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[Lavandia] je ne suis pas une héroïne
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MessageSujet: [Lavandia] je ne suis pas une héroïne   Mer 26 Juil - 23:36

C’est fou comme une hormone peut tout changer en vous. On a l’impression que tout va bien, que l’on peut tenir encore malgré les épreuves physiques et morales, que rien ne pourra nous arrêter dans ce que l’on veut entreprendre, que l’on est invincible. Mais dès l’instant où son effet s’arrête, tout nous retombe sur les épaules. Tout ce que l’on a accumulé pendant des jours, des semaines, des mois, refait surface alors qu’on pensait les avoir si bien enterré, ces jours de souffrance. L’adrénaline. Quel merveilleux pouvoir, mais aussi à double tranchant. Et depuis 10 jours, je suis en train de me prendre le revers de la lame de plein fouet.

Nous sommes en vacances d’été depuis le 1 juillet. C’est également ce jour-là que l’académie a lancé un nouveau système disponible pour les élèves : l’alternance. Au lieu d’écrire une thèse, comme j’ai pu le faire l’an dernier, on se rend sur un lieu de notre choix pour travailler au côté d’un professionnel. Comme un stage en entreprise en quelque sorte. Ensuite, on rédige un rapport complet sur tout ce que nous avons vécu pendant deux semaines et on le rend à l’académie. S’il est jugé satisfaisant, il est noté et considéré comme une thèse de l’élève. Je trouve ce système très intéressant et immersif, en tout cas plus que les thèses. Après c’est une question de point de vue. Lorsque j’ai découvert cela, je n’ai pas hésité une seule seconde pour faire ma demande. Un petit coup de fil à Kathy Altava et le tour était joué. Elle me prend en stage deux semaines à l’hôpital, du 10 au 24 juillet. Plus qu’à faire ma demande à l’administration et voilà, tout devrait être bon. Evidemment, ma demande a été validée très rapidement. J’avais 10 jours pour me préparer à ce stage en terrain connu mais toujours aussi passionnant.

Sauf que je n’avais pas anticipé une chose. Le déclin extrêmement rapide de ma santé. A l’instant où j’ai mis les pieds à Alola, les choses ont commencé à se dégrader. Je ne sais pas vraiment pourquoi cela a mis autant de temps à arriver, je ne saurais l’expliquer. J’ai été chanceuse jusque-là de supporter la douleur infligée à mon bras gauche. En y repensant, je ne sais toujours pas comment je n’ai pas craqué avant. Ça doit encore être les effets de l’adrénaline. Elle était tellement forte chez moi que le dernier mois, je ne sentais plus rien. Plus aucune douleur. Et comme une idiote, je ne me suis pas alarmée. J’ai laissé couler, en croyant en un miracle. Mais je devrais le savoir depuis le temps. Les miracles n’existent pas.

A la veille du départ, je ne sais même pas si je vais réussir à partir. Depuis deux jours, j’ai des sueurs froides, des vertiges, j’ai l’impression qu’à chaque moment je pourrais m’effondrer contre le sol. Mon corps ne tient plus, et il me le fait savoir, à sa façon. Pourtant, je continue de forcer. Et je ne sais même pas pourquoi. Il faut que je tienne, encore un peu. Après ce stage, je pourrais me reposer, dormir pendant des jours s’il le faut, prendre tout le repos nécessaire. Mais là je ne peux pas. Les enjeux sont trop importants pour s’arrêter si près de la ligne d’arrivée. Mal en point, je me couche tout de même pour une courte nuit. Le bateau est à 4h30, je ne dois surtout pas le rater.

Le lendemain, le réveil fut très dur. En plus des multiples étourdissements dus à la fatigue corporelle, mon bras me lance. Fort. La douleur est très vive, tellement que je ne peux l’ignorer. Je hisse tant bien que mal mon sac à dos sur mes épaules, laisse un petit mot pour Aria et file vers le port. Le chemin jusqu’à celui-ci parait interminable. Comme si 10 kilomètres me séparaient de ce bateau, et de ma délivrance. Un kilomètre, c’était déjà beaucoup trop pour mon corps, qui ne cesse de me rappeler sa douleur. Mon esprit est toujours là, mais le reste non. Je grime tant bien que mal dans l’embarcation, sous le regard inquiet du commandant, que je ne remarque même pas. Je divague. Mon esprit me quitte aussi. Je lutte, mais j’ai bien l’impression qu’il est trop tard.

Pour essayer de me concentrer sur autre chose, je repasse en revue ce que m’a dit Kathy sur mon futur stage. Cette fois-ci, je ne serais plus seulement observatrice mais actrice dans l’hôpital. En plus d’aller aider les patients en rémission à l’aide de pokemon, je ferais aussi partie d’une équipe d’ambulancier. Un tout autre job qui nécessite des compétences bien différentes mais tout aussi importantes. Et en bonus, je devrais surement croiser Alban dans une pension pokemon qui fait partie d’un programme en collaboration avec l’hôpital, enfin si j’ai bien compris le sms du Voltali. Depuis quelques jours, je ne suis plus sûre de rien. La seule chose que je sais, c’est que j’ai hâte d’y être.

Le voyage se termina, et je devais embarquer dans un autre bus pour rejoindre l’hôpital. Alban et moi, nous partageons une maison tout près de mon lieu de stage. Même s’il n’arrive que dans une semaine, je dois prendre bien soin de la maison en son absence. Mais je préfère passer rapidement à l’hôpital avant, histoire de faire un coucou et de dire que je suis bien arrivée en vie. Dans le cas présent, cela me parait être une bonne chose, même s’ils ne sont pas au courant de mon état. J’ai d’ailleurs eu du mal à descendre du car, et sans l’aide du chauffeur je serais surement restée bloquée dans les marches. Je palis à vue d’œil et ça ne doit pas être très beau à voir vu sa tête. Un à un, mes pas s’enchainent jusqu’à ce que doucement, je passe la porte de l’hôpital. Timidement, j’adresse un signe de la main à l’infirmière à l’accueil qui, me reconnaissant, prévient Madame Altava de mon arrivée.

D’ici, j’entends déjà ses grands cris de joie à l’idée de me revoir. De loin, je distingue les grands mouvements de ses bras. J’entends ses talons noirs claquer contre le sol. Et son beau sourire, je voudrais tant le voir. Mais je n’y arrive pas. Mes yeux se troublent, j’y vois de moins en moins bien. Jusqu’à ce que, au final, ce soit le noir total. Je n’ai rien senti du tout quand mon corps s’est écroulé sur le sol blanc de l’hôpital. Je n’ai pas entendu non plus les cris d’horreur de l’infirmière. Je n’ai pas vu le visage déformé par la peur de Kathy Altava. Je n’ai pas senti les grands hommes me déplacer sur un brancard à roulette. Je n’ai pas compris qu’on m’avait mis un masque à oxygène sur le nez pour m’aider à respirer. Je n’ai pas remarqué que le personnel présent était en alerte. Non, tout ça s’est passé sans moi.

***

Je ne saurais pas dire ce que procure ce sommeil forcé. En tout cas, tout sauf du repos. Je n’ai pas l’impression de dormir. J’ai plus l’impression qu’on m’a enfermé dans un cercueil et qu’on m’oblige à y rester. Je veux me réveiller, je veux bouger. Mais mon enveloppe charnelle ne le veut pas. Pourtant, je finis tout de même par émerger de ce drôle de sommeil. Lentement, mes paupières s’ouvrent, dévoilant une douce lumière jaunâtre. Un coup d’œil à ma droite pour voir qu’il fait déjà nuit. Un regard vers l’horizon pour réaliser que je suis sur un lit d’hôpital, sous une couverture, en tenue de malade. Mon bras gauche est cependant découvert, dévoilant les blessures accumulées. Je mors mes lèvres, dégoûtée par ma propre attitude. Les cheveux couverts de sueur et étalés sur l’oreiller montrent que j’ai dû avoir de la fièvre pendant cette mystérieuse journée. Et si je suis branchée à autant de trucs, c’est qu’il y a du avoir des complications. Mais il manque un dernier coup d’œil, celui à gauche, qui me permet de réaliser que je ne suis pas seule. Au bord du lit, un garçon brun est installé, me tenant la main. Un garçon que je n’ai pas pu oublier. Avec difficulté, je parviens tout de même à prononcer quelques mots.

Eric c’est toi ? Qu’est-ce que tu fais ici…
Je suis à l’hôpital pendant quelques jours pour des contrôles post-opératoires. J’étais dans ma chambre quand j’ai étendu le grabuge. Je suis descendue, et quand j’ai vu que c’était toi, je me suis inquiétée. Mais comment…

Un grand claquement de porte raisonna dans toute la petite chambre, laissant entrer une furie violette. Kathy Altava en personne à mon chevet. Je fuis son regard. Son regard, entre couleur et peine, est difficile à soutenir. Je ne peux pas l’affronter. C’est trop difficile. Déjà parce que je sais ce qu’elle va me dire, et d’autre part, parce qu’elle aura raison sur toute la ligne.

Idalienor tu es réveillée, quel soulagement. J’ai prévenu ton père ainsi que la Pokemon Community. Pour l’instant, repose-toi. Nous avons beaucoup de choses à nous dire, mais pour ça, j’attendrais demain.

La jeune femme quitta aussitôt la pièce, me laissant seule avec l’adolescent footballeur. Son regard trahit tout ce qu’il veut savoir. Aujourd’hui, j’ai eu très peur. Pas peur pour les autres, peur pour moi. C’est tellement rare que cela arrive. Ca me retourne encore l’estomac. Mon corps est extrêmement faible, et mon bras complètement paralysé. Sans m’en rendre compte, les larmes coulent sur mes joues et s’écrasent sur la couverte. Mes jambes se rapprochent de moi, je me recroqueville. Mes yeux se noient dans mes propres larmes.

Eric, je voulais être forte. Je voulais réussir. Mais je n’ai pas pu. Je…je ne…

Allez vas-y Ida, dis-le. Dis ce à quoi tu penses, car ce sera la vérité. Doucement, la main d’Eric se pose dans mes cheveux pour me caresser la tête. On dirait qu’il vient de recueillir un Chacripan abandonné. Mais cette fois, le pokemon blessé, c’est moi. Alors entre mes larmes, j’arrive enfin à avouer la conclusion de cette histoire,  le mot de la fin.

Je ne suis pas une héroïne …

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MessageSujet: Re: [Lavandia] je ne suis pas une héroïne   Mar 8 Aoû - 0:42

Quand Aria arriva à l’hôpital, de longues cernes noires entouraient ses yeux. Comme un petit panda tout mignon ! Sauf qu’Aria était tout sauf mignonne aujourd’hui. Elle était d’humeur à fracasser les murs. Et heureusement que personne n’avait gêné son chemin jusqu’ici car il aurait été assailli de reproches par une furie. Oui, Aria était en colère. Une colère qui ne cessait de croître. Une colère dont elle n’arrivait pas à se débarrasser. Alors, si une personne avait le malheur de se présenter sous la forme d’une proie potentielle… elle n’en ferait qu’une bouchée !

Mais avant de continuer, arrêtons-nous un instant pour voir ce que nous vaut cette humeur si grave. Après tout, Aria était en vacances. Rien ne devrait l’empêcher de s’amuser nonchalamment sur une plage. Alors pourquoi ? Tout s’explique en remontant quelques heures plus tôt. Un jour plus tôt même. Et nous allons trouver le coupable.

Un seul coup de fil.

Qui va pourtant hanter ses nuits encore longtemps.

Hier, alors qu’Aria était en train de s’amuser tranquillement avec ses pokemons, son téléphone vibre. Un numéro inconnu. Enfin, ça ne veut pas dire grand-chose, elle n’a pas un téléphone portable depuis longtemps et elle n’enregistrait presque jamais ses contacts. Ceux qu’elle avait sur son téléphone, les personnes les avaient rentrés de force, exaspérés par sa flemme pour ce genre de choses. Bref, rien d’anormal jusque-là. Elle décrocha.

- Allo ?
- Aria ?
- Oui ?

Elle ne reconnaissait pas cette voix. Elle s’attendait à ce que ce soit Ida ou sa sœur. Une voix d’adolescente. Mais la voix qu’elle entendait lui faisait plutôt pensée à celle d’une femme plus âgée.

- C’est Marie, la tante d’Idalienor. Tu te souviens de moi ?
- Marie ?! Oui bien sûr ! Tu vas bien ? Ca faisait super longtemps !
- Oui je vais bien merci. Mais il y en a une qui ne va pas bien. Je t’ai appelé pour te prévenir Aria. Ida est ta meilleure amie alors je pense que vous deux vous préférez le savoir. Ida a été hospitalisée il y a quelques heures. A l’hôpital Lavandia à Hoenn. Là où elle est allée faire son alternance.
- Ida ! Mais pourquoi ? Elle a quoi ?!
- Je ne sais pas en détail. Il y a un problème avec son bras apparemment. Les médecins doivent encore faire des analyses, on ne m’a pas dit grand-chose. On m’a juste dit que la prochaine fois il faudrait qu’elle vienne plus tôt et qu’elle se fasse soigner au lieu de laisser ça comme ça.
- …
- Aria ?
- Ok j’arrive.
- Quoi ?
- Je viens, j’arrive quoi. Je ne vais pas attendre là alors qu’elle souffre. Je prends le premier bateau pour Hoenn !
- Aria tu…
- Je te laisse ! Il faut que j’y aille ! On se voit là-bas !
- Atten…

Trop tard, Aria avait raccroché et courait déjà vers leur maison où elle jeta quelques affaires dans son sac avant de repartir aussi sec vers le port. Mais ce n’était vraiment pas son jour. Quand elle arriva, elle dût déjà se confronter à une dure réalité. Il n’y avait aucun bateau vers Hoenn avant le lendemain à 7 heures du matin.

- Vous êtes sur ? manqua-t-elle de hurler au guichetier, même en faisant des changements ?! Peu importe si je passe par Sinnoh ! Il faut que j’arrive à Lavandia le plus vite possible.
- Désolé mademoiselle, lui répondit-il avec un air sincèrement désolé qui calma Aria, mais les changements vous feront arriver plus tard que celui qui part d’ici.
- C’est pas vrai ! cria-t-elle avec une furieuse envie de se taper la tête contre les murs.
- Attendez mademoiselle ! cria à son tour le guichetier alors qu’elle allait faire demi-tour. Tournez les choses à votre avantage. Ce temps d’attente va vous permettre de mieux organiser votre voyage car j’ai l’impression que ça se fait un peu à la dernière minute… je me trompe ?

Décidément ce guichetier savait quoi dire pour la calmer. Ce n’était toujours pas la zen attitude mais elle commençait petit à petit à intégrer l’idée que ça ne servait à rien de se lamenter. Le bateau n’en partirait pas plus vite.

- On peut rien vous cacher je vois. Oui, je ne savais pas que j’allais partir avant il y a un quart d’heure.
- Nous allons essayer d’améliorer cette organisation d’un quart d’heure alors ! dit le guichetier, qui se garda de lui demander ni de lui faire un commentaire sur la raison de cet empressement soudain.

C’était pour ça qu’elle adorait cette île. Les gens y étaient si gentils. Ils t’aidaient sans rien n’attendre en retour. Ils n’allaient jamais te forcer à parler, ce qu’ils considéraient comme un acte impoli d’ailleurs, ils attendaient toujours que tu leur en parles, parce que si c’était vraiment important tu finirais toujours par leur en parler. Sur cette île, un inconnu croisé depuis cinq minutes pouvait, à tes yeux, devenir aussi fiable qu’un ami de longue date. Jamais de conflit, une atmosphère continuelle de bienveillance, ici, tu avais toujours l’impression de baigner dans un cocon familial réconfortant.

Grâce au guichetier, Aria appris que Lavandia ce n’était pas un port et qu’elle allait devoir faire une heure de bus après sa traversée en bateau. Elle arriverait donc encore plus tard qu’elle pensait à l’hôpital ! Cette information l’a remis en colère. Sans le guichetier pour la canaliser elle aurait sûrement cassé la boutique. Au moins son voyage serait bien organisé…

Elle n’avait pas eu le courage de rentrer chez leur hôte et de retrouver toute la famille et Sylvabel. Alors elle avait fait une nuit blanche sur le port. Avec le guichetier, car le guichet restait ouvert toute la nuit, ils avaient beaucoup discuté. Ils s’étaient très bien entendus. Ça avait permis à Aria de ne pas trop se faire de soucis pendant toute cette attente. Elle avait essayé d’appeler Ida mais la sonnerie retentissait dans le vide. C’était normal, lui avait dit Léon, le guichetier, les hôpitaux n’autorisent pas toujours les patients à garder leur portable. Ca l’avait rassurée. En toute franchise, cette nuit avait réussi à un peu effacer ses soucis. C’est avec des cernes énormes, et plus apaisée qu’elle put enfin partir de l’île en direction de Hoenn.

Mais voilà. L’île était toujours visible derrière elle et déjà ses inquiétudes la rattrapaient. Le réconfort d’Akala et du guichetier s’évaporait et elle se retrouvait seule. Avec toutes les angoisses qui revenaient. Elle ne réussit pas à dormir. Pendant tout le trajet, jusqu’à son arrivée à l’hopital, elle resta à ruminer dans ses pensées. Elle était en colère. Elle avait peur. Pour Ida. Elle ne voulait pas qui lui arrive quelque chose de grave. Rien ne devait lui arriver. Rien. Jamais. Et pourtant… ça arrivait. Alors elle s’en voulait. Elle ressentait la même émotion que dans leur enfance, quand Ida et d’autres filles s’étaient faites embêtées par les garçons alors qu’elle n’était pas là. Ida s’était défendue bien sûr, mais pour la petite Aria ça revenait au même. Elle avait échoué à les protéger. Elle n’était pas là quand elles avaient eu besoin d’elle. Et ça faisait mal. Parce qu’il n’y a qu’avec soi-même qu’on est aussi dure. Mais maintenant, ça n’avait rien à voir. Ce n’était plus la petite douleur d’un l’amour-propre blessé. C’était beaucoup plus profond. Elle se sentait mal. Elle se détestait pour ne rien avoir remarqué. C’était elle qui était toujours près d’Ida non ? Alors comment elle avait pu rater qu’elle n’allait pas bien ? Ce qui lui faisait le plus mal c’est qu’elle savait pertinemment que si les rôles avaient été inversés, Ida aurait remarqué. Là, elle était juste seule avec son incompétence. Et elle n’aimait pas ce sentiment.

Donc elle s’en voulait.

Mais au fond, pas qu’à elle. Elle mentirait si elle disait qu’elle n’en voulait pas à Ida aussi. C’était un peu comme si Ida ne lui avait pas fait confiance. Pourquoi elle n’avait rien dit ? Pourquoi elle avait tout caché ? Le fait qu’Ida ne lui faisait pas confiance blessait aussi. Elle avait l’impression de tirer le rideau sur la période où elles n’avaient aucun secret l’une pour l’autre. Et même si ces confidences n’auraient pas pu durer éternellement, elles lui manquaient déjà.

Sur le pas de l’hôpital, ce n’était aucun de ses deux sentiments qui la dominaient.

Elle avait peur. Ida était sa meilleure amie. Elle souhaitait que rien ne lui arrive jamais.
Et là en pensant qu’elle se trouvait dans une de ses chambres blanches, son cœur se resserra. Elle hésita encore deux secondes puis entra. En sachant qu’elle ne sera pas exactement la même en sortant.

- Je cherche la patiente Idalienor Edelwen s’il vous plait.

- Chambre 204, première à gauche puis vous montez à l’étage.
- Merci beaucoup.

L’hôpital était un hôpital classique. Des chambres blanches, aseptisées. Cette odeur particulière, qu’Aria interpréta comme une odeur de mort et qui la mise mal à l’aise. Car Aria n’aimait pas les hôpitaux. C’était le médecin de Vermilava qui soignait ses chevilles foulées, son bras cassé et tous ces autres petits incidents qui avaient rythmé sa vie d’enfance. Résultat : elle n’avait jamais été à l’hôpital, à part pour sa naissance. Alors elle n’était pas habituée à cette ambiance. Et elle la trouvait morbide. Elle avait du mal. Alors à peine deux minutes après son entrée, elle décida qu’elle n’aimait pas les hôpitaux.

- Attendez !

Une voix l’interpella alors qu’elle s’apprêtait à entrer dans la chambre. Une femme en blouse blanche s’avançait vers elle.

- Vous êtes venue voir Idalienor ?
- Oui.
- Ah bien. Je suis tellement heureuse qu’elle est autant de visite ! Mais ça aurait été encore mieux si elle n’était tout simplement pas allongée dans cette chambre ! Si vous saviez la peur qu’elle m’a fait quand elle s’est effondrée !

Aria grimaça. La scène venait de s’imposer à elle, si forte qu’elle en était blessante.

- Tu es une de ses amies je suppose ?
- Oui, je m’appelle Aria.
- Enchantée de te rencontrer alors. Bon avant que tu rentres il faut que je te fasse un petit topo de son état. Car je la connais elle ne va rien vouloir dire ! Mais rapidement car je suis encore du service moi !
- Je vous écoute.
- Alors rassure-toi il n’y a rien de grave. Elle s’est évanouie à cause du mélange de fatigue et de ses problèmes, ça aurait pu être évité. Elle a le bras gauche brulé au premier et au second degré, et sa main présente des résidus de poison. Elle refuse de nous dire comment il est arrivé là mais crois-moi je vais la cuisiner là-dessus ! Bon, il faut que j’y aille, on n’arrête pas de me biper depuis tout à l’heure. Ida va être ravie de te voir ! Je repasserais en fin d’après-midi !

Aria resta seule devant la porte 204. Elle digérait ce que l’infirmière venait de lui dire. La brulure. Pourquoi elle n’y avait pas pensé plus tôt ? C’est comme si elle avait oublié. Dans l’incendie, Ida avait été brulé. Mais Aria comme une idiote, n’avait pas pensé un seul instant que c’était grave et que ça nécessitait un traitement. Enfin si, elle lui avait dit d’aller à l’hôpital, ou au moins à l’infirmerie, mais elle n’avait jamais vérifié qu’Ida avait suivi son conseil. Et maintenant qu’on lui disait, il lui semblait évident qu’Ida n’avait jamais eu l’intention de le faire.

Elle se retint de frapper le mur. On ne frappe pas les hôpitaux. Dans sa tête tout se mélangeait. Elle lui avait parlé de poison aussi. Du poison ? D’où sortait ce poison ? Encore un truc qu’elle n’avait pas remarqué.

Ok. On se calme. Maintenant qu’elle était là, tout était fait. Elle ne pouvait rien changer. Elle se haïrait plus tard. Elle n’allait pas retarder encore plus son entrée. Elle avait hâte de revoir le visage d’Ida.

Elle entra.

Entre les murs blancs un lit. Des draps blancs, le lit blanc. Et Dans cet oasis de blanc, Ida est allongée sur le matelas. Recouverte à moitié par ses draps, elle semble dormir car elle ne réagit pas à son entrée. Pendant une seconde, la silhouette de sa meilleure amie se superpose à une autre qu’elle connait. Son père ?  Sa mère ? Elle n’arrive pas à les différencier. Passé ? Futur ? Elle ne saurait pas trancher. Elle secoue la tête et s’avance silencieusement. Penchée sur Ida, celle-ci ne s’étant toujours pas réveillée, Aria s’autorisa un petit sourire de diablotin.

- Bouuuh !!! cria-t-elle en lui saisissant les épaules et en la secouant.

… Quoi ? Elle n’a pas de problèmes au cœur non ? Elle avait bien le droit de s’amuser après tous ces soucis ! Ida ouvrit les paupières, un peu choquée par ce réveil brutal.

- Alors ? On n’accueille même plus sa meilleure amie ? Je vais me vexer moi, fanfaronna-t-elle.

- Eh dis donc c’est quoi ce boucan ! Vous allez me faire le plaisir de baisser un ton ! On est dans un hôpital là ! gueula une voix à travers la porte.

Aria éclata de rire.

- On va continuer moins fort alors, dit-elle avec un clin d’œil, comment ça va ?

Elle s’assit sur un côté du lit, et lui fît un câlin.

- Bon alors comme ça, tu pars pour un stage en hôpital et tu te retrouves patiente. C’est un vrai numéro de magicien ça.

L’ironie était naturelle mais Aria sentait toute sa colère remonter petit à petit dans sa voix sans qu’elle puisse s’arrêter.

- C’est Marie qui m’a prévenue. Mais elle n’est pas encore là à ce que je vois. Ah oui et aussi j’ai eu un debrif de l’infirmière avant d’entrer donc ne t’inquiètes pas tu as pas besoin de me dire ce que tu as je le sais… Ça doit être un soulagement pour toi. Après tout, tout ce que tu avais tu me l’as jamais dit. Juste parce que je te le fais remarquer tu me dis que tu es brulée. Une petite blessure pas bien grave. De second degré Ida ! Tu as oublié le pompier qui était mort dans le feu de la maison des Campbell à Vermilava ! Ce n’est pas rien une blessure de second degré ! Même si ça ne concerne pas tout le bras ! D’ailleurs vu que ça n’avait pas été traité, je suppose que tu n’étais même pas allé à l’infirmerie pour le faire examiner… Tu veux devenir médecin Ida ! Comment tu pouvais rester avec ça et te dire « C’est Ok. Je vais tout à fait bien » ?! Avec du poison en plus ! Alors le poison c’est le pompom. Tu te retrouves avec du poison dans ta main comme ça et nous on sait même pas comment !

Aria ne pouvait plus s’arrêter. Toute la tension depuis hier se déversait et noyait sa raison sur le passage. Elle était en colère. Tellement en colère contre Ida pour n’avoir jamais rien dit.

- Est-ce que tu te rends compte deux secondes Ida ?! Est-ce que tu te rends compte ? Tu crois qu’un enterrement ne m’a pas suffi ?! Tu crois que tout le monde s’en fout de toi et de comment tu vas ? Alors laisse-moi de te répondre. Je n’ai pas pu dormir une seconde depuis que je sais que tu es hospitalisée, tu sais la peur que j’ai eu pendant tout ce temps ? Si toi tu t’en fous de ton corps tu pourrais au moins t’en préoccuper pour les autres ! Est-ce que tu te rends compte..., elle commença à pleurer, est-ce que tu te rends compte… de la peur que tu nous as faite ?

Ida s’était mise à pleurer aussi. Aria ne pouvait plus arrêter ses larmes. Petit à petit, elle avait l’impression de se briser.

- Désolée, je suis désolée Ida, pleura-t-elle entre deux sanglots.




- Je reviens, je vais chercher une boisson. Tu veux quelque chose ?
- Oui merci.
- Je reviens vite.

Aria sortit de la chambre. Les deux filles venaient de prendre le temps de discuter un peu en tête à tête. Ça faisait du bien. De se poser de temps et temps en oubliant le reste. Les circonstances n’étaient pas idéales mais Aria était contente.

- Hum.

Juste derrière la porte, enfin à côté de la porte à l’extérieur, un jeune garçon se tenait et la regardait.

- Et ben dis donc c’est la journée des rencontres ! s’exclama Aria.
- Euh... qu’est-ce que tu racontes ?
- Nan laisse tomber, tu ne pouvais pas savoir de toute façon, dit-elle avec un sourire, tu voulais me voir pour quelque chose ou tu m’as juste confondu avec Ida ? Elle est dans sa chambre si tu veux la voir.
- Non c’est bon je suis allé lui dire bonjour ce matin.
- Ah ? Super alors.
- C’est bien à toi que je veux parler. On va à la cafet ?
- Et bien si tu veux oui. Même si je ne sais toujours pas ce que tu me veux.
- Tu le sauras vite de toute façon.
- Et ben je sens qu’on va s’entendre nous deux !



- Alors qu’est-ce que tu me veux ?


Ils s’étaient installés à une table. La cafeteria était quasi vide. Mais Aria aimait mieux être là que dans les couloirs, l’odeur de café couvrait un peu celle de l’hôpital. Elle n’arrivait pas à s’y habituer. Elle ne savait pas comment Ida faisait pour rester dans une chambre avec cette odeur.

- Enfin, se reprit-elle, ce serait peut-être plus approprié de te demander d’abord qui tu es, tu ne penses pas ?

Malgré son ton amical, Aria était un peu sur les nerfs. Elle appréciait les personnes avec la langue pas dans la poche, et un peu de sarcasme ne l’avait jamais tué. Mais disons que ce n’était pas vraiment son jour pour ce genre de trucs.

- Je m’appelle Eric. Quand j’étais enfant, j’ai eu un accident et récemment j’ai eu des complications, malgré des années où rien ne s’était manifesté. C’est réglé maintenant mais je suis quand même à l’hôpital quelques jours pour faire des contrôles.
- Ah d’accord. Contente pour toi. Mais je veux juste te dire, si Ida t’intéresse et que tu veux des conseils, je ne crois pas que tu es ton style. Vraiment désolée. Je peux y aller maintenant ?

A vrai dire, ce garçon était en train de lui gâcher le peu de bonne humeur qu’elle avait enfin réussi à avoir dans la journée. Alors elle n’avait qu’une envie : s’en éloigner le plus vite possible. Elle ne savait pas pourquoi (à part qu’elle le trouvait désagréable) mais elle avait l’impression que si elle passait plus de temps avec lui, elle allait entendre des choses qu’elle ne voulait pas entendre. D’ailleurs elle n’avait pas attendu sa réponse pour se lever et se diriger vers la porte.

- Et attends ! s’exclama Eric, je t’ai dit que j’avais des trucs à te dire !
- Et si je n’ai pas envie de les entendre ? Excuse-moi, mais aujourd’hui ce n’est pas vraiment mon meilleur jour et j’avoue que je préfèrerais être avec Ida plutôt qu’écouter les choses que tu as à me dire même s’ils sont passionnantes.
- Moi je veux te parler d’Idalienor justement, alors arrête de faire ta princesse et reviens t’asseoir. Après tout, ce n’est pas comme si tu lui avais manqué hier. Elle pourra se passer un peu de ta compagnie aujourd’hui.
- Oh touché coulé là petit. Ah désolé tu es plus grand que moi ? Excuse je parlais de la taille. Bref, j’ai une grande envie de te plaquer contre un mur pour ce que tu viens de dire et de t’obliger à passer beaucoup plus d’examens que prévu. Mais je ne vais pas mentir, tu as aussi réussi à piquer mon intérêt. Alors on va s’arranger tous les deux. Je t’écoute, on va dire dix minutes, et après on sépare nos chemins. Tout le monde est content avec ça et happy world !
- C’est sûr que tu es douée pour critiquer. Je suis sûre que tu ne te rends même pas compte de ton hypocrisie.
- Eh bonjour la politesse. Je suis restée pour entendre parler d’Ida, pas pour me faire flinguer.
- Je te parle d’Idalienor, banane. Tu réfléchis quand tu parles. Comme tout à l’heure, où tu as pété un câble sur elle. Eh ! Si tu es une incapable, tu n’as qu’à t’en prendre qu’à toi-même. Tu sais que rejeter la faute sur les autres, tu n’as vraiment aucune valeur. Tu ne sais rien de ce qu’on ressent quand on est allongé sur un lit d’hôpital. Est-ce que tu as déjà au moins été malade ? Est-ce que ça a été assez grave pour que tu craignes pour ta vie, pour ta mobilité, pour ton quotidien ? Tu n’en sais rien. Et tu ne cherches pas à savoir. Tu arrives juste ici, avec ta fierté mal placée et tu te permets de faire la morale. Tu me dégoûtes.
- Ok. Alors toi. Tu as un vrai don. Je te félicite. Y a personne aussi douée pour me faire sortir de mes gongs. On sera dans une ruelle, tu serais déjà KO, le nez en sang.

Avec le sourire qui l’accompagnait, ses paroles étaient une vraie menace. A glacer le sang par son sérieux. Mais y a toujours des personnes qui ne sont pas faciles à intimider.

- Bref, tu me fais regretter d’être dans un hôpital, c’est bête hein ? Mais pour te répondre, si je déverse ma colère sur les autres, tu le fais autant que moi. Et à moi de t’apprendre quelque chose. Tu parles de se mettre à la place du malade, mais est-ce que tu t’es déjà placée à la place des proches du malade ? Ce ne sont pas les mêmes sentiments. Ce n’est pas la même douleur. Mais ce n’est pas une raison pour ignorer l’un par rapport à l’autre. Je suis peut-être coincé dans ma vision mais tu es aussi coincé dans la tienne !
- Ah bon ? Tu crois que les malades pensent seulement à leur petit bien-être ? Tu crois qu’on ne pense jamais à notre famille ? Alors à moi de te faire la leçon, la souffrance de quelqu’un hospitalisé ce n’est pas seulement une souffrance physique, ou alors la souffrance de pas pouvoir vivre sa vie aussi librement que l’on entend, c’est bien plus. Mais tu ne te rends pas compte. Ce qui m’a fait le plus mal quand j’étais enfant dans les hôpitaux, c’est de voir la tristesse de mes parents à chaque fois qu’ils devaient me laisser pour la nuit. A chaque fois, je lisais combien ils regrettaient de ne pas pourvoir m’emmener avec eux. A chaque fois, que mes amis venaient me voir et me racontait comment c’était passé l’école, ils me répétaient combien ce serait cool que je sois là aussi. Ça nous manque le monde extérieur, le monde de tous les jours quand on est dans un hôpital, mais si j’ai bien appris quelque chose c’est qu’on lui manque aussi.
-… Bon ok. Tu sais, je me rends bien compte que ce que tu me racontes, ce n’est pas faux. Mais par contre toi, je ne t’aime vraiment pas. Regarde-toi dans un miroir avant de ressortir de l’hôpital, ça te fera sûrement du bien. Sur ce, les dix minutes se sont écoulées. Adieu.

Elle s’éloigna et cette fois, Eric ne la retint pas. Avant de retourner vers Ida, elle se réfugia dans les toilettes. Devant le miroir, elle pouvait se voir pleurer. Elle s’était retenue devant Eric mais il savait vraiment appuyer là où ça fait mal. Seule la vérité blesse, comme on dit. Elle essuya ses larmes. Elle s’était un peu emportée aussi, mais elle détestait se sentir menacée. Il faudra qu’elle demande à Ida de l’excuser de sa part. Même si elle n’était pas sûre qu’ils se connaissent au final. Si ça se trouve c’était un stalker ! L’idée la fit rire.

- Allez ! Maintenant il est temps de rejoindre Ida ! se dit-elle à elle-même, et de faire mon rapport à Mysdi d’ailleurs, sinon ce sera l’enfer quand je rentrerai ! Déjà qu’ils me faisaient la tête d’être laissé sur la touche.

Elle repartit le soir tard dans la nuit, le dernier bateau vers Akala. Ce n’était sûrement pas la meilleure journée de sa vie mais c’était une de ses journées essentielles, qui rangent ta vie et te préparent à l’avenir.

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MessageSujet: Re: [Lavandia] je ne suis pas une héroïne   Mer 20 Sep - 20:03

''Doucement...J'y suis presque...Encore un mètre''

Vous vous demandez sans doute ce que je fais, à mi-chemin sur un échafaudage de laveur de vitres, contre la façade de l'hopital de Lanvandia ? Secret d'État...Comment ça, ça suffit pas ? Non, en vrai, c'est à la fois très simple et très compliqué : après un petit trekking à Alola, j'ai pris le temps de faire un saut rapide à Nénucrique. Y'a pas à dire, ça fait plaisir de revoir tout le monde, Noé, Melody et  même Solen (Par contre, j'ai des doutes sur son innocence, en ce qui concerne la disparition mystérieuse des souvenirs que j'avais ramené d'Alola pour tout le monde) ! Bref, tout semblait se passer pour le mieux et annonçait une semaine de pause en famille des plus agréables. Sauf que...

''COMMENT ÇA, ELLE EST À L'HOPITAL ?!''

On m'a probablement entendu jusqu'au mont Chimnée, lorsque le bureau de la police de Lavandia nous as contacté : apparemment, Cléo était sur un gros coup depuis plusieurs mois. Une histoire de paris illicites au casino de la ville, qui se répercutait durement sur l'économie de cette dernière. En temps normal, la police n'aurait pas monté une opération en sous-marin pour ce genre d'affaires, mais ces paris impliquaient des combats illégaux, entre des espèces venues d'autres régions Pokémons. Rien d'étonnant donc, à ce que Cléo se soit portée volontaire. Faut dire que l'ampleur du trafic justifiait amplement son intérêt. Bref, ma bourrine de soeur ne changera jamais...
La jour de l'appel, un reportage rapportait même le succès total de son infiltration et l'arrestation d'un bon nombre des cerveaux derrière l'affaire. Ce que la télé n'a pas dit, en revanche, et que l'officier a tenté de nous communiquer avec le plus de douceur possible...C'est que Cléo n'en était pas sorti indemne.
La vie de ma soeur n'était pas en danger, loin de là : lors de l'assaut mené par les forces de l'ordre, une partie de la bande avait tenté de s'enfuir par une porte dérobée, à l'arrière du casino. Et au lieu d'attendre les renforts, Cléo n'avait rien trouvé de mieux que de se jeter sur eux ! À cinq contre un et uniquement soutenu par Balor, autant vous dire qu'elle avait sacrément dégustée : un bras dans le plâtre, un visage qui ferait frémir de terreur n'importe quel Spectre et une bonne semaine dans les pommes à l'hopital de Lavandia, avant de pouvoir seulement commencer à  absorber de la nourriture liquide. Le combo gagnant pour que son petit frère vienne lui faire la leçon et lui remettre un peu les pendules à l'heure : j'aurais fait quoi, moi, si ça avait été plus grave, hein ?! Au cas où ça ai échappé à ''Madame'', elle est un peu la seule famille qui me reste, mais non, ça, on s'en fiche et on fonce dans le tas ! Attendez un peu que j'atteigne sa chambre, elle ve m'entendre !
Ah oui, et pour en revenir à ma situation actuelle...

''...Ok, je le vois. Je le contourne et j'atteins le troisieme étage. Rien d'autre, Lucki ?''

Le petit détail intéressant, c'est que après l'opération ''coup de filet'', la police a reçu un bon paquet de lettres de menaces. Et vu sa position centrale dans l'affaire, Cléo se retrouve donc sous protection policière, 24h sur 24 ! Même la famille n'a pas le droit de lui rendre visite, tant que les derniers malfrats n'auront pas été appréhendés...Sauf que j'ai peut-être mon mot à dire, non ?
Après m'être littéralement fait jeter hors du hall d'accueil (Déjà que j'aime pas les hopitaux de base...) par un officier des plus zélés, il ne me reste plus qu'une solution pour franchir le barrage érigé devant la porte de Cléo : un peu de grimpette sur les échafaudages de maintenance, c'est pas ça qui va m'arrêter ! Quand à la présence de mon starter, elle s'explique par le fait que ses scans répétés de la façade m'évitent de me faire repérer par un patient, ou un médecin un peu trop curieux.
Si j'ai bien lu le numéro à l'entrée, la chambre de Cléo devrait se trouver à l'étage suivant...Encore un petit effort.

''...Alleeeeeez, ouvre-toi !''

Évidemment, le panneau pivotant et opaque est complétement bloquée. Ok, on inspire...et on pousse ! À la une, à la deux, à la troiiiiis !

*Sbunk*

Ah, tiens, il n'était pas bloqué, en fait...Ce qui doit expliquer pourquoi je viens de passer par l'ouverture, pour me viander sur le sol (dur, au cas où vous vous poseriez la question), de la chambre.

''Ouaaah *paf*...Sérieusement, soeurette, c'est pas facile de passer te voir. Surtout que je....IDA ?!''

Woops....Mauvaise chambre.

******************

''Et t'es sûr que ça va , hein ? Tu vas pas me..nous laisser, t'es plus forte que ça, Ida.''

Je parle trop. Et trop vite, sûrement. Mais la voir comme ça...C'est sûr que ça fait un choc. J'veux dire, c'est bien la même Ida qui m'a trainé au Mont Mémoria l'an dernier et qui m'a permis d'affronter pas mal de trucs. Alors la voir, dans un hôpital et plutôt pâle, forcément que ça allait me perturber. Pourtant, elle continue de sourire gentiment.

''Désolé pour la visite imprévue. En fait, je cherchais la chambre 321, c'est bien, celle-là...320. Ok, je me suis trompé.''

C'est mal fichu, ces hopitaux, y'a des chambres partout ! En tout cas, grâce aux indications d'Idalienor, je ne devrais pas réitérer mon erreur (Et je sens déjà l'agacement de Lucki, via son aura...Ça va encore être ma fête).. Néanmoins, avant de m'éclipser, je ne peux pas m'empêcher de contempler longuement la jeune fille ans son lit...C'est pas juste.

''Je serais super hypocrite de te dire que tu devrais faire plus attention à toi, Ida. Mais par contre, Y'a un truc que je sais : quand ça se produit, ne prévenir personne, c'est vraiment pas la meilleure solution. Crois-moi, tout le monde préfère l'apprendre directement, plutôt que de passer par quelqu'un d'autre.
Je ne vais pas te faire la leçon, t'es dans un hopital et pour moi, c'est déjà assez terrible à cause de ma...Bref, je vais pas revenir sur ça. Mais quand tu reviendras, t'as intérêt à être toujours aussi forte avec ton arc...SI ça se trouve, j'vais m'entrainer tous les jours et tu seras bien embêté à ton retour de voir que c'est plus toi la plus forte !''


C'est puéril, je le sais. Mais je ne vois pas trop comment lui exprimer ce que je ressens. La surprise s'est estompée pour laisser la place à l'inquiétude et maintenant, c'est l'envie qui vient prendre le relais. L'envie de voir cette Pyroli hors de ce lit, aussi énergique qu'avant.
Entrouvrant la fenêtre (avec tout ce raffut, ça m'étonnerait pas que quelqu'un finisse par débarquer dans la chambre et bonjour les ennuis pour nous deux), je peux rapidement rejoindre la bonne chambre...Non sans un dernier regard à la silhouette allongée dans ce lit. C'est étrange, pendant un instant, j'en viens même à voir une image se superposer à la Pyroli...une image un peu flou, mais on dirait que les cheveux de cette dernière ont pris une teinte plus rosée. Ça doit être mon imagination...

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MessageSujet: Re: [Lavandia] je ne suis pas une héroïne   Sam 11 Nov - 10:54

Je ne sais pas réellement combien de temps s’est écoulé comme ça. Peut-être une heure ou deux. Mes pleurs ne s’arrêtaient pas. Les larmes coulaient à flot le long de mes joues. En même temps, je ne cherchais pas à les arrêter. J’avais besoin de jeter hors de moi toute cette peur qui s’était accumulée ces 6 derniers mois dans mon corps. Ce stress caché sous la vague de l’adrénaline doit disparaitre. Je n’ai plus rien à craindre. Je suis dans un hôpital, surement le meilleur que je connaisse. Ils prendront soin de moi. Ils m’aideront tous à remonter la pente, du moins je l’espère. Il va falloir que je regarde toutes mes erreurs en face, que j’apprenne à les accepter pour mieux repartir, sur de meilleures bases. Je sais que cela ne sera pas évident, que pendant longtemps la honte va me ronger. La honte d’avoir perdu un tel duel. La honte d’avoir caché tout ce temps mon état. La honte d’avoir pris de tel risque.

L’adolescent est toujours là, près de moi, n’osant pas s’en aller. Le pauvre, je dois sacrement l’embêter. Lui qui était venu pour de simples contrôles de routine se retrouve à veiller sur la « médecin » du duo. Voilà une belle affaire. Il n’a cessé de me caresser la tête tout le long pour me calmer, attendre que la tempête s’apaise. Au bout d’un moment, la porte s’ouvre de nouveau et laisse apparaitre la médecin Altava. D’un regard, je comprends qu’elle demande à Eric de sortir de la chambre. Le garçon me glisse un « je reviendrais demain » avant de quitter le petit espace. Doucement, je m’étale à nouveau dans le lit, me sentant glisser vers les bras de morphée. Mes yeux se lèvent vers la médecin, en train de trafiquer des trucs sur les machines auxquelles je suis reliée. Elle doit changer les doses d’anti douleur, en tout cas suffisamment pour que je m’endorme comme une masse. Je distingue tout de même un triste sourire sur son visage avant que mes yeux ne se ferment définitivement.

Je me suis réveillée assez tôt. Vers 8 heures peut être. Je ne sais pas vraiment il n’y a pas d’horloge dans ma chambre. D’ailleurs je suis toute seule, je n’ai pas de petit camarade avec moi. C’est peut-être mieux en fait. Je n’aurais pas eu envie d’expliquer à un inconnu ce qui m’avait conduit dans ce lit blanc. Comme si Kathy avait toujours un œil sur moi, elle entra quelques minutes après mon réveil. A nouveau, elle vérifia la machine puis s’installa sur le lit, juste à côté de moi. Son premier geste fut de soulever mon bras paralysé par les anti douleurs et de faire un constat sur les blessures. Mon bras est environ brûlé à demi, à plus ou moins grande échelle. Je ne sais même pas comment j’ai réussi à cacher ça pendant autant de temps. Après tout je suis douée pour cacher, pour mentir. La médecin finit par ouvrir la bouche.

J’ai eu longuement la directrice de l’académie au téléphone hier. Pour les brûlures, elle m’a donné une explication. Cette histoire d’incendie sur l’île. Elle est persuadée que tu as refusé d’aller te faire soigner après avoir été blessé par les flammes. Et je la crois. Enfin te connaissant c’est l’explication la plus logique. En revanche, elle n’a rien pu me dire sur les résidus de poison dans ta main. Est-ce que tu veux bien m’expliquer ?

Je ravale ma salive avant de lui parler.

Je ne peux pas te le dire.

S’en est suivit une discussion à sens unique. Elle a eu beau insister pendant un moment, j’ai refusé de lui dire. Il s’agit de mon secret, rien qu’à moi. Ce que j’ai choisis de faire ce jour de décembre, personne ne pourrait le comprendre. Tout le monde me dirait que je suis folle, que je n’aurais pas dû faire une chose pareille. Ils ne pourraient pas comprendre la réflexion que j’ai eu à ce moment-là, ils ne pourraient pas raisonner de la même façon parce qu’ils n’ont pas le vécu que j’ai. Même Kathy. Au bout d’un moment, elle a fini par lâcher le morceau, permettant aussi à Eric d’entrer dans la pièce. Le garçon écoutait depuis le début la conversation, visiblement curieux d’en savoir un peu plus sur le pourquoi je suis là. La médecin a quitté la chambre nous laissant entre adolescent. La discussion s’est voulu moins loudre avec lui. On a parlé de truc plus joyeux, moins pesant. De nos vies et de nos passions. Comme d’habitude quoi.

Au bout d’un moment, Eric quitte ma chambre, la laissant de nouveau dans le silence. Il n’en fallu pas longtemps pour que mes yeux se mettent à papillonner de fatigue. Je déteste les hôpitaux pour ça. On dort tout le temps c’est insupportable. Et je n’échappe pas à la règle. Mes yeux se ferment et je plonge à nouveau dans le sommeil.

Cependant je suis réveillée par des hurlements dans mes oreilles. Le temps que j’ouvre les yeux et que je comprenne ce qui était en train d’arriver, une furie brune était déjà perchée sur mon lit. Aria ! Je pousse un cri de surprise avant que l’un des membres du personnel nous dise de nous calmer. Après tout on est dans un hôpital. Le silence retombe, me faisant vraiment réaliser ce qui va arriver. C’est surement la confrontation que je redoutais le plus. Un duel entre elle et moi. Le jour où il faudra que je lui dise tout ce que je lui cache depuis quelques mois déjà. Visiblement c’est arrivé un peu plus vite que prévu.

Les reproches de ma meilleure amie fusent à travers la pièce. Ils sont tous justifiées. Je n’ai pris la peine d’avertir personne de ce que je faisais, pas même elle. Elle a dû se sentir trahit par ce geste. Bien sûr, cela n’a jamais été mon intention. Je ne voulais pas que quelqu’un s’inquiète pour moi, c’est tout. Mais en plus des multiples exclamations de la jeune fille, je distingue une pointe de reprocher personnelle. Comme si elle s’en voulait. Je ne sais pas vraiment. Toutes les deux nous finissons en pleurs. Je crois qu’il nous fallait bien ça pour remettre les pendules à l’heure. Nous avons passé un moment dans les bras l’une de l’autre, comme une promesse de ne plus jamais nous quitter, de ne plus jamais se mentir l’une à l’autre. Parce que c’est ça qui fait la force de notre amitié. Une connexion que pleins de monde nous envirait s’ils pouvaient seulement la comprendre.

Aria finit par quitter la pièce pour aller se chercher quelque chose à boire. C’est sûr que vu les cernes qu’elle affichait elle en a bien besoin. J’ai profité pour passer commande aussi. Une petite boisson du distributeur ça sera toujours meilleur que la nourriture qu’on nous donne. Ce n’est pas une légende ça c’est vraiment immonde. Cependant, la pause qui devait durer un court instant se trouve prolongée. Peut être a-t-elle eu besoin de prendre l’air ? cela pourrait se comprendre. Depuis la mort de son père, ma meilleure amie déteste entendre parler d’hôpitaux. Alors devoir me voir à l’intérieur je n’imagine pas ce qu’elle peut ressentir.

C’est en me posant toues ces questions que j’entends la fenêtre de ma chambre se briser en milles morceaux. Wow. Quelqu’un vient de l’éclater. Visiblement très concentré dans sa tâche, la personne se parle à elle-même, confirmant la réussite ou pas de son plan. Le jeune homme relève la tête, nous permettant ainsi de nous reconnaitre.

Cael ?!

Le garçon s’approche de moi, réalisant que non seulement il n’est pas dans la chambre de sa sœur mais qu’en plus c’est dans la chambre d’une de ses connaissances qu’il a atterri. Je vois son visage abattu par cette découverte à laquelle il ne devait pas s’attendre. En même temps, personne ne pouvait s’attendre à me voir dans cet hôpital. A part peut être Chkao et Mysdi, personne a ma connaissance ne savait que je n’étais pas au mieux de ma forme. Je lui caresse doucement la tête.

Mais non Cael mais non. J’ai juste un peu trop forcé. Il faut que je recharge les batteries et ça ira mieux.

Lui aussi finit par m’adresser ses reproches, sensiblement les mêmes qu’Aria. Normal car ils sont tous vrais. Tout garder pour soit n’est pas la meilleure des idées, et je crois que cette expérience ne me l’a fait que trop bien comprendre. Sa remarque finale me fait rire. Un sourire en coin se dessine sur mes lèvres.

Je ne te laisserais pas faire, je serais toujours meilleure que toi au tir à l’arc t’en fais pas.

Je lui tends le poing, comme symbole d’un nouveau défi, peut être le premier que je pourrais réaliser à ma sortie d’ici. Encore beaucoup de choses vont changer, vont se construire différemment. Mais c’est peut-être ça la vie. Des chocs, des accidents, qui permettent de prendre une nouvelle route. Le garçon finit par quitter la pièce. Je soupire. Toutes ces confrontations, cela fait beaucoup.

Aria finit par revenir, visiblement agacée au début mais cela passe très vite pour revenir à sa bonne humeur. Ce n’est que quelques heures plus tard que la porte de la chambre s’ouvre de nouveau pour laisser en train un petit bonhomme pas très grand mais visiblement déterminé. Il enchaine les pas avant de se hisser sur le lit à la force de ses bras puis de se jeter à mon cou. Vite, je reconnais cette chaleur. Elwey, mon petit frère adoré. Les autres membres de la famille suivent et pénètrent tous dans la chambre. Aria, sentant la réunion familiale venir, quitte la pièce non sans avoir salué chacun. Mon petit frère continue de me serrer dans ses bras pendant que les autres restent à l’écart, visiblement gênés par ce qu’ils voient. Cependant, je n’ai aucun mal à décrire le tableau de famille qui se présente à moi. Papa ne sait pas trop quoi dire, et comme d’habitude Marie le suit. Julie quant à elle me fixe du regard et tient de ses deux bras les jumeaux un peu tremblants. Eux aussi je leur ai fait peur. Quand Kathy les a appelés pour leur dire, cela a dû les mettre en panique. Pire, ils ont dû revoir le jour de la mort de maman dans leurs esprits. Heureusement, moi je ne vais pas mourir.

Mais un autre détail m’interpelle. Papa et ma tante sont main dans la main. On pourrait croire qu’ils cherchent à se réconforter. Pourtant, c’est une autre interprétation que j’en tire. Je croise le regard de ma sœur Julie, qui m’a tout de suite comprise. Toutes les deux nous sommes différentes sur beaucoup de points mais on arrive toujours à se comprendre de cette façon. Je suis sûre qu’elle a beaucoup de choses à me dire.
Les discussions s’enchainent, j’essaie tant bien que mal de rassurer tout le monde. Ce n’est pas facile mais Julie m’aide bien dans cette tâche. Ma sœur me connait peut-être mieux que personne. Elle sait qu’il en faut beaucoup plus pour m’abattre. Au bout d’un moment, tout le monde sort chercher quelques choses à manger sauf ma plus proche sœur. Quand la porte se referme, je lui adresse un grand sourire.

Oh toi tu as beaucoup de choses à me dire. C’est le problème d’être tout le temps loin de la maison. Assieds-toi et explique-moi tout.

La rousse s’approche et s’assoit sur le bord du lit, sans trop savoir par où commencer. Je lui touche doucement le bras pour la mettre en confiance. Elle finit enfin par parler.

Tu sais, quand l’hôpital a appelé à la maison, tout le monde a eu très peur. Papa a fait une grosse crise de panique. Je n’avais pas vu ça depuis au moins 6 ans, juste après la mort de maman. Les petits pleuraient, Marie essayait de calmer papa et moi je me mordais les lèvres, sans trop savoir pourquoi. Je n’ai pas eu peur pour toi. Je te connais je sais qu’il n’y a rien de grave, enfin pas grave au point que tu meurs. Tu as promis que même si tu étais loin de la maison tu serais toujours là. Et je te fais confiance.

Et tu as bien raison.

Ma sœur se blottit dans mes bras tout rn sanglotant. Maintenant c’est elle qui protège la maison. Je lui ai laissé tout ça sur le dos. La pauvre a dû en voir des vertes et des pas mures pendant ces deux ans. Mais au fond je suis sûre qu’elle gère très bien la situation. Cependant, je sens qu’il y a autre chose.

Julie, tu ne me dis pas tout. Il y a autre chose qui te tracasse.

Oui. Enfin c’est surtout que je ne sais pas comment réagir. Cela fait déjà quelques mois que cela dure. Papa et Marie s’enfermaient tous les deux dans une pièce, à part de nous. Les autres ne se sont pas posés de question mais comme cela m’intriguait je suis partie les espionner. Et je les ais vu tous les deux en train de s’embrasser. Ils sont tombés amoureux l’un de l’autre.

Un léger soupire s’échappe de ma bouche. C’est l’une des premières hypothèses à laquelle j’ai pensé quand j’ai quitté la maison. Je savais qu’à tout moment cela pouvait arriver.

Que Papa aime une autre femme que Maman cela ne me gène pas. Ce qui me gêne c’est que ce soit Marie. Elle en a tellement fait pour nous depuis ma naissance. Je ne veux pas qu’elle pense qu’elle est devenue notre mère. Parce qu’elle ne l’est pas. Ma seule mère c’est Galatée tu comprends


Papa a aussi le droit de se reconstruire, il a le droit d’en aimer une autre. Cela fait maintenant des années qu’ils vivent ensemble, ce qui arrive est tout à fait logique. Pourtant, je comprends les angoisses de ma sœur, car au fond je possède les mêmes.

Ne t’en fais pas Julie, je suis sûre que Marie n’a jamais eu l’intention de remplacer maman. Elle aime un homme, elle aime notre père. Mais notre mère était sa sœur. Je suis sûre qu’elle a parfaitement conscience qu’il y a des choses qu’elle ne pourra pas faire.


J’espère que tu as raison.

En tout cas je veux un rapport détaillé de ce qui se passe à la maison maintenant. Des lettres des sms des photos ce que tu veux mais je veux tout savoir comme si j’y étais.

Je deviendrais ta journaliste personnelle !

Toutes les deux nous rions de cette situation. La maison change, mais j’ai quand même le droit d’être au courant.

Aria ainsi que le reste de la famille est resté toute la journée dans l’hôpital à mes côtés. Les avoir tous auprès de moi m’a redonné le sourire et le courage de me relever de cet obstacle. La suite de la semaine s’est faite plus calmement. Doucement, on a commencé à rééduquer mon bras et à éliminer les traces de poison dans mon corps. Il y a toujours une cicatrice de la croix violette mais plus rien de dangereux à l’intérieur désormais. J’ai réussi à cacher le pourquoi à Kathy mais pourtant j’ai le sentiment qu’elle a sa propre idée sur la question. Elle est médecin, je suis sûre qu’elle a compris comme c’était arrivé. J’ai également subi quelques greffes de peau, pour remplacer les tissus trop abimés. Ce fut quelques jours hors du temps mais nécessaire pour qu’une fois que je serais revenue dans la réalité, je sois plus forte que jamais.

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