Le poids des liens - Aveux
Yuki Yutaka
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Sujet: Le poids des liens - Aveux    Mer 24 Déc - 15:21
Le poids des liens - Aveux.  


~~Thème~~



« Inu mo arukeba bô ni ataru  »
« Un chien qui marche finira toujours par
trouver le bâton qu'on lui a jeté.»


Lundi 22 décembre 2014,
En début de matinée.
Un lieu isolé, aux environs du camp de vacances.



Pumkin, Pumkin, que ta fourberie est bien cruellement sage. C'était là ce que j'avais pensé en cette matinée de décembre. Un début de semaine froid, mais qui me semblait bien plus chaleureux que tout autre jusqu'à lors, depuis belle lurette.  J'avais la sensation de me réveiller d'un long cauchemar, malgré le fait que je sois pleinement conscient que tout était bel et bien comme dans mes souvenirs. De ce fait, même si j'avais entrepris de remonter la pente, même si je m'étais décidé à me reprendre en main suite aux évènements survenus ce week-end, même si j'avais annoncé mon grand retour dans le monde des vivants morts de faim quant à la réalisation de leurs ambitions, je savais qu'il y avait une partie de moi qui était définitivement cassée, perdue à jamais.  Je ne serai jamais plus le même, mais malgré tout,  je devais me battre pour ceux qui croyaient  et ceux qui avaient cru en moi, les morts comme les vivants. Je ne devais plus jamais me laisser abattre, ne plus jamais courber l'échine, ne  plus jamais me laisser sublimer par la lâcheté, cette chose pathétique que je méprisais tant et  tellement... Mon poing gauche heurta le mur sans retenue.  A présent, seule ma capacité à faire face à mes problèmes, à les affronter, les régler et tout le reste, me permettrait de faire la différence. Jamais plus le brasier Yuki ne se laisserait réduire à l'état de flammèche, que ce soit par un humain quelconque pour une raison toute aussi quelconque, par la vie ou par Arceus en personne. Rien, je dis bien RIEN ni PERSONNE. Jamais plus jamais.

Mon regard s'était posé sur ma petite Hikari, grande artisane de mon retour annoncé. Cette dernière détourna vivement la tête, mais je voyais qu'elle se forçait à m'ignorer, tant elle peinait à ne pas craquer pour venir à moi. Je ne m'en offusquais toutefois pas. Je l'avais bien mérité. Il fallait avoué que notre relation avait connu des hauts, mais surtout des bas depuis cet été et à maintes reprises nous avions cru nous perdre l'un l'autre, mais quoi qu'on en dise, quoi qu'on en fasse, nos  liens étaient là, bien plus solides et imposants que nous ne pouvions le prétendre. Ce fut tout de même des épreuves douloureuses à subir. Désormais, je savais ce qu'il me restait à faire. Elle ne voulait pas que je rechute, voila pourquoi elle agissait ainsi, elle avait peur que mon sursaut d'âme ne soit qu'une piètre étincelle et qu'elle ne disparaisse dans le néant aussi vite qu'elle était apparu et pour la rassurer, je me devais de lui prouver le contraire. Ce serait chose faite.

" Tu sais Hikari... Tu es le meilleur starter que j'aurais pu rêver d'avoir en arrivant ç l'Académie. Tu es mon alter-ego pokemon, un peu comme chacun de vous car vous êtes tous une expression d'une de mes facettes, d'une manière ou d'une autre, me diras-tu, je le sais. Mais toi, tu es ma meilleure amie, ma sœur, l'extension de mon âme. Tu es la clé du grand portail qui surmonte la route de mes rêves. S'il n'y pas d'Hikari, il n'y a pas de Yuki, il n'y a pas cette famille que nous formons tous, si tu n'es pas là, il n'y a aucune raison de tenter quoi que ce soit. Te rappelles-tu que notre rêve a été cimenté par nos promesses cette-fois là ? A ce moment, ils n'étaient plus simplement fugaces,  ou abstraits, mais bel et bien réels. Nous les avions en ligne de mire, nous les palpions, ils semblaient à portée de main. Je te demande sincèrement pardon, une fois de plus, d'avoir perdu de vue tout cela  de vue.  Je te l'ai promis et de te le promets une fois de plus, je ne faillirai plus. Peu importe la difficulté de la route, peu importe les obstacles qui s'y dresseront, je, non, NOUS y ferons face tous ensemble. Plus d'individualisme. "

Je tendis alors mon bras dans sa direction, le poing fermé.

" Peu importe le temps qu'il faudra, mais je te le prouverai, tant que toi, tu me promets que tu ne m'abandonneras pas non plus.  "

Elle bougonna un peu, analysa mon âme au travers de mon regard ambré, puis détourna la tête à nouveau. Son poing vint se coller contre le mien. Pacte scellé, ce geste fut approuvé par ma petite famille de Pokémons. Tous joignirent leurs pattes à notre duo et Kontan jugea bon de sceller le tout par sa cire chaude sur nos mains.  Plus de peur que de mal, l'action de la petite pyromane provoqua l'hilarité générale. Je pris alors ma basse, chose que je n'avais plus faite depuis des lustres, puis en frottais les corde à vide, ne souhaitant pas troubler le sommeil de ceux qui rêvaient encore dans les pièces voisines. Une partie de mon âme sembla me réintégrer. Après cet interlude, je me décidais à sortir, pour mon entrainement matinal quotidien.

La morsure du froid. Voilà ce qui m'accueillit à peine le pied posé en dehors du chalet. Mon attention se porta longuement sur la porte du chalet de Hentallen. Machinalement, ma main se porta à mon œil au beurre noir, caressant successivement l'arcade et la pommette gauche.  Mon poing droit se leva et se stoppa entre la porte de ce dernier et moi.

"Je n'oublierai pas ceci et il te sera rendu en temps voulu. Que ce soit le renouveau, ou la fin de notre amitié, je te remercie de m'avoir remis sur le droit chemin, merci d'avoir endossé ce dur rôle. Que tu me vois en ami ou en ennemi, le jour reviendra où nous pourrons de nouveau marcher côte à côte, égaux ! "

Je ne l'avais pas prononcé très fort, mais chaque mot avait était formé avec  suffisamment de force pour que je m'en imprègne complètement. Un petit sourire  se dessina alors sur mon visage longtemps resté inerte, ce si particulier petit sourire que peu de gens pouvaient déchiffrer et qui agaçait généralement, le reste,  plus encore, ceux à qui ils étaient destinés.  Un dernier regard puis je partis vers ma destinée.  Hikari étant restée avec Suifu, avec lequel elle s'était entrainée tout ce temps, je me trouvais à présent en compagnie de mon cher Asobu, ainsi que de ma Tarsal shiney qui saisissait chaque occasion où ma Chimpenfeu n'était pas là pour pouvoir m'avoir à elle. Heri, l'éternel suiveur du Hericendre,  était resté jouer avec Chiisai, la toute dernière de l'équipe, ainsi que Sukebe. Kontan quant à elle, avait endossé le rôle de nourrice et veillait sur l'œuf de Malosse, progéniture des Demolosses de ma mère.  

Quelques étirements, un bon petit échauffement et nous voila partis courir dans la neige et la fraicheur matinale. Toujours fidèle à ma personnalité, il en va s'en dire que cet exercice ne pouvait  pas se faire comme tout le monde, il me fallait mettre à l'épreuve ma détermination, ma foi, ma résistance. J'avais donc rangé mes affaire dans mon éternelle sacoche et c'était torse nu que j'entamais mon footing, laissant apparaitre ce tatouage qui trônait sur mon pectoral gauche et mon épaule, depuis le mois de juillet pour le Aum ou Ohm sur le pec, et août pour la sorte de tribal autour.  Hormis ce détail et mes cinq centimètres de plus, je n'avais pas changé, ma chevelure était toujours aussi longue et on ne peinait pas à me reconnaitre. Rien, sauf peut être mon style vestimentaire. Je m'accoutrait toujours de temps à autre de mes larges baggys à sangles, torse nu ou avec mon poncho, mais c'était plus rare. Des tenues plus conventionnelles les avaient remplacés et surtout des uniformes aux armoiries des Yutaka, ainsi que des chemises.

Alors que je foulais cette belle neige d'un blanc pur, mon téléphone sonna. Tout en poursuivant mes foulées, je répondis. C'était mon père qui me donnait des nouvelles sur l'état de santé de ma mère et comme d'habitude, rien. Elle était toujours inerte, semblant ne pas avoir envie de se réveiller.  Ce dernier avait noté le changement qui s'était opéré en moi et en sembla heureux. Il m'avait félicité longuement de sa manière puérile qu'il avait de le faire, mais cela ne m'offusquait plus, j'en souriais seulement, le remerciant d'être ce qu'il était. Alors que nous étions en pleine discussion, je vis qu'Asobu s'était mis à guider notre route. Je n'y avais pas particulièrement prêté attention et cela ne me posait nul problème. Le Héricendre semblait suivre une piste. Peut être avait-il senti une source d'alimentation dans les environ, lui qui avait un flair de Caninos. C'était habituel donc pas de quoi s'alarmer, du moins, était-ce ce que j'avais naïvement cru jusqu'au détour de cet arbre.

" Papa, je dois raccrocher, je te rappellerai plus tard, prend bien soin de toi et embrasse tout le monde pour moi. "

Comme s'il avait compris la situation, il ne lacha qu'un simple "courage" avant de raccrocher. Glissant mon portable dans ma poche, je restais un instant interdit devant cette scène. Une jeune femme était en train de s'adonner à quelques exercices à quelques mètres devant moi, me tournant le dos.  Asobu nous fixait tour à tour, anxieux, ne sachant pas s'il avait bien d'agir de la sorte.  Il était clair qu'elle avait changé, mais je la reconnaissais sans forcer. Et si le physique avait changé, je ne doutais pas que le reste aussi, en grande partie par ma faute. Un coup de poing invisible en plein estomac, je crus défaillir. Mes forces m'avaient abandonnées, ma détermination et tout ce qui m'avait animé jusqu'à ce moment précis, cette flamme qui avait été ravivée ce week-end, ce brasier qui se voulait de nouveau imperturbable, sembla sur le point de s'éteindre, vacillant violemment. J'aurais voulu disparaitre, me cacher, m'enfuir, mais je ne le devais pas. Au contraire, je devais redevenir moi,  Yuki le Tanuki,  celui qui assumait avec force et conviction ce qu'il entreprenait.

Un pas. Le monde semblait s'étirer. Un pas. Ma vision se troublait, seule elle restait nette. Un pas. Mes oreilles étaient sourdes ou le monde silencieux. Un pas. Un tambour de guerre m'accompagnait à présent en rythme, mon cœur. Un pas. Mon souffle se coupa. Un pas. Je me stoppais. Elle était à portée dorénavant. J'aurais pu lui poser la main sur l'épaule, la retourner, l'étreindre dans mes bras, mes je ne fis rien. Mes légendaires Tanuki Balls étaient restées au sol là où je me tenais quelques temps auparavant. Il me fallut faire appel à toute mes forces pour ne lâcher qu'un seul et unique mot, ce seul et unique mot qui pour moi  représentait tout un monde, un monde précieux dont je m'étais lâchement exclu, duquel je m'étais lâchement auto-banni.

" Chi... ho ?  "





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Chiho Lime
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Sujet: Re: Le poids des liens - Aveux    Sam 3 Jan - 7:43
一日千秋の思い
Ichijitsu senshû no omoi

Ressentir un jour comme cent automnes.


Il était encore tôt, jugeais-je après avoir regardé mon Ipok. J'avais largement le temps de prolonger l'entraînement dans la matinée, le tout sans que mon absence ne soit remarquée. Enfin à supposer que quelqu'un me cherche, ce dont je doutais. Après tout Pumkin était bien loin de la chaleur de ma petite maison à Jadielle, mais au moins j'étais libre d'aller et venir comme je voulais. Je n'avais pas vraiment envie de fréquenter les cours facultatifs qui étaient organisés pendant ces vacances, car je préférais mener mon propre entraînement à mon rythme, loin des contraintes académiques. Ce qui ne voulait pas dire que je me la coulais douce, au contraire. En fait j'avais demandé à Jackie et me concocter un programme intensif, son Spécial Sports d'Hiver -nom de code SSH- ce qui évidemment me donnait des exercices à ne pas savoir quoi en faire. Comme d'habitude elle avait visé trop haut et la liste longue comme le bras d'un Ursaring me paraissait impossible à accomplir. Néanmoins je savais qu'au delà de son exigence disproportionnée, cette femme était l'une des plus compétentes pokéathlètes de la région.

C'est donc pour cette même raison que j'avais fini par accepter, après incrédulité, désespoir et incertitude. Je ne pouvais pas dire que c'était impossible avant d'avoir essayé, et à vrai dire il fallait que je donne le meilleur de moi-même pour accomplir le plus de choses, qu'importe si je ne pouvais arriver au bout. Dans cette optique, la plupart de mes pokémons semblaient non seulement impatients de coopérer, mais également désireux de faire leurs preuves. Tout le monde voulait progresser autant que moi, et pour cela je leur étais infiniment reconnaissante. Resserrant mon écharpe autour de ma nuque, je soufflai un grand coup, expirant un épais nuage de fumée. Les échauffements étaient terminés. Il faisait froid... Mais je ne renoncerais pas quoi qu'il arrive. J'attachai mes cheveux -m'arrivant désormais en dessous des épaules- en une queue de cheval, retirai mon manteau que je déposai non loin, et me mis à courir en compagnie de la compagnie habituelle.
Ra's désormais Pandarbare à la carrure impressionnante, Robyn à qui j'avais bientôt prévu d'offrir sa pierre feu, Azraël le Nidorino chevaleresque, et Bane la terreur caractérielle. Tous courraient à ma suite, s'engouffrant dans la neige avec la force de la résolution. Ra's et Azraël ne tardèrent pas à prendre les devants dans une cadence régulière, mais comme je le soupçonnais Robyn prit rapidement du retard, peinant à avancer dans la neige qui le faisait trembler telle une feuille. Une feuille frêle, fragile mais terriblement obstinée. Inquiète, je m'efforçais de ne pas trop lui montrer mon souci de peur de blesser son amour propre. Je savais que nous suivre lui tenait vraiment à cœur, surtout que sa présence n'avait été tolérée qu'après qu'il ait insisté pendant des heures.

« Tu es sûr que c'est une bonne idée ? Je ne veux surtout pas que tu tombes malade. Et toi non plus tu ne meurs pas d'envie de faire un séjour entre les griffes de Needle, quand même ? Allez repose-toi et ne fais pas ta tête de mule. »

Le Caninos fit non de la tête et grimaça tout en s'élançant vers l'avant comme pour me prouver qu'il pouvait le faire. Et effectivement il avança un peu plus vite, bien qu'il ait toujours du retard. Ceci dit j'avais toujours peur qu'il finisse par dépenser trop d'énergie et ne s'épuise subitement. Je me mordis la lèvre en réfléchissant à un compromis, surveillant la progression des autres en même temps.

« D'accord, puisque tu y tiens. Mais tu suivras Ra's à la trace. Il est grand et lourd. Il ouvrira des couloirs dans la neige pour te faciliter la course. Non, ne me regarde pas comme ça. Ce n'est pas discutable. »

Il baissa les oreilles de déception, comprenant rapidement que je ne céderais pas. Et il avait bien raison car il fallait que je préserve sa santé avant tout. Courir par un temps aussi froid en plein hiver c'était déjà bien assez éprouvant pour un pokémon feu, et si Firefly ne participait pas, c'est bien parce que je savais que ce Goupix diva ne tiendrait pas cinq minutes hors de sa pokéball. Mais lui... je m'en occuperais plus tard. Je me baissai pour encourager le chiot d'une caresse, puis je courus à ses côtés, sans jamais quitter le reste de l'équipe du regard. Depuis que l'on m'avait volé un pokémon j'étais devenu complètement paranoïaque et je paniquais au moindre signe de danger. Je n'avais pas pu les protéger, et à cause de ça un pauvre Tutafeh avait été pris en otage. Je ne le reverrais sans doute jamais, je le savais même si l'idée me rendait amère et très coupable. Il était donc hors de question que ça se reproduise et que je laisse souffrir mon équipe à cause de mon incompétence. C'était justement la raison d'être de cet entraînement commando, et je me fichais pas mal de ce que les autres pouvaient penser.
Je courus pendant presque trente minutes avant de finalement être satisfaite. La distance que nous avions parcourue n'était pas très grande, mais étant donné le terrain accidenté et la température ambiante, ce n'était pas mal du tout. Je leur fis signe de s'arrêter et les laissai se reposer et reprendre leur souffle. Je fis de même et me désaltérai après les avoir aussi laissé boire à leur guise. J'accordai alors une attention particulière à Robyn qui secrètement crevé s'était allongé sous un sapin. Soufflant lourdement, il s'était roulé en boule pour se réchauffer un peu, mais tremblotait toujours autant. C'était très dur pour lui. Soupirant, je m'assis à ses côtés et le dorlotai tendrement.

« Tu n'avais pas besoin d'en faire autant, tu sais. Enfin si tu veux te réchauffer un peu je t'autorise à lancer quelques Roues de Feu, tant que tu ne brûles personne et ne mets pas le feu à la forêt. »

Il acquiesça avec un semblant de sourire, acceptant au passage une baie que je lui avais offert en récompense. Visiblement il était fier de lui malgré la fatigue, et je dois dire que je partageais son sentiment. Je resserrai le bandana argenté que je lui avais attaché autour du cou et le laissai prendre de la distance pour jouer les chauffages vivants. De ce fait je me levai également et m'étirai un coup, avant de revenir auprès du reste de la meute avec un sourire de tortionnaire. Je voulais devenir Ranger bientôt, et pour cela il fallait aussi que j'apprenne à survivre dans la nature avec les moyens du bord. Ce pourquoi je n'avais pris que le stricte nécessaire avec moi. Je frappai dans mes mains gantées et sortis une nuée de pokéballs. Mon armée allait se mettre au garde à vous, en bons petits soldats disciplinés. Je m'occuperais des insolents plus tard.

« C'est reparti, les enfants. Freeze tu formeras Nora et Myst à sculpter la glace, ça fera une bonne simulation. Gee, tu t'occuperas de Scare, et aussi de la petite Crow. Doucement avec elle, c'est encore un bébé et je ne veux pas qu'elle se blesse. Faites léviter les rochers là-bas, ce sera déjà un bon début. Nygma, Quinn... C'est l'heure de la compétition, je veux voir lequel de vous deux a le Ball'Ombre le plus puissant. Que les groupes se séparent et se mettent au boulot. GO !! »

Lamantine se laissa glisser en bas de la colline pour guider la femelle Cadoizo et le petit Polarhume, tous les deux moins expérimentés, comme je le lui avais indiqué. Tous deux suivirent docilement sans discuter, en bons élèves qu'ils étaient. De son côté Gee fit signe de la cuillère à la bébé Soporifik et au Munna plein de curiosité sur ce qui les attendait. Se téléportant comme un prince à l'endroit que j'avais indiqué plus tôt, il semblait étrangement sérieux. Jouer les profs c'était son nouveau dada, surtout depuis qu'il pouvait entraîner un bébé à faire des bêtises. Mais cette fois je les tenais à l’œil. Souriant à Quinn, la Polichombr trouillarde qui était peu rassurée par ce duel de compétences, je l'encourageai à imiter Spectrum, qui se ferait une joie de lui donner des conseils. Me craquant alors les doigts et les épaules, j'appelai Ra's qui était toujours sensé m'apprendre quelques prises d'auto-défense. Oui je sais, la plupart des gens me prendrait pour une tarée d'essayer d'apprendre avec un pokémon de plus de deux mètres vingt et presque cent cinquante kilos, mais je m'en fichais. C'était le seul qui puisse m'aider, et je n'avais de toute façon rien à perdre.
C'est donc avec un calme empreint de concentration que je fis face à la forêt de grands sapins, reprenant la routine de katas qu'il me faisait répéter tous les jours. En position défensive je serrai les poings et reproduisis ses mouvements avec attention. C'était loin d'être aussi fluide et en comparaison cela semblait bien maladroit, mais le grand panda ne manquait jamais de saisir mes bras pour en corriger la trajectoire, ou m'indiquer comment prendre appui et à quel moment respirer. Néanmoins il était un professeur aussi patient qu'il était exigent, et c'est avec acharnement que je répétais le même geste jusqu'à ce que la pousse qu'il mâchonnait s'immobilise d'approbation. Le grand ours passa enfin aux exercices de souffle et d'équilibre lorsqu'une voix familière retentit dans la petite clairière immaculée de la neige qui avait aussi couvert les bruits de pas. Tout d'abord surprise d'avoir été trouvée par quelqu'un d'autre, je sursautai sans comprendre et levai machinalement les yeux.

Cette silhouette longiligne, les longs cheveux sombres, la démarche confiante et cette expression, bien plus grave que dans mes souvenirs. Mon cerveau suivit alors avec un cran de retard, reconnaissant soudain cette tonalité depuis longtemps passée sous silence. Et enfin le reste suivit. Un frisson immense me parcourut l'échine, sans que je puisse identifier quel sentiment avait le dessus. La stupéfaction, la rage, le chagrin et l'incompréhension se mêlèrent douloureusement, si vite que mon palpitant sembla sauter un battement. Interdite et pétrifiée, je lui fis face sans savoir quoi dire. Et que dit-on à un fantôme tout droit ressorti du passé, un spectre d'un temps que je jugeais révolu ? Bien des choses chaotiques, brutales et confuses brûlaient de sortir, mais elles restèrent coincées.

« ...Yuki ? Qu'est-ce que tu fais là ? »

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Le poids des liens - Aveux  2ypf3v8


Collectionneuse PKMN

Yuki Yutaka
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Sujet: Re: Le poids des liens - Aveux    Mar 6 Jan - 10:01
Le poids des liens - Aveux.  



OP by Shinigami no ballad on Grooveshark


Ca y était ! Le choc de l'année, la tant attendue rencontre entre Chiho et Tanuki. Nous y étions ! La tant redoutée confrontation entre Chi-Hime et le Tanuyuki. La rousse contre le brun, le mythique derby Pyroli versus Noctali.  Ca en jette n'est-ce pas ? Ca sonne comme l'introduction du match le plus palpitant du la saison, faisant saliver comme pas permis hein ? Manque plus que mascottes, fanfare et cheerleaders, nous sommes d'accords. Pourtant, tout ce qui se passait, à ce moment là, était aux antipodes de la festivité de cette annonce, à des années lumière de toutes les promesses que l'on peut attendre et que nous sommes en droit d'attendre après pareille entrée en matière.  Pour être totalement franc avec vous, je n'en menais pas large. Si je n'avais pas vécu si longtemps et que je n'avais pas été éduqué comme je l'avais été, je crois que cela aurait été bien plus que littéral. Oui, vous comprenez bien la chose. J'étais à deux doigts de déféquer sur moi. Nul doute que cette situation me rendait malade. J'avais beau eu le pseudo loisir de me figurer ces retrouvailles, de me faire les films diverses et variés que je pouvais à ce sujet, les jouant encore et encore, les modifiant à certains moments, jamais, ô non jamais, je n'avais imaginé que cela se passerait ainsi, aussi précipitamment, de manière aussi inattendue. Je n'étais nullement préparé et mon habituelle verve, avait tout bonnement décidé de prendre congé de mon si misérable être.

Enfer  !


Mes genoux tremblaient et mes jambes menaçaient de se dérober. Mon cœur battait à tout va, tant et si fort que j'avais l'impression qu'il entamait son sprint final, s'apprêtant à tirer sa révérence dans les secondes qui suivraient le franchissement de la ligne d'arrivée. Des bouffées de chaleur, puis de désagréable vertiges vinrent s'inviter à la fête, comme si la pièce n'était pas déjà suffisamment bondée.

Damnation !


J'avais plus qu'envie de faire demi-tour, envie de courir loin, très loin d’ici, de disparaître, de me cacher, de n'avoir jamais fait le voyage jusqu'ici ou même tout bêtement, de ne jamais avoir existé. Oui, nombreuses étaient les envies, mais en dépit de cela, seule la voix qui résonnait en moi n'avait de réelle prise. Cette voix, elle me demandait tout bonnement de rester et d'accomplir ma tâche comme il se devait, comme un homme se devait de le faire devant la femme qu'il eût dit aimer.  Je me l'étais promis, je l'avais promis, je ne devais plus faire preuve de lâcheté, je ne devais plus faire montre de si pathétiques choses, tout autant de ne plus les penser ou  les ressentir. Tâche ardue, je vous le concède, mais ma pénitence passait par là et pour cette simple et unique raisin, suffisait à justifier la poursuite de la chose.

« ...Yuki ? Qu'est-ce que tu fais là ? »

C'était là, la première fois que j'entendais sa voix depuis ce qui me semblait être une éternité. Combien de fois étais-je mort, combien de vies avais-je vécu jusqu'à ce jour ? Je ne saurais le dire. Étais-je heureux de l'entendre ? Oui et non  en toute sincérité. Oui j'étais heureux, c'était Chi qui parlait, la vraie, en chair et en os, juste là, devant moi et plus un souvenir, une marionnette mentale que je faisais agir à ma convenance dans mon esprit. Enfin je la retrouvais. Et non ? Eh bien simplement parce que son timbre de voix semblait tellement neutre, tellement fantomatique, tellement... VIDE ! C'était la première fois depuis notre toute première rencontre qu'elle s'adressait à moi avec si peu de vie. Il n'y avait nulle chaleur, nulle émotion. Ces mots étaient plats, tant et si bien que je me demandais soudainement si je ne les avais pas rêvés, si cette scène était réelle.
En même temps, je ne pouvais m'en plaindre. Espérer mieux aurait été tellement naïf de ma part... J'avais disparu du jour au lendemain, puis fait silence radio, pour ne réapparaitre que présentement, dans son dos, la surprenant visiblement en plein milieu de ce qui ressemblait à un entraînement de self-défense.  Me vint une pique toute trouvée, comme à l'époque, mais cette époque était pour le moment révolue, du moins, suspendue jusqu'à nouvel ordre. Ce n'était pas le moment et de toute manière. Je n'étais pas d'humeur, aussi décidais-je de l'avaler , tout bonnement.

" Je suis de retour  ! ", avais-je laissé filer, un fin sourire aux lèvres.

Je suis de retour ?! Était-ce là le discours que je venais de lui tenir ? Étaient-ce bien là les mots que j'avais énoncés ? PATHÉTIQUE ! Je me frappais le front. Comment avais-je pu lui répondre pareille banalité avec un air aussi niais. La pression était vraiment trop forte et je perdais tous mes moyens. Il fallait que je me rattrape, mais comment ? Comment procéder dans pareille situation ? Comment faire lorsqu'on meurt  d'envie de prendre la personne dans ses bras, la couvrir de baisers, de caresses, de câlins et toute autre exaction sentimental et affective ? J'avais mille et une choses à lui dire, mais je ne savais pas par où commencer. Pourtant, je ne pouvais pas rester ainsi alors j’enchaînais presque dans la foulée de ma phrase précédente.

" Tu te mets au combat à présent ?  " dis-je en éclatant d'un rire nerveux et clairement mal assuré.

De plus belle, je me frappais le front. Quel abruti faisais-je. Le sang pulsait dangereusement dans mes temps et les battements de mon cœur m'assourdissaient. Mon souffle devenait de plus en plus court, ma vision se troublait. J'étais mal, état d'urgence, alerte générale !

" Heri... Cendre ! "

Une boule de neige venait de percuter de plein fouet ma nuque. Asobu en était l'auteur. Son cri était venu du coeur, son message était passé.

" Saaaaaal. "

Kawaii venait de se téléporter sur ma tête, se penchant par dessus, pour laisser tomber son visage devant le mien, comme elle se plaisait à le faire. Cette fois, elle avait posé ses mains sur mes joues.  Message délivré. Un petit regard vers mon Hericendre, un geste de tête en guise de merci, je pris ma Tarsal chromatique dans mes bras, la serrant contre moi. Merci ? Oui, mais pas seulement. En fait, je crois que j'avais besoin de réconfort et qu'à ce moment là, elle me servait de catalyseur, un peu comme le doudou d'un enfant. Elle allait être la source de mon courage, le mat de mon embarcation dans la tempête que je m'apprêtais à traverser. Ils avaient sentis ma détresse et m'avaient aidés par leurs propres moyens. Leur attention me touchait au plus profond de mon âme, je ne pouvais donc pas et ne le voulait tout bonnement pas, les décevoir. Profonde inspiration, soupire tout aussi profond. Je voulus faire un pas vers celle qui était mon binôme ? Celle qui avait été mon binôme ? Je ne savais trop quoi penser. Toutefois, je ne bougeais pas. J'avais trop peur de la froisser, de la blesser plus que je n'avais pu le faire. Je plongeais mon regard dans le sien,  mes ambres flamboyantes dans ses ambres ensoleillées. Encore une habitude de l'ancien temps qui me revenait. C'était ainsi que j'agissais avec elle, à chaque fois que j'avais une chose importante à lui dire. Je ne pus réprimer ce petit sourire en coin qui s'installa sur mon visage, mais je ne me laissais pas aller.  

Trois, quatre !


" Pardon, oublie tout ce que je viens de dire je te prie. Je... Je... J'ai perdu tous mes moyens, je suis perdu. J'ai tant de choses à te dire, mais je ne sais vraiment pas par où commencer. ..  Ta réaction, ou plutôt ton absence effective de réaction m'a totalement pris de court.  Je m'étais déjà préparé à l'idée que tu me sautes dessus, me rouant de coups ou me criant dessus, voire même les deux, mais pas à ça, non, pas le moins du monde... " Ma voix se perdit quelque peu, mon regard plongea vers le coin bas droit de mes yeux. Pendant une fraction de seconde, je m'étais déconnecté de la réalité, mais mon appareillage visuel replongea dans celui de Chiho. " Peut être que c'eut  été plus facile à gérer si tu m'avais offert un deuxième œil de panda comme Allen me l'a fait avec celui-ci... Enfin... Je pense pouvoir comprendre certaines choses, mais il est évident qu'il y a de nombreuses choses que je ne peux comprendre sans que tu me les énonces. Je n'ai jamais été très doué en relations humaines. Ce n'est pas une excuse, loin de là, mais si tu préfères que je disparaisse dès à présent de ta vie, tu n'as qu'un mot à dire et je m'exécuterai, tout autant que si tu désires t'expliquer. Je te dirais tout, absolument tout ce que tu veux savoir. Je te dois au moins ça..."

Mon regard se perdit une fois dans plus dans l'étendue neigeuse, tandis que ma voix, quant à elle, s'était égarée dans le vent qui venait de souffler à l'instant, me faisant frémir et emportant le petit ruban de soie qui attachait ma longue chevelure brune, la laissant à la merci de des caprices du temps, flottant devant moi un certain temps avant de retomber lâchement, en même temps que le vent. Et dire qu'en temps normal, j'aurais piaillé, agacé par le fait de me retrouver ainsi décoiffé, ma précieuse, si précieuse chevelure ainsi chahutée. Là, je ne m'en souciais guère, pas une seule pensée à cet égard. En lieu et place de cela, je me demandais si j'aurais seulement la force de tenir jusqu'au bout de cette conversation, si seulement j'aurais le cran d'assumer mes actes, tout autant que ces paroles que je venais de proférer à l'instant, mais surtout si mon cœur allait tenir le coup. Il n'y avait plus une once de fierté en moi, plus une seule miette de confiance dans mon attitude, plus une seule parcelle d'assurance sur mon visage. C'était donc dire à quel point j'étais chamboulé... Qu'allait-il donc advenir de moi, de nous ? J'avais l'impression que j'allais défaillir. Je serrais un peu plus ma petite Kawaii.



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Chiho Lime
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Sujet: Re: Le poids des liens - Aveux    Lun 12 Jan - 3:50
« 行く者は追わず、来る者は拒まず »
[iku mono wa owazu, kitaru mono wa kobamazu]

« Ne poursuis pas ceux qui partent, ne rejettes pas ceux qui arrivent »

Suite à mon interpellation et mon changement de ton, toute l'équipe s'était soudainement arrêtée, surprise de l'interruption que je ne tolérais pas d'ordinaire. Les plus anciens semblèrent changer d'expression à la mention du nom 'Yuki', tandis que les plus jeunes avaient simplement regardé leurs aînés avec curiosité. Ceci dit j'étais loin de me rendre compte de la confusion semée dans leurs petites têtes, car je j'avais déjà forte affaire avec celle qui grondait dans la mienne. Et de faite j'étais trop... prise au dépourvu pour faire preuve de la moindre politesse. Mon accueil avait été plutôt froid et ma posture n'arrangeait pas vraiment les choses. Mon cerveau était comme engourdi par le froid, et à vrai dire je n'avais pas vraiment de remords. Mes yeux fixaient la silhouette familière et pourtant un peu différente, à commencer par la couche de vêtements qui la recouvrait. Yuki avait visiblement jeté ses bonnes résolutions de rebelle en même temps que son ancienne vie... Ce qui avait de quoi choquer ceux qui l'avaient connu fier et plein de vie, loin du jeune homme aux yeux de chien battu qui essayait de faire preuve de plus de joie qu'il ne ressentait.
Sa première réponse me donna d'ailleurs des frissons. Ça sonnait creux et faux, un peu comme de longs ongles qu'on faisait crisser sur un tableau. C'était absurde et cela ne lui ressemblait pas. Ou du moins cela ne ressemblait pas à  l'image que je m'étais faite de lui, ce qui apparemment n'était pas conforme à la réalité. Je souris jaune et haussai un sourcil malgré moi. Je me doutais qu'il était simplement maladroit et hésitant à m'approcher, mais c'était plus fort que moi. Ces remarques anodines et déplaisantes firent naître des mots que je prononçai trop vite, sans les regretter.

« Je ne me 'mets' pas au combat. Simplement je fais ce qu'il faut pour survivre. »

Et parfois on était amené à faire des choix difficiles, des sacrifices douloureux qui n'en restaient pas moins nécessaires. Après tout les pokémons n'étaient pas les seuls à devoir s'adapter et évoluer pour aller de l'avant. Les humains avaient eux aussi des changements à faire, ce qui faisait d'eux des inspirations constantes. Et de fait mon équipe était devenue ma force et ma motivation. Les choses ne se passaient pas toujours comme prévu et je connaissais aussi des échecs cuisants, néanmoins je continuais de penser que rien n'était complètement hors de ma portée, pour peu que je travaille suffisamment dur.
Je vis mon ancien binôme se frapper le front sans trop comprendre ce qui se passait, et fis signe à tout le monde de reprendre l'entraînement. Bien qu'un peu dubitative, la plupart d'entre eux s'exécuta tout en gardant un œil intrigué sur ce qui se passait. Ra's quand à lui s'était immobilisé et assis en tailleur, mâchonnant sa pousse tout en observant attentivement Yuki. Je sentais une méfiance certaine et une forme d'agressivité émaner de son corps colossal, pourtant sagement assis. Je le connaissais trop bien, et avais appris avec le temps à distinguer ses mimiques pourtant peu expressives. Il était en colère et se contenait tout juste, méditant à moitié plutôt que de foncer sans réfléchir. Je posai une main pleine de gratitude sur son épaule, étant à peine plus grande que lui malgré sa position.

Je vis rapidement Asobu montrer le bout de son nez, lançant une boule de neige à son maître. Ensuite apparût une Tarsal que je reconnus comme celle issue de l’œuf qu'on lui avait offert. Les yeux verrons ne laissaient pas vraiment de marge au doute... ce qui me ramena des mois en arrière, aux promesses et autres péripéties de l'aquarium. Je baissai les yeux un instant, serrant les dents pour ne pas me laisser aller et flancher. Prenant une grande inspiration qui se perdit en une fumée blanche, je levai à nouveau le regard sur Yuki, toujours planté au même endroit. Il n'avait toujours pas sérieusement répondu à ma question, et j'attendais qu'il finisse par se rendre compte que je n'allais pas le laisser tergiverser. S'il voulait amorcer une discussion, ce serait à ma façon... ou alors il n'y aurait pas de conversation du tout. Croisant les bras en dessous de ma poitrine, je retenais un soupir obstiné qui voulait fuir encore. J'avais froid. Et j'étais nerveuse. Je ne sais pas trop pourquoi, mais j'étais nerveuse. L'appréhension peut-être ?

« Que veux-tu que je te dise ? Que tous ces mois sans toi ce n'était qu'un mauvais rêve, et que je m'écroule à tes pieds en pleurant à chaudes larmes ? Je ne peux pas faire ça, et tu le sais. » Mes mots étaient doux, mais assurés. Beaucoup d'eau avait coulé sous les ponts, et je n'étais même pas sûre de savoir ce qu'il cherchait au juste. En fait je n'étais plus sûre de grand chose. Je fus surprise d'apprendre que l’œil au beurre noir était le fruit d'un coup d'Allen, et en fait je ne compris pas vraiment pourquoi ils s'étaient disputés. Je jugeai toutefois que ça ne me regardait pas, et en revins à l'essentiel. Lasse et peinant à trouver les mots, j'entrepris de resserrer les bandages qui reliaient mes mains jusqu'à mes avant-bras, en un tic que j'avais depuis peu. « Tu es libre d'aller ou de partir, ça je l'ai bien compris. On peut faire toutes les promesses et les serments du monde, mais on ne peut retenir personne contre son gré. » Je souris tristement, essayant de vivre les choses avec philosophie. Les gens n'étaient peut-être simplement pas faits pour rester côte à côte pour toujours. 'Pour toujours', c'est drôle ce que c'était amer, désormais.

« Je veux juste... savoir pourquoi. Pourquoi es-tu parti du jour au lendemain sans au moins me dire que tu allais bien... Putain d'abruti ?! » Furieuse et prête à exploser d'une minute à l'autre, je cognai l'arbre de mon poing avec force, sans même le quitter du regard. Mes mots d'abord calmes avaient gagné en intensité comme une tempête qui se prépare, fusant en direction du Noctali en une nuée d'aiguilles accusatrices.

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Yuki Yutaka
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Sujet: Re: Le poids des liens - Aveux    Mar 20 Jan - 6:41
Le poids des liens - Aveux.  


Mayonaka no Orchestra by mayonaka no orchestra on Grooveshark



« Hoshi to mitsumeau samugari na kodomo-tachi...»
« Les enfants regardent les étoiles tout en souffrant du froid... »



Les mots de Chiho étaient durs, vraiment très durs. Chacun d'eux me pénétraient tel un poignard mortellement affûté s'infiltrant sans peine dans une chaire aussi offerte que mon âme. Oui, ils me faisaient souffrir plus que tout, mais qu'était ma souffrance comparée à la sienne ? J'estimais que rien au monde parmi tout ce que je pouvais endurer aurait été à la hauteur de ce qu'elle avait bien pu ressentir. L'abandon ? Cela avait dû être horrible, terriblement horrible.  Se sentir abandonnée par un être aimé, un être en lequel on avait foi... Mes poings se serrèrent.  Quel abruti avais-je fait !  Je sais, nombre de personnes me diront que j'avais bien eu mon lot de souffrances, que j'avais bien assez de raisons plus ou moins valables pour avoir agi ainsi, mais je n'en avais cure. Je n'étais pas en mesure de me rationnaliser,  ni même ne parvenais  à relativiser.  A cet instant précis, en ce lieu précis, seule elle avait de l'importance, tout ne tournait qu'autour d'elle. Tout était redevenu comme avant. Par là, j'entends bien que je me remettais à raisonner de la même manière, à savoir elle, puis moi, sa souffrance primait sur la mienne.  Alors lorsqu'elle explosa enfin, oui lorsqu'elle laissa exploser sa colère, je m'étais senti un peu mieux, même si le terme n'est pas parfaitement approprié, mais je ne vois pas comment le dire autrement. Après tout, la communication sentimentale n'avait jamais vraiment été mon point fort, préférant laisser mon cœur s'exprimer, aussi maladroitement eusse pu-t'il le faire, car au moins, il s'y essayait et c'était là l'essentiel pour moi.  Masochiste ? Oui, pour le coup, je l'assumais pleinement. J'avais besoin de ressentir ses émotions, aussi virulentes puissent-elles l'être. Sa précédente apparente froideur m'avait complètement déstabilisé, me prenant totalement au dépourvu, mais là, je me sentais plus en phase avec la situation, plus à même de relativiser. Je pouvais mieux saisir la situation, me l'approprier. A présent, je savais ce qu'il en était et je savais où je mettais les pieds. Un champ de mines. Oui, un magnifique champ de Voltorbes prêts à exploser à n'importe quel moment, annihilant jusqu'à la plus infime trace de mon existence. C'était des plus dangereux, mais je n'en avais pas le choix, nulle autre alternative,  n'ayant aucunement l'envie ni le désir de faire marche arrière. J'étais Yuki Yutaka des noctalis, Yuki le Tanuki , celui que l'on surnommait le Tanuyuki. Mes balls étaient légendaires, je devais les porter et donc à ce titre, il n'y avait pas moyen que je fasse demi-tour.  Je me devais d'avancer droit devant, courageusement, en direction de cet être aimé, même si la finalité était probablement ma mise à mort. Il était temps de dire adieu à cette loque pathétique que j'avais été ces derniers temps, aujourd'hui, ici même, j'allais l'enterrer !

Je ne m'étais même pas rendu compte qu'il s'était approché, mais quelque chose s'accrocha à ma jambe. Baissant la tête, je constatais que c'était mon bon vieux Asobu, ce cher petit farceur, le premier pokémon que j'aie jamais attrapé. Lui qui était habituellement particulièrement taquin, était là, totalement mature et empathique, me soutenant à sa manière. Il avait vu tout ce que j'avais traversé, avait assisté à toutes les phases par lesquelles j'étais passé et comme les autres, étant mes seuls confidents, il  savait exactement quels étaient mes sentiments profonds. Il savait tout. Sa tête s'était posée sur mon mollet puis il avait levé les yeux vers moi. Un long échange silencieux qui faillit me tirer des larmes parmi celles que je n'avais toujours pas lâchées car s'il y avait bien une chose sur laquelle je n'avais pas changé, c'était que Tanuyuki ne pleurait jamais, physiquement tout du moins car intérieurement, c'était tout autre.  

" Heriiiiiiiiii "

Sa voix avait était douce et posée. Il m'encourageait, m'affirmant son soutien. Un sourire se dessina sur mon visage, un silencieux remerciement. Il me lâcha la jambe et fit quelques pas  avant de se stopper  et de se tourner vers moi. D'un hochement de tête, je lui signifiais mon approbation, ce après quoi, il était allé rejoindre avec empressement Robyn, lui sautant dessus sans ménagement, trop content de retrouver son meilleur ami, tout en prenant soin de me garder à l'œil.

" Saaaaaal !"

Ma petite Tarsal venait de requérir mon attention. Soulevant sa tête afin de me laisser plonger dans ses magnifique yeux dépareillés, l'un d'or et l'autre d'émeraude, cette petite chose hyper empathique  me sonda un instant, puis se blottit contre moi afin de me signifier qu'elle ne m'abandonnerait pas. Elle sentait cette petite lueur qui flamboyait au fond de moi et en procédant ainsi, elle était parvenue à la transformer en un brasier, certes encore modeste, mais suffisamment important pour déclencher un incendie si on lui en donnait l'opportunité. C'était là ma chance, je ne devais pas la laisser filer. C'était vraiment une Tarsal à part et j'étais heureux de l'avoir. Je me jurais alors d'en faire la plus heureuse qui soit afin de lui rendre la pareille, à partir du lendemain, peu importait le terme de cette rencontre. Son corps se réchauffa quelque peu, elle avait capté ma reconnaissance à son égard. Sacrée Kawaii !

Une minute, une seule et unique minute, une longue et interminable minute, voila le temps que tout ceci avait duré, une symbolique minute durant laquelle je n'avais pu répondre à Chi, mais durant laquelle mes amis m'avaient reboosté, me buffant pour affronter le Boss final de l'instance, allias Boss Chi.  Mon regard se posa un instant sur l'énorme créature à ses côtés. Il avait bien grandi. En temps normal, je lui aurais sauté dessus, me serait extasié avec lui de son évolution ainsi que de sa nouvelle force et tout un tas de choses, mais ce n'était pas le moment pour cela, peut être ne le serait-ce même plus jamais. Tant pis, je devais m'en accommoder.

°soupire°


Je guidais mon Pokémon psy vers le sommet de mon crâne. En y repensant, cela me fit sourire. Cette place, ainsi que mes épaules, avaient été des perchoirs de choix pour mes amis et tous, à un moment donné, y étaient passés. Hikari avait lancé la mode, Asobu l'avait suivit, imité par son Heri. Kontan y était passé une fois, mais elle, s'était pour tenter de mettre le feu à ma chevelure avant de prendre une raclé par Hikari et les autres. Depuis, elle n'avait pas recommencé, mais y était revenu une fois ou deux pour essayer de me taquiner. Suifu jouait les gros durs, mais il aimait par dessus-tout dominer le monde depuis la hauteur que je lui offrais. Sukebe était dans le même cas, mais lui, c'était surtout pour les femmes. Kawaii et Chisaii quant à elles, aimaient simplement s'y prélasser, aimant particulièrement ma chevelure. Je crois que c'était pour elles, une sorte de nid. Je me donnais une gifle mentale, afin de me ramener à la réalité. Hors de question de secouer la tête en d'en faire tomber la locataire. Je me devais de rester concentré.

...3, 4 !


Ambres dans les ambres, nos regards s'étaient captés, nous y étions !

" Putain d'abruti hein ?  "Avais-je répété lentement. " Tu y vas fort, même si cela est bien justifié. Je préfère prendre la parole dès maintenant car si nous poursuivons sur ce terrain, je sens que le Tanuki va prendre le dessus et son explosion serait néfaste, ce qui ne profiterait à aucun de nous. Je n'ai pas particulièrement de vivre cette expérience potentielle. Si je peux m'accommoder de ta rage ou d'une quelconque violence physique, celle de piques ou d'insultes d'une personne que j'aime, ne m'ont jamais vraiment réussi et bien pire encore en l'état actuel des choses avec ma bien faible force mentale et morale. Quitte à se disputer ou à en prendre plein la tronche, autant que ce soit d'une marnière relativement "constructive", si le terme m'est permis. Je vais t'expliquer tout ce qui s'est passé jusqu'à présent et ce, depuis la fameuse soirée qui me vit disparaitre en fin d'année scolaire dernière, à savoir depuis juin. A ce titre, je te serai gré de bien vouloir m'écouter jusqu'au bout et sans aucune interruption. Je ne me suis pas ouvert à qui que ce soit depuis tous ces événements et même le cocard offert par Hentallen n'a pu me sortir de ma carapace, même si cette rencontre est sans aucun doute celle qui a fait pénétrer la lumière dans mes limbes abyssales, au travers des brèches qu'il a pu créer. Cela va être assez difficile pour moi, mais je vais et veux le faire. Tu dois être la première personne externe à ces événements à le savoir. Tu es... tais ? Mon binôme, je te le dois.  "

J'avais tiqué . Je ne savais pas à quel temps conjuguer cette relation, me rendant par la même compte que je n'avais aucune idée de l'étendue des dégâts. Qu'avais-je perdu exactement ? Quelle était ma place dans son monde ? Y étais-je même encore logé ou avais-je été expulsé dans le vide intersidéral alentours ? J'en eux un pincement au cœur, violent et douloureux, me donnant l'impression de subir une attaque PINCE-MASSE d'un Krabboss. Toutefois, je poursuivis dans ma lancée.

"Bref ! Commençons par le début..."

J'avais pris une profonde inspiration, les yeux clos. Dans ma tête, ce fut comme si j'aspirais tous mes souvenirs, les voyant défiler en sens inverse comme si la cassette se rembobinait. J'expirais ensuite, puis ouvrit les yeux lorsque le film se trouva en synchronisation parfaite avec le contexte. De là, je n'avais plus qu'à dérouler.

" Le soir où j'ai disparu, aussi farfelue soit mon explication, c'est à cause de ma mère et je pense que tu la connais suffisament pour savoir qu'avec elle, ce genre de chose en devient limite banale... En effet, cette fameuse soirée où au passage, par la même, j'ai découvert que mon cher cousin Shin avec lequel nous n'avions aucune accroche si ce n'était une haine cordiale, était dans la même académie que moi et je ne le savais même pas. Enfin... Lors de cette fameuse soirée, avec l'accord de la direction, elle a eu le droit de venir me kidnapper -au sens littéral du mot- dans ma chambre, en plein sommeil. Sans même que je ne me rendre compte de ce qu'il s'était passé, je me retrouvé encapuchonné dans un sac, jeté sans ménagement dans un coffre, pour ne finalement pouvoir jouir de nouveau de mes yeux qu'au pied d'un des jets privés de la famille, avec tous ces derniers rassemblés devant, sur Lansat. Mon père, ma mère, pépé et mémé Yutaka, ainsi que les sœurs de mon père avec leurs maris et leurs enfants, à l'exception des parents de ma cousine Hope. Là, à côté de moi, Shin, ce Nogitsune qui me pourrissait royalement la vie, ce qui signifiait qu'il venait de subir le même traitement que moi.  Aucunes de mes affaires à disposition, tout était resté dans ma chambre, y compris mon iPok. Mes seuls biens, mes Pokémon qui avaient tous étaient emportés et qui me furent tous intégralement resitués. Le but de la manœuvre, une simple lubie de ma mère qui avait voulu célébrer ce week-end si particulier qui était celui de l'anniversaire de Pépé tous en famille. Pour cela, elle nous avait récupérés, Shin et moi, au passage, même si en fin de compte, Lansat était un détour... Enfin ! Toujours était-il que nous devions simplement nous envoler pour une destination chère au cœur de notre patriarche et revenir  le dimanche soir, ayant réussi à obtenir un délai de 48h. A ce moment là, je pensais rentrer bien assez tôt pour avoir le temps de venir t'expliquer mon incroyable aventure et me faire pardonner encore et encore tout en te remettant ce petit souvenir que je t'avais acheté le samedi en question, mais rien ne se déroula comme prévu. Sur le chemin du retour,  nous avons rencontré des problèmes et notre avions s'est crashé sur une des îles environnantes de l'île Shamouti. Ce fut une expérience particulièrement éprouvante et je ne souhaite à personne de vivre une telle chose. Le bruit de la tôle qui se froisse, le choc violent avec le sol, sans oublier l'interminable chute tellement si brève et fulgurante en réalité. Ces regards paniqués échangés, ces mots qui se veulent rassurants, ces sourires forcés qui semblent dire ne t'en fais pas, tout va bien aller, exactement comme celui d'Oji-chan à ce moment là lorsque nos regards s'étaient croisés... "

Ma mâchoire se crispa, mes dents grincèrent tandis que mon point se serra de plus belle. De petites caresses de Kawaii sur ma chevelure, me permirent de poursuivre sur ma lancée.

" Après tout ça, ce fut le chaos le plus total. Un enfer de flammes et de métal et ironiquement, cela me fit penser à Allen et moi alors que ma première pensée avait été de constater avec satisfaction que j'étais en vie et que je te reverrai bien assez tôt. Mais la réalité m'avait vite rattrapé. Au milieu de tout cet enfer, il nous fallait nous battre pour notre survie, réussir à nous extirper des décombres. Ce ne fut pas aisé, mais après un interminable moment, nous avions pu nous rassembler au dehors. Des domestiques, de ma famille et du personnel naviguant, il y eu peu de survivants. Je les connaissais tous, tous sans exception !  Suzy, la femme du chauffeur attitré de Beverly-obachan  et que j'appelais Tante Suzy, figurait sur la liste des victimes. Elle qui était si gentille et généreuse, elle qui m'avait offert cet œuf de Salameche dont a éclos Chiisai... Bien d'autres sont morts et te les citer ne les ramènera pas. Pour résumer, seuls Obachan  (A présent, je n'avais plus de différends avec mémé Yutaka et cette épreuve nous avait réellement rapprochés, soudés et il n'y avait plus cette distance ni même cette froideur dans ma façon de l'évoquer), Shin, ma mère, mon père, la sœur aînée de mon père, trois des domestiques présents et moi avons survécus.  Mon père a perdu l'usage de ses jambes et se déplace en fauteuil roulant depuis sa sortie du coma en juillet et pour ce qui est de ma mère, elle n'a toujours pas ouvert les yeux ni même daigné donné le moindre signe d'activité cérébrale concluant. Mais le pire... L'image qui me hante encore et encore, que j'ai les yeux ouverts ou clos, c'est le regard de mon grand-père, ce regard vide et ce sourire absent et figé sur son visage. Celui qu'il avait lorsque je l'avais extirpé des décombres. Est ce que tu peux t'imaginer ce que l'on ressent lorsque qu'une vie que l'on a toujours connu, une existence qui nous a toujours guidé et réchauffé, nous quitte aussi brutalement juste sous nos yeux ? Peux-tu seulement imaginer ce que l'on peut ressentir lorsqu'on se saisit d'un être aimé pour le tirer de ce genre d'endroit et que l'on constate avec stupeur que son corps est bien plus léger qu'il ne le devrait et qu'en le tirant, on constate avec effroi qu'il n'y a la qu'une seule moitié ? C'était là ce qu'il m'est arrivé et jusqu'à présent, je vois encore le sang sur mes mains si je me centre sur elle, son sang. J'avais le buste de mon aïeul dans les mains... "

Mes yeux s'étaient posés sur  mes mains. Je revivais une nouvelle fois la scène, mais une fois de plus, ce fut Tarsal qui me garda connecté à la réalité.

" Sal ! Tarsal, sal sal !"

" Oui... Merci Kawaii.  Tu as raison... Heureusement que tu es là. "

Mon sourire n'était que de façade, mais je l'avais gratifiée d'une caresse avant de reprendre après une bonne bouffée d'air. De là, j'expliquais alors à mon premier la suite des événements, chose que j'essaierai de vous synthétiser au mieux ici dans les lignes à venir car la tirade avait été vraiment longue et je ne pense pas être capable de la retranscrire davantage au mot à mot.  

Bien ! Donc j'avais poursuivi en lui expliquant comment grâce à Mémé Yutaka et ses relation dans le monde des médias, j'avais pu lui demander de ne pas en dévoiler davantage sur les informations relatives au crash et à la mort de Pépé. L'information avait donc été filtrée avec brio et si on avait beaucoup parlé d'un crash aux informations, dans lequel nombreuses furent les victimes, jamais, oh non jamais, le nom des Yutaka n'y avait été associé. Tous les noms des victimes étaient connus, mais pas celui de mon grand père. Après, seuls ceux qui nous connaissaient vraiment pouvaient faire le lien, mais au moins, cela nous protégeait un peu et égoïstement, je ne voulais pas qu'il disparaisse de ce monde. Son deuil, je ne l'avais toujours pas fait y compris au moment où je lui parlais. Ensuite, je lui expliquais que j'avais été hospitalisé car j'avais subi de nombreuses blessures sans réelle gravité mais suffisantes pour me tenir enfermé dans une chambre d'hopital et éloigné du monde extérieur et donc de PC. Au cours du mois de juillet, j'avais pu sortir et jouant des relations de la famille et de notre nom, la matriarche avait pu faire rapatrier tout le monde à Céladopole. De là, des obsèques furent célébrées en l'honneur des victimes, à huis-clos.  A Céladopole, tout le monde connaissait le fin mot de l'histoire, mais nous avions réussi à obtenir de tout le monde, une certaine coopération. Après tout, pépé était très apprécié là-bas, ayant ouvré pour le bien de la ville et ses habitants tout au long de sa vie. Aussi, officiellement, on disait qu'il était en voyage et tout le monde parlait de son long voyage dont on ne savait quant il rentrerait... Je lui racontais tout dans les moindres détails, en essayant de ne rien omettre. A chaque fois que je flanchais, Kawaii me repêchais et je vous l'avoue, j'eus toutes les peines du monde à contenir ces larmes qui voulaient sortir. A ce moment là, c'était comme si toutes les larmes retenues depuis lors avaient déclenché une émeute et partait à l'assaut de mes glandes lacrymale dans un élan digne de la prise de la Bastille. Infernal !

Parmi ces passages, il y avait eu les mésaventures de mon père, son coma puis son réveil. La perte de ses jambes m'avait affecté, énormément, mais lui, il avait relativisé, me rappelant sans cesse qu'au moins, il était en vie et qu'il était heureux de pouvoir encore veiller sur son fils et sa femme, essayant même parfois de plaisanter sur le fait que ma mère dorme encore et toujours, mais j'avais perdu toute once de gaieté. Au début, il me tirait des éclats de rire, puis des sourires, des rictus et bientôt, plus rien.
Il y avait ensuite eu ce passage où Shin avait tenté de mette fin à ses jours, ne supportant pas de vivre dans un monde sans ses parents qui lui avaient été arrachés trop brutalement. Lui qui était limite comme mon pire ennemi, celui qui avait toujours été si fier, était encore plus bas que moi. Après tout, lui, il avait vraiment perdu plus que moi. Toutefois, je ne m'en réjouissais nullement. J'avais même pris soin de lui du mieux que je le pouvais. Mais le jour de mon anniversaire, il avait tenté d'abréger sa vie en s'ouvrant les veines. Une ultime tentative de me détruire ? J'en doutais. Le jour de mon anniversaire était également celui du mariage de ses parents... Et ce n'était là que le début d'une série noire. Cinq tentatives au final. A chaque fois qu'il ressortait de l'hôpital, il récidivait dans les jours qui suivaient.

Mais il y avait eu ce passage particulièrement douloureux, ce passage qui, alors que je tentais de remonter la pente, m'avait définitivement coulé. Oui, c'était en août. Lors des vacances d'été, les élèves avaient eu quartier libre et certains avaient voyagés. Ce fut le cas de la dernière personne que j'aurai aimé voir se dresser sur ma route : Josh Aéris. Comme à son habitude, cet être qui était bien particulier, au sens où je ne l'estimais même pas digne de ma mépris ou d'une quelconque haine, avait fait des siennes. Il m'avait insulté, attaqué sans répit et la finalité avait été que je lui avais accordé un combat, ce combat qu'il voulait tant. Il fallait aussi bien avoué qu'Hikari s'était montrée particulièrement désireuse de livrer ce combat contre cet être qu'elle détestait et qu'elle avait déjà battu, que NOUS avions déjà vaincu.  Bien trop affecté par ma vie, je n'avais pas pu faire montre de mes talents de dresseur, n'étant pas en pleine possession de mes moyens. Ce combat avait été unilatéral. Victoire nette et fulgurante oui, mais pas celle que l'on aurait pu attendre. Josh fut le vainqueur incontesté et incontestable de cette rencontre et cela signa la première réelle défait d'Hikari en solo. Ok, on pouvait toujours dire que ce match n'était pas officiel, qu'il n'avait pas lieu d'être, que j'avais des circonstances atténuantes et tout ce que vous voulez, mais pour moi, c'était bien trop honteux, bien trop violent. A quelques jours de mon retour à la Pokemon Community, cette défait avais sonné le glas de mes ambitions. Ma première réelle défaite m'avait été administrée par Josh, CE JOSH !!! J'avais bien trop honte pour oser faire face à Noctis, Hope, mon dortoir et toute autres personnes, mais surtout, surtout devant Allen et Chiho ! Déjà renfermé sur moi, j'avais fini par me cloîtrer dans une coquille de Crustabri, imprenable et de laquelle je n'allais plus pouvoir m'échapper tout seul.
Je lui avais alors relaté toute cette longue période de passage à vide, cloîtré dans le domaine Yutaka près de Céladopole et ma vie qui ne dépassait même plus l'enceinte du vaste terrain. Tous mes états d'âmes, toutes ces pensées que j'avais ruminées, ces luttes intestines entre la partie de moi qui voulait les voir, la voir, et la partie qui me l'interdisait. C'était cette partie qui avait primée tout au long de ces mois, celle qui m'avait confortée dans ma lâcheté, jusqu'à ce qu'Allen la mette à mort.
J'avais également dû lui expliquer pourquoi Mémé Yutaka ne lui avait rien dit à ma demande expresse. Malgré le fait qu'elle soit contre, elle avait agit en mon sens, ne voulant pas détruire ce lien fraîchement établi, ni même risquer de perdre un autre être précieux, d'autant plus qu'elle craignait que je finisse par écourter ma vie, vu l'était minable dans lequel je me retrouvais. Elle qui était habituée à voir se dresser devant elle un fier petit Yutaka haut en couleur, n'en percevait plus rien. Son meilleur ennemi de toujours qu'elle avait toujours aimé à sa façon, était mort ce jour là, avec tous les autres.

" [...] Mémé Yutaka et mon père ont beaucoup insisté pour que je poursuive mes rêves, au moins en l'honneur de tous ces êtres qui ont cru en moi et ils sont même allés jusqu'à faire intervenir Adriane qui s'est déplacée en personne. Oba-chan a longuement insisté pour que je revienne parmi vous car elle m'a fait comprendre que sans Allen et toi, la Mini Professeur -Lime, comme elle t'appelle, je ne pourrai jamais vraiment renaitre. La confrontation était inévitable et de là, un déclic se produirait. Après, ce serait du poker car on ne pourrait imaginer quelle facette de mon âme prendrait le déçu, mais au final, ce serait une renaissance ou une résurrection.  En fin de compte, elle avait raison... Enfin... Toujours est-il que j'ai fini par les écouter et c'est comme ça que j'ai fait mon retour à l'académie. Je ne suis pas bien fier et si Allen ne m'était pas tombé dessus, je ne serais certainement pas là devant toi, continuant de me terrer comme un Laporeille au fond de son terrier. Il m'a ouvert les yeux à sa manière, et je crois que j'ai enfin compris ce que signifiait réellement l'amitié, non, la fraternité. Frère hein ? Oui, je crois que c'est cela, ce doit être ce que l'on ressent quand on a un grand frère et qu'il nous recadre... Mes relations avec mes Pokémon sont chancelantes, ma relation avec Hikari est caduque, j'ai causé bien plus de tort à ceux que j'aime que je ne peux me le figurer et bien d'autres choses encore. Parmi celles-ci, ma mère est toujours dans le coma, Shin est entré en asile psychiatrique le jour de mon arrivée sur l'île et la mort de mon bien aimé grand-père va être révélée au grand jour dans les jours à venir...   Je ne te demande pas de me pardonner. Je ne veux pas non plus de ta pitié et je ne te demande rien à vrai dire. J'ai honte de me présenter ainsi devant toi, de t'imposer la vue navrante d'un simulacre de Yuki. Toutefois, je me devais de le faire et de t'apporter des lumières. De là, tu es seule juge. Je te laisse réagir à présent,  tirer tes conclusions et prononcer ton verdict et je m'y plierai. Quelques soient tes conditions, requêtes, ordres ou je ne sais trop quoi, je m'y soumettrai.  J'ai mis le temps à ouvrir les yeux, beaucoup trop de temps. J'ai réalisé combien je tenais à Allen, combien l'amitié de Yoru-kun pouvait m'être importante, mais surtout... Surtout...   "

" Sal ! "

Les mots s'étaient bloqués dans ma gorge, y formant un boule. Encore une fois, ce fut avec l'aide de ma Tarsal que je parvins à poursuivre, elle qui m'encourageait et me réconfortait comme elle l'avait fait plus que tout autre de mes Pokémon durant toute cette période, ne me quittant presque jamais, même si je lui ordonnais de me laisser seul et d'aller se divertir avec les autres.

" ... Surtout... J'ai surtout réalisé combien je t'aimais et combien m'était insipide la vie sans toi, non, combien je t'aime !!! " On avait pu sentir la force de mes émotions à ce moment là, ainsi que toute la sincérité de ce sentiment, mon regard se dardant dans celui de la petite rousse. Pendant une fraction de seconde, j'étais revenu, fraction de seconde durant laquelle mes pierres ambrées avaient flamboyé avec une intensité semblable à celle qu'elle avait jadis pu observer. " Je n'ai pas d'excuses, j'ai été lâche et bête, mais au moins, il fallait que je te le dise, même si ce doit en être la dernière fois, la toute dernière... J'ai mille et une choses que je voudrais te dire, te demander, mais à présent, il n'y a plus rien à dire ou faire si ce n'est de te laisser la parole alors c'est que je vais faire dès à présent... "

Mon cœur battait là tout rompre. J'avais chaud et tout un tas de choses se passaient en moi ainsi que dans mon esprit, tant et si bien que j'avais l'impression que le monde allait s'arrêter de tourner, mon monde, et que j'allais défaillir d'un moment à l'autre. Malgré tout, je tentais de garder la face, même si je savais que Chiho, toute humaine qu'elle était, pouvait lire en moi comme dans un livre ouvert, bien mieux qui Kawaii ou Gee. Je n'avais jamais pu lui cacher quoi que ce soit, mais en même temps, je ne l'avais jamais essayé non plus. Tentant tant bien que mal de ne pas flancher, je restais muet, pendu à ses lèvres, guettant le moindre de ses mouvements. Ma vie était en suspend...








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Chiho Lime
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Sujet: Re: Le poids des liens - Aveux    Mer 4 Fév - 0:31
Il arrivait comme une fleur après des mois de silence et d’indifférence, et se permettait de me toiser avec fierté, sans le moindre scrupule. Il y allait même de sa petite leçon, de son petit avertissement, comme si c’était la chose la plus normale qui soit. C’était tout bonnement incroyable à quel point il était inconscient, étranger aux conséquences de ses actes. Il n’avait aucune idée de l’effet que pouvaient avoir ses paroles ou son ton, ni même de ce que j’avais pu traverser pendant tous ces mois passés à attendre un signe. Il se contentait de se tenir là, mal à l’aise mais dédaigneux, comme si ma réaction était aberrante et immature. Je l’observai quelques secondes, repensant à toutes les nuits sans sommeil et les interrogations qui m’avaient parcourue pendant tout ce temps. Dire qu’il aurait pu dissiper cet épais brouillard d’un coup de téléphone. Dire qu’il aurait suffi d’un message ou d’une lettre pour que j’accoure dans la mesure de mes moyens. J’avais jusque-là été prête à toute sorte de folies afin de m’assurer qu’il allait bien, y compris quitter la Pokémon Community si nécessaire. Oui, on peut dire que l’idée m’avait traversée à de nombreuses reprises, en ces journées mornes passées à faire semblant que tout allait bien. Je dodelinai amèrement de la tête et haussai un sourcil de scepticisme.
Ra’s était tendu comme la corde d’un arc, étudiant la situation de ses yeux mi-clos et méfiants. Gee détourna aussi une grosse partie de son attention de l’entraînement pour essayer de comprendre ce qui se passait. En tant que starter il se sentait responsable de mon état, surtout qu’il était bien placé pour savoir ce que j’avais pu endurer. Il n’en dit pourtant pas un mot mais se tint prêt à intervenir si nécessaire, le regard perçant posé sur nous comme pour mieux analyser cette situation qui prenait de plus en plus des allures de bombe à retardement. Une bombe qui exploserait pour tout emporter si rien n’était fait pour la désamorcer. Constatant que tous les pokémons de Yuki le dorlotaient pour lui donner confiance, je restai sur place, dissuadant les membres de mon équipe de faire de même de par ma seule posture. Non je ne voulais pas qu’on m’approche, ni qu’on me touche, ni qu’on me regarde. Je voulais juste foutre le camp sans me retourner. Seulement j’avais exigé des explications et le moins que je puisse faire c’était d’écouter ce qu’il avait à dire. Ou comment se faire piéger par sa propre initiative en deux leçons.

Il commença à parler et fit mention de la blessure qu’il avait au visage. Le fruit d’une altercation avec Allen, apparemment. Je ne souris pas et me gardai de tout commentaire. C’était peut-être mesquin de ma part mais c’était bien fait pour lui. En fait ça me consolait un peu de l’entendre dire, au moins cela me donnait moins la sensation d’être une extraterrestre, une copine excessive prêtre à piquer une crise gratuite. Enfin… Ex-copine. Je grimaçai à cette pensée. Cela me réconfortait au fond sur le fait que tout cela, toute cette posture théâtrale et ces ronds-en-jambe, c’était inacceptable pour le commun des mortels émotionnellement concernés. Je m’appuyai donc contre l’arbre en croisant les bras sous ma poitrine. Vu que je ne savais pas du tout quoi faire de mes mains, autant les ranger bien sagement là où elles ne pourraient causer plus de dégâts. Je me fis violence pour ne pas l’interrompre, me mordant la langue à plusieurs reprises. Quitte à la boucler, autant être confortable.
Alors tout déboula en rafale, des balles de chagrin concentré tirées à bout portant, fusant dans l’air à toute vitesse. C’était d’une violence inouïe et scandé dans un rythme ininterrompu, une litanie de malheurs qui me donna la chair de poule et en même temps finit de braquer ce qui était encore détendu. Un instant je le regardai bien en face, voyant son visage perdu entre ses souvenirs dont les paupières closes recelaient tous les secrets. Tout cela… c’était tellement gros, tellement énorme, que je ne savais pas quoi en faire. Eh bien oui, qu’étais-je censée faire de toutes ses confidences semblant tout droit sorties d’un récit romanesque ou d’une série télévisée ? Je l’ignorais et pourtant c’était là, immense et impossible à avaler. De fait il rajoutait encore d’autres couches, son récit s’alourdissant toujours au gré des minutes. Se pouvait-il qu’il soit en train de me mentir ? Je n’osais le croire et pourtant il y avait de quoi se poser des questions. Et à vrai dire je ne savais pas trop quelle option était la plus effrayante. La vérité ou le mensonge ? Je déglutis avec peine, incapable de répondre à ma propre question. Troublée et dégoûtée je détournai le regard, fixant l’épais manteau azur qui couvrait les cieux de Pumkin. Je ne savais quoi croire ni quoi faire, alors à défaut de mieux, je ne dis rien. Je me contentai d’encaisser de mon mieux, mon expression se décomposant au fur et à mesure que les détails prenaient forme dans ma tête. Je ne pus néanmoins retenir un haut le cœur lorsqu’il fut question du corps démembré de papy Yutaka. Couvrant ma bouche de ma main je pris une grande inspiration, luttant de toutes mes forces contre l’envie de vomir. Non. Non. Ça c’était trop. Dix fois de trop. L’oxygène me manquait, aussi ma poitrine se baissait et se soulevait trop vite. Je manquais d’air. Bien qu’adossée à l’arbre je manquai de perdre l’équilibre, jusqu’à ce que la grosse patte de Pandarbare me soutienne aussi délicatement que possible. Prenant conscience de ce qui m’arrivait je pris de meilleurs appuis et tins bon malgré la faiblesse qui montait le long de mes jambes flageolantes.
J’étais désolée pour lui bien sûr, et j’avais conscience que toutes mes condoléances et autres formules d’usage ne changeraient rien à sa perte. Ce qui lui arrivait était horrible et j’avais une très claire idée de ce qu’il devait ressentir. J’avais perdu mon père voilà des années et pourtant les blessures étaient encore mal refermées. Il était donc normal qu’il ait du mal à faire son deuil, surtout que la tragédie avait pris des proportions de fait divers. Néanmoins là au fond, bien au fond… en dépit des explications et de ce scénario catastrophe, je n’acceptais toujours pas son absence. C’était bien brave de sa part de tout me balancer à la figure de la sorte, même s’il était évident que je n’avais pas besoin de tous les détails morbides. En fait… en fait je n’arrivais pas à comprendre ce qu’il cherchait à accomplir. Ici ce n’était pas le concours du plus malheureux, une compétition débile pour savoir qui avait le plus morflé durant la période où nous ne nous étions vus. Oui je savais que ce n’était sans doute pas ce qu’il voulait et pourtant… quelque chose m’échappait encore. J’abandonnai ainsi toute vague intension de lui faire savoir ce que je ressentais, ne trouvant aucun autre moyen de survivre à tout cela. Je devais me protéger et tenir la promesse que j’avais faite à ma mère. Je me concentrai très fort sur le souvenir de sa voix, serrai les dents, et attendis qu’il termine. Finalement je répondis après plusieurs longues secondes de vide, la voix incertaine et creuse.

« Écoute je suis désolée pour tout ça, mais…  Des conclusions ? Un verdict ? C’est vraiment ça que tu attends de moi ? » Je fronçai les sourcils, perdue. J’avais sûrement raté un épisode, et pas des moindres. J’étais encore en train de digérer la caisse de pilules qu’il m’avait jetée à la figure dès son arrivée, et il espérait que je pourrais lui dire quelque chose comme ça, d’emblée ? Et puis lui dire quoi ? Qu’il était pardonné et que j’allais tout oublier, comme si je pouvais faire ça sur commande ? Non, impossible. Je levai une main comme pour lui demander de ne pas continuer et ne pas prononcer ces mots coupants comme des poignards. Néanmoins ce fut insuffisant à le dissuader et il poursuivit jusqu’à  me faire fermer les yeux. C’était insupportable à entendre, surtout parce que la sincérité ferme de sa déclaration ne faisait pas de doute. Pourquoi ? Pourquoi fallait-il qu’il fasse ça ? C’était injuste.

« Arrête… Stop. » C’était bien plus que je ne pouvais encaisser. Ce serait sûrement décevant pour lui, toutefois j’étais moins forte qu’il ne semblait croire. Je ne pouvais pas le laisser continuer comme ça, à réaffirmer son amour après toute cette conversation impensable. C’était comme assassiner quelqu’un gratuitement pour finalement lui offrir tendresse et attention. C’était juste absurde. « Reste-t-il vraiment quelque chose à rajouter ? Tout ce que je sais c’est que tu as préféré gérer tout cela seul, que tu as préféré vivre dans ton coin plutôt que de t’en remettre à ceux qui t’aiment. Tu as préféré préserver ton égo plutôt que de faire face aux défaites la tête haute. Crois-tu que je t’aurais répudié parce que tu as perdu un combat pokémon ? C’est ça la vision que tu as de moi ? » J’ignorais pourquoi il avait pensé ça, mais honnêtement c’était un peu tard pour faire marche arrière. Je me sentais soudainement très fatiguée, comme si l’effort de la course et de l’entraînement m’avaient rattrapée. Je basculai la tête en arrière pour essayer de reprendre le contrôle de mes émotions. Il ne se rendait pas compte. Mes mots furent à nouveau plus durs, tandis que je me laissai glisser à terre, contre l’arbre. « Tu ne sais pas. Tu n’as pas idée. » Je me sentais à nouveau seule, entourée de l’étreinte glaciale qui m’avait accompagnée en permanence depuis l’été dernier. « Je ne savais même pas si tu étais encore en vie ! Tu sais pourtant que j’ai déjà perdu papa ! Comment as-tu… Comment… » ‘Comment avait-il pu lui faire une chose pareille, en toute connaissance de cause ?’ Hurlait mon regard ambré, soudainement révulsé et brillant d’émotion contenue. Tapant du poing au sol, j’inspirai à nouveau et les mots moururent définitivement dans ma gorge. La confiance est comme un miroir. Une fois brisé, on peut la recoller à force d’efforts, mais jamais les fêlures ne disparaissent.

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Yuki Yutaka
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Sujet: Re: Le poids des liens - Aveux    Sam 7 Fév - 2:00
Le poids des liens - Aveux.  



Je tiquais.

« Reste-t-il vraiment quelque chose à rajouter ? Tout ce que je sais c’est que tu as préféré gérer tout cela seul, que tu as préféré vivre dans ton coin plutôt que de t’en remettre à ceux qui t’aiment. Tu as préféré préserver ton égo plutôt que de faire face aux défaites la tête haute. Crois-tu que je t’aurais répudié parce que tu as perdu un combat pokémon ? C’est ça la vision que tu as de moi ?»

Mon égo ? Pensait-elle vraiment ce qu'elle disait ? En avait-elle même réellement conscience ? Mon égo ? Sérieusement ? Ce mot sonnait dans ma tête, encore et encore, se réverbérant contre chaque parcelle de mon crâne encombré et déjà en proie à une cacophonie de pensées toutes aussi troubles les unes que les autres. Malgré la cohue, seul ces trois lettres juxtaposées me taraudaient, comme si elles résumaient à elles seules toute cette conversation, tout son discours, toute notre histoire.  

* Mon égo hein ? *

Je serrais les poings, me mordant la lèvre, ce qui fit réagir ma Tarsal. Elle se téléporta sur mon crâne. A plat ventre, elle laissa tomber sa petite tête de bleu casquée pour que ses prunelles disparates, haut et bas inversés, se retrouvent pile face aux miennes. Ses mains étaient posées sur mes joues comme si elle voulait m'obliger à la regarder et surtout, m'empêcher de fuir cet échange qu'elle mettait en place.  Après un bref instant, elle leva la tête pour observer Chi et se reconcentra sur moi, la mine quelque peu renfrognée. J'avais parfaitement compris son raisonnement et je ne pouvais lui en vouloir réellement de vouloir agir ainsi mais je ne pouvais pas la laisser agir à sa guise. Lentement, je détournais le regard du sien pour le perdre dans la neige, secouant la tête de gauche à droite. Visiblement, le message était passé. Elle soupira, regarda un instant Chi, puis elle posa ses coudes sur mon crâne pour y laisser choir sa tête.  Un incident de moins, la situation était bien assez tendue pour en rajouter. Intérieurement, je lui étais profondément reconnaissant pour sa sollicitude, mais également pour son obéissance.  Mes ambres captèrent les mouvements de Chiho tandis que celle-ci glissait le long du tronc d'arbre contre lequel  elle était adossée.

« Tu ne sais pas. Tu n’as pas idée.  Je ne savais même pas si tu étais encore en vie ! Tu sais pourtant que j’ai déjà perdu papa ! Comment as-tu… Comment…»

Une fois de plus, je me mordis la lèvre, bien plus intensément que la fois précédente et  cette dernière ne resista pas à la pression, laissant perler une goutte perlée de rouge qui n tarda pas à s'étirer.  Passant ma langue sur la petite plaie que je venais de créer pour en chasser temporairement ce sang qui s'en échappait, j'observais un instant ce tableau hivernal qui s'offrait à moi, Chi et ses Pokémon, Asobu et Robyn, tous sentaient la pression qui régnait et soudainement, j'eus le sentiment que j'étais observé, épié, mis à nu et qu'au moindre faux pas, je serais happé par une force qui m'était supérieure. Je me sentis petit, minable, fragile.  Ce sentiment m'était des plus désagréable, je le détestais, le méprisais. Je l'avais ressenti pendant des jours et des jours, des semaines, des mois. J'avais promis que je ne le laisserai pas m'engloutir une fois de plus, que je me battrai pour Pépé, mais également pour ma mère, mon père et Mémé Yutaka, Adriane et enfin Shin.  
" Sois  de nouveau cet être que j'ai si longtemps méprisé, jalousé et envié. Tu es mon rival l'androgyne, ça me ferait de la peine de me rendre compte que tu n'es qu'une petite merde en fin de compte. "

Telles avaient été les paroles de mon cousin avant nos départs mutuels vers les routes divergeantes de nos futurs respectifs. Me confier ses rêves hein ? Quel abruti celui là ! Comme si j'avais besoin de ça desormais, comme si mes épaules pouvaient réellement supporter tout ça ! En fait, c'était tout à fait possible, juste un peu trop tôt. Et puis son rival... Cela me rappela Allen.  

« Chikusoooooo ! »

J'avais frappé de toute ma force dans le tronc d'arbre à côté de moi, sur ma gauche pour être plus précis. De la neige me tomba dessus, en provenance des branchages au dessus de ma tête. La colère s'emparait de moi, une rage sans nom. Pourquoi ? Pourquoi fallait-il que tout se passe comme ça ? Pourquoi fallait-il que nous en arrivions là ? Pourquoi ne pouvais-je juste pas poursuivre cette vie que j'avais toujours mené, loin du monde des autres, loin de l'humanité, en harmonie avec les Pokémon. Je posais les yeux sur Chi et tout un tas d'émotions  et de pensées me submergèrent.

" Kuso ! "

Elle me paraissait bien plus loin qu'avant, bien plus loin que durant ces mois de retraite alors que nous étions plus proches que je ne l'aurais rêvé une semaine auparavant.  Elle me paraissait aussi lointaine que cette lointaine période durant laquelle je ne partageais que ma vie avec Hikari, puis Asobu. Ces temps de relative quiétude où je n'avais cure de ce qui se passait autour de moi, ou plutôt, ne me mêlais qu'occasionnellement des intrigues alentours. A cette époque, tout me semblait plus simple. Pourquoi avais-je flanché ? Quand ? Les relations humaines finissaient toujours de la même façon. Non, pas toujours, mais peu m'importait, ce n'était mon domaine de prédilection et il n'y avait qu'avec les Pokémon que je parvenais à m'en sortir.

" Mon égo hein ? Crois-tu vraiment que c'est une question d'égo ? Crois-tu vraiment qu'un type tel que moi puisse être de cet univers ? Crois-tu vraiment qu'un type qui a des cheveux anormalement  longs selon les conventions en cours pour un homme, qui porte des boucles d'oreilles disproportionnées que même des femmes n'osent à peine porter et qui en plus d'avoir un style atypique tout noble qu'il est, se promène en plus torse nu. Crois-tu vraiment que ce type ait une quelconque chose à faire de ce truc que tu appelles un égo ? Le seul égo que l'on peut me prêter, c'est celui d'être fier de mes Pokémons  en plus de celui que j'avais en te côtoyant l'an dernier. Chiho Yutaka... Ca, ça me donnait la grosse tête, bien plus encore que le rêve lui même. Cette petite perle, à moi et moi seul... J'ai merdé, oui, je le reconnais, mais je ne cherche pas à faire machine arrière.  Je me suis dit que je te devais des explications et c'est ce que je viens de faire, aussi maladroitement que c'eut été. Parler avec des masques, c'est facile, j'aurais pu le faire, mais tu vaux mieux que tout ça. Après, je suis désolé de t'avoir dit autant de choses. J'avais  trop de choses enfouies au fond de moi et cette conversation a un peu viré à la thérapie, vidant mon sac sans même me rendre compte de ce que je disais vraiment...  "

Je détournais alors la tête, perdant quelques instants mon regard dans le vide pour ensuite  de nouveau me tourner vers elle, essayant tant bien que mal de contenir tout ce flot indigeste de sentiments contradictoires et de pensées toutes aussi peu affriolantes.

" Tu as raison, je suis un égoïste. Tu as perdu ton père, tu t'es inquiétée pour moi, je le comprends aisément. Tu as ta façon de gérer les choses, j'ai la mienne. Pour le coup, elle a été mauvaise, mais comment aurait-ce pu en être autrement ? J'ai mes limites et là, elles ont été dépassées et de loin. Mes défenses ont été annihilées et même à l'heure actuelle, alors que je te fais face, je ne suis même pas une crotte de l'ombre de ce que je pouvais  être autrefois. Allen m'a fait cet oeil simplement parce que je n'ai pas voulu lui parler. Pourquoi ? Parce que dans ma grande idiotie, j'ai jugé plus simple de faire en sorte qu'il me déteste. Ingénieux comme je peux l'être avec un esprit aussi torturé et chancelant, j'ai trouvé que c'était la meilleure chose à faire, mais avec un peu de lucidité, je me rends compte que c'est encore pire que tout ! Aurais-je dû en faire autant avec toi ? J'y ai songé très fortement, mais je ne peux pas ! Chiho... Je..."

Mon regard croisa celui du Pandarbare de Chi, puis celui de Gee.  Une fraction de seconde à peine. Nul besoin de plus. Il n'y avait pas eu besoin de communication. Leurs émotions se lisaient sans grande peine.  Je jaugeais alors mon binôme, mon ex ?  Je n'étais clairement pas le bienvenue.  Je n'espérais pas autre scénario que celui-ci à dire vrai. A aucun moment je n'avais pensé qu'elle me sauterais dans les bras, loin de là. Dans toutes les configurations, elle se défoulait sur moi et nous partions chacun de notre côté. Ce n'était pas comme si j'étais venu avec un quelconque espoir de repartir en couple avec elle. J'avais eu ma chance et je m'étais lamentablement ramassé. Le fossé entre nous deux était bien trop grand à présent et je n'avais pas la force de le franchir tout seul, sans aucune carotte au bout, pas de suite en tout cas. J'étais encore une loque, me refaire était déjà bien assez difficile.

" Je suis désolé, je n'aurais pas dû être là, plus encore te parler. Peut être que t'ignorer et passer mon chemin aurait été plus avisé de ma part... En fait, je n'en sais rien du tout. Je ne pas ce qu'il aurait convenu de faire ou non. Spéculer encore et encore... Pathétique ! Voilà à quoi se résume à présent mon existence. Encore une fois... Je ne cherche pas ta pitié. Prends mes paroles comme bon te semble, je crois que ça n'a plus grande importance de toute façon. Je n'arriverais pas à exprimer les choses comme je le devrais et le voudrais et peu importe ce que je dirai, je ne ferai que davantage te blesser et creuser le gouffre qui nous sépare.  Je suis un abruti, un salaud ou ce que tu veux, je l'assumerai. Après tout, j'ai toujours vécu ainsi... Je vais donc vous laisser reprendre votre vie là où elle en était. Mon but n'était pas d'interrompre votre entrainement à vous tous. Mille excuses et pardon de t'avoir fait perdre ton temps Lime Chiho... "

Je regrettais déjà ces paroles, toutefois, je n'avais pas la moindre idée de quoi faire d'autre. Prenant sur moi-même, taisant tout ce qui pouvait hurler en moi, j'avais fait signe à Asobu.  Dépité, à contre-coeur, il était venu vers moi en faisant un détour par Chiho pour aller coller son front contre le sien. L'émotion me submergeait mais je n'avais pas l'intention de la laisser poindre sur mon visage. Du moins... Jusqu'à ce que je me retourne pour entamer la route du retour.

* Watashi wa hontouni baka desu. Kusoooooo !!!!! Itai desu ! Hontôni itee !  *




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