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Briser la glace [Terminé]
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MessageSujet: Briser la glace [Terminé]   Sam 16 Déc - 23:55

La glace crissait sous les lames de Salomé. Patins chaussés, la demoiselle faisait trembler la piste autant qu'elle tremblait elle-même. Elle n'était pas familière de ce sport, aussi se tenait-elle à la rambarde lorsque la fatigue l'accablait, la lâchant par moments pour disparaître parmi la foule. Elle souhaitait profiter au mieux de ces vacances, oublier tout ce qu'elle avait enduré cette dernière semaine et décompresser sans craindre de voir l'ombre géante de Logan surgir. La rousse portait encore les séquelles de la raclée qu'il lui avait infligée, des bleus le long du corps, mais tout cela était invisible sous l'épaisse couche de ses vêtements. Il avait eu la gentillesse d'épargner son visage, aussi passait-elle inaperçue parmi les étudiants. Tout le contraire de Algernon qui avait encore sa chair exposée à nue, un doux duvet avait commencé à pousser pour remplacer ses plumes arrachées par touffes. Il devait avoir froid sans son plumage épais, le pauvre. Mais il était bien là, toujours vaillant, posté sur son épaule, battant des ailes parfois pour retrouver l'équilibre lorsque sa dresseuse manquait de chuter.

Les deux Feurisson, eux, bravaient tous les dangers pour tenter de courir sur la piste, sans se soucier de leurs flammes incendiaires face à la plaque gelée, menaçant de se transformer à tout moment en flaque d'eau géante si l'un d'eux avait le malheur de faire feu. Django et Phoën roulaient sur la patinoire, flammes éteintes, s'amusant comme deux jeunes fous. Django était plus beau que jamais parmi ce paysage polaire, ses flammes de toute beauté étaient remarquables et élégantes, se fondant dans le décor. La Germignon, elle, était recroquevillée près du rebord, toujours prête à intervenir si les choses dérapaient, elle et ses bons soins, elle avait préféré rester loin de la plaque de glace ; le patinage, très peu pour elle ! Mais elle ne quittait pas des yeux sa dresseuse, garde du corps improvisé prête à fondre sur sa proie si l'occasion se présentait.

La rousse se sentait un peu plus à l'aise. Elle tentait de virevolter depuis ses patins, gagnant en vitesse. Elle était prête à s'envoler mais son corps restait obstinément cloué au sol. Elle allait et venait, longeant parfois la rambarde pour s'en éloigner définitivement et gagner le centre, à contre-sens parfois car elle avait ce goût certain du risque. Elle patinait et riait, ses éclats se mêlant à la glace déchirée sous le sillon de ses pas. Deux fines lignes se dégageaient, deux rainures ou fissures, communes à tous les patins. Elle striait et rayait la glace, peu importait son itinéraire. Elle avait quatorze ans et l'insouciance restait obstinément en elle.
Mais la vitesse peut se montrer traîtresse. Elle avait joué, elle était en train de perdre. Son élan se transformait en un poids impossible à arrêter. Leon Nahr avait évoqué seulement la vitesse un peu plus tôt dans l'après-midi, jamais la question du freinage n'avait été abordé ! Et l'impact se rapprochait dangereusement tandis qu'elle, petite étoile filante, se consumait pour heurter le monde. La vitesse qui tue, toujours elle.

— ATTENTION !


Elle avait hurlé, éveillant son starter somnolent. Lui-aussi avait crié, piaffant dans sa langue, comme un énième avertissement. L'idiot ne s'était pas même envolé, restant un peu plus accroché à l'épaule de la Médecin au point de lui vriller la peau et d'imprimer sur elle les marques de ses pattes.

Mais gueuler n'avait servi à rien. Si ce n'est attirer un peu plus l'attention sur elle.
La demoiselle n'avait pas su éviter l'obstacle qui lui faisait face. Et quel obstacle ! Une crinière blonde à en frémir de jalousie, un visage fin, des pommettes saillantes, le tout qui devait avoir à peu près son âge. Salomé la percuta, bras tendus en avant pour se protéger, faisant faire un vol plané au Picassaut avant que ce dernier ne se souvienne qu'il savait voler et se dégage de cette mêlée humaine.

— Ça va ? T'as bien tous tes doigts ? Faut pas déconner avec ça, une lame de patin mal placée et c'est un coup à se retrouver avec une main incomplète !

Parce qu'elle prenait réellement son rôle de Médecin au sérieux. Elle attrapa les mains gantées de sa victime avant de se rendre compte que tout était bien là. Un, deux, trois, quatre, cinq. Le compte y était. Mais déjà Chayana avait fendu la patinoire et sa foule pour retrouver sa dresseuse et lui porter assistance. Le couple de Pokemon Feu, de leur côté, restait bien sagement dans un coin, préférant ne pas se mêler des affaires des humains. Eux avaient bien raison.

Le type Plante avait déjà commencé à lancer un Vibra Soin, la prévention avant tout. La gitan leva les yeux au ciel face à son comportement.

— Elle va bien, je vais bien, on va bien, y a pas besoin, Chayana !


Mais rien à faire. L'onde de soin continuait de se propager entre les deux humaines. La demoiselle quitta le sol pour se redresser tant bien que mal. Ses gants étaient éraflés mais son corps était intact. Rien de nouveau avec cette chute.
Puis elle perdit un peu trop de temps sur le minois de sa victime. Peut-être aurait-elle dû commencer par cela.

— Mais c'est toi ! Tu es celle qui...


Elle n'arrivait pas à finir sa phrase. Instinctivement, elle porta la main à l'ecchymose qui brûlait encore et la réveillait la nuit. Et les blessures qui avaient craché du sang lors de cette nuit fatidique. Algernon tournoyait déjà au-dessus de la tête de l'inconnue qui n'en était plus vraiment une. Salomé savait ce qu'elle avait fait pour elle, elle savait que son intervention, Logan aurait pu avoir le dernier mot.
Elle s'était relevée trop vite. Elle attrapa au plus vite la rambarde pour éviter de chuter à nouveau. Elle ne souhaitait pas revivre à nouveau cette nuit d'horreur. Mais cette Givrali n'y était pour rien, bien au contraire. C'était déjà trop pour elle. Se calmer d'abord. Aviser ensuite.

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MessageSujet: Re: Briser la glace [Terminé]   Dim 17 Déc - 15:56



Briser la glace
La blonde réajuste ses gants fins avant de pénétrer sur la glace. Les vacances d’hiver ont commencé ici sur Lansat. Et ce sont de belles vacances qu’a prévu l’académie. Un village de Noel, des chalets et des tonnes d’activités à faire. L’intérêt de Ranya s’est soudain éveillé, particulièrement quand les professeurs ont évoqué cette patinoire géante située dans le village. Il y avait même des cours pour les plus intéressés. La danseuse a sauté sur l’occasion pour s’y inscrire. A défaut du gymnase c’est surement cet endroit qui sera son refuge pendant ces longues vacances d’hiver. Les premiers pas s’enchainent sur la glace pendant qu’elle se remémore tous les souvenirs que font remonter en elle cette pratique artistique.

Les professeurs de danse lui ont souvent répété cette chose-ci. Un danseur est au sommet de son art quand il est capable de reproduire, ou à défaut d’adapter, sa chorégraphie sur la glace de sorte que le public soit aussi enthousiaste de le voir se produire sur le sol que sur la surface gelée. Alors, depuis ses 5 ans, le conservatoire organise des leçons de patinage. Pendant 9 ans, Ranya a effectué 6 heures de danse classique par semaine, plus deux heures sur la glace. Bien sûr, les deux pratiques sont différentes. La glace offre une souplesse de mouvement que ne permet pas le sol traditionnel. En contrepartie, la patinoire efface une partie de la précision des mouvements classiques. Il faut savoir allier les deux pour rendre une performance époustouflante. Quelque chose de difficile mais nécessaire pour faire de son art quelque chose d’exceptionnel.

Les écouteurs dans ses oreilles cachées sous son bonnet diffusent une partition que la jeune fille connait bien . Encore une musique au piano mais très adaptée à l’exercice du patinage. D’abord lent pour s’adapter à la piste et faire des mouvements lents, puis une accélération pour laisser place à des figures plus rythmées et impressionnantes. Comme cela fait presque 3 mois que la demoiselle n’est pas remontée sur des patins, les mouvements sont plus longs à se remettre en place. Mais vite, les réflexes reviennent et la magie opère. Un joli saut, une réception pas trop mauvaise et Ranya retourne s’accrocher à la rembarde pour reprendre son souffle. Fàfnir quant à elle tournoie autour de la tête de sa dresseuse et suit le moindre de ses mouvements. La blonde n’a jamais compris ce qu’il y avait d’amusant dans cette activité mais ne cherche plus à le comprendre. Fàfnir reste un mystère pour elle.

Plongée dans sa réflexion et surtout dans sa musique, elle ne remarque que beaucoup trop tard la flèche rouge qui fonce droit sur elle. Pas le temps d’effectuer un pas sur le côté que la rousse la percute violemment. Les deux jeunes filles finissent par terre, les fesses sur la glace. Un peu sonnée, mademoiselle Iluzion secoue la tête pour remettre ses idées en place. L’assaillante quant à elle prend tout de suite au sérieux les conséquences de ses actes et se met à compter les doigts de la blondinette pour vérifier qu’ils sont tous là. Ranya la regarde avec de grands yeux sans réellement comprendre. Puis un autre pokemon apparait. Un Germignon à la feuille de cuivre. Magnifique pensa la jeune fille dans son esprit. En tout cas plus qu’une certaine pokemon spectre qui fait peur.

Le fameux pokemon lança une attaque qui traversa le corps de la blonde. Comme une douce vague qui chatouille chaque parcelle de sa peau. Un drôle de sentiment l’envahit, une sorte de bien-être. La rousse se relève de la glace, permettant à la blonde de lever les yeux au ciel. Elle aperçoit alors un petit oiseau volant au-dessus de sa tête. Son corps loupa un battement quand elle le reconnut. C’est l’oiseau blessé d’il y a quelques jours. Et la jeune fille était sa dresseuse, celle au milieu de la bataille couverte de sang. La blonde n’a pas de grand souvenir de cette nuit-là. Elle a eu tellement peur que son esprit a inoculé les détails. La rousse aussi l’a reconnu. Les deux jeunes filles ont compris.

Ranya ne sait pas vraiment quoi dire ni comment se préoccuper de ça. Cette fille lui rappelle un sentiment de terreur qu’elle n’avait jamais ressenti jusqu’alors. Pourtant, ce n’était pas de sa faute. Et puis, la demoiselle s’en voulait, de ne pas avoir été efficace à ce moment-là. Elle aurait pu faire comme dans tous les films, aller aider la demoiselle en détresse, jouer à la super héroïne. Mais à la place de ça, elle pleurait à chaude larme sur l’herbe humide sans savoir comment calmer son cœur sur le bord de l’explosion. Tu parles d’une héroïne. La blonde se relève pour adresser quelques mots à l’autre adolescente.

Oui c’était moi cette nuit-là, mais honnêtement il vaudrait mieux que tu oublies ça. Je n’ai pas servi à grand-chose et si c’est pour qu’on se rappelle mutuellement cette nuit d’horreur il vaut peut-être mieux que l’on ne se parle pas d’accord ?


Ranya n’attendit pas la réponse de la rousse pour se décoller de la rembarde. En quelques pas, elle s’approcha de l’extrémité de la patinoire. Elle avait besoin de forcer. Elle avait besoin d’oublier. Alors, elle partit à toute vitesse à travers l’étendue gelée. Une nouvelle musique là suivait, celle-ci synonyme de désespoir, en tout cas dans le film dont elle est tirée . Accélérant à chaque pas, elle se préparait à faire une figure qu’elle n’avait pas fait depuis quelques mois. C’était très dangereux, et très bête. Mais qu’importe, la jeune fille a besoin de sentir l’adrénaline dans son corps, cette bonne adrénaline pour oublier celle qui s’est emparée d’elle la nuit du 6 décembre. Alors une fois lancée à pleine vitesse, la blondinette prit son élan pour s’élever dans le ciel. Un double flip. Son corps tourna dans les airs deux fois avant d’atterrir de nouveau sur la glace, la jambe gauche tendue vers l’avant. Elle avait réussi.


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MessageSujet: Re: Briser la glace [Terminé]   Dim 17 Déc - 17:33

Elle avait juste eu le temps d'ouvrir la bouche avant d'apercevoir la demoiselle prendre la fuite. Algernon était encore occupé à tourner autour de l'emplacement désormais vide de toute présence de la Givrali avant de s'apercevoir de son erreur. Il se stoppa, retournant sur son perchoir habituel – l'épaule gauche de Salomé – et enfonça sa tête sous son aile. Mais Salomé ne souhaitait pas en rester là. Elle observa les pas de la blonde, aussi précis qu'élégants. Elle paraissait être née avec des patins, tout le contraire de Salomé qui saluait déjà sa performance de tenir debout ; pour le freinage, ce n'était pas encore ça. La rousse ne la quittait pas des yeux. Elle la vit s'élancer avant de s'envoler. C'était un oiseau qui  côtoyait les étoiles et venait d’atterrir avec une grâce déconcertante. La gitane la rejoignit à son rythme, elle était certaine d'avoir déjà pu admirer pareils pas du temps où elle était encore avec l'ensemble de sa famille, elle parcourant les villes à dos de caravanes.

À son rythme, elle la rejoignit, imitant Algernon un peu plus tôt en tournant tout autour de sa proie. Elle n'en avait pas fini avec elle, il était encore trop tôt pour la laisser s'en aller.

— Sauf que moi, je ne peux pas oublier,
reprit-elle sans se soucier de la moue équivoque de son interlocutrice, une nuit pareille, ça ne s'oublie pas, jamais. Tu le sais où je serais si tu n'avais pas été là pour prévenir Calliope ? Moi non plus, j'en sais rien. Mais sûrement pas ici, sûrement pas dans cet état, sûrement pas.

Le peu que cette blonde avait fait, c'était déjà beaucoup. Elle ne comprenait pas cette modestie qui n'avait pas lieu d'être. Inconsciemment, elle lui avait sauvé la vie. La Givrali fut bien vite rejoint par le couple Feu. Django paraissait reconnaître à son tour cette sauveuse sortie de nulle part. Il aboya dans sa langue quelque chose à l'intention de son amant. Aussitôt, le regard de Phoën devint changeant, plus tendre et amical auprès de la patineuse. Lui aussi savait désormais ce qu'elle avait fait. Les rumeurs se répandaient vite, même dans le monde Pokemon.

— Phoën ne serait peut-être pas debout sur ses quatre pattes aujourd'hui si tu n'étais pas intervenue, fit-elle en montrant du bout du doigt le Feurisson non chromatique, lui non plus ne peut pas oublier. Tu n'as pas le droit de nous demander ça !

Parce que le je était devenu un grand nous.
À vrai dire, la rousse ignorait la finalité de cette nuit si la blonde n'avait pas fait acte de présence. Elle se rappelait la cruauté gratuite de Logan envers son propre Pokemon. Elle se rappelait le chantage immonde qu'il avait imposé à Django. Naïvement, elle partait du principe que le chromatique l'aurait choisie elle plutôt que son amoureux. Mais elle n'en savait rien et préférait ne pas connaître le fin mot de cette histoire. Cela avait été éprouvant pour eux eux tous, personne ne s'en était encore totalement remis. Le Pokemon de Logan portait encore des séquelles, des ecchymoses à son tour dissimulées sous son pelage d'émeraude, une boiterie certaine qui se voyait au premier coup d’œil.

— Alors merci. Même si t'as pas l'air d'en vouloir de mes remerciements, ça empêche pas que toi aussi t'étais là cette nuit-là et si t'étais pas prête à assumer les conséquences de ton geste, tu aurais pu choisir de ne rien faire. Ne rien dire. Ne rien voir. Ça aurait été réglé, cette histoire. Mais je sais pas dans quel état tu en serais ressortie, toi, alors.

Les deux Feurisson s'étaient collés à la patineuse blonde, offrant un peu de leur chaleur corporelle à la demoiselle. Leur manière à eux de dire merci. Algernon aussi paraissait se souvenir. C'était elle qu'il avait prévenue, plus précisément le Feuforêve. Il tourna autour du type Spectre, exprimant sa reconnaissance à sa manière.

Le visage de Salomé ne cessait de scruter celui de la Givrali. Ses traits lui paraissaient familiers sans qu'elle ne comprenne pourquoi. Elle avait beau creuser dans sa mémoire, les souvenirs lui demeuraient interdits et obscurs. Difficile de compter sur l'aide de l'un ou l'autre de ses Pokemon, eux ne pouvaient rien faire, encore moins la connaître. C'était quelque chose de sa vie d'avant l'académie. Quelque chose de flou qui surgissait dans son crâne.

— On se serait pas déjà rencontrées avant que tu débarques à Lansat, par hasard ?

Autant demander plutôt que de s'échouer à trouver la réponse par soi-même. Comme si elle risquait de lui dire quoi que ce soit après le discours qu'elle venait de lui tenir. Déjà que la blonde paraissait ne pas vouloir avoir le moindre contact avec la rousse, ce n''était pas ainsi qu'elle risquait d'obtenir quoi que ce soit de sa part.

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MessageSujet: Re: Briser la glace [Terminé]   Dim 17 Déc - 19:19




Briser la glace
Les lames de ses patins viennent s’écraser contre la glace accompagnées d’un bruit typique au patinage. Il n’est pas violent. Il n’est pas désagréable. En vérité, on pourrait presque le comparer à des grelots qui viennent s’entrechoquer tout en produisant un tintement mélodieux.  Puis se fut au tour du crissement des lames effectuant un dérapage de venir se rependre dans l’air. Une drôle de symphonie accompagnée bien sûr de la musique de ce film de pirate que la jeune fille apprécie. Enfin elle apprécie surtout la bande son. Ses patins glissent le long de ce chemin imaginaire qu’elle s’est tracée, se félicitant elle-même d’avoir réussi ce double flip sans hésitation. Les professeurs du conservatoire l’auraient grondé pour cette action irréfléchie. Ils auraient avancé que la blonde aurait très bien pu se blesser et ne jamais pouvoir danser à nouveau. La plus grande menace de tous les danseurs.

Seulement voilà, il semblerait que la rousse n’ait pas dit son dernier mot. La voilà qui revient vers la blonde accompagnée de son oiseau. Elle ne lâche pas l’affaire, elle revient à la charge. Ranya éteint la musique dans ses oreilles et essaie de se concentrer pour suivre les prétentions de la Givrali. La danseuse n’est pas une sauveuse. Tout au mieux elle arrive à se gérer elle-même. Assumer des responsabilités pour les autres n’est clairement pas son domaine. Elle ne veut pas que quelqu’un lui soit redevable. Parce qu’il n’y a vraiment pas de quoi.

Evidemment que je ne peux pas oublier non plus. Je te rappelle que c’est ton pokemon qui s’est écrasé couvert de sang contre la fenêtre de ma chambre. Comment veux-tu que j’oublie ça ?

Rien que de repenser à cette nuit-là, la blonde en avait des frissons. Ce pauvre petit pokemon dont le pelage avait été arraché avec violence ne cherchait que l’aide d’une personne valeureuse. Malheureusement, il n’a su trouver qu’une personne capable tout juste d’avertir une autre personne pour remplir cette tâche à sa place. Elle a voulu suivre le mouvement, se dire qu’elle en était capable. Mais lorsque le liquide rouge a imprégné le tissu du beau pyjama gris de la danseuse, il n’y avait plus aucune étincelle dans son regard. A la place, il y avait le vide provoqué par la peur de quelque chose de beaucoup plus terrifiant que soit. La rousse continuait avec ses grands discours, ces grands éloges. Mais Ranya ne se sentait pas digne de les recevoir.

Tu m’idéalises beaucoup trop ! Je te signale que n’importe qui aurait pu faire la même chose, voir même en mieux, c’est-à-dire en allant te porter secours. Moi je n’ai fait que pleurer au sol tellement j’étais tétanisée. Je n’appelle pas ça un acte d’héroïsme.

Depuis ce jour-là, plus aucune nuit n’a été comme les autres. A chaque fois, avant de s’endormir, la jeune fille se demande si un autre pokemon comme le petit oiseau blanc viendra toquer à sa fenêtre. Chaque soir, elle se demande si deux étudiants sont en train de se taper dessus dans la nuit jusqu’au sang. Chaque soir, elle revoit les tâches de sang sur le tissu gris, ce beau vêtement qu’elle n’a pu que jeter. Les tâches ne partaient pas. Le sang ne partait pas.

Les deux pokemons feu viennent se blottir contre les jambes de la blonde pendant que la dresseuse finissait d’apporter ses remerciements. Ranya soupire. Visiblement, elle n’arrivera pas à arrêter la Givrali qui tient absolument à voir en elle une sauveuse. Fàfnir quant à elle s’amuse avec le petit oiseau. Il a encore de nombreuses marques de ces mauvais traitements, tout comme l’un des Feurissons au sol. Comment un humain peut-il traiter des pokemons de la sorte ? De toute façon, les rumeurs dans le dortoir disent que ce garçon, Logan, a été exclu de l’école pour l’instant. Un danger public en moins. Mais s’il revenait ? Mieux vaut ne pas y penser pour le moment.

Ce n’est qu’après un léger silence que la danseuse compris que la rousse la dévisageait. Elle n’attendait pas une réponse. Elle cherchait quelque chose dans son visage, dans ses traits. Malheureusement, la blonde sait ce que la jeune fille recherche. Elle l’a surement déjà vu lors de l’un de ses spectacles. Il ne manquait plus que ça. Cette file va finir par voir en mademoiselle Iluzion un ange tombé du ciel. Avec le plus de neutralité possible, Ranya répondit.

Si tu viens de Johto et que tu t’intéresses à la danse, tu m’as surement déjà vu. Mais as-tu suffisamment observé pour t’en souvenir ?




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MessageSujet: Re: Briser la glace [Terminé]   Lun 18 Déc - 0:02

Salomé n'insistait plus. Elle n'arriverait pas à avoir le dernier mot avec cette inconnue, c'était une évidence. Elle arrêta de tournoyer autour de la jeune blonde, préférant laisser de côté cette histoire de la semaine dernière. Mais elle ne pouvait en rester là sans une dernière phrase de son cru, ce serait bien trop facile. Elle espérait qu'avec le temps, cette Givrali se rendrait compte de sa valeur et de l'acte héroïque, bien qu'elle détestât ce mot-là, qui avait permis à la gitane d'être toujours en vie.

— Ça aurait pu être n'importe qui mais c'était toi,
trancha-t-elle, je crois que tu ne comprends pas bien. Algernon aurait très bien pu ne trouver personne cette nuit-là. Mais il t'a trouvée toi. Tu saisis ? Non ? Je vais te le dire, moi, je m'en fiche bien que tu sois restée prostrée au sol. J'aurais peut-être fait pareil à ta place, j'en sais rien, tu vois. Mais c'était toi l'étincelle qui a poussé notre préfète à sortir et personne d'autre.

Sans étincelle, rien ne peut arriver. Elle espérait faire comprendre cela à la demoiselle mais cela paraissait aussi compliqué que compromis. À son tour, la gitane poussa un soupir, se perdant à nouveau le long du visage de sa sauveuse, de ses yeux jusqu'à sa longue chevelure blonde. Elle était tout le contraire de la rousse physiquement. Elle était de Johto mais cela ne lui parlait pas pour autant. Du bout de son index, elle tapota son menton, réfléchissant un peu plus profondément à ce qu'elle avait sous les yeux.

— Ça tombe bien, je suis née et j'ai parcouru à Johto, c'est là-bas que j'ai fait mes premiers pas de danse, là-bas que je me produisais dans la rue pour faire gagner quelques pièces à toute la communauté gitane. Et parce que ça me plaisait, aussi.

Elle fit quelques pas. Elle se sentait un peu plus à l'aise avec les patins. Le sentiment d'avoir deux boulets ancrés aux pieds ne la quittait pas mais elle s'évadait un peu plus de la glace. Son niveau était loin d'égaler celui de la blonde, c'était indéniable. Mais elle tenait debout, c'était l'essentiel. La glace crissa sous les lames tandis que le couple de type Feu s'en était allé rouler à l'autre bout de la patinoire, toujours sous le coin de l’œil de leur dresseuse. La Germignon, elle, tentait tant bien que mal de tenir en équilibre sur cette glace maudite, chutant à de nombreuses reprises, enviant les ailes du Picassaut.

— Illusion !


C'était revenu à son cerveau. Spontanément. Elle l'avait dit un peu trop fort au point que des curieux avaient tourné la tête vers leur duo. Salomé porta sa main à sa bouche, consciente d'avoir fait une gaffe. Si cette demoiselle était bel et bien la danseuse émérite et reconnue qu'elle avait vue se produire sur scène à quelques reprises, cela risquait de susciter une émeute dans quelques instants.

— C'est bien toi, n'est-ce pas ? demanda-t-elle en baissant la voix, je t'ai vue plusieurs fois, je m'inspirais de toi, je voulais devenir aussi douée que toi lorsque j'étais plus jeune. Tes chorégraphies étaient si belles, si parfaites, si...

Trop parfaites. Trop belles. Il n'y avait pas la place pour la moindre erreur. Et c'était cela qui chagrinait le plus Salomé. Tout était si maîtrisé que la rousse avait fini par se défaire de cette image magistrale et magnifique de la danseuse étoile.

— Si lisses. Tous les détails étaient pensés. C'est ça qui m'a fait comprendre que jamais je n'atteindrais ton niveau. Tout était intellectualisé. Les danses de chez moi n'ont rien à voir avec les tiennes. Ça ne s'apprend pas dans un conservatoire ; ça se vit. Sais-tu vivre ?

Venait-elle d'insulter la grande et superbe Illusion ? Celle-là même qu'elle avait considérée comme un modèle pendant une partie de son enfance, alors que ses pas tendaient à s'améliorer et que la rousse se cherchait encore ? Très certainement. La gitane gardait la tête haute malgré ses critiques.

Mais entre consœurs, ne faut-il pas s'entraider ? Très certainement. Elle comprenait mieux pourquoi la demoiselle tenait aussi bien sur des patins, son entraînement dans sa prime jeunesse devait y être pour quelque chose. Salomé, elle, était fille de la terre, certainement pas un être de glace, aussi sa posture était-elle différente de celle de la blonde.

— Tu t'appelles comment, en vrai ?

Elle ne connaissait toujours pas le nom de la Givrali qui lui avait porté secours ; c'était une grave faute de goût, un manque cruel de politesse. Elle supposait que la blonde ne pouvait porter réellement ce nom d'Illusion qui avait tout d'un nom de scène. Beau et élégant, tout comme ses danses, il lui correspondait à merveille.

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MessageSujet: Re: Briser la glace [Terminé]   Mer 20 Déc - 22:36




Briser la glace
Tout le discours de la rousse avait épuisé mentalement la jeune fille. Elle a l’impression que ce n’est pas vraiment à elle qu’on s’adressait mais plutôt à une homologue, quelqu’un qui lui ressemble mais qui au fond n’est pas elle. Parce qu’elle se connait Ranya, elle sait qui elle est vraiment. Une enfant seule, plongée dans ce monde artistique qu’elle affectionne tant. Les alternances entre la danse classique et la mythologie pokemon représentent son quotidien. Il n’y a que là-dedans qu’elle se sent elle-même, qu’elle se sent vivre. Etre une héroïne ou une idole ne lui correspond pas, tout simplement parce que ce n’est pas elle. Les gens réclament Illusion, il ne réclame pas Ranya.

Quand la jeune fille évoque Johto, la blonde ressent comme un pincement au cœur. Là-bas tout était plus simple, tout était plus clair. Il n’y avait pas de complication comme ici, elle n’avait pas besoin de sans cesse se confronter aux autres. Tout était acquis par le simple fait de la naissance dans une ville où tout le monde se connait. Mademoiselle Iluzion n’a fait que de profiter des avantages qui lui étaient offert. A Rosalia, tout le monde savait qui elle était vraiment, et cela ne gênait personne. Elle n’avait pas besoin de leur expliquer. Ici, ce n’est pas pareil.

Plus ces paroles avancent, plus la jeune fille est intéressée par ce que lui raconte la rousse. Elle voyageait à travers Johto avec sa famille…gitane ? La blonde connait cette communité mais seulement de nom. Quand ils étaient de passage dans sa ville, ils avaient tendance à rester entre eux et le contact était limité. Visiblement, la Givrali faisait partie de cette communauté. Et elle danse. L’intérêt de Ranya se réveille automatiquement. Cette fille est aussi une danseuse. Enfin elle n’avait surement en commun que l’appellation parce que la danse classique et la danse gitane n’ont rien à voir l’une et l’autre. Ceux sont deux modes d’expression totalement différents. La technique n’est aussi pas la même.

Tout à coup, la rousse hurla à qui voulait bien l’entendre un nom. Son nom. Sa double identité. Illusion. Aussitôt, la blonde lui fit signe de se taire pour ne pas plus attirer les regards autour d’elle. Ranya ne veut absolument pas que d’autres gens soient au courant. Elle ne veut pas gérer une foule d’ado qui voit en elle la déesse de la danse. Pour témoigner, la jeune fille semble très emballée d’avoir en face d’elle la danseuse qui a surement le même âge qu’elle. La blonde sourit légèrement quand la rousse lui révèle qu’elle a été un modèle lors de ses débuts dans la danse. Encourager les autres à se lancer est une bonne chose, elle en est fière. Il ne faut juste pas franchir une certaine limite.

Oui c’est bien moi. Je suis contente que tu m’ais déjà vu danser mais pas trop fort je ne veux pas que tout le monde soit au courant.


Seulement, ce si beau tableau semble avoir une ombre derrière lui. Les paroles de la Givrali continuent et n’annoncent pas la même chose que quelques instants plus tôt. Visiblement, la perfection de la danse classique de Ranya avait fini par devenir un défaut aux yeux de la gitane. Cela sonnait comme des fausses notes. La blonde serre les poings. Comment quelqu’un peut-il insinuer ce genre de choses ? Les mots la démangent mais elle préfère prendre une grande inspiration.

Fàfnir, tu veux bien aller chercher tu sais quoi dans ma chambre s’il te plait ?

La Feuforêve, d’abord surprise, finit par exécuter et disparait du champ de vision des deux filles. La demoiselle réfléchit un instant avant de répondre aux interrogations lancées par la rousse.

Je t’avoue que je suis un peu déçue. Ce que tu as retenu de mes représentations, c’est la perfection des mouvements et de la chorégraphie exécutée. Tu n’as vu que la forme. Mais as-tu fait attention au fond ? Je sais que la danse que tu pratiques n’a rien à voir avec la mienne, qu’il y a plus de chaleur visible. Mais t’es-tu un instant demandé qu’est-ce que je voulais te dire à travers mes pas de danse. Si tu avais compris tu ne me poserais pas cette question…

Plus ou moins au même moment, Fàfnir revient avec un objet noir attaché à son collier. Une enceinte portative. Ranya la récupère dans ses mains et respire bien profondément. C’est la première fois qu’elle va danser devant des gens depuis qu’elle a quitté Johto. Un peu de stress mais normalement tout devrait bien se passer. Il faut qu’elle le fasse pour faire comprendre à la gitane ce qu’elle veut dire. Par des mots, elle n’y arrive pas. Alors on va passer par la danse, comme elle l’a toujours fait. En quelques pas, la blonde s’éloigne du bord et prend place au centre de la patinoire.

Regarde-moi et dis-moi ce que tu ressens, pas ce que tu vois. La danse devrait pouvoir te faire comprendre.

La pokemon spectre s’apprête à activer la musique mais la demoiselle lui fit signe d’attendre une seconde. Elle a encore un mot à dire.

Je m’appelle Ranya Iluzion.


Au même moment, la musique démarre et laisse place à une danseuse, une véritable danseuse qui fait plus qu’une simple chorégraphie. Elle s’exprime, elle fait vivre son espace, elle partage aux autres des sensations. Elle vit.




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MessageSujet: Re: Briser la glace [Terminé]   Ven 22 Déc - 1:52

Fàfnir et le corbeau dans la dernière saison de Game of Thrones ; même vitesse de vol. À défaut d'un message, c'est avec une mini enceinte portative que le type Spectre revient.
Comme si Salomé pouvait avoir compris de travers une chorégraphie. Comme si elle avait pu passer à côté du fond, comme lui disait si bien la Givrali. Peut-être la forme trop parfaite n'aidait-elle pas à porter les mots précieux de la blonde. La rousse ne doutait pas qu'elle y mettait tout son cœur mais c'était ces petites imperfections, ces détails, qui rendaient le tout encore plus beau, plus vivant. La gitane n'insista pas. Il aurait été stupide d'insister alors qu'elle était sur le point d'avoir droit à une danse privée de la part de la grande Illusion, n'est-ce pas ? Elle se sentait redevenir cette enfant qui attendait avec impatience le jour fatidique du spectacle, ce jour annuel qui l'émerveillait les premières années, pour la lasser ensuite. Mais tout était différent aujourd'hui. C'était sur glace qu'allait se produire la blonde masquée ; du jamais vu !

Ranya s'élança. Parce qu'au-delà d'Illusion, elle avait un nom. Comme elle. Elles auraient pu être sœurs de par leur passion commune et leur région d'origine. Mais les similitudes s'arrêtaient là.
Elle aurait pu sortir son iPok pour filmer le tout.
Mais voir à travers un écran, très peu pour elle.
Et puis, à quoi bon ?
Alors elle se contenta d'observer attentivement, comme exigé par Ranya.
Il y avait ces figures incompréhensibles et méconnues pour la rousse. Prête à s'envoler, la blonde quittait la glace pour atterrir quelques secondes plus tard. Cela durait le temps d'un battement d'ailes ; Algernon était là pour servir de métronome. La musique se déployait, enveloppant la danseuse ; à moins que cela ne soit l'inverse ? La Givrali n'aurait su le dire. Elle se retrouvait happée dans cette bulle, vers un ailleurs, un microcosme entier, pendant que tous les yeux se posaient sur Illusion. La foule s'éloignait, lui laissant la piste pour qu'elle puisse au mieux déployer son art. Si seulement la gitane tenait davantage sur ses patins, nul doute qu'elle aurait pu la rejoindre. Mais elle était là, clouée au sol, emprisonnée par ces chaînes aux pieds qui faisaient hurler ses orteils. Elle était là, reléguée au rang de simple spectatrice. Comme tous les autres.
Privilégiée.

Et elle continuait. Elle paraissait ne jamais vouloir s'arrêter. Le couple de type Feu avait fini par redresser des museaux étonnés face à cette bipède évoluant sur la glace comme s'il s'agissait là de son élément naturel.
La foule faisait silence.
Le monde faisait silence.
Et la fin, comme une plume glissant le long du ciel. Des applaudissements se déployèrent pour cette danse, improvisée ou non, Salomé n'en savait rien, mais c'était foutrement beau. Elle se joignit aux autres pour l'applaudir alors que Ranya faisait un dernier tour épuré. Vide de pas, vide de danse. Juste Ranya.

— Je t'ai vue, toi. Pas d'Illusion, rien que toi, Ranya. Et ça, ça c'était incroyable. Tu étais à la fois fauve et oiseau, tu était toi, tout simplement, lui narra Salomé, tu danses mieux sans ton masque. C'est toujours tes fins de spectacle que je préférais, à Johto. Quand tu enlevais ton masque et que tu laissais Illusion derrière toi.

Il devait parfois être difficile de dissocier les deux pour les groupies de la demoiselle. Il y avait sa part d'artiste et sa part civile. Ces deux moitiés réunies cohabitaient en un même corps. Vraiment, cela ne devait pas être facile tous les jours. Salomé était bien contente de n'avoir qu'un tiers du talent de Ranya, et encore, peut-être était-ce bien présomptueux ! Au moins pouvait-elle vivre sa vie comme bon l'entendait, sans nécessité de se cacher ni de se dissimuler. Et ça, c'était la plus belle des récompenses.

— Mais merci du cadeau, t'avoir vue danser maintenant, c'était comme si je retournais six ans en arrière. Comme si j'étais retournée à Johto, le temps de ta performance.


C'était tout à fait vrai.

— Elle aurait fait quoi, Illusion, lors de la nuit où on s'est aperçues ?

Atténuer cette nuit d'horreur. Toujours.
Cela continuait de réveiller quelque chose en elle. Son starter était bien tranquille, lui ne comprenait pas les litotes, lui ne comprenait pas grand chose. Elle-aussi aimerait devenir retardée mental, là, maintenant, pour réduire à l'état de poussière ce qui s'était joué ces derniers jours.

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MessageSujet: Re: Briser la glace [Terminé]   Sam 13 Jan - 13:58




Briser la glace
La musique avait débuté à travers la petite enceinte noire. Ce morceau, elle l’adore. A chaque fois qu’elle l’entend, elle ne peut s’empêcher de danser. N’importe quoi, n’importe comment, mais il faut qu’elle le fasse. C’est essentiel pour elle. Ce compositeur s’appelle Ludovico Einaudi. Il a composé énormément de morceaux au piano, notamment pour un très beau film. Il s’appelle Intouchables. Ranya l’a vu en boucle. Et à chaque fois elle est touchée par le jeu des deux acteurs principaux. Elle rit devant son écran, mais elle pleure aussi. Et la musique n’aide en rien le cœur de la blonde à s’apaiser. La danseuse vit tout à fond, il n’y a pas de limite. Quand elle est heureuse, on le sait. Et quand elle pleure au fond d’elle-même, on le sait aussi.

Revenons à la patinoire. Ce morceau est suffisant pour rappeler à la blondinette tous les souvenirs de ces entrainements sur la glace. Toutes ces figures qu’elle a apprise pendant ces séances difficiles lui reviennent. Ses jambes sont emportées par une sorte de courant indescriptible. Chacun de ses gestes la porte un peu plus loin sur la glace, dans ce monde magnifique qu’est la danse classique. Ses pieds s’agitent sur le sol gelé, ses bras bougent au rythme de la musique. Parfois, elle se permet des tourbillons ou des petites envolées. Tout ça lui parait si naturelle. Comme si au lieu de lui apprendre à marcher, on lui avait appris à patiner, à danser. A travers cette chorégraphie improvisée, elle veut se montrer. Elle veut montrer comment elle voit les choses autour d’elle, mais surtout elle veut montrer comment elle a grandi. D’abord des pas souples et simples puis des choses plus pointues, plus techniques. Comme un animal qui grandit et qui prend son envol. En cet instant, la blonde est l’animal.

La musique s’arrête, mettant fin à la danse de Ranya. Il y a eu un grand silence, puis des applaudissements. Sans s’en rendre compte, toute la foule présente à la patinoire s’était écartée, lui laissant le champ libre pour s’exprimer. Et visiblement ils ont aimé vu le cœur avec lequel ils applaudissent sa performance. Ranya est gênée. Elle n’aime pas se produire devant des gens, enfin devant trop de gens. A la base ce n’était que pour Salomé, mais elle aurait dû se douter que les autres en profiteraient. En cet instant, elle voudrait juste récupérer son masque pour se cacher et redevenir Illusion. Mais sans lui, cette couverture n’existe pas.

Avec douceur, l’adolescente se rapproche de la rousse. Après tout, c’était à elle qu’elle voulait faire passer un message. Et vu les étoiles dans les yeux de la jeune fille, elle a réussi. Salomé a traduit ses pas à sa façon. Entre l’oiseau et le fauve. Oui c’est une explication intéressante. C’est exactement ça que la blonde voulait faire passer. Une interprétation. Ça ne sera sans doute jamais la même que la sienne, ou même celle de son voisin. Mais c’est ça qui est beau dans la danse. Chacun y voit son propre message.

La fin de sa phrase la fait sourire. Oui les gens préfèrent toujours voir son vrai visage qu’un masque en carton. Ranya peut tout à fait le comprendre. Mais ça fait partit du masque, du personnage. Elle en a besoin pour se construire à la fois une carrière de danseuse, mais aussi un parcours en archéologie. Elle ne veut pas associer les deux. Illusion dansera, et Ranya trouvera. Joli proverbe.

Je sais bien que mon visage est toujours plus beau que le masque en carton que je porte hihi. Mais j’en ai besoin, c’est important qu’Illusion perdure.

A ces mots, la blonde se rappelle de tous ces spectacles qu’elle a pu faire à Johto. Chacune de ses représentations était différente. Même si celle de cette année était placée sous le signe du soleil, chaque année le masque était différente. Illusion n’avait jamais la même forme. Toujours à changer pour impressionner le public. Mais Ranya elle ne change pas. Elle reste fixe. Pour la danse, elle est beaucoup moins intéressante.

La dernière question de Salomé amuse la danseuse. Qu’aurait fait Illusion cette nuit-là ? La réponse est toute simple. Souvent les gens vont chercher compliquer. Il cherche des choses qui n’existent pas.

Illusion n’aurait rien fait du tout. Illusion n’est qu’un masque, une apparence. Elle n’est pas une personne, seulement une couverture, comme un second nom pour moi. A part danser, Illusion ne sait rien faire d’autre. Alors probablement qu’elle n’aurait rien fait du tout.


Ça va jeter un froid c’est clair, mais Ranya préfère dire la vérité. Illusion n’a pas de personnalité propre, elle n’est pas une vraie personne. Illusion danse devant des gens, pour le plaisir de danser. La blonde n’a jamais cherché à se développer une deuxième personne à travers ce masque. Enfin si, c’est une autre personne, mais pas au même sens qu’on l’entend. Illusion n’est qu’un pantin, destiné à remplacer Ranya sur scène. Ranya ne veut pas devenir une idole, elle ne veut pas que son visage devienne une marque. Alors elle utilise Illusion, un pantin qui se fiche d’être placardé sur les murs. Ranya elle ne s’en fiche pas.

Ça te dit qu’on aille se prendre un chocolat chaud, histoire de se réchauffer et de parler d’autres choses.

Cette histoire l’agace. Cette nuit lui fait peur. Alors autant tout laisser de côté pour avancer.



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MessageSujet: Re: Briser la glace [Terminé]   Jeu 18 Jan - 16:40

C'en était fini du spectacle. Ne restait plus que des étoiles dans les yeux de la rousse, et la blonde qui revenait vers elle, élan de réalité immobile. La patinoire se rappelait à elles, toujours aussi immense et pleine d'une foule qui n'en finissait pas d'applaudir. Mais cette dernière se dispersait déjà ; parents et enfants s'en allaient regagner la piste, pas hésitants sur la glace, adolescents se tenant à la rembarre sous les éclats de rire. Et Salomé puis Ranya plantées en plein milieu tandis que la vie reprenait son cours, obstacles immuables qui manquaient de se faire bousculer par les intrépides sur patins.

Chayana ne quittait pas des yeux le Feuforêve. Au moindre mouvement suspect, elle le plaquerait au sol. Même si sa lévitation l'empêchait de le toucher pour le moment, elle trouverait une solution. Django et Phoën roucoulaient sur la glace. La danse ne les avait pas interpellés. Ce n'était pas là une de leurs préoccupations ; se gesticuler en rythme. Tout ce que haïssait le Feurisson chromatique, il est vrai, lui le peureux et paniqué des regards, lui le Pokemon au grand trac. Et Algernon qui somnolait désormais, sa peau rosée recouverte de plumes naissantes. Il frissonnait quelque peu, aussi la demoiselle l'attrapa-t-elle pour l'envelopper de la chaleur de ses mains. Peu lui importait la réponse tranchée de Ranya. C'était une vérité et cela lui plaisait. Elle préférait laisser Illusion loin d'elles, elles n'en avaient pas besoin dans l'instant. Aussi eut-elle un sourire pour sa proposition qui fit réagir son starter. Lui était frigorifié et paraissait satisfait.

— Oui, allons faire ça ! De toute façon, j'ai mal aux pieds à force de patiner... J'espère m'améliorer encore un peu d'ici la fin des vacances !

Prochaine étape : le freinage.
Ensuite : atteindre le niveau de Ranya.
Sans entre-deux.
Danser sur la glace serait tellement beau et féerique. Pour l'heure, elle se contentait d'en rêver seulement. Non pas qu'elle souhaitait rivaliser avec la Givrali, loin de là, leurs styles étaient totalement opposés et différents pour permettre à chacune de danser et d'y trouver son public. Mais elle l'enviait quelque peu de pouvoir jouir d'une telle liberté avec ces lames tandis que Salomé était clouée au sol.

— Au fait, moi c'est Salomé Cobal.


Parce qu'elle ne s'était toujours pas présentée.
Même si suite à la nuit d'horreur, Ranya avait peut-être fini par apprendre le nom de celle qui s'était positionnée en victime face à Logan. Pour de vrai, cette fois-ci. À force de crier au loup, elle avait fini par le trouver à son insu. Son corps en portait encore les traces, mémoire physique avec laquelle elle devait avancer. Tout était dissimulé sous des couches de vêtements mais une fois son reflet face au miroir venu, elle voyait.

Ses doigts se perdaient le long de la naissance des plumes d'Algernon. Il avait un air de nouveau-né ainsi défiguré. Somnolant, il se laissa porter par sa dresseuse qui se débarrassait maintenant de ses patins. Elle quittait enfin ces boulets qui l'enchaînaient depuis le début d'après-midi. Enfin, ses orteils respiraient à nouveau. Elle les agita, cachés sous ses chaussettes, avant de leur faire retrouver le chemin des bottines.

Elle était parée pour ce fameux chocolat chaud.

HRP:
 

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Briser la glace [Terminé]
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