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Voyage à la recherche de réponses et vérités | Solo
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Todresseur Ranger

Région d'origine : Johto
Âge : 17
Niveau : 19
Jetons : 235
Points d'Expériences : 325

Sujet: Voyage à la recherche de réponses et vérités | Solo    Sam 1 Sep - 22:43

Voyage à la recherche de réponses et vérités
SOLO

Date : Début juillet 2018

Je débarquai du ferry, le vent s’engouffrant dans mes mèches déjà folles. Je ne m'attardai pas sur les quais, Tod sur mon épaule et Pix me suivant comme mon ombre.
Je venais de poser le pied sur l'île Cobaba, et je jetai un œil autour de moi pour voir un peu l'ambiance de l'endroit.
Beaucoup de passants avaient le regard fatigué, et semblaient déambulés sans trop savoir quoi faire, comme n'importe quels déportés, ils avaient du mal à réaliser que leurs vies n'allaient plus jamais être les mêmes.

J'avais moi-même changé depuis mon départ l'année précédente. Et ce qui m'était arrivé m'avait changé plus profondément que je ne l'aurais voulu, mais le résultat restait le même.

Après une première année au sein de l'Académie qui s'était plutôt bien déroulée dans son ensemble, malgré quelques petites erreurs, j'avais réussi à obtenir les notes suffisantes pour entrer dans le cursus Ranger à la rentrée. De quoi me mettre en joie.
Côté sentimental, j'étais un peu moins chanceux, puisque le départ d'Ashley signa la fin de toute relation entre nous. Nous nous étions promis de rester en contact, mais cela restait occasionnel.
J'étais donc rentré chez moi pour les vacances d'été, histoire de faire mon deuil de cette relation tranquillement. Il n'y avait pas eu de cris ni de larmes, nous nous étions mis d'accord pour ne pas nous lancer dans une relation à distance, mais cela restait tout de même un peu douloureux pour moi de dire adieu à la première fille dont j'étais tombé amoureux.
Retrouver ma famille après plus d'un an d'absence était une grande joie, et je fis le trajet le plus rapidement possible, ne m'arrêtant qu'une nuit à Rosalia, pour me ménager un peu et éviter de faire trop de trajet de nuit. Les abords de Doublonville n'étaient pas surs la nuit, comme toute grande ville qui se respecte.
L'accueil que me réserva ma mère, Ruri et Taro fut véritablement génial. Mes deux pokemons furent bien sur, le sujet principal et Tod décida que Rept' allait être son nouveau copain de jeu et ne le lâcha plus. Pix fut plus calme, mais perdit très rapidement sa froideur naturelle pour se comporter naturellement avec ma famille. Il faut dire qu'ils avaient tout fait pour ça. D'abord ma mère qui le gâtait trop, Ruri qui ne cessait de s'extasier devant sa beauté – ce qui faisait plaisir à la diva qu'était Pix, et Taro qui l'amadoua avec des friandises pour pokemons pour pouvoir le câliner. Cela me toucha plus que je ne pensais, et je ressentis une grande joie à voir que Pix les considérait comme sa meute eux aussi, lui qui était pourtant difficile à approcher.
J'eus droit à tous mes plats préférés et on discuta de ce que j'avais raté, puis je racontais ce que j'avais vécu à Lansat, jusqu'à tard.
Je retrouvai ma chambre avec plaisir, et je me laissai aller à la nostalgie, me rappelant de ma vie avant d'avoir Pix.
Je passai d'agréables vacances. Je passai beaucoup de temps avec Taro à lui apprendre tout ce que j'avais appris sur les pokemon, et il me raconta qu'il avait lui-même gagné quelques combats contre ses copains de classe avec un ptitard qu'il avait trouvé lors d'une sortie classe verte. Le petit pokemon s'était attaché à lui et avait refusé de le quitter. Taro l'avait renommé Têtard, et il avait un sacré caractère. Il était toujours prompt à chercher la bagarre, et ce ne fut pas facile au départ avec Pix.
Ruri quant à elle avait adopté un capumain très futé qui l'aidait à la pâtisserie. Avec Rept' qui était collé par Tod, Pix et Têtard qui se chamaillaient dès qu'ils en avaient l'occasion et Capumain qui faisait tout pour envenimer les choses, il y avait de l'ambiance à la maison et je passai mon temps à faire le médiateur.
J'avais aussi repris mes balades dans les alentours et notai les endroits où je pouvais observer des pokemon. Mon carnet à dessin se remplit rapidement de nombreux croquis, dont celui d'un abra, que j'avais dut faire en plusieurs fois, car étant une espèce farouche, il était difficile de les approcher sans les faire fuir. J'étais particulièrement fier de ce dernier, car non seulement le dessin final était bon, et parce que j'avais réussi à appliquer ce que j'avais appris en cours. La preuve que je n'étais pas un mauvais élève, ce qui fait toujours plaisir de savoir. Taro m'accompagna souvent, lui aussi avec son matériel à dessin, mais semblait plus s'amuser à gribouiller de petit

Tout se passait bien, jusqu'à la mi-août, un jour d'été qui commença comme les autres' mais qui se retrouva être un jour déterminant où l'on nous apporta une nouvelle qui bouleversa toute la maison. Ma mère reçut un appel de l'inspecteur qui avait suivi le dossier de disparition de mon père.
Apparemment, quelqu'un avait consulté le dossier dans la région de Kanto. La nouvelle bouleversa ma mère qui sembla au bord de la crise de panique, ou de larmes je n'étais pas sur, pendant une petite semaine. Il ne me fallut pas très longtemps pour me décider à partir voir ce qu'il en était, quitte à ce que ce soit une fausse piste.
Je n'avais pour ma part pas beaucoup d'espoir concernant cette nouvelle. Mon père avait disparu depuis huit ans, et j'avais eu le temps de faire le deuil. Je suppose que ma mère n'a jamais vraiment arrêté d'y croire.
Elle refusa que je me lance dans la quête à une réponse quant à la supposée réapparition de mon père, arguant que je devais retourner à l'Académie. Je la rassurai aussitôt, il n'était pas rare qu'un élève demande à faire un voyage prolongé loin de l'école. La direction encourageait même les étudiants à devenir des dresseurs visant l'excellence dans leur domaine.
Et j'étais certain que Prince ne refuserait pas ma demande d'année sabbatique pour partir observer les pokemon des régions Johto et Kanto dans leurs milieux naturels. C'était un plus pour quiconque désirait devenir ranger. Je la contactais tout de même pour lui parler de mon projet – sans dévoiler l'objectif véritable, la recherche de mon père ne concernait pas l'Académie – et comme prévu, elle accepta avec plaisir ma demande.
Mi-septembre, j'étais fin prêt à partir pour Kanto, en faisant un détour par Ecorcia, pour rencontrer l'inspecteur responsable du dossier concernant mon père, l'inspecteur Sato.
Pour rassurer ma mère, je pris avec moi Rept', en plus de Pix et Tod. Mon starter n'accepta pas la présence de mon plus vieux compagnon avec plaisir. Il s'estimait suffisant pour m'accompagner, et ne comprenait pas pourquoi je devais le prendre avec nous. Il me fallut une très longue discussion avec Pix, de laquelle je récoltais quelques brûlures et ma parole que Rept' ne serait là qu'au cas où nous tomberions sur un os, et passerait la plus grande partie du voyage dans sa pokeball.
Rept' accepta les conditions de bon cœur, comprenant parfaitement ma position quand je lui exposais le problème.  
J'aime mon starter, mais des fois – hum, souvent – il est fatiguant avec ses exigences de diva...

Je pris donc le chemin d'Ecorcia, en compagnie de Pix, Tod et Rept', à la recherche de réponse. La traversée du Bois aux Chênes fut relativement tranquille, Tod nous débarrassant rapidement des pokemons insectes qui voulaient en découdre, et Pix des autres.
La rencontre avec l'inspecteur Sato fut pour le moins décevante. Il ne m'apprit rien de plus que ce que je savais déjà, et m'indiqua juste que Cedalopole était le meilleur endroit pour commencer mes recherches.
Je ne quittai pas Ecorcia avant d'avoir fait un détour pour passer chez Fargas, pour en apprendre plus sur la fabrication artisanale des pokeballs. Je repartis même avec quelques-unes de ses fabrications, qu'il accepta de me faire. Je fis aussi de nombreux dessins de son atelier.
Je repris ma route, et partis en direction d'Ollivlle pour prendre le ferry jusqu'à Carmin-sur-Mer.
J'arrivai à Kanto début octobre, et ne tardai pas à prendre la route de Cedalopole.
Pourtant, je ne pus m'empêcher de m'arrêter souvent pour dessiner ou observer la nature m'entourant. C'était assez différent de Johto, qui était bien plus proche de la mer. Kanto était une région plus à l'intérieur des terres, et même si l'on croisait beaucoup de similitudes, même au niveau des pokemons, j'étais quand même dépaysé par rapport à Johto ou encore Lansat qui était une île.
Je profitai un maximum de mon voyage, m'arrêtant régulièrement pour prendre des pauses et faire découvrir le monde à mes deux partenaires. Le temps étant encore clément, nous fîmes aussi beaucoup de camping et je passai mes soirées à leur raconter des souvenirs ou des légendes que j'avais entendu çà et là sous la voûte stellaire. La relation que j'avais avec Tod s'améliora et il fut de plus en plus facile de le faire obéir. La seule exception était lorsqu'il voulait absolument jouer avec Pix.
Au commissariat de Cedalopole, je tombai sur une officier très sympa qui me renseigna gentiment après avoir entendu mon histoire. Et puis la présence de Pix et Tod facilita les choses et la rendit complètement gaga de ces deux-là.
Elle m'apprit – après de longues minutes de recherches – que c'était un de ses collègues de Lavanville qui avait rouvert le dossier, même si elle ne pouvait dire qui exactement. Aucun ajout n'avait été fait, ce qui l'étonna. Selon elle, rouvrir un dossier sans ajouter de nouvelles informations ne se faisait pas ou très peu chez eux.
Je la remerciai grandement, et décidai de repartir pour Lavanville le lendemain. Je pris une chambre dans le centre pokemon, et profitai de ma soirée pour découvrir la ville. Cedalopole était comme Doublonville, la plus grande ville de sa région, et il y avait tout un tas de chose à découvrir. Je fis deux ou trois combats avec de jeunes dresseurs qui souhaitèrent voir Tod en action. L'annonce de la découverte de l'archipel d'Alola avait fait grand bruit dans le monde, mais Johto restait une région très renfermée sur elle-même et peu d'habitants avaient eu la chance de croiser un pokemon d'Alola.
Je repris ma route, cette fois ci vers Lavanville. Je ne m'attardai pas à Safrania, j'avais trop hâte d'avoir enfin des réponses à toutes les questions qu'avait soulevé mon voyage à travers Kanto pour ne pas faire au plus rapide.

Arrivé à destination, je passai les trois premiers jours à me balader en ville, et à poser des questions aux habitants, montrant une vieille photo de mon père. J'essuyais de nombreux échecs avant de finalement demander à un vendeur d'un combini, qui me confirma qu'il avait déjà croisé un gars ressemblant à mon père. Il me raconta qu'il était venu acheter de la nourriture et qu'ils avaient un peu discuté. Il me dit aussi que cet homme lui avait dit qu'il allait à Parmanie.
Je ne m'attardai pas plus longtemps et pris directement la route onze qui me permettrait de rattraper Parmanie.
Je ne pris même pas la peine à m'attarder à observer les alentours trop préoccupé par ma course-poursuite après le fantôme de mon père.
J'avais même commencé à faire des rêves sur les vagues souvenirs qu'il me restait de lui. J'arrivais finalement à destination, mais seulement pour être déçu de nouveau. En faisant le tour des habitants, j'appris que, oui mon père était bien venu par ici assez récemment, et que, non ils ne savaient pas où il allait après.
Je me retrouvais donc au point de départ, sans plus d'informations. Je commençais à désespérer, et à en avoir marre d'être sur les routes depuis six mois. Je retournai à Lavanville, espérant pouvoir rencontrer le policier qui avait fait ces recherches sur mon père. Mais je n'y croyais plus vraiment.

La chance me sourit, car je réussis à le rencontrer. Je lui posais toutes les questions qui me taraudaient, et ce dernier consentit à me dire qu'il était un ami de mon père.
Il m'expliqua qu'il le connaissait depuis quelques années, et qu'il avait toujours été curieux d'apprendre qui était Jin avant de perdre la mémoire.
Quand ce dernier lui avait raconté qu'il voulait en savoir plus sur une famille ayant vécu à Greenville, il n'avait pas été compliqué pour le policier de trouver des informations sur la disparition d'un homme vivant à Greenville qui avait laissé derrière lui une femme et trois enfants.
Il ne voulut pas m'en dire plus, mais finit par m'avouer que mon père habitait Argenta.

J'avais donc ma prochaine destination. Comme lors de mon trajet vers Parmanie, je ne m'attardais pas, et fis au plus court pour rejoindre Argenta.
Il ne me fallut très longtemps pour découvrir où il vivait, et je trouvai la maison à la limite de la ville.
C'était une maison toute simple, qui aurait pu être celle que nous avions à Greenville. Il n'y avait personne quand je me présentai, alors j'attendis qu'il se montre. J'attendis pratiquement deux heures, avant d'apercevoir un homme d'un certain âge, blond avec une barbichette. Aussitôt des images de mon père remontèrent de ma mémoire, et je n'hésitais pas trop longtemps à me diriger vers lui.

- Hum... Excusez-moi, je cherche un certain Jin, est ce que c'est vous ? demandai-je une fois assez près pour l'aborder.

Il tourna la tête vers moi, et le doute ne fut plus possible. J'avais bel et bien mon père devant moi. Un père sensé être mort depuis huit ans, et qui ne sembla pas me reconnaître.

- C'est moi même jeune homme. Je peux vous aider ?

J'hésitai. Devais-je lui dire de but en blanc que j'étais son fils ? Si le policier que j'avais rencontré disait vrai, il avait perdu la mémoire, et il y avait des chances pour qu'il ne se souvienne pas de moi. Pix sentit mon hésitation et me donna un coup de museau dans la jambe, m'intimant de continuer sur ma lancée.

- Je... Je suis Kyokai.

Je m'arrêtai, attendant de voir une réaction chez mon père. Et cette dernière ne se fit pas attendre. Il me regarda comme si une deuxième tête venait de me pousser à côté de la mienne, et finalement, une lumière de compréhension s'alluma dans son regard, suivit par quelque chose qui me donna un drôle de goût dans la bouche, mais que je choisis d'ignorer. Je n'avais plus de doute, mon père m'avait reconnu, ce qui voulait dire qu'il n'avait pas oublié, ou du moins pas tout.
J'attendis avec anxiété qu'il dise quelque chose.

- Kyokai... Qu'est-ce que tu fais là ?

Cela me fit un peu mal au cœur d'entendre ça, mais je pris mon courage à deux mains pour continuer, soutenu par Pix caché dans mes jambes.

- On nous a appris que quelqu'un avait fait des recherches sur le dossier de ta disparition il y a quelques mois. Je voulais savoir ce qu'il en était, alors je suis venu vérifier si tu étais en vie ou pas.

Ma voix était un peu plus froide, et je ne m'en rendis compte qu'après coup. Mon père finit par pousser un soupir et me fit un sourire.

- Je suis content de te voir fiston. Allons à l'intérieur, nous serons au calme pour discuter.

Je lui suivis, sans poser de questions, et nous entrâmes chez lui. Il prit la direction du salon et me demanda si je voulais boire quelque chose. Je demandai un jus de fruit et attendis en silence qu'il revienne. J'avais fait sortir Tod de sa pokeball, et j'observai autour de moi. Pix s'assit à mes pieds et Tod monta sur son perchoir favori, mon épaule gauche. Je vis des photos de famille, et mon malaise grandit un peu plus. Je continuai à faire comme si de rien n'était et mon père revint avec mon verre, ainsi qu'une bouteille d'alcool.

- Avant que tu ne me pose la moindre question, je vais te raconter ce qu'il m'est arrivé.

Il me raconta alors ce qu'il lui était arrivé lors de son voyage, celui qu'il avait entamé avant sa disparition. Il m'expliqua que lors de sa traversée pour atteindre Cramois-ile, il avait essuyé une tempête et avait été emporté loin de son lokhlass – qui lui servait pour traverser les mers – et avait dérivé longtemps avant d’atterrir non loin des côtes proches de Parmanie. Il continua et finit par dire qu'il avait été recueilli par un vieux couple et avait perdu la mémoire.
Comme il ne se souvenait que de son prénom, il ne put faire aucune recherche sur son passé. Il avait continué à vivre avec les deux petits vieux, et avait fini par rencontrer l'une des filles du couple, de laquelle il avait fini par tomber amoureux et fonder une famille avec elle.
La nouvelle me fit un sacré choc et je restais silencieux longtemps après qu'il est terminé de me raconter.

- Et tu as retrouvé la mémoire quand ?

Je sentis au plus profond de moi que je ne voulais pas connaître la réponse, mais en même temps, j'avais besoin de le savoir, pour comprendre quelle personne était à présent mon père.
Ce n'était pas le fait qu'il ait refait sa vie, puisqu'il avait oublié la précédente, mais plutôt le fait qu'il avait retrouvé ses souvenirs, et n'avait rien fait pour nous contacter. Mais cela pouvait être récent et il n'avait peut-être pas eu le temps de nous contacter. J'avais encore un maigre espoir qu'il ait une explication valable. Je le regardais droit dans les yeux, ne souhaitant pas rater la moindre information qu'il pouvait donner par ses réactions.
Je tombai de haut en voyant dans ses yeux de la culpabilité et entendant sa réponse :

- Je crois que cela fait un peu plus de deux ans. Ça m'est revenu petit à petit, mais je n'ai jamais su comment faire pour vous appeler et vous expliquer.

Il était mal à l'aise, c'était évident, comme s'il ne disait pas tout. Il y avait wailmer sous gravier. Je ne disais plus rien, attendant qu'il me donne une explication plus convaincante, quand je compris où était le problème.

- Ta nouvelle femme ignore que tu as eu une famille avant elle. Même si elle doit savoir que tu avais perdu la mémoire, tu ne lui a jamais dit que tu avais retrouvé tes souvenirs.

Voyant qu'il évitait mon regard et qu'il ne niait pas, je sentis une rage insondable monter en moi, comme cela ne m'était plus arrivé depuis longtemps. Et comme une cocotte-minute, j'explosai littéralement au visage de mon père.

- Tu as choisi de ne rien dire parce que ça t'arrangeais bien ! Jamais tu ne t'es demandé comment pouvait être notre vie depuis que tu avais disparu ! Tu as préféré laisser ta première femme et tes trois enfants seuls plutôt que d'affronter ta nouvelle femme ! Tu as préféré être lâche que d'affronter la réalité !!!

- Écoute fiston....

- Ne m'appelle plus comme ça ! Je ne suis pas le fils d'un lâche ! Celui dont je me souviens était un homme droit qui aurait tout fait pour sa famille ! Ancienne ou nouvelle ! Dire que j'ai toujours voulu te ressembler ! Quel gamin stupide j'ai été de croire que si mon père avait été en vie, il serait revenu, qu'importe le temps que ça lui aurait pris !

Il essaya de me calmer, mais cela me mit encore plus en rage quand il tenta de s'approcher et Pix se mit entre nous deux, et montra les crocs. De son côté, Tod se gonfla pour paraître plus impressionnant et de petits éclairs apparurent au niveau de ses joues.
Jin – il ne méritait plus que je le considère comme mon père – eut un mouvement de recul en voyant mes deux partenaires devenir agressifs en sa présence.
Nous nous affrontâmes du regard de longues secondes, et il reprit la parole :

- Écoute, c'est plus compliqué que tu ne le pense, tu es trop jeune pour comprendre…

- Je ne suis plus un gamin ! Et si tu avais eu le courage d'affronter tout ça, je suis sûr que maman aurait compris ! Merde ! Est-ce que tu imagines qu'elle a été sa vie depuis ta disparition?! Une femme seule avec trois enfants, dont un qui n'a plus aucun souvenir de son père ?! Est-ce que tu peux imaginer que Riru a arrêté l'école à quatorze ans pour qu'on s'en sorte ?! Et moi?! Tu te souviens quel était mon rêve?! Faire comme toi et partir sur les routes à mes dix ans pour tenter de devenir un dresseur digne de son père ! J'ai tout laissé tomber pour aider maman ! Est-ce que tu peux t'imaginer qu'elle a été notre vie à attendre des nouvelles d'un père que tout le monde a supposé mort ?!

Je repris un peu mon souffle, et détournait le regard de lui. Il fallait que je quitte cet endroit, sur le champ. Je laissai Jin en plan et prit la direction de la sortie. J'étouffai, j'avais besoin de prendre l'air, de m'éloigner de lui et de toutes les déceptions que sa réapparition apportait.
Au moment où j'arrivai à la porte d'entrée, cette dernière s'ouvrit sur une femme brune, accompagnée par deux fillettes, âgées entre trois et cinq ans, qui avaient un air de famille avec Ruri, Taro et moi. Je m'arrêtai net devant la nouvelle famille que c'était fait mon géniteur et j'hésitai un instant. J'étais en colère mais je n'en voulais qu'à mon père, pas à sa femme qui n'avait rien fait de mal, et encore moins mes deux demies sœurs.
J'entendis Jin m'appeler, je jetai un œil par-dessus mon épaule, et en saluant rapidement la mère et ses deux filles d'un hochement de tête je pris la porte et me mis à courir. Pix était à mes côtés, et je tins Tod d'une main pour ne pas qu'il tombe.
Je courus longtemps, jusqu'à ne plus pouvoir mettre un pied devant l'autre à cause de mes essoufflements. J'avais définitivement semé Jin et j'allais pouvoir m’asseoir un peu pour récupérer.
Je sortis machinalement la pokeball de Rept' et le fis sortir. Il ne lui fallut pas très longtemps pour comprendre que les retrouvailles ne s'étaient pas passées comme prévu. Je lui expliquai vaguement la situation, ne souhaitant pas m'étendre, et ajoutai :

- Si tu veux aller le retrouver, je comprendrai. Après tout c'est ton dresseur, et rien ne peut changer ça.

Il sembla hésiter, mais finalement resta avec moi. Je lui en étais reconnaissant. J’aimais sincèrement Rept’, et devoir le laisser partir rejoindre ce type m’aurait fait plus de mal que je ne voulais le reconnaitre.

A présent que j’avais eu ma réponse quant à savoir si mon père était toujours en vie ou pas, j’aurai préféré revenir bredouille qu’avec ce que je venais d’apprendre, il me fallait décider de ce que j’allais faire.
Je décidai déjà par m’éloigner d’Argenta, ne souhaitant pas que Jin puisse me rattraper pour tenter de m’expliquer ses raisons. Je doutais très sérieusement qu’il en ait le courage, mais je n’allais pas tenter le diable. Si je le revoyais, je n’allais pas pouvoir me retenir et je lui aurais mis mon poing dans le visage.
Je ne m’arrêtai qu’après avoir traversé la Cave Taupiqueur, et m’installai pour la nuit non loin de Carmin sur Mer. J’avais réfléchi à ce que je devais faire pendant le trajet, mais je n’avais pas envie de rentrer maintenant.
J’hésitai à appeler ma mère pour lui apprendre la nouvelle, et décidai que cela attendrait que je sois rentré pour lui en parler de vive voix.
C’est ma tante, la sœur cadette de ma mère qui m’apporta une solution à mon dilemme le lendemain. Je n’avais pas encore levé le camp – malgré l’heure déjà bien avancé dans la journée – quand elle m’appela.
Elle vit à Kanto, et tiens une petite exploitation de baie entre Azuria et Safrania. Ma mère lui avait dit que je n’étais pas loin et elle tenait absolument à ce que je passe la voir. J’acceptai, trouvant là l’excuse parfaite pour ne pas rentrer tout de suite.

J’arrivai à sa ferme trois jours plus tard. J’avais pris mon temps, profitant de nouveau de mon voyage pour observer les alentours. J’avais recommencé à dessiner, essayant d’oublier ce que je venais de vivre. Ce n’était pas simple, car je ne pouvais m'empêcher d'y penser.
Il me fallut pratiquement une semaine pour arriver chez ma tante qui m’accueillit avec une étreinte.

- Je suis contente de te voir mon petit Kyo. Viens je vais te faire un bon thé et on va discuter un peu.

Elle avait bien compris que je n’étais pas au mieux de ma forme, et ne me posa pas de questions tant que je n’eus pas une tasse devant moi. En même temps, il n’était pas trop difficile de voir que je n’allais pas bien. J’avais le regard fatigué – je ne dormais pratiquement plus – et je semblais être au bord de la dépression.

- Alors raconte-moi. Ta mère m’a dit la raison de ta venue à Kanto, et j’imagine que ça ne s’est pas très bien passé.

J’hésitais trente secondes, et finis par lui raconter ce que je venais de vivre avec Jin. Pix s’était installé sur mes genoux, pendant que Tod s’amusait à rouler dans le salon.
Cela me fit du bien de dire ce que j’avais sur le cœur et de me soulager de mon ressentiment quant au comportement de mon père. Elle ne fit aucun commentaire quand je me laissai aller sur le jugement que j’avais sur Jin, me laissant vider mon sac.  
Une fois que j’eus terminé de cracher ma bile, je me sentis un peu mieux.

- Tu n’as rien dit à ta mère, n’est-ce pas ? finit-elle par demander.

- Je n’ai pas pu lui dire, surtout au téléphone. Tu imagines que je lui annonce que son époux a préféré refaire sa vie plutôt que d’essayer de rentrer de cette façon ? Je veux être là pour la soutenir quand elle l’apprendra.

- Mais tu n’es toujours pas rentré.

Il n’y avait pas d’accusation dans son commentaire, mais je me sentis plus mal. Mais je ne pouvais pas rentrer maintenant. J’étais encore trop en colère pour ne pas perdre les pédales en racontant ça à ma mère. Et puis j’avais jusqu’à présent toujours voulu suivre ses traces et devenir un dresseur de pokemon qui vaille le détour. Je ne voulais plus avoir à faire ça et il fallait donc que je me décide sur
Ma tante me fit un sourire et me rassura.

- Tu peux rester autant de temps que tu veux ici. Prend le temps qu’il te faut pour faire le point. En attendant, tu m’aideras à m’occuper de l’exploitation. Deux bras de plus sont toujours bons à prendre.

Je la remerciais, et elle me montra la chambre que j’allais avoir le temps de mon séjour. Je la laissais prévenir ma mère et m’installai.

Mes journées furent bien remplies. Comme convenu, j’aidai ma tante à s’occuper de son exploitation de baies. Je transportais les récoltes, arrosais les plants, vérifiais qu’ils soient en bonne santé et tout ce que ça impliquait. Je lui donnais aussi des baies que j’avais pu récupérer pendant mon séjour à l’académie. Certaines n’avaient jamais poussées à Kanto, mais ma tante avait la main verte et finissait toujours par faire pousser une plante.
Pix et Tod furent aussi mis au travail, et aidèrent à leur échelle. Tod était chargé de faire fuir les petits pokemons rongeurs qui voulaient approcher des récoltes et des plants en compagnie du rattatac de ma tante, Pix de son côté, m’aidait à la plantation et à la récolte des baies.
C’était un travail qui demandait du physique et de la rigueur, et qui se révéla parfait pour m’occuper l’esprit.
Pendant mon séjour, je fis une drôle de découverte dans les champs. J'étais en train d'aider ma tante à tailler certains arbres à baies et je tombai sur un œuf de pokemon. Ma tante m'expliqua qu'il arrivait de temps à autre qu'un pokemon vienne pondre un œuf au milieu d'un de ses champs. Elle me proposa de le garder, sinon elle irait le donner à la pension pokemon qui n'était pas très loin de chez elle. Elle ignorait de quel pokemon il s'agissait, mais j'acceptai de le prendre, me disant que de toute façon l'espèce à laquelle il appartenait avait peu d'importance.
Je restais à l’exploitation pendant deux mois, appelant ma mère de temps en temps pour lui donner des nouvelles. Nous n’abordions jamais le sujet Jin, et je lui étais reconnaissant de ne pas me poser de questions. Sur le coup je ne réfléchissais pas à ce que son silence signifiait, déjà content de ne pas avoir à lui mentir ou faire plus que de l’omission.

Je finis par me sentir mieux et j’étais enfin décidé à rentrer. Ma tante m’accompagna jusqu’à Carmin sur Mer, pour que je puisse prendre le ferry pour Olliville. Elle me souhaita un bon retour et me fit promettre de repasser la voir l’an prochain.

Je lui fis des signes d’adieu depuis le pont du bateau jusqu’à ce que l’on soit trop loin pour qu’elle puisse encore me voir, et regardai la mer qui nous entourait à présent.
J’étais déterminé à discuter avec ma mère, même si mon stress était un niveau maximal.
J’arrivai à destination, descendis du ferry, et je fus surpris de voir ma sœur Ruri qui m’attendait.
Elle me serra dans ses bras, ce qui ne put que me mettre un peu mal à l’aise. Se faire câliner par sa sœur aînée à presque dix-sept ans, c’est un peu la honte.

- Salut p’tit frère ! Je suis contente de te voir ! Tu as tellement de choses à me raconter, que j’ai préféré venir te récupérer.

- Salut Onee-Chan, c’est tatie qui t’a dit quand j’arrivai, répondis-je en la serrant un peu et en l’éloignant de moi pour pouvoir respirer.

Ce n’était pas une question, je me doutais que ma tante avait prévenu ma mère que je rentrais. J’étais contente qu’elle soit là, elle m’avait manqué et toutes ces histoires avec mon père m’avait fait réaliser qu’il n’y avait rien de plus important que sa famille. Il n’en faisait tout simplement plus parti et ne méritait plus mon intérêt.
Ruri attrapa Tod et le câlina à son tour avec la tête qu’elle fait quand elle voit une chose trop mignonne, type bébé ou pokemon trop chou selon elle. Quand elle eut terminé de malmener ma souris électrique, elle se mit à la hauteur de Pix et n’attendit pas l’aval de mon starter pour l’attraper et le câliner à son tour.

- Ruri ! Tu vas finir par te faire brûler !

- Mais non, Pix est adorable et ne me fera jamais de mal, me répond ma sœur avec un sourire.

La tête de mon goupix disait tout le contraire, il ne supportait toujours pas qu’on le traite comme une peluche, mais il fit de son mieux pour se contenir et se planqua derrière moi dès qu’il eut l’occasion de fuir. Cela fit rire ma sœur qui lui dit :

- Pauvre petit, si tu crois que Kyo peut te protéger de moi, tu es naïf.

Nous quittâmes les quais pour rejoindre la moto que ma sœur avait acheté pendant mon absence, et je ne pus m'empêcher d’apprécier l'engin. C’était un véritable petit bijou.
Rapidement, je réalisai qu’il n’y avait pas de moyen de transporter des pokemon en liberté. Je fis rentrer Tod dans sa pokeball, mais je ne savais pas quoi  faire pour Pix qui refusait toujours de rentrer dans la sienne.
Ruri mit cependant rapidement fin à mon dilemme en sortant de son casier une espèce de porte bébé dans lequel je mis mon starter – avec force de discussion et de négociations – et nous prirent la route.  
Il ne nous fallut pas plus de deux heures pour arriver à Doublonville. Ruri se gara devant la maison et me laissa me débarrasser du porte bébé qui pesait son poids avec Pix à l’intérieur. Je la laissai ranger son bécane, et entrai chez moi la boule au ventre.
J’angoissais de la réaction de ma mère quant à ce que j’avais à lui dire, mais j’avais aussi envie de la voir.

- Je suis rentré ! criai-je en me déchaussant et laissant mes affaires dans l’entrée.

Pix ne m’avait pas attendu et était entré pendant que je faisais sortir Tod de sa pokeball. La petite boule électrique me fit la fête et ma mère vint m’accueillir, mon pokemon près d’elle.

- Bienvenu chez toi Kyo. Tu as fait bon voyage ?

Avant de lui répondre, je la pris dans mes bras, regrettant de ne plus être un petit garçon qui pouvait se jeter dans les bras de sa mère au moindre souci. Je l’entendis rire doucement, et elle répondit à mon étreinte avec amour. Arceus, cela m’avait manqué plus que ce que j’avais  imaginé. Il n'y a rien de mieux que l'amour d'une mère pour se sentir mieux.
Je m'éloignais un peu, et ma mère en profita pour me détailler.

- Tu as encore grandi, je me sens de plus en plus petite.

Je riais doucement et la suivit dans le salon. Je m'installai à ma place préférée et commençais à lui raconter mes aventures. Je lui montrais aussi la plupart de mes croquis, et elle me félicita pour mes progrès. Je fis tout mon possible pour retarder l'inévitable, mais elle finit par me poser la question à laquelle je ne voulais pas répondre.

- Et pour ton père ? As tu la réponse que tu voulais ?

- J'ai eu une réponse, mais j'avoue que je ne m'attendais pas à ça. Il m'a fallu du temps pour l'accepter, finis-je par lui dire avant de lui raconter les retrouvailles avec mon géniteur et sa nouvelle famille.

J'appréhendais sa réaction, mais mis à part un sourire triste, cela ne sembla pas lui faire plus de mal que ça. Elle semblait même rassurée qu'il soit toujours en vie. Ne comprenant pas je lui demandais pourquoi elle le prenait aussi bien.

- J'ai aimé ton père, et je ne regrette pas de vous avoir Ruri, Taro et toi. Vous êtes ce qui compte le plus pour moi. Mais il y a longtemps que j'ai arrêté d'espérer le voir rentrer. S'il rentrait aujourd'hui, je ne suis pas certaine que nous pourrions reprendre le cours de nos vies d'il y a plus de neuf ans. J'ai changé, et je n'ai plus besoin de lui pour nous protéger. Il n'aurait pas sa place dans notre famille, et cela n'aurait rien donné. Savoir qu'il est en vie et heureux est le plus important, le reste n'a plus d’intérêt pour moi.

J'étais surpris de la force de ma mère. Elle était sincère, elle ne semblait pas triste de savoir que l'homme qu'elle avait aimé au point d'avoir des enfants avec lui ait refait sa vie sans elle. Avais je tort de lui en vouloir ? Alors que ma mère ne semblait vouloir que son bonheur ?
Ma mère sentit mon dilemme et reprit :

- Ne te sens pas coupable d'avoir du mal à lui pardonner. Ton père a toujours eu beaucoup de défauts, notamment celui de ne pas  savoir tenir en place. Tu ne t'en souviens pas parce que tu étais trop petit, mais entre tes un an et trois ans, il a rarement été à la maison. Son dernier départ à rendu les choses définitives.

Je comprenais son point de vue mais je n'acceptais toujours pas.

- Il n'a pas eu le courage de me dire qu'il avait construit une autre famille, il ne nous a donné aucun signe de vie quand il s'est souvenu. Il aurait pu nous appeler et nous expliquer.

- Tu l'aurais mieux vécu de cette façon ?

La question était pertinente, et je pris quelques instants pour réfléchir.

- En toute franchise je ne pense pas, mais au moins ça aurait correspondu avec le discours qu'il avait quand j'étais plus jeune. Il faut assumer ses actes et ne pas fuir la réalité.

- C'est comme ça que ça marche d'être père. C'est la règle du fais ce que je dis mais pas ce que je fais, commenta ma mère avec un sourire indulgent.

Je n'approuvais pas totalement, mais je me gardai bien de lui dire. Elle avait pris la nouvelle plutôt bien, et c'était tout ce qui comptait pour moi. Il pouvait faire ce qu'il voulait je n'attendais plus rien de lui à présent.
Nous ne discutâmes plus de mon père à partir de ce moment là, et je gardai le secret pour la sérénité d'esprit de Taro. Ruri fut bien sur mise au courant, mais je constatais que cela ne lui faisait pas grand chose non plus.

- Pour moi, cela fait dix ans qu'il est mort. Savoir qu'il est en vie et a refait sa vie ne change rien pour moi. Il a disparu et n'est jamais revenu point, fut sa seule explication et nous ne reparlâmes plus de lui.

Maintenant que j'étais rentré, il ne me fallu pas très longtemps pour avoir envie de retourner à l'Académie, mais j'appris les nouvelles des problèmes à Lansat et ma mère me demanda de rester à la maison le temps que ça se calme. Mais les informations étaient de pire en pire. Jusqu'à ce que ce que l'académie décide de délocaliser les élèves pour les mettre en sécurité.
Je ne pouvais rester plus longtemps les bras croisés et après une longue discussion avec ma mère pour la convaincre, je me préparai à partir pour rejoindre mes camarades d'école. Il était certain que les différents incidents qu'il y avait eu sur l'île avait dut faire de gros dégâts chez les élèves et je me devais de les rejoindre pour les aider de mon mieux.

Et me revoilà au début de mon histoire, sur les quais du port de Cobaba. Je pris la direction que m'indiqua un passant quand je lui demandai où était les élèves de l'Académie, Tod sur mon épaule, Pix à mes côtés et un œuf dans mon sac.
Il était temps que je reprenne le cours de ma vie, sans me laisser distraire par le passé.
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