Jeux d'enfants, amour de grands
Elizabeth Reece
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Sujet: Jeux d'enfants, amour de grands   Ven 5 Oct - 19:12
Tu repenses à ton premier pas sur l’île de Cobaba alors que tu attends Henry qui ne devrait pas tarder à arriver.

Après avoir passé tu ne sais combien de temps dans la cale d’un bateau à lustrer et relustrer une seule et même pièce de monnaie. A te prendre des remarques salaces par des matelots désoeuvrés de ne pas avoir pu toucher une femme depuis trop longtemps. A manger la même bouffe dégueulasse continuellement. Tu as enfin vu la terre promise, celle qui allait te rendre la moitié de ton être.
Tu revois les lumières du village apparaître à tes yeux pendant que tu fumais une énième cigarette sur le pont du bateau. Tellement anxieuse que tes mains tremblaient, ton front moite que tu essuyais du revers de ta manche crasseuse. Tu rêvais d’une douche et de le serrer contre toi. Tu voulais sentir son odeur et ses bras rassurants qui ne t’avaient pas enlacé depuis bien trop d’années. Le vent fouettait ton visage si pâle par le manque de sommeil, tu chantonnais les berceuses de quand vous étiez gosses, celles qu’il chantait quand tes cauchemars ne voulaient pas te laisser en paix. Ton ventre et ta gorge n’avaient pas jamais été aussi serrés. Tu réfléchissais tellement, passais d’une sensation à une autre, d’une émotion à son contraire. Tu tournais en rond mais tu étais incapable de bouger à la fois. Tout était paradoxal et il te pressait tellement de mettre un pied à terre.

Quand un membre de l’équipage à poser sa main sur ton épaule pour te réveiller, toi qui dormait lamentablement la joue posée contre la paume de ta main, adossée à un mat, ta réponse trahissait la tension que tu ressentais :

- M’dame Reece, v’là qu’on arrive !

- Hm.. ? Eh beh.. Il était temps, j’en peux plus de voir vos ganaches de pouilleux et vos yeux vitreux, poussez-vous de là, comment vous pouvez plus sentir l’alcool que moi sans rire.

D’un geste brusque tu as repoussé sa main tendue prête à te relever pour t’éloigner de son haleine fétide. Tu es quand même super mal placé pour parler d’alcool Lizzie, je ne veux pas voir l’état des réserves après ton passage, je pense que la moitié de la marchandise à contribuer à ta cirrhose. Te voilà dans ta cabine, à remballer les quelques affaires que tu as emmenés, essayer d’arranger tes cheveux, de toute façon il te fallait une douche rapidement. Tout te paraît neuf, l’air, l’aura qu’il se dégage de cet endroit.

Viens le moment tant attendu où ta semelle touche le sol de l’île et tu sens chez toi. Voici le prochain territoire à conquérir, voici la mission que la famille Reece vous à confier à Henry et toi. Tu regardes les gens traverser, vaquer à leurs occupations diverses et variées. A ce moment, personne ne devait te reconnaître. Tout était arrangé avec ta tante, tu avais un contact à elle sur l’île qui te laisserait juste te changer, prendre une douche sans poser de question, rien. Vous aviez envoyé une lettre à Henry, tu voulais le surprendre. Tu ne savais pas vraiment comment il allait réagir et dans le doute tu voulais être prudente. Est-ce qu’il allait être aussi heureux que toi, distant, en colère, pleurer ? Aha, quelle blague, il ne pleure plus depuis bien longtemps de toute façon. Jusqu’à ce qu’il te voit tu t’appelais Maria, nouvelle arrivante qui voulait participer aux combats illégaux de Henry Reece, vous deviez vous rencontrer pour faire plus amples connaissances. Le rendez-vous était prévu dans un palace du village. Henry savait recevoir et sait toujours impressionné.

Alors te voilà, jouant de ton doigt autour de ton verre de whisky accoudée au bar, attendant ton frère, le regard fixé sur les miroirs en face de toi. C'est bien la troisième clope que tu fumes en 20 minutes. Tu te préfères maintenant, fière d’être une Reece, fière de retrouver ton âme sœur, tu es belle et forte Lizzie. Toute de noir vêtue, tu n’étais pas prête à subir le climat tropical de l’île. Le seul vêtement adapté que tu as c’est cette petite robe en coton noir que tantine t’a offert avant que tu files, avec un petit clin d’oeil. Elle le savait, ce mufle, qu’il allait faire chaud mais elle t’a laissé prendre avec toi des pulls et des collants. Du coin de l’oeil tu guettes toute personne qui passe le pas de la porte, à la recherche de ce regard. Le minutes semblent s’étendre sans fin. Tout te paraît au ralenti alors qu tu allumes ton briquet et que tu tires la première taffe de ta cigarette. Et cette question qui te taraudes l’esprit depuis des jours.. Te reconnaîtra-t-il ?
Henry Reece
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Sujet: Re: Jeux d'enfants, amour de grands   Sam 6 Oct - 12:00
Assis dans ta piaule tu cherches dans un petit tiroir tes boutons de chemise, dans un geste nonchalant, crachant un peu de fumée vers le plafond, tu les poses sur le petit meuble avant de te lever te finir de boutonner ta chemise rouge en haut du col anglais. Tu retrousses tes manches, coudes à l’air avant de passer une main sur ton visage raser à blanc au coupe-choux. Ton pantalon noir s’accorde aux chaussures de mêmes couleurs, bien que ce soit la fin de l’été, tu ne daignes toujours pas foutre des chaussures ouvertes. Tu soupires, toisant Attila et Catherine du regard, tes deux futurs barmans se posant tranquillement sur le lit, le repos du guerrier, les derniers instants avant le bordel du soir. Ils bossent au palace, le Machoc et la Scrutella ont bien besoin de se faire la main à essuyer des verres, ouvrir des bouteilles, apprendre à trier le tout correctement par type d’alcool et degrés.

Un œil à la montre, il est déjà, tard n’est-ce pas ? Tu soupires, tu devais faire quelques essais de liqueur, mais ça attendra ? Tu saisis tes boutons de manches en pensant au rendez-vous de ce soir. Une petite qui voulait entrer dans le circuit, c’était assez rare et donc prometteur, mise en relation par un contact de ta tante, que tu n’as pas revu depuis quinze ans. Une minette, pour peu que son cul ne soit pas désagréable à regarder pour les Ponchien en manque, les jetons allaient couler à flots et c’était bon pour les affaires. Dieu qu’il te tardait de quitter cette putain d’île. Emménager là où l’académie ira, construire son bar, observer la foule, faire grossir le nom. Mais avant ça, il te fallait régler un détail et pas des moindres : La grosse d’Edward. Il t’avait prévenu qu’il avait quelqu’un à te présenter, tu sentais déjà le coup venir, sûrement une petite avec deux de Q.I. en plus que les autres, du genre qui pourrait se rendre utile et faire taire ensuite ? À croire que t’es devenu père de ce grand enfant… Mais rien n’y fait, tu l’aimes. Bien qu’il fasse parti de la famille, ta vie sera bel et bien morte sans lui. De toute façon, tu es mort depuis la sienne. Un soupire enfumé passe tes lèvres alors qu’après ce dernier baiser, tu écrases ta clope sur le cendrier, rupture sèche, rupture prématurée.

-Attila, Catherine, allé, on décale, vous croyez que vous allez devenir de bons barmans en vous touchant dans le canapé ?

Tu avises Napoléon du regard, l’immense Pyrax comprenant qu’il allait garder les enfants ce soir. Tu laisses Néfertiti dans la chambre, depuis qu’elle a évolué, elle a un peu plus de mal à accepter sa taille et le fait de ne plus pouvoir tenir dans une seule main, une épreuve passagère, un temps d’adaptation à sa nouvelle forme. Dans un sens, tu es bien heureux de voir que l’araignée électrique à évoluée. Concernant Bismarck, il reste tranquillement à la hutte également, ton œuf n’a toujours pas éclos, à se demander ce qui s’y cache. Tu enfiles un nœud papillon tacheté de blanc et un mouchoir de même couleur, puis tu saisis ta veste qui vient enlacer ton dos et tes bras. Il fait déjà froid, la lune est venue embrassée une nuit bien timide cachée derrière quelques nuages. Une énième conquête vient entre tes lèvres, l’embrasant d’un baiser enflammé avant de cracher ce râle de plaisir.

Le palace en vue, t’as fini ta semaine de boulot, mais le patron t’appréciant, il te laisse venir et boire un ou deux verres à sa charge. De toute façon vu le prix de la bouteille de champagne, ce n'est pas une bouteille de whisky qui va le mettre en faillite. Face à l’entrée, tu pousses la porte après avoir à nouveau écrasé contre un cendrier cette conquête. Il n’y a pas grand monde, compte tenu de la grande soirée de fin d’été, il n’y a que deux ou trois personnes, la seule figure que tu ne reconnais pas est celle que tu dois rencontrer. Immédiatement, Attila et Catherine s’en vont derrière le bar pour saluer le barman qui est un tuteur de confiance. Ton regard vide et inexpressif toise le profil de ton sujet du soir. Tu retires ta veste et l’accroches sur le porte-manteau des barmans avant de t’asseoir et observer pour la première fois cette femme qui boit le même whisky que toi. Elle a de bons goûts, premier bon point.

Vos regards se croisent.

Cette lueur morte, vide, on croirait que tu es confronté à ton propre reflet dans le miroir, celui que tu fuis car il te rappelle à chaque fois cette scène morbide depuis le haut de ton arbre. C’est une coïncidence hein ? Tu essuies presque un rictus, c’est amusant. Mais celui-ci disparaît lorsque tu perçois clairement cette lueur que tu pensais réellement disparue dans son regard. Elle est morte, mais tu sens cette petite chaleur ? Tu avais la même. Vous aviez la même. Il n’y a qu’elle pour te regarder ainsi. Tu gardes le silence, mais tu es perplexe, ta vision tremble légère, tu tapes un coup nerveusement des doigts sur le bar.

-Mets m’en un triple. Sans glaçon, lâches-tu à ton Machoc.

Tu ne lui a toujours pas adressé la parole, mais c’est étrange. Tu tournes la tête pour observer Napoléon, il est le seul à pouvoir confirmer ou infirmer tes doutes. Vous n’avez pas besoin de parler qu’il a compris l’enjeu. Il a l’odorat assez fin, il a imprimé l’odeur de Lizzie dans son cerveau là où le tien a essayé de l’oublier avec des centaines de substitu.

Le verdict tombe en même temps que ton verre glisse entre tes doigts. C’est elle. On ne trompe pas les jumeaux, néanmoins, ce serait à te demander pourquoi Joséphine n’est pas de sortie ? Tu bois cul-sec ton verre.

-Au moins, commences-tu. On a développé la même attitude sans se toiser pendant un peu plus de quinze piges. L’alcool, la mort interne, le décès émotionnel, on n'est pas jumeaux pour rien. Tu soupires, rictus aux lèvres. C’est vraiment des salauds ou alors des visionnaires. Tu la regardes droit dans les yeux, tu es vraiment trop mort émotionnellement, si bien qu’elles se contredisent toutes et s’annulent en même temps, sûrement, auras-tu une réelle réaction dans quelques heures lorsque l’une d’entre elle prendra enfin le dessus. Bienvenue dans notre futur empire Lizzie. Tu ouvres ton porte-feuille en sortant une photo de vous lorsque vous étiez encore gosses, sur celle-ci, vous aviez pris tous les billets de la caisse secrète des parents. Maintenant, il n’y a plus rien qui puisse nous vaincre.

Tu es heureux de la revoir Ô ça oui. Par déformation professionnelle, tu penses déjà à tout ce que tu ne pouvais pas faire avant et ce que tu vas pouvoir faire à présent. Tout ce que vous allez pouvoir conquérir. C’est un peu comme si une nouvelle partie de poker commençait, sauf qu’à chaque tour vous aviez une quint flunch royale.
Elizabeth Reece
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Sujet: Re: Jeux d'enfants, amour de grands   Sam 6 Oct - 21:26
Le jazz qui passait à tes oreilles était comme une caresse qui enveloppait ses pensées qui ne cessaient de creuser l’intérieur de ta tête. Cette impression que des griffes raclaient chaque centimètre carré de ta boîte crânienne. Ta tête dodelinait de droite à gauche, une mèche de cheveux accrochée à tes lèvres gercées. Tes pieds se balançaient sous le tabouret sur lequel tu étais arrivée à te hisser. Et.. Henry, Henry...Ce prénom tournait en boucle dans tes pensées. Henry et Lizzie Reece, c’était une évidence trop longtemps ignorée.
Le whisky brûle les papilles qu’il te reste et tu sens tes épaules se détendre légèrement. Elles te font souffrir depuis l’accident et puis ces jours en bateau non rien arrangés n’est-ce pas Lizzie ? Te voilà aujourd’hui, attendant l’homme de ta vie, qui vient enfin daigner t’accorder un peu de temps. Tu entends ces pas ? Je sais que tu les reconnais. Cette allure sèche, saccadée, sûre d’elle. Henry a toujours eu l’air de dominer le monde dès qu’il s’est mis à marcher. Tu le revois fier comme un coq, torse bombé essaye de rejoindre votre père qui regardait sa progéniture comme un diamant pur. Tu revois son petit cul se dandiner et tu revois sa main tendue vers toi pour qu’à ton tour, tu puisses l’accompagner dans ses aventures à deux pattes.

Tu l’entends racler sa gorge mais tu gardes les yeux clos. Tu ne veux pas affronter son regard maintenant, tu gardes le meilleur pour la fin. Est-ce qu’il aura besoin de ça ? Le tabouret voisin se tire et tu humes à plein nez le parfum de ton jumeau. Un parfum différent, plus homme qu’enfant mais avec toujours ce sentiment d’odeur familière, comme un retour à la maison tu vois ce que je veux dire ? Aucune réaction de sa part. Tu n’es même pas déçue. Tu savais très bien qu’il n’allait pas te reconnaître comme ça, qu’il n’allait pas te sauter dans le bras, les grandes embrassades ce n’est pas quelque chose que l’on connaît par chez vous. Mais tu te décides, tu ouvres les yeux pour regarder des traits vieillis mais tellement inchangés. Cette mâchoire carrée, ses yeux bleus dans lesquelles tu t’es tant perdue, ses cheveux que tu as caressés le soir en t’endormant.
Vous ne savez plus exprimer, relâcher, dire les choses. Alors c’est dans votre regard que tout s’est passé. Napoléon t’a reconnu et enfin sa langue s’est déliée.

-Au moins, on a développé la même attitude sans se toiser pendant un peu plus de quinze piges. L’alcool, la mort interne, le décès émotionnel, on n'est pas jumeaux pour rien C’est vraiment des salauds ou alors des visionnaires. Bienvenue dans notre futur empire Lizzie. Maintenant, il n’y a plus rien qui puisse nous vaincre.

- Il n’y a surtout plus rien à tuer chez nous Henry. Regarde-nous. Tu pointes un doigt vers le miroir en face vous. Regarde nous vraiment. Nous sommes des morts mais comment vont-ils nous résister. Tu éclates d’un rire froid avant de te tourner vers lui en attrapant son menton. Il est temps de se bouger le cul mon frère, je ne t’ai pas perdu quinze ans pour que cette populace oublie notre nom. On en parlera sur des générations et des générations. Nous serons craint autant qu’adulés. Je veux que les femmes se murmurent mon prénom et je veux que les hommes envient le tien. Je veux qu’on s’écarte à ton passage. Je veux te porter loin et haut et je serais celle qui sera à ton bras. Enfin, j’ai retrouvé l’être le plus parfait qu’il m’est été donné de voir.

Tu embrasses sa joue du bout des lèvres avant de lui piquer furtivement le briquet de sa poche droite et d’allumer la jumelle de celle qu’il a de coincée entre ses lèvres. Oh.. Lizzie, j’ai l’impression de sentir en toi un élan d’ambition et de détermination enfoui depuis un bon moment. Te cambrant avant de croiser tes jambes, tu replaces tes cheveux en arrière en ne le quittant pas des yeux, pas une seconde. Comme s’il pouvait encore disparaître. Tes lèvres n’ont encore pas esquissé un sourire jusqu’à ce que tu vois cette photo qui a mal vieillie. Deux monstres enfouis sous de l’argent sale. L’âge des malfrats ? Vous deviez avoir cinq ans tout au plus et vous vous regardiez comme si vous aviez gagné la guerre, un sourire rayonnant sur vos deux visages. Epoque révolue mais tellement bénie. Combien de fois as-tu pensé à retourner dans le passé, refaire vos petites magouilles et vos 400 coups.

- Henry, je n’ai pas envie de parler affaire ce soir comme tu dois t’en douter. Tu soupires en recrachant la fumée par tes narines. Il va falloir que tu m’héberges quelques temps, je n’ai pas eu le temps de m’occuper de ces conneries. Et puis j’ai le diable au corps.

Tu attrapes une de ses mains, rencontre de deux cailloux. Vos peaux sont froides comme la glace. Tu fais lever deux de ses doigts de tes petites mains de poupées face au serveur. Et en imitant sa voix tu lances au barman :

- Mets deux whiskys, sans glaçons. Puis reprenant ta voix rauque et éraillée habituelle, tu le regardes lui et son visage fermé. Roh ça va, c’est pas tous les jours qu’on retrouve la femme de sa vie. Surtout quand on pense qu’elle est crevée. Alors bois.

Tu lèves ton verre face à ton frère

- A toi et ta tête de croque-mort. A moi et mon allure cadavérique. A l’empire Reece. Tout commencera dès demain mais pour le moment, accorde-moi juste ça.

Tu sautes de ton tabouret en attrapant ses deux mains. L’air de jazz est toujours là, pourtant beaucoup plus tranquille. Il entoure ton cœur de velours et tirant ton frère vers toi, tu entames quelques pas en le regardant dans les yeux. Des yeux un peu plus brillants que la veille, un peu plus vivant.
Henry Reece
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Sujet: Re: Jeux d'enfants, amour de grands   Ven 12 Oct - 19:36
Cette voix, tu l’as si longtemps rêvée, dans tes rêves les plus sombres, tes cauchemars les plus doux, ce son rauque, comme le monde se fissurait à chacun de ses mots, comme si son corps se déchirait. N’est-ce pas terrifiant de l’entendre à nouveau ? Tu l’observes te répondre, tu observes cette femme qui partage tout, du moins qui a quasiment tout partager avec toi, combien de fois vous êtes-vous baisez les joues ? Les mains ? Les lèvres dans l’innocence de l’amour fraternel. À quelques jours de ton départ de cette île, tu retrouvais la femme de ta vie. Chaque mot fait bouillir ton sang, te noyant pour la première fois dans une notion perdue : la chaleur sentimentale, l’amour, le bien-être de voir ta sœur bien aimée.

Vos cadavres se dévisagent, se croisent longuement pendant que tu continues de l’écouter, voir ses lèvres s’ouvrir lentement, laisser présager tout ce que vous allez inspirer. Et encore, c’était un euphémisme, ce n’était pas sur des générations qu’ils se souviendraient de vous, mais des millénaires. Vos noms marqueront au fer chaud le coeur des hommes, inscrit dans leur patrimoine génétique. La crainte de vos actes sera le nouveau Père-Fouettard, vous serez le meilleur argument qu’auront les parents pour forcer leurs enfants à dormir, aux professeurs de tenir leur classe, aux forces de l’ordre d’intimer des aveux, car « seuls les Reece ont survécu à ce que tu vas subir ». Dans l’imaginaire collectif, vous serez sûrement encore plus sanguinaires, chaque génération hyperbolisant un peu plus que la précédente. Sur votre île, nul n’aura le droit d’essayer de vous imiter, votre territoire est déjà déterminé, acté.

-Je te trouve bien douce dans tes propos.

Un sourire aux lèvres, tu observes autour de toi. Il n’y a pas foule, Attila continue de travailler en nettoyant les verres. Néanmoins, Catherine semble un peu plus suspicieuse, la petite Scruttela te porte une admiration presque maladive, son regard sur durcis lorsque les lèvres pulpeuses de ta jumelle caressent tes joues creusées par le mal-être, si tu savais encore le faire, tu aurais rougi, mais avec le temps ces impressions se sont éteintes. À nouveau, tu l’écoutes, en silence, puis tu secoues la fin de ton verre, mais tu ne réponds pas. Pour une fois dans ta vie, pour un soir dans ton existence, tu t’accorderas le droit légitime de ne pas penser aux affaires. Pour un soir, tu oublieras absolument tout ce qui est superflu.

-Façon mon lit à toujours une place réservée aux fantômes… Tu devras seulement te battre avec le tien puisqu’il me fait la vie dure depuis quelques années.

Sa peau est frigorifiée, un cadavre en effet, néanmoins elle brûle comme une de ces femmes qu’on a passé au bûcher. Comme de ces Carthaginois qui ont regretté de se frotter à Rome. Elle n’a pas perdu toute son âme d’enfant, où de joueuse. Son imitation à le mérite d’être téméraire au moins, mais sa qualité laisse à désirer… le barman se met à rire, c’est bien rare que l’on rit en ta présence, preuve que les choses vont changer.

-T’es tellement douce qu’il te faut deux vies pour réussir à pourrir celle des autres ?

Tu souris à ton tour à cette provocation. Vous êtes les deux faces d’une carte. Votre principale différence vient du fait que tu es la face illustrée. On sait à quoi s’attendre avec toi, rien de bon, rien de délicat, mais quelque chose de froid, amer et calculé. Elizabeth c’est le dos de la carte, ses réactions face à une situation sont aussi nombreuses que de cartes dans un jeu. Lorsque vous êtes réunis , il s’opère un tour de magie ou peut importe la carte que l’on tire : c’est une réaction mesurée, appliquée, mais aussi imprévisible que dangereuse.

Tu lèves ton verre face à ta sœur, trinquant en plongeant ton regard dans le tien avant de le boire d’une traite et de faire claquer le verre contre le bar. Lorsque tu lâches le récipient, ta sœur s’est levée, te tirant à elle pour te lover contre toi et lentement entamer quelques pas, sans un mot, tu respires l’odeur de son parfum, resserrant ton étreinte pour commencer à la guide sur ces quelques notes que le pianiste guide, accompagné par une guitare, un saxophone et une batterie. Cet instant semble se perdre dans une autre réalité, tout semble se figer, les secondes ne bougent plus, tous vous regardent, mais qu’en avez-vous à foutre ? Rien, à vrai dire. Vos pas s’emboîtent naturellement, vous avez grandi, vieillis, loin de l’autre, mais vous êtes en totale symbiose. Cette danse se poursuit silencieusement, tu es trop occupé à profiter des réactions physiques du corps de ta sœur. Sa respiration, les infimes mouvements de ses doigts dans les tiens. Sa gorge qui déglutit tout aussi difficilement que la tienne, vos regards qui se croisent et discutent brièvement.

Finalement, le silence se refait une place d’honneur, il est tard et le groupe s’arrête pour la tranquillité des quelques clients présents. Tu brises cette douce étreinte, recules légèrement, et observes ses joues aux couleurs plus chaudes qu’avant. Vous semblez reprendre quelques teintes, quittant cet air blafard pour lentement revenir au monde des vivants.

-Nous organiserons une réunion de famille sous peu. Tu regagnes le tabouret, demandant à nouveau deux verres que Catherine te sert cette fois. Edward n’a pas changer, j’hésite même à dire qu’il est pire qu’avant. Il est vivant pour trois. Il m’épuise si tu savais… Mais il se distingue tellement du comportement familial classique qu’il en serait presque insoupçonnable. Je trouve ça aussi beau qu’effrayant. J’ai l’impression qu’on va jouer le rôle de parents. L'image te fait rire, qui pourrez survivre en vous ayant tous deux pour parents? Tu comptes exercer quel métier en couverture ? Fin, je me doute qu’ils ne t’aient pas laissé dans un cercueil tout ce temps… Tu souris. Quoi qu’il aurait pris froid à ton contact. Ils t’ont appris à croquer la carotide, cyanure aux lèvres ?

La situation à perdue de cette tension invisible et pesante, Napoléon daigne s’approcher d’Elizabeth pour venir réclamer un peu d’attention, c’était également sa mère d’une certaine manière. Déjà dans ton enfance, elle ne sortait pas toujours Joséphine, préférant la savoir en sécurité dans sa pokéball. À l’inverse, Napoléon passait son temps en extérieur pour mieux appréhender le monde, mais ton arme secrète était connue de tous, alors que Joséphine, elle doit faire office de Joker dans le jeu de cinquante-deux cartes. Même vos pokémons sont comme vous. Napoléon est la phase prévisible et Joséphine est la surprise dos caché.

-Dans moins de deux semaines, on déménage. Je te préviens, t’attaches pas trop à l’île. On devrait retrouver cette température un peu bâtarde, propre à Vestigion. Un peu en hauteur, un peu plus froide que la moyenne de la région. Tu laisses un petit silence en suspend. Joséphine va bien ? Avec le temps, tu as rencontré d’autres terreurs ?
Elizabeth Reece
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Sujet: Re: Jeux d'enfants, amour de grands   Lun 15 Oct - 12:04
-T’es tellement douce qu’il te faut deux vies pour réussir à pourrir celle des autres ?

- Ce n’est que le début, bienvenue en Enfer darling.


Et on peut comparer à une valse de démons, sa main sur ta hanche te guide sans te brusquer, retrouvant les gestes d’avant. Les heures dans le grand salon familial à tournoyer tous les deux sur quelconque vinyle traînant. Le silence est de mise, ni gênant ni pesant, il suffit à exprimer ce que vous avez à vous dire. L’air semble s’être figé, aucun bruit ne vient perturber votre étreinte. Plus personne n’ose bouger comme si c’était un cyclone qui se trouvait à votre place. Quand le temps a repris son cours, quand la musique a cessé, ta tête s’est inclinée vers les musiciens pour remercier leur performance. Regardant ton frère se rabattre sur son tabouret, toi, tu attrapes ton verre remplit de nouveau et tu pars t’asseoir sur une table proche. Élargissant votre espace de quelques mètres.

-Nous organiserons une réunion de famille sous peu. Edward n’a pas changé j’hésite même à dire qu’il est pire qu’avant. Il est vivant pour trois. Il m’épuise si tu savais… Mais il se distingue tellement du comportement familial classique qu’il en serait presque insoupçonnable. Je trouve ça aussi beau qu’effrayant. J’ai l’impression qu’on va jouer le rôle de parents. Tu comptes exercer quel métier en couverture ? Fin, je me doute qu’ils ne t’aient pas laissé dans un cercueil tout ce temps… Quoi qu’il aurait pris froid à ton contact. Ils t’ont appris à croquer la carotide, cyanure aux lèvres ?

Les yeux rivés sur ton verre où tu fais tournoyer le liquide d’une main tout en allumant ta clope de l’autre, je sens ton sourcil se lever. Edward ? Edward Reece est ici aussi, c’est vrai, t’avais complètement oublié ce point-là. Inquiète ? Soupçonneuse ? Il va falloir qu’il fasse ses preuves auprès de toi. Henry est une chose, tu en es une autre. Croisant tes jambes et posant ton menton sur ta main tu daignes lever les yeux vers ton frère en poussant un large soupir.

- Edward ? Tu parles du mioche de tantine ? Le gamin qui nous collait au cul mais qui était bruyant comme pas dix ? Génial. Et il n’a pas changé ? De mieux en mieux ? Tu ne l’as pas maté encore ? A la moindre connerie Henry, je ne le louperais pas. Il te connaît mais moi pas encore. Je ne veux pas d’un peusdo-adulte qui risque de tout foutre en l’air parce-qu’il ne sait pas se gérer. J’ai pas demandé à devenir mère en me pointant ici.

Tu finis ton verre cul-sec, t’as de la colère à noyer. Faisant un signe au barman de t’en servir un autre, tu tires une large bouffée sur ta cigarette à moitié terminée. Ce cousin te gêne, tu n’as aucune confiance en lui. Le sang Reece ne fait pas tout et tu attends d’avoir la bestiole devant de toi. Secouant la tête doucement, tu croises tes jambes en cambrant ton dos qui te fait légèrement souffrir. Il te manque deux trois verres et surtout une bonne nuit de sommeil.

- Horlogière, je vais faire horlogière. Ce ne sera qu’une couverture, tu te doutes bien. Je continue l’oeuvre de tantine. Je vais pouvoir accès à certaines pièces et surtout à un atelier. Bon, je sais très bien que je ne vais pas pouvoir être complètement libre sur mes créations. Je commencerais à la maison. Au niveau des armes, je compte continuer à fabriquer les anciennes œuvres de notre tante en attendant de pouvoir vraiment expérimenter les miennes. Tu ris doucement en fermant un œil avant de lancer ton briquet à droite de son cou. Pas besoin de savoir croquer une carotide, juste à savoir la viser.

Le Pyrax de ton frère vient se caler sous ta main maintenant vide. Napoléon, tu y tiens comme à la prunelle de tes yeux. Votre relation n’est certes pas la même que celle que tu as avec Joséphine mais il reste un soutien de taille et tu le considères un peu comme le tien quelque part.

-Dans moins de deux semaines, on déménage. Je te préviens, t’attaches pas trop à l’île. On devrait retrouver cette température un peu bâtarde, propre à Vestigion. Un peu en hauteur, un peu plus froide que la moyenne de la région. Joséphine va bien ? Avec le temps, tu as rencontré d’autres terreurs ?

- Tant mieux, il fait bien trop chaud pour moi ici. Je préfère largement le climat de notre enfance. Puis tu dois être si beau dans ton manteau. Tu as gardé les mêmes coupes que ceux de Père ? Joséphine ? Elle va bien, très bien même, elle a évolué elle aussi mais tu me connais autant qu’elle. Très casanière et puis tu sais que je n’aime pas la savoir dehors tout le temps. Dans sa Pokéball je sais qu’elle est en sécurité. Je pense que j’ai trop peur de la perdre. D’autres Pokémons ? Oui Germain, petit Pandespiègle, il déteste être confiné là dedans mais pas d’autres choix, c’est une boule de nerfs et Bartolomé, Skelenox doux comme un agneau. Tu vois ta Scrutella ? Eh beh c’est un peu le même sauf que lui ne te regardera pas comme si tu étais l’ennemi public n°1.

Après être descendue de ton perchoir, tu t’avances d’Henry avant de lui attraper le bras et de lui lancer un regard criant le besoin de tranquillité.

- Henry j’aimerais rentrer chez nous, je suis exténuée par ce voyage. Où est-ce que tu crèches ? Tu piques une clope dans son paquet alors qu’il te tend son briquet allumé. Je rêve d’un fauteuil en cuir.
Henry Reece
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Sujet: Re: Jeux d'enfants, amour de grands   Ven 11 Jan - 12:41
Ca fait du bien de sentir le souffle chaud de sa respiration à proximité de toi. Le tintement de ses ongles contre le verre d’alcool qui se vide aussi vite que le tien. Vous êtes les deux faces d’une même pièce. Vous formez un tout en vous opposant. Tu es patient et fais preuve d’une rage froide, là où Elizabeth est bien plus explosive. C’est une beauté instable, même si à ton sens, elle reste la plus belle femme du monde, même lorsque ses traits s’étirent sous la rage et la colère. Ses propos sont crus et acerbes. À côté, tu te sens plus mielleux, tu fais passer la pilule plus aisément, mais elle est généralement bien plus toxique.

Tu comprends ses réticences vis-à-vis de ton cousin, toi aussi, tu ne lui accordes pas une totale confiance, à vrai dire, même tes parents n’ont pas la confiance que tu accordes à ta sœur. Vous êtes frappés du même écusson, vous êtes de la même collection de monnaie, mais vous n’avez pas ce tout qui vous unit. Edward doit faire ses preuves, mais il faut admettre que son caractère est un atout.

-C’est justement parce qu’il sait se montrer collant et si différent de nous, qu’il est un espion parfait. Capable de sociabiliser avec ses collègues, leur faire croire qu’il est un vrai ami, un vrai bonhomme de la police, mais au moment venu, retourner sa veste pour son sang. Il reste cependant imprévisible, surtout en matière de coeurs. Le savoir définitivement casé serait assez utile. Avec une demoiselle de bonne condition, comme une commissaire ou une juge. On manque de notables juridiques dans la famille.

Tu la laisses continuer, commençant à fumer la voisine de ta sœur, un faible rictus aux lèvres. Attila et Catherine sont derrière le bar à travailler et écouter d’une oreille attentive, le métier rentre. Le nouveau métier de ta sœur est intéressant, non seulement, il sert à la conception de pièces minutieuses, mais aussi à saboter des mécanismes bien huilés. C’est une femme de talent à en devenir, tout comme toi, vous n’avez pas totalement exploré votre champ des possibles. Tu guettes ensuite ses deux nouvelles pokéballs, c’est une chance qu’elle est pu s’entourer de jeunes amis pokémons, le temps à dû lui sembler moins long et désagréables en leur compagnie. Tu les rencontreras avec le temps, sûrement les verras-tu grandir et évoluer, tout comme Elizabeth verra tes petites terreurs à toi grandir et se métamorphoser.

La proximité retrouvée de ta sœur te fait un bien fou, tu laisses son bras autour du tien et tu laisses un peu d’argent pour payer vos consommations, rappelant ton duo de barmans. Il temps de rentrer oui. Il est temps de profiter de vous être revus. La nuit est profonde, la brise légère, il fait bien moins chaud qu’à votre arrivée dans l’établissement, c’est agréable. Tu observes les traits délicats de son visage, c’est une si belle femme.

-Rentrons, jouons, dormons, comme à nos huit ans.

Tu souris puis commences à marcher, emmenant ta sœur vers votre piaule. Quelque chose de standard et aéré. Rien d’ambitieux, pas pour un lieu où tu as passé l’été. À l’intérieur, le seul mobilier notable est un siège en cuir pouvant tourner sur lui-même. Un toc, tu as toujours eu un siège comme ça chez toi. Tu te déshabilles, torse-nu, le corps criblé de cicatrices, souvent des brûlures d’alcool, à force de travailler sous la fatigue.

-Nous deviendrons riches et prospères que nous honorerons notre nom et surpasseront nos grands-parents. Je t’en fais la promesse.

Tu allumes une dernière cigarette, que tu partages avec ta sœur bien-aimée, cette nuit vous partagerait tout.
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Jeux d'enfants, amour de grands
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