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Pokemon adala community

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Yuna F. Akabara
https://pokemoncommunity.forumactif.org/t7052-481-yuna-akabara-une-rose-de-feu-givrali
https://pokemoncommunity.forumactif.org/t7065-yuna-akabara-givrali
Icon : [Alternance - Rosalia] Examen des Geishas: La cérémonie du thé Yunaic11
Taille de l'équipe : 35/38
Région d'origine : Hoenn
Âge : 17 ans
Niveau : 83
Jetons : 1424
Points d'Expériences : 2976
[Alternance - Rosalia] Examen des Geishas: La cérémonie du thé Yunaic11
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Hoenn
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[Alternance - Rosalia] Examen des Geishas: La cérémonie du thé Yunaic11
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Hoenn
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Yuna F. Akabara
est un Topdresseur Spé. Type

Examen des Geishas: La cérémonie du thé

Alternance 5.2
♫♫
-C’est pitoyable !

J’essaye de rester de marbre, alors que l’éventail vient frapper pour une énième fois ma main. Je lève les yeux vers ma Okasan, qui me fixe d’un air dur et glacial. Elle semble vraiment excédée par mes erreurs, et frappe de plus en plus fort à chaque fois qu’elle en constate une.

-N’oublie pas de tremper ton Chasen à chaque fois que remet de l’eau dans ton bol. Ça fait trois fois que tu oublies.
-Mes excuses Okasan.
-Nettoies-moi ça et recommence !

Je retiens de justesse un soupir blasé de franchir mes lèvres, alors que je commence à vider le début du thé que j’avais commencé à préparer. Je savais que ma grand-mère serait stricte, et qu’elle me ferait travailler la cérémonie du thé jusqu’à ce que je la maitrise à la perfection. Mais là, c’est plus de la torture qu’autre chose. Elise m’avait prévenu que l’entrainement mettait le corps à rude épreuve, mais je ne pensais pas que c’était à ce point.

Mes genoux sont en feu, j’ai dépassé depuis longtemps le stade des fourmillements dans les jambes, je ne ressens plus rien dans ces dernières. En même temps c’est normal, il est 16h de l’après-midi, et ça fait depuis 6h30 du matin que je suis en train de m’entrainer pour cette épreuve. Mais je ne me plains pas, je m’efforce de garder un air montrant que tout va bien. Il est hors de question que je baisse les bras maintenant, c’est la voie que j’ai choisie, et je compte bien m’y tenir.

Une fois mes ustensiles nettoyés et remis en place, je recommence l’exercice pour là je ne sais combien de fois. Je prends le Chawan pour le placer devant moi, avant de prendre la cuillère en bois pour le remplir de la moitié de l’eau nécessaire au thé. Heureusement pour moi, malgré la durée de l’entrainement, l’eau est toujours à la bonne température. C’est grâce à mes pokémon feu, ils se relaient à tour de rôle à l’étage en dessous pour chauffer la bouilloire incrustée dans le sol. Qui aurait cru que distiller de l’alcool chez Henry aurait pu m’être aussi utile, grâce à ça, mes pokémons savent parfaitement doser l’intensité de leur flamme, sur une plus ou moins longue période.

J’attrape délicatement mon chashaku , et prend la dose de matcha pour le thé. Je la verse dans l’eau, avant de reprendre mon Chasen pour mélanger la poudre à l’eau. Ce n’est pas si facile de faire le mouvement rotatoire avec le fouet en bambou pour tout mélanger, sans pour autant en mettre partout. Je repose le fouet en bambou, pour reprendre ma cuillère pour compléter le niveau de l’eau.

Bien entendu, je prends bien soin de bien terminer de mélanger la poudre de thé, et l’eau, avant de poser délicatement le bol devant ma grand-mère. Mais à peine je retire ma main, que l’éventail s’abat avec violence sur cette dernière, m’arrachant une grimace de douleur.

-Yuna, dis-moi que tu fais exprès, ce n’est pas possible !!!

Je bouge légèrement ma main endolorie par le coup, avant de fixer ma grand-mère, qui semble excédée par mes erreurs.

-Tu as encore oublié de tourner le Chawan, ce n’est pourtant pas compliqué à retenir !

Je préfère garder le silence, de toute façon, la seule explication que je peux lui fournir, c’est que je suis fatiguée. Mais je sais d’avance que ce n’est pas le genre de réponse qu’elle voudra entendre, et je serai bonne pour recevoir encore plus de critique. J’aimerai juste arrêter là pour ce soir, et pouvoir me reposer un peu. Malheureusement pour moi, Mebuki ne semble pas en avoir fini avec la critique.

-Tu es exactement comme ton incapable de mère, je me demande pourquoi tu as choisi de passer cet examen. Tu es loin d’être au niveau, et tu échoueras, tout comme ta mère à échouée avant toi.

Ma tête est baissée, mais mes yeux sont écarquillés, alors que mes poings se serrent. Mes jointures de doigts deviennent blanches, mais je garde le silence. Comment ose-t-elle parler de ma mère ainsi ? Elle a de la chance que je sois sans pokémon face à elle, parce que je pense honnêtement que quelques flammes auraient pu partir sans trop de soucis.
Face à mon silence, ma grand-mère soupire et se relève, remettant le bas de son kimono en place.

-ça suffit pour aujourd’hui. Range le matériel, nous reprendrons demain, et j’espère que tu seras un peu plus attentive.

Sur ces mots elle sort de la pièce me laissant là, seule. Je sens un liquide au niveau de ma main droite, et en rouvrant la cette dernière je vois un peu de sang. J’ai tellement serré les mains, que mes ongles se sont enfoncés dans ma peau…Mais j’ai réussi à garder mon self-contrôle. Il faut que j’apprenne à me calmer quand on parle de ma mère, malgré le temps qui passe, c’est toujours un sujet sensible…

-Maman ça va ?

Je lève la tête pour voir Stella, ma Gardevoir, accompagné d’Aniel. Je vois la tête inquiète de la Riolu quand elle voit le sang sur ma main. Elle retire le foulard qu’elle a autours du cou, et s’empresse de vouloir me faire un bandage de premier secours. Je ne peux m’empêcher de trouver ça adorable, mais je l’arrête avant qu’elle n’y parvienne.

-Merci les filles, mais ça va.

La Riolu insiste, et je ne peux que me laisser faire, je n’ai plus vraiment la force de dire quoi que ce soit. Stella le comprend rapidement, et pendant qu’on me fait un bandage, elle ramasse le matériel sur le plateau avant de disparaitre avec une attaque Teleport. Elle revient rapidement, et m’aide à me relever, car mes jambes ont bien du mal à me soutenir.

Elle nous téléporte dans ma chambre, et je m’assois sur mon lit soupirant de soulagement.

-Stella, tu peux aller chercher les autres, ils doivent encore être dans la salle du thé.
-Oui j’y vais maman.

Elle disparait à nouveau, me laissant avec la Riolu qui s’assois en tailleur. Je me change pour mettre une robe, un peu plus confortable que mon Kimono. J’irai bien me coucher maintenant, mais je sais que dans une heure, Ethel va venir me chercher pour le diner. Je m’assois donc sur une chaise pour prendre mon Koto, et je commence à jouer.

Depuis ma première alternance au théâtre des Kimono de Rosalia, il y a deux ans, je m’entraine à la pratique de cet instrument traditionnel du théâtre. Je me concentre sur les notes, fermant les yeux, et je sais que je ne suis pas la seule à profiter des notes, Aniel aussi. Ce que je ne savais pas, c’est qu’une autre personne m’écoute.

-Tu joues très bien.


J’ouvre les yeux pour tomber nez-à-nez avec mon grand-père, qui me regarde avec un air attendri. Il me demande d’un geste de la main s’il peut rentrer, et je lui donne l’autorisation. Il s’installe donc sur mon lit, regardant la pièce avant de me regarder.

-C’était la chambre de ton père avant, j’ai l’impression de le revoir quand il était jeune.

La chambre de mon père ? Je ne m’attendais pas spécialement à ça, je regarde les murs autours de moi, pensant au fait que mon père à évoluer dans ces murs…Une légère pointe de colère se fait sentir dans ma poitrine, mais je ne laisse rien transcrire. Je n’aime pas vraiment être comparé à mon père, après ce qu’il a fait à ma famille c’est normal. Mais bon, je lui ressemble beaucoup, donc je suis bien obligé d’entendre la comparaison avec lui.

-J’imagine que ton frère doit lui ressembler encore plus, vu qu’il est ton jumeau.

Je ne peux m’empêcher de rire, avant de reporte mon attention sur le père de mon paternel.

-Oui il lui ressemble, mais seulement physiquement. Alone a vraiment pris le caractère de maman. Tout le monde dit que de nous deux, c’est moi la copie conforme de mon père…
-Hahaha, oui tu lui ressembles, mais je te rassure, tu as aussi pris de ta mère. Ton père était déjà calme et calculateur quand il était jeune, à la différence de toi. Tu as hérité de l’impulsivité de ta mère…même si tu arrives  plutôt bien le cacher.

L’impulsivité de ma mère ? Je ne savais pas que ma mère était impulsive. Terrifiante si elle se mettait en colère oui, mais pas impulsive à agir sans réfléchir… est-ce qu’elle était vraiment comme ça quand elle était jeune ?
Maintenant que j’y pense, je ne connais pas grand-chose sur le passé de mes parents, comment étaient-ils ? Comment ce sont-ils rencontrés ? J’ai un tas de question à poser à mon grand-père, j’espère seulement qu’il acceptera d’y répondre.

-Est-ce que je peux vous poser une question ?
-Je t’en prie
-Pourquoi est-ce que mon père a coupé les ponts avec sa famille ? Je veux dire, maman nous disait que c’était à papa de nous parler de vos, mais quand on lui demandait, il disait qu’il valait mieux qu’on ne sache pas.

L’expression sur le visage de mon grand-père devient plus sombre, et j’ai peur d’avoir posé une question qui fâche. Je dois avouer que sur ce sujet, je suis dans le néant complet, c’est pourquoi j’ignore si je viens d’ouvrir la boite de Pandore. Le vieil homme me regarde avant de soupirer, et de joindre ses mains devant lui.

-Ce sont les relations entre ton père et ta grand-mère qui ont mené à cette situation. Mebuki et moi n’avons eu que des fils, et donc pas d’héritière pour reprendre le flambeau du clan des Noctali du théâtre. Mais il existe une règle qui affirme que l’épouse de l’ainé de la chef du clan peut devenir héritière, et ta grand-mère a voulu faire appliquer cette règle.

Alors là, je ne m’attendais pas à ce que le théâtre ait un lien là-dedans. Et je ne connaissais rien à cette tradition, pour moi si une chef de clan n’avait pas de fille, l’héritage passait à ses sœurs. Donc ça aurait été la famille d’Elise qui en aurait hérité, ça justifierait le caractère aussi rigide et strict de sa mère. Mais il faut croire que ma grand-mère voulait absolument que ce rôle reste dans sa lignée.

-Et je présume que ma mère n’a pas voulu reprendre le flambeau, et que mon père l’a défendu ?
-Tu as à moitié raison. Ton père a pris le parti de ta mère, et voyant que Mebuki ne changerait pas, il a préféré couper les ponts avec nous. Il ne voulait pas que ta grand-mère puisse forcer ses enfants à intégrer le théâtre, ou ne vous influence. Mais ta mère n’a pas refusé, au contraire.

Quoi ? Maman avait accepté ! J’ai bien du mal à la croire, je ne la vois pas du tout dans l’univers du théâtre des Kimono.

-J’ai du mal à y croire mais admettons, maman a accepté de devenir l’héritière…Qu’est-ce qui s’est passé ? ça aurait dû convenir à Mebuki.
-Comme je te l’ai dit par le passé, ta grand-mère s’est vouée corps et âme dans ce théâtre et le respect des traditions, au point d’en perdre de vue l’essentiel. Elle a formé ta mère, mais la petite Stella n’était pas du genre à se modeler facilement. Elle a toujours cherché à faire plaisir aux autres, tout en gardant sa personnalité. Elle était prête à devenir l’héritière par amour pour ton père, mais pas à devenir une femme qui obéit aux règles qu’on lui impose sans poser de question.

C’est vrai que maman a été reniée par sa famille pour avoir voulu devenir coordinatrice, elle n’était pas du genre à se laisser dicter sa conduite.

-Qu’est-ce qui s’est passé exactement ?
-Ta mère a passé le même examen que celui que tu t’apprêtes à passer. Mais elle a fait certaine chose à sa manière, et ce n’était pas mal. Toutes les familles étaient d’accord pour qu’elle obtienne le titre de geisha. Toutes sauf ta grand-mère au final, les quelques entorses aux règles qu’à fait ta mère ne lui ont pas plus. Mebuki a estimé que ta mère était indigne d’être l’héritière, et elle lui menait la vie dure pour ça. Afin de mettre fin à ce conflit, ton père a préféré choisir sa femme et partir d’ici.

Je reste silencieuse un moment, je ne m’attendais vraiment pas à ça. J’avais compris que ma grand-mère était disons…particulière, mais pas à ce point…Elle fait passer son travail avant sa famille, ce qui n’est pas sans me rappeler mon père. Il passait beaucoup de temps à travailler, mais malgré ses erreurs, il n’a jamais harcelé un membre de la famille parce que ce dernier n’allait pas dans son sens.
Déjà que je n’aimais pas beaucoup ma grand-mère, c’est encore pire maintenant. Il va falloir que je prenne sur moi, pour finir ma préparation et passer mon examen.

-C’est surement égoïste de ma part de te demander ça, mais essaye de ne pas lui en tenir rigueur. Ta grand-mère a grandi dans une époque bien différente de la tienne, là ou elle n’a pas eu d’autre choix que de garder pour elle ce qu’elle ressentait, et on lui a appris que le théâtre passait avant tout.
-Ce n’est pas mon problème.

Un air surpris apparait sur le visage de mon grand-père, alors que ma voix était un peu plus sèche. Je me rends compte que j’ai peut-être réagi un peu trop impulsivement…j’ai même fait sursauter Aniel qui nous écoutait tranquillement. Ma voix se radoucit quand je reprends la parole.

-Rien ne justifie la façon dont elle a traité ma mère. Mais c’est le passé, et ce n’est pas à moi de lui en vouloir…

Mon grand-père semble rassurer à l’idée que je n’en tienne pas rigueur à son épouse, mais il voit clairement dans mon regard qu’il y a autre chose.

-Il ne faut pas que Mebuki pense que je vais me laisser faire, je ne suis pas une poupée qu’elle va pouvoir modeler à son image.

Malgré la fatigue qui se lit sur mon visage, une lueur de rébellion brille dans mes yeux. Et contrairement à ce que je m’attendais, un large sourire apparait sur le visage de mon grand-père, et il éclate sincèrement de rire.

-Hahaha, par Ho-Oh c’est fou ce que tu ressembles à ta mère en fait.

Je ne m’attendais pas vraiment à ce genre de réaction, mais avant que je n’ai le temps de dire quoi que ce soit, le patriarche de la famille Akabara reprend la parole.

-De la gentillesse et de la douceur recouvrant un esprit rebelle, j’ai vraiment l’impression de revoir la petite Stella. Même si je suis certain que l’issu de cet examen sera différent pour toi.
-Comment ça ?
-Les temps ont changé entre le moment où ta mère a passé l’examen, et le moment où toi tu le passes. Il faut que…
-Monsieur Akabara ?

Nous nous tournons vers Ethel qui vient de frapper à la porte ouverte de la chambre, s’inclinant devant nous.

-Dame Megara souhaite vous voir, je la fais attendre dans le petit salon ?
-J’arrive tout de suite

Elle s’incline à nouveau avant de repartir, alors que mon grand-père se lève, me regardant avec le sourire.

-Je suis désolé, nous poursuivrons cette discussion plus tard. Mais n’oublie pas Yuna : tu es qui tu es, ne laisse personne te voler ça.
-Compris.

Je lui souris en retour, alors qu’il sort de la pièce. Mes ressentiments pour ma grand-mère se font sentir, mais il faut que je mette ça de côté. Vu ce que mon grand-père m’a raconté, il vaut mieux que je ne me la mette pas trop à dos. Mais j’ai bien du mal maintenant que je sais comment elle a traité ma mère par le passé.

Mes pensées sont rapidement perturbées par Aniel, qui bondit d’un coup, me faisant sursauter. Elever un Riolu et avoir passer du temps avec Cael, m’ont permis de mieux comprendre les réactions dû à l’aura. Et il n’y a aucun doute, c’est l’aura est l’origine de la réaction de la Riolu de Lissa. Son regard se porte sur mon bureau, où se trouve l’œuf de Lucky…et ce dernier est en train de craqueler !

J’étais tellement prise dans mon entrainement, que je n’ai même pas remarqué que l’œuf bougeait beaucoup ces derniers jours. Heureusement je ne manque pas l’éclosion !
Aniel saute sur le bureau, alors que je m’approche de ce dernier, trébuchant sur les derniers pas. J’arrive à me rattraper sans abîmer l’œuf, la Riolu tendant les bras pour m’aider, alors qu’elle me regarde avec un air un peu inquiet.

-Ne t’inquiète pas Aniel, ça va.

Ma réponse ne semble pas la rassurer totalement, mais elle reporte son attention sur l’œuf qui s’agite un peu plus. Je vois les yeux de la type Combat briller, l’aura du Riolu qui va naitre semble vraiment l’intéresser. Je n’ai pas vraiment d’affinité avec l’aura, mais je sens quelque chose émaner de l’œuf…

La coquille casse complètement, laissant une forme que je connais bien maintenant…mais il y a quelque chose qui attire mon attention : la fourrure blanche. Elle tranche énormément avec la fourrure bleue d’Aniel, tout comme ses excroissances dorées au lieu d’être grise…Elle est juste magnifique.
Elle me fixe de ses yeux rouges, n’esquissant pas le moindre mouvement, avant de poser son regard sur sa semblable. Aniel croise son regard, mais aucune des deux ne bougent. La situation semble figée dans le temps, et c’est moi qui brise le silence en tendant les bras pour prendre la nouvelle-née contre moi. Elle ne proteste pas, et se contente de croiser mon regard.

-Bonjour toi, je suis Yuna ta dresseuse, et voici Aniel. Tu…

Je n’ai pas le temps de finir ma phrase, qu’elle plaque violement sa paume sur mon torse. Ça me coupe légèrement le souffle, et je sens qu’elle est en train de me sonder avec ses yeux. J’essaye de parler à nouveau, mais elle pose sa patte sur ma bouche. Je la laisse donc faire, et ce n’est qu’au bout de quelques minutes qu’elle hoche la tête, et retire ses pattes.

-Tu as du caractère à ce que je vois…Raine.

Elle hoche la tête à nouveau, son prénom semble lui convenir, tout comme je semble lui convenir. J’espère qu’elle ne va pas être aussi tête de mule que son papa, je n’ai pas vraiment le temps de gérer ça maintenant…


~~ ҉ ~~



J’y suis, la seconde épreuve de mon examen va commencer dans quelques minutes. Il faut que je garde la tête froide, et que je reste concentrer. Je sais que ma grand-mère sera intransigeante, et qu’elle relèvera la moindre de mes erreurs.
Finalement ce n’est plus vraiment l’épreuve qui me fait peur, Mebuki m’a tellement entrainée que je connais le déroulement de la cérémonie par cœur. C’est plutôt ce qu’elle est capable de faire, car même si je reste dans les règles de l’épreuve, elle est capable de faire comme avec ma mère si ce que je fais ne lui plait pas…
Je sens une pression sur ma jambe, et je vois Aniel me tenir le kimono, alors que Raine me fixe intensément. Il faut que je fasse attention aux émotions que je laisse paraitre, ces Riolu sont encore jeunes, et des sentiments trop intenses ne sont pas bons pour elles.

-Désolée les filles, ne vous en faites pas, ça va aller.
-Yuna, nous t’attendons.

Ce n’est pas la voix de ma grand-mère, il doit s’agir d’une chef d’une des 5 familles. Aller, il n’est plus question de faire machine arrière, j’ouvre la porte et m’avance vers le centre de la pièce, m’inclinant en signe de respect. Mon regard balaie la salle en quelques secondes, je vois ma grand-mère et Suzuki assise au milieu de la pièce, alors que pas mal de personne sont installées dans le fond de la pièce. Parmi elle je reconnais Erika, ma mentor, mais aussi Elise. Ça me fait chaud au cœur de voir ma cousine, elle a accepté de venir me soutenir dans cet examen. Ce n’est pas rien quand on sait la relation qu’elle a avec sa mère…d’ailleurs ça doit être la femme stricte à ses côtés. Suzuki incline la tête, et brise le silence.

-Maiko Yuna, aujourd’hui se déroule ta deuxième épreuve. Nous allons assister à une cérémonie du thé dont tu seras la maitresse. Seront évalués ton respect du protocole, et ta façon d’être. A ta demande ton Koto a été amené ici.
-Je vous en remercie.
-As-tu des questions ?
-Non aucune.
-Très bien, tu peux te retirer et commencer ton épreuve.

Je m’incline à nouveau, avant de me retourner et sortir de la pièce. Une fois la porte fermée, je souffle un bon coup, avant de m’agenouiller et de délicatement ouvrir la porte. Je me lève et suis obligée de faire de petits pas pour avancer, et une fois rentrée dans la pièce je retourne pour m’agenouiller à nouveau et fermer la porte.

Je me redresse à nouveau pour me diriger vers le centre de la pièce, me plaçant face à Mebuki et Suzuki, juste à côté de la bouilloire. Il faut dans un premier temps que je prépare mes ustensiles, et les places correctement.
J’attrape la louche pour prendre l’eau ainsi que son support en bambou, et les place délicatement sur la droite. Viens ensuite le tour de mon Chasen que je place dans mon Chawan, je pose ce dernier juste devant moi. Délicatement je pose mon Chashaku sur le dessus du bol, tandis que le pot contenant le thé trouve sa place derrière le bol.

J’attrape la serviette orange attachée à mon Obi, et je la plie avec soin pour attraper le pot à thé. J’essuie délicatement le dessus de ce dernier que je repose sur ma gauche. Je replis la serviette qui me sert à essuyer le Chashaku que je pose sur le dessus du thé. Je viens mettre à la verticale le Chasen, à côté de mon bol.

Maintenant que tous les ustensiles sont en place, je peux commencer la préparation du thé. J’attrape la louche, et avec la serviette je viens prendre le couvercle de la bouilloire, que je pose sur le support en bambou. Je peux sentir la douce chaleur en dessous, et j’imagine sans mal Athéna et Iffrit faire maintenir les flammes à la bonne intensité.
Je pose une autre serviette blanche pliée sur le couvercle de la bouilloire, avant de prendre une louche d’eau chaude que je mets dans le Chawan. La louche termine sur la bouilloire, alors que je prends le Chasen pour le rincer dans le bol. L’eau finit dans un pot sur le côté, et j’essuie le Chawan avec la serviette blanche, que je replis et remet sur le couvercle de la bouilloire.

Je sens le regard pesant de ma grand-mère sur moi, j’ai l’impression que son regard va me tuer si jamais je fais une seule erreur. Mais je reste concentré, ce n’est pas le moment de me mettre à trembler.

J’attrape délicatement le Chashaku, pour mettre deux cuillères de matcha dans le Chawan. Je repose la cuillère en en bambou sur la boite de thé, et verse une demi-louche d’eau dans le bol. Je laisse le bol au sol, et commence à mélanger le matcha à l’eau avec le Chasen. Bien entendu je m’arrange pour qu’aucune goutte de thé ne déborde du bol, avant de reposer le fouet en bambou à sa place.

Le thé a une texture onctueuse, la surface est mousseuse. Il est prêt à être servi, je prends le bol dans mes mains, le tournant de moitié pour que ce soit le côté face devant ma grand-mère. Elle est la première que je sers, et ce n’est pas parce qu’elle est de ma famille. Etant la plus âgée des personnes présentes pour cette cérémonie, c’est à elle de recevoir son thé en premier.

Je reste immobile, les mains sur les cuisses, pendant que Mebuki attrape le Chawan. Elle observe le thé avant de me fixer, mais je reste avec un visage aimable. Ma grand-mère est douée pour masquer ses sentiments, au moins je sais d’où mon père a hérité de ça. Elle salue Suzuki, avant de prendre le bol, et de le tourner de moitié, afin que la face soit de mon côté. L’ainée de la pièce boit son thé en deux gorgées et demi , avant de retourner le bol de moitié.

Je le prends délicatement, et le rince avec de l’eau chaude, et je recommence la préparation du thé. Je répète les mêmes gestes, comme ce que je faisais durant l’entrainement avec ma grand-mère. Je m’incline face à Suzuki après avoir terminé son thé, et elle me remercie en soulevant son bol. Elle boit le thé en deux gorgées et demi, avant de redéposer le Chawan.

Bon la moitié de l’épreuve est faite, et aucune de mes deux examinatrices n’a fait transparaitre quoi que ce soit…Enfin ce n’est pas exact, l’espace d’un instant j’ai vu un fin sourire apparaitre sur les lèvres de la spécialiste du type Feu installée face à moi. C’était très discret, mais en trois ans à travailler avec elle, j’ai appris à lire un peu plus sur son visage.

Aller il ne me reste plus qu’à tout nettoyer dans les règles, et la partie musique de l’épreuve à faire. Je prends une louche d’eau chaude, que je verse dans le bol pour le rincer, avant de le vider. Je m’incline alors respectueusement, posant mes mains au sol, signifiant la fin de la dégustation.
J’ouvre ensuite le petit sceau d’eau froide à côté de moi, et grâce à la louche en verse dans le Chawan. Je repose la louche à cheval sur la bouilloire, avant de prendre le Chasen, et de le rincer dans le bol. L’eau est de nouveau vidée, et je remets la serviette blanche dans le Chawan, accompagné du fouet en bambou.

Une fois cette partie effectuée, je m’attaque au nettoyage du Chashaku. Pour ce faire, je me dois de replier la serviette orange, et essuyer la cuillère en bois avec. Je repose cette dernière sur le bol, avant de les mettre de côté. Pour ne plus avoir la serviette orange dans les mains, je la plie en triangle avant de la glisser à nouveau dans mon obi. Je ferme la bouilloire, et repose la louche sur son support en bambou, avant de me mettre face à mes convives et de m’incliner une nouvelle fois.

C’est fini pour le nettoyage en lui-même, il me faut maintenant placer le pot de matcha à côté de la bouilloire. Une fois fait, je prends la louche et la sors de cette pièce. De l’autre côté c’est Aniel qui la récupère pour l’amener aux cuisines du théâtre, ce qui m’arrache un sourire. Je reviens et m’agenouille pour prendre le Chawan. Je le donne à Raine de l’autre côté de la pièce, et elle part dans la même direction que sa comparse.

Je retourne dans la pièce et m’agenouille avec délicatesse, pour prendre le pot de matcha et l’ouvrir. S’il y a bien une chose que j’oubliais à l’entrainement, et que ma grand-mère m’a reproché, c’est ça : nettoyer le bord du pot de matcha ! Je plie donc la serviette orange, nettoie le contour du pot, et referme ce dernier. Une fois que j’ai remis la serviette dans mon Obi, je m’incline à nouveau pour sortir le pot de la pièce.

Ça y est je viens de finir les trois quarts de l’épreuve, il ne me reste plus que le morceau de musique à jouer…Et je crois que c’est ça qui me fait le plus peur en réalité. Je regarde ma grand-mère, je me demande si je ne vais pas regretter ma décision…Non il faut que j’arrête de douter de moi comme ça, j’ai pris une décision, je dois m’y tenir !

C’est donc doucement que je me dirige vers mon Koto, que je prends, avant de m’installer de nouveau face à mes convives. Mes doigts glissent sur les cordes, et je me mets à jouer. Je commence à jouer, et il ne faut pas longtemps pour que, du coin de l’œil, je vois les réactions dans la pièce. Les geishas présentes ne mettent pas longtemps à reconnaitre l’air que je joue. Certaines haussent les sourcils, alors que je vois clairement ceux de ma grand-mère se froncer.

[url=youtube.com/watch?v=p-_f9lUmwiI]La symphonie de Lugia[/url]. Et oui, j’ai osé jouer cette mélodie. Certes rien ne me l’interdit, les danseuses du théâtre des Kimono de Rosalia honorant les deux oiseaux légendaires de la région de Johto, mais il est toujours mieux vu d’honorer Ho-Oh lors d’un pareil examen.

-Deep into the ocean
As if coming out of a dream
You start humming a song
A mirror of your feelings


La surprise se lit sur le visage de quasiment toutes les geishas présentes, elles doivent se demander comment j’ose chanter. Car oui, la cérémonie du thé doit se faire dans le silence, seule les notes de musique peuvent se faire entendre, pas les paroles. Enfin rien ne l’interdit dans le règlement, mais la tradition est telle, que rares sont celles qui osent faire autrement…Et j’ai osé.
Finalement je m’attendais à ce que quelqu’un dise quelques choses, mais au fur et à mesure des notes et des paroles, je vois des sourires apparaitre sur les visages. Si l’idée à surpris, elle ne semble pas déranger, au contraire, enfin c’est ce que semble me dire le large sourire que Suzuki n’arrive pas à totalement dissimuler derrière son éventail.

-‘’Come, don’t be afraid…I’ll protect you with my wings’’
You swear to me while smiling
And I feel relieved at last


Une seule personne ne semble vraiment pas contente de m’entendre chanter, et cette personne c’est ma grand-mère. Si son regard pouvait tuer, je serais morte au moment où le premier mot est sorti de ma bouche. Mais je ne pensais pas qu’il y aurait aussi cette fureur dans ses yeux. Le genre de fureur contrôlée qu’on les grands méchants, quand ils sont au pied du mur parce que les héros ont contré tous leur projet, et qu’ils n’ont pas d’autre choix que d’attaquer pour mener leur plan à bien.

-Angel of the ocean
As if coming out of a dream
You are everything to me
The light, the sunbeam…of my heart


Les notes continuent de défiler, et la colère de ma grand-mère semble continuer de grandir. Ses poings sont tellement serrés, que ses phalanges deviennent blanches. A la dernière note, je me décale pour m’incliner face à tout le monde, et je me redresse, me tenant bien droite. Suzuki jette un regard sur le côté, et voit que ma grand-mère tente de garder son calme. Elle ferme les yeux avant de reposer son regard sur moi.

-Merci Yuna, ta deuxième épreuve est terminée, tu peux disposer.

Je m’incline une dernière fois, et sort de la pièce sans un regard en arrière. Je soupire une fois la porte fermée, je pense que je vais passer un sale quart d’heure ce soir. J’ai eu le courage de chanter lors de mon épreuve, ce qui en soit n’est pas une erreur, dans rien n’empêche de le faire. Mais pour les geishas très traditionalistes, c’est à la limite de l’hérésie.


~~ ҉ ~~



Cela fait plusieurs heures que mon épreuve est terminée, mais je n’ai toujours pas eu de nouvelle de ma grand-mère…Ce qui ne me rassure pas du tout. Je sursaute donc quand on toque à ma porte, et que je vois Mebuki rentrer dans la pièce, l’air froid et sévère au visage. J’incline légèrement en signe de salutation, mais sa voix glaciale annonce clairement le ton de la discussion.

-Puis-je savoir ce qui t’as pris ?
-Que voulez-vous dire ?
-Pourquoi as-tu chanté ?! Une chanson pour Lugia en plus !

Elle s’est rapprochée du lit où je suis assise, et je me suis contentée de lever la tête pour maintenir son regard. Il n’est pas question que je plie devant elle.

-Rien ne me l’interdit, ce n’est pas parce que ça ne s’est pas fait depuis des années que c’est mal.

PAF

Je sens la douleur au niveau de ma joue augmenter, alors que ma tête a tourné à 90 degrés. Je ne m’attendais pas à ça, est-ce qu’elle vient sérieusement de me gifler là ? Elle a vraiment osé ?! Je tourne la tête pour croiser son air glacial.

-Ne me répond pas, tu n’imagines pas à quel point tu m’as fait honte. J’ai passé une semaine à t’entrainer pour que tu réussisses cet examen, j’ai approuvé le fait même que tu puisses le passer ! Et c’est ainsi que tu me remercies !
-Je n’ai rien fait de mal, ce n’est pas ma faute si vous êtes incapable d’accepter le fait que vous ne contrôler pas tout.
-Il est hors de question que je laisse une gamine dans ton genre ruiner mes espoirs, et me manquer de respect !

Je vois sa main se lever, et d’un geste net je l’arrête à son étonnement. Mon regard devient aussi glacial que le sien, et je me lève pour lui faire face.

-Vous pensez sincèrement que je vais me laisser frapper de la sorte ?
-Il faut bien que quelqu’un fasse ton éducation, étant donner que ton incapable de mère à rater cette partie aussi. Décidément, c’était vraiment une bonne à rien !

Ma poigne se resserre sur son poignet, et ma grand-mère est obligée de retirer vivement son bras, pour pas que je fasse plus de dégâts.

-Je vous interdit de parler ainsi de ma mère, c’était une femme extraordinaire.
-Extraordinairement rebelle, et incapable de se tenir aux règles.
-Tout ça pour une chanson ? Ha non c’est parce qu’à cause de ma mère vous et votre lignée n’avait plus la direction de la famille des Noctali.

Ma grand-mère écarquille les yeux, elle ne s’attendait pas à ce que je sache la vérité à ce sujet-là. Je vais devoir remercier mon grand-père pour m’avoir dit la vérité, mais il faut d’abord que je mette les choses au clair avec la matriarche de la famille.

-Comment tu…
-Peut importe comment je le sais. Ce que je sais aussi c’est que vous ne récupèrerai pas le contrôle grâce à moi. Je ne souhaite pas devenir geisha parce que c’est mon héritage, mais parce que c’est un métier qui me plait, et dans lequel je peux me projeter. Je suis votre petite-fille, mais je ne serai jamais votre jouet, tout comme m’a mère ne l’a jamais été.

Nous nous défions du regard, et au bout de quelques secondes qui semblent durer des heures, ma grand-mère reprend la parole.

-Je ne te laisserai pas salir le nom des Akabara, sache-le.
-Vous êtes certaine que ce n’est pas vu qui le salissez, en faisant fuir les membres de votre propre famille ?

C’est sur ces mots que je la dépasse, et que je sors de ma chambre, partant rejoindre mon grand-père. Dans la chambre, une fureur contrôler apparait dans les yeux de ma grand-mère, alors qu’elle marmonne une simple petite phrase.

-Ne penses pas t’en tirer ainsi Yuna, je jure que jamais tu ne deviendras une geisha, jamais tu ne déshonoreras notre famille.



Hrp :
Eclosion de l'oeuf de Riolu




 
You can never
turn back


[Alternance - Rosalia] Examen des Geishas: La cérémonie du thé P8X21eb
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