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[Rivamar] Fugit irreparabile tempus.
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Sujet: [Rivamar] Fugit irreparabile tempus.   Dim 25 Nov - 0:12

GINJI LABELVI

rp solo
« Fugit irreparabile tempus »
































.

































































…..























G
























….












Gi….



















….
















Ginj….













Ginji… !

















Ginji !





Ginji ! Tu m’entends ?...










….










Réponds moi, Ginji.








E….













En….










Encore….










Encore… Des voix…









Ginji ! Enfin, tu réagis !









….






Tu…





Tu m’entends ?….





Oui, Ginji. Je suis là. Je t’entends.



….




Ah….




C’est….



Si étrange….





Il y a toutes ces voix qui me parlent….





Je les connais, mais….





Je n’arrive pas….




A leur répondre….




A moi tu peux me répondre, Ginji. Je vais t’aider.




….



M’ai….



… M’aider ?



Oui. Je suis là pour toi. Il est temps pour toi de te réveiller, Ginji.



Me…




Me réveiller…




Oui. Tu dors depuis trop longtemps déjà.






Mais….



Pourquoi faire ?….



Je….



Ne veux pas…



J’ai….



Si sommeil….



Tu dois le faire, Ginji. Tu dois te réveiller.


Je….


Je ne peux pas…


Je suis si….


Si fatigué…


Ne t’en fais pas. Je vais t’aider.


Pense aux gens qui t’attendent, Ginji.





… Qui ça…. ?


Des tas de gens. Dont ton équipe. Pense à ton équipe, Ginji.





… Mon équi…. ?


Oz. Goldfroy. Soul. Lucina. Châtaigne. Webble. Meg...





Ah…


Je… Je me souviens….


Et il n’y a pas qu’eux. Toutes ces voix, que tu entends. Elles t’attendent.


Elles attendent que tu te réveilles.


Tu leur manques.


A moi aussi, tu me manques.


Il faut que tu te réveilles.


Mais…


C’est si dur…


Ne t’en fais pas. Je vais t’aider.


D…


D’accord…


Concentre toi.


Ne pense plus à rien.


Essaye de sentir ton corps.


Ressens le.


Ressens tes paupières.


Et concentre toi...


Tu dois les rouvrir.


D’accord ? Rouvre-les, Ginji.


Tu dois te réveiller.


Je vais compter jusqu’à trois...


Un...


… Deux...


… Trois...


RÉVEILLE TOI, GIN….














































***

Lourdeur.

Une profonde lourdeur…

Je me sens si…

Lourd.

Frémissement.

Un léger. Subtil. Frémissement.

Mes paupières… Frémissent…

Lumière.

Elle… M’aveugle.

Elle m’éblouit.

Elle s’infiltre par la fente.

Depuis…

Combien de temps…

Ne l’ai-je pas vue ?

Ah…

Si…

Longtemps…

Flou.

Tout est brouillé.

Rien… N’est net.

Je dois…

Frémissement.

Mes paupières vibrent. Et…

Éclaircissement.

Tout…

Se précise…

La lumière.

L’environnement.

Le… Le masque ?

Il y a quelque chose…

Sur ma bouche…

Ah…

Je veux l’enlever, mais…

Mes bras…

Ne réagissent pas…

Ils sont si lourds…

Je me sens si…

Fatigué…

Je voudrai…

Me rendormir…

Mais je ne peux pas…

Je ne dois pas…

Ah ?…

Il y a quelque chose…

Qui bouge ?…

Je le sens…

Il marche vers moi…

« -Ch…. »

Elle me parle…

« -Ch’ka…. ? »

Oz ?

« -... »

Il vient près de mon visage...

« -CH’KA ! »

Pourquoi tu pleures, Oz ?

Il ne faut pas…

Regarde, je suis là…

Tu me sens, non ?

Moi, je sens ton museau.

Alors… Ne pleure pas…

Tout va bien.

Je…

J’aimerai te le dire, mais…

Mes lèvres et ma gorge sont tellement sèches…

Ah… Mais tu le vois bien, pas vrai ?

Je suis là, Oz.

D’accord ?

Je suis là.

Je suis…













































***

On…

On me parle.

Quelqu’un me parle...

« -… Voilà, ne forcez pas trop… Vous sortez d’une longue léthargie, votre corps reprend tout juste ses fonctions vitales… N’essayez pas de vous maintenir éveillé, si vous êtes fatigué, dormez… D’accord ? Pendant ce temps, je vais simplement m’occuper de...  »













































***

… Lumière…

La lumière… Elle…

Elle m’éblouit…

« -… A-ah ! Regardez, il cligne des yeux ! Ginji ! Ginji, tu m’entends ?
-Lissa, calme toi. L’infirmière a dit qu’il avait encore besoin de beaucoup de repos. Laisse lui le t... »

Si…

Fatigué….













































***



A nouveau, je cligne des yeux.

La lumière ne m’éblouit plus. Plus autant que les dernières fois. Elle est plus… Tamisée. Diffuse.

Je me sens moins lourd. Toujours fatigué mais… Moins lourd.

Un froissement. Je sens mes doigts. Je peux les bouger. Ils froissent la couverture. Je…

J’arrive enfin à prendre conscience de mon environnement. Il semble faire nuit, dehors. Seul l’éclairage diffus d’une lampe illumine la pièce. Je suis… Allongé. Dans un lit. Un lit d’hôpital.

Des chaises sont installées à côté. Maman, Lissa et Oz se sont endormis, Lissa la tête sur l’épaule de ma mère, et Oz sur ses genoux…

Je tente de me redresser. J’y parviens tant bien que mal, et entreprends de me frotter les yeux malgré mes bras endoloris.

Une voix familière me prend par surprise.

« -Tu émerges enfin ?... »

Le ton doux et le sourire chaleureux avec lequel me couve mon père parviennent rapidement à me mettre en confiance, à défaut de chasser les nombreuses questions qui brouillent mon esprit. Je me frotte un peu le crâne, et le contact de mes doigts avec un bandeau m’arrache un froncement de sourcil perplexe.

« -Tu as mal à la tête ? »

Sa main vient se poser sur mon épaule, et je fais non de la tête. J’ouvre la bouche pour parler, mais la sécheresse qui y règne m’en empêche, et je me retrouve contraint de déglutir pour enfin formuler quelques mots.

« -N-non… Ça va…  »

Je plisse les yeux et laisse retomber mon bras.

« -Un peu nauséeux. »

Il tapote mon épaule, et fait quelques pas en arrière pour me laisser de l’espace.

« -Ça passera. Il te faudra un peu de temps pour t’en remettre. »

Nous ne parlons pas très fort pour ne pas éveiller les trois âmes endormies juste à côté. En les regardant plus attentivement, je réalise que les cernes de ma mère se sont bien creusées, et que Lissa a les joues rougies par des larmes.

« -Elles… Elles vont bien ? »

Papa lâche un petit rire.

« -C’est la première chose qui t'inquiète ? »

Son trait d’humour a plus don de m’interroger qu’autre chose.

« -Il y a… Quelque chose dont je devrai me soucier ? » mes yeux tentent de se refermer, et je les frotte pour me maintenir éveillé « Que… Qu’est-ce qui m’est arrivé ? »

Il attrape une chaise, et la tire vers moi pour s’asseoir. Les mains croisés, il me sonde longuement du regard.

« -Tu ne te souviens de rien ? »

Je lève les yeux au ciel en une vague tentative de réminiscence, mais ne parviens qu’à m’arracher un léger mal de crâne, que je tente de calmer en me massant les tempes.

« -… Non… C’est … Brouillé…. »

Il acquiesce lentement.

« -C’est normal. L’infirmière a dit qu’il te faudrait un petit moment pour tout restituer. »

Pas plus avancé, je le relance.

« -… Restituer quoi ?… »

Sa réticence à m’en parler m’inquiète beaucoup. Il paraît hésiter pendant plusieurs secondes, cherchant ses mots, mais heureusement, il finit par aller droit au but.

« -On n’en sait pas vraiment plus. Un Pokémon vous a déposé, Oz et toi, à l’hôpital de Méanville, complètement inconscients. » il fait un mouvement du menton en direction de mes bandages à la tête « Tu avais subi un violent coup au crâne. »

Je passe complètement outre cette dernière information, et me tourne vers le Pikachu, endormi.

« -Oz aussi ? »

Il confirme d’un hochement.

« -Oui. Le pauvre s’est réveillé il y a tout juste trois semaines. » il marque une courte pause « Il avait vraiment hâte que tu fasses de même. »

Je lance à mon père un regard surpris.

« -… Trois semaines ? » et se perd dans le vide « J’ai dormi pendant trois semaines ?
-… »

En une profonde expiration, Papa se lève, et entreprend quelque pas hasardeux dans la chambre. Je le suis du regard, y cherchant une certaine confirmation, mais celle-ci ne vient pas. Il s’arrête devant la seule fenêtre de la pièce, et tire légèrement sur le fil du rideau pour le monter.

« -Tu te souviens de quel jour on était, lorsque c’est arrivé ? »

Je fronce les sourcils, et reproduis ma précédente mimique au moment de me creuser les méninges.

« -… Hum… Fin Juin ? Non, début Juillet… J’étais à Lansat… Euh, Cobaba… Non, même pas, je suis rentré à Sinnoh et... » je lâche un râle d’exaspération, et secoue la tête « Je… Je n’en sais rien. »

Ma voix est bien plus lasse que voulue, et je réalise que je suis encore loin d’être rétabli. Sans un mot, mon père se détourne de la fenêtre et sort son téléphone de sa poche, pour faire glisser son doigt dessus, et ensuite me le tendre avec une mine grave.

« -C’était le 10 Juillet. »

J’attrape l’appareil. Mes yeux scrutent l’écran, et se posent sur la date qui est affichée.

Vendredi 23 Novembre.

Je cligne une fois. Deux fois. L’information ne monte pas tout de suite jusqu’à mon cerveau. Et quand bien même elle y parvient, elle n’est pas immédiatement traitée. Je lève lentement ma main de libre, et compte sur mes doigts, fébrile.

10 Août.

10 Septembre.

10 Octobre.

10 Novembre.

23 Novembre.

« -…  » mes lèvres tremblotent « C-cela f-fait... » je recompte mentalement pour m’en assurer « … Q-quatre mois… » j’adresse lentement un regard craintif à mon géniteur « … Quatre mois… Et treize jours ?  »

Je m’affaisse complètement dans mon lit, et laisse mollement s’échapper le téléphone de mon père, qui tombe alors sur mon matelas.

Mon attention se perd dans le vide, et je me répète l’information.

« -… Quatre mois… Et demi… C’est plus du tiers… D’une année… »

Papa ne dit rien, et se contente de me fixer avec une mine grave. Une pensée me traverse alors subitement l’esprit, et je l’interroge, complètement alerte.

« -… Nous… Nous sommes toujours en 2018… Pas vrai ? »

Un sourire attendrissant se dessine sur son visage, alors qu’il acquiesce.

« -Oui. Ne t’en fais pas. »

Je lâche un certain soupir de soulagement, mais bien vite, l’inquiétude me reprend.

« -E-et mes Pokémon ? Où sont-ils ? Ils vont bien ?  » je me redresse subitement, et entreprends de me lever « Je dois aller les v-… !
-Hop hop hop, on se calme, jeune homme. » il m’en empêche en me posant une main sur l’abdomen, ce qui suffit amplement à me maintenir allongé « Tes Pokémon vont tous très bien. Ils étaient très inquiets pour toi et Oz, mais ont maintenant tous très hâte que tu te rétablisses. Lissa et ta mère ont pris soin d’eux pendant ton… Absence. »

Je me tourne vers celles-ci.

« -Elles… Elles ont fait ça ?
-Oui. C’était très dur pour ta mère de s’occuper d’eux en parallèle du reste de la ferme, mais ta sœur lui a donné un sacré coup de main. Regarde… »

Il se dirige vers le pied du lit, et s’abaisse pour attraper un panier, qu’il me tend.

« -Elle a même récolté des baies avec eux. Elle les a aidés à garder le moral, et… Réciproquement. »

Lentement, je l’attrape par la anse, et le pose devant moi pour l’observer. Des Baies Oran, Ceriz, Remu, Nanab, Repoi… Même des Lingan et des Sailak, pourtant pas évidentes à faire pousser. Et… Oh.

Mon regard s’arrête sur un autre objet contenu dans le panier, et lorsque je le soulève à ma hauteur, Papa me précise la raison de sa présence.

« -Ta Pikachu a insisté pour qu’on emmène ceci avec nous. C’était dans tes affaires…. »

Je fixe le Collier en Fleurs d’Alola avec un profond air mélancolique. Je le serre aussitôt contre moi, et ferme les yeux en même temps que je sens ceux-ci s’humidifer. Un court instant de silence passe ainsi, où je reste parfaitement immobile avec la décoration contre moi, mais suis tiré de mon introspection par les pas de mon père.

« -De nombreux amis à toi sont passés te voir. Ils t’ont laissé toutes sortes de cadeaux et messages d’encouragements. Dès que tu auras un peu de temps, tu devras leur donner de tes nouvelles. »

Il attire mon attention vers un coin de la pièce, où tout a été entreposé.

« -… Wow. »

Ouais. Wow. Il y a… Vraiment beaucoup de truc. Des fleurs, des chocolats, des messages… Je crois même reconnaître la Pierre Foudre que j’avais prêtée à Cael.

Un frisson glacial me traverse le corps face à cette chaleureuse vision. Que sont-ils tous devenus, pendant tout ce temps… ? Il s’est quand même écoulé… Quatre mois…. C’est…. C’est énorme…

Merde. J’ai raté toutes les vacances d’été. Et la rentrée. Et la moitié d’un semestre, sans doute.

Putain.

A nouveau, je me laisse retomber, et m’appuie contre l’oreiller de l’hôpital, le collier toujours contre moi. Encore somnolent et quelque peu dépassé par la situation, je ne fais rien d’autre que respirer lentement, et sentir les battements de mon cœur sous mes doigts. J’aurai d’ailleurs très certainement fini par me rendormir si une nouvelle voix n'a pas soudainement capté mon attention.

« -… Gi… Ginji ?... »

Je rouvre les yeux, et tourne la tête vers Lissa, qui émerge tout juste.

« -GINJI ! »

Elle se lève d’un bond pour m’enlacer. Je n’ai même pas le temps de voir Oz chuter de ses genoux et se réceptionner qu’elle me prend dans son étreinte, bien plus vigoureuse que ce dont elle est capable en temps normal. Ma petite sœur se met sangloter, et moi-même au bord des larmes, je ne trouve rien d’autre à faire que de délicatement lui tapoter le dos.

« -Oui. Je suis là. Désolé. »

Je sens une goutte couler le long de ma joue.

« -Je vais bien. »













































***

La nuit est passée.

Nous sommes désormais le Samedi 24 Novembre.

Quatre mois. Et quatorze jours.

Il aura fallu un moment pour que cette chambre retrouve son calme. Si Papa et Maman ont des obligations, Lissa elle, serait volontiers restée ; mais elle a fini par s’effondrer de fatigue et mes parents l’ont ramenée à la maison, avec la promesse de rapidement repasser dans la journée.

Si la confusion dans mon esprit ne me l’a pas vraiment fait réaliser sur le coup, j’appréhende quelque peu le retour de ma mère. Autant elle pouvait difficilement me faire la morale quelques secondes après ma sortie d’un sommeil de plusieurs mois, autant je doute qu’elle attende longtemps encore pour parler des sujets qui fâchent. Une dispute entre nous a été notre dernière interaction avant mon coma, et celle-ci portait justement sur ma tendance à prendre des risques inconsidérés et à délaisser ma famille. Je doute que la situation se soit arrangée au cours de ces dernières semaines.

Mon Ipok est posée sur une table juste à côté. Il est chargé. Batterie pleine. Allumé. Pleinement fonctionnel.

Mais je ne veux pas m’en servir.

Ou plutôt, si. J’ai voulu.

Lorsque je l’ai attrapé, j’ai appuyé sur l’écran de déverrouillage.

86 appels en absence.

63 enregistrements sur le répondeur.

Et tout autant de messages textes.

J’ai alors verrouillé l’écran.

Apparemment, Caroline a fait passer l’information de mon « état » à mes amis. J’aurai préféré qu’elle évite. Mais j’aurai fait la même chose à sa place. Donc bon.

Je présume que la nouvelle de mon réveil ne tardera pas trop non plus. Pour l’instant, seule la famille semble être au courant.

Ce n’est pas plus mal.

Là de suite, je n’ai pas envie de voir grand monde.

Pourtant il y a quelqu’un d’autre dans cette pièce.

« -Tu comptes rester silencieux encore longtemps ? »

Oz ne répond pas. La mine sombre, il reste assis sur une chaise dans un coin de la chambre. Il n’ose pas vraiment me regarder en face non plus. Il semble à peine réagir lorsque je lui adresse la parole, son oreille droite frémissant faiblement. Je le toise dans un lourd mutisme en espérant un quelconque cri de sa part, mais absolument rien ne vient.

Il est resté en retrait depuis mon réveil. Lui qui a apparemment veillé sur mon lit des nuits et des nuits ne veut maintenant plus s’en rapprocher.

Il refuse cependant toujours de quitter la pièce. Oui, toujours, car apparemment, Oz a bien failli faire sauter les plombs de l’étage entier lorsqu’on a tenté de le ramener à la ferme familiale, une fois rétabli. Trois semaines qu’il est réveillé, et trois semaines qu’il n’a connu rien d’autre que cette pièce.

A attendre.

Lassé du silence, je détourne le regard.

« -Quatre mois. Et quatorze jours. Tu imagines un peu, tout ce que nous aurions pu faire, pendant tout ce temps ?… On aurait pu voyager. Apprendre de nouvelles choses. Ou alors, on aurait juste pu s’entraîner. Passer du temps avec les autres. Rester avec ma famille, elle qui attend de pouvoir profiter de moi depuis bien deux, trois ans… ? » mes yeux descendent jusqu’au collier autour de mon cou, sur lequel mes doigts se referment « J’avais prévu d’aller voir Cutie Cute, cet été. » mon visage s’assombrit « On n’a pas pu. » et mes sourcils se froncent « L’été de cette année n’a jamais existé et n’existera jamais. »

Je lâche les fleurs, et lève péniblement mon bras gauche droit devant moi.

« -Et encore. Si ce n’était que l’été. Quatre mois, et quatorze jours… Auxquels il va falloir rajouter une bonne semaine de rééducation. Je… Tiens tout juste sur mes jambes. Et mes bras… Sont redevenus si… Chétifs.  » je serre le poing, et mes dents, frustré « Toute mon enfance, je me suis reproché ma faiblesse physique et mon corps de lâche, et, après quatre années d’entraînement, alors que je commençais tout juste à enfin avoir des capacités sportives acceptables…  » j’écarte mes doigts, et laisse retomber mon bras « Paf. J’ai tout perdu. Tout a disparu. Ce n’est pas seulement quatre mois de mon existence que j’ai égaré… Tout ce temps, que j’ai passé à m’exercer, à suer, à souffrir et à morfler pour enfin arriver à faire quelque chose de ce foutu corps, tout ça aussi, c’est perdu. A jamais.   »

Mes yeux rougissent, et ma voix se fait plus fébrile.

« -Et je vais devoir tout recommencer. A zéro. » je baisse les yeux « Comme si je n’avais toujours été que l’être faible que je suis actuellement. »

C’est un profond sentiment de remord et de colère qui se mêle à moi, tandis qu’Oz reste parfaitement silencieux. Son regard fixe toujours le vide, assombri par la lueur de culpabilité qu’il éprouve depuis tout à l’heure, et dont il ne parvient pas à se défaire. Difficile de dire comment et pourquoi, mais j’aurai apprécié que ma confidence le fasse réagir, d’une quelconque manière, en bien ou en mal – hélas, seul un vide froid et implacable accueille mes propos, et me consterne dans mon silence.

Et d’un seul coup, elle apparaît.

Tous deux manquons de faire un bond en arrière lorsque Sidérella se téléporte juste devant mon lit. J’ai à peine le temps de la reconnaître qu’elle s’approche brusquement de moi, et plonge ses yeux dans les miens, avec un regard strict et autoritaire. Elle me fixe ainsi pendant quelques secondes, alors que mon attention passe d’un œil à l’autre sans bien comprendre ce qu’il se passe.

« -Qu’est-ce que… ? »

Et tout aussi soudainement, elle se redresse, et recule.

« -Je suis venue au plus vite en apprenant votre rémission. »

Je la dévisage pendant un court instant, encore un peu sous le choc, mais finis par me redresser et enchaîner.

« -O-oh. C’est gentil à toi. »

Mon expression surprise s’assombrit alors que je me fais plus hésitant.

« -On... » je détourne la tête, gêné « On m’a dit qu’un Pokémon nous avait trouvé, Oz et moi. Est-ce que… ? »

Elle voit instantanément où je veux en venir, et acquiesce.

« -Oui. C’était moi. »

J’ose à nouveau la fixer, et un fin sourire s’étire sur mon visage.

« -… Merci. Merci beaucoup. Nous… Nous te devons la vie.  »

Bien que toujours aussi silencieux, Oz hoche la tête dans son coin, plus fébrilement. Sidérella reçoit  les remerciements avec un même mouvement, et transite aussitôt sur un autre sujet.

« -Vous souvenez-vous de l’accident ? »

Nerveusement, je triture mes doigts, un peu mal à l’aise avec ce changement.

« -… Ouais. J’ai eu le temps de replacer les événements…  » mes yeux dévient jusqu’à la fenêtre « Je ne l’ai dit à personne, pour l’instant. On ne m’a pas vraiment reposé la question. » je les plisse « Je présume qu’ils voudraient savoir, mais qu’ils craignent de s’aventurer sur un sujet trop... Pointilleux.
-Ça l’est ? »

Je me tourne aussitôt vers elle.

« -A toi de me le dire. »

Elle paraît légèrement surprise, et je développe.

« -Tu as fui aussitôt après nous avoir déposé à l’hôpital, d’après ce qu’on m’a rapporté… Je me suis dit que, peut-être, cela t'arrangeait que tes maîtres ne sachent pas que tu ais quitté tes fonctions le temps de... »

Elle me coupe la parole.

«-Merci de vous en soucier, mais ce n’est plus nécessaire. » mon air se fait plus interrogateur « J’ai mûrement réfléchi à vos propos, lors de la colloque. La vie de Pokémon domestique m’est finalement trop dépréciative. J’ai pris la décision de retourner à un certain état d’indépendance. »

Je hausse les sourcils.

« -Oh. » mais souris à nouveau « Ravi de l’apprendre.
-Cela dit, je dois reconnaître bien apprécier la perspective de me faire oublier. Je suis simplement venue m’enquérir de votre état, et préférerai éviter d’avoir à rendre des comptes. »

Je ne réponds pas tout de suite, prenant le temps de réfléchir à ses paroles. Bien des questions me traversent l’esprit actuellement, mais une seule finit par réellement accaparer mon attention. Je mets toutefois un certain temps supplémentaire pour la poser, pour bien être certain d’en saisir toute l’importance.

« -.... » et enfin, je me lance « Si tu as pu nous sauver, Oz et moi, c’est parce que tu as su que j’allais mourir ?
-... » elle aussi met un court instant à répondre « Oui. »

Je baisse les yeux.

« -Et… Tu es venue vérifier si c’était toujours le cas ? »
-... »

Cette fois-ci, au lieu de directement répondre, elle fait quelques pas hasardeux dans la pièce.

« -Pour être parfaitement honnête, j’ai pensé que votre coma était un moyen pour les astres de maintenir un certain équilibre malgré votre survie indésirée. » elle me regarde, anticipant ma question « Ce n’est pas la première fois que je vous sauve la vie, mais c’est la première fois que je le fais dans un contexte où j’étais supposée exclue. Et jamais auparavant je ne m’étais risquée à m’opposer aussi radicalement à mes prédictions. Je l’ai donc fait en toute méconnaissance des conséquences. »

L’aveu sous-jacent de sa réplique ne m’échappe pas, et je ne peux pas m’empêcher d’y réagir, taquin.

« -J’ai le droit de nous considérer comme des sortes d'amis, alors ?  »

Elle m’adresse un court regard surpris, mais reperd bien vite son attention dans le vide.

« -Il existe des êtes humains de bien peu de foi, et j’ai simplement estimé que vous n’en faisiez pas partie. »

Je penche la tête sur le côté.

« -Euh. Merci, je suppose ? »

Elle finit par revenir au pied du lit.

« -Malencontreusement, je ne resterai pas en votre présence plus longtemps. Si vous le souhaitez, je peux toutefois vous informer de mes nouvelles prédictions en date... »

Je lève aussitôt la main pour l’en dissuader.

« -Non. C’est bon. Mais… Merci pour la proposition. »

Sidérella acquiesce.

« -Soit. Mais laissez moi au moins vous prévenir que je n’interviendrai plus dans celles-ci, désormais… D’ailleurs, je ne pense pas que nous soyons amenés à nous recroiser de si tôt.
-… Tu pars loin ?
-J’éprouve simplement la nécessité de me reclure.
-Oh. »

Je fais une petite moue déçue.

« -J’aurai apprécié te remercier comme il se doit, mais...
-N’ayez crainte. Vous en avez déjà bien assez fait. »

Je soupire, et me gratte l’arrière du crâne, un sourire résigné aux lèvres.

« -Bah. Au besoin, tu sauras où me trouver, je pense ?
-Affirmatif. » elle baisse les yeux « Prenez gare à vous, Label...
-Pika ! »

Alors qu’une lueur violette commence tout juste à émerger de son corps, Oz bondit de sa chaise jusqu’au pied du lit, et se place devant Sidérella les bras écartés. Elle cesse immédiatement son début de téléportation, et lui lance un regard inquisiteur.

« -Plait-il ? »

Le Pikachu baisse la tête et les oreilles, piteux.

« -Pika pi. Ka chu. »

Elle prend quelques secondes pour réfléchir à la requête, et finit par faire un mouvement de tête en ma direction.

« -Demandez-lui directement. »

Oz se tourne lentement vers moi, presque craintif. Je sens alors que la voix qui résonne dans mon esprit ne se limite maintenant plus à Sidérella, et que celle-ci fait désormais office de relais entre les pensées d’Oz… Et les miennes.

La souris me fait maintenant face, mais conserve le même regard fuyant et crispé, pour toutefois parvenir à le confronter au mien au moment de prendre la parole.

« -Est-ce... »

Il semble buter avec la méthode utilisée, et grimace en organisant sa pensée, ce qui a au moins le mérite de lui faire oublier sa gêne l’espace d’un instant.  

« -... Est-ce que tu m’en veux ? »

Mon sourire a disparu, remplacé par une expression lasse et expectative. Je soutiens son regard, pour finalement m’en détourner, et laisser mon attention dévier jusqu’au peu de visibilité que j’ai de l’extérieur.

Je ne sais d’abord pas quoi lui répondre, et c’est certainement pour ça que je laisse un pesant silence s’installer dans un premier temps. Je décide cependant d’aller au plus simple et remonter le fil de mes réflexions, comme elles m’ont assailli à la suite de mon réveil.

« -La première personne à qui j’en ai voulue… C’est moi. Je ne comprenais pas comment j’ai pu encore une fois merder de la sorte. Réellement, c’est… Lassant. J’ai toujours été quelqu’un de gaffeur et maladroit, et même si cela m’a toujours porté préjudice, j’ai commencé à croire que j’étais maintenant capable de réellement pouvoir gérer certaines situations et… Et pourtant, voila. Cette fois-ci, je n’ai pas été simplement mis en danger ou me suis infligé deux trois bobos, j’ai carrément fini dans le coma.  »

Je baisse la tête et plisse lentement les yeux, perdant cette fois-ci mon regard dans le vide total.

« -Puis j’ai réalisé que ce n’était pas complètement vrai. Que… Je n’ai pas toujours tout échoué. Il y a des choses que nous avons réussi. On a pu raisonner Erika lors de l’attaque des Rouages. Restaurer l’écosystème de la Forêt Jaune. Aider les Bacabouh et les Mimiqui d’Alola à avoir une vie meilleure. Et toutes sortes d’autres choses... »

Je soupire.

« -En plus, je commence réellement à en avoir marre. Pourquoi tout serait toujours de ma faute ? Qu’est-ce que j’ai, à toujours m’apitoyer sur mon sort ? C’est stupide. Forcément que le monde ne tourne pas autour de moi, et que même si je le voulais, je ne pourrai pas être le seul décisionnaire de ce qui nous arrive. »

Mon ton se fait plus dur.

« -Alors j’en ai voulu à ce vieillard. Cet homme qui a cru qu’il était en droit de réclamer ta présence à ses côtés, et qui n’a pas hésité à faire preuve de la pire des bassesses pour y parvenir… »

Mais se calme.

« -Sauf qu’en fait, non. Évidemment qu’il est le seul véritable responsable de notre situation, et certainement que je devrai tout mettre en œuvre pour qu’il se fasse arrêter. Mais… Je crois que, je le comprends. »

Je viens ensuite m’appuyer contre mon oreiller, et lève les yeux en direction du plafond, songeur.

« -C’est un homme qui cherchait à protéger quelque chose qui lui était extrêmement cher. Sa méthode n’était clairement pas la bonne, mais… Je pense que, si j’avais été aussi désespéré et esseulé que lui, j’aurai moi-même pu arriver à de telles extrémités pour vous protéger, vous.  »

Je baisse la tête, et plante mon regard dans celui du Pikachu.

« -Alors j’en ai voulu à toi, Oz. »

Ne pouvant toutefois le maintenir plus longtemps, je baisse rapidement les yeux.

« -Je… Je ne comprenais pas. Pourquoi, toi qui étais entouré d’une famille aimante et appréciais sa présence, cherchais-tu absolument à renouer avec d’obscurs liens de ton passé, duquel tu n’avais pas la moindre trace ? Est-ce que… Vivre avec nous ne te suffisait pas ? Désirais-tu autre chose ? Et si oui, quoi ? Comment pouvais-je te l’apporter ? Et… Était-ce bien nécessaire ? Ne pouvais-tu pas juste… »

Je relève la tête, et le dévisage avec une expression presque suppliante.

« -Te contenter de nous ? Au lieu de vouloir aller courir en quête de je-ne-sais quelle vérité dont n’importe quel autre Pokémon aurait fait abstraction ? »

Oz me fixe, sans ciller. Il ne répond pas et attend. Car il n’est pas dupe. Il sait qu’il y a une suite à mon propos, et veut l’entendre avant de réagir. Ce que je lui permets.

« -Mais je ne peux pas t’en vouloir, Oz. C’est simplement au dessus de mes forces. »

Sans prévenir, je me penche vers l'avant, les bras tendus, et le saisis par les côtes. Ma prise se referme péniblement sur lui, mais j’arrive au moins à le rapprocher de sorte qu’il soit sur mes genoux, où je le pose.

« -Je te l’ai dit, non ? » maintenant que je peux l’observer d’aussi près, pour la première fois depuis mon réveil, j’arrive enfin à lui sourire  « Pour toi, je serai prêt à tout délaisser, Oz. Et… Ces quatre mois et demi… Ne sont qu’une infime partie de ce que je peux t’offrir. Si aller jusqu’au Heylink t’a permis d’apprendre la vérité, et être en paix avec toi-même, alors cela en valait la peine. Même si j’ai été inconscient pendant tout ce temps. Même si j’ai perdu le fruit de mes efforts de ces dernières années… Si c’était à refaire, eh bien... » je hoche la tête, convaincu par mes propres propos « Je le referai. »

Sans un mot, il me fixe, et je sens ses yeux s’humidifier. Assimilant tout juste mes paroles, il baisse doucement la tête en une certaine introspection, encore crispé, et… Il fait un brusque tour sur lui-même.

Pour me gifler avec sa queue.

« -CRÉTIN ! »

Malgré qu’il ne le prononce pas à haute voix, son ton est brisé, et la sensation est accentuée par le regard larmoyant qu’il me lance, en même temps qu’il me hurle dessus.

« -Pourquoi tu es comme ça ?! Pourquoi… Tu es aussi gentil avec moi ?! Est-ce que… C’est trop demander que tu ais un minimum de conscience de toi ?! Non mais SÉRIEUSEMENT ! Tu as cru quoi ?! Que j’allais me réjouir ?! Que tu allais me faire déculpabiliser ?! En me disant que tu étais prêt à te scarifier toujours plus, QUE TU LE FERAIS ?! C’est comme CA que tu espères me rassurer ?! »

Mon regard incrédule rencontre celui désespéré d’Oz, tandis que celui-ci se fait toujours véhément.

« -MERDE ! GINJI ! Tu es resté endormi pendant tout ce temps, et… Et tu crois que ce que je veux entendre, c’est que tu sois prêt à retomber inconscient  ?! » il me pousse de ses deux pattes « Qu… Qu’est-ce qui ne va pas chez toi ?! A ton avis, ils pensent quoi les autres, de ce qu’il s’est passé ?! Selon toi, ils ont été heureux de nous attendre sans savoir quand nous allions revenir ?! De rester dans la crainte que, jamais l’on se réveille ?! Com… COMBIEN DE FOIS JE VAIS DEVOIR TE LE DIRE ?! Est-ce que c’est… Vraiment si dur à admettre que... »

Il marque une pause, chamboulé dans le fil de ses pensées.

« -QUE L’ON TIENT A TOI, PUTAIN ! Et que sauver notre peau ou accomplir n’importe lequel de nos désirs n’a pas le moindre intérêt si c’est pour que tu y restes ? Qu’on ait à s’inquiéter pour toi ? Tu… TU NE PEUX PAS JUSTE LE COMPRENDRE, CA ?! Si on avait voulu une vie tranquille et sereine, ce n’est pas chez des humains qu’on serait venus la chercher ! On aurait fait comme tous les Pokémon sauvages et on se serait juste barrés au fin fond d’une forêt ou d’une montagne ! A-alors… Juste… »

Il vient se coller contre moi, et me frappe à nouveau de ses pattes, le museau enfoncé contre ma tunique d’hôpital.

« -Arrête. Arrête de… Te faire du mal... De nous faire du mal... Et… Comprends que… C’est parce que tu vas bien… Que nous allons bien… Quoique qu’on dise... Ou fasse... »

Il relève la tête, et me supplie du regard.

« -D-d’accord ? »

Lorsque Oz s’est confessé à Unys, je pensais avoir eu le droit à la vision la plus franche de lui-même. Pourtant, jamais il ne m’a semblé aussi mélancolique et sincère qu’aujourd’hui, alors que j’espérais effectivement lui remonter le moral. Complètement pantois, et en proie à un fort sentiment de culpabilité, je grimace lentement et ferme les yeux au moment de lui répondre.

« -... »

J’ouvre la bouche pour parler, mais aucun son ne sort. Je tremble légèrement alors que je me pousse à reprendre.

« -Le… La vérité Oz, c’est que... »

Je réalise ensuite que ces tremblements ne sont que les soubresauts de mes larmes, qui entament leur descente le long de mon visage.

« -C’est… C’est tellement plus facile pour moi… De vous savoir… Hors de danger… Que de vivre avec l’idée que… J’ai pu être un mauvais dresseur… Et ne pas avoir réussi… A vous protéger…  »

J’entoure le Pikachu de mes bras, et enfouis ma tête contre la sienne.

« -Je… Je suis tellement désolé, Oz ! C’est… Mon égoïsme qui… Vous inquiète tant… Depuis si longtemps… Et c’est… C’était tellement plus simple pour moi de juste reporter sur mon corps le poids de ces choses qui peuvent vous mettre en danger… »

Je me redresse, décolle mon menton de son crâne, et le fixe droit dans les yeux.

« -A dire vrai… Je l’ai compris lorsque tu as sauté… Pour me rejoindre… J’ai… J’ai presque béni Arceus de m’être réveillé après toi… Les remords auraient été… Tellement énormes... »

Mon starter baisse les yeux.

« -Ils le sont.  » mais me fixe vite à nouveau « Et c’est pour ça que je te le demande, Ginji…  Cesse de nous inquiéter, moi et les autres… Et… Prends juste soin de toi. Pour que… Plus jamais… Je n’ai à ressentir une chose pareille. » ses poings se resserrent « Je t’en supplie...
-…. » j’ai un court instant de réflexion « Tu sais quoi, Oz ?… On  va se faire une promesse…  »

Il écarquille doucement ses yeux embrumés par les larmes en une expression interrogatrice, tandis que j’attrape chacune de ses pattes avec mes propres mains.

« -A partir d’aujourd’hui… Battons-nous pour devenir plus fort… Plus fort qu’on ne l’a jamais été… Même après ces quatre mois d’inactivité… Et… Faisons en sorte que jamais… Ô grand jamais… L’on ait un jour besoin de se soucier de l’autre… D’accord ? »

Il ne répond pas de suite, quelque peu surpris par la proposition. Pourtant, un léger rictus pointe au bout de ses lèvres, et il acquiesce.

« -Ouais. Faisons ça.  »

Je souris à mon tour. Je regarde alors complètement ailleurs, et m’adresse à Sidérella, restée simple traductrice de ce spectacle en un stoïcisme parfait.

« -… Sidérella ? Tu peux m’attraper la pierre posée sur la table, derrière toi ?  »

Bien que ne s'attendant visiblement pas à être ainsi réquisitionnée, elle se retourne, et après une courte observation, saisit un cristal bleuté juste devant elle, qu’elle me montre.

« -Celle-ci ?  »

J’acquiesce, et elle traverse alors la chambre pour me la donner. Elle la laisse tomber dans ma main gauche que je lui tends, sous le regard incrédule de mon Pikachu.

« -Qu’est-ce que… ?
-Jusqu’à présent, tu t’étais toujours refusé d’évoluer par crainte que la perte de ton apparence efface à jamais toutes tes chances de renouer avec ton passé.  » je ramène la Pierre Foudre devant moi, et la tiens entre deux doigts « Mais maintenant que la lumière a été faite sur ton histoire… Et qu’il y a cette promesse qui nous lie… Je pense que le moment est venu. »

Il fixe le fragment avec de grands yeux, et j’imagine parfaitement la brusque accélération de son rythme cardiaque.

« -Mais… Je ne vais pas évoluer alors que… ?
-Je suis encore alité ? Que les autres ne t’ont pas revu ? Allons, Oz… » de ma main de libre, je lui caresse le crâne « Tu meurs d’envie depuis si longtemps de gagner en puissance. Et... Tandis que moi, je vais devoir reprendre tout mon entraînement depuis le début… Toi, tu as cette possibilité de faire un pas en avant dès maintenant. Vois ça, comme... » je marque une courte pause, à la recherche de mes mots « … Une façon de repartir du bon pied ? »

Son regard descend un peu pour ce perdre dans le vide, tiraillé entre la crainte et l'hésitation. En voyant ça, je change brusquement de ton.

« -Bien sûr, si tu n’as vraiment pas envie, je peux parf-
-Non ! » il relève la tête en signe de protestation, et se ressaisit aussitôt « Tu as raison. Nous venons de faire une promesse. Et… Il n’est pas trop tôt pour la commencer.  »  

Il hoche la tête avec conviction.

« -Je veux bien de cette Pierre Foudre, Ginji. »  

Je souris.

J’observe la pierre à nouveau, et lentement, l’abaisse pour qu’elle soit à hauteur de mon Pokémon. Oz garde ses deux pattes tendues par l’avant, et délicatement, j’entrepose la roche entre ses doigts.

Et il s’illumine.

Une vive lumière blanche m’éblouit, et éclaire l’entièreté de la chambre. Mais pas assez pour me forcer à détourner les yeux du spectacle de mon starter en train d’évoluer, près de cinq ans après son obtention. Cinq ans… Il s’en est passé des choses, durant ces cinq ans. Et chaque jour passé au cours de ces cinq dernières années… La silhouette d’un même Pikachu était présente.

Oz a toujours été là. Et je sais maintenant qu’il le sera toujours. J’en ai la certitude. Et si jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours pu l’observer sous cette forme… Désormais, ce Pikachu ne fera plus jamais partie de mon paysage. Cela risque de faire bizarre. J’aurai certainement besoin d’un grand moment pour m’y habituer. Et sans doute que les autres Pokémon de l’équipe ne le reconnaîtront même pas à notre retour. Mais… Ça sera bien lui. Oz continuera de faire partie intégrante de mon quotidien. De ma vie. De mon existence. Et… Si changer d’apparence lui permet de s’y affirmer une place toujours plus ancrée… Alors je suis prêt à vivre ce changement.



Par contre…

« -Euh… Pourquoi le collier réagit ?! »

Il n’y a pas que Oz qui brille ! Il y a aussi la Pierre Foudre et… Le Collier en Fleurs d’Alola de Cutie Cute ?! Celui que j’ai toujours autour du cou, depuis mon réveil ?! D’où elle sort toute cette lumière ?! Je ne comprends pas, les autres plantes en pot de la chambre restent parfaitement ternes, elles ! Bon sang, mais qu’est-ce que c’est que ce bordel… ?!

La silhouette du Pikachu grandit, au point de pratiquement doubler de volume. Elle s’épaissit également, et je sens bien que mes genoux ont tout de suite plus de mal à supporter ce poids qui prend en importance au fur et à mesure que les secondes passent…

Et d’un seul coup, la lumière s’estompe.

Pour laisser place à…

Oz.

Devenu…

Raichu.

« -….
-…. Wow… C’était… Incroyable…  »  

Bien que visiblement un peu remué par l’évolution, il ne rate pas mon expression incrédule, et me fixe d’un air perplexe.

« -… C’est quoi cette tête que tu tires ? »  

Maintenant le menton un peu plus relevée pour pouvoir regarder mon starter droit dans les yeux, je lève un doigt et ouvre la bouche, sans pour autant être capable de produire le moindre son. Il cligne des yeux, perdu, et dans l’attente d’une véritable réponse.

« -…. Tu…….. ?
-…. ? » sa mine blasée, bien longtemps disparue, est facilement reconnaissable même avec ce nouveau corps « Quoi, j’ai quelque chose sur le visage ?... »

Comme pour le vérifier, il s’attrape une oreille avec une patte, et tente de l’abaisser à hauteur de ses yeux, sans grand succès.

Par contre, il n’a absolument aucun mal à voir la-dite patte.

« -… »

Pas bien longue. Orangée. Avec les extrémités blanches. Et toute potelée.

Son regard descend jusqu’à son ventre et le reste de son corps. Tout aussi orangé. Avec un pelage beige sur le poitrail.

Et ses pattes postérieures. Blanches. Dont le motif dessine une sorte de… Guimauve.

Il relève la tête, et me dévisage.

« -… Ne me dis pas que…. ? »

Sentant un glacial frisson me parcourir l’échine, j’agite immédiatement les mains, indiquant du doigt le collier autour de mon cou.

« -E-e-e-euh, en f-f-fait, il semblerait que, comme il y a eu le c-c-c-collier, e-e-e-eh b-b-b-b-bien, en f-f-f-fait…. »

Ses yeux.

D’un bleu.

Étincelant.

Pétillant.

Et adorable.

Dignes d’un Raichu d’Alola.

Virent aussitôt.

A.













UN NOIR PROFOND.

« -Attends. Attends. C'EST UNE BLAGUE ? QUOIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII?! NON MAIS CE N’EST PAS VRAI CE N’EST PAS POSSIBLE DIS MOI QUE JE RÊVE ?! COMMENT C’EST ARRIVE ?! QU’EST-CE QUI SE PASSE ?! C’EST UN CAUCHEMAR, UN PUTAIN DE CAUCHEMAR ET SI JE NE ME RÉVEILLE PAS BIENTÔT, JE TE JURE GINJI QUE TU VAS REGRETTER D’ÊTRE SORTI DE TON COMA !
-Q-q-quoi ?! T-tu ne crois pas que c'est un peu excessif, comme réaction ?!… Et puis pourquoi moi d’abord ?!
-C’EST DE TA FAUTE ! C’EST ENTIÈREMENT DE TA FAUTE ! COMME TU PASSES TA VIE A BOUFFER JE SUIS DEVENU UNE GUIMAUVE SUR PATTES ! TOUT EST A CAUSE DE TOI !
-HEIN ?! Mais ça n’a aucun rapport !
-LA FERME, SOMBRE CRÉTIN ! JE TE DIS QUE C’EST DE TA FAUTE ! RAAAAAAH PUTAIN C’EST QUOI CETTE QUEUE TOUTE DOUCE ET… AAAAH JE VAIS T’ETRANGLER !
-gnn Argh ! M-mais… Tu es fou ?! gnn Mais… Lâche moi bordel !
-CRÉTIN ! GINJI ! TU ! N’ES ! QU’UN ! PUTAIN ! DE ! »

Sauvez-moi.

« -CRETIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIN ! »

HRP:
 


_________________



« Si tu avais le choix, que ferais-tu ? »

Merci Môman Callie!
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Adulte Technicienne de Surveillance

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Sujet: Re: [Rivamar] Fugit irreparabile tempus.   Dim 25 Nov - 15:32

CAROLINE LABELVI

rp solo
« Fugit irreparabile tempus »

Caroline s’immobilise, et échange une œillade interloquée avec Coko.

Le cri, qu’elle vient d’entendre. On est d’accord, c’est la voix de son frère ?

« -…. Le mec il est réveillé depuis huit heures à peine et il trouve déjà le moyen de hurler ?  »

Pour toute réponse, le Mélokrik hausse les épaules. La blonde lève les yeux au ciel en un soupir exaspéré, et reprend sa marche avec un pas plus pressé, dans l’espoir de rapidement franchir la distance qui la sépare de la chambre d’hôpital de son frangin.

Les suppliques paniquées du garçon se font plus audibles au fur et à mesure qu’elle approche. Caroline tente bien de comprendre ce qu’il se passe, mais elle détermine tout juste que Ginji est aux prises avec Oz… En tout cas, il semble avoir plutôt bien récupéré de son coma.

C’est donc forte de cette information qu’elle pose une main sur la porte, et pousse celle-ci avec un grand sourire.

« -Helloooooo ~♪ J’ai raté quelque chose ? »

Un lourd silence tombe dans la pièce, et Caroline elle-même s’immobilise en la balayant du regard. Une Sidérella parfaitement inconnue se tient debout au pied du lit, et dévisage la blonde avec de grands yeux, tandis que la couette de Ginji a littéralement volé à l’autre bout de la pièce lorsqu’il s’est retrouvé à lutter contre un… Raichu ?!... Actuellement occupé à étrangler le brun à l’aide de ses deux pattes. Les deux combattants se sont d’ailleurs stoppés net à l’entrée de Caroline et Coko, et dévisagent la blonde avec une même stupéfaction.

« -….
-….  »

C’est finalement une voix parfaitement inconnue, et provenant sans nul doute de la Sidérella, qui brise le silence.

« -Je dois y aller. »

Ginji tourne aussitôt la tête en sa direction, et tend vainement un bras pour la retenir.

« -Aaaah, att- ! »

Trop tard. Le Pokémon Psy a immédiatement disparu, laissant une Caroline quelque peu pantoise. Un sourcil levé, elle observe son frère d’un air circonspect.

« -J’ai… Interrompu quelque chose ? »

Le Raichu, visiblement au bout de sa vie, relâche Ginji avec une mine extrêmement blasée, et saute piteusement au pied du lit pour aller se placer dans un coin, sa queue traînant au sol. Le garçon en profite pour se redresser, et secoue la tête de droite à gauche.

« -N-non, c’est bon ! Juste que… Oz a rencontré un léger soucis avec son évolution… »

Caroline ne manque pas le regard assassin que lance le concerné à son maître à la mention du mot « léger ». Sans quitter le Raichu des yeux, elle s’approche de son frère.

« -Qu’est-ce qui ne va pas ? Elle est chouette, son évolution... »

Ginji se gratte l’arrière du crâne, gêné.

« -Il voulait devenir un Raichu classique, pas un Raichu d’Alola.
-Ch’ra. Ch’ra. Ch’ra. »

Rouméguant dans son coin, Oz se frappe tout doucement le front contre le mur de la chambre, alors que Coko vient lui donner une tape compatissante dans le dos. Caroline décide de passer complètement outre la crise identitaire de l’ancien Pikachu, et se tourne vers son frère pour… Le prendre dans ses bras. Bien qu’un peu surpris, celui-ci se laisse faire, et referme même ses propres mains autour du dos de sa sœur.

« -Je suis si contente de te revoir. »

Elle le sent hocher la tête.

« -Moi aussi. Je suis tellement désolé... »

Aussitôt, Caroline défait sa prise, et s’écarte pour regarder son frère droit dans les yeux.

« -Ne le sois pas. Je… J’ai cru que te convaincre de laisser tes Pokémon à la maison était le meilleur moyen d’arranger la situation, et… A cause de ça, eh bien...
-N-non ! Non, Caro, tu n’y es pour rien ! »

Bien qu'absolument pas convaincue, elle se redresse, et sourit.

« -Si tu le dis. » elle se tourne vers l’emplacement où le Pokémon inconnu vient de disparaître « Cette Sidérella, c’est celle qui vous a sauvé, Oz et toi ? »

Ginji hésite un peu avant de répondre.

« -Euh… Peut-être. » il s’attrape le front à l’aide d’une main « C’est encore un peu flou dans ma tête, et... »

Elle lui tapote gentiment l’épaule, dents bien visibles.

« -T'inquiètes. Prends le temps de tout replacer. »

Il hoche lentement la tête en guise de réponse. Changeant alors de sujet de but en blanc, Caroline commence à farfouiller dans son sac à main, et en sort un petit paquet, qu’elle tend à Ginji.

« -J’ai quelque chose pour toi. En fait, ce n’est pas vraiment un cadeau, puisque c’est déjà censé t’appartenir, mais…  »

Intrigué, il attrape la petite boîte, et l’observe sous tous ses angles.

« -O-oh ! Euh. Merci ! »

La blonde tire une chaise vers elle, et s’assoit à proximité de son frangin. D’un mouvement du menton, elle lui désigne du paquet.

« -Vas-y. Ouvre le. »

Un peu maladroitement, Ginji acquiesce, et commence à déchirer l’emballage. Cela lui permet de découvrir une petite boîte qui lui est déjà vaguement familière, et lui fait réaliser que la chaîne en argent que Caroline lui a offert n’est plus autour de son cou. Quelque peu interloqué, il soulève le couvercle de la boîte, et y découvre justement la-dite chaîne comme lorsqu’elle lui a été donnée la première fois… Mais assortie d’un tout nouvel élément.

Il cligne des yeux, et saisit le collier, qu’il soulève à hauteur de son visage pour mieux observer le petit ajout effectué en son centre.

« -C’est… Une Gemme Sésame ?  »

Caroline hoche la tête, souriante.

« -Félicitations pour ton Grade 4. »

Surpris, il la dévisage, et entrouvre la bouche pour répliquer.

« -Mais co…. ?
-Tes Motisma ont donné la clé USB contenant toute la paperasse à Lissa. J’ai juste eu à l’amener à l’école.  » elle croise les bras et acquiesce, fière « Ça a été un jeu d’enfant. »

Elle sent dans son dos le regard méprisant de Coko, qui sait pertinemment que ça n’a pas été le cas. Mais Ginji paraît gober l’information, et se focalise à nouveau bien vite sur le bijou.

« -Wow. C’est… C’est grave chouette.
-N’est-ce pas ? A la base c’est juste un bracelet qu’ils filent, mais je trouvais ça plus sympa comme ça. Ah, et t’as aussi une méga gemme pour ton Pharamp qui t’attend à la maison… Contente de voir que l’œuf que je t’avais offert n’a pas servi à rien ! »

Il sourit, visiblement plus apaisé.

« -Merci, Caro.
-Bah. Je te l’ai dit, ce n’est pas vraiment un cadeau. Juste moi qui te refourgue tes affaires... »

La blonde s’affaisse un peu plus dans sa chaise, et croise les bras.

« -Tu as une idée de quand tu vas sortir, que tu puisses nous faire une petite démo ? »

Ginji se gratte les cheveux.

« -Eh bien… Ça dépendra de la façon dont mon corps encaissera la rééduc’. En moyenne, une semaine suffit. Donc j’espère que c’est ce qui se passera... »

Il soupire.

« -J’ai tellement hâte de retrouver tout le monde, et vite rentrer à Lansat. »

Les yeux de Caroline s’écarquillent en deux ronds parfaitement cylindriques. Son frère a besoin de quelques secondes pour capter son expression interloquée, et fronce les sourcils en conséquence.

« -… Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? » il plisse les yeux « Maman ne veut pas, c’est ça ? »

La blonde ne répond pas tout de suite. Une certaine stupeur l’envahit alors qu’une réflexion fait rapidement le chemin dans son esprit ; réflexion qu’elle ne parvient pas à garder dans sa tête.

« -Tu es tombé dans le coma le 10 Juillet. Le jour de l’annonce.  »

Le visage de son frère affiche une mine encore plus méfiante.

« -Quelle annonce ? »

Caroline se relève, et passe une main dans ses cheveux. Elle fait quelque pas aléatoire dans la pièce, cherchant comment elle pourrait formuler sa réponse. Le soudain blanc qui s’installe parvient même à capter l’intérêt d’Oz, qui a cessé de marmonner pour dévisager la blonde avec la même méfiance que son maître.

« -Caro, qu’est-ce qu’il s’est passé le 10 Juillet ? »

L’insistance du frangin la pousse à s’arrêter, et à prendre une profonde inspiration. Après quoi, elle prend enfin la parole.

« -Lansat est sous embargo. L’île est toujours sous la domination de la Team Rouage. » sa mine s’assombrit « Personne n’est parvenu à les déloger. »

Le visage de Ginji se décompose.

« -…. Quoi ? »

Son regard se perd dans le vide.

« -On… On ne peut plus retourner à Lansat ? »

Caroline se frotte les yeux. Elle aurait préféré ne pas être celle à l’origine de l’annonce, mais… Pas le choix. Dans une optique de le réconforter, elle retourne à hauteur de sa chaise, et pose une main sur l’épaule de Ginji.

« -Ça risque de te faire bizarre, mais… Malheureusement, c’est comme ça. Sache en tout cas que la Pokémon Community n’a pas fermé, et qu’elle a rouvert ses portes sur une nouvelle île… Adala, qu’elle s’appelle. Figure-toi que c’est même là-bas que je vis, désormais ! »

Il ne réagit absolument pas. Sa remarque est accueillie par un silence glacial alors que son frère paraît complètement éteint, l’attention perdue, et sa grande sœur soupire. Elle attend bien quelque secondes qu'il réagisse, mais absolument rien ne vient, et c'est un peu hésitante qu'elle finit par reprendre la parole.

« -Tu… Voudrais que je te laisse seul ? »

Toujours sans répondre, ni la regarder, il hoche lentement la tête. Un peu démoralisée par le brusque changement d’ambiance, elle expire longuement, et range la chaise à sa place, avant de faire signe à Coko de la suivre à l’extérieur de la chambre. Toutefois, avant de franchir le seuil, Caroline s’arrête, et lance un dernier regard à Ginji, un sourire taquin aux lèvres.

« -Tu… Tu as toujours été un mauvais menteur, tu sais ? »

Surprenant, elle parvient à capter son attention, et il la dévisage dans l’attente de la suite. Elle hésite un peu avant de continuer, mais s’y résout.

« -J’ignore pourquoi tu ne veux pas me dire ce qu’il vous est arrivé. Mais… Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose de garder ça pour toi. »

L’expression morne et lasse de son frère s’égare à nouveau, en quête d’une réponse à prononcer. Il plisse ses yeux, et les baisse pour s’arrêter sur la monture de la gemme sésame. D’une teinte similaire à la chaîne grise, la luminosité la ferait presque croire…

HRP : l’histoire de Caroline connaît une divergence liée à sa réponse lors de la demande en mariage de Malcolm, à Méanville. Celle-ci s’est retranscrite via la symbolique de la robe « blanche » ou « noire », et correspond à l’une des réponses ci-dessous.
A vous de prendre celle de votre choix.


Caroline est dans une optique de protection.

• A la cérémonie du 15 Juin, Caroline portait une robe blanche.
• A la demande en mariage de Malcolm, Caroline a répondu oui.
• Mais le bonheur de son futur époux ne valait pas sa liberté, et Caroline a préféré fuir la cérémonie de mariage.
• Elle a préféré mentir à Ginji et lui faire croire qu'elle ne lui a jamais rien caché.

Caroline est dans une optique de sincérité.

• A la cérémonie du 15 Juin, Caroline portait une robe noire.
• A la demande en mariage de Malcolm, Caroline a répondu non.
• Fou de chagrin, il dépérit. Caroline cherche alors à se libérer de ses remords et décide de fuire son enterrement.
• Elle a préféré être honnête avec Ginji et lui a avoué cacher des choses.



Le garçon triture la chaîne, pensif. Finalement, il relève le menton, et confronte enfin son regard à celui de la blonde.

« -Elle… N’a rien à voir avec ce qui nous est arrivé. La Sidérella. » il marque une courte pause, pensif « Elle a simplement prédis qu’il allait survenir quelque chose de grave, et est venue me secourir. C’est tout. »

Caroline plisse les yeux.

« -Et… Que t’est-il arrivé, exactement ? »

Cette fois-ci, l’attention de Ginji se tourne vers Oz, qu’il interroge du regard. Le Raichu paraît d’abord ne pas trop comprendre ce que son dresseur attend de lui, mais il finit par acquiescer pour donner son consentement.

« -Avec Oz, on… Est allés au Heylink. Et, là-bas… On a appris que… » il sourit nerveusement   « Hum. Ça fait bizarre à dire, à voix haute… » il fixe à nouveau Caro « Oz vient du monde des rêves. Et, le gardien des lieux a donc voulu le récupérer… Et ça a mal tourné. »

Il triture ses doigts un moment, avant de conclure.

« -Et voila. »

L’espionne ne dit rien, et reste parfaitement silencieuse, ne sachant pas réellement que penser de cette (très) brève histoire. Finalement, elle se contente de fermer les yeux, et se détourne en accompagnant son départ d’un salut de la main.

« -Ok. On reparlera de tout ça plus tard. En attendant, rétablis-toi bien. » elle tire la porte vers elle, et glisse encore un dernier mot « Je repasse plus tard avec le reste de la family, d’acc ? »

Après s'être assurée avoir l'approbation de Ginji, elle referme simplement la porte lorsque Coko la rejoint dans le couloir. Aussitôt, elle prend la route en direction de la sortie, songeuse, et laisse s’échapper une remarque à l’attention de son partenaire.

« -Tu me rappelles depuis quand les Sidérella peuvent se téléporter ? »

Comme à son habitude, il hausse les épaules en guise de réponse.

Caroline acquiesce, en accord avec elle-même.

« -Ouais. Bien ce qu’il me semblait. »

Et ils partent.
Le garçon triture la chaîne, pensif. Finalement, il relève le menton, et confronte enfin son regard à celui de la blonde.

« -Tout le monde a ses petits secrets… Non ? »

Son ton amer prend Caroline de court. C’est mot pour mot ce qu’elle lui a dit lors de leur discussion dans la grange... Le visage de la blonde s’assombrit, vexée qu’il prenne ainsi la réponse de la dernière fois, et décide de simplement se détourner.

« -Je vois. »

Le pas droit, elle porte sa main vers la poignée de la porte, et-

« -Caro, attends ! »

Elle s’arrête brusquement lorsqu’il l’interrompt. Elle se retourne, et voit sa main tendue droit vers elle, qu’il abaisse en même temps que son regard à cause de la honte visiblement éprouvée.

« -D… Désolé. C’est juste que… Je dois encaisser tellement de choses, en ce moment, je… J’ai un peu de mal à savoir où je peux donner de la tête… »

Immobile, Caroline finit par expirer, et retirer sa main de la poignée. Elle se retourne, et revient rapidement à hauteur de son frère pour l’attraper délicatement par les épaules.

« -Eh. Ne t’en fais pas. Je comprends. Je me doute bien que… Tout ceci ne doit pas être très facile pour toi.  » elle le relâche « Pardon de m’être montrée aussi intrusive. »

Il acquiesce simplement, ce qu’elle prend comme une fin de discussion. Retournant à la porte, elle l’ouvre cette fois-ci réellement, et lui adresse quelques derniers mots.

« -Rétablis-toi bien. Je repasse plus tard avec la family, d’acc ? »

Après s'être assurée avoir l'approbation de Ginji, elle referme simplement la porte lorsque Coko la rejoint dans le couloir. Aussitôt, elle prend la route en direction de la sortie, songeuse, et laisse s’échapper une remarque à l’attention de son partenaire.

« -Tu me rappelleras d’avoir une petite discussion avec White Lady ? »

Le Mélokrik acquiesce, et elle le remercie d’un même mouvement.

Elle ne compte pas rester ainsi sur sa faim...

Et ils partent.

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