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[Carmin sur Mer - Celadopole - Mont Sélénite] Je reviens de loin
 Scientifique Chercheur Pkmn
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MessageSujet: [Carmin sur Mer - Celadopole - Mont Sélénite] Je reviens de loin   Ven 4 Aoû - 13:52

Je reviens de loin
Six mois. Six mois, passés loin de ma vraie maison. Six mois, à manquer une partie de ma vie. Six mois, à en construire une nouvelle.

J’ai quitté la Pokémon Community dans le froid de l’hiver, un mercredi matin, alors que le silence régnait dans mon chalet. Un silence expliqué par le fait qu’aucun de mes compagnons n’étaient présents, à l'exception d’Invy. La décision avait été lourde à prendre. Je la savais pas dénuée de conséquences. Mais j’étais dos au mur, face à l’insurmontable. Je n’avais plus le choix. Après maintes discussions avec mon médecin via l’extranet, j’avais finalement obtenu l’autorisation de la directrice pour me retirer de l’école durant mon traitement. Évidemment, personne ne savait de quelle “maladie” j’étais atteint. Moi y compris.

J’étais devenu instable, changeant, dangereux.


Il n’était pas difficile de s’en rendre compte pour les plus attentifs. J’évitais mes amis, me recroquevillais sur moi-même évoquant l’excuse des thèses à rédiger. La vérité est que je cherchais une solution. Mes séances de méditation commune avec mon Pokémon psy semblaient apporter quelque chose. Mais je ne parvenais pas à maintenir ce lien constant avec la Terreur. Et celle-ci continuait de hanter mes nuits, jouant avec mon esprit, mon corps. C’est devenu fatiguant.

Une lutte permanente, éternelle.

C’est pour cela que ma valise est prête. C’est pour cela que j’ai confié mes Pokémons à un éleveur sur Lansat. C’est pour cela que j’ai préféré ni inquiéter mes parents, ni mes amis, ni mes professeurs. J’allais disparaître pendant un temps indéterminé. J’avais besoin de faire ça, seul. La séparation avec le reste de mon équipe avait été déchirante. Les piaillements de Phy, le regard d’incompréhension de Maky, Genesy qui s’était détourné, comme trahi, les gestes incompréhensibles de Frey et seul les yeux de Vivaldy avaient semblé comprendre. J’avais préféré de pas me confondre en au revoir inutiles. Après un dernier regard, je les avais quitté. Le combat que j’allais mener n’était pas le leur.

J’ai traversé les sentiers pavés du dortoir familier des Phyllalis. Il est calme à cette heure. A chaque respiration le froid étreint un peu plus mon coeur. Mon sac sur le dos, Invy dans mes bras, je murmure des adieux silencieux. Rien ne serait plus jamais pareil. C’est ainsi que je prête serment, celui de revenir.

Revenir. Guérit, changé, capable, raisonné. Sage.

L’épreuve est devant moi. Cette montagne infranchissable m’a minée, battue, maintenue à terre. Il est temps de lui faire face. Rien n’allait m’arrêter. Peu importe le temps qu’il me faudrait. Je suis déterminé. La Terreur aussi.

Le paquebot effectue son trajet journalier en direction de Kanto. On m’attend à Carmin sur Mer, sans que je sache qui, ni ce que j’allais y faire. Le plus difficile est encore à venir. Les flots me semblent ternes, durs comme de la roche. La mâchoire serrée, l’anxiété m’envahit petit à petit. Voir l’île de Lansat s’éloigner y est pour beaucoup. J’y laisse ma vie.

Mais rien ne peut arracher ma détermination. Une fois mon premier pied posé sur la région de Kanto, je sais que je ne peux plus faire marche arrière. Mon destin m’attend. A vrai dire, je ne pensais pas qu’à peine mon aventure commencée, elle tournerait aussi vite au vinaigre.
J’ai osé parler de mes problèmes à un médecin, celui-ci en a juste conclu que j’étais un parfait rat de laboratoire. A peine arrivé, on m’emmenait à Céladopole où je subis une batterie de tests.

Ils s’avèrent tous aussi inutiles les uns que les autres.

Je le sais bien et j’essaye de le faire comprendre aux médecins. Le mal qui me ronge n’a rien de physique. Pire que cela, ils cherchèrent ensuite à provoquer mes crises. Délibérément, ils me forçèrent à me faire sortir de mon gonds pour toucher du bout du doigt les mystères de la Terreur.

C’est arrivé deux fois.

_ Jour trois. Le sujet semble insensible aux tests MKV 8, 12, 13 et 19 ainsi qu’aux injections. Il semble vouloir nous expliquer que la maladie est psychique. Nous allons donc nous concentrer sur un test H.

C’était la première fois. Je pensais que comme les deux derniers jours, j’allais passer sur le billard, subir de nouveaux tests. Mais non, ce jour était différent. On me branchait à tout un tas de machines, m’expliquant que c’était pour comprendre et enregistrer mes réactions. Et le supplice commença. Sans que je ne sache comment, ils avaient récupéré des enregistrement vidéos de tous ceux qui m’étaient chers. D’abord mes parents, leur ferme, puis Alban, son sourire si rare, puis Max, Rod, Léo, Lucenzo, Ciel, Cael, Marie, Calliope, Ida, … Des scènes de vie, des scènes de joie.
Au début, c’était attendrissant. Mais c’est vite devenu une torture.
Ils manipulaient les images. Je vis mes amis souffrir, tout cela semblait si réel. Agité et attaché au siège, j’étais impuissant. Sentant mon trouble la Terreur n’a pas mis longtemps à se manifester. J’étais trop anéanti pour lui faire face.

Et j’ai donné aux scientifiques ce qu’ils voulaient. Ils ont vu la Terreur à travers mes yeux.

Sans la comprendre, ils la désiraient.



Désormais, ils étaient déterminés à me vider complètement pour découvrir mon secret. J’ai été transféré dans une cellule sécurisée, Invy m’a été enlevé. En à peine une semaine, tout avait dérapé. Et j’étais toujours en bas de la montagne. Faible et insignifiant. Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas perdre espoir et tout abandonner, directement. Quelque chose m’y a poussé. Et cette chose, c’était la Terreur. Elle n’était pas insensible à tout ça.

C’est la première fois que je l’ai vu. Clairement, distinctement. Aux milieux des ténèbres de mon esprit embrumé.

Nous étions face à face. Je voyais la Terreur comme une tempête de poussière, sombre et déterminée. Elle s’est approchée, devenant une douce lueur dans les ténèbres. Sans vraiment hésité, j’ai fait un pas dans sa direction. La Terreur n’attendait que ça. Je ne saurais jamais si c’était un piège ou une réelle volonté de m’aider. J’ai senti son pouvoir m’envahir tout entier. J’ai ressenti cette haine, cette détermination, cette peur.

C’est la seconde et dernière fois où ils ont vu la Terreur.

Cette fois, ce n’était plus qu’à travers mes yeux. La Terreur me transcendait de la tête aux pieds. J’étais elle. Elle était moi. Dotée d’une force que je n’avais jamais soupçonné. Pour elle, il n’a pas été bien difficile de mettre hors d’état de nuire les deux pauvres scientifiques perdus dans les couloirs de l’immense complexe. Grâce à ma connexion indéfectible avec Invy, il n’a pas été plus difficile de lui mettre la main dessus.

Nous étions désormais des fugitifs.


Nous quittons Celadopole à pieds en direction des montagnes. Je ne sais pas si je cherche réellement à franchir la montagne ou bien si c’est le moyen le plus simple de fuir. C’est ainsi que nos pas nous mènent au pied du Mont Sélénite. Les températures hivernales sont glaciales, c’est à peine si nous nous sommes arrêtés pour acheter des produits de première nécessité. Je ne suis plus moi-même. Nous nous relayons mon corps avec la Terreur afin d’avancer le plus rapidement possible. C’est la première fois que je lui laisse intentionnellement les rennes de mon corps. Mais, aujourd’hui, notre but est commun. Ni elle, ni moi n’avons l’intention de nous laisser attraper par les scientifiques fous de Céladopole. Le Mont Sélénite est une cachette sauvage et reculée, parfaite pour prendre du repos.

La grotte a la chance d’échapper aux vents extérieurs ce qui s’avère être un atout de taille pour éviter de geler la nuit. Finalement, nous tombons sur un boyau qui donnait sur l'extérieur, une petite crique entourée d’arbres, idéale pour faire un feu. C’est le premier soir et loin d’être le dernier où nous nous couchons le ventre vide.
Les nuits sont loin d’être reposantes, mon corps a beau dormir, mon esprit est en ébullition. Nous passons des heures à discuter, Invy se joint souvent à nous. C’est au fil de ces nuits sans sommeil que je comprends à quel point nous sommes semblable avec mon Starter. Il puise ses pouvoirs psychiques de la même manière et c’est pour cela qu’il dort en permanence. Face à l’adversité c’est comme si nous avions trouvé un terrain d’entente avec la Terreur. Je ne ressens plus son agressivité de la même manière. Je la comprends. Je lis en elle comme elle lit en moi. Ses souvenirs m'apparaissent troubles comme voilés. Au détour d’une nuit glaciale, je finis par me lancer :

° _ Comment… comment es-tu arrivée là ? En… moi ? °

Le silence s’abat dans mon crâne, les bourrasques de vent au dehors me font presque sortir de ma torpeur mentale. Puis, comme aspiré par un tourbillon, je vois mes souvenirs d’enfance défiler. D’une vivacité plus que réelle. J’ai l’impression d’avoir à nouveau sept ans. De me lever aux aurores pour nourrir les Pokémons pour que mes parents ne se rendent pas compte que je les fais fuire. Les pièces du puzzle s'emboîtent toutes seules. La Terreur était là. Depuis toujours.
Je repousse violemment toutes ces images. Je n’ai pas envie de revivre ça. Mes pensées crient sans que je ne puisse les arrêter.

° _ C'ÉTAIT TOI. C'ÉTAIT TOI DEPUIS LE DÉBUT ! °


Je sens mon corps se lever dans mon esprit embrumé. Malgré le froid, malgré le noir mon bras se lève et écrase le mur d’un coup de poing. La douleur me fait revenir en un sursaut à la réalité. J’ai à nouveau conscience de mon corps, de ma faim, ma soif, mon froid, ma fatigue… Je me sens soudainement abattu. Et je vois à nouveau la montagne m’engloutir. Les souvenirs se mettent à se précipiter derrière mes paupières sans que je ne puisse les arrêter. Plutôt que de parler, la Terreur veut me montrer. Sa puissance, sa force, je l’ai en moi depuis toujours. Mais ce n’est que depuis mon arrivée à l’Académie qu’elle a réellement fait surface. La Terreur m’impose l’image de Gwenn. Ce fameux cours en extérieur où on a bien failli y laisser la vie à plusieurs reprises. Et là, au fin fond de la citée antique d’Athénéfis, la Terreur s’est réveillée brusquement. Quelque chose est venue la titiller dans sa semie-conscience. Quelque chose qui a perçu son potentiel, son pouvoir latent. Quelque chose qui voulait se l’approprier, quitte à tuer son hôte. Le Tutankafer. C’est la Terreur qui m’a maintenue en vie qui, contre toute attente, a résisté à la volonté du Pokémon Spectre.

° _ Mais… mais pourquoi ? °

L’obscurité qui s’installe ensuite me fait comprendre qu’elle-même ne le sait pas. J’ai beau essayé de sonder ses pensées, elle est bien plus douée que moi pour les cacher. Je soupire, peut-être daignera-t-elle un jour m’expliquer.

Seul, me revoici seul dans mon esprit. La Terreur a disparu, me laissant peu à peu reprendre conscience de mon environnement. Mon corps est faible… si faible. Il est tellement plus facile de rester enfermé dans mon esprit, cloîtré de ce monde hostile. Invy approche son esprit du miens, l’englobant délicatement d’une douce chaleur. Il comprend ma solitude mais m’intime d’avancer. Nous ne sommes pas en sécurité.

Nous passons plusieurs semaines à crapahuter dans les montagnes environnantes du Mont Sélénite. Nos poursuivants semblent avoir perdus notre trace. Depuis notre fuite, nous ne les avons jamais recroisé. Les jours glacés se suivent et se ressemblent, mon corps n’est plus que l’ombre de lui-même. La marche forcé l’a grandement amaigri et le manque de nourriture l’affaibli un peu plus chaque jour. La Terreur puise parfois dans ses propres ressources pour aider le groupe à avancer. Mais combien de temps tiendrai-je avant de définitivement m’effondrer ?
Mes Pokémons me manquent soudainement. La douce fourrure de ma Vivaldy, l'engouement de Phy, le duo machiavélique que forment Frey et Genesy… Maky... Mes jambes se mettent à trembler. Je n’ai plus la force d’aller nulle-part.

° _ Comme c’est touchant… Avance plutôt. Ou je m’en charge. °


La Terreur ne parvient pas à comprendre mon attachement à toute mon équipe. Elle se croit d’ailleurs bien supérieure. Pour elle, les Pokémons ne sont qu’un moyen d’arriver à ses fins. Mais ses desseins restent bien obscurs.

° _ C’est bien au-delà de tout ce que tu peux imaginer, Stuart. °


Ah oui, elle a la fâcheuse manie de m’appeler par mon deuxième prénom.

° _ Tu me surnommes bien la “Terreur”. °

Tu hantes mes jours et mes nuits. Tu effraies les Pokémons et mêmes mes amis les plus chers. Tu portes bien ce sobriquet.

° _ Je te sauve la vie. °


Je sers les poings. Je ne sais pas combien de fois j’ai voulu frapper cette chose mais j’ai arrêté de compter. A plusieurs reprises je me suis frappé moi-même.

° _ Quelle violence, mon petit Stu’. °

Et voilà, toujours pareil, elle se lance dans la provocation. Mais j’ai craqué de trop nombreuses fois pour me laisser avoir aujourd’hui. Le pire, c’est que je lui dois bien la vie. Et pas seulement à Athénéfis.

° _ Heureuse que tu le reconnaisses. °

Je me renfrogne. Je n’ai pas bien le choix. Tous tes… pouvoirs pourraient bien m’être utiles. Et tu es là, autant que ça serve.

° _ Il t’aura fallu deux ans pour enfin t’en rendre compte ! Mais cherche pas, t’es bien trop faiblard pour ne serait-ce qu’entrevoir mes dons. °

On verra… On verra. Je ne sais même pas comment on en est arrivé là. La Terreur me traumatisait il y a encore quelques mois et voilà que j’entretient une discussion permanente et sans filtre avec elle.

° _ Arrête de penser à ça. Tu aurais fini par y laisser la vie à force de me résister. °

Et tu aurais fais quoi ? Tu m’aurais tué… mais tu te serais aussi tué. C’est pas pour rien que tu n’as pas voulu quitter mon corps lors du rituel d’Athénéfis.

° _ C’est plus compliqué que tu ne le penses. °


Cette phrase n’appelle ni réponse ni nouvelle question. La discussion est close. Absorbé que je suis par mon monologue intérieur je n’ai pas prêté attention à l’endroit où mes jambes m’ont mené. Probablement muent par la volonté de la Terreur. Le relief est ici plus doux, sur ma gauche s’éleve toujours le Mont Sélénite. Et là, coincé entre deux sapins, un chalet à la cheminée fumante. Une aubaine ? Un miracle ? La simple volonté de la Terreur ? Ce n’est pas très important, je traîne ma carcasse jusqu’à la porte salvatrice où je frappe deux fois.
Un homme d’âge mûr m’ouvre, laissant échapper une lueur d’hésitation dans ses yeux avant de me souhaiter la bienvenue.

“_ Bienvenue voyageur, au refuge du Mont Sélénite ! Il ne vous reste plus qu’une journée de marche pour parvenir au sommet. Venez donc, entrez, il nous reste de la place pour cette nuit.”


Je le remercie d’un signe de tête avant d’entrer dans la chaleur bienfaitrice du refuge. L’ambiance est calme, quelques autres voyageurs sont présents. Beaucoup de marcheurs mais également quelques scientifiques que je dévisage de la tête aux pieds. Impossible de savoir s’ils appartiennent à la même race qui m’a séquestré.

“ _ Alors jeune homme, quel bon vent vous amène ?
_ Les études.
Répondai-je du tac au tac. Voyant qu’il se faisait insistant j’ajoutai “Je suis à la recherche de nouvelle espèces de Pokémon. Un endroit aussi historique que le Mont Sélénite me semblait être un bon point de départ.”

L’homme me dévisage, n’ayant pas l’air d’y croire. Je lui adresse un sourire timide qui semble le faire changer d’avis. Il tapote mon épaule en me faisant signe de le suivre.

“_ Je suis content de voir que les jeunes s'intéressent à notre beau massif. Mon mari aura probablement des conseils à vous donner. Viens donc, voilà ta chambre. Le dîner sera bientôt servi. A tout de suite !


Il se fend d’un sourire alors que je lutte contre le fou rire de la Terreur. Mais qu’est-ce qui te prends ?!

° _ Il a dit MON MARI ! T’en a pas marre de croiser des couples gays à chaque coin de rue ? Nan mais c’est vrai, on dirait qu’ils se précipitent tous sur ta route. Rooooh boude pas ! Stuart ! °

Je coupe court à ses sarcasmes. C’est pas la première fois qu’elle s’attaque au fait que je préfère les hommes. Et je crois que ça l’emmerde bien. Pas question de lui lâcher cette partie de moi. Je la sens qu’elle rigole encore. On verra, on verra.

Installés à table, les discussions vont bon train. Les touristes demandent conseil aux tenanciers qui se font un plaisir d’expliquer en long, en large et en travers les meilleurs sentiers de randonné de la région. Je souris distraitement, Alban rêverait d’être ici. Manger me fait un bien fou, j’ai arrêté de compter le nombre de jours depuis lequel je n’ai pas mangé de repas chaud. Cette soupe me fait l’effet d’un rappel max. Je me délecte de la boisson tout en continuant d’écouter les différentes conversations. Je me fais soudainement interpellé par l’homme de tout à l’heure qui souhaite me présenter à deux scientifiques.

“_ On est venu là pour observer les différents phénomènes lunaire qui se produisent au Mont Sélénite. Si tu penses que ça peut t’aider dans tes recherches, tu n’as qu’à venir avec nous !
Je n’ai même pas le temps d’imaginer une réponse que la Terreur s’exprime à ma place.
“_ Non, merci. Vous n’êtes clairement pas mon genre.

WHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAT ? Qu’est-ce qu’il te prend ?! Je m'éclaircis la gorge et reprends sous les yeux médusés des deux hommes.

“_ Ce que je veux dire, c’est que ce n’est pas mon genre de recherches. Je… euh… suis plutôt versé dans… et Elle complète ... dans la chasse à l’homme, si vous voyez… la coupant aussitôt je recherche en fait un maître spirituel… spécialisé dans les combats Pokémons.

Ils se regardent, des points d'interrogation dans les yeux. Je griffe mon genoux jusqu’au sang, priant que la Terreur ne vienne pas en rajouter.

° _ Ca vaaaaaaaa ! C’est drôle mon p’tit Stuart ! °

Je suis. Mort. De. Rire.

° _ Tu l’as trouvé ton ‘maître spirituel’ Stu. °

C’est ainsi que nous fondèrent le Pacte. La Terreur a interdiction de prendre possession de mon corps à part si je suis consentant ou en danger. En retour, je dois suivre ses instructions en combat. Et m’entrainer pour être, un jour, digne de son mystérieux pouvoir.

Je suis en haut de la montagne. En équilibre.



Les mois suivants s'éternisent en entraînements physique et psychique. Nous sommes désormais capable de compléter les phrases de l’autres sans que l’interlocuteur ne s’en rende compte, d’échanger intérieurement tout en gardant pleinement conscience du monde alentour et d’utiliser chacun une partie du corps en symbiose presque parfaite.

Assis au sommet du Mont Sélénite, j’observe le coucher du soleil. Le dernier. L’été a repris ses droits, la neige a depuis bien longtemps fondue. Il est temps. Il est l’heure de rentrer. A la maison. Cette pensée éveille en moi un tourbillon d’émotions contradictoires. Ai-je atteint mes objectifs ? Suis-je vraiment digne de rentrer après les avoir tous abandonné tout ce temps ? Dans tous les cas, je ne peux plus faire machine arrière. Ma seule solution est d’avancer.
La Terreur me check, je lui souris en retour. On a fait un sacré bout de chemin.

° _ C’est peu dire… °

Nous admirons en silence les derniers rayons se cacher à l’horizon. Cette mer sur laquelle je voguerai en direction de Lansat, dès demain.

° _ Stuart. Je m’appelle Glaedr. °

Un éclat de lumière explose soudain. Le monstre de poussière qu’était la Terreur n’était plus. Elle est devenue quelque chose de plus… palpable. La lumière est presque insoutenable et pourtant ma curiosité continue à avancer vers cette nouvelle forme. ° Glaedr ? °  Appelai-je dans le tourbillon de lumière. C’est alors qu’elle apparut. Majestueuse dans son habit doré. Elle n’est autre qu’un splendide type Dragon aux écailles brillantes. Je… je ne l’avais jamais soupçonné…



° _ Tu ne croyais tout de même pas que je n’étais qu’un vulgaire tas de sable ? °

Alors que je m’apprête à lui répondre, une douleur fulgurante traverse mon dos, me laissant le souffle court. Pendant un instant, je suis seul, totalement. Glaedr a disparu et je plonge dans un océan d’obscurité. La douleur me fait vaciller en arrière. Je parvint à ouvrir les yeux pour me rendre compte qu’aucun danger n’est présent. Glaedr ? T’es où ? Qu’est-ce que tu fous ?!

° _ Je suis toujours là. Même un peu plus maintenant. °

L’image d’un cornèbre aux ailes déployées s’étalant entre mes deux omoplates s’impose à mon esprit. C’est… moi ? C’est… toi qui a fait ça ?



° _ Oui. A la vie, à la mort Stuart. Personne ne pourra nous séparer comme l’ont tenté les scientifiques de Céladople. Je te le promet. °

C’est effrayant et rassurant à la fois. Je me contorsionne pour tenter de l'apercevoir. Mais c’est à peine si je distingue le noir qui me recouvre le dos.

° _ Je serais les yeux derrière ta tête. °



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Les retrouvailles avec le reste de mon équipe restent à jamais gravé dans mon esprit. Ils semblent tous abasourdi à mon entrée chez l’éleveur. Puis, la gaîté l’emporte. C’est Phy qui attaque les hostilités en me fonçant littéralement dessus. La boule de plumes se réfugie dans mes bras et coince sa petite tête à l’angle de mon coude. Elle est suivie par Vivaldy qui demande des caresses entre les cornes. Je lui concède avec joie avant de m’approcher à hauteur du Sablaireau. Je lui offre une petite tappe sur la truffe avant de me faire charger par Genesy, le Galegon, qui semble avoir pris pas mal de poids durant mon absence. C’est sa façon à lui de me montrer qu’il est content. J’imagine. Frey n’hésite pas un seul instant pour m'arroser, me faisant clairement comprendre qu’il a été contrarié par mon absence. Je cherche à l’attraper mais il s’échappe hors de ma vue.

“_ Je suis heureux de vous retrouver, les amis !

Ma Natu se serre un peu plus contre moi.

“_ J’ai une surprise pour vous !

Je sors de mon sac une Pokéball. Le faisceau rouge nimbe la pièce et un petit Pokémon en sort.

“_ J’avais préféré la laisser chez le Collectionneur. Mais voici Aisy, notre mignonne Morphéo.

Son regard candide, ses grands yeux comme encadrés de lunettes attendrirent tout de suite l’assistance. Phy lui donna quelques coup de becs et Genesy lui proposa de grimper sur sa carcasse. Timide, la nouvelle venue préféra virevolter pour échapper à ces présentations. Je la regarde un instant avant d’annoncer :

“_ Allez ! Direction Alola ! L’été n’est pas fini !

° _ Ca ne fait que commencer, Stuart. °
Aaron S. Mightley

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Le couple le plus improbable avec... une fille
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