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Pokemon adala community

Tu abandonnerais ce pauvre locataire démuni à son déménagement, en « empruntant » sa camionnette en plus… ? Je ne te pensais pas voleur, Josh.
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Cha-charmant… normalement c’est en mission avec Josh que je frôle la mort, pas en rentrant chez les Phyllalis.
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Je vais chuter, encore, et ça sera long, et ça sera douloureux, et t'auras pas envie d'être là. Parce que toi, tu as Aoi mais moi j'ai quoi maintenant que Maya est partie, dis-moi ?
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Ce n'est pas le parc que je souhaite anéantir...
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Mademoiselle Alézar, Pecheresse Caroline ! Où êtes-vous ?
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La triche sera permise évidemment.
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Q…. Quéééééééééééééé ?!
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Anonymous
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C'était ici. Une maison que je pourrais reconnaître entre mille, l'air petite dans cette grande rue, coincée entre deux plus grosses maison. Sa façade était de brique rouge, tellement clichée, mais c'est peut-être ça qui était bien. Ça en faisait un endroit familier, un endroit générique comme les maisons des gens biens, mais modestes, dans les films. Chaque fois que j'en regardais un -et tous ceux qui me connaissent savent à quel point j'aime le cinéma- c'était comme un peu de cette essence de "chez moi" qui évoluait à l'écran. Les rideaux étaient tirés, mais je devinais la lumière, ils étaient en train de souper, probablement. Je m'avançai dans l'allée de briques et, comme mille fois avant, arrivai devant les quatre marches menant au perron et, donc, à la porte. Je les avais franchies tant de fois. Parfois à la course, parfois j'y étais tombée, d'autres fois mon pas était lourd, ralenti par un gros sac d'école. Et d'autres fois encore, je les avais montées avec appréhension, effrayée à l'idée d'avouer la note de mon contrôle de mathématiques, ou de science. J'ai toujours eu du mal avec les sciences. Qu'importe. Il fallait les grimper maintenant.

J'atteignis la porte et, durant un instant, me demandai si je devais sonner. Il n'y a pas de moment plus choquant, je pense, dans la vie d'une adolescente que celui où elle réalise que cette maison où elle a grandit ne sera jamais plus tout à fait chez elle. Qu'à partir de maintenant, elle devra frapper à la porte et attendre qu'on vienne lui ouvrir. Comme un visiteur. C'est peut-être pour ça que je ne l'ai pas fait. J'ai tourné la poignée et je suis juste entrée avant de refermer derrière moi, d'enlever ma veste, jeter mon sac par terre et retirer mes souliers. Je n'eu même pas le temps d'étudier l'entrée que mon comité d'accueil était apparu. Venant du petit salon, un museau crème apparu, suivit de deux vifs yeux d'obsidienne et, bientôt, d'une créature magnifique au pelage soyeux. Efreet, le Feunard de ma grand-mère, ancien champion de maints concours de coordination. À ma vue, il couina gentiment, faisant ondoyer ses longues queues élégantes en signe de salut sophistiqué alors qu'il retournait vers la salle à mangée d'un pas royal, la tête haute, l'air satisfait d'annoncer le retour de la jeune dame à la maison. Je le suivit, sans hésitation, trop nerveuse, et heureuse, à l'idée de revoir ma famille.

- Estelle? Mais qu'est-ce que tu fais ici? Ne me dis pas...

Je vins m'asseoir en face, me laissant tomber sur l'une des chaises de la cuisine, les larmes aux yeux sans comprendre pourquoi. C'était à la fois si rassurant et si bizarre d'être ici. J'aurais voulu prendre la fuite, mais j'aurais aussi voulu ne plus jamais repartir. Voilà le genre de dilemme étrange qui m'assaillait, à ce moment là, et ça ne se limitait pas à la maison de mon enfance.

- Salut. Je reste pas longtemps, je repars après demain, en matinée. Je devrais pas manquer trop de trucs importants, juste la compétition de coordination, mais j'avais pas d'idées de toute façon. J'avais juste vraiment besoin de venir, après ce que j'ai appris...dans une mission...

Si mon père me jaugeait avec un air songeur, on peut toujours compter sur Elizabeth Highwind pour tout aborder avec douceur. Délaissant son repas, elle vint s'asseoir sur la chaise voisine et colla son siège au mien avant de me prendre dans ses bras. Je fermai les yeux en la serrant à mon tour, laissant son parfum fleuri me bercer comme jadis.

- Raconte-moi tout, Ellie chérie.

Je souris doucement. Ellie. Il y avait si longtemps qu'on ne m'avait pas appelée comme ça. Normal, personne ne m'appelait par mon second prénom, personne d'autre que cette femme si chère à mon coeur qui portait le même. Me reculant un peu, je rejoignis ses yeux d'anthracite de mon regard chocolat, prenant mon courage à deux mains.

- Il s'est passé quelques trucs, à l'école. Mais, surtout, je suis venue parce que j'ai besoin de savoir....À propos de...

- Marie-Lea, ta mère. C'est ça?.... Erf. Tu as du faire un long voyage, va te prendre à manger, je vais tout te raconter après. Si tu dis que tu es prête, alors je dois assumer j'imagine.

Je le remerciai d'un signe de tête et échangeai un sourire avec ma grand mère qui me caressa le dos une dernière fois avant de me laisser aller à la cuisine. Je les entendit murmurer derrière moi, mais ne me retournai pas.

***


Nous voilà assis dans le petit salon, la matriarche Highwind et moi pressées l'une contre l'autre sur le petit divan et, en face dans son fauteuil, mon père qui avait pris un air grave. C'était le moment des aveux, maintenant. Finalement, j'allais connaître toute l'histoire, j'allais apprendre où était ma mère.

- À l'époque où j'ai rencontré Marie-Lea, j'enseignais déjà à l'université de Celadopole et elle commençait tout juste ses études là-bas. Elle avait déjà eu Jamie, quand elle était adolescente. C'est la jeune femme que tu as rencontrée l'été dernier et qui a blessé ton Vipelierre. Bref, on s'est tout de suite aimés, même si nous ne le devions pas. On a commencé à se voir, nous avons même emménagé ensemble et quelques années après tu es née. Tout allait pour le mieux, vraiment, jusqu'au jour où j'ai tout gâché.

Il marqua une pause douloureuse et je me relevai dans mon siège, m'avançant vers lui, comme pour le forcer à parler. Avoir eu une lampe torche, je la lui aurait braquée dans les yeux et j'aurais attendu qu'il poursuive en le menaçant de faire payer sa famille autrement. Ironique, vu que c'était moi sa plus proche famille. Il se racla la gorge et, d'un geste mécanique, se frotta l'arrière de la nuque. Leo. Leo fait exactement la même chose quand il a besoin de se rassurer. Il fait pareil et moi aussi, maintenant, à cause de lui. Je sentis la main de Nanny sur la mienne et lui jetai un regard en coin. Message reçu, je retournai m'appuyer contre le dossier. Il se mettait déjà assez de pression tout seul, je devais le respecter et le laisser avancer à son rythme.

- Tu avais à peine quatre ans à l'époque. On vous avait laissées à la maison, avec une babysitter, et on était partis célébrer notre sixième anniversaire. C'est moi qui conduisait quand sur le chemin du retour... On a eu un accident et elle est morte sur le coup. Je ne me le pardonnerai jamais. Après ça Jamie est partie vivre chez la soeur de Marie-Lea, ta tante que nous sommes allés visiter cet été, et tu es restée avec moi et Nanny. J'ai pas eu le courage de te le dire avant. Au fond c'est moi qui n'était pas prêt. Je suis désolé, Estelle. J'aurais du le dire avant, mais je me sentais si coupable, je n'arrivais même plus à affronter mon propre regard dans la glace. Qu'est-ce que j'aurais pu faire si ma propre enfant m'avait regardée avec cette même... Accusation.
Je baissai les yeux et me murai dans le silence, ignorant délibérément le regard de mon père, guettant ma réaction. Ma main vint se porter à ma bouche, écrasant mes lèvres de façon inconsciente alors que je sentais une sensation malsaine monter en moi. Ma mère était morte. Je ne la reverrais jamais. Je ne pourrais jamais la retrouver ou passer un Noël avec elle et j'avais été idiote d'espérer le contraire. C'était fini avant même d'avoir commencé, il y a douze ans. J'allais vomir. Là, maintenant, sur le planché du petit salon. J'allais vomir et tomber, m'évanouir. Et quand je me réveillerais, je serais redevenue Ellie la nulle en sciences, la petite fille maladroite, mais attachante. Celle qui regardait les mères de ses amies, quand elle allait les voir, et qui se figeait sur place en se demandant où était la sienne. Puis, j'allais hausser les épaules et me dire que c'était pas grave, qu'un jour ma maman aussi rentrerait à la maison. Sauf que c'était impossible.

- Merci, de me l'avoir dit.

Et je me levai pour quitter le petit salon. La tête baissée, les cheveux battant derrière moi dans ma course, je gagnai les escaliers afin de les grimper quatre à quatre. Je ne regardais pas où j'allais, mais mes jambes connaissaient le chemin. Je poussai la porte et refermai derrière moi avant de me jeter sur mon lit, au sein de mes vieilles peluches Pokémon. Maintenant loin des regards, je pu pleurer. Pleurer jusqu'à l'épuisement, pleurer jusqu'au sommeil.
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C'est un bruit subtil qui me réveilla, le lendemain matin. Endormie encore toute habillée, j'avais autour de moi toute la petite clique. Chidori qui ronflait, Ouji-sama bien serré dans mes bras, Iggy qui avait roulé en bas du lit dans son sommeil, Ash à mes pieds, Atlas le dernier venu qui mordait une peluche de Teddiursa et Shaw qui s'était simplement étendu autant que faire se peu. Un frémissement passa, Ash donna un coup de patte dans l'air, Chidori se retourna et enfonça la tête sous l'oreiller et Ouji-sama maugréa. Toc toc toc. On cognait? C'était sans doute pour Kae....Oh. Ah ouais!

- Mmmmouaaais? Aaaaais......mghrfphm. En... Entrez, j'suis réveillée....j'pense...

La porte s'ouvrit et je me redressai en position assise, me frottant les yeux d'une main et essayant de discipliner ma chevelure de l'autre, sans grand succès. Un tonnerre de protestations sembla monter lentement, mais se calma dès que les parfums sucrés du petit déjeuner au lit nous parvinrent.

- Bon matin ma petite Ellie. Ton équipe ne cesse de s'agrandir dis-moi. Vous me faites une petite place?

Bien sûr, nous nous executâmes et, bientôt, ce lit, bien que double, fut le plus plein que j'avais jamais vu. Sur le plateau que ma Nanny avait apporté avec elle, il y avait des pancakes, du sirop d'érable, quelques fruits frais, un petit pichet de lait et deux verres. Il ne fallut pas long pour que tout le monde se mette à table et, sans même que je le remarque, ma grand mère était déjà en train de me brosser les cheveux pour se préparer à me faire une belle et longue tresse, comme quand j'étais petite.

- Alors, ton lit te manquait un peu je parie?

- Oui et non. Je partage une chambre avec ma meilleure amie, sur Lansat. Elle s'appelle Kaeko et elle est vraiment gentille, on se fait des soirées entre filles parfois, c'est vraiment bien. Je me sens chez moi là-bas, maintenant.

- Je suis heureuse de te l'entendre dire. Mais tu n'es pas venue juste pour ta mère, n'est-ce pas? Tu aurais pu attendre la fin de l'année, c'est dans quelques semaines. Que s'est-il passé?

Je me figeai soudainement et abandonnai mon attaque du petit déjeuner, la faim immédiatement tuée dans l'oeuf. Ma petite plante verte releva les yeux vers moi, l'air sérieux. Lui savait, bien sûr, comme tous mes autres Pokémon, et il espérait bien que je raconterais tout à Nanny. Pourtant, je n'en avais pas envie. Je savais ce qu'elle me dirait et, pire encore, je savais qu'elle aurait raison.

- Allen est parti en mission, depuis la fin février. Sauf qu'il est pas revenu. Il est retourné chez lui pour une urgence, mais je sais pas quoi. C'est Aileen, une amie qui était en mission avec lui, qui m'a écrit un message pour m'avertir. J'ai pas eu de nouvelles depuis, pas une seule.

Elizabeth Highwind demeura silencieuse, beaucoup trop silencieuse, les lèvres pincées. Elle choisissait ses mots, assurément. Non seulement l'âge l'avait elle rendue plus sage, mais elle avait déjà été jeune et amoureuse, elle aussi. Elle savait ce qu'il était bon de dire et ce qui ne l'était pas. Au passage, elle abandonna son oeuvre de tressage et scruta mon visage, pour y déceler l'émotion. Honnêtement, il ne m'en restait plus beaucoup. Si au départ j'avais voulu l'attendre, tout faire pour qu'il puisse revenir sans que rien eu changé, pour me montrer digne, maintenant je ne savais plus quoi en penser. La vieille femme me fixait toujours, attendait. Elle sentait que je n'avais pas terminé et m'encouragea d'une sourire qui se voulait doux, mais je devinais déjà une pointe de contrariété au fond de son regard.

- Au départ je me disais juste que c'était normal. Il n'a jamais été du genre à s'ouvrir vraiment alors, je sais pas, je me suis dit que je finirais bien par savoir, par le revoir et que là je pourrais l'aider mais...

- Continue, Ellie.

- Tu sais, Nanny, j'ai eu des problèmes avec un groupe de filles. Parce qu'il a ses propres groupies tu vois, et je leur ai fait comprendre qu'elles le connaissaient pas, qu'elles savaient pas ce qu'il voulait, ce qui le rendrait heureux ou rien d'autre. Mais merde! C'était tellement con! J'en ai aucune idée moi non plus! Quand il m'a rejoint sur Cobaba l'été passé j'ai vu. Il a de ces yeux, ils sont bleus mais c'est abusé. Ce sont les plus beaux que j'ai vu de ma vie, j'aurais pu me noyer dedans et je les aime ces yeux là, de tout mon coeur. Mais il y avait un truc dedans. Je me suis dit que je devais halluciner, que forcément j'étais pas capable d'y lire, pas déjà, je devais imaginer des trucs. Mais la vérité c'est que j'ai pas osé demander. J'ai jamais su ce qui le dérangeait à ce moment là, j'ai pas réussi à l'aider, à l'écouter, rien merde! Mais c'est pas tout. Le 4 décembre, j'oublierai jamais la date, il est venu me voir et il a été là pour moi, après le vol. Mais est-ce que j'ai pu l'aider moi aussi? Que dalle. J'ai fait que dalle. J'ai demandé... Je lui ai dis... Que je voulais être là pour lui aussi et je le pensais pour de vrai, mais là non plus j'ai jamais su comment il est ressorti de cette attaque là. Ça aurait pu changer, je pensais que c'était le cas, jusqu'à ce que je rencontre Yuki. Le meilleur ami d'Allen qu'il disait, mais j'avais aucune idée de qui c'était. Et ils s'étaient battus tous les deux, Yuki avait encore un oeil en piteux état, mais j'en ai jamais parlé avec Allen. Je voulais le laisser aborder le sujet, parce que je savais qu'il était du genre fermé et que je ne voulais pas le brusquer ou le forcer, mais finalement on a juste quitté Pumkin et il l'a jamais fait, j'ai jamais su le fond de l'histoire. J'ai vu quelque chose dans ses yeux, mais j'ai pas su ce que c'était. Et puis il y a eu la rose, à la saint-Valentin. Je pensais pas que c'était possible. Il avait les yeux tellement tristes, je me suis presque demandée s'il allait pleurer ou pas, mais il a rien demandé. Il s'est excusé, parce que sur le coup au téléphone il m'avait dit qu'elle venait de lui et que ça se fait pas un truc pareil, mais il a rien demandé. Rien du tout. Je l'ai vu dans ses yeux, mais c'est tout. Il m'a juste fait confiance et quand il est partit, j'ai su que je voulais que ça puisse être pareil pour lui. Je voulais qu'il puisse partir l'esprit tranquille, que j'attendrais qu'il soit prêt à me parler ou je sais pas quoi. Mais ça fait plus de deux mois, déjà! Et rien, pas de message, pas d'appel, pas de carte postale. Et encore une fois... Encore une putain de fois, j'ai aucune idée de ce qui se passe. Aucune idée de ce qu'il ressent. Allen Wills... Allen Wills... Je pourrais répéter ce nom des centaines de fois, mais même si je l'ai embrassé, même s'il m'a serré dans ses bras et qu'il m'a dit qu'il m'aimait, j'ai encore l'impression que je ne le connais pas. S'il se tenait là devant moi, je sais même plus si ses traits me seraient familiers ou pas, je sais même pas si je me souviens encore de sa voix. Je pense que oui, mais je suis plus certaine. La seule chose que je sais que je reconnaitrais encore, ce sont ses yeux, mais je sais même pas ce que j'y verrais. Je saurais même pas y lire ce que j'y verrais. Bordel, je suis tellement nulle...

- Ne dis pas ça Ellie, tu fais de ton mieux. Viens dans mes bras.

Et c'est ce que j'ai fait. Je me suis faite toute petite et elle m'a serrée contre elle avec sa force de vieille dame, imitée par les membres de ma team qui avaient la place pour le faire.

- Qu'est-ce que tu ferais toi, Nanny?

- Je n'ai pas toutes les réponses, je ne peux pas décider à ta place et je sais que tu l'aimes ma chérie, mais... S'il t'aimait vraiment, je pense qu'il t'aurait fait entrer dans sa vie comme tu as voulu le laisser entrer dans la tienne. Son attitude n'a aucune raison de changer s'il voit que tu es encore là, en docile petite amoureuse qui se laisse traiter comme ça. Il va juste te considérer comme acquise un peu plus. Tu as voulu le respecter et ne pas le brusquer et c'était bien, je suis fière de toi là dessus, mais si après tout ce temps il est encore aussi fermé comme tu le dis et si maintenant il ose te laisser sans aucune nouvelle aussi longtemps... On ne peut pas aimer un homme pour ce qu'il n'est pas, Estelle. Désolée, je sais que c'est dur à entendre. Viens là Ellie chérie.

Sauf que je n'en avais pas envie, plus maintenant. Je me suis soustraite à son étreinte, les poings serrés et les yeux baignés de larmes. Je ne voulais pas la fuir, pas vraiment, mais il y avait encore en mon coeur trop d'amour pour Allen, je ne pouvais pas la laisser dire ce genre de choses sans m'indigner. Le ton accusateur, je répliquai, comme la proie acculée au mur.

- Alors quoi?! Juste par orgueil je devrais le laisser tomber et aller dans les bras de Leo?! Juste pour ça? Et je vais lui dire quoi, quand il va revenir?! Je devrais juste abandonner? Y'a rien qui dit qu'il ne sera pas prêt à me laisser l'aider. Ça peut encore changer c'est...C'est...

- Ce n'est pas moi qui ai parlé de ce Leo, je ne sais même pas qui il est. Mais si c'est quelqu'un de bien, peut-être que d'attendre ou de ne pas attendre Allen ne sont pas tes seules options, si? Juste comme ça, parlons pour parler, est-ce que cet autre garçon serait parti comme ça, sans t'écrire?

À cette question, je semblai me calmer, oubliant la détresse pour repenser à ces intenses yeux d'ambre. Je déglutis, le regard encore fuyant. Leo, partir sans m'avertir? Me dissimuler ce qu'il ressentait? Non, nous étions, l'un pour l'autre, des livres complètement ouverts. Il nous suffisait d'un regard, d'un haussement d'épaule, d'un sourire en coin ou d'une variation de la tension, dans la mâchoire. Et puis, c'est vrai que ce n'était pas ma grand-mère qui en avait parlé, c'était moi. Moi qui hésitais autant, qui pensait toujours un peu à lui, en toile de fond.  

- Je pense pas, non. Leo n'est pas comme ça. Leo...

- Tu n'es pas obligée de le mettre en mots. Tant que toi tu as compris, ça va. Je veux juste que tu me fasse une promesse, s'il-te-plait. Je veux que tu sois heureuse, peu importe qui ce sera, Allen, ce Leo ou n'importe qui, osef. L'important, c'est que tu sois heureuse et que tu sois aimée à ta juste valeur. Et si ton copain ne comprend pas ça, il aura qu'à se mordre les doigts pour avoir raté la chance de sa vie, ce n'est plus ton problème. Promis?

- Promis.

- Bien. Maintenant termine moi ce petit déjeuner et fais toi jolie, on va faire les boutiques cet après-midi. Rejoins moi en bas quand tu serais prête.

***

Et nous voilà au dernier matin de mon petit séjour express au Kanto. J'avais replié bagage et, une demi-heure plus tard, je serais en route pour retourner à Lansat, porteuse de certaines réponses à mes questions. Peut-être pas toutes, mais beaucoup. Ma mère, décédée... Je me mordis la lèvre inférieure lorsque, au bas de l'escalier, je vis mon père qui attendait, sa Blissey à ses côtés, me souriant avec entrain. Lui, par contre, avait une mine plutôt sombre et, entre ses mains, je devinai qu'il jouait avec quelque chose à l'éclat argenté, probablement ses clés, cherchant ses mots. J'arrivai à sa hauteur et, finalement, il tendit la main vers moi, contre toutes attentes.

- J'attendais que tu saches, pour te le donner. Elle aurait voulu que ce soit toi qui l'aie.

Intriguée, je regardai ce qu'il me tendait pour découvrir que je m'étais trompée. Il s'agissait plutôt d'un petit médaillon au bout d'une chaîne argentée. Dessus, on avait gravé une étoile filante et, dessous, les initiales MLJ. Marie-Lea Joy. Intriguée, je remarquai la petite penture et, délicatement, j'ouvris le bijou. Sur le côté gauche, on voyait encore l'étoile, comme imprimée en négatif. Sur le côté droit, toutefois, une toute petite photo m'attendait. On y voyait mon père, habillé d'un complet, tenant une petite fille aux cheveux roses par la main, Jamie. À ses côtés se trouvait une magnifique jeune femme, une infirmière Joy, en somptueuse robe de mariée blanche. Dans ses bras, au lieu du traditionnel bouquet, elle tenait un bébé. Une petite fille aux cheveux roses et aux yeux de chocolat. Tout de suite, je me jetai dans les bras de mon père, me retenant pour ne pas pleurer, ce qui ne fut pas très efficace.

- Merci! Elle est si belle... Merci! Merci merci! Je vais la garder près de moi, tout le temps.

- Content qu'il te plaise. Aller, on doit y aller, il ne faudrait pas que tu manques le bateau. Je parie que tu as déjà bien assez hâte de rentrer sur Lansat.

J'acquiescai et attachai ce magnifique collier à mon cou, mon souvenir le plus précieux de cette femme que je n'avais jamais connu. Après cela, un dernier câlin à Nanny et à Efreet et me voila sur le chemin du retour. Décidément, j'avais bien fait de rentrer à la maison. Ça n'avait pas été un long séjour, mais il y a longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi sereine, aussi étrange que celui puisse paraître.
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