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« J’ai juste envie de profiter de cette soirée, et de ce nouveau début de vie… Même si je sais que je ne suis pas encore au bout de mes surprises. »
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« Cette mission est déjà un calvaire, alors stp essaie de pas la rendre encore pire, ça m’arrangerait. »
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« Je ne suis pas sûr qu’il soit l’heure de distribuer de l’eau bénite, nous savons déjà tous que vous êtes un ange Ranya, mais je suis touché de votre bénédiction. »
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« Je me déteste. Je me déteste de toutes mes forces. »
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« C'est un fantôme que tu enlaces, Faulkner. »
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Le soleil tape. Les gens hurlent. Il en a marre. Ce n’est pas un tournoi. C’est un poisson d’avril.
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« Il est beau... Tu en as de la chance... »
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J'ai commencé par ne pas y croire. Après tout, peu auraient donné crédit à la missive à ma place. Encore que la témérité semblait friser l'inconscience chez certaines personnes en quête d'une reconnaissance stérile. Comment pourrais-je m'en vouloir d'avoir longtemps hésité à y répondre ? Les circonstances ne jouaient nullement en la faveur de l'expéditeur, et prudence est mère de satiété... Enfin il me semble. Peut-être ne suis-je pas très clair... Alors je vais repartir du début, ça sera probablement plus simple à comprendre.

La lettre disait rendez-vous à 23h17 sous l'arbre aux trésors dans les bois. Hmm. Voilà qui sonnait suspect, voir malsain. Promesse de bizutage puéril ? Tentative d'intimidation ? Simple jauge de courage ? Test d'admission interne ? Pourtant le sceau de l'école, bien en vue, le cachet scellé sur l'enveloppe, les lettres d'imprimeries similaires à tous les autres documents officiels... J'avais soit à faire à un excellent faussaire, soit bel et bien rendez-vous à 23h17 sous l'arbre machin-chose dans le Bois de truc. J'ai opté pour la seconde, par dépit et goût du risque, peut-être aussi par nécessité de prouver ma volonté à surmonter les épreuves. Bêtise, de toute évidence. Après tout, si l'école me proposait un tel rencard, il y avait fort à miser que la sécurité serait optimale pour l'entrevue.

A 22h30 précise, j'ai donc récupéré mon sac, mis mes chaussures, enfiler une veste beige fourrée imitation Watwat sans manche et suis sorti de l'hôtel en quête de l'assignation susmentionnée. De nuit, tout avait l'air différent. De fait, la nuit est un autre monde. Les sons y diffèrent, comme étouffés et lointains alors même qu'ils se répandent à perte d'ouïe. Le silence, choqué seulement par quelques bruits de moteurs, des éclats de voix, des pas sur un trottoir. Les miens. Les rues étaient vides. J'avais oublié, c'est les vacances et les alentours ont été déserté. Ce soir plus que les autres encore. Paraît-il que les élèves se rassemblent sur un littoral paradisiaques et profitent pour se faire dorer la pilule. J'irai. Lorsque tout ce cinéma sera terminé, je me rendrais là-bas. Inscrit récemment, je n'ai pas moins le droit de profiter de mon été. Sortir de la ville s'avéra plus long que je le pensais et il est 22h56 quand je me trouvais enfin à la lisière du Bois de Brume. J'y pénétrai.

La rumeur disait vraie. Pour avoir étudié les lieux avant d'arriver ici, je peux confirmer que les dépliants étaient authentiques sur l'ambiance des lieux. Les brumes nocturnes sont là et le nom sied tout à fait. Une vapeur légère, poisseuse et blanchâtre envahie le breuil qui ne laisse ni l’œil ni l'oreille percevoir à plus de cinq mètres. Comme entrer dans un coussin de plumes, mou et dense, où rien ne paraît plus exister. J'étouffai d'inspirer un air saturé d'eau et trébuchai couramment sur toutes sortes de racines, branches et autres amas de feuilles mortes. Je priai à chaque instant pour ne pas me tordre la cheville en glissant sur une plaque de terre boueuse. Je pestai, rageai, jurai et encensai comme il se doit l'abruti qui m'avait mené dans un tel lieu. Comment un être humain normalement constitué pouvait décemment penser qu'un tel emplacement pouvait être propice à une invitation ? A part pour commettre un homicide, involontaire même probablement, je n'en vois pas la logique. Et je continuai néanmoins à avancer. Inutile maintenant de faire demi-tour. J'y étais, c'était jusqu'au bout.

Je me demandais tout de même où cet arbre aux trésors pouvait bien se trouver. D'une, je m'étais laissé entendre dire que ce parage recelait mille merveilles chu à même le sol, avalé par la végétation. De deux, si la première rumeurs s'avérait vérifiée, chacun de ces arbres gardait un trésor entre ses racines. C'est sur cette heureuse réflexion que j'arrêtai d'avancer pour scruter l'alentour. Zut, c'était vrai. Je n'avais aucune idée du lieu exact du rendez-vous. Et je continuai pourtant depuis... Depuis combien de temps d'ailleurs ? Un coup d’œil à ma montre. La petite vitre, pleine de condensation m'empêcha de vérifier d'abord. En plissant les yeux je parvenais cependant à déterminer un horaire approximatif. J'aurai dit 23h16...

Flash. Derrière moi une lumière crue envahit soudainement le bois, projetant des ombres filiformes sans fin, se mêlant les unes aux autres dans un fatras sombre. Je me tournais vers l'origine de l'imminente clarté. Des projecteurs semblait-il dispensaient l'éclairage sur une zone moyenne au milieu de laquelle une table, deux chaises, un ordinateur – pas de ceux que vous connaissez, mais un vieux, une machine à calcule en fait, avec des pièces de cartons poinçonnées – et un homme étaient sagement installés. Malgré sa puissance aveuglante, c'est avec peine le rayonnement tentait de percer la brume épaisse. Après un instant de stupeur, j'avisais l'état de l'installation et en venais à la conclusion que j'avais trouvé mon lieu de rendez-vous. Curieusement, la seule pensée qui me traversa l'esprit fut qu'il était ponctuel. Sans un mot, mon hôte m'invita à m'asseoir.

M’exécutant, je lorgnais son visage énigmatique, surmonté de lunettes épaisses et fringué comme un...

- Vous êtes en avance. Mais si vous le désirez, nous pouvons commencer tout de suite.

Je m'autorisai de sursauté à peine. Sa voix, un poil criarde, avait ce quelque chose de particulier qui retient l'attention. Ses traits pourtant étaient tout à fait banals à la réflexion et c'est sans conteste la table en présence qui avait le plus sa place en ce lieu tellement tout avait l'air déplacé. J'attendais presque qu'on me serve du thé pendant qu'un Sapereau monté d'une redingote et d'un monocle me passerait entre les jambes, pressé par son retard évident. Pourtant, celui qui se révéla être le Collectionneur n'avait rien d'un chapelier. Plutôt calme en fait, de gestes assurés et nonchalant, il commença à m'expliquer mille choses concernant ce qui allait suivre. Bien qu'un tantinet perdu par l'ambiance décalée, je suivais tant que faire ce peut et comprenais le principale de ses explications. J'étais là pour obtenir mon premier Pokémon. Ebetté d'abord, je ne saisis pas tout de suite ses paroles. Ce n'est que lorsqu'il débuta son laïus à propos d'un test psychologique que j'assimilai la chose.

- Quoi ? Vous allez me donner mon premier Pokémon ?

Son faciès s'accorda un début de surprise sur mon cri spontanée, mais il reprit comme si je ne l'avait pas interrompu. Un cran de stress supérieur me serra l'estomac et j'entendais à peine la suite. Il glissa devant moi un poinçon et une petite pile de tablettes et m'invita gracieusement à compléter les questions qui s'y inscrivaient. Par Arceus, qu'est-ce que c'était que ce foutoir ? La théorie du bizutage me semblait dès lors séduisante.

Remplir la feuille fut plutôt long. Les questions, d'abord banales, allaient de loufoqueries en n'importe quoi et plus d'une fois je levais la tête pour observer mon hôte, qui lui me fixait sans cesse d'un air placide. Je répondais aux questions le plus sincèrement du monde, prenant chaque ligne au sérieux, mettant parfois cinq minutes pour répondre. Finalement, je répondais à la question : "Qui est, d'après vous, le plus mou entre Tadmorv et Gloupti ?" et rendais, solennellement les plaques de cartons à l'examinateur. La pression monta encore d'un cran. Je me demandais même où était passée ma combativité et ma grande gueule. Lui passait les plaques nonchalamment, ne m'accordant plus le moindre regard. Le silence et l"humidité, ponctués des claquement de la machine à calcul furent mes seuls alliés pendant cette interminable attente. Je la jouais décontracté, m'adossant mollement au dossier les jambes tendues, les bras croisés, mais intérieurement, je bouillonnais de mille feux.

Puis vint la dernière, et d'une pression sur un bouton, de quelques leviers religieusement poussés et tirés, il récupéra une feuille. Son regard alla pendant un long moment entre ce qu'elle indiquait et moi-même. Je brûlais de savoir, quitte à lui arracher des mains, mais je devais rester digne devant lui, devant mon futur Pokémon. Il finit par se lever, s'éloignant dans la bruine. Patiemment, je jouais maintenant de mes doigts sur la table, pianotant encore et encore. Les muscles raides, la gorge sèche, humide d'être resté si longtemps dans ces bois. Il revint. Portant devant lui un plateau sur lequel il trônait. J'ignore pourquoi il n'était pas dans sa pokéball, mais j'eus de fait tout le temps de l'admirer et lui de me jauger.

A peine plus grand qu'un triple décimètre, il était prostré là, en équilibre parfait sur cette assiette précaire. D'un bleu un poil plus profond que ce que j'avais pu observer, ses excroissances sur le nez et sa collerette étaient pour leurs part d'un blanc éclatant, signe d'une bonne santé. Il paraissait jeune et fier, un peu comme moi en vérité. Ses deux grands yeux jaunes me fixaient sans ciller et lorsqu'enfin ils arrivèrent à mon niveau, je me levais pour l'accueillir. Mon regard dans le sien, nous nous observions depuis plusieurs secondes lorsque le Collectionneur attira mon attention en me mettant entre les mains un pokéball flambant neuve.

- Voilà, ton pokémon est Grenousse. Prends-en le plus grand soin.

Je saisis la Ball et reportai mon attention sur lui. Yeux dans les yeux, pattes repliées, il me salua.

Je fis de même. Nous étions présentés.


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