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[Rivamar] Failure.
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Todresseur Spé. Type

Région d'origine : Sinnoh
Âge : 18 ans
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Sujet: [Rivamar] Failure.   Ven 30 Nov - 1:54

GINJI LABELVI

rp solo
« Failure »

« -Ko ! Rillon !
-Chu ?
-Illooooon ♪
-… Rai, rai... »


Oz soupire, et ferme les yeux. Il prend une profonde inspiration et commence à souffler de manière régulière. Le silence se fait ainsi lentement dans la chambre d’hôpital, mais les secondes passent, et Caro et moi avons beau toiser mon starter, absolument rien d’autre ne se passe. Pourtant, le regard de Lysian est toujours aussi confiant, alors qu’elle lévite nerveusement sur place en attendant de voir un résultat apparaître.

Bien plus sceptique, j’ose briser ce silence, mais seulement en m’adressant à Caro à voix basse.

« -Tu es vraiment sûre qu’elle peut lui apprendre la télépathie ? Trois jours qu’il est dessus et aucun résultat... » je lève les yeux au ciel et me gratte le menton, pensif « D’ailleurs, j’ai pas souvenir d’avoir déjà vu Lysian s’en servir…  »

Un franc sourire se dessine sur le visage de ma grande sœur.

« -Ça, c’est parce qu’elle ne parle pas avec n’importe qui ! 'Puis, elle préfère communiquer par sensations empathiques, généralement. » elle me donne alors une tape dans le dos « Ne t’en fais pas. Oz vient tout juste d’obtenir ses pouvoirs psychiques, c’est normal qu’il ait besoin d’exercice ! »

Je coule un regard en direction du Raichu d’Alola. Si Oz n’a jamais souhaité obtenir cette forme, je dois bien reconnaître qu’elle me paraît plus pratique que celle désirée. Cela dit, Caro n’a pas tord : s’il parvient certes à lancer une attaque Psyko et à léviter, il est encore parfaitement incapable de tenir en équilibre sur sa queue, ainsi que d’user de la télépathie. Et ça serait vraiment cool qu’il y parvienne un jour…

« -... »

J’écarquille brusquement les yeux. Quelque chose ! J’ai entendu quelque chose ! Me penchant en avant sur mon lit, je fixe Oz avec une grande intensité, comme si ça pouvait lui venir en aide.

« -Oz ? C’est toi, cette présence que j’ai ressenti ?  »

Au froncement un peu plus forcé de ses yeux, je crois comprendre que oui. Ceux de Lysian semblent s’illuminer d’une lueur enthousiaste lorsqu’elle commence à sentir qu’il touche au but, et je reste parfaitement immobile, prenant sur moi pour ne pas me mettre à trépigner à mon tour.

« -… I…  »

Cette fois, je ne peux pas m’empêcher d’ouvrir la bouche en un petit souffle surpris, et je fais de très légers bonds sur mon lit pour me rapprocher du Raichu.

« -Anh ! Oui ! C’est ça Oz !
-… In…
-OUI ! C’est bien, continue comme ça ! » j’exulte au point de poser mes pieds à terre sans m’en rendre compte, au plus près de mon starter « Vas-y, dis le ! Dis mon nom ! Gin… Gin...
-… Tin…
-… Hein ? "Tin" ? Non non, moi c’est Ginji, avec un G !… Ne te décourage pas ! Tu peux le faire Oz, j’en suis s… !
-Crétin.
-……………………. »

Parfaitement immobile, et clignant bêtement des yeux, je toise Oz d’un air stupéfait.

« -… Hein ? »

Celui-ci rouvre lentement les siens, incertain.

« -….. Crétin ?
-……..  » je continue de le fixer avec la même tête ahurie « … "Crétin" ? C’est ça que tu viens de dire ? »

Enfin, l’expression d’Oz paraît s’éclaircir, alors qu’il prend conscience que son message est bel et bien passé.

« -Crétin ? »

Mes épaules s’affaissent, et ma mine se fait plus dépitée.

« -… Oui, c’est ça. Crétin. »

Caroline pouffe, alors qu’un sourire narquois s’affiche sur le visage de mon compagnon.

« -Crétin. »

Je gonfle mes joues.

« -Tu ne veux pas essayer autre chose, pour voir ?
-Crétin ! » il se rapproche de moi avec une expression de plus en sournoise « Crétin crétin crétin crétin crétin cré… ! »

Je commence à reculer.

« -M-m-mais arrête ! C'est hyper désagréable comme spam !
-Crétincrétincrétincrétincrétincrétin !
-Aaaaaaah, Oz, c’est insupportable !!! »

Caroline et Lysian craquent, et éclatent de rire devant cette scène de moi me faisant victimiser mentalement par mon starter. Les mains sur mon front, mon dos vient taper contre le dossier du lit lorsque Oz m’y accule, et je commence à me recroqueviller en panique sur moi-même dans l’espoir que ce peu d’éloignement supplémentaire suffise à faire taire la voix du Raichu dans mon esprit.

« -Crétincrétincrétincrétincrétincrétin !
-Maiiiiiiiiiiiis, arrête ! Pourquoi tu t'acharnes sur moi comme ça ?! Tu ne veux pas essayer de dire autre chose, plutôt ?!… »

Essuyant une larme du coin de l’œil, Caroline prend une grande inspiration.

« -Aaaaaaaaaaaaaaaah. Pour commencer il a dû se focaliser sur un truc simple, il va devoir travailler encore un moment pour avoir une discussion plus élaborée ! » elle ricane, et lance un clin d’œil complice à mon tortionnaire « Bien qu’actuellement, ça ait l'air de lui suffire.
-Rai rai ~ »

Oz ricane, et interrompt par la même occasion ses messages télépathiques, ce qui me permet de me relâcher en un long soupir. Au même moment, la porte de la chambre s’ouvre, et l’infirmière s’immobilise à l’entrée.

« -Oh. Excusez-moi, je vous interromps ? »

Je me redresse, et secoue la tête de droite à gauche, bien content de ne plus être la source de distraction de mon Raichu.

« -Non non, c’est bon. »

Mon starter quitte le lit pour faire un peu de place, et vient se placer aux côtés de Caroline tandis que l’infirmière, elle, s’approche de moi, un fin sourire aux lèvres.

« -Vous me laissez jeter un œil à votre bandage ? »

J’acquiesce, et me penche en avant pour lui permettre de le retirer. Ses doigts s’entremêlent avec le tissu et mes cheveux le temps de défaire le nœud, et après avoir fait tourner la bande trois fois autour de ma tête, elle parvient à l’enlever sans aucune difficulté. Elle pose alors ses doigts sur le sommet de mon crâne pour écarter quelques cheveux, et laisse s’échapper une petite exclamation.

« -Eh bien. On dirait que ça a fini de cicatriser. » elle commence à enrouler le bandage sur lui-même pour le jeter à la poubelle, et me sourit « Plus la peine d’en remettre un. »

D’abord surpris, une expression soulagée finit par s’afficher sur mon visage, et je laisse passer mes jambes d’un côté du lit.

« -Je peux aller voir ? »

Elle acquiesce. Je me tourne donc pour saisir la béquille posée juste à côté, et prends appui dessus pour me lever. Ma démarche est extrêmement lente et bancale, mais au moins, je peux me déplacer. C’est toujours ça.

Après plusieurs secondes et « tak tak » contre le sol, je parviens à rallier la salle de bain, où un miroir me permet de contempler mon visage. Livide, et les traits tirés, des cernes creusent encore mes yeux malgré mes nuits plus régulières et complètes. Mes cheveux sont secs, et à l’endroit où se trouvait la plaie, il ne reste qu’un trou béant où ils n’ont pas encore repoussé. Je passe ma main dessus pour tâter mon crâne, mais comprends bien vite l’inutilité de la chose, et finis par l’abaisser.

Depuis la chambre, l’infirmière me questionne.

« -Vous arrivez à rester debout sans trembler ? »

Je lui adresse un court regard surpris, et baisse les yeux sur mon poing refermé sur la béquille.

« -Euh. Ouais, on dirait. »

Elle se saisit le menton, et acquiesce lentement, d’accord avec elle-même.

« -Hmm. Dîtes-moi, vous avez envie de retourner chez vous ? »

Je relève la tête et la dévisage. Son sourire se renforce.

« -Vous allez pouvoir finir votre rééducation là-bas.  »

***





Je lève la main, et la place devant le soleil.

Il… M’éblouit.

Si j’ai eu l’occasion de sortir une ou deux fois en dehors de l’hôpital, je n’ai jamais pu aller bien loin. Mais être ici, en dehors de la ville et sans tous ses bâtiments pour m’entourer me procure un drôle d’effet, bien différent de ce que j’ai pu ressentir jusqu'alors.

C’est à la fois tellement familier… Et tellement décalé avec tout ce que j’ai pu vivre au cours de ces derniers jours.

« -Donne moi ça. Je vais t’aider à tout emmener dans sa chambre. »

Ma mère tend la main à Caroline, qui se déleste volontiers des quelques paquets jusqu’à alors entreposés dans ma chambre d’hôpital.

« -M-merci. »

Elle hoche la tête en ma direction, et me sourit tendrement.

« -Je t’en prie. » elle se retourne ensuite, et me désigne l’entrée de la maison d’un mouvement du menton « Va. Ils t’attendent. »

Elle et ma grande sœur commencent à s’éloigner. Lissa vient aussitôt se placer devant moi, tout sourire.

« -Ils savent que tu t’es réveillé, mais pas que tu rentrais. Ils vont tous êtres très heureux de te revoir. »

Je souris à mon tour.

Pourtant, la boule de mon estomac me crie d’arrêter.

Je me tourne vers Oz, et constate que lui par contre, a décidé d’écouter son ventre.

A bien cinq mètres de nous, et affichant une expression anxieuse, le Raichu d'Alola fixe la porte de la maison en un profonde contemplation.

« -Personne ne te reprochera ce qui nous est arrivé, tu sais ? »

Son regard vient se plonger dans le mien, interpellé par ma remarque. Il finit toutefois par s’en détourner en baissant la tête, un air de culpabilité sur le visage.

« -Chu.
-…  »

Je souffle tout doucement par le ne, sans le lâcher des yeux, et ne trouvant pas comment l’en convaincre, me résigne finalement à ne pas y parvenir. Je me retourne donc simplement, et prenant appui sur ma béquille, m’avance vers la maison.

« -J’y vais en premier. Tu me rejoindras ensuite, d’accord ? »

Je ne m’attends pas spécialement à recevoir une réponse lorsque Lissa et moi approchons de la porte d’entrée. Pourtant, une étrange sensation me prend lorsque je pose un pied sur son seuil.

« -Crétin. »

Le mot a beau être le même, le ton employé ne me trompe pas. Bien que moins assurée que précédemment, la voix mentale d’Oz se fait clairement reconnaissante, et je lui adresse donc un court sourire compatissant en retour. Puis je me détourne complètement de lui, et rentre dans la maison.

Pas pour y rester bien longtemps, cela dit. Six pas me suffisent à traverser l’étroite cuisine – que j’enjambe en trois en temps normal – et à rallier la porte donnant sur la ferme. Lissa me l’ouvre pour ne pas que j’ai à jongler entre ma main de libre et celle usant la béquille, et c’est en m’appuyant également sur son épaule que je descends les deux marches d’escalier menant au gazon de la propriété.

Devant moi, de nombreux enclos se dessinent. Certains enferment un potager dans lesquels il est toujours possible de voir des citrouilles pousser, un autre permet l’accès à une serre où sont entreposées de nombreux chrysanthèmes, et d’autres encore enclosent des Pokémon. Bien qu’il n’y ait que des Wattouat dans la grande majorité, l’un d’eux est surplombé par un menaçant nuage orageux, et semble contenir une diversité toute autre de créatures.

Partagé entre l’anxiété de l’accueil et la joie des retrouvailles, je commence à m’avancer. De loin, j’arrive sans grande difficulté à reconnaître les imposantes silhouettes de Châtaigne, Lucina, Thoron, Zelf et Webble, mais je manque aussi bien difficilement le duel de force actuellement mené par Punch et Goldfroy. Je crois remarquer que Hongta est occupé à arroser des plantes sous la supervision de Aegta, et…

« -RAAAAAAAAAAAAAAAAA ! »

Un puissant et menaçant cri me force à lever la tête en direction du toit de la grange. Une silhouette ombragée par la lumière du soleil vient justement d’en décoller, et fend le ciel de la ferme en un instant minime. J’ai tout juste le temps de réaliser qu’elle s’approche de ma position que, déjà, elle se pose au sol en un vacarme assourdissant. Surpris, je fais un pas en arrière, mais me détends dès lors que les traits de ma Ptéra se font plus clairs.

« -Oh. » je souris, et approche ma main de son museau « Salut Shar-
-RAAAAAAAAAAAAAAAAA ! »

Un second hurlement m’interrompt et me vrille les tympans par la même occasion. Sharon déploie en grand ses ailes et les agite d’une manière belliqueuse, le tout en ouvrant la gueule pour bien me dévoiler chacun de ses crocs acérés. Cette fois-ci, la surprise est suffisamment forte pour me faire reculer de deux pas de plus, ce qui inévitablement, se coordonne mal avec le maintien de ma béquille.

Je tombe au sol, et alors que la Ptéra s’avance avec la même hostilité, je lève vainement une main pour l’en dissuader.

« -Sharon ?! Qu’est-ce qui te prend ?!
-LUXRAY ! »

Cette fois-ci, c’est un autre rugissement qui résonne dans la ferme. Avec une vivacité et une réactivité hors norme, le pelage si familier et réconfortant de Lucina vient s’interposer entre moi et Sharon, et la Luxray dévoile à celle-ci sa propre dentition en signe d’avertissement. La Ptéra proteste, mais Lucina feule, et l’énorme ptérodactyle replie ses ailes puis recule d’un pas en marmonnant. Elle finit par se détourner de nous et s’envoler, pour reprendre la direction du toit de la grange, sous mon regard incrédule.

« -G-Ginji ! Ça va ? »

Lissa arrive à ma hauteur, et m’aide à me relever, sans que je ne quitte Sharon des yeux.

« -Que…. ? » encore fortement perturbé, je bute sur mes mots « Qu’est-ce que…. ? Qu’est-ce qu’il vient de se passer ? »

Maintenant debout, j’attrape machinalement la béquille qu’elle me tend. Et c’est avec une mine sombre et un ton extrêmement lugubre que ma petite sœur me répond.

« -Je… »

Elle n’ose pas finir sa phrase, et je lui lance un regard interrogateur. L’œillade qu’elle me jette en retour en dit long sur sa réticence à continuer, mais elle finit par passer outre son hésitation pour aller directement au fait.

« -Je crois qu’elle t’a pris pour un intrus, Ginji. »

Je me fige et la dévisage à l’entente de ses propos. Comme si elle ressentait un brusque besoin de se justifier, Lissa continue en se triturant nerveusement ses courts cheveux orangés.

« -Elle… Elle agit comme ça à chaque fois qu’un inconnu vient à la ferme. J’ai lu quelque part qu’elle fait partie d’une espèce de Pokémon très territoriale, et... »

Sdaf. Le son de mes genoux tombant au sol interrompt net les explications de la benjamine.

« -... »

Stupéfait et défait. C’est ainsi que je fixe, les jambes à terre, le toit de la grange où se dessine toujours la silhouette recroquevillée et ombragée de Sharon. Lissa n’ose plus dire un mot alors que j’entrouvre inutilement la bouche, sans que le moindre son n’en sort. Mes propos sont bloqués dans ma gorge et une sensation d’asphyxie m’envahit, bien vite dépassée par la paralysie qui tétanise mes membres.

Devant moi, une Luxray fait volte-face. Son mouvement parvient à capter mon regard, et mes yeux terrifiés rencontrent les siens dorés. Lucina me fixe longuement, sans produire le moindre son ou geste, et c’est tremblant que je lève une main en direction de son museau. Ma langue parvient alors à enfin prendre place contre mon palais, et à produire le son étouffé qui émerge de mes lèvres.

« -T-tu… ? » je déglutis, les larmes aux yeux « … T-toi au moins, t-tu ne m’as pas oublié, pas vrai ?... »

Terrorisé, je la fixe, en l’attente d’une réponse.

Et Lucina vient d’un seul coup plaquer son visage contre moi.

Alors qu’elle enfouit son museau contre mon torse, je me laisse tomber sur elle et passe mes bras autour de sa crinière. Parfaitement incapable de retenir les larmes qui coulent sur mon visage, je fixe le vide derrière la Luxray et me contente de simplement l’étreindre.

Gorge nouée, respiration bloquée et muscles engourdis, sa présence chaleureuse semble être la seule chose positive que j’arrive actuellement à ressentir.

***






« -Je suis tellement désolé… »

C’est les yeux rougis par les larmes et le visage déformé par une hideuse grimace que je m’adresse à mes Pokémon. Tremblant, je fixe l’assemblée qu’ils ont formé à mon retour, et loupe difficilement toute l’émotion contenue dans leurs seuls visages. Je peine alors à balbutier la suite de mes paroles, mais m’y force tant bien que mal.

« -J’ai échoué. Lamentablement échoué. N-non seulement... » je renifle, et baisse les yeux « N-non seulement je vous ai privé du quotidien que j’ai promis de vous assurer si vous combattiez à mes côtés durant tout ce temps… M-mais en plus... » je tremble de tout mon être, et serre inutilement mes poings dans l’espoir d’arrêter « Lansat… O-on…. O-on a perdu Lansat…  » je relève la tête, à nouveau en pleurs « C-ce n’était peut-être qu’une île, m-mais… C’était notre maison. Votre maison. C... » je déglutis, et fixe successivement Zelf, Châtaigne, Tobby, Arlo, Aegta et Euphie « Certains d’entre vous n’ont même connu que cet endroit. Sont nés, ont grandi et passé la quasi majorité de leur vie là-bas. Et je… Je… » mes reniflements me font trembloter toujours plus forts, et ma voix se  brise  « Je n’ai pas réussi à le protéger. Ce quotidien heureux qu’on menait là-bas… J’ai échoué. Je me suis lamentablement planté. Sur toute la ligne. Vous… Vous méritez tous tellement plus que ces jours mornes et tristes que je vous ai fait vivre ! »

Du revers de ma main, je tente bêtement de calmer les écoulements de mon nez, avant de me tourner vers l’un des Magnéti présents dans l’assemblée.

« -Je ne sais même pas si ce que je raconte a un sens pour toi, Obbyt. Je… Je ne sais même pas si tu sais encore qui je suis. » mon regard dévie jusqu’à Sharon, placée au fond de la horde « J’ignore même si cette vie que vous avez mené durant tout ce temps ne vous conviendrait en fait pas plus… Mais je… Je…. »

Je renifle encore, et relève la tête par la même occasion.

« -Je veux juste que vous sachiez que je ne souhaiterai jamais rien d’autre que votre bonheur. Et que… Maintenant que je suis de retour… Je vais tenter de tout mettre en œuvre pour que ce soit possible. Bien que… »

Mon expression se fait plus déterminée, et mes paroles plus franches.

« -Rien ne vous oblige à me suivre. Ni même à croire en ce que je dis. Vous… Pouvez ne plus avoir confiance en moi. Et vous sentir trahis par mon absence. Je… Je suis prêt à l’accepter. Et faire en sorte que, si vous éprouvez le souhait de partir, vous puissiez...
-LANCH ! »

Goldfroy me coupe avant même que je puisse finir ma phrase. Il s’attire vers lui les regards surpris de toute l’équipe et moi-même lorsqu’il se détache de la horde, et que le Gravalanch s’avance jusqu’à moi, le pas certain.

De sa poigne rocailleuse, il m’attrape la main pour me forcer à m’abaisser… Et me prend dans ses quatre bras.

Je me laisse faire, parfaitement immobilisé et déconcerté par ce geste. J’ose encore moins bouger lorsque le cri désespéré d’une Loupio fend les lieux, et que Meg arrive en quelques bonds à nous rejoindre pour m’étreindre le genou. Bien vite, un Webble en larme vient prendre part au câlin, et ensembles, les trois incitent très rapidement tous les autres Pokémon à les suivre.

C’est ainsi que je me retrouve, sans comprendre comment ni pourquoi, au milieu d’une horde entière de Pokémon. Pelages, peaux, écailles, métaux… Tous ces corps parfaitement hétéroclites se mêlent en un contact puissant. Je ne me sens pas étreint, je ne me sens pas étouffé, je ne me sens pas écrasé… Je me sens juste attendu.

Et aimé.

Je n’ai pas fini de pleurer aujourd’hui, je crois.

« -M….. »

Je déglutis, et enfonce mon visage contre la peau granuleuse de Goldfroy.

« -Merci vous tous. »

Je ne veux plus bouger. Je souhaite que plus rien ne change. Que nous restons tous figés ainsi. Éternellement. Je veux pouvoir profiter de ce câlin encore. Encore. Et encore. Qu’il ne s’arrête jamais. Et que nous restons ainsi proches des uns les autres. Pour touj-

Non.

Il manque quelque chose.

Des bruits de pas se font entendre non loin. Un léger frémissement parcourt notre regroupement lorsque nous nous tournons vers le nouvel arrivant, qui s’est simplement posté aux côtés d’une Lissa contemplative. Le regard fuyant et l’expression craintive, Oz n’ose plus faire le moindre geste.

« -… »

Un sourire crispé sur le visage, j’ai besoin de quelques secondes pour parvenir à dégager un bras de l’étreinte musclée dans laquelle je suis mêlé, et finis par pouvoir tendre une main au Raichu d’Alola.

« -Viens, Oz.
-Raaaamp ! »

Le cri à la fois approbateur et euphorique de Zelf – que je n’avais pas entendu depuis bien des années – entraîne bien rapidement une autre série de cris aussi émus que confus par l’apparence de l’ancien Pikachu. Celui-ci n’émet toujours pas le moindre mouvement, réticent, et un point finit par se détacher du reste de notre groupe.

« -Pikaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa ! »

Euphie se jette purement et promptement sur Oz, en pleurs. Le principe se propage ensuite bien vite au reste de l’équipe : si tu ne veux pas venir faire de câlin, le câlin viendra à toi.

Ce changement soudain de cible de la part de mon équipe a le mérite de me permettre de respirer un peu. Je me relève, et un sourire apaisé sur le visage, observe le Raichu d’Alola se laisser étreindre par la masse de Pokémon, de la même manière que moi quelques secondes auparavant. Oz montre une docilité admirable, et je le vois lui-même chercher à resserrer sa prise autour de tout ce monde, lui qui n’a jamais été particulièrement tactile, et a pour habitude de rejeter la moindre de mes tapes amicales. Mais ainsi touché par l'émotion, il ne peut plus que pleurer et profiter de ses compagnons.

C’est par la même occasion que je réalise que tout le monde ne s’est pas joint au câlin. White Lady, Sharon et Obbyt sont restés en retrait.

Je me tourne vers eux, et les dévisage un à un. Un court instant passe avant de me décider à leur parler.

« -Je prends ça pour un refus ? »

La réaction de White Lady ne se fait pas attendre, et la Pachirisu croise les pattes en expirant bruyamment par le nez, une profonde expression de dédain sur le visage. Le Magnéti au centre se contente de s’agiter de gauche à droite en signe de négation, alors que Sharon souffle à son tour, le regard ailleurs.

Je souris, amusé.

« -… Bah. Si vous le dîtes.  »

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« Si tu avais le choix, que ferais-tu ? »

Merci Môman Callie!
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