que tous ses efforts passés n'eurent été vains... Et puis, cela lui permettrait de s'occuper dans ses longs instants de solitude et de silence. La lecture et l'aquarelle, c'était bien gentil, mais il lui faudrait bien un jour trouver d'autres activités...

Après quelques minutes et de multiples tentatives, Manjû parvint à garder le seau en parfait équilibre sur le sommet de son crâne. Saisissant les serpillières, il fit quelques larges mouvements des pattes, imitant certains gestes de Sephiran, et frappa dans le vide, comme s'il s'imaginait en train de renvoyer les pièces de go. Marie échangea un regard avec Alban. Auster allait pouvoir reprendre son rôle de lanceur. Et pour cette fois-ci, la Ranger jugea que Sephiran ne serait de plus aucune utilité : le Shaofouine était capable de faire de grands gestes avec les serpillières tout en maintenant le seau en position, il ne lui restait plus qu'à apprendre à viser.

Le temps qu'Alban réunisse les pièces, Marie voulut s'enquérir de quelque chose auprès de Manjû. Elle se rapprocha du Shaofouine, qui en profitait pour faire une pause, et attendit patiemment qu'il remarque sa présence pour prendre la parole.

[Désolée de te déranger, mais j'aimerais savoir... T'exerces-tu parfois aux combats Pokémon ?]

N'ayant pas trop envie de se fatiguer à faire des signes, Manjû se contenta de faire non de la tête, avant de la pencher avec un air interrogateur. Marie s'accroupit, et désigna les longs poils d'une de ses pattes antérieures.

[Les Pokémon de ton espèce se servent de cela pour affronter leurs adversaires. Je ne sais point qui du tournage ou de l'affrontement à venir cet entraînement est censé le plus servir, mais dans tous les cas, sache qu'il s'agit pour toi d'un excellent moyen de retrouver des postures combatives primitives.]

C'était plus par conseil personnel que par intérêt pour le reste de la mission que Marie en informait Manjû. Après tout, que le film se fasse ou pas, elle à la fin, elle s'en moquait un peu. Elle serait payée dans tous les cas, non ?... Quoique, si l'échec de la mission implique l'absence de film et donc la fermeture des studios... Alors ce dernier n'aurait peut-être pas de quoi la rémunérer ?! Hmm, voilà qui était problématique. Non seulement elle était là de son plein gré, mais en plus elle devrait travailler BENEVOLEMENT ? Ce n'était absolument pas rentable ! Si encore cette mission avait un intérêt quelconque vis-à-vis de sa carrière de Ranger, pourquoi pas, mais ce n'était absolument pas le cas... Sauf si elle envisageait de se reconvertir dans l'entraînement de célébrités, à la limite... Mais c'était peut-être aller un peu trop loin pour rentabiliser un seul week-end...

Se relevant, elle retourna auprès d'Alban, et fit signe à Sephiran de la suivre. Lui retirant les serpillières des pattes, elle gratifia le Pokémon d'une petite caresse sur la tête, puis se tourna vers Manjû pour voir comment il allait s'en sortir.

Auster commença à lui envoyer les jetons, et, les serpillières bien dans les pattes, Manjû tenta de les renvoyer. A l'inverse de Sephiran, ce n'était non pas l'équilibre du seau qui lui posa problème, mais bien la visée : on constatait sans trop de mal que les réflexes du Shaofouine laissaient à désirer, et que celui-ci n'avait effectivement pas combattu depuis un petit moment. Néanmoins, il n'était pas au bord de l'épuisement pour autant, puisque, grâce au travail que Miyagi avait effectuée en amont, Manjû parvenait à tenir le rythme. Au final, il allait surtout être question de perfectionner sa gestuelle... Ils allaient donc devoir l'entraîner pour le préparer à un entraînement visant à le préparer à un match ?...  Ouais, ok, je pars peut-être un peu trop loin.

Le Noctali d'Alban aidait énormément. Après que le Voltali, soutenu par son Goélise, remarquait les angles et les trajectoires pour lesquels Manjû avait le plus de mal, Auster habituait aussitôt le Shaofouine à ceux-ci en renvoyant des pièces selon un chemin similaire. D'abord plus lentement, pour lui laisser le temps de réagir et de s'entraîner au mouvement, puis plus rapidement, avant d’enchaîner en balançant quelques jetons dans une direction totalement opposée afin que le tout l'entraîne à réagir au moindre jet.

Marie ne faisait pas grand chose, elle se contentait d'observer et de faire part des quelques rectifications qu'elle pouvait remarquer. Elle était bien loin de s'en offusquer, après tout, moins elle en faisait et moins elle s'épuiserait pour la suite – d'autant plus qu'elle sentait encore la lourdeur de ses muscles, et que ce semblant d'inactivité lui permettait de ne pas trop se surmener. Vraiment, ces studios avaient choisi le pire moment pour faire appel à elle ! Si elle avait  au moins su ce qui l'attendait ce week-end, elle aurait fait un peu plus attention à son activité physique.

L'entraînement se passait sans trop de soucis, et il aurait pu continuer longtemps si une voix inconnue ne les avait pas brusquement interrompus.

« -.... MAIS OUI ! C'EST CA ! C'EST CA CE QU'IL ME MANQUAIT! »

Se retournant, Marie et Alban virent arriver vers eux un vieil homme, plutôt grand, avec le sommet du front complètement dégarni et de cours cheveux blancs. Une petite paire de lunettes sur le nez, les yeux plissés, et un énorme cahier dans les mains, il se rapprocha des deux adolescents sans toutefois les regarder : son attention semblait complètement captivée par Manjû, qui continuait de renvoyer des pièces de go.

« -... Voyons, à quoi avons-nous le droit cette fois-ci ? »

Marie ne put retenir la pensée qui lui traversa à l'esprit, mais heureusement, l'adulte n'avait absolument pas entendu ses paroles. Saisissant un stylo de la poche avant de son costard, il commença à griffonner mécaniquement sur son bloc-note tout en s'exprimant à voix haute.

« -Alors que le vaillant Brousse Li décide de se détendre chez son stand de nouille préféré, le gang des Yanmakasi tente de mettre fin à ses jours en l'attaquant avec une quantité astronomique de shuriken. Mais voilà que Brousse, réagissant au quart de tour, attrape les deux banderoles accrochées au stand et commence à renvoyer tour à tour les shurikens en des mouvements vifs et précis ! Il pourrait aussi se servir du bol de ramen pour intercepter certains des projectiles et les renvoyer via un effet de rotation tandis que le four du restaurateur explose à l'arrière à cause de... »

La Mentali ne comprit pas un traître mot de ce qu'il racontait. Enfin, si, elle avait bien compris qu'il avait évoqué les Yanma Mc. Assis, mais du coup, ça ne l'avançait pas à grand chose. Droite comme un piquet, elle jeta un coup d’œil un peu perdu à Alban, puis osa prendre la parole.

« -... Et vous êtes ? »

L'homme sembla tout juste remarquer leur présence, et interrompit sa folle rédaction pour observer les deux énergumènes qui venaient de capter son attention. Il se baissa un peu, plissa encore plus les yeux, et remit ses lunettes en position pour tenter de mieux voir à qui il s'adressait. Soudain, son visage sembla s'éclaircir, et... Il prit Marie dans ses bras.

« -Salomé ! Cela fait une éternité! Tu es venue avec la masseuse ? Comment tu vas ? Toujours aussi belle à ce que je v-
-V-v-ous, vous faîtes erreur ! »

Gênée, elle repoussa l'adulte d'un mouvement ferme. Celui-ci, légèrement déstabilisé, fronça les sourcils dans un ultime effort pour se concentrer sur ce qu'il voyait.

« -Comment ça ? Vous n'êtes pas Salomé ?
-N-non ! Je me nomme Marie Rosalina Uana, et moi et mon ami ici présent sommes venus assister Maître Miyagi dans l'entraînement de Manjû.  »

Marie désigna Alban, et aussitôt, le vieil homme saisit sa main pour la secouer vivement en guise de salutation.

« -Enchanté, mademoiselle ! » il lâcha la main d'Alban et se tourna vers Marie «  Veuillez excuser mon comportement, je souffre de légers problèmes de vision... Appelez-moi Clean. Dîtes-moi, qui est ce Manjû dont vous parlez ? Je ne me souviens pas avoir fait appel à un acteur de ce nom....
-Mon... Monsieur Histwoud ?! »

Débarquant à vive allure, Michael, qui n'avait décidément pas le droit à une minute de répit, accourut auprès de celui qui semblait être le réalisateur du film.

« -Mais que faîtes-vous ici ?! Je croyais que vous étiez absent pour la journée et que...
-Ooooh ! Michael ! Regardez ça ! » il lui montra le bloc note sur lequel il venait de griffonner « En voyant ce cher Brousse s'exercer aux arts martiaux, j'ai eu une idée pour la scène manquante entre l’échappé du héros de l'usine à tacos et sa vendetta contre le gang des Yanmakasi...
-C'-c'est... C'est superbe, monsieur, mais peut-être feriez-vous mieux de réfléchir à tout ça ailleurs et de laisser ces jeunes gens tranquilles, vous ne croyez pas ?
-Oh ! Il est vrai ! Pardonnez moi ! Je ne voulais surtout pas déranger Brousse ! Je m'en vais, les jeunettes, je vous laisse faire de lui un acteur hors pair ! »

Saluant vivement d'un geste de la main les deux élèves, Clean repartit presque aussi vite qu'il était arrivé. Michael passa une main sur son front, et se tourna vers eux.

« -... Au cas où vous ne l'auriez pas encore compris, voici Clean T. Histwoud, notre réalisateur. Hum, désolé pour le dérangement qu'il a pu provoquer... L'entraînement avance bien ?  »

La Mentali, qui jugea judicieux d'effacer cette étrange scène de sa mémoire, jeta un bref coup d’œil en direction de Manjû, avant de répondre de sa voix monocorde habituelle.

« -Il arrivera à reproduire parfaitement l'exercice d'ici peu. Nous devrions bientôt pouvoir en informer Maître Miyagi.
-Bien. Je compte sur vous. Surtout si Clean décide d'intégrer ce que vous êtes en train d’enseigner à Manjû dans le film... »

Marie hocha la tête. L'adulte fit un bref sourire, et repartit aussitôt, sans doute à la poursuite de Clean. La Mentali l'observa s'éloigner, silencieuse, avant de se tourner vers Alban après quelques secondes.

« -... Vous savez si un tel comportement est récurrent, dans le milieu de la cinématographie ? Compte tenu de votre aspiration à devenir Coach, vous auriez mieux fait de vous y habituer... »


© Mzlle Alice.

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MessageSujet: Re: [Mission] La fureur du drag-... de la fouine [PV Marie]   Mer 31 Mai - 19:49




La fureur du drag-... de la fouine
Alban Abernaty & Marie R. Uana

Passés les premiers instants de choc suite à l’arrivée bruyante et spectaculaire des Yanmakasi, Alban se reprit bien rapidement. L’enjeu était clairement différent à présent qu’un aspect de rivalité entrait en compte. D’autant plus qu’il y avait un véritable gouffre qui séparait Manjû de ses opposants. Le châtain, aussi confiant fut-il de l’entraînement de Maître Miyagi, se demandait comment ils allaient faire pour retourner la situation à leur avantage. Il leur restait un jour et demi avant la confrontation ; soit, pas énormément de temps. A la fin de l’échéance, Manjû devrait être capable de se battre contre une quinzaine de pratiquants d’arts martiaux surentraînés. Etait-ce d’ailleurs bien loyal d’être à quinze contre un ? Il n’avait pas vraiment le temps d’y penser. Quoi qu’il en soit, Maître Miyagi allait se montrer intransigeant avec eux. De même que le célèbre réalisateur. Si les rumeurs sur son côté têtu étaient vraies, Alban et Marie pouvaient dire adieu à leur validation de Mission. Car un échec signifiait qu’il n’y aurait donc pas de film. Et le Voltali détestait travailler pour rien.

Il s’enquit donc rapidement de l’état de Sephiran auprès de Marie. S’ils voulaient continuer leur entraînement, il fallait absolument que le Mangriff se reprenne. Il avait cependant une entière confiance envers Springroll. Si Maître Miyagi n’hésitait jamais à faire usage de violence, son Shaofouine était au contraire beaucoup plus mesuré. Il défendait certes son dresseur de façon farouche, mais quand il s’agissait simplement de mettre fin à un entraînement, il s’y prenait de la plus douce des manières. Aussi Alban ne fut-il absolument pas étonné de voir Sephiran se relever sans trop d’égratignures.

La jeune Ranger s’excusa du comportement de son Mangriff et Alban hocha la tête. Ce n’était pas la première fois qu’il voyait un Pokémon perdre contrôle. Surtout que pour le coup, sa colère était justifiée. Même si Auster n’avait en soi rien d’un ennemi, il était normal que le Mangriff ait cru que l’attaque était volontaire. Le Noctali n’avait d’ailleurs pas eu l’air de s’émouvoir de l’assaut plus que de nécessité. Toujours aussi noble et placide, il inclina doucement les oreilles devant Marie pour lui indiquer qu’il n’y avait aucun souci. Après tout, il avait l’habitude des tentatives d’agression, avec Aura qui essayait de décaniller tout et n’importe quoi dans leur chambre…

- Ne t’inquiète pas, Marie, ce sont des choses qui arrivent… tenta-t-il de rassurer la Ranger.

Cette dernière était cependant repartie dans ses grandes envolées lyriques et Alban préféra ne pas poser plus de questions pour qu’elle abrège un peu. Il savait très bien comment Marie fonctionnait. Si elle commençait à partir dans ses expérimentations comportementalistes, elle risquait bien d’y rester des heures. Et le temps leur était malheureusement compté…

Il laissa donc Marie rejoindre Sephiran puis se tourna lui-même vers Manjû. Le Shaofouine, toujours aussi benêt, semblait ne pas trop se rendre compte de toute l’agitation autour de lui. Il semblait cependant motivé à commencer l’entraînement puisqu’il demanda de lui-même à y prendre parti. Wow ! Pour une fois qu’il manifestait son envie de faire quelque chose avec eux… Et dire qu’Alban l’avait pris pour un gros flemmard en surpoids. Bon certes, il était effectivement en surpoids. Mais ce n’était pas un gros flemmard pour autant.

Souriant pour lui-même, le châtain continua de converser un peu en langue des signes avec Manjû.

(Ce serait avec grand plaisir. Tiens, je pense qu’on va commencer par des exercices d’équilibre. Essaye de te tenir le plus droit possible et de garder la tête haute, ok ? Je reviens, je vais chercher le seau)

Il se tourna vers Auster et lui demanda d’apporter un seau. Pendant que le Noctali trottinait jusqu’au bordel ménager pour récupérer de quoi continuer l’entraînement, Alban en profita pour reporter son attention sur Hélios, qui s’était fait étrangement silencieux depuis l’arrivée des Yanmakasi.

- Merci Hélios, tu as été très réactif tout à l’heure, le félicita-t-il avec un léger sourire.

Le Larveyette croisa les bras et leva les mandibules avec un bruit qui ressemblait à un « Humpf » dédaigneux. Vrai qu’avec l’intervention de Sam Ouraï puis les explications de Michael, Alban n’avait pas pris le temps de le faire avant. Et ses remerciements avaient malheureusement trop tardés, aux yeux du Larveyette. Fautif, Alban décida donc de laisser passer l’insolence de son Pokémon. Il se contenta d’attraper le seau d’eau qu’Auster venait de lui apporter, puis de le poser sur le crâne du Shaofouine. D’abord peu rassuré, Manjû parvint néanmoins à garder l’objet en équilibre en se rappelant des conseils d’Alban sur le port qu’il se devait d’avoir.

Avec des gestes précautionneux, Manjû signa pour demander à Alban s’il s’y prenait bien, ce à quoi le châtain répondit par un hochement de tête. Marie choisit ce moment précis pour revenir à leurs côtés. De but en blanc, elle demanda à Alban s’il lui avait parlé des tenants et aboutissants de son rôle au sein du film. Heuuu…

Le regard de Magicarpe frit qu’il lui lança devait être assez éloquent pour que Marie comprenne sans avoir besoin de mots. Le ton avec lequel elle continua sa tirade fut aussi neutre que d’habitude, mais Alban ne put s’empêcher d’y ressentir comme une pointe d’agacement ou de lassitude. Vraaaaai qu’il aurait peut-être dû parler de tout ça à Manjû. Ils étaient cependant déjà bien partis sur l’entraînement, et s’arrêter pour discuter aurait été contre-productif. Ils continuèrent donc sur leur lancée, soutenus par le retour de Sephiran qui était à présent calmé.

- Tes pattes sont encore trop proches les unes des autres. Si tu veux avoir plus d’équilibre et de meilleurs appuis, il te faut les écarter. Tiens, regarde Sephiran, il le fait très bien. Tu auras plus d’amplitude et ton centre de gravité sera ainsi plus stable. C’est comme quand tu marches, tu vois ? Marcher les deux pattes collées l’une à l’autre te fera basculer à gauche ou à droite. Alors que garder les pattes légèrement écartées te permettra d’avoir un mouvement de balancier te permettant de marcher correctement. C’est pareil quand tu es à l’équilibre. Sauf que là, il faut que tu te dises que tu as un seau sur la tête et qu’il te faut donc des appuis plus stables et… meeeeerde, c’est vrai qu’il ne peut pas m’entendre…

Il fit de grands gestes pour tenter de capter l’attention de Manjû, mais il s’avéra qu’il était extrêmement difficile de donner ses conseils à un Pokémon sourd lors d’un entraînement. De façon générale, le champ de vision de Manjû était relativement réduit vu qu’il devait garder la tête droite s’il ne voulait pas faire tomber le seau. Alban devait donc prendre garde à rester toujours dans l’étroite fenêtre oculaire du Shaofouine s’il voulait que son message passe bien. Et s’il voulait ne pas le déconcentrer, aussi. En outre, il était toujours tenté de donner ses indications par voie orale. Les habitudes avaient la vie dure, après tout. Enfin, et même si Alban pouvait tenir une conversation basique en langue des signes, il n’en restait pas moins un novice en comparaison à Marie. La plupart du temps, il cherchait tellement ses signes que Manjû était déjà passé à autre chose.

C’était un entraînement incroyablement frustrant pour Alban. Pourtant, il ressentait une pointe d’excitation et de satisfaction quant au fait de s’entraîner différemment. Il se demandait même si cet exercice ne pouvait pas l’aider à communiquer avec ses Pokémon de façon plus fluide lors d’une course où s’exprimer de façon orale revenait à hurler son plan à tous les autres concurrents. C’était encore quelque chose sur lequel il avait du mal ; peut-être qu’au final, ce week-end allait être plus instructif qu’il ne l’aurait pensé ?

Continuant donc de faire des efforts, Alban rajusta de nombreuses fois la position de Manjû. La présence de Sephiran était vraiment importante pour eux, car elle leur permettait d’être plus rapidement performants. Au bout d’une bonne demi-heure de travail, le Shaofouine était donc capable de conserver le seau sur sa tête, tout en faisant de grands gestes avec ses bras. Il était à présent temps de passer aux exercices de tir et aux serpillères. Alban laissa le Shaofouine faire quelques mouvements avec les serpillères, tandis qu’il récupérait les pièces de go éparpillées partout dans la pièce. Avec la chute de Sephiran, l’intervention de Springroll, et la danse des Yanmakasi, les petites pièces noires et blanches avaient volé un peu partout autour du plateau. Dans les faits, le Coach était persuadé que la majorité du bordel venait de ces fichus Yanma qui avaient brassé tellement de vent avec leurs ailes qu’il avait la désagréable impression de jouer à la chasse au trésor. Auster et Hélios lui furent cependant d’une aide capitale. L’un en faisant léviter les pièces de go pour les replacer dans un carton vide ; l’autre en les accrochant avec ses fils de Sécrétion à la façon d’un collier de perles pour les collecter plus facilement.

Les pièces de go enfin toutes récupérées, Alban et son équipe se plaça à distance respectable de Manjû pour les lancers. Marie vint les rejoindre et les deux adolescents commencèrent leurs observations. Auster, toujours en pleine forme, envoya des slaves de pièces grâce à Psyko. Malgré sa maladresse à renvoyer correctement les projectiles, le Shaofouine parvenait à conserver parfaitement son équilibre. Pas une seule fois il ne renversa le seau, ce qui était une bonne nouvelle. Ses mouvements, bien que corrects, n’étaient cependant pas assez rapides et précis pour compléter l’exercice.

- Il a encore du mal avec les pièces qui viennent au-dessus de ses épaules. On a l’impression qu’il ne veut pas trop ouvrir ses bras pour ne pas que le seau tombe. Celles qui viennent proche de ses hanches et de ses aisselles semblent également lui poser des problèmes. Il n’aurait pas de soucis s’il les renvoyait avec ses excroissances sur ses pattes mais avec les serpillères, c’est compliqué d’atteindre des zones aussi difficiles…

Notant toutes les informations sur son calepin, Alban demanda à Auster de se focaliser uniquement sur les tirs dans les zones faciles jusqu’à ce que le Shaofouine soit au point, puis il complexifia l’exercice en visant surtout des endroits qui lui posaient problème. Manjû n’était pas vraiment bon. Pour autant, il faisait de nombreux efforts et il avait une sacrée endurance pour un Pokémon de sa corpulence. Auster, sur les directives de Marie et Alban, avait également bien amélioré son jeu de tir et il visait à présent avec intelligence et réflexion.

Tout se passait plutôt bien dans l’entraînement, et même Maître Miyagi n’avait plus fait d’intervention jusqu’à maintenant. Alban sentait qu’ils allaient bientôt pouvoir achever l’exercice lorsqu’une voix le fit sursauter.

- … MAIS OUI ! C’EST CA ! C’EST CA QU’IL ME MANQUAIT !

Par chance, Auster arrêta immédiatement son attaque Psyko et les pièces de go en train de voler retombèrent au sol avec des bruits de galets. Au moins, cette fois, il n’avait pas envoyé un projectile dans l’œil d’un de ses camarades. Manjû, de son côté, quitta sa posture défensive pour replacer ses pattes le long du corps, la mine interrogative.

Alban se tourna instinctivement vers la source du bruit et… son cœur rata un battement. Il ne l’avait jamais croisé en vrai puisqu’il s’agissait d’une star internationale, mais il l’avait déjà vu de nombreuses fois sur des affiches ou à la télévision, lors de reportages sur ses derniers films. Aussi n’eut-t-il pas grand mal à reconnaître le monstre du Pokéwood, Clean T. Histwoud. En chair et en os ! Woooow ! Ses yeux se mirent à pétiller malgré lui. Même s’il lui en voulait d’être aussi stupide et bigleux, Alban ne pouvait s’empêcher d’être comme un gosse face à une super célébrité. Il manqua de s’étrangler lorsque Marie ne parut pas le reconnaître, et il tourna vers elle un regard parfaitement interloqué.

Clean T. Histwoud sembla cependant ne pas s’en offusquer, et il nota avec de grands gestes des indications sur son cahier. Il avait l’impression d’être comme un gosse, buvant chaque parole du célèbre réalisateur lorsqu’il parlait de stand de nouille, de banderoles ou de bol de ramen. Le scénario avait beau avoir l’air pourri, vu et revu, Alban ne pouvait s’empêcher de le trouver extraordinaire. Demander un autographe le démangeait d’ailleurs, mais il était ici dans un cadre professionnel. Il ne pouvait pas se permettre d’agir comme un vulgaire fanboy.

Marie lui jeta un nouveau regard perdu auquel Alban ne répondit pas tant il était fasciné par le réalisateur. Elle osa cependant demander de but en blanc qui IL était, et le châtain s’étrangla une nouvelle fois à ce rythme, il allait probablement clamser avant la fin de la Mission. Clean ne s’en offusqua cependant pas, et il prit Marie dans ses bras, la confondant visiblement avec une certaine Salomé. Ses instincts protecteurs reprenant le dessus sur son fanboyisme, Alban se dirigea machinalement vers Marie pour l’aider à se défaire de l’emprise du vieillard. Il la laissa s’expliquer, le cerveau encore dans le flou, tandis que l’une de ses idoles était en train de leur parler… leur parler… Il venait d’ailleurs de se tourner vers lui pour lui serrer la main vigoureusement et chaleureusement. Il était en train de lui SERRER LA MAIN ! Et même de lui PARLER ! Et…

- … mademoiselle !

Alban eut l’impression que son monde se fissurait. Figé sur place, le châtain perdit le peu de couleur qu’il lui restait. Mademoiselle. Mademoiselle. Venait-on vraiment de le prendre pour une fille ? Hélios, à côté de lui, se mit à pouffer de rire et à lui lancer un regard goguenard. Oh non. Non, non, non. Ce n’était clairement pas possible.

- Je ne suis pas une f- bredouilla-t-il.

Histwoud était cependant reparti sur un autre sujet concernant Marie, tandis qu’Alban était en état de mort cérébrale. Après l’homosexuel, puis l’homosexuel plus si homosexuel que ça, voilà qu’on le prenait pour une fille. Pourquoi les gens de la télévision se méprenaient-ils toujours à son sujet ?!

Michael vint à leur rescousse avec un petit regard d’excuse. Alban, ailleurs, les laissa échanger sur le film et sur le fait que Histwoud était normalement censé être absent, et bla, bla, bla. C’était juste un immense flou dans sa tête, pour le moment. Aussi vite qu’il était arrivé, le réalisateur quitta le plateau en les appelant « les jeunettes », et Alban dû se retenir pour ne pas se mettre en position fœtale.

Marie géra plutôt bien la conversation en l’absence d’un Alban en état d’aligner deux mots cohérents. Ce fut enfin au tour de Michael de repartir, et le duo pu enfin être seul pour continuer de travailler. A la question de la Ranger, Alban redescendit sur terre et tourna, béat, la tête vers elle. Plaît-il ? Comment ça, ce genre de comportement ? Celui d’aller et venir comme une tornade ? Celui de prendre des enfants dans ses bras ? Pedobear Ou encore celui de confondre un garçon avec une fille ? Alban l’avait encore en travers de la gorge. Ce n’était pas tous les jours qu’on rencontrait une idole et qu’on se faisait humilier dans la même seconde.

- Je ben heu… Je ne sais pas trop. Je suppose qu’ils sont parfois un peu excentriques. Regarde le Professeur Heartnett, par exemple. Il n’est certes pas dans le cinéma mais ça reste tout de même un artiste et il est un peu particulier on va dire. Je ne pense pas qu’ils soient tous comme ça mais bon… Quant à mon aspiration à devenir Coach, disons que je me destine à d’autres types de coachings qui n’auront pas grand-chose à voir avec le Pokéwood. Je devrais être plus ou moins sauf, même si on n’est à l’abri de rien.

Mieux valait ne pas trop s’avancer, effectivement. L’air interrogateur de Manjû coupa cependant court aux discussions entre Marie et Alban. Auster aboya d’ailleurs à leur adresse pour attirer leur attention et les inciter à continuer l’exercice. Reprenant doucement ses esprits, le Pokéathlète ordonna de nouveaux lancers et ils poursuivirent encore une bonne demi-heure. Au bout d’un temps qui parut interminable, le premier exercice fut parfaitement maîtrisé et Manjû s’affala sur le sol, haletant et couvert de sueur.

(Tu peux te reposer un peu pendant qu’on va voir Maître Miyagi et qu’on s’organise pour le prochain exercice.) signa rapidement Alban, après avoir capté l’attention du Shaofouine.

Ce dernier hocha doucement la tête et s’allongea avec reconnaissance. Dans cette position, son ventre ressortait encore plus. Argh… Le film d’arts martiaux allait-il fonctionner, avec une vedette aussi bedonnante ?

Alban décida de ne pas s’en préoccuper plus. Après tout, ce n'était pas son problème. Il rangea donc rapidement les affaires laissées au sol puis se dirigea vers Maître Miyagi. Il fit attention à garder une distance respectueuse pour éviter de se prendre un aussi injuste qu’inattendu coup du plat de la main. Assis sur son siège, le vieil entraîneur les toisait en caressant sa longue barbe blanche.

- Maître Miyag-
- JE N’AI PAS FINI !
- …

Oh allons, il n’allait pas recommencer, hein ?! Exaspéré, Alban resta complètement silencieux tandis que Marie en faisait de même. Ils n’avaient pas envie de perdre du temps à débattre inutilement avec cet abruti.

- Tic, Tac, où en est l’entraînement ?
- …
- JE VOUS AI POSE UNE QUESTION, VOUS COMPTEZ ME FAIRE ATTENDRE ENCORE LONGTEMPS ?!
- Ah, désolé Maître, je ne savais pas que vous aviez fin-
- JE N’AI PAS FINI !
- …
- Vous pouvez parler, vous attendez le déluge ou quoi ?

… Il se foutait vraiment d’eux, hein ? Prenant une grande inspiration, Alban attendit quelques secondes supplémentaires avant de faire son bilan.

- L’exercice a été mené correctement à bout. Je suppose que vous avez dû le voir depuis ici mais les mouvements de Manjû sont beaucoup plus fluides, à présent. On a pu entraîner ses réflexes et sa capacité à s’adapter à la situation. Sa posture est également beaucoup plus stable.
- Ok, c’est bien, abrège.
- Heu… Eh bien j’ai fini, Maître.
- PAS MOI ! Enfin bref, maintenant que vous avez complété le premier exercice, allez dîner, c’est l’heure.
- Un nouvel exercice ? Avec des baguettes et un objectif, comme la dernière fois ?
- Non, non, juste un repas. Allez, rassemblez vos affaires et rejoignez Manjû au premier étage. Moi je vais aller au spa détendre mes vieux os.

Ok. Il était bel et bien sérieux. Avec un soupir exaspéré, Alban se dirigea vers les vestiaires. S’ils devaient manger maintenant, il espérait qu’ils pourraient revenir s’entraîner ensuite. Et il espérait également que Manjû ne se sentirait pas trop lourd pour faire du sport. Soucieux, il dû néanmoins reconnaître qu’il commençait à avoir un peu faim. Alors, il prit rapidement une douche puis mit le kimono de rechange que Maître Miyagi avait préparé pour eux. De façon générale, il aurait été hors de question qu’il aille dans un restaurant du Pokéwood affublé d’une pareille tenue, mais là… il ne pouvait pas trop contester. Essayant donc de faire abstraction de ces dragons immenses brodés sur sa veste, il rejoignit Marie devant l’ascenseur et tous deux regagnèrent le premier étage.

Suivant les indications, ils trouvèrent bien rapidement le restaurant d’entreprise où Manjû les attendait déjà. D’après ce qu’Alban avait compris, Michael rentrait dîner chez lui et rares étaient les employés qui restaient dîner au restaurant d'entreprise. Surtout un vendredi soir, à vrai dire. Ils se retrouvèrent donc relativement seuls dans une pièce spacieuse qui respirait la modernité. S’asseyant à côté de Marie et en face de Manjû, Alban jeta un coup d’œil à tous les mets qui s’étalaient devant eux. Il y avait tout un tas de plats luxueux qui avaient été installés avant leur arrivée, et pour la première fois, Alban se fit la réflexion que cette Mission avait un peu de bon.

Il sortit tous ses Pokémon de leurs Pokéballs et les invita à s’attabler avec eux. Il n’allait tout de même pas en profiter tout seul, n’est-ce pas ? Dans un joyeux concert, Mistral, Zénith, Aura, Ether et Levanter se matérialisèrent pour rejoindre Zéphyr, Auster et Hélios. Chacun se servit une pleine assiette des différentes victuailles proposées. Manjû, en face d’eux, remplissait son assiette avec cet air noble relatif aux Shaofouine. Alban en fut d’ailleurs surpris. Vu sa corpulence, il aurait imaginé qu’il était du genre à se jeter sur la nourriture comme un morfale.

Il décida de laisser un peu d'air à ce pauvre Manjû, et se concentra plutôt sur sa partenaire de Mission. Avec un sourire, il attrapa un des plats et le montra à la jeune fille.

- Tiens Marie, tu connais les pommes de terre hasselback ? C’est excellent, tu devrais en prendre un-

Alors qu’il tendait le plat argenté vers Marie, Aura, qui avait réussi à monter sur la table, roula vers lui et percuta sa main. Comme au ralenti, l’assiette vola dans les airs et son contenu fut projeté un peu partout. La bouche grande ouverte, Alban pouvait déjà voir le massacre qui allait en résulter. Néanmoins, alors que personne ne s’y attendait, Manjû sauta souplement de sa chaise et enchaîna des gestes tellement rapides qu’ils étaient presque impossibles à voir à l’œil nue. En moins de deux secondes, le Shaofouine avait rattrapé toutes les pommes de terre et les avaient replacées dans le plat. Avec une paire de baguette dans chaque main.

- Marie… Je viens de voir ce que je viens de voir, ou alors il faut me pincer pour m’assurer que ce n’est pas un rêve ?

Visiblement, Manjû leur réservait encore bien des surprises… Qui aurait cru qu'il allait leur faire un remix de Kung Fu Pandarbare ?
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MessageSujet: Re: [Mission] La fureur du drag-... de la fouine [PV Marie]   Mar 6 Juin - 22:35

La fureur du drag-... De la fouine.
feat Alban Abernaty


Marie était perplexe.

Alban semblait ailleurs. Elle ne l'avait pas vraiment remarqué à l'arrivée de Clean, le réalisateur accaparant à lui seul une bonne partie de l'attention, mais maintenant qu'elle s'était tournée vers lui, elle remarqua qu'il était légèrement blême comme blême signifie « d'une extrême blancheur », est-ce que cette phrase est un oxymore?. Elle voulut s'enquérir de son état, mais le garçon reprenait déjà ses esprits et, après un bref instant de réflexion, répondit à l'interrogation de sa partenaire. Selon lui, il n'était pas si surprenant que cela de voir des personnalités aussi excentriques dans le milieu artistique, en prenant comme exemple le cas d'Andreas. Et il espérait qu'étant donnée son orientation, le risque qu'il se retrouve à travailler dans le milieu était peu élevé... Marie haussa les épaules.

« -Vous savez, s'ils possèdent d'autres acteurs du gabarie de Manjû, j'ai bien peur qu'un simple Éleveur ne suffise pas à les préparer aux tournages.  »

C'est bien Marie, continue de rassurer Alban, t'es superbe ! Ah, et ne te gêne surtout pas pour critiquer l'apparence de Manjû à voix haute, en plus!

Rappelés à l'ordre par Auster (ah la la, ces dresseurs indignes), les deux étudiants reprirent l'entraînement du Shaofouine une fois leur brève discussion passée. L'intervention de Clean se sera au final avérée courte, et ils ne perdirent pas énormément de temps sur le peu dont ils disposaient. En s'y mettant sérieusement, ils devraient avoir fini avant le début de soirée.

Et ce fut ce qui arriva. S'affalant sur le sol, Manjû s'autorisa une pause bien méritée lorsqu'on lui fit signe que l’exercice était terminé. Il était désormais capable de renvoyer les pièces de go en se servant des serpillières, tout en maintenant en équilibre le seau sur sa tête. Marie avait hâte de voir l'application en combat de cette compétence qui, bien qu'étant parfaitement inutile en temps normal, devait être fort pratique pour un Pokémon tel que Shaofouine. Elle espérait que Manjû puisse désormais se servir correctement de ses avants-bras, et n'avait plus qu'à attendre qu'ils passent à un exercice plus concret.

Marie et Alban le laissèrent donc se reposer, et se dirigèrent vers leur mentor, Maître Miyagi, assis un peu plus loin. La Ranger se demanda s'il était réellement rémunéré pour les regarder faire tout le sale boulot depuis un siège, puis se dit finalement que cela ne la regardait en rien. Tant que elle l'était, au final... Droits, les deux adolescents se placèrent devant le vieil homme qui, toujours aussi chiant sévère, ne tarda pas à les réprimander pour une erreur qu'ils n'avaient pas commises – à savoir l'interrompre en pleine prise de parole. Marie avait largement l'habitude de ses petits caprices, et se contenta de le fixer en silence en attendant qu'il se calme, ce qui finit par arriver après d'interminables secondes. Bon sang, le temps qu'ils pourraient gagner s'il n'était pas aussi déterminé à les réprimander sans raison !

Le Voltali se chargea de faire un bref rapport de la situation, après quoi Miyagi ne leur laissa pas une seconde de répit pour de suite les renvoyer sur un autre exercice éreintant et-Quoi ? Il les congédiait le temps du repas ? Sérieusement ? Marie plissa doucement les yeux. C'était étrange. Elle n'avait pas un souvenir aussi généreux de leur mentor. Leur accorder une PAUSE après UN SEUL entraînement ? Ça sentait le piège à plein nez. Il avait beau prétendre le contraire, il allait leur réserver un exercice à exécuter, sans quoi ils ne pourraient se substanter, pas vrai ? Mais cela semblait difficile, si effectivement il décidait d'aller se détendre ailleurs pendant le repas... Trouvant la situation extrêmement louche, Marie jugea bon de rester méfiante, et se dirigea vers les vestiaires avec Sephiran dans les bras.

A l'inverse de son camarade, Marie ne se doucha pas, et se changea purement et simplement. Elle avait déjà pris une douche juste avant de venir, et on ne pouvait pas vraiment dire qu'elle s'était tuée à la tâche entre temps. Elle attendit donc Alban près de l'ascenseur, toujours vêtue d'un kimono, et lorsqu'il arriva enfin, rallia le restaurant à ses côtés.

Quand ils furent sur place, ils trouvèrent Manjû, déjà attablé face à toute une ribambelle de plats tous plus impressionnants les uns que les autres. Certains d'entre eux étaient totalement inconnus aux yeux de Marie, mais d'autres lui étaient très familiers.

Imitant Alban, la Mentali fit sortir tous ses Pokémon pour que eux aussi puissent profiter du repas. Tous ? Non ! Un petit village d'irréductible Gaulois Sully allait devoir patienter dans sa Pokéball le temps que Sephiran mange. Le Mangriff s'était avéré particulièrement docile suite à sa petite réprimande, et ne pas avoir à supporter la Séviper était la moindre des choses que pouvait lui offrir Marie.

Soren et Sain manifestèrent bien assez vite leur appétit et durent prendre sur eux pour ne pas directement se jeter sur les plats sans la permission préalable de Marie, tandis que Sumia était plutôt surprise par la tenue qu'arborait sa dresseuse. Ce n'était pas vraiment le genre d’accoutrement dans lequel elle avait pour habitude de se parer... Stahl, quant à lui, resta parfaitement stoïque et attendit que Marie ait l'amabilité de le déposer sur la table pour qu'il puisse lui aussi voir la nourriture proposée. Une fois cela fait, la Mentali prit place, et s'assurant que tous ses compagnons avaient fait de même, ouvrit les festivités d'un mouvement de la tête. Se désintéressant alors totalement de ses Pokémon, elle balaya du regard la salle pour vérifier l'absence de Maître Miyagi, ou associé, et après s'être assurée d'être plus ou moins à l'abri de tout entraînement surprise, observa les plats proposés.

Alban, soucieux de ses méconnaissances culinaires, voulut lui présenter une assiette, à laquelle Marie aurait certainement goûté avec plaisir si le Togepi du jeune homme n'avait pas percuté le plat, pour ensuite éparpiller tout son contenu dans les airs. La jeune fille s'imaginait déjà devoir demander une nouvelle tenue à Miyagi, alors que, sans crier garde, Manjû bondit au centre de la table, et rattrapa de justesse l'intégralité des aliments avant même qu'ils ne touchent terre. A l'aide de deux paires de baguette, il les replaça convenablement dans l'assiette, avant de poser celle-ci au centre de la table avec la plus grande délicatesse du monde.

Déconcertés par cette démonstration soudaine d'agilité, Marie et Alban s'échangèrent un regard abasourdi. Wow. S'ils s'attendaient à ça... Le Voltali avait, semble-t-il, un peu plus de mal à réaliser ce qu'il venait de se passer ; aussi il se demanda si la scène qu'ils avaient tout deux vu était bien réelle ou si elle ne relevait pas du rêve. Perplexe, Marie prit une mine songeuse.

« -Je ne suis pas certaine qu'il soit possible d'être plongé dans un univers onirique partagé, mais si cela peut permettre d'éclaircir vos doutes... »

Obéissante, Marie porta donc sa main au bras d'Alban, et saisit la peau de ce dernier entre deux ongles, avant d'exercer une forte pression sur celle-ci. Hmm, pardon ? Il fallait lâcher ? Ah, oups ! Elle retira sa main, gênée, lorsque son camarade lui fit clairement comprendre que c'était suffisant, et reporta plutôt son attention sur Manjû, qui observait la scène tout en mangeant ses beignets à la crevette avec une certaine perplexité. La Mentali observa les-dit beignets, et en attrapa un sur la table... Avant de le lancer par-dessus le Shaofouine. Celui-ci réagit au quart de tour et rattrapa l'aliment en une fraction de seconde, avant de retomber à sa place, pour ensuite fixer Marie avec incompréhension. Pourquoi donc venait-elle de faire ça ?... Il s'apprêta à signer, mais il n'en eut pas le temps, puisqu'elle venait de lui balancer... Son assiette, vide, droit sur lui. Manjû n'eut d'autres choix que de se laisser tomber avec disgrâce sur le côté pour éviter le projectile, qui se fracassa juste derrière en un bruit bien audible, sous le regard pensif de la jeune fille. Il se redressa, plus alerte, et ne perdit cette fois-ci pas une seconde pour prendre la parole.

[Mais que faîtes-vous ?!]

Ses gestes étaient rapides, presque inachevés par moment, ce qui était signe d'une certaine panique. Alors que Sumia se levait à la hâte pour ramasser les morceaux d'assiette éparpillés dans la plus grande des gênes, Marie soutint le regard de Manjû, et lui répondit en...  Ignorant sa question.

[Pourquoi ne pas avoir rattrapé l'assiette ?]

Le Shaofouine fut surpris par l'interrogation, mais y réagit néanmoins (lui), bien que toujours incrédule.

[Je n'avais pas le temps de...]

Marie jeta un nouveau beignet, mais sur le côté. Manjû sentit son sang ne faire qu'un tour et interrompit ses gestes pour bondir à nouveau, rattrapant le projectile après avoir, cette fois-ci, atterri sur la table. La Mentali voulut croiser les bras comme elle avait tendance à le faire, mais l'impossibilité de communiquer avec Manjû par voix orale l'obligea à arrêter son mouvement presque immédiatement pour reprendre les signes.

[Vraisemblablement, tu es beaucoup plus réactif lorsque de la nourriture est en jeu. Tu parviens à rattraper...] Marie eut une seconde d'hésitation, ne sachant comment nommer les beignets [... Ces aliments sans le moindre problème, malgré que je leur ai confié des trajectoires aléatoires. Et ce alors que tu as été parfaitement incapable de saisir le plat que j'ai pourtant envoyé droit devant toi... ]

Elle cessa de signer, pensive, alors que le silence retombait autour de la table. Les Pokémon de Marie, qui s'étaient figés pendant le déroulement de ces événements pour le moins... Étranges, s'échangèrent quelques regards perdus, à l'exception de Sephiran qui se contentait de manger tranquillement ses plats. Sumia, ayant fini de ramasser les morceaux d'assiette et les ayant confié à un homme de service, revint à côté de Marie en lui en apportant une nouvelle, et d'un mouvement de la patte dans son dos, voulut s'assurer que tout allait bien. Sa dresseuse se contenta d'un bref hochement de tête en sa direction, avant de se tourner vers Alban.

« -Il y a très certainement moyen d'exploiter cela en entraînement. A voir comment nous pourrions en tirer parti... »

Elle fit signe à Manjû qu'il pouvait reprendre son repas en toute tranquillité, et faisant complètement abstraction du sien, se mit à réfléchir à une application quelconque de cette faculté étrange. Vraisemblablement, l'importance donnée par Manjû à la nourriture semble lui procurer une ardeur boostant ses capacités.... Il n'y avait rien de véritablement incongru là dedans, après tout, l'influence que peuvent avoir les émotions sur les capacités physiques des être vivants était prouvée scientifiquement depuis déjà bien longtemps... Seulement, le fait qu'ici, ce soit la présence de nourriture qui influence les dites capacités physiques, avait effectivement de quoi perturber. Mais qu'à cela ne tienne ! Ils trouveraient comment se servir de cet... Avantage, si tant est que cela en soit un, et le mettront à profit pour améliorer les capacités de Manjû durant les entraînements imposés par Miyagi. Hmm, d'ailleurs, ça allait être problématique, ça... Puisque c'est leur maître qui donne les consignes d’entraînement, ils allaient difficilement pouvoir prévoir à l'avance une application... Et puis, il leur faudrait de la nourriture, d'ailleurs ! C'était bien beau de vouloir faire tout un tas d'exercice à base d'aliments, mais sans les-dits aliments, cela allait être bien compliqué ! Et nul doute que Manjû n'appréciera pas de manger les restes de la veille...

Se levant d'un bond, Marie posa ses mains sur la table, et se tourna vers Alban.

« -Abernaty, allez en cuisine et demandez s'il est possible de préparer pour demain des plats se dégustant froids et ne nécessitant aucun couvert. Pour ma part, je m'en vais trouver Maître Miyagi et m'enquérir auprès de lui des renseignements sur les procédés qui nous seront demandés d'employer demain, et cela afin que nous puissions mettre au point une stratégie cohérente et optimale pour améliorer les performances futures de Manjû. »

Elle n'attendit même pas de réponse, et se détournant, quitta le réfectoire au pas de course. Soren, Sain et Sephiran levèrent tout juste les yeux de leurs assiettes pour voir leur dresseuse partir, mais les rabaissèrent aussitôt, tandis que Sumia, alternant les regards paniqués entre Marie et Alban, attrapa une assiette à la va-vite qu'elle remplit tant bien que mal avec les premières choses à portée de griffes. Puis, soucieuse de l'alimentation de sa dresseuse , elle suivit les traces de celle-ci et tenta de la rattraper, l'assiette dans les pattes. Seul Stahl restait parfaitement immobile, toisant cependant Alban avec une expression blasée, l'air de dire « elle ne changera jamais ».

Pourtant, c'était bien s'avancer que prétendre cela ! Car, résumons le déroulement du repas : Marie a successivement jeté de la nourriture, puis une assiette, puis à nouveau de la nourriture, le tout avec ses seules mains, puis s'est d'elle-même congédiée, et ce sans même avoir touché au repas. Gâchis de nourriture, cette dernière saisit avec les doigts, irrespect du matériel, et interruption prématurée, qui plus est d'une manière fort impolie, du dîner. La Marie du passé serait outrée d'assister à une telle preuve de décadence ! Eh bien tant pis pour elle, car la Marie du présent, elle, était une jeune fille plus déterminée (du moins, pour peu qu'elle se sente un minimum impliquée), et qui refusait de se laisser restreindre par des codes de conduite qui, de toute façon, ne semblait pas avoir de place au sein de la basse société. Non mais c'est vrai, quoi ! Combien de fois avait-elle vu des élèves de sa promotion manger au réfectoire en posant leurs coudes sur la table ? Et jamais personne pour réagir ?! Alors qu'ils posaient LEURS COUDES sur LA TABLE?! Eh bien soit ! Si elle ressentait parfois le besoin de passer outre des bonnes manières, désormais, elle ne se gênerait plus, puisque tout le monde semblait faire de même en ce bas-monde.

Arrivant devant l'ascenseur, Marie s'engouffra dans celui-ci aussitôt que les portes se soient ouvertes, et pressa l'un des boutons. Sumia rentra à l'intérieur en fanfare, manquant de peu la fermeture, et une fois son souffle reprit, tendit l'assiette droit vers Marie avec une expression sévère, à laquelle elle répondit d'un regard perplexe. Manger ? Maintenant ? Mais ce n'était pas le moment, enfin !

« -Aie l'amabilité de me garder ces mets de côté, Sumia, je m'en délecterai plus tard.  » Marie aurait pu très bien s'arrêter là, mais devant la mine désappointée de la Carmache, elle reprit « L'intention m'honore, mais je ne suis pas disposée à manger dans l'immédiat.  »

Ah bon ? Et pendant qu'elles attendaient, là, ce n'était pas possible ? Eh bien non, puisque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent presque immédiatement, et Marie se précipita en dehors pour rejoindre l'accueil du rez-de-chaussée. Dehors, la nuit commençait à tomber, et le hall d'entrée du Pokéwood était pratiquement désert. Après avoir demandé auprès de l’hôtesse où se trouvait le spa, elle retourna immédiatement dans l'ascenseur, forçant la Carmache à faire demi-tour à peine sortie, et s'enferma une nouvelle fois à l'intérieur. Direction le toit !

Lorsque l'ascenseur s'ébroua, et laissa sortir ses deux voyageurs, Marie observa avec un certain étonnement l'endroit où elle avait atterri : si elle ne le savait pas déjà, elle aurait difficilement cru qu'ils étaient sur le toit d'un immeuble. Il y avait une quantité impressionnante de verdure, un immense gazon avait été apposé sur le sol, et un parc semblait avoir été aménagé pour les employés venus se détendre pendant leurs heures de pause. Entre deux bancs et une table où prendre ses repas, se trouvait une petite piscine enfoncée dans le sol, et un peu plus loin, une petite palissade en bois cachait une partie de la zone. Cette dernière, débouchant sans doute sur le fameux spa, était gardé par un Shaofouine aux allures calmes et élégantes. La présence de Springroll devant confirma les soupçons de Marie quant à l'utilité de la structure, et elle n'attendit pas plus longtemps pour s'avancer vers celle-ci, passant devant les quelques employés surpris de voir pendant leur pause cigarette une jeune fille en kimono suivie d'une Carmache se baladant avec une assiette dans les pattes. Habituellement, les acteurs avaient accès à des salles privées dans lesquelles ils préféraient se détendre, plutôt que de venir exhiber leurs accoutrements étranges par ici...

Une fois arrivée à hauteur de Springroll, Marie salua d'un hochement de tête le Pokémon, qui fit de même.

« -Maître Miyagi est ici ? »

Le Shaofouine répondit par l'affirmative. La jeune fille passa aussitôt derrière la palissade en bois, et atterrit devant un jacuzzi occupé par un vieil homme seul, vêtu d'une simple serviette autour de la taille. Que Arceus l'en préserve, avec les bulles produites par le spa, Marie n'arrivait pas à apercevoir le torse nu de Miyagi. Ce dernier, à la vue de sa disciple, fronça les sourcils.

« -Tic ! Je pensais pourtant t'avoir ordonné d'aller manger ! Qu'est-ce que tu me veux ?
-Je suis venue me renseigner sur les prochains exercices que nous devrons soumettre à Manjû. Tac et moi-même pensons avoir trouvé de quoi améliorer ses performances, mais souhaiterons avoir une idée précise de ce que nous allons faire pour concrétiser la chose.
-Et ça ne pouvait pas attendre la fin du repas ?! On n'a pas idée de venir déranger son maître en pleine méditation ! »

Marie eut quelques doutes sur la prétendue méditation du vieil homme, mais ne releva pas.

« -... C'est que, le temps nous manque, et que nous ne pouvons pas nous permettre d'en perdre plus.
-JE LE SAIS CA ! Pour qui me prends-tu ?! Tu crois que j'ai besoin qu'une disciple malpolie vienne me le dire pour que je réalise que nous sommes à la bourre?! Je ne suis pas encore sénile, MOI!... Très bien, pour le prochain entraînement, vous n'avez qu'à... Hum.. » il prit quelques secondes de réflexion tout en tripotant sa barbichette « J'ose espérer que vos cervelles ont retenu un semblant de ce que je vous ai enseigné lors de notre entraînement de la dernière fois. Tu vois, l'exercice avec les draps ? Eh bien c'est ce que vous allez faire faire au tas de graisse. Sauf qu'il devra utiliser ses pattes arrières uniquement, et que vous enroulerez... Je ne sais pas, une vielle ceinture autour de ses pieds. »

La jeune fille parut perplexe. On aurait dit qu'il venait d'inventer l'exercice avec les quelques idées au pif qui lui passaient par la tête. Était-ce là le secret des entraînements spéciaux de Maître Miyagi ?

« -… Vous en êtes certains ?
-TU OSES REMETTRE EN QUESTION LES ENSEIGNEMENTS DE TON MAÎTRE ?!
-... Non maître. Mais où pourrions-nous trouv-
-JE N'AI PAS FINI ! Je m'occuperai de préparer les outils nécessaires, puisque vous tenez tant à me priver du moindre répit. En attendant, fiche moi la paix et retourne d'où tu viens. ET PLUS VITE QUE CA. »

Ne se faisant pas prier, Marie fit demi-tour et s'empressa de rejoindre Sumia, restée en retrait en compagnie de Springroll. La Carmache faisait des yeux ronds, venant tout juste de découvrir les cris aigus de Miyagi pour la première fois, et se demandant bien ce qu'il pouvait représenter pour que Marie reste calme face à ses réprimandes diverses et un peu trop récurrentes.

« -Ce n'est rien, simplement un mentor acariâtre. Retournons auprès d'Alban. »

Sumia hocha la tête – pour une fois qu'elle avait le droit de savoir où elles allaient, elle n'allait pas se plaindre – et suivit docilement sa dresseuse. Retournant dans l'ascenseur, il leur fallut patienter quelques secondes pour revenir au réfectoire, où Alban, Manjû et leurs Pokémon étaient toujours présents. Marie et sa Carmache prirent à nouveau place à table, et la Mentali se hâta aussitôt d'exposer leur nouvel objectif à Alban, tournant involontairement le dos à une Sumia qui tentait désespérément d'inciter sa dresseuse à manger quelque chose.

« -Maître Miyagi souhaite que l'on reproduise l'exercice des draps de notre mission précédente. Vous vous souvenez ? Il s'agissait pour nous d'étendre le linge de Miyagi, et nos Pokémon devaient ensuite se débrouiller pour le faire sécher simplement en le frappant. Néanmoins, il a rajouté comme restriction que Manjû utilise exclusivement ses pattes arrières, et qu'en plus, des ceintures soient enroulées autour de celles-ci... » elle marqua une courte pause, pensive «... Une idée de la façon dont on pourrait incorporer de la nourriture là-dedans ? Ah ! Et qu'en est-il des aliments dont nous allons avoir besoin ? Avez-vous pu dialoguer avec un cuisinier ? »


© Mzlle Alice.

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« Navrée, mais je ne puis vous laisser faire. »

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MessageSujet: Re: [Mission] La fureur du drag-... de la fouine [PV Marie]   Mer 5 Juil - 19:42




La fureur du drag-... de la fouine
Alban Abernaty & Marie R. Uana

Tout se passait bien. Pour une fois, absolument tout se passait bien. La table était dressée avec goût, les convives étaient tous plus ou moins bien installés, et Maître Miyagi n’était même pas dans les parages pour les frapper avec ses baguettes. Alban avait espéré avoir un peu de tranquillité jusqu’à la prochaine session d’entraînement. Il avait espéré. Après tout, il ne dînait pas avec une catastrophe ambulante comme Alex, ou encore avec Calliope - qui n’avait certes rien d’une maladroite mais qui possédait Happy, ce qui la propulsait d’office en haut du podium -. Non. Marie avait toujours été du genre calme et civilisée. Avec Marie, on ne se retrouvait pas avec des sushis dans les cheveux ou des épines plantées dans le derrière. Et, si malheur il y avait, ce n’était généralement pas de sa faute. Alors pourquoi ô grand pourquoi avait-il fallut qu’Alban SORTE Aura de sa Pokéball ? Il aurait dû anticiper. Il aurait dû. Mais, à présent qu'il voyait le plat de pommes de terres sauter, badum tss s’envoler dans les airs comme au ralenti, il avait envie de se taper la tête contre la table.

Par chance néanmoins, l’improbable se produisit. Vif comme l’air, Manjû avait sauté afin de rattraper l’intégralité des mets, les replaçant dans un ordre quasi parfait sur l’assiette. Comme si cela était tout à fait habituel, le Shaofouine trottina jusqu’à eux et reposa le plat en douceur. Dans les yeux de Marie, Alban parvenait à y voir de la surprise. Et pourtant, la jeune Mentali n’était pas facile à surprendre ! Comment cela était-il possible ? Dans quel genre d’univers se trouvaient-ils ? Assez inutilement, le châtain fit un commentaire parfaitement rhétorique sur le fait d’être en train de rêver. Peu familière à ce genre d’interventions sans but, Marie lui répondit avec son sérieux habituel. Ouais enfin non Marie. Alban n’attendait pas particulièrement de réponse de ta part.

- A vrai dire, ce n’était pas vraiment une question et- OUAIIILLEEEEE !!!

La Ranger venait d’attraper sa peau entre ses doigts et de pincer aussi fort que faire se peut. S’écartant vivement d’elle pour qu’elle lâche prise Marie, Ecrapince de son état, Alban lui lança un regard larmoyant.

- C’était une expression, Marie, lui dit-il tandis qu’Auster se précipitait déjà vers lui pour s’assurer qu’il allait bien.

Il caressa machinalement la tête de son Noctali pour lui faire comprendre qu’il n’avait rien virilité 0 et reporta son attention sur Manjû. Complètement détaché, le Shaofouine mangeait ses beignets à la crevette, leur jetant par moments un regard poliment intrigué. Sans le son, la scène devait effectivement être un peu spéciale. Agitant sa main pour signifier qu’il n’y avait pas à s’inquiéter, Alban s’apprêta à reprendre lui-même son repas lorsque Marie balança un beignet de crevette dans les airs. Surpris par cette incivilité inhabituelle de la part de sa petite sœur de cœur, Alban tenta de se lever pour rattraper la victuaille qui se faisait la malle. Réflexe stupide évidemment, puisqu’il était de toute façon bien trop loin pour pouvoir atteindre quoi que ce soit. Se cognant néanmoins les jambes contre la table pour faire bonne mesure - comprenez par-là que ce n’était pas son jour -, le Voltali fut forcé de se rassoir avec toute la distinction dont il était capable… tandis qu’en face, Manjû rattrapait une fois de plus l’aliment.

Sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, Marie balança cette fois-ci une assiette droit sur le Shaofouine, qui se laissa aplatir comme un blob sur le côté, sa silhouette ventripotente faisant des bruits comiques de ballons de yoga. L’assiette alla s’exploser dans un fracas assourdissant sur le mur juste derrière le type Combat, tandis qu’Alban parvenait enfin à connecter sur deux neurones pour réagir.

- Mais qu’est-ce que tu fais ?! demanda-t-il à Marie en même temps que le Shaofouine.

Ce qui donnait l’impression comique qu’il traduisait ses paroles en temps réel. Mais là n’était pas la question.

Sumia se leva aussitôt pour aller récupérer les débris d’assiette, aidée par Mistral qui venait de s’envoler dans un bruissement d’ailes cotonneuses. Pendant ce temps, Marie ignorait royalement ses deux interlocuteurs pour poser ses questions. Silencieux, Alban suivit l’échange avec la plus grande des perplexités. Pourquoi n’avait-il pas rattrapé l’assiette et avait-il préféré l’esquiver ? Marie ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase et envoya un nouveau beignet de crevette sur Manjû. Cette fois-ci, le Pokémon bondit carrément sur la table pour pouvoir le sauver.

Et là, Alban comprit où sa partenaire de Mission voulait en venir. Cette dernière ne tarda d’ailleurs pas à expliquer tous les tenants et aboutissants à Manjû. Faisant part de ses observations - qu'Alban ne comprenait qu’à moitié -, la jeune Ranger acheva son exposé en récupérant une nouvelle assiette et en se tournant enfin vers le châtain.

- Heu… très certainement, commenta-t-il stupidement, encore désorienté par la scène qui venait de se produire devant lui.

Sans faire un bruit de plus, il observa longuement Marie qui était plongée dans des abysses de réflexion.

- Une pomme de terre hasselback ? proposa-t-il à petite voix en soulevant le plat miraculeusement sauvé.

Cette fois-ci encore, la Mentali l’ignora royalement. Se levant comme si elle venait d’avoir une idée lumineuse, la blanche lui ordonna d’aller en cuisine pour demander à ce qu’on leur prépare des plats pour le lendemain. Puis, après avoir texto dit qu’elle allait ruiner sa pause repas pour aller voir Maître Miyagi - jeune inconsciente ! -, Marie se précipita hors de la pièce. Complètement perdu, Alban regarda piteusement son repas. Et dire qu’il ne voulait que manger tranquillement ! Levant les yeux au ciel, il sortit néanmoins de table temporairement pour respecter ses engagements. Non sans avoir au préalable chipé quelques amuses bouches dans quelques plats, il ne fallait pas déconner !

Faisant signe à ses Pokémon de rester sur place, et demandant à Auster de surveiller qu’il n’y ait aucun débordement, le châtain se précipita vers les cuisines et… s’immobilisa lorsqu’il entendit la voix caractéristique de Clean T. Histwoud ! Mazette ! Lui qui pensait que le producteur avait déjà quitté les studios, comme à peu près 70% des employés de la société ! Se plaquant contre un mur pour ne pas être vu - ne lui demandez pas pourquoi, lui-même n’en sait rien -, Alban retint sa respiration. Que faisait-il ici, devant les cuisines ? Ce n’était pas vraiment un endroit habituel pour un producteur, non ? L’homme semblait d’ailleurs bien sur les nerfs, faisant les cents pas devant ses cuisiniers. Bien. L’intuition d’Alban s’était révélée bonne. On n’avait pas idée, de déranger une super célébrité alors qu’elle était furax ! Se félicitant intérieurement en vrai, il n’en savait juste rien, le Pokéathlète tendit néanmoins l’oreille pour essayer de capter quelques bribes de la conversation de son employeur.

- QUOI ?! Et vous venez de dire que cet abruti de Ja Quich’Anh a décidé de sortir de sa retraite pour tourner un nouveau film qui sortirai le MÊME MOIS que le nôtre ?! Ce n’est pas possible, ce n’est pas possible. Norbert, mettez-moi une double dose de cuisses de Grenousse, fissa !
- Bien, Monsieur.
- Et voilà que je reprends mes mauvaises habitudes de grignoter quand je suis énervé. Raaaah, ça va foutre en l’air mon régime ! M’enfin, c’est quoi le plot du film, tu dis ? Ja Quich’Anh qui perd sa fille dans un attentat terroriste et recherche les coupables ? L’Etranger que ça s’appellera ? Un film d’art martial à la Taken ?! Une histoire de vengeance ? Mais ça ne va PAS DU TOUT ! Nous n’avons pas inclus de FILLE dans le film, on va se faire coiffer au poteau. Bon personnellement, j’ai toujours trouvé Brousse Li bien supérieur à Ja Quich’Anh, mais il faut dire que le dernier a un peu plus de langage tout de même… Quelle situation pourrie. Bon tu sais quoi ? On aura qu’à trouver une actrice qui pourra jouer la petite sœur de Brousse. Ou sa fille. Ou sa femme, ou j’en sais rien. Trouvez-moi une fille, c’est tout. Son rôle ? On s’en fout, c’est juste pour dire qu’elle est là. On aura qu’à dire qu’elle s’est fait kidnapper et qu’il doit aller la récupérer. Comment ça, ce scénario est vu et revu ? MAIS JE VOUS EN POSE DES QUESTIONS ?! C’EST MOI LE PRODUCTEUR !

Les bruits de mastication de cuisses de Grenousse semblèrent indiquer que l’énervement de Clean venait d’atteindre un nouveau palier. Alban se demanda un instant s’il s’agissait de Michael au bout du fil, puis se tassa un peu plus sur le mur lorsque Clean passa en trombe à côté de lui. Par chance, la mauvaise vue du producteur lui permit de passer inaperçu, et il soupira. Puis, reprenant son calme, il s’engouffra dans les cuisines.

A l’intérieur, les pauvres cuisiniers avaient l’air d’être au bout du rouleau. Une dizaine d’assiettes s’empilaient et Alban comprit qu’il y avait probablement plus d’un Grenousse qui avait été sacrifié ce soir Soren où es-tu ?. Essayant de s’ôter cette image affreuse de la tête, le châtain s’avança vers les deux hommes en train de s’éponger le front.

- Heu bonsoir, excusez-moi…
- Encorre des cuisses de Grrrenousse ?
- Heu non ça ira…

Le cuisinier au fort accent Bulgare souffla de soulagement. Puis, se redressant pour être plus présentable, il afficha un air poliment interrogatif.

- Que puis-je fairrre pourrr vous ?
- Eh bien hm… Je souhaitais savoir s’il était possible de préparer des plats froids pour demain. Je fais partie de l’équipe qui entraîne la vedette et j’aurais besoin de quelques Tupperware avec des choses faciles à manger et heu… à lancer.
- Lancer ?
- Oui par exemple des beignets de crevette, des nuggets, ou des choses de cette forme-là. Mais à manger heu… froids. C’est possible ?
- Oui, bien sûrrr. Je vous les ferrrrai livrrrer.
- Ah et je pourrai en avoir maintenant également ? On a un entraînement après manger aussi, donc autant prévoir plus…
- Bien Monsieur.

Après avoir remercié chaleureusement les cuisiniers, Alban retourna à table, où il put ENFIN commencer à manger tranquillement. Marie le rejoignit quelques minutes plus tard et s’installa à côté de lui, le bombardant immédiatement de détails et de questions concernant l’organisation des exercices suivants. Avalant une grande bouchée de purée pour ne pas parler la bouche pleine, le châtain posa tristement ses couverts - décidemment, il n’était jamais tranquille - puis hocha la tête de haut en bas.

- Oui je m’en souviens. Par contre je ne vois pas trop comment on pourrait incorporer de la nourriture là-dedans. Généralement, il rattrape les aliments, il ne les frappe pas, n’est-ce pas ? Enfin bon, on trouvera bien quelque chose mais on pourrait peut-être s’en passer pour cet exercice. Concernant les aliments, tout est prêt pour demain et même pour après dîner. Mais continuons à manger, veux-tu ? Sinon, on n’aura jamais assez de forces pour support-
- SUPPORTER QUI ?

Une paire de baguette s’abattit sur l’arrière du crâne d’Alban et ce dernier laissa échapper un couinement qui n’avait rien d’honorable. Se retournant vers un Maître Miyagi qui sentait le savon et les huiles essentielles à dix kilomètres, il hocha la tête de gauche à droite en soudant ses lèvres entre elles, trop intimidé pour répondre.

- Je préfère ça. Tic, Tac ! Pas de temps à perdre, on y retourne. Allez, dépêchez-vous !

Attrapant ses anciens disciples par le col, Maître Miyagi les traîna jusqu’à l’ascenseur - et son mal de dos, alors ? - sous l’œil vigilant de Springroll. Manjû, qui les avait suivis, grignota les chips chinoises qu’il avait emportées avec lui dans un petit panier tressé.

Contrarié de ne pas avoir pu finir son repas correctement - et de ne pas avoir pu le commencer convenablement également -, le châtain traîna des pieds jusqu’à la salle du tournage. Là, Maître Miyagi avait préparé des ceintures et des draps, qu’il avait disposés sur des cordes pour tendre le linge. Ou que Springroll avait disposés, plutôt. Mais bref, ne nous attardons par sur les détails. Le vieux fou ne prit même pas la peine de leur réexpliquer l’exercice. Grincheux, il retourna s’asseoir sur son siège, accompagné par son Shaofouine qui lui massait les épaules pour le détendre. Ah ben, il y en a qui ont la belle vie, hein ! Entre le spa et les massages… Dire qu’Alban n’en demandait pas tant. Juste un repas ! Mais visiblement, c’était encore trop exigeant…

Résistant à l’envie de soupirer fortement, le Voltali se tourna vers Manjû et attira son attention en posant doucement une main sur son bras. Le Shaofouine sursauta à ce contact, mais finit par lui sourire de façon apaisée.

(Bien ! Nous allons commencer l’exercice suivant. Tu vois ces draps tendus ? Ils sont trempés. Ton but sera de donner des coups de pieds dessus pour les sécher, ok ? Tu devras cependant porter ces ceintures autour des pattes pour complexifier un peu l’exercice. Hmm… Auster va te montrer)

Le châtain demanda à son Noctali de s’occuper de la partie démonstration, et le type Ténèbres s’en fit une joie. Dans les faits, lui et Soren avaient déjà exploité pleinement l’exercice lors de leur séjour chez Maître Miyagi. Ce ne fut donc qu’une formalité pour lui. Sautant avec souplesse et maîtrise, le Noctali donna des coups de patte arrière sur les draps pour les sécher. Ce n’était pas forcément super représentatif de ce que Manjû allait faire, sachant qu’ils n’auraient pas la même position - le souci d’être bipède ou quadrupède -, mais le Shaofouine comprit rapidement le concept de l’exercice.

Laissant donc Marie s’occuper d’attacher les ceintures aux pattes de leur vedette, Alban alla récupérer les aliments qu’on avait préparés pour eux. Ouvrant les boîtes avec excitation, il fut déçu de voir que… le cuisinier avait préparé des petits sablés lustrés à la feuille d’or. Oh wow. Qu’allaient-ils faire avec ça ?! C’était beaucoup trop chic et gastronomique pour eux. D’autant plus que ça allait s’effriter et foutre du bordel partout ! Quoique, ce n’était pas forcément pire qu’autre chose… M’enfin. Fermant la boîte avec un soupir blasé, le châtain s’approcha de sa binôme et de Manjû. A présent paré, le Shaofouine avait l’air plutôt prêt à reprendre les exercices. Ce qui était une bonne chose. Alban n’osait même pas imaginer ce que ça aurait été s’il n’avait pas été motivé… On en serait au niveau -10 d’efficacité…

Il se racla la gorge et désigna les draps tendus à Manjû. Puis, après avoir de nouveau attiré son attention, il commença à signer.

(Tu te sens prêt à essayer ? On peut commencer ?)

Le type Combat hocha la tête pour leur signifier que oui, et Marie et Alban s’écartèrent pour lui laisser de l’espace. On aurait dit que Manjû essayait de se concentrer. Il ferma les yeux, méditant un instant pour imprégner dans son esprit les mouvements d’Auster. Il prit une position de combattant, bougeant avec grâce ses pattes avant. Puis, il s’élança et… s’explosa comme une merde au sol.

- !!!

Alban se précipita vers le Shaofouine pour l’aider à se relever. Un Pied Voltige qui finit mal, évidemment que ça causait des dégâts. Complètement désorienté, Manjû mis quelques longues secondes à émerger et à enfin ouvrir un œil. Autour de lui, l’équipe d’Alban était déjà en mode branlebas de combat pour essayer de le remettre sur pied. Mistral s’était approché pour créer une sorte de lit moelleux et cotonneux, brancard de grand luxe, tandis qu’Auster spammait les attaques Rayon Lune pour lui redonner des couleurs. Au bout d’une bonne dizaine de minutes, Manjû put enfin se relever, et le Coach se tourna vers Marie.

- Ça ne marche pas. Je comprends bien que cette attaque échoue assez souvent, mais tout de même… Il n’y avait rien qui allait dans ses gestes. Rien à y faire, sans nourriture, il redevient bon à rien… Et on n’a pas le temps d’attendre qu’il se rétablisse après chaque essai raté. Tu te rends compte ? Un Pied Voltige manqué lui cause bien trop de dégâts… Mais tout ce qu’on a, ce sont des sablés qui… qui…

Il s’interrompit et ses yeux se posèrent de nouveau sur les boîtes remplies de gâteaux. Peut-être que…

(Manjû ?) signa-t-il après avoir posé une main sur l’épaule du Shaofouine pour attirer son attention. (Dis-moi… Est-ce que tu aimes les crumbles ?)

Le Pokémon parut surpris de cette question, mais il y répondit néanmoins.

(Oui évidemment. Avec des baies rouges… Ce sont mes préférés)
(Ok. Ça te dirait qu’on en fasse un après l’entraînement ?)
(… Vrai de vrai ?)
(Evidemment ! Par contre, il va falloir que tu casses toi-même les sablés. Qu’est-ce que tu en dis ? Tu t’en sens capable ?)
(O-oui !)

Avec un sourire satisfait, Alban se tourna vers Marie.

- Je pense qu’on a notre solution. On va mettre des sacs en plastique autour des pattes de Manjû. Puis, je vais demander à Auster de faire léviter les sablés devant les draps. Manjû devra alors taper dans les sablés pour les réduire en miettes, ce qui permettra au passage de taper sur les draps derrière. C’est une façon détournée de faire l’exercice, mais le résultat final sera le même. On mettra un bac en-dessous des draps pour récupérer les miettes et comme ça, Manjû sera plus efficace. Si on protège bien ses pattes avec des sacs en plastique et qu’on lave bien le sol avant, ça devrait être passable au niveau de l’hygiène, non ? Qu’en dis-tu ? On pourrait même mettre à contribution Soren et Mistral pour nettoyer le sol, par exemple. Comme ça, Maître Miyagi ne pourra pas dire qu’on ne fait rien…

De toute façon, c’était soit ça, soit laisser le Shaofouine s’exploser au sol à chaque tentative. Et honnêtement, ils n’avaient ni le temps, ni la foi de prendre des risques ainsi… Leur tactique allait-elle réussir à déclencher les instincts combattifs de Manjû ? Ils ne pouvaient qu’espérer. Et, pendant ce temps, l’horloge continuait de tourner…
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[Mission] La fureur du drag-... de la fouine [PV Marie]
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