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Seuls [Solo][Terminé]
 Pokéathlète Médecin
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Pokéathlète Médecin
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MessageSujet: Seuls [Solo][Terminé]   Mar 19 Déc - 0:49

Django courait. Ses pattes désormais allongées s'élançaient dans la neige, ses flammes traçaient un chemin que lui seul empruntait. Il ne se souciait pas de savoir si sa dresseuse le suivait. Le nez en l'air, son flair dégagé, il pistait comme il savait si bien le faire. C'était comme en fouille, mais c'était une odeur qu'il traquait. La douce odeur de feu de bois de Phoën. Salomé haletait derrière lui, désespérant de mettre la main sur cette ombre qui ne tenait pas en place. Il ouvrait la voie, bondissant d'un endroit à un autre, jusqu'à s'enfoncer au cœur de la terre, Algernon derrière lui. L'oiseau ne comprenait pas l'enjeu de cette chasse. Il volait, naïvement. C'était ça qui était si beau chez lui. Mais le Feurisson continuait de traquer, renifler, avancer. Le tout sous les hurlements de la gitane qui ne se calmait pas. Elle n'arrivait pas à le rattraper. Et ce n'était pas cette disgracieuse de Chayana qui pourrait y faire quoi que ce soit, elle qui traînait son corps comme un boulet propre à ceux de son espèce. Lui avait l'agilité et la vitesse de son côté. Lui avançait, pas à pas, museau en l'air. Phoën était proche ; il le sentait.

Une porte automatique s'ouvrit pour laisser passer sa silhouette longiligne. Alors il le vit. Recroquevillé sur lui-même, entouré d'une Airmure et d'un Balbuto, assoupi, il paraissait mort. Le Feurisson ouvrit un œil puis un autre. Lui-aussi avait reconnu une odeur familière. Lui avait reconnu en Django ce que ce dernier avait reconnu en Phoën. Il s'ébroua, s'étira, avança son corps délabré vers le chromatique. Des pansements recouvraient son pelage, des ecchymose avaient fleuri sous son poil et des bandages entouraient sa patte avant droite. Il boitait, ne la posait que peu au sol. Le Feurisson de la rousse tourna autour de celui qu'il aimait, imitant un peu plus le Picassaut à sa manière de saluer autrui, avant de finalement poser sa tête noircie sur celle de son amant.
La gitane arriva à cet instant. Cet instant parfait où le couple s'était retrouvé. Des étudiants partaient, pokéball entre les mains. Elle était là sans être vraiment là, invisible aux yeux du type Feu. Elle abandonna le couple à ses retrouvailles, talonnée par sa garde du corps en la personne de Chayana. Cette dernière jeta un regard noir à Django, essoufflée et haletante, ne laissant pas plus d'un mètre d'espace entre elle et la rousse.

— Ton Pokemon a l'air de bien s'entendre avec ce Feurisson, tu ne voudrais pas le garder pour la journée ? On cherche des dresseurs volontaires histoire que ces Pokemon gardent une présence humaine quotidienne malgré l'absence de leur dresseur d'origine.

Il y avait là tous les Pokemon de Logan.
Django avait levé la tête, vrillant son regard bleuté sur Salomé.
Elle n'avait pas envie de s’embarrasser d'un Pokemon de plus. Mais Django lui faisait sa tête de Feurisson battu, celle-là même qu'il maîtrisait depuis sa naissance.
Fait chier.
Elle attrapa le formulaire de prêt que lui tendait le Collectionneur.

***

Il faisait froid dehors.
Il faisait froid dedans.
La porte entrouverte, la rousse attendait que le Feurisson prêté daigne mettre un pas dans la neige. Quitter le foyer des Givrali, cela signifiait quitter aussi Django. Et cela, il ne pouvait pas s'y résoudre. Comme si cela ne suffisait pas, le chromatique grognait à chaque nouvelle supplication de la gitane. Ce n'était que temporaire. Demain, elle retournerait remplir ce foutu questionnaire. Juste le temps d'une nuit. C'était rien, une nuit.
Nouveau grognement de Django.

— Continue comme ça et il n'y aura pas de Phoën demain ni après-demain !


Le chromatique s'était calmé.
Pokemon comme dresseuse, chacun avait dépassé les limites à sa manière. La rousse laissa reposer sa tête contre le pan de la porte alors que son Feurisson venait se blottir contre ses jambes. Elle s'agenouilla à sa hauteur, déposant quelques caresses sur son crâne. Qu'est-ce qu'elle pouvait être stupide parfois. Elle n'y comprenait rien, aux affaires de cœurs.

— Je reviens.


Et elle était sortie seule affronter le calme de la nuit. Sans type Feu pour l'éclairer, sans l'oiseau retardé mental pour la faire rire, sans le Germignon pour la protéger. Juste elle face à l'immensité de la nuit. Elle face à ses responsabilités, elle qui avait pris à cœur ce couple qui l'avait émue lorsqu'elle l'avait vu pour la première fois, juste avant de se faire frapper et cogner dans tous les sens. C'était il y a quelques jours à peine, ça ne la quittait pas, c'était en elle et l'habitait toujours. Et cela revenait, plus fort que jamais, alors qu'elle avançait sans repères. C'était un chemin familier. Par-delà l'obscurité crevante, elle aperçut une silhouette de monstre croisé avec un géant. Son cœur rata un battement, accéléra, avant de ralentir face à ce portail qui s'ouvrait, une valise traînée au loin, brisant le grand silence des ténèbres.
Le monstre s'en était allé.
Logan venait de refermer l'immense entrée, sans qu'elle ne sache où il partait, ni jusqu'à quand. Mais il s'enfuyait. Loin d'elle.

Elle déambula dans les souterrains, retrouvant ce terrain familier de l'après-midi. Le Collectionneur était toujours là, une pokéball qu'il tenait à faire briller à l'aide d'un vieux mouchoir.

— Je me doutais que tu reviendrais seule. Ça se sentait. Ce n'est pas grave, tu sais, ces journées auprès des dresseurs, c'est juste un prétexte pour que les Pokemon puissent choisir avec qui ils souhaitent rester. Il faut croire que c'est sur toi que s'est porté le choix de Phoën.

Ce n'était pas sur elle mais sur Django. Mais cela, elle se garda bien de le préciser, encore un peu hagard, un peu ailleurs suite à la vision spectrale qu'elle avait entraperçue. L'homme lui tendait un nouveau formulaire, plus long que le précédent, en cinq exemplaires cette fois-ci, ainsi qu'un stylo pour remplir et parapher le tout. Elle attrapa les feuilles avant de s'en aller dans un coin et d'écorcher le papier de son écriture illisible.

Il n'y avait pas de date de fin de prêt. Phoën, c'était tout sauf un livre emprunté en bibliothèque. C'était un être vivant, avec ses sautes d'humeur et sa tendresse.
Elle allait pouvoir annoncer au couple qu'ils pouvaient profiter l'un de l'autre sans souci du lendemain.
Elle allait devoir expliquer à Django que ce n'était que temporaire.


HRP:
 

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Merci Ida pour le Moodboard !:
 
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