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Fin d'été ou fin du monde
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Message Sujet: Fin d'été ou fin du monde   Mar 21 Aoû - 13:55


---10 Août---

Etna descendit du bateau, à peine assurée sur ses jambes. Pas le moment de flancher. Mais disons qu'elle ne connaissait pas vraiment bien l'île sur laquelle elle avait débarqué et qu'elle était plutôt pressée. Elle salua rapidement quelques élèves qu'elle connaissait, qui la dévisagèrent bizarrement alors qu'elle traversait l'embarcadère. Eux partaient, elle arrivait. Ah et elle portait un short doublé salopette en jean et un t-shirt blanc rayé horizontalement de rose pastel. On était bien loin de ses habits habituels, mais au moins elle se fondait dans la masse sans problèmes. Elle avisa Melty, qui l'attendait à la sortie du bâtiment. Avec un sourire un peu forcé, elle alla à la rencontre de sa référente.

« Etna, mon sucre d'orge ! s'exclama la prof.
- Madame Potts, ravie de vous voir, vous n'avez pas idée ! répondit la brune, qui avait même laissé ses cheveux détachés.
- Est-ce que ça va ? Pas eu de problème pendant le voyage ?
- Quelques frayeurs, mais rien d'important.
- Je t'accompagne régler ta situation avec l'administration, j'ai annulé les cours de cross-VTT de ce matin !
- Sauf... votre respect madame, j'aurais très peur de faire du cross-VTT avec vous.
- Mais pourquoi tout le monde me dit ça ? Bon, les bureaux temporaires sont là, on te donnera une maisonnette tranquille juste après.
- Euh... On peut passer au Centre Pokémon d'abord ? S'il vous plaît ? »

~~~

« Nous allons garder votre Ecrapince en observation quelques jours. Vous pouvez récapituler ?
- Poison d'Arbok ultra-concentré, il s'est fait mordre à la tête, aux articulations et aux ventre...
- Et il est resté empoisonné tout ce temps ! Vous vous rendez compte de ce que vous avez fait subir à votre pauvre Pokémon ?! accusa l'infirmière.
- Je... n'ai pas pu trop faire autrement, croyez-moi. » marmonna Etna, honteuse et tremblant un peu.

La main fraîche de Melty se posa sur son épaule et la référente Mentali lança son regard le plus courroucé à la Joëlle qui se tut. Le duo sortit du Centre afin d'aller enfin régler ces problèmes administratifs. Etna avait bien été obligée de tout déballer à sa prof. Qui s'en doutait un peu de toute façon : une élève qui débarque avec katana et qui ne comprend pas pourquoi c'est dangereux dénotait tout de suite d'une famille assez ... spéciale. La Melty avait à peine été surprise. Même si la brune avait omis volontairement pas mal de ses "entraînement" de son histoire.

« Bon, tout est ok ! Je te laisse retrouver tes camarades. On a reçu tes affaires et on a gardé celles qu'on a évacué de ... Lansat. Tu passeras les chercher quand tu voudras ! »

Avec un faible sourire, Etna hocha la tête et s'en alla retrouver des amies Mentali. Au cours de la journée, elle put ainsi passer dire bonjour à la plupart de ses connaissances qui étaient encore sur Cobaba. Une question la taraudait cependant et elle la posa au bout d'un moment.

« Au fait ? Où est Sirius ? Vous l'avez abandonné sur Lansat ? »

Silence gêné.

~~~

Elle toqua à la porte de la chambre d'hôpital, pas très assurée. C'était clairement le genre d'ambiance qu'elle n'aimait pas. Elle rentra dans la pièce et se mordit les lèvres, de petites larmes naissantes au coin des yeux. On l'avait prévenue, mais elle ne pensait pas que...

« Salut Sirius. C'est ... moi. » fit-elle en prenant une chaise.

Elle s'assit et soupira. Il y avait beaucoup à raconter, mais elle ne savait pas par où commencer. Entre elle et lui, qui allait vider son sac le premier ? Elle se retenait de rire nerveusement en voyant son absence de cheveux.

---13 Septembre---

Etna se réveilla assez tôt. Elle était en vacances mais continuait à s'entraîner avec diligence. Laçant ses baskets, elle regarda avec amusement Tiplouf et Moufouette endormis l'un contre l'autre. Spoink sautillait à ses côtés : il serait son partenaire de course pour le jogging matinal d'usage. Elle avait son petit parcours de course qui faisait le tour des hauteurs de l'île. Elle repasserait prendre le reste de son équipe et irait manger ensuite.

Quand elle revint dans sa chambre, elle plissa les yeux. Il y avait quelque chose de pas net. Spoink flairait autour de lui et poussa un cri d'alarme. La brune scruta la pièce. Et enfin avisa une petite carte posée sur son oreiller. Avec suspicion, elle la regarda de loin avant de la prendre précautionneusement tout en gardant son Antidote et son Anti-Para dans l'autre main. Juste quelques mots, formés par des lettres découpées dans un journal.

"On a quelque chose à laquelle tu tiens. Retourne à Rosalia, sinon..."

Quelque peu stupéfaite elle regarda ses Pokémon, qui n'avaient pas bougé. Ok, c'était étrange. Prise d'un doute elle compta les membres de son équipe. Personne ne manquait. Elle alla ensuite voir Melty qui lui assura qu'aucune Mentali ne manquait à l'appel. Etna haussa les épaules, croyant à une blague de mauvais goût.
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Message Sujet: Re: Fin d'été ou fin du monde   Mer 22 Aoû - 19:42



fin d'été ou fin du monde
Et si la terre est sombre, et si la pluie te noie Raconte-moi, qu’on puisse trembler ensemble

Sirius est un lion. Fier, protecteur, puissant. Il aspire à régner. Il aspire à la splendeur de la couronne. Il aspire à la puissance. Il aspire à ce qu’on l’admire. Il veut qu’on le regarde avec de grands yeux remplis de paillettes. Il veut sourire et voir le monde sourire avec lui. Il veut être un modèle, un pilier. Sirius est un lion.

Sirius est un lion. Bien plus dépendant des dames qu’il ne veut l’admettre. Il est bien entouré par sa meute. Elles sont là pour lui. Ses amies, ses sœurs. Il est là pour elle. Ses bras grands ouverts pour celles qui ont besoin de réconfort, Sirius se plaît à être grand frère. Il protège, cajole, conforte. Sirius est un lion.

Sirius est un lion. Sirius tourne dans sa chambre. Sirius ronge son frein, perdu dans une rage froide qui le consume lentement. Tout aussi lentement que la brûlure sur son flanc le consume. Elle le brûle, le dévore. Il ne peut rien faire sinon rester là, debout devant sa fenêtre, fermée à clé. Il grognerait presque, l’homme-animal. Il n’en peut plus, il y crève de rester là. Il y crève de regarder le monde de l’intérieur. Il y crève des regards plein de pitiés de ses amis. Il y crève du message de son père. Il y crève de cette indifférente atroce. Il a frôlé la mort et tout ce que son père trouve à dire c’est « Relève toi. » ? Que faudra-t-il faire pour obtenir son approbation ? Sirius est un lion.

Sirius est un lion. Mais Sirius n’est plus fier, n’est plus protecteur, n’est plus puissant. Il n’aspire qu’à sortir. Il n’aspire qu’à recommencer à vivre. Il n’aspire qu’à se venger. Il n’aspire qu’à la crainte. Il veut qu’on le regarde avec peur. Il veut sourire et voir le monde pleurer devant son sourire. Il veut être un symbole, un gouffre. Sirius est un lion.

Sirius est un lion. Mais Sirius n’est plus fier. Sirius a tailladé sa fierté. L’immonde reflet qu’il croise chaque matin dans le miroir ne fait qu’effleurer la réalité. Il passe une main sur son crâne. Comme à chaque fois, il n’y croise qu’un crâne lisse, dénué de tout poil. De tout cheveu. Ils sont partis. Il les a coupé. Il ne mérite plus de se sourire chaque matin dans la glace. Il ne mérite pas leur amour. Sirius est lion.

Il est dos à la porte, face à la fenêtre. Fenêtre sur cours, fenêtre sur vie. Fenêtre sur tout ce qu’il manque.

Il attend la porte s’ouvrir. Il ferme les yeux, soupire. Ilea ? Calua ? Alex ? Il n’en peut plus. Il veut juste être seul. Seul à ruminer la colère qu’il ressent au plus profond de ses tripes.

La voix qui résonne dans la pièce … il la reconnaîtrait entre mille. Il se retourne vivement, grimaçant sous la douleur. Mais bien vite oubliée la douleur de la brûlure sur son flanc car la brûlure dans son cœur prend le dessus. Sa surprise se lit dans ses yeux grands ouverts, dans la bouche prête à s’exclamer mais qui bute sur les mots qu’elle n’arrive pas à trouver.

Etna est là.

Sirius fait quelques pas en arrière et s’appuie contre la fenêtre.

Elle est là. Pourquoi est-elle là ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi alors qu’il est si pitoyable ? Pourquoi alors que la rage dans son ventre l’empêche de l’aimer aussi fort qu’elle le mérite ? Ne pouvait-elle par revenir quand il était en pleine forme, quand il pouvait être là pour elle, quand il pouvait prendre son visage dans ses mains et effacer la peur dans ses yeux, effacer la tristesse et la faire rire.

La prendre dans ses bras et se nourrir de son odeur et de sa douceur. Rire sous ses remarques sarcastiques, avoir peur aussi. Devenir toujours meilleur grâce à elle car elle a cette délicieuse manie de toujours le tirer vers le haut.

Il tente un demi-sourire.

Ça ne marche pas vraiment. Lui comme elle le savent assez bien.

Sa voix est enrouée quand il lui répond. Basse, comme s’il ne réalisait pas encore qu’elle était là. Est-ce que ce n’est pas un rêve ? Est-ce que ce n’est pas une fantaisie de son cerveau qui est en train de vriller ? Est ce juste une illusion ?

- Etna ? Qu … Qu’est ce que tu fais là ?

Ça n’aurait pas dû se passer comme ça. Elle aurait dû l’appeler, lui dire qu’elle revenait. Il l’aurait attendu sur le port et ils auraient couru l’un vers l’autre. Il l’aurait prise dans ses bras et il ne l’aurait plus lâché.

Mais ils sont là. Détruits et tentant tant bien que mal de se reconstruire.



Ce matin là, ou est-ce vraiment le matin ?, Sirius se réveille dans un noir complet, un mal de tête affreux pour seule compagnie. Il met du temps à se relever, groggy, les côtes douloureuses. Son genou manque de lâcher quelques fois.

Une fois debout, il ne lui faut pas longtemps pour faire le tour de la petite pièce dans laquelle il se trouve et réaliser qu’elle est sans issue.

Sirius ne met pas longtemps à comprendre qu’il est enfermé et qu’il n’a aucune idée de comment il est arrivé là, ni pourquoi il est là.

Il secoue la tête, espérant chasser le mal de sa tête et la brume de son esprit.

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Message Sujet: Re: Fin d'été ou fin du monde   Jeu 23 Aoû - 14:06

--Août--

La brune inspira bruyamment et regarda la petite chambre d'hôpital. On l'avait prévenue, elle avait voulu venir. Elle n'avait pas voulu attendre, elle avait voulu voir tout de suite plutôt que d'imaginer. Elle était maintenant servie. Et gênée. Elle se passa une main sur le front, chassant des mèches de cheveux tout en replaçant machinalement sa queue de cheval latérale. Qu'est-ce qu'ils avaient fait pour mériter tout ça ?

Rétropédalage à une petite heure avant. Le groupe des filles avait été très très embarrassé par la mention de Sirius. Etna savait que son amitié-rivalité avec le Noctali était très commentée, alors elle s'était plus ou moins attendue à entendre dire qu'il l'avait remplacée. Ou qu'il avait viré racaille et essayé de mordre un professeur. Elle avait très vite déchanté et avait fini quelque peu paniquée. Ce qui expliquait sa présence non annoncé et très prompte dans cette chambre.

« Les autres m'ont dit que tu sortais bientôt, répondit-elle en ignorant la question. Désolé de ... ne pas avoir été là. »

Sa voix s'était un peu étranglée. Elle aurait voulu être plus enjouée, au moins pour leurs retrouvailles, au moins pour lui remonter un peu le moral. Elle avait très bien vu ça dans sa tête : elle qui fait un petit sourire taquin et lui demande s'il testait une nouvelle coupe et que ça lui allait bien. Ou quelque chose du genre. Non, à la place, elle était là, assise comme une conne à regarder son ami avec le crâne presque lisse et à avoir l'air interloqué et frustré. Bon, elle lui devait au moins des réponses. Courage Etna, ce n'était qu'un (très) mauvais moment à passer.

« Tu... te souviens de ma famille de fous ? Je n'en parle pas tant que ça, mais bon... Et bien ils ont décidé que j'avais un peu trop profité de ma liberté et ont décidé de euh... me garder à la maison, de force. Puis j'ai eu quelques ... cours sur des traditions familiales quelque peu... excentriques, enfin encore plus que d'habitude. Du coup je me suis enfuie et... me voilà ! »

Pas question de mêler Sirius aux folies des Neria, moins il en saurait, mieux ça serait. Ces explications étaient très succinctes et ... n'expliquaient pas grand chose, mais c'était le mieux qu'elle pouvait faire. Avec un nouveau soupir elle se gratta le coude, un vieux tic montrant sa nervosité sociale. Elle n'avait pas souvent l'occasion de le subir, d'habitude elle était plutôt sûre d'elle en toutes circonstances.

« On m'a raconté pour Lansat... C'est affreux. »

Ouais, elle était un peu paumée et racontait n'importe quoi. Elle aurait voulu dire à Sirius qu'elle était triste pour lui, heureuse qu'il soit toujours en vie, fière de lui pour avoir bravé tous ces dangers malgré la finalité, le rassurer quant à son état. Au lieu de ça, elle était totalement en stress, elle aurait bien voulu qu'on la rassure aussi quant à sa situation, elle aurait voulu être là, à Lansat, pas forcément pour empêcher tout ça, mais pour protéger ses amis. Au lieu de ça, elle arrivait après la bataille et contemplait les ruines laissées par la bataille. C'était désolant.

« Tu... m'as manqué, Sirius. »

Voilà c'était lâché et elle avait la tête basse, encore plus gênée qu'au départ. Machinalement, elle allait appeler Tiplouf pour le prendre sur ses genoux et s'en servir comme peluche, mais elle se souvenait qu'on lui avait dit qu'un des Pokémon du Noctali avait été blessé pendant la bataille de Lansat. Elle ne savait pas si voir un de ses nouveaux Pokémon pourrait blesser son ami. Alors elle s'abstint et se frictionna juste les bras. Il faisait chaud dehors, mais elle était pourtant frigorifiée.

--Septembre--

Quelque peu perturbée par cette blague de mauvais goût, Etna était descendue prendre son petit déjeuner et était ensuite remontée pour se changer, avant d'aller à l'entraînement des Pyroli. Les filles les plus athlétiques de ce dortoir avaient mis au point une petite routine sportive le matin, afin de garder la forme. Elle y participait donc selon son bon vouloir, en l'occurrence, elle voulait se vider la tête. Accompagnée de ses Pokémon, elle prit part aux exercices d'assouplissements et d'endurance.

Quand elle revint vers sa chambre pour attraper de quoi prendre une bonne douche avant d'aller rejoindre des Mentali pour un colloque shopping, elle fut interrompue par Spoink qui sauta avec empressement devant l'entrée. Prise d'un mauvais pressentiment, elle ouvrit doucement la porte, prête à bondir pour esquiver ou frapper un intrus. Rien. Sur son lit par contre, une nouvelle enveloppe. Avec un soupir elle l'ouvrit et s'empara du message.

"Te fiches-tu donc de ce qui peut arriver à ton petit ami ?"

La brune fronça les sourcils, et se demanda de quoi la lettre anonyme parlait. Cette grossière erreur de grammaire lui donnait aussi des envies de meurtre. Elle s'autorisa cinq secondes de réflexion. Aucun de ses petits Pokémon ne manquait à l'appel. Elle avait vérifié ce matin : aucune de ses connaissances désavantagée verticalement n'était absente. Qu'est-ce que le terme de "petit ami" pouvait dire, alors ? C'était peut-être une expression, il lui semblait avoir entendu des Mentali en parler plusieurs fois, mais jamais dans des conversations intéressantes. Haussant les épaules, elle froissa le papier et le mit à la poubelle. Elle avait autre chose à faire de sa matinée, comme ce fameux tour des boutiques de fringues !

Un observateur extérieur serait certainement déjà en train de facepalm. Mais rappelons que la romance était un élément très étranger dans la vie d'Etna et que même son exposition à des Mentali aux hormones dévergondées n'avait pas suffit à faire disparaître tous ses préjugés et ses lacunes concernant la vie sentimentale. Quelque peu concernée, elle attendit d'être seule avec une amie Mentali, alors que les autres se pressaient en cabines d'essayages -plusieurs dans la même pour aller plus vite parfois, oui- avant de poser ses questions. La pauvre élève qui allait devoir répondre était une des scientifiques commères qui aurait très bien pu aller chez les Givrali, Etna l'interrogeait régulièrement sur les conventions sociales d'usage dans des rapports humains normaux, elle n'allait donc pas être trop surprise.

« Dis Louisa ?
- Hm ?
- Si on dit que j'ai un petit ami, selon toi ça fait référence à quoi ?
- ...ben c'est toi qui doit le savoir, tu sors avec quelqu'un ?
- Ben régulièrement, je suis sortie d'un magasin il y a pas dix minutes avec vous et on va sortir d'un autre magasin dans quinze minutes si les autres se pressent.
- ...non Etna. Sortir avec quelqu'un c'est... être en relation amoureuse déclarée avec lui. Faire des sorties ensemble, des cinés et tout.
- Un mariage pas arrangé, donc ?
- Non tu brûles les étapes là. C'est plus pour tester, à notre âge t'es censée sortir avec des gens, pas te marier, t'as le temps encore avant ça. Euh... T'as dit pas arrangé ?
- Des gens ? Pas des hommes choisis par ta famille du coup ?
- Ben non, des garçons, des filles, comme tu le sens ou le préfère !
- ...on peut se marier avec des filles ?
- Euh oui... Pourquoi tu crois que Elsa et Maryse sont toujours ensemble dans les cabines d'essayage, même quand il n’y a personne ? Bref sortir avec quelqu'un c'est quand vous êtes assez proches et assez amoureux l'un de l'autre pour vouloir partager un certain degré d'intimité grandissante que vous pouvez afficher ou nom au grand jour, selon ce que vous voulez. »

En deux minutes de conversation Etna venait de découvrir le concept d'amourette adolescente et d'homosexualité. Elle buggua un peu, pas prête à avoir une telle révélation pendant une sortie shopping. Ses horizons culturels devenaient sérieusement de plus en plus étendus.

« Mais du coup, je ne sors avec personne, je n'ai donc pas de petit ami, c’est ça ?
- Bah... ouais. C'est logique, non ? »

Un peu plus avancée qu'avant, elle termina avec un entrain relatif sa sortie shopping avant de retourner à sa maisonnette. Spoink, qui portait des sacs par télékinésie pour s'entraîner, s'agita immédiatement en approchant. Sachant un peu à quoi s'attendre, Etna ouvrit la porte pour découvrir une nouvelle enveloppe sur son lit. Urgh.

"Tu te crois en position de faire la maline ?"

Toujours plus étonnée, la brune sentit qu'il y avait autre chose cette fois dans l'enveloppe. Elle la secoua un peu et en fit tomber une photo. Dessus, facilement reconnaissable malgré la faible luminosité, on pouvait voir Sirius, endormi ou assommé, les poings liés dans le dos et dans le coffre d'une camionnette.

« Ben pourtant on ne sort pas ensemble, ils sont bêtes ces messages... Euh..., MERDE SIRIUS ! »

Etna était réactive, stratège et le plus souvent éclairée. Mais parfois, on pouvait bien dire qu'elle était un peu longue à la détente et loin d'être une lumière en relations sociales.
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Message Sujet: Re: Fin d'été ou fin du monde   Lun 3 Sep - 14:52



fin d'été ou fin du monde
Et si la terre est sombre, et si la pluie te noie Raconte-moi, qu’on puisse trembler ensemble

Il hausse vaguement les épaules. Elle a … elle a probablement une bonne raison de ne pas avoir été là avant. Il ne peut pas simplement pas lui en vouloir. La chaleur qu’elle apporte dans son cœur par sa simple présence finit par effacer le froid de son absence.

Pourtant, il n’ose pas vraiment s’approcher et il reste debout, à l’opposé, à la regarder un peu éberlué. Etna a toujours été symbole de force pour Sirius. Il ne l’a jamais vraiment vu défaite, à terre. Il ne l’a jamais vu vulnérable mais aujourd’hui … elle semble tout aussi au fond que lui. Il ne sait pas bien comment y réagir. Comment l’aider alors qu’il n’arrive pas à s’aider lui même.

Elle tente de lui expliquer mais ses explications vagues ne font qu’apporter de la crainte dans le cœur du garçon. S’enfuir ? De ce qu’il connaît de la demoiselle, c’est bien loin de sa fuite à lui il y a quelques années. Non, Etna en a bavé pour revenir ici, pour s’échapper des griffes de sa famille.

Il le sent. Elle ne le dit peut-être pas mais il le sent. Il y a quelque chose de bien plus gros derrière les vagues mots d’Etna mais Sirius est trop fatigué pour pousser, pour chercher à tout comprendre. Il commence à s’avancer pour s’asseoir avec un grognement sur son lit. Il doit prendre sur lui, il a juste l’air stupide à la fixer comme si elle était une apparition, un fantôme.

Elle parle de Lansat. Il baisse la tête. Il a l’air bien stupide maintenant qu’il y repense. Ses blessures, ses cheveux, c’est de sa faute. C’est lui qui a causé tout ça. Pourtant, pourtant il ne peut s’empêcher d’être en colère, en colère. Ce qui s’est passé à Lansat … Il secoue la tête. C’est désolant.

Il relève la tête. Elle … Les larmes lui montent aux yeux.

- Tu m’as manqué aussi.

C’est tellement facile. Tellement facile de se concentrer sur elle et oublier le rester. Oublier qu’il ne ressemble plus à grand-chose, oublier à quel point il a mal, à quel point elle a mal. Tout oublier pour juste se perdre dans ses yeux.

Mais Etna vaut bien mieux que ça. Etna vaut le monde.

Alors Sirius prend sur lui, il inspire profondément. C’est bizarre comme c’est pas si difficile de parler de tout ça à Etna. De parler de lui, de Lansat, de Soleil. C’est pas si dur. Est-ce que c’est parce qu’elle est extérieure à toute cette histoire ou simplement parce que c’est Etna ?

- Je … C’était un sacré merdier sur Lansat. Je suppose que tu trouveras plus qualifié que moi pour te parler de PALLADIUM, A2P et la Team Rouage. J’ai été naïf, comme les autres.

Il s’arrête une demi seconde, un sourire triste sur les lèvres.

- Je croyais faire la différence en me battant. J’ai juste … j’ai juste échoué. Et j’ai entraîné Soleil avec moi. Je me souviens pas de grand-chose, mais ce qu’on m’a dit … J’ai été prit dans une explosion, brûlé. Soleil va bien, quelques cicatrices de plus j’imagine.

C’est probablement le plus douloureux dans tout ça, le plus amer. Savoir qu’il est la cause d’une énième blessure de l’oiseau.

- Depuis je crève ici. Je pète gentiment un câble je crois. Je veux juste sortir de là.

Il soupire. C’est d’un ridicule dit à voix haute. Il voudrait tendre la main, glisser ses doigts sur sa joue. Relever son visage pour croiser ses yeux. Mais il n’ose pas. Il n’a pas le droit de …

- Tu as pas à t’excuser de quoi que ce soit, Etna. Tu … Tu vas bien ? Ta famille … ça va aller ?

Ça ne va.

Ça ne va pas mais Sirius a envie d’y croire un peu.



Il faut peut-être une dizaine de minutes à Sirius pour réussir à remettre les idées à leur place. Dix minutes suffisantes pour qu’il comprenne qu’il est bel et bien enfermé dans une pièce et qu’à première vue, il n’y a aucune issue.

Le brouillard se dissipe sur ses souvenirs et le laisse avec l’énorme mal de crâne. Le front posé contre la surface fraîche d’un mur, il remet en place les événements.

Sans aucun moyen de savoir quelle heure il est et depuis combien de temps il est là, Sirius décide que ses souvenirs remontent à la veille. Il lui faut un brin d’espoir, un peu de temporalité. La veille donc, Sirius devait rentrer par bateau à Cobaba depuis Irisia. Jusque là, pas trop de soucis. À l’exception faite qu’il avait été frappé à la nuque suffisamment fort pour l’endormir, un peu avant qu’il n’embarque.

Bien. Ça ressemble donc à un enlèvement.

Sirius tente de paniquer une seconde avant de se forcer à réfléchir. Pas possible. Il n’a pas le droit de paniquer. Il doit être calme, réfléchit.

Qui ? Aucune idée. Un type qui aime pas son père ? Ça semble un peu gros, mais c’est la seule piste qu’il peut voir.
Où ? Là encore, aucune idée. Probablement toujours à Jotho si en effet, il n’a pas été capturé il y a longtemps.

Sirius n’ose même pas passer aux classiques questions suivantes. La réponse est évidente. Il n’en sait rien. Il est complètement aveugle de la situation.

Et il est seul.

Personne dans la cellule avec lui et bien sur, pas de pokeball.

À part si …

Son bracelet d’attaque Z est toujours bien en place et Sirius a prit la gentille manie d’y laisser la pokeball de sa chère Murzim. La pokeball enclenchée plus tard, Sirius n’est plus seul et franchement, même si Murzim est une psychopathe, c’est carrément rassurant.

Il n’a plus qu’à monter un plan pour sortir de là et récupérer son équipe. Il en a suffisamment chié pour les récupérer pour les perdre une nouvelle fois.

La routine.

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Message Sujet: Re: Fin d'été ou fin du monde   Lun 3 Sep - 20:01


--Août--

Etna soupira silencieusement en entendant qu'elle avait manqué à Sirius. Pour elle, personne n'allait vraiment la regretter sur Lansat. Elle s'était trompée bien sûr, elle avait été surprise puis émue en voyant que Melty puis ses anciennes amies semblaient réellement inquiètes. Mais les petites larmes dans les yeux de Sirius. Ce n'était pas vraiment ce à quoi elle s'attendait. Elle s'était attendue à des reproches, à de la colère, on lui avait dit qu'il était plutôt irascible depuis son... accident. Mais juste cette émotion, qu'elle se prenait maintenant dans la figure comme un parpaing. Non, elle n'était pas arrivée assez prête. Elle l'écouta parler de ses frustrations.

« J'ai compris des choses cette année. On ne peut pas toujours se battre. Parfois on doit... abandonner. Fuir. Quand c'est le mieux pour soit ou pour les autres. Abandonner... je déteste ce mot. Mais parfois... Sirius, je ne veux pas être faible mais je le suis. Souvent. Tout le monde l'est. Tu me dis de ne pas m'excuser, mais tu n'as pas non plus à être honteux d'avoir... subit ça. C'était plutôt courageux de ce que j'en ai compris. Tu as fait de ton mieux. Si j'attrape le crétin qui t'as fait ça, par contre... »

Elle serra le poing, jusqu'à rendre ses jointures blanches et faire perler un peu de sang dans sa paume. Pas maintenant Etna, tu dois encore te reconstruire et te faire oublier. Avec un soupir audible cette fois elle gratta le sol du pied, fuyant le regard de l'adolescent en face d'elle. Elle était assise, il était debout. Elle devait encore plus lever la tête que d'habitude pour le regarder dans les yeux, c'était loin de leur habitude.

« Ma famille... ou plutôt une partie de ma famille est atteinte. Clairement. Encore plus que moi à mon arrivée. Mais normalement je suis tranquille maintenant. Je... leur ai fait comprendre qu'ils pouvaient faire une croix sur moi. »

Normalement, ajouta t-elle pour elle-seule. Elle n'avait aucune idée d'à quel point la colère du patriarche serait grande. Dans le doute elle avait décidé de se faire oublier à la PC. Son premier but avait été de se placer sous la protection du Général. Mais elle n'était plus là. Elle avait donc décidé de ne pas faire de vague et de ne pas se faire repérer. Ce n'était pas gagné.

« Tu es peut-être coincé ici, mais tu es ici pour guérir. Je crois qu'une bonne partie de Lansat pourrait être enfermée pour réfléchir et soigner les blessures que tous ont subi ces derniers temps, tu sais. »

Et elle ne disait pas ça par méchanceté. Elle sentait et voyait les traumatismes dans les yeux de tous les anciens membres de l'académie qu'elle croisait depuis ce matin. Ca faisait peut-être plus d'un mois, mais personne n'avait réellement l'air d'avoir correctement traité les événements. Elle voyait une marée de zombis. Certains apathiques, d'autres tentant de donner le change et enfin d'autres colériques, comme Sirius. D'un certain point de vue, elle était contente de ne pas avoir eu à participer à toute cette guérilla débile.

« Je suis désolée pour Soleil. J'ai... récemment eu quelques problèmes avec mes Pokémon aussi. Je n'ai pas encore totalement digéré pour être tout à fait honnête, je ne peux donc t'offrir que ma plus sincère sympathie pour ta situation et la sienne. »

Oui, elle n'avait pas encore fini de réaliser à quel point Dango était passé près de la mort. Elle sentait que son lien avec ses Pokémon était plus fort que n'importe quelle relation avec un autre membre de son espèce. Si l'un d'eux venait à périr, elle ne se le pardonnerait jamais. Rien que de se souvenir de la boursouflure violette sur le corps de l'Ecrapince lui déclencha un haut-le-cœur.

« Mais tu vas bientôt sortir, de ce qu'on m'a dit. Sois patient, juste encore un peu, s'il te plaît. Je sais à quel point attendre peut être éreintant, mais... tu ne gagneras rien à t'évader d'un hôpital. Tu ne ferais que donner raison aux docteurs qui pensent que tu pètes un câble. En tout cas il paraît que tu as plein de visites ! On m'a demandé si j'étais dans ton fan-club aussi, quand je suis arrivée. »

Elle poussa un petit rire qui sonna un peu faux. Ouais, elle était quelque peu déprimée et craintive. Ouais, elle ne savait pas comment gérer toute cette colère qu'elle sentait chez le Noctali. Elle avait peur, oui, Etna avait peur de dire quelque chose qu'il ne fallait pas et qu'il explose, amer et acide, comme une bouteille de soda mélangée à du café secouée violemment.

« Et une fois que tu seras sorti, on ira faire les boutiques ensemble, comme à Auffrac-les-Congères, on se fera aussi un ciné, des restos et des balades sur la plage, ok ? »

C'était un peu une tentative désespérée de calmer et de rassurer le jeune homme. L'Etna d'avant lui aurait juste dit d'arrêter de chouiner et de faire l'enfant et de se laisser soigner. Elle aurait rajouté un proverbe sur l'héroïsme à perte et lui aurait fait la morale, répliquant à sa colère par un mur d'indifférence froide. Elle aurait totalement justifié ça dans sa tête comme une manœuvre simple visant à secouer un peu les puces du Noctali qui s'appitoyait sur son sort plutôt que de profiter de cette période pour s'améliorer en tant que personne. Et elle se serait dit qu'il en aurait bien eu besoin, vu comme tout le monde avait l'air aux petits soins pour lui, le rendant capricieux comme un enfant trop gâté.

Mais cette Etna n'était plus. Du moins plus envers Sirius. Elle avait appris à le connaître, à respecter ses difficultés, son histoire. L'Etna actuelle voulait rassurer le coordinateur, qu'il redevienne comme avant, qu'il l'énerve un peu, qu'ils se chamaillent gentiment. Elle faisait attention à ne pas le blesser et à ce que leurs rapports soient plus cordiaux. Elle avait dépassé le stade du respect pour celui de l'amitié profonde. Elle voulait le consoler, mais aussi qu'il la rassure par ses bêtises. Que tout redevienne comme avant. Soit noir soit blanc. Pas ce filtre gris fade qui s'était installé devant ses yeux pendant toute cette année.

--Septembre--

Etna soupira et s'assit sur son lit. Il fallait réfléchir. Et vite. Elle regarda avec attention la photo. Impossible de savoir où elle avait été prise, pas de plaque d'immatriculation, pas d'élément reconnaissable. Seule la pénombre lui faisait dire qu'elle venait de la nuit passée. Ce qui ne l'avançait pas trop. Sirius devait certes rentrer aujourd'hui, mais rien n'indiquait qu'il était bien arrivé sur Cobaba. Si ça trouvait, sa famille l'avait cueilli à Johto. Non, trop improbable : il était à Irisia, et les Neria n'avaient aucun droit sur la ville, leur groupe s'étendait sur Rosalia, Acajou et Ebenelle, ils n'auraient pas pu agir sur la ville côtière sans se faire allumer par une autre famille.

Elle devait donc estimer que Sirius avait bien pris le bateau, mais qu'il s'était fait capturer pendant la traversée, ou juste avant, mais avait bien voyagé. Etant donné qu'il était dans un véhicule terrestre selon toute vraisemblance, il y avait une probabilité plus que non nulle qu'il se trouve quelque part sur l'île : les ferry Irisia / Cobaba n'avaient pas d'escale et Ilea l'aurait déjà prévenue si Sirius avait raté son voyage en plus. Il avait donc bien pris la mer et était donc pas si loin d'elle. Mais où ?

La brune sursauta tout à coup. Si son ami était à Cobaba et qu'on lui déposait de jolie lettres de menace depuis le matin, il y avait beaucoup de chances pour qu'elle soit elle-même observée. Pourquoi ne pas s'en être pris à leur cible directement ? Parce qu'elle y était préparée et qu'elle savait se défendre, sans doute. Quelqu'un qui n'était pas initié aux méthodes des Neria risquait fortement de se faire prendre. Bref, il fallait réagir. Pas question de retourner à Johto, mais pas question de laisser Sirius dans la galère dans laquelle il était sûrement plongé. Par sa faute en plus du coup. Quoique. Non, ce n'était pas sa faute, c'était celle de cette famille de dégénérés finis.

Elle serra le poing puis soupira. Ce n'était pas le moment de s'énerver. Après un instant de réflexion, elle sortit une Pokéball et libéra Spoink. Le petit cochon regarda l'air grave de sa Dresseuse et la vit cligner des yeux trois fois, doucement. Le Type Psy se concentra puis sauta sur les genoux de l'adolescente qui tenta de faire sens de la communication télépathique encore confuse de son Pokémon. Bon. Il semblerait qu'il y avait une présence inconnue en dehors de la maisonnette. Etna se gratta la joue, indécise. Elle pouvait y aller en bourrinant, mais elle risquait de mettre Sirius en danger, ou elle pouvait tenter d'utiliser toute la douceur dont elle pouvait faire preuve. C'est à dire pas beaucoup dans le contexte actuel, mais elle allait essayer.

Bon quand il fallait y aller. Elle commença par se changer pour une tenue plus appropriée. Un short court qui n'allait pas gêner ses mouvements, un débardeur, une ceinture avec des conteneurs, sa barrette fétiche et enfin le plus important : ses bottines hautes cloutées. Ainsi parée, elle sortit de son cottage, Spoink toujours à ses côtés. Premier arrêt pour passer voir Melty, qui déjeunait avec d'autres professeurs.

« Oh bonjour madame, désolée de vous déranger, mais une urgence m'appelle à Johto, je vais récupérer quelques affaires dans la consigne, c'était juste pour vous prévenir. »

Elle avait parlé juste assez fort pour qu'on puisse l'entendre. Spoink lui confirma discrètement lors de la suite de son déplacement qu'on la suivait toujours. Bien. Ca allait être drôle. Elle pénétra dans le petit bâtiment, pas surveillé bien sûr et vérifia rapidement qu'on ne pouvait pas la voir de l'extérieur. Pas de caméras non plus, parfait. Les casiers étaient dignes de vestiaires sportifs, tout en hauteur, certains avec étagères, d'autres sans. Elle ouvrit la consigne qui contenait ses affaires. Il y avait plein de bric-à-brac, la plupart venant de son dortoir à Lansat, mais aussi beaucoup d'argent, ses faux papiers d'identité et son katana. Mais elle n'était pas là pour ça cette fois. Elle attrapa une paire de petits vases plutôt moches, qu'elle avait oubliée à vrai dire. Ils étaient peut-être même à Cadence. Bon bref. Elle en balança un au sol et hurla.

« Non mais lâchez-moi. NON ! »

Paf, second vase et second bruit de verre bris. Un regard vers Spoink et ce dernier lui confirma que la présence qui la suivait depuis chez-elle arrivait à grands pas. Etna se tenait prête, baissée, campée sur ses pieds et les poings serrés. Quand la porte s'ouvre elle sourit au gars à la mine patibulaire qui venait d'arriver. Surpris, il se jetta sur elle. Se décalant contre les casiers, elle laissa le gars s'étaler de tout son long par terre pendant que Spoink fermait la porte. Son stalker, a priori entraîné se releva aussi sec avant de prendre une posture de combat caractéristique. Etna leva les yeux au ciel. Pas question d'envoyer ses Pokémon contre un agent entraîné. D'ailleurs rien que le temps de sortir une Pokéball, elle aurait été dans de beaux draps. Mais ces fous furieux avaient eu raison de ne pas s'en prendre à elle directement, et cet énergumène allait comprendre pourquoi.

L'agent fonça sur elle et lui attrapa l'épaule sans qu'elle ne puisse repousser son bras. Avec une vilaine grimace, la Pokaéthlète tourna sur elle-même, plaçant son dos contre le torse de son agresseur. Avec une vive inspiration, elle planta son coude dans l'abdomen de son adversaire puis lui écrasa le bout du pied d'un solide coup de jambe. Chaussures de sécurité, très bien, pas grave. Sentant la poigne de son futur ravisseur se raffermir et sa respiration reprendre normalement, Etna décida d'enclencher la vitesse supérieure. D'un vif mouvement du bras, elle choppa celui qui maintenant son épaule en place et appuya fortement dessus tout en se baissant. Surpris, l'homme se baissa rapidement, déséquilibré. Bien décidée à ne pas laisser passer cette occasion, la brune attrapa de son autre main l'avant-bras du pauvre hère, puis tourna tout en faisant basculer la charge de toute sa force.

Le pauvre hère hurla de douleur en sentant la poigne firme sur son membre, avant d'être surpris et de passer par dessus l'épaule de sa cible qui venait de le retourner comme une crêpe. Il s'explosa le dos sur le sol dur et gémit, alors qu'un Moufouette, placé en embuscade jusque là, l'assoma d'un bon gros pet. Etna souffla, satisfaite et se massa l'épaule, bien endolorie.

Baffe. L'homme grogna un peu et ouvrit les yeux. Il était assis contre le mur du fond de la consigne, les bras liés dans le dos et les jambes saucissonnées, le tout par la super collection de lacets multicolores qu'on avait offert un jour à Etna. Il était en plus entouré par Spoink et Scarabrute, pendant que Tiplouf et Moufouette surveillaient l'extérieur. Avec un petit sourire l'Espionne inspecta ses ongles, attendant patiemment.

« Tu vas le regretter, marmonna enfin l'agent.
- Moins que vous tous, je pense, lui répondit froidement la brune. Où est mon ami ?
- Tu crois que je vais te le dire ? ricana l'autre.
- Ca vaut mieux pour toi en fait. Spoink pourra t'arracher la vérité au pire.
- Ce machin ? Je suis entraîné contre les attaques mentales ma cocotte. Poing du serpent ou pas, tu ne pourras pas me faire parler !
- Merci de confirmer que c'est ce cher patriarche en personne qui vous envoie, il n'y a que lui qui savait que j'allais finir poing du serpent, une question de moins à poser. Bon passons à la suite. Où est mon ami ? »

L'homme se tint coi. Etna soupira.

« Oh non pas la torture, c'est tellement cliché...
- Même la torture ne me fera pas parler ! J'ai subi un entraînement encore plus dur que le tien, traîtresse !
- Oh je n'en doute pas, sourit l'adolescente sans relever l'insulte. Mais j'ai subi des torture pire que les tiennes. Ou du moins plus inventives. »

Elle sortit son MP3 et ses écouteurs puis planta les bouchons dans les oreilles du gars, qui la regardait, surpris. Son au maximum. Et c'était parti pour la "playlist extrême des Mentali qui ont du goût". Aka, un mix des chansons les plus mauvaises qu'Etna ait jamais entendu. Elle attendit cinq minutes montre en main avant que son prisonnier ne commence à pleurer.

« Assez ! Assez ! Pitié ! Je vais parler !
- Ah bah c'est pas trop tôt, j'avais le best-off des boys band décolorés ensuite en plus.
- NON ! STOP !
- Bon très bien, où est mon ami ?
- ...on l'a emmené dans une vieille maison de famille à Ebenelle. »

Etna leva les yeux aux ciel et secoua la tête. Elle s'approcha du pauvre hère et lui écrasa les parties d'un solide coup de bottine. Hurlement.

« Outre le fait que je sais qu'il a forcément pris le ferry et qu'il est donc sur Cobaba, Spoink peut détecter si tu mens ou pas.
- Mais mon esprit est protégé !
- Ca ne l'empêche pas de savoir si tu ne dit pas la vérité, il ne peut juste pas aller arracher l'information dans son entièreté. S'il était plus puissant il le pourrait, mais à ce moment là il n'aurait plus cette capacité intuitive à détecter des brouillons d'émotions. »

Et oui, la clé de cette victoire venait de l'inexpérience de son nouveau Pokémon. Elle avait déterminé cette capacité insolite du Type Psy après quelques tests et s'était promise de l'utiliser à bon escient. Après quelques nouvelle talonnades, elle savait tout ce dont elle avait besoin. Sirius était détenu dans un hangar dans les docks, il était gardé par plusieurs agents, mais n'avait subit "quasiment aucun dommage" et ses Pokémon non plus. Quant à elle, elle n'était surveillée que par celui qu'elle venait de mettre à terre et qui devrait juste rendre un rapport le soir. Bien. Elle allait pouvoir sortir Sirius de là. Restait à se débarrasser de son nouvel "ami".

« Fuwadoku, une bonne dose, s'il te plaît. »

Avant que l'homme ne puisse protester, la moufette l'avait assommé pour un moment. En se pressant un peu, la Mentali le rangea dans un des casiers sans étagères, l'accrocha au porte-manteau et le baiona après avoir rempli sa bouche de bas roulés en boule. Ouais, elle mettait le paquet, elle n'avait pas envie que ce dangereux mafieux ne soit découvert trop vite. Dans le meilleur des cas, elle reviendrait le libérer elle-même pour le livrer à la police. Elle prit quelques secondes pour ramasser et jeter les bouts de vases et partit de la consigne, son katana empaqueté dans son dos.

« Tiens bon Sirius, j'arrive... tu ne resteras pas enfermé plus longtemps ! »
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Fin d'été ou fin du monde
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