[Cours été 2015 Coordinateur] Les bases de la restauration [Terminé]
Nemo Kendhall
Région d'origine : Kalos
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Sujet: [Cours été 2015 Coordinateur] Les bases de la restauration [Terminé]   Jeu 20 Aoû - 9:38
Cours été 2015 - Coordinateur
Du 7 Juillet au 10 Juillet



"- Un grand restaurant accepte de vous former. Le restaurant en question sert exclusivement des Pokémon et vous serez amenés à faire face à leurs exigences loufoques."

Pokémon utilisé :
abra
J’ouvre l’enveloppe, le coeur battant. Je suis de nature curieuse, les vacances d’été sont toujours un agréable moment pour faire de nouvelles découvertes, de nouvelles rencontres. C’est pourquoi j’ai décidé de tenter ma chance pour partir quelques jours dans un restaurant situé à Argenta. Les touristes affluant à cette époque de l’année pour visiter le musée, les restaurateurs ont décidé d’embaucher de la main d’oeuvre supplémentaire. En ferai-je parti ? La réponse se trouve dans ce courrier. A vrai dire, je n’ai jamais vraiment cuisiné de ma vie. J’aide parfois mes parents, je fais cuire des choses simples et je remplis les assiettes, mais c’est à peu près tout. Heureusement la Pokémon Community est remplie de ressources et ma candidature pour ce poste a été soutenue par Metly Potts, la référente des Mentali. Malgré son naturel un peu trop expansif c’est avec une joie non dissimulée qu’elle m’a prêté main forte pour rédiger ma lettre de motivation en finissant par apposer sa signature. Tout heureux, je l’ai posté quelques minutes après. Regardant le Poichigeon d’une aile incertaine s’élever dans les cieux.

Mes mains sont moites, elles tremblent toute seules. L’enveloppe finie par céder sous la pression que je lui impose. Je ferme les yeux en extrayant la feuille de son écrin. J’ouvre un oeil pour apercevoir Invy qui dort là-bas contre le canapé de la maison des Phyllali. Il n’a pas bougé d’un millimètre depuis plusieurs heures. Je crois que c’est un gros dormeur. Je reporte mon attention sur la lettre en la lisant par la fin. Mon coeur bondit. J’ai été accepté. Je me souris à moi-même. J’ai envie de crier, de courir partout, de prendre dans mes bras mademoiselle Potts. Je commence demain soir. Incertain de ma candidature je n’ai même pas préparé mes affaires. Bon, après tout je ne pars que pour trois jours. C’est donc en vitesse que je fourre quelques habits dans ma valise, les plus classes de ma garde robe. Après tout, le restaurant est très chic. Chic n’est pas le premier mot qui viendrait à l’esprit pour me décrire. Il va falloir que je fournisse des efforts. Beaucoup d’efforts. Je fais un tour dans la salle de bain. Je n’y passe jamais beaucoup de temps, pourtant, là, je prends le temps de prendre soin de moi. Je passe d’abord sous la douche avant d’essayer de dompter mes cheveux. Impossible. Ils font n’importe quoi. Peu importe. Je dois partir !

J’attrape Abra à la volée par un bras et je sors à toute vitesse par la porte d’entrée. Je croise par chance Melty Potts sur ma route. Je lui annonce fièrement et sans m’arrêter que ma candidature a été retenue et que je suis en route pour Argenta. Je n’entends pas sa réponse. Peut-être n’a-t-elle rien répondu. Impossible à dire. Peut-être ne m’a-t-elle même pas reconnu. C’est possible. Mais c’est pas grave, je suis le plus heureux des élèves de la Pokémon Community. Je pars découvrir le monde et travailler dans un magnifique restaurant des plus prestigieux, l’Argentios. Les rumeurs courent comme quoi Latias et Latios seraient présents dans cette région. Je n’ai jamais rencontré de Pokémon Légendaire. C’est un rêve. Je sais qu’il n’est pas prêt de se réaliser. Tant pis, je profiterai du folklore de la ville pour en apprendre plus sur ces deux Pokémon. J’embarque de nuit. J’emprunte le dernier des bateaux se dirigeant vers Kanto. Bizarrement, il y a pas mal de monde. Des travailleurs, ceux qu’eux font le trajet de Cobaba à leur région d’origine tout les jours … ça doit être long pour eux. J’ai la chance d’être logé et nourris dans le restaurant. J’ai tellement hâte que la traversée me parait interminable. De plus, arrivé là-bas il me faudra au moins la matinée pour atteindre mon but qui se situe très au nord de la région.

Je suis le premier à débarquer sur le quais. L’air frais me revigore. La traversée a durée une large partie de la nuit. Je commence à fatiguer mais l’adrénaline prend toujours le dessus. Je trouve un taxi qui accepte de m'amener jusqu’à Argenta pour un prix convenable. Mon Abra est sagement assit à côté de moi, cela fait déjà longtemps qu’il s’est endormi. Je ne tarde pas à l’imiter.

Je suis finalement réveillé par les lueurs du soleil. La matinée est déjà bien entamée et mon chauffeur m’explique que nous n’allons pas tarder à arriver. En effet, la petite ville commence à se dessiner au loin. Je profite du spectacle. Nous arrivons. Je remercie chaleureusement mon chauffeur de taxi avant d’empoigner ma valise et de me mettre à la recherche du restaurant. Il ne doit pas tarder à être onze heures. La pression commence à monter maintenant que je suis là, tout seul, face à ce monde qui m’est inconnu. Je demande mon chemin et parviens finalement à mon point d’arrivée.

L’Argentios est une immense bâtisse qui s’élève sur deux étages. La terrasse s’étend à l’avant et sur son flanc droit, donnant sur un agréable petit jardin où différents Pokémon se reposent. La carte affiche fièrement le “Menu du Jour” et les différentes “Suggestions du Chef” à des prix exorbitants. Le restaurant est en pleine effervescence, il va bientôt ouvrir pour le repas du midi. Tout le monde s’affaire, connaissant parfaitement les tâches à effectuer. Les tables sont vite dressées sur de magnifiques nappes blanches. De jolies fleurs fraîches y sont déposées. L’endroit change d’ambiance. Tout est plus chic, tout respire le luxe. C’est à la fois merveilleux et terriblement déstabilisant. Je reste planté un long moment devant l’entrée jusqu’à ce qu’un serveur s’approche de moi.

“_ Monsieur, vous désirer une table ?
_ Euh … je … non. Je suis venu ici pour aider … enfin … j’ai été embauché.”


Il lève un sourcil. Sans m’adresser un mot de plus il s’en va rejoindre une collègue avant de reprendre sa place. Il est droit comme un “i”, juste devant moi. L’air hautain, il ne m’adresse même plus un regard. Je me sens très mal à l’aise. Finalement, la fille à qui il avait glissé un mot arrive devant moi, m’attrape le bras et m’entraîne à l’intérieur sans que je ne puisse en placer une. Elle m’emmène dans ce qui semble être une réserve. Et là, c’est mon quart d’heure de gloire.

“_ Non mais … tu te rends comptes que tu te pointes dix minutes avant de prendre le service ? Il y a déjà eu une réunion d’équipe, hier et ce matin. Tu étais absent, une lettre a été envoyée pour expliquer que tu étais définitivement viré. Melty Potts a d’ores et déjà été rayée de notre liste, nous ne voulons plus en entendre parler. Maintenant je fais quoi moi ? Je vais voir le patron pour dire que tu es arrivé comme une fleur il y a à peine cinq minutes ? Et puis c’est quoi ces vêtements ? Nous sommes le restaurant le plus cher et le plus connu de la ville, si ce n’est du continent, comment oses-tu arriver habillé d’une telle manière ? De plus, quelle est cette inconvenance d’apporter un Pokémon dans un restaurant ? Range moi ça tout de suite. Ici, les Pokémon, on les mange. On pourrait confondre ton Abra avec l’arrivage du jour et le servir en dessert avec les baies fraîches du jardin. C’est toujours la même chose ! Dès qu’on demande du personnel du plus ils arrivent, ne savent pas quoi faire, ne savent même pas utiliser leur main, ne sont pas formés… j’ai l’impression qu’on marche sur la tête. Je t’emmène voir notre honorable Chef.”

Je ne réponds rien. En fait je suis incapable de répondre. Je devais arriver avant ? Ca n’était spécifié nulle part … j’ai envie de pleurer. Je profite de ce petit répit pour ranger Invy dans sa pokéball, je n’ai ni envie qu’il se fasse manger, ni envie qu’il voit ce carnage. Elle m'entraîne dans différents escaliers, un vrai labyrinthe. On arrive finalement dans les cuisines, tout le monde s’agite. C’est un bazar parfaitement organisé. Je remarque sans mal celui qui dirige les opérations, sa toque touche presque le plafond malgré le fait qu’il soit assis. Non, pas assis, profondément enfoncé dans son siège à caresser un immonde Couafarel tout en piaffant ses ordres à ses larbins. Dès cette vision, j’éprouve un profond dégoût et rejet pour ce personnage. La fille qui m’a engueulé et fait la morale me traîne jusqu’à ses pieds. Elle m’attrape le cou pour me forcer à incliner la tête. Où suis-je tombé … ? Elle explique brièvement la situation en me nommant “Le Morveux” tout au long de la discussion. Il pose différentes questions dont je ne saisi pas le but. Finalement, elle s’en va, me laissant seul face à cette immonde créature. Il paraît réfléchir un long moment. Levant de temps à autre un sourcil. Après ce qui me parait une éternité, il prend la parole. Ses lèvres sont flasques, sa bedaine ressort largement de son tablier. Un tablier englué de tâches de sauce, ou de morve, je ne saurais dire. Pourtant, c’est mon supérieur, je lui dois un respect sans faille.

“_Umh. Va te trouver des habits dans la remise. Tu es de service aujourd’hui. De midi à seize heures puis de dix-huit heures à minuit. Tâche d’être à l’heure et aux ordres d’Altania. Sois poli avec les clients, toujours respectueux. Et surtout, fais-toi petit, le Morveux.”

Je courbe l’échine et déguerpis en quelques secondes. Je n’aurais jamais pu penser que cette arrivée puisse être aussi catastrophique. Je finis néanmoins par trouver, non sans mal, la dite remise. Il y règne une chaleur étouffante. Il n’y a personne à l’intérieure. Désemparé, déboussolé, je m'autorise quelques petites larmes. Je les essuies d’un revers de manche. Je décide de poser ma valise ici. Le service commence dans quelques minutes. Je fouille dans les piles de vêtements pour finalement trouver un ensemble à ma taille. Des souliers luisants faiblement, un pantalon ultra slim noir, une chemise blanche accordée à un veston noir et un noeud papillon de la même couleur. Je ne peux pas nier le choc que ça m’a fait de me croiser dans un miroir. Je ne peux pas nier non plus m’être trouvé vachement classe et mignon. Je me souris dans la glace. C’est parfait.

Je retourne au rez-de-chaussée. Le service a déjà commencé, forcément, je suis encore plus en retard. Je ne sais ni où me mettre, ni comment procéder. Je cherche Altania. Finalement c’est elle qui m’aborde en me criant dessus.

“_ Table 5, un rocher garnit de Mystherbe accompagné de son lit de Paras et un Empiflore remplit de sauce.”

Elle s’en va tout aussi vite. Je me retrouve avec cette commande. Que dois-je faire ? La donner en cuisine ? Ou alors est-elle déjà prête ? Je fais un pas à gauche, je manque de renverser l’un de mes collègue pressé, un plateau à la main. Je recule précipitamment pour trébucher sur un sac, oh non … ce sont ici que les affaires des clients sont rangées. Je tombe en arrière, cette chute ma parait durer une éternité. Je tente de me rattrape à tout ce qui me passe sous la main. Mauvaise idée. J’attrape la nappe de la table de présentation. Un immense bruit résonne de longues minutes dans mes oreilles. La pile de verres. C’était la pile de verres. Ils étaient tous disposés de façon à former une pyramide. Ils sont maintenant tous brisés, en mille morceaux à mes pieds. Me faire petit ? C’est raté. Un silence gênant s’est installé dans la salle. Des centaines de petits yeux me fixent, certains éprouvent du dégoût, d’autres du mépris, quelques-uns une certaine pitié. Mais le regard qui restera à jamais gravé dans ma mémoire est celui d’Altania, il porte une profonde haine. Pourtant, ses actions rapides et précises ne la montre pas, cette haine. Elle m’aide à me relever avec un sourire gêné. Donne quelques ordres rapides et précis et en quelques minutes tout est nettoyé. Quant à moi … elle m’oblige discrètement à quitter la pièce.

“_ Quelle entrée en matière Morveux. Je ne veux plus te voir dans mes pattes. Tu vas aller à la plonge, file !”

Elle se retourne et claque la porte derrière elle. Je souffle un coup. Tout s’est passé si vite. Bordel .... en à peine deux heures ici j’ai foutu un merdier pas possible. Je me retiens à nouveau de pleurer. Je suis le couloir, espérant y trouver quelqu’un pour m’indiquer la plonge. En fait je n’en ai pas besoin. Je trouve une pièce animée et joyeuse où les plongeurs s’amusent à s’envoyer de la mousse. Je m’avance vers eux, ils me remarquent tout de suite et m'accueillent avec de grands sourires.

“_ Mais qui voilà ? Tu es nouveau ? Je ne t’ai jamais vu à Argenta, tu viens d’où ?”

Ils attendent tous ma réponse, ils ont même arrêté leur travail.

“_ Que fais-tu dans les tréfonds malfamés du restaurant ? T’es fringué comme un serveur à papa !”

Ils rigolent et s’échangent quelques blagues que je ne comprends pas. Ils sont intimidants mais ont l’air plus sympathiques et avenants que les autres que j’ai pu rencontrer aujourd’hui.

“_ euh … je m’appelle Aaron … je suis arrivé aujourd’hui … comme … euh. J’étais en retard, du coup au lieu de m’apprendre la cuisine, on m’a mis au service … et … umh …. euh. Je… je viens de renverser une pile de verres … du coup je suis là.”

Je rougis à la mention de ma bêtise. Comme un enfant qu’on s’apprête à gronder. Mais se sont des rires tonitruants qui me répondent. Les trois garçons devant moi s’en tiennent les côtes. L’un me tape même sur l’épaule. Celui qui parait le plus discret prend la parole.

“_ Bien joué Aaron ! Depuis le temps qu’on voulait foutre le bordel dans la salle ! Moi c’est Steph, lui c’est Zack et lui c’est Tof. Bienvenue dans notre agréable lieu de travail.”

Ils ont tous le sourire aux lèvres, ça fait vraiment plaisir à voir. J’ai envie de les prendre dans mes bras, ils me réchauffent réellement le coeur. Je veux bien passer mes trois jours à la plonge si c’est pour être avec eux. Zack me présente un lavabo, il m’explique comment ils fonctionnent et à quel point il faut être réactif. Pendant ce temps Tof est parti me trouver un tablier, plus adapté à ma nouvelle fonction. C’est ainsi que je me mets tranquillement à faire mon travail. Quand ils sont concentrés, ils sont plutôt silencieux. Pourtant, de temps à autre une blague fuse et quelques rires s’en suivent. Je profite de cette longue après-midi pour en apprendre plus sur eux. Zack et Tof sont nés à Argenta et sont amis d’enfance. Ils ne veulent pas quitter leur famille et ont décidé de trouver un travail dans leur ville natale. Ils ont trouvé ce job depuis maintenant cinq ans. Ce n’est pas le plus épanouissant pour eux, mais ils sont ensemble et c’est ce qui compte à leurs yeux. Steph est arrivé début juillet, pour la saison d’été. Il est originaire de Lavanville, c’est un grand voyageur. Il connaît Kanto comme sa poche, il aime voyager et se pose de temps à autre dans ses lieux préférés. Argenta en fait parti c’est pourquoi il a décidé de trouver un petit boulot ici et repartir dans quelques mois. C’est à mon tour de leur expliquer ma situation. Ils trouvent cela rigolo de partir en stage ici, tout ça pour rendre un devoir. Les trois sont plus âgés que moi mais ils me considèrent tous comme leur égal, ça fait un bien fou.

Bizarrement, l’après-midi passe très vite. Notre tâche n’est pas ardue et cette agréable compagnie arrange bien les choses. Personne n'interromps notre travail. C’est un peu le lieu secret où personne n’ose s’aventurer. Je me risque à leur demander.

“_ Pourquoi personne ne vient jamais vous voir ?”

Ils échangent des regards rieurs. Zack arrête son travail un moment. Il se tourne face à moi.

“_ C’est parce que nous sommes les terreurs de l’Argentios. Le boss se prend pour un Wailord, entre nous on l’appelle Phogleur avec sa grande moustache et son sur-poids. On lui a joué plusieurs petits tours. Rien de bien méchant, c’est notre gagne pain. Mais assez osés pour qu’on nous laisse tranquille. Tu as probablement eu à faire Altania, un vrai p’tit Ponchien. Elle suit tout ses ordres à la lettre. Bref, on a fait ce qu’il fallait pour les tenir à l’écart. Tant qu’on fait notre boulot, ils ne peuvent rien nous reprocher.”

Je comprends que je ne risque pas d’en apprendre plus, alors je ne demande rien d’autre. Nous nous remettons au travail dans un silence religieux. C’est vers dix-huit heures qu’une agitation non commune se fait ressentir. Des portes claquent de plus en plus proches de nous et des pas lourds se font entendre. Je sais que c’est moi que l’on vient chercher.

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HAIL NOCTA
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Spoiler:
 
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Sujet: Re: [Cours été 2015 Coordinateur] Les bases de la restauration [Terminé]   Jeu 20 Aoû - 9:46
“_ LE MORVEUX ! C’est toi qui a cassé ma vaisselle hein ? Et tu es parti te réfugier avec tes petits copains à la plonge ? Hop ! Tu montes en cuisine. Bartoloméa va s’occuper de toi.”

J’adresse un regard d’excuse à mes compères. Ils me font des signes d’encouragement mais n’osent pas ouvrir la bouche. Je suis docilement le Chef. Je crois qu’il n’a pas de nom à part “le Chef”. Je m’en fout en fait. J’ai réussi à reprendre à peu près confiance en moi grâce à mes nouvelles rencontres de cette après-midi. J’espère simplement que la cuisine n’est pas un nouveau plan du Chef pour m’humilier. Ne connaissant pourtant pas le personnage, j’ai bien peur que si. Nous montons à l’étage supérieur. Malgré son poids, il est drôlement agile. Il me présente à Bartoloméa qui a sa propre petite cuisine, c’est l’une des cuisinière qui fait la réputation de l’Argentios et … c’est la fille de la cousine du Chef. Pourtant, ils n’ont rien en commun, elle est beaucoup, beaucoup plus maigre, les cheveux rouge vif et de nombreux couteaux accrochés à sa ceinture. Le Chef s'éclipse, me laissant seul avec elle. Elle me présente vite fait sa cuisine.

“_ C’est là qu’les commandes arrivent. Alors tu vas retenir dans ta p’tite tête se qu’il faut préparer. Puis tu’t’diriges vers l’frigo, c’est là qu’sont tout les produits frais. Ensuite tu vas m’regarder faire, puis si j’sens qu’tu débrouilles pas trop mal, j’te laisserai cuisiner un plat ou deux. Capich ?”

Je fais oui de la tête et c’est à ce moment que la première commande arrive. Un fricassé d’Obalie accompagné de Crustabri fris. Je manque un hoquet. Ca me révulse de manger ces pauvres Pokémon. Mais Bartoloméa attend ses produits frais. Comme recommandé, j’ouvre le frigo. Toutes les étagères sont étiquetées. Je finis par mettre la main sur les différents ingrédients que je porte à la cuisinière. Pendant que j’effectuais ceci deux autres commandes sont arrivées. Des frites aux Marmochon et un Sorbebe et … une garniture de baies fraîches avec son lit de pommes de terre où trône une … une tête de Abra ? Mon coeur manque un battement. Instinctivement, je porte ma main à la Pokéball d’Invy. Elle est bien en sécurité, toujours dans ma poche. Je suis resté figé alors que Bartoloméa s’affaire à sa cuisine. Je ne peux pas … Tout ces Pokémon. Une nouvelle commande arrive. Un Colhomard entier, le plus prestigieux des plats. Le plus cher. Je me force à donner la viande à ma supérieure. Je suis prêt à vomir quand je transporte la tête du Abra. Il me rappel beaucoup, beaucoup trop mon starter.

“_ Oh, pour tout les crustacés faut aller voir dans la pièce d’à côté. Prend la brique pour les assommer.”

Je me dirige donc vers la pièce adjacente. Heureux de ne pas avoir à supporter le Abra décapité plus longtemps. Mais le spectacle qui m’attends dans ce nouvel endroit n’est guère plus glorieux. Il me retourne littéralement l’estomac. D’immenses bassins de poissons et de crustacés sont entreposés. Ils sont tellement nombreux qu’ils ont à peine de place pour se déplacer. Toutes les pinces sont solidement fixées, les Pokémon qui ont tendance à mordre ont été bâillonnés. Ils me font beaucoup de peine. Des carcasses non utilisables sont entassées dans un coin de la pièce. Je n’ose même pas imaginer ce que je pourrais y trouver. Le bac des Colhomard est mélangé avec les Carvanha et autres Barloche. Je met un moment à me décider à plonger ma main dedans. Il me faut tout mon courage pour me décider à attraper l’un des spécimens. Un Caranha manque de peu mon bras mais je suis assez vif pour l’éviter et attraper le Colhomard. Je retourne vers la cuisinière lui apportant fièrement ma prise.

“_ T’as été tellement lent qu’j’ai été obligée d’en prendre un congelé. Les clients n’attendent pas. Bon, on va quand mêm’ pas gaspiller celui-là.”

Elle me prend le Pokémon des mains et me tend un immense couteau. Je le prends, tremblant.

“_ On va profiter qu’il n’y est pas d’aut’ commandes pour t’ former un peu. Je vais t’expliquer comment r’tirer la chaire du Colhomard tout en utilisant son étoile et ses pinces en décorations. Vas-y, ‘proche toi.”

Je m'exécute. Le Pokémon me regarde avec des yeux qui ne comprennent pas ce qui va lui arriver. Elle me montre le geste à effectuer. C’est à contre coeur que je découpe sèchement la tête du homard. Elle tombe à mes pieds et j’en ai les larmes aux yeux. Je viens de briser l’étoile qu’il porte habituellement fièrement sur la tête. Bartoloméa sent mon malaise. Elle ramasse la tête et me donne une tape amicale sur l’épaule.

“_ T’as eu une longue journée. Prend l’escalier au bout du couloir à droite. Ta chambre se situe tout au fond à droite. R’pose toi et sois en forme pour demain.”

Je la remercie d’un signe de tête. Elle ne sait pas le cadeau qu’elle est en train de me faire. Je me débarrasse du tablier, j’ai l’impression d’avoir du sang sur les mains. Je trouve sans mal l’escalier. Ma chambre est au calme et donne sur l’arrière de la bâtisse. Les draps sont propres. Je passe mes mains sous l’eau, espérant faire partir l’odeur du meurtre. C’est peine perdue. Mes mains me brûlent à cause de la matinée de vaisselle. Cette soirée est à nouveau un fiasco. Je ne suis pas fait pour la restauration … A peine étendu sur mon lit, je m’endors tout habillé.

Je suis réveillé à grand coup de poings sur la porte.

“_ Debout le Morveux ! Les Pokémons n’attendent pas.”

Déjà habillé je saute du lit pour ouvrir la porte. Le Chef s’y tient.

“_ Bon, on va bien finir par te trouver une place, toi. Aujourd’hui tu vas avec Lucenzo t’occuper des Pokémons. Il part dans cinq minutes.”

Je ne perds pas une seconde et je dévale les escaliers. Le fameux Lucenzo a garé sa voiture devant le restaurant, il est en pleine conversation avec un autre homme qui semble lui donner quelques directives. J’attends que leur conversation se termine pour me présenter à lui. Il est très jeune, à peine quinze ans je dirais. Un brun aux cheveux courts et aux yeux verts. Il me fait tout de suite un certain effet. Je me présente en bégayant et il se fout gentiment de moi. Il m’invite dans sa camionnette et nous partons. Durant le trajet il m’explique qu’il est le fils des éleveurs qui s’occupent des Pokémon qui sont vendus au restaurant. Lui, n’approuve pas le fait que tout les Pokémons qu’il élève soient destinés à l'abattoir, pourtant, c’est ce qui rapporte le plus d’argent. La vie coûte chère à Argenta. Je m’imagine un instant à sa place, et si mes parents avaient dû faire la même chose, aurais-je une mentalité différente aujourd’hui ? Probablement… mine de rien, ça me fait du bien rien que de penser à une journée en plein air et avec de vrais Pokémon, bien vivants. Nous arrivons à leur ferme après une bonne demi-heure de route. Ils possèdent un immense terrain où tout les types de Pokémon se côtoient. Lucenzo m’explique que ses parents sont absents, ils sont partis acheter des oeufs pour renouveler leur élevage. Tant mieux, cela ne me déplaît pas outre mesure d’être seul avec lui aujourd’hui. Nous commençons par passer chez lui pour se faire un petit pique nique.

Je me retrouve à nouveau en pleine nature, au milieu de rien. Ca fait un bien fou. J’invoque Invy à mes côtés, ça ne lui ferra pas de mal de prendre un peu l’air. Je pose une main rassurante sur son épaule et il se calme. Je suis mon guide, il a décidé de commencer par aller remplir les mangeoires. Nous aurons probablement l’occasion d'apercevoir des types Herbe, ou Normal. Je m’en réjouit d’avance. Je garde néanmoins mes distances, je n’ai pas envie de faire fuir ces Pokémons semi-sauvages.

Lucenzo est accompagné par un petit Riolu qui est tellement obnubilé par sa tâche qu’il ne se rend même pas compte de ma présence. Je crois que c’est mieux comme ça. Le temps passe vite en compagnie agréable. J’arrive enfin à me détendre. La journée d’hier a été éprouvante. Je lui raconte mes conneries et il rigole à la mention des verres cassés. Il ne connaît pas du tout le Chef mais a eu affaire plusieurs fois à sa larbine, il ne la supporte pas non plus. Nous rions, échangeons quelques blagues ou parlons de situations délicates. Je lui raconte mon aventure dans les ruines de l’ancienne citée d’Athénéfis puis de l’incroyable sauvetage dans la planque de la Team Rouage. Il m’envie un peu, il est bloqué ici par ses parents. Mais dans un sens, il aime cette vie. Cela me fait plaisir de parler de tout et de rien. Même de me confier à cet inconnu. Quelque chose m’attire en lui, je serais incapable de dire quoi mais je suis comme un aimant. Il n’a pas l’air de s’en rendre compte, c’est assez frustrant. Je me surprends à le détailler comme je n’ai jamais détaillé personne. Je le regarde d’une manière nouvelle, il parvient à me mettre dans un état différent. C’est très étrange.

Je ne vois pas la journée passer. Lucenzo me propose de rester dormir. Mais le Chef serait furieux de l’apprendre. Je préfère rentrer pour éviter les problèmes. Il hausse les épaules, l’air déçu. Je m’en veux aussitôt d’avoir refusé son invitation. J’ai raté ma chance. Il me raccompagne, en silence. Il me dépose devant l’entrée, nous échangeons des adieux cordiaux. Je ne le reverrai probablement plus jamais. Cela me rend triste. J’ai l’impression d’avoir tout fait foirer. J’en ai les larmes aux yeux. Je suis dépité quand je remonte les escaliers qui mènent à ma chambre. J’ai raté quelque chose… cet homme était… différent. Je m’allonge sur mon lit. Demain il sera déjà l’heure de rentrer. Je m’endors accompagné de ces pensées moroses.

Le réveil est à nouveau ponctué de grandes tapes à la porte.

“_ Debout le Morveux ! C’est ta dernière matinée, tu repars au service.”

Au service ? Il ose me remettre avec les clients après le massacre de verre que j’ai fait ? C’est très étrange. Je revêts alors les habits classes trouvés dans la remise deux jours plus tôt. Ils sont quelque peu froissés mais feront bien l’affaire. Je retrouve ensuite le rez-de-chaussée où règne un calme absolu. Je ne me rend pas compte qu’il est déjà dix heures et qu’il va falloir s’occuper de dresser les tables. Une jolie fille toute élégante s’approche de moi. Je ne l’avais jamais remarqué. Elle rougit en s’adressant à moi.

“_ Euh, Aaron c’est ça ?
_ Oui ! Enchanté ! Tu es bien la première à ne pas m’appeler “Le Morveux”.”


Je rigole doucement et elle se met à nouveau à rougir.

“_ Et toi ?
_ Lisbeth, je… je serais là pour t’épauler durant le service. Je vais te montrer et t’aider à dresser les tables. Ne fait pas attention à Altania, elle se prend pour la petite reine mais je suis sa supérieure hiérarchique. Je n’étais juste pas au courant de ton arrivée.
_ Mieux vaut tard que jamais !”


Je lui souris, elle devient pivoine. Je ne comprends pas l’effet que j’ai sur elle. Je suis juste cordial et tout à fait moi-même. Je reste sur place quelques minutes avant de la suivre. Elle me montre où sont les différents couverts en n’oubliant pas de me rappeler qu’il faut éviter de les casser. Dans le ton de sa voix je ne parvient pas à comprendre si elle se fout de moi ou si elle n’est simplement pas au courant de mon fiasco. Bref, nous passons une bonne heure à mettre les tables, arranger les chaises et déposer les fleurs fraîches. Nous parlons normalement mais elle paraît gênée à chaque fois qu’elle m’adresse la parole, je ne comprends toujours pas pourquoi.

Onze heures passés, les premiers clients arrivent. Lisbeth les accueille, je prends note de la façon dont elle procède. Elle les installe à une table lorsque de nouvelles personnes arrivent. Je m’approche d’eux, essayant d’avoir l’air sûr de moi.

“_ Bonjour, bienvenue à l’Argentios, je vous installe ?”

C’est à peine si le couple me regarde. Ils s’installent à une table et s’emparent des menus. Après quelques secondes de réflexion le vieux bonhomme me dit.

“_ Où est notre serveuse ?
_ Je suis là, à votre service, Monsieur.
_ Nous voulons notre serveuse habituelle !
_ Je crains qu’elle ne soit absente aujourd’hui, Monsieur, puis-je prendre votre commande à sa place ?”


Il se renfrogne et replonge le nez dans sa carte. Alors que je me retourne pour les laisser choisir la femme me siffle.

“_ Et moi, on ne prend pas ma commande jeune homme ?
_ Pardonnez-moi, Madame, que désirez vous commander ?
_ Je vais prendre le plat du jour.
_ Pareillement.
_ Très bien, je vous les apporte, merci.”


Je quitte la table, les mains moites. Forcément, il fallait que je tombe sur les clients habitués qui veulent Altania comme serveuse. Bon, je pense avoir bien fait mon travail. Je n’ai pas le temps d’y réfléchir que de nouveaux clients arrivent. Ils sont plus respectueux et me demandent poliment s’ils peuvent s’installer en terrasse. Je leur propose alors un table à l’écart et à l’ombre puis je prends leur commande. La matinée file comme le vent. Je prends du plaisir à installer, prendre les commandes puis servir les gens. Je retrouve la même envie que lorsque je m’occupe des Pokémon sauf que là, les clients ne me fuient pas. Je pense que finalement, serveur, est un métier qui me correspond bien mieux que cuisinier. Je suis content de passer ma dernière journée à ce poste. Et puis … Lisbeth est adorable. Elle m’aide dès que je ne sais pas comment m’y prendre, me donne des astuces, d'innombrables conseils, c’est un délice de travailler avec elle.

Le service prend fin vers quinze heures. Je n’ai pas vu le temps passer mais j’ai drôlement mal aux pieds. Je m’assois alors en terrasse, Lisbeth prend place à côté de moi.

“_ Tu vas partir, c’est ça ?
_ Oui. Il est temps de retourner à la Pokémon Community, je dois rédiger un devoir sur ces quelques jours à l’Argentios.
_ Si tu as besoin d’informations … ou d’autres choses, n’hésite pas à me contacter. Tiens, voilà mon numéro d’IPok.
_ Merci beaucoup Lisbeth, pour tout. Tu as été formidable et c’est grâce à toi que j’ai tout appris aujourd’hui.” J’hésite “Si tu le croises, remercie Lucenzo de ma part aussi.”


Mes yeux sont dans le vague, je repense à la frimousse du beau brun. Elle parait percevoir ma divagation et y met fin.

“_ Je n’y manquerai pas. Je vais descendre ta valise, profite en pour dire au revoir au personnel.”

Elle se lève, me laissant seul sur la terrasse. Dire au revoir au personnel … le Chef et Altania sont absents aujourd’hui. Il ne me reste à faire mes adieux qu’aux meilleurs. Je monte au premier pour retrouver la cuisine de Bartoloméa. Je frappe timidement.

“_ ‘trez !
_ Bonjour Bartoloméa.
_ Oh ! B’jour Aaron, je peux t’aider ?
_ Tu l’as déjà fait, ne t’en fais pas, je viens juste te dire au revoir, mon stage ici touche à sa fin et… tu m’as beaucoup appris en peu de temps.”


Elle se lève et vient vers moi, un couteau à la main.

“_ Ce fût un plaisir ! Passes quand tu veux. Par contre, je ne te veux plus en cuisine si c’est pour t’mettre dans un état pareil. J’t’ai vu au service t’à l’heure, t’es fais pour avoir l’contact ‘vec le client, pas pour être dans l’arrière boutique.
_ Merci Bartoloméa, je le saurais pour la prochaine fois.”


Elle m’ébouriffe les cheveux avec un grand sourire. Je quitte la pièce, le coeur lourd. Mais il me reste à aller voir mes trois compères. J’entre dans l’arrière salle au bout du couloir. Steph est occupé à finir la vaisselle pendant que Zack et Tof … sont en train de s’embrasser. Je fais un pas en arrière par peur de les déranger. Mais c’est trop tard, ils m’ont tout les trois remarqués. Je dois les regarder d’une façon bizarre pour qu’ils se mettent tout les trois à rire comme ça. Steph me lance.

“_ Nooooonn, ne me dit pas que tu n’avais pas remarqué ?
_ euh … non, j’avais rien vu …”


Ils se mettent à rire de plus belle. Comment aurais-je pu savoir que ces deux zigotos sortent ensemble ? C’est très bizarre et le plus étrange est d’avoir l’image mentale de Lucenzo qui s’impose alors à mon cerveau. Je secoue la tête, je n’ai pas envie d’y penser. J’essaie de reprendre ma contenance.

“_ Je suis venu vous dire au revoir. Et merci aussi. Sans vous j’aurais probablement pas passé mon premier jour.
_ Ahah ! De rien petit Aaron ! N’hésite pas à repasser si tu en as l’occasion !
_ Ce fût un plaisir, joli roux.”


Je ne peux m’empêcher de rougir à la mention du “joli roux” ce qui fait encore plus rire son compère.

“_ Allez, file avant que je ne t’attrape ! A plus Aaron !”

Je leur adresse un grand sourire avant de quitter la pièce. Ils sont vraiment extra. Je me retrouve dehors, Lisbeth est là, devant un taxi. Bartoloméa est à la fenêtre, une cigarette à la main. Pas de trace des trois autres. Ni de Lucenzo. Je ne peux m’empêcher d’en avoir un pincement au coeur. Lisbeth me tend timidement ma valise. Je l’a remercie chaleureusement. Je lui dépose un baiser sur la joue en guise d’adieu. Elle répond en me déposant un léger bisou sur les lèvres. Ses lèvres sont douces, agréables et pulpeuses. Mais non, rien d’autre. Je me retourne, monte dans la voiture. Je lui fais un signe d’adieu. Son regard emplit de larmes me fait comprendre qu’elle est déçue. Je m’empêche à nouveau de pleurer. Je viens de lui briser le coeur. Désolé. D’autres questions me tourmentent à présent.

Mais surtout, la Pokémon Community m’attend et Metly Potts doit brûler d’impatience de voir mon devoir.

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