Partagez | .
Karaté Kid is all grown-up ! [Appel d'Offre d'été]
 Adulte Karatéka
avatar
Adulte Karatéka
Région d'origine : Sinnoh
Âge : 28 ans
Niveau : 10
Jetons : 100
Points d'Expériences : 106

Message Sujet: Karaté Kid is all grown-up ! [Appel d'Offre d'été]   Dim 2 Sep - 18:51

Les Hoothoots chantaient et les Meganiums florissaient. Après un démarrage très intéressant, le reste de l'été s'annonçait merveilleux. Comme à son habitude, Son Gosen se levait tôt le matin. Cinq minutes. Puis se recouchait jusqu'à dix heures. Ensuite, il allait prendre son petit déjeuner dans un restaurant du coin et s'était habitué à faire la plonge le midi dans ce même restaurant pour payer son repas. Pendant ce temps, Piccolo méditait au coeur de la barrière de Corayon. Chaozu jouait aux jeux vidéo et Maître Kaio observait les jolies filles sur la plage en lisant son magazine de voiture et cuisine "Porsche-Riz". L'après-midi, ils se retrouvaient tous dans la crique délaissée pour s'y entraîner au calme et à l'abri des regards. Les falaises de cet endroit et le danger qu'elles généraient était parfait pour nos compagnons qui pouvait y rester jusqu'au coucher de soleil et bien après encore.

Notre histoire débute lors de l'une de ces nombreuses matinées de juillet. Gosen était venu comme à son habitude manger son petit déjeuner dans le restaurant. Mais cette fois-ci, sa place au bar avec vue directe sur la cuisine et les plaques de cuisson était prise ! Et pas par n'importe qui. On aurait dit une espèce de gros chat(ffreux) aux yeux bridés. Mécontent, l'homme s'approcha de l'individu avec l'espoir que celui-ci se décale et lui concède la place. Evidemment, il n'allait pas le forcer à dégager, ce n'était pas son genre.

- Hum, excusez-moi monsieur le chat. Mais vous êtes à ma place.

L'animal se tourna vers lui, ses yeux bridés ne laissaient transparaitre aucune émotion. Alors Gosen se tendit un peu et se détendit ensuite en venant gratter l'arrière de sa tête d'une main.

- C'est pas vraiment ma place, c'est juste là que j'aime m'asseoir. Vous comprenez ?

Les yeux du chat s'entrouvrirent.

- Moi très bien comprendre. Moi avoir pris ta place et toi vouloir moi bouger.
- Je ne l'aurais pas dit aussi crument... Mais c'est ça ! Je suis trop content que vous ayez compris, j'avais peur de devoir choisir une autre place mais je n'aurais jamais su laquelle hahaha.

Le chat se retourna et poursuivit le glouglou de sa soupe. Un peu paumé par ce revirement de situation, Gosen s'assit à côté de l'individu, commanda son steak d'un kilo de Bourrinos en regardant avec insistance son voisin. Grâce à son inhibition naturelle à la peur, il en vint à poser sa question qui le taraudait au chat.

- Vous venez d'où monsieur le chat ?

- Pas monsieur le chat. Karin être une dame. Et je venir de très loin.

- Ah bah oui, j'en étais sûr ! Avec votre accent, vous ne pouviez pas être du coin haha. Et c'est où très loin ?

- Par-delà l'océan. Où Manzaï pousser.

- Oh, c'est pas la porte d'à côté. Et que venez-vous faire sur cette île paumée ?

On amena le plat de Gosen qui se jeta dessus goulûment. Il manquait juste une pointe de sauce barbecue, qu'il s'empressa de rajouter, et c'était parfait ! Un véritable met de qualité.

- Etre là pour méditer sur passé, présent et avenir.

Avoir la bouche à moitié pleine, Gosen ne s'embarrassait pas de ce genre de choses pour discuter.

- J'ai un ami qui fait comme vous. Au lieu de s'entraîner, il passe son temps à méditer.

- Lui avoir raison. Meilleur guerrier est celui en communion avec lui-même.

- Haha. Je ne sais pas ce que vous pourriez savoir là-dessus. Vous n'êtes pas un guerrier.

- Moi être un grand Maître d'arts martiaux. Le côté Karaté de ces arts, je maîtrise.

- Quoi ? Il en perdit un morceau de viande de sa bouche. Vous pratiquez le karaté ? Alors là, je vous crois pas.

- Pourtant Karin être ceinture noire et ancien élève de Maître Miyagi.

- Genre le grand Maître qui a remporté plusieurs fois le Championnat du Monde d'Arts Martiaux avant qu'un Stalgamin ne lui vole sa place ?

- Oui, lui-même.

- ... Waow ! Il abandonna toute idée de finir son assiette et se redressa, les poings fièrement dressés. Vous ne voulez pas qu'on se batte un peu pour voir ? Dites oui, je vous en prie.

- Moi finir ma soupe. Pas avoir le temps pour combattre. Karaté fait pour se défendre, pas attaquer.

- YIHAAA ! S'écria Gosen en lançant un crochet du droit sur Karin. Aussitôt, le chat avait levé une main et dévié l'attaque avec une aisance déconcertante. Gosen en était totalement abasourdi et émerveillé. C'était génial ! Vous avez réagi encore plus vite que Piccolo et sans chercher à esquiver ! Comment vous faites ? Vous pouvez me montrer ?

- Karaté fait pour se défendre, pas attaquer.

- Alleeeeez, s'il vous plait. Le supplia Gosen.

- Non. Tu ne cherches que le combat. Un guerrier ne cherche pas le combat. Ton karaté, mal tu le maîtrises.

- Je vous interdis de dire ça, c'est mon grand-père qui me l'a appris et c'était un grand Maître lui aussi !

- Qui était-ce ?

- Son Gohan.

Les yeux du chat se rouvrirent. Ce nom ne lui était pas inconnu. Pour ainsi dire, il s'agissait d'un ancien camarade de son Maître. Lorsqu'il referma ses paupières, il termina sa soupe en une louchée, laissa assez d'argent pour payer les deux repas et se leva.

- Tu utilises mal ce qu'on t'a appris. Venir avec moi, je t'enseignerai.

- C'est vrai ?! Trop génial !!!

La joie de Gosen se lisait jusqu'à ses oreilles. Il accompagna Maître Karin hors du restaurant, jusqu'à une maisonnette située en bordure de forêt. La baraque ne payait pas de mine : un vieux bois qui aurait besoin d'une peinture, des fenêtres pleines de moustiques écrasés à coup de chausson, une chaise à bascule se balançait à l'ombre d'un préau à demi-effondré.

- C'est ici que vous vivez ? Vous devriez penser à faire quelques travaux.

- Habits pas faire le moine. Maison bon bois solide. Attends-moi là.

- Okay...

Le gros chat disparut dans sa maison, laissant Gosen sur le pas de la porte. Il ne put s'empêcher d'aller voir à la fenêtre à quoi ressemblait l'intérieur de la maison du vieux Maître. Ses pieds craquaient sur le sol à chacun de ses pas. L'intérieur était tout ce qu'il pouvait se faire de plus simple. Le salon ne comportait aucune télévision, des journaux formaient une pile propre et carrée sur le côté et une grande bibliothèque prenait tout un pan de mur. Au travers de la fenêtre opposée du salon, quelque chose attira l'attention du garçon de l'autre côté de la bâtisse. Alors il décida d'enfreindre la demande de Maître Karin et d'aller voir de quoi il s'agissait. Entre la forêt et la maisonnette, Maître Karin avait arrangé un jardin et un grand potager. Etrangement, il n'y était cultivé que des haricots verts. Son Gosen en attrapa un et le regarda avec de nombreuses interrogations en voyant la dizaine d'autres sur le pied.

- Je t'avais dit de m'attendre à l'entrée.

- Ah, Maître Karin ! Je suis désolé mais je n'ai pas pu m'empêcher de venir voir vos pieds d'haricots.

Le Maître s'approcha et caressa le petit haricot vert que Gosen avait tripoté. Il se tourna vers le garçon et lui tendit une serpillière et un seau d'eau.

- Haricot bon pour la santé. Nettoyage bon pour la tienne.

- Hein ? Qu'est-ce que vous voulez que je fasse de ça ?!

- Vitres. Nettoyer.

- Vous plaisantez ? S'exclama Gosen avec un rire nerveux. Karin lui attrapa la main et lui met la serpillière dedans avant de la faire tourner en cercles.

- Laver. Ca bon geste pour laver. Toi me prévenir quand avoir fini. Beaucoup repos m'attendre.

Sans demander son reste, le Maître redisparut dans sa maison, abandonnant un Gosen complètement perdu dans son jardin. Il cligna plusieurs fois des yeux, se pinça la joue, pas sûr de ce qu'il venait de se passer et rejoint la porte d'entrée donnant sur le jardin.

- Maître, vous allez bien ? Je ne vais quand même pas laver toutes vos fenêtres.

Aucune réponse.

- Maître ?

Gosen resta assis devant la porte un moment, perplexe, à regarder la serpillière et le seau.

- Ca doit être un test. Il doit vouloir jauger ma détermination avant de m'entraîner. Très bien ! Il se releva d'un bond et attrapa le matériel de nettoyage. C'est parti ! Au même moment, la porte s'ouvrit et Maître Karin sortit le bout de son nez. Maître ?

- Tu n'as pas encore commencé ? Soleil bientôt se coucher. Toi finir avant la nuit, tu devrais te dépêcher.

- Euh oui Maître ! Je fais au plus vite !

L'homme se mit de suite au travail sous l'oeil avisé de son Maître qui l'observa durant les trente premières minutes. Il le reprit plusieurs fois, jusqu'à son geste lui convienne : un cercle vers l'intérieur avec la paume de sa main gauche puis un autre de la main droite. Ce mouvement acquis, il rentra pour le goûter et laissa Gosen poursuivre son nettoyage. Dès qu'il eut fini vers les dix-huit heures, deux heures avant que le Soleil se couche, il vint toquer à la porte du vieux chat. Celui-ci lui ouvrit, sceptique.

- J'ai fini !

- Fenêtres de l'étage aussi ?

- Il fallait aussi les faire ?

La porte se referma pour réponse et le garçon put reprendre le travail, dépité. Grimper à l'étage sans échelle était déjà un défi en soi, alors il s'aggripa à la gouttière et monta jusqu'aux rebords des fenêtres de l'étage, son seau et sa serpillière sous le bras. Il n'avait nul part où les poser et devait constamment faire attention à ce que rien ne tombe par terre pendant qu'il nettoyait les carreaux. Même à l'avant de la maison, il n'osait utiliser le préau comme appui, tant le moindre poids dessus pourrait provoquer l'effondrement de cette partie. Il en eut pour deux bonnes heures supplémentaires de travaux et finit par redescendre voir Maître Karin pour l'informer de sa réussite. Les derniers rayons de Soleil déclinaient à l'horizon.

- Plus aucun moustique à déplorer sur votre maison, Maître ! Peut-on commencer l'entraînement ?

- Bien, bon boulot. Maintenant te décrotter tu dois. Prendre une douche et reviens demain.

Toujours aussi peu bavard, le Maître récupéra ses affaires et referma la porte à Gosen. Ce dernier rentra à sa propre maisonnette, quelque peu déconcerté par cette journée. Il était à la fois heureux d'avoir rencontré un si grand Maître, mais il se demandait si celui-ci avait une quelconque intention de lui enseigner quoi que ce soit. Aujourd'hui, il n'avait fait que nettoyer des vitres infestées de bestioles dégueulasses. C'était loin d'être aussi palpitant que ce qu'il avait imaginé apprendre. Chez lui, Maître Kaio l'attendait de pied ferme, les mains dans le dos et un air sérieux qui lui seyait mal sur le visage.

- Oh Maître Kaio, comment allez-vous ?

- Espèce d'idiot. Je sais tout.

- De quoi parlez-vous ? Vous n'avez pas l'air content.

- Tu crois que je ne me suis aperçu de rien ? C'est pourtant mon travail de veiller sur vous tous, toi y compris !

- Expliquez-vous, j'ai du mal à saisir.

- TU M'AS TROMPE !

- QUOI ?! Mais je n'aurais jamais fait une chose pareil !

- Si ! Je t'ai vu fricoter avec Maître Karin et la suivre chez elle. Ne me mens pas ! Tu lui as demandé de t'entraîner ?

- Ah, vous la connaissez ?! Vous auriez pu me dire qu'un Maître comme elle se trouvait sur cette île ! Je comprends mieux qu'on soit venu ici.

- Alors tu ne nies même pas ?

Les larmes commençaient à monter aux yeux de l'extraterrestre.

- Bah non, je suis allé chez elle. Ce n'était pas vraiment l'entraînement que j'imaginais, mais j'y retourne demain.

Maître Kaio s'effondra en larmes sur le sol.

- Bouhouhouuuu... Tu n'as même pas le moindre scrupule à me tromper avec un autre Maître.

- Maître Kaio... Vous devriez arrêter la tisane le soir, ça ne vous réussit pas. C'est pas tout ! Mais je dois me lever tôt demain, alors bonne nuit les amis !

Le garçon se jeta dans les draps de son lit et en moins d'une seconde, il battit le record de vitesse d'endormissement.

Aux aurores, Gosen s'échauffait sur la plage.

- Aujourd'hui on va enfin passer au vrai entraînement ! Il entrechoqua son poing dans sa paume. C'est parti !

Arrivé chez Maître Karin.

- QUOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ?!

Le chat le regardait fixement de ses yeux bridés qui restait aussi impassibles qu'un mur.

- Vous voulez que je repeigne toute la maison ?!

- Oui. Commencer tu devrais. Journée passer très vite. Plusieurs couches nécessaires. Revenir demain tu devras pour terminer.

La déception n'était plus qu'un simple mot pour Gosen. Il se mit au travail comme le lui avait demandé Maître Karin mais sans la moindre motivation. Ses mains appliquaient la peinture machinalement, puis passaient à la latte suivante. Le geste semblait se répéter à l'infini, inlassablement. Lorsque le Maître sortit pour regarder le travail effectué, il vit un Gosen endormit sur la maison, la tête dans la peinture fraichement posée. Il n'avait fait qu'un dixième du travail demandé. Karin se décida de le réveiller d'un coup sec de bâton derrière la nuque. L'effet fut immédiat et Son Gosen sursauta en se remettant automatiquement au travail, la moitié du visage peinte de la même peinture blanche que la maison.

- Ton geste n'est pas bon. Pas peindre de droite à gauche. Maître Karin attrapa le bras du garçon avec le pinceau. De haut en bas, comme ça. Fléchir les genoux pour descendre. Flexion, extension. Dit-elle en lui tapotant l'arrière des genoux avec son bâton.

- Maître, je ne comprends pas où vous voulez en venir. Cela ne rime à rien. Quand allons-nous commencer l'entraînement ?

- Bientôt, bientôt. Prêt encore tu n'es pas.

- Okay...

Le garçon se remit au boulot, utilisant les conseils de Maître Karin pour réaliser un travail correct en de bons temps. A ses yeux cela ne changeait rien à sa propre technique, la peinture était appliquée de la même manière et cela lui paraissait même presque plus long à faire ainsi. Il s'y tint toutefois toute la journée, réalisant une courte pause à midi. Karin leur avait fait des takoyakis, une nourriture de son pays d'origine, accompagnés d'haricots du jardin. Après manger, Son Gosen était emplis d'une énergie nouvelle ! Il n'y avait rien de tel qu'un bon repas pour le remettre en forme et s'attirer ses faveurs. Il en oublia presque la tache ingrate qu'il devait faire et bossa tout l'aprèm sur un rythme d'enfer. Cette fois, il termina en avance d'une heure sur le coucher de Soleil. Le soir, il se reprit la tête avec Maître Kaio qui menaçait de prendre les voiles après avoir fait sa valise. Heureusement, Piccolo utilisa le fait qu'il devait aussi l'entraîner lui et Chaozu pour que le vieux Maître ne s'en aille pas définitivement. Gosen était désormais un paria aux yeux de son ancien Maître. "Ne compte plus sur moi pour te téléporter !" Lui dit-il en dernières paroles. Des mots choquants qui resteraient à jamais gravés dans l'esprit de Gosen qui se promit d'apprendre un jour lui aussi cette technique, afin de ne plus être dépendant de Kaio.

La journée suivante se passa de la meilleure des manières et Gosen termina avec joie la deuxième couche de la maison ! Le ravalement étant fait, la bâtisse paraissait déjà moins à l'abandon. Il y avait toujours cette histoire de préau à moitié dégringolé mais globalement l'endroit était beaucoup plus chaleureux et propre qu'avant. Maître Karin était fière du travail accomplit par son jeune apprenti et lui apporta avec joie une tenue orange comme en portait Gosen avec le symbole de son école dessus.

- Merci Maître ! Vous m'honorez.

- Ta patience a porté ses fruits.

- Vos conseils plus que ma patience. Quand allons-nous commencer le véritable entraînement ?

- Tu l'as déjà commencé.

- Hein ? Je ne comprends pas, Maître.

- Montre-moi comment tu nettoies.

Suspicieux, Gosen fit le geste demandé.

- Maintenant, fais celui de la peinture.

D'une traite, Gosen leva le bras puis le descendit, avec un mouvement de poignet contraire à la direction que prenait son bras.

- Bien.

Tout d'un coup, Maître Karin se mit en position d'attaque et s'élança vers Gosen avec l'attaque Combo-Griffe. Le garçon se retrouva submergé et bien que voyant les coups venir, ne put contrer toutes les attaques. Il finit sur le cul, autant par la soudaine attaque que la puissance de celle-ci. Maître Karin lui demanda de se relever.

- Maintenant, essaie de parer en utilisant ce que je viens de t'apprendre.

Karin se jeta à nouveau sur lui, usant de la même attaque. Mais contrairement à la première salve, Gosen ne contra pas les coups mais parvint à tous les dévier de sa trajectoire. Ses mouvements étaient naturels, bien qu'inhabituels pour lui, et bras et mains venaient se mettre en travers des coups portés par le vieux chat. Les attaques effleuraient sa peau et étaient redirigées naturellement vers l'extérieur. C'était la couverture défensive ultime ! Impossible de passer au travers. Pourtant, Maître Karin usa d'une feinte et d'un coup de pied bien placé, elle fit perdre l'équilibre à Gosen.

- Ton entraînement n'est pas terminé. Toi avoir jambes en mousse.

Gosen ne comprenait que maintenant l'importance de tout ce qu'il avait fait pour Karin et en quoi consistait réellement l'entraînement du Maître. C'est avec une joie nouvelle, qu'il s'écria :

- Donnez-moi de nouvelles tâches ménagères !

- Suis-moi.

Autre nouveauté, Son Gosen allait entrer dans la maison du Maître ! C'était une première pour lui et le signe de l'avancement de son entraînement. Cette fois, il put discerner plus exactement la personnalité du Maître. Des tableaux, des photos, des peluches et même des dessins d'haricots parsemaient les murs de la maisonnette. Sur les étagères de la bibliothèque, on retrouvait de nombreux livres sur les haricots et leur culture mais aussi sur les arts martiaux, dont certains écrits par les plus grands Maîtres de notre temps. Gosen avait interdiction d'y toucher, Maître Karin ne le jugeant pas encore prêt pour acquérir un tel savoir. Il n'en était qu'aux bases. Elle le mit au point sur une nouvelle tâche qu'il trouva beaucoup plus amusante que les précédentes. Debout sur deux chiffons en coton, il devait huiler le parquet de toute la maison. Tout l'art de ce travail se trouvait dans l'équilibre. S'il se relâchait, il tombait et devait nettoyer puis recommencer. Cela aurait été sûrement plus simple de le faire avec un rouleau au bout d'une perche, mais certainement pas aussi instructif. Gosen chuta. Recommença. Retomba. Plusieurs fois. Puis il commença à s'amuser et à se croire sur une patinoire, son seau d'huile en main, il la jetait sur le parquet et s'élançait au travers de la pièce à toute vitesse. C'était devenu comme un jeu. Karin le regardait depuis la fenêtre, assise dans sa chaise à bascule sur la petite terrasse de la maison. Il était bête, elle ne pouvait pas dire le contraire, mais elle le voyait comme un enfant qui s'épanouissait et grandissait. A vingt-huit ans c'est peut-être un peu tard pour certains, mais pour d'autres, il n'y a pas d'âge pour grandir. Et puis, ça lui donnait une rare innocence que n'avaient pas ses anciens disciples.

Par la suite, Gosen délaissa quelques temps ses compagnons de route pour se consacrer entièremeent à son entraînement avec Maître Karin. C'était déjà plus ou moins le cas auparavant, mais là, il déménagea chez elle, dormant sur un futon dans le jardin. Ils étaient vraiment devenus proches ces deux-là. Au fut et à mesure des entraînements, Gosen devint plus fort et abile et la maison de Karin reprit des couleurs avec lui. Le préau fut réparé, les toilettes récurés, la fuite à l'évier réparée, les meubles changés de place, l'électricité rétablie,... Après deux bonnes semaines de travaux, Maître Karin voyait que Son Gosen était prêt à accomplir son ultime mission.

- Tu as très bien travaillé. Je pense que tu as enfin compris la vraie voie du karaté qui est de défendre et non attaquer. En soit... Gosen ne le concevait toujours pas comme Karin l'imaginait. Le garçon était pourtant persuadé de suivre la voie tel que son Maître le lui avait enseigné. C'est pourquoi, aujourd'hui c'est toi qui va aller chercher les haricots dans le jardin. Choisis-les judicieusement. Si ce sont les bons, ils viendront d'eux-mêmes à toi et le pied n'oscillera pas d'un poil.

- Okay ! Ca ne devrait pas poser problème haha.

Gosen se rendit dans le potager, où les haricots verts attendaient d'être cueillis. Il les regarda, se disant qu'ils ne poseraient aucun problème, il suffisait simplement de les tirer. Contre toute attente, il essaya d'en attraper un mais celui-ci ne vint pas. Il aurait pu forcer sur la branche et le récupérer, mais Maître Karin le lui avait interdit. Cependant, il ne voyait pas comment reconnaître les haricots prêts de ceux qui ne l'étaient pas. Alors il chercha d'abord l'un de ceux qu'il pouvait prendre sans ébranler le pied. Une fois trouvé, il pensait pouvoir l'analyser pour en trouver d'autres comparables... Mais un haricot vert ressemble littéralement à n'importe quel autre haricot vert.

- La solution ne se trouve pas sous tes yeux. Dans ton coeur tu dois chercher. Comme le karaté, dans ton coeur tu dois le puiser.

- Euh... C'est un peu trop abstrait pour moi. Je vais essayer haha.

Le garçon se concentra sur les haricots et ferma les yeux. Si sa vue ne l'aidait pas, il n'en avait pas besoin. Il tâta plusieurs fois les environs, avant que Maître Karin ne lui dise de bouger ses pattes de là. Oups, mauvaise direction. Ah ! Là, c'était bien des haricots qu'il touchait, il le sentait. Il se souvint que Maître Karin caressait les haricots, alors il fit de même. C'est à ce moment précis, qu'il remarqua quelque chose. Il sentit toutes les petites graines à l'intérieur. Elles paraissaient encore petites et vouloir grandir. Comme si elles lui disaient de faire silence, qu'elles poussaient. Il passa donc à un autre haricot, cette fois la sensation était différente. On aurait dit que les graines étaient déjà arrivées à maturité et en effet, il lui suffit d'un geste vif pour le retirer sans la moindre difficulté.

- J'ai compris ! Cria-t-il joyeusement.

- Bien.

Il retira alors plusieurs autres haricots, les choisissant tous judicieusement. Le vieux chat le regardait faire avec beaucoup de patience. Elle voyait qu'il avait saisi le sens de cet apprentissage. Il était désormais temps pour elle de lui dire au revoir et de le laisser prendre son envol.

- Ton entraînement est terminé. Passer le dernier test avec succès tu as.

- C'est génial ! Gosen jeta les haricots pour prendre Maître Karin dans ses bras, ne se rendant pas compte de la connerie qu'il faisait. Ca veut dire que je vais pouvoir lire les...

- Ca veut dire que tu peux ramasser les haricots et me faire à manger. Ensuite, je n'aurais plus rien à t'enseigner. De repos j'ai besoin. Oui. De repos.

- Oh je comprends ! Moi aussi j'ai toujours envie de faire une sieste après manger. Vous êtes sûr de vouloir que je cuisine ?

La question était sincère et après réflexion et remémoration de ces deux dernières semaines, Karin tressaillit.

- Non ça ira. Moi faire manger.

- Ah ! Vous avez repris votre accent haha. Vous savez... Gosen l'attrapa par l'épaule et la ramena dans sa maisonnette. Ils discutèrent un moment, passant la soirée ensemble. Ils fêtèrent jusqu'à pas d'heure ce qui était pour eux leur dernier repas commun avant longtemps. Son Gosen pensa tout de même lui rendre visite régulièrement durant les prochaines semaines des vacances, que ce soit pour lui tenir compagnie ou manger de ses super takoyakis aux haricots verts.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://pokemoncommunity.forumactif.org/t7374-501-ka-me-ha-mehaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa-son-gosen-adulte http://pokemoncommunity.forumactif.org/t7384-son-gosen-adulte
Karaté Kid is all grown-up ! [Appel d'Offre d'été]
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Pokemon Community :: L'Île Cobaba 3.0 :: Village-