Compétition Pokéathlète #6 - Le Grand Marathon
Potiron
Région d'origine : Kalos
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Sujet: Compétition Pokéathlète #6 - Le Grand Marathon   Mar 11 Déc - 0:47
Compétition Pokéathlète
Rappel des règles & description des lieux
Mes amis c’est incroyable ce qu’il est en train de se préparer ici, juste sous nos yeux, en cette magnifique matinée d’hiver !

On peut dire qu’effervescence est le mot le mieux choisi pour décrire actuellement l’ambiance dans toute la ville de Nuevo, et plus particulièrement au port. Une foule composée d’étudiants mais aussi d’habitants de la ville est déjà réunie sur les gradins installés spécialement pour l’occasion. Certaines élèves arborent des pancartes aux couleurs de leur dortoir ou tagués avec le nom de leurs amis, en train de se préparer pour la course qui ne devrait plus tarder à commencer. Juste devant eux, indiquée dans l’eau par des bouées, la ligne de départ n’attend plus que les futurs concurrents.

Les élèves de la Pokemon Community vont aujourd’hui s’affronter dans le cadre d’une course sportive tout autour de notre magnifique île Adala, commentée par le fidèle assistant de la mairesse que je suis Charlie Hudson ! Ils vont devoir maitriser les trois types de terrains et être plus rapide que leurs adversaires s’ils espèrent l’emporter la partie ! La municipalité a évidemment répondu présente à la demande de Monsieur Archibald Snow pour organiser une course digne de ce nom ! En attendant que l’ensemble des participants arrive, un petit rappel des règles s’impose pour vous tous chers amis.


Tandis que les premiers élèves arrivent sur la ligne de départ à dos de monture volante, les télévisions géantes disposées un peu partout dans le port s’allument pour montrer divers endroits de l’île, correspondant à différents points du parcours que vont devoir emprunter les concurrents. Charlie, toujours son micro en main et équipé de sa fidèle chemise à fleur malgré la température relativement fraîche de ce mois de décembre, continue de se promener sur le port pour captiver au maximum la foule.

Les participants s’élanceront donc d’ici à dos de pokemons volants. Bien sûr, si dans leurs pokemons aucun ne pouvaient remplir ce rôle, la mairie s’est fait une joie de prêter des montures volantes aux élèves le temps de la course. Il en va également de même pour les autres pokemons nécessaires à cette course. Si ce n’est par merveilleux. Une fois le départ donné, les participants devront longer le plus vite possible toute la côte ouest de l’île pour arriver aux environs du château de Malnova où leur première véritable épreuve les attend ! En effet ils devront passer à travers une multitude de cerceaux tenus en l’air par l’ensemble des pokemons psy de Malnova que nous pouvons remercier très fort !


Des applaudissements mêlés à des cris se font entendre tandis que Charlie attise les foules pour faire monter l’ambiance.

Une fois les cerceaux passés, l’ensemble des participants devront laisser leur monture volante à l’arrière du Manoir Eclat pour s’élancer dans la forêt, dans les futaies escarpées. A l’intérieur, un parcours du combattant préparé spécialement par la vice directrice de la Pokemon Community Général Jackie attend les candidats. Ils devront ramper, escalader et sauter s’ils veulent espérer sortir de la forêt et arriver au lac Keldeo.

En même temps que les paroles de l’assistant de la mairesse, les télévisions géantes affichent de manière successive différentes images prises en direct de la forêt montrant les différents obstacles en place. Effectivement l’ancienne référente des Pyrolis n’a pas fait son travail à moitié et il faudra beaucoup de courage pour espérer en venir à bout.

Une fois au niveau du lac, les élèves devront le traverser à la nage sans l’aide de pokemons jusqu’à arriver au niveau des cascades. De là, à l’aide d’un pokemon aquatique, ils devront affronter les sources et courants d’eau agités sans faillir jusqu’à atteindre la plage qui se trouve au sud de l’île. Là-bas, une petite course dans le sable les attend jusqu’à de nouveau rejoindre la mer tout au sud de l’île. A l’aide de leur pokemon aquatiques, ils devront s’enfoncer dans les mers pour attraper l’un des petits foulards accrochés à l’entrée des ruines aquatiques et revenir à la surface. S’ils ne ramènent pas l’un de ces foulards, il leur sera impossible de prétendre à une victoire. Pour finir, il s’agira simplement d’une course de vitesse à dos de pokemons aquatiques pour passer la ligne d’arrivée qui se trouve juste derrière moi.

Le parcours présenté par Charlie est long et périlleux mais ne semble pas faire peur à l’ensemble des concurrents, cette fois-ci tous en place sur la ligne, n’attendant plus que le top départ du commentateur.

Je rappelle simplement avant d’annoncer le début de la course que même s’il est autorisé de gêner les concurrents pour les dépasser, en aucun cas les attaques de pokemons ne sont tolérées. Un participant qui serait surpris en train de briser cette règle serait immédiatement disqualifié. Bon je crois avoir fait le tour. Pour les gagnants, de très beaux lots sont mis à la clé, offert par votre ville préférée évidemment. Je ne vous fais plus attendre, les amis avec moi pour le top départ.


3…2…1 GOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !
Précisions supplémentaire
•  Comme vous l'aurez compris la compétition Pokeathlète de cette année est une course de vitesse avec obstacle. Inrp, les élèves participants sont déjà au courant et se seront inscris auprès de leurs professeurs référents pour ce jour.
•  Vous pouvez évoquer des actions décrites par les élèves passés avant vous, ou même la présence de PNJ, mais interdiction d’interagir directement avec les autres membres.
•  Les obstacles rappelés par Charlie sont les obstacles obligatoires. Vous pouvez vous rajouter des difficultés tant que cela reste cohérent avec le reste de la course.
•  Pour rappel, ce dernier devra faire au moins 700 mots.
•  Vous ne pouvez équiper qu'un seul objet sur chacun de vos Pokémon.
• Vous avez un mois et demi pour poster votre rp, c’est à dire que vous avez jusqu’au 01/02/19.
•  Votre RP sera suivi d'une balise HRP avec les informations suivantes :
Code:
Pokémons utilisés :
Objets tenus:
Points d'Athlétisme des Pokémons :
• Vous devez vous inscrire dans ce topic www avant de pouvoir poster.
•  Nouveauté de cette compétition, les élèves ne participant pas à la course peuvent poster dans le topic de la compétition comme simples spectateurs venus encourager leurs amis ou simplement pour regarder. De même, les adultes peuvent également poster en tant que spectateur. Simplement, le rp devra être mis en spoiler pour une question de lisibilité au moment des corrections.
•  Voilà tout est dit ! N'hésitez pas à poser la moindre question aux membres du staff si jamais vous en avez besoin ! Enjoy o/
Hope Spettell
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Todresseur Ranger
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Sujet: Re: Compétition Pokéathlète #6 - Le Grand Marathon   Dim 27 Jan - 5:21
Que faisait-elle ici au juste ? Juste… Pourquoi ? Hope avait envie de mourir sur place. Non, ce stupide assistant du maire devait se tromper. À aucun moment, il avait été mentionné dans l’annonce de la compétition, elle n’avait lu ce qu’il venait d’annoncer. Comment allait-elle faire ? Devrait-elle déclarer forfait ? Y avait-t-il moyen d’esquiver cela ?
Ce matin, elle s’était levée confiante. Elle s’était rendue au lieu de rassemblement confiante. On lui avait prêté un Rapasdepic au doux nom de Fuseau pour la course. Ce n’était pas le Pokémon rêvé mais il fera largement l’affaire. Miyabi était de bonne humeur, prête à en découdre. Sa journée était parfaite. Parfaite, jusqu’à il y a quelques minutes. Pourquoi. POURQUOI ? La jeune fille se préparait déjà mentalement à subir la honte de sa vie lorsqu’elle se noiera au milieu de ce fichu lac Keldeo. Pourquoi étaient-ils censés nager dans un triathlon avec des Pokémons ? Cela ne faisait aucun sens. Elle aurait pu aller se plaindre, mais bon, elle n’était pas ce genre de chieuse. Oui en faite non, elle est ce genre chieuse, mais quand cela lui permet de gagner sa dignité. Là, ce n’était pas le cas. En jetant discrètement quelques regards autour d’elle, elle constata avec regret qu’elle était la seule à qui cela posait apparemment un problème. Très bien, il fallait donc qu’elle se prépare au pire. Et ces deux minutes restantes avant le signal de départ ne lui suffiront sûrement pas.

Coup de sifflet. « Allez, on y va. ». Docile, le Rapasdepic prit son envol. Pour être tout à fait honnête, la Pyroli aurait tout de même préféré un Altaria dont elle aurait au moins eu l’habitude. Mais bon, on ne lui avait pas donné un Babymanta, donc peut-être valait-il mieux ne pas se plaindre. Et de tout de manière, cette petite déception paraissait bien légère à côté de sa noyade prochaine qu’on venait de lui annoncer.

Les ailes se déploient. Des plumes se perdent. Des bourrasques. Des acclamations. Des hurlements. Des encouragements. Des cris d’exclamation. Sa queue de cheval lui fouette le visage. L’air froid qui se plaque contre elle. Les joues rouges, les doigts gelés, les premiers regrets lui viennent à l’esprit. Elle libère ses mains quelques secondes, le temps de remonter la fermeture de son gilet. Une bourrasque. Elle se raccroche in extremis. Une grimace. Les mitaines ne lui suffisaient pas. Il lui aurait fallu des vrais gants. Mais c’était trop tard pour penser à ça. Là tout de suite, il fallait qu’elle se concentre sur autre chose. Elle plissa les yeux, se pencha vers l’avant et exécuta une légère pression à l’avant du dos de sa monture. Les ailes se replient. Le vent fouette son visage plus violemment. Piqué.
Droit devant, le premier cerceau qui scintille d’une lueur rose. Quelques adversaires se trouvent sur ses côtés. Le diamètre de ce premier objectif ne semblait pas suffisant pour laisser passer plus d’une personne en même temps. Le passage allait être rude. Elle s’incline encore un peu plus. Elle sent le souffle froid frôler son dos. Les articulations de ses doigts semblaient déjà être en train de la lâcher. Ses mains sont devenues rugueuses, sèches. Elle essaie de les dissimuler sous ses manches, enlace le cou de sa monture pour rester en équilibre. Et de un.
Le second se trouve plus en hauteur. Il aurait fallu arrêter le piqué un peu plus tôt pour reprendre plus rapidement de l’altitude. Manque d’expérience, manque de chance. Les ailes se déploient, plusieurs battements sont nécessaires pour dévier de la trajectoire initiale. Elle perd de la vitesse. Ça l’agace. Elle ressent ce petit pincement au cœur. Le stress ? La frustration ? Quelques battements encore, bientôt, ils sont à la hauteur du second objectif. Et de deux.
Elle avait perdu du temps. Alors qu’il fallait absolument qu’elle en gagne pour plus tard. Oui, c’était bien de la frustration. En colère contre elle-même. Et le coup de stress en réalisant qu’elle n’était pas dans une si bonne position que ça. Même si elle avait récupéré une bonne trajectoire. Le Rapasdepic semblait pouvoir mieux prendre la vitesse lors des trajectoires en descente. Évidemment, un Pokemon ayant plutôt l’habitude de planer pour repérer ses proies. Les piqués étaient ce qu’il savait de mieux faire. Mais foncer vers le bas, c’est bien gentil, cependant, il faut quand même monter pour pouvoir mieux descendre et les cerceaux n’étaient pas suffisamment proches l’un de l’autre pour pouvoir les passer dans un ordre différent que celui prévu par les organisateurs. Non, il ne lui restait que l’option, gérer le timing parfait pour arrêter les piqués sans perdre trop de vitesse. Ugh, elle n’avait pas l’habitude des montures volantes. Encore moins des balades aériennes aussi techniques. Et de trois. Le troisième cerceau se trouvait à une altitude relativement clémente compte tenu du précédent. Elle n’eut pas vraiment à galérer pour trouver une bonne trajectoire. Le quatrième se trouvaient toujours dans la continuité des deux derniers, hormis le fait qu’un virage allait être nécessaire. L’oiseau déplie légèrement son aile droite. Inclinaison vers la gauche. Et de quatre. Ses deux ailes s’étendent, le vent glisse contre son plumage, parabole parfaite. Elle serre les poings, sent l’élastique dans ses cheveux se desserrer, elle ne s’en soucia guère.
L’ascension se fit avec légèreté, contrairement au premier essai. C’est confiante que Hope se redressa pour pouvoir mieux accompagner les battements d’ailes de sa monture. Elle inspira un bon coup et essaya de se remettre aussitôt en condition. Ce n’était pas fini. Et de cinq.

Au fur et à mesure de la course, la synergie entre la jeune fille et sa monture s’améliora considérablement. Le Rapasdepic réussissait à atteindre des vitesses intéressantes. Déviation vers la droite, piqué, relevé, virage gauche, relevé. Arrivé au dernier quart, le parcours devint peu idéal pour un Rapasdepic. Les anneaux toujours un peu plus haut, semblait monter toujours un peu plus haut le ralentissait, l’avance qu’ils avaient construit s’écroulait peu à peu. Plutôt frustrant. Un peu beaucoup. Et pour la blonde et pour sa monture. Et c’est pourquoi une fois le plus haut cerceau traversé, ils foncèrent presque immédiatement vers le bas. Là, en bas, se trouvait le tout dernier objectif, à presque la surface de la mer. Elle sentit l’eau gelée frôler ses pieds et gicler autour d’elle. Les fines gouttelettes s’envoler, humidifiant ses vêtements. Et qu’elle allait trop vite. Et que le dernier cerceau bougeait. Et qu’elle n’allait pas pouvoir passer à travers. Ses mains cessèrent d’agripper sa monture. De l’eau s’infiltra dans ses manches. Elle leva les bras et attrapa de justesse ce dernier anneau qui semblait vouloir s’échapper, avant de littéralement se hisser à l’intérieur. Tout son corps se pencha de côté, et elle poussa le cerceau comme elle put avec sa jambe pour laisser plus de place au passage de sa monture. Et elle glisse. Ses yeux s’ouvrent grands lorsqu’elle se retrouve face à face avec son reflet. Elle réalisa enfin à quel point elle se trouvait proche de l’eau. Et elle retomba comme un sac à patate sur le dos de sa monture avant qu’une vague ne s’éclate sur sa tronche. Quelques toussotements. Elle n’a pas vraiment le temps pour ça, ses doigts, gelés, lui faisaient mal, mais elle essayait de rester agrippée à la taille du Rapasdepic comme elle le pouvait. Quand arriveront-ils à terre ferme ? Dans pas longtemps. Elle le savait, mais à quelle distance du point d’arrivée se trouvaient-ils ? Elle n’osa pas bouger pour pouvoir jeter un œil à l’avant. Tête baissée, toujours en mode sac de patate, ses yeux fixaient le sol qui défilait à une vitesse ahurissante.
Et d’un coup, il freina. Elle fut éjectée. Oups. Roulade, réception. Heureusement qu’il y avait eu les entraînements de Jackie. Ses doigts étaient enfin libres. Elle poussa un soupire de soulagement. Ses phalanges, rouges, viraient presque au bleu à cause du froid. C’était bien la dernière fois qu’elle ne mettrait pas de gant pour une course aérienne en plein hiver. À y repenser, c’était stupide, stupide de sa part. Elle leur souffla dessus pour essayer de les rééchauffer, son souffle chaud lui sembla brûlant. Elle frotta ses mains l’une contre l’autre. Bon, pas le temps de niaiser, surtout devant l’épreuve de leur très chère ex-référente. Elle s’attendait à tout moment voir un Godzilla enragé débarquer et balancer un Hydrocanon sur tous les participants. Autant ne pas traîner.

Le parcours d’obstacle. Tout en avançant d’un pas pressé afin de se permettre de reprendre le souffle, elle resserra l’élastique de sa queue de cheval. Celui-ci s’était pas mal défait lors de la première étape. Elle constata avec une grimace qu’il était probablement en train de rendre l’âme. Peut-être aurait-elle dû en prévoir un de rechange. Ses longs cheveux risquaient de beaucoup l’embêter si cela devait arriver.
Au vus des traces de pas sur le sol humide, elle n’était pas la première à avoir atteint cette étape. Était-ce étonnant ? Probablement. Elle ne prétendait pas être la meilleure athlète loin de là, mais quelque part, cela l’agaça. Elle avait tant galéré pour cette étape, alors qu’elle n’aurait pas dû être aussi compliqué, et tout ça pour un résultat décent. Elle accéléra le pas.

Rapidement, la jeune fille se retrouva en hauteur, à devoir escalader les arbres. Enfin quelque chose dont elle avait l’habitude. La première fois, elle avait galéré à le faire à cause de sa fichue petite taille. Mais désormais, elle avait pris l’habitude. Prendre un peu d’élan pour atteindre une branche un peu trop haute était devenue une habitude. Accroupie sur un perchoir plutôt solide, elle sauta ensuite pour attraper la branche au-dessus de sa main droite. Elle se balança une fois, sa main gauche put l’atteindre également, deux fois, elle parvint à se hisser dessus. Après plusieurs fois la même opération, elle parvint enfin à atteindre une plateforme au bout duquel se trouvait… Le vide ? S’approchant du bord, elle aperçut le filet tendu plus bas, sur lequel se trouvaient plusieurs Pokemon psy, probablement là pour amortir la chute si chute il y avait. Elle leva la tête. Plus haut, était tendu une corde sur laquelle étaient accrochée une multitude de poignées. Très bien. Les bras n’étaient pas là où elle avait le plus de force, mais pour un parcours adapté même aux non-Pyrolis, cela devrait faire l’affaire non ? En effet. Même si ce ne fut pas la tâche la plus aisée non plus. C’est avec soulagement qu’elle se jeta sur la seconde plateforme et découvrit avec joie la présence d’une tyrolienne. Jackie avait vraiment été trop gentille. Ses mains qui n’avaient plus pour unique tâche de rester agrippée à un Rapasdepic dans l’air gelé en altitude revivaient.
Trop gentille ? C’était mal connaître la directrice de l’école. Hope le réalisa rapidement lorsqu’elle se retrouva à devoir faire des acrobaties en l’air pour esquiver des poutres intelligemment positionnées tout le long de la descente. Mais attendez deux secondes, les Mentalis qui se sont égarées et qui ont décidé de participer à ce triathlon, elles allaient survivre ? Est-ce qu’elles existaient, d’abord ? Un bruit sourd résonna. Hope était arrivée au bout de la descente. Sous le choc, le harnais repartit vers l’arrière pendant que notre blonde avait profité de l’impact pour sauter. Un panneau accroché à un arbre indiquait la direction à prendre.

Un nid de Dardagnan. Sérieusement ? Très sérieusement ? Son regard océan croisa les yeux flamboyants des insectes. Uh. Ils ne lui voulaient définitivement pas du bien. Elle recula. Un pas. Puis deux. Puis tourna les talons. Non, il fallait courir, reculer, mais quelle idée. Le bourdonnement derrière elle la dissuada de se retourner. Seulement, voilà, rapidement, une barrière lui barra la route. Mais pas assez haute pour l’empêcher de sauter par-dessus. Se suivit d’un large tuyau en plastique. Deuxième saut. Son pied glissa. L’air humide avait rendu la surface glissante. Elle parvint à se rattraper de justesse. Puis un tracteur gigantesque. Hein ? Mais qu’est-ce qui se passait ? Avait-elle le temps de le contourner ? Grimper par-dessus ? Uh… Elle se jeta sous le véhicule pour ramper jusqu’à l’autre côté. C’était sans aucun doute la manière la plus rapide. Et enfin, elle comprit que la barrière n’était pas un obstacle à proprement parler. Devant elle, s’étendait sur cent mètres un chantier. Les arbres avaient été rasés, le sol, creusé, sur lequel la construction des fondations d’un nouveau bâtiment avait été entamée. Était-elle vraiment censée être là ? Un bourdonnement arrivait dans son dos. Censée ou pas, il fallait qu’elle coure. Elle prit de l’élan et sauta sur un muret dont la construction venait d’être entamé. Un second. Un saut. Une bâche étendue sur le sol. Pourquoi donc ? Saleté de boue. Ses baskets s’enfoncent. Des couinements. Des bourdonnements. Un petit tas de pierres. Impossible à escalader. Les cailloux tombent les uns après les autres. Des bourdonnements. Elle saute. Atterrissage dans une flaque de boue. Elle court. Le bout du chantier. Escalade. Gazon. Bourdonnements. Futaies. Sentier. Bourdonnement. Barrière.

Elle se retrouva face à une nouvelle barrière. Comme celle par-dessus laquelle elle avait sauté un peu plus tôt. Non, elle n’était pas censée passer par là. Se trouvait-elle seulement dans la bonne direction ? Avait-elle pris un raccourci ? Ou au contraire, un détour ? Les bourdonnements la rattrapaient. Tant pis, elle n’avait pas le temps de réfléchir si elle ne voulait pas finir en bouillie. Aller au plus simple. Courir droit devant.

Et là, elle le vit. Elle le croisa. Le monstre. Godzilla. Gloups. Considérant le regard qu’il jetait à la blonde, effectivement, elle n’était pas censée se trouver ici. Aura-t-il seulement pitié d’elle en apercevant la horde de Dardagnans qui la poursuivait ? Avait-elle seulement le temps de le supplier ? Mais même si elle le voulait, elle ne pourrait pas. Le souffle lui manquait. Et la réponse fut non. Presque aussitôt, le monstre cracha une énorme vague qui emporta la Pyroli qui fut projetée au loin. Derrière, les cris macabres des insectes témoignaient du massacre qui se produisait.

Plouf. Dans l’eau. Le son ambient devient sourd. Les bruits autour d’elle résonnent. Son corps tout entier se retrouve immergé dans le liquide froid. Les formes se floutent, la lumière se disperse. On dirait que l’eau scintille. Ciel étoilé aquatique. Son mollet lui fait mal. Les plats ne sont guère agréables. Elle a l’impression que quelqu’un l’a frappée à cet endroit. Une silhouette rouge s’approche, traverse son champ de vision, cache les taches bleues et vertes qu’elle observait, l’espace d’un instant. Un Magicarpe. Le point de lumière principal semble s’éloigner. Une bulle part le rejoindre. Une deuxième. Son élastique lâche. Ils s’éloignent. Jusqu’à disparaître. Ses cheveux volent, se déploient, dansent, se meuvent dans le tableau. Malgré tout, ça l’éblouit. Elle tend son bras, essaie de cacher la lumière, cette lumière. L’espace autour d’elle semble se réduire, s’assombrir. Les bruits muent. Elle ferme les yeux. Le ruissellement de l’eau. Le calme.
Est-ce qu’elle n’aimait simplement pas ça ou n’y arrivait vraiment pas ? Pourtant on avait essayé de l’aider. À quelques reprises. À plusieurs reprises. Sûrement trop tard par rapport aux autres. Ça ne la motivait pas. Pour être tout à fait honnête, elle savait se débrouiller, comme tout le monde, s’il le fallait vraiment. Mais quelque part, elle ne voulait pas, elle ne voulait pas se placer en bas du tableau, s’avouer faible, alors elle esquivait. Autant prétendre le contraire. Était-ce puérile d’ignorer ainsi les choses ? Probablement. Mais n’est-elle pas une personne puérile ? Grandir l’effrayait. Alors qu’il y a quelques années, elle attendait cela avec impatience, croyant que cela signifiait indépendance et liberté, désormais, elle savait que ce n’était pas le cas. Il y a quelques années, elle fonçait tête baissée qu’importe les occasions. Aujourd’hui, elle avait l’impression de se priver de tout, et de devoir se priver de tout. Parce qu’il le fallait ? Elle aurait aimé rester jeune éternellement. Les responsabilités qu’on lui collait dans le dos l’effrayaient. Et pourtant, elle avait conscience qu’il y avait tant de monde qui souffrent bien plus qu’elle. Qui angoissent bien plus qu’elle. Et qui se battent tellement plus qu’elle. Étaient-ils plus dignes de ce monde ? Avait-elle seulement le droit de se plaindre ? De vouloir fuir ? Sa gorge lui brûlait. Elle voulut tousser, quelque chose lui bloquait la respiration. Elle n’arrivait plus à respirer. Elle avait mal. Elle avait l’impression qu’on lui compressait les poumons. Ses mains brassent le vide. Elle essaie de se raccrocher à quelque chose. À quelqu’un. Le vide. Elle n’y parvient pas. La masse s’échappe entre ses doigts.
Des tambours.
On frappe à la porte. Une porte claquée.
Une gifle. Des grondements.
Des tambours. Continus.
Les bruits descendent, se dispersent, se noient, disparaissent, renaissent.
Enfin, elle arrive à se raccrocher quelque part. La lumière. Hors de là. Elle respire. Des gouttes coulent le long de son corps. Elle déteste ça, elle se déteste. La faiblesse. Elle se déteste. Elle déteste sa propre faiblesse. Elle déteste cette fierté qu’elle n’arrive pas à la lâcher. Elle déteste son propre entêtement pour tout et n’importe quoi. Elle déteste cette instabilité qu’elle se trimballe depuis deux ans. Elle déteste avoir des responsabilités. Elle déteste cette puérilité. Elle déteste se détester. Et pourtant. Les gouttes coulent. Faiblesse.

La requine remonte le cours de l’eau. Elle en avait l’habitude. Cela fait des années qu’elle l’accompagne. Elle pensait comprendre, mais aujourd’hui, l’incompréhension s’était emparée d’elle. De la colère ? De la tristesse ? De la déception ? Un mélange des trois. Qu’allait-elle dire à Gummy et à Malware ? Elle voulait se montrer grincheuse, elle savait qu’elle ne pouvait pas. Alors elle se contente de remonter la rivière. Devrait-elle accélérer ? Comment peut-elle savoir ? Le silence régnait. Alors elle remonte la rivière à vitesse constante. Prend les virages de la plus douce des manières. Malgré tout, elle n’est pas antipathique. Certes, parfois elle fait des sienne. Mais elle n’était pas stupide. Ou peut-être l’était-elle, pour être restée avec cette humaine pendant autant de temps. Tout ça pour servir de bouée à une incapable. Mais malgré tout, l’humaine n’en est pas une. Elle, elle le sait. Malheureusement, cela ne changera pas grand-chose.
Elle remonte le courant.

Ses doigts peinent à défaire le nœud. Gelées. Frigorifiées. Écorchées. Elle n’en a plus le contrôle. Le sel de la mer. Ses mèches la gênent. Pourquoi faisait-elle ça ? Elle se mord les lèvres. Pourquoi ? Encore une fois, le tissu lui glisse des mains. Elle grince des dents. Elle s’énerve. Le nœud ne veut pas se défaire. Il est là. Il persiste. Il se joue d’elle. Consistant. Têtu. Miyabi l’attendait. Elle voulait en finir rapidement. Rentrer. Manger. Dormir. Mourir. Mais ce nœud était là.
La bulle autour de sa tête rétrécie progressivement. Elle le sait. Ça l’énerve. Elle s’énerve. Elle allait arriver à court d’air. Elle voit bien qu’elle agace Miyabi. Ses doigts glissent encore une fois. Saleté. Comment voulaient-ils qu’ils arrivent à récupérer ce maudit foulard dans des eaux gelés ? Elle n’y arrivait pas. Elle n’y arrivera pas. Et la Shaperdo semblait l’avoir bien compris. Un coup de crocs bien placé, le grillage n’était plus que tas de ferrailles. Le nœud se défit tout seul, et le tissu se meut dans l’eau comme pour se moquer d’elle. Tais-toi. Elle l’attrape d’un geste rageur. Va mourir. Il ne pourra plus danser. Il ne pourra plus se mouvoir. Il ne pourra plus rire. Ce fut sa fin. Les couleurs se fanent.


Pokémons utilisés : Miyabi (Sharpedo) [+ Fuseau (Rapasdepic) prêté par la Mairie]
Objets tenus: Sac à dos Vert Tombola 2014 [+2 Athl]
Points d'Athlétisme des Pokémons : 1

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Lise L. De l'Élysée
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Sujet: Re: Compétition Pokéathlète #6 - Le Grand Marathon   Lun 28 Jan - 3:23
Était-elle vraiment sûr de vouloir participer à cette compétition de barbare ? C’était ce qu’elle se demandait à présent. En lisant l’annonce de la compétition, à aucun moment, elle n’avait eu l’impression qu’il s’agissait d’un tel événement. Elle qui s’imaginait un gentil petit triathlon, avec un gentil petit public, et une gentille petite organisation. Et bien non. Coincée au milieu de la foule, elle eut l’impression d’étouffer. Pff, la vie était injuste, elle aussi elle voulait grandir ! Pourquoi les gens étaient grands mais pas elle ? Quand va-t-elle continuer à grandir ? Pas aujourd’hui de toute évidence. Le présentateur hurlait dans son micro. Les enceintes, à plein volume, déversaient son flot de paroles avec violence, le public, dans lequel se trouvait beaucoup trop de monde, hurlaient ce qui devait sûrement être des cris d’encouragement mais se confondaient en un brouhaha immonde. Voici la plèbe.

Allait-elle seulement réussir à passer une seule étape ? Mais à quoi s’attendait-elle en lisant « tour de l’île » ? L’île était pourtant petite. Mais pourquoi semblait-elle si grande maintenant ? Et puis, pourquoi s’était-elle inscrite à ce « gentil petit événement » alors qu’elle n’avait même pas les Pokémons pour ? On lui avait certes prêté un Demanta, mais comment faire confiance à… Cette chose qu’elle n’avait jamais rencontré jusqu’à il y a quelques minutes de cela ? Sera-t-elle à la hauteur des autres participants ? Et bien… Elle se rendit bien vite compte que non. Que ce n’était pas elle qui paniquait toutes les trente secondes, dès que sa monture prenait trop de vitesse, qui allait pouvoir monter sur le podium où même finir la course. Elle tapota le dos du Pokemon sur lequel elle se trouvait. Tout doux. Tout doux. Ce n’est pas grave si la course se transforme en paisible petite ballade. De toute manière, c’était comment elle s’était imaginé le triathlon à la base. Et puis, elle était là pour… Pour quoi au juste ? Oh mais oui, pour remplir sa mission d’une vie bien évidemment ! La personne devant elle venait de passer un cerceau avec grâce. Wow ! Cela méritait quelques applaudissements ! Prise dans son élan, elle oublia à quel point cela l’avait effrayé de lever les mains de sa monture quelques instant plus tôt. Clap clap clap !
Oui, c’est bien cela, elle allait se contenter d’applaudir les prouesses des autres participants ! Et puis, si elle ne gagnait pas, cela voulait dire que d’autres personnes gagneront et qu’ils seront heureux ! Et puis, si elle ne finit pas la course, ça veut dire que le dernier à la finir ne sera pas le dernier et il sera alors moins triste ! Mais oui, quel plan de génie pour répandre le bonheur dans le monde !

Par contre, pour pouvoir applaudir les gens, il fallait quand même qu’elle ne soit pas cinq cents mètres derrière tout le monde. Prenant son courage à deux mains (il s’appelait Kimi et était un Demanta, là tout de suite), elle décida de mettre un peu plus de rythme. Et puis, en vrai, le Demanta était plutôt mignon !
Ils atterrirent derrière le manoir. Et là, la fillette réalisa qu’il y avait un problème. Ce Demanta était censé lui servir de monture aquatique aussi, après. Mais… Comment si elle devait le laisser derrière le manoir ? Mais pourquoi la plèbe n’était-elle pas prévoyante ? Cela commençait à l’agacer. Mais c’était la plèbe. Elle ne devait pas leur en vouloir, c’était dans leur profonde nature. Elle prit une grande inspiration. Une voix sonna derrière elle. Euh, oui, bonjour Monsieur, que cherchez-vous ? Oh, laisser ma monture ici ? Oui, bien sûr, mais euh… Oh, elle sera amenée vers le lac ? Mais parfait alors, haha, haha. Merci Monsieur, bonne journée ! C’est bien ce qu’elle disait. La plèbe est ingrate et il fallait changer cela. Mais comment ? Peut-être trouvera-t-elle une solution en se baladant dans la forêt. De toute manière il fallait qu’elle y aille pour la seconde étape. À côté d’elle, les gens se pressaient et courraient tous à toute allure en direction de la forêt. Oh, il y avait tant de monde. Très bien, Lise les laissera passer pour qu’ils soient heureux ! Mais attention, il ne fallait pas qu’ils se blessent dans la précipitation.

La forêt. Ô, quel bonheur. Les arbres, la nature, les mignons petits sentier. Et l’humidité. Et la boue. Et les insectes. Non, tout compte fait elle détestait ça. Surtout quand elle devait sauter d’une plateforme à une autre sous peine de finir pleine de boue. Mais quelle horreur ! Et après elle devait ramper à travers un tuyau plein de poussière ? Dans lequel étaient passées les godasses pleines de boue de tous les participants ? Mais, et la propreté ? Ils auraient au moins pu nettoyer le tuyau, à défaut de le changer, entre chaque passage ! Franchement, ce n’étaient pas les économies faites sur un pauvre tuyau qui allait leur permettre d’acheter un lustre pour la place du marché. Que comptaient-ils faire avec ces maigres économies réalisées sur un tuyau ? Tellement radin. En plus ça puait.
Il y avait beaucoup de choses pour lesquelles Lise voulait bien faire un effort. Pour le bien de son futur royaume, pour le bien d’Adala, pour le bien du monde. Mais si pour cela elle devait sacrifier ses mains, c’était non. Elle refuse de grimper sur un arbre. Mais à quel moment les organisateurs se sont dit que cela pouvait être une bonne idée ? Mais qu’elle pensée grossière ! Insensé. Comment étaient-ils censés grimpé sur un fichu arbre ? Grincheuse, elle finit par s’exécuter. Certes, il y avait une échelle. Mais elle escaladait quand même un arbre qui faisait cinq fois sa taille.

Elle sortit de la forêt. Toute boueuse. Toute sale. Toute grincheuse. Ce parcours était une blague ! Que faisait-elle là ? La plèbe ne s’indignait-elle donc pas qu’on leur fasse faire des prouesses pareilles ? Qu’on leur fasse manger des feuilles, de la boue, le sol ? Mais où était donc passé leur esprit ? Heureusement que la petite baignade allait pouvoir enlever toute la crasse qu’elle avait accumulé sur ses vêtements. Elle savait que, encore une fois, les choses ne se passeront pas dans les règles de l’art. Mais elle n’avait pas encore réalisé pourquoi. Et bientôt elle le sut. Le lac n’était pas chauffé. Mais quels escrocs ! En avaient-ils seulement conscience ? Allait-elle vraiment devoir apprendre à ses citoyens les règles de politesse primaires ?

Le Demanta l’attendait bel et bien de l’autre côté du lac. Personne n’était là pour l’écouter se plaindre. Tout le monde était pressé et occupé Alors elle poussa son grand coup de gueule à Kimi qui, par flemmardise, volait à quelques centimètres au-dessus du niveau de l’eau de la rivière plutôt que de remonter le courant. Parfois, quand la vie vous donne de quoi pour faciliter la tâche, autant en profiter. Non, mais tu te rends compte ? Le lac n’était pas chauffé ! Ils auraient pu nous tuer ! Oui, humain, je t’écoute. Pourquoi devrait-elle donc chauffée ? L’incompréhension de la bête se lisait sur son visage. Bientôt, ils arrivèrent à la plage. Courir sur la plage, ça elle savait faire même si Lise avait horreur du sable qui s’infiltrent dans ses chaussures. Avait-elle le choix ? Oui, car aucun organisateur n’avait pensé à leur fournir des claquettes. Lamentable. Fallait-il donc vraiment tout leur enseigner ? Elle fit les cent pas juqu’à la mer. Ses traces de pas restèrent dans le sable humide, profondément. Et enfin vint la dernière étape. Le foulard. Lorsqu’elle et le Demanta arrivèrent à l’entrée des ruines, elle constata sans surprise qu’il ne restait que très peu de foulard. Oui, cette plèbe connaissait vraiment mal leurs droits ! À quel moment une personne sensée se laisserait se faire maltraiter pendant sur un parcours qui dure plus d’une heure ? Impensable. Pourtant c’était le cas. Et puis, voyons le bon côté des choses, elle avait rendu des gens heureux en les laissant passer devant elle. Et rendre les gens heureux, c’est la meilleure chose du monde.



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Sujet: Re: Compétition Pokéathlète #6 - Le Grand Marathon   Mar 29 Jan - 20:49
« Mes amis c’est incroyable ce qu’il est en train de se préparer ici, juste sous nos yeux, en cette magnifique matinée d’hiver ! »

La compétition n’allait plus tarder à démarrer. Je m’étais préparé pour ce moment avec Flambusard et Aligatueur. Pourtant à quelques minutes du départ, je doutais de notre performance future. J’avais foi en leurs compétences, seulement… Après ce qui s’était produit à Halloween, j’avais peur que Flambusard n’ait pas le cœur à se battre à mes côtés. J’avais à plusieurs reprises songé à reconsidérer la course, puisque sans lui, j’étais incapable d’effectuer la première moitié du parcours dans les airs. Malgré sa soi-disant faiblesse qui le forçait à se réfugier dans sa pokéball, Flambusard m’assura qu’il tiendrait ses engagements pour la compétition. Cette manière de l’exprimer ne me ravissait pas vraiment… Néanmoins, je le connaissais comme personne et je savais qu’il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour m’aider à l’emporter. Cela ne m’empêchait pas de m’inquiéter pour lui.

Alors que les concurrents se plaçaient sur la ligne de départ avec toutes sortes de Pokémon de type Vol, je convoquais l’oiseau de feu qui pour la première fois depuis plus d’un mois accepta de venir. Il déploya ses ailes et cria férocement avant de m’inviter à monter sur son dos. Je m’approchais de lui et lui caressais les plumes de son cou.

- Tu es sûr que ça va aller ? Je ne t’en voudrais pas si tu ne t’en sens pas capable.

Flambusard me lâcha un regard noir, que je ne lui connaissais pas et qui en disait long sur ses motivations. Puis sans un mot, il pencha un peu plus son corps dans ma direction pour me dire de grimper. Je réprimais une remarque qui pendait sur le bout de ma langue et obéissais sagement en fermant les yeux. Une fois sur lui, il avança jusqu’à la ligne de départ où tous se tenaient déjà en place. Je me glissais doucement jusqu’aux oreilles de l’oiseau et lui soufflais quelques mots.

- J’ai une totale confiance en toi, mais je tiens encore plus à ta santé. Je souhaite simplement que tu m’assures que tout va bien, sinon je ne saurais me mettre pleinement dans la course.

Mieux valait dire les choses franchement, il ne nous restait plus beaucoup de temps et je voulais que ce soit clair entre nous. Jamais je ne lui en avais voulu pour ce qu’il avait fait cette nuit-là. Je refusais qu’il s’en sente responsable, ce n’était qu’un accident. Alors s’il n’allait pas bien à cause de ça, je préférais m’occuper de lui. Des courses, il y en aura d’autres, beaucoup d’autres. Un ami et membre de ma famille comme Flambusard, il n’y en avait qu’un et je ne pouvais me permettre de le perdre.

- Flaaaaaaam flambusard flaaam !

- D’accord. Dans ce cas, soyons comme le vent et remportons cette course !

- Flam.

Mon Pokémon se reconcentra sur la piste et j’en fis de même. Bien, Paul. Maintenant ne penses plus qu’à la course. Vous vous êtes entraînés, alors montres-leur le fruit de ce travail ! Je m’agrippe fermement aux plumes de mon Pokémon, m’allongeant presque sur son dos pour le décollage. Charlie Hudson termine son discours et tous en cœur, spectateurs et administrateurs lancent le décompte. Ainsi allongé, je vois le regard de Flambusard qui se durcit à mesure que nous arrivons au feu vert.

« GOOOOOOOOOOOOOOOO ! »

Le sifflet retentit. Tous les Pokémon s’emballent et dans un tourbillon de vent nous décollons. Je tremble un peu, ma prise n’est pas aussi stable qu’à l’accoutumée sans ma deuxième main, et Flambusard n’y va pas de main-morte. Il se démarque rapidement des autres participants et rejoint le peloton de tête. Dès que de la distance s’est formée avec les autres et que je me suis habitué à la vitesse de vol, je me redresse un peu pour regarder notre trajectoire. J’ai oublié de sortir mes lunettes de ma poche pour me protéger du vent, par habitude de les sortir plus tard, sauf que je ne me sens pas de lâcher prise pour les mettre. Tant pis, je ferais sans. Je plisse donc les yeux et observe ceux qui me devancent entamer la première phase du parcours.

- On arrive aux cerceaux, tu sais quoi faire.

- Flambusaaard.

Nous passons le premier cerceau à pleine vitesse sans aucune difficulté. Mais c’est maintenant que le vrai challenge commence. Flambusard est réputé pour être un Pokémon extrêmement rapide, ce qui présente un avantage de taille pour les lignes droites comme sur le départ. Toutefois, cette vitesse peut aussi être un frein lorsqu’il s’agit d’adapter sa course à des obstacles. Nous avons donc passé beaucoup de temps à essayer d’améliorer sa « maniabilité » aérienne en fonçant à pleine vitesse dans la forêt d’Adala. Ça ne s’est pas toujours très bien passé, voire même vraiment mal certaines fois, mais nous avons fini par élaborer une stratégie. Voyons désormais si elle va payer !

- Maintenant ! Passe en mode planeur !

D’un geste, mon Pokémon redressa de 45° la position de ses ailes et baissa son arrière train, freinant aussi avec sa queue. Notre allure diminua immédiatement, mais nous permis de manœuvrer jusqu’au cerceau suivant.

- Parfait. On peut foncer de nouveau, le prochain cerceau n’est pas trop compliqué à atteindre. Il faudra directement piquer après, le suivant se déplace latéralement à basse hauteur.

Flambusard était mes jambes et j’étais ses yeux. Pendant que lui réalisait au mieux possible le trajet d’un cerceau à un autre, je regardais les suivants et lui donnait les instructions à suivre afin de nous assurer un trajet fluide. Alternant entre vitesse et planage, nous passâmes tour à tour chaque anneau, débouchant sur le Manoir Éclat. Assez ironiquement, c’est ici que notre trajet aérien s’arrête, malgré l’interdiction formelle du propriétaire de la présence de Pokémon dans son magnifique jardin.

- Dépose-moi là.

- Flam.

- Je te remercie Flambusard, c’est du beau travail.

A hauteur d’un mètre, je saute du dos de mon Pokémon pendant son atterrissage et fonce vers la seconde partie du parcours : les épreuves du Général Jackie ! Ça ne se sent peut-être pas, mais un profond sourire orne mon visage. Ça fait une paye que je n’ai pas affronté les obstacles du Général et j’ai hâte de voir si elle n’a pas perdu la main pour nous en faire baver. J’imagine déjà les autres élèves ne la connaissant pas découvrir son parcours décontenancés.

Je pénètre la forêt au pas de course. Voir ce qui m’attend sur le chemin me rappelle des souvenirs. Assailli par un brin de nostalgie, je me jette à terre pour ramper dans la boue et passer sous les fils de barbelés. Avec ma main en moins, ce n’est pas évident de se tirer alors je fais plutôt usage de mes jambes pour me pousser vers l’avant. Je m’en sors couvert de boue, mais pas trop mal vu les circonstances et peut passer à la suite : des poutres en bois fins au-dessus d’un cours d’eau. Haha, je reconnais bien là mon Général favori ! Elle nous fait traîner salement dans la boue pour qu’on soit bien crade et qu’on glisse sur ces poutres. Je perds un peu de temps pour enlever mes chaussures, que je balance de l’autre côté de la rive.

- Sans ça, je sentirais mieux où je marche.

Les poutres sont déjà bien crades par le passage des premiers élèves. Doucement, j’entame ma traversée sans trop me précipiter. Si je tombe, je devrais tout recommencer alors autant bien s’appliquer dès le début. A l’inverse, un autre élève m’ayant rattrapé se hâte de monter sur la poutre et court dessus vers son bout. Je le regarde à moitié pour ne pas chuter. Il a l’air de s’en sortir pas trop mal, jusqu’à ce qu’il glisse et que son pied dérape hors de la poutre, le déséquilibrant et l’entraînant vers la flotte. Oups. Je ne dois pas me laisser déconcentrer. Tout droit, regarder bien droit, un pied devant l’autre, tranquillement. Oui, ça v… Wow, c’est pas non plus hyperstable au centre de la poutre. J’écarte les bras pour faire contrepoids, mais là encore je manque d’un bon équilibre sans main. Finalement, j’atteins l’autre bout, bondissant pour éviter les derniers 50cm à franchir. Je remets mes chaussures et me dirige vers un arbre, dont je casse une branche.

- En utilisant la lanière de mes lunettes, je devrais pouvoir la faire te… Gnnnn. Voilà ! Ça tiens !

Ouais, je suis d’accord, une branche c’est pas ce qu’il y a de plus extraordinaire comme bras, mais ça fera l’affaire. Allez, c’est quoi la suite ? Ne me dites pas que le parcours du Général se résume à ces deux épreuves moisies ? Non, en effet. Et ça promet d’être intéressant, la suite se passe de l’autre côté de ce gros rocher à escalader. Bon bah, pas le choix c’est parti. Aux bruits de pas derrière moi, j’ai considérablement perdu de mon avance depuis mon passage à pied. Si elle le savait, elle ne serait pas très contente de moi et ça, peu importe que j’ai ou non une excuse.

L’ascension démarre sur les chapeaux de roue. Je me mange deux fois le sol sur le dos, n’arrivant pas à trouver de technique pour franchir l’obstacle. Grrr… Je suis vraiment idiot, je le savais qu’il y aurait des tests comme celui-là, j’aurais dû m’y préparer après l’accident.

- Tu as besoin d’aide ?

- Hein ? M’étonnais-je en me relevant de ma troisième chute.

- J’ai vu que tu avais des difficultés à passer. Dit-il en pointant du regard mon bras. Je peux te montrer comment faire.

- Merci, mais ça ne va pas te ralentir ?

- Si, un peu. Mais c’est pas grave, je ne peux pas te laisser bloqué ici pour ça, ce ne serait pas juste. Viens, je te montre.

- Euh… Ok, c’est gentil.

Je m’approche du mur et le regarde commencer son ascension.

- Alors tu vois, tu dois mettre ta main le plus haut possible en laissant de la place sur la prise. Ensuite, avec ton pied droit, tu te stabilises à un endroit où ta jambe peut légèrement être fléchie. Comme ça, tu vois ?

- Oui.

- Et là, avec ta jambe gauche, tu remontes jusqu’à ta main et tu mets ton pied sur la prise en retirant le pouce, voir l’index si tu manques vraiment de place. Explique-t-il en effectuant une démonstration.

- Wow, mais comment tu fais pour te contorsionner autant ?!

- Ce n’est pas de la contorsion, je m’écarte le plus possible de la paroi avec mon corps pour rendre le mouvement accessible. En tant normal, tu es censé faire cette technique avec les deux mains, mais ce n’est pas vraiment possible pour toi, alors le mieux c’est qu’en poussant sur ta jambe droite, pour la monter, tu gardes ta main sur la prise. Tu iras moins vite, mais au moins tu ne tomberas pas.

- Je crois que j’ai compris, merci !

- De rien, vas-y essaies.

Donc je mets ma main gauche le plus haut possible, comme il a dit. Puis je cale mon pied droit, tout en gardant un peu de marge, et je termine en ramenant mon pied gauche vers ma main. Gnnn… C’est pas évident. Je… Je…

- J’ai réussi !

- Bravo ! C’est exactement ça et maintenant tu montes.

Je monte mon pied droit et le cale à nouveau. Si je suis bien collé à la paroi et que mes pieds sont bien posés, il n’y a pas de raison de tomber, je peux donc lâcher avec ma main et la monter. Oui, comme ça ! Lentement, mais sûrement, je parviens à gravir le rocher. Je m’accorde un instant de pause pour reprendre mon souffle.

- Merci… C’est grâce à toi que je suis passé. Comment tu t’appelles ?

- Il n’y a pas de quoi, je ne pouvais pas te laisser en galère tout seul. Je m’appelle Théo.

- Ok Théo, moi c’est Paul !

- Je te laisse, on se retrouve à l’arrivée ?

- YES !

Trottinant, il parti en prenant de l’avance sur moi. J’inspirais une grande bouffée d’air de la forêt une dernière fois, emplissant mes narines de son odeur, et repartais à mon tour. J’avais définitivement perdu toute avance sur la course. Le peloton tête était sûrement loin, mais il ne fallait pas perdre espoir, il fallait continuer à se battre et à se dépasser. Il n’y a qu’en y croyant, qu’on parvient à soulever des montagnes !

Les obstacles suivant du parcours du Général furent moins compliqués pour moi à passer et je rattrapai une petite partie de mon retard. Je sors alors de la forêt et arrive au lac Keldeo. Mes jambes se tétanisent à sa vue. Des images me reviennent de monstres aux corps gluants et de gens terrorisés courant partout pour s’en protéger. Je revois la couleur du lac rouge et effervescent, qui a à présent disparu définitivement pour redevenir bleue et aussi calme qu’un ciel bleu.

- Allez Paul. Courage !

Je force mes jambes à avancer et reprend une allure de course jusqu’à l’eau. Je jette la veste Noctali tâchée de boue que je portais jusque-là par terre et plonge dans l’eau. En crawl, j’effectue la première moitié de la traversée. Puis, voyant que je me fatigue beaucoup trop, je passe à une forme de brasse un peu trafiquée par manque de symétrie dans mes gestes. Au niveau de la cascade, je vois Aligatueur qui m’attend pour la suite de la course et ça me booste de savoir que j’y suis presque. Étant donné qu’il va me porter pour la remontée des courants, je repasse en crawl afin d’abréger les derniers mètres.

- Aligatueur. Tu peux pas savoir comme je suis heureux de te retrouver.

- Rwaaaa ! Aligatueur aliii.

- Oui, j’ai pris du retard. Désolé de t’infliger ça. Est-ce que tu peux nous ramener dans la tête de la course ?

Pour unique réponse, Aligatueur m’attrape et me balance sur son dos. Je pousse un cri de surprise et m’agrippe autour de son cou. Il me jette un regard en coin pour vérifier que je suis bien attaché et dès lors, gonfle ses muscles au maximum.

- RWAAAAAAAAAAAAALIGATWUEUR !!!

J’ai juste le temps de retenir ma respiration, qu’il plonge sous l’eau, pour prendre une bonne dose d’élan et foncer vers la cascade. Nous sortons de l’eau comme une fusée, entourés de milliers de petites gouttelettes d’eau, et surfons sur la cascade qui se sépare en deux sur notre chemin.

- C’est fantastique Aligatueur, continue comme ça !

Mon compagnon se surpasse pour rattraper notre retard. Comme Flambusard l’avait fait avant lui, il se donne à fond pour nous assurer la victoire. Son corps est allongé au maximum pour permettre un meilleur aérodynamisme. A tel point, que je sens fréquemment mes avant-bras et genoux toucher l’eau dans ses mouvements. Si je le lâchais, ne serait-ce qu’une seconde, je me retrouverais assurément éjecté dans l’eau. Cette idée me suffit à me pousser à me cramponner à son cou. Luttant contre vent et marée, nous remontons vaillamment les courants d’Adala. Nous croisons sur notre route plusieurs élèves qui m’avaient dépassé lors du parcours du combattant.

- Yeaaaah ! Si tu continues comme ça, nous allons finir par revenir dans la tête de la course !

Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin et l’endurance d’Aligatueur en a aussi une. Il ne dit rien, beaucoup trop concentré à lutter, mais je le sens ralentir un peu. C’est logique, il s’est donné à deux-cents pourcents pour nous ramener à cette place, alors automatiquement il s’épuise aussi plus vite.

- Je dis des bêtises, tu devrais te ménager. Ce n’est pas grave si nous allons à une vitesse normale. Ça vaudra même mieux si nous avons une dernière partie à réaliser ensemble après. Économises des forces pour ce moment.

Aligatueur me regarde incertain. Je lis en lui comme dans un livre ouvert. Il serait parfaitement capable de ne pas s’arrêter là et de poursuivre, mais il sait aussi que j’ai raison. Entre le cœur et la raison, il est parfois difficile de choisir quand les deux vont dans des sens contraires. C’est dans ces moments-là, qu’il faut savoir se montrer fort et prendre de la distance avec la situation pour choisir ce qu’il y a de plus juste. Je ne doute pas qu’Ali saura faire le bon raisonnement. Tout comme je le connais, il me connaît. Nous sommes liés par le cœur et par l’esprit.

Ses pupilles ambrées rompent le contact avec les miennes. Il ne râle pas, ni ne grommelle dans sa barbe. Son corps gonfle un peu et il entre légèrement le visage dans l’eau avant de pousser un nouveau pique d’accélération.

- Quoi ?! Mais qu’est-ce que tu fais ?

- Rwa…

- Je t’ai dit de ralentir. A cette allure, tes muscles ne tiendront pas !

- Aligatweur alii aaaligatueur rwaaaal.

- Je ne peux pas te laisser dire ça. Moi, je ne me fiche pas des conséquences pour toi ! Si tu ne te préserves pas, alors je le ferais pour toi… Je te lâcherais et je tomberais de ton dos, tu seras forcé de te stopper.

Ses iris se tournent vers moi, m’observant avec mécontentement du coin de l’œil. Je soutiens son regard pour lui faire comprendre que je ne plierais pas. Ce n’étaient pas des paroles en l’air, je suis prêt à faire ce que j’ai dit s’il désobéit. Je ne pensais pas avoir besoin d’en arriver là. Je croyais qu’il m’écouterait avant. Je croyais qu’il savait que j’avais raison.

- Ta santé m’importe bien plus qu’une course. Surtout que rien ne nous dit que nous la perdrons si tu m’écoutes. Prends-bien le temps de peser le pour et le contre, mais fais-le vite.

Cette fois-ci, Aligatueur pousse un grognement et freine pour atteindre une célérité normale.

- Merci.

Nous ne dépassons plus personne jusqu’à atteindre la plage. En voyant la mer s’étendre à l’horizon, je comprends que nous ne sommes plus très loin de la fin de cette course.

- Nous y sommes presque, dernière ligne droite ! M’écriais-je gaiement.

Je retire mes chaussures et mes chaussettes et les abandonne à la sortie de l’eau afin de courir pieds nus sur le sable chaud. Cette sensation de légèreté est tellement agréable ! Et pourtant, c’est fou comme je déteste le sable. Il est grossier, agressif, irritant et s’insinue partout… Aujourd’hui je m’en contrebalance. Je suis joie de participer à cette épreuve et de courir sur cette étendue vallonnée. Malgré sa carrure imposante, Aligatueur se déplace bien mieux que moi dans cet environnement. Ses grosses pattes s’enfoncent naturellement dans le sol en laissant de gigantesques empreintes derrière lui, tandis que moi avec mon petit poids, mes pieds s’enfoncent de manière aléatoire en fonction de la profondeur du sable. Je trébuche presque une fois, rattrapé par mon ami, et emploie sur la suite du parcours une méthode qui a déjà montré son efficacité sur des terrains peut pratiques à traverser : la méthode montée de genoux ! Sur un rythme quasi militaire, autre chose que je déteste, mais qui m’amuse de temps à autre, nous repartons de plus belle et parvenons à la mer, à son eau fraîche qui glace mes pieds en ce début de décembre. J’ai réussir à faire fi de la fraîcheur du lac Keldeo, j’arriverais bien à faire de même de celle-ci. Je prends appui sur l’une des jambes d’Ali et grimpe à nouveau sur son dos.

- Mon ami, en avant marche vers la gloire !

Le motivant comme je peux de diverses phrases classiques de généraux avant l’assaut final, je retire mon t-shirt et nous entrons dans l’eau pour les trente dernières secondes de bataille. J’emplis mes poumons avant de plonger et nous nous dirigeons droit vers des ruines englouties. Outre notre objectif, contempler le paysage sous-marin dans le plus grand des silences est un spectacle inouï qui me plaît énormément. J’aperçois diverses gravures qui valent le coup d’œil et mériteraient que je revienne un jour ici. C’est regrettable, que je n’ai pas le carnet de Cynthia sous la main, même si sous l’eau il ne m’aurait été d’aucune utilité. Arrivés au niveau des foulards, j’en attrape un et signale par un « Blblbl » à Ali, qu’il peut remonter. Ayant épuisé pas mal de ses forces, Ali se montre néanmoins malin pour nous assurer une remontée rapide. Il prend appui sur des ruines et après avoir bien fléchi sur ses jambes, comme lors d’un plongeon, il effectue une extension qui nous propulse vers la surface. Je me colle alors à lui pour suivre ses mouvements au mieux et ne pas trop le gêner. La lumière du jour se rapproche dangereusement de nous et nous ressortons d’un bond de l’eau pour venir nous échouer tel des Phogleur sur le sable mouillé.

- Ouiii, nous l’avons fait ! Nous avons réussi ! Criais-je de mes dernières forces en levant le foulard au dans le ciel, incapable de me lever pour en faire plus, la fatigue et les courbatures étant venues s’accaparer mon corps. C’est grâce à vous les amis, que nous avons pu aller au bout. Aligatueur. Flambusard. Toi aussi Théo. Vous avez été géniaux.


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Sujet: Re: Compétition Pokéathlète #6 - Le Grand Marathon   Ven 1 Fév - 14:44
GINJI LABELVI

rp solo
« Le Grand Marathon »

Le visage enfoui dans mes mains, je reste parfaitement silencieux.

Caroline me toise avec un air interdit.

« -… Sérieusement ? »
-… Sérieusement. »

Elle explose de rire.

Tout en cherchant son souffle, elle se détourne pour attraper quelque chose sur les meubles de sa cuisine.

« -AHAHA ! Oh Arceus ! C’est excellent ! AHAHA ! »

Installé à la table de son appartement, je garde le visage dissimulé à cause de la gêne, et ne relève la tête que lorsque je l’entends poser quelque chose devant moi. J’attrape ainsi la tasse de chocolat chaud qu’elle m’a amené sans dissimuler mon contentement, et elle s’installe en face de moi, sourire narquois aux lèvres.

« -… Vas-y, raconte moi tout. Je veux savoir comment c’est arrivé. »

Je laisse s’échapper un court soupir, et la toise d’un air piteux.

« -Vraiment ?
-Ouiiiiiiiiii ! »

Elle tapote du pied pour manifester son enthousiasme. J’expire d’un air las, et m’y résigne, sachant de toute façon à l’avance que je n’y couperai pas en venant lui rendre visite tout de suite après la compétition Pokéathlète.

« -C’était au moment d’approcher la ligne d’arrivée. J’ai voulu gagner du temps et...
-Non non non ! » elle m’interrompt brusquement en donnant quelques rapides coups sur la table « Raconte moi tout. Depuis le début. J’ai été occupée toute la journée et je n’ai pas pu suivre la retransmission à la télé, donc je veux savoir tout ce qu’il s’est passé ! »

Nouveau soupir, et mes épaules s’affaissent.

« -…. Vraiment ?
-Ouiiiiiiiiii ! »

Elle tapote du pied avec toujours autant d’enthousiasme. Je prends une profonde inspiration, et remets les choses en ordre dans ma tête.

« -Bon. »  

Mon coude sur la table, je cale ma joue contre ma main d’un air dépité.

« -Déjà, ‘faut savoir qu’à la base... »  

***
Deux semaines plus tôt.

On loupe difficilement l’effervescence qui anime l’académie, ces derniers jours.

Cela peut se comprendre. Les dernières compétitions avaient été organisées durant les vacances à Alola… Et celles de cette année n’ont pas pu avoir lieu à cause du brusque départ de Lansat. Alors, à leur annonce il y a peu, par le nouveau directeur en personne, tous les élèves sont montés à ébullition.

Je m’en tire bien dans mon malheur, au final. Si j’avais passé une ou deux semaines de plus dans mon coma, j’aurai pu faire une croix dessus. Et rater un affrontement contre un champion d’arène… C’est hors de question ! Je serai encore en rééducation que je m’y serai quand même inscrit. Et je me serai rendu dans le stadium en fauteuil roulant s’il l’avait fallu !

Heureusement, je n’ai pas à en arriver à de telles extrémités. Bien qu’il ne se soit pas encore passé un mois depuis mon départ de Rivamar et que je n’ai pas tout à fait rattrapé mon retard en cours, mes Pokémon et moi sommes en parfaite santé. Pas dans des conditions aussi optimales qu’il y a six mois, mais… En parfaite santé.

Et même si nous ne sommes plus au top du top, je ne compte pas passer à côté d’une telle occasion. Quitte à ce que nous perdons ! Au moins je n’aurai aucun regret.

C’est dans cette mentalité que j’appose mon nom en bas de la liste des inscriptions. Je contemple le tableau une dernière fois avec une certaine satisfaction, et m’en détourne pour permettre aux autres étudiants, agglutinés autour, de faire de même.

Et alors que j’espère pouvoir tranquillement rejoindre mon dortoir, quelqu’un m’interpelle.

« -Eh ! Ginji ! »

Je me retourne, cherchant dans la nuée d’adolescents lequel peut bien m’avoir appelé. Une petite tête finit par s’en détacher pour me rejoindre, et même si j’ai quelques secondes d’hésitation, je parviens à l’identifier.

« -Nino ! Cela fait longtemps ! »

Le garçon n’a pas bien grandi la dernière fois, à la différence de son Pokémon devenu un imposant Dardargnan. Lui a toujours les mêmes courts cheveux verts, des binocles rectangulaires, et… Wow, mais c’est qu’il a gagné en muscle !

« -Oui ! Je… Je suis content de te revoir en forme. Tu sais, je… J’avais appris pour ton… Hum… Coma... Mais je n’ai pas osé…  »

Je l’interromps d’une main, souriant.

« -C’est bon. T’en fais pas. Tout va bien maintenant. »

Il acquiesce, un peu plus serein, et change brusquement de sujet.

« -Je te verrai à la compétition Pokéathlète ? »

Sa question a le don de me prendre de court, et j’écarquille légèrement les yeux.

« -Euh. Bah. C’est que. Non, justement. Comme je reprends tout juste l’exercice physique et que je n’ai pas encore récupéré de muscle... »

Je peux lire tout la déception dans leur regard, à lui et son Pokémon.

« -Oh… C’est que, comme tu m’as battu aux deux premières compétitions où nous nous sommes rencontrés, et que je ne t’ai pas vu à la dernière, nous espérions enfin pouvoir prendre notre revanche, Hymeno et moi… »

Je me gratte l’arrière du crâne avec un sourire désolé.

« -Ah. Pardon. Mais comme dit… »

Il m’interrompt, les poings remontés et serrés.

« -Je ne vois pas où est le problème ! Tu as remporté la Course Maritime alors que tu commençais tout juste ta carrière de Pokéathlète, et tu n’étais pas plus musclé à l’époque qu’aujourd’hui ! »

La bouche entrouverte, je cherche à répliquer, mais la referme après quelques secondes de total mutisme. Il voit là l’occasion de renchérir.

« -Allez ! Cela permettra de te remettre en selle, et surtout, de prouver à tout le monde que ce ne sont pas quatre mois à l’hôpital qui auront raison de toi !  »

Mon expression n’est pas plus confiante.

« -Tu as conscience que si tu me bats, ça ne sera pas avec notre meilleur niveau, à mon équipe et môa ? »

Il acquiesce.

« -Ce n’est pas grave ! Au moins tu pourras constater de tes propres yeux les progrès que nous avons fait, de notre côté. »

Je soupire, un sourire résigné aux lèvres.

« -Ok. Si tu veux. »

///

« -Attends, mais c’est qui ce fanboy ? »

Je cligne des yeux, surpris par la question de Caroline.

« -Euh. Nino Muller, un Noctali. Il est élève Agent à l’académie. Nous nous sommes rencontrés lors de la Course Maritime que tu as filmé, tu te souviens ? Il est avec môa durant une bonne partie de la vidéo. A l’époque, son Pokémon n’était encore qu’un Aspicot, et lui était maigre comme un clou. »

Elle dirige son regard vers le plafond, faisant mine de réfléchir, avant de sourire d’un air sadique.

« -Hmm. Je me souviens surtout de t’avoir vu percuter un poteau après la ligne d’arrivée. ~ »

Blasé, je bois une gorgée de mon chocolat chaud, avant de reprendre.

« -… Ouais, bref. Du coup, j’ai fini par m’inscrire, et j’ai repris l’entraînement de plus belle... »

***
Quelques jours plus tôt.

Ma respiration saccadée créé des petits volutes de buée au niveau de mon visage.

« -… Vingt-sept... »

Les mains derrières la tête, je redresse mon buste, et le rabaisse aussitôt après.

« -… V-… Vingt-huit... »

Le froid ambiant me fait légèrement trembler.

« -…Hh… Vingt-neuf... »

Je serre les dents, épuisé. Malgré tout, je tire de toutes mes forces après le vingt-neuvième abdominal, dans l’espoir d’accomplir le trentième.

« -… T… Tr…  »

Je retombe brusquement en arrière, bien avant d’avoir terminé.

Je laisse s’étendre mes bras, et reste parfaitement immobile, allongé dans la neige. Le regard rivé vers le ciel nuageux, ma respiration se fait encore plus rapide et les gouttes de sueur sur mon visage plus perceptibles. Ressassant l’effort ainsi achevé, je profite au passage du silence environnant au plateau du Mont Skiddo.

« -… Bon sang… Hh… Même pas trente… Hh… J’suis tellement pas prêt...  »

La compétition approche, et je sens encore mes muscles hurler de douleur au moindre effort physique prolongé. Ce n’est pas avec ça que je vais pouvoir offrir une performance correcte lors du marathon… Il va falloir espérer que la partie réservée au dresseur ne soit pas trop importante, et que l’adrénaline fasse le reste.

« -…  »

… Non. Je ne peux pas me contenter de ça.

« -Allez, on reprend. »

Je repasse mes mains derrière la tête, et tire sur mon buste. Abandonner n’est pas Ginji ! Si je prends pas à cette course, je dois faire en sorte que les conditions soient les plus optimales possibles, même quand elles ne le sont pas… Donc on se motive, et on reprend ! Go go go !

« -Un… Deux... »

///

Ma grande soeur me toise avec dédain.

« -Sérieux ? »

Je lui rends son regard, incrédule.

« -… Sérieux quoi ? »

Elle s’appuie contre le dossier de sa chaise, et abaisse sa main dans ma direction.

« -Monsieur a réussi l’épreuve du doyen, donc monsieur en profite pour s’isoler en solitaire au sommet de la montagne pour s’entraîner tout seul dans la neige ? Tu ne veux pas faire plus cliché, encore ? »

Je la foudroie du regard.

« -Eh, c’est un super spot ! »

Elle lève les yeux au ciel, et repose ses mains sur la table.

« -Ouais si tu veux, mais on s’en fout de tout ça.  » elle s’appuie un peu plus en avant avec un sourire, trouvant visiblement plus d’intérêt dans la suite « Raconte moi plutôt le début de la compétition. Il y avait du monde ? »

Je hausse les sourcils.

« -Oh, ça, pour avoir du monde…. »

***
Le jour même.

« -Mes amis c’est incroyable ce qu’il est en train de se préparer ici, juste sous nos yeux, en cette magnifique matinée d’hiver ! »

Il aura fallu une quantité folle d’enceintes pour permettre à la voix de Charlie Hudson, l’assistant à la mairie du Nuevo, de couvrir le brouhaha ambiant. Depuis sa plate-forme élevée juste derrière la ligne de départ, l’homme debrief le public sur les modalités de l’épreuve que nous nous apprêtons à disputer.

Quelque peu impressionné, j’observe les gradins et les écrans géant ayant fait leur apparition au beau milieu du port de Nuevo. Ce lieu est le premier où j’ai mis les pieds en arrivant à Adala, et je peine à le reconnaître, alors que cela remonte à quelques semaines seulement ! Cette île n’a absolument rien à voir avec Lansat, ça c’est sûr. Cela change complètement de la masse de parents d’élèves entassés sur des rangées en bois bricolées à la va-vite par Gaston…

Mon regard est alors attiré par les mouvements nerveux de Sharon, sur qui je suis positionné au niveau de la ligne de départ. La Ptéra jette elle aussi de nombreux coups d’oeil autour d’elle, mais surtout à cause d’un sévère – et correct – sentiment d’être épié. Je frotte son buste en signe de réconfort, et me penche en avant pour lui parler doucement à l’oreille.  

« -Ne t’en fais pas. Dès qu’ils donnent le signal, on décolle loin de tous ces regards indiscrets. » je me redresse, et scrute les alentours « Et après, c’est comme à l’entraînement.
-RAAAAAAAA ! »

Son rugissement fait sursauter les concurrents alentours, et m’arrache un sourire. Si Sharon paraît si mal à l’aise, c’est non pas à cause d’une timidité soudaine, mais par instinct de préservation. Elle ne se doute pas forcément que son espèce attire les regards, et elle voit tous ses yeux braqués vers elle comme autant de prédateurs potentiels… Hmm, j’espère que ce n’est pas aujourd’hui qu’elle a décidé de m’apprendre qu’elle devient violente en situation de stress, parce que ça risque d’être embêtant pour la suite.

Genre, un chouïa.

Reste à prier que le remake de Jurassic Park soit prévu pour un prochain épisode, et concentrons-nous plutôt sur la situation : le marathon à venir.

Un parcours, tout le long d’Adala. On part de Nuevo au sud-ouest, on longe la côte à dos de nos montures jusqu’à Malnova, au nord-ouest, et on fait mumuse avec les cerceaux, ensuite, on fait le trajet à pied jusqu’au Lac Keldeo, qu’on traverse à la nage, et arrivés au niveau des cascades, on se repose sur nos Pokémon, le temps seulement de franchir le courant puisque après, il nous faudra faire une course à pieds le long de la plage, puis retourner à l’eau faire plouf-plouf et récupérer des foulards, pour enfin finir la course à dos du Pokémon marin.  

*inhale*

Pfiouh. Easy.

Plus sérieusement, j’aime bien ce programme… Ma crainte était que, à l’instar de l’Examen H, on soit contraint de faire la quasi-totalité de la compétition de nous-même, à pieds – ce qui est UN PEU le principe d’un marathon, on ne va pas se mentir. Et si ça avait effectivement été le cas, la diminution de ma condition physique au lendemain de mon coma aurait été quelque peu pénalisante… Certes, elle l’est toujours, mais dans notre contexte, les deux passages nécessitant ma force physique seule sont suivis d’un trajet à dos de Pokémon. Je vais donc pouvoir laisser mes compagnons prendre le relai et récupérer un peu, au moins physiquement.

Sharon s’ébroue, impatiente de décoller, et j’inspire profondément. Invité par Charlie, le public entame le décompte du départ.

Trois. Je sens les muscles de mon dos s’étirer.

Deux. Je me penche en avant.

Un. Mes mains agrippent fermement les côtes de Sharon.

GO.

« -RAAAAAAAAAAAAAA ! »

Pas besoin de donner le signal à Sharon, les cris des spectateurs et le déploiement soudain des ailes des autres concurrents sont assez explicites. Battant des ailes pour commencer à s’élever du sol, elle décolle en poussant un nouvel hurlement : direction, tout droit.

Nos nombreux allers-retours de l’académie au sommet de la montagne ne m’auront pas seulement fait gagner du temps. Ils auront également permis à la Ptéra de s’habituer à ma charge sur son dos, et moi, à appréhender le vide qui s’étend sous mes pieds.

Sharon est mon tout premier Pokémon volant, et je l’ai obtenu de manière quelque peu précipitée au beau milieu d’une guerre civile. Le lendemain, on fuyait Lansat, puis Cobaba tout de suite après, et deux semaines plus tard, je tombais dans le coma. Pas vraiment eu le temps de faire connaissance, donc.

En fait, quand nous nous sommes revus, quatre mois et trois semaines plus tard, elle ne m’a même pas reconnu.

Cela n’a pas été trop difficile d’à nouveau l’apprivoiser, ayant côtoyé les humains depuis toujours, mais le choc a été rude. Pendant un instant, j’ai bien cru que l’ensemble de mon équipe était passé à autre chose… Heureusement, elle a été la seule.

‘Fin. « Heureusement ».

En récupérant Sharon auprès de Palladium, j’ai promis à elle et la scientifique à sa charge de lui offrir le ciel qu’elle désirait tant. Et à cause de moi, elle a été trimballée de région en région pour finir immobilisée dans les environs de Rivamar, loin de son compagnon Terry.

Il lui aura fallu attendre mon réveil et la fin de ma rééducation pour enfin trouver un territoire où il lui est possible de voler sans retenu. Adala est grand mais facilement limité dans l’espace, en plus de proposer des hauteurs vraiment variées : c’est un terrain de jeu parfait pour elle qui souhaite appuyer sa domination du ciel.

Peut-être que son espèce s’est éteinte, jadis, mais Sharon tient bien trop à sa place dans la chaîne alimentaire pour se laisser abattre aujourd’hui.

C’est pourquoi je lui fais pleinement confiance pour la première partie de ce marathon. Mes cheveux s’agitent au vent, même ceux en partie dissimulés par mon masque Pikachu, calé sur le coin supérieur gauche de ma tête. Ma combinaison d’eau aussi est pas mal secouée, mais pas de quoi-

///

« -Attends, t’as concouru avec ce masque débile sur le crâne ?
-…  »

Caroline pointe du doigt l’accessoire vissé à l’emplacement de mon ancienne blessure. Passant outre sa remarque, je lui réponds d’une voix monocorde.

« -J’ai pris l’habitude de le garder depuis que je suis sorti du coma. Mes cheveux n’ont pas encore repoussé à cet endroit.
-Ouais mais… Quand même… Tu ne te sens pas trop ridicule, avec ?
-…. »

Je porte ma main jusqu’au-dit masque, et tire une petite moue attristée.

« -Je l’aime bien môa... » j’abaisse ensuite mon bras « Mais, euh, qu’importe. J’étais en train de parler, veux-tu ?… Bref, juste après le départ... »

***

Sharon et moi survolons la côté ouest d’Adala, encerclés par des tas d’autres compétiteurs. Mais assez rapidement, la distance qui nous sépare se creuse, et gagne en importance au fur et à mesure que les secondes passent. La raison ? Elle est purement mathématique. Avec une base de Vitesse de 130, Ptéra est ni plus ni moins que le plus rapide des Pokémon Vol. Enfin, pas tout à fait : l’espèce est battue par Ninjask, qui atteint la vélocité monstrueuse de 160, mais est bien trop petit et faible pour porter qui que ce soit. Et le seul autre Pokémon Vol a avoir également une Vitesse supérieur à 130 n’est nul autre que… Méga-Ptéra, dont la Vitesse passe à 150 après Méga-Évolution. Alors bon, autant vous dire que niveau concurrence, je ne m’en fais pas trop.

Par contre, si personne ne la bat… Il y a bien une espèce de Pokémon capable d’égaliser…

« -Salut Ginji. »

Je tourne brusquement la tête lorsqu’une silhouette vient se positionner à notre hauteur. Nino a troqué ses verres rectangulaires contre des lunettes d’aviation plus adaptées au vol à grande vitesse, et se maintient sans le moindre mal sur le Nostenfer qui avance à même allure que Sharon.

« -Elle est imposante, la bête que tu as ramenée ! Je ne pensais pas que tu avais ce genre de Pokémon... »

Avec le vent et la vitesse, nous sommes contraints de parler très fort pour nous entendre, mais parvenons malgré tout à communiquer.

« -A vrai dire, c’est le seul Pokémon capable de voler avec môa que je possède ! En tout cas, c’est bien joué de ta part. Tu profites de ta petite taille pour voler à dos d’un Pokémon tout aussi rapide et moins apte au transport. »

Il sourit, visiblement fier de son coup.

« -Et encore, tu n’as rien vu. Chiro ! Fonce ! »

Il n’en faut pas plus à la créature pour gagner encore plus en vitesse, et nous dépasser, Sharon et moi. Je le regarde filer droit devant avec des yeux ahuris, mais me ressaisis toutefois très rapidement. Nino est un Pokéathlète qui n’a pas perdu une seconde d’entraînement depuis notre dernière rencontre, normal que son Nostenfer soit plus rapide que ma Ptéra entraînée depuis tout juste deux semaines ! Pas de quoi se décourager, cependant, nous sommes toujours devant une bonne partie des autres candidats, et il reste de nombreuses épreuves pour nous départager…

« -Vas-y Sharon ! Montre-lui ce que tu as dans le ventre !
-Ptéééééééééé…. !
-N-non ! Je ne t’ai pas dit d’utiliser Ultralaser ! Annule cette attaque t-tout de suite ! »

La pauvre a tout juste entrouvert la gueule et chargé un début de rayon énergétique que je l’interromps. Elle se ravise donc en un grognement contrarié, et décide de diriger sa frustration vers le battement de ses ailes, dont la cadence augmente.

Je me gratte la joue et souris nerveusement, bien content qu’elle se soit arrêtée à temps. Déjà parce que si Nino avait été carbonisé, j’aurai eu des problèmes (bah oui, un peu quand même), et ensuite parce que les capacités sont strictement interdites durant le marathon… J’avoue trouver le concept un peu bizarre, le fait de voler ou nager à dos de nos compagnons équivalant à une capacité Vol ou Surf selon la législation de certaines régions. Et puis, si je n’ai pas le droit de me servir de toutes les ressources de mes Pokémon, je vais être un peu frustré, moi ! Mais bon, si on veut l’emporter loyalement, il va falloir s’y plier, donc pas l’choix. L’Ultralaser sera pour plus tard ! En attendant, on doit purement et simplement tracer jusqu’au premier véritable obstacle…

Les cerceaux.

Le château de Malnova se détache de la côte, et avec, un étrange parcours de disques en suspension dans l’air. Ils forment un chemin très précis qui n’a pas l’air bien compliqué à deviner : ce qui va être plus délicat, c’est réussir à passer au travers de chacun des cerceaux en une seule fois. On se croirait dans ces jeux-vidéos, où manquer un cerceau revient à faire un demi-tour cassant toute inertie…

On va voir si le gameplay est jouable.

« -Dès qu’on passe dans l’un d’eux, replie tes ailes ! »

Sharon acquiesce, et se concentre pour traverser sa première cible. Le premier cerceau se trouve simplement en suspension au dessus de la mer, le second se rapproche un peu plus des côtes, et les suivants… Oh non, ils n’ont pas fait ça, quand même ?

Après que ma Ptéra ait traversé le deuxième, elle se dirige tout naturellement vers les remparts du château, où se trouve le troisième. Une foule s’est amassée au sein de ceux-ci ainsi que dans la cour du monument, et attend avec impatience le passage des concurrents, qu’ils vont pouvoir voir de près : les cerceaux prolongeant le reste du parcours traversent le château de Malnova lui-même ! Les quatrièmes et cinquièmes demandent de prendre un peu d’altitude au dessus des jardins et de redescendre tout de suite après, puis le sixième nous oblige à passer par une arche en pierre, et le septième… Attendez, ils ont ouvert la salle de bal pour nous faire passer au travers ?! Ils n’ont pas peur pour leur patrimoine, dîtes donc… Sharon et moi passons donc l’imposante baie vitrée qui donne normalement sur la terrasse de cette gigantesque salle, et n’avons qu’à foncer tout droit pour ressortir par la grande porte. Le huitième nous fait ensuite traverser l’entrée du fort et survoler son pont-levis, et le neuvième nous dirige droit vers…. Le sol. La fin du parcours ! Je peux déjà voir d’autres montures volantes posées non loin ainsi que d’autres élèves qui s’élancent dans la forêt à pieds. Les Pokémon déjà présents ne sont pas très nombreux, une dizaine tout au plus, et je reconnais sans mal Chiro, le Nostenfer de Nino... Allez, on a du retard à rattraper !

« -Vas-y Sharon, t’y es presque !
-RAAAAAAAAAAAA ! »

Son rugissement guerrier vient glorifier son arrivée triomphale, après qu’elle se soit posée en un bruit assourdissant. C’est définitif, elle n’y va jamais dans la délicatesse ! Mais peu importe, d’un bond, je descends de son dos, et passe une main sur son encolure.

« -T’as géré ma grande. Repose-toi bien. »

En courant, je passe devant un membre de l’organisation chargé du soin des montures, et lui adresse un petit sourire.

« -Je pense qu’elle est affamée, ne tardez pas trop à la nourrir ! »

Il coule un regard interdit en direction de la Ptéra, qui hurle à nouveau, et je m’élance en direction de la forêt sans plus m’en préoccuper.

S’il y a une chose que l’on ne peut pas imputer à ce marathon, c’est qu’il nous fait découvrir Adala en long et en large. Un bien joli coup de la mairie pour faire découvrir ses panoramas au reste du monde tout en les distrayant… Mais malheureusement pour moi, je n’ai pas le temps pour une visite guidée ! C’est avec le pas vif et régulier que je foule le sol de ce bois m’étant totalement inconnu, et dont le seul sentier indique très clairement la marche à suivre. J’espérais pouvoir rattraper mon retard sur Nino avec cette nouvelle étape, mais je me rends bien vite à l’évidence :

Mon corps n’est plus ce qu’il était.

Ou plutôt, il est redevenu ce qu’il était avant que je devienne Pokéathlète. Faible, peu endurant et facilement mis à l’amende. Ma vitesse de déplacement actuelle ne me convient pas du tout, mais je sais que si j’accélère encore plus, je vais claquer avant même d’arriver au bout du parcours. Et il reste encore la traversée du lac derrière… Tant pis si je perds mon avance sur les concurrents laissés à l’arrière pendant la course aérienne, il vaut mieux ça qu’être écarté définitivement de l’épreuve.

C’est donc la boule au ventre que j’approche des premiers signes de constructions humaines. Deuxième épreuve : le parcours d’obstacle. Du made in Jackie… Naïf que j’ai été de croire que son nouveau poste à la direction de l’académie m’éviterait d’avoir un jour à y regoûter.

C’est du classique. Je vais pouvoir pallier l’inconvénient de mon hospitalisation par mon ancienneté à l’académie… Je connais les tours de la Générale sur le bout des doigts ! D’abord, on passe le mur en bois en s’élançant dès la base pour agripper le sommet. Ensuite, on rampe sous le filet en utilisant ses coudes et ses genoux, et les barreaux en tirant sur les bras. Vient ensuite la succession de saut de haies et de barres à éviter : des petits bonds et abaissement réguliers, au plus près des obstacles, sont ce qu’il y a de mieux pour gagner un maximum de temps. Reste ensuite le passage en équilibre sur la poutre, le seul truc pour lequel je suis à peu près à l’aise, et je devrai pouvoir arriver près du lac...

« -Hiiiiiiii ! Je n’ai pas signé pour ça, moi ! »

… Si tu parles du contrat que fait émarger Jackie à chaque nouvel élève, chère inconnue, sache que tu as accepté la possibilité de ta mort imminente.

Une élève s’est immobilisée à peine plus loin. En sueur, mais pourtant loin d’être essoufflée, la raison qui l’a visiblement poussée à s’arrêter est une série de fils tendus entre les arbres de part et d’autres du sentiers… Un labyrinthe de corde ? Pas de quoi faire un drame, non ? Ce n’est certes pas très habituel de la part de Jackie, mais cela reste un obstacle comme un autre…

Le souffle court, j’arrive à sa hauteur, et ralentit doucement l’allure pour l’observer. Je crois aussitôt comprendre la source de son embarras… Des Mimigal sont postés au dessus des différents fils, qui s’avèrent être leur toile, et attendent qu’une proie vienne s’empêtrer dedans, les yeux fermement clos. Je profite de la nécessité d’une analyse plus poussée pour reprendre mon souffle, et observer le tout avec attention.

C’est un miracle que leur piège soit encore debout après le passage des premiers concurrents… Remarquez, si les élèves devant ont été suffisamment rapides pour maintenir leur distance avec Sharon, ils sont certainement aussi doués pour passer au travers de ce genre de chausse-trape. Et nul doute que l’adolescente à mes côtés y serait elle aussi arrivée si une certaine crainte des Pokémon Insecte ne l’avait pas entravée. Mais ça, ce n’est pas oignons…

Délicatement, je tends un bras, avance un pied, et d’un mouvement du bassin, passe en dessous d’un premier fil. Je m’immobilise aussitôt que la concurrente m’interpelle, tendu.

« -N’y va pas ! Tu ne vois pas que c’est bourré d’insectes creepy ?! »

J’inspire profondément pour maintenir mon équilibre et mon calme, mais ne réponds pas. A la place, je fais un pas de plus, toujours en délicatesse, et pose ma main au sol pour y attraper le bâton qui s’y trouve. J’avise alors les différents Mimigal suspendus au dessus de moi, et arme mon mouvement.

« -Si tu veux passer, sois réactive.
-… Pardon ? »

Ces paroles n’ont pas beaucoup de sens pour elle jusqu’à ce que je lance le bâton. Direction : la toile fixée sur l’arbre en face.

A peine le bâton a-t-il effleuré et agité le fil que tous les Mimigal ouvrent les yeux d’un même mouvement, et se dirigent vers celui-ci de leurs petites pattes velues. Je me redresse et m’élance  tout de suite après, profitant de leur agitation pour traverser la nuée de fil sans me soucier de rentrer en contact avec ou non.

Quelques secondes de sprint et d’enjambement me permettent de venir à bout de ce pèle-mêle. Je jette quand même un rapide coup d’œil en arrière pour voir que les Mimigal se dispersent déjà, et que l’adolescente n’a visiblement pas eu le cran de passer à ma suite.

Tant pis pour elle, moi je fonce ! Déjà bien assez ralenti par ce piège, je reprends ma course en direction du Lac Keldeo….

///

« -Wait, wait, wait. Il y a un truc que je pige pas.  »

Caroline me coupe à nouveau dans mon récit, perplexe.

« -Comment t’es censé pouvoir traverser d’une traite un entremêlement de toiles de Pokémon Insecte ? Ce n’est pas hyper gluant ces machins ?... Et à quoi ça t’a servi de faire doucement au début s’il n’y avait pas besoin de faire gaffe, au final ? »

Je secoue la tête de droite à gauche, et rapproche mon pouce et mon index de très près pour mimer un tout petit espacement.

« -Les toiles des Mimigal ne sont pas comme celles des autres Pokémon. Leur fil n’est pas aussi collant, plus fin, et beaucoup plus résistant. Tu pourrais t’en servir pour tendre une corde au sol et te prendre les pieds dedans sans même le casser.  » j’abaisse ma main, et croise mes bras sur la table « De plus, elles ont le fonctionnement d’un véritable système nerveux. Il suffit d’effleurer sa toile pour qu’un Mimigal sache immédiatement où se diriger pour attraper et empoisonner sa proie. J’ai donc attendu qu’ils soient distraits par le bout de bois pour passer : si j’avais touché les fils avant, ils seraient jetés sur moi et m’auraient dévoré tout cru. »

Elle fronce les sourcils.

« -… Et ça ne choque personne que votre vice-directrice installe ce genre de piège ? »

Je hausse les épaules, un peu habitué par le style de la maison. Caro roule des yeux, et se reconcentre.

« -Soit. Et du coup, le lac ? T’as pu gérer malgré la fatigue ?
-Pfeuh. » je souris, et acquiesce avec assurance « Tu me connais…  Rien ne m’arrête ! »

***

« -JE VEUX MOURIIIIIIIR, QUAND EST-CE QUE CA SE TERMINE ?! * kof kof * »

Il n’a pas de fin ce lac ou quoi ?! Ça fait au moins… vingt-cinq ans que je nage, là ! Et je suis à bout de force ! Mes bras et mes jambes me hurlent de m’arrêter, j’ai bu au moins cinq fois la tasse, l’eau est gelée, je n’ai plus le moindre souffle, et ma vitesse est celle d’une enclume obèse et amputée de ses membres ! Et en plus ce que je dis n’a plus le moindre sens, JE VEUX QUE CA S’ARRÊTE ! Je vous en supplie, faîtes que cette épreuve se termine bientôt ! Je veux rentrer à la maisooooooooon, participer à ce marathon a été l’une des pires idées de ma vie avec mon affrontement contre la Team Rouage et l’invention du cocktail banane-caramel-épinards-anchois (je savais qu’y rajouter de la crème était un mauvais plan, mais eh, il fallait que je teste pour la science !).

« -Pouaaaaaaah…. Je n’en peux pluuuuuuuuuuuus…. * bloup * »

Ça y est, je le sens, c’est la fin. Mon corps coule et vient s’échouer contre le sable qui tapit le fond du lac, je vais reposer là et me laisser noyer pour ensuite devenir de la neige marine et finir dévorer par un blobfish. Voila le seul sort que ma faiblesse physique mérite…

« -… I…  »

Qu… Qui est-ce ? Quelqu’un me parle…

« -… In…  »

Ah… Ça y est… Arceus en personne est venu me chercher…

« -… Tin… ? »

… Tiens ? C’est étrange, pourquoi la voix d’Arceus me semble aussi familière ?

« -EH, CRETIN !
-SBAF.
-AIEUH ! »

Quelque chose vient brusquement me frapper à la tête, et je me redresse au quart de tour. Je réalise alors que je ne suis pas au fond du lac mais juste bêtement échoué sur la berge, au niveau de l’étape où nous sommes censés récupérer nos Pokémon surfeurs…

Et c’est Oz se tient juste au dessus de moi, en lévitation sur sa queue.

Il me toise, pattes croisés, regard blasé, et m’indique la rivière à peine plus loin.

« -Parcours ? »

Je me redresse, trempé, épuisé, et gelé.

« -Euh… Je t’avoue que je le sens plus trop, là…  »

Mes membres sont en compote, et lorsque j’observe la quantité de Pokémon qui attendent encore l’arrivée de leur dresseur, je réalise que j’ai pris du retard par rapport à tout à l’heure. Je ne saurai pas dire combien de temps j’ai mis pour arriver là à la nage (ou en dérivant, allez savoir), mais c’est clairement beaucoup trop comparé à ce que j’aurai dû accomplir.

L’air complètement indifférent, mon starter se contente de se décaler sur l’extrémité de sa queue, et me désigne l’autre d’un mouvement de la tête.

« -Je occuper. Toi grimper. »

La télépathie approximative du Raichu d’Alola m’arrache un sourire. Heureusement qu’il a plus facilement maîtrisé la télékinésie et les champs électriques… Saisissant la patte qu’il me tend, je me place sur la planche de surf qui lui sert d’appendice, juste derrière lui, et m’agrippe à ses épaules.

« -Vas-y !
-Rai ! »

Un crépitement électrique résonne autour de lui, et la seconde suivante, il s’élance à toute allure pour rallier la rivière.

Le courant de celui-ci est bien agité, et je vois bien que les élèves avec des Pokémon Eau peu puissants galèrent à le remonter. Pour en avoir fait l’expérience lors du coaching d’Ali et Sheitan, je sais de quoi je parle ! Cette fois-ci, je n’évolue plus en milieu inconnu, mais bien sur un terrain familier. J’ai fait de très nombreux trajets à pieds de l’académie jusqu’au Lac Keldeo en longeant cette rivière, donc… Je sais ce qui nous attend !

« -Attention aux rapides au prochain virage ! L’eau est plus profonde et le remous plus présent, pense à adapter ta lévitation. »

Il acquiesce, extrêmement concentré. Apprendre à flotter en suspension au dessus du sol, c’est une chose, le faire sur l’eau, une eau agitée de surcroît, c’en est une autre. Je n’ai pas la certitude absolu que Oz parvienne à maintenir le cap tout du long, et choisir Soul ou Meg aurait peut-être été plus sécuritaire. Mais…

Même s’il a moins d’expérience, Oz me paraît être le Pokémon de prédilection pour cette épreuve. A l’instar de Sharon qui s’est avérée être l’espèce parfaite pour la course aérienne, le Raichu d’Alola a l’avantage de pouvoir surfer sans subir la force du courant. Là où tous nos concurrents font face à la puissance de la rivière et découvrent les joies de l’énergie cinétique et des frottements, Oz se contente d’avancer le long d’un terrain pas tout à fait rectiligne, montant et remontant au fil des « splatch » que fait sa queue au contact de l’eau.

« -Le pont, dans dix secondes ! Saute au dessus !
-D’accord ! »

…. Aaaaaaanh qu’il est chou à me répondre sur un ton hyper sérieux quand je lui donne un ordre ♥ Qu’est-ce que j’aime cette nouvelle forme ! Elle est pratique et en plus elle est toute fluff, ses joues sont toutes squishies et elles dégagent un parfum sucré lorsqu’on les pince ! Qu’est-ce qu’il a bien grandi mon Pikachu chéri ! Si seulement il me laissait lui faire plus de papouilles…

« -TOI ARRÊTER !
-AÏAÏE ! Ma tête ! »

Le hurlement mental d’Oz est comme une foreuse qui me perce le crâne. Ok, je veux bien le reconnaître, ta forme n’a pas que des avantages : dès que je laisse mes pensées un peu trop dériver, je n’ai plus la moindre intimité !

« -Déjà que tu me laisses pas squisher tes joues dans la vrai vie, tu pourrais au moins me laisser le faire dans ma tête...
-Crétin créer moi dans rêve. Toi faire assez dégâts comme ça. »

Ok, elle est bonne celle-là. Je lâche un petit rire amusé par l’auto-dérision de mon starter (comme quoi il n’y a pas que moi qu’il rabaisse), et me concentre à nouveau sur la course. A voir les yeux plissés d’Oz et son regard déterminé, il se donne à fond pour faire correctement son job, donc je ne peux pas me permettre de me laisser distraire !

« -Fais gaffe à ce niveau, les arbres sont plus proches du bord et les branches dépassent. »

Il acquiesce, et nous remontons la rivière de plus belle. Les cascades n’opposent pas la moindre difficulté puisque Oz peut les passer d’un bond, quelque peu soutenu par ses pouvoirs psychiques. Il comble ainsi une partie du retard que j’ai pris lors de la traversée du lac, et ainsi, finit par se dessiner devant nous…

« -La plage ! »

Oui, c’est elle ! Dans quelques mètres, la rivière finit par se jeter à la mer, et le niveau du sol revient à celui de l’océan, à contrario des falaises qui longent toute la côte nord-est d’Adala.

« -Parfait ! Encore un petit effort et-WAAAAAAAAAAAAAAAAH ! »

AAAAAAAAAAAH MAIS IL FAIT QUOI L’AUTRE ?! Au lieu de bondir hors de la rivière et atterrir convenablement sur la plage, Oz s’arrête net juste au bord de la berge…. M’éjectant ainsi de sa queue. J’effectue donc un joli vol plané grâce à la vitesse accumulée, et fini par atterrir la tête la première dans le sable. En un « Grmph ! » parfaitement crédible, je m’en extirpe, et fusille du regard mon starter.

« -T’étais vraiment obligé de faire ça ?! »

La seule réponse à laquelle j’ai le droit, c’est son rire satisfait. Il commence alors à se déporter en direction de la mer, sans me quitter du regard.

« -Moi contourner sable. Toi récupérer foulard. »

Je me redresse, et hoche la tête. Oz a toujours détesté le sable et malgré qu’il soit désormais capable de léviter au dessus, il ne paraît toujours pas prêt à se réconcilier avec lui… Cela tombe bien, cette partie du marathon doit de toute façon se faire à pieds ! Puisque c’est le Raichu d’Alola qui a fourni tout les efforts physiques (ou psychiques, osef) de ces dernières minutes, et que j’ai juste eu à m’accrocher, j’ai eu le temps de récupérer de mes déboires aquatiques. Et surtout…

Je me débarrasse purement et promptement de mes chaussures d’eau, bien plus à l’aise pieds nus. J’ai passé mon enfance à jouer sur la plage de la route 222, croyez-moi que ce ne sont pas quelques cailloux ou coquillages qui vont m’arrêter ! Je coupe donc en ligne droite, observant du coin de l’œil Oz effectuer son détour pour me rejoindre à hauteur des ruines.

Puisque je suis trempé de la tête aux pieds, je sens aisément le souffle du vent, et positionne mon bras en prévision pour éviter les grains de sable malencontreux. Parce que ouais, il y a que dans les films que les héros courent le long de la plage devant une mer agitée sans recevoir le moindre truc dans les yeux. Je parviens ainsi à franchir la distance qui me sépare de notre destination sans le moindre mal, revigoré par les senteurs marines environnantes.

Et je vais d’ailleurs devoir payer le prix de notre rapide traversée de la rivière dans quelques secondes à peine. Certes, les autres Pokémon aquatiques sont soumis à la force du courant, mais eux au moins peuvent mener leur dresseur jusqu’aux foulards situés sous l’eau… On ne peut pas vraiment dire que c’est le cas de mon starter. Déjà qu’il n’aime pas le sable, vous vous dotez que l’eau de mer… C’est chouette, hein ? D’avoir un Pokémon doté par la nature de tout le nécessaire pour faire du surf, mais qui n’aime pas ça, j’entends.

A peine je me rapproche de l’eau que je hurle à son intention.

« -Génère une bulle autour de ma tête ! Vite ! »

J’arrache mon masque Pikachu et le lui jette, par crainte de le perdre une fois dans l’eau, et il le réceptionne avec les yeux écarquillés en grand.

« -Moi faire comment ?
-Môa pas savoir, mais toi faire vite ! »

Et sans attendre, je commence à m’enfoncer dans la mer, avant de bondir dans l’eau, les joues gonflées.

Je la sens qui s’agite autour de moi dans un joli désordre, et l’espace de quelques secondes, une vive douleur me vrille le crâne. Mais malgré cette manipulation hasardeuse de mon environnement proche, Oz parvient à écarter l’eau dans un court périmètre autour de ma tête, me permettant d’ainsi respirer et voir pleinement. Je saisis alors un rocher reposant au fond de la mer, et son poids me permet de me maintenir à bas niveau.

Je peux donc longer sans trop de complications le tapis sablonneux océanique qui descend encore plus au fur et à mesure que nous nous éloignons de la côte. La vision de tout un tas de silhouettes humaines et Pokémon allant et venant plus loin m’informent de la position des foulards, desquels je me rapproche. Ils sont simplement noués sur des bâtons plantés sous l’eau, et même s’il me faudra lâcher mon rocher pour en détacher un, je peux rester à basse altitude en me tenant au bout de bois. J’entreprends de défaire un nœud, et mon regard dévie vers le reste des fonds marins, pour s’arrêter sur les ruines visibles plus loin encore.

Wow. Elles sont sacrément impressionnantes. Rien à voir avec l’épave à bateau de Lansat… Que ce soit l’imposante architecture, les gravures encore visibles sur ses parois ou tout simplement le décor sous-marin, tout semble en place pour sublimer le lieu.

Ouais voila. Sublime. C’est ça le mot.

Et c’est précisément cette propension qu’a Adala à vouloir tout faire en mieux que notre précédente île qui me fait détester cet endroit.

///

Caroline fait claquer sa langue, et lève les yeux au ciel d’un air agacé.

« -Ca vaaaaaa. Tu ne vas pas non plus reprocher la perte de Lansat à Adala et ses habitants, quand même ? »

Pendant que mes mains entourent fermement ma tasse, je soupire, et détourne le regard.

« -Non, bien sûr, mais…  » je lâche un petit râle frustré « Ça me saoule. J’ai l’impression qu’absolument tout ici a été pensé de sorte à ce qu’on oublie Lansat. La nouvelle académie flambant neuve, les compétitions qui deviennent un événement régional, et l’adoration que paraissent avoir les habitants pour notre école… Môa ça m’énerve. C’tout. »

Elle sourit, cynique.

« -Ce n’est pas ça qui va faire oublier l’île à tes camarades, crois moi. Mais tu pourrais juste faire comme eux et tourner la page, tu ne crois pas ? »

Je la regarde en coin, grave.

« -Ils ont eu plus de cinq mois pour ça. Moi pas. »

Coupée par ma réponse, elle reste parfaitement silencieuse. Elle me toise d’un air impassible pendant plusieurs secondes dans le mutisme le plus total, et finit par balayer la discussion d’un mouvement de main.

« -Ouais, bon, passons. » elle se réinstalle confortablement sur sa chaise, et affiche à nouveau son rictus rayonnant « T’as récupéré le foulard, et après ?  »

Je me décontracte moi aussi, et me concentre à nouveau sur mon récit.
Ginji Labelvi
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Sujet: Re: Compétition Pokéathlète #6 - Le Grand Marathon   Ven 1 Fév - 14:44
GINJI LABELVI

rp solo
« Le Grand Marathon »

***

Je suis tiré de mes pensées par l’agitation de l’eau autour de moi, signe que Oz ne parvient pas à maintenir la bulle plus longtemps. D’un coup sec, j’arrache alors le foulard de son ancre, et d’une pression du pied, entreprends de remonter jusqu’à la surface. J’ai une course à terminer, donc pas le temps de buller !



Sans mauvais jeu de mot, hein.

« -Pouaaaaah ! »

J’inspire le grand air terrien avec une satisfaction non dissimulée, une fois de retour à la surface. Oz m’attend à l’arrivée et me tend une patte pour m’aider à monter sur sa queue.

« -Crétin avoir foulard ? »

Je lui montre fièrement, et récupère le masque qu’il a conservé. Je remets celui-ci à sa place sur le trou dans ma chevelure, et Oz se remet déjà en marche vers la ligne d’arrivée. J’en profite pour nouer le foulard autour d’un de ses bras avec un sourire en coin, le tout en m’informant de la situation auprès de lui.

« -C’est la dernière ligne droite ! On en est où ? Il y a beaucoup de gens qui nous sont passés devant ? »

Il effectue un petit mouvement de tête vers l’avant.

« -Toi avoir qu’à regarder. »

Il ralentit alors, et s’immobilise. Je redresse le menton et regarde ce qui peut bien ainsi stopper mon starter, et…

« -… Ouah. »

La quasi-totalité des participants de la course sont agglutinés juste devant nous. Debout sur leurs montures, et parfaitement immobiles, tous toisent avec le même air stupéfait le GIGANTESQUE Wailord posé au beau milieu du chemin.

C’est simple, je n’ai jamais vu un machin aussi gros. Même Régal, le Wailord de Cael, est moins énorme ! Ce truc est tellement gros qu’il rivaliserait avec un pétrolier. Et pour ne rien arranger, il obstrue toute la place, placé perpendiculairement par rapport à la plage….

J’observe les alentours, pensant tout naturellement pouvoir le contourner. Pourtant, le rassemblement d’étudiants ici me laisse supposer que ça ne va pas être aussi simple… Un point dans la foule capte mon attention, et je fais aussitôt signe à Oz de se frayer un passage jusqu’à lui.

« -Eh, Nino ! »

Perché sur un Gamblast, le Noctali se tourne vers moi dès que je l’interpelle.

« -Ginji ? Tu nous as rattrapé…  »

Je souris, gêné.

« -Pas sans mal, crois môa… Qu’est-ce qu’il se passe ? Pourquoi personne n’avance ? »

Il dirige son regard vers le Pokémon titanesque.

« -Comme tu peux le voir, il bloque le passage. » il dévie ensuite au niveau de sa queue « Des gens ont essayé de le contourner, mais les rapides sont trop forts. Il y a de nombreux récifs, et comme on n’a pas le droit à l’attaque Siphon, on est bloqués ici… Pourtant il va falloir se dépêcher si on veut finir sur le podium, d’autres concurrents ont eu le temps de passer juste avant qu’il obstrue l’intégralité du chenal. »

Oz plisse les yeux, contrarié.

« -Moi pas léviter si haut. Nous coincer ? »

Je tire une moue également embêtée, mais l’espace de quelques secondes seulement puisque je finis par lâcher un léger rire.

« -Héhé. Bloqués par des siphons. Ça ne te rappelle rien, Nino ?»

Ma question le fait sourire.

« -Si, bien sûr. Puisque nous étions en barque lors de la Course Maritime, tu nous as fait passer de l’autre côté des siphons en utilisant le champ magnétique de ton Limonde. » il paraît avoir une illumination « Oh, mais j’y pense ! Ton Raichu d’Alola ne pourrait pas faire la même chose ? »

Lui n’a pas l’air d’en être convaincu en tout cas, à en juger l’expression de mon starter. Je secoue la tête de droite à gauche, moi-même sceptique.

« -Non. La présence des récifs est très risqué, si je chute à l’eau par mégarde je ne vais pas faire long feu… » mon sourire s’élargit « Par contre… J’ai peut-être une idée… »

Mon rival et son Pokémon m’observent, en attente de développement.

« -Mais je ne te le dis que si tu acceptes de nous aider ! »

Ils s’échangent un regard, incertains, mais Nino finit par acquiescer.

« -Vas-y, je t’écoute. »

Je fais signe à Oz se de rapprocher d’eux, et me penche un peu en avant pour attraper l’une des membranes du Gamblast.

« -En mettant ses pinces en arrière et en tirant de l’eau, Gamblast peut se propulser à une vitesse de 110km/H. Si on combine ça avec la capacité d’Oz à s’opposer aux forces extérieurs, et en faisant varier l’angle d’inclinaison… » je pointe le haut du Wailord avec un grand sourire « On lui passera au dessus. »

Le Noctali fixe la direction indiquée par mon doigt, puis me fixe moi, d’un air fortement circonspect. Après quelques secondes, il finit par lâcher un :

« -Tu es fou. »

Son attitude change alors du tout au tout lorsqu’il s’adresse à son Pokémon.

« -Aristei ! Mets-toi en position !
-Oz, attache-toi à lui !
-Oui ! »

Moi sur la queue d’Oz, Oz sur l’énorme pince du Gamblast et Nino sur son dos, c’est une bien étrange pyramide qui prend place au milieu de l’océan. Mais le tout tient tant bien que mal, et nous avons perdu assez de temps comme ça pour passer la fin de la course à faire des ajustements ! Donc ! On y va, et c’est tout !

« -Nous avons tout intérêt à réussir du premier coup. »

J’acquiesce.

« -Une fois au dessus, ça sera chacun pour soi, d‘acc ? »

Il approuve d’un hochement de tête, et tend un bras.

« -Aristei, vas-y !
-Blast ! »

Je souris, content de voir une telle vigueur animer le garçon. Lorsque nous nous sommes rencontrés, il était extrêmement intimidé et peu sûr de lui – il semble avoir énormément gagné assurance, depuis.

Son Pokémon commence à emmagasiner une importe source d’énergie au niveau de sa pince, sous la forme d’une boule d’un bleu lumineux. Quelques secondes s’écoulent, durant lesquelles la sphère gagne progressivement en superficie, et…

Sbam. Elle part.

Un gigantesque tir énergétique nous propulse droit dans les airs. A ce moment là, les yeux d’Oz s’illuminent d’une lueur violacée, signe qu’ils tentent de réduire les frottements liés à l’air, et nous de permet de foncer inévitablement jusqu’au dos du Wailord…

« -Ça marche ! »

Je hoche difficilement de la tête, trop occupé à lutter pour rester accroché à mon starter. Nous commençons ensuite à progressivement perdre en vitesse et altitude au fur et à mesure que nous approchons, jusqu’à arriver au point de descente. D’ici quelques secondes, nous allons atterrir sur le dos de cet immense mammifère... Et déjà, la ligne d’arrivée et le port de Nuevo se dessine droit devant nous.

« -Oz, maintenant ! »

Il acquiesce, et d’un bond, lui et moi nous désolidarisons de Nino et Aristei.

« -Où… Où est-ce que tu vas ?! »

Notre direction peut en effet laisser perplexe, puisque au lieu de nous diriger de l’autre côté du Wailord, mon starter nous fait foncer à toute vitesse jusqu’à…

Ceci.

« -Le geyser ! Il arrive !
-Rai ! »

Le trou situé sur la tête de la baleine frémit, signe de l’éjection prochaine d’un puissant jet d’eau.

« -Désolé Nino, mais on ne va pas se contenter d’un seul bond ! »

Sans s’arrêter, Oz amorce un virage pour être face à la ligne d’arrivée, et… Fonce jusqu’à la narine du Wailord.

Propulsion dans trois.

Deux.

Un.

« -Par le pouvoir de l’EXCEEEEEEEEEEEEEEEEES !
-SPLAAAAAAAAAAAAAAAASH ! »

Le Raichu bondit au dessus de la narine juste avant que l’eau soit éjectée, et celle-ci nous propulse une nouvelle fois dans les airs, mais avec cette fois plus de vitesse et plus de hauteur.

« -YAHOUUUUUUUUU ! ON VOLE, OZ !
-Chu ! »

///

« -…. »

Caroline éclate de rire. Basculant d’abord contre le dossier de sa chaise, elle se rabaisse aussitôt après en voulant reprendre son souffle, et tape très rapidement sur la table.

« -AHAHA ! Mais je n’y crois pas ! Tu ne peux pas t’empêcher de finir toutes les courses en volant ?! AHAHA ! »

Je croise les bras, vexé.

« -J’avais pas le choix, on était à la bourre et on devait rattraper ceux qui avaient passé le Wailord !  »

Elle rigole pendant encore un court instant, et se redressant à nouveau, inspire profondément, les mains sur son ventre.

« -Ah, Arceus... » les larmes aux yeux, une pensée semble illuminer son esprit « … Attends, ne me dis pas que c’est comme ça que… ?! »

Je baisse les yeux de honte, devinant sans mal où elle veut en venir.

« -… Si.
-… Pfrt… AHAHA ! AHAHAHA ! BON SANG GINJI ! TU ME TUES ! AHAHA ! »

Caroline tape encore du poing sur la table. Hilare, elle s’arrête brusquement pour me lancer un grand sourire.

« -Vas-y, redis-le une fois !
-… Hein ? De quoi ?
-Comment ça s’est terminé !
-M-mais… Mais pourquoi ?
-Je veux l’entendre une nouvelle fois ! S’il te plaît ! »

Après un soupir, je grommelle faiblement.

« -… Hmpf. Bah du coup, Oz et môa... »

Elle se penche un peu plus en avant.

«  -… Ouiiiii ?…
-On a volé droit jusqu’à la ligne d’arrivée….
-… Eeeeeeeet ?…
-C’est là que….
-… Queeeeeeee ?!…
-... »

Son sourire s’élargit, et j’enfouis mon visage dans mes mains, rouge.

« -On a percuté Charlie, qui se trouvait sur la plate-forme derrière. Je me suis accroché par réflexe à lui et je l’ai entraîné dans l’eau…
-… Mais encore ?
-…. »

Je redresse la tête, agacé.

« -ET J’AI ARRACHE SON BERMUDA DEVANT 6 000 PERSONNES ! D’ACCORD, C’EST BON, ON A COMPRIS !
-AHAHAHA ! BORDEL ! DEVANT LES CAMERAS ET TOUT ! AHAHAHAHA ! »

Je m’affaisse brusquement et laisse ma tête sbunker contre la table.

« -J’en ai maaaaaaaaarre... Pourquoi ce genre de choses n’arrivent qu’à môa ?!... »

***

« -Oz regarde ! On fonce droit vers l’arrivée !
-…. Très vite, non ?...
-Mais non, je ne vois pas ce que… AAAH T’AS RAISON, POURQUOI ON NE S’ARRÊTE PAS ?! »

Depuis son poste d’observation, la voix de l’assistant à la mairie nous est retransmise.

« -Regardez donc les participants qui s’approchent !.. Tiens, c’est moi ou il y en a un qui…. ?
-ATTENTIOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !
-SBAAAAAAM ! »

Alors que Oz percute la plate-forme et s’échoue dessus, je suis éjecté de la même manière qu’après la traversée de la rivière. Les bras droits devant moi, mes doigts cherchent à accrocher le premier élément pouvant me permettre de me stabiliser… Et manque de chance, la chose sur laquelle ils se referment ne m’a pas l’air très solide.

PLOUF.

C’est vraisemblablement le son produit par ma chute, et celle de Charlie, que j’ai entraîné avec moi dans l’eau.

Je me débats quelques secondes avant de parvenir à me redresser, prenant une grande bouffée d’air une fois à la surface. Je remarque tout juste alors la présence de l’adulte à côté de moi, et suis pris d’une brusque panique.

« -A-ah ! P-pardon ! Je suis désolé ! Je... »

Trempé, Charlie me fait un petit signe de la main souriant.

« -Wow ! Ça c’est une arrivée renversante, ahaha ! »

Rapidement, je me hisse sur la plate-forme, et lui tends la main pour qu’il fasse de même. Alors qu’il l’attrape et grimpe à son tour, il prend une mine plus perplexe.

« -Par contre c’est bizarre, j’ai comme l’impression que... »

Je m’immobilise lorsqu’il se place enfin debout, et que je réalise ce qui le dérange.

Charlie Hudson est en sous-vêtement, trempé, devant tout le public.

Il le réalise avec une petite mimique étonnée, et passe une main derrière sa tête, souriant.

« -Eh bien ! On dirait que j’ai bien fait de mettre un caleçon, aujourd’hui !
-………….. »

Je veux mourir.

///

« -Il a vraiment dit ça ?
-Oui….
-AHAHA ! Ce type est incroyable ! »

Caroline se lève brusquement de sa chaise. Après avoir essuyé les larmes qui perlent sur ses yeux rougies, elle récupère ma tasse et la sienne, vides, pour ensuite aller les déposer dans l’évier derrière elle.

« -Et au final, t’as pu finir premier ? »

Je fronce les sourcils. Face à mon absence de réponse, ma grande sœur se retourne pour me fixer, et remarquer mon expression perplexe.

« -… Attends, tu ne sais pas ?
-Parce que tu crois qu’après ça je suis resté gentiment à attendre le podium ?! J’ai récupéré Oz et Sharon et suis venu me réfugier ici en quatrième vitesse !
-AHAHA ! Aaaaaaaaaaaaah fréro, mais non ! Mais comme tu peux être aussi bête, ahaha ?... »

Non mais c’est bon, j’ai compris.

Désormais, quand je ne le sens pas, JE N’Y VAIS PAS.

UN POINT C’EST TOUT.

HRP:
 

_________________

Compétition Pokéathlète #6 - Le Grand Marathon 1422191746-copain

« Je vais garder le parfait contrôle de mon esprit…. Et ne pas laisser les ténèbres envahir mon cœur ! »
Compétition Pokéathlète #6 - Le Grand Marathon 1477337343-ginji-xd
Merci Môman Callie!
Salomé Cobal
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Sujet: Re: Compétition Pokéathlète #6 - Le Grand Marathon   Sam 2 Fév - 0:49
L'air fouetta le visage de Salomé.
Elle resserra sa prise le long des plumes qui manquaient de s'arracher entre ses doigts fins et recouverts d'une paire de gants en cuir, fidèles alliées pour cette course aérienne. Elle sentit sa monture s'ébrouer sous les explications de Charlie et lui asséna quelques caresses pour tenter de la calmer au mieux.
Son premier vrai vol en solitaire. Elle avait déjà connu les frissons du ciel à dos de Dracaufeu en compagnie d'Alban. Puis aperçu les cimes depuis le Bruyverne d'Ana. Elle, simple passagère, reléguée au dernier rang, la voici projetée en tant que conductrice aujourd'hui.
Et le hasard lui avait mis entre les mains un Bazoucan dont la simple vision lui rappelait l'absence d'Algernon à ses côtés. Un soupir s'échappa d'entre ses lèvres qui risquaient de gercer au vu des températures fraîches mais elle ne s'en soucia guère, laissant son regard errer vers le lointain, sans savoir qui ou quoi elle espérait voir.
Une foule de visages inconnus, encore et encore. Peut-être Ana se tapissait-elle parmi les spectateurs, noyée dans la masse. Peut-être Ranya était-là, cachée dans un coin, telle une ombre l'épiant ? Et d'autres qui se bousculaient dans son crâne, lui mettant un peu plus de pression alors qu'elle ne prenait même pas à cœur cette compétition de premier abord, elle la pokéathlète qui n'avait que faire de monter sur le podium.
Mais elle allait pouvoir voler, s'élancer vers le ciel et le caresser pour finalement chuter le long de la mer. Elle secoua la tête, se concentrant sur les explications finales et le compte à rebours qui s'annonçait.
Son cœur marquait un nouveau battement à chaque nouveau nombre qui la séparait du départ.
Lui tambourinait et lui creusait la poitrine.
S'enfonçant pour surgir finalement, tel un hoquet incontrôlé.

Le go de Charlie se perdit entre ses tympans, les lui vrillant, elle n'eut pas même le temps de donner un coup de talon à sa monture aérienne que ce dernier s'était élancé, tentant de rattraper les autres Pokemon bien plus rapides au premier abord. La rousse se laissait porter mais frissonnait de toutes parts, non pas à cause du froid qui lui mordait la peau malgré sa tenue épaisse et ses lunettes qui lui entouraient les yeux, mais bel et bien à cause de ce soupçon d’adrénaline qui se propageait dans ses veines, fusait, jusqu'à l'ébouillanter jusque dans son esprit.
Le monde paraissait petit vu d'en haut.
Elle avait envie de s'arrêter et d'en profiter tout en continuant d'accélérer pour goûter au plus près de ce que vivait Ana au quotidien à dos de son Bruyverne. Dommage que les autres participants lui gâchaient le paysage et la vue qu'elle découvrait pour la première fois. Un léger claquement de langue agacé retentit, bruit qui n'échappa pas au Bazoucan qui accéléra quelque peu l'allure, à son paroxysme désormais, bien qu'insuffisant pour égaler d'autres qui se bousculaient dans les airs.

Les côtes se déployaient sous elle. Ne pas penser à la chute. Ne pas penser à l'eau meurtrière. Ne penser à rien si ce n'est à l'instant présent et au vol qui lui tendait les bras, la réconfortant et la consolant malgré l'absence d'Algernon.
Elle en profita pour baisser les yeux et contempler enfin le Bazoucan docile se prêtant au jeu sur son simple caprice.

— Tu crois qu'Algernon te ressemblera, un jour ?

Tu crois qu'Algernon la portera, un jour ? Que lui et elle seront à la place où tu es actuellement ? Et qu'il répondra lorsqu'elle lui parlera, pas comme toi qui t'es emmuré dans ton silence, toi focalisé et concentré sur ta course, comme si c'était important, comme si rien d'autre n'avait d'importance si ce n'est cette foutue course et le podium à l'arrivée. Mais pas de récompense pour toi, certainement pas pour quelqu'un comme toi, dégoulinant de plumes et incapable d'articuler quoi que ce soit si ce n'est ton silence, ton cher et tendre silence dans lequel tu t'enroules tel un plaid. Et pour elle, quelle récompense, quelle finalité, si ce n'est se rappeler cet instant d'émerveillement loin d'Algernon, ce nouveau vol loin de lui, nouvelle infidélité qu'elle ne se pardonnera pas, pas après sa promesse de toujours veiller sur lui, promesse renouvelée, promesse chuchotée.
C'est qu'il répond pas, l'enfoiré.

Oh le joli cerceau.
Le Bazoucan est le premier à réagir, ajustant son vol au mieux pour passer à travers le premier obstacle, lui l'emplumé qui se retrouve à ralentir les battements de ses ailes sans savoir qu'il se calait sur les battements de cœur de la rousse, se faufilant de justesse sans plus attendre les ordres de Salomé qui parut reprendre pied avec la course et se baissa pour ne pas percuter le cerceau un poil trop bas pour elle.
Le château se dessinait en contre bas, ainsi que la multitude de Pokemon Psy désormais visibles mais ce n'était pas le plus intéressant ; c'était devant elle que tout se jouait, devant elle qu'il fallait avancer pour passer outre ces maudits cerceaux et leurs positions plus qu'aléatoires. Elle grogna quelque peu, se couchant presque contre le type Vol pour profiter de l'aérodynamisme et ne plus freiner le vent de par son corps d'adolescente, tentant de ne faire plus qu'un avec le Bazoucan.
Mais elle n'y arrivait pas.
Tout sonnait faux ici.
Le Bazoucan, en premier.

— C'est parce qu'un an et demi c'est pas assez qu'il a pas encore évolué ? Un an et demi, c'est beaucoup, pourtant. Comme si j'avais songé rester un an et demi dans cette école, siffla-t-elle sans se soucier si ses mots étaient ou non entendus par le Pokemon Canon, va falloir quoi ? Un an de plus ? Ou deux ? Il t'a fallu longtemps pour arriver là où t'en es ?

Au fait, comment s'appelait le Bazoucan ?
Pas la moindre idée.
On le lui avait dit en lui remettant la pokéball de l'animal. On le lui avait dit et répété mais le nom lui échappait désormais. Comme tout ce qui était autour d'elle, si ce n'est la présence du type Vol et des cerceaux qu'il tentait d'affronter, ben en avant et ailes tendues. Il paraissait sur le point de se casser un os ou deux, lui concentré et beau dans ses pensées tandis que Salomé déblatérait banalité sur niaiserie dont l'oiseau n'avait cure.
Mais un an et demi sans évoluer, c'était important.

C'est chiant un peu, ces cerceaux.

— Et si on en rate un, il se passera quoi ?

Bonne question. Elle ne savait même pas si le vent charriait ses mots jusqu'aux tympans du Bazoucan mais elle savait qu'il continuait sa tâche sans plus guère se soucier de l'humaine sur son dos. Lui avait été bien dressé. Un peu trop, peut-être. C'en était ennuyeux. Enfin, elle vit le dernier anneau, jetant derrière elle un coup d’œil pour apercevoir la multitude dont elle s'éloignait. Mais le Bazoucan continuait, droit devant lui. C'était pas ça, la suite du parcours. Fallait qu'elle redescende, marche, court, s'épuise. Le tout sur terre. Déjà, d'autres concurrents amorçaient la descente derrière le château tandis que la monture continuait, emporté par son élan.

— Attends !


Elle fit pression sur le Bazoucan. Et elle qui pensait que la bestiole avait mémorisé le parcours entier et savait quoi faire. Pour les airs, oui. Mais il ne paraissait pas désireux d'abandonner sa dresseuse d'un jour.
Et merde.
Si seulement elle s'était souvenue de son surnom pour donner plus de contenance à son ordre car le voici qui continuait de l'éloigner du château, toujours tout droit. C'était la forêt du contre-bas qui l'intéressait, c'était ses arbres épais et mystérieux qui l'intriguaient, c'était tout ce qu'elle ne voyait pas mais qu'elle pouvait fouler de ses pieds, contrairement à la voie aérienne. De tout son poids, elle s'allongeait encore, le forçant tant bien que mal à piquer. Elle n'avait que faire de son retard mais cela commençait à faire beaucoup.
Et même si le podium ne l'intéressait que très peu, elle préférait éviter l'humiliation de finir dernière en ne franchissait pas même la ligne d'arrivée. À la place, elle risquait de se retrouver à Unys ou ailleurs, à ce rythme.

— KAILLOU !

Le nom lui avait échappé.
Avec un -k.
Parce qu'un caillou qui vole, c'est surfait. C'était un Kaillou qui volait qui l'accompagnait. Tout en nuances et subtilités.
Elle éclata de rire face à ce nom improbable qui ne pouvait que lui rappeler Algernon. Et le destin, ou quoi que ce fut, lui avait placé entre les mains un Bazoucan affublé d'un tel sobriquet.
Mais Kaillou se calma. La rousse avait visé juste. Il s'arrêta, attendant de nouveaux ordres qui ne tardèrent pas :

— Demi-tour et pose-toi là, derrière le château. T'as qu'à te guider avec les montures qui font le même trajet.

En effet, même si nombre de participants avaient dû passer devant Salomé, il y en avait encore énormément qui avançaient et amorçaient la descente, le Bazoucan n'eut qu'à voler sur leurs traces pour déposer la rousse exactement là où elle souhaitait.
Elle ne se retrouverait pas à Unys aujourd'hui.
Et peut-être pourrait-elle aller au bout de cette course.

Salomé mit pied à terre, balayant les environs pour s'élancer droit sur un parcours qu'elle appréhendait. La vitesse n'était pas son point fort, au contraire de son endurance, aussi prit-elle garde à économiser son souffle et à maintenir une allure uniforme, quitte à laisser d'autres la devancer, elle se doutait que la suite risquait de puiser dans ses ressources, et le repos ne serait pas pour tout de suite.
Elle courait sous les frondaisons, s'arrêtant face au parcours qui se déployait devant elle. Il allait falloir ramper et se salir. Il allait falloir courber l'échine et avancer. Certains se jetaient déjà à gorge déployée vers la terre et la boue, la gobant presque, tandis que quelques secondes s'écoulèrent avant que la Médecin ne se décide à faire de même, côtoyant le sol tel un simple vers, avançant sous des troncs qui avaient été renversés pour rappeler au maximum le lieu où ils se trouvaient. Tout n'était que bois à perte de vue et lorsque la rousse se redressa, elle vit un mur d'escalade qui ne demandait qu'à être franchi. Elle recula de quelques pas, prenant un maximum d'élan avant de s'avancer brutalement, enlaçant presque l'obstacle tandis qu'elle le laissait derrière elle. Un sourire égaya son visage si froid depuis le début de la course, ce même sourire en coin et retors qu'elle arborait sitôt un mauvais tour qu'elle préparait. Mais nulle tricherie de prévue, aucune manipulation à craindre, juste l'esprit de compétition de Salomé qui s'éveillait tout juste.
Il était temps.
Il était plus que temps.

Elle continua sa folle course, sautant les obstacles placés sur son chemin ; ses cours de pokéathlète se rappelaient à elle, son corps entier était entraîné et préparé pour cette épreuve.
Voilà un an et demi qu'elle trimait et mangeait des obstacles chaque semaine.
Un an et demi passé à courir et à s’essouffler par tous les temps suite à un simple parcours, une voie qu'elle s'était choisie à son arrivée à l'académie.
Aujourd'hui, elle avait l'occasion de tout mettre en application, elle comme d'autres étudiants de sa filière. Elle n'avait guère fait attention si des visages familiers couraient à ses côtés, trop occupée à mettre un pied devant l'autre pour éviter la chute.
C'était tout sauf une promenade de santé mais les haies se tarissaient, voilà la fin qui se déclarait à Salomé. La fin du parcours mais le début d'une nouvelle épreuve. Elle serra les dents, faisant appel à ses souvenirs et à sa mémoire trouée pour se rappeler la suite des événements tout en maintenant une bonne allure, dépassant des inconnus par la même occasion.
Elle continue de courir malgré son souffle saccadé qui lui brûle la gorge. Elle continue de courir, puisant dans ses forces sans parvenir à se remémorer la suite des événements. Elle continue de courir jusqu'à ce que sa chaussure droite finisse trempée.
Trempée.
Elle frissonne tandis qu'elle se souvient. Elle frissonne et contemple ce lac comme un nouvel ennemi qu'elle s'apprête à déchiqueter. Elle frissonne mais ne peut se résoudre à s'élancer à corps perdu dans cette eau hivernale qui lui gèlera les os sitôt sa peau à son contact.
Elle se souvient de sa chute malheureuse dans le lac Keldeo quelques semaines plus tôt, ce lac gelé qui lui avait mordu chevilles et doigts avant qu'elle ne s'en extirpe. Mais hors de question de ressortir sitôt la première goutte rencontrée. Ne risquait-elle pas l'hypothermie en nageant à des températures aussi extrêmes ? Partout à droite et à gauche, des étudiants ne se posaient pas plus de question, ôtant leur tenue de vol pour ne laisser que celle aquatique d'apparente.
Alors Salomé fit de même, muant tel Ankou, pour finalement laisser son corps rencontrer l'immensité du lac et son eau qui ne la rejetait pas, se faisant plus accueillante à chaque brasse. Sa tête s'immergeait par moments, soufflant sous l'eau, pour la redresser ensuite, sa queue de cheval haute ramassée en un amas de cheveux rougeâtre, telle une traînée qu'elle emportait avec elle. Elle remontait le courant tant bien que mal, faisant face aux remous qui l'éclaboussaient et la faisaient tousser parfois. Vivement que Sheitan la prenne enfin sur son dos et qu'elle abandonne cette partie du marathon qu'elle détestait ; à côté de cela, le parcours du combattant semblait bien plus facile. Lors d'un nouveau mouvement de bras, elle aperçut les cascades et avec elles, la figure d'un Leviator. Le sien ou un autre, elle n'en savait rien mais savoir qu'elle touchait au but était réconfortant. Elle inspira profondément, plongeant la tête entièrement sous l'eau pour s'immerger complètement et faire quelques mètres en apnée pour se rapprocher au plus près de son objectif, et surtout au plus vite.
La rousse retrouva l'air libre et inspira de grandes goulées tandis que ses poumons semblaient sur le point d'exploser. Mais les cascades étaient là, à quelques mètres à peine. Sa nage se fit plus tranquille tandis que les écailles brillantes du Leviator, son Leviator, rentraient dans son champ de vision. Elle reconnaissait Sheitan et son bleu nuit si particulier qui offrait un contraste saisissant à ses nageoires et ventre crème. Elle se préparait à escalader son long cou pour se positionner en haut de sa tête, comme à son habitude, mais le chromatique se baissa, lui offrant une ascension plus simple et plus adaptée en vue de son état physique. Elle n'avait qu'une envie ; s'écrouler et s'endormir le long de son dos mais elle se força malgré tout à se percher sur sa tête, en bonne vigie pour continuer la course et reprendre quelque peu son souffle.

Maintenant il allait falloir filer.

— Montre-moi que le coaching du comateux a été efficace !

Ex-comateux répondant au nom de Ginji.
Mais c'était trop lui demander après une traversée pareille. Elle s'accrocha à la crête en trident du double-type tandis qu'un puissant hurlement traversa le lac, rappelant à tous qui était le roi des lieux ici. Aussitôt, il fusa, s'élançant le long de l'eau, glissant à travers courant et marées, éclaboussant des adversaires sur son passage, ce qui ne manqua pas de faire rire Salomé, bien à l'abri sur son perchoir.
Algernon avait bien raison de toujours se réfugier sur son épaule malgré ses ailes qui pouvaient l'emporter n'importe où.

Elle n'avait même pas le moindre contact avec l'eau, de là-haut, contrairement à d'autres bien plus proche de la surface qu'elle. Si seulement le temps s'y était prêté, elle aurait pu songer à un bain de soleil mais la mairie avait eu la bonne idée d'organiser la compétition en hiver plutôt qu'en été alors tant pis.
Le corps du Leviator était rêche et humide, le cou s'étendait tel un toboggan l'invitant à descendre. Mais ce n'était pas encore l'heure. La vitesse était de son côté, et avec elle cette hargne qui s'était déclarée à mi-parcours, la sortant de sa torpeur et de ses limbes sitôt le Bazoucan délaissé.
Un an et demi, quand même.
Elle reposa les yeux sur sa monture, l'écume clapotait le long de son corps serpentin, se brisant contre ses écailles, évoluant dans son milieu naturel sans plus se soucier de quoi d'autre. Sheitan était juste heureux de nager, rien d'autre. Elle se demandait parfois à quoi ressemblait sa vie d'avant, lui le seul Pokemon sauvage qu'elle avait capturé, le privant de son entourage et de ses habitudes pour le faire sien.

— Toi aussi t'as dû en vivre des choses, en un an et demi.

Son un an et demi à lui, c'était quoi ?
Six mois en compagnie de Salomé, six mois à se perdre sur Adala pour mieux découvrir l'île et ses environs, entre le lac et la mer qui charriait les côtes, et l'opportunité de s'en aller pour toujours, opportunité qu'il avait refusée alors que tout aurait pu se terminer là. Et un an sans Salomé, sans la connaître, ni elle ni aucun de ses étranges compagnons qui l'accompagnaient, la suivant les yeux fermés pour certains, doutant pour d'autres. Mais en un an et demi, c'était sa première compétition à lui aussi, et la première pokéathlète pour la rousse qui frissonna sûrement à cause du vent, ou peut-être pas, il n'en savait rien.
Il répondit par un nouveau hurlement, plus puissant et tonnant que le précédent, faisant plier l'eau sous son rugissement qui n'avait rien d'humain mais tirait sur le monstrueux.

La rousse n'écoutait déjà plus la réponse, ne la comprenant pas aussi, avisant le sable qui marquait son débarquement. Elle se laissa glisser le long du cou serpentin, elle en rêvait depuis si longtemps, atterrissant finalement sur le sable fin mais froid, bien plus agréable en comparaison de la boue et de la terre de tout à l'heure. Il allait falloir courir. Encore. Mais elle avait pu récupéré. C'était là son pénultième périple, la fin lui tendait les bras. Elle se retourna mais déjà Sheitan filait vers le sud, là où la rousse le retrouverait pour achever cette course. Elle ne perdit pas plus de temps, forçant sur ses jambes endoloris, craignant déjà les courbatures qui ne manqueraient pas de secouer tout son corps demain matin, sentant le sable crisser à chaque nouveau pas, l'éparpillant aussi, le faisant voler telle une poussière balayée.
Le sable ralentissait ses mouvements, c'était une nouvelle lutte qu'elle menait. Elle s'enfonçait et glissait, pestait, avant de retrouver ses appuis, basculant son poids à gauche puis à droite pour lui permettre d'avancer au mieux. Il allait falloir aller, et aller vite. Elle tentait d'accélérer l'allure, d'agrandir ses enjambées malgré son corps d'adolescente chétive, se hissant tant bien que mal parmi d'autres coureurs et gagner de précieux mètres.
Elle s'arrêta un pas avant la mer, ne souhaitant pas renouveler l'expérience de la chaussure trempée, même si elle n'était plus à ça près au vu des épreuves précédentes. Sheitan était là lui-aussi, n'attendant plus que Salomé pour la guider près de ces fameuses ruines et surtout auprès d'un de ces foulards, sésame clamant la fin de la compétition et surtout de la réussite de cette ultime épreuve. Il allait falloir plonger, elle comptait sur le Leviator pour l'amener au plus près de l'étoffe et surtout le plus rapidement possible car elle n'allait pas pouvoir retenir sa respiration indéfiniment. Elle inspira profondément, faisant signe au dragon des mers qu'il était temps et les voilà tous deux s'enfonçant au plus profond des ténèbres, côtoyant les abysses, cherchant les ruines et les foulards. Le temps s'égrenait à travers son souffle retenu, souffle qui ne lui manquait pas encore mais ça ne saurait tarder. Les yeux grands ouverts, les foulards étaient plus sur sa droite, tandis que la rousse s'agrippait toujours à la crête reposant le long de sa tête pendant que chacune des nageoires du Pokemon s'agitaient pour gagner en vitesse.
Mais ses poumons hurlaient.
Une percée vers la surface était nécessaire, Sheitan s'exécuta, permettant à sa dresseuse de respirer bruyamment sans se soucier des compétiteurs aux alentours. Il allait falloir y retourner, cette fois-ci le corps du Leviator était placé pile au-dessus de leur objectif, ainsi gagneraient-ils du temps pour mettre la main dessus.
Nouvelle inspiration et les voilà dévorés par la mer immense, qui les recracherait bien assez tôt. Par réflexe, la rousse ferma les yeux d'abord avant de les rouvrir pour se focaliser sur le foulard qui n'attendait plus qu'elle. Il y en avait énormément, beaucoup espéraient un propriétaire ; avait-elle su remonter en haut du classement ? Elle ne s'interrogea pas davantage, laissant ses doigts buter contre le nœud avant qu'elle n'en vienne à user de ses ongles pour arracher le textile à sa prison. Enfin, l'étoffe fut libéré de son entrave, glissant entre ses doigts, s'agitant et ondulant au fil du courant tandis que sa main gauche le serrait fermement, tandis que de la droite elle ne lâchait pas la crête de Sheitan, occupé à remonter pour éviter à sa dresseuse de se noyer.

Qu'il faisait bon de respirer.
La rousse était toujours dans l'eau et s'étendit le long du corps serpentin du Leviator, allongée sur le dos, le ciel dans sa ligne de mire, le foulard trempant dans la mer toujours retenu par sa main gauche. Elle savait la fin plus que proche, il ne leur restait plus qu'à passer la ligne d'arrivée, et ce le plus vite possible.
Elle eut toutes les difficultés du monde à se relever mais hors de question de se percher à nouveau sur la tête de Sheitan, toutes ses forces l'avaient quittée. Elle se contenta d'enlacer son cou immense pour s'y accrocher de son mieux tandis que le Leviator s'élançait à toute vitesse, déterminé à combler le retard de sa dresseuse.

— Un an et demi, quand même. C'est pas rien.

Elle ferma les yeux, faisant toute confiance à Sheitan pour que ce dernier passe la ligne d'arrivée avec succès.
Au pire, elle se retrouverait à Unys ou ailleurs.

HRP:
 

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Merci Ida, Max & Mika pour les Moodboards !:
 
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