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[Lavandia] Tout savoir pour mieux comprendre
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MessageSujet: [Lavandia] Tout savoir pour mieux comprendre   Jeu 27 Juil - 22:55

Voilà une petite semaine que j’ai débarquée à Lavandia. Une petite semaine qui m’a semblé une éternité. J’ai passé quatre jours cloitrée dans ma chambre d’hôpital sans pouvoir effectuer le moindre mouvement. Les trois autres jours ont servi pour débuter la rééducation de mon bras. J’ai subi deux interventions en un cours laps de temps. La première pour enlever un maximum de poison de ma main gauche et la suivante pour effectuer une petite greffe de peau à l’une des plus grosses brûlures de mon bras. Le tissu avait trop été attaqué et croyant que cela allait finir par se réparer tout seul, j’ai foncé droit dans le mur. Une grosse erreur qui a valu une quasi paralysie de mon bras. Rien qu’en y repensant, je m’en mors les lèvres.

La rééducation du membre est toujours en cours. Mes mouvements sont limités et je ressens souvent des tremblements ou de légères douleurs. Et tout ceci serait deux fois pire si je ne prenais pas mes médicaments. Pendant quelques temps, je vais devoir me shooter avec toute une série de trucs que je déteste mais qui sont nécessaires. Je ne suis pas une héroïne. Mon corps en a besoin, même si je déteste le reconnaitre. Mais je crois que ce n’est pas le pire dans tout ça. Le pire, c’est que j’ai formelle interdiction de couvrir mon bras avec quoi que ce soit. Pas même un vêtement. Il faut que je laisse respirer les tissus de mon bras. Ils ont été couverts non-stop pendant beaucoup trop longtemps. Ce n’est pas que j’ai peur d’avoir froid, les températures sont très clémentes à Lavandia. Non, ça n’a rien à voir avec ça. C’est simplement que mon bras est dans un état pitoyable. La plaie violette au niveau de ma main est toujours visible. Une croix qui fait froid dans le dos. Et lorsque l’on remonte plus haut, on voit très facilement que le membre est déchiré par les brûlures et les cicatrices dues à la greffe. Je ressemble presque à une poupée recomposée. Et j’en ai un peu honte.

Ce dimanche, après 7 jours à l’hôpital, je suis enfin libérée. Enfin libérée est un bien grand mot. Je vais simplement loger ailleurs que dans une chambre d’hôpital. L’académie a loué une petite maison pour Alban et moi pendant notre alternance. A la base, je devais m’y installer du 10 au 24 juillet et le Voltali du 17 au 31 juillet. Nous devions partager une semaine en commun. Mais les derniers événements m’ont conduit à reporter mon stage d’une semaine. Finalement, je serais donc bien présente dans la maison au même date qu’Alban. Et même si je ne dors plus à l’hôpital, je suis sans cesse surveillée par le docteur Althava, puisque c’est avec elle que je travaille. Et cela va durer encore deux semaines. De quoi rassurer mon entourage et surtout mon père qui se faisait un sang d’encre de me revoir « travailler » aussi vite. Heureusement que Kathy est persuasive. Si mon alternance avait été définitivement annulée, je l’aurais vécu comme une humiliation.

Il est environ 18 heures quand j’arrive dans la maison non loin de l’hôpital avec mon sac à dos. A peine ais-je eut le temps de fermer la porte que 3  de mes pokemons décident d’eux même de sortir de leur pokeball. Ruru, Misis et Hyori. Les plus protecteurs envers moi de l’équipe. Même s’ils se sont tous inquiétés pour ma santé ces derniers jours, c’est ces trois-là qui en ont le plus souffert. Surtout Zoroark à vrai dire. Je glisse ma main dans sa fourrure grise puis récupère mon sac pour le poser dans ma chambre. Nos deux chambres sont en enfilade. Je me place dans celle du fond et vide tranquillement mes affaires. En passant à l’hôpital, j’ai gagné une trousse de médicaments que je n’ai surtout pas intérêt à perdre. Les lits ne sont pas faits, alors avec l’aide de mes pokemons, j’installe les draps de mon lit mais aussi ceux du lit d’Alban. Il doit arriver un peu plus tard dans la soirée, ça sera ça de fait.

La pièce principale est très chaleureuse, avec un bar ouvert sur le salon. Dans un des tiroirs, je glisse mes médicaments, pour ne pas les laisser trainer puis observe ce que l’on a à manger. Il y a surtout le matériel de base. Je vais préparer une omelette aux légumes. Visiblement, on nous a laissé un petit cadeau puisque nous avons aussi eu le droit à un panier de baie. Tiens, si je faisais des jus pour commencer. Un truc rafraichissant c’est sympa. Je dois reconnaître qu’à une main ce n’est pas évident mais heureusement que je peux compter sur l’aide des pouvoirs psy de Hyori pour venir à bout de ces baies. Je verse soigneusement le mélange dans deux grands verres. Il y en a même en rabe. Une petite brochette de fruit par-dessus et le tour est joué. Comme dans les restaurants. C’est top.

A l’instant même où je termine, la poignée de la maison tourne pour laisser entrer l’autre habitant. Le Voltali arrive enfin. Je ne sais pas s’il vient d’Alola ou de chez lui mais le voyage a l’air de l’avoir épuisé. Ça se comprend de toute façon. Le brun pose son sac devant la porte puis me salue de la main. Heureuse de voir une tête connue, je me saisis d’un des verres, joyeuse, et m’approche de lui.

Salut Alban. Comment vas-tu ? Tu as fait bon voyage ? J’ai eu le temps de préparer ça avant que tu arrives. Cadeau de bienvenue à Lavandia.

J’avance de trois pas, heureuse, mais la réalité me rattrape bien vite. Le verre, que je tiens dans ma main gauche, se met à trembler. Mon bras tout entier tétanise et se met à trembler à son tour. En deux secondes, le verre s’éclate en mille morceaux au sol, permettant au liquide de s’étaler sur le carrelage. Dégoutée, je prends tout de même la parole.

Quelle idiote, je suis désolée. Je vais nettoyer ça.

Vite, je me précipite vers l’évier pour prendre une éponge. Mon bras gauche tremble tout entier, inutile de vouloir s’en servir. C’est donc à ça que pensait Kathy quand elle parlait de « réaction aux médicaments, ou légère crise ». De ma main droite, je commence à essuyer le sol, tout en fuyant le regard d’Alban. Ne le regarde pas, ne le regarde pas. Encore une fois, je suis noyée par la honte.

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MessageSujet: Re: [Lavandia] Tout savoir pour mieux comprendre   Mar 1 Aoû - 20:07




Tout savoir pour mieux comprendre
Alban Abernaty & Idalienor Edelwen

Il y avait dans les airs comme une légère odeur boisée, subtilement rehaussée par des embruns marins en provenance de Poivressel. Dans ce ciel qui revêtait doucement son manteau d’orange et de rose, on pouvait parfois voir éclore des notes de vert et de marron. Alban, juché sur le dos de Mistral, ferma un instant les yeux pour s’imprégner de ces odeurs nouvelles. Après l’air lourd de cendre d’Autequia, et celui beaucoup plus forestier de Cimetronelle, le châtain pouvait aisément dire que retrouver quelques fragrances similaires à celles de Lansat ne lui faisait pas de mal. Cela lui rappelait un peu l’académie, ses amis… et Maxine, surtout.

Un sourire niais s’étala malgré lui sur ses lèvres. Dans à peine quelques poignées de jour, Alban irait la chercher sur le lieu de son Alternance, pour l’amener sur Touga. Là, il lui avait prévu deux journées magiques, où il comptait bien la traiter comme une petite princesse avant de lui avouer tout ce qu’il avait sur le cœur. Il ne savait pas s’il oserait tenter quoi que ce soit, comme une approche un peu plus téméraire que les simples baisers déposés sur sa joue. Qui sait ? Il préférait ne pas trop planifier ce genre de choses, de peur de perdre en spontanéité. D’autant plus qu’il était inutile de prévoir quoi que ce soit à ce sujet-là. Bizarrement, dès qu’il se répétait un scénario dans sa tête, le reste de son être faisait tout son possible pour le foutre en l’air le plus possible. Non… Clairement, il ne valait mieux pas imaginer quoi que ce soit.

Ses paupières se rouvrirent sur des yeux verts d’émeraude. Rapidement, Alban consulta sa boussole, fixée derrière la nuque de Mistral. Bon. Pendant ce bref instant d’inattention, il n’avait pas perdu le cap de Lavandia. Heureusement… Il était déjà assez tard comme ça. La ville de Voltaire avait beau n’être qu’à deux heures à vol d’oiseau de Cimetronelle, Alban préférait ne pas trop traîner en chemin. Idalienor devait probablement l’attendre dans la maison qu’ils allaient partager durant la durée de leur Alternance. A moins qu’elle soit encore à l’hôpital avec sa tutrice ? Le châtain n’en savait rien. Il n’était pas au courant des horaires de la Pyroli, et il devait avouer qu’il n’avait pas pris énormément de ses nouvelles cette semaine. Les derniers jours passés en famille avaient été très chargés, et à part quelques SMS échangés pour s’organiser sur son arrivée, Alban et Idalienor n’avaient pas vraiment parlé « personnel ». Il espérait en tout cas que la jeune fille - qu'il ne savait pas s’il devait considérer comme une camarade, une amie, ou peut-être plus - aurait des choses à lui raconter. Malgré sa fatigue, il était impatient d’en apprendre plus sur ce qu’elle avait pu faire depuis son arrivée à Lavandia.

Il fallait dire que les Alternances, ça le fascinait énormément. C’était une toute nouvelle opportunité que l’école leur offrait pour parfaire leur apprentissage, et Alban était ravi d’avoir été accepté à la Pension entre Vergazon et Lavandia. Il allait enfin pouvoir expérimenter un peu plus la partie Elevage, tout en conservant l’essence même de son Parcours initial. Il avait honnêtement hâte de commencer. Mais hâte de finir également, vu que cela signifiait qu’il allait pouvoir retrouver Maxine.

Les couleurs de Lavandia étaient à présent visibles devant lui. De là où il était, on pouvait aisément distinguer les toits des maisons, et l’arène jaune de Voltaire, le champion Electrique. Avec un geste expert, Alban tira très légèrement les brides attachées autour du bec de Mistral. L’Altaria chromatique amorça alors sa descente en douceur, ses ailes de coton frôlant agréablement les jambes de son dresseur.

En quelques battements d’ailes, Mistral fut devant la maison qu’Alban et Idalienor allaient partager. Il fit un atterrissage sans secousses, et laissa descendre son cavalier. Le Voltali sauta souplement du dos de l’Altaria, non sans lui avoir donné une baie pour son bon travail.

- Tu peux te reposer, à présent… murmura-t-il.

Il enleva l’équipement qu’il avait installé sur le dos de son Pokémon, et laissa ce dernier s’envoler pour aller se trouver un coin paisible où faire une sieste. A cette heure de la soirée, il faisait encore assez doux et clair pour que le type Vol puisse profiter d’un roupillon dans un arbre. Zéphyr était le seul autre Pokémon qui l’accompagnait. Posé sur son épaule comme d’ordinaire, il était en train de sommeiller. De légers bruits de ronflements sortaient par intermittence de son bec.

Alban hésita. Ses autres Pokémon étaient confortablement installés dans leurs Pokéballs. Devait-il les sortir maintenant, ou devait-il attendre d’avoir d’abord salué Ida ? Il préféra s’orienter vers la deuxième solution. Sortant donc la petite clé que Mademoiselle Hortense lui avait remise avant le début des vacances, le Voltali l’inséra et abaissa la poignée.

A l’intérieur, une agréable odeur fraîche de baie flottait dans l’air. Avec un sourire, Alban entra et son regard capta plusieurs détails. Le premier : la pièce qui semblait être le salon et la salle à manger, de taille relativement spacieuse et au mobilier aux couleurs apaisantes. Puis le second : la jeune Médecin qui s’approchait de lui tout sourire, un verre de jus de baie dans la main.

- Bonsoir Ida. Je vais très bien, et toi ? Le voyage a été agréable, même si je ne suis pas mécontent d’être arrivé.

Il s’approcha de la brune, une expression ravie sur le visage.

- Quel bel accueil en tout cas, il ne fallait pa-

Il s’interrompit lorsqu’Idalienor laissa échapper le verre. Ce dernier s’explosa en mille morceaux sur le sol, répandant son contenu un peu partout. Il se mordit la lèvre inférieure, se précipitant vers les bouts de verres pour sécuriser la zone. Sans qu’il n’ait eu le temps de faire quoi que ce soit, la Pyroli alla chercher une éponge et revint vers lui, le bras tremblant. Il y avait clairement quelque chose qui n’allait pas.

- Ida, laisse, je vais le faire, lui dit-il à voix douce.

Mais sa colocataire ne tremblait pas parce qu’elle venait de faire une « bêtise ». Non. Un peu plus attentif, Alban remarqua qu’elle semblait avoir du mal à bouger son bras… et que ce dernier était mutilé.

Que lui était-il arrivé ? Il décida de ne pas poser de questions pour le moment, et se précipita plutôt vers elle.

- Ida ?

Elle ne l’écoutait pas et fuyait son regard. Malgré les mèches de ses cheveux qui lui couvraient le visage, Alban était bien placé pour reconnaître l’expression qu’elle avait. Il s’accroupit à sa hauteur et posa doucement ses mains sur les bras de la jeune fille. La main qui était contre le bras blessé était plus proche de l’épaule, pour ne pas lui faire mal.

- Hey hey hey, calme-toi, tu veux bien ? Ce n’est pas grave. Je vais m’en occuper…

Doucement, il arrêta son bras droit qui était en train de nettoyer le sol, puis attrapa l’éponge. Il s’inquiétait évidemment pour Idalienor. Leur soirée retrouvaille venait visiblement de prendre un drôle de tournant…

- Ecoute… Je sais que tu n’as peut-être pas envie de m’en parler, vu qu’on n’est pas forcément les amis les plus proches, mais… tu sais des choses sur moi, et j’en sais sur toi. On est un peu liés, depuis la dernière fois, dans l’école hantée. Tu sais que tu peux tout me dire et que je ne te jugerai pas, loin de là. Alors arrête de vouloir être la fille parfaite et redresse la tête. Tu n’as rien fait de mal, ou rien fait dont tu devrais avoir honte…

Il replaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille, dans un geste qui se voulait réconfortant. Il n’avait jamais su trop quoi dire dans ce genre de situations… A défaut, il allait faire ce qu’il aurait aimé qu’on fasse pour lui, lorsqu’il s’était retrouvé dans son cas.

- Assied-toi sur le canapé et je vais t’apporter un truc à boire. Ensuite, on pourra papoter autant que tu veux, d’accord ?
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MessageSujet: Re: [Lavandia] Tout savoir pour mieux comprendre   Ven 4 Aoû - 17:09

Une fois de plus, je me noie dans mes faiblesses. C’est bête dis comme ça, mais en fait, c’est une sensation terrible qui m’envahit depuis une semaine. Comme si tout le courage dont j’ai essayé de faire preuve jusqu’à présent se retournait contre moi pour me planter. On m’a toujours dit que le courage était la plus belle des qualités. Ma famille m’a toujours dit que j’étais une enfant plein de courage et de bonne volonté. J’en étais si fière. Mais maintenant, je ne sais pas si ça valait vraiment la peine. Même avec tout le courage du monde, je n’arrive pas à relever la tête face à cet obstacle. C’est trop difficile.

Le verre éclaté en morceau sur le sol représente peut être bien mon état d’esprit du moment. Je suis éclatée, comme ce verre. Et pour l’instant, je n’arrive pas à récoler les morceaux. Ma main droite s’agite sur le sol pour éponger le jus, pendant que mon bras gauche tremble en continue. J’essaie d’oublier, de ne pas me concentrer sur ce membre hors de contrôle. J’ai du ménage à faire. Quelques mèches brunes se déposent devant mes yeux, voilant mon visage livide. Cependant, mon colocataire ne semble pas d’accord. Je peux comprendre. Moi qui me pavanais devant lui pour montrer que j’étais forte, que je n’avais pas besoin de son aide. Voilà à quoi je suis réduite. J’en ai tellement honte maintenant.

Il m’interpelle, plusieurs fois. Je n’ose pas lever mes yeux pour le regarder. Je ne veux pas voir son visage plein de pitié pour moi.  C’est trop difficile. Ce garçon est gentil, je le sais pertinemment. Mais je crois qu’au fond de moi, il reste une part de fierté inavouée qui me refuse l’aide qu’il me tend. J’ai déjà embêté tant de personnes à cause de mon bras. Je ne veux pas en solliciter une de plus. Pourtant, il semblerait que le brun ne me laisse pas le choix. Il dépose doucement ses mains sur mes bras, obligeant à lever la tête vers lui. Je n’ai aucune idée de l’état de mon visage. Je sens juste mes yeux un peu humides par la montée de larmes. C’est difficile de se retenir de pleurer, surtout que les médicaments que je dois prendre ne m’aident pas. Il me parle, et moi je ne peux pas répondre face à ça. Cela fait 5 minutes qu’il est arrivé et il a déjà cerné le problème. Je ne suis pas parfaite, je voudrais tellement l’être. Mais c’est impossible.

Alors qu’il s’empare de l’éponge pour finir de nettoyer, je me relève et fais comme il me l’a dit. Je vais m’assoir sur le canapé, le bras droit tenant le gauche. Pas très efficace. Cela ne sert même à rien. Mais qu’importe. Mes 3 pokemons me surveillent du coin de l’œil, sans pour autant oser interférer avec Alban. Ruru sait désormais que l’interaction « humaine » est toujours bien différente de ce que peux apporter un pokemon. Elle a prévenu les autres. Misis et Hyori quittent la maison, surement pour aller trainer dans Lavandia. Ma Zoroark reste là, au coin de la pièce, à attendre le dénouement de ces retrouvailles.

Le Voltali finit par revenir, quelques minutes plus tard, et s’installe en face de moi. J’ai encore du mal à lever la tête pour le regarder. Mais il a insisté pour que je ne baisse pas les yeux devant lui. « Je ne dois pas avoir honte » a-t-il ajouté. Ça, je n’y arrive pas encore. Mais je peux toujours essayer de te regarder Alban, pour te montrer mon respect. Il est vrai que le lien entre nous deux est assez étrange. Sans pour autant être des plus proches, on en sait beaucoup trop sur l’un et l’autre. Depuis l’école hantée, il sait les démons qui m’habitaient. Maintenant les choses vont mieux de ce côté-là, c’est déjà une bonne chose. Mais je sais également ses faiblesses. C’est assez déroutant. Et puis, il est proche d’une amie à moi, ça aide à savoir qui il est. Bon, il doit attendre des explications. J’inspire profondément pour me calmer, et rendre ma voix plus compréhensible.

En fait, cela fait une semaine que je suis là, mais je n’ai toujours pas commencé mon alternance. Cela débutera demain, comme toi. Toute cette semaine, j’étais à l’hôpital. Je viens juste d’en sortir. En arrivant il y a quelques jours, j’ai fait un violent malaise. J’ai tout de suite été hospitalisée. C’est à cause de ça que ça s’est produit.

Doucement, je lève mon bras dans sa direction, lui dévoilant toutes mes blessures. Il y a d’abord ma main, qui présente toujours la marque reconnaissable de l’étoile violette. Les restes de poisons dans mon organisme. Quant à mon bras, il présente de nombreuses brûlures profondes, mais également des cicatrices dû à une greffe de peau. Je ressemble un peu à la créature de Franckenstein comme ça. Tout mon bras est dégoutant. Un tas de cher mutilé par de trop nombreuses épreuves. En essayant de sourire, je continue à parler.

Tu vois Alban, je voulais être forte. Je voulais aider plein de gens dans leur malheur. Je me disais sans cesse que j’étais capable de repousser les limites de mon corps, que les autres avaient besoin de moi, que je ne devais pas flancher devant eux. Ils comptaient tous sur moi. Et les voir sourire quand j’avais pu les aider me réchauffait le cœur. Je pensais que pour voir ça, je pouvais affronter n’importe quoi. Mais en fait, je n’en étais pas capable.

Le garçon continuait de me fixer avec attention, sans rien dire. Ma tête bascule légèrement sur le côté, avec un sourire triste aux lèvres.

Tu dois me trouver pathétique n’est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: [Lavandia] Tout savoir pour mieux comprendre   Ven 11 Aoû - 21:59




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Alban Abernaty & Idalienor Edelwen

Les yeux d’Idalienor commençaient à briller légèrement, annonciateurs d’une légère averse qui ne ferait que parachever ce temps orageux. D’ordinaire, Alban aurait fait semblant de s’intéresser à autre chose pour ne pas l’embarrasser plus. Pourtant, cette fois, il sentait qu’il se devait de soutenir le regard de la Pyroli. Pas dans le but de satisfaire une malsaine indiscrétion, non… Mais uniquement pour essayer de lui faire comprendre qu’ils ne devaient avoir honte ; ni l’un, ni l’autre.

Ils avaient encore du mal à déterminer la nature de leur relation, certes. Ils avaient commencé beaucoup trop intense sur beaucoup trop de points. Pour autant, il était indéniable qu’ils avaient une relation qu’on pourrait caractériser de spéciale. Il était donc normal qu’Alban agisse de la sorte avec elle. Pas comme un ami, mais au moins comme un confident qui était là lors des coups durs. Alors, avec douceur, il lui demanda d’aller s’asseoir et de le laisser continuer d’éponger les dégâts. Il avait envie de jouer ce rôle avec elle, d’ailleurs ; celui d’une éponge qui allait pouvoir récupérer un peu du trop-plein de sentiment qu’elle semblait avoir du mal à supporter. Il était vrai qu’il ne s’était pas réellement attendu à ça en arrivant. Pourtant, il savait être fiable dans les situations difficiles.

Il acheva de débarrasser les débris de verre au sol. Voilà. Il ne restait de cette mésaventure, plus aucune preuve physique. Se levant, il se dirigea vers l’évier pour se laver les mains. Il y avait sur la table, un verre de jus de baies qu’Idalienor avait préparé. Néanmoins, Alban estimait que ce n’était pas ce dont elle avait besoin, pour le moment. Dans ce genre de situations, il valait mieux tabler sur quelque chose de chaud et de réconfortant. Et il avait la parfaite idée pour ça.

S’ils avaient pu bénéficier de retrouvailles un peu plus gaies, Alban aurait sans doute esquissé un sourire. Mais comme ce n’était pas le cas, il se contenta d’ouvrir les tiroirs et les placards au hasard, dans le but de trouver de quoi concocter un petit remontant à sa camarade. De façon générale, l’administration de l’école s’arrangeait toujours pour mettre à disposition des élèves un fond alimentaire, afin que ces derniers ne meurent pas de faim dans le cas où ils arriveraient trop tard à destination. Cette fois-ci ne dérogeait pas à la règle. Avec satisfaction, Alban sortit une tablette de chocolat noir et une brique de lait pasteurisé qui n’avait pas encore été ouverte. Il entreprit alors de préparer une grande tasse de chocolat chaud dont lui seul avait le secret.

Il manqua de pester lorsqu’il se rendit compte qu’il n’y avait pas de bombe de chantilly à disposition. Effectivement, ce n’était pas le genre de chose que l’école leur fournissait, en règle générale. Il avait bien la grenade chantilly d’Audrey dans son sac à dos - il la gardait toujours avec lui au cas où -, mais il n’était pas sûr du côté encore comestible de la chose. Il se contenta donc de disposer quelques sablés sur une assiette à côté du mug, puis l’apporta enfin à Idalienor.

- Tiens, bois ça. Ça te fera du bien.

Il s’assit juste en face d’elle afin de pouvoir lui parler plus facilement. Etrangement, il avait l’impression d’être revenu un an et demi auparavant, lorsqu’il avait eu sa fameuse conversation avec Calliope, dans le chalet qu’il partageait à l’époque avec Nolan et Maxine. Il sentait que leur échange allait être aussi dur, même s’il n’y avait aucun contexte romantique entre eux.

Redressant la tête vers la brune, Alban attendit. Dans son regard, il essayait de lui faire comprendre qu’elle pouvait commencer à parler, et qu’il était prêt à écouter. Elle lui raconta alors tout ; le fait qu’elle n’ait toujours pas commencé son alternance malgré sa semaine d’avance, et le fait qu’elle ait été à l’hôpital jusqu’à aujourd’hui. Le châtain pinça légèrement des lèvres. Il se doutait bien qu’il y avait quelque chose qui clochait, dans la façon qu’elle avait de répondre très succinctement à ses messages. Elle avait donc été hospitalisée à cause d’un malaise ?

Sa première pensée fut qu’elle avait fait un surmenage. Néanmoins, lorsqu’elle lui tendit son bras mutilé, il resta interdit. Il ne l’avait jamais remarqué avant mais Idalienor avait une étoile violette sur sa main. Il reconnaissait très bien ce genre de blessure puisque Maxine avait la même. Elle le lui avait montré sur Touga, lorqu’ils avaient campé à la belle étoile tous les deux. Ce soir-là, elle lui avait raconté qu’elle s’était fait attaquer par un Rapion en essayant de protéger un ami d’enfance. Aucun doute. C’était là bien les conséquences d’un empoisonnement. Quant au reste du bras… il semblait brûlé par endroits, et abîmé à d’autres. Qu’avait donc fait Idalienor ? Que lui était-il arrivé ?

Il écouta ses explications. De ce qu’il semblait comprendre, elle s’était infligée elle-même ses blessures. Ou alors, elle avait un peu trop risqué sa santé à jouer les apprentis Médecins. Encore une fois, c’était son habitude à se mêler des affaires d’autrui qui lui jouait un tour. Néanmoins, Alban ne pouvait pas dire qu’il trouvait agaçant ce côté chez la Pyroli. Elle était altruiste et empathique, c’était un fait. C’était quelque chose qu’il admirait… Mais également quelque chose qui pouvait facilement se retourner contre elle.

Un soupir traversa ses lèvres. Il l’avait écoutée jusqu’au bout sans intervenir, mais à présent qu’elle l’invitait à répondre, il n’allait pas s’en priver. Allons… Comment allait-il dire ça sans paraître trop brusque ?

- Pas vraiment, non. Il n’y a rien de pathétique dans ce que tu as fait depuis tout ce temps. Si je devais trouver un mot pour caractériser tout ça cependant, je dirai que c’était irréfléchi. Honnêtement Idalienor, et excuse-moi de te le dire aussi brusquement, mais je trouve que tu es à côté de la plaque. Ce n’est pas le fait de ne pas pouvoir affronter n’importer quoi qui devrait te faire te sentir pathétique. Mais le fait de mettre autant ta vie en jeu, sans en mesurer les conséquences.

Bon. Pour la délicatesse, on repassera. Mais il estimait qu’il se devait d’être ferme avec elle pour qu’elle puisse comprendre.

- Tu es un Médecin, Idalienor. Ou tu es en passe de devenir Médecin. Tu devrais donc être au fait des règles élémentaires de sécurité, n’est-ce pas ? Dis-moi Ida… Quand il y a un incendie ou un accident, et que tu es en présence d’un enfant : que dois-tu faire ? De qui t’occupes-tu en premier ? Toi ou l’enfant ?

Il la laissa réfléchir quelques secondes, et vit dans son regard qu’elle comprenait peut-être où il voulait en venir.

- Une personne altruiste comme toi serait tentée de répondre l’enfant. Mais tu es Médecin, Idalienor. Tu sais donc très bien que la première personne dont on doit se préoccuper dans ce genre de cas, c’est de soi-même. Car comment aider les gens si tu t’évanouis en plein milieu ? Qui va guider ceux qui sont incapables de se débrouiller seuls si tu n’es plus en état de le faire ? En te mettant en danger ainsi, et même si c’est pour aider les autres, tu te fermes des portes. Si tu continues comme ça, tu vas finir par ne plus pouvoir utiliser tes mains ou tes jambes ; et crois-moi, je sais ce que ça fait. Si tu prends trop de risque, tu ne seras plus en mesure de pratiquer ; et si tu dépasses les bornes, tu ne pourras plus aider personne. Est-ce que ça vaut vraiment le coup de te précipiter à aider des personnes si au final elles sont les seules que tu peux sauver ? Qu’advient-il de toutes celles qui auraient besoin de ton aide, ensuite ?

Il soupira et posa doucement une main sur le poignet d’Idalienor. Juste au-dessus de sa blessure. Malgré tout, il ne pouvait s’empêcher de la trouver belle, cette marque. Comme celle de Maxine. C’était une preuve de courage, une preuve d’altruisme. Il n’avait clairement pas envie de la sermonner autant alors qu’il admirait ce qu’elle avait fait.

- Je ne sais pas qui t’as demandé de l’aide, et pour qui tu as pris des risques aussi gros. Mais pose-toi la question : ces personnes-là, auraient-elles souri si elles avaient su que tu allais mettre ta santé en jeu ? Seraient-elles contentes de savoir ta situation, aujourd’hui ? Honnêtement, je ne veux pas m’avancer, mais je ne pense pas… Ne te gâche pas la santé, Idalienor. Tu as encore beaucoup trop de gens qui auront besoin de toi, et tu pourras en aider tellement d’autres… J’en suis persuadé.

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