A Poison called Love
Chiho Lime
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Sujet: A Poison called Love   Lun 5 Mai - 3:52
Samedi 12 Avril, Infirmerie, Aile Sud.

Je marchais en remontant un chemin de cailloux, les yeux encore embrumés par le sommeil. Je tenais ma peluche Grodoudou sous le bras, et ma mère me tenait par la main. Elle me tirait visiblement vers un endroit inconnu qui ne m'inspirait rien qui vaille, et un mauvais pressentiment me tiraillait. Tout me semblait bien plus grand, ou plutôt je me sentais ridiculement petite comparée à tout le reste, des autres gens qui passaient dans la rue jusqu'au décor qui m'entourait. Nous marchâmes pendant longtemps, quittant la voiture familiale sans que j'aie le temps de comprendre ce qui se passait. Et alors, après un long silence qui me faisait froid dans le dos, ma mère me confia aux soins d'une vieille dame que je n'avais jamais vue, avant de disparaître sans un mot ni un seul regard. Je quittai l'étreinte de la femme qui essayait de me retenir afin de la rattraper. Je courrais, courrais, courrais. Mais le sol semblait sans cesse se dérober sous moi, me faisant perdre toujours plus de terrain. Je pleurais, et je criais son nom à en perdre la voix. Une voix enrouée par le chagrin et qui se perdit finalement dans le vide. Il faisait noir et j'étais seule. Je me réveillai en sursaut, dans mon lit à l'infirmerie... De nouveau la Chi de 15 ans et non la gamine qui avait été laissée pour compte. Seulement mon esprit avait encore du mal à réaliser, et à distinguer le cauchemar de la réalité.

J'avais mal partout. Tout mon corps semblait engourdi et hypersensible. Mes membres étaient lourds et j'étais incapable de bouger. Mon esprit était embrouillé et je n'arrivais pas à réfléchir normalement. Je mis plusieurs minutes à émerger de mon sommeil artificiel, les médicaments et autres antalgiques cessant petit à petit de faire effet. J'ouvris les yeux sans comprendre ce qui se passait et où j'étais. Ma tête pesait trois tonnes, alors c'est avec peine que je la soulevai pour regarder autour de moi. J'étais dans une chambre aux murs blancs, sur un lit qui n'était pas le mien. Fronçant les sourcils, j'essayais péniblement de comprendre ce que je faisais là. La peur m'envahit alors, telle une main spectrale comprimant violemment mon cœur. Des sentiments primaux prenaient le pas sur tout le reste. En absence de tous repères, je me raccrochais à l'instinct de survie. J'avais faim à tel point que mon ventre me faisait mal. J'étais seule... et ce constat me faisait une peur bleue. Je revivais à nouveau la même sensation vécue pendant mon sommeil, et la panique s'infiltrait à travers chacun des pores de ma peau, encore plus rapidement que l'oxygène que j'inspirais goulûment. D'une voix faible, j'avais murmuré faiblement.

« Maman... ? »

L'hésitation dans ma voix en disait long sur mon état. Me tenant la tête, j'essayais de faire le tri, sans grand succès. Un rideau blanc entourait mon lit afin de m'offrir un peu d'intimité. Avec précaution je me redressai sur mon séant pour tenter de m'asseoir. Mes jambes lourdes tombèrent alors en se balançant presque inertes à côté du lit. Une énorme atèle bleue ceignait pourtant ma cheville, m'empêchant de la plier d'aucune façon que ce soit. Ce fut alors que je me souvins de ce qui c'était passé, et comme si mon esprit attendait de retrouver ces souvenirs, la douleur me prit au dépourvu... Avec la violence d'un train à grande vitesse qui m'aurait heurtée de plein fouet. Je me tins le genou à défaut de pouvoir toucher ma cheville, plus enflée qu'un ballon. Du peu que je pouvais en voir, elle avait une drôle de couleur, les ecchymoses d'un violacé suspicieux me rappelant l'épisode de la veille de la plus triste des façons. Je déglutis. Abo... Abo m'avait mordue, avant que je ne perde finalement connaissance. Je ne me souvenais de rien après ça, si ce n'est d'un visage familier qui était venu me porter secours. Avais-je rêvé de Yuki ? Était-ce lui qui m'avait transportée jusqu'à cet endroit pour que je me fasse soigner ? Confuse, j'avais beaucoup de questions et très peu de réponses. Je brûlais de me lever et trouver quelqu'un... n'importe qui... Quiconque pouvant me parler, m'expliquer la situation et me prouver que je n'avais pas quitté un cauchemar pour un autre. Les yeux humides, j'avais toutes les peines du monde à garder mon sang froid.

Je ne pouvais pas rester là. Mes pokémons, où étaient passés mes pokémons ? Perdant la boule l'espace d'un instant, j'imaginai le pire. Et s'ils avaient été laissés à la décharge, assommés par le poison et la pollution ? Me tenant aux barreaux du lit, je forçai mon corps à fonctionner. M'y tenant comme à une bouée de sauvetage, je ne tardai pas à payer le prix de cet effort que je n'étais pas encore prête à fournir. Ma jambe valide me lâcha et ce fut in extremis que je ne finis pas face contre terre, grâce au réflexe que j'es de me retenir à la force de mes bras. Seulement j'étais bloquée là, incapable de marcher normalement, et trop paniquée pour faire machine arrière. Il fallait que je sorte de là à tout prix, c'était ma seule certitude. Qu'importe que je sois en chemise de nuit blanche descendant à peine mi cuisses, et que je porte seulement des sous-vêtements en dessous. J'avais d'autres priorités, et ne pas péter un câble en hurlant me demandait déjà ce qu'il restait de mes ressources mentales. Des larmes de frustration coulèrent sur mes joues, mais je ne tardai pas à les ravaler illico. Je ne pouvais pas me laisser aller, ou du moins je tentais de m'en convaincre. Mes cheveux me retombaient sur les yeux, m'empêchant de voir correctement. Merde. Bon sang, où étaient-ils donc tous passés ?

« Hééé y'a quelqu'un ?! »
Yuki Yutaka
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Sujet: Re: A Poison called Love   Lun 5 Mai - 20:44
A Poison called Love



« Un amour impossible qui devient
possible, c'est tout un monde qui s'écroule. »

Samedi 12 avril 2014,
vers midi.
Infirmerie de l'Académie



Samedi  midi, me voilà à présent devant l'infirmerie de l'académie, le fief de la terrible Needle et de Mine son Noacier. Quelques heures plus tôt, j'était encore avec Hope devant le dortoir des Pyrolis à discuter avec elle pour lui annoncer ce que mon père m'avait affirmé la veille. Ce n'était pas folichon, mais au moins notre entrevue matinale s'était quand même bien passée, même si j'aurais pu espérer mieux. Au moins, elle ne me boudait pas, c'était déjà ça, mais j'avais quand même un arrière goût d'amertume  suite à son départ soudain et précipité. Après cela, Hikari et moi avions flâné un peu dans l'enceinte d'une école encore endormie, croisant des pyrolis en plein footing martial matinal, sous l'égide du localement célèbre général Jackie.  Effrayante!  Direction le centre ville pour une petite course éclair. Le reste de la matinée, nous l'avions passé dans ma chambre à ne rien faire de plus pour ma part, que de me triturer l'esprit encore et encore. Ma Chiho, ma famille, Hope, Chiho, Hope, Mémé Yutaka, Chiho, Hope, et enfin Chiho. Voilà à peu près l'ordre majeur de mes préoccupations.

Nous approchions de midi, le soleil avait presque atteint son zenith. A la hâte, je quittais ma chambre pour gagner le lieu de captivité de mon binôme. Au passage, détour par le réfectoire pour y prendre un repas que je réussis à sortir en douce et me voila devant la porte de l'infirmerie. J'avais voulu frapper mais l'angoisse que j'éprouvais pour ce lieu et ses deux tenanciers me pris à la gorge et aux tripes. J'étais comme un pauvre petit Jawa extirpé de sa Tatooine natale et jeté en pâture à Dark Vador (Needle)  en plein milieu de l'Etoile Noire (l'infirmerie). Le combat était inégal et j'étais perdant. Toute fois, je ne pouvais pas laisser ma princesse Peach captive dans un des donjons du château du terrible Bowser. J'avais envie de faire demi tour, mais je devais me faire violence. J'étais un Jedi, de surcroit, un maitre ! Prenant mes Tanuki balls pour les poser sur mes épaules, je toquais à la porte de l'infirmerie pour enfin y entrer. Suivi par Hikari qui me regardait avec admiration pour avoir pu passer ma phobie à la seule force de ma volonté, j'entamais ma progression résolu au travers de l'enfer, à la recherche de la petite scientifique.

" Hoho ! Ne serait-ce pas mon cher petit Yuki qui trainerait par ici ? L'infirmière t'as manqué ? Tu as un bobo que tu veux faire soigner ou un problème que seule moi peut régler ? On va sa piqûre ? "

" NOA ! "

Mes supers, fières et imposantes Tanuki balls venaient de redescendre pour ensuite se rétracter et rentrer dans mon abdomen. Je n'étais plus un fier homme valeureux, mais une pauvre jeune femme éplorée en quête d'une main salvatrice, dotée de magnifiques ovaires tous neufs. Toute ma résolution,  toute ma détermination s'étaient envolées.  La main de l'infirmière venait de se saisir du col de mon poncho-cape. Mine quant à lui, à l'évocation du mot piqure s'était excité. Je voyais déjà ses tentacules démoniaques s'agiter, parées à me cribler de trous.

" Euh... En fait..."

Ma voix était aussi sonore que celle d'un homme qu'on venait de châtrer avec violence.

" Si tu viens pour voir ton amie que tu m'as  apportée hier, elle dort, elle a besoin de repos alors hop ! Dans le couloir ! Regarde, son rideau est encore fermé. Je t'appellerai quand il y aura du nouveau et les plateaux repas de la cantine doivent y rester. "

Elle m'avait tiré jusque dans le couloir. Je tremblais comme une feuille alors qu'elle me faisait son sermon, me signifiant qu'elle n'hésiterait pas à sévir si je ne me montrait pas coopératif et qu'elle me sanglerait de nouveau à un lit, me couvrirait amoureusement de piqûres avec mine avant de me disséquer. C'en était trop pour mon imagination débordante, j'allais m'évanouir. Je crus entendre une voix. Mon esprit revint en moi aussi fortement qu'un soufflet d'une fille envers un garçon qui vient de la tripoter honteusement. Un bruit sourd ? Je voulus regarder au travers de la porte mais Mine et la Sadique Needle me barrèrent la route. EFFROI ! Je fis un bond en arrière. Ils avaient failli me toucher. Le piège se serait refermé sur moi et je serais certainement mort dans les secondes qui suivraient.

« Hééé y'a quelqu'un ?! »

J'attrapais le plateau qu'elle m'avait pris pour ensuite m'engouffrer dans l'infirmerie  en bousculant involontairement (ou pas...) les deux psychopathes. C'était la voix de Chiho ! Elle était réveillée et en fâcheuse posture et sa mine faisait peine à voir.  Me hâtant, je déposais le plateau sur la table de chevet pour ensuite me saisir d'elle

" Ouh là ! Les médicaments ont altéré ton jugement et ta conscience ?  La conscience, c'est cette tranquille petite voix que personne ne veut entendre : c'est à cause de ça que les choses vont mal de nos jours ! "

Rigolant de manière légère, je la soulevais délicatement et la reposais dans son lit avant de la recouvrir amoureusement. Un petit baiser sur le front et je repris alors qu'Hikari sautait sur le lit pour lui tendre les fleurs que nous avions acheté le matin même.

" Ho là ! Doucement grande agitée, tu sautes sur le lit d'une blessée de guerre là. Par ici les fleurs... " Je pris alors les fleurs pour les mettre dans le vase qui trônait sur la table de chevet. J'allais enduite le remplir d'eau pour revenir le déposer à sa place initiale. " Quelle superbe floraison nous avons cette année ! Mais regarde, celle-ci est en retard... Pourtant, lorsqu'elle s'épanouira, elle sera pour moi la plus magnifique de toutes ! " Lui montrant une fleur, encore refermée, je ne parlais pas tant d'elle que de Chiho. " Tu as déjà meilleure mine qu'hier, tu m'as fait une sacrée frayeur, je n'en ai presque pas dormi de la nuit tu sais ? Asobu et Hikari aussi ne tenaient plus en place. Comment te sens-tu mon précieux binôme ? D'ailleurs, on t'a piqué un plateau repas au réfectoire, ce sera toujours plus tonifiant pour toi que la bouffe qu'on te servira ici. " Je lui fis un petit clin d'oeil.  " Me permettrais-tu de venir te vous rejoindre sur le lit Hikari et toi ? "

Je lui adressais alors un petit sourire.


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Sujet: Re: A Poison called Love   Mer 7 Mai - 6:40
J'entendais du bruit dans le couloir, ce qui loin de me rassurer, ne faisait qu'en rajouter à ma détresse. J'avais  vraiment l'impression qu'on m'ignorait, et comme je n'arrivais pas à distinguer ce qui se disait, mon angoisse n'allait pas en s'arrangeant. J'avais donc essayé de parler pour appeler les gens dehors, bien que ma voix soit sortie bien plus enrouée que je ne l'aurais cru. Pendant combien de temps avais-je perdu connaissance ? Ma jambe entière me faisait un mal de chien, alors que pourtant je savais que seule ma cheville avait été blessée. C'était vraiment incroyable, je n'aurais pas cru qu'une simple morsure pouvait avoir autant de répercussions. Je m'étais déjà fait mordre et électrocuter par Floyd lorsque je l'avais croisé dans le désert, mais ce n'était rien comparé aux rapides effets secondaires du poison d'un Abo Shiney. J'étais déjà en train de cogiter sur les propriétés singulières de ses traits chromatiques, lorsque quelqu'un se montra enfin. Et pas n'importe qui.
Mon visage se détendit sensiblement à l'approche de Yuki, bien que mon corps lui soit toujours en train de flirter avec ses propres limites de résistance. C'est avec soulagement que j'acceptai son aide, bien que je sois quand même un peu honteuse de ma situation. Non seulement j'avais trouvé le moyen de me blesser pendant une sortie capture, lui causant du souci, mais en plus du reste je n'étais pas fichue de me tenir debout toute seule. Je n'étais vraiment qu'un boulet à son pied. Je lui souris sans la moindre conviction, faisant abstraction de la douleur malgré tout. Il avait la gentillesse de venir me rendre visite, alors qu'il avait certainement une myriade d'autres choses plus intéressantes et moins déprimantes à faire. Je me devais donc de lui montrer un minimum de gratitude.

« C'est gentil d'être venu. »

M'accrochant à sa nuque pour ne pas tomber, je n'eus d'autre choix que de me laisser porter à nouveau sur mon lit. Intérieurement je me sentais mal, au delà de la souffrance physique qui était encore présente. Cette étreinte involontaire m'avait mis un peu de baume au cœur, mais pour une raison que je ne m'expliquais pas, c'était insuffisant. Je voulais plus, toujours plus. Bougeant les bras un peu brusquement, je venais de remarquer que du sérum arrivait à compte goûtes jusqu'à une aiguille qui était plantée dans le dos de ma main. Cette seule vue me démangeait déjà, et je ne voulais même pas y penser. J'avais vraiment beaucoup de mal à voir les choses avec autant de légèreté, d'autant plus que je n'étais toujours pas de très bonne humeur.
J'appréciais pourtant les efforts faits par mes visiteurs. J'acceptai les fleurs tendues par Hikari tout en lui caressant gentiment la tête. Ça me touchait plus que je ne pourrais le dire, mais j'étais encore un peu coincée entre deux mondes. Le cauchemar et la réalité, l'amitié et ma solitude, la confiance en Yuki et ma peur viscérale de perdre ceux qui comptaient pour moi. Voyant la fleur fermée qu'il me montrait, je soupirai. Il avait raison bien sûr, j'avais été imprudente pendant la sortie capture, et le fait que j'aie bien failli me casser la figure en voulant me lever seule ne jouait pas non plus en ma faveur.

« Je suis désolée, j'aurais du faire plus attention. Je... Je vais bien je crois. J'ai mal partout, mais je suppose que c'est normal. » J'étais hésitante, ne sachant pas trop quoi dire, ni comment le remercier. Néanmoins même si les mots étaient pauvres, c'était tout ce que j'avais à lui offrir. « Merci pour tout ce que tu as fait, pour la nourriture, et merci d'être là, aussi. Je... Je te dois beaucoup. » Il allait me dire que c'était normal, qui était mon binôme et que j'aurais fait la même chose pour lui... Et c'était vrai. Mais ça n'empêchait pas que je lui devais la vie, à lui et à mes pokémons. Mes pokémons. Je tiltai soudainement qu'ils n'étaient pas à mes côtés, ce qui avait forcément tendance à me stresser encore plus. « Oui bien sûr que vous pouvez tant que vous épargnez ma cheville. Mais... Dis tu ne saurais pas où sont mes pokémons ? Tu sais au moins si Ivy et les autres vont bien ? La dernière fois que je les ai vus, ils... ils étaient en train de se battre pour me défendre, tandis que le poison me paralysait petit à petit. » Mon désarroi était d'autant plus grand que je me sentais perdue, sans pouvoir rassembler l'entièreté de mes souvenirs. Au final je ne savais même pas si j'avais réussi à capturer mon agresseur, ni même si Ivy avait gagné son combat... Déversant sur Hikari mon passible manque d'affection, je la pris dans mes bras et la câlinai tendrement comme on berce une enfant. Restait seulement à savoir qui de nous deux était le bambin effrayé...
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Sujet: Re: A Poison called Love   Jeu 8 Mai - 21:31
A Poison called Love






L'accord était donné, elle acceptait que je m'asseye à ses côtés sur le lit, mais avant de pouvoir jouir de mon privilège, je jetais un œil par dessus mon épaule. Mine et sa maîtresse étaient occupé et l'infirmière n'aimait pas trop qu'on s'asseye sur un de ses lits, surtout lorsqu'il contenait un "sacrifice". Je tirais donc le rideau pendant que leur attention était dirigée vers une quelconque chose, afin d'avoir un peu d'intimité. Profitant de ce petit répit et de ce hui-clos, je me posais enfin aux côtés de Chiho, m'asseyant carrément à côté d'elle, par dessus les draps, passant mon bras par dessus son épaule pour attirer sa tête sur mon torse et la blottir contre moi. Posant mon menton sur son crâne, j'enfouis mon nez dans sa chevelure. Ce contact m'apaisa réellement. Son délicat parfum embaumait mon cœur, m'emplissant d'allégresse et me transportant je ne savais trop où.

" Arrête de t'excuser ma petite binôme adorée, c'est du passé. A présent, tu n'as plus qu'à te concentrer sur ta guérison pour me revenir vite en pleine forme. " Je passais les mains dans ses cheveux, jouant avec machinalement. " Tu es en vie, c'est l'essentiel Chi-chan hakase, alors avance, avançons ensemble veux-tu ? " Je lâchais un petit sourire évasif, l'embrassant sur le front. " Pour ce qui est de tes Pokémon, tu n'as pas à t'en faire, ils vont tous bien. Tu ne me les avais pas encore tous présentés, mais je les ai au moins tous vu à présent. Ils étaient tous autour de toi et ont fait un travail formidable. Robyn est venu au port pour chercher de l'aide et je me suis précipité à sa suite. En le voyant, j'ai compris que quelque chose clochait, c'est un brave Caninos que tu as là, comme chacun des membres de ton équipe. J'ai récupéré tous tes amis et la ball mystérieuse qui gisait sur le sol. Après t'avoir déposé ici, j'ai gardé tes Pokéballs et je me suis occupé de tous tes amis. Je ne sais pas si le Abo shiney est à toi, mais il est vraiment beau et ça s'arrête là. Alors que je les avais tous libérés dans ma chambre pour les nourrir, ce dernier a fait des siennes et il a fallu la coopération de ton Kadabra et d'Hikari pour le mettre hors d'état de nuire et le faire retourner dans sa ball. Il ne me parait pas vraiment méchant, mais il va falloir être patient avec lui. Je suppose que c'est lui qui t'a mordu... J'en mettrai ma main à couper. Je lançais un regard vers sa jambe cachée sous le drap. " Enfin... Ce n'as la peine de se tracasser, voici tous tes amis sans exception."

Je glissais la main dans mon sac pour en sortir toutes les pokéball de Chiho que je disposais devant elle sur le lit. La pyroli était en train de serrer fort ma Chimpenfeu dans ses bras. Elle me faisait un peu de peine et je ne savais que faire faire pour l'aider. Je me sentais un peu impuissant, inutile. Hikari la câlinait, la cajolait, la réconfortant comme elle le ferait avec moi et j'avais abandonné toute raison à leur sujet. Hikari l’asociale qui se livrait à ce genre de choses avec quelqu'un d'autre que moi me dépassait complètement, même si c'était Chiho. Toutefois, ce dernier cas de figure me satisfaisait pleinement dans le fond. C'eut été problématique qu'elles ne s'entendent pas, comme c'était le cas avec Hope. En pensant à cette dernière, j'avais envie de partager l'info avec la petite malade, mais je me retins. C'était peut être un peu trop tôt pour l'accabler de mes propres problèmes, déplacé même.Je laissais donc ceci de côté, revenant à l'instant présent.

" Je vais finir par être jaloux que vous vous câliniez ainsi toutes les deux les filles... "Je rigolais alors. " Même pas une petite place pour moi dans tout ça ? "

Hikari me lança un petit regard et me perdant dans la flamme au bout de sa queue, pour une raison quelconque, je me mis à penser au Cirque des boulons et aux événements s'y étant déroulés. Ma mine s'assombrit quelque peu. tout le film repassait en boucle dans mon esprit. Je la revoyais sans cesse les bras ouverts devant un Ronflex déchaîné. J'avais beau me dire que c'était juste la gentillesse de Chiho qui l'avait poussée à protéger le professeur, mais je n'y croyais pas plus que ça. Les propos qu'elle avait énoncés lors de notre sortie aux Ruines de Jirachi, je me les été repassé en boucle et en y réflichissant bien, à tête reposée, une seule solution s'imposait à moi, une seule et unique réponse. Toutefois, je ne voulais pas trop y penser, mais je n'avais pas le choix. Ace... Ace S. Creed...

" Chi..." Je marquais un temps d'hésitation. " Non rien... "

Je m'étais ravisé.


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Sujet: Re: A Poison called Love   Ven 9 Mai - 6:09
Il y a quelques secondes à peine, ce rideau m'avait semblé plus gênant que la haute muraille d'une forteresse, et pourtant maintenant j'étais heureuse de son existence. Grâce à l'attention subtile de Yuki j'étais à nouveau protégée derrière ce mur, mais il était maintenant de mon côté et ça faisait toute la différence. Je respirai profondément à plusieurs reprises, ignorant le mal de crâne carabiné qui menaçait de me scier la tête en deux. Je n'avais pas envie de me rappeler que j'étais maintenue prisonnière à l'infirmerie, et encore moins de voir la tête de Needle et son pokémon vicieux m'épier toutes les cinq minutes. Mon amour propre avait déjà été suffisamment entamé comme ça, après la morsure, la chute, et tout ce qui allait avec. Ravie de pouvoir passer un peu de temps avec Yuki et Hikari, je me détendais petit à petit, tout en câlinant la petite guenon.
Cependant le Noctali me prit littéralement sous son aile et me serra contre lui. Je ne protestai pas ni ne résistai. Ce contact était le meilleur des remèdes. Faisant attention au fil de plastique relié à ma main, j'enlaçai sa taille un peu maladroitement. Je ne savais pas trop m'y prendre mais dans tous les cas je ne voulais pas qu'il parte, je ne voulais pas qu'il me laisse là, toute seule. Un frisson me parcourut l'échine, tandis que je posais ma joue contre le creux de sa nuque. J'écoutais ce qu'il disait avec les yeux fermés, profitant de cette proximité tendre mais platonique qu'il m'offrait. J'étais confortable et au chaud, et à défaut de me sentir mieux, ce n'était déjà pas si mal. Je fis oui de la tête en guise de toute réponse, soulagée d'entendre que mes pokémons n'avaient rien. En réalité je n'avais pas posé une seule question sur mon diagnostic, la gravité de ma blessure ni même quand je pourrais sortir de là. J'étais plus inquiète pour eux que moi, tout simplement. Ceci dit je ne tarderais pas à harceler l'infirmière pour pouvoir rentrer au dortoir, c'était certain. Enfin, une chose à la fois.

« Si j'ai réussi à capturer le Abo, alors oui, il est à moi. En réalité il m'a sauté dessus sans trop que je m'en rende compte, et il m'a mordue. J'ai à peine eu le temps de donner quelques instructions à Ivy qui a voulu se charger personnellement de son cas, lorsque les effets du poison ont eu raison de moi. Il était aussi coriace que son poison est violent. Je suppose qu'il est particulièrement venimeux, aussi particulier que ne l'est sa couleur. Dommage que mon premier pokémon chromatique soit aussi... agressif. »

Je ne le blâmais pas pour ce qui était arrivé, après tout les Abo n'étaient pas une espèce violente par nature. S'il m'avait attaquée c'est sûrement qu'il avait une raison précise, bien que je n'aie pas encore saisi laquelle. Et en même temps, je n'avais pas encore vraiment eu le temps d'y réfléchir. Pour ça il fallait déjà que mon cerveau veuille bien se donner la peine de fonctionner, et en ce moment le processus de démarrage était assez hasardeux. Je soupirai. J'imaginais le boucan phénoménal qu'avaient dû faire tous mes pokémons une fois lâchés dans la chambre de Yuki... C'est que même si pour la plupart ils n'étaient pas bien grands, ils avaient de l'énergie à revendre et qu'ils avaient parfois du mal à contenir... Surtout Robyn et Freeze, les plus survoltés. Je le remerciai encore, et le serrai un peu plus fort. L'émotion me gagnait mais je refusais de céder aux larmes. Il m'avait énormément aidée, alors être forte c'était la moindre des choses.

J'effleurai tout de même mes neuf pokéballs du bout des doigts. Gee, Ivy, Syl, Freeze, Ra's, Floyd, Robyn, Bane le Bulbizarre qui nous avait rejoint en dernier, et finalement le plus problématique d'entre eux, le Abo que j'avais décidé de baptiser (Solid) Snake. Oui... ça faisait une équipe conséquente, qui avait dû donner des cheveux blancs à celui qui les avait si gentiment hébergés en attendant que j'aille mieux. J'embrassai sa peau sans réfléchir, ne me rendant même pas compte que c'était sa nuque et non sa joue. En fait c'était Hikari que je regardais, alors qu'elle était assise sur mes genoux et me rendait mon étreinte. J'avais agi sans réfléchir et j'étais en réalité assez surprise qu'elle se laisse faire aussi docilement. Je lui souris et relâchai un peu la pression, continuant de la chouchouter sans pour autant la retenir de force. Au moins lorsqu'elle en aurait assez, elle pourrait partir, ce qui était une sorte de consensus silencieux que nous avions trouvé. La remarque de Yuki me tira pourtant de ma rêverie, m'arrachant un pâle sourire, mais un sourire quand même.

« C'est qu'il se plaindrait en plus, tu as vu ça Hikari ? »

Je lui mis un léger coup d'épaule pour le taquiner, comme pour le punir de cette plaisanterie peu crédible. J'avais alors levé les yeux vers lui à défaut de pouvoir me tourner sur le lit qui au final n'était pas si grand que ça. Je vis alors l'ombre triste qui filait dans ses yeux, même s'il essayait de passer à autre chose. Seulement il avait envie de me dire quelque chose bien qu'il se soit rétracté, et ça m'intriguait sincèrement. Ce n'était pas son genre de mâcher ses mots et encore moins d'hésiter avant d'entamer un sujet, quel qu'il soit. J'en déduisis donc que c'était un sujet sensible mais qui lui tenait à cœur, autrement il aurait déjà craché le morceau. Je le regardai dans les yeux, l'invitant à poursuivre. Ma voix laissait transparaître une certaine taquinerie, mais en réalité j'étais très sérieuse.

« Dis-moi ce qui ne va pas, Yuki. Et ne t'avise surtout pas de me dire qu'il n'y a rien ! »
Yuki Yutaka
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Sujet: Re: A Poison called Love   Mer 14 Mai - 0:44
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Je marquais un temps d'hésitation. Avait-elle seulement conscience de la bombe qu'elle risquait de déclencher en entrant dans ce sujet ? Si ses réponses ne me convenaient pas, pourrait-elle imaginer ce qui se produirait ensuite ? Je ne le pensais pas. Je n'avais pas plus envie que cela de m'y risquer non plus tout compte fait, mais elle voulait le savoir. Son regard si désarmant était plongé dans le mien et je ne savais trop quoi faire.

° Soupir °

" Tu sais... Hier, j'ai reçu un message assez déstabilisant. Pendant que je te transportais, mon père m'a envoyé un message stipulant que j'avais une cousine ici. Ça m'a choqué, d'autant plus que ce n"tait pas une personne que j'avais spécialement dans mon cœur, mais au final, je m'y suis fait... Ce matin, je suis allé la voir et nous avons discuté. Enfin non. Je lui ai annoncé la nouvelle, mais elle ne semblait pas y croire plus que ça, à moins qu'elle ne se soit sentie mal à l'aise. Ce qu'elle a dit à ce moment là... "

Ma voix, ainsi que mon regard, se perdirent dans le néant un instant, un très, très court instant.

" Elle avait disparu, je ne l'avais plus revue depuis des années. J'avais même fini par croire qu'elle était morte... Mais elle est en vie, c'est génial je trouve. Cette fille, c'est une Pyroli comme toi, Hope, Hope Spettel. Elle est la fille de ma tante, la petite sœur de mon père. Mais ce n'est pas du tout de cela dont j'ai envie de te parler. Envie est un bien grand mot à dire vrai. Disons plutôt que quelque chose me tracasse depuis un moment déjà et que je rumine cela en moi sans cesse. "

J'avais détourné le regard, le laissant se perdre sur ses petits pieds enfouis sous les draps. Peut être lié à ma pensée, le monticule blanc que le tout formait, se transforma en un chapiteau de cirque, en CE chapiteau. Très vite, ses couleurs chatoyantes vinrent se transformer en un immense brasier. Des flammes, de la fumée, des cris, des pleurs, j'entendais tout, revoyais tout. En arrière plan dans mon crâne, les paroles de Chiho résonnaient, percutant avec force chaque parois qu'elles rencontraient. Ces paroles, c'était celles qu'elle avait tenues lors de notre deuxième entrevue, notre première sortie officielle à tous les deux, alors que nous cheminions vers les ruines Jirachi. A tort, j'avais cru qu'elles visaient une personne. J'avais eu tout faux et elle m'avait rassuré à ce sujet en rigolant. J'avais pensé que mon rival serait donc un élève quelconque, mais non, la réponse, j'en étais presque sûr, elle me l'avait donnée involontairement au cirque, ce soir là.
Je la revoyais se dresser courageusement devant ce Ronflex, faisant rempart de son corps pour notre prof alors qu'elle avait un bon nombre de ses Pokémon. Cette façon d’agir, ce n'était pas simplement de la gentillesse ou de la bonté d'âme. Non, pas comme ça. J'en doutais sincèrement.

" Hmpf ! "

Bruyant, sonore, je l'avais lâché presque malgré moi. Mes sentiments avaient suinté de toutes les lettre de cette onomatopée. Détournant d'abord les yeux de vers la gauche, là où elle n'était pas, je tentais de me contenir, me mordant même là lèvre avec force, à la limite du saignement.

° Hésitation °

Je me retournais vers elle, une fois de plus, plongeant mon regard dans le sien. J'ouvris la bouche, mais la refermais aussitôt. Je me levais alors du lit pour marcher un peu dans l'espace clos créé par les rideaux. A ce moment là, je me rendis compte qu'elle était dans le lit en face duquel je me trouvais il y avait un mois de cela. Cela me tira un demi sourire qui disparut aussitôt que je me focalisais de plus belle sur elle.

" Ce qui ne va pas... Ce qui me perturbe, c'est toi ! Pourquoi as-tu agi comme ça au Cirque ? Te dresser face à un Ronflex... C'est lui que tu aimes, c'est ça ? "

Mon ton n'était en rien amical, mon visage non plus d'ailleurs. J'étais des plus sérieux, sans pour autant afficher ou témoigner la moindre agressivité ou animosité. Le tout était juste le pur reflet de la neutralité, celle-là même qui précède la tempête.


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Chiho Lime
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Sujet: Re: A Poison called Love   Ven 16 Mai - 11:07
J'entrais en terrain dangereux, un terrain miné même. Je marchais sur des Noeunoeuf, le savais. Bien que mon esprit soit embrouillé je n'en restais pas moins perspicace et empathique. J'avais déjà appris à décrypter les réactions de Yuki, et je savais que cette expression figée et crispée n'était pas bon signe du tout. Néanmoins il était certain que quelque chose le taraudait assez pour ternir sa bonne humeur, alors c'est que ça devait être important. En le regardant en coin pour ne pas le mettre mal à l'aise, je l'écoutai sans l'interrompre. Ce qu'il me révéla  me surprit, mais sans doute parce que je n'avais pas de famille du tout, j'avais du mal à saisir le côté le plus problématique de la chose. Néanmoins je comprenais parfaitement son désarroi. La Pokémon Community devait être le dernier endroit sur terre où il pensait retrouver des gens qu'il connaissait déjà. Je posai ma tête contre son épaule en un toucher qui se voulait consolateur pour lui comme pour moi.

« Hope Spettel. Une petite blonde assez énergique qui a un Fantominus pour starter. Gummy je crois. Oui je l'ai croisée quelques fois au détour d'un couloir, même si je ne la connais pas personnellement. » J'essayais de visualiser la personne dont on parlait, et je murmurais tout bas. « Je comprends que ça te fasse un choc, et il est sans doute normal qu'elle ait aussi été prise au dépourvu. Laisse lui juste un peu de temps et je suis sûre que les choses se passeront mieux. Une fois qu'elle se fera à l'idée je suis sûre qu'elle sera heureuse d'avoir un cousin comme toi. Moi j'aimerais bien en avoir, des cousins. »

J'avais soupiré sans trop m'en rendre compte. J'avais toujours passé mon enfance seule, même si je m'entendais assez bien avec les autres enfants de Jadielle. Seulement j'avais toujours été précoce pour mon âge, et mes airs d'adulte haute comme trois pommes n'étaient pas la meilleure façon de s'intégrer. Néanmoins je ne fis pas de digression sur ce sujet qui était complètement différent. Nous ne parlions pas de moi, et à vrai dire c'était très bien comme ça. J'ignorais si ce que j'avais dit pouvait l'apaiser, mais au fond de moi j'espérais que ma maladresse ne venait pas encore de me jouer des tours. Je voulais juste qu'il continue de sourire sans se soucier du reste, et bien entendu qu'il arrête de s'inquiéter pour moi.
Je tournai mon regard vers lui, juste à temps pour voir une ombre étrange passer dans son regard confus. Il n'avait pas encore dit tout ce qu'il avait sur le cœur, non... En fait il n'avait fait qu'effleurer brièvement ce qui le chagrinait vraiment. Je fronçai les sourcils lorsqu'il me gratifia d'une espèce de 'Hmpf' bizarre que je n'arrivais pas à interpréter. Il semblait contrarié, à tel point que je commençai à me demander si j'avais dit quelque chose qu'il ne fallait pas. Je baissai les yeux lorsqu'il regarda de l'autre côté, perdue. Je m'attendais à une explosion de sa part, une imminente critique ou un subit reproche. J'avais l'habitude de m'emmêler les pinceaux alors ça ne me choquait pas, bien que je sois attristée à l'idée de l'avoir blessé d'une quelconque façon que ce soit. Je déglutis pour me préparer au pire. Et le pire vint... Bien plus violent que je ne l'aurais cru. Le choc me coupa le sifflet. Un premier murmure éteint surgit, avant même que je me souvienne de respirer.

« Je suis... désolée. »

Je savais que ce n'était pas ce qu'il voulait entendre, que ce n'était pas l'explication qu'il attendait. De toute façon maintenant que le mal était fait, maintenant que nous avions tous plus ou moins réussi à reprendre le fil de nos vies, s'excuser ne changerait rien du tout. Mais j'étais moi, et je ne pouvais pas m'en empêcher, même si je savais que c'était absurde. Je baissai la tête, mes cheveux masquant mon visage contrit et mes yeux vides. Je me sentais comme une poupée animée dont on venait subitement de couper les fils. Percée à jour, j'avais envie d'acquiescer et de nier ce qu'il venait de dire en même temps. C'était bien plus compliqué qu'il ne voulait bien le croire, bien plus douloureux aussi. Le Cirque avait été une épreuve pénible pour tout le monde c'est vrai, mais dans le lot, je n'avais pas été épargnée. Les blessures morales et physiques avaient été sérieuses, et je n'en étais d'ailleurs pas encore complètement remise. Je le trouvais bien insensible de me balancer tout ça à la figure sans sommations, sans précautions. Mais après tout n'était-ce pas aussi de ma faute ?
Incapable de pleurer, je m'en tins à un sourire triste et un silence. Que pouvais-je bien lui répondre ? Que je n'étais qu'une idiote qui avait aimé un salaud en toute connaissance de cause, parce que j'étais stupide et masochiste au point de voir le meilleur de lui ? Que j'avais risqué ma vie pour sauver quelqu'un qui ne savait pas mon nom, et ne savait même pas que j'existais ? Oui je le savais tout ça, je savais même que Ace n'aurait probablement pas risqué sa vie si nos rôles étaient inversés. Oui, ces faits aussi tranchants que des couteaux étaient déjà plantés dans ma poitrine, ancrés dans mon cerveau. Hélas, ça ne le rendait pas plus faciles à accepter ou plus supportables à vivre. Piquée à vif dans ce sujet tabou, j'étais pourtant incapable de riposter. J'avais perdu toute volonté de m'attacher à ce sujet. Je voulais juste oublier.

« Je l'ai fait parce qu'il le fallait, parce qu'il allait mourir ! Je ne pouvais pas faire autrement. Je voulais le protéger, il fallait que je le protège quoi qu'il m'en coûte... et j'ai réussi grâce à Allen et toi. Nous nous en sommes tous sortis. C'est tout ce qui compte à mes yeux. »

C'était réducteur, mais j'essayais de m'en convaincre. Et en sens c'était vrai, car nos vies ayant été préservées, tout le reste passait au second plan. Je n'avais pas de regrets, et si c'était à refaire je n'aurais pas hésité. À ce niveau là au moins, je pouvais regarder en arrière sans être envahie par la honte. J'avais fait ce que je jugeais nécessaire, ce que je jugeais juste. Prenant sur moi, je laissai les mots de Yuki peser dans l'air. Cela me faisait mal de l'entendre parler avec autant d'agressivité, mais je savais que je ne pouvais y échapper. Fuir maintenant ne ferait qu'empirer les choses, d'autant plus que mes actes parlaient pour moi. Après quelques longues minutes passées à serrer les dents et les poings, j'avais répondu d'un ton neutre et détaché, mon dernier rempart défensif. J'étais sous pression et j'avais du mal à réfléchir, assez pour savoir qu'au moindre mot de trop, j'exploserais à mon tour. Toutefois je me sentis obligée de rétablir la vérité exacte en le reprenant au passé.

« Oui, c'est lui que j'ai aimé. Et comme toi et la moitié de l'école l'avez vu, non seulement il n'est pas au courant, mais il ne le sera jamais. J'ai été suffisamment ridiculisée comme ça. C'est bon vas-y moque-toi de moi un bon coup, si tu as quelque chose à me dire à ce sujet c'est le moment. Tant qu'à y être, autant en finir une bonne fois pour toutes. »
Yuki Yutaka
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Sujet: Re: A Poison called Love   Dim 18 Mai - 0:12
A Poison called Love






Désolée ? Encore ça ? Je me mordis la lèvre. Était-ce là sa réponse ? Non, il y avait quelque chose d'autre, je pouvais le lire sur son visage, dans ses yeux. Son âme était tourmentée. Je n'en étais pas fier, mais elle avait insisté et si je ne lui avais pas répondu, c'eût été ma fête. Toutefois, maintenant que la guerre était déclarée, il n'était plus question de fuite.

« Je l'ai fait parce qu'il le fallait, parce qu'il allait mourir ! Je ne pouvais pas faire autrement. Je voulais le protéger, il fallait que je le protège quoi qu'il m'en coûte... et j'ai réussi grâce à Allen et toi. Nous nous en sommes tous sortis. C'est tout ce qui compte à mes yeux. »

Je l'observais, incrédule.

" Le... le sauver ? Comme ça ? Ace ? "

J'essayais d'assimiler le tout. Était-elle vraiment sérieuse ? Après un bref regard, je compris que oui. Elle minimisait tout ceci. J'étais convaincu qu'elle l'aurait fait encore et encore, autant de fois qu'il l'eût fallu et ça m'énerva encore plus au fond de moi. Le protéger quoi qu'il lui en coûte... Je bouillonnais littéralement. Malgré tout, je me devais de rester calme. Elle était blessée et il n'était pas question de faire un scandale, d'autant plus que j'étais abasourdi, pour ne pas dire estomaqué. Ses propos avaient eu le même effet qu'un direct en plein estomac. Violents !

« Oui, c'est lui que j'ai aimé. Et comme toi et la moitié de l'école l'avez vu, non seulement il n'est pas au courant, mais il ne le sera jamais. J'ai été suffisamment ridiculisée comme ça. C'est bon vas-y moque-toi de moi un bon coup, si tu as quelque chose à me dire à ce sujet c'est le moment. Tant qu'à y être, autant en finir une bonne fois pour toutes. »

Oui. Ce mot sonna et résonna avec moi, se propageant en moi avec la force et la sonorité d'un tonitruant coup de tonnerre. Il me fallut prendre appui sur les barreaux du lit pour ne pas m'écrouler avec ce ce monde qui s'effondrait sous mes pieds. Ahurissant. Je le savais, j'en étais sûr et pourtant, même si je m'y étais préparé, c'était tout aussi violent que si je l'avais découvert par moi-même. De plus, son attitude me déplaisait. Le but n'étant pas la dispute, mais l'explication, je tentais tant bien que mal de ne pas déborder. Elle avait déclenché cette tant redoutée tempête, mais je la contenait encore en cage.

" C'est donc ça... C'est à cause de lui que je patiente depuis tout ce temps. C'est parce qu'il est dans ton coeur que tu ne peux et ne veux te dévoiler à moi ? Eh bien soit ! Les goûts et les couleurs ne se discutent pas donc je ne vois pas pourquoi je me moquerai de toi. Tu es une personne intelligente, c'est une des choses que j'aime en toi, donc tu es assez grande pour comprendre certaines choses par toi-même sans pour autant que je te fasse la morale. Toutefois... Ce qui m'énerve le plus là dedans, c'est ta bêtise, ta cruauté et ton égoïsme ! "

Je marquais un petit temps d'arrêt, juste le temps de souffler et d'essayer de retrouver mon calme. Mes mots pouvaient paraître durs, mais ils étaient bel et bien à la hauteur de mes pensées, de mes sentiments ainsi que de mon ressenti. J'avais été profondément marqué.

" Tu ne pouvais pas faire autrement ? Tu es sûre ? Avec toute la troupe de Pokémon que tu as ? Je n'y crois pas. Tu avais trois fois plus d'amis que moi et parmi eux, tu n'avais aucune solution pour le stopper ? Je ne critique pas le fait que tu aies sauvé le prof, mais ta façon d’agir et ta manière si suffisante de me balancer tout ceci au visage... Parce que je suis arrivé à temps et qu'Hikari a pu le repousser ? Si elle n'avait pas eu autant de réflexes et de rapidité, c'est peut être toi qui serait morte et tu oses me dire ça ? Sincèrement, ça me révolte ! Tu n'imagines même pas un instant ce que j'ai pu ressentir. J'ai bien cru te perdre et je n'ai eu de cesse de remercier Hikari. Protéger quoi qu'il t'en coûte hein ? C'est exactement ce que je ressens pour toi donc je sais ce que ça signifie. Je suis super attaché à toi mais visiblement, c'est peine perdue... Je devrais peut être me contenter d'une simple amitié... "

Je fis signe à Hikari de monter sur mon épaule, mais cette dernière refusa de bouger d'un poil. Cela m'agaça encore plus, alors que je poursuivais ma tirade.

"...  J'ai vraiment été stupide qu'une fille comme toi pourrait un jour intéresser à quelqu'un comme moi. Après tout, nos univers sont trop différents, j'aurais dû le sentir avant et profiter simplement de cette amitié dont tu me faisais cadeau... Voila ce..."

Je me détournais du lit, prêt à partir. Mon cœur se déchirait, je voulais fuir. Ma voix s'était éteinte et refuser de s'activer. L'émotion ?


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Sujet: Re: A Poison called Love   Dim 18 Mai - 1:21
Je ne voyais sincèrement pas pourquoi mon choix était si dur à comprendre. Certes j'étais la première à reconnaître que ce n'était pas la chose la plus raisonnable à faire que de s'interposer entre un Ronflex et sa cible, je l'avais reconnu et c'est bien pour ça que je m'étais excusée. D'un autre côté qu'attendait-il de moi ? Que je puisse rester là les bras croisés, à laisser mourir une personne incapable de se battre ? Non, ce n'était moi, j'en serais incapable. En fait cette réaction je l'avais eue envers Ace, mais j'aurais tout aussi bien pu l'avoir pour un autre élève, ou même pour un simple inconnu. J'aurais même probablement eu la même réaction pour quelqu'un comme Belle, qui pourtant ne récoltait que mon plus profond mépris. Cela, il ne semblait pas le comprendre, aveuglé qu'il était comme à chaque fois qu'un sujet délicat était abordé. J'en avais assez qu'il choisisse de prendre en compte seulement la moitié de ce que je disais. J'en avais assez qu'il fasse comme si tout ce que j'entreprenais n'avait aucune importance, aucune signification.
Il réagissait comme si Ace était l'incarnation du mal, le dépositaire de toutes les fautes de la terre, l'ennemi à abattre. Était-ce si compliqué de réaliser qu'il n'y avait plus d'ennemi à abattre, plus personne entre lui et moi ? Non, je n'était pas expérimentée en la matière et j'avais sûrement beaucoup à apprendre, mais j'avais assez de bon sens pour reconnaître mes erreurs, moi au moins. Depuis le cirque il n'avait de cesse d'abattre mes défenses une à une, de faire tomber mes murs et toutes mes protections. Tous mes mécanismes de défense n'étaient que fumée en sa présence et pourtant il trouvait encore le moyen de me faire des reproches. Dire que j'étais blessée serait un euphémisme, prétendre que cela m'attristait aussi. J'avais l'impression d'être détruite à petits feux, comme s'il avait infiltré ma forteresse pour me faire encore plus mal. Avais-je vraiment eu raison de m'ouvrir au final, si ceci était le résultat ? Je me sentais tellement vulnérable, là... dans l'incapacité de me lever pour claquer la porte, mentalement assommée et sans même un seul pokémon pour me réconforter de sa présence. Plus que jamais, je me sentais seule.

« Je ne me dévoile pas, tu dis ? Alors qu'est-ce qu'il te faut de plus que je ne fais déjà ? Ton nom sur mon testament, une sérénade au clair de l'une, une demande de mariage ? Si j'ai fait tout ça pour rien, pour que tu ne sois même pas foutu de voir la différence, alors à quoi bon ? »

J'étais furieuse. J'avais l'impression de  lutter contre des moulins à vent, de m'acharner contre des chimères. Je gaspillais mon énergie à discuter et à m'expliquer alors que je savais parfaitement qu'il ne m'écouterait pas. Il s'attendait sûrement à ce que je craque, à ce que je cède et lui donne raison. Mais ce n'était pas près d'arriver, non monsieur ! Il n'était pas le seul à avoir le droit de se sentir impuissant, frustré et blessé. Il n'était pas le seul à avoir pâti des événements du cirque, même s'il semblait l'oublier. Moi aussi j'avais souffert, et ce n'est pas parce que je ne l'avais pas montré ouvertement que cela rendait les choses moins pénibles. S'il ne pouvait voir ça, alors il ne me connaissait toujours pas.
D'un autre côté, je n'arrivais pas à savoir ce qui me valait tant de ressentiment. Je n'étais pas stupide, je savais bien qu'il était attaché à moi, même si cette réalité me paralysait de peur. Seulement hélas il n'existait pas de manuel d'instructions en amour, et sans conseils ou amis à qui me confier, je n'avais aucune idée de ce qu'il fallait faire. J'avais cru que je pourrais avancer à ses côtés comme on se l'était promis, en vivant un jour à la fois. J'avais cru que je pourrais apprendre comment m'y prendre en expérimentant, comme j'avais l'habitude de le faire pour tout le reste. Mais il voulait plus, toujours plus. Je lui donnais déjà tout ce que j'avais dans la mesure de mes possibilités, et pourtant ce n'était pas suffisant. Le serait-ce un jour ? Comment pourrais-je lui offrir davantage? Je l'ignorais sincèrement.

« Il est une page de mon passé. Je l'ai dit, je l'ai aimé. Au passé. C'est un fait, je ne peux pas le nier. Aurai-tu préféré que je te mente juste parce que la réponse ne te plaît pas ? Tu sais que non, et je le sais aussi. Je suis peut-être une fille bête, cruelle et égoïste mais je ne suis pas une menteuse, et je suis incapable d'aimer à moitié. Alors cette fois écoute chacun de mes mots jusqu'au bout, plutôt que de t'arrêter et n'en retenir que la moitié ! » Je me penchai en avant dans un équilibre précaire, les poings serrés. « Je ne peux pas effacer quelqu'un de ma vie et de mon cœur en un claquement de doigts, j'en suis dés... Non en fait je n'en suis pas désolée. Quoi qu'il en soit, je ne l'aime plus, et ça aussi c'est un fait. Ça m'a pris du temps, mais j'y suis arrivée. Alors si ça te chante de m'en vouloir pour ce délai, vas-y, donne t'en à cœur joie. »

Mon ton était tranchant, et mon expression fermée. J'étais trop en colère pour me laisser à la tristesse, pas maintenant en tout cas. Je brûlais de lui dire les choses, mais rien ne semblait sortir, ou du moins pas comme je l'aimerais. C'était frustrant à un point inimaginable... Comme si j'étais prisonnière de moi-même, ce qui au final n'était pas si loin de la vérité. Si Yuki n'avait pas vu mes signes, s'il n'avait pas du tout vu ou ressenti l'affection que je lui rendais, alors... Alors j'avais échoué. Je frissonnai en le voyant se lever, ayant la désagréable impression que ce serait définitif. Je respirai profondément pour essayer de me calmer. Les larmes montèrent mais se turent au bord de mes yeux, car je refusais de les laisser tomber.

« Je fais ce que je peux pour te montrer ce que je ressens... et je ne peux pas faire plus que ce que je fais déjà. Tu peux me l'exiger autant que tu veux, ça n'en changera pas l'issue. »

Yuki s'apprêtait à partir et avait appelé Hikari à le suivre. J'échangeai un regard avec elle, littéralement désespérée. Paradoxalement j'avais l'impression que contrairement à lui, la petite guenon comprenait ce que je voulais dire. Peut-être pour cela, ou parce qu'elle était simplement intriguée par cette situation, la pokémon ne bougea pas, et je lui en étais reconnaissante. Dégageant les couvertures d'un geste brusque, j'essayais de me remettre debout malgré la douleur lancinante qui monta dans ma jambe. Mais je m'en foutais complètement. Je refusais de le perdre. Non, je ne supporterais pas qu'il m'abandonne comme ça. Ma voix se brisa et sortit enrouée.

« Tu... Tu ne comprends pas que j'ai peur ? C'est si dur de le comprendre que tout ce changement me terrifie ? Il n'y a eu que lui pendant des années. J'ai bien cru que je l'aimais, alors qu'au fond ce n'était peut-être qu'une idolâtrie stupide et une admiration mal placée. Tu es entré dans ma vie comme une tornade, et tu as tout ravagé sur ton chemin. Tu as bousculé ce que je pensais être mon ressenti. Au bout de quelques semaines voilà que mes sentiments pour lui s'évanouissent. Tu crois vraiment que c'est anodin, que ce n'est qu'une coïncidence ? »

Je me levai et posai les deux pieds à terre avec la force du désespoir, marchant vers lui.
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Sujet: Re: A Poison called Love   Dim 18 Mai - 3:47
A Poison called Love






Un ton tranchant, une expression fermée sur le visage, tout ceci m'agaçait. Pourquoi cette conversation tournait-elle autour de Ace ? Ce que je lui reprochais, ce n'était pas d'aimer ou d'avoir aimer Ace. J'avais voulu une réponse, elle me l'avait donnée, maintenant, j'avançais. Elle en revanche, elle restait focalisée sur ça. Ce qui me dérangeait, le problème réel, c'était elle et sa façon d'agir à mon égard. A chaque fois qu'elle faisait un pas dans mon sens, je m'emballais, mais peu importait, il n'y avait rien qui y faisait, nous étions toujours séparés par un mur invisible.

Elle faisait des efforts, me montrais des signes et bien d'autres choses encore ? Grand bien ne fasse. Je le voyais, je le savais, mais l'inverse était tout aussi vrai. Lorsque le sujet devait être abordé, elle devenait fuyante, détournant la conversation sur un autre sujet ou restant évasive. Et puis il y avait son geste au cirque. Je ne la condamnais pas pour l'action, mais la façon de l'avoir faite et bien plus encore, pour son attitude après. Je m'étais fait du soucis pour elle. Lorsque le Ronflex s'était préparé à la frapper, je n'avais plus respiré jusqu'à ce qu'elle soit tirée de danger. J'avais vraiment cru qu'elle allait y passer et cette sensation, je ne voulais plus la revivre, tout comme je ne la souhaitais à aucune personne amoureuse.

Alors qu'elle parlait, la colère se faisait de plus en plus intense en moi. Colère ? Non, cela se muait en rage. J'étais un brasier ardant. Une tornade enflammée brûlait en moi et ne demandait qu'à sortir alors que de mon côté, je luttais pour ne pas la laisser foncer sur Chiho. Je faisais tout pour ne pas envenimer les choses, mais elle, elle ne se gênait pas. Me demander d'écouter chacun de ses mots ? Était-elle sérieuse ? Tout ce qu'elle disait ne faisait que d'accroître la pression sur les barreaux de la petite cage et ces derniers étaient sur le point de céder. Alors qu'elle finissait de parler, elle se levais, marchant vers moi.

" Stop, ne fais plus un pas de plus ! "

Je serais les poings, me retenant d'exploser tant bien que mal. Je retournais vers elle et en me faisant violence, je ne dis mot. Je la soulevais alors pour la remettre dans son lit, sans vraiment lui laisser le choix. Je me reculais alors. Là où ce contact m'aurait habituellement empli de grande joie, il m'inspirait là que du ressentiment. Fin de la lutte. Elle avait voulu s'attaquer à quelque chose qui était bien trop gros pour elle. Elle avait cru qu'elle pourrait maîtriser cet incendie, mais au final, elle ne le pouvait pas. Mes flammes étaient bien plus brûlantes et dangereuses que celles du cirque et malgré mes efforts pour l'en préserver, elle n'allait pas y couper.

" Chiho, Lime Chiho... Tes mots me blessent profondément. J'ai mal, très mal. Tu as d'abord prétendu que moi, ton binôme, pourrait me moquer de toi alors que je pensais être ton plus fidèle ? Vexant ! Mais passons. Tu oses me dire de t'écouter "cette fois, jusqu'au bout avant de réagir sur ce qui m'intéresse ? Et après, passant outre tes autres propos sur lesquels je reviendrai après, tu oses m'attaquer ainsi alors qu'à la base, je ne voulais pas te parler de ce sujet et que tu voulais vraiment que je te dise ce que j'avais sur le coeur ? "

Là, j'explosais.

" C'est toi qui ne m'écoute pas et pire que tout, tu ne me connais pas ! Je suis profondément déçu. Tu oses me crier dessus pour un truc dont je me contrefichais, mais à présent, ce n'est plus le cas. Ace par-ci, Ace par là, je m'en cogne, tu entends ! Je voulais ma réponse, je l'ai eue. Tu n'es pas ma petite amie, tu ne m'as pas trompé alors il n'y a pas de mal. Je voulais juste savoir si tu l'aimais, tu m'as dit oui. C'est un peu dur vu que je t'aime toi, mais il n'y a pas mort d'homme. J'avais juste besoin d'encaisser et c'est ce que je faisais. Tu oses me dire que je ne t'écoute pas alors que tu es de loin la seule personne que j'écoute le plus au monde. Je bois chacune de tes paroles, les gravant toutes dans mon coeur et mon esprit. Tu es l'autorité suprême de mon univers à l'heure actuelle et tu as dépassé mes propres rêves. Que tu me dises ça... Hmpf ! Et pire encore... Je ne t'ai pas agressé, j'étais un peu froid, oui, mais j'étais surtout perdu et appeuré de ce que tu en dirais. Mais toi, tu as fait comme toutes ses personnes que je déteste. Je me suis ouvert à toi, tu n'as sélectionné que ce tu voulais, et t'es emportée. Pour le coup, de nous deux, c'est toi l'impulsive. Je croyais que tu me connaissais aussi un minimum, mais il n'en est rien en fin de compte. Tu m'as énervé, avec ton obstination à faire tourner la conversation autour de Ace. Je te l'ai dit, c'est ta vie ! Ce qui me tracassait, ouvre bien tes oreilles cette fois et grave-le bien dans ta mémoire et ton coeur, c'est ton égoisme ! Tu ne penses qu'à toi ! Tu crois que je ne vois pas tes efforts et tout le reste ? Tu crois que je suis débile ? Je t'aime plus que raison alors que nous ne sommes même pas un couple. Tu as énormément de crédit pour moi et ce jour là, ce jour là, j'ai cru que tu serais effacée de ce monde. Ce qui m'énerve, c'est que tu n'as aucune considération pour ce que j'ai ressenti. Je sais que tu le referais et c'est ce qui me fait mal. Moi non plus je ne peux pas regarder quelqu'un mourir, mais prendre ta vie autant à la légère... Continue de penser que je suis focalisé sur ton amour pour ce minable, grand bien te fasse. J'en ai marre ! Je me suis déclaré à toi, les termes du contrat étaient clairs. Si tu me voulais en petit ami, tu n'avais qu'à me le dire simplement avec des mots. C'est dur ça ? A chaque fois que je t'ai tendu une perche, tu l'as ignorée ou repoussée donc je ne te permettrai pas de me moraliser. J'ai la rage contre toi Chiho. Je n'ai pas l'intention de t'abandonner, je te l'ai promis, mais là, je n'en peux plus. Ce n'est pas la première fois que tu agis ainsi et j'en suis fatigué. Interprêter mes propos à ta manière, les déformer et me les renvoyer en pleine face violemment... Tu... Non rien, laisse tomber, tu vas encore tout interpréter de travers... "

Je fis signe à Hikari de venir. Cette dernière sembla vouloir refuser mais mon regard se fit plus grave. Elle compris tout de suite que si elle s'entêtait, elle risquait elle aussi de déclencher quelque chose qu'elle ne serait pas en mesure de gérer. Peut être se rappela-t'elle notre rencontre. La guenon sauta sur mes épaule pour s'y installer, non sans lancer un regard dépité et désolé vers la blessée.

" Bref ! Toute conversation avec toi est inutile pour le moment et je ne compte pas rester un instant de plus ici pour me faire rabaisser et lyncher, tout en t'écoutant me crier dessus. Quand tu auras totalement fait abstraction de ton homme et que tu seras de nouveau redevenue ma Chiho vive et intelligente, tu sauras où me trouver. J'attendrai sagement que tu aie envie de me parler, à moins que tu ne me juges plus digne de ton amitié. En attendant je ne serai plus qu'un ami conventionnel. Sur ce, je te souhaite un bon et prompt rétablissement. "

Je m'inclinais poliment à l'orientale, comme on le faisait chez moi et me détournais d'elle. Notre première dispute hein ? Je ne l'oublierai jamais, c'était certain. Moi qui ne pleurais jamais, j'avais profondément envie d'éclater en sanglot, mais je me retenais. J'hésitais un instant. Je ne pouvais pas partir ainsi. Je me retournais pour aller vers elle. Je me penchais alors sur le lit en plongeant mon regard dans le sien.

" Gomen ne Chi-chan ! "

Je l'embrassais alors de tout mon soul.

" Mes propos ont été un peu virulents, mais il y a clairement un malaise entre nous et si nous ne l'arrangeons pas, il pourra bel et bien nous détruire... Je ne veux pas te perdre tu sais... "

Je lui caressais alors les joues. Hikari semblait plus enjouée et avait ressauté sur le lit, prenant mon binôme dans ses bras.

" Si tu veux que je te laisse tranquille, tu n'as qu'un mot à dire... "


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Sujet: Re: A Poison called Love   Lun 19 Mai - 13:16
Binding promises were made on my soul, grand illusions lead astray,
Ice cold winds swept my heart away, so please bring me back to you.


Ses mots coupaient comme des poignards plantés dans une plaie déjà béante. Sans même que j'ai le temps, et encore moins la force de réagir, Yuki me remit de force au lit. Mon expression résolue ne me permit pas pour autant de me complaire de cette situation. Je me rassis aussitôt, bien que je n'ai pas reposé le pied à terre. J'étais prête à me remettre debout si j'en ressentais le besoin... bien qu'à vrai dire j'ai simplement envie de l'entourer de mes bras pour m'assurer qu'il ne me laisserait pas plantée là. À ce stade je me fichais pas mal de ce que je déclenchais, et encore plus du retour de flamme qui allait m'arriver droit dessus. Je ne comprenais pas pourquoi ni comment nous en étions arrivés à ce stade. Je ne savais pas ce qui me valait une telle réaction, puisqu'il ne cessait de me dire qu'il se fichait de mes sentiments passés pour Ace, ce que je pensais être la pomme de la discorde.
Je n'eus d'autre choix que d'encaisser tout ce qu'il avait à dire, le regardant dans les yeux. Je ne pouvais pas baisser les yeux, ce qui reviendrait à céder et abandonner. Non, plus maintenant, sûrement pas sur ce sujet. Je passai tristement sur la violence de ce qu'il venait de dire, comme si tout ça m'était passé à côté. Il me comparait aux gens qu'il méprisait et détestait, comme si pendant tout ce temps tout n'avait été que tromperie et faire semblant. Je déglutis. J'avais l'impression que plus j'essayais de bien faire en expliquant ce qui me motivait, et plus il le prenait mal. C'était une conversation de sourds, tout simplement. Il était en train de dégager d'un simple revers de main tous les efforts -certes maladroits- que je faisais pour lui faire comprendre ce que je ressentais. De plus j'avais du mal à saisir pourquoi autant de ressentiment ne faisait surface que maintenant, alors que les faits en question remontaient de plus en plus. Si je l'avais blessé tant que ça, pourquoi ne m'en avait-il pas parlé plus tôt ? Pourquoi avais-je dû lui tirer les vers du nez et presque le forcer pour qu'enfin il en vienne à ce qui le tracassait ? Crétin obstiné de Tanuyuki !

« Oui, c'est dur, justement ! Ce n'est pas parce que tu peux dire tout ce que tu penses avec naturel que c'est aussi simple pour tout le monde. Comme je te le disais, personne ne peut m'exiger de fonctionner différemment, pour la bonne et simple raison que ça ne suffira pas à en faire une réalité. Oui, j'aimerais bien pouvoir dire ce que je ressens aussi facilement que je respire, mais je ne peux pas. Cela fait un mois que j'essaie avec toi, et rien ne sort. Tout ce à quoi j'arrive ce dont des ébauches minables de ce que je sens vraiment. Tu ne crois pas que j'en suis la première frustrée, peut-être ? »

La tristesse était lisible dans mon regard. Je ne savais pas comment le dire autrement, pas dans l'état ravagé où se trouvait mon cerveau, pas alors que mon cœur se comprimait douloureusement à la tournure aigre de la conversation. Il m'avait traitée de fille bête, égoïste, cruelle, et maintenant de suicidaire ? Et ce serait quoi ensuite ? De superficielle, manipulatrice et dévergondée ? Un sourire sarcastique dansa au coin de mes lèvres. J'encaissai ses accusations encore et encore. Il venait me pourrir alors que j'étais à l'hôpital après avoir bien failli y passer, mais c'était moi l'égoïste. Oui, sans aucun doute. Je pourrais aisément riposter, dans ce ton tranchant qui était à mi-chemin entre le reproche et l'insulte, mais je ne le fis pas. Aussi altérée que je sois, je ne tenais pas à envenimer les choses. Je ne voulais pas rentrer dans son jeu.
Néanmoins intérieurement je bouillonnais, déjà résignée à l'idée que quoi je fasse ou dise, il partirait en bafouant nos promesses. Quand l'avais-je rabaissé, quand lui avais-je ne fusse que mal parlé ? C'était n'importe quoi, du pur et simple n'importe quoi. Il disait que je le retrouverais quand je serais redevenue moi-même... mais il se trompait. La vraie Chiho était là, juste devant lui. Blessée et nue, fragile et désespérée. C'était elle la petite chose pathétique qui se cachait derrière la forteresse de sourires, de gentillesse et de bonne humeur. J'en avais honte, mais je ne pouvais pas reculer. Il l'avait déjà vue, et loin de vouloir profiter que mes défenses soient nulles, il faisait un carnage entre mes murs. Il se détourna, et je baissai enfin la tête, vaincue. Qu'il parte si ça lui chante, mais qu'il n'ose plus jamais remettre en doute mon affection pour lui.

« Tu peux t'en aller si tu veux, mais si tu oses remettre ce que je ressens pour toi en doute ce n'est même pas la peine de me reparler à nouveau, t'entends ? »

Mon ton était glacial, empli d'une colère froide qui transpirait la solitude. Je ne pouvais pas l'obliger à rester à mes côtés s'il ne le voulait plus, je ne pouvais pas l'empêcher à tenir ses promesses comme je comptais tenir les miennes. Je ne pouvais pas blâmer Jirachi de ne pas réaliser mon vœu le plus cher... Mais je n'allais pas le laisser salir et cracher sur ce que l'on avait déjà bâti ensemble... Ni maintenant, ni jamais. Les larmes montèrent à mes yeux, retenues à leur bord par le fil d'infime fierté qu'il me restait. Je ne le regardais plus, mais je jugeais qu'il devait être sur le point de partir. Je criai alors dans sa direction, contenant l'impulsion de lui courir après pour l'empêcher de partir, quitte à me briser les deux jambes. Je ne pouvais pas le perdre. Je repensai à la façon dont j'avais perdu papa, à la façon dont j'avais bien cru avoir perdu ma mère aussi lorsqu'elle m'avait confiée temporairement à mamie Christelle. Mon cœur se serra.

« Pourquoi m'avoir menti ?! Quelle espèce de salaud me promettrait d'être toujours là pour moi s'il me tourne le dos à la première dispute ?! Tu ne comprends pas que je... que je t'...... MERDE à la fin ! »

Je tapai du poing contre le matelas, furieuse contre moi-même. Pourquoi ça ne voulait pas sortir, putain ?! Ce n'étaient que trois petits mots. Trois mots simples que je m'étais déjà répétés dans ma tête des centaines et des centaines de fois. Frustrée, je me pris la tête dans les mains en fermant les yeux. J'inspirai un grand coup pour essayer de me contrôler et calmer ma furieuse envie de pleurer. Non, je devais être forte. Je rouvris les yeux, et vis le visage de Yuki en face de moi. Surprise, j'eus un mouvement de recul par instinct... mais ne pus fuir son baiser. En fait je ne le voulais pas. Lorsque ses lèvres touchèrent les miennes, j'agrippai sa nuque avec force pour l'attirer vers moi, avec une urgence et une audace qui n'étaient pas les miennes. Lorsque finalement nous nous séparâmes pour reprendre notre souffle, j'avais toujours envie de pleurer... seulement j'étais trop soulagée pour me laisser aller. Je ne voulais pas qu'il pense que j'étais déçue qu'il soit resté.

« Je ne veux pas te perdre, je ne le supporterais pas. Je n'ai jamais réussi à surmonter les pertes et les abandons... J'ai déjà perdu papa, je ne veux pas que tu t'en ailles aussi. »

Je lui pris les mains d'un geste frénétique, la panique dans les yeux. J'avais l'impression que si jamais il s'en allait, il ne reviendrait plus jamais. Qu'il finirait par bientôt m'oublier et trouver un autre binôme, une autre amie, une autre am... Amoureuse. Oui, je l'admettais, j'admettais enfin ce qu'au fond je savais déjà depuis longtemps. Je n'avais pas de peine à réaliser l'intensité de ce qu'il évoquait en moi, en fait ce que je peinais à faire, c'était le lui exprimer clairement. J'avais essayé de le lui faire ressentir et deviner, j'avais espéré qu'il puisse percevoir les sentiments qui transpiraient dans mes actes, mais à ma grande détresse ça ne suffisait pas. Je réalisais qu'il fallait que je réussisse à baisser mes murs encore plus, d'une façon ou d'une autre. Mais comment faire ? Je n'en avais aucune idée. La seule chose qui m'obsédait, c'était de le garder près de moi. Il était à la fois mon problème et ma solution. Mon poison et mon antidote. Je serrai Hikari dans mes bras, un peu timide... embarrassée de la direction que prenait mon esprit.

« Je tiens trop à toi pour te laisser partir. Si tu étais parti j'aurais sûrement demandé à Robyn et Hikari de te ramener par la force. Ou alors j'aurais retiré mon atèle pour te suivre. Je... Je suis désolée si je t'ai blessé, ce n'était pas mon intention. Je voulais seulement dire ce que je pensais, je... Si j'ai parlé de lui encore une fois c'était parce que je cherchais comment te dire les choses, comment te faire comprendre qu'il n'est plus rien pour moi. Il... Il n'y a que toi. »

Ce n'était sans doute pas ce qu'il voulait entendre, mais c'était tout ce dont ce dont j'étais capable pour l'instant. Le regardant dans les yeux en soupirant, je serrai ses mains dans les miennes, priant le ciel pour qu'il ne s'énerve pas encore, tandis que j'essayais juste de faire un pas en sa direction.
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Sujet: Re: A Poison called Love   Mar 20 Mai - 18:38
Dialogue de sourds, nous ne parvenions vraiment pas à nous comprendre. Je ne savais que faire. Elle ne semblait pas comprendre ce que je lui disais ou du moins, essayais de lui faire prendre conscience. Croyait-elle que j'étais venu ici pour cette raison ? Croyait-elle que j'avais fait l'aller retour avec Hikari, ce matin, à pieds, jusqu'aux commerces en centre ville, et au pas de course, uniquement pour lui trouver un bouquet de fleurs qui lui plaisent. Pourquoi aurais-je sorti un plateau repas de la cantine ? Pourquoi serai-je de nouveau dans cet endroit dans lequel je m'étais promis de ne plus reposer les pieds. Je détestais l'infirmerie, j'en étais traumatisé. J'étais mal, en stress total, mais je ne voulais pas me laisser aller. J'étais venu ici dans le but de prendre de ses nouvelles et m'assurer par moi-même qu'elle aille bien. J'avais voulu qu'elle se sente épaulée, aimée, importante pour quelqu'un. Je n'avais pas eu envie d'aborder de sujets lourds, d'autant plus que rien ne me tracassait vraiment en arrivant ici hormis elle. Je n'avais commencé à penser cela uniquement en me retrouvant à ses côtés, sur le lit. La voir ainsi m'avait rappelé un passé que je croyais avoir maîtrisé.
Pourquoi avait-il fallu qu'elle insiste pour que je parle maintenant ? Elle savait très bien que je ne pouvais porter de masques face à Allen et elle, ou devant quelque personne importante pour moi que ce soit. Si elle avait fait montre de patience et de compréhension, nous aurions pu en parler à un autre moment, plus tard lorsqu'elle serait rétablie...

Même encore maintenant, elle agissait de travers. Tout ce qu'il ne fallait pas faire, elle le faisait. Alors que j'étais sur le point de partir, elle continuait à m'agacer, à me faire monter en pression. Partir si je voulais, mais plus la peine de revenir hein ? Un menace... Le type de choses qui me faisait sortir de mes gonds et me poussais à faire tout ce qu'il ne fallait pas, juste par provocation et curiosité. Maintenant, j'étais un salaud ? C'en était vraiment trop. Malgré tout, je pris sur moi pour m'approcher d'elle et l'embrasser, tentant de me calmer au mieux.

« Je tiens trop à toi pour te laisser partir. Si tu étais parti j'aurais sûrement demandé à Robyn et Hikari de te ramener par la force. Ou alors j'aurais retiré mon atèle pour te suivre. Je... Je suis désolée si je t'ai blessé, ce n'était pas mon intention. Je voulais seulement dire ce que je pensais, je... Si j'ai parlé de lui encore une fois c'était parce que je cherchais comment te dire les choses, comment te faire comprendre qu'il n'est plus rien pour moi. Il... Il n'y a que toi. »

Je l'observais un instant, les yeux rivés sur ses mains, ses si petites mains qui enserraient les miennes.

" Chiho... Je ne suis pas revenu vers toi parce que tu me l'as si maladroitement demandé, mais parce que je ne voulais pas partir comme ça. Je n'ai pas non plus envie de te perdre. Je n'ai jamais été familier de ce genre de choses et je dois m'adapter. Tu crois que c'est facile pour moi de dire ce que je pense ? Vous êtes les seules personnes, Allen et toi, auxquelles je m'ouvre et me suis autant ouvert. Même avec mes parents je ne suis pas aussi direct, ils devinent, mais je ne dis pas. C'est parce que le défunt père de ma mère, un homme que je respecte plus que tout, m'a conseillé de le faire, que je le fais. La vie est courte et on ne peut savoir de quoi demain sera fait. Je ne peux m'ouvrir à tout le monde, mais au moins, j'essaie de le faire avec ceux que j'aime. Merci pour tes efforts et désolé d'avoir été trop aveugle pour les voir, mais peut être simplement que j'avais peur de fantasmer un peu trop ma vie. Tant que les choses ne sont pas concises, je ne les considère pas comme étant vérité générale. Si je partais, ce n'était pas en salaud qui rompt ses engagements, mais plutôt une retraite stratégique car je suis une personne ce que veulent dire toujours et jamais, plus que quiconque. Plus jamais, je ne te laisserai m'insulter ou remettre ceci en doute. Je n'ai qu'une seule parole. C'était comme ça avant toi, ce le sera toujours. J'avais besoin de partir car il n'y avait aucune issue à cette conversation, ou du moins, pas celle que je souhaite. Il est clair que ça n'avancera pas et que ce ne sera pas réglé alors je vais me retirer plutôt que de rester là à faire semblant. Ca ne va pas, je suis énervé, blessé et bien d'autres choses et je pense qu'il en est de même pour toi. Tu as besoin de souffler, j'en ai besoin aussi. Si tu ne peux pas le comprendre, si pour toi c'est de l'abandon, alors soit, mais ce sera toi qui rompra notre serment, pas moi. Je vais juste aller faire un tour et m'aérer l'esprit et lorsque tu seras plus calme et rationnelle, tu n'auras qu'à me faire signe. "

Je déposais un baiser sur son front, l'obligeant à se recoucher avant de rompre le contact. Mon ton avait été neutre, sans aucune agressivité, c'était là le maximum que j'avais pu faire, mais si elle ne comprenais pas avec tout ça, je n'aurais rien pu faire de plus pour elle. J'ouvris alors le rideau.

" Si jamais tu quittes ce lit et que tu ne prends pas le temps de te rétablir, alors tu n'auras rien compris. Tu es au dessus de mes propres rêves Chiho. Depuis que tu es entrée dans ma vie, mon monde en est chamboulé. Je ne vivais que pour mes rêves, n'ayant que ça en vue. Mes rêves étaient des étoiles que je voulais atteindre, mais à présent, tu es l'astre le plus brillant et le plus éloigné de mon univers, celui que je veux le plus atteindre, chérir et honorer, couver et protéger. Si tu crois vraiment que je vais t'abandonner juste parce que j'ai besoin de souffler... Tout sera dit. J'ai confiance en toi Chiho. Fais-en autant ou nous ne serons pas ces binômes que nous avons juré d'être l'un pour l'autre... "

Un petit sourire en me retournant vers elle et je quittais la pièce. Mine s'avança vers moi, mais s'arrêta en bon chemin, lorsque nos regards se croisèrent ? Je ne pense pas qu'il ait vraiment eu peur de moi, de toute manière, je n'affichais plus aucune flamme. J'étais juste en pleine détresse. Il se contenta juste de me regarder quitter son antre. Ce ne fut que lorsque je quittais le bâtiment que mon starter me rejoignit. Elle était sortie bien après moi.

" Chimp... "

" Non Hikari, ce n'est vraiment pas le moment... Je ne veux plus rien entendre de qui que ce soit... Je n'ai pas l'intention de fuir, je n'ai pas besoin de sermon. Tu es avec moi depuis le début du semestre, je croyais que tu me comprenais mieux que quiconque... "

" Chimpen... "

La guenon de feu s'installa sur mes épaules, enlancant ma tête à heuteur de front, en posant son menton sur mon crâne. Je sortis mon iPok et machinalement j'envoyais un message à la seule et unique personne à laquelle il pourrait être adressé.

~ Zutto Aishiteiru yo ~


HRP:
 

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Sujet: Re: A Poison called Love   Jeu 22 Mai - 18:36
A time to surrender, a time to forgive. With solace I give you this song...


J'étais à bout, dans tous les sens du terme. Plus je m'expliquais, plus je me livrais à lui dans ce que je ressentais, plus tout tournait mal. Plus je réagissais sans réfléchir comme il me demandait de faire, plus je vivais les choses à fond, et plus tout semblait s'effondrer. Non, cette altercation n'était sûrement pas une façon efficace de me convaincre à forcer ma réserve instinctive. Plus le temps passait, plus l'échange perdurait et plus j'avais envie de hurler de frustration. Il prenait tout de travers, jusqu'à voir une menace où il n'y en avait pas. Il n'arrivait pas à voir au delà de mes soubresauts d'animal blessé qui essaye tant que mal de se débattre pour sauver sa peau.
Au final nous étions d'accord sur le fait de ne pas vouloir prendre des chemins différents, ce qui était un point positif... mais ne suffisait clairement pas à résoudre la situation. Cependant son grand discours ne me réconfortait pas le moins du monde. Il se sentait insulté alors que je ne l'avais pas fait, et il se sentait outré que j'ai pensé qu'il manquerait à ses promesses... mais ne comprenait pas je m'offusque aussi de ses accusations. Je souris tristement une fois encore. Lui répondre ne servait à rien, me débattre ne servait à rien, c'était une bataille perdue avant même qu'elle ait commencé. Baissant la tête, je ne le regardais pas. Je ne voulais pas lui faire face maintenant ; pas tant que je serais traitée comme une accusée au tribunal, sans avocat ni occasion de se défendre. En gros tout ce que je disais était retenu contre moi, même lorsque je faisais de mon mieux pour tout arranger.

Je gardai donc le silence, puisque c'était le mieux à faire. J'acquiesçai sagement à son discours, en obéissant docile malgré la rage qui bouillonnait plus forte que jamais. Je le vis partir et fermer le rideau, mettant ce faisant un autre épais mur invisible entre nous. J'étais tellement en colère que je ne savais même pas envers qui elle était dirigée en premier. Envers lui ? Envers moi-même et ma stupidité ? Il y avait un peu de tout ça même si la dernière cible l'emportait sur le reste. J'avais envie de lui en vouloir pour ce qu'il avait dit, pour ce qu'il avait fait... pour la manière injuste dont il pointait mes faiblesses du doigt, mais rien n'y faisait. J'en étais incapable et je me sentais mal. Au fond de moi une voix remontait pour susurrer inlassablement à mon oreille. Il était parti par ma faute. Il venait de s'en aller temporairement, mais un départ définitif ne serait tarder. Ma raison et ma confiance en lui étaient bien sûr présents et indemnes, mais la peur était plus forte que tout le reste.
Maintenant que j'étais seule je n'arrivais plus à réfléchir objectivement, à garder l'esprit clair. La solitude était un acide puissant qui corrodait les chaînes de ma raison, qui corrompait mes sentiments pour s'en servir contre moi. Je voyais bien le mal qui me rongeait mais je n'arrivais pas à m'en sortir, j'étais prise au piège. Je déglutis pour me contrôler. Avec l'angoisse j'avais l'impression de suffoquer, à tel point que mon corps était parcouru de hoquets sans qu'aucune larme ne coule. J'hyperventilais alors je me rabattis en arrière, les yeux collés au plafond. 'Besoin de souffler', hein ? Oui, nous avions besoin d'air... mais que faire s'il était devenu mon oxygène ? Je fermai les yeux, alors qu'un bruit de pokéball se fit entendre. Robyn apparut alors à mes côtés sur le lit, frottant son museau à ma main par petits coups. Il se mit alors à glapir désespérément, voyant que je n'avais pas de réaction. Le regard vide, je le consolai.

« Ne t'en fais pas, tout ira bien. »

Si seulement j'y croyais. Mon mensonge devait être évident, car lui non plus ne semblait pas y croire. Il s'assit alors à mes côtés, léchant ma main et posant son menton sur mon épaule. C'était de son point de vue ce qu'il y avait de plus proche d'un câlin. Je fus touchée par son attention, par son empathie et sa loyauté. Il était ce que j'avais de plus proche d'une bouée de sauvetage alors que je buvais la tasse. Je l'enlaçai étroitement, inspirant dans sa fourrure. Il sentait bon le propre, mais ce n'était pas l'odeur de son shampoing. Je me souvins alors qu'il avait été confié à Yuki pendant que j'avais perdu connaissance. Cette seule pensée eut finalement raison de ma résolution à rester forte. Plus forte que jamais, la détresse me prit à la gorge. J'étais prisonnière de ma condition, je ne pouvais même pas regagner le chaud réconfort de ma chambre. Je reniflai, puis enfouis mon nez dans le cou de Robyn, tandis qu'à l'abri des regards roula une larme solitaire.

[Fin pour moi aussi donc. T.T]

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