[477] MIA CLARKE. Alors on danse. [MENTALI]
Mia Clarke
Mia Clarke
Région d'origine : Kalos
Âge : 13 ans
Niveau : 15
Jetons : 1496
Points d'Expériences : 279
Pokeathlète Novice
Sujet: [477] MIA CLARKE. Alors on danse. [MENTALI]   Ven 22 Déc - 19:45
MIA CLARKE
Nom. CLARKE
Prénom. MIA
Âge. 13 ANS
Région d'origine. KALOS
Ambitions futures. DANSER
Ballet is the ultimate optical illusion. we make effort appear effortless. We make difficult divine. And we make gravity our bitch.
Histoire
Salle 203. Conservatoire. Sud de Kalos. 25/11/17


Et un, deux, trois, quatre ! Et un ! Deux trois quatre ! Plus haut la jambe ! Plus haut !

Une lumière pâle traversait les fenêtres de la salle de danse, les premiers rayons de soleil qui créaient sur le sol l'ombre des jeunes danseuses, comme la projection d'une pièce de théâtre orientale toute en contraste et en mouvement. Le rythme répétitif et d'une régularité irréprochable était donné par la voix grave et stricte du professeur. Celle-ci, surpassant ses élèves de plusieurs centimètres et de bien plus en âge, cognait le sol d'une canne pour accompagner le tempo. En réponse, les respirations saccadées et le bruit des talons des ballerines résonnant montraient l'étendue de leur épuisement.

On ouvre les bras ! cria-t-elle en singeant les mouvements imparfaits de ses élèves et en accentuant le « ou ». En rythme ! Léa, il y a quelque chose d'intéressant qui se passe par terre ?

La frêle Léa hocha la tête de gauche à droite sans interrompre sa routine, une goutte de sueur coulant sur son front comme attendant le hurlement qui ne tarda pas.

Alors lève le menton par Arceus ! Allez en rythme ! TROIS QUATRE ! Et un...

Elles étaient au nombre de huit, huit jeunes filles s'évertuant à reproduire le même mouvement pour en avoir la maîtrise totale. Malgré l'évidente autorité de leur enseignante, elles ne semblaient pas en souffrir, au contraire. Dans chacune de leurs pupilles on pouvait décerner une détermination infaillible, une volonté de fer, l'envie d'être parfaite.

Très joli Mia, continue !

Mia c'est moi, et cette lueur de victoire dont je vous parlais, c'est dans mes yeux qu'elle brille le plus.

Bien !

Dans une expiration de soulagement commune, les danseuses s'interrompirent et se soutinrent à la barre pour reprendre leur souffle. Le visage dure de la professeure s’apaisa et une sourire vint remplacer ses sourcils froncés.

Le gala a lieu dans une semaine et je vous sais prête ! Je vous libère pour le week-end et je compte sur vous pour garder la pêche et me revenir plus en forme que jamais !

Les élèves applaudirent avec force malgré leur fatigue évidente et leurs plus beaux sourires recouvraient maintenant leurs visages. D'un même geste elles récupérèrent leurs affaires et retournèrent dans les vestiaires. Fondue dans le mouvement, j'empoigne mon sac proportionnellement bien trop ample pour moi et retire d'un geste mécanique mon élastique qui tenait mes longs cheveux en tresse.

Ça vous dit d'aller manger une pâtisserie ? Je pense qu'on l'a bien mérité !

Prise dans l'élan festif, toutes mes camarades répondirent un grand « OUI » d'une même voix alors que je me contentais de m'installer pour me changer.

Mia, tu te joins à nous ?

Dégageant mon visage de ses longues mèches blondes, le visage rougi par l'effort, je tourne mes yeux ambrés vers Céline, la plus grande en taille de notre équipe.

Je ne peux pas, je dois vérifier l'état de mes chaussons.

Ma voix n'a pas beaucoup de volume, elle est timide, cependant mélodieuse et mes prises de paroles sont toujours d'un ton neutre qui peut décontenancer les personnes ne me connaissant pas.

Tu les as déjà vérifié hier, viens avec nous ça te fera du bien !

Je ne pense pas qu'en nous invitant à revenir plus en forme que jamais elle parlait d'aller s'empiffrer à la première occasion.

Cette fois-ci mon ton était plus dur, plus sec, je n'aime pas me sentir contrainte. Elles ne prirent pas la peine de me répondre et partirent ensemble, m'adressant parfois un regard courroucé. La porte claqua une dernière fois et je me retrouvais seule dans le silence des vestiaires où toujours un robinet mal refermé laisse s'échapper une goutte dont la chute résonne dans le vide. Plic ploc plic plic ploc plic ploc ploc... Rendue nerveuse par cette irrégularité je me levai d'un bond et partis en quête de ce robinet dissident. Je me retrouvai alors nez à nez avec une créature minuscule, toute jaune, un petit insecte  velu qui s'abreuvait des gouttes qui tombaient.

Dans notre village assez reculé de Kalos, les pokémons sont rares. Ici, les habitants ne sont pas des dresseurs et nous ne partageons pas nos vies avec eux. Il y en a parfois des sauvages qui font leur apparition mais ils ne restent jamais bien longtemps tant rien n'est fait pour les y accueillir. C'est un choix que firent les différents gouverneurs pour notre communauté, jugeant les pokémons comme dangereux pour les hommes et la société. Pas leur existence, mais la dynamique construite autour d'eux, leur élevage, exploitation en combat, leur nécessité partout pour les fonctionnements des villes. Ici, notre indépendance est une force et nous ne risquons pas de coupure de courant à cause d'un Voltorbe malade. Cette séparation s'est faite sans aucune haine de ces créatures et je n'ai moi-même que de la curiosité pour ces petites bêtes. Notamment celle-ci qui semblait bien heureuse à l'idée de boire et prendre une douche simultanément sous un robinet.

J'approchai un doigt de la petite créature pour sentir son pelage mais au contact je ressentis une petite décharge, rien d'alarmant bien sûr. La petite chose se tourna vers moi avec ses grands yeux bleus, elle ne m'avait pas remarqué. D'ordinaire toujours vue comme la plus petite, cette bestiole me donnait l'impression d'être gigantesque. Je lui adressai un sourire timide avant de retourner à mes affaires.

Dans une semaine a lieu le grand Gala d'Illumis. Notre compagnie de danse a été sélectionnée pour y participer et nous serons mis en compétition face à d'autres compagnies du pays. Les arts de la scène sont d'une importance capitale à Kalos et la pression est grande pour être à la hauteur.

J'entrepris de sortir mon matériel de couture pour les chaussons et bien y fixer les rubans et les élastiques et comme dans chacune de mes tâches, je m'applique à obtenir le résultat le plus impeccable. La chose terminée je jetai un œil vers le robinet laissé ouvert dont le son n'avait cessé de m'irriter les tympans depuis que mes camarades étaient parties. J'y aperçus la petite créature de toute à l'heure se mettre sur le rebord et m'adresser comme un au revoir avant de s'élancer vers la fenêtre.

Dans mon village il y a quelques extrémistes qui pensent que les pokémons ne devraient pas avoir leur place dans ce monde. Je croise les doigts pour qu'ils ne tombent pas sur cette créature...

Mon regard se posa ensuite sur l'horloge du vestiaire qui affichait bientôt midi. C'est là que dans un sursaut je me souvins du repas de famille qui avait lieu à la maison. Je rangeai mes affaires en vitesse et claqua la porte à mon tour.


Salon. Maison de Mia. Sud de Kalos. 25/11/17


Dans le salon familial, trois personnes étaient attablées. L'une d'entre elles, très mince, les cheveux raides, pâles et abîmés, les doigts cramponnés à sa cigarette comme un nourrisson au sein de sa mère, monopolisait la conversation. Elle parlait fort, sa voix usée s'élevait dans la pièce comme les bouffées de fumées ininterrompues qui émanaient de ses lèvres et de ses dents jaunies. Les deux autres en face d'elle étaient plus sages, ils avaient à leurs ceintures quelque chose de nouveau dans notre histoire : des pokéballs. Leurs mines embarrassées dissimulaient tant bien que mal la gêne que leur provoquaient les envolées lyriques et les cigarettes de leur interlocutrice. L'une était du même âge que la fumeuse bien que beaucoup mieux conservée. Elle avait les cheveux violet, une belle peau cristalline et un regard bienveillant. L'autre était un jeune homme, un peu plus jeune que votre chère protagoniste, il tripotait nerveusement la balle rouge et blanche qu'il avait à la ceinture.

Ah vraiment je suis contente que vous soyez là, Mia ne parle que de ça depuis que vous m'avez prévenu et de son gala bien sûr !

La poignée de la porte d'entrée se tourna et me voilà arrivée dans cette atmosphère quelque peu étouffante, c'est à ne pas savoir si je soufflais lourdement à cause de ma précipitation pour venir ou bien de l'énorme vague de fumée que je pris en ouvrant la porte. Ma mère interrompit alors son monologue et, pleine d'enthousiasme, m'accueillit d'une grande exclamation.

Nous n'attendions que toi ma chérie ! Viens t'asseoir ! Alors, ta répétition ?

J'écoutai sagement ma mère et d'une voix calme et presque insonore je lui répondis que tout s'était bien passé tout en m'installant.

Je crois que nos invités ne t'ont pas entendu ma puce, parle plus fort. Tous les jours je lui dit de parler plus fort ! C'est tout de même fou, elle appellerait les urgences qu'ils ne seraient pas capable d'entendre son souci !

C'était bien.

Ma tante m'adressa un regard désolée avant de se tourner vers son fils pour lui glisser un mot à l'oreille. En réaction, il se redressa et partit chercher quelque chose dans le manteau de sa mère. Alors que mon regard ne le quittait pas, il se dirigea vers moi me tendant une sorte de ticket. Étrangement, il n'osait pas soutenir mon regard et une fois libéré du cadeau il alla se rasseoir en vitesse.

Je suis très heureuse à l'idée de t'accueillir à Illumis pour le Gala. Ce cadeau est symbolique, il s'agit d'un bon pour le taxi, il t'amènera directement chez nous une fois arrivée à la gare. La préparation se passe bien ?

J'esquissais un léger sourire et me contentais de hocher la tête en guise de réponse. Ma tante s'en satisfit sans souci et se vit une nouvelle fois apostrophée par ma mère.

Merci encore de l'accueillir. Avec le travail, je ne pourrai me libérer que pour le Gala. Ça va être superbe, Mia est excellente ! À chaque fois que je me rends au Conservatoire je n'en ai que des éloges ! Si elle parle peu c'est pour garder toute son énergie dans l'effort, n'est-ce pas ma puce ?

Elle me tapotait l'épaule affectueusement et me fit un signe de tête pour m'indiquer de monter dans ma chambre. Je me redressai et tendis la main à mon cousin qui refusa de la prendre mais me suivit tout de même. Une fois les marches montées, l'atmosphère changea du tout au tout. Du salon désordonné et enfumé, nous arrivions dans une petite chambre coquette et ordonnée, les fenêtres entrouvertes pour laisser passer l'air. Les draps et oreillers étaient blancs, les meubles aussi, mais pas de ce blanc aseptisé que l'on peut voir parfois, là, c'était comme monter sur un nuage. Je m'assis sur le lit tandis que mon cousin préfèra rester debout.

Pourquoi tu ne me parles pas ? l'interrogeai-je en toute simplicité, sans hausser le ton, avec une curiosité sincère.

Pourquoi t'aimes pas les pokémons ?

Pourquoi tu penses que j'aime pas les pokémons ?

Maman m'a dit de ne pas sortir mon pokémon ici, sinon je pouvais le perdre.

Ici il y a peu de pokémons mais c'est pas contre eux, c'est juste qu'on vit séparément.

Vous faites du mal aux pokémons je le sais, c'est à la télé y a eu un reportage.

Je ne sais pas, je n'ai pas la télé. Moi j'aime bien les pokémons, je peux voir le tiens ?

NON !!

Son cri fut suivi d'un silence et de la voix de ma mère depuis le rez-de-chaussée vérifiant que tout allait bien, ce que je m'empressais de lui confirmer.

Ils disent quoi dans le reportage ?

Que vous chassez les dresseurs et que quand un pokémon entre dans le village, il est torturé pour être sûr qu'il ne revienne pas.

Tout de suite dans mon esprit resurgit l'image de la petite créature qui buvait les gouttes du robinet plus tôt.

Pourquoi te croirais-je ?

Je te montrerai chez moi mais il...

La discussion fut interrompue par des éclats de voix provenant du rez-de-chaussée. Avec mon cousin nous nous précipitèrent en haut de l'escalier pour essayer d'en écouter la raison. Rapidement, ma mère et sa sœur ne purent plus contrôler leur véhémence et la discussion n'avait plus rien de secret pour nous.

Comment tu peux vivre ici avec ta fille ? Dans ce village de paumés extrémistes ?!

Tu sais bien ce qu'ont fait les pokémons à David, ces créatures sont dangereuses ! Comment tu peux laisser ton enfant en posséder un ?! Tu es complètement inconsciente !

Mais c'est toi qui n'a plus conscience de rien ! Regarde où tu habites ? Et tu la laisses aller à ce Gala ! Défendre les couleurs de votre village ? Tu sais que le reste du pays vous hait !

Elle a tout à fait le droit de suivre ses rêves !

Et c'est ici qu'elle va les vivre ?! Est-ce qu'elle a déjà vu un pokémon avec son dresseur ?

J'espère pas, et qu'est-ce que ça peut faire ?

Vous êtes complètement déconnectées... Ta rancœur et ton chagrin ne vous mèneront nulle part. Il faut que tu passes à autre chose...

Il est mort ! MORT ! Tué par ces monstres ! Et tu veux que j'aille vivre et travailler en "harmonie" avec eux tous les jours ? Mais tu...

Ma tante leva le regard vers nous, rapidement suivi par celui de ma mère. On pouvait lire la panique, l'inquiétude, le désarroi, mon petit cousin courra se réfugier dans ma chambre et moi, je restai de marbre.

Tout va bien chérie, maman et tata se disputent mais ce sont des choses qui arrivent d'accord ?

À la seconde où nous avons mis les pieds ici, nous avons été dévisagés comme des criminels. Je suis désolée Rose mais je ne laisserai pas mon fils une seconde de plus ici.

Je respecte ton choix, mais respecte le mien.

Et où est le choix de Mia dans l'histoire ?

Un silence pesant suivit la dernière phrase de ma tante, comme si ma mère avait une sorte de réaction au ralenti. Elle regarda son neveu courir dans les bras de sa maman avant de prendre la porte. Elle restait de marbre dans une expression qui m'était bien plus habituelle qu'à elle. J'étais partagée entre ma curiosité et l'inquiétude que je ressentai pour elle. Qu'est-ce que tout ça voulait dire ?

Maman, ça va ?

Ça va ma puce, ça va. Elle resta figée encore quelques instants avant de rebondir. Je vais préparer à manger, tu veux ?

J'acquiesçai d'un habituel hochement de tête et montai m'allonger le temps de digérer les informations avant d'entamer le repas.

Il y a parfois des moments qui remettent en question toute votre existence, pour de bonnes ou de mauvaises raisons d'ailleurs. À cet instant, je regardais le plafond de ma chambre et je me demandais s'il était vrai. Je pensais à mes amies et leur imaginais les pires intentions criminelles. Est-ce que les débordements et extrêmes que je redoutais du village en étaient en fait le fondement ? Pourquoi n'avais-je jamais croiser deux fois la route du même pokémon ? Pourquoi ma mère ne m'en avait jamais parlé ? Toutes ces questions restaient sans réponse mais venaient se cogner en ricochet contre les parois de mon crâne. Je ne savais pas ce que je ressentais. Je ne savais pas si j'avais peur, si je perdais confiance, si je cherchais à me convaincre de l'inverse ou bien si je n'avais pas toujours eu envie de croire que quelque chose clochait dans ce village ?

À l'heure présumée du repas, je redescendais calmement les marches de l'escalier prête à interroger ma mère sur tout ce que je venais d'entendre. Je la savais dans la cuisine parce que de la fumée de cigarette s'échappait de la porte. À mesure que je m'approchais, je rassemblais mon courage et pas à pas, l'heure de la vérité arrivait.

Sur le point d'ouvrir la porte, je m'immobilisais. Le bruit des couverts et des poêles avait été remplacé par celui des sanglots. J'avais déjà entendu ma mère pleurer en regardant des films ou lorsqu'une de ses histoires d'amour tournait mal. Mais ceux-là étaient différents, ils étaient contenus et déchirants. Ma mère avait toujours été quelqu'un de très expressive, extravagante. Lorsqu'elle pleurait, habituellement, elle se jetait sur mon lit de la glace dans une main et des mouchoirs dans l'autre pour me raconter ses déboires. Cette fois-ci, c'était différent. Je fis quelques pas pour m'éloigner de la porte et depuis les escaliers m'exprimai de ma voix la plus claire et forte.

Maman je vais plutôt dormir, je suis fatiguée.

T'as dit quoi chérie !?

Je... je préfère dormir !

Oh... Euh... Très bien, repose-toi bien ma chérie, je te mets de côté une assiette.

Je restais un instant à fixer la porte de la cuisine, visualisant ma mère de l'autre côté essuyant ses larmes. Je retournais me coucher, déçue de ne pas être allée au bout de ma démarche et plus curieuse que jamais.

Les jours passèrent et s'intensifièrent. En cours de danse on me reprochait parfois d'être distraite, ce qui ne m'était jamais arrivé auparavant. Ce voyage allait être le plus important de toute ma vie et aussi la première fois que je quitterai ce village. Les jours qui précédèrent mon départ, j'avais cherché dans la ville la petite créature jaune que j'avais croisé le jour de la venue de ma tante, en vain. Je n'avais pas recroisé de pokémons depuis. Mais tout cela allait rapidement changer et de manière radicale.

Ma mère me déposa en voiture à la gare la plus proche, qui était tout de même à une heure de route. Je vis défiler des paysages que je n'avais jamais vu. Plein de pokémons y vivaient en liberté. À chaque fois que l'on en croisait un, ma mère crispait ses doigts sur son volant et m'adressait un regard inquiet, elle pinçait ses lèvres fines, si fines qu'elles en disparaissaient, en me voyant m'émerveiller devant ces nouvelles choses. Elle enchaînait les cigarettes avec encore plus de rapidité que d'ordinaire, à chaque fois elle s'énervait n'arrivant pas à les allumer. Ce fut une heure de voyage qui me parut bien plus longue.

Au moment de descendre et de me libérer de cette ambiance anxiogène elle prit mon avant-bras, éteignit sa cigarette et me fixa droit dans les yeux.

Ma chérie, il ne faut pas croire tout ce que tu entends là-bas. Illumis est une ville particulière, ce n'est pas le reflet du monde, de la société. Prends bien soin de toi.

Oui maman. lui glissai-je en me détachant et me précipitant dans la gare.


Wagon couchette. Train régional. Kalos. 01/12/17


Allongée sur le ventre, les mains tenant ma tête, je ne quittais pas la fenêtre du regard. Tout me semblait être une sorte de safari, même lorsque nous nous arrêtions dans des villages. Les pokémons étaient partout. Au début du trajet, un pokémon ouvrit la porte de la cabine et me proposa des friandises... un pokémon ! Il avait un large sourire et comprenait tout ce que je lui disais. En plus il était tout rose. En quelques temps passée dans le monde extérieur j'avais déjà croisé des dizaines de créatures différentes. Qu'en était-il du reste du monde ? Comment avais-je pu être isolée de tout ça ?

Je fus interrompue dans mes pensées par l'arrivée d'un jeune homme de quelques années mon aîné. Je le toisais, surprise de ne pas l'avoir entendu toquer ou simplement s'excuser, jusqu'à ce qu'il lève ses yeux sur moi et laissa échapper un cri particulièrement strident.

Oh je suis désolé, je pensais que la wagon était vide ! J'étais complètement absorbé par la finale nationale des courses aériennes, c'est vraiment la discipline la plus intéressante ! Tu suis ?

Euh... les courses aériennes ? Désolé, je n'ai pas de téléviseur chez moi.

Ahah ! C'est pas grave, il y a une application sur le Holokit ! Montre-moi le tiens, je vais te l'installer.

Je restais de marbre, je ne comprenais pas un mot de ce qu'il pouvait déblatérer, un sur deux m'était inconnu.

Tu n'as pas d'Holokit ? Ahah Je savais pas qu'il y avait encore des gens sans ça. C'est vachement pratique pour suivre le développement des tes pokémons aussi...

Je vis son regard me dévisager, me reluquer de toute part comme pour vérifier quelque chose. Il cherchait sûrement une « pokéball » ou quelque chose d'autres.

Ne te fatigue pas, je n'ai pas de pokémons. Mais je veux bien suivre la course de pokétruc avec toi si tu le veux bien.

Même s'il me regardait avec beaucoup de méfiance, comme si j'étais une sorte d'OVNI, il accepta de partager son outil avec moi. Je n'avais jamais vu de truc pareil, il pouvait parler à son machin et il comprenait tout. Il y avait l'air d'avoir tout le savoir du monde dans cette machine. Le clou du spectacle fut lorsque la machine se mit en mode « Hologramme » pour projeter la course : des projections en trois dimensions des compétiteurs apparaissaient, comme si je pouvais les toucher. Les commentateurs étaient hystériques, d'après Loïc, c'était son nom, c'était l'événement le plus important de l'année pour les fans de pokéathlétisme. Les courses aériennes étaient les plus visuelles et les plus dangereuses – donc excitantes, selon lui toujours. Le vainqueur sera qualifié pour participer au mondial où chacune des « grandes » régions présente un candidat. Pour lui, c'était plus important que la ligue pokémon. Comme je n'avais aucune idée de ce qu'était la ligue, j'acquiesçai sans souci. Les minutes qui suivirent furent totalement hystériques. Les pokémons en course étaient gigantesques pour la plupart, tous majestueux, la course était ultra-excitante. J'avais rapidement choisi ma favorite, une jeune femme blonde aux grosses lunettes aux verres rouges qui chevauchait un pokémon vert aux semblables lunettes – un Libégon. Lui soutenait « un gars de chez lui » qu'il avait croisé – apparemment – un jour dans le café en bas de chez lui et qui était à dos de Bruyverne – un pokémon très sombre et aux oreilles super bizarres. Aucun de nos favoris n'avait gagné mais j'en ressortais le souffle coupé. Dans l'excitation, ma voix avait atteint des décibels qui m'étaient encore inconnues, rien en comparaison du supporter vétéran qui me tenait compagnie, mais pour moi c'était déjà quelque chose.

Une autre ! Une autre !

Ahahah ! Bah y a l'Aquarun dans quelques semaines mais là à part mâter des replays je vois pas.

Ah... non c'est pas grave, répondis-je en ayant, une nouvelle fois, rien compris à son charabia.

Le temps s'écoula à une vitesse folle, nous passâmes le reste du trajet à revivre la course et ses moments les plus épiques. Apparemment, l'absence de grands blessés était un gage de la qualité des concurrents et de leur fair-play. Il me présenta aussi le fameux Holokit sous toutes ses formes pour me convaincre d'en acheter un afin de garder contact. Je notais son nom et numéro sur mon carnet de voyage en le regardant quitter le train. La traversée de la région prenait du temps, la nuit était déjà entamée, il était l'heure pour moi de m'installer au mieux dans ma couchette et au petit matin, mes yeux s'ouvriraient sur la ville lumière.


Quai de Gare. Illumis. Kalos. 02/12/17


Les paupières encore lourdes, je sortis du train, rapidement emportée par le flux massif de voyageurs. Sans trop me poser de question je suivis le sens de marche et me retrouvai face à de grands bâtiments qui me donnèrent le tournis. Les routes étaient envahies par les voitures, taxis et autres dresseurs à dos de pokémons. Une récurrence semblait démontrer qu'un service de déplacement à dos de bestiole cornue mi verte mi marron était mis à la disponibilité des touristes. Les gens étaient fringants, tous vêtus comme de sortie, les pokémons aussi se promenaient fièrement. Ici, presque aucune distinction entre eux et leurs dresseurs, la vitesse, le bruit, les gens étranges, les panneaux publicitaires... c'était étourdissant. Je m'assis quelques instants sur un banc et de-là j'aperçus une station de taxi, je m'y dépêchai et réussis à affirmer ma présence en brandissant le ticket que m'avait donné ma tante.

Je m'installai à l'arrière et tendis le ticket au conducteur.

Okay, direction Place Rose ! C'est à l'autre bout de la ville, ça va prendre un peu de temps. Tu veux écouter une station en particulier ?

Euh... Une station Pokéathlétisme ?

Allez, c'est parti ! Toi aussi tu as suivi la course d'hier ?

Oui ! C'était super !

S'en suivit une discussion enflammée sur la course, rythmée par les interviews des joueurs perdants diffusées à la radio. J'étais toute excitée à l'idée de n'être pas passée pour une ignorante ou quelqu'un de bizarre cette fois-ci. J'étais un peu comme tout le monde !

Tu sais, tu devrais t'y mettre si tu aimes tellement ça ! Tu es toute légère, je suis sûr qu'avec le bon pokémon et de l'entraînement tu t'en sortirais très bien !

Ah bon ? Vous pensez ?

Oh oui ! Après les courses aquatiques c'est quand même quelque chose aussi ! Les caméras ont plus de mal à suivre, y a plus de suspens, j'attends l'Aquarun avec impatience ! Tiens, nous sommes arrivés !

Le chauffeur quitta son poste pour venir m'ouvrir la porte, je me sentais comme quelqu'un d'important, ça faisait tout drôle. Il me sortit mes bagages et me laissa devant la porte de chez ma tante. Je prétextais avoir mis mon Holokit en réparation et récupérai son numéro pour l'ajouter potentiellement un jour.

Je n'eus pas le temps de sonner que ma tante ouvrit la porte. Ses longs cheveux mauves encadraient à la perfection son visage, elle était très élégante, à l'image de la plupart des habitants de cette ville. Sans plus de cérémonie elle me fit entrer et m'installa dans une chambre vide aux couleurs roses pâles. J'eus à peine le temps de déposer mes affaires que je me fis rejoindre par mon petit cousin. Il s'introduisit discrètement dans la chambre et prit bien soin de fermer la porte derrière-lui pour ne pas être entendu.

Ma mère ne veut pas que je te parle de tout ça, mais je vais le faire quand même. Tu connais cet engin ? Lâcha-t-il en me montrant son Holokit. J'acquiesçai, ce qui le surprit, il semblait vouloir savoir pourquoi mais son empressement le fit rapidement passer à autre chose. Il y a un reportage sur ta communauté dessus, je te laisse le regarder, je vais essayer d'occuper ma mère. À plus tard.

Sur ces quelques mots il lança alors la vidéo pour que je n'eus plus qu'à la visionner. Je m'installais confortablement sur les draps lilas, tout en trifouillant mes longs cheveux blonds, signe de ma nervosité grandissante. Enfin des réponses.

Le reportage confirmait mes pires craintes et en même temps le ton du journaliste manquait cruellement de neutralité. Nous étions décris comme des asociaux vivant dans une bulle en refus de contemporanéité, une autarcie totale qui ne me semblait pas si évidente quand j'étais moi-même dans cette bulle. Le traitement exercé sur les pokémons pour les éloigner de la zone était cruel. Je sentis comme une démangeaison dans les yeux à la vue des images, comme une sorte d'humidification. Aussi loin que je me souvienne, je n'avais encore jamais versé de larmes. Je la sentis partir du coin de mon œil pour aller se glisser à la commissure de mes lèvres, un petit goût salé se joint à la tristesse de mes sentiments. Je pleurai. D'un coup de manche, je fis disparaître mes émotions et quittai la chambre pour aller rejoindre mon cousin. Je lui tendis l'Holokit un sourire satisfait sur mon visage.

Je sais tout ce que j'ai besoin de savoir. Merci.

Je m'en retournai vers la chambre pour retourner me perdre dans l'abysse de mes réflexions. Une soudaine prise de conscience que j'étais incapable de digérer, surtout avec l'arrivée imminente du Gala.

La journée continua et peut-être grâce à cette magnifique chose qu'on appelle déni, je réussis à en profiter pleinement. Ma tante me fit visiter la capitale qui regorgeait de petits coins splendides, d'avenues immenses, de cafés cosys. Je m'y sentais très à l'aise assez rapidement, comme si j'étais prédestinée pour vivre ici, ce que me faisait remarquer ma tante en permanence.



Salle de Spectacle. Illumis. Kalos. 03/12/17


Le lendemain vint le grand jour. Je retrouvais mes amies qui regardaient tout ce qui les entourait avec appréhension et dégoût.

Tu as vu tous ces pokémons ici ? Je ne me sens vraiment pas en sécurité.

Nous fîmes accueillies dans l'enceinte d'une des plus grandes salles de spectacle de la région. Les sièges de velours rouges s'alignaient sur des dizaines de rangées, le plafond était si haut que j'en avais le vertige, la scène était gigantesque. Comme toutes les autres troupes, nous eûmes droit à un créneau de répétition sur le plateau, notre professeure semblait très satisfaite, à notre grand bonheur. Dans les coulisses nous croisions les autres ballerines qui nous regardaient avec beaucoup de méfiance, elles étaient très souvent accompagnées de pokémons – se pouvaient-ils qu'ils dansent ensemble ?

Les heures passaient à une vitesse folle et avant que nous nous en rendions compte le public était déjà en train de s'installer dans la salle. C'était notre chorégraphie qui ouvrait le spectacle. Il y avait des avantages et des inconvénients, le stress de l'ouverture et en même temps la possibilité d'aller se glisser dans les coulisses pour regarder les numéros suivants et n'en rater aucun. Dans les coulisses j'apprenais que j'étais la seule de mon groupe à avoir de la famille dans l'audience, pour diverses raisons les autres s'étaient excusés. Soit disant que les pokémons transmettraient des maladies ou d'autres choses farfelues. C'était pourtant supposé être le plus beau moment de nos vies.

Le moment d'être appelées sur scène arriva promptement, je m'étirais une dernière fois et m'installai sur scène, j'ouvrai avec un solo avant d'être rejoint par mes camarades. Alors que le présentateur avait été accueilli par une salle enthousiaste et bienveillante, le nom de notre groupe et mon entrée en scène n'eurent pour réponse que des chuchotements étranges et pas un applaudissement. Je pris une grande inspiration et la musique démarra.

Ce jour-là j'avais tout donné, mes mouvements étaient gracieux et précis, la danse envoûtante, mes camarades avaient été excellentes aussi. Ce qui n'empêcha pas le public de nous congratuler par des applaudissements timides, des chuchotements incessants et un malaise que nous ressentions depuis la scène. J'entendis ma mère crier quelque chose, je la vis dans les premiers rangs, elle applaudissait à s'en rompre les bras, elle voulait tout donner pour remplir le silence des autres, elle voulait applaudir pour cent mais ça ne fonctionnait pas. Je baissai la tête et partis m'asseoir derrière le rideau pour voir les prestations des autres concurrentes.

Toutes dansaient avec des pokémons, elles étaient accueillies par le public avec beaucoup d'entrain, leur technique était globalement inférieure à la nôtre mais leurs numéros bien plus inventifs. Elles jouaient des capacités des pokémons pour créer des ballets hors-du-communs. Face à la « concurrence déloyale » ma professeure déçue décida de ne pas attendre les résultats et de retourner chez nous, suivie par toutes mes amies.  Moi, je restais assise dans un coin, spectatrice, à remettre toute ma vie en question. J'étais l'unique représentante pour la remise des prix, sans qu'on nous adressa la moindre considération, nous fûmes désignées dernières.



Salle à manger. Maison de la Tante de Mia. Kalos. 03/12/17



Je tenais entre mes mains un petit trophée minuscule assise sagement sur le canapé. Ma mère était sur le pas de la porte entrouverte, fumant une cigarette, regardant l'extérieur avec méfiance. Le froid de l'hiver approchant s'engouffrait dans la maison mais je me tenais près de la cheminée avec ma tante et mon cousin, ce dernier regardait mon petit trophée avec beaucoup de compassion et sûrement de la pitié. Le feu de cheminée était entretenu par un petit oisillon rouge qui ébouriffait ses plumes tout en profitant de la chaleur.  

Lui c'est Mélo mon passerouge, quand il aura évolué je pourrai faire des courses aériennes avec lui.

Il frotta le haut du crâne de son petit ami, ma mère lui adressa le pire des regards.

Maman, est-ce que je pourrai avoir un Holokit de retour à la maison ?

Où est-ce que t'es allée chercher ça ? Bien sûr que non, ces machins sont interdits au village.

Alors je ne veux pas y retourner, dis-je sur mon ton neutre habituel.

Ma mère tourna son regard alarmé et accusateur vers sa sœur qui semblait tout aussi désemparée.

Ce n'est pas eux qui m'ont convaincu ou quoi, c'est moi. Je veux devenir danseuse et je ne peux pas réussir si je ne danse pas avec des pokémons.

Je connais un école sur une île qui...

Non mais qu'est-ce qui te prend ? Tu veux plus voir ta mère c'est ça ? Tu préfères avoir à t'occuper d'une peluche plutôt que de vivre avec ta maman qui t'aime ?

Je veux vivre dans mon temps maman, je veux suivre les courses aériennes, je veux danser au milieu de l'écume d'un pokémon aquatique, je ne veux pas vivre dans l'exclusion. Tu as vu comment ils nous ont regardé dans le public ? Les parents de mes amies ne sont même pas venus les voir... J'ai pris ma décision, c'est fini.

Avec mon cousin, nous fîmes envoyés dans nos chambres respectives, nous percevions un peu de leur conversation  qui alternait entre larmes et cris. À 4 heures du matin la conversation continuait et mes yeux ne quittaient pas le plafond, j'étais incapable de m'endormir. Mon destin se jouait à quelques mètres et après avoir exprimé mon souhait, impossible pour moi de prendre part à la discussion.

J'entendis quelqu'un toquer discrètement à la porte de ma chambre. Je partis ouvrir pour découvrir mon cousin en pyjama son Holokit à la main. Nous nous assîmes sur mon lit et il me montra un site qui parlait d'une école.

C'est là que j'irai faire mes études quand ma maman me laissera partir.

La Pokémon Community ?

Oui, tu peux tout apprendre là-bas, c'est génial, regarde les professeurs.

Pendant quelques minutes il me présenta toute l'équipe professorale, l'Île Lansat sur laquelle était située l'école et tout ce qu'il fallait savoir à son sujet. Tout semblait idéal pour me permettre de m'intégrer progressivement au monde extérieur. J'étreins mon petit cousin et m'apprêtais à rejoindre les adultes.

Vêtue de ma robe de chambre, je descendis calmement les marches de l'escalier pour retrouver ma mère essuyant ses larmes dans les bras de ma tante. Elles semblaient épuisées mais reposées, peut-être avaient-elles trouvé un terrain d'entente ?


Description


La chute des flocons était comme un ballet chorégraphié, tout en légèreté, venant prendre fin dans l'immensité du tapis blanc qui recouvrait le sol. La brise légère donnait sa couleur à mes joues roses, mes longs cheveux dorés étaient recouverts de neige. Emmitouflée sous ma grosse écharpe, les mains gantés, un pull trop ample mais chaud, mon petit ruban noir dans les cheveux surplombant ma frange, j'étais immobile au milieu d'une place encerclée de chalets. Aucun bruit à part celui du vent s'engouffrant des mes oreilles et quelques ronflements lointain d'élèves encore endormis. Le ciel était gris, impossible de savoir si le soleil s'était levé ou non, la brume recouvrait tout.

Dans une main, je tenais ma grosse valise qui renfermait toute ma vie, principalement des vêtements, quelques livres et une collection de ruban pour les cheveux. Elle était grosse surtout en comparaison de ma petite taille et de mon corps svelte. J'étais toute fine, la peau claire, de grands yeux ambres. Mais ce qu'on remarquait en premier lieu chez moi restait la longueur et le volume de mes cheveux.

Dans l'autre main, je tenais la fameuse sphère rouge et blanche qui allait chambouler ma vie. Je la regardais sans bouger, je ne l'avais pas encore ouverte. Qu'allait-il en sortir ? Après tout c'était sûrement vrai que certains pokémons étaient dangereux, peut-être que le mien était de ceux-là. Je rapprochai la pokéball de mon visage pour y voir s'y refléter mon visage et sa traditionnelle expression stoïque, mes sourcils fins, mon petit nez, ma petite bouche. Je replaçai d'un geste mécanique quelques bouclettes venues troubler ma vision.

Après une grande inspiration, j'appuyai sur le centre de la pokéball et en jaillit un faisceau lumineux rouge informe qui progressivement s'élargit pour faire apparaître un primate. Il était grand et étendit son corps, se redressant pour scruter le lieu où il venait d'apparaître. Bien plus haut que moi, j'avais le sentiment de le regarder d'en bas. Ses membres tressaillirent au contact du sol enneigé, il examina la poudreuse avec beaucoup d'attention, la porta jusqu'à son nez pour la renifler. Il tourna ses yeux jaunes et oranges sur ma petite personne et sur la pokéball. Il laissa échapper un cri strident et grave à la fois qui me fit reculer d'un pas. À l'aide de ses larges bras, il s'avança vers moi à quatre pattes, le regard curieux, la respiration lourde. Je n'avais aucune idée de comment réagir, je le laissais approcher, le rythme de mon cœur s'accélérant. Il tendit une de ses mains noire vers moi et la glissa dans mes cheveux, il me découvrait. Comme pour la neige, il s'approcha pour me sentir.

Je le laissais faire, je compris rapidement qu'il ne me voulait aucun mal, progressivement je me mêlais à sa danse, touchant ses bras, ses poils, l'espèce de carapace verte qu'il avait sur le tête. Perdue dans cette contemplation réciproque, je fus surprise lorsqu'un bruit sourd survint à côté de nous, je ne pus retenir un sursaut. Dans un geste d'une grande souplesse et preuve d'une belle rapidité, le primate se plaça entre moi et les bruits, les longs bras écartés pour me protéger, faisant maintenant démonstration de sa grande envergure. Rien de bien violent cependant, une branche avait seulement quitté son arbre et s'était échouée sur le sol. Le danger écarté, il s'assit sagement devant moi. Resserrant l'étreinte de mon écharpe, je lui adressai un sourire bienveillant avant de m'exprimer le plus clairement possible.

Bonjour. Je me présente je m'appelle Mia. Apparemment nous allons passer beaucoup de temps ensemble. Je ne sais pas si tu me comprends, ou comment fonctionnent les pokémons. Mais j'ai le sentiment que tu es intelligent alors... voilà. On va découvrir plein de choses ensemble, je ne sais pas trop comment je dois m'occuper de toi, mais tu m'as l'air d'être de taille à être assez autonome. À la base, ma vie c'est la danse. J'adore le ballet, je me suis entraînée pour exceller dans ce domaine et j'ai réussi. Mais je dois tout réapprendre car je ne sais pas danser avec les pokémons.

Sur ces paroles, je ne pus retenir un léger soupir. Je regardai si mon interlocuteur m'écoutait toujours. Sourcils froncés, regard fixé, il était très attentif et espérait visiblement une suite à mes propos.

Je ne suis pas très expressive tu le remarqueras, je n'aime pas faire de mon visage le miroir de mes sentiments, c'est trop simple sinon. Je parle, pas très fort certes, en choisissant précautionneusement mes mots, je ne tergiverse pas. Je suis exigeante et persévérante, je n'abandonne pas, je dis ce que je pense et j'exprime ce que je veux. Tout ça c'est moi, pas une liste de qualités, ni de défauts, juste ce que je suis. Malheureusement, j'ai un peu de mal avec les autres personnes, on me reproche souvent de ne pas lâcher prise, de ne pas être plus « fun », d'être rigide. J'aimerai bien parfois m'amuser plus, sourire et rire. Mais j'aurai trop peur que tout s'effondre. J'ai toujours vécu dans le même village, c'est la première fois que je vais devoir véritablement rencontrer de nouvelles personnes, lier des amitiés et j'ai peur. Je suis tétanisée, mais je ne le montrerai pas. Je pars avec un désavantage, j'ai honte de mon passé. Pour les échanges de souvenirs d'enfance on repassera. On verra bien ce que ça donnera. Ce chemin, c'est ensemble qu'on le fera.

Sur ces mots, je lui adressais un léger sourire qu'il me retourna et m'apprêtai à partir en direction du chalet qui nous avait été attitré. Avant que j'eus le temps d'empoigner ma valise, mon nouveau camarade l'avait prise et s'était mis à marcher devant moi, son regard parcourant l'espace comme un garde du corps averti.

Oh j'oubliai ! Je l'interrompis et sortis d'une de mes poches une baie que je m'étais procurée plus tôt. On m'a dit que vous aimiez en manger alors j'ai pensé que ça te ferait plaisir.

Il prit la baie entre ses mains, la fit passer d'une main à l'autre et commença à s'en amuser. Il s'arrêta un instant, me fixa du regard et m'envoya la baie que je récupérai maladroitement avec deux mains. Il exprima sa joie en sautillant et en tapant ses mains sur le sol. C'était amusant, il était visiblement moins pudique avec ses émotions que moi. Je lui renvoyai la baie qu'il garda dans une main en jouant avec tout en continuant notre chemin vers le chalet.

C'était un tout nouveau monde qui nous attendait, mais à cet instant, sans vraiment trop comprendre pourquoi ou comment, je me sentais rassurée.
Surnom. POGO
Espece. QUARTERMAC
Nature. PROTECTEUR
Description. Pogo est un pokémon très enthousiaste et prévoyant qui traite Mia comme une princesse. Il est comme un garde du corps et essaye souvent de se prendre plus au sérieux qu'il ne l'est. En vérité, il est souvent drôle malgré lui par ses réactions parfois extravagantes propres à son espèce. Il est curieux de tout et comme Mia, il sait se montrer très persévérant. Gare à ceux qui s'approcheraient trop d'elle, il peut se montrer parfois excessif dans sa volonté de la protéger.    
Pseudo ou prénom. Dugland
âge. 22 ans
Comment avez vous connu le forum ? *musique d'intro de 2001 Odyssée de l'espace* TA TA TA !!! /jevouslaisseimaginerunesuitegrandiloquente
Quelque chose à ajouter ? Coucou toi




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.MIA  CLARKE
Tomeo Chayton
Tomeo Chayton
Région d'origine : Sinnoh
Âge : 15
Niveau : 13
Jetons : 406
Points d'Expériences : 195
Todresseur Novice
Sujet: Re: [477] MIA CLARKE. Alors on danse. [MENTALI]   Ven 22 Déc - 19:51
Bienvenue à toi Mia, hâte de voir le reste de ta fiche ^^

_________________
 
Mia Clarke
Mia Clarke
Région d'origine : Kalos
Âge : 13 ans
Niveau : 15
Jetons : 1496
Points d'Expériences : 279
Pokeathlète Novice
Sujet: Re: [477] MIA CLARKE. Alors on danse. [MENTALI]   Dim 24 Déc - 1:20
Merci Tomeo Very Happy

Ma fiche est terminée (a) Donc c'est un 2e reroll, ce qui fait logiquement :

Jetons : 901 -> 300
Points d'Expériences : 435 -> 217


Xoxo !

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.MIA  CLARKE
Ranya Iluzion
Ranya Iluzion
Région d'origine : Johto
Âge : 14 ans
Niveau : 21
Jetons : 2277
Points d'Expériences : 699
Scientifique Archéologue
Sujet: Re: [477] MIA CLARKE. Alors on danse. [MENTALI]   Dim 24 Déc - 16:09
OMG une autre danseuse classique qui ne connait rien aux pokemons c'est top<3 En tout cas super contente de te voir revenir sur le forum ** Il faudra que je te pique un lien parce que voilà quoi x)

Rebienvenue sur le forum du coup !
Ginji Labelvi
Ginji Labelvi
Région d'origine : Sinnoh
Âge : 19 ans
Niveau : 100
Jetons : 2949
Points d'Expériences : 4067
Todresseur Spé. Type
Sujet: Re: [477] MIA CLARKE. Alors on danse. [MENTALI]   Lun 25 Déc - 15:25
Ah! Si j'avais su qu'en débarquant ici, je finirai par devoir te valider... U.U

Re-bienvenue sur le forum, Deag'! Fiche plutôt courte et bourrée de faute impeccable, je n'ai rien à redire! Mia est bien singulière, j'ai très hâte de la découvrir INRP. En espérant que sa découverte des Pokémon se passe sans accroc!


Bienvenue dans le Dortoir Mentali ♀ et bonne intégration parmi tes confrères ! N'hésite pas à poser tes questions si tu as le moindre soucis au staff ou aux membres de ton dortoir (www). Tu peux dès lors poster ta T-CARD dans la partie correspondante, ainsi que gérer tes RPs grâce à aux RECHERCHES DE RPs ET RELATIONS. N'oublie pas de remplir les champs de ton profil dès que possible (T-card et Fiche de Présentation) pour faciliter la navigation aux autres joueurs, et de réserver ton AVATAR dans la partie adéquate ! Tu repars aussi avec 2 Pokeball, données par le Collectionneur. Ton numéro étudiant est 477. Bon jeu sur Pokémon Community !

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« Il y aura des hauts, il y aura des bas… Et je ne serai pas là pour t’aider à les traverser. »
Mia Clarke
Mia Clarke
Région d'origine : Kalos
Âge : 13 ans
Niveau : 15
Jetons : 1496
Points d'Expériences : 279
Pokeathlète Novice
Sujet: Re: [477] MIA CLARKE. Alors on danse. [MENTALI]   Lun 25 Déc - 21:00
GINJI ::> Ahah la boucle est bouclée ! Merci !! N° étudiant 477!! OMG ça commence à faire !


RANYA ::> Longue chevelure blonde et passion pour la danse, effectivement il y a plus d'un point commun à exploiter Very Happy
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Sujet: Re: [477] MIA CLARKE. Alors on danse. [MENTALI]   
[477] MIA CLARKE. Alors on danse. [MENTALI]
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