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Réconfort par la gente canine. [SOLO]
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Sujet: Réconfort par la gente canine. [SOLO]   Lun 20 Aoû - 23:53

01.07.18

Lincoln ne sentait plus sa jambe droite depuis maintenant dix bonnes minutes, mais ce n'était pas comme si ce petit désagrément l'atteignait vraiment. Non, sinon il aurait depuis longtemps enlevé cette dernière du dessous de son fessier délicat, alors qu'il était installé confortablement sur sa chaise de bureau. Mais le garçon à  la peau laiteuse était décidément bien trop absorbé par ce qu'il se déroulait à l'écran en face de lui pour daigner bouger, et s'occuper en plus d'un problème mineur tel que sa circulation sanguine. Seuls ses yeux, iris couleur ébène dont toute étincelle de vie avait depuis longtemps quitté foyer, suivaient mécaniquement les mouvements des personnages dans ce qui semblait être un combat des plus épique entre mécha. Il en était d'ailleurs à son onzième épisode d'affilé et comptait bien enchaîner les quelques restants pour boucler avant la tombée de la nuit sa série préférée du moment, pour, qui sait, en entamer une autre des plus passionnante plus tard. En tout cas, cela lui semblait être un bon plan. Seulement, sa mère avait comme d'habitude le chic pour l'interrompre dans ses plans ; aujourd'hui ne faisait pas exception à la règle.

– Lincoln, à taaable !
– … J'arrive. »

Pas de signe de mécontentement, non, juste des paroles sages et avisées parce qu'il ne faut pas rigoler avec sa mère. Si par malheur, la quadragénaire se mettait en colère... eh bien, Lincoln ne préférait ne pas trop y penser. Soupir d'exaspération, levée du siège avec une mollesse légendaire, balançage du casque sur le bureau : check. Lincoln se dirigea lentement vers la cuisine et caressa au passage Tobi, le rocabot affectueux et câlin de la famille. Il était vraiment trognon, avec ses yeux vifs et sa langue pendante, et puis son pelage rocailleux n'était même pas désagréable au toucher non plus. Argh, il ne put s'empêcher de le prendre dans ses bras et de le combler de papouilles sur le ventre, avant d'enfin se mettre à table. Son père déjà assis lui fit un signe de la main en signe de bonjour, ou en l’occurrence, de bonsoir, et Lincoln fit de même avec indolence avant de s'affaler sur la chaise la plus proche. Sa mère l'avait encore appelé bien avant l'heure du repas, juste pour le faire bouger hein... Mais comme du coup il n'avait rien de mieux à faire, Lincoln jeta un coup d’œil à la fenêtre. Le paysage avait bien changé en quelques jours. L'épaisse couche de neige qui recouvrait normalement les alentours semblait avoir diminué de quelques bons centimètres, et des gouttes d'eau se formaient sur la vitre à cause de la liquéfaction. Ça n'enchantait guère le garçon à vrai dire, car c'était des éléments qui lui rappelait inévitablement les vacances d'été arriver à pleine vitesse. La nouvelle saison qui s'annonçait avait une saveur amère qui ne pouvait être accompagnée que de troubles et de changements, et Lincoln ne put s'empêcher de s'en vouloir d'avoir fait cette promesse stupide il y a quelques mois de cela. Et voilà que la date fatidique approchait.

–  Dis Rosalie, tu as lu les nouvelles ? L'île Lansat a essuyé des gros problèmes ces derniers jours, c'est assez fou ce qui s'est passé là-bas.
– Que veux-tu dire ? Il y a un problème avec la Pokémon Académie ?
– Non non, ça ne concerne pas que l'école... tiens, lis ça.

Tient donc, des nouvelles croustillantes ? Il l'espérait tout du moins, car vu la tête de ses parents il y avait peut-être un changement de décision dans l'air. C'était plutôt réjouissant. Lincoln devait rejoindre cette même île Lansat dans la semaine via le ferry de la ville pour y faire sa pré-rentrée, officialisant ainsi son inscription dans sa toute nouvelle école et recevant en plus un pokémon par la même occasion, afin d'ensuite se préparer au mois de septembre. Mais le truc, c'est que Lincoln n'avait vraiment pas envie d'y aller. Genre, vraiment. C'était son idée à la base, il est vrai, mais le garçon s'est rendu compte bien assez vite qu'il lui manquait sérieusement... eh bien, à peu près toutes les qualités requises pour devenir ne serait-ce qu'un dresseur. Et c'était sans parler de sa phobie sociale, qui compliquait encore plus la chose.

– Tu crois que ça compromet nos plan pour Lincoln ?
– J'ai peut-être mon mot à dire dans cette affaire vous croyez pas ? Donc... vous parlez de quoi exactement ?
– Ne te mêle pas de nos conversations Lin, ça ne te concerne pas toujours tu sais. Elle hésita un instant, avant de se reprendre. Mais... je suppose que tu devrais le savoir toi aussi : on ne sait pas trop si tu pourras faire ta rentrée à la Pokémon Academy cette année. Il y a eu des accidents, l'endroit n'est plus aussi sûr qu'avant et surtout, on ne sait même pas si les professeurs sont prêts à accueillir de nouveaux élèves.

Sur ces mots plutôt surprenants, Lincoln se précipita sur le journal que tenait encore son père à la main et le lui arracha sans scrupule pour se mettre, lui aussi, au courant des dernières nouvelles. Et au fur et à mesure que son regard parcourait l'article plutôt imprécis, un grand sourire se dessinait sur son visage.

16.07.18

C'est le matin, mais les rayons du soleil traversent pourtant avec aisance les rideaux de la chambre en piteux de état de Lincoln. Il est quoi, midi ? Pas une heure à sortir du lit donc, alors peut-on lui expliquer p o u r q u o i  sa mère se permet de rentrer avec autant d'entrain et de bonne humeur pour lui crier de se réveiller ? C'est qu'il vient à peine d'émerger, et ses yeux ne parviennent pas encore à absorber toute la soudaine luminosité de la pièce ; il ne comprend pas vraiment ce qui se passe autour de lui sur le moment.  Seul la fin de la phrase, marquée par le ton excitée de sa génitrice parvint aux oreilles du garçon encore endormi.

– … nouvelle île. Tu vas pouvoir faire ta rentrée ! »

Des mots de trop, donc. Aaaah, et merde.

17.07.18

Ces deux derniers jours sont passés à la vitesse de la lumière, et Lincoln a encore du mal à réaliser ce qui est en train de se passer. Alors qu'il se croyait à l'abri de cette fichue école, voilà que les nouvelles arrivaient au dernier moment et prenaient tout le monde de court, lui en particulier. Maintenant il se sentait comme prisonnier par ce choix qu'il avait pourtant décidé de son plein gré, mais qu'il n'avait jamais vraiment anticipé vivre en condition réelle. Il était trop tard pour reculer cependant, et le ferry sur lequel il se trouvait avait déjà entamé sa route folle vers Cobaba. La bonne nouvelle c'était que les élèves de sa promotion à bord du bateau eux aussi, ne constituaient qu'un groupe maigre, ne comptant que cinq ou six adolescents ; un nombre bien moins conséquent que ce qu'il avait pu imaginer donc. La mauvaise était que c'était cinq ou six de trop. Ils avaient tous des visages réjouis sur lesquels se peignaient des grimaces d'excitations quand ils adressaient la paroles à leur voisin, et les discussions endiablés ne tardèrent pas à fuser. Dans un sens, cette joie de vivre mis mal à l'aise Lincoln, qui ne put s'empêcher de détourner le regard. Il n'avait aucune envie que quelqu'un vienne l'accoster, ou même entame une discussion avec lui à cause d'un échange de regard perdu. Pour se protéger du monde extérieur, le garçon sortit d'une main tremblante ses éternels écouteurs de sa poche et entreprit de s'enfermer dans sa musique.

Heureusement, le trajet ne lui sembla pas si long que ça. Personne n'était venu l'embêter jusqu'à présent et la cérémonie d'accueil avait d’hors et déjà été entamée. Lincoln avait d'ailleurs préféré se glisser au fond de la foule et attendre patiemment la suite sans daigner écouter les racontars concernant le destin de l'île Lansat, n'étant que très peu touché voire pas du tout par les événements , et ne portait une oreille attentive que lorsque le sujet touchait des informations un peu plus utiles concernant la scolarité, histoire de ne pas être perdu par la suite. Le garçon se sentit cependant rapidement dépassé par les événements. C'était tout simplement... trop. Presque tous les élèves présents avaient son âge, mais il ne voyait d'eux que leurs épaules. Il étouffait. Il avait beau se faire encore plus petit, mettre ses mains dans ses poches tant qu'il le pouvait, le brun n'arrivait pas à se défaire de son malaise. Alors il dut fouiller, creuser au fond de son esprit pour trouver cette pensée qui le rassurerait ; si la chaleur de la tour de son ordinateur et l'amour de ses parents lui était inaccessible, il devait se débrouiller par lui-même. Ainsi, c'est en premier lieu l'image de Tobi qui vint dans son esprit pour le consoler. Sa compagnie lui manquait déjà... mais, un nouveau compagnon ne lui serait-il pas confié d'ailleurs ? Il allait recevoir un pokémon lui aussi, non ?

Il se sentit tout à coup si nul qu'il ne put s'empêcher de faire un facepalm. Comment avait-il pu oublier un tel détail, hein ? Maintenant Lincoln était totalement obsédé par cette idée. Il avait hâte bien sûr, mais l'appréhension lui montait également à la gorge à la seule pensée de posséder un pokémon. Il allait devoir en prendre bien soin, lui qui n'avait jamais eu de responsabilité de sa vie. Quelle blague. Son seul souhait était qu'on ne lui attribue pas un mastodonte, une créature de l'enfer ou un félin. Oh oui, si seulement il pouvait éviter ça. Cette espèce l'insupportait tout simplement, et leurs manières encore plus. En tout cas, seul le destin pouvait le lui dire, et il était en route pour le découvrir par lui-même. Le petit groupe d'élèves fraîchement arrivé fut redirigé vers un coin de l'île dont l'apparence était plus ou moins négligée : sans doute que ce n'était que des installations de fortunes placées ici à la va-vite dans des soucis de manque de temps. Quoi qu'il en soit, la queue pour la hutte du collectionneur commençait à se former.

*

Ça y est, c'était son tour. D'un pas hésitant, Lincoln s'engouffra dans la pièce et fut immédiatement surpris de voir la collection gigantesque de pokéball dispersées un peu partout. Le fameux collectionneur, qui n'usurpait certainement pas son identité, semblait être occupé un peu plus loin à trifouiller dans un tiroir. Le garçon pensa un instant qu'il ne l'avait pas entendu entrer, et c'est tout naturellement qu'il sursauta quand la voix de l'homme lui demanda son prénom. À peine eut-il le temps de répondre qu'une foule de question sans queue ni tête déblatérée d'un ton impatient succédèrent, et Lincoln se sentit un instant perdu. Il tenta néanmoins d'y répondre de son mieux, et en insistant bien sur le chien quand la question, un peu hasardeuse ?, quant au conflit team chat ou team chien fut posée.

Le collectionneur sembla tiquer quand Lincoln fit preuve de cette soudaine détermination, car il prit sans hésitation dans la paume de sa main une pokéball bien précise et la lui confia avec empressement. Il l'entendit grommeler quelque chose comme "Ça devrait te convenir, dans ce cas..." avant de lui présenter gentiment -mais explicitement- la sortie. Lincoln garderait une drôle impression de cet étrange personnage, tiens. Mais il ne se fit pas prier pour autant, bien trop impatient d'avoir enfin un moment de tranquillité et pour pouvoir découvrir l'identité de la créature qu'on lui avait attribué par dessus tout. Il se posait tant de questions sur le moment, des futilités surtout, mais il était clair que Lincoln crevait d'envie d'en savoir plus sur les antécédents et les attributs du pokémon. Malheureusement, ce dernier ne serait certainement pas capable de lui en apprendre plus ; il était condamné à le découvrir par lui-même.

Le brun se décida enfin à ouvrir la pokéball. Il ne comprit d'ailleurs pas vraiment le mécanisme de l'objet avant de le tripoter un peu dans tout les sens, faisant jaillir par la même occasion le pokémon qui y résidait. Surpris, Lincoln se retrouva sur les fesses tandis que la créature lui sauta dessus sans hésiter pour... le lécher ? Il ouvrit un œil et son champ de vision fut d'abord envahi par un museau noir humide et une langue baveuse, avant qu'il ne repousse le pokémon pour mieux pouvoir respirer. D'un geste de la manche, il nettoya la salive sur son visage et avisa la créature devant lui,  qui était plutôt disciplinée et respectueuse en passant vu qu'elle s'était sagement assise à ses côtés. C'était un bête au poil noir et rouge, dont certaines parties du corps étaient recouvertes d'ornements ressemblant à s'y méprendre à des os, et qui avait définitivement une allure canine. Un sourire s'afficha sur le visage du nouveau dresseur, qui voyait son vœu le plus cher être exaucé.
Ce n'était pas un si mauvais début, finalement.

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