[499] Des carottes ? Non merci, je ne voudrais surtout pas devenir trop aimable <3 Caroline Labelvi ~ [ADULTE]
Caroline Labelvi
Région d'origine : Sinnoh, Rivamar
Âge : 27 ans
Niveau : 0
Jetons : 2672
Points d'Expériences : 242
Adulte Contre-Espionnage
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Sujet: [499] Des carottes ? Non merci, je ne voudrais surtout pas devenir trop aimable <3 Caroline Labelvi ~ [ADULTE]   Ven 22 Juin - 12:25
Papa Ursaring débarque !
NOM. LABELVI
PRÉNOM. Caroline
ÂGE. 26 ans
RÉGION D'ORIGINE. Sinnoh, Rivamar
AMBITIONS FUTURES. Se poser, ça serait cool. Et après j'irai embêter le frangin !
Description
Dans la vie, rien n'est totalement...
... Noir...
… Ou blanc...

… Car les gens vont et viennent, tout comme leurs pensées, qui dérivent le long du fleuve tumultueux qu'est la vie.

Pourtant dans ce récit, il y a bien quelques éléments qui sont complètement...
... Noirs...
… Ou blancs...

… Mais de quelle couleur exactement ? Eh bien...

Ce sera à vous d'en décider.


***
15 Juin 2018
Cathédrale d'Unionpolis, Sinnoh

Caroline prit une profonde inspiration.

Et avança.

Autour d'elle, la tension était palpable. La jeune femme elle-même se sentait lourde. Terriblement lourde. Comme elle ne l'avait peut-être jamais été.

Oh oui... Jamais, au grand jamais, Caroline n'avait eu ce sentiment. C'était quelque chose de complètement... Inédit. De nouveau. Et elle savait que rien, absolument rien au monde, ne surpasserait un jour cette émotion.

De part et d'autre du tapis rouge sur lequel elle progressait, de nombreuses personnes étaient rassemblées. Au tout premier rang, à quelques pas de l'autel où on l'attendait, elle remarquait déjà la présence de sa chère et tendre famille. Son père avait, chose extrêmement rare, pris congé le temps de la journée, et troqué son habituel habit de chantier contre un costard, peut-être un peu trop usé par le temps, mais qui lui allait encore parfaitement. Sa mère était juste à côté, vêtue d'une modeste robe qu'elle ne portait qu'en de rares occasions ; et il en allait de même pour sa petite sœur, dont elle remarqua sans mal la coiffure faite à la va-vite. Lissa n'avait jamais été quelqu'un de très ordonnée... Quant à son petit frère, il était absent. Caroline était venue jusqu’à Lansat pour lui demander d’être présent en cette journée particulièrement forte en émotion, il y a trois jours à peine, mais quelque chose dans l’attitude du garçon l’en avait finalement dissuadé. Pourtant, elle aurait apprécié l’avoir à ses côtés…. Cet événement était si important pour elle… Mais tant pis, elle allait devoir faire sans. Et ce n'était pas comme si elle était elle-même un exemple en matière de présence, de toute façon.

La jeune Lissa contemplait sa grande sœur avec un air ébahi, qu'elle n'osait montrer. Elle avait toujours admiré son corps, sa silhouette, et le soin qu'elle y portait. Déjà, Caroline avait toujours été plus grande que les personnes de son âge, à l'inverse de sa sœur qui se trouvait dans la moyenne inférieure, donc dès lors... Une certaine jalousie était très rapidement née. Rien de bien méchant, rassurez-vous : il s'agissait plus d'une forme d'envie qu'avait Lissa de ressembler à sa frangine que d'une rivalité sororale. D'autant que ce n'était pas réciproque... Caroline trouvait certes sa petite sœur extrêmement mignonne, mais elle pouvait difficilement jalouser son corps quand elle appréciait autant le sien. Elle se sentait grande, belle et avait de longs cheveux dorés qui s'étaient toujours montrés particulièrement dociles avec elle. Ils poussaient relativement vite, et bouclaient légèrement, sans pour autant se montrer récalcitrant avec les lisseurs et les teintures : pas une seule fois Caroline avait échoué à faire ce qu'elle voulait de sa chevelure. Elle la voyait même comme sa marque de fabrique, sa simple description suffisant parfois à remémorer l'image de Caroline dans son ensemble. « Vous voyez, la grande blonde avec les cheveux bouclés ? Bah c’est Caro. »

Car il était vrai qu'à part cela, sa tête n'avait pas grand chose de particulier : ses yeux violacés reflétaient une teinte légèrement pâle, assez contradictoire avec l'attitude générale de la jeune femme, et son visage, dans sa globalité, était plutôt arrondi, et ce à son plus grand dam. Quoique, n’exagérons rien, elle s'en accommodait parfaitement ; et puis, les sourires malicieux qu'elle était capable d'afficher ne pouvaient trouver meilleur emplacement que celui-ci.

Mais le principal atout de Caroline restait sans nul doute son corps. On l'a déjà dit, Caroline était plutôt grande (un mètre soixante dix-neuf, pour être exact), mais possédait également une poitrine plutôt généreuse et une silhouette qui s’affirmait sans le moindre mal. La voir vous suffit pour comprendre que vous avez affaire à une femme forte, charmeuse, et déterminée, qui n'hésitera pas à vous mettre un coup de pied bien placé si vous ne vous comportez pas en parfait gentleman avec elle.

Même si dans la situation actuelle, Caroline était quelque peu mal placée pour s'adonner à ce genre d’exercice. La robe qu'elle portait ne lui permettait pas de si larges mouvements des pieds... Mais au moins, elle lui allait à ravir. Les manches tombantes, le buste épousant parfaitement ses formes, et la chute recouvrant intégralement jambes et pieds, la robe avait aussi une toute petite traînée qui s'étendait sur quelques centimètres derrière elle ; le strict minimum pour donner une impression de dynamisme au déplacement de Caroline, sans pour autant risquer de l'entraver dans ses mouvements. Mais de quelle couleur était-elle, déjà, cette robe ? Caroline ne parvenait pas vraiment à s'en souvenir.

Peut-être noire...
…. Ou peut-être blanche...

Elle n'y prêtait plus aucunement attention, à vrai dire. Son regard était rivé droit sur l'autel vers lequel elle se dirigeait.

Lentement.

Pourtant, Caroline n'était pas du genre à se montrer si anxieuse. Caroline avait toujours foncé, sans la moindre hésitation. Caroline était toujours allée au bout de ce qu'elle entreprenait. Caroline en avait toujours fait qu'à sa tête, aussi, et au grand désespoir de son entourage. Mais Caroline aimait faire les choses à 200 km/h. Croquer la vie à pleines dents, agir sur des coups de tête, des pulsions, et profiter de la moindre occasion pour s'amuser. Elle vivait chaque jour comme étant le dernier : la vie lui paraissait bien trop courte pour qu'elle puisse prendre le loisir d'avoir des regrets. Sa malice habituelle n'aidait pas vraiment, un de ces passes-temps favoris consistant à taquiner les gens autour d'elle, voir de leur jouer de mauvais tours pour les regarder s'exciter et s'énerver à leur insu.

Oui, elle avait un petit côté sadique. Mais rien de bien méchant, croyez-moi.

Car Caroline avait bon fond, au final. Elle n'avait jamais agi dans le simple but de nuire au bonheur des autres, et se contentait de pimenter leur quotidien pour le rendre encore plus savoureux. Elle adorait plus que tout voir ses proches s'épanouir autour d'elle, et se dire que les choses allaient pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Elle n'aimait pas les tracas. Se prendre la tête, c'était aussi quelque chose qu'elle détestait. Donc dès lors que les événements tendaient à lui gâcher son heureux quotidien, elle avait la fâcheuse tendance à tout balayer d'un mouvement de main, et de rapidement passer à autre chose en écartant tout ce qui pourrait la déranger sur son passage. Si vous êtes du genre susceptible, ne vous attachez surtout pas à Caroline : montrez-vous une seule fois contraignante avec elle, et elle vous lâchera aussitôt, effaçant votre existence même de son esprit. Le pire étant qu'elle ne s'en portera pas plus mal. C'est même tout le contraire ! Chaque pont coupé par besoin de séparation n'était que du leste supplémentaire lui permettant de s'envoler toujours plus haut. Qui donc souhaiterait se libérer d'un boulet, pour s'y renchaîner aussitôt ? Certainement pas Caroline, en tout cas. Et si vous tentez désespérément de vous raccrocher à sa jambe, qu'à ne cela tienne ! Elle la secouera avec d'autant plus de vigueur pour vous faire lâcher prise.

Cela ne vous surprendra donc pas de savoir qu'elle avait laissé bon nombre d'amants éplorés le long de sa route. Aller à l'encontre de Caroline était peut-être l'une des pires idées qui puisse un jour vous traverser l'esprit : son attachement inexistant pour son entourage, famille exceptée, l'encourageait à ne pas y aller de main morte lorsque venait l'heure de régler les comptes. Quelques paroles acerbes, un ou deux coups, on tourne le dos, et on s'en va drapée dans sa dignité ! Vraiment, Caroline y allait rarement par quatre chemins.

Alors pourquoi aujourd'hui, se posait-elle autant de question ? Elle qui était d'habitude si insouciante ? Qu'est-ce qui la mettait dans un tel état ? Pourquoi paraissait-elle si... Perdue ? Comme si elle n'arrivait pas à pleinement réaliser la raison de sa présence en ces lieux.

Tandis qu'elle se rapprochait toujours un peu plus du fond de la cathédrale, le cerveau de Caroline tournait à vive allure. Qu'est-ce qui l'avait amené jusqu'ici, au juste ? Comment en était-elle arrivée là ? Jamais elle n'aurait pu prédire qu'un jour, un tel événement surviendrait.

Oh non, jamais.  

Quelques scènes de sa vie défilèrent dans son esprit.
Histoire

21 Juin 2015
Résidences privées, Papeloa, Unys

« -... Ici Veronica, correspondante de Féli-Télé en direct du 14ème Festival Cinématographique de Papeloa. Une explosion vient de retentir à proximité de la grande villa accueillant les célébrités invitées à la remise des prix du célèbre festival récompensant les films les plus appréciés de l'année, et nous nous rendons actuellement sur place afin d'en apprendre un peu plus sur ce qu'il vient de se passer. Il y a treize minutes exactement, une puissante détonation a retenti dans toute la ville, avant qu'un immense incendie ne soit déclaré dans le bâtiment où avait lieu la remise des récompenses. Nous ne savons pas encore s'il s'agit d'un acte criminel ou accidentel, ni même si des personnes ont été prises dans l'explosion ; néanmoins, la présence sur place de nombreux agents de police ainsi que d'une grande abondance en eau dans la région ont permis d'avoir rapidement l’incendie sous contrôle. Aussi, nous attendons un communiqué officiel des pompiers afin d'en apprendre plus sur le nombre de victime potentiel, ainsi que d'éventuels indices sur la source de cette explosion... Oh, regardez ! Ils ont évacué dans les jardins environnant toutes les personnes présentes sur les lieux au moment du drame, peut-être que si nous nous approchons un peu, nous pourrions... Parfait, nous pouvons avancer ! Caméra, micro, dépêchez-vous un peu bon sang !... Ex-excusez-moi ! Mademoiselle ! Auriez-vous quelques secondes à nous accorder ?
-... Oui ? »

Relevant la tête de son téléphone portable, Caroline vit débarquer vers elle une jeune femme essoufflée tendant un micro droit vers elle, suivie d'un cameraman et d'un perchiste tout autant fatigués. Autour d'elle, de nombreuses personnalités en panique observaient de loin la fumée s'élevant des lieux de la remise des prix, fumée hélas difficilement discernable à cause de l'obscurité du ciel en cette nuit plutôt fraîche. Néanmoins, les nombreux spots de lumière entourant la villa suffisaient à bien éclairer les alentours, et Caroline n'eut aucun mal à distinguer son interlocutrice, qui ne tarda pas à la bombarder de question. Rangeant son portable dans son sac à main, elle se redressa et releva le menton avec un faux-air de mépris.

« -Vous étiez à l'intérieur pour la remise des récompenses ?
-Oui, en effet...
-Avez-vous été témoin de l'explosion qu'il y a eu ?
-Oui ! Enfin... A vrai dire, non, nous étions tous assis sur nos sièges à attendre que le présentateur termine son discours, quand on a entendu un espèce de gros BOUM, avant que l'on nous demande de quitter les lieux en quatrième vitesse. Vous ne pouvez pas savoir la PANIQUE qu'il y avait, c'était IN-CRO-Y-ABLE, tout le monde se bousculait et courrait vers la sortie à une vitesse folle, un truc de DINGUE ! Il y a même un type qui m'a bousculé et m'a fait perdre l'un de mes trois téléphones portables dans la foule, vous vous rendez compte ? Les gens n'ont vraiment plus AUCUN respect de nos jours, c'est quand même grave...
-... Pardon ?
-C'était un Ipok G6 Touch Rose ! Une édition limitée tirée à quelques centaines d'exemplaire seulement ! Maintenant, il doit être tout piétiné et en morceau quelque part dans la villa... Vraiment, les gens sont d'une brutalité... »

Caroline prit une position mélodramatique témoignant de son plus grand désarroi face à la situation actuelle. La reporter échangea un bref coup d’œil sceptique avec son cameraman, avant de froncer les sourcils, semblant se souvenir de quelques chose.

« -Mais attendez, je vous connais... Vous êtes une Coordinatrice connue vous, non ? Votre tête me dit quelque chose... Ah ! Si ! Vous êtes celle que l'on soupçonne avoir une relation amoureuse avec l'acteur Chris Bryan, je me trompe ?
-Oh ? Hum oui, c'est ce qu'il se raconte... »

Optant soudainement pour un air désintéressé, Caroline se mit à observer ses ongles, tandis que la journaliste s’enquérait du nom de son interlocutrice auprès du perchiste. Ayant trouvé un tout nouveau sujet de discussion, Veronica s'empressa de questionner Caroline au sujet de cette supposée relation amoureuse ayant récemment fait couler quelques litres d'encres dans les magazines people, espérant ainsi pouvoir faire d'une pierre deux coups en obtenant plusieurs scoops exclusifs.

« -Caroline Labelvi, confirmez-vous cette rumeur ? Depuis combien de temps êtes-vous ensemble ? Que répondez-vous aux critiques qui vous accusent de vouloir profiter de sa popularité pour sortir de l'ombre ?
-Chris n'est pas l'élu de mon cœur. Mon amour appartient déjà à un autre... !
-A qui donc ?
-... A mes chers fans, évidemment ! <3 Sans eux, je ne serai rien, et je n'oserai ternir notre relation si fusionnelle en me rapprochant de cet acteur de bas étage...
-Pourtant, la différence de popularité entre vous deux est plutôt flagrante, non ? Seuls les mordus de Coordination savent qui vous êtes, tandis que Chris...
-Est une star mondialement connue, je sais, je sais. Si vous aussi vous venez me le rabâcher en boucle, nous pouvons nous en arrêter là ! D'ailleurs, je vais y aller, cette soirée est vraiment en train de virer au CAU-CHE-MAR. Et il faut vite que je contacte mon impresario pour qu'il me trouve un nouveau téléphone... Salutations.  »

Avec un air dédaigneux, Caroline remonta son sac à main le long de son épaule, et tourna le dos à la journaliste en se mêlant à la foule. S'assurant d'être rapidement perdue de vue, elle fendit la masse de célébrité avec une plus grande célérité, et arriva bien vite aux abords de la villa ; passant derrière un spot lumineux, elle s'enfonça dans l'obscurité de la nuit, là où personne n'ira la chercher, et surtout, là où personne ne pourra l'empêcher de s'en aller à cause de pseudo-mesures de sécurité.

Au pas de course, elle avançait d'un pas assuré jusqu'à la partie flottante du village de Papeloa, et bientôt, passa de ponton en ponton pour atteindre la maison qu'on lui avait loué le temps du festival. Rentrant à l'intérieur en quatrième vitesse, elle poussa un énorme soupir de soulagement une fois la porte refermée, puis se dirigea jusqu'à son lit sur lequel elle posa son sac à main. Commençant à fouiller frénétiquement dedans, elle ne se retourna même pas lorsqu'une voix s'éleva de derrière elle.

« -Tu en as mis du temps.
-Excuse-moi, mais un abruti a eu la merveilleuse idée de faire péter une bombe, m'obligeant à poireauter dans le jardin de la villa le temps que les choses se calment. »

Sentant une main se glisser sur sa hanche, Caroline tenta bien de repousser celui qui voulait l’enlacer d'un mouvement d'épaule, mais il insista, et la força à se retourner aussi sec. L'embrassant aussitôt, Caroline se laissa aller à un baiser langoureux, puis recula la tête avec un sourire malicieux.

« -Tu t'es encore cru dans un film d'action, Chris ? La prochaine fois, JE me charge de faire une diversion pendant que TU vas récupérer l'objectif, d'accord ?
-Reçu cinq sur cinq, chef... Mais tu peux m’appeler par mon vrai prénom quand nous sommes en privé, tu sais ? J'ai vérifié en arrivant, personne n'a placé de caméra en notre absence...
-Je sais, mais... Je crois que sortir avec un acteur célèbre du nom de Chris m'excite plus qu'avec un espion prénommé Malcolm.
-Tss. Tu es incorrigible. »

Se défaisant de son étreinte, la jeune femme repoussa gentiment Malcolm, avant d'agiter sous son nez une petite clé USB retirée de son sac quelques secondes plus tôt. Sans se défaire de son sourire, elle s'assit sur le lit, et fit un petit mouvement du cou pour s'étirer la nuque, fatiguée.

« -Vraiment, comment farfouiller dans les affaires d'un réalisateur lambda peut devenir une priorité des services secrets ?
-Peut-être qu'ils ont juste très envie de voir leur film préféré en avance... Et puis, qui sait ce que peuvent cacher ces gens. Tu dois être bien placée pour le savoir, non ?.... Je te sers un café ?
-Oui, certes... Euh non, pas de café, ça ira, merci. Quand même, je suis curieuse de savoir qu'est-ce qui valait bien la peine que tu provoques une explosion au plus grand festival du cinéma de l'année... Et dire qu'avec tout ça, je n'ai même pas réussir à voir Dianthéa, aaaah... »

Se laissant tomber sur le lit, Caroline poussa un soupir fatigué. Revenant de la cuisine avec une tasse de café fumante, Malcolm vint s'asseoir à côté d'elle, et passa sa main de libre dans les cheveux dorés de sa partenaire.

« -J'espère que tu n'es pas trop épuisée, parce que dès que nous aurons ramené cette clé USB, on nous renverra certainement aussitôt en mission quelque part dans le monde.
-Je sais, je sais... »

Elle leva un poing en direction du plafond avec un air faussement déterminé.

« -Haut les coeurs !... »


***
12 Septembre 2016
Restaurant « Sushi Sans Chichi », Illumis, Kalos

« -Et voilà votre commande. En vous souhaitant un agréable repas.
-Merci beaucoup !
-Merci à vous. »

Souriante, la serveuse fit une petite révérence avant de pivoter sur elle-même pour repartir en cuisine. Contemplant avec des étoiles dans les yeux l'assortiment de mets qu'elle venait de se faire servir, Caroline ne se retint d'attaquer les festivités que par pure politesse envers Malcolm. Après avoir rempli leurs deux verres, ce dernier tendit une tasse à vin à la jeune femme, et tous deux se regardèrent dans les yeux avec un sourire complice au moment de trinquer.

« -A nos vacances.
-A nos vacances ! »

Vidant sans la moindre hésitation le verre, Caroline se hâta de le reposer pour attaquer les sushis, bien qu'ayant la délicatesse de se servir de baguettes pour ne pas tout avaler goulûment. Si elle se laissait aller, elle savait qu'elle pouvait être aussi vorace que son petit frère, et sa ligne n'apprécierait certainement pas trop l'excès... Car à l'inverse de son frangin, elle payait de son apparence le surplus de nourriture avalé, et se devait donc de faire attention à ce qu'elle mangeait, et surtout, en quelle quantité.

Dégustant avec délectation le premier sushi, elle laissa s'échapper une exclamation joyeuse.

« -Aaaaah, rien que la simple idée d'être en congé pour quelques jours me fait un bien fou !... Tu en veux, Nessie ? »

Occupant une place plutôt... Conséquente à côté de la table, la Lokhlass de Caroline entonna une petite mélodie à l'entente de la proposition de sa dresseuse. Avalant avec un plaisir non dissimulé quelques uns de ses sushis, elle aurait parfaitement pu tout gober si Caroline ne l'en avait pas empêchée, lui demandant de leur en laisser quelques uns à elle et ses deux autres Pokémon. Son Mélokrik prénommé Coko se servit d'ailleurs délicatement, et beaucoup plus modestement que sa comparse, tandis que Lysian, une petite Korillon, se laissa nourrir par Caroline, ses petites pattes ne l'aidant pas vraiment à saisir la nourriture.  

« -Au fait, tu ne m'as jamais dit comment tu avais capturé tes Pokémon. Cela fait longtemps que tu les as, non ? »

Les observant en silence depuis le début du repas, Malcolm énonça à voix haute la question qui lui avait traversé l'esprit pendant sa contemplation. Surprise par l'interrogation, Caroline finit tout de même par hocher la tête avec un sourire, donnant une nouvelle bouchée à sa Korillon.

« -Coko est un Pokémon que j'ai rencontré vers mes 14 ans. Il n'était qu'un Crikzik à l'époque, et je l'ai surpris en train de chantonner gaiement derrière la grange familiale. Je l'ai écouté pendant bien une heure avant qu'il ne se rende compte de ma présence... Il a aussitôt pris la poudre d'escampette, mais il revenait pourtant toujours au même endroit. Au bout d'un moment, j'ai compris qu'il essayait de faire la cour à une Cheniselle planquée dans notre grain, et, en charmante dame que je suis, je lui ai proposé mon aide. Au final, il s'est pris un râteau, mais...» elle goba un sushi, et fit un clin d’oeil au concerné « Le temps qu'il laisse tomber sa conquête amoureuse, nous étions déjà inséparables. »

Coko détourna la tête avec un certain dédain, vexé que Caroline ravive ainsi la profonde blessure présente au fond de son petit kokoro brisé. Sa dresseuse ricana, ne cachant à aucun moment sa moquerie, puis détourna le regard pour observer sa Korillon et sa Lokhlass.

« -Nessie m'a été remise lors de mon entrée dans la formation pour les services secrets, et Lysian à ma sortie.
-Comment ? » Malcolm fronça les sourcils « … Que tu demandes un Lokhlass, je comprends parfaitement, mais... Un Korillon ? D'habitude, les diplômés réclament des Pokémon plus... Imposants ? »

Glissant un regard sceptique à Lysian, occupée à déchirer tant bien que mal une tranche de saumon, Malcolm n'arrivait pas vraiment à comprendre pourquoi Caroline avait choisi un tel Pokémon. Les espèces pouvant s'avérer utiles, si ce n'est primordiales, au métier d'espion ne manquaient pas vraiment…. Caroline rigola.

« -Ne sous-estime pas les pouvoirs psychiques de Lysian. Et puis, c'était surtout pour parfaire ma couverture... Avec Nessie au chant, et Coko, Lysian à moi à l'instrumental, nous formons un groupe d'enfer !
-... Sérieusement ? »

Elle fit un grand sourire.

« -J'ai l'air de plaisanter ?
-… »

Souriant à son tour, Malcolm détourna le regard et prit une nouvelle bouchée de son plat.

« -Soit. Et qu'est-ce qui t'a poussé à nous rejoindre, au juste ? Il est vrai que tu sembles beaucoup plus prédisposée à la Coordination qu'au métier d'Espion... »

Une mauvaise langue dira qu'ils sont bien incompétents de parler aussi naturellement de leur métier dans un lieu public ; mais au contraire, c’est par excès de zèle qu’ils se le permettent.  Leurs bouches dans l'angle mort de la seule caméra de surveillance du restaurant, les deux adultes pouvaient profiter du brouhaha général de la salle et de l'agitation créée par les combats s'y déroulant pour parler en toute sécurité, sans même craindre qu'on lise sur leurs lèvres.

« -Peut-être est-ce parce que je n'ai justement jamais voulu devenir Espionne, mais Coordinatrice.
-... Comment ça ? »

Caroline posa ses baguettes, et prit une serviette pour s'essuyer la bouche avant de poser ses coudes sur la table. Plaçant son menton dans le creux de ses mains, elle leva les yeux en direction du plafond pendant quelques secondes, réfléchissant à la façon dont elle pourrait tout expliquer, avant de finalement reprendre la parole.

« -Comme tu le sais, j'ai grandi dans une petite ferme à proximité de Rivamar. Je n'ai hélas jamais eu la fibre campagnarde, et je suis rapidement devenue une adolescente rebelle en quête de gloire et de liberté... A mes 16 ans, après une dispute avec mes parents, je leur ai claqué la porte au nez et je suis partie avec pour seule compagnie Coko et mon sac-à-dos, leur crachant au visage que j'allais devenir une grande Coordinatrice célèbre, et ce sans l'aide de personne. Et surtout pas la leur... Mais j'ai rapidement déchanté. A l'époque, les concours de Coordination étaient particulièrement prisés, et il était vraiment compliqué, voire impossible, de percer dedans. D'autant plus lorsque, comme moi, on était une débutante n'ayant toujours eu que pour seul public deux copines et un troupeau de Wattouat... »

Marquant une pause, elle se remit à manger, tandis que Coko secouait la tête de droite à gauche en se remémorant cette dure période de leur vie.

« -Et à peine quelques semaines après mon départ, nous... Nous sommes retrouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Un mec des services secrets avait été envoyé quelque part faire quelque chose, et la providence avait décidé que nous serions sur place avec pile le bon timing, et donc témoins de toute la scène. »

Malcolm fronça à nouveau les sourcils et tourna légèrement la tête en un air interrogateur, attendant que Caroline développe, mais celle-ci se contenta de secouer la sienne de droite à gauche.

« -Na, je ne dirai rien. Affaire classée confidentielle. Je n'ai pas le droit d'en dire quoi que ce soit. Tout ce que je peux te raconter, c'est que... Nous étions des témoins gênants. Et nous l'avions vite compris. Alors nous avions pris la fuite en quatrième vitesse, et... Fait du mieux que nous pouvions pour nous faire discret.
-... Et vous avez tenu combien de temps ?
-... »

Caroline laissa un court silence s'installer pendant quelques secondes.

« -Deux mois. »

Sur le point d'avaler quelque chose, Malcolm manqua de s'étouffer en entendant cette réponse. Toussant un petit moment sous le regard amusé de Caroline, il la regarda droit dans les yeux avec une expression légèrement choquée, une fois remis.

« -Tu... Tu as échappé aux services secrets pendant deux mois entiers alors que tu venais tout juste de quitter le cocon familial ?!
-Nous, avions échappé aux services secrets pendant deux mois. Sans Coko, je ne serai pas allée bien loin..
-Mais... Comment... ? »

Carole se colla contre le dossier de sa chaise, et croisa les bras, le regard ailleurs.

« -J’ai des… Prédispositions. A la fuite, la survie. » elle marqua une courte pause « A l'espionnage en général. »

Il plissa les yeux.

« -… C’est-à-dire ? »

Elle haussa les épaules.

« -Je n’ai pas le droit d’en parler.  » elle se pencha vers l’avant, les coude sur la table, et lui adressa un sourire narquois « On sait jamais, tu pourrais bien vouloir retourner ces informations contre moi ♪ »

Malcolm sourit, amusé, tandis que Caroline se redressait.

« -Mais je veux bien te faire une confidence...  »

Elle se pencha jusqu’à atteindre ses oreilles, et chuchota :

« -Elles sont au nombre de trois. »

La blonde se laissa retomber sur sa chaise aussi sec, avant de brusquement changer de sujet.

« -Quoi qu'il en soit, nous avions tenu pendant soixante-quatre jours dans la peur de nous faire attraper puis zigouiller, avant de finalement nous faire prendre. »

Son interlocuteur, digérant tout juste la précédente information, se montra perplexe.

« -... Tu pensais qu'ils voulaient vous tuer ?
-Bien sûr ! Je ne me doutais pas qu'ils souhaitaient se contenter d'effacer de nos mémoires ce que nous avions vu... Je ne savais même pas qu'il existait des Pokémon capables d'une telle chose, à l'époque... »

A son tour, il lui adressa un sourire taquin.

« -Et tu leur as tenu tête pendant deux mois ?
-Hmpf, tu n'es pas obligé de me croire. »

Il laissa s’échapper un léger rire à la mine vexée de Caroline.

« -Et ensuite ?
-Et ensuite, bah je leur avais tapé dans l’œil. Une fillette sortie de nul part qui n'a jamais montré de disposition à devenir espionne et qui s’avérait en fait capable d'en être une, c'était de l'eau bénite, pour eux. Ils m'ont donc fait une offre.
-Et tu as accepté de suivre leur formation ?
-Je n'avais pas trop le choix... Ma carrière de Coordinatrice avait été un flop total, et je ne savais plus quoi faire. Ça me semblait être une bonne option. Surtout que ça m'a justement permis d'atteindre mon objectif... Il m'a suffit de proposer une couverture de Coordinatrice, et le tour était joué ! » elle lâcha un soupir « … Même si c'est pour de faux. »

La serveuse de tout à l'heure vint à leur table pour débarrasser leurs assiettes vides, et les deux collègues se turent le temps qu'elle s'en aille. Ils attendirent néanmoins qu'elle soit revenue leur proposer la carte des desserts avant de continuer, ce qui se fit presque aussitôt.

« -Mais maintenant... Tu en as une, de carrière de Coordinatrice, non ? Sous ta véritable identité, en plus. Rien ne t'empêche de mettre ton métier actuel de côté et de te concentrer sur quelque chose que tu apprécies vraiment...
-Je sais, mais, je crois que j'ai pris goût à ce boulot. Et puis, il y a ma famille... »

Malcolm eut un mouvement de recul.

« -Ne me dis pas que... ?
-Que quoi ?
-Ils te font chanter ?
-Quoi ? Non, non ! Pas du tout ! C'est même tout le contraire... »

Il lâcha un soupir soulagé.

« -Comme je te l'ai déjà dit maintes et maintes fois, ma famille a toujours eu des revenus plutôt... Modestes, et pas vraiment de quoi s'offrir des trucs exceptionnels. J'ai toujours pensé que si nous en avions eu les moyens, j'aurai pu me consacrer beaucoup plus tôt à la Coordination et avoir des débuts bien moins laborieux… Et si j'ai pu devenir espionne, au final, c'est uniquement parce que je suis tombée sur une opportunité en or, et ce par le plus grands des hasards. Et je ne sais pas si mon petit frère et ma petite sœur pourront un jour bénéficier d'une telle chance... Or, il s'avère que notre métier propose quelques petits avantages, et que l'un d'eux m'a permis d'offrir à mon frangin l'équivalent d'une bourse d'étude, qui lui a payé la quasi-totalité des frais d'entrée de l'école qu'il visait. Cet imbécile croit toujours qu'il a financé les frais d'inscription à lui tout seul, ahaha... Et comme ma frangine n'a pas encore décidé de ce qu'elle souhaitait faire, j'aimerai au moins attendre qu'elle ait prise une décision pour pouvoir la faire bénéficier du même traitement de faveur, tu comprends ?
-Que c'est touchant... Je ne t'imaginais pas si proche de ta famille.
-Quand je suis partie, mon frère n'avait que huit ans, et ma sœur trois. J'ai été énormément absente pendant toute leur enfance, donc... Je m'en excuse du mieux que je peux, en leur offrant la possibilité de faire ce dont ils rêvent.
-Tu as des remords ?
-M-moi ? Des remords ? Pas du tout. »

Légèrement offusquée, Caroline détourna le regard, avant qu'un sourire malicieux ne s'affiche sur son visage.

« -Assez parlé de moi. Et toi, que peux-tu raconter de beau sur ta vie, mon grand brun ténébreux ?... »


***
02 Juin 2018
Parc d'attraction, Méanville, Unys

Caroline venait d'achever une énième mission.

Sa dernière affaire rondement menée, elle comptait se rendre au Grand Stade de la ville afin d'y admirer les grands, forts, et surtout sexy, athlètes qui s'y entraînaient régulièrement. Hélas pour elle... Malcolm lui avait envoyé un message lui demandant de se rendre de toute urgence au pied de la célèbre Grande Roue de Méanville. La jeune femme eut beau soupirer que cela n'y avait strictement rien changé ; aussi prit-elle son mal en patience et remit sa session de reluquage à plus tard. Et puis, sur un malentendu, elle pourrait toujours en profiter pour faire quelques tours de manèges...

Ses Pokémon dans leurs Pokéballs, Caroline fut sur place en quelques minutes seulement. Habillée d'un simple T-shirt orange à manches courtes, surmonté d'une veste brune, et d'un pantalon gris en pattes d'éléphants, elle s'était payée le luxe de mettre une paire de soleil pour renforcer son côté... Euh, Caroline, je suppose, et attendait patiemment le quelconque détail à repérer qui déclencherait le début de sa prochaine mission.

Ce détail, ce fut Malcolm en personne. Habillé aussi sobrement qu'elle – veste noire et jean, il affichait néanmoins une expression beaucoup plus sérieuse qu'à l'accoutumée, et accueillit le sourire de Caroline d'un autre beaucoup plus timide. Après qu'ils se soient tous deux rejoints à la vue de l'autre, l'espionne alla droit au but et lui demanda la raison de sa venue en ce lieu.

« -Alors ? On ne nous a pas envoyé ici pour ramener de la barbapapa au QG, je suppose ? »

Malcolm jeta un coup d’œil à droite, puis à gauche, s'assurant que personne ne les observe, et invita ensuite Caroline à le suivre d'un mouvement du menton.

« -Pas ici. Là-haut.  »  

Les mains dans les poches, il se dirigea droit vers l'entrée de la grande roue, où la file d'attente semblait plutôt courte. Il avait de la chance que leur nouvelle affection envoyée par le QG ne soit pas arrivée pendant les heures de pointe, où il aurait eu l'air bien malin, à les faire poireauter pendant une demi-heure dans une queue pour grimper dans un manège, à l'abri des regards... Amusée par cette pensée, Caroline le suivit, et le laissa régler les tickets d'entrée, avant d'embarquer avec lui dans l'un des wagons en forme de Pokéball.

Restant debout à l'intérieur, Caroline alla s'appuyer contre une vitre de dos, tournant néanmoins la tête pour admirer le paysage. Le soleil était sur le point de se coucher, et le ciel faisait un magnifique dégradé orangé qui aurait très certainement ravi les yeux de son petit frère. Elle, n'était pas aussi admirative du ciel... Il était peut-être assez paradoxale qu'une femme ayant toujours aspiré à devenir Coordinatrice soit si peu romantique, mais bon, elle était loin d'être le seul cas de la famille à apprécier des choses contradictoires.

La roue n'avait pas entamé le quart de sa rotation qu'elle se tourna vers Malcolm, curieuse.

« -Alors ? Quelle est notre prochaine mission ?  »

Légèrement de côté, Malcolm ne regardait pas Caroline. Fixant l'horizon, il sembla méditer quelques secondes sur ses prochaines paroles, avant de prendre une profonde inspiration. Tournant enfin la tête vers Caroline, il mit sa main sous sa veste...

…. Et posa un genoux à terre, un sourire aux lèvres.

« -Labelvi Caroline, votre mission, si, et uniquement si, vous l'acceptez... »

Il en sortit une petite boîte, qu'il tendit vers la jeune femme, la tête baissée, puis qu'il ouvrit.

Révélant ainsi une alliance dorée ornée d'un cristal.

« -... Est de faire de moi l'homme le plus heureux de cette planète en devenant ma femme.  »

Son cœur rata un battement.

Et Caroline écarquilla les yeux.

Le temps se figea. Paralysée, ses yeux restaient rivés sur cette alliance qu'on lui tendait. L'homme qu'elle côtoyait depuis pratiquement trois ans venait de la demander en mariage.

Elle fit un pas en arrière. Simple déséquilibre lié à la surprise, ou réelle répulsion? Elle ne sut. Elle fixait avec un air des plus choqués la bague que Malcolm tenait droit devant lui, et ses yeux croisèrent les siens, qui la fixaient intensément. Lui-même n'esquissait plus le moindre mouvement, tétanisé.

Jamais, au grand jamais, Caroline n'avait semblé aussi surprise. Elle était complètement stupéfiée, peinant à pleinement réaliser ce qu'elle venait de voir et d'entendre.

Et son cœur battait à vive allure. Il était pris dans une frénésie folle provoquée par l'émotion.

Absolument rien au monde ne semblait capable de calmer ses pulsions. Rien, sauf peut-être la réponse qui sortirait de la bouche de Caroline.


Elle l'ouvrit.

***
15 Juin 2018
Cathédrale d'Unionpolis, Sinnoh

Le reste s'était enchaîné très vite.

Caroline ne se souvenait même plus de sa réponse. Elle ne voyait plus que le visage de cet homme, que la pression semblait avoir complètement achevé, et qui attendait sa libération sous forme de quelques paroles, prononcées par elle, et qu'elle seule pouvait prononcer. Depuis combien de temps attendait-il ce moment ? Quand est-ce que le déclic s'était fait ? Et à quel point cela avait-il pu le travailler, tiraillé entre la peur du refus et l'envie de vivre à ses côtés ? Elle n'arrivait même plus à visualiser le cristal sur cette alliance dorée, aux couleurs assorties avec sa robe du jour, tellement elle était perdue.

Peut-être noir.
Peut-être blanc.

Dans tous les cas, elle arrivait enfin à l'autel.

Malcolm était là. Le trait fin, la peau d'une immense blancheur, et une expression témoignant d'un calme olympien. Il paraissait complètement reposé. Sa mère avait choisi pour lui un costume des plus sobres ; un costard, accompagné d'une cravate rouge et d'une paire de gant assortie à l'habit. Ils étaient...

Noirs.
Ou blancs.

Caroline ne se souvenait plus trop.

L'important était qu'il était là.

A ses côtés, un prêtre, qui n'attendait que Caroline pour pouvoir prononcer les paroles tant attendues. Son livre était posté juste devant l'autel, dont le coloris restait tout aussi flou aux yeux de la blonde.

Il était noir.
Ou peut-être blanc.

Tout le monde la fixait, elle, de leurs yeux humides, mus par l'émotion. Ils paraissaient tous chamboulés par l'événement. Car plus rien ne sera comme avant, désormais.

Caroline le savait. Sa vie prenait un tournant considérable qu'elle n'aurait jamais pu envisager. Au final, c'était là toute son histoire.... Un quotidien d'imprévu, sans savoir de quoi était fait demain, sans être maître ni de son destin, ni même de ses déplacements ; sans même être certaine de revenir vivante de sa prochaine mission.

Elle ne contrôlait plus rien depuis bien longtemps.

Malcolm l'avait toujours su. Et c'était certainement pour ça qu'il avait pris les devants.

Il lui avait offert la possibilité de peut-être, enfin, faire un choix dans sa vie.

Un choix... Comme elle n'avait jamais osé en faire...

Le choix de se stabiliser. D'opter pour un quotidien plus calme. Plus serein. Moins soumis à ses pulsions, et plus sûr. De mener une vie presque... Normale.

….

... Soudainement, elle comprit.

Parmi cet entremêlement de pensées...

... D'une noirceur profonde...
… Ou d'une blanche pureté...

… Une seule sortit du lot.

Caroline n'aimait pas les contraintes. Caroline n'aimait pas être enchaînée. Caroline avait toujours voulu être libre.

Elle ne voulait être rattachée à rien ni personne, si ce n'est ses Pokémon et sa propre famille. Et encore, elle s'était libérée de cette dernière depuis bien longtemps, et ses compagnons se pliaient à la moindre de ses volontés, donc il s'agissait d'un rattachement tout à fait relatif.

C'était ça, la vie à laquelle elle aspirait. Aller de droite à gauche, s'arrêter, repartir, puis se poser quelques temps, avant de redémarrer de plus belle. Elle était une girouette. Elle n'était pas quelque chose que l'on pouvait contrôler. Elle ne voulait pas être contrôlée.

Caroline releva la tête.

Elle n'atteindrait jamais le fond de cette cathédrale.

Jetant un rapide coup d’œil en direction de sa famille, Caroline croisa l'expression de Lissa.

Sa petite sœur était inquiète. Elle avait bien remarqué son visage mal en point. Elle était peut-être même la seule. Et cette lueur dans son regard, qui attendait sagement de voir la suite, le lui fit comprendre.

Caroline regarda une nouvelle fois Malcolm. Elle le contempla pendant quelques secondes, retenant brusquement son souffle. Elle n'avait pas envie de faire un pas de plus en sa direction. Elle se sentait beaucoup trop lourde. Elle ne voulait pas qu'il devienne le boulet qu'elle se devrait de traîner à ses pieds.

Elle fit volte-face.

Coupant court à la cérémonie, Caroline partit en sens inverse, tirant sur sa robe pour ne pas trébucher dessus.

Elle pouvait bien être noire.
Elle pouvait bien être blanche.
Cela n'avait aucune importance.

Elle n'avait plus aucune contrainte. Seule sa liberté comptait.

A partir d'aujourd'hui, une chose serait certaine. Elle ne laisserait que deux personnes décider pour elle : elle-même, et bibi.

Dans la foule, elle sentit une vague de panique. Elle s'en moquait complètement. Elle avait décidé de faire demi-tour. Alors elle le fera. Et rien ni personne ne l'en empêchera.

Pas même Malcolm.

Retirant d'un seul mouvement ses chaussures pour pouvoir avancer plus rapidement, Caroline quitta en trombe la cathédrale. Elle se précipita vers la voiture l'ayant déposée à peine quelques minutes plus tôt, et après s'être engouffrée à l'intérieur, elle demanda au chauffeur de partir au plus vite pour Rivamar, ce qu'il fit sous l'insistance de la jeune femme. Démarrant au quart de tour, il s'éloigna du monument, et quitta Unionpolis plus vite qu'il ne l'avait jamais fait.

A côté d'elle, elle entendit son téléphone, laissé à l'arrière dans un sac, sonner.

Un grand sourire aux lèvres, elle décrocha.

« -CAROLINE ! Mais qu'est-ce que tu fais ?!
-Je pars maman ! Encore une fois !
-Mais... Tu ne peux pas faire ça comme ça ! Les parents de Chris sont actuellement en pleurs, tu ne peux pas t'en aller sans même...
-Désolée maman. Ils sont tous très gentils, mais... J'ai besoin de me libérer de tout ça. Je ne veux pas être rattachée à lui ad vitam aeternam. Je veux pouvoir rester libre.
-Mais tu n'avais pas besoin de...
-T'inquiètes pas, j'y réfléchirai à deux fois la prochaine fois. Mais maintenant, mon choix est fait. Tu diras à papa et Lissa que je tiens énormément à vous, et qu'on se reverra au plus tôt !
-Mais, mais... Où vas-tu comme ça, au juste ?! »

Caroline leva les yeux au ciel, pensive. Elle n'y avait pas pensé à ça, tiens.

Elle dit la première chose qui lui passa par l'esprit.

« -A Lansat ! J’ai discuté avec le frangin, il y a pas long, et je me disais que ça pourrait être chouette que je m’installe là-bas.
-Mais ce n'est pas le genre de chose qu'on fait sur un coup de tête !
-Maman, ma chère petite maman... Tu devrais le savoir, depuis le temps, que je fais ce que je veux, non ?
-...
-Je t'aime maman. »

Caroline entendit sa mère pousser un profond soupir depuis l'autre côté du téléphone.

« -Tu es incorrigible, ma fille.
-C'est ce qu'il se raconte ♪ Bisous ! »

Raccrochant, Caroline ouvrit en grand la fenêtre, et jeta le téléphone par dessus bord. Elle s'en rachètera un plus tard.


Après tout, elle était libre, maintenant.


***
16 Juin 2018
???, ???

« -... Vous êtes certain de votre choix, matricule 499 ?  
-Certain.
-Ce n'est pas le genre de faveur qu'on accorde à n'importe qui. Vous avez intérêt à être irréprochable, par la suite...  
-Je le serai. Mais j'ai vraiment besoin de cette réaffectation. J'en ai marre d'être baladée à droite à gauche selon le bon vouloir du QG... Maintenant, je tafferai à domicile ! Si je pars quelque part, ça sera seulement et uniquement parce que JE l'aurai voulu. Sauf en cas d'urgence absolue, bien sûr.  »

Attrapant le dossier qu'on lui tendait, Caroline fit un large sourire. Elle allait reprendre le boulot tranquillement sur une île paradisiaque, avec pour seule compagnie ses Pokémon et son petit frère, qu'elle pourra aller embêter à son bon vouloir. Pourquoi n'y avait-elle pas pensé plus tôt ?  

« -Si je puis me permettre... Votre décision a-t-elle un rapport avec matricule 700 ?  
-Non, je ne vous permets pas. <3 Salut ! On s'appelle, hein ? »

Après un bref salut de la main, Caroline passa une porte, et quitta le repaire. Prenant une grande inspiration, elle resta immobile quelques secondes, ses papiers à la main, puis fit un grand sourire.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, on pouvait voir toute sa détermination dans son seul regard.

« -Prévisions météorologiques de l'île Lansat : une tornade nommée Caroline Labelvi débarquera dans les jours à venir, et renversera tout sur son passage ! Alors, prenez garde, et restez bien enfermés chez vous, au risque de vous faire emporter... ~  »


***
Quelques jours plus tôt
Centre commercial de Rivamar, Sinnoh

« -... Caroline ? Tu m'écoutes ?  
-Hmm ? »

La tête ailleurs, Caroline regarda sa mère, qui lui montrait deux robes parfaitement identiques, et dont la seule différence résidait dans les teintes.

« -On ne s'est pas accordées sur la couleur. Laquelle tu veux ?  »  

Caroline haussa un sourcil.

« -Le choix est évident, non ? »

Sa mère parut perplexe.

« -Comment ça ?
-Eh bien...  »

Levant les yeux au ciel, Caroline détourna la tête, perdant à nouveau son regard dans le vide.

« -Les robes blanches sont faites pour les mariages, et les robes noires pour les enterrements, non ?  »

Alors ?
… De quelle couleur était la robe?
ÉVOLUTION ENVISAGÉE

Spoiler:
 
SURNOM. Coko
ESPECE. Melokrik
NATURE. Calme
DESCRIPTION. Gentleman et musicien virtuose, Coko est le plus fidèle ami de Caroline. Sa patience à toute épreuve n'a d'égal que son amour pour le café.
SURNOM. Nessie
ESPECE. Lokhlass
NATURE. Joviale
DESCRIPTION. Cette Lokhlass d'un naturel joyeux a la fâcheuse manie de ne penser qu'à elle-même. Ses chants enchantent les foules.
SURNOM. Lysian
ESPECE. Korillon
NATURE. Naïve
DESCRIPTION. Korillon juvénile. Particulièrement insouciante, elle a un comportement très enfantin malgré son âge. Très attachée à sa dresseuse.
PSEUDO OU PRÉNOM. Je suis un fan de Pikachu, je suis un Pikafan ! \(^o^)/ … Ah, et on m’appelle Ginji, aussi.
ÂGE.. 19 ans, 11 mois et 29 jours.
COMMENT AVEZ VOUS CONNU LE FORUM ? A l’époque, c’était via partenariat !
QUELQUE CHOSE À AJOUTER ? Les malayotyphlops koekkoeki sont une espèce de serpents endémique d’Indonésie.
Bellamy Wallace
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Scientifique Archéologue
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Sujet: Re: [499] Des carottes ? Non merci, je ne voudrais surtout pas devenir trop aimable <3 Caroline Labelvi ~ [ADULTE]   Ven 22 Juin - 13:42
J'ai pas le temps de toute lire mais.... NON PAS UNE AUTRE /PAN

Plus sérieusement, je trouve ça un peu bizarre de te souhaiter la bienvenue mais j'ai hâte de voir la grande Caro en action ! Very Happy
Sirius B. Powell
Région d'origine : Algatia - Hoenn
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Points d'Expériences : 1508
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Sujet: Re: [499] Des carottes ? Non merci, je ne voudrais surtout pas devenir trop aimable <3 Caroline Labelvi ~ [ADULTE]   Ven 22 Juin - 17:33
i lov u Keur


Bienvenue chez les Adultes  ! N'hésite pas à poser tes questions si tu as le moindre soucis, et bonne intégration parmi tes confrères ! Tu peux dès lors poster ta T-CARD dans la partie correspondante, ainsi que gérer tes RPs grâce à aux RECHERCHES DE RPs ET RELATIONS. N'oublie pas de remplir les champs de ton profil dès que possible (T-card et Fiche de Présentation) pour faciliter la navigation aux autres joueurs, et de réserver ton AVATAR dans la partie adéquate ! Sache également que nous possédons un chan skype, si tu souhaites le rejoindre, contacte un modérateur. Ton numéro ID est 499 (AHAHA). Bon jeu sur Pokémon Community !

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Sujet: Re: [499] Des carottes ? Non merci, je ne voudrais surtout pas devenir trop aimable <3 Caroline Labelvi ~ [ADULTE]   
[499] Des carottes ? Non merci, je ne voudrais surtout pas devenir trop aimable <3 Caroline Labelvi ~ [ADULTE]
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