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T’façon tu m’aimes trop pour me tuer là. Et on est sur un forum tout public tu n’as pas le droit..
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Marcher puis dormir sous la lune.
Marcher puis s'enlacer jusqu'à l'aurore.
Marcher puis s'aimer pour l'éternité.
Marchaimer.
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Contrairement à ce que tu penses, les gens ne sont pas prisonniers de leurs idéaux. Et tu devrais toi-même en prendre conscience ...
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Les gosses dans ton genre n'ont aucune expérience de vie. Et certainement pas leur mot à dire pour juger les autres.
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T’es là depuis une seconde à peine et tu me casses déjà les couilles. C’est parfait.
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Je ferai tout pour que ce soit notre flamme qui reste allumée à la fin de ce combat.
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Je te l'ai dis Alex, à demi mot, que je t'aime. C'est vrai, pourtant je t'aime… Est-ce là? La fin de notre relation? Un message perdu que j'essaie de sauver au bord d'une plage alors que tu te noies dans tes sanglots? Je ne me savais pas condamné aux sables
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Tu es prêt Germain ? Reste sage et admire le spectacle, surtout n'interviens pas et sois gentil, trouve moi une cigarette.
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Je ne peux pas te contredire, tu as merdé en beauté.
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Je continuerai de t’aider, de t’assister, ou te servir, pour atteindre ton rêve. Même en sachant tout ça. Même si, pour se faire, je dois abandonner mes propres rêves.
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Son paquet d'Eucalyptus avait provoqué le chaos.
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Mademoiselle Potts ? Je suis désolée mais … est-ce que vous pourriez m’aider à trouver un partenaire, je ne connais personne et je …
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Bellamy Wallace
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Icon : Canicule Cf18c511
Taille de l'équipe : 8
Région d'origine : Kalos.
Âge : 18 ans
Niveau : 41
Jetons : 306
Points d'Expériences : 1068
Canicule Cf18c511
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Kalos.
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Bellamy Wallace
est un Scientifique Archéologue


Il faisait une chaleur à en crever. L'air était sec, irrespirable, assommant ; et les corps tour à tour poisseux ou desséché. Le soleil tapait si fort et si continuellement qu'il n'était pas rare de croiser au détour d'un couloir un pokémon zombifiés, aux yeux vitreux, presque KO. Quand aux étudiants, il n'étaient pas mieux lotis. La plupart restaient cloitrés au find fond de leur salle commune, profitant de la clim, quand les plus courageux, osaient affronter l'aridité nouvelle d'Adala et partaient en quête de l'océan, d'un lac ou de n'importe quel point d'eau. Ou de zones ombragées. Jamais ses aprés-midis passés au bord du lac de Lansat n'avaient autant manquées à Bellamy. Comme tous les autres, elle souffrait atrocement de cette soudaine montée de température, et elle bénissait chaque heure passée son équipe ; pour compter autant de pokémon eau. Comme tous les autres, elle prenait sur elle, comptant les jours fatidiques... La plupart des cours étaient déjà terminés et la rose avait eu la bonne idée de rendre tous ses devoirs en avance. Plus que quelques jours... Pour les vacances. Pour le bateau. Pour le voyage. Quand on leur avait annoncé la teneur de leur classe d'été, la rose n'avait pu retenir un saut de joie. On aurait dit des vacances fait sur mesure sur elle et son projet professionnel. Mais avant d'embarquer sur le bateau... Il fallait survivre à ses jours caniculaires. Ses looooooongs jours caniculaires. Des jours si lents, si mous, si ennuyeux et pourtant si exténuants. Et si la plupart des cours étaient soit terminés, soit annulés : il lui restait néanmoins beaucoup à faire. En autre, elle devait décider de se seconde spécialité afin de passer ENFIN son grade 2, hésitant toujours à se spécialiser dans un type (eau ou psy), le choix le plus évident ou à tenter la voie d'agent. Elle n'était pas assez sportive pour le second choix, mais Ely la formait. Depuis qu'elle avait détruit un avion de l'armée (sombres bails) le jeune militaire l'avait pris sous son aile et lui apprenait beaucoup : son instinct de survie ne suffira pas toujours si elle se retrouvait encore en situation extrême. Il lui fallait de la discipline, de l'endurance, tout ça, elle ne l'avait pas encore. L'aurait t'elle un jour ? Elle ne désespérait pas. L'absence de Lolita lui avait appris qu'une personne n'est pas figée dans le marbre et que tel les pokémons, il était possible d'évoluer, de changer, de s'améliorer. Elle comptait bien y arriver un jour... Mais en attendant, elle crever de chaud putain ! Le ventilateur qui animait ses mèches roses ne suffisait pas à apaiser la chaleur qui lui brûlait la peau, aussi n'avait pas hésité à déboutonner son croc top chemisier, laissant voir sa brassière à un docteur Ghost pas le moins du monde décontenancé. Aussi bizarre et interdit par la loi que ça pouvait être, ce n'était pas la premiére fois que la mentali se dénudait à moitié devant le psychologue. Ça n'avait rien de pervers. Les méthodes du psychologue avait de quoi interroger et au début, Bellamy n'était pas hyper à l'aise à l'idée de visiter ses cauchemars - elle qui les faisait régulièrement dévorer par Lolita. Mais à chaque fois, ça avait porté ses fruits et depuis maintenant plus de deux ans, Bellamy était resortie du bureau de Ghost plus apaisée à chaque fois. Ça avait commencé avec Louis, puis Soan, puis les disputes avec Evan, la découverte de sa tante, il y avait aussi eu l'incendie, les émeutes, A2P, palladium, ce qui était arrivé à Dolores, le départ de Lolita, puis celui de Lancelot, ce cauchemar récurant dans un train... Il sembalit à la rose que depuis maintenant presque trois ans, Ghost avait était là. À chaque étape. À chaque souffrance. Il était d'ailleurs l'un des quatre autres être humains à savoir, à vraiment savoir, pour Louis : il avait aussi Soan, Philippe et Mia. Et quelque-part, même si elle savait que ce n'était pas réciproque, elle avait cessé de voir le psychologue comme un psychologue et l'imaginait en ami. C'était absurde mais ce qu'elle ressentait. Aussi, elle n'avait pas hésite une seule seconde quand elle avait reçu cette convocation, alors que son dernier rendez vous remontait à la mi décembre. Elle était venue malgré la chaleur, et comme à son habitude s'était affalée dans un des gros fauteuils de cuir - elle l'avait aussitôt regretté. Il faisait bien trop chaud, purée... Et maintenant ? La voilà dégoulinante et silencieuse, attendant que l'adulte brise le silence qui précédait chacune de leur séance. Il l'observait avec ses yeux de faucon -qui rappelait toujours à Bellamy le personnage de madame Bibine dans harry potter- imité par son compagnon de toujours, l'inquiétant Vodoo. La rose releva une mèche qui collait à son front luisant, et en profita pour nouer ses cheveux en deux gros buns à la taille cartoonesque - ses cheveux ne cessaient de pousser. Finalement Ghost prit la parole, d'une voix calme et caverneuse :

-Je t'ai juste fait venir afin de faire le point, Bellamy. Avec l'été qui approche, j'ai la tâche de contrôler l'état émotionnel de mes patients les plus réguliers. 

La rose hocha un sourcil. C'était faux, bien évidemment. En deux étés, jamais Ghost ne l'avait fait venir spontanément chez lui... Et maintenant après plusieurs mois de non rendez-vous, il voulait la voir et lui sortait une excuse bidon ? Ou était la file d'attente habituelle, si il vérifiait chacun de ses patients ? Bellamy n'avait pas eu à faire la queue du tout. Elle était loin d'être la seule traumatisée dans cette école, et loin d'être la plus amochée, et franchement, ce n'était pas la première dans l'ordre alphabétique. Intriguée, la rose essaye de sonder du regard le psychologue mais ce dernier restait impassible, fixant tour à tour : Bellamy, le ventilateur, le gros dossier sur ses genoux, Bellamy, le ventilateur. Finalement, et n'entendant pas de réponse, Ghost se racla la gorge et reprit :

-Cela fait longtemps que tu n'es pas venu. Comment vas-tu Bellamy ? 

La rose se mordit la lèvre inférieure. Cette question, elle la connaissait bien et elle savait pertinemment que la réponse qu'elle donnait n'était jamais vraiment juste. Vraiment vraie. C'était comme ça que Ghost commençait les séances les plus compliqués, celle où il allait lui mettre le visage dans sa propre merde et démonter un à un tout ce qu'elle croyait savoir sur elle-même. Pourtant... Aujourd'hui, c'était différent. Car Bellamy savait comment elle allait. Elle était différente de la Bellamy paumée qui avait mis le pied dans un bureau quelque-peu différent il y a plus de deux ans. Aussi la question de Ghost, loin de sonner comme une sentence apparaissait comme une simple question amicale.

-Je vais bien. Étonnamment. Je crois que je vais bien... Pas parfaitement mais ça va. Quand Lolita et Lancelot sont rentrés couverte de morsures de rattatas l'année dernière, j'ai cru que je les venais de les retrouver pour les perdre de nouveau mais... Ils sont là.    

La rose poussa comme un soupir de soulagement, qui se perdit dans le bruit provoqué par les pâles du ventilateur. Elle essuya une goutte sueur qui perlait sur son front.

-Et même si parfois, j'ai l'impression qui ne sont pas là. Vraiment là. Avec moi. Q'ils s'éloignent et pourrait disparaître, je crois, que je gère plutôt bien.

Mordillage de lèvres. Le regard glacé de Bellamy remonta sur Ghost, comme cherchant une réponse.

-Il y a ce club, le ship club, ou une connerie du genre. Lolita s'y est inscrite et ne m'en a jamais parlé. J'était jalouse, j'avais peur. Mais... Elle vit sa vie. Et je vit la mienne. Je me suis rapproché encore un peu de Pom ;' de Chourave et de Lottie aussi. Oh et il y a ce carapuce ! Je l'ai recueilli et je cherches son dresseur, il est peureux mais je crois qu'il m'aime bien. Hamtaro ne grandit toujours pas et passe ses journées à dormir... Parfois je me demandes si je lui donnes assez. Et ce militaire, Ely, je le vois moins ces derniers temps, mais il m'apprend des tas de trucs super cools ! Et puis j'aime les cours ici, j'aime la cité médiévale de Malnova et le calme de Nuevo. Lansat... C'est terrible à dire mais Lansat ne me manques plus tellement.

Le regard de Bellamy se plongea sur la fenêtre, comme si elle pouvait apercevoir l'île de Lansat, d'ci.

-Parfois je m'inquiètes pour elle. De ce que la team Rouage lui fait subir. Je sais bien que ce n'est qu'un gros caillou mais c'est là bas... C'est le lieu de ma renaissance. C'est à Lansat où j'ai vraiment découvert le monde extérieur à l'hôpital. Ça me rend nostalgique je crois...  

Un silence plana quelques-instants dans la salle, seulement troublé par le grondement du ventilateur. Docteur Ghost attrapa un stylo et griffonna sur le dossier plongé sur ses genoux. Du coin de l'oeil, Bellamy l'observa quelques-secondes, fronçant les sourcils, puis elle reprit.

-Je crois que j'acceptes. Que ma vie n'est pas parfaite, que je puisse me retrouver seule Je ne le veux absolument pas... Mais je l'accepterais si ça arrives. Je veux dire... Je ne le vivrais pas parce-qu'il y a toujours espoir que le situation s'améliore, non ? Mais je l'accepterais. Je crois. Je ne suis pas sûre..    

Le regard de la rose était maintenant pleinement plongé sur le crayon de Ghost qui griffonnait assidûment sur son dossier. Elle le fixa un instant. C'était son dossier. Celui qui parlait d'elle et qui s'était considérablement étoffé en deux ans, Bellamy se souvenait encore remplir la feuille d'informations, autrefois seul document, maintenant le dossier faisait bien presque une dizaine de centimètres - seulement de prises de notes du psychologue.

-Je pense que je vais bien. termina finalement la rose.

C'est alors que la porte du bureau s'ouvrit brusquement sur une Génrale Jackie, aussi stricte que d'habitude. Elle mima un garde à vous et adressa un signe de tête à Bellamy "matricule 0394" puis à Ghost "docteur" avant de reprendre la parole avec ce ton si particulier, de crier en ne faisant que parler :

-Désolée d'interrompre votre séance. C'est encore les noctalis, l'un des leurs à eu la brillante idée de sortir un wailord dans les salles de bains afin de je cites : "rafraîchir l'ambiance". L'infirmière Needle s'occupe déjà des blessures, j'aurais besoin de vous pour consigner les nouveaux cas de PTSD

Le docteur Ghost renferma soudainement le dossier de Bellamy et alla le ranger dans une armoire à vitre, au milieu d'une multitudes d'autres dossiers. Il maugréa quelques chose du type "chaque semaine ? Ils me font le coup chaque semaine" avant d'inviter Bellamy à le suivre, lui et Jackie, hors du bureau. C'est alors seulement que Bellamy la remarqua, auparavant cachée derrière l'épaisse silhouette de Jackie. Une fille. Une jolie rousse à l'oeil unique mais pénétrant, Bellamy la détaille sans gêne quelques secondes avant de nouveau se concentrer sur Ghost qui fermait son bureau à clés.

-Bellamy, si tu veux bien patienter quelques-instants avec ta camarade, ça ne devrait pas prendre plus d'une trentaine de minutes.

Au loin un terrible cri de fillette se fit entendre.

-C'est le préfet annonca sobrement Jackie en soupirant.

Ghost se tourna vers la vice directrice puis vers les deux étudiantes. Il se gratta la tête et reprit :

-Comptez une heure. Vodoo ?

Le branette du psychologue traversa la porte du bureau et se mit à voleter aux alentours de de son dresseur. Jackie salua ses deux étudiantes ("matricule 0283, matricule 0394") d'un salut militaire, que Bellamy s'empressa de rendre, puis se mit à trottiner, suivi difficlement par un docteur Ghost qui disparut finalement au détour du couloir. Un ange passa. Bellamy se retourna vers la rousse assises sur une des chaises de la salle d'attente, puis vers la porte.

-Bon. entama d'elle.

La rose entreprit d'enlever entièrement sa chemise qu'elle jeta négligemment sur la chaise adjacente à celle de la rousse. De gestes précis, elle attrapa une épingle à cheveux perdue dans ses longs cheveux roses et entreprit de forcer la serrure - merci Ely pour l'astuce.

-Je ne sais pas pour toi 283, mais je vais pas passer une heure ici, à supporter cette chaleur.

Courber l'épingle... Former un crochet. Puis un anneau...

-J'ai besoin de quelque-chose dans le bureau de Ghost.

Une autre épingle... Première goupille... Seconde goupille...

-Et j'ai besoin que tu ne caftes pas.

Non pas autant de pression. Troisième goupille..

-Alors s'il-te-plaît rouquine, détournes le regard.

Quatrième goupille. La porte s'ouvre.

-Alohomora chuchota la rose en signe de victoire.

Le souffle caractéristique du ventilateur souleva ses mèches et élargisse son sourire. Toute excitée, Bellamy trottina jusqu'à l'armoire à vitrine et observa un instant son dossier. Il était là. À portée de mains. Elle ne pouvait décemment pas ne pas l'ouvrir... N'était-ce pas son droit primaire après tout ? Tout ce qui était à l'intérieur de ce dossier ne concernait qu'elle, et qu'elle seulement. Mais alors qu'elle s'apprêtait à ouvrir l'armoire, elle sentit une présence, entrer dans la pièce. Il ne fallait pas être un génie pour deviner qui.. Elle se retourna vers la rousse, un sourire amusé sur son visage :

-Tu veux lire le tien, 283 ? Ou... Celui de quelqu'un d'autres ?

Canicule 
Alex J. Lovell
http://pokemoncommunity.forumactif.org/t3913-0283-alex-j-lovell-how-can-you-expect-to-be-taken-seriously-givrali
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Canicule TkMjVtj
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Alex J. Lovell
est un Pokeathlète Coach

Then, curiosity Turns her gaze to me. I think she caught me staring at her But I just had to see.

canicule.

Postée devant le miroir de sa salle de bain, la rousse réajusta sa queue de cheval.

« Ca va aller je te dis, t'inquiète pas. »

Anxieux, son nucléos attendait dans la chambre que sa dresseuse finisse de se préparer. Il était toujours nerveux avant ses rendez-vous avec le docteur Ghost, et la rouquine pouvait le comprendre. Elle n'aimait pas particulièrement ça, non plus.

« Qu'est-ce que tu racontes encore... » grommela-t-elle en inspectant son reflet en quête de mèches oubliées. « T'es bien placé pour savoir ce qui se passe dans ma tête, non ? »

Elle passa un élastique de rechange à son poignet et ouvrir la porte pour se retrouver nez à nez avec le pokémon psy. Elle soutint fermement son regard, et esquissa un sourire.

« Allez, viens. »

Elle attrapa un petit sac en bandoulière blanc qu'elle se passa à l'épaule, et le duo se mit en route. Son nucléos l'avait mise en veilleuse, mais elle savait qu'il ne se détendrait pas avant que la consultation ne soit passée. Il insistait systématiquement pour l'accompagner. Depuis leurs retrouvailles, ils avaient convenu de tout partager. Ca faisait plus d'un an maintenant. Depuis l'accident, depuis son retour chaotique à Lansat, depuis la fuite, depuis la reprise sur Adala. Elle avait d'abord cru qu'elle n'y arriverait jamais. Mais elle était restée. Elle s'était reconstruite, peu à peu, prudemment. Elle n'aurait jamais pu le faire sans leur aide, à tous. Elle savait qu'elle n'était pas la plus solide, pas la plus forte qui soit. Elle savait qu'elle devait rester prudente, veiller sur elle-même. Elle commençait à bien connaître ses fameux cycles. Ses échecs, plus ou moins cruels, douloureux, qui faisaient naître la colère et l'appitoiement. Ses phases de laisser-aller, où la frustration s'installait. Ses remontées, déterminées, héroïques. La fierté qui revenait, et qui finissait par tout ravager. Elle les avait décortiquées, analysées, avec l'aide du docteur. Elle se savait sur une bonne pente, et c'était ironiquement ce qui l'inquiétait. Elle avait peur de la dévaler à nouveau. La dernière chute avait été particulièrement dévastatrice. Mais peut-être qu'aujourd'hui, elle avançait plus doucement. Sans hâte, le pied sûr. Peut-être qu'elle ne trébucherait pas. Peut-être qu'elle se raccrocherait en chemin. Elle se disait que ça irait. Elle apprenait la patience.

Avant même de le savoir, elle se retrouvait dans ce couloir familier, face à la porte du bureau où elle avait passé de nombreuses heures au cours de l'année passée. Un an et quelques de consultations régulières avec le docteur, de travail sur elle, un an pour en arriver là. Elle inspira calmement, donnant enfin une réponse sûre aux inquiétudes de son pokémon, sans se douter que quelqu'un d'autre s'apprêter justement à prononcer ces mêmes mots de l'autre côté de la porte.

« Je pense que je vais bien. »

Et la jeune femme s'assit sur l'une des chaises de la salle d'attente, son nucléos flottant toujours à côté d'elle, quelque peu rassuré. L'été qui battait son plein avait achevé de la convaincre d'accepter les cicatrices discrètes, mais bien réelles, qui faisaient désormais partie d'elle, et de ne plus les cacher. Malgré son short en jean et son débardeur gris, la chaleur de l'été restait étouffante. Mais Alex aimait l'été. Depuis qu'elle avait rejoint la Pokémon Community, chaque été avait été rempli de beaux souvenirs. Un an plus tôt, elle avait cru voir son monde s'effondrer, mais elle avait aussi réappris à s'aimer petit à petit, dans la chaleur humide de Cobaba.

Quelques minutes s'écoulèrent, avant qu'un pas rapide et cadencé ne résonne dans les couloirs. Tournant la tête, Alex découvrit une Jackie exaspérée qui se hâtait dans sa direction, la saluant brièvement avant d'ouvrir la porte du bureau sans autre forme de procès.

Curieuse, la Givrali se leva, pour voir de quoi il en retournait, et retint de peu un pouffement en entendant le Général exposer la situation. Des histoires comme ça, il y en avait tous les jours à l'académie, mais la coach les trouvait toujours aussi drôles. Peut-être qu'elle était là depuis un peu trop longtemps, songea-t-elle, un peu nostalgique. Jackie et le docteur Ghost ressortirent rapidement du bureau, suivis par l'étudiante qui allait visiblement devoir attendre un peu pour la fin de sa session. Les deux adultes refermèrent la porte derrière eux et se pressèrent dans le couloir pour s'occuper de l'incident, et tandis que leurs pas s'éloignaient, Alex soupira et se rassit sur sa chaise. Elle sentait qu'attendre une heure dans cette chaleur allait lui paraître bien long, et songea à revenir plus tard, mais sa camarade interrompit son cheminement interne d'un « Bon. » décidé. Curieuse, la rouquine releva les yeux vers elle, pour la voir se déshabiller, et arqua un sourcil, tout d'un coup plus intriguée par la situation présente que par ce qui pouvait bien se passer dans les salles de bain de l'académie. Wow wow. Elle était carrément mignonne, avec ses gros chignons roses, et sa petite brassière.

« Je ne sais pas pour toi 283, mais je vais pas passer une heure ici, à supporter cette chaleur. »

Tous à poil dans la piscine, songea immédiatement la rouquine. Mais son interlocutrice avait visiblement un autre plan en tête. Entrer par effraction dans le bureau de Ghost pour lui dérober quelque chose ? Ok, la curiosité l'emporta définitivement sur ses envies de baignade. Hors de question qu'elle ferme les yeux : elle ne comptait pas perdre une miette de cette opération.

En quelques mouvements habiles, la rose déverrouilla la porte — alors c'était donc vrai, le coup du crocheta de serrure à l'épingle à cheveux ? Son nucléos n'avait pas besoin de le lui dire : voilà un talent qu'Alex se devait d'apprendre, ça pouvait toujours servir. Visiblement. Pour l'heure, elle se leva de sa chaise, et se faufila dans le bureau à la suite de sa camarade, qui ne manqua pas de le remarquer.

« Tu veux lire le tien, 283 ? Ou... Celui de quelqu'un d'autre ? »

Surprise par la question, la rouquine mit un instant à lui rendre son sourire, également amusée par la tournure que prenait la situation. L'idée d'aller farfouiller dans les dossiers de Ghost était plus qu'alléchante.

« Certainement pas le mien, mais quitte à être là, ce serait criminel de pas fureter un peu. »

Elle rejoint sa nouvelle complice et ouvrir l'armoire comme on ouvre un coffre au trésor. Ou le vanity d'une Mentali après s'être discrètement introduite dans sa chambre à la recherche de la teinte de rouge à lèvre p-a-r-f-a-i-t-e. Elle dévoila un alignement de dossiers soigneusement rangés par ordre alphabétique, et pencha la tête pour survoler les noms inscrits sur les tranches, à la recherche de noms familiers, mais s'arrêta rapidement sur l'un des premiers. Abernati, Alban.

« Oh... »

Evidemment, qu'il était là. Ghost conservait visiblement ses anciens dossiers. Alex hésita, avant de décider de le sortir de l'armoire, ignorant les commentaires moralisateurs de son pokémon dans son esprit. Alban et Maxine lui en voudraient probablement de mettre son nez là-dedans, et elle n'était pas sûre elle-même d'être parfaitement d'accord — ni prête — vis-à-vis de ce qu'elle s'apprêtait à faire, mais elle voulait savoir. Elle n'osait pas se plonger dans son propre dossier, ne voulait pas retourner à ses premiers rendez-vous, ne voulait pas lire les notes directes, non édulcorées, du docteur à son sujet. Mais elle voulait savoir... par quoi Alban était passé. Au-delà de ce qu'ils avaient pu s'écrire dans leur correspondance du printemps dernier. Il était le seul autour d'elle a avoir vécu un cauchemar similaire au sien. Elle ne savait pas si elle aurait pu en revenir sans lui, sans ses lettres. Elle ouvrit le dossier, et commença à parcourir les documents, un peu anxieuse. Un mouvement à côté d'elle lui rappela rapidement qu'elle n'était pas seule, et elle referma précipitamment le dossier en rougissant. Exposer ainsi la douleur de son ami à une inconnue n'était probablement pas de très bon goût. Et lui donnait, bêtement, par extension, l'impression de s'exposer elle-même.

« Ahem, c'est fou le nombre de dossiers qu'il y a. Je réalisais pas qu'autant de monde passait dans ce bureau. C'est quoi que tu cherches exactement ? »
juin 2019


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