[Mission] Alola Baywatch [PV Aaron]
Alban Abernaty
Alban Abernaty
Région d'origine : Hoenn
Âge : 17 ans
Niveau : 70
Jetons : 20638
Points d'Expériences : 2487
Pokeathlète Coach
Sujet: [Mission] Alola Baywatch [PV Aaron]   Jeu 17 Aoû - 19:04



Alola Baywatch
Alban Abernaty & Aaron S. Mightley

Ses souvenirs avaient été emprisonnés dans les tréfonds de son esprit, altérés par le joug d’une force encore inconnue. Il ne savait pas si sa mémoire s’était encagée d’elle-même, ou si tout cela n’avait été qu’une attaque gratuite et totalement aléatoire. Il ne pouvait néanmoins s’empêcher de penser qu’il y avait un but, un objectif, à cette remise à zéro. Pourquoi Maxine ? Pourquoi Calliope ? Il avait l’impression de devenir dingue. Il y avait bien quelque chose qui s’était produit, et dont il devait se rappeler, n’est-ce pas ? Il parvenait progressivement à retrouver quelques lambeaux de sa mémoire, mais ce n’était jamais suffisant. Il ne comprenait pas à quoi Maxine faisait allusion, lorsqu’elle lui demandait pardon. Il ne savait pas pourquoi il se sentait si coupable de l’avoir oubliée. Ni pourquoi son cœur se serrait à cette pensée. Il y avait sûrement une explication à tout ça. Dans ce monde, rien n’arrivait par hasard. Il l’avait compris lorsque Chell s’était révélé sous sa véritable forme. Peut-être était-ce encore un signe de son Roucarnage défunt ? Autre chose ?

Il ne savait pas. Il ne savait plus. Et, dans ses heures de réflexion les plus noires, il était incapable de savoir à qui se raccrocher. Nolan n’avait jamais été du genre bien bavard - mentalement parlant, évidemment. Difficile d’être bavard lorsqu’on est muet -. Il était toujours présent pour écouter ses problèmes, mais il n’y apportait pas de solutions. Il était encore plus perdu qu’Alban, sentimentalement et socialement parlant… Idem pour Marie, qui n’aurait sûrement pas relevé le côté dramatique de la chose, et se serait attardée uniquement sur l’aspect scientifique ; et honnêtement, Alban n’avait pas envie de devenir un sujet d’étude pour sa petite sœur de cœur. Quant à Calliope ? Impossible de lui parler de tout ça, puisqu’elle était directement concernée. D’autant plus qu’elle l’évitait, depuis qu’il avait essayé de l’embrasser. Normal, me diriez-vous…

Il n’avait donc plus qu’une personne vers qui se tourner. Et tout ça tombait bien puisque, mémoire altérée ou pas, Aaron était et restait son meilleur ami. Il savait qu’Aaron lui accorderait une oreille attentive. Peut-être l’aiderait-il même à trouver quelques solutions ? Dans tous les cas, Alban avait besoin du rouquin. Aaron avait toujours été là, dans les meilleurs comme dans les pires moments. Leur relation avait été pavée d’obstacles et de disputes. Mais chacun savait qu’il pouvait compter sur l’autre. Toujours.

Alban le savait. S’il y avait quelqu’un à qui il avait envie de parler, alors qu’il se sentait si seul et si perdu, c’était à son meilleur ami. Alors, il n’hésita plus et attrapa son iPok pour taper un message d’au secours. Aaron avait toujours été du genre réactif, quand il s’agissait de ses appels de détresse. Le message envoyé, il attendit. Une minute. Puis deux. Puis trois…

Les aiguilles de sa montre continuaient d’avancer, inlassablement. Et de l’autre côté de l’écran, toujours aucune nouvelle d’Aaron. Pendant des minutes. Des heures. Puis des jours…

Malgré ses relances et ses appels incessants, Aaron ne lui répondait pas. L’angoisse commençait à le prendre à la gorge ; son meilleur ami avait-il décidé de ne plus lui parler ? En avait-il assez de ses regards hébétés et perdus, dès lors qu’ils abordaient le sujet d’un souvenir oublié ? Il s’était mis à haleter comme une bête blessée. Dans la petite pièce qu’était son cerveau, il avait l’impression d’étouffer. Il était inondé de doutes, de peurs, d’insécurités… Aaron ne pouvait pas. Il ne l’avait quand même pas abandonné, n’est-ce pas ?

Il se recroquevilla sur lui-même, tremblant de tout son corps. Même Zéphyr, Mistral ou Auster ne parvenaient pas à le calmer, dans ces moments-là. Ses crises étaient de plus en plus fréquentes. Il essayait de ne rien en montrer, évidemment. Mais tout ça le rongeait de l’intérieur. Il avait juste l’impression d’être en morceaux.

Hey Aaron ? Tout va bien ? Où es-tu, mon pote ? J’ai besoin de toi… On peut se voir ? Ou s’appeler ? Salut Aaron, je suis désolé de te déranger encore… Tout va bien ? Tu as un moment ? Bonjour Aaron. Il y a un problème entre nous ? Pourquoi est-ce que tu ne réponds plus ? J’ai fait quelque chose de mal ? Salut Aaron… J’espère que tu vas bien… J’ai vraiment, vraiment besoin de toi. Peux-tu me rappeler dès que tu auras un moment, s’il-te-plaît ?

L’iPok continuait de sonner dans le vide. Et, au bout d’un moment, il arrêta tout simplement de sonner.

Va le voir, murmurait une petite voix dans sa tête. Tu seras fixé et il ne pourra pas se défiler si tu es en face de lui.
Et pour faire quoi ? Pour t’apercevoir qu’il te déteste et ne veut plus te voir ? Pour être enfin fixé sur le fait qu’il ne te veut plus comme ami ? Réveille-toi un peu. Est-ce que tu préfères rester dans ce doute agaçant, ou risquer de tout perdre ? A toi de choisir, l’ami.


Mais Alban n’aimait pas les doutes. Alors, il avait pris son courage à deux mains, et s’était rendu jusqu’au dortoir des Phyllali.

Il espérait ne pas y croiser Leo. Depuis que ce dernier l’avait frappé, il n’avait toujours pas eu l’occasion d’aller s’expliquer. Et honnêtement, il n’en avait pas envie, aujourd’hui. C’était peut-être d’ailleurs pour ça qu’Aaron ne voulait plus lui parler ? Peut-être s’était-il rangé du côté du lion ? Alban savait très bien l’admiration qu’il avait pour le petit ami de Calliope. Il n’était pas stupide, après tout.

Tout le monde le préfère à toi, de toute façon.

Oh mais ferme-là.

Arrivé devant le dortoir des Phyllali, Alban ne sut pas trop quoi faire. D’habitude, il rentrait dedans comme dans un moulin, et se dirigeait directement vers le chalet de son ami. Mais cette fois, en avait-il le droit ? Il fit les cents pas devant la grande bâtisse, indifférent aux regards vaguement intrigués que les rats de bibliothèque en chef de l’académie lui lançaient. Devait-il entrer ? Demander à quelqu’un ? Il soupira et décida d’ouvrir la porte. Foutu pour foutu, autant y aller directement.

- Abernaty. Pouvez-vous dégager le passage, que je puisse sortir fumer ? demanda une voix traînante, en face de lui.

Il sursauta. Le Professeur Roseverte, dossiers sous le bras, clope entre les dents, le regardait comme s’il était un immonde cloporte. Il avait l’air à la fois profondément ennuyé, et terriblement agressif. Le manque de nicotine, très certainement. Ou l’excès de café, dont son haleine empestait.

- Excusez-moi, Professeur. Allez-y, répondit-il en s’écartant de la porte.

Et puis soudainement, une pensée le frappa. Il y avait bien une solution à laquelle il n’avait pas encore pensé.

- Attendez Professeur ! Je heu… Je cherche à joindre Aaron S. Mightley. Je n’ai plus de nouvelles depuis plusieurs jours, son iPok ne sonne plus, et il n’était pas dans sa chambre. Sauriez-vous où il pourrait se trouver, par le plus grand des hasards ?

Bon. Certes il avait un peu menti. Mais Roseverte n’en saurait jamais rien ; et puis de toute façon, ce n’était pas comme s’il s’y intéressait.

Prenant donc une mine vaguement gênée et inquiète, Alban attendit le verdict.

- Mightley ? Il est parti pour étudier deux trois bricoles, dans un trou perdu. Un truc pour ses thèses. Pas de réseau, sûrement. Et maintenant, laissez-moi tranquille.

Expéditif, mais au moins avait-il eu le mérite d’être utile. Alban le remercia, tandis que le référent Phyllali disparaissait déjà, sans même écouter ce qu’il avait d’autre à lui dire. Alors comme ça, Aaron était tout simplement parti et injoignable ? Il ne l’évitait donc pas ?

Conscient des plans de dernière minute de l’académie, Alban comprit un peu mieux pourquoi Aaron ne lui avait rien dit. Il se sentit beaucoup plus rassuré. Ainsi, ce n’était donc pas dramatique. Il n’avait plus qu’à attendre que son ami revienne, lorsqu’il aurait fini tout ce qu’il avait à faire.

Beaucoup plus serein, le châtain retourna vers son propre dortoir. Il n’y avait aucun problème entre eux. Aucun souci à se faire. Aaron allait sûrement bien. Il était juste un peu occupé, et dans un coin qui ne captait pas. C’était donc ça…

Pas une seule seconde, Alban ne remit en question l’information de Roseverte. Il ne pensa même pas au fait que le Scientifique lui avait peut-être simplement dit ça pour s’en débarrasser. Naïf qu’il était… Mais au moins ne déprimait-il plus en pensant que son meilleur ami l’évitait.

Heureux, les simples d’esprit.

***

Le match de Quidditch venait de se terminer dans un fracas d’applaudissements. Alban, qui venait de poser pied à terre, fut assailli par les joueurs et de nombreux élèves venus le féliciter pour cet évènement. Il essaya de sourire à tout le monde, malgré sa timidité et sa gêne apparente. Néanmoins, il n’avait pas envie de s’éterniser ici. Il avait deux personnes à qui il devait absolument parler de façon relativement urgente. Il essaya de se dégager de la foule.

- Doc ! appela-t-il.

Mais Calliope, sans se retourner, disparut de son champ de vision à pas de course. Bon. Tant pis pour la première.

Il s’excusa poliment auprès des personnes qui l’entouraient et appela Mistral. L’Altaria chromatique, redressant la tête, vint voleter à proximité de lui. Sans réfléchir plus, Alban sauta sur le dos de sa monture et se dirigea vers le gradin où il avait vu Aaron, lors du match.

Mais à peine fut-il arrivé à l’endroit où il voulait se rendre, qu’il se rendit compte que le Phyllali était déjà reparti. Bah alors ? Il n’était même pas resté pour lui parler un peu ? Le châtain sortit son iPok et rédigea un court SMS. Hello ! J’ai vu que tu étais venu assister au match. Ça t’a plu ? On essaye de se voir, ce soir ? Il rangea ensuite l’appareil dans sa poche et attendit un éventuel signe de vie du Scientifique.

Mais ce dernier ne vint jamais.

Malgré ses appels et ses SMS. Malgré ses tentatives pour entrer en contact avec lui, par n’importe quel moyen. Même Zéphyr n’avait pas été capable de le retrouver ; et pourtant, c’était un Pokémon Postier tout ce qu’il y avait de plus respectable. Où Aaron pouvait-il se cacher ?

Alban en vint finalement à la conclusion que son meilleur ami l’évitait bel et bien. Pour une raison qu’il ignorait encore, mais qu’il ne tarderait pas à découvrir. Alors, tout comme pour Calliope, il fit appel aux services de sa super colocataire Gwenn pour qu’elle traque Aaron via les coordonnées GPS de son iPok. La Givrali allait sûrement le prendre pour un malade mental, mais qu’importe. Il lui avait expliqué très brièvement la situation, et elle avait obtempéré. Malgré le fait qu’elle soit visiblement une connaissance du roux.

Il n’allait pas lui laisser le choix. Il avait sous le coude une offre qu’il ne pourrait pas lui refuser, et autant dire que cette fois, Aaron ne pourrait pas se défiler ou s’enfuir. Alban était bien décidé à mettre les choses au clair avec le Phyllali ; que ce soit de gré, ou de force. Il ne savait pas d’où lui venait cet aspect buté et forceur, mais pour le moment, c’était le cadet de ses soucis. S’ils ne perçaient pas l’abcès, comment allaient-ils pouvoir conserver leur amitié ? Ce n’était pas en s’évitant qu’ils allaient arranger quoi que ce soit. Alors, dossier sous le bras, Alban s’envola vers le coin de village où Aaron était censé habiter.

Un point rouge sur sa map lui indiquait les coordonnées précises du logement du rouquin. Vu qu’il ne semblait pas y avoir de mouvements, Alban en déduisait qu’il était tranquillement chez lui en train de glandouiller. S’il s’y prenait assez bien pour ne pas faire une arrivée trop bruyante, il serait capable de le coincer.

Ouais. Parfois, Alban avait vraiment quelques problèmes dans sa façon de voir les choses.

Perché sur le dos de Mistral, le jeune Coach se laissa flotter comme une plume pour atterrir devant la fenêtre d’Aaron. Il observa un moment la bâtisse ; peu d’ouvertures par où s’échapper. Personne à l’extérieur pour le dénoncer à la Police. OK. Il était prêt pour son opération commando.

Avisant la fenêtre ouverte, Alban donna un coup de pied et s’engouffra dans la chambre d’Aaron. Ce dernier était visiblement seul, visiblement pas du tout prêt à ce qui allait lui tomber sur le haut du crâne.

- BONJOUR AARON ! Hep hep hep, pas la peine d’essayer de te défiler ENCORE UNE FOIS. Alors, comment va mon très cher meilleur ami ? Moi écoute, ben ça va, on fait aller. Juste que… Ooooh. On me souffle dans l’oreillette que mon meilleur ami m’évite depuis qu’il est revenu de son voyage. Pour une raison que j’ignore. C’est bête, n’est-ce pas ? Du coup, je me suis dit qu’il était temps de ressortir les vieux plans à l’ancienne, et j’ai inscrit nos noms sur la liste de recherche de bénévoles de plage. Mission pour le compte de l’école ! On doit y être dans… dix minutes ? C’est dingue alors, impossible de se défiler ! C’est vrai ça… Des fois que l’un de nous deux envisagerait de s’enfuir par la porte !  

Il s’accouda contre la fenêtre, un sourire en coin sur le visage. Lui ? Passif agressif ? Ooooh, rien qu’un peu. Mais honnêtement, il était un peu agacé du silence radio d’Aaron. Allons bon, ils étaient censés être meilleurs amis, non ?

Bon certes, les meilleurs amis n’entraient pas par effraction chez vous en vous forçant à partir en Mission sur la plage. Mais aux grands maux, les grands moyens.

Et Alban avait toujours été du genre à tout faire à fond.

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Sujet: Re: [Mission] Alola Baywatch [PV Aaron]   Lun 21 Aoû - 10:36
Alola Baywatch

Je me retrouve à nouveau à arpenter ces couloirs trop lumineux, trop lisses, trop rutilant. La lumière est aveuglante. Je sais que si je continue à marcher, ils me tomberont forcément dessus. Et, pourtant, ce n’est pas ça qui m’arrête. Cette force sourde résonne en moi. Je dois continuer à avancer. Puis, comme à chaque fois, l’alarme résonne, les couloirs se mettent à hurler, couleur rouge sang. Mon propre cœur se met à battre à une vitesse folle. Mon corps se met à courir mais, c’est comme s’il faisait du sur place. Comme toujours, je vais me faire attraper, je les vois bien, en blouse blanche, propre sur eux, à s’approcher irrévocablement. J’ai beau tenter de fuir vers la sortie, car je sais qu’elle est là, je n’y parviens jamais. Ils finissent toujours par m’encercler. Quand je crois ma fin arriver…

Je me réveil en nage dans mon lit. Mes repères sont toujours déboussolés et je mets plusieurs secondes à me rappeler de tout. Alola. Je suis en sécurité sur l’île de Konikoni. Avec Raudhr. Avec mes hôtes. Avec les autres. Je me suis redressé, les bras verrouillés, supportant le poids mort de mon corps. °_ Toujours pareil, tu fermes l’œil dix minutes et voilà. Et tu es tellement renfermé sur toi-même que je suis incapable de te sortir de là. C’est fini Stuart. Ils ne nous auront pas.° Je sais bien qu’elle a raison, on a survécu à ce cauchemar, rien ne pire ne pourrait nous arriver. Je déglutis en me forçant à reprendre une respiration normale. Une nouvelle sieste gâchée. Je sais très bien que je ne parviendrai pas à trouver à nouveau le sommeil. Avant, c’était la Terreur, maintenant, ce sont des cauchemars quand ce ne sont pas les discussions incessantes avec Glaedr et Invy. Combien de temps vais-je encore être capable de tenir à ce rythme ?

Je me glisse hors du lit, l’après-midi doit maintenant être bien entamée. Je me dirige vers la salle d’eau où je rafraichi mon visage. L’envie de me reposer m’a passé… Mais il doit rester quelques heures avant le souper. Je rejoins prudemment la sortie de la maison, veillant à ne pas inquiéter mes logeurs. La porte grince dans le silence et je me glisse à l’extérieur. Depuis la maison légèrement en hauteur, le phare passe son halo de lumière à interval régulier sur ma position. Éclairant tour à tour la montagne, la porte faisant la renommée de l’île et les échoppes. L’ambiance de Konikoni ne me correspond pas vraiment, grouillant de monde qui se précipitent sur les attrayantes pierres précieuses. Malgré une certaines sensibilité à l’art et à la mode, celle-ci me laisse de marbre.

Je m’approche de la ravine qui surplombe la ville, je marche au bord, songeant au match de Quidditch auquel j'ai assisté quelques jours auparavant, à ces nouvelles rencontres et cette normalité presque maladive. Idaliénor qui avait fait comme si c’était normal que je débarque comme ça, six mois plus tard. Et Alban. Ahhhh, Alban. Il m’avait bien vu. Et moi aussi, d’ailleurs. C’était ce que je voulais en me rendant là-bas. Le voir. Lui. Et le voir chevaucher son Altaria. Le voir épanoui dans son domaine de prédilection. C’était beau. Toute cette euphorie, cette énergie positive, ce match acharné. Tout le monde avait semblé s’amuser. Pour moi, la vraie épreuve était celle de l’après match. C’est pour ça que j’ai quitté les gradins plus tôt, invoquant un prétexte dont peu de personnes se souciaient. Et maintenant, je ne sais pas si je regrette, si je m’en veux. Mais je sais encore moins comment réagir maintenant. Que répondu à ce foutu SMS. Pour la centième fois depuis que je l’ai reçu. « On essaye de se voir ce soir ? » … je sers les poings. Oui ! Allons-y faisons ça ! Comme si de rien n’était. Retrouvons-nous comme au bon vieux temps. Celui où j’étais un véritable ami, qui se souciait sincèrement de toi, Alban. Rappel-moi qui est-ce qui t’a abandonné lâchement, probablement dans l’un des pires moments de ta vie ?! Le moment où tu confondais tout, sans explication rationnelle. Alors que tu souffrais je n’ai pas trouvé un autre moyen de me barrer à l’autre bout du globe. Laissant un à un, tout tes messages, sans réponse. Je ne mérite plus ton amitié, pas plus que ta gentillesse qui te pousse à revenir vers moi aujourd’hui. De toute façon..."ce soir" c'était déjà avant-hier. Ça ne sert à rien de courir après les fantômes...
°_ T’es juste jaloux. Jaloux de ce qu’il a réussi à entreprendre, sans toi. Jaloux qu’il se soit relevé de quelque chose d’insurmontable. Alors que toi, t’as mis des années avant de bouger ton petit cul pour enfin te sortir de ta propre merde. Plutôt que ruminer, sent-toi honoré, heureux de ce qu’il est prêt à faire pour toi. Ravale ta fierté et prouve-lui qu’il peut toujours te faire confiance. Pour ce que ta confiance vaut...°
Et elle a raison.

Je fais encore quelques pas au dessus de la falaise. Maintenant que j’ai fuis le seul endroit où je pouvais le trouver, il va falloir que je trouve une nouvelle façon de lui mettre la main dessus. C'est certain qu'il n'attend déjà plus de réponse à son message... pour lui, je l'ai déjà abandonné. Je range l’iPok et remonte dans ma chambre, bien décidé à trouver Alban. Alors que je me mets à tourner en rond dans ma chambre, ne sachant par où commencer mes recherches, l’impossible se produit. Une brise légère s’engouffre dans ma chambre et voilà… qu’il débarque.

Alban. Là, juste sous mes yeux. Agitant ses bras et monologuant de façon à me montrer à quel point je l’exaspère. Et vas-y que je t’en foute plein la tronche. Il était déjà comme ça, Alban ? J’en avais un souvenir plus timide… Qui se retenait. Et même qui gardait les choses pour lui. Et là… ben… A force de mouliner avec ses bras et à me fixer comme ça… il va se faire mal, non ? Vous croyez pas ? Et moi, je le fixe, la bouche en un grand « Ô » et les yeux qui clignent à chacune de ses attaques parfaitement justifiées.
«_ C’est que … euh...»
Et là, la sentence tombe. Une mission. Tous les deux. DANS DIX MINUTES ?! WHaaaaaaaaaaaaaat ! Mais je suis grave pas prêt ! Mais je suis aussi incapable de bouger face au regard inquisiteur du Voltali. Je me risque à un petit… « Oui … (?) » et me décale d’un pas sur le côté. Je fourre mes affaires dans mon sac à dos -j’ai appris à voyager léger et avec uniquement le nécessaire- prenant soin de n’oublier aucune de mes Pokéballs. Même si je préfère que mon équipe n’assiste pas à cette humiliation.

Je me retourne vers mon meilleur ami (si j’ose encore le considérer comme tel) l’oeil hagard et attendant les ordres. «_ Où… où c’est qu’on va ?» Sans plus de cérémonie, le Coach me jette sur le dos de Mistral et le fait s’envoler. Le Pokémon chromatique a bien changé, il est devenu tellement majestueux… beau et a une véritable aisance naturelle dans les cieux. J’invoque Aisy, la dernière membre de mon équipe et Morphéo de son état, qui se recouvre aussitôt d’une forme de manteau pour se protéger du froid. Elle me regarde avec ses yeux encadrés par un masque avant de se tourner vers Alban et de partir à découverte des cieux. Pendant le temps du trajet, Alban m’explique les tenants et aboutissants de la mission. Une mission qui me rappel bien trop de souvenirs… avec les enfants en moins. Cette époque où je n’arrivais pas encore à descendre le maître du Vol de son piédestal. Mais peut-être que tu y remonteras, Alban, si tu continues comme ça, c’est même certain.

« _ Tu es devenu magnifique, Mistral. » Puis, me tordant le cou vers le Pokéathlète « J’aimerais bien dire “toi aussi, Alban” mais je sais pas comment tu pourrais l'interpréter. Aloooors… je vais juste te dire merci. Merci, d’avoir organiser tout ça. Je crois que…» Je réfléchi un instant. « C’était ce que je voulais, en rentrant. Et… désolé. »

Je n’ai pas envie de tout expliquer maintenant, tout de suite. Ni d’argumenter sur les raisons qui m’ont poussées à ne pas aller le voir dès mon retour. Il le saura bien assez tôt. Parce qu’après tout, c’est pour cela qu’il nous a inscrit à cette mission tout les deux, pour rattraper le temps perdu, n’est-ce pas ?

Nous finissons par arriver au Club Hano-Hano dont la vue aérienne est plus que impressionnante. Une immense plage recouvre la majorité de la petite île. Un embarcadère longe la partie sud-ouest et, coincé entre forêt, rochers et plage, un bâtiment assez horrible pour appeler ça complexe balnéaire. Nous nous posons près de l'embarcadère et une femme aux allures bien trop parfaite, à la démarche robuste et à la voix faussement fluette nous accueille.

«_ Mes petiiiiits ! Bienvenues au Club Hano-Hano, vous êtes là pour surveiller la plage, n’est-ce pas ? Sinon, vous seriez arrivés, comme tous les autres *regard noir*, par bateau, n’est-ce pas ?»

Nous acquiesçons, sans vraiment savoir comment réagir à cette phrase de préambule.
«_ Eh bien eh bien ! Venez donc, il ne faudrait pas que la clientèle vous découvre dans cette accoutrement. Suivez-moi !»

Albaaaaaaaaaan ! Dans quoi est-ce que tu nous as fourré, ENCORE ?! Mais, bien dociles, nous suivons cette pseudo-femme à travers les pontons qui résonnent sous ses talons. Vu d’ici, l’immense hôtel est encore plus impressionnant. Et, plus nous nous rapprochons de l’entrée, plus la masse de touriste se fait dense. Heureusement, notre guide nous fait passer par une petite porte dérobée agrémentée par un « Allez, allez mes chéris ! ». Nous entrons dans ce qui s’apparente à un vestiaire et d’un air presque blasée elle continue.
«_ Voilà l’endroit où vous pouvez déposer vos affaires et je vais vous donner vos tenues de travail. Bien sûr, vous ne vous adressez pas à la clientèle -sauf cas d’urgence- et vous vous faites le plus discrets possible. Je n’ai pas envie d’avoir d’ennuis. Vous êtes stagiaires bénévoles sous les ordres de Nina et Igor -ce sont les maîtres nageurs-. Allez allez, venez. Enfilez-donc ça et je vous montre votre chambre.»

La bonne femme nous tend de minuscule maillot de bain sans que nous ayons le temps de protester. Son regard appuyé nous fait comprendre que nous devons les enfiler. Je pousse un soupir en échangeant un regard avec Alban. J’ai l’impression d’être à quelques minutes d’entrer dans l’arène des Hunger Games. J’adresse un sourire amusé au Voltali qui fait la moue. Je lui donne une petite tape sur l’épaule en me dirigeant vers une cabine. La directrice commence à taper du pied pour nous forcer à nous dépêcher. Je me contorsionne dans la minuscule cabine pour me changer. Je crois que je n’ai jamais vu un maillot de bain aussi petit. En faisant deux pas sur la plage, je suis sûr qu’il va finir en string. Je m’apprête à sortir, mon sac sur le dos. ° _ Si je te vois balancer un regard sur le cul d’Alban dans ce presque-string rouge bien trop cliché, je te jure...° Mais c’était déjà trop tard. Il avait fallu qu’Alban sorte au même moment que moi, dans ce petit machin rouge, bien trop moulant, bien trop petit, bien trop sexy.

Heureusement, l’autre en robe rose façon mamie ne nous laisse guère de temps pour se reluquer et nous attrape par les bras. Il se trouve que le vestiaire crée une habile liaison avec la plage qui s’étend sur plusieurs kilomètres, si bien que d’ici, il est impossible d’en voir le bout. En cette fin d’après-midi, il ne reste pas grand monde sur le sable. Seules deux personnes demeures, aux accoutrements identiques aux nôtres, mais en moins vulgaires. Ils ne peuvent s’empêcher de pouffer à notre approche. Évidemment, Igor et Nina ont tout ce qu’il faut pour être surveillants de plage : beaux et bronzés.

«_ Tu nous amènes les nouveaux stagiaires ?»

Nouveaux ? Les anciens sont partis ? Qweuuua ?
«_ Vous êtes libres, vous deux. Je vais montrer à ces deux là leur petit nid douillet pour la nuit. N’oubliez pas de revenir demain.» En se tournant vers Alban et moi «_ Igor et Nina travaillent de 10h à 12h puis de 14h15 à 16h30, en dehors de ces temps, vous êtes chargés de veiller sur la plage. Je ne veux voir ni Concombaffe et encore moins Bacabouh et espèces associées sur cette plage. Vous en serez tenus pour responsables et votre académie aussi. En attendant, voici vôtre hôtel. » Elle marque une pause, nous montrant une structure branlante à plusieurs mètres de hauteur. « Super ! Si vous me cherchez, demandez Guilda à la réception. Mais ne me dérangez pas pour rien, compris ? Allez zou ! Nina, Igor, allons-y.»

Et, elle nous laisse là, comme des ploucs. Les trois autres s’éloignent de nous, riant à gorge déployées. Igor est bien trop canon pour ne pas cacher un truc. Je pousse un soupir en me tournant vers Alban au presque-string moulant. Heureusement, le soleil n’est pas encore couché, sinon, nous ne tarderions pas à avoir froid.

« _ Eh bien… Je n’ai pas envie de savoir dans quel merdier on s’est encore fourré...»

Je sors mes différentes Pokéballs pour relâcher mes Pokémons. Marley et Frey sont comme des petits fous et se mettent à courir vers l’océan. Maky s’assoit dans le sable comme s’il avait retrouvé son élément. Quant aux autres, ils se mettent à explorer les alentours. Je les laisse tranquille et me dirige vers la tour de guet qui, apparemment, sera aussi notre logement pour les jours à venir. Je test du pied la première marche. Malgré l’aspect déplorable de l’ensemble de la structure, ça a l’air de tenir le choc. Je grimpe les marches deux à deux et entre dans le petit cabanon. L’ensemble est rustique, cuisine, table et chaises à l’extérieur, nécessaire de soin et de sauvetage et… un lit double. Je songe un instant à Igor et Nina. Je crois que je ne préfère pas savoir. Je dépose mon sac avant d’annoncer la nouvelle.

« _ Euh… Alban ? Je… crois qu’on va devoir parta… Non. Non. Laisse. Je vais dormir par terre. Ouais. C’est bien.»

Je me tais alors que mon meilleur ami me rejoint. Piouf. Que d’émotions. Ca… Ca va pas être simple de remettre tout ça en ordre… Vraiment pas.
Aaron S. Mightley

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[Mission] Alola Baywatch  [PV Aaron] Turtwig

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Sujet: Re: [Mission] Alola Baywatch [PV Aaron]   Lun 21 Aoû - 22:05



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Alban Abernaty & Aaron S. Mightley

Alban s’était attendu à tout un tas de réactions de la part d’Aaron. De la fuite à l’accueil froid, le Voltali pensait avoir anticipé tous les cas de figure. C’était d’ailleurs la raison pour laquelle il avait posté ses Pokémon tout autour de la maison d’Aaron, afin de limiter les échappatoires et de pouvoir le rattraper s’il tentait - de nouveau - de se faire la malle. Oui ça faisait malsain et pervers dit comme ça, mais encore une fois : Alban n’avait pas le choix. Ou alors il avait celui de laisser définitivement Aaron tranquille, ce qui aurait été un peu plus « légal ». Mais bon, hein. Il réfléchissait de façon cohérente uniquement lorsque cela l’arrangeait.

De tous les scénarios possibles, néanmoins, le jeune Coach n’aurait pas parié sur celui qui était en train de se dérouler devant ses yeux. Alors qu’il faisait des reproches à demi-cachés sur un ton passif-agressif - le même qu’il employait avec Alex lorsqu’elle l’agaçait trop - à son meilleur ami, ce dernier ne trouvait rien de mieux à faire que de prendre un air éberlué et de lâcher deux ou trois monosyllabes de temps à autres.

C’était. tellement. frustrant.

Comment Alban pouvait-il rester fâché, si le Scientifique ne lui opposait même pas de résistance ? Il aurait pensé qu’ils se prendraient la tête. Qu’ils se battraient peut-être, même. Qu’ils se balanceraient leurs quatre vérités, avant de se tomber dans les bras l’un de l’autre. Un truc dans le genre. Mais pour le coup, le châtain n’avait droit qu’à un embarra poli. Pire, Aaron lui donnait l’impression d’être la victime dans l’histoire. Le gentil petit Aaron, et le grand méchant Alban. C’était le monde à l’envers, non ? Certes. Alban avait toujours été moins doux et bonne pâte que le rouquin. Il avait eu ses moments de jalousie, ses coups de colère et ses crises adolescentes. Mais pour cette fois, il n’estimait pas vraiment être en faute. Etait-ce à cause de lui qu’il avait perdu la mémoire ? Etait-ce parce qu’il voulait causer des problèmes, qu’il avait tenté d’embrasser Calliope sous les yeux de Leonidas ? Il n’avait certes pas toujours été juste avec Aaron. Dans le jeu de l’amitié, on ne pouvait pas dire qu’il était irréprochable. Pourtant, ça le faisait crever à l’intérieur que son meilleur ami ne daigne même pas le voir, après avoir disparu pendant six mois. Se rendait-il compte de l’inquiétude qu’il avait ressentie ? De ce qu’il lui avait fait ressentir ?

Alban était habitué aux amis de passage. Aux camarades qu’on fréquente et avec qui on passe un bon moment, avant de se perdre définitivement de vue. Mais il avait osé espérer qu’Aaron et lui, c’était un peu plus que ça. Un peu plus que juste deux âmes qui s’attirent et se repoussent, pour finalement être trop loin l’une de l’autre pour qu’il y ait la moindre once de magnétisme résiduel. Aaron, c’était son premier meilleur ami. Celui qui faisait ressortir le pire et le meilleur, chez lui. Celui qui le connaissait de façon entière, sans artifices, sans cette image détachée qu’il essayait de renvoyer devant ses autres camarades. Il pouvait se comporter avec lui, de la même façon qu’il se comportait avec Maxine. Et même, il estimait qu’entre eux deux, il y avait quelque chose de plus spécial. De presque fraternel…

Et c’était pour toutes ces raisons, que le silence faisait mal. C’était pour toutes ces raisons, qu’il n’acceptait juste pas qu’Aaron le raye de sa vie comme ça. Malgré tout, il voulait faire partie de la sienne. Il voulait être ce même garçon que le Phyllali admirait, lors du premier été de leur rencontre. Celui avec qui ils avaient partagé tant de bons et de mauvais moments. Celui avec qui il n’avait pas forcément toujours été juste. Mais bon sang, il tenait à Aaron plus qu’à quiconque dans cette académie. A l’exception de Maxine, évidemment.

Il n’allait pas lui laisser le choix. Au cours de cette Mission à laquelle il les avait inscrits, Alban allait essayer de raviver cette petite étincelle qui s’était éteinte. Une amitié, envers et contre tout, ça s’entretenait. Leur tison avait peut-être vécu quelques moments durs, mais Alban allait faire ce qu’il fallait pour que tout redevienne comme avant. D’un côté, il avait encore ce petit espoir qu’Aaron pense comme lui. Il ne lui avait pas refusé la Mission. Dans le fond, cela voulait donc dire qu’il pensait de la même façon, non ? A moins qu’Alban ne l’intimide trop pour qu’il ose refuser. Aaaaah, il ne savait pas. Mais ça lui donnait juste l’impression de le persécuter, et il détestait ça.

Il ferma les yeux pour essayer de se concentrer. Aaron venait de lui demander où est-ce qu’ils allaient aller. Mistral, de son côté, agitait ses ailes avec impatience. Vrai que s’ils s’attardaient trop ici, ils finiraient par être en retard. Soupir.

- A la plage, répondit sèchement Alban, avant de faire monter Aaron sur le dos de Mistral.

L’Altaria chromatique lâcha une note mélodieuse pour saluer le Phyllali, et il se pencha pour lui permettre de s’installer. Alban sauta juste derrière Aaron, et passa ses bras autour de lui pour attraper les bribes. Il n’aimait pas vraiment être derrière, mais mieux valait-il que ce soit dans ce sens-là. Il n’avait pas envie de dire un truc de travers et de risquer une échappée-suicide. Non, clairement. A présent qu’il le tenait, il n’allait pas le laisser repartir.

D’un coup de pied sec, Alban fit donc décoller Mistral. L’Altaria déploya ses ailes de coton, et se jeta du rebord de la fenêtre. Il fit une légère remontée et alla côtoyer les nuages. Le vent de fin d’après-midi avait un petit quelque chose d’agréable. Comme à chaque fois qu’il était en train de voler, Alban sentit que sa colère désenflait doucement. Il se sentit plus paisible, plus serein. Il avait Aaron tout près de lui. Dans la position dans laquelle ils étaient, il pouvait même sentir son parfum. Ça lui paraissait tellement lointain et tellement irréel. Comme un vieux souvenir oublié. Bon sang. Tout ça faisait remonter en lui des vagues de nostalgies. Aaron était spécial pour lui. Aaron avait toujours été spécial, pour lui. Pas de façon romantique comme le rouquin l’avait peut-être espéré, lors d’un fugace instant dans les allées de Lansat. Mais de façon fraternelle.

Ouais. C’était ça. Aaron était comme un frère, pour lui.

Il se perdit dans la contemplation de la Morphéo d’Aaron. C’était un joli Pokémon, qu’Alban connaissait bien, puisqu’il habitait à deux pas de la Station Météo d’Hoenn, où le premier spécimen avait été créé. Un peu ailleurs, il en profita donc pour expliquer le concept de la Mission au roux. Autant en profiter tant qu’il avait l’impression de flotter sur un petit nuage. Au moins, on ne ressentait pas d’amertume dans sa voix.

- On va être des gardes plages. En gros, on va travailler sur une plage de haut standing, et on va devoir s’assurer qu’elle reste assez paradisiaque pour les riches touristes qui y seront. Dans les faits, on est lanceurs-de-Concombaffe-à-la-mer-à-temps-partiel, d’après ce que disait l’annonce. Mais il va falloir qu’on fasse plein d’autres petites choses, comme ramasser les déchets, éloigner les Pokémon mal intentionnés, ce genre de trucs. Je crois que ça parlait aussi d’être maîtres-nageurs, mais ce n’était pas très clair. De toute façon je suppose que tu dois nager comme un Poissirène, puisque tu viens de Nénucrique…

Il s’interrompit dans ses explications, n’ayant pas grand-chose d’autre à dire. Dans les faits, il ne connaissait pas beaucoup plus de leur Mission. Un silence gênant s’installa alors, jusqu’à ce que le Chercheur Pokémon le brise, d’un compliment. La remarque fit sourire Alban. Effectivement, Mistral avait bien changé, depuis leur première rencontre. Aaron l’avait connu encore tout bébé, alors qu’il n’était qu’un Tylton encore un peu malpoli. A présent, c’était un majestueux Altaria, qui n’avait rien à envier à celui d’Alizée. Il cessa néanmoins de sourire à la suite des paroles d’Aaron. C’était vrai qu’il avait changé, et probablement en mieux. Depuis qu’il s’était remis au sport à haut niveau, il avait une silhouette bien plus dessinée. Son visage faisait beaucoup plus paisible ; beaucoup moins froid et fermé. Mais ce n’était pas le seul à avoir subi ce genre de transformation. Aaron était probablement celui qui avait le plus changé, au cours de ces six derniers mois.

- Je ne vois pas comment je pourrai l’interpréter, murmura-t-il, avant de se remettre à sourire lorsqu’Aaron le remercia.

C’était fichu. Il ne pouvait vraiment pas rester fâché contre ce type.

Il resta cependant silencieux le reste du voyage. Ça aurait été irrespectueux de sa part de mentir en disant à Aaron de ne pas s’inquiéter ; que ces mois d’absence n’étaient rien. Que le fait de l’éviter n’était rien. Ce n’était clairement pas le cas. Malgré toute sa volonté, Alban ne pouvait pas pardonner au roux en un claquement de doigts. Il voulait entendre ce qu’il avait à lui dire. Savoir ce qui les avait éloignés, tous les deux. Et ensuite, seulement, ils pourraient se dire qu’ils étaient « désolés ».

***

Ils arrivèrent finalement au Club Hano-Hano. Alors qu’Alban laissait Aaron descendre du dos de Mistral, une femme de haute stature vint trottiner vers eux. Ou plutôt était-il plus juste de dire qu’elle cavalait. Ce qui était étrange, vu les hauts talons sur lesquelles elle était perchée.

Le physique de cette femme le perturbait quelque peu. Elle avait une ossature très carrée, et un maquillage qui aurait pu être joli s’il n’avait pas été aussi excessif. Fond de teint d’un blanc poudré. Fard à paupière liquide rose pailleté. Rouge à lèvre rose rehaussé d’un contour mauve. Fausse mouche collée quelque part à côté de sa bouche. Epaisses boucles blondes, et poitrine imposante moulée dans une robe à fanfreluches rose. Si Alban n’avait pas vu la plus grosse poitrine de sa vie en la personne de Joyce, lors de son été précédent, il aurait sans doute été gêné.

Avec une voix fluette, la dame les accueillit. Brusquement intimidé par le contenu de ses paroles - et par ses yeux perçants qui lançaient des éclairs surplombés de faux cils d’une longueur vertigineuse -, Alban acquiesça de concert avec Aaron. Ils échangèrent un regard interloqué lorsqu’elle leur parla d’accoutrements, mais ils finirent par suivre docilement leur employeuse. De toute façon, vu les serres qu’elle avait en guise de griffes - des ongles de plus de cinq centimètres, avec un vernis brillant constellé de strass -, elle les aurait probablement rattrapé. Et lacéré, au passage.

Non, clairement. Cette femme-là, mieux valait-il ne pas l’embêter.

Ils se retrouvèrent donc au pied de l’immense hôtel qui projetait son ombre menaçante sur les plages d’Alola. Les poussant sans ménagement, leur guide les fit emprunter une petite porte cachée destinée au Staff. Elle leur indiqua ensuite où se changer et où déposer leurs affaires. Puis, alors qu’Alban était encore en train de se demander s’il pourrait emporter toutes ses Pokéballs autour de sa taille, la femme leur tendit leur « tenue de travail ». Et là, ce fut le drame.

Alban attrapa le morceau de tissu rouge pétant. Heu. Est-ce que c’était un bonnet de bain ? Il allait vraiment devoir se trimballer avec ça sur la tête pour surveiller une plage ?

Alors qu’il était encore en train de se demander l’intérêt d’un tel accoutrement, Aaron déplia le morceau de tissu à côté de lui et le châtain se figea. OK. Ce truc, c’était donc un slip de bain. Soit, LE slip de bain qu’ils allaient devoir porter pendant un jour et demi. Hep hep hep, stop. Redémarrage.

- C’est… un slip qu’on doit porter sous le short de plage ? demanda-t-il avec une petite once d’espoir dans la voix.

La femme éclata d’un rire forcé, comme si Alban avait été un enfant qui venait de faire une très mauvaise blague. Puis, son sourire disparut et le Pokéathlète comprit. Bon. Décidément, la Mission commençait fort.

Il attrapa donc le slip et alla s’isoler dans les vestiaires. Zéphyr, sur son épaule, roucoula doucement pour essayer de s’enquérir de l’état de son dresseur. Bon. Comment allait-il enfiler ce truc ? Il se déshabilla et plia soigneusement ses affaires, qu’il rangea dans son sac. Il revêtit ensuite le slip de bain rouge, et se regarda dans le miroir.

Il se sentait incroyablement nu. Il avait l’impression qu’on pouvait voir la courbure inférieure de ses fesses. Même en sous-vêtements, il était plus habillé que dans ça. Il déglutit avec difficulté. D’ordinaire, il se baladait sur la plage en short de plage et en sweat ouvert. De ce fait, il ne laissait pas entrapercevoir énormément de son corps. Pas qu’il se sente complexé ou quoi que ce soit mais… il était juste pudique de nature. S’exhiber comme ça, ce n’était pas son truc.

Lâchant un soupir à fendre l’âme, il décida cependant de sortir. La femme leur avait donné une espèce de petit sac en toile discret, afin de transporter leurs Pokéballs. Malheureusement, ce dernier n’était pas assez gros pour qu’Alban y cache un t-shirt ou un truc du style. Tant pis. Il allait devoir faire une croix sur son honneur.

Il suivit donc son employeuse, osant à peine lâcher un regard vers Aaron. Ils devaient avoir l’air bien ridicule, tous les deux, comme ça. Heureusement qu’il avait pu former un peu mieux ses abdos depuis le temps. Sans ça, il aurait juste eu l’air d’un plouc en moule-ouistiti rouge.

Comme pour leur asséner le coup de grâce, Igor et Nina pouffèrent de rire à leur vue. Bah ouais, évidemment. Ils n’étaient pas aussi présentables qu’eux. Ils étaient encore tout pâles, et on lisait clairement sur leur visage qu’ils n’étaient absolument pas à l’aise. Distrait, Alban écouta à peine les indications de la dénommée Guilda. Il avait néanmoins retenu les horaires - ce qui était le plus important -, et le fait qu’ils allaient devoir se débarrasser des Concombaffe et des Bacabouh. Bien. Message reçu. C’était l’essentiel, de l’avis du châtain.

Se tournant vers Aaron lorsque ce dernier fit un commentaire, Alban haussa les épaules.

- C’est un peu une spécialité chez nous, après tout. Quand je nous ai inscrits à ce truc, je ne pensais pas qu’on devrait avoir des « tenues » spéciales. Comment on est censé courir, ou ne serait-ce que se déplacer avec ça ? J’ai peur qu’en levant trop haut la jambe, des choses qui ne devraient pas se fassent la malle…

Non décidément, il n’était clairement pas habitué à porter ce genre de maillots saillants. Essayant de faire abstraction de la tenue dans laquelle ils étaient - autant dire qu’ils étaient à poil, ça revenait au même -, Alban lâcha ses propres Pokémon. Pour une Mission plage, il n’aurait pas besoin de tout le monde. Zéphyr, Auster, Mistral allaient évidemment l’accompagner. En plus, il allait faire appel à Ether et Aura uniquement. Hélios n’aurait certainement pas souhaité se joindre à la partie. De même que Levanter. Quant à Zénith et Barber… Ils étaient retournés sur Kantô la veille. Bah. Encore une fois, son équipe serait en effectifs réduits, et ce n’était pas plus mal.

D’un bon pas, Alban et Aaron se dirigèrent vers la tour de guet. Avant même de commencer à patrouiller sur la plage, mieux valait-il prendre un peu de hauteur pour pouvoir repérer les environs et se déployer de la meilleure des façons. Nul besoin d’aller se focaliser sur des Concombaffes qui pollueraient une zone déserte de touristes. Ils allaient devoir faire au mieux dans le peu de temps qu’ils avaient. Pendant qu’Alban sortait ses jumelles pour observer les environs, le Phyllali entra dans l'espèce de cabanon pour observer leur logement d’un soir. Au bout de quelques secondes à peine, il appela son camarade à la rescousse. Alban abaissa ses jumelles, et passa la tête dans l’encadrement de la porte.

- Hm quoi ? Ah, il n’y a qu’un lit. Ne t’en fais pas, ce n’est pas la première ni la dernière fois que je dormirai dans le même lit qu’un mec. Pas la peine de dormir par terre, on va dormir ensemble.

De façon totalement indifférente, il revint à son poste de garde. A l’académie, Alban avait appris à parfois vivre dans des conditions précaires. Et entre Voltali, ils aimaient bien se faire un peu de camping, de temps à autres. Il n’était donc pas si rare qu’Alban se retrouve à dormir à côté d’un garçon. Ou entre deux garçons, peu importe. Ce n’était pas comme si ça le dérangeait pour autant.

Se concentrant donc sur ce qu’il voyait à travers ses jumelles, le châtain avisa une zone, un peu plus loin sur la gauche, qui semblait plus « noire » que les autres. Avec lenteur, les Concombaffe se rapprochaient effectivement dangereusement du banc de sable. On les voyait dépasser des quelques centimètres d’eau transparente. Première cible : verrouillée.

- Il y a l’air d’avoir pas mal d’agitation par là-bas. On y va ?

Il siffla un grand coup, et Mistral descendit à leur hauteur.

- On va monter sur le dos de Mistral pour y aller par voie aérienne, ce sera beaucoup plus rapide.

Il leva alors légèrement la jambe et… réalisa qu’il avait un maillot mini mini format. Il toussota.

- Erm… heu… je pense qu’on va s’exempter de voyages aériens pour aujourd’hui, hein. On va y aller à pieds, ok ? C’est très bien, d’y aller à pied…

Tournant la tête pour camoufler la rougeur de ses joues, Alban fit signe à Aaron de le suivre. Ensemble, ils descendirent les marches de bois branlantes, et marchèrent côte à côte sur le sable encore chaud.

Les touristes les dévisageaient avec amusement. Et tout ça ne faisait que renforcer la pudeur d’Alban. Bon sang. On n’aurait pas pu leur donner des shorts de plage ? Sérieusement ?! Perdu dans ses pensées, le châtain marcha par mégarde sur un Concombaffe, sournoisement dissimulé sous une algue. La réaction ne se fit pas atteindre.

Un poing surgit du Concombaffe pour aller frapper ce qu’il pouvait atteindre de plus exposé. A savoir, je vous le donne en mille…

Ouais. L’entre-jambe de ce pauvre Alban.

- NSONDISODJZANANCLS¨CDNKIZDNOID

L’adolescent se plia en deux, et tomba sur le côté, le visage pâle. Auster aboya et accourut vers son dresseur pour voir ce qui venait de le mettre dans cet état. Et, pendant ce temps, Aaron et Alban se faisaient encercler par des Bacabouh. Une embuscade. Génial. Et lui ne pouvait même pas courir, à cause de la douleur si typiquement masculine qui irradiait dans tout son bas ventre.

Cette Mission commençait décidément très mal.

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[Mission] Alola Baywatch  [PV Aaron] 15024690286225SignMaxAlban
Nemo Kendhall
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Sujet: Re: [Mission] Alola Baywatch [PV Aaron]   Mar 22 Aoû - 10:35
Alola Baywatch

Nous volons. En direction de la plage d’après ce que venait de m’annoncer Alban. Tout est allé tellement vite… Mon coeur ne sait plus vraiment comment réagir de la bonne manière. Mon cerveau ne sait plus comment interpréter les signaux de façon juste. Et si tout cela n’était qu’un piège ? Et si Alban avait décidé de se venger ? Une vengeance tout à fait justifiable par des tas d’erreurs qu’un véritable ami ne devrait pas commettre. Peut-être suis-je en train de foncer tout droit dans ce douloureux piège qu’il m’a tendu ? Ses Pokémons accepteraient-ils de participer à cette mascarade ? A moins qu’ils ne soient simplement pas au courant… Dans tous les cas, même si c’est un piège, je l’ai plus que mérité. Mon soupir est emporté par le vent alors que je relâche Aisy. Puis, le Voltali se met à m’expliquer l’enjeu de notre mission. S’il a vraiment voulu cacher un piège là-derrière, c’est qu’il est très fort, le bougre. Je crois que je n’ai pas de raison de m’inquiéter. J’ai changé et je suis prêt à faire face aux problèmes qui pourraient parsemer ma route.

Notre atterrissage au club Hano-Hano s’effectue sans problème et nous sommes tout de suite accueillis par notre chère Guilda au maquillage surfait et aux cils si longs qu’ils pourraient presque nous flatter la joue au milieu d’une discussion. Le bâtiment du club est juste monstrueux, j’en viens à me demander comment les gens peuvent apprécier passer des semaines dans un endroit pareil. J’imagine que la beauté du lieu aide… mais quand même. Rien qu’ici, ils se marchent déjà tous les uns sur les autres. Puis merde ! Cette île devait être tellement mystérieuse avant l’arrivée des hommes. Le pire dans tout ça c’est qu’on participe involontairement à cette mascarade. Toute cette mission semble entrer en conflit avec mes aspirations de Ranger. Je me mets à lourdement appréhender ce que nous allons devoir faire.

Plus que de l’appréhension, c’est l'humiliation qui survient juste après. Pourquoi cette chose rouge qui ne recouvre que le strict minium ? Si j’avais entendu parlé de cette tenue de travail, je me serais au moins épilé. On dirait un homme tout droit sorti de sa caverne. Ce qui n’est pas si faux. Une bouffée de nostalgie me fait regretter la montagne du Mont Sélénite. C’était calme, serein. °_ T’inquiète, ton pote est bien plus mignon. C’est pas toi qui va attirer les regards.° Je. Ne. Te. Permet. Pas. Je sent Glaedr pouffer de rire si bien que je suis obligé de retenir mon propre rire alors que Guilda nous présente à nos “collègues”. Je sent qu’on va bien s’entendre avec eux. °_ Branleurs !° Voilà. J’aurais pas dit mieux. Clin d’oeil complice intérieur.

Finalement, le trio s’éloigne ce qui nous permet de souffler un coup. La plage est à nous. Pour le meilleur et pour le pire. D’un air contrit, je confie mes peurs à Alban qui me répond d’un haussement d’épaules. Le châtain semble presque désolé en évoquant leur fameuse tenue. Mais j’approuve d’un hochement de tête. Déjà qu’en marchant je sent qu’il se fait la malle dans la raie des fesses alors courir… Je n’ose pas imaginer. Même si je lâche un rire à l’image choisie par Alban. Bonjour la crédibilité, les couilles à l’air ! Youpi !
«_ Peut-être qu’on s’y fera… ? »
Qui sait ? On va peut-être découvrir notre passion pour les plages naturistes ! A vrai dire, l’idée ne me dérange pas plus que ça. Je crois que je serais bien plus à l’aise sans rien qu’avec ce truc trop moulant et qui me compresse bien trop.

Je me détourne du Coach pour aller visiter notre humble demeure. Je grimpe les marches pour découvrir notre “chambre” qui ne se constitue que d’un seul lit double. Je l’annonce à Alban qui me rejoint aussitôt. Mais cela n’a pas l’air de le déranger outre-mesure. Très bien, c’est moi qui suis le plus gêné dans cette histoire. °_ Et voilà. Tu te poses encore trop de questions. C’est bon, vous vous êtes déjà embrassés, dormir ensemble ne va pas vous tuer.° Je ne relève pas et laisse couler ma remarque tout en me demandant comment Alban fait. Perso, on me dit que je vais dormir avec une fille même si c’est une amie, je ne parviendrai pas à prendre la chose avec autant de distance. Ehoooooo ! Alban ! Je sui gay ! Youhou ! °_ Va falloir que tu l’ancres une bonne fois pour toute dans ton petit crâne: Tu - ne - l’intéresse - pas. Je sais que ça heurte ton égo gros comme une pastèque, mais va falloir t’y faire.° Je fais la moue. N’importe quoi.

Heureusement, Alban me sauve de Glaedr. Il est déjà en train de surveiller la plage à l’aide des jumelles et tend un doigt vers une partie de la plage où il a repéré de l’agitation. D’ici et sans jumelles, j’y vois que dalle mais je lui réponds.

«_ Notre première mission de garde plage ! Allons-y !»

J'acquiesce quand il propose son Altaria pour parcourir la distance qui nous sépare des Concombaffe. Mais, soudain, Alban s’arrête, cachant sa gêne par un toussotement. Eviter les vols aujourd’hui ? Mais on a déjà volé tout à l’heure ? Quelque chose ne va pas ? Sincèrement inquiet, je fais un pas vers mon ami. °_ T’es vraiment con comme une pelle quand tu t’y mets.° Je cligne plusieurs fois des yeux. Ben quoi ? J’ai raté un truc ? J’hausse les épaules et informe Alban.

«_ Euh… oui ! C’est tout aussi bien à pied !»

Je nous voyais déjà courir vers notre cible, les cheveux au vent, lunettes de soleil classe sur le nez, maillot rouge pétard parfaitement adapté fonçant au ralenti vers notre cible. Mais la réalité est bien moins glamour… Nous marchons côte à côte épiant les réactions du bout de tissus à chacun de nos pas, adaptant notre allure pour éviter tout moment gênant. Surtout face aux quelques touristes restés sur la plage. Si je marche encore quelques mètres comme ça, je suis sûr que mon joli fessier sera totalement à l’air. Ahem. Peut-être qu’on peut faire un pause, qu’en penses-tu Alb… ?

Alors que je me tourne vers lui pour lui proposer ma super idée je vois quelques choses sortir du sable et frapper de plein fouet son entre jambes. Outch. La réaction de mon meilleur ami ne se fait pas attendre et dans un cris presque lamentable Alban se plie en deux avant de se laisser choire sur le côté. Le Noctali se précipite au secours de son dresseur alors que les touristes fuient la plage à toutes jambes. Attendez ! Pas si vite ! Il n’y a aucun dang… ?

Je me baisse vivement au niveau d’Alban.
«_ Alban… Je sais que ça fait genre… super mal… Mais faut qu’on se casse. Genre, vite !»

Je tente d’attraper le Voltali par l’épaule pour qu’il se relève. Nous avons beau être maintenant à corpulence à peu près égale, son poids mort reste difficile à soulever. Et les Bacabouh se rapprochent de plus en plus. Leur yeux sont perçants, prêts à nous envoûter.
°_ Laisse moi gérer ça.° J’abandonne alors ma volonté à Glaedr.

Inspiré par une force nouvelle je soulève Alban jusqu’à mon dos. Je croise son regard.
«_ Fais moi confiance.»
Avisant de la situation, je repère Vivaldy et Genesy qui ont accouru dans notre direction. Les deux Pokémons eau sont trop occupés à leur amusements et Phy a beau piailler au dessus des châteaux de sable hantés, elle en a trop peur pour les attaquer.

«_ Utilisez Bélier !» Et sans plus de cérémonie les deux Pokémons foncent dans les tas de sable qui retourne aussitôt à leur élément naturel. «Aisy, Blizzard !» La petite Morphéo hésite un instant puis ferme les yeux pour déclencher une véritable tempête de neige. Je ne peux m’empêcher de frissonner au changement de température. Je nous extirpe de ce guet apens alors qu’il ne reste plus que des pelles sur le sable.

Seuls les plus attentifs auraient remarqué les ailes du corbeau s’étendre jusqu’aux épaules.

Glaedr se retire et le tatouage mystique retrouve sa forme normale. Je retrouve l'entièreté de mes moyens. C’est toujours étrange de revenir dans son propre corps. Je contemple le champ de bataille laissé par ma moitié. Toujours aussi efficace. Puis, je prends enfin le temps de prendre des nouvelles d’Alban, il est tout blanc.

«_ Ca va Alban ? T’es.. euh, t’es tout pâle quand même… En tout cas, ils ont payé. Ils vont voir ce qu’ils vont voir ! On leur laissera pas cette plage ! Viens, on va faire un feu.»

J’aide le pauvre blessé à se relever et nous nous dirigeons vers notre tour de surveillance. Le soleil s’est caché et la fraîcheur commence à se faire ressentir (et encore plus après cette tempête de neige). Nous nous installons au pied de la tour où un reste de barbecue nous indique où faire notre foyer. En quelques minutes les brindilles s’enflamment pour  laisser place à une jolie flambée bienfaitrice. Le silence s’installe alors que je donne une caresse à ma Haydaim et pose une main sur le crâne de Genesy.

«_ Vous avez fait du super travail ! Toi aussi Aisy. » La Morphéo virevolte de contentement.

A nouveau, le crépitement du feu se fait assourdissant. Je contemple les braises et perd mon regard dans les flammes. Qui devrait commencer cette conversation ? Parce qu’après tout, c’est pour ça que nous sommes là. Pour se donner une nouvelle chance… Je suis fautif dans cette histoire. C’est à moi de commencer. Je fronce les sourcils. Il suffit d’un mot mal choisi pour tout faire dérailler. Je prends mon inspiration, détournant mon regard du feu pour le poser sur Alban. Il n’est plus temps de jouer aux victimes.

«_ Alban… Tout est de ma faute.»
Je baisse le regard, ne sachant toujours pas vraiment quoi dire… « Je suis parti… comme ça. J’ai rien dit à personne. Le pire dans tout ça c’est que je ne t’ai même pas prévenu, toi. Alors que… merde ! Tu m’en a laissé des messages. J’aurais dû te prévenir...» Prenant une nouvelle inspiration et un regard sincère. « Mais surtout, je n’aurais jamais dû te laisser… dans l’état où tu étais...» Je fixe mes pieds, ne sachant pas trop comment définir l’état d’Alban avant mon départ. «_ Je te connais, tu vas t’en vouloir, te demander ce que tu as fait de mal dans cette histoire, te remettre en question et trouver une excuse. Alban, c’est pas toi. C’est moi. Je ne suis pas celui à plaindre dans cette histoire. » J’attrape une poignée de sable, sentant l’émotion m’envahir. « Je… je comprendrai si tu n’as pas envie d’en parler...»

Je me relève pour me détourner vers l’horizon. Lâche que je suis, je suis bien obligé de fuir le regard de mon meilleur ami, parce que je suis incapable de l’affronter. °_ Il disait qu’il avait changé...° Ta gueule.
Aaron S. Mightley

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Spoiler:
 
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Sujet: Re: [Mission] Alola Baywatch [PV Aaron]   Mar 22 Aoû - 21:15



Alola Baywatch
Alban Abernaty & Aaron S. Mightley

Alban avait toujours été naze en ce qui concernait les combats Pokémon. Ça, ce n’était pas bien nouveau. Mais de là à se prendre un coup de poing dans les parties, et à tomber sur le sable en agonisant ? Well, c’était inattendu. Ce court affrontement aura en tout cas eu l’avantage d’être tout l’inverse de l’idée qu’on se faisait d’un combat glorieux. Une humiliation pure et dure. A dire vrai, jamais la défaite n’avait été si douloureuse. Dans tous les sens du terme.

Alors qu’il essayait de lutter contre le mal de chien qui remontait de son zigouigoui jusqu’à sa gorge, Alban se mordit la lèvre inférieure. Probablement avait-il également une larme sur le coin de l’œil ; mais ça aurait été trop difficile de l’admettre. La présence d’Auster à ses côtés ne l’aidait pas vraiment, d’ailleurs. Le Noctali, persuadé que son dresseur venait de se faire attaquer par quelque chose d’impressionnant, était trop occupé à essayer de repérer la menace autour de lui pour penser à lancer à Rayon Lune. Zéphyr et Mistral étaient tous les deux paniqués. Et dans l’histoire, personne ne pensait à soupçonner le petit Concombaffe, gentiment posé sous son algue, sa mignonne trombine fixant les différents protagonistes avec innocence.

Mais alors que les touristes commençaient déjà à s’esclaffer de la scène à laquelle ils venaient d’assister sans en perdre une seule miette - sinon, ce n’était pas drôle -, Alban et Aaron se firent encercler par un banc de sable. Au sens littéral, puisqu’une véritable armée de Bacabouh venait de dresser ses châteaux autour d’eux. Qu’est-ce qu’on lui avait dit en cours, sur ce Pokémon ? Capable de prendre possession des gens qui touchent sa pelle ? Oh dieu… Vu le nombre de pelles, Alban allait probablement se retrouver très rapidement à construire le plus gros château de sable qu’on ait jamais vu. Il ne fallait pas, absolument pas, qu’il touche ces choses.

Néanmoins, la douleur était trop forte pour faire le moindre mouvement. Il n’osa même pas donner un ordre à ses Pokémon, de peur d’entendre la voix ridicule qui sortirait de sa gorge. Fallait dire qu’un oneshot sous la ceinture, ça vous donnait une voix de castrat. Et il tenait encore beaucoup trop à sa virilité pour s’infliger ça.

Quelque part autour de lui, la voix d’Aaron le pressa de partir d’ici. Ben ouais, il était bien gentil le rouquin, mais comment était-il censé se relever ? L’air de rien, le coup qui était parti avait été bien violent. Le châtain sentit qu’une main se posait sur ses épaules, pour essayer de le redresser. Il se laissa faire, comme une poupée de chiffon. De toute façon, que pouvait-il faire d’autre ? Il était incapable de bouger et de penser rationnellement.

- Fais-moi confiance, lui dit son meilleur ami en plongeant ses yeux dans les siens.

D’où lui venait cette assurance ? Alban sentit qu’Aaron le soutenait pour éviter qu’il ne retombe dans le sable. Il grimaça lorsque la partie douloureuse de son anatomie entra en contact avec le corps rigide du Scientifique. Ça faisait encore un mal de chien ! Néanmoins, pendant qu’Aaron gérait la situation, les Pokémon d’Alban n’étaient pas en reste. Ayant compris que quelque chose clochait, ils s’étaient réunis autour des deux dresseurs pour les soutenir. Auster était en train de lancer des Ball’Ombre tout autour de lui, tandis que Zéphyr arrosait copieusement les agresseurs à coups de Vibraqua. Mistral, pacifique malgré ses nombreuses puissantes attaques, se contenta de déclencher un Rune Protect. Sans les directives d’Alban, il fallait dire que l’Altaria perdait sacrément en potentiel offensif…

Dans une confusion sans nom, les Bacabouh furent pulvérisés. Vivaldy, Genesy, et Aisy s’étaient joints à la partie pour décaniller les agresseurs. La légère givre qui s'était mise à geler le sable des Bacabouh les avaient probablement rendus plus sensibles aux attaques de contact de l'Haydaim et du Galegon. Après tout, du sable restait du sable, spectral ou non. Au bout de quelques minutes d'affrontement, le match fut plié. Des pâtés de sable ne restaient plus que quelques pelles inertes. Le calme revint sur la plage, malgré les quelques flocons de neige qui continuaient de tomber doucement autour d’eux. Alban se rendit compte que la brusque chute de température neutralisait un peu sa blessure. Il sentait que la douleur s’évaporait progressivement.

- J’ai déjà été dans de meilleurs états, mais ça va aller mieux… souffla-t-il à Aaron lorsque ce dernier s'enquit de son état.

Auster trottina doucement vers eux, et déclencha un Rayon Lune. Un mince rai de lumière vint recouvrir Alban, et ce dernier sentit déjà les pouvoirs de guérison de son Noctali faire effet. Bien. Il pourrait au moins marcher, comme ça. D’un coup d’œil, le châtain constata que tous les touristes retardataires s’étaient déjà éclipsés. Ça n’allait pas être bon pour eux, s’ils venaient s’en plaindre à Guilda. Bah. De toute façon, ils ne pouvaient plus y faire grand-chose. Leur première intervention de gardes-plages n’avait pas été couronnée d’un franc succès, mais ils ne pouvaient qu’aller en s’améliorant.

Soutenu par Aaron, Alban marcha donc jusqu’à la tour de surveillance. Il n'était pas utile qu'ils continuent de chasser les Concombaffe dans cet état ; d'autant plus qu'ils avaient toute la soirée pour le faire, les touristes étant partis se réfugier dans leur hôtel hors de prix. En pauvre stagiaires qu'ils étaient, ils s’assirent donc tous deux à même le sable, et s’attelèrent à faire un feu. Le Coach essaya de ne pas trop penser à ce qui se produirait si une brindille enflammée volait jusqu’aux planches en bois. Ce n’était pas forcément le plus malin de faire un feu à cet endroit, mais bon, ils n’avaient pas trop le choix. Ils ne faisaient que suivre les traces de leurs prédécesseurs.

Une douce chaleur vint les envelopper. Comme pour parachever cette nouvelle sensation de bien-être, Mistral se cala entre eux deux. Ses grandes ailes cotonneuses vinrent former comme une espèce de nid douillet. Alban avait l’impression qu’il venait de se laisser tomber sur une armée de coussins de plumes. Profitant du moment où Aaron félicitait ses Pokémon, le châtain distribua des caresses à ses trois acolytes. Comme d’ordinaire, Ether son Ramoloss n’avait pas pris de grandes initiatives. Mais au moins n’avait-il pas traîné dans leurs pattes.

Auster s’étira et vint poser son museau sur les genoux croisés d’Alban. La scène avait presque quelque chose d’irréel. Alban avec Aaron, entourés de Pokémon, dans la nature à la tombée de la nuit. Etrangement, ça lui rappelait leur été précédent, à Cromlac’h. Un panorama si lointain qu’il semblait inventé. En un an, beaucoup trop de choses avaient changées. Ses souvenirs. Sa relation avec Maxine. Son état émotionnel. Son amitié avec Aaron…

Il retint un soupir. Vivre dans le passé n’avait jamais été une bonne chose. A présent qu’ils s’étaient retrouvés, ils allaient devoir se créer de nouveaux souvenirs et avancer dans leurs vies respectives. Que ce soit en bien, comme en mal. N’était-ce pas pour cette raison qu’Alban l’avait amené ici, de toute façon ? Il fallait qu’ils mettent les choses au clair. Même si la vérité ne serait pas forcément facile à entendre, il fallait qu’ils prennent le temps de cette discussion.

Pas le ventre vide, néanmoins.

- Zéphyr ? Peux-tu aller nous chercher quelque chose à manger pour ce soir, s’il-te-plaît ? demanda-t-il à son Goélise.

Il farfouilla dans le porte-monnaie qu’il avait réussi à caser dans son sac à Pokéballs, puis attacha une petite bourse autour du cou du Pokémon Postier. Il écrivit ensuite une rapide missive avec la commande qu’il souhaitait, puis laissa Zéphyr s’envoler. En quelques battements d’ailes, la mouette chromatique disparut de leur champ de vision. Bien. Maintenant que les soucis d’ordre alimentaire avaient été réglés, il était temps d’avoir une discussion d’homme à homme.

Il se tourna vers Aaron et le regarda droit dans les yeux. Même s’ils ne s’étaient pas parlé depuis longtemps, les deux garçons avaient toujours autant de facilité à se comprendre. Alban resta silencieux. Il sentait que ce n’était pas à lui de commencer.

Alors, doucement, Aaron commença à lui expliquer. Enfin… Il resta vague sur l’endroit où il était parti, mais Alban savait très bien que ce n’était pas le plus important dans l’histoire. C’était donc ça ? C’était donc par culpabilité qu’Aaron avait fini par ne plus du tout lui donner de nouvelles ? L’histoire sonnait de façon un peu étrange. Pourquoi l’avait-il évité, une fois rentré de voyage éducatif ? Pourquoi n’avait-il pas juste envoyé un message pour lui dire qu’il était rentré ? Il y avait quelque chose qu’il n’arrivait pas à saisir. Une pièce du puzzle qui lui manquait. Gêné, il se gratta l’arrière de la tête.

- Je… Ce n’est pas vraiment ça, le problème. Tu es parti mais je savais où tu étais ; Roseverte me l’a dit. Il n’est pas si rare que ça qu’un élève de l’académie soit obligé de partir précipitamment. Ça m’est déjà arrivé des dizaines de fois. Bon certes, jamais sur une aussi longue période que toi, mais je ne t’en ai jamais tenu rigueur. Effectivement, j’ai eu besoin de toi lorsque j’ai perdu une partie de ma mémoire. Mais on a tous nos obligations ; et il serait égoïste de ma part de t’imposer de rester avec un malade et de t’en vouloir. Ce que je ne comprends pas, et ce que je n’accepte pas… c’est ta manie de constamment me fuir depuis que tu es revenu. Tu me dis que je n’ai rien fait de mal, et que ce n’est pas de ma faute. Mais dans ce cas, pourquoi n’es-tu pas venu me voir dès ton retour ? Pourquoi es-tu parti à la fin du match ? Pourquoi n’as-tu pas répondu à mes messages ? Je me suis mis à m’inquiéter énormément de tout ça. Je pensais que tu m’en voulais, pour je ne sais quelle raison. Peut-être même que tu t’étais rangé du côté de Blackhart, d’ailleurs… ‘fin j’en savais rien, et ça me faisait péter un câble. Juste… Je ne comprends juste pas pourquoi tu n’as pas voulu me voir, après six mois sans pouvoir échanger ne serait-ce qu’un message. Je… Je ne sais pas comment tu considères notre amitié, et si on doit continuer de la considérer. En vrai, je ne sais même plus ce que je représente pour toi…

Il baissa la tête et sentit que les ailes de Mistral se refermaient autour de lui, comme dans une tentative de lui apporter un peu de réconfort.

- Et honnêtement, ça fait super mal.

Il n’avait pas besoin de préciser où. Il n’avait pas besoin de se mettre encore plus à nu qu’il ne l’était déjà. Mais il savait qu’Aaron comprendrait. Il savait qu’il n’y avait pas besoin de dire grand-chose de plus pour que son meilleur ami saisisse le sens de ses paroles.

Un battement d’ailes vint interrompre leur discussion. Zéphyr venait de revenir, un sac de provisions autour du cou. Comme il n’avait pas eu d’indication particulière sur ce qu’il devait acheter - il y avait juste inscrit qu’il devait rapporter à dîner pour deux -, le petit Goélise s’était arrêté à la première échoppe qu’il avait croisée, juste derrière la plage. Une délicieuse odeur de hot-dog vint chatouiller les narines des deux adolescents. Mais malgré le fumet alléchant des vivres, ce n’était pas encore le moment de manger.

Il y avait encore beaucoup de choses à mettre à plat. Beaucoup de choses à révéler. Et après, seulement après, ils pourraient passer à autre chose.

Le feu qui crépitait en faisant rougeoyer les braises dansait de façon fascinante. Bon sang… Pourquoi leur relation devait-elle toujours être aussi compliquée ?

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Nemo Kendhall
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Sujet: Re: [Mission] Alola Baywatch [PV Aaron]   Mer 23 Aoû - 9:35
Alola Baywatch

Le feu crépite gentiment sous mes yeux, les braises s’envolent en laissant une légère traînée lumineuse derrière elle pour finalement s’estomper dans l’obscurité. Nous sommes tranquillement installés autour du feu et Mistral s’est même joint à nous, nous recouvrant de ses ailes moelleuses à la douceur incomparable. Si je ferme les yeux, je suis persuadé que je peux m’endormir dans les quelques minutes à venir. Alban envoie son Zephyr en quête de nourriture. Le Pokémon postier s’envole et n’est bientôt plus qu’un petit point à l’horizon. Il était temps, temps de mettre la situation au clair. Je croise son regard, hésite un instant et me lance.

J’essaye de mettre de l’ordre dans mes pensées mais je ne sais pas vraiment comment expliquer mon comportement de ces derniers jours. Alors je me lève pour lui tourner le dos, attendant sa sentence. Le Voltali reste à sa place et me répond, d’une tirade dont lui seul a le secret. Alban m’explique qu’il a été mis au courant par Roseverte. Je fais volte-face. Roseverte ? Il n’était pas censé être au courant, lui… Seule Snow savait. Je me mord la lèvre pour éviter de le couper avec ma question. Alban… qu’est-ce que t’a dit exactement Roseverte ? Si le problème n’avait pas été aussi grave… Je serais resté avec toi, imbécile !
Puis je baisse la tête face à ses accusations accablantes. Pourquoi ? Il croit que c’est si simple ? Je sent une colère sourde, une vraie colère, monter en moi. Ce n’est pas Glaedr, c’est juste moi qui, tremblant, relève le visage face à Alban, laissant exploser mes doutes, mes peurs sans même écouter la fin de ses belles paroles -ni même remarquer Zéphyr déposant un baluchon alléchant-.

«_ Nan mais oui t’as raison ! Je serais arrivé, je serais venu toquer à ta porte “Hello c’est moi, j’ai mystérieusement disparu ces six derniers mois mais t’inquiète, on reprend notre amitié là où on l’a laissé, tranquille”. Nan, c’est définitivement pas comme ça que ça marche, Alban ! Ca été dur de rentrer, terriblement troublant, j’ai pas besoin qu’en plus tu viennes me faire la morale ! »Reprenant ma respiration, ne me rendant pas compte de la portée de mes paroles °_ Stuart...° coupant court aux conseils de Glaedr. « Ouais j’ai p’têtre bien merdé mais putain tu te rends pas compte de ce que j’ai vécu...» Injuste et victimisant et, pourtant, les paroles coulent à flot dans ma colère ininterrompue. « J’ai passé ces putains de six derniers mois seul avec ma Terreur ! Roseverte, je sais pas ce qu’il t’a raconté, mais c’est des conneries ! Je n’étais pas à l’autre bout du monde par plaisir et aujourd’hui je me rends compte que j’aurais peut-être dû y rester si c’est pour que tu prennes mon retour et l’angoisse de te retrouver pour une habile manœuvre pour t’éviter. » La colère redescend comme un soufflé. Je reste interdit, les veines saillantes, les poings tremblants, des larmes de colère au bord des yeux. «_ J’étais juste putain de seul… » Réfrénant un reniflement «_ Et… je ne pensais pas que tu pardonnerais mon départ. » C’était peut-être l’unique phrase de bonne foie dans tout cet emportement… Mais le mal était fait. Je m'effondre à genoux.

°_ P’tit con.° J’ai pas besoin de toi en plus. °_ Tu captes pas que t’as même pas répondu à sa question ?! Que tu te caches derrière une colère plus que débile, que tu lui fais du mal, que tu te fais du mal ?! Sérieusement… Et je ne relèverai même pas le mot “seul”. Tu vas voir si tu es seul, p’tit insolent.° Sans même que je n’ai le temps de riposter une connerie mentale je sent Glaedr étendre toute sa force. Tu n’as pas le droit de faire ça… °_ Oh que si.° Et ma lutte contre la Terreur reprend. J’avais presque oublié ce que c’était. Cette sensation de perdre le contrôle. Cette volonté surhumaine de ne pas lui laisser mon corps. J’ai lutté des années, mais je ne l’ai jamais vu se battre avec une telle ferveur. Glaedr veut briser le pacte. Elle force toutes mes défenses, sans répit. Mon corps fronce des sourcils l’oeil concentré sur le sable. Alban a déjà vu la Terreur, pas plus tard que tout à l’heure. °_ Cesse de résister, laisse moi arranger les choses. T’es en train de tout démolir...° Jamais. Ce sont mes problèmes ! Pas les tiens ! Juste, casse-toi, laisse moi régler ça. Nouvel assaut mental. Je sais qu’elle est plus forte. Surtout quand elle attend bien sagement assez longtemps pour récupérer des forces. Je m’affaisse sur le côté, portant une main à mon front et verrouillant l’autre coude pour ne pas tomber sur le côté. Je sers la mâchoire. Quelques gouttes de sueur perlent de mon front jusqu’en bas de mon cou. Mon mollet se serre jusqu’à ce que la douleur habituelle de la crampe ne pointe le bout de son nez. Déstabilisé par cette douleur aussi fulgurante qu’innatendue, mes barrières mentales cèdent. Je me sent expulser de mon propre corps, je me sent perdre pied petit à petit alors que Glaedr prend ma place. Et je ne deviens plus que spectateur de la scène.

Elle masse son mollet pour faire passer la douleur et essuie du poignet la sueur accumulée. Tout ceci s’est passé en vingt secondes, tout au plus. Mais j’ai déjà l’impression que cela fait une éternité. Terrassé, je n’ai même pas la force de lutter pour, à nouveau, prendre sa place.

«_ Salut. Je ne voulais pas m'immiscer dans votre conversation. Mais Stu...Aaron ne m’a pas laissé le choix. Je suis celui qu’Aaron appelle “la Terreur” -ouais-je-suis-super-maléfique-je-sais- mon vrai nom, c’est Glaedr. Mais bref, on s’en fout pas mal. Je viens répondre à tes questions puisque l’autre n’est qu’un petit incapable sans couille. Pourquoi il(je?nous?) n’est pas venu te voir dès son retour ? Là, il était sincère, il a flippé. Il avait trop peur de ta réaction pour faire le premier pas. Il… avait besoin de retrouver ses repères avant de te retrouver. Pourquoi est-ce qu’il s’est barré comme un malpropre à la fin du match ? Juste avant, il n’en pouvait plus, il a craqué, il a voulu te voir, s’assurer que tu allais bien. Il a retrouvé Ida qui l’a pardonné si vite qu’il a pris peur. Une nouvelle fois il n’a pas su trouver assez de courage pour t’affronter en face. Et pourquoi tes messages sont restés sans réponse ça… Il se trouvait tellement lâche qu’il n’osait même pas. Au moment où il a -enfin- pris la décision de te retrouver… tu as débarqué dans sa chambre. Et nous voilà là.»

Je reste éberlué alors que Glaedr me rends les rennes. Et c’est moi le petit con ? Je me retrouve les yeux plantés dans ceux d’Alban, à ne pas savoir quoi ajouter. Je me mets à rougir. Il va me prendre pour un fou. C’est sûr. C’est certain… C’est la meeeeeeeeeeeeerde. Allez allez, on respire. Je me force à prendre un ton léger.

«_ Je… je vois que tu as rencontré Glaedr...» Je lâche un petit rire crispé. Oh putain le con ! Ca y est, il va me prendre pour un schizo. Heureusement qu’on est assez loin de toute population pour qu’il n’appelle pas un médecin tout de suite. Je commence à paniquer. J’avais vraiment, vraiment pas prévu qu’elle fasse ça. Déjà, elle a brisé le Pacte, en plus elle a dit des choses bien trop vraie en parlant de moi-même à la troisième personne. Olalalalala… C’est la méga cata !

Pour tenter de me donner un peu de consistance -ce qu’il peut en rester, du moins- j’attrape l’un des hot-dog et l’entame goulument. Faut que j’ajoute un truc ? Glaedr ? Mais elle reste désespérément silencieuse. Elle considère qu’elle a fait sa part du boulot. Ben bien. Je suis pas dans le caca. Super. J’imagine que je dois des explications à Alban. Je lève les yeux de mon sandwich en prenant une grande inspiration.

«_ Ce qu’elle a dit… C’est vrai. Je suis qu’un incapable qui a bien été infoutu de te le dire… J’espère que tu m’excuseras, Alban… Tu comptes vraiment, pour moi. » Revirement de situation. Je vous demande de m’appeler Aaron la girouette qui s’énerve, se calme aussi vite que le tempête. «_ Je sais… que c’est dingue. Je sais même pas comment c’est physiquement possible. Mais, toi non plus tu n’expliques pas pourquoi tu as perdu la mémoire, hein ? Ben voilà, je n’explique pas plus comment elle a pu se retrouver là. Je n’étais ni en vacances, ni en recherche, j’étais là-bas pour me retrouver moi-même.»

Je baisse les yeux sur le feu. Il sait tout. Il ne tient qu’à lui de m’engueuler, de bouder, de me frapper… Je suis prêt à accepter la sentence, qu’elle qu’elle soit. Je suis le fautif. Juste, ne tarde pas trop Alban.
Aaron S. Mightley


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[Mission] Alola Baywatch  [PV Aaron] Turtwig

Spoiler:
 
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Sujet: Re: [Mission] Alola Baywatch [PV Aaron]   Mer 23 Aoû - 20:44



Alola Baywatch
Alban Abernaty & Aaron S. Mightley

Il lui tournait le dos. Il lui tournait le dos alors qu’il était en train de se livrer à lui, et cela l’agaçait au plus haut point. Imperturbable néanmoins, Alban continua de dire tout ce qu’il avait sur le cœur. Il ne fit pas vraiment attention aux muscles dorsaux d’Aaron qui se contractaient de nervosité à chaque fois qu’il disait quelque chose. Il ne fit pas attention à ce tatouage représentant un corbeau noir, qui semblait de mauvaise augure. Il ne fit pas attention à la réaction surprise et choquée du rouquin, lorsqu’il avait mentionné Roseverte. C’était peut-être égoïste de sa part, mais à présent qu’il pouvait parler à Aaron, Alban ne voulait pas être dérangé. Il doutait de pouvoir reprendre, si on l’interrompait. Ce n’était pas son genre d’être aussi sincère avec une personne. Ce n’était pas son genre de parler avec tellement de passion, qu’il craignait de fondre en larme à n’importe quel moment. Mais malgré tout, il considérait encore le Scientifique comme son meilleur ami. Il avait cette volonté d’arranger les choses et de faire en sorte que tout aille mieux.

Au bout de quelques longues minutes à lui balancer des reproches criants de vérité, Alban s’interrompit enfin, haletant. Il avait mal. Il avait peur. Il ne savait pas quelle serait la réaction d’Aaron. Son meilleur ami d’avant aurait fondu en larmes et se serait excusé, en bégayant qu’il n’avait jamais pensé à mal, en l’évitant ainsi. Mais voilà. Ce n’était plus le même Aaron qu’avant. Après ces six mois de séparation, le Voltali avait l’impression qu’il avait affaire à une toute autre personne. C’était étrange. Par moments il était persuadé qu’il le comprenait, comme au bon vieux temps. Et d’autres fois, il avait l’impression d’être face à un inconnu. Et c’est d’ailleurs ce qui se produisit, lorsque le Scientifique releva son visage vers lui.

Zéphyr s’envola en agitant nerveusement les ailes, lorsque les premiers cris s’élevèrent. Par réflexe plus que par peur, Alban se leva pour être à la même hauteur qu’Aaron. Ce dernier s’était fait agressif ; comme une tempête qui explose. Lui d’ordinaire si doux et paisible, était en train de perdre totalement le contrôle. Il n’avait pas besoin qu’il vienne lui faire la morale ? Ah ouais ?! Alban fronça les sourcils et son visage se ferma. Buté comme il l’était, il n’avait pas envie de ressentir la moindre compassion pour Aaron. Il croisa les bras, les traits durs.

- Et comment je suis censé me rendre compte de ce que tu as vécu, si tu ne me parles pas, abruti !

Mistral, qui s’était éloigné d’eux lorsqu’Aaron avait commencé à crier, jeta un regard plein de surprise à son dresseur. Toutes les émotions négatives qu’il ressentait étaient en train de le rendre nerveux. Piteusement, il ouvrit le bec pour tenter d’apaiser les tensions de quelques notes mélodieuses, mais son chant se perdit lorsque le Phyllali hurla et cracha ses dernières paroles.

Il avait passé ces « putains de six derniers mois » seul avec sa Terreur. Roseverte lui avait raconté des conneries. Choqué, Alban sentit son expression pencher dangereusement vers l’inquiétude. Attendez… Il avait déjà entendu parler de cette fameuse Terreur. A plusieurs reprises. Et notamment lors de leur dernière Mission, aux Hunger Games. Il n’avait pas vraiment creusé le sujet à ce moment-là, puisqu’ils étaient devant des milliers de téléspectateurs, mais il n’avait jamais pu oublier cette force inconnue qui semblait terroriser son meilleur ami. Il n’avait pas vraiment pu l’aborder par la suite, puisqu’Aaron et lui avaient eu une brève période de « froid ». Et également parce qu’il pensait que tout ça était derrière eux. Mais visiblement, non. Ce n’était pas anodin, qu’Aaron emploie ce terme-là. Il n’avait jamais très bien compris le concept de cette Terreur, mais il savait qu’il fallait en parler avec un T majuscule. Dans la bouche d’Aaron, ce n’était plus ce simple mot dont la signification était connue de tous. C’était différent. Ça avait toujours été différent.

Mais qu’est-ce que tout cela signifiait ? Plus Aaron lui hurlait dessus, et moins il semblait comprendre. Il avait même l’impression que le roux tentait de le faire culpabiliser. Attendez, attendez… Etait-il réellement en train d’inverser les rôles ? S’il n’était pas en Mission, pourquoi était-il parti ? S’il s’était retrouvé dans une situation aussi difficile que ce qu’il semblait dire, pourquoi n’en avait-il même pas parlé à Alban ? Pourquoi était-il parti, comme ça, se mettre volontairement en danger sans prévenir quiconque de l’endroit où il était ? C’était stupide. Et incompréhensible. Alban n’acceptait pas cette solution-là. Ok, son amnésie n’avait peut-être pas aidé à faire de lui le meilleur ami possible, avant le départ d’Aaron. Mais bordel, ils restaient amis quand même, non ?

La dernière phrase d’Aaron fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Alban sentait la colère qu’il avait tenté de refouler jusque-là gonfler dans sa poitrine. Ses yeux bleus mouchetés d’or virèrent au gris d’orage. Auster, à ses côtés, se tendit.

- Au lieu de me beugler dessus, pense d’abord à écouter ce que je te dis sombre crétin, depuis quand est-ce que je suis du genre à-

Il s’interrompit en plein milieu de sa phrase lorsqu’Aaron bascula sur le côté. Son visage trahissait une douleur aigüe et Alban, malgré sa rage, se précipita vers lui.

- Qu’est-ce…

Aaron avait l’air de subir une attaque invisible. Son front était trempé de sueur, et tous les muscles de son visage étaient crispés. Alban se pencha à ses côtés et posa une main sur sa nuque pour essayer de sonder sa température. Il n’avait pas l’air plus chaud ou froid que d’habitude. Mais il était indéniable qu’il luttait.

- Zéphyr ! Va chercher de l’aide ! Auster, approche-toi mon grand !

Le Goélise chromatique battit frénétiquement des ailes pour tenter de chercher quelqu’un, et le Noctali posa ses pattes sur le dos d’Aaron pour essayer de le stabiliser. Toute la scène s’arrêta cependant brusquement, et le roux sembla cesser de s’agiter. Une main vint masser son mollet, et Alban coula un regard vers la jambe d’Aaron. Cette dernière ne semblait pas avoir été blessée. Et dans les faits, il n’y avait aucun Pokémon autour d’eux, autre que les leurs. Si les Bacabouh étaient revenus, Alban les aurait quand même vus…

Aaron reprit alors la parole. Mais d’une voix bien différente, bien plus mesurée et assurée. Il n’y avait plus aucune trace de sa colère passée. Ni de son épisode de douleur fulgurant. On aurait dit qu’ils étaient en train de sagement prendre le thé. Alban fronça les sourcils, sans rien comprendre. Il n’avait même pas la force de reprendre leur dispute là où ils l’avaient laissée, tant il était surpris. Alors, la Terreur s’exprima à travers les lèvres d’Aaron. Elle se présenta rapidement, et Alban mit quelques secondes à comprendre ce qui était en train de se passer.

Ce n’était plus son meilleur ami. C’était toujours le même corps, certes, mais ce qu’il y avait dans sa tête était différent. Il ne parvenait pas à comprendre par quelle sorcellerie ce tour était possible, mais il était bien placé pour savoir que des phénomènes paranormaux inexplicables pouvaient parfois survenir. Comme cette fois.

La « Terreur » se présenta comme étant Glaedr. Elle parlait d’eux comme s’ils étaient une seule et même personne, tout en se désolidarisant de lui par moments. C’était compliqué à comprendre. Compliqué à croire, également. Des dizaines de questions tourbillonnaient dans l’esprit d’Alban. Tant et si bien qu’il arrivait à peine à se concentrer sur ce que « Glaedr » disait. Il en comprit néanmoins l’essentiel. Aaron avait eu peur. Aaron avait craint sa réaction. Il avait eu besoin de retrouver ses repères avant de venir le voir. Expliqué avec la voix calme et mesurée de la Terreur, tout semblait beaucoup plus clair.

Ce qu’il avait eu du mal à saisir lors du discours d’Aaron était à présent limpide. Enfin… S’il prenait du recul, Alban avait compris ce qu’Aaron avait voulu lui dire. Sa colère l’avait juste empêché de l’analyser comme il l’aurait dû. Il se sentit coupable, également. Coupable de faire ainsi peur à son meilleur ami. Etait-il un persécuteur ? Avait-il été tellement mauvais avec lui par le passé, qu’Aaron craignait sa réaction à chaque faux pas ?

Un léger vent balaya la plage, faisant danser un peu plus les flammes. Comme si l’esprit venait de quitter le corps d’Aaron, ce dernier sembla retrouver sa mobilité. Son ton se fit plus nerveux. Sans même qu’on ait besoin de le lui dire, Alban savait qu’il venait de retrouver « son » Aaron.

Silencieux, il regarda Aaron éclater d'un rire crispé, puis attraper un hot-dog pour l’engloutir. Alban ne s’offusqua même pas de ce manque de manières. De toute façon, il n’avait pas envie de manger pour le moment. Il était encore en train de réfléchir à ce qu’il devait dire, ou ce qu’il devait faire. Cette apparition, ça avait été un sacré choc pour lui. Et il était fichu incapable de savoir s’il devait tabasser le Phyllali jusqu’à ce qu’il ne soit plus hanté, ou l’amener directement voir le Docteur Ghost.

- Aaron, je..

Alors qu’il venait d’ouvrir la bouche pour tenter de meubler ce silence gênant, le rouquin reprit la parole. Après le passage de Glaedr, il semblait beaucoup moins sur les nerfs. Ce qui était bizarre, quand même. On venait littéralement de prendre possession de son corps. Comment faisait-il pour ne pas courir dans tous les sens en hurlant ?

Il fronça les sourcils lorsqu’Aaron appuya les dires de Glaedr et s’excusa de nouveau. Et enfin, l’explication qu’il avait tant attendue arriva. Aaron était parti pour se retrouver lui-même. Il était parti parce que sa Terreur l’y avait forcé. Il n’avait pas abandonné Alban et n’avait jamais voulu l’abandonner. Il n’était pas parti pour quelque chose d’aussi futile que les cours. Et, au final, il avait eu peur qu’Alban ne comprenne pas son silence brusque, il y a six mois de cela. Effectivement… Il ne l’avait pas compris, jusqu’à ce que Roseverte lui serve ce mensonge pour se débarrasser de lui. Mais dans d’autres conditions, il en aurait effectivement voulu à Aaron. En remettant toutes les pièces du puzzle dans le bon sens, leur réaction à tous les deux était justifiée.

Pour une fois, Roseverte avait réussi à faire un peu de bien autour de lui. Au moins, Alban n’avait pas passé six mois à se faire du mouron comme Aaron.

Il fit tomber ses barrières, et se jeta dans les bras du Phyllali pour le serrer contre lui. Il ne savait pas ce qui venait de lui prendre, ni même pourquoi il le faisait. Il en avait juste envie. Malgré leurs corps plus que nus, seulement vêtus par ce morceau de tissu qui ne cachait rien. Malgré l’étrangeté de la scène. Malgré la plage, le feu, et le cabanon qu’ils allaient partager ensemble. Il s’en foutait juste de tout. Il faisait ce qu’il avait envie de faire. Un point c’est tout.

- Idiot… Et tu as gardé tout ça pour toi, de ton côté ? Je ne t’en aurais pas voulu à ton retour, parce que j’étais persuadé que Roseverte m’avait dit la vérité. C’est pour ça que je pensais que tu m’évitais sans raison. C’est pour ça que… bon sang, j’étais à cents lieues de la vérité. Je ne comprenais rien à rien.

Il laissa ses cheveux chatouiller les épaules nues d’Aaron, avant de réaliser dans quelle position il était. Ouais, peut-être que faire ce genre de trucs avec votre meilleur pote gay qui vous avait volé un baiser il y a deux ans de cela n’était pas forcément la meilleure idée du monde.

Se redressant précipitamment, il essaya se chasser sa gêne en se ventilant. Auster et Mistral, autour d’eux, se jetèrent un regard d’incompréhension. Entre les cris, l’attaque, les explications, et les câlins… Effectivement, c’était à n’y rien comprendre. Réalisant néanmoins tout de même qu’il avait laissé de côté l’un des points les plus importants, Alban revint à la charge. Posant ses mains sur les épaules d’Aaron pour l’empêcher de bouger, il fronça les sourcils.

- Attend… Par contre, je voulais clarifier quelque chose avant de poursuivre notre conversation. La Terr-… heu… Glaedr. C’est quoi au juste ? Un esprit ? Un truc qui te hante ? Autre chose ? Est-ce que c’est nocif et mauvais ? Je me souviens que la dernière fois que je l’ai vue, tu avais sauté d’un arbre. Il faut… Il faudrait peut-être qu’on aille voir Ghost tout de suite, non ? Tant pis pour la Mission, il y a plus important à fai-
- ALORS C’EST COMME CA QUE L’ELITE DE LANSAT SURVEILLE UNE PLAGE ?! hurla une voix juste derrière eux.

Alban fit volte-face et tomba nez à nez avec Zéphyr. Ce dernier, épuisé après avoir volé chercher de l’aide, se laissa tomber dans le sable, les yeux en croix. Derrière lui, la terrible Guilda se tenait dans un peignoir de satin bleu. Ses yeux, ornés d’un fard à paupière violet foncé, lançaient des éclairs. Des éclairs pailletés. Aussi effrayant qu’un croisement maléfique entre Jackie et Andreas.

- Je m’en contre-fiche de ce que vous avez « de plus important à faire », les jeunes. Si vous êtes venus ici pour en profiter pour vous bécoter à l’abri des regards dans un cabanon de surveillance, je vous préviens tout de suite que c’est la PORTE. Vous vous êtes engagés pour surveiller cette plage, alors SURVEILLEZ-LA ! Et potassez ça au lieu de vous faires des mamours en public. La nuit, la plage est calme, mais dès 8h demain, les touristes vont envahir cet endroit et je ne veux pas UNE SEULE plainte ! Est-ce que c’est bien CLAIR ?!!

Sa voix venait de virer étrangement grave et rauque. Alban se fit la réflexion qu’en colère, Guilda ressemblait à un Tauros enragé. Il hocha donc la tête et attrapa le feuillet qu’elle leur tendait - « Être garde-plage pour les nuls » -. Remontée, la bonne femme se détourna ensuite d’eux et retourna à grands pas masculins vers l’hôtel de luxe. Ok. Message reçu cinq sur cinq.

- Si tu veux toujours aller voir Ghost, je couvrirai tes arrières, ne t’en fais pas. Il vaut peut-être mieux que tu ailles consulter. Tu connais les objectifs de Glaedr ? Tu lui fais confiance ? Moi non. Elle a failli te tuer l’année dernière… Ceci dit, je n’oublie pas qu’elle a essayé d’arranger les choses entre nous. Je ne sens pas totalement que je peux lui faire confiance, mais si tu souhaites que la situation reste telle quelle, je n’interviendrai pas.

Il plongea ses yeux dans les siens, pas totalement sincère. Il n’interviendrait pas sur la durée de leur Mission. Mais dès que celle-ci serait terminée, Aaron pouvait être sûr qu’il chercherait un moyen pour l’aider. N’importe lequel. Et si pour cela, il devait l’entraîner de force chez le Docteur Ghost, il le ferait…

- Enfin. Note bien que je ne t'en veux pas d'être parti, Aaron. J'aurais préféré que tu me préviennes, évidemment, mais je… on est meilleurs amis, après tout… Sache-le. Juste, sache-le.

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Sujet: Re: [Mission] Alola Baywatch [PV Aaron]   Jeu 24 Aoû - 9:50
Alola Baywatch

La colère monte, monte, monte. Si bien que je n’écoute plus Alban. Je suis resté fixé sur une seule de ses paroles, la mention de Roseverte. Et qu’il se soit permis de dire quelque chose à Alban me met hors de moi. C’était à moi de le faire, pas à cet incompétent de professeur référent. Alban semble aussi en rogne, je le vois bien dans son regard glacial. C’est trop tard, je craque. Je gueule tout ce que je peux à la figure du Voltali. Oubliant bonne manière et toute mesure. Trop, c’est trop. Pour la première fois dans l’une de nos disputes, je ne fond pas en larmes en rampant m’excuser vers mon meilleur ami. Cette fois-ci, nous sommes sur un pied d’égalité. Est-ce pour cela que je deviens comme ça ? Insolent et impertinent. Parce que je me sent au même niveau que lui…? °_ Stupidité masculine...°
Alban se lève devant moi, prouvant qu’il ne voudrait en aucun cas me laisser lui marcher dessus. Est-ce pour cela que notre amitié à durée jusqu’à aujourd’hui ? Parce que je me suis toujours écrasé face à lui. Alors que je lui crache littéralement au visage, les muscles tendus, des reproches plus infondés que véritables, il croise les bras dans un air de défi. Ah ouais ? Tu veux vraiment jouer à ça ?! On va finir par jouer du poing si ça continue. Il me répond de façon juste mais je ne souligne que la mention “abruti” ce qui a le don de raviver ma colère. Et même l’agréable note de l’Altaria ne saurait nous arrêter.

L’une de mes phrases fait mouche. La mention du mot “terreur” n’est pas anodine aux yeux du châtain. Sans vraiment m’en rendre compte, j’ai livré l’indice qu’il espérait. Je sais que nous pensons tout les deux à la même chose, au même moment aussi traumatisant pour l’un que pour l’autre. L’Arène. Le seul moment où Alban a vu la Terreur. Le seul moment où je lui ai en vaguement parlé dans l’impossibilité d’être précis face aux milliers de téléspectateurs. Je brouille les pistes, continuant une litanie sans queue ni tête. S’en est trop pour celui qui me fait fasse et il me répond, sur le même ton en continuant dans les noms d’oiseaux. Mais s’en est également trop pour Glaedr qui décide au même moment de s’en mêler.

Pas question de te laisser ça. C’est ma discussion, ma vie, laisse moi régler ça tout seul comme un grand avec Alban. Je distingue vaguement l’inquiétude d’Alban alors que je retrouve le sable du sol. Mon ami se précipite vers moi mais il ignore qu’il ne peut m’aider. Je ferme les yeux pour me forcer à garder le dessus mentalement. Mais ce soir, Glaedr a bien trop de raisons qui la poussent à intervenir. Quoi que je fasse, malgré la présence du Pacte, elle aura le dessus tôt ou tard. Et l’apparition de la crampe a raison de moi. Alors qu’elle s’empare du reste de mon corps je m’enfonce dans le noir, épiant, tel un spectateur, le monologue de mon démon. Je fais les cent pas, attendant que Glaedr daigne me rendre mon corps. Voilà les mots que j’aurais dû trouver à sa place. J’imagine qu’il est difficile de trouver une telle justesse sans partager les mêmes pensées que moi. Pourquoi, au milieu de l’action, est-on incapable de trouver la force de dire la vérité ? Pourquoi la colère m’a-t-elle emporté à ce point…? Voilà que je n’ai même plus envie de reprendre le contrôle. Vas-y Glaedr. Apparemment, tu es bien plus douée que moi pour résoudre cette affaire…

Mais que pouic. A peine a-t-elle terminée qu’elle me propulse à nouveau sur le devant de la scène. Tout ça pour que je tombe face à un Alban métamorphosé par ces soudaines révélations. Et mutique aussi. Ce qui s’explique tout à fait face à ce qu’il vient de se passer. Incroyable et inexplicable pour lui. Alban a droit à la vérité. Apaisé, je la lui donne en le coupant d’une voix douce. Et je lui explique enfin la raison pour laquelle je suis parti. Je me sent soudainement soulagé. Heureux d’être arrivé à le lui dire. Même si le chemin est loin d’être terminé, je lui dois encore de nombreuses explications. Mais je ne suis pas sûr de pouvoir répondre à toutes ses interrogations.

Je n’ai pas le temps de réfléchir plus. Alban se jette dans mes bras. Mon coeur rate un battement et fait bien trop vite le rapprochement avec cette nuit orageuse où, à cheval sur mon préfet, nos torses nus s’étaient rapprochés. Je lutte contre cette image tentant tant bien que mal de me ressaisir. La situation est loin d’être la même et cette accolade est fraternelle. Je l’ai compris depuis plusieurs années maintenant. Même si cela n’empêche pas les élans d’affection. C’est normal entre amis, non ? Si proches l’un de l’autre, c’est ainsi qu’Alban enterre la hache de guerre. J'interprète le sobriquet d’idiot comme un doux surnom et me laisse porté par ses paroles rassurantes. Qu’ai-je fait pour mérité un meilleur ami aussi parfait ? Je resserre un instant son étreinte pour apprécier quelques secondes de plus son torse chaud serré contre le miens. Et je sent la joie me gagner. Je suis bien incapable de retenir mes larmes qui se mettent à couler toutes seules. Finalement, il reste peut-être un peu de mon ancien moi, émotif et à fleur de peau.

La scène est soudainement interrompue par un Alban rougissant qui s'extirpe précipitamment de notre brother-hug et qui reprend son air si sérieux. Ca me fait sourire, voilà que je retrouve mon Alban. Presque trop sérieux mais si mignon quand il s’y met. Il faut vraiment que je dise à Maxine de ne pas le lacher. Ses mains sur mes épaules me font revenir à la réalité mais ses questions ne me surprennent guère. Nous avions donc la même image en tête : un quasi-suicide du haut d’un arbre durant les Hunger Games. °_ Noooon ! Rien à voir ! C’était l’une des seules façon pour essayer de te faire comprendre que j’étais là. Mais t’étais une vraie huître -tu sais celle qui sont impossibles à ouvrir à Noël- alors dès que t’ouvrais juste un peu ton esprit, je sautais dans la brèche. Mais bordel, tu m’en donnais du fil à retordre. Et encore aujourd’hui...° Bon, tu m’expliqueras plus tard hein. Tu m’en dois encore pas mal, des explications.

Alors que nous sommes face à face, à demi allongés dans le sable, nos Pokémons à l'affût de la moindre de nos réactions, Zéphyr déboule et s’écrase au sol au moment où Guilda fait une apparition fracassante dans son peignoire bleu à la texture louche. Elle crie une phrase dont j’ai du mal à mettre les mots dans l’ordre pour que cela fasse sens dans ma tête. Je n’ai pas le temps de bafouiller d’excuse qu’elle continue. “Bécoter” ? “à l'abri des regards” ? Mais… que… non ! Je sent le rouge me monter d’un coup aux joues. Vous… vous vous fourvoyez ! Je vous assure ! Mais la gérante a déjà fait demi-tour en nous laissant un bouquin probablement aussi barbant qu’inutile. Voulait-elle dire par là qu’il valait mieux aller se coucher ? Mais Alban reprit la conversation là où nous l’avions laissée, à peine Guilda avait-elle tourné son dos. Ghost ? Je failli m’étouffer. Nop. Plus de médecins. Pitié.
J’accepte ses dernières paroles qui scellent notre amitié renouvelée.

«_ Je me rends compte de l’erreur que j’ai faite en partant sans t’en parler… Je voulais pas vous inquiéter. Surtout que je ne savais pas combien de temps ça me prendrait… Évidemment qu’on est meilleurs amis ! »

Je me fends d’un sourire en me relevant et en aidant Alban à faire de même. Je lui désigne les hot-dogs.

«_ Mange un truc avant de tomber en hypoglycémie après tout… ça. » Et moi, je m’empare du bouquin pour les nuls en le feuilletant vaguement. J’aurais aimé être là au shooting photo des illustrations du livre. Mais c’est à peu près tout ce que le livre m’apprend. Avant qu’une idée lumineuse ne me traverse l’esprit.

«_ Et si on construisait une tranchée ? Genre, juste à côté de là où on a été attaqué. Comme ça, hop, on poste nos Pokémons pour la défendre et plus de problèmes de ce côté-ci de la plage. »


Emballé par ma superbe idée -chut, je vous vois rire, au fond!- je m’empare d’une pelle et me dirige vers l’endroit du combat. Je fais signe à Maky et Genesy de me suivre. Je trouve un endroite idéal pour commencer à creuser et me met au travail. Le sable est relativement mou et facile à travailler. Le Sablaireau se fait un plaisir de m’aider à creuser et le Galegon s’occupe d’édifier un mur en tassant le sable. Alors que je m’attèle sérieusement à la tâche, je repense aux paroles d’Alban.

«_ Tu sais… tout ça… C’est… inexplicable. J’ai des théories. Mais je ne sais pas ce qu’Elle fout là. Je sais juste qu’elle veut me garder en vie. Et que je ne suis pas le seul… à être comme ça, je veux dire. »
Je songe un instant à Raudhr. « Et … que ce… ce pouvoir attire la convoitise de Scientifiques. Ils me… ils nous veulent, Alban. » Les images de torture s’imposent à ma mémoire. Je me sent défaillir. « T’étais là Alban, je t’ai vu… plus vrai que nature… ils te faisaient du mal… Je te jure...» Ma voix se brise alors que je plonge ma pelle dans le sable « C’était horrible… J’allais craquer. Je voulais pas revivre ça. Ils m’ont enlevé Invy ! » Je ressens la colère sourde qui était montée en moi au moment de fuir le complexe scientifique « C’est Glaedr qui m’a sortie de là. J’étais sceptique, comme toi, au début. Puis j’ai compris que l’un ne pouvait vivre sans l’autre. Encore plus invraisemblable, j’ai… je l’ai vu. Comme je te vois toi. » Je prends le temps de faire une pause en m’appuyant sur la pelle. « Enfin… disons que tout ça se passe dans ma tête. Un genre d’esprit, toujours là, toujours à l'affût avec qui il est aussi facile de communiquer que de penser. » °_ Elle est bien bonne celle-là ! Reviens six mois en arrière et le discours était bien différent.° « Mais ç’a été un poil compliqué de s’entendre. A la base, je pensais qu’elle me voulait du mal alors je la repoussais comme je pouvais -d’où mes crises-. Puis, quand j’ai compris qu’on en voulait autant à elle qu’à moi… je me suis dit qu’on serait pas trop de deux pour leur fair face. » Je pousse un soupire en reprenant mon outil, le coeur léger. « C’est difficile à croire, je sais bien… T’es le seul à savoir, Alban. Même Snow ne sait pas tout. » Après un silence. « J’ai peur qu’ils me retrouvent. » Je lève les yeux vers lui, n’osant imaginer le moment où les Scientifiques tomberaient sur ma pomme. Et Raudhr…

Contemplant la muraille qui avance à grands pas, je décide qu’elle fera bien l’affaire pour la nuit. Et puis… il nous faut du repos avant l’épreuve de demain. Je poste Phy sur le sommet en lui expliquant de venir nous réveiller si la moindre chose bouge.

«_ Allons plutôt nous coucher… Ca tiendra peut-être pas mais si on en profite pas pour se reposer, la journée de demain va être longue. Et puis, on a un lit à partager ! »

Clin d’oeil débile accompagné d’un rire qui l’est tout autant. Comme ça fait du bien de retrouver son meilleur ami ! Je le prend par l’épaule.

« _ Tu m’as manqué, Alban...»
Aaron S. Mightley


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Spoiler:
 
Alban Abernaty
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Sujet: Re: [Mission] Alola Baywatch [PV Aaron]   Sam 26 Aoû - 13:37



Alola Baywatch
Alban Abernaty & Aaron S. Mightley

L’intervention d’une Guilda furieuse venait d’être éclipsée par quelques élans de sincérité. Alban, qui était du genre à pardonner rapidement, adressa un sourire doux à Aaron. C’était si simple, quand ils se parlaient à cœur ouvert. Si simple et pourtant, Alban n’aurait jamais lui-même passé le pas. Sans l’intervention de l’esprit (?) qui cohabitait avec le Phyllali, il serait resté buté dans son silence, sans chercher à s’excuser de quoi que ce soit. Demander pardon était quelque chose qui restait compliqué, pour lui… Même s’il avait appris à le faire un peu plus, au cours du semestre précédent. Surtout envers Maxine…

Il essaya de ne pas penser à la petite Givrali. Cette Mission, c’était l’occasion pour Aaron et lui de reconstruire les fondations de leur amitié. Il fallait qu’il se concentre uniquement sur son meilleur ami, et rien d’autre. Les yeux dans les yeux, les deux garçons restèrent donc silencieux un petit moment, avant qu’Aaron n’avoue son erreur. Alban soupira de soulagement. Si le message était passé, c’était l’essentiel. Et puis bon, avouons-le… Alban était le genre de garçon qui aimait avoir raison.

- Les amis sont là pour ça, Aaron. Honnêtement, lorsque j’ai eu mon amnésie, c’était un véritable soulagement de savoir que je pouvais compter sur Nolan, Maxine, Calliope et Marie… Et même toi. Tu m’as été d’un grand secours, dans la période où tu étais là. Je sais que je ne suis pas le mec le plus expressif et que je ne le dis pas toujours mais… merci. Ne t’en veux pas d’être parti. Je l’ai compris lorsque j’ai eu mon problème ; parfois, il faut penser à soi avant de penser aux autres. Je l’ai dit à une amie… tu ne pourras pas aider les autres si tu n’es pas en phase avec toi-même.

Malgré lui, le visage d’Idalienor lui revint en mémoire. La jeune Pyroli n’avait pas forcément bien pris tout ce qu’il lui avait dit, le jour où ils s’étaient retrouvés pour le début de leurs Alternances respectives. Mais il le pensait, et continuerait de le penser. Et il espérait d’ailleurs qu’elle allait appliquer ses conseils…

Aaron lui conseilla de manger un truc pour éviter de tomber en hypoglycémie, et le châtain hocha la tête. Avant de se souvenir de qui avait rapporté ces hot-dogs. Et de qui était parti chercher Guilda avant de s’écrouler sur le sable, épuisé.

- Zéph’ !

Il se redressa et se dirigea vers son pauvre Goélise qui gisait toujours dans le sable, les ailes en croix. Avec douceur, Alban le souleva et le cala entre ses bras pour le bercer. Quel dresseur à la gomme il faisait ! Avec toutes ces histoires, il en avait totalement oublié la présence de son Pokémon. Sur un sifflement, Auster trottina jusqu’à eux et déclencha un Rayon Lune. Laissant l’attaque de guérison opérer, Alban posa Zéphyr sur ses genoux et sortit quelques croquettes de son sac qu’il distribua à ses compagnons. Il attrapa ensuite le hot-dog et mordit avidement dedans. La tiédeur du pain brioché lui fit du bien.

Pendant ce temps, Aaron était plongé dans la lecture du guide des gardes-plages pour les nuls. A son expression, le bouquin ne devait pas forcément être très intéressant. Curieux néanmoins, Alban attendit patiemment que son meilleur ami ait fini, tout en continuant de grignoter son dîner. Le rouquin referma le livre d’un coup sec et se leva alors, annonçant qu’ils allaient construire une tranchée. Alban manqua de s’étouffer avec un morceau de saucisse.

- Une tranchée ? Tu t’es cru de retour aux Hunger Games ? ricana Alban, avant de se souvenir du coup qu’il s’était pris dans les parties. Redevenant brusquement plus sérieux, il approuva. C’était écrit dans le livre, tout ça ? Enfin bon tu as raison, essayons au moins d’avoir un peu de paix pour ce soir.

Ils se levèrent tous les deux pour protéger leur campement. Alban n’était cependant pas sûr qu’une construction de sable fasse l’affaire, sachant que les Bacabouh étaient carrément faits de cette matière. Il avait déjà eu affaire à un de ces spécimens lors d’un cours de Pokéathlétisme avec Calua, et autant dire que leurs bases pièges n’avaient pas forcément tenu très longtemps face à l’infiltration de cette sale peste. Il n’en dit cependant rien, trop content de pouvoir faire quelque chose de normal avec Aaron - en supposant que construire une tranchée entre potes puisse être considéré comme « normal » -. Laissant la pelle au roux, le jeune Coach appela plutôt ses Pokémon. Zéphyr, revigoré, revint aussitôt voleter jusqu’à son épaule. Auster, agile dans le sable, le rejoignit de quelques bonds souples. Il demanda également à Mistral d’apporter Ether jusqu’à eux. Et, pour fignoler sa petite équipe, il décida de faire sortir Hélios.

Dans un éclair rougeâtre, le Larveyette se matérialisa. Dérangé lors de sa nuit, le type Insecte ouvrit un œil vitreux pour essayer de savoir qui venait de le déranger. Voyant qu’il était entouré de Pokémon et d’humains, il rangea précipitamment son bonnet de nuit, et lissa la feuille tachetée et couverte de mousse qui faisait office de pyjama en pilou-pilou. Alban leva les yeux au ciel tandis qu’Hélios passait rapidement sa crème de jour sur son visage, dans l’espoir d’être plus présentable. Sérieusement ?

Décidant d’ignorer Hélios et ses 46 soins quotidiens, Alban désigna le tas de sable qu’Aaron venait de faire.

- Les gars, on va faire une tranchée par ici, pour éviter les attaques nocturnes. Ether, Zéphyr, je compte sur vous pour humidifier le sable. Il sera beaucoup plus stable et facile à travailler comme ça. Auster, avec ton attaque Tunnel, tu vas aider Aaron, Maky et Genesy. Hélios, quant à toi… Peux-tu créer des filets de Sécrétion pour capturer ceux qui essayeraient de passer à travers la tranchée ?

Les trois Pokémon acquiescèrent, et le Ramoloss se contenta de bailler avec un air crétin. Sous la supervision d’Alban, Zéphyr et Ether lâchèrent donc des Pistolet à O sur le sable. Alban fit bien attention à ne pas toucher le Sablaireau et le Galegon d’Aaron avec. Puis, Auster sortit les griffes et commença à travailler la tranchée. Hélios, de son côté - et malgré sa mauvaise humeur -, tissa de grands filets bien collants pour emprisonner les Bacabouh ou les Concombaffe si ces derniers venaient à passer la tranchée. Dans l’idée, Alban espérait que si les Bacabouh parvenaient à faire tomber la première barrière, ils viendraient se bloquer au niveau des pièges. Il ne savait pas si ces Pokémon pouvaient se désagréger et se reconstruire derrière en passant donc entre les mailles du filet, mais il n’avait pas d’autres idées.

Lui-même, grâce à ses mains, entreprit d’aider les autres. Il n’était certes pas aussi efficace qu’Aaron, mais ils n’avaient qu’une pelle à disposition… Pendant qu’ils travaillaient, ils en profitèrent donc pour parler un peu plus de Glaedr. Attentatif, Alban écouta bien toutes les explications d’Aaron. Il tiqua sur la phrase « elle veut me garder en vie ». Dans les faits, il ne comprenait pas bien pourquoi. Etait-ce un genre de parasite qui ne pouvait pas vivre sans son hôte ? Etrangement, il la voyait un peu plus comme ça que comme un être bienveillant. Il n’arrivait pas à comprendre ce que c’était ni ce qu’elle voulait. Il fut néanmoins surpris d’entendre qu’Aaron n’était pas le seul dans ce cas-là. Il voulut poser plus de questions à ce sujet, mais le Phyllali n’était pas encore prêt à arrêter de parler. Il l’écouta donc partager ses angoisses. Il se demanda comment ces Scientifiques avaient fait pour donner l’impression à Aaron qu’ils lui faisaient du mal. Encore que, avec toutes les émissions de téléréalité dans lesquelles il était passé, cela ne l’étonnait pas tant que ça. Sentant néanmoins une bouffée de colère monter en lui en réalisant tout ce que ces Scientifiques avaient probablement fait subir au Phyllali, il arrêta de creuser.

Il avait envie de trouver des mots rassurants pour Aaron. Il avait envie de lui promettre qu’il ne lui arriverait rien. Mais tout cela sonnait tellement creux, pour lui. Il ne pouvait pas s’engager là-dessus.

- Tu… tu ne crois pas que tu devrais en parler à Snow ? Elle saurait comment faire pour te protéger. Tu serais en sécurité, à l’académie. Les étrangers n’ont pas le droit d’entrer, et depuis les attaques du campus et de PALLADIUM, je pense que la sécurité aura encore été renforcée… Il faudrait aussi peut-être que tu limites les départs en Mission… Ou que tu portes plainte…

Il y avait encore un nombre incalculables de question qu’il aurait voulu lui poser, mais ce n’était pas le moment de le refaire plonger dedans. Il ne voulait pas le brusquer avec toute cette histoire, d’autant plus qu’Aaron avait l’air complètement apeuré. Alban ne le lui avait pas dit, mais après sa fuite, le premier endroit où les Scientifiques penseraient à chercher serait certainement l’académie de Lansat. S’ils étaient au courant de leur amitié, ils savaient probablement des choses aussi basiques que le lieu où le Phyllali étudiait. Il frissonna. Peut-être étaient-ils sur Alola en ce moment, à la recherche de leur cobaye ? Etait-ce pour ça qu’Aaron s’était caché durant tout le début du mois d’Août, jusqu’à faire une apparition au match de Quidditch ?

Dans le silence, ils continuèrent de travailler. Alban avait toujours été du genre à anticiper tous les cas de figures. Et, sur le moment, cette faculté ne l’aidait pas forcément à être rassuré. Etait-ce réellement pour les Bacabouh qu’Aaron avait voulu creuser la tranchée ? Ou était-ce pour se protéger d’autre chose ? Il sauta sur l’occasion de mettre son meilleur ami à l’abri, lorsque ce dernier lui proposa d’aller se coucher. Le rire léger et le clin d’œil qui l’accompagna lui permirent de se détendre un peu. Aaron avait l’air d’aller mieux et de ne pas trop se préoccuper de tout ça, contrairement à Alban. Le châtain décida de jouer son jeu, au moins pour ne pas l’inquiéter plus qu’il ne devait probablement l’être.

- Tu as raison, lui dit-il en tapotant ses mains l’une contre l’autre pour chasser les grains de sable. Je vais mettre quelques Pokémon en faction. Hm, voyons…

Il se tourna vers son équipe pour essayer de voir qui n’était pas trop fatigué. Mistral, qui avait quand même fait un bout de trajet aérien avec les deux garçons sur le dos, semblait avoir les yeux qui piquaient. Hélios, qui avait été tiré de sa nuit, n’aurait probablement pas souhaité faire le guet non plus. Zéphyr, après avoir cherché la nourriture puis Guilda, aurait besoin de sommeil…

Auster tourna vers lui ses yeux rouges et redressa légèrement le museau, un air fier sur le visage. Alban comprit rapidement le message. Pris d’une soudaine idée, il sortit de son sac une Pokéball. Levanter, son Brindibou, se matérialisa en battant des ailes.

- Auster, Levanter. Vous allez faire le guet pour les deux premières heures. C’est bon pour vous ? Postez-vous aux alentours de la tranchée et venez nous prévenir s’il y a la moindre intrusion. Tout ce qui se passe au-delà de ces lignes, ne vous en préoccupez pas. Nous n’avons besoin de sécuriser que cet endroit.

Les deux Pokémon hochèrent la tête et Alban leur sourit. Il leur laissa de l’eau et des croquettes Pokémon pour qu’ils puissent se sustenter s’ils en avaient besoin, puis rejoignit Aaron. Son élan de sincérité le toucha et lui vint droit au cœur.

- Toi aussi tu m’as manqué, Aaron, lui souffla-t-il, avec un sourire.

Ils regagnèrent le cabanon, bras dessus-bras dessous, comme au bon vieux temps. A l’intérieur, une odeur de renfermé leur fit froncer le nez. Se dirigeant vers les fenêtres, Alban en ouvrit une pour pouvoir respirer un peu d’air marin. Il alluma ensuite la lampe de chevet, et fit une rapide inspection des lieux.

Il n’y avait pas grand-chose, hormis le strict nécessaire. Le lit semblait peu confortable, mais au moins était-il assez grand pour deux. Laissant Aaron se glisser sous les draps, encore vêtu de son ridicule maillot de bain, Alban attrapa le guide pour les nuls que Guilda leur avait laissé. Honnêtement, il n’avait pas sommeil, après toutes ces histoires. D’autant plus qu’il ne se sentait pas forcément rassuré, à cause de ce qu’Aaron lui avait dit sur les Scientifiques. Il savait que tout cela allait mouliner dans son cerveau, et qu’il serait sur le qui-vive toute la nuit, dans l’incapacité de trouver le repos. Autant donc occuper son temps en faisant un peu de lecture. Ou au moins quelque chose d’utile qui lui permettrait de ne pas trop penser à ce que son meilleur ami lui avait dit.

- Ce n’était pas très intéressant ça, n’est-ce pas ? demanda-t-il à Aaron.

Vu la mine de ce dernier, Alban en déduisit que le fameux livre n’allait pas lui tenir toute la nuit. Le posant donc sur sa table de chevet, il en profita pour aller farfouiller dans les moindres recoins de la bâtisse, espérant trouver au moins un petit roman.

- Je n’ai pas très sommeil, je vais lire un truc avant de dormir. Mais ne t’en fais pas pour moi, dors, dit-il au rouquin.

Alors, dans un vieux tiroir, il trouva une espèce de livre à reliure de cuir molle, qui semblait avoir pris la poussière pendant une bonne année. En ouvrant la première page, il y lut les mots suivants : « véritable guide du garde-plages d’Alola - puisque l’autre pour les nuls est tout pourri - ». Tout était écrit à la main, d’une écriture un peu grossière et maladroite. Alban en déduisit qu’il s’agissait de l’héritage laissé par des générations de garde-plages. Intéressé, il vint s’asseoir sur le lit, juste à côté d’Aaron, et couvrit le bas de son corps de la couverture. Il baissa la luminosité de la lampe au maximum pour éviter de trop déranger le roux, puis posa ses lunettes sur son nez et commença sa lecture.

« Le métier de garde-plages, malgré son nom, ne se limite pas à de simples patrouilles sur le sable pour éloigner les Pokémon indésirables. Au cours de votre été de folie, vous aurez à secourir des touristes peu précautionneux, éviter les noyades, et même faire attention à la petite grotte en bord de mer sur la pointe Est. En 2004, les propriétaires du grand hôtel ont statué qu’il n’était plus dans les fonctions du garde-plages de vendre chichis, churros et boissons fraîches. Il est cependant toujours dans nos fonctions de jouer aux maîtres-nageurs et de surveiller l’eau. Pour cela, et si vous êtes un homme, faites bien attention au fameux PDC. En effet, l’eau qui remonte par capillarité le long de vos caleçons de plage pour ensuite frapper vos parties intimes peut parfois être une cruelle diablesse. »

Pour cela, Alban et Aaron n’auraient pas à faire attention. Vu leurs petits maillots, rien ne risquait de monter par capillarité. Tournant les pages, Alban se renseigna donc sur leurs tâches. Les informations étaient bien plus précises que celles de Guilda. Certains points retinrent d’ailleurs particulièrement son attention.

« Aux alentours d’Août, les enfants des classes d’été ont pour grand jeu de faire un test de courage dans la grotte juste en bordure de plage, du côté Est. Le but ultime est d’arriver au bout de la grotte et de mettre la main dans la bouche d’un Bacabouh. Il faut faire extrêmement attention car il arrive que des enfants se fassent ainsi posséder, et se jettent du haut des rochers dans l’eau. Sachant que vous devez prévenir les noyades sur votre zone, et que la grotte fait partie de votre champ d’action, soyez extrêmement vigilants. »

Glauque. Mais incroyablement utile, puisqu’il n’aurait jamais pensé à tout cela. Continuant donc de feuilleter les pages, Alban sursauta lorsqu’il entendit des rires et des cris de l’autre côté de la plage. Sur le qui-vive, il sauta hors du lit et sortit précipitamment de la cabane. Aaron, qu’il venait de réveiller brusquement en faisant autant de bruit, le suivit.

Auster et Levanter les regardèrent arriver à leurs côtés. La tranchée n’avait pas été attaquée. Pourtant, Alban était certain d’avoir entendu du bruit…

- Auster, allume tes anneaux s’il-te-plaît.

Le Noctali fit rayonner ses anneaux lumineux, et Alban attrapa ses jumelles. Loin sur le côté Est, il voyait des gens qui se jetaient à l’eau. Vu leur gabarit, il doutait fort que ce soit des enfants en plein test de courage. Pour autant, en pleine nuit et sur une plage déserte sans maîtres-nageurs, ces gens-là n’étaient pas forcément à l’abri de noyades ou attaques de Pokémon. Râlant dans sa barbe, Alban fit signe à Aaron de le suivre.

- Il est autorisé de venir se promener le long de la plage la nuit, mais interdit de se baigner. Il va falloir qu’on dégage ces invités indésirables, avant qu’ils ne se noient et que Guilda nous mette leur mort sur le dos.

Bon dans les faits, s’ils se noyaient, les réprimandes de Guilda n’étaient pas la première chose dont ils devraient s’inquiéter. Les deux garçons se dirigèrent donc vers le groupe qu’ils voyaient batifoler dans l’eau au loin. Si Levanter était resté surveiller la tranchée, Auster vint avec eux.

Tandis qu’ils courraient, éclairés uniquement par la lumière de la lune - totalement dégagée ce soir-là - et par les anneaux lumineux du Pokémon Ténèbres, Alban regarda le tatouage en forme de corbeau qui s’étalait sur le dos d’Aaron. Il l’avait déjà remarqué plus tôt, mais il n’avait pas vraiment eu le temps d’aborder ce sujet-là. Il voulut ouvrir la bouche pour dire quelque chose - le complimenter dessus, par exemple -, mais ce fut à ce moment-là qu’ils arrivèrent devant le groupe.

Il s’agissait d’une demie-douzaine d’adolescents à peine plus âgés qu’eux, visiblement plutôt éméchés vu leurs gloussements et leurs démarches approximatives. Alban voulut les interpeller, mais une fille lui passa juste devant.

- Robin ! Robin ! Attend moi ! cria-t-elle en enlevant sa robe et en la balançant derrière-elle - soit, pile sur la tête d’Alban -

Puis, complètement nue, elle se jeta dans la mer en riant aux éclats. Alban dégagea le morceau de tissu, les joues rouges, puis se tourna vers les adolescents qui étaient en train de s’amuser dans les vaguelettes. Ok. C’était donc un bain de minuit entre jeunes complètement torchés ? Heu… Comment devait-il gérer ça ? Si le guide laissé par leurs prédécesseurs mentionnait effectivement cette possibilité, Alban n’avait vu aucun conseil là-dessus.

- Qu’est-ce qu’on doit faire ? souffla-t-il à Aaron, visiblement aussi peu réactif que lui.

Les jeunes semblaient ne pas vraiment faire attention à eux. L’un d’entre eux - un garçon plutôt beau gosse, avec une chevelure blonde digne d’un surfeur -, leur fit cependant signe de la main.

- Oh regardez les gars, il y a des maîtres-nageurs. Youhouuu, vous voulez venir vous amuser avec nous ? Allez, retirez ces petits maillots moulants et venez vous baigner !

C’en fut trop pour Alban. Remontant ses manches invisibles, il se dirigea à grandes enjambées dans l’eau dans le but de faire un coup d’éclat et de dire à tout ce beau monde de dégager immédiatement, lorsque le surfeur lâcha un cri suivi d’une grimace.

- Aïe !

Il commença alors à couler doucement, et Alban accéléra le pas.

- Je m’en occupe ! cria-t-il à Aaron, en lui jetant ses jumelles dans les mains.

Il plongea ensuite dans l’eau et se dirigea en crawlant jusqu’au garçon blond. Son cœur tambourinait dans sa poitrine. Comment cet abruti avait-il réussi à se noyer, dans à peine deux mètres d’eau ?! Essayant de ne pas penser à ce qu’il pouvait y avoir sous l’eau - était-ce une attaque marine ? Un remix des Dents de la Mer ? -, Alban rejoignit le noyé et tendit les bras. L’une de ses mains alla se positionner dans le creux des genoux du garçon, tandis que l’autre vint fermement attraper ses épaules. Se propulsant en tapant le sable avec ses pieds, il sortit ensuite de l’eau et ouvrit la bouche pour reprendre une grande inspiration.

- Pffaa ! Hey ! Ça va ?!

Mais l’idiot aux cheveux blonds platine, au lieu de de crachoter de l’eau partout, ouvrit les yeux et inspira tranquillement de l'air.

- Aha, je t’ai bien eu ! J’étais juste en apnée, gars. Déstresse un peu. C’est ce maillot rouge qui te compresse et te rend si nerveux ? Jolies ptites fesses et jolis ptits abdos, d’ailleurs. Tu es un sportif toi, hein ?

Alban se sentit totalement stupide d’être tombé dans un piège aussi ridicule. Vexé, il lâcha le garçon dans l’eau et donna un grand coup à la surface pour l’éclabousser.

- Ah-ah-ah. Très drôle. Je me gausse. Bon et sinon, maintenant que vous vous êtes bien amusés, je pense qu’il serait temps de sortir tranquillement de l’eau, de se rhabiller, et de rentrer chez vous avant que je ne lâche les chiens. Cette plage est privée et les baignades sont interdites de nuit.

Bon. Par « chiens », il avait uniquement Auster. Mais c’était visiblement une phrase typique pour faire paniquer un peu les gens. Le blond, qui visiblement était d’humeur taquine, fit semblant de faire la moue.

- Pfft, t’es pas un rigolo, toi. J’aurais préféré que ce soit le ptit rouquin qui vienne me sauver. Toi, tu pues le mec maqué avec une fille bien rangée. J’ai cru que vous sortiez ensemble lorsque vous êtes arrivés dans vos ptits maillots assortis et je voulais m’amuser. Me voilà un peu déçu. M’enfin. Ton pote là-bas est en couple, du coup ? Oooh, fais pas cette tête. Il respire l’homosexualité à dix kilomètres. Mon gaydar ne se trompe jamais. Alors, je répète : est-il en couple ou non ? Et si non, tu penses qu’il y aurait moyen que tu continues ta petite patrouille tranquillement pendant que je vais disons… apprendre à faire un peu plus ample connaissance avec le ptit mignon, dans votre tour de guet ? Ou tour de gay, si j’ose la blague ehehehe.

Que… ? Alban voulut lui balancer une réplique salée, mais déjà, l’autre blondinet s’était dégagé pour rejoindre la plage. Le pire, c’était qu’il nageait vraiment plus vite qu’Alban. En quelques mouvements de papillon parfaitement exécuté, il sortit donc de l’eau en secouant de façon exagérée sa chevelure blonde devant Aaron. Complètement nu, cela va de soi.

- Eeeeeh salut, toi, lui dit-il d'une voix suave.

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[Mission] Alola Baywatch  [PV Aaron] 15024690286225SignMaxAlban
Nemo Kendhall
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Sujet: Re: [Mission] Alola Baywatch [PV Aaron]   Mar 29 Aoû - 11:49
Alola Baywatch

Alban est décidément bien trop gentil. J’ai été d’un grand secours au moment où j’étais là ? Tu parles, j’ai été beaucoup moins présent que d’autres personnes. Ce n’est pas pour rien que je m’en veux. Mais bon, je ne vais pas en rajouter une couche, si c’est pour que ça reparte en incompréhension comme tout à l’heure. Autant croire que les paroles du châtain sont sincères et espérer que j’ai vraiment été un peu utile lorsqu’il a perdu la mémoire. Mais, de nous deux, je ne sais pas lequel était le plus paumé. Bref, tout ça, c’est du passé. Ca sert à rien de ressasser. Être en phase avec soi-même. Je crois que je ne l’est jamais autant été. Et c’était pas gagné... La situation a aussi l’air de s’être stabilisée pour lui, même si je n’ose pas vraiment lui demander des nouvelles de Maxine. S’il a quelque chose à me dire au sujet de leur presque-couple, je sais qu’il m’en parlera de lui-même. J’espère d’ailleurs être le premier au courant si quoi que se soit se passe. Je me remémore mes souvenirs de l’été dernier. Ce piège habilement tendu par Alex et moi. Bon, finalement, cette rencontre en tête à tête dans la grotte avait été plus un fiasco qu’autre chose… Mais cela ne les a pas empêché de se rapprocher de plus en plus. Et ça, malgré la perte de mémoire d’Alban et ses conneries avec Calliope. Quelle situation embarrassante…

Je me concentre sur ma lecture. Les chapitres se suivent et se ressemblent. Quel truc barbant. J’aurais préféré qu’elle nous explique deux trois trucs plutôt que de nous abandonner comme des crottes sur la plage. Et ce torchon nous aide pas beaucoup. Son seul attrait restant ses photos imprimées dans une qualité exemplaire. Peu à peu, je ne fais même plus attention aux textes et me contente des images, comme un gosse. Parfois, je lève un œil pour vérifier qu’Alban se nourrit bien. Pas question de le voir faire un malaise pour une connerie alors qu’on est en pleine mission. Par chance, il a l’air de suivre mon conseil et en profite même pour nourrir toute son équipe. Puis, je butte sur une image, celle d’un grand fossé creusé dans le sable, mesurant quelques mètres de haut. Cela pourrait peut-être bien aider à régler nos problèmes. Je baisse le livre et expose mon idée à Alban qui avale de travers et se met à tousser bruyamment. Quoi ? Mon idée est si nulle …? Apparemment, elle est juste inadaptée aux yeux de mon meilleur ami qui me demande si je me crois aux Hunger Games. J’avoue, un peu ! Mais c’est presque pareil ! Sauf qu’on a remplacé les dresseurs par de vilains Pokémons. Alors que je m’apprête à lui exposer mes autres arguments, imparables cette fois-ci, le Voltali approuve. Je balance le livre au sol, j’attrape la pelle et me met à courir vers l’endroit du dernier incident.

Armé de ma super pelle, je me met tout de suite à creuser avec énergie. Alban, qui n’a aucun outil, appelle à sa rescousse ses Pokémons. Je rêve ou son Larveyette porte un bonnet de nuit ?! Je frotte mes yeux avec mes poignets. Mais non, j’ai bien rêvé. Lorsque j’ouvre à nouveau les yeux Auster se dirige en trottinant vers moi. Je lui indique qu’il doit aider Maky à creuser. Finalement, je me rends vite compte qu’entre mon Sablaireau et l’attaque Tunnel du Noctali, je suis bien inutile. Si bien que je prends le temps d’expliquer plus posément ce qu’il m’arrive à Alban. C’est difficile de mettre des mots sur ce tout ça. Avec Glaedr, on partage tout. On a beau se “parler” de temps en temps, il nous suffit d’un sentiment, d’une pensée, d’une émotion pour comprendre l’autre. Et ce qu’elle est me dépasse totalement. Alors, l’expliquer à Alban me semble encore plus maladroit. Je m’y attèle en essayant de choisir les bons mots, en tâchant de lui expliquer au mieux la situation. Il ne m’interrompt pas, me laisse terminer jusqu’à ce que ma colère monte envers les Scientifiques de Céladopole. Mon meilleur ami reste un instant silencieux puis, il me conseille d’en parler à la directrice et tente de me rassurer en m’expliquant que la sécurité ne sera que renforcée. Il me propose même de porter plainte. Je pousse un soupire.

«_ Snow sait déjà. Mon ancien médecin -celui à qui j’avais accordé ma confiance…- fait tourner des avis recherche dans le monde médical. Quant à porter plainte… je dis quoi aux flics ? “Bonjour, j’ai un démon dans ma tête que les Scientifiques voudraient s’approprier mais moi, ce que je veux, c’est juste vivre tranquille” ?! Je passerai pour un taré. Pire, je serais peut-être enfermé et livré à ceux qui me cherchent… Nan… J’espère que tu as raison et que la sécurité sera renforcée… Je sais bien que l’Académie sera le premier endroit où ils viendront me chercher. » Je laisse un coup de vent emporter mes paroles. Je n’avais pas vraiment réfléchi à tout ça. Je vis dans l’instant présent… Mais mon retour me semble de plus en plus dangereux. Et pas que pour moi, pour tout ceux qui m’entourent. Cependant, une nouvelle question me titille. « Que s’est-il passé avec PALLADIUM pendant que je n’étais pas là …? » J’avais eu vent des missions auprès de cette société. C’était un peu la chance unique et incroyable pour les élèves de PC de partir à la recherche et à la découverte de nouveaux continents, de nouveaux Pokémons. A vrai dire, je n’étais déjà plus trop concentré sur tout ça lorsque que ça a commencé. Je n’ai suivi que de très loin toutes ces histoires. J’ai grand besoin d’un résumé de ce qui a pu se passer pendant que j’étais absent.

Finalement, la muraille s’est édifiée plus rapidement que je ne le pensais. Nous nous autorisons donc un repos bien mérité. Bras dessus, bras dessous, nous échangeons de nouvelles promesses qui signent à nouveau le contrat bafoué de notre amitié. Désormais, je me sent plus serein. Et bien plus à même de prendre une nuit -courte, certes- de sommeil. Nous grimpons dans notre perchoir et je saute directement dans le lit, m’enfouissant sous la couverture. Alban ne semble pourtant pas prêt à dormir, il a même ramené le livre de Guilda. Je fronce les narines lorsqu’il me demande de parler de son intérêt. Tu vas te faire du mal pour rien, mon petit. Mais, soit, après tout ça, je comprends que certains n’aient pas envie de dormir. De mon côté, je sombre comme une pierre. A la lisière de tomber dans un sommeil profond, je croise Glaedr, veillant sagement sur mes songes. Je la remercie sincèrement. Finalement, c’est grâce à elle que la situation n’a pas empiré ce soir. Mais, pitié, ne brise plus le Pacte. Je n’ai pas le temps d’entendre sa réponse que le sommeil m’a déjà emporté.

La sérénité de mon couché m’empêche de me retrouver à nouveau dans les couloirs labyrinthiques du complexe de Céladopole. Mon esprit vagabonde, effleure celui de Glaedr et se projette dans un tourbillon et couleurs et d’émotions indistinctes.

Ce doux repos fut cependant de courte durée. Je suis réveillée dans un sursaut par les pas précipités d’Alban se dirigeant vers l’extérieur. Je mets un moment à replacer la situation et à sortir de mon esprit embrumé. Alban se munit des jumelles et se met à regarder au loin. Que… quoi ? Que se passe-t-il ? °_ Des intrus, sur la plage, visiblement.° Glaedr est aussi réveillée que si je n’avais pas dormi. Je m’extirpe lentement des draps mais le Coach me force à me magner le cul en m’invitant à le suivre. Réprimant un bâillement, je le suis, dépité. Il me semble entendre qu’il s’agit de personnes en train de se baigner alors que, de nuit, c’est interdit. Je fais “oui oui” de la tête alors que je n’ai pas spécialement compris les tenants et aboutissants de notre intervention. J’attrape, plus par réflexe que par réelle réflexion, la bouée de sauvetage des maîtres nageurs et suis Alban.

Lorsqu’il se met à courir, je fais de même, forçant l’ensemble de mes muscles à se réveiller. C’est sans mal que je rattrape et même dépasse légèrement mon ami. Cette nouvelle forme physique est loin d’être un désavantage. Nous peinons quelques instants à traverser nos propres pièges pour se rendre sur le lieu du crime. C’est un groupe d’ado d’un âge similaire au nôtre qui est apparemment en train de profiter d’un bon bain de minuit. J’ai envie de tirer Alban par la manche et de lui dire de laisser tomber. Juste retourner se coucher. S’ils se noient, ben… c’est leur faute. On n’est pas non plus responsable des personnes qui se baignent hors des horaires d’ouverture, si ?!
Je me tourne vers lui pour remarquer qu’il a reçu une robe sur la tête. Mais qu’est-ce que tu fous avec ça sur la tête, banane ?! Il la retire d’un coup sec et se rapproche de moi, me demandant conseil. J’hausse vainement les épaules. On les laisse là, non ? Mais je n’ai pas le temps de lui répondre qu’un des jeunes nous aperçois pour nous proposer de venir les rejoindre. Je suis partager. Mon lit m’appelle et en même temps l’idée de prendre un peu de temps pour soi dans l’eau est également attirante. Surtout que celui-ci est pas mal du tout. Apparemment, l’idée n’était pas du goût d’Alban qui s’approche de l’eau pour tenter… quoi au juste ? De les faire fuir avec sa carrure menaçante ? C’est pile à ce moment là que le blond se met à se… noyer ? C’est une blague ou quoi ?! Crétin ! Je n’ai même pas le temps de donner la bouée de sauvetage à Alban qu’il a déjà sauté à l’eau à la rescousse du jeune homme. Une légère jalousie s’empare de moi. Il aurait pu me le laisser et s’occuper des filles. Je laisse échapper une moue mais ne peu m’empêcher un sourire rieur lorsque Alban se rend finalement compte que ce n’était qu’une blague. Pourtant, la vanne ne semble pas prendre chez Alban qui l’éclabousse, rageur, en faisant demi-tour et en profitant pour les menacer. Je réprime un nouveau rire. Je sais, je devrais soutenir mon meilleur ami mais… mais pourtant, je n’ai qu’une envie, me rallier aux autres et dire à Alban de se détendre un peu.

Je suis on-ne-peut-plus-heureux au moment où son attention me retombe dessus. Le fameux “gaydar” ce sixième sens des gays qui nous permet de guère nous tromper quant à l’orientation sexuelle de nos amis. Enfin, avec moi, tout est relatif si j’en croit mes différents échecs. M’enfin, ça doit être une question d’entraînement. Je le laisse s’approcher avec cette nage inexécutable pour le commun des mortels mais qui semble être d’une facilité déconcertante pour lui. Avec un petit sourire en coin, je l’accueille sur la plage. Je sent tout de même le rouge me monter violemment aux joues en voyant sa nudité. Il s’approche de moi dans une salutation hyper exagérée mais qui lui donne un certain charme. °_ Ah noooon, ah noooooooon ! Ne va pas...° Je lui enfonce la tête dans le sable. A Glaedr, hein. A l’autre, je lui répond de manière tout à fait naturelle et à tout à fait naturelle.

«_ Salut. »

Son sourire s’élargit et il prend le temps de défier Alban du regard avant de revenir vers moi.

«_ On… on se promène, un peu ? »

J'acquiesce lentement de la tête, pesant le pour et le contre. Le pour l’emporte largement mais la Terreur tenter de pousser tant bien que mal vers le contre en essayant de me faire faire marche arrière. Mais, vous savez, les hormones sont bien plus puissants et je plante Alban là, au milieu des quelques ados restants. Je sent Glaedr ronchonner à qui-mieux-mieux mais je ne lui prête bientôt plus attention. Nous marchons en direction de l’Est de la plage, là où les couleurs de l’aurore semblent commencer à teindre le ciel. C’est lui qui finit par briser le silence.

«_ J’oubliais, je m’appelle Robin. Et toi ?
_ Aaron.
_ Tu sais que t’es mignon, Aaron ? »

Son regard d’azur se plante dans mes yeux. Bordel, je vais craquer. Je lui lâche l’un de mes sourires irrésistibles alors que je suis rouge jusqu’aux bout des oreilles. Notre marche continue au bord de l’eau. La raison voudrait que je lui dise simplement que lui et ses amis n’ont rien à faire ici, qu’ils doivent sortir de l’eau et s’en aller. Mais Robin m’attrape la main et la serre dans la sienne ce qui coupe court à ma vaine tentative raisonnée.
«_ Je vais te montrer l’un de secrets de cette plage. J’y viens depuis tout petit. Bien avant que cette monstruosité d’hôtel n’apparaisse. Mais on a continué. Encore et toujours. »
Piqué par la curiosité, je lui demande :
«_ Qu’est-ce que vous avez continué ? » Son regard s’illumine, un air de défi dans les yeux.
«_ A passer le Test du Courage. A huit ans, tu dois retrouver ton chemin dans une grotte et mettre ta main dans la gueule d’un Bacabouh. Cette année-là, j’ai été l’un des seuls à ne pas me faire prendre sous leur emprise. » Je suis partagé entre être impressionné par son courage et trouver ça vachement dangereux.
«_ C’est débile. » Il se met à rigoler en penchant légèrement sa tête en arrière. Putain, qu’il est sexy. Et putain, j’avais oublié qu’il était nu. C’est beaucoup d’émotions d’un coup.
«_ Viens, je connais une petite crique, à l’abri des regards. » Il papillonne des cils, tellement innocent. Je lui rend son sourire et le suis plus loin sur la plage. Là, des rochers saillants cachent, en effet, un bout de mer à l’eau limpide.
«_ J’adore cet endroit. » Veut-il dire par là qu’il y emmène toutes ses conquêtes ?
«_ Moi aussi...» Je ne peux pas nier qu’il soit un peu magique. Alors que Robin a déjà sauté à l’eau, je retire la seule chose qui m’empêchait d’être totalement à l’aise pour le rejoindre. Je plonge ma tête dans l’eau, profitant du contact entier et total avec cet élément que je chéri tant. Je fais quelques brasses, je suis à nouveau serein. Même Glaedr semble avoir disparu. J’en profite pour me lancer dans son jeu et, arrivant derrière lui,  je le retiens délicatement par la taille. Je grimpe lentement jusqu’à sa nuque pour y laisser un léger baiser et laisser ma langue gambader tranquillement jusqu’à son lobe. Celui-ci frisonne et emprisonne mes poignets de ses mains. D’un coup d’œil, je remarque je ne le laisse pas insensible. Mais la remarque vaut aussi pour moi. Il dépose délicatement ma main sur son entrejambe, sensiblement animé par la situation.

***

Je renfile mon maillot de bain alors que le ciel vire aux orangés. Le soleil ne tardera pas à se lever. Mon devoir de garde plage m’appelle. Même si la compagnie de Robin est loin d’être déplaisante. Il s’empare de ma main et me ramène à lui, m’embrassant tendrement. Je le repousse le plus délicatement possible, essayant de lui faire comprendre qu’il faut vraiment que j’y aille. Déjà, l’idée de retrouver Alban après ça me fait sacrément peur alors l’abandonner pour toute la journée à venir, je risque de perdre mon meilleur ami. Pourtant, le blond parvient à me convaincre de le suivre dans une autre partie de la plage. Où les Bacabouh se font de plus en plus nombreux. Étrangement, ils ne semblent pas agressifs.
«_ Ici, c’est leur territoire. Et nous venons en amis, pas questions de leur faire du mal.»
J’ai quelques problèmes pour me faire à cette idée. Ne pas leur faire de mal, à ceux qui ont déjà voulu nous tuer à peine plus tard que tout à l’heure ?
«_ Tu dois passer le Test du Courage, Aaron. » Je le regarde avec des grands yeux. Pourquoi ? J’ai plus huit ans ! Il semble lire dans mes pensées.
«_ Il le faut, si tu veux vraiment préserver cette plage, tu dois faire des Bacabouh tes amis. » Cela ne fait pas vraiment sens dans mon esprit. Mais Robin ne me laisse guère le choix. Nous sommes déjà dans la grotte et l’air s’est passablement rafraîchi. Un Trépassable paraît nous attendre au fond de la grotte. Robin me regard, un sourire aux lèvres, il commence à me faire flipper.
«_ Ben quoi ? Tu t’attendais pas non plus à ce que ça soit aussi facile qu’à huit ans ! Allez, passe le test qu’on en parle plus. C’est pour toi que je fais ça, Aaron. »

Robin recule d’un pas et me laisse face à face, seul, contre un énorme Trépassable qui me domine bien de deux fois ma hauteur. Si autant de Bacabouh n’avaient pas été présents, j’aurais couru dans l’autre sens aussi vite que je peux. Mais là, aucun échappatoire. Je suis seul, en presque string, face à celui qui se bat depuis probablement des années contre les touristes qui envahissent la plage de l’hôtel. Ceux qui envahissent son territoire. Et je suis sensé… pactiser avec lui ?! Là, tout de suite ? Olalala… dans quoi est-ce que je me suis embarqué ? Robin s’est-il joué de moi juste pour en arriver là ? Je reste sur la défensive mais les petits monticules de sable commencent à s’approcher petit à petit de moi. Je prends mon courage à deux main et plonge mon bras tout entier dans le gouffre du château de sable dominant. Le gouffre se referme et me plonge dans une nuit de ténèbre.

On dirait une Terreur qui attaque. Comme le Toutankafer. Quelque chose d’aussi psychique que tout ce que j’ai pu connaître jusqu’à maintenant. Mais celui-ci est mauvais. Il veut juste me posséder comme une vulgaire poupée. Et je ne suis pas prêt de me laisser faire. Glaedr se jette dans le combat, essayant de repousser le Spectre. A vrai dire, même les assauts de la Terreur n’étaient pas aussi violent. J’ai l’impression que la masse de sable m’écrase irrésistiblement et que ses grains s’infiltrent sans que je ne puisse réagir. Le combat est déséquilibré. Nous avons beau être deux… il semble déjà perdre le dessus.
Pourtant, un fil ténu me transporte dans un autre endroit.

Je vois clairement la plage, les premiers touristes qui arrivent, le reste du feu de camp de la veille et… Alban ! Je veux me lever pour l’avertir, le prévenir du danger qui guette mais… mon corps ne répond pas. Regardant mes bras, mes jambes je prends peur ! Je suis tout jaune ! °_ T’es débile ou quoi ? T’es juste dans la tête d’Invy ! Fait pas comme si tu n’étais pas surpris hein !° J’essaie alors de voir les choses sous une autre perspective. Et pouf ! Invy se téléporte sur le dos d’Alban, manquant de déstabiliser celui-ci. Puis, il se téléporte sur Frey et successivement sur Phy. Invy les emporte tous les deux dans sa téléportation avant de retourner sur le dos d’Alban et… d’également le téléporter...
Aaron S. Mightley

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HAIL NOCTA
[Mission] Alola Baywatch  [PV Aaron] Turtwig

Spoiler:
 
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Sujet: Re: [Mission] Alola Baywatch [PV Aaron]   Mer 30 Aoû - 20:46



Alola Baywatch
Alban Abernaty & Aaron S. Mightley

Ce type ne lui plaisait absolument pas. Que ce soit dans son physique, son attitude, sa façon de parler en roucoulant presque… non, clairement non. Sa tête ne lui revenait juste pas. Et, rien qu’avec le contenu de son discours, le châtain su qu’ils ne pourraient jamais s’entendre. Pour qui est-ce qu’il se prenait ? Il avait l’air de croire que la plage lui appartenait, et qu’il pouvait y faire ce qu’il voulait, quand il le souhaitait. C’était d’ailleurs sûrement pour ça qu’il était actuellement en train de prendre un bain de minuit, et qu’il envisageait de souiller un peu plus les draps de leur vieille bicoque en compagnie d’Aaron, non ? Ah ça, Alban ne les laisserait pas faire. D’une, Aaron et lui étaient en pleine Mission. Et de deux : diantre, il y dormait dans ce lit-là. Il n’avait pas envie d’avoir des images gênantes de son meilleur ami en train de batifoler avec ce blond peroxydé qui avait l’air d’en avoir autant dans le crâne qu’Ether. Merci pour lui.

Cependant, le dénommé Robin ne semblait pas se préoccuper plus que ça de son avis. D’un papillon parfaitement exécuté, il sortit de l’eau, prenant des poses si clichées qu’Alban cru qu’il allait vomir. La lune qui se reflétait sur le fessier du surfeur les faisait d’ailleurs briller d’une aura étrange, et le châtain pria pour qu’il ne se retourne pas. Ah ben merde, si, il venait de se retourner. Pour le narguer d’un sourire. Que. Quoi ? Attendez. De là où il était, il n’entendait plus grand-chose des paroles que s’échangeaient Aaron et Robin. Cependant, il pouvait très clairement voir que son meilleur ami était complètement rouge. Et complètement subjugué par le blond. Mauvais ça, très mauvais.

- Aar- commença-t-il, avant de s’interrompre lorsque la fille qui lui avait jeté la robe sur la tête s’approcha de lui.
- Eeeeeh en fait t’es plutôt mignon, toi. Dommage que tu tires autant la tête, tu pourrais être beaucoup mieux.

Il fit un bond en arrière. Ou une brassée en arrière, il ne savait pas trop le terme qu’il devait employer alors qu’il était dans l’eau jusqu’au torse. La jeune fille - qui était aussi nue que tous ses autres amis, rappelons-le -, pencha la tête sur le côté avec une moue interrogative. Heureusement qu’elle n’était pas bien grande, sinon Alban aurait eu vue directe sur des choses qu’il ne souhaitait pas voir. Enfin si, il n’était évidemment pas insensible au charme féminin - malgré tout, Alban restait un garçon, hein -. Mais il se sentait totalement paniqué et totalement en train de faire des infidélités à la fille dont il était amoureux. Si Maxine l’apprenait, elle lui arracherait probablement la tête. Ou le traiterait de pervers et s’enfuirait en pleurant silencieusement, ce qui était sûrement pire. Et puis bon, s’il devait voir une poitrine en vrai un jour, il espérait que ce serait celle d’une certaine Givrali. Et pas celle d’une fille complètement bourrée qui se baignait nue dans la mer.

La demoiselle semblait cependant curieuse de cette étrange réaction de sa part. Elle s’approcha encore d’Alban, et ce dernier recula encore.

- Ben quoi ? Il y a un Froussardine qui te tourne autour ?

Il ne savait pas trop ce que ça voulait dire - peut-être une expression typique d’Alola -, mais en tout cas, il pouvait lui affirmer qu’elle était loin de ressembler à un Froussardine. M’enfin. Il hocha la tête sans savoir quoi répondre, et essaya de la contourner pour rejoindre Aaron.

- Excuse-moi…
- Ruth.
- Excuse-moi, Ruth, mais je dois rejoindre mon ami et-…

Elle lui attrapa le poignet fermement et l’obligea à arrêter de gigoter. Alban se figea, de peur qu’une quelconque partie de son corps se retrouve en contact avec celui de la jeune fille.

- Oooh, allons, laisse-les. Ils ont envie de s’amuser un peu…
- On est en job d’été.
- Et alors, ça arrive tout le temps ! Tu crois que les deux autres garde-plages ne font que bosser ? Ils sont la moitié du temps en train de se rouler des patins derrière les buissons, là-bas.
- Merci pour l’image.
- De rien. Enfin, toujours est-il qu’il faut que tu te décoinces un peu ! Allez, laisse-les et viens t’amuser avec nous !

Elle fit signe à ses autres amis, et trois garçons et deux filles s’approchèrent d’eux.

- Non vraiment, il faut que j’y aille et…
- Hey salut ! Comment tu t’appelles ? le coupa un garçon à la peau bronzée et aux cheveux bruns.
- Alban. Mais là n’est pas la question, il faut que je-
- Tu veux jouer à un truc avec nous ? Genre du beach volley, ou autre ?

Alban dû faire appel à tout son self control pour ne pas les noyer les uns après les autres. Ils n’arrêtaient pas de piailler autour de lui, de lui poser des questions sur son âge, de l'endroit où est-ce qu’il venait, ce qu’il faisait dans la vie. Le châtain répondait par monosyllabes à chaque fois, essayant ensuite de leur expliquer qu’il était en train de TRAVAILLER, mais rien à y faire. On ne le laissait pas placer plus de trois mots d’affilée. Et, avec tout ça, Aaron avait complètement disparu de son champ de vision. Bon sang de bonsoir. Où était parti ce bouffon ? Alors c’était comme ça, hein ? Alban se faisait encercler par une horde de jeunes agressifs, et son meilleur pote l’abandonnait pour aller faire des mamours derrière des buissons ? Bon OK, il exagérait clairement et il était vrai que les potes de Robin avaient l’air plutôt sympa. Mais encore une fois, il n’était pas là pour s’amuser.

- Stop stop stop ! Ça suffit les questions ! Je suis désolé mais je suis en plein travail. Il faut absolument que je retrouve mon coéquipier et que vous sortiez tous de l’eau. Les baignades le soir sont interdites et si ma patronne me voit, elle risque de me castrer alors S’IL-VOUS-PLAÎT, un peu de compassion ?!

Comme si le ciel avait entendu son appel, les jeunes s’arrêtèrent de rire, puis se mirent à hurler en sortant précipitamment de l’eau. Alban, qui se demandait comment il avait réussi ce miracle, sentit bientôt quelque chose de mou et bizarre venir lui frotter la jambe. Il n’attendit pas plus longtemps pour savoir de quoi il s’agissait. Retenant un cri qui n’aurait rien eu de viril, il courut en nageant à moitié pour sortir de l’eau avec les autres.

Il tomba sur le sable, paniqué par ce qui avait bien pu le toucher. Puis, comme si une colonie entière venait de débarquer sur Alola, des dizaines et des dizaines de Concombaffe sortirent de l’eau. Eeeet merde. Voilà qui allait lui donner du travail supplémentaire, le lendemain.

Les petits Pokémon, beaucoup plus lents hors de l’eau puisque le courant ne les aidait plus à se déplacer, avancèrent doucement vers le sable chaud. Leurs petits corps noirs munis de pics roses se mouvaient maladroitement mais sûrement. Le groupe de Robin râla.

- C’est chiant, on va plus pouvoir se baigner s’ils sont là.
- Qu’est-ce qu’on va faire, alors ?
- Eh, ce ne serait pas Robin et ton pote, là-bas ?

Le garçon bronzé lui donna un coup de coude, et Alban vit deux silhouettes étroitement serrées l’une contre l’autre, à plusieurs mètres de là. Ils étaient à moitié immergés dans l’eau et même s’ils ne pouvaient pas voir les détails, d’ici, le Voltali était à peu près certains qu’ils ne faisaient pas des mathématiques. Il amorça un mouvement mais Ruth le rattrapa par la taille. Par chance, elle avait enfilé rapidement sa robe, et était à présent bien moins dénudée que plus tôt.

- Laisse-les tranquille, tu ne vas pas les déranger, non ?! Et puis franchement, tu pourrais voir des choses que tu n’as pas envie de voir…

Elle marquait un point, effectivement. Mais comment faire pour faire comprendre à Aaron que c’était mal de le lâcher, à une telle distance ? Alban laissa son regard balayer le sable, et eut subitement une idée bien sournoise. Comment se venger ET attirer l’attention du Phyllali ? Le génie du mal était de retour.

- Ok, tu as raison. On ne s’approche pas et on reste ici. Par contre, je crois avoir trouvé un jeu qu’on pourrait faire tous ensemble. Et en plus, vous m’aideriez avec mon boulot de garde-plages.

Ruth sentait venir le plan foireux et elle fit la moue, mais les autres se regroupèrent autour d’Alban, intéressés.

- Vous avez déjà entendu parler du lancer de Concombaffe ?

***

C’était méchant. C’était vil. C’était gamin. Mais c’était quand même fichtrement jouissif !

Alban et sa nouvelle bande venait de trouver un jeu totalement innovant. Vous connaissiez le tir de Concombaffe ? Ok. Mais aviez-vous déjà essayé de viser avec ces projectiles, un couple de potes en plein ébat dans l’eau ? Nouvelle perspective, nouvelle conception du fun.

Avec de grands éclats de rire, les adolescents se saisissaient des Concombaffe en faisant bien attention à ne pas toucher leurs pics. Puis, les soulevant au-dessus de leur tête, ils essayaient de les lancer le plus près possible des deux silhouettes qui continuaient leur petite affaire. Ils étaient évidemment trop loin pour les toucher ; et les deux garçons ne semblaient pas du tout capter qu’ils étaient attaqués, trop occupés qu’ils étaient à se focaliser l’un sur l’autre. Pour autant, ils ne cessaient de se complimenter dès que l’un d’entre eux parvenait à lancer un Concombaffe dans ce qu’ils avaient nommé la « zone rouge », à savoir, un cercle d’à peu près cinq mètres de diamètre autour des cibles. Auster, qui était le seul Pokémon d’Alban à l’avoir suivi, utilisait son attaque Psyko pour catapulter les Concombaffe le plus loin possible. C’était celui qui parvenait à entrer dans la « zone rouge » le plus souvent, et les autres avaient commencé à le surnommer catapultor.

Alban les encourageait à grands cris, sautillant parfois sur place, se jouant Coach sportif d’un soir. Finalement, Ruth s’était laissé prendre au jeu. Elle ne cessait de gesticuler dès qu’elle arrivait à frôler la « zone rouge » - pas souvent -, et sautait dans les bras des uns et des autres. Il y eut un léger moment embarrassant, lorsqu’elle se jeta dans les bras du Voltali et que ce dernier la dégagea par réflexe d’auto-défense, mais en dehors, la soirée était plus qu’agréable. L’alcool aidait certainement les jeunes à être aussi enthousiastes. Et du côté d’Alban, c’était clairement la douce perspective de se venger d’Aaron et de rabattre le caquet de Robin qui le motivait autant.

Pour ne rien gâcher, le nombre de Concombaffe diminuait drastiquement. Avec cinq paires de mains en plus, le PokéAthlète allait évidemment beaucoup plus vite. D’autant plus que certaines de ses nouvelles connaissances étaient bien plus musclées et grandes que lui. Au bout de ce qui semblait être une bonne grosse demi-heure, le couple se détacha enfin pour se tourner vers eux. A ce moment, le groupe mené par Alban se mit à leur faire de grands signes, tout en leur criant des trucs sans aucune logique.

Aaron et Robin revenaient enfin vers eux. Alban, bras dessus bras dessous avec ses amis d’une soirée, riait à gorge déployée des blagues pas forcément finaudes des garçons. Il était encore en train de s’essuyer les larmes à cause d’une histoire drôle sur un Wailord, un Skitty et un Concombaffe, lorsqu’Auster lui tapota sur le pied. Le Noctali dû réitérer le geste plusieurs fois pour que son dresseur arrête de s’esclaffer comme une baleine. Ce dernier leva alors les yeux vers le couple qui venait de s’approcher d’eux, et manqua de s’étrangler en constatant qu’il ne s’agissait aucunement d’Aaron et de Robin, mais de…

- Alors, on s’amuse bien mon petit ?

… Guilda.

Brusquement, tout le monde cessa de rire et se mit à regarder successivement Alban et son employeuse. Cette dernière, le sourire d’une personne qui venait visiblement de passer un bon moment aux lèvres, tritura un paréo qu’elle avait passé autour de son corps en sortant de l’eau.

A cause de la faible luminosité, ils s’étaient totalement loupés sur l’identification du couple. Alban sentit que son visage pâlissait à vue d’œil. Ses nouveaux amis, solidaires, n’osèrent même pas esquisser un sourire.

- J’ai cru vous voir nous lancer des Concombaffe dessus…
- Je… heu… Il fallait débarrasser la plage pour qu’elle soit propre pour les touristes, demain…
- … et j’ai l’impression que vous sentez l’alcool.
- … si cela peut vous rassurer, je n’ai personnellement rien consommé. J’ai juste croisé ces personnes sur le point de se baigner, je leur ai fait comprendre que l’accès à l’eau était interdit, et ils ont décidé de m’aider avec les Concombaffe pour se faire pardonner.

Les autres hochèrent tous la tête de concert, pour confirmer la version d’Alban.

- On ne recommencera pas, m’dame.
- On ne savait pas qu’on n’avait pas le droit, et on a voulu se racheter en aidant Alban.
- C’est un chic type.
- Il lance bien les Concombaffe.
- Il est très sérieux dans son travail.

Guilda agita les doigts devant eux pour les faire taire.

- Bon, ça va, ça va. Pour cette fois, je vais laisser passer. Vous, dégagez immédiatement de ma plage, zou. Et toi, le garde-plages, retourne dans la tour de guet et va te reposer. La journée va être rude, demain. Et évidemment, hm. Ne parlez de Boris et moi à personne, cela va de soi.

Elle les fusilla tous du regard, et les adolescents acquiescèrent docilement. Puis, attrapant le bras de « Boris », Guilda se dirigea vers son grand hôtel, laissant derrière elle, la trace de ses pas taille 43.

Ruth et les autres regardèrent Alban et éclatèrent de rire. Ce dernier, beaucoup moins stressé, se joignit à eux.

- Merci les gars, bien rattrapé…
- Pas de quoi. C’était drôle, ce soir. C’est toi aussi le garde-plages pour demain soir ?
- Non, je termine ma Mission demain en fin d’après-midi.
- Oooh, dommage. Enfin bon, on va filer. La vieille serait capable de nous pister avec ses jumelles, du haut de son immeuble. Robin et ton pote rouquin doivent être bien cachés, donc ils ne risquent rien. On ne va pas te causer plus d’ennuis que ça. Tu restes sur Alola jusqu’à la fin du mois, c’est ça ? File-nous ton numéro. On ira boire un verre ou se faire une sortie, ou un truc du genre !

Alban donna son numéro au garçon bronzé, puis salua finalement tout ce beau monde. Il s’assura que tous aient quitté les lieux, avant de se diriger vers la tour de guet, Auster sur les talons. Il ne savait absolument pas où Aaron se trouvait, et il n’avait honnêtement pas le courage de partir à sa recherche. Son Noctali aurait évidemment pu le trouver, mais bon… qu’aurait-il fait, finalement ? S'être fait pincer par Guilda lui donnait un peu l’impression d’un retour du karma. Il s’était un peu emporté et n’avait pas forcément été le pote le plus sympa, en voulant se venger. Après tout, Aaron était probablement assez grand pour savoir ce qui était bien pour lui ou pas. Puis, après tout ce qu’il avait vécu au cours de ces six derniers mois, ce n’était pas plus mal qu’il vive une amourette d’été, comme la plupart des jeunes de leur âge.

Le châtain soupira. Encore une fois, il constatait qu’il n’était pas forcément un super ami. Ce soir, il avait agi comme un véritable gamin. Alors, tandis qu’il poussait la porte de son petit cabanon, il se dirigea immédiatement vers son lit dans l’espoir d’y faire un petit somme.

Un aboiement d’Auster le figea cependant sur place.

- Mon grand ?

Il se dirigea vers son Noctali, qui semblait assez fébrile. Le ciel était doucement en train de se colorer d’orange. Le soleil allait probablement bientôt se lever. Pourtant, alors que la plage était encore déserte, un mouvement au loin était clairement visible.

Alban attrapa ses jumelles et essaya de zoomer sur la zone qui lui paraissait étrange. On aurait dit que le sable bougeait… Des Bacabouh ? Le châtain sentit son cœur faire un bond lorsqu’il vit une silhouette sortir de la grotte réputée pour être le lieu des tests de courage. C’était trop grand pour que ce soit un gamin. Même à cette distance, Alban voyait le point minuscule agiter des bras et lancer des trucs en l’air, comme pour attirer son attention. Auster grogna.

Le Noctali devait forcément avoir flairé quelque chose qui ne lui plaisait pas.

Incapable de savoir ce qu’il se passait, Alban se précipita à l’intérieur de la tour pour récupérer son sac à Pokéballs. Il n’avait aucune idée de ce qui se tramait, mais il avait un très mauvais pressentiment. Il siffla et Zéphyr et Mistral - ainsi qu’Ether sur son dos - se réveillèrent pour l’accompagner. Levanter, qui était à proximité en train de surveiller la tranchée, voleta également jusqu’au groupe.

Alban n’eut cependant même pas le temps de dire quoi que ce soit. Une masse jaune se téléporta sur son dos, le déséquilibrant légèrement.

- … Invy ? demanda-t-il, serrant toujours son sac de Pokéballs dans sa main.

L’Abra d’Aaron se téléporta de nouveau, et Alban le regarda disparaître et réapparaître, allant de Frey à Phy. Puis, accompagné des deux Pokémon, il revint sur le dos d’Alban et ce dernier comprit que ça allait être à son tour. Tendant la main, il n'eut que le temps de toucher du bout des doigts Levanter - le plus proche de lui -, avant de sentir que son corps entier disparaissait.

***

Il se matérialisa de nouveau juste devant la grotte de bord de mer. Regardant autour de lui, il constata qu’Auster, Mistral, Ether et Zéphyr avaient disparu. Il était uniquement en compagnie de Levanter, d’Invy, de Phy et de Frey. Sans trop comprendre, il se tourna vers l’Abra d’Aaron. Il n'eut cependant le temps de poser aucune question. Une masse déboula vers lui en le renversant à moitié. Il leva le bras, prêt à décocher une droite à son agresseur, mais s'arrêta lorsqu’il reconnut une touffe de cheveux blonds.

- R… Robin ?!

Le surfeur avait totalement perdu de son assurance de plus tôt. Son visage était totalement déformé par la peur. A ses pieds, des Bacabouh semblaient l’entraîner vers le cœur de la grotte. Alban donna quelques coups dans le sable pour essayer de les éloigner.

- Ils… normalement ils ne sont pas… je… je ne comprends pas…
- Où est Aaron ?!

Son ton s’était fait menaçant. Il n’en avait absolument rien à faire de l’état actuel de Robin. Tout ce qui l’intéressait, c’était de savoir où était Aaron. Il imaginait le pire. Il ne savait pas ce qui avait pu se passer, mais voir Robin ici, seul, paniqué et sans son meilleur ami, ne le rassurait absolument pas.

- Je… le test… il…
- Où. est. mon. meilleur. ami. Robin.

Il détacha chaque syllabe et s’avança vers l’Alolien. Il n’avait plus du tout envie de rire. Ni de faire des blagues. Il n’avait plus aucune patience. Son cœur tambourinait dans sa poitrine.

L’alerte d’Auster. Les mouvements de sable étranges qu’il avait vus avec ses jumelles. La grotte du test de courage. L’absence d’Aaron. Le Téléport d’Invy. Mis bouts à bouts, les éléments s’assemblaient doucement dans son esprit. Ils n’étaient pas encore assez cohérents, mais une chose était sûre : ça puait clairement.

Robin ne semblait cependant pas en état de lui dire quoi que ce soit. Enervé, Alban le repoussa et le laissa là. Il pénétra ensuite en courant dans la grotte, regrettant la présence d’Auster, de Zéphyr et de Mistral à ses côtés. D’ordinaire, il comptait toujours sur eux pour se sortir des situations les plus difficiles. A présent, il était seulement accompagné des Pokémon d’Aaron, et des membres de son équipe les moins portés sur le combat.

Comment allait-il s’en sortir ?

Tremblant, il sortit les seules Pokéballs qu’il avait dans son sac. Dans un rayon de lumière, Hélios et Aura se matérialisèrent. Avec Levanter, il avait donc trois Pokémon à lui. C’était léger. Trop léger.

Son équipe sembla néanmoins déceler son trouble, puisque ses membres parurent beaucoup plus sérieux que d’habitude. Sans Auster, Alban allait devoir se débrouiller pour s’éclairer autrement. Ce qui tombait bien, puisqu’il avait Hélios et que ce dernier portait très bien son nom…

- Hélios. Utilise Flash, s’il-te-plaît.

Le Larveyette rangea son bonnet de nuit et, sentant que c’était le soir où il allait enfin briller dans tous les sens du terme, déclencha son attaque. Comme si la lumière s’était brusquement allumée autour d’eux, les lieux se mirent à scintiller. Des petites lueurs comme des lucioles sortirent du corps de l’insecte et vinrent se déposer sur les parois glissantes. Alban fit bien attention aux endroits où il mettait les pieds. Se remettant ensuite à courir, Hélios, Aura, Levanter et les Pokémon d’Aaron sur les talons, il tenta de trouver son chemin dans cette grotte.

- Aura, Eclate Roc !

La petite Togépi se mit en conformation boule de bowling et lui créa un passage à travers les rochers. Ils continuèrent ainsi leur route pendant quelques minutes, avant que Levanter ne lâche un cri pour les alerter. Aussitôt, l’attaque Abri d’Hélios se déclencha et vint les englober dans une sphère protectrice légèrement opaque. Le sable devant eux se déforma et vint frapper leur barrière avec violence, les projetant en arrière. Hélios tint bon, mais son attaque s’évapora progressivement. Il se mit alors en position de combat, prêt à riposter. Alban essaya de voir qui venait de les attaquer, et son cœur rata un battement lorsqu’il vit un énorme château de sable devant eux.

Et, à l’intérieur de ce château de sable, une main qu’il ne connaissait que trop bien dépassait, à peine visible entre les grains.

- Aa… Aaron… ?

Une Ball’Ombre spectrale sortit du Trépassable et fut projetée vers lui. Levanter déclencha Feuillage pour créer un réseau épais végétal devant eux, mais ce dernier fut déchiqueté. Alban se prit la boule d’énergie en plein dans le ventre et recula de plusieurs mètres. L’attaque, grandement absorbée par la défense de son Brindibou, faisait tout de même de gros dégâts à l’arrivée. Il grimaça, sentant une vive douleur commencer à lui brûler la peau. Incapables de savoir quoi faire d’autre sans directives, ses Pokémon se tournèrent vers lui.

Bordel. Un Trépassable ? Alban pensait qu’il n’y avait que des Bacabouh, et que cette grotte abritant ce stupide test de courage n’était qu’un lieu censé effrayer les gosses. Comment était-il censé faire, sans ses Pokémon les plus offensifs ? Il se mit à paniquer. Le temps qu’Auster, Mistral, Zéphyr et Ether comprennent qu’ils avaient été téléportés ici… Il devait y avoir son odeur partout sur cette plage. Même avec le super flair d’Auster, ils risquaient de ne pas arriver de sitôt. Et pas la peine de compter sur Robin pour être d’une quelconque utilité. Raaah. S’il pouvait avoir un Pokémon Eau sous la main !

Attendez…

Il se tourna vers Frey, le Moustillon d’Aaron.

- Frey ! Tu aurais une bonne grosse attaque Eau ? Si oui… GO !

Pitié. Pourvu que le Moustillon lui obéisse avant que le Trépassable ne se décide à lancer une nouvelle attaque…

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[Mission] Alola Baywatch  [PV Aaron] 15024690286225SignMaxAlban
Nemo Kendhall
Nemo Kendhall
Région d'origine : Kalos
Âge : 15 ans
Niveau : 37
Jetons : 6707
Points d'Expériences : 849
Pokeathlète Novice
Sujet: Re: [Mission] Alola Baywatch [PV Aaron]   Sam 2 Sep - 11:26
Alola Baywatch

Cette nuit-là restera à jamais dans un coin de ma tête. C’était doux, touchant, grisant. Un échange mutuel de plaisir sans lendemain. Et il est déjà l’heure de rentrer. Je n’aurais déjà pas dû rester aussi longtemps, c’était ni sérieux, ni responsable. Je ne peux pas m’empêcher de m’en vouloir. Surtout en pensant au fait que je lâché Alban comme une merde. Quel ami je fais ! Déjà que ça n’avait pas été simple de remettre les points sur les i… alors maintenant, je sais même pas si on va pouvoir se dire deux mots à cause de mes conneries.
Je jette un coup d’oeil vers Robin qui, n’ayant aucun habit à se mettre, a sagement croisé les bras et perdu son regard dans l’horizon dorée. Je souris, il est carrément mignon comme ça. Je le fixe un instant et je parviens à mettre de côté mes remords. Ca valait le coup, quand même. Six mois en solitaire, j’avais eu le temps d’oublier ce qu’était la chaleur d’un corps, la douceur d’une caresse. Je pousse un soupir de contentement. L’ancien Aaron n’aurait jamais osé faire ça. J’ai changé. A vrai dire, je ne pensais pas autant. Pour moi, c’était une évolution normale, dans la lignée des choses. Mais j’ai l’impression que cela ne peut pas être du goût de tout le monde… Ou, du moins, ils leur faudra un temps d’adaptation.
Mais je ne suis pas le seul à avoir changé, grandit, murit. Alban aussi. Il est fier, il a réussi à surmonter ses montagnes à lui. Il vole. Aussi bien que lors de la course dramatique à Nénucrique. Et cette pensée me fait un bien fou. Mon meilleur ami a guéri des blessures qui le hantait. Et grâce à toutes les nouvelles épreuves qui se sont présentées sur son chemin il est plus fort et robuste que jamais. Il ne reste plus qu’à en convaincre Maxine. Elle aussi a dû bien changer… je songe un instant aux derniers souvenirs que j’ai de la Givrali. Ils sont bien troubles dans ma tête… signe que je n’ai pas revu la rosée depuis une éternité… Il faudra remédier à cela. Mais plus tard.

Robin s’approche, faisant glisser ses doigts le long de la courbe de mes épaules. Petit coquin. Il avance irrésistiblement vers mes lèvres et fond sur elles. Comment lui résister ? Mais comment lui faire comprendre qu’il est temps que nous nous séparions ? Que, tout ça, ce n’était qu’une nuit ? Que j’avais besoin de me prouver des choses et que, désormais, je ne saurais marcher plus longtemps à ses côtés ? Pourtant, il m’emporte dans sa danse, ensorceleur. Je repousse son bassin, je n’ai plus le temps pour ça. Le soleil va se lever d’ici trop peu de temps. Robin, je n’ai pas plus de temps à t’accorder. Je mets fin au baiser, ce qui n’a pas l’air de faire baisser sa fougue.

De sa main, il m’emporte vers la grotte. La fameuse grotte. Celle où les jeunes enfants doivent passer le test. Et, très vite, Robin me fait comprendre qu’aujourd’hui, je dois faire de même. Si je veux repousser l’envahisseur Bacabouh, je dois y aller. Réussir à conclure un pacte avec eux. °_ Nan mais tu vois bien que ça sent la sciure là. Ne plonge pas ton nez dedans.° Parce que tu as d’autres solutions, peut-être ? Et… je crois que si je fais demi-tour maintenant… il y en a qui vont s’énerver. Les petits châteaux de sable semblent en effet bien trop calmes. Au moindre mouvement déplacé, je suis certain qu’ils n’hésiteront pas à nous sauter dessus...
«_ T’es vraiment sûr de toi, Robin ? T’es sûr que c’est la seule solution ? »
Il acquiesce lentement. Comment résister à cet air de fripouille tellement sincère ? °_Stu..art ! C’EST UN PIEGE ! YOUHOUUUU !° Ma décision est prise. D’un pas sûr et déterminé, je m’avance vers le fond de la grotte. Je sent les centaines de petits yeux me fixer lourdement. C’est bon, c’est bon, je vais le faire votre truc. Mais pas question que vous m’attaquiez. Je saute par dessus le dernier Bacabouh avant de relever les yeux… pour me retrouver face au Trépassable dominant. °_ Et voilà. Qu’est-ce que je viens de dire, déjà… ah oui. Un piège. Ca alors. J’en tombe des nues.° Si tu pouvais la fermer, dès fois. C’était sûr que la possibilité du piège était envisageable. Mais… la possibilité de faire des tas de sable nos amis était bien trop tentante. Maintenant, je suis bien dans la merde. De toute façon, je n’ai plus bien le choix… et j’enfonce mon bras dans la gueule du loup.

Je n’avais par contre vraiment pas prévu ça.

La force et la densité de l’attaque mentale du Trépassable me fait perdre la raison. C’est pire que tout ce que j’ai pu vivre dans ce domaine. Et, pourtant, ce n’est pas comme si je n’étais pas entraîné. Malgré Glaedr à mes côtés je sais bien que je ne vais pas faire long feu. Comment un Pokémon peut-il avoir une telle puissance ? Mes pensées se font de plus en plus obscures… Et voilà que je tombe à l’infini. Mes souvenirs m’échappent. Je ne sais plus où je suis, ni qui je peux bien être. Seule la sensation de Glaedr me paraît familière. Mon esprit s’échappe et trouve refuge dans le seul autre être lié. Un Abra. Et lui, il comprend tout de suite. Sa dernière téléportation me renvoie violemment dans ce qu’il reste de mon cerveau en éveil. °_ Stuart ! Ne lâche rien, okay ? Je m’en occupe !° Ses paroles n’ont pas vraiment de sens pour moi. Tout ce que je peux en dire, c’est que je me sent aspiré. Toujours plus loin. Chaque contour devient flou… et, bientôt, je ne pense plus à rien…

***


Il se passe un truc. Le Moustillon le sent. Un truc cloche. Où est son dresseur ? Pourquoi l’autre abruti d’Invy les a téléporté ici ? Pourquoi perçoit-il la tension qui tend tous les muscles du jeune homme qui traîne avec son maître à lui ? Et, pourquoi l’autre oiseau vert et rouge -Phy, c’est ça ?- lui tourne autour jusqu’à lui donner le tourni ? Non, décidément, Frey doit arrêter de fixer la boule de plumes s’il ne veut pas devenir taré d’ici quelques minutes. Il se concentre donc sur le devant de la scène. L’autre homme -qu’on appellera Jacques parce qu’il n’arrive jamais à retenir son prénom- mène d’une main de maître ses deux Pokémons. L’un est une nouvelle boule de plumes, impossible à suivre des yeux, l’autre est une pauvre larve que Frey pourrait noyer d’un coup de Pistolet à O. Celui-ci, il le méprise vraiment, avec son bonnet de nuit et ses manières à deux balles. Le dernier reste plutôt mignon, mais sans réel intérêt. Bref, Frey vaut bien mieux que chacun d’entre eux. Mais… à vrai dire, il est bien embêté. Il n’est pas sûr de pouvoir faire quoi que ce soit sans être guidé. Aaron, son dresseur, même s’il est têtu et parfois con comme une pelle a toujours réussi à le faire avancer dans le bon sens. Il n’a jamais fait quelque chose d’aussi dangereux qu’entrer dans une grotte sans son dresseur. La panique commence peu à peu à s’insinuer dans le Pokémon Eau. Il se sent comme un incapable.

A plusieurs reprises, Phy lui sauve la mise en plongeant bec en avant dans des tas de sable pour qu’ils se fondent avec le sol de la grotte. Frey n’y prête guère attention, ce n’est pas comme s’il devait être redevable envers qui que ce soit. Il suit juste la seule personne qui semble être à peu près de confiance ici : Jacques. Ben oui ! C’est un humain ! Il pourra peut-être l’aider… on sait jamais. Il est peut-être plus fort qu’Aaron. C’est possible, ça ? Mais surtout, c’est possible de changer de dresseur si on en préfère un autre ? Perdu dans ses pensées, Frey rate l’unique indice qui pouvait lui prouver la présence de son maître en ces lieux. Au lieu de ça, il ne voit que le regard bleu et paniqué de Jacques qui le fixe d’un air insistant. Une “bonne grosse attaque Eau” ? Frey n’a jamais entendu ça. Il cherche dans sa mémoire mais Bonne Grosse Attaque Eau ne fait pas parti de son panel de compétences. Ce Jacques est vraiment, vraiment bizarre. Pour qui il le prend, au juste ? Parce qu’il doit se tromper de Pokémon, hein. Par réflexe, le Moustillon se retourne, peut-être que Jacques demandait à quelqu’un d’autre ? Mais, derrière, c’est un véritable champ de bataille. Phy se bat bec et griffes avec la force du désespoir, espérant vainement faire fuire les Pokémons de sable. Paniqué, Frey croise à nouveau le regard de Jacques. Panique à bord. Frey se met à agiter son coquillage dans tous les sens et à danser sur un pied. Plus le Pokémon Eau sautille, plus l’eau grimpe sous ses pieds. Bientôt, c’est une immense vague, qui dépasse largement la tête de Jacques, prête à s’abattre sur l’énorme Pokémon sable. Du haut de son perchoire, Frey panique à nouveau. Il est si haut ! Il va tomber là ! Et au moment où cette idée lui traverse l’esprit, la vague déferle dans la grotte, emportant Jacques sur son passage et engloutissant son dresseur avec.

***

Je me noie. Quelle drôle d’impression. Comme si mes poumons ne se remplissait plus d’air mais bel et bien d’eau. J’ai comme la sensation que les attaques dans ma tête ont cessé. Suis-je en train de rendre l’âme. Je me sent flotter. On n’est pas si mal. Laissez-moi juste le temps de me reposer un peu. Juste quelques instants. Là, voilà.

***
Frey s’est effondré, inerte après cette attaque dévastatrice. Phy sait très bien qu’il s’en tirera. Il n’est pas en mousse. Par contre, son Aaron est dans un sale état. Les yeux clos, c’est à peine si le petit oiseau peut sentir sa respiration. La petite Natu commence à perdre de son sang froid en imaginant les pires scénarios possibles. Et si Frey venait de tuer leur dresseur ? Et si, par le même temps, il venait d’assassiner Alban ?! Olalala ! C’est la grosse cataaaaa ! Phy bat des ailes à toute allure. Volant de tous les côtés, elle donne plusieurs coups de bec à Alban pour qu’il se réveil. Ca y est ! Il ouvre un oeil ! Elle piaille, toujours plus vite, toujours plus fort. Et elle désigne par allés et retours le corps inerte d’Aaron. Phy n’a jamais été aussi bouleversée -sauf peut-être lorsque son maudit dresseur a décidé de les abandonner tous, sans scrupule…- mais là, c’est bien plus important ! Si Alban ne fait rien, Aaron va y passer. Bouge toi les fesses bon sang ! La Natu va jusqu’à picorer les fesses du Voltali pour l’obliger à avancer plus rapidement vers le blessé.

***


On dirait que la marée s’est retirée. Dommage, sa couleur bleutée était agréable à regarder, à ressentir. C’est beaucoup moins reposant maintenant. Mon corps glisse dans une sorte de rivière dont les rives me semblent lointaines. Quelque chose attire mon regard, là-bas, tout au fond. Ca brille. Je voudrais m’en approcher mais mon corps ne répond pas. Mettant toute ma volonté, mon esprit s’y dirige finalement. J’ai l’impression de connaître ce corps effondré sur la rive. Par un effort surhumain, je gravis la butte de sable. Mais c’est…

«_ GLAEDR ! »

Le cris déchire le silence de la grotte où je me suis relevé dans un mouvement brusque. Essoufflé, je vois Alban penché sur moi, Phy qui tournoie dans les airs, Frey aux yeux fatigués et les Pokémons de mon meilleur ami qui l’aide ou montent la garde. Je reprends petit à petit conscience de ce qui m’entoure… J’essaie de me rappeler ce qui a bien pu se passer… Robin… le test… le Trépassable. Puis, plus grand chose. Une attaque terrible, si terrible que je ne peux m’empêcher de porter ma main à mon crâne. Et je repense tout à coup à… Glaedr ? … Glaedr ? Je fronce les sourcils et me mets psychologiquement à sa recherche. Je la sent. Elle est toujours là… Mais… si faible. Les rives que j’ai parcouru durant mon absence me reviennent en mémoire. Elle est là. Je pousse un soupire de soulagement. Tiens bon… reposes-toi. Je sais que tu as donné plus que tu pouvais dans cet affrontement.

Je me concentre à nouveau sur la réalité. Le bras qui soutient ma tête a morflé. Sans être cassé, je sent qu’il a subit une longue pression… Il est tout rouge et enflé. Je m’en remettrai. Je tourne mon regard vers Alban qui s’est légèrement écarté depuis que j’ai repris conscience.

«_ Merci… j’imagine que je serais devenu fou si tu n’étais pas intervenu à temps… » Je laisse également Phy se poser sur mon épaule et love Frey au creux de mon bras valide. Une partie de ma conscience surveille toujours l’état de Glaedr. Je remonte sur mes deux pieds avec difficulté. La grotte est quasi-déserte. Les quelques Bacabouh restants se sont tapis entre les rochers.

«_ On ferait mieux de retourner surveiller la plage. Cette histoire de pactiser avec les Bacabouh, c’était du grand n’importe quoi. J’oublierai pas de remercier Robin. » Dans un soupire, je marche vers l’entrée de la grotte. Évidemment, ma conquête d’un soir a déjà filé. Il m’en doit une. Bon, au moins, avec ce Trépassable en moins, la journée devrait être plus calme. Soudainement requinqué, je lance à Alban.

«_ Le dernier arrivé devra expliquer à Guilda pourquoi nous ne sommes pas à l’heuuuure ce maaatiiin ! »
Et je me mets à courir vers le poste de surveillance. Pas question que se soit moi qui explique ça à Guilda. Même si je ne soupçonne pas un seul instant qu’Alban ait pu avoir affaire à elle durant la nuit...
Aaron S. Mightley


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Alban Abernaty
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Sujet: Re: [Mission] Alola Baywatch [PV Aaron]   Jeu 14 Sep - 20:51



Alola Baywatch
Alban Abernaty & Aaron S. Mightley

Il ne savait honnêtement plus quoi faire. Devant lui, Hélios le regardait avec un air hébété. Après une première attaque Abri, le Larveyette ne serait pas en mesure d’en relancer une autre tout de suite. Quant au reste de son panel d’attaques ? Sans les directives d’Alban, force était d’avouer qu’Hélios ne savait pas quoi utiliser. L’attaque Abri était sortie automatiquement et par réflexe, mais en dehors, qu’était-il censé faire ? Son dresseur n’avait jamais brillé en combats Pokémon. Il avait bien des qualités - il fallait le reconnaître -, mais être un fin stratège n’en faisait pas partie. De l’autre côté, Levanter avait beau se pâmer d’être un Pokémon indépendant, il n’en restait pas moins impuissant dans ce genre de situation. Il souhaitait aider Alban, c’était vrai - après tout, le châtain le nourrissait et lui brossait son nœud de feuilles, il ne fallait pas l’oublier -, mais il n’en restait pas moins un minuscule Brindibou. Face à un Trépassable, il faisait pâle figure. Il était certes immunisé contre le type Sol, mais l’architecture de la grotte ne l’aidait pas forcément. Les attaques de sable du château hanté allaient relativement haut et, même s’il pouvait voler, il risquait d’être touché malgré tout. Les choses auraient été différentes s’ils avaient été en extérieur. Mais là, son niveau d’immunité allait chuter à cause du plafond bas.

Restait alors Aura. Mais en dehors de quelques attaques normales qui ne toucheraient pas le Trépassable, la Togépi n’avait pas grand-chose à offrir. Et son attaque Métronome était bien trop aléatoire pour qu’Alban se risque à l’employer. Surtout dans un espace aussi réduit. Ce n’était clairement pas le moment de provoquer un éboulement et de tous les ensevelir.

Il fallait qu’il réfléchisse vite et bien. La main d’Aaron avait à présent complètement disparue derrière l’écran de sable, et il ne savait pas ce qui pouvait se passer à l’intérieur du corps d’un Trépassable. Ils avaient bien abordé le sujet en cours, un moment dans l’année, mais le châtain ne se rappelait pas de tout. Son cerveau était en outre incapable de joindre deux neurones sans court-circuiter. Fichu stress. Décidemment, il n’était pas bon dans ce genre de situations.

Il eut néanmoins la présence d’esprit de se souvenir des Pokémon d’Aaron. Il connaissait certes mal sa table des types - le genre de chose qu’il n’arrivait jamais à retenir, par manque d’intérêt complet -, mais il savait que l’Eau était efficace contre le Sol. Et, à défaut de pouvoir frapper avec des attaques Plante trop peu puissantes chez Levanter ou Hélios - et peu efficaces dans ce genre d’environnement dénué de toute verdure -, il allait tout devoir miser sur Frey. Le Moustillon le regardait cependant sans trop comprendre ce qu’il avait l’air de lui dire. Alban lui jeta un regard insistant, tentant de le presser de faire quelque chose.

Le Trépassable semblait prendre son temps pour les attaquer de nouveau. Il déformait sans cesse son corps, se désintégrant par moments et se reconstruisant tout de suite après. Alban eut le furtif espoir qu’Aaron, à l’intérieur, était en train de se battre pour sortir et qu’il n’était pas…

Il se refusa à formuler cette pensée dans son esprit.

Sa gorge se serra. Il était incapable de savoir quoi faire pour aider son meilleur ami, et sauver sa peau et celle de leur Pokémon au passage. Les Bacabouh s’affolaient à ses pieds, repoussés par Phy qui les picorait, et par Aura qui les décanillait à coups d’Eclate Roc. Le type Combat n’était certes pas efficace au point de les mettre K.O, mais au moins cela chamboulait-il le sable qui les composait.

- Hél… Hélios… Co… Coupe… bredouilla-t-il, peu sûr de lui.

Le Larveyette le regarda comme s’il était un parfait abruti. Une attaque Normale sur un type Spectre ? Etait-il fou ? Il hocha la tête de gauche à droite pour lui indiquer que ce n’était clairement pas possible. Eh merde. Ils étaient juste foutus. Plus il essayait d’y penser, et plus les choses se mélangeaient dans son esprit.

Et puis ce fut à ce moment-là que la grosse vague arriva.

Au départ, Alban ne remarqua pas ce qu’il se passait derrière son dos. Il était trop occupé à essayer de gérer la situation et à se battre avec son propre cerveau. Néanmoins, il sentit un très léger souffle caractéristique, comme une aspiration. Son corps entier se tendit. Il connaissait cette sensation. Et si, lors de ses jeunes années insouciantes, il avait apprécié sentir le vent marin aller et venir juste avant l’arrivée des grosses vagues, à présent, ce n’était plus le cas.

Il se retourna doucement, oubliant totalement le Trépassable l’espace de quelques secondes. Ses yeux bleus s’agrandirent devant la vague qui s’élevait lentement en face de lui. Son cœur rata un battement. Son pouls s’accéléra, comme à chaque fois qu’il se trouvait trop près du bord d’un océan agité.

Il détestait ça. Depuis son accident, lors de sa dernière course aérienne avec Cirrus, il détestait juste ça.

L’océan. Les vagues. La violence de la mer lorsqu’elle était déchaînée.

Incapable de bouger malgré les cris de Levanter et Hélios, il regarda la vague immense déferler vers lui. Dans un éclair de lucidité, il parvint à comprendre qu’il s’agissait de l’attaque de Frey. Pourquoi avait-il demandé ça ? Lui-même n’en savait rien. Putain, il savait pourtant très bien qu’il avait la phobie des vagues. Il n’avait pas pu oublier, n’est-ce pas ?

Il se sentit impuissant, devant cette masse énorme qui s’abattait sur lui. Il tremblait de tout son corps. A ce rythme-là, la vague allait s’écraser sur lui et l’emporter. Peut-être même se noierait-il ? Il n’en savait rien. Son esprit était juste devenu incroyablement vide. Parfois, ces moments de blanc étaient entrecoupés de scènes de sa terrible chute. Alors, tandis que l’écran d’eau commençait à percuter son corps, il sentit un coup dans le creux de son dos.

Aura, se projetant en rentrant totalement dans sa coquille, tapa dans son dos et  grimpa jusqu’à son épaule. Alors, elle posa la patte sur le nez de son dresseur pour l’aider à bloquer sa respiration, et la vague s’écrasa sur eux.

***

Il se sentit secoué dans tous les sens. Aura fut bientôt également balayée par les remous violents. Le châtain ouvrit la bouche par réflexe, et une gerbe d’eau s’engouffra à l’intérieur. Il avait l’impression d’être en train de mourir. Il avait besoin d’air. Besoin d’air…

Son corps tapa contre les rochers et il fit de son mieux pour se recroqueviller sur lui-même. Mais l’onde était bien trop puissante pour qu’il n’y parvienne. Il ne pouvait que prier. Prier pour que la violence s’arrête vite. Prier pour que sa tête ne cogne pas contre un rocher. Prier pour ne pas se retrouver de nouveau le corps en miettes. Ses larmes se mêlaient probablement à l’eau. Ici, personne ne l’entendrait crier. Personne ne l’entendrait pleurer.

Maxine. Maxine… Où était-elle, en ce moment même ?

***

Bordel de bordel de merde. La vague était tellement puissante, tellement violente. Tu ne pouvais qu’être trimballé comme une poupée de chiffon, avec tes quelques kilogrammes. Toi, Hélios, Larveyette parmi les Larveyette. On ne pouvait pas dire que tu brillais vraiment, en cet instant. Tes yeux étaient exorbités par la panique. Tu n’étais pas sous ton meilleur jour, il était vrai. Mais était-ce pour cela que tu étais forcément devenu inutile ? Oh non. Que nenni.

Avec un « bwarf » bien sonore - ou pas, vu que tu étais sous l’eau, bonté divine -, ton corps percuta celui d’une masse plus grande que toi. En te retournant, tu distinguais une forme que tu connaissais bien. Stentor ! Il avait l’air d’être en train de crever, vu la tronche dégoûtante qu’il tirait. Vraiment, c’était pas joli-joli. Mais quelque chose s’alluma en toi, à cet instant.

Tu avais envie de le sauver. Pour tout un tas de raisons dont certaines pas vraiment très nobles, mais tu ne voulais pas qu’il meurt ici. Il était après tout ton fidèle serviteur. Celui qui partageait tant de bons comme de mauvais moments, avec toi. Tu avais besoin de lui. Peut-être pas uniquement comme un serviteur…

Une lumière t’enveloppa entièrement. Tu commençais à sentir ton corps changer. Affolé, tu commençais à comprendre que tu étais peut-être en train d’évoluer. Non. Hors de question. Tu ne voulais pas devenir Couverdure. Et encore moins Manternel. Tu étais un Larveyette. Un Larveyette !

Alors, pour te protéger contre cette évolution, tu déclenchais l’attaque Abri de la dernière chance. Tu en avais utilisé une récemment, donc tu n’étais pas sûr que cela fonctionne. Mais c’était ta seule alternative. Ta seule solution, pour tenter de contrer ce qui arrivait inexorablement. La vieillesse. La métamorphose.

Hors de question. Hors de question…

***

Il était allongé au sol, étendu contre la roche froide, les bras en croix. Ses cheveux ruisselant et ses mèches bien trop longues s’étalaient sur son visage. Ses paupières étaient closes. Il ne respirait presque plus.

L’attaque Abri d’Hélios lui avait cependant épargné bien des dégâts. Son corps était douloureux, mais pas autant que s’il avait tapé encore plus fort contre les parois de la grotte. L’atterrissage s’était fait en douceur, comme dans un cocon protecteur. Malgré tout, il était en bien trop mauvais état pour bouger quoi que ce soit.

Au loin, il sentit qu’on lui tapotait sur le visage. Il avait l’impression d’être à l’intérieur d’une horloge, et de se faire frapper par les aiguilles. Tac, tac, tac. Ça lui martelait sans cesse la tête, et ça l’agaçait. Il avait juste envie de dormir et de lâcher prise. Mais s’il faisait ça, il n’était pas sûr de pouvoir se réveiller un jour. Un effort. Un tout petit effort.

Il ouvrit un œil vitreux, et se tourna brusquement sur le côté pour cracher de l’eau. Il suffoqua quelques secondes, le nez et la gorge en feu. Tout le bas de son visage lui piquait comme s’il venait d’embrasser un Qwilfish. Il se sentait juste super mal. Néanmoins, la petite boule verte qui le harcelait depuis quelques secondes déjà n’avait pas envie de le laisser tranquille. Il ouvrit l’autre œil, et eut une vision directe sur le plafond de la grotte. Il se demanda un instant où il se trouvait, mais n’eut pas le temps de se poser plus de question. Phy entra dans son champ de vision en piaillant d’affolement.

La grotte. Le Trépassable. La vague. Aaron !

Il se redressa aussi vite qu’il le put. Mauvaise idée.

Sa tête tourna et il se pencha sur le côté pour vomir de la bile. Il crachota quelques secondes, dans un état déplorable, puis sentit que Phy lui picorait les fesses. Il fit appel à toute sa volonté pour se redresser. D’un coup d’œil, il repéra le corps inerte de son meilleur ami, quelques mètres plus loin. Pas ça…

Pas ça.

Il sentit que les larmes se mêlaient à l’eau salée de ses joues. Il ne savait vraiment pas quoi faire. Aaron… Combien de temps avait-il passé à l’intérieur du Trépassable ? Comment allait-il ? Il ne bougeait plus. Etait-il évanoui ? Pire… Etait-il mort… ?

Alban commença à se traîner difficilement jusqu’à lui.

- Aura… Lev… Hélios…

Entre Aaron et lui, Hélios était allongé, complètement assommé. L’attaque Flash qu’il avait lancée s’était complètement dissipée, et la grotte était redevenue sombre. La lumière qui se diffusait était bleue et mystérieuse. D’une main douce, Alban attrapa le Larveyette et le porta contre son cœur. Aura et Levanter étaient introuvables…

Il continua de ramper vers Aaron. Il irait chercher ses Pokémon dès qu’il le pourrait, évidemment, mais la priorité était de sauver ceux qu’il avait de visu. Il maudit ce petit slip rouge qu’il portait. Sans son sac, sans ses objets, il n’avait même pas de quoi soigner ses Pokémon. Bordel… Et s’ils étaient grièvement blessés ? Il ne se le pardonnerait jamais.

Refoulant ses larmes, il avala les derniers mètres qui le séparaient d’Aaron, et tâta son pouls. C’était très faible. Trop faible. Bon sang…

Il se pencha sur lui pour essayer d’entendre sa respiration. Ça aussi, c’était faible.

Oh merde…

Il voulut crier à Phy, qui continuait de le harceler de coups de bec, de ficher le camp. Cependant, sa gorge était serrée et il se sentait trop faible pour quoi que ce soit. Il respira un grand coup. Désolé, mon pote.

Pinçant doucement le nez d’Aaron, il se pencha au-dessus de lui pour lui faire du bouche à bouche.

***

Levanter avait plus ou moins réussi à éviter la vague. Cette dernière avait été immense, mais il était parvenu à esquiver le plus gros de la houle. Seul le bas de ses pattes avait été touché, alors qu’il essayait de fuir. Il n’en revenait pas, de la violence de cette attaque.

Affolé, le Brindibou chercha Alban du regard. Il était là, à côté du rouquin. Hélios était avec lui. Et Aura ?

Après avoir scruté les environs, Levanter la trouva roulée en boule, derrière un rocher. Il fondit vers elle de quelques mouvements d’ailes silencieux, puis s’assura qu’elle allait bien. La petite Togépi, protégée majoritairement par sa coquille et par l’Eclate Roc qu’elle avait lancé, lui permettant de solidifier son corps pour exploser les obstacles, semblait indemne. Sonnée, mais indemne. Il lui adressa un regard grave, et tendit son aile dans la direction d’Alban. Puis, lui signifiant qu’il allait chercher de l’aide, il s’envola de nouveau et sortit de la grotte.

Aura saurait épauler Alban, le temps que des renforts rappliquent. Si Auster et les autres étaient restés au campement, il pourrait les amener jusqu’ici. Et Levanter savait qu’il y trouverait au moins un peu d’aide. Auster était bien trop malin pour scinder toutes les troupes inutilement. Il avait forcément organisé l’équipe de façon à maximiser les chances de venir en aide à Alban. Et puis, même s’il n’était pas totalement inclus à l’équipe d’Alban, Levanter avait assez entendu le sifflement signal du châtain pour pouvoir le reproduire. Il savait que la majorité des Pokémon Vol d’Alban pouvaient le faire, pour communiquer entre eux à grande distance. Il allait les retrouver. Il allait aider le Voltali. Alors, battant frénétiquement des ailes, il disparut dans la nuit.

***

Aaron ouvrit enfin les yeux. Il crachota violemment et se redressa bien plus brusquement qu’Alban ne l’aurait cru capable de le faire. Le châtain souffla de soulagement. Il avait eu tellement peur. Tellement peur de le perdre.

Mais à présent ils étaient ensemble, sains et saufs. Pas forcément dans le meilleur des états, mais au moins étaient-ils vivants. Le Coach avait tellement imaginé le pire des scénarios, qu’à présent il trouvait ses inquiétudes ridicules. A côté de lui, Aura qui l’avait rejoint en cours de route lui tapota doucement sur la jambe pour le rassurer. Hélios, toujours inconscient, avait l’air en piteux état. Aucune trace du Trépassable. L’attaque de Frey l’avait probablement mis hors d’état de nuire. Alban soupira.

- Ne refais plus jamais un truc pareil… marmonna-t-il, essayant de se concentrer pour ne pas fondre en larmes.

Il reprit cependant bien rapidement son sérieux et posa ses mains sur les bras du rouquin.

- Ne bouge pas trop. Fais attention, ton corps est sûrement encore faible.

Mais contrairement à lui, Aaron avait l’air d’avoir moins de difficultés à bouger. Etait-ce parce que le Trépassable avait absorbé la majorité du choc de la vague, le protégeant malgré lui derrière l’épais écran de sable ? Sa douleur devait être bien différente de celle d’Alban. Que ressentait-on, à l’intérieur d’un Trépassable ? Alban préféra ne pas trop y penser.

Le châtain prit le temps de récupérer Aura entre ses bras. Hélios et elle étant des formats réduits, il pouvait facilement les transporter. Mais où était passé Levanter ? Il posa un regard sur la Togépi, qui tendit le bras vers l’extérieur de la grotte. Vrai… Le Brindibou avait sûrement dû fuir par les airs et s’échapper pour ne pas être happé par la vague. Alban soupira. Il allait devoir partir à sa recherche, une fois qu’il aurait retrouvé Zéphyr et les autres.

Il essaya de se relever en même temps qu’Aaron, mais grimaça. Son corps entier était douloureux, et il se sentait encore fébrile. Surveiller la plage ? Dans leurs états ? C’était optimiste, dis donc, mon cher Aaron. Quant au pacte avec les Bacabouh…

- C’est quoi cette histoire ? Qu’est-ce que Robin a fait, cet idiot ?

Tout était de sa faute, de toute façon. Alban avait bien eu raison de s’en méfier. M’enfin. Se redressant totalement, il fit quelques pas lents vers la sortie. Le Phyllali avait l’air d’avoir repris du poil de la bête. Cette résistance nouvelle lui venait-elle de Glaedr ? Il décida de ne pas trop y réfléchir, pour ce soir. Sortant donc, il respira une grande bouffée d’air frais. Enfin ! Cette histoire était derrière eux, à présent. Evidemment, Robin avait filé sans demander son reste. Le châtain décida qu’il lui collerait un beau pain le jour où ils se reverraient. A charge de revanche.

Soudain plus gay badum tss, Aaron commença à détaler vers la plage. Quoi ? Il voulait faire la course dans leur état ?! Alban n’en revenait pas. Il voulut crier à son meilleur ami qu’il n’était clairement pas assez en forme pour faire ça, mais se figea en sentant une pression inhabituelle au niveau de ses pieds. Il trébucha et sa chute fut heureusement amortie par le sable humide. Le sable…

- Aaron !

Sa cheville était retenue par un amas de sable qui se mouvait étrangement. Il se retourna et vit une forme caractéristique se dessiner enfin. Son cœur rata un battement lorsqu’il reconnut le Trépassable.

Bon sang. L’attaque de Frey ne l’avait-elle pas mis K.O ?!

Le Pokémon avait l’air plus puissant qu’avant. Alban avait beau tirer sa jambe, il ne parvenait pas à se dégager. Pourtant, le Trépassable ne devait-il pas être affaibli par l’attaque aquatique du Moustillon ? Avec l’énergie du désespoir, il lâcha Aura et Hélios dans le sable, le plus loin possible devant lui pour ne pas qu’ils soient à portée du champ d’action du Trépassable, puis commença à lui balancer tout ce qui lui tombait sous la main. Coquillages, morceaux de rochers… Néanmoins, le Pokémon semblait plus robuste qu’auparavant. Il ne broncha même pas, et continua de tirer doucement Alban vers lui. Avec sa faible connaissance en stratégie Pokémon, le Voltali était loin de se douter que l’attaque Eau de Frey avait déclenché le talent Sable Humide de leur adversaire. S’il l’avait su, peut-être aurait-il adopté une stratégie différente. Mais à présent… autant dire qu’il était dans de beaux draps.

Aura, à ses côtés, commença à déclencher des Métronomes aléatoires pour tenter d’aider son dresseur. Malheureusement, ses attaques Charge et Sacrifice n’eurent aucun effet sur le type Spectre (merci Ginji et ses tirages pourris).

Qu'allait-il leur arriver ?

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[Mission] Alola Baywatch  [PV Aaron] 15024690286225SignMaxAlban
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Sujet: Re: [Mission] Alola Baywatch [PV Aaron]   Lun 16 Oct - 10:43
Alola Baywatch

Par quel miracle est-il possible pour moi de tenir encore debout ? Ne viens-je pas d'être écrasé, possédé et englouti par un Trépassable à cause d'un surfeur blond aux allures de traître ? Comment, après tout ça, je peux encore sérieusement penser et même proposer à Alban de faire une course ? Une compétition idiote qui ne nous mènerait qu'à une chose : l'immense gueule de loup de notre chère Guilda. A quel moment ai-je pensé que ça pourrait sérieusement détendre l'atmosphère ? Pourquoi j'ai dit ça ? Pour échapper à Alban, espérant qu'il finisse par me pardonner de l'avoir légèrement abandonné cette nuit... ? Non, mon agréable connerie restera impardonnable aux yeux de mon meilleur ami. Je l'ai planté. Quand même. Il a toutes les raisons du monde de m'en vouloir.
Pourtant, par miracle, il est quand même arrivé là. Il a quand même accepté de me sauver, moi, le roi des cons. Et je cours, persuadé de gagner cette course d'abrutis. Après tout, Alban n'avait pas spécialement l'air chaud-chaud à l'idée d'entamer ce sprint à mes côtés. Ce n'est pas pour autant que j'ai laissé cette idée à la con de côté...
° Stuart, t'as pas comme l'impression qu'il y a un truc louche ?°
Je lui dirais bien non, quand même, à l'autre. J'ai une fierté. Je me suis lancé dans ce truc, je vais pas non plus le faire qu'à moitié. Mais, je ne peux pas nier qu'un truc cloche. Pourquoi ai-je comme la sensation de courir, à moitié nu et en maillot moulant, je le rappelle, tout seul ? J'ai la désagréable sensation qu'il manque quelqu'un.

***

Euh... Aaron ? Tu déconnes hein ? … REVIENS ! MAIS REVIENS GROS DÉBILE ! Et Frey agite ses petits membres bien trop courts pour qu'Aaron ne fasse attention à lui. Si le Moustillon avait été plus grand, plus fort, plus vif, il aurait pu arrêter son dresseur, il aurait pu faire un truc. Lui faire comprendre que, non, se barrer en courant en prétextant une course contre Jacques (en plus il est COACH, tu capiches 'Ron, comment tu veux gagner une course contre ce type ? Sacrément con, hein) était une vraie idée de merde. Genre. VRAIMENT. Parce que là... là... déjà Jacques était pas forcément hyper hypé par cette idée. Mais, entre-temps (pendant que tu courais les couilles à l'air, là) ben, il y a comme un LÉGER retournement de situation. SI TU VOIS CE QUE JE VEUX DIRE.
Le pauvre type Eau abandonné se décale légèrement pour vérifier l'ampleur du problème. Umh. Embêtant. A son tour, Jacques est complètement absorbé par une masse de sable. D’abord le bras, puis une jambe. Il parvient tout de même à jeter ses Pokémons un peu plus loin. Un gros tas de sable qui a bien doublé, voire triplé, de volume. Sans, pour autant, que le pauvre Moustillon ne se rende vraiment compte que c'est de sa faute. Son dresseur n'est pas là et est une véritable buse en matière de combat, comment pourrait-il le deviner ?
Frey a pris un peu de recule, regarde, incrédule, la situation se dégrader petit à petit. Comment est-il sensé rattrapé Aaron alors que Jacques se fait bouffer ? Mystère. Pire que ça, Invy n'est jamais dans le coin quand on a besoin de lui et Phy a décidé de montrer que c'était elle la plus rapide en matière de courses. Pfeuh. Forcément, une boule de dix grammes avec des fusées aux fesses, qu'est-ce que tu veux qu'on fasse.
Bref, Moustillon avait du mal à se rendre compte de l'ampleur de la catastrophe. Il se sentait alarmé mais regardait avec des yeux de merlan frit la situation. Au bout d'un moment, il tâte de sa petite patte le morceau de sable juste devant ses yeux. Celui-ci rebondit telle une guimauve brûlante et revient aussitôt à sa place en laissant s'échapper un petit filet d'eau. C'est qu'il est pas si bête, le Pokémon. Il vient de comprendre que le monstre est gorgé d'eau. A cause de lui.
A cause de lui.
Il a vraiment fait ça ?!
Jacques va-t-il mourir par sa faute... ?

Hors de question !
Ca va chier des bulles carrées !
Le type Eau empoigne bien fort son coquillage et le fait tournoyer au dessus de sa tête en poussant un cris de guerre aussi viril que possible. Il frappe dans le lard et s'acharne sur le ventre toumou du gros plein de soupe. Tel un barrage qui s'effondre, le Trépassable rejette l'eau par les fentes béantes laissées par le coquillage. Emporté dans son élan, Frey parvient à grimper jusqu'à la tête et à croiser le regard béant et d'incompréhension du titan. Il fronce les sourcils et lui tire la langue en lui jetant sa seule arme au visage.

Frey retombe au sol et se rend compte de son désarmement. Que doit-il faire dans cette situation ?! Il doit devenir plus fort, plus robuste, plus vif. En entrouvrant à nouveau ses paupières, Frey sent qu'il n'est plus le même. Il est véritablement devenu plus fort, plus vif, plus beau. Il n'a qu'à poser ses mains sur ses hanches pour trouver deux nouvelles lames rutilantes. Cette immondice ne va pas faire long feu. Moustache frémissante et œil à l'affût, le tout nouveau Mateloutre se jette à corps perdu dans la bataille.

***

J'ai... comme l'impression qu'il se passe un truc derrière moi. Et si... Je n'ai pas le temps de lancer un léger regard vers l'arrière que l'ensemble de ma connerie s'effondre sur le bout de mon nez ce qui me fait me stopper net. Même d'ici, le Trépassable se voit, un véritable monticule, une vraie montagne ! ° Je t'avais dit, ça sentait le roussi. Tu m'écoute jamais. ° Et, attaché à cette montagne, un minuscule point bleu. Une sorte de... puce ? Une... tic ? Difficile à dire depuis ma position. C'est bleu. ° C'est Frey. Tu le fais exprès ou quoi ? Ou alors, il faut sérieusement songé aux lunettes mon vieux. ° Je sers les dents et me force à ne même pas songer à sa pique. Je suis trop loin pour faire quoi que ce soit... Mais si Frey s'est attaqué tout seul au Trépassable... Quant est-il des autres... ? L'image d'un Alban broyé sous une masse de sable s'impose à mon esprit. Le douloureux rappel de la tentative de possession du Pokémon me force à enfin magner mon train. Je fais demi-tour et je cours comme jamais. J'enjambe d'un saut notre digue construite la veille et sprinte à m'en crever les poumons vers le champ de bataille. J'essaie d'élaborer un plan, d'imaginer quoi que ce soit qui pourrait nous être utile face à ce... truc... Mais toute mon attention est focalisée sur la santé de mon meilleur ami. J'ai beau arrivé en un temps record à quelques mètres du combat, je ne sais même pas quoi faire. Je suis même incapable de dire quelles sont les faiblesses de ce Pokémon... Je ne suis bon qu'à regarder Frey le vider de son eau en imaginant Alban, suffoquer sous cette masse informe.

Alban ne peut pas mourir... Il n'a pas le droit... Je ne suis pas ressorti vivant de cet effroyable cauchemar pour qu'il meurt sous mes yeux... Pourtant, je me sent impuissant, incapable de faire quoi que ce soit. Juste bon à regarder, larmoyant, le Trépassable agiter ses paroies sableuses qui avancent irrésistiblement vers moi. Après tout, si Alban doit y rester aujourd'hui... Je n'ai pas plus de raison de survivre. Autant se laisser là. Je sent Glaedr frapper furieusement à ma porte. Il y en a une qui n'est pas d'accord. Tant pis pour elle. J'ai encore le droit de choisir de crever, nan ?! Mon doigt de pied se crispe si fort qu'il se transforme en crampe qui remonte aussitôt jusqu'au mollet. Alors que je m'apprêtais à mourir, me voilà effondré sur le sable, tentant vainement de contrôler mes muscles.

« _ LASER GLACE ! »

Une voix familière s'élève dans mon dos alors que de chatoyant cristaux de glace se forment à la vitesse de la lumière pour toucher de plein fouet le monticule de sable. Celui-ci se fige dans une position à faire froid dans le dos alors que Frey s'éjecte d'un bond pour échapper au givre. Alban ! Il va geler là dessous ! Remis de mes crampes, j'initie un mouvement vers l'avant mais une main m'arrête en m'attrapant par le maillot de bain.
« _ Suffit les conneries. Tu restes bien sage, là. Et tu me laisses gérer. »

Je coule un regard vers la voix. Je sais que c'est Guilda, je suis pas bête à ce point. Mais son visage tempétueux me fait avaler de travers et je m'étouffe alors que notre employeur dirige d'une main de maître son Feunard à la robe scintillante et son Dragmara étincelant. Les deux Pokémons glace agissent dans une osmose parfaite et, bientôt, le Trépassable n'est plus en mesure d'effectuer le moindre mouvement. Et, pas plus tard qu'une minute après, il explose dans une multitude de flocons argentés, laissant apparaître le corps d'Alban. Mon cœur rate un battement et je profite d'un moment d'inattention de Guilda pour m'échapper de son emprise et courir à sa rescousse.
Je n'ai pas le temps de faire deux mètres que je prends un pied dans la figure qui me fait valser sur le côté. Clignant plusieurs fois des paupières, je tombe nez-à-nez avec un Mateloutre extrêmement couroussé. Qu'est-ce qu'il veut celui-là ?! Les sourcils froncés, il n'hésite pas à me foutre une deuxième baigne. Ses yeux me rappellent quelqu'un...
° Tu es tellement exaspérant. C'est Frey. Et, il est pas content.°
Je me disais bien qu'il me rappelait quelqu'un.

« _ Frey, écoute, est-ce qu'on peut régler ça plus tard, d'accord ? Okay, j'ai été le Dresseur le plus pathétique de la plage, mais là, Alban a vraiment besoin de moi. »

Contre toute attente, le type Eau me laisse passer en mimant un « oui » de la tête. Qu'est-ce qui lui prend ? C'est l'évolution qui le fait péter plus haut que son cul ? Je décide de résoudre ce mystère plus tard, me jetant au près d'Alban dont la respiration est faible mais bel et bien existante. Soulagé, je le récupère au creux de mes bras. Il va avoir besoin de soin...
Intimidé et honteux, je rejoins néanmoins Guilda qui s'est assurée de la défaite du Trépassable et qui murmure dans sa barbe d'une voix anormalement rauque.

« _ Chaque année c'est la même histoire ! On engage des personnes censées être capables de protéger cette plage, chaque année je suis obligé(e) d'intervenir pour foutre la raclée au Trépassable qui dort tout l'hiver durant. J'en ai ma claque ! A chaque fois je dois me donner en spectacle à tous ces petits bourges de vacanciers... Qui m'applaudissent telle une héroïne et qui sont prêts à toujours dépenser plus !... Finalement... Ces étudiant sont parfaits ! -Et ils ont de beaux p'tits culs, ses maillots sont tops!- »

Je m'éclaircis légèrement la gorge. Je ne veux pas vraiment l'interrompre dans ses réflexions. Mais elle lève un œil vers moi et comprend tout de suite. Elle siffle vivement et un Phogleur qui apparaît non loin de la côte. Guilda m'arrache presque le corps d'Alban pour le déposer sur son Pokémon.

« _ Il va avoir besoin de soin. Toi, je ne peux décidément pas te confier la plage. Alors tu récupères tes affaires et tu te casses. »

Je n'ai pas le temps de protester, ni de demander où elle emmène Alban. Le trio est déjà reparti. Me voilà seul, abandonné avec mes Pokémons et, en prime, ceux d'Alban. Je me sent con, seul et abattu. Le pas traînant, je ramène toute la petite troupe à la tour de guet où les deux autres surveillent la plage. Ils ricanent à mon arrivée et je ne sais par quel sang froid je parviens à ne pas en prendre un pour frapper l'autre. Je rassemble nos affaires rapidement. Je n'ai pas vraiment envie de traîner dans les parages.
Je file direction les vestiaires, décide de garder le moule-bite en souvenir, et me dirige vers le port. Sans les Pokémons Vol d'Alban, je n'irais pas bien loin. Je suis néanmoins incapable d'abandonner mon meilleur ami comme ça. Et puis, toute son équipe est restée avec moi. Sauf Levanter qui espère trouver l'endroit où son maître est soigné. Je me décide à acheter des friandises pour tout le monde et nous formons un petit cercle sur les pavés du port, loin de l'agitation de l'hôtel de luxe. Je me suis rarement senti aussi nul. Seul l'évolution de Frey parvient à me mettre un peu de baume au cœur.

« _ Tu as été incroyable, Frey. Je n'ai même pas de mot pour te dire à quel point je suis fier de toi. Et j'en ai encore moins pour décrire à quel point j'ai été stupide et irresponsable. Ce que tu as fait... c'était magistral. Merci Frey, merci d'avoir sauvé Alban. Tu fais un bien meilleur ami que moi. »

Et je prends le Mateloutre dans mes bras, lui caressant doucement le haut du crâne. Sans que je ne comprenne pourquoi, le Pokémon se laisse faire et me rends même mon étreinte, ce qui a le don de me faire verser une larme.

« _ Vous avez tous été courageux, bien plus que moi. On ne serait vraiment rien sans vous... »

Ma phrase reste un moment accroché dans les airs, les Pokémon échangent des regards, se font des signes. Allez savoir ce qu'ils se disent, ce qu'ils échangent. Puis la fatigue nous ratrappe, les mots se font rares... Dans combien de temps Alban montrera le bout de son nez...
Les vagues me bercent et, malgré l'inquiétude ambiante, je ne mets guère de temps à sombrer dans le monde des rêves...

Je suis réveillé en sursaut par la griffe acérée de Maky. Je tourne vivement mon regard vers lui mais il me fait un petit geste pour me faire comprendre que je ne regarde pas dans la bonne direction. Faisant volte-face, je vois Alban arriver à contre-jour avec le soleil couchant. Je suis tellement pressé de me relever que la tête me tourne, mais je cours à sa rencontre. Physiquement, il a plutôt l'air d'aller bien... alors, je ne peux m'empêcher de me jeter dans ses bras. Je n'ai guère de mots pour excuser toutes mes conneries. Même si je tente ma chance, tant bien que mal...

« _ J'ai été qu'un con ! De bout en bout ! Je sais même pas comment c'est possible d'être aussi abruti que moi... »

Comme au bon vieux temps, les larmes jaillissent sans que je ne puisse vraiment les arrêter. De honte, de joie, de peur, d'amitié.

« _ Je suis sincèrement désolé... »

S'il savait à quel point je suis sincère. Jamais, jamais je n'ai voulu faire de mal à Alban. Jamais je n'aurais voulu l'abandonner comme ça. Et, pourtant, c'est bel et bien ce qui est arrivé. Je n'ai pas plus de choses à dire, je ne peux pas me justifier encore et toujours. C'est à lui qu'appartient la décision fatidique.
Aaron S. Mightley


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[Mission] Alola Baywatch  [PV Aaron] Turtwig

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Sujet: Re: [Mission] Alola Baywatch [PV Aaron]   Dim 5 Nov - 14:23
Modération Mission Alban

Alban
Note personnelle : être l'ami d'Alban peut avoir des conséquences néfastes pour la santé. Ou en tout cas, entraîné les gens dans des missions à leur corps défendant, ce qui n'est pas très différent si l'on prend en compte le facteur PC.
Très sexy l'uniforme, cela dit. Malheureusement, il ne protège pas vraiment des assauts sur la zone concernée, ton sacrifice sera honoré, Alban. Les péripéties s’enchaînent sur cette belle plage, on a du classique mais j'avoue que le coup du bain de minuit me restera en mémoire. Se venger sur de pauvres Comcombaffes, cela dit...
Le final contre le Trépassable dans les grottes est assez sympathique. Un peu brouillon niveau action, mais on parvient à dégager quelques moment mémorables (La non-évolution d'Helios en premier lieu, pour ma part). Le coté non-combattant d'Alban ressort pas trop mal, vu que les échanges d'attaques sont assez chaotiques et qu'on utilise des Pokémons peu concus pour le combat. Quand au style, c'est impeccable et sans faute. Il n'y a que la structure, surtout dans les derniers posts qui m'a un peu perturbée.

PS : Mention honorable pour la citation du PDC.

Mission hors-délai d'un mois, pas de récompenses du coup.


Modération Mission Aaron

Aaron
Brave Aaron, pauvre Aaron. Entrainé contre son gré avec son meilleur ami (Me dit pas que ça te plait pas, tu peux le mater en bikini rouge). Pour le coup, le petit Phyllali est super actif et guide pas mal les actions par moments. De plus, là où Alban reste méditatif, on a un Aaron qui ne laisse pas les milles-cent-questions-du-feuilleton-'L'Amour-des-deux-A'' le perturber...Et quand on voit ce qu'il se tape niveau problème mentaux et possession, c'est pas mal un exploit.
On reste donc sur le Aaron naïf qui se met dans les pires ennuis et qui finit par s'en sortir parce que ses Pokemons sont UN POIL plus malins que lui...et dans le duo, ça marche.
Mention spéciale pour les Rps qui sont long, bien écrits et avec très peu de fautes !

PS : La Terreur serait donc un Dragon d'or prisonnier d'un Eldunari...On fait difficilement plus coriace comme adversaire, bonne chance Ronron.

Mission hors-délai d'un mois, pas de récompenses du coup.


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[Mission] Alola Baywatch [PV Aaron]
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