[Cours Été 2015 - Scientifique] Tout devient merveilleux dans la brume. [Terminé]
Eryn McNellis
Eryn McNellis
Région d'origine : Sinnoh - Floraville.
Âge : 19 ans.
Niveau : 30
Jetons : 3745
Points d'Expériences : 1334
Coordinateur Éleveur
Sujet: [Cours Été 2015 - Scientifique] Tout devient merveilleux dans la brume. [Terminé]   Mer 26 Aoû - 11:33
Unys. Elle aurait pu partir dans n’importe quel coin du globe, et elle avait été envoyée à Unys. Cette destination lui convenait, sachant qu’elle n’y était jamais allée. Quand elle voyageait avec sa mère, c’était pour s’arrêter dans les capitales, les grands hôtels, pour discuter commerce avec de hautes influences, qui finissaient toujours par courber le dos devant le Devil Smile du Requin Fleuri. Quelle veine quand même ! Juste quand elle décidait de se réorienter, pour passer de Coordinatrice à Scientifique Chercheuse Pokémon, un journal recherchait des stagiaires pour répertorier les Pokémon d’une zone ! A peine rentrée de ses vacances avec Dahlia, Eryn s’était ruée dessus pour s’inscrire, et avait reçu un texto quelques jours plus tard, pour la remercier de sa bonne volonté et l’assigner à Unys, à Méanville, pour explorer le Bois des Illusions. Un bois ! Génial ! La petite Mentali avait, en effet, oublié de renseigner ses préférences, et aurait été bien bête si on l’avait envoyée près d’un volcan, comme à Cramois’Ile, par exemple. Portant la main à sa poche, Eryn en sortit son iPok pour le regarder à nouveau. Alors, débarquement à Port Yoneuve, c’est bon. Prendre la route de l’ouest pour passer le Pont Dracaufeu (aussi appelé le Pont Yoneuve), c’est bon aussi. Continuer sur le chemin jusqu’à ce qu’elle arrive à Méanville, c’est bon. Maintenant, Eryn était émerveillée. Méanville était gigantesque ! Et elle était un peu perdue aussi… Par où devait-elle aller ? Timidement, elle arrêta les passants pour leur demander leur chemin, et finit par trouver son hôtel, où elle put poser sa valise et boire un peu d’eau, pour se remettre de son long voyage. Alors qu’elle allait ressortir, elle entendit qu’on tapait à sa porte. Curieuse, elle alla l’ouvrir, et se retrouva nez à nez avec un homme et une femme, qui lui firent deux grands sourires chaleureux.

« Bonjour ! Tu es Eryn, c’est ça ? La jeune scientifique venue pour travailler au Bois des Illusions ? » Eryn hocha timidement la tête. « Ah, parfait ! On se demandait si tu t’étais perdue à Méanville, héhé… Je suis Alice, et voici Franck, on est envoyés par le journal pour »
« C’que tu peux être bavarde Alice, tu ne vois pas que tu nous l’intimides, la petite demoiselle ? » L’adulte esquissa un sourire, auquel elle répondit timidement. « Tu as eu le temps de t’installer ? Oui ? Parfait. On pensait partir de suite au Bois des Illusions pour faire un petit tour d’horizon, tu viens avec nous ? »

Une dizaine de minutes plus tard, le petit groupe entrait dans le Bois des Illusions. Eryn ouvrit de grands yeux émerveillés, et Deku, son Brocélôme, gazouilla de contentement dans sa Poké Ball. Ce lieu lui plaisait énormément. Le bois était plongé dans la brume. Les arbres montaient haut, tellement haut qu’elle n’en voyait pas la pointe, et que les rayons du soleil avaient du mal à percer les différentes couches successives de feuilles, de branches et d’épines. Le sol semblait accidenté, couvert de pierres, de mousse, d’épines brisées, de traces de passage des Pokémon autochtones… Mais surtout, la forêt semblait grande ! Suivant les deux adultes, la Mentali s’enfonça dans le Bois des Illusions, regardant tout autour d’elle, s’amusant d’entendre grouiller les Pokémon, qui s’avançaient pour voir qui étaient ces trois étrangers, leurs petits yeux perçants brillant dans les fourrés. Il y en avait tellement ! Et dans l’eau aussi ! Émerveillée, la Mentali regarda un Poissirène sortir sa tête de l’eau pour l’observer avec curiosité, et replonger quand elle fit mine de tendre la main. Oh. Plutôt farouches par ici. Mais elle en voyait quelques-uns. Là-bas, elle reconnaissait Chlorobule, caché derrière un arbre, qui la regardait peureusement. Dans de même arbre, il y avait des Apitrini, Pokémon haïs par Seth, qui protégeaient leur ruche. Il semblait y avoir plusieurs espèces de Pokémon ici. Ca allait lui donner beaucoup de travail.

« Bon, pour ce premier jour, on va faire le tour du bois, pour essayer de rencontrer un maximum de Pokémon et voir un peu leurs habitats préférés, pour pouvoir mieux se répartir le travail demain. C’est ok pour tout le monde ? Alors on y va ! »

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Le Bois des Illusions est un petit bois d’Unys, non loin de Méanville, tout près de la Route 16. Assez difficile d’accès, du fait de son chemin abrupt, rocailleux et caché entre les arbres, il ne livrera pas ses secrets au premier venu. En effet, une brume étrange semble régner en maîtresse des lieux, rendant difficile toute appréciation géographique. Il n’est pas rare que les promeneurs de passage se perdent et tournent en rond pendant des heures, repassant plusieurs fois au même endroit, parfois à quelques mètres de la sortie des bois. C’est justement à cause de cette brume que le Bois des Illusions porte ce nom, car entre les bruits du vent dans les feuilles, le martèlement des pattes des Pokémon des lieux, et l’imagination des touristes égarés, de nombreuses hallucinations peuvent prendre vie dans le brouillard. Cependant, une fois cette peur de la brume passée, de nombreuses choses se cachent dans le bois.


Eryn cessa de tapoter les touches de son ordinateur portable pour lever les yeux vers ses Pokémon. Bleuenn était couchée dans l’herbe, en plein soleil, et s’était visiblement endormie. Deku s’amusait à entrer et sortir de la brume en riant, Yakuru bondissant pour essayer de l’attraper. Flim, assis au milieu des fleurs, jouait avec son aiguille et un morceau de tissu. Khensit et Amaryllis s’étaient avancées dans la brume pour engager la conversation avec les Pokémon locaux, pendant qu’Aladar se soulevait légèrement pour essayer de trouver des fruits dans les arbres. Quand un petit singe vert se suspendit à un arbre pour tendre une main vers les bananes pendues au cou du Tropius, et que ce dernier s’approcha pour laisser le petit singe se servir, Eryn esquissa un sourire et attrapa son appareil photo pour immortaliser l’instant. Le Pokémon s’appelait Feuillajou. Il était plutôt mignon, avec son chou-fleur sur la tête. Reposant son appareil photo, elle s’assit un peu mieux dans l’herbe, et recommença sa rédaction.

En certains endroits du Bois des Illusions, la brume semble bannie, laissant place à des clairières fleuries et ensoleillées, cernées par le brouillard. Il n’est pas rare d’y croiser de nombreux Chlorobule ou Doudouvet qui prennent un bain de soleil et, plus rarement, des Fragilady ou des Farfaduvet au milieu de leurs pré-évolutions. Il sera cependant difficile de les approcher, ces derniers, très farouches, s’enfuyant quand un étranger entre dans leur champ de vision. Tout autour de ces clairières, des arbres immenses s’élèvent, et la longueur de leurs branches, entremêlées les unes aux autres, empêchent la lumière du soleil de briller dans le bois, rendant la brume encore plus oppressante. Il n’y a que dans ces quelques trouées de lumière, où la brume ne pénètre pas, que le soleil règne en maître, car aucun arbre n’est là pour l’empêcher de réchauffer les lieux.

La Mentali bâilla, et se frotta les yeux. Un nuage venait de passer devant le soleil, faisant baisser la luminosité. Après tout, ça faisait plusieurs heures qu’elle était assise ici, dans sa clairière, à écrire le début de son article. Elle avait passé trois jours à se promener dans le bois, sa Chlorobule lui servant de guide, et avait désespérément tenté d’écrire quelque chose en rentrant à l’hôtel, le soir, avant de comprendre qu’elle n’y arriverait pas de cette manière. Elle avait besoin d’être proche du lieu pour avoir l’inspiration. D’être assise dans le Bois des Illusions, de voir les Pokémon gambader autour d’elle, d’entendre les bruits de la forêt, bref, de se sentir presque de retour chez elle, dans les vertes vallées fleuries de Floraville… Eryn lâcha un léger soupir, et reposa les yeux sur l’écran de son ordinateur. Il ne fallait pas qu’elle oublie de parler des zones. Elle avait bien profité de ces trois jours pour faire le tour du bois, se perdre dans la brume, se prendre les pieds dans des racines, manquer de tomber à l’eau, et finalement se repérer du mieux qu’elle pouvait dans cet endroit parfois infernal. Heureusement, la brume n’avait aucun effet sur elle, et elle n’était sujette à aucune hallucination. Sans doute parce qu’elle avait survécu à sa nuit d’enfer sur la terrifiante île Enigma, dont la brume hallucinatoire l’avait plongée dans la pire des paniques.

Le Bois des Illusions, bien que de petite taille, est divisé en trois zones bien distinctes. La première, la plus étendue, couvre la quasi-intégralité du bois, et semble être perpétuellement dans la brume, à cause des grands arbres dont les branches forment une couverture trop épaisse pour que les rayons du soleil ne filtrent. C’est généralement dans cette première zone que les visiteurs se perdent, dans chercher à aller voir les autres, car il est possible d’y trouver tous les Pokémon du Bois des Illusions, certains facilement, d’autres en cherchant un peu.
La deuxième zone est une petite plateforme, juste à la droite du pont d’entrée, qui n’est cependant accessible que grâce aux CS Surf et Cascade, ce qui explique le fait que peu de voyageurs s’y aventurent. Cette zone-ci, un peu plus en hauteur, semble bénéficier d’un surplus de soleil par rapport à la première zone, cachée dans l’ombre et la brume à cause de l’épaisseur des arbres. Cependant, la première et la deuxième zone partagent le même écosystème, aucun Pokémon terrestre du Bois des Illusions ne préférant vivre dans une zone plutôt que l’autre, ce qui explique que peu de gens ne tentent l’escalade pour trouver dans la deuxième zone des Pokémon qui auraient été introuvables dans la première. Cela dit, cette plateforme en hauteur offre un joli panorama sur tout le Bois des Illusions, permettant de voir la forêt dans son entièreté, voire même, parfois, d’être au-dessus de la brume.
La troisième zone n’en est pas vraiment une : en effet, c’est une petite rivière qui serpente dans tout le Bois des Illusions, et la cascade où elle prend sa source donne accès à la deuxième zone pour les Pokémon pouvant surfer et la remonter. Mais si cette petite rivière est considérée comme une zone à part entière, parfois même comme la seule vraie deuxième zone du Bois des Illusions, c’est parce qu’il est possible d’y trouver quelques rares Pokémon Eau, qu’il n’est pas possible de trouver sur la terre ferme. S’il est possible de traverser cette rivière en certains endroits, parce qu’elle se transforme en un mince filet d’eau ou qu’elle n’est pas très profonde, il est des endroits où elle s’étend, autant en longueur qu’en profondeur, permettant d’y trouver quelques Pokémon Eau. Certains de ces endroits sont d’ailleurs des coins de pêche réputés, pour ceux qui n’ont pas peur de braver la brume.


« Eryn ! On y va, il est tard ! Tu viens avec nous ou tu restes ici ? »
« Non, j’arrive, je viens juste de terminer ! »
D’un geste, la Mentali referma son ordinateur portable et le rangea dans sa housse, puis dans son sac, se relevant d’un bond pour quitter la clairière, ses Pokémon la suivant de près. Quelques secondes plus tard, une nuée de Chlorobule sortit de la brume pour se disperser dans la clairière, et une Fragilady s’avança jusqu’à l’endroit où Eryn était assise, pensive.

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Couchée au sol, la Mentali braquait son appareil photo sur une énorme ruche d’Apitrini. Elle avait réussi à photographier un mâle, puis une femelle quelques heures plus tard, elle attendait maintenant le retour de l’Apireine pour l’immortaliser aussi. Cela faisait la matinée, et presque toute l’après-midi, qu’elle était comme ça, et la faim commençait à se faire sentir. Mais, en contrepartie, les Pokémon s’étaient habitués à la présence de cette demoiselle aux cheveux roses qui les regardait sans rien faire. Les plus craintifs avaient fini par sortir, pour vaquer à leurs occupations, et en bougeant légèrement, elle pouvait les prendre en photo. En plus du singe vert, pris en photo deux jours plus tôt, elle avait immortalisé un singe rouge, Flamajou, et un bleu, Flotajou. Elle avait pu capturer un Doudouvet curieux, et un Venipatte qui rampait paresseusement le long de l’eau. A un moment donné, alors qu’elle commençait à désespérer un peu, elle avait pu capturer un Emolga en train de se disputer avec un Couverdure, à qui il essayait de piquer son repas. Mais la petite souris volante avait fini par s’enfuir quand quelque chose l’avait frappé, et Eryn en avait déduit qu’il s’agissait d’un Manternel, venu en renfort en entendant les cris indignés de sa sous-évolution. Elle n’avait malheureusement pas pu prendre celui-là en photo, le Pokémon étant resté caché dans les feuillages. En contrepartie, elle avait réussi à avoir Poissirène et Poissoroy en plein vol, puis deux Bargantua, un rouge et un bleu, quand ces derniers se jetèrent l’un sur l’autre, éclaboussant la berge de gerbes d’eau. Posé à côté d’elle, son iPok s’illumina. A regret, Eryn posa son appareil photo, persuadée que l’Apireine qu’elle attendait profiterait de ce moment pour apparaître, et décrocha son téléphone.

« Oui ? »
« Hey princesse ! Tu as fini tes observations ? Il est tard, il va falloir qu’on y aille avant que la nuit ne tombe ! »

Eryn leva les yeux vers la ruche. Les quelques Apitrini qui l’observaient retournèrent à leurs occupations. Amusée, la Mentali sourit, avant de reprendre la parole.

« Non, je vais rester encore un peu, je crois que je commence à comprendre quelque chose. Je vous rejoindrai quand j’aurai fini, d’accord ? »
« Hmmm. D’accord ! Évite de te perdre dans le Bois des Illusions, ce serait dommage ! »

Avec un petit rire, la Mentali raccrocha, et reprit son appareil photo, s’asseyant cette fois-ci en tailleurs. Se redresser fut très dur, tellement ses muscles étaient engourdis de cette position couchée qu’elle avait gardé toute la journée. Posant son appareil photo sur ses genoux, sans se soucier des Apitrini, elle tendit les bras vers Amaryllis, sa Chlorobule, qui s’y jeta pour un câlin bien mérité. Placide, Aladar, son Tropius, s’approcha d’elle, baissant sa grosse tête vers elle pour qu’elle chipe une banane accrochée à son cou, et qu’elle mange un minimum. Obéissante, Eryn s’exécuta, et mangea rapidement son fruit. Elle était affamée. Heureusement, son équipe était là ! En chantonnant gaiment, Deku revint, portant des baies dans ses bras spectraux, baies qu’il laissa tomber sur les jambes de sa dresseuse après avoir récupéré l’appareil photo pour ne pas le salir. Esquissant un petit sourire, Eryn mangea les baies, faisant gazouiller de bonheur le Brocélôme. Voilà, son repas était fait. Maintenant… Voyons voir si son intuition se confirmait. Se redressant, elle accrocha son appareil photo autour de son cou, et tourna le dos à la ruche pour s’éloigner et s’enfoncer dans la forêt. Flim, perché sur sa tête, lâcha un petit rire flûté, lui indiquant que, comme elle s’y attendait, les petites abeilles la suivaient. Eryn avait fini par comprendre. Elle venait, elle partait, elle revenait, elle repartait… Pour eux, elle était une étrangère, qui tapotait une machine étrange en les prenant en photo, et qui disparaissait le soir venu pour revenir au petit matin. Elle ne faisait pas parti de leur monde. Donc, pour pouvoir prendre des photos de tout ce petit peuple, elle devait appartenir à leur monde. Elle allait se balader un peu, puis elle rentrerait, et dès demain, elle reviendrait, avec tout le nécessaire à camping pour passer le reste de son séjour d’observation dans la forêt. Ce serait plus pratique que de -

« Hiiiiiii ! »

Son pied se prit dans une racine, et elle s’étala de tout son long, perdant temporairement son souffle sous le choc. Quand elle se releva en grimaçant, ce fut pour voir qu’elle avait interrompu ce qui ressemblait à un début de duel entre un Scarabrute et un Scarhino, qui posèrent sur elle un regard agacé. Effrayée, elle recula précipitamment, se prenant à nouveau les pieds dans la même racine, retombant donc en arrière. Cette fois-ci, ce fut sa tête qui heurta le sol, avec suffisamment de forces pour que des millions d’étoiles commencent à danser dans son champ de vision. Lentement, elle leva la main jusqu’à sa tête pour tâter son crâne, voulant s’assurer qu’elle sa blessure, due à la Team Rouage, ne s’était pas rouverte. Ce n’était pas le cas. Elle aurait eu l’air bien bête, à pisser le sang au milieu de la forêt, sans savoir comment rentrer… Car oui, elle était perdue. Et son appareil photo était tombé plus loin, en plus de ça. Doucement, elle se redressa, entourant le cou de son Cabriolaine de ses bras, ce dernier reculant doucement pour l’asseoir, puis l’aider à se remettre debout. Combien de temps avait-elle passé, couchée au sol comme ça ? Il fallait qu’elle rentre. Mais avant, elle devait retrouver son appareil photo et son iPok. Si seulement la terre voulait bien arrêter de tourner comme ça ! Maladroitement, elle fit quelques pas, et s’assit sur une souche d’arbre. Les deux Pokémon avaient disparu. Ca prouvait bien qu’elle était comme ça depuis un moment. La nuit était tombée, en plus. Alors qu’elle appuyait doucement sur ses tempes pour faire passer la douleur, un fourré remua, et un Nanméouie en sortit pour s’approcher d’elle. Ses petites antennes auriculaires se déployèrent pour toucher doucement les joues de la Mentali, qui rouvrit les yeux, un peu surprise.

« Nanmééééouie ! »

Le petit Pokémon s’illumina doucement, avant qu’une attaque ne la frappe. Vibra-Soin. Eryn ferma les yeux et lâcha un profond soupir de soulagement. Sa tête lui faisait beaucoup moins mal, elle n’avait plus de douleur à la jambe, et même ses muscles endoloris semblaient retrouver une nouvelle jeunesse. Alors que le Nanméouie continuait de s’occuper d’elle, des Chlorobule, menés par Amaryllis, lui rapportèrent son appareil photo et son iPok, qui brillait intensément. Appel. Ca attendrait. Ouhlala, trente appels en absence ? Franck et Alice devaient vraiment se faire du souci… Le Nanméouie la lâcha, et s’éloigna avec les Chlorobule avant qu’Eryn n’ait eu le temps de la prendre en photo. Avec un soupir, la Mentali décrocha au nouvel appel et porta le téléphone à son oreille. Pas sûr qu’ils acceptent son idée…

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« Tu es sûre de toi ? »
« Oui. Si je veux pouvoir prendre tout ce petit monde en photo pour compléter mon article, il faut que je reste au plus près d’eux, donc dans la forêt. »
« Et si quelque chose se passe alors que tu es toute seule, comme la dernière fois ? »
« C’était un accident, je n’ai pas fait exprès… »
« On a jamais dit que tu avais fait exprès, juste qu’on est inquiets de te voir camper seule dans le Bois des Illusions après ce qu’il s’est passé. Même si c’est une bonne idée. »
« Tiens, prends Tam. Il te ramènera à l’hôtel s’il t’arrive quelque chose, et il te protègera si des Pokémon se révèlent agressifs. »
« Mais je - »
« C’est un ordre, jeune fille. »

Obéissante, la Mentali tendit la main, et attrapa la Poké Ball de Tam, l’Alakazam d’Alice. L’adulte avait raison, elle serait plus en sécurité comme ça. S’il lui arrivait quoi que ce soit, Tam serait en mesure de la protéger. Il était, après tout, hautement plus puissant que toute son équipe réunie, et il connaissait Téléport pour la ramener en lieu sûr. A contrecœur, les deux adultes tournèrent les talons, abandonnant la petite Mentali à son camp de fortune. Une tente était plantée en plein cœur de la clairière, et elle avait passé la journée à ses préparatifs pour préparer son campement. Elle serait bien, ici, et peut-être que les Pokémon locaux l’accepteraient et voudraient bien se montrer, comme ça. C’était une véritable petite aventure ! Ca lui rappelait un peu ces sessions de camping qu’elle faisait avec ses parents, quand ils grimpaient dans les hauteurs de Sinnoh pour s’occuper de leurs champs de Gracidée. Sauf que là, elle était toute seule… Enfin, presque toute seule. Ses Pokémon étaient avec elle. Et puis, que risquait-il de se passer, hein ? En sifflotant, elle fit rapidement du feu et y accrocha une bouilloire. Eh, même en camping, elle restait une McNellis, après tout, et une McNellis n’est rien sans sa tasse de thé. Tandis que le tout se préparait, elle attrapa son ordinateur et le rouvrit pour recommencer son article, qui n’avait pas bougé depuis la description des zones.

Le Bois des Illusions vit en parfaite autonomie, sans que la main de l’homme ne vienne s’en mêler. La seule preuve que cet endroit n’est pas tout à fait sauvage est le pont de bois à l’entrée, qui permet d’enjamber la rivière sans risque et de s’enfoncer dans la sombre forêt. Mais pourquoi l’homme n’a-t-il jamais cherché à s’aventurer plus profondément dans le bois, pour créer des chemins, des sentiers de promenade, des balises ? Sans doute parce qu’il sait qu’il n’y est pas le bienvenu. En effet, les Pokémon du Bois des Illusions semblent se satisfaire de leur vie dans ce lieu sauvage, et s’ils acceptent avec une certaine indifférence les promeneurs de passage ou les scientifiques venus rechercher certaines informations, ils se peuvent se montrer agressifs avec ceux qu’ils considèrent comme leurs ennemis, comme des hommes venant couper leurs arbres ou capturer certains d’entre eux pour les emmener loin d’ici.
Le bois est donc fermé dans un cercle vertueux, qui profite autant à la forêt qu’aux Pokémon. Ces derniers, vivant dans les bois et habitués à la brume, ont appris à s’y cacher quand un étranger s’approche d’un peu trop près d’eux. En contrepartie, les Pokémon prennent soin du bois. Les Chlorobule et Fragilady, par exemple, se rassemblent dans les clairières où brille le soleil et utilisent leurs pouvoirs pour que toute la forêt profite du soleil malgré la brume omniprésente. Les Scarabrute et Scarhino semblent prendre plaisir à frotter leurs cornes contre les arbres, non pas pour marquer leurs territoires, mais pour s’assurer de la bonne santé de ces derniers, arrachant l’écorce morte et les branchages inutiles. Les Apitrini s’occupent des fleurs, en les butinant et en répandant autour d’eux le pollen des fleurs pour agrandir un peu plus la forêt. Les Nanméouie, eux, se promènent dans la forêt, dispensant des soins aux éventuels Pokémon blessés à l’aide de leurs Vibra-Soin, pour qu’ils aillent mieux et puissent, de ce fait, continuer d’œuvrer pour l’harmonie de leur habitat naturel.

Eryn tendit la main, et attrapa sa bouilloire, posant son ordinateur juste à côté d’elle. Le thé était prêt. Distraitement, elle en but une gorgée, se demandant quoi raconter de plus. Elle avait beaucoup d’idées, mais… Elle ne savait pas trop comment faire. Il valait mieux qu’elle évite de se mélanger, surtout pour parler des moyens qu’elle mettait en place pour être acceptée par la forêt, et pouvoir voir tous les Pokémon des lieux. Elle se doutait bien que les quelques Pokémon qu’elle avait pu prendre en photo n’étaient qu’un tout petit échantillon du nombre de Pokémon présents dans les bois. Il ne devait pas y avoir tant d’espèces que ça, mais si elle pouvait toutes les avoir, ce serait bien aussi. Toute à sa réflexion, elle finit son thé, et posa sa tasse en plastique au sol pour reprendre son ordinateur. Mais alors qu’elle allait recommencer à écrire, un bruit se fit entendre dans les fourrés. Aussitôt, son équipe tourna la tête, Eryn les imitant, peu rassurée. Mais quand ce fut une Fragilady qui sortit des fourrés, pour tendre un de ses bras feuillu vers elle, elle esquissa un sourire et posa précautionneusement son ordinateur dans l’herbe pour ne pas effrayer le Pokémon.

« Oh, bonsoir toi… Tu veux du thé ? »
« Fraaaa ! »
« Elle dit qu’elle veut que tu la suives. »


Eryn sursauta, se demandant d’où venait cette voix, et leva les yeux vers Tam, l’Alakazam, qui venait de lui parler. Obéissante (pourquoi aurait-elle mis en doute les paroles d’un Pokémon télépathe ?) elle se leva pour suivre la Fragilady, qui s’enfonça dans les bois, restant à bonne distance pour que la Mentali puisse la voir et la suivre. Pendant plusieurs minutes, la rose marcha dans la brume derrière le Pokémon Plante, qui la mena jusqu’à un trou dans le sol. Était-ce un piège ? Bravement, elle s’avança, jetant un œil au fond du trou. Trois Chlorobule et un Couverdure levèrent les yeux vers elle et se mirent à piailler. Oh. Il fallait donc qu’elle aille les chercher ? Eryn esquissa un petit sourire. Comme elle l’avait écrit, tout le monde avait son utilité dans la forêt. Même elle. Attrapant la Poké Ball de sa Vipélierre, elle la laissa sortir, et lui demanda de récupérer les Pokémon avec un Fouet Liane. Il ne fallut que quelques minutes pour qu’ils soient tous dehors. Mais la Fragilady pointait encore sa feuille vers le trou. Glissant avec précaution, la Mentali descendit doucement, et put enfin voir la véritable raison pour laquelle la Fragilady était allée la chercher. Un petit Emolga, couché au sol, semblait blessé à l’aile, et ses joues grésillaient d’électricité quand quelqu’un faisait mine de s’approcher.

« Petit, petit, n’aie pas peur, je ne te ferai pas de mal… »

Les joues de l’écureuil volant grésillèrent, et Eryn recula pour ne pas être blessée. Finalement, elle laissa Flim sortir de sa Poké Ball, et s’avancer vers l’Emolga pour lui parler en gazouillant, lui faire comprendre qu’ils ne lui voulaient aucun mal. Qu’une fois en haut, il serait libre. Le petit Emolga, bien que méfiant, accepta de se laisser prendre au bras, et Eryn le tendit vers le haut pour que Khensit se saisisse de lui et le pose devant un Nanméouie venu en renforts. Comprenant bien qu’elle ne sortirait pas, elle laissa sortir son Tropius, qui s’éleva dans les airs avant de baisser son long cou, pour qu’elle accroche ses bras autour et qu’il la soulève pour la reposer sur la terre ferme. La Fragilady s’inclina devant elle pour la remercier, et poussa toute sa petite troupe vers la brume pour qu’ils repartent. Le Nanméouie, après s’être assuré qu’elle allait bien, s’en fut à son tour, et Eryn retourna à son campement, guidée par l’Alakazam, un drôle de sourire aux lèvres. Il y avait une dernière chose qu’elle devait écrire avant d’aller se coucher.

Pour pouvoir voir les Pokémon les plus farouches du bois, il faut tout d’abord devenir l’un des leurs, et trouver sa place dans le cycle de la forêt. Ainsi, les habitants des lieux auront plus de facilité à accepter ceux qui cherchent à intégrer leur monde, plutôt que ceux qui essaient de forcer le destin pour rencontrer certains Pokémon. Or, trouver sa place n’est pas une chose relativement compliquée à faire : une fois que les Pokémon ont compris que l’étranger qui vient plusieurs jours de suite s’intéresse à eux, et qu’il fait l’effort de rester près d’eux, la curiosité prendra le pas sur la crainte, et certains d’entre eux s’approcheront de plus près pour voir de quoi il en retourne vraiment. Une fois bien sûrs que ce nouveau venu ne leur sera pas hostile, il sera même possible qu’ils viennent le chercher pour l’aider à trouver sa place, en l’utilisant, par exemple, pour sauver des Pokémon blessés ou en danger. Car les Pokémon n’ignorent pas qu’un dresseur a de nombreux alliés avec lui, alliés qui seront plus utiles qu’eux pour faire face à une situation donnée. Réussir ce petit test ne sera pas une chose anodine pour le dresseur, qui pourra prouver que, bien qu’il soit un étranger, il peut se montrer utile à la survie et l’harmonie du bois.

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Eryn McNellis
Eryn McNellis
Région d'origine : Sinnoh - Floraville.
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Coordinateur Éleveur
Sujet: Re: [Cours Été 2015 - Scientifique] Tout devient merveilleux dans la brume. [Terminé]   Mer 26 Aoû - 11:42
« Ronno ! Tu viens ? »

Le petit daim vert sursauta, se tassa, et lâcha un brame apeuré. Lâchant son carnet, Eryn s’approcha de lui, attristée de le voir s’écraser lentement devant elle. Tendant le bras, elle lui caressa la tête avec douceur, avant de le prendre dans ses bras pour lui faire un câlin. Les battements de cœur du Vivaldaim se calmèrent, et il colla timidement sa tête contre sa joue pour lui rendre la pareille.

« N’aie pas peur, Ronno, il ne reviendra pas, d’accord ? Alice et Frank l’ont amené à la police de Méanville, et il est enfermé pour maltraitance. Il ne reviendra pas. Et même s’il revient, je ne le laisserai pas te récupérer. Arrête d’avoir peur, tu n’as plus rien à craindre. Tu sais bien que je ne te ferai pas de mal, non ? »

Le Vivaldaim, capturé quelques jours plus tôt, lâcha un nouveau brame, et après lui avoir fait un petit bisou, Eryn le lâcha. Un peu plus assuré, il commença à tourner dans la clairière, penchant la tête vers les Pokémon qui s’approchaient d’eux, curieux comme tout. Depuis qu’elle avait combattu dans la forêt, pour protéger le petit Vivaldaim battu par son ancien dresseur, les Pokémon semblaient nettement moins hésitants à s’approcher d’elle. Elle avait pu prendre des dizaines de photos, caresser la tête cotonneuse d’un Farfaduvet, approcher à bonne distance une Apireine, voir un Colombeau et même un Déflaisan (elle n’aurait jamais imaginé que des oiseaux vivaient dans cette forêt !), bref, remplir considérablement sa réserve de photos. Elle les avait tous. Elle pouvait maintenant commencer sa véritable rédaction, sur la présentation des Pokémon du lieu.

A première vue, vingt-quatre espèces de Pokémon différents vivent dans le Bois des Illusions. Il y en a trois bien spécifiques dans la rivière qui traverse la forêt (Bargantua rouge et bleu, Poissirène, et Poissoroy), les autres vivant sur la terre ferme. Les vingt-et-unes autres espèces sont les suivantes : Colombeau et Déflaisan, Chlorobule et Fragilady, Doudouvet et Farfaduvet, Venipatte et Scobolide, Flotajou, Feuillajou et Flamajou, Scarabrute et Scarhino, Apitrini et Apireine, Rosélia et Roserade, Couverdure et Manternel, Nanméouie et Emolga. Ces vingt-quatre espèces semblent vivre en harmonie dans ce petit bois, ayant accepté l’idée qu’avec un peu d’efforts, ils pouvaient vivre ensemble sans se faire la guerre pour récupérer quelques centimètres du territoire du voisin.
Bargantua, Poissirène et Poissoroy semblent ne pas avoir de problèmes à vivre ensemble dans la même rivière, même s’ils préfèrent visiblement rester chacun de leur côté. Il n’est pas rare de voir des Poissirène bondir hors de l’eau, imités par leurs confrères, et parfois par un Poissoroy qui s’invite dans la danse. Bargantua, cependant, préfère rester seul, sans doute pour ne pas croiser un autre Bargantua ennemi. Quand un Bargantua rouge rencontre un Bargantua bleu, ces derniers se bondissent dessus et se battent jusqu’à la mort, faisant voler des gerbes d’eau qui s’écrasent sur la rive avec fracas. Ces trois Pokémon n’ont cependant aucune rivalité avec les Pokémon terrestres, qu’ils laissent boire ou traverser la rivière dans laquelle ils vivent sans chercher à les attaquer ou les chasser.

Adroitement, la Mentali rajouta la photo qu’elle avait prise des deux Bargantua en train de se battre. Son article commençait à prendre forme, le soleil brillait, réchauffant la clairière de ses rayons, les Pokémon gambadaient autour d’elle comme si elle faisait parti de leur monde… Que demander de plus, honnêtement ? Baissant la main, elle caressa la tête de son Cabriolaine qui somnolait, couché à ses pieds. Il lâcha un profond soupir de contentement, qui fit roucouler un Nanméouie assis non loin. Eryn avait l’impression d’être une attraction. La petite dresseuse toute mignonne aux cheveux roses qui est venue dans la forêt pour observer les Pokémon et devenir amie avec eux. Et elle était bien contente d’être là. Que de plantes ! Achille devait sans doute être le plus heureux du groupe. Depuis le début, il était accroché à une branche d’arbre, au soleil, et emmagasinait tout ce qu’il lui fallait pour devenir un beau et fort Charmillon. Eryn était très pressée que son évolution ait lieu, d’ailleurs. En Charmillon, il serait tellement beau ! Relevant les yeux, elle regarda une petite Chlorobule passer, en pleine discussion avec Amaryllis, et une Fragilady qui les surveillait sans rien dire.

Chlorobule, bien que timide au premier abord, se révèlera très entreprenante. Si elle s’occupe du bon maintien du sol pour que la forêt se nourrisse comme il faut, mêlant parfois quelques Fragilady à sa danse, elle reste cependant une petite enfant curieuse qui, à un moment ou à un autre, s’approchera pour savoir ce qu’il se passe. Pareillement, Doudouvet finira bien par s’approcher pour en apprendre plus, même si sa timidité le forcera à rester bien plus en retrait pour ne pas trop s’approcher de ce qui pourrait être un danger. Couverdure, s’il ne s’approche pas autant que ses deux autres camarades, sera certainement le plus curieux, capable de s’approcher en pleine nuit pour fureter et en apprendre plus. Mais en cas de geste trop brusque, les uns comme les autres s’enfuiront en vitesse pour se dissimuler dans la brume avant que le dresseur n’ait seulement eu le temps de saisir une Poké Ball pour leur lancer dessus ou démarrer le combat contre eux. Ils courront immédiatement se réfugier auprès de leurs évolutions, Fragilady, Farfaduvet et Manternet.
Fragilady et Farfaduvet sont d’ailleurs très peu représentés dans le Bois des Illusions, sans doute à cause de la difficulté, pour des Pokémon sauvages, à mettre la main sur les Pierre Soleil nécessaires à leurs évolutions. Ces deux espèces de Pokémon, sans compter Manternel, semblent prendre plaisir à s’occuper de leurs plus jeunes évolutions, pour les protéger, les dorloter ou les empêcher de faire des bêtises. Il est très difficile de croiser ces trois espèces dans le bois, ces dernières restant cachées dans la brume pour surveiller leurs sous-évolutions qui s’avancent curieusement vers le danger, prêts à les réceptionner au moindre problème. Pour apercevoir Fragilady, Farfaduvet ou Manternel, il faudra énormément de patience, et plus encore pour en capturer un, ces Pokémon ayant tendance à fuir dans la brume pour échapper aux ennemis.

Eryn se frotta les yeux. Il fallait qu’elle finisse ça vite, il ne lui restait plus beaucoup de jours d’observation, et il fallait qu’elle rende un papier fini à Alice et Frank. Ces derniers, voyant qu’elle avait la situation bien en main, l’avaient laissé seule dans le Bois des Illusions pour cartographier le Désert Délassant et les ruines gisant en plein milieu. Maintenant qu’elle avait pu photographier tous les Pokémon du lieu, ils lui faisaient confiance pour terminer son papier dans les temps. Donc… Elle devait mettre un coup de cravache. Absolument. Même si ses yeux commençaient à picoter et qu’elle avait de plus en plus envie de dormir. Alors voyons. Bargantua, Poissirène, Poissoroy, Chlorobule, Fragilady, Doudouvet, Farfaduvet… Elle allait continuer sur les Pokémon Plante, et passerait aux autres après pour plus de facilités. Allez, c’est parti, et après, elle rentrerait à l’hôtel. Le camping, c’est bien, mais il fait tellement froid, la nuit, dans le Bois des Illusions… Puis Alice et Franck voudront la voir pour discuter de son avancement, aussi. Mais avant… Elle devait finir. Au moins les terrestres. Elle passerait aux célestes plus tard.

Malgré leur attitude belliqueuse, Scarabrute et Scarhino resteront relativement placides si on ne s’interpose pas entre eux. En règle générale, il est possible de les trouver en train de frotter leurs cornes contre les arbres, faisant voler l’écorce morte autour d’eux. Ces deux Pokémon semblent s’occuper de la bonne santé des arbres et des roches, polissant leurs cornes contre l’écorce pour enlever les peaux mortes de l’arbre et lui permettre de rester en bonne santé. Parfois, il arrive à ces deux Pokémon de frotter leurs cornes l’une contre l’autre, dans ce qui ressemble à un simulacre de combat. En réalité, ils ne se battent pas, mais se nettoient les cornes en les frottant pour les débarrasser des éventuelles échardes et ce qui pourrait rester accroché.
A leur différence, Venipatte et Scobolide se montreront belliqueux envers ceux qui empiètent sur ce qu’ils estiment être leur petit bout de territoire, en particulier s’il s’agit d’êtres étrangers au bois. Venipatte, malgré son air d’apparente placidité, se jette avec vivacité sur ses ennemis pour les mordre avec force, les empoisonnant gravement avant de les chasser de son territoire. Scobolide, lui, foncera à toute allure sur son adversaire pour l’attaquer de ses longs pics et le forcer à s’enfuir. Il est donc grandement recommandé de ne pas s’approcher d’eux, à moins de réellement vouloir en capturer un, d’avoir l’équipe nécessaire pour l’affronter, et d’avoir un bon stock d’Antidotes sur soi pour survivre à leur poison, sans oublier les habituelles Potions et un kit de premiers secours qui pourra toujours être utile.

Eryn bâilla à nouveau. Mais cette fois, Ronno la poussa timidement dans le dos, tandis que Khensit refermait son ordinateur du bout de la liane pour la forcer à se lever. Maintenant, il fallait qu’elle s’en aille. Elle avait rendez-vous avec Alice et Frank, en plus. En vitesse, la petite Mentali rangea ses affaires, et quitta le bois tout aussi vite pour retourner à Méanville. Déjà qu’elle était en retard… Puis, ils voudraient voir ses quelques notes et savoir comment elle allait écrire son article. Bon, elle l’avait presque fini, mais tout de même, il restait des choses à faire dessus ! Elle fut très vite à Méanville, transportée par son Cabriolaine qui courait comme un fou dans les rues de la ville pour atteindre son hôtel, et s’y arrêter, langue pendante, mais fierté évidente. C’était la première fois qu’il lui servait de monture. Il était heureux comme tout. En hâte, la Mentali grimpa les escaliers pour filer vers la chambre occupée par les deux journalistes.

« Mais non, il est impossible de réveiller les statues devant les ruines ! »
« Si, avec des Bonbon Rage ! »
« Franck, ce n’est qu’une légende, tu le sais bien… »
« Oui, tout comme le Pyrax au fond des ruines, et on a trouvé quoi, sinon la preuve qu’il y en avait bien un ? »
« Bon sang, ce que tu peux être… Oh, Eryn ! »

Les deux adultes tournèrent la tête vers elle en souriant, et elle leur répondit par un sourire lumineux. Bon, pas si en retard que ça, ou bien ils n’en avaient rien vu, trop plongés dans leur conversation. Posant ses affaires au sol, elle ressortit son ordinateur et l’ouvrit pour le leur tendre, histoire de leur faire lire son article.

« Alors, voyons ça… Oh, intéressant ! Tu l’as terminé ? »
« Non, pas encore, il m’en reste encore quelques-uns à rajouter, je le ferai ce soir et demain, et ça devrait être bon ! »
« Je vois que tu as choisi des groupes spécifiques à chaque fois. C’est fait exprès ? Ou c’est juste par rapport aux évolutions ? »
« Non, c’est fait exprès ! J’ai fini par remarquer que chaque Pokémon semblait avoir sa place dans le Bois des Illusions, et je les ai rangés par groupe. Par exemple, Bargantua, Poissirène et Poissoroy appartiennent au groupe aquatique, parce qu’ils vivent dans la rivière. Chlorobule, Doudouvet et Couverdure sont des Pokémon qui peuvent être considérés comme des enfants, alors que Fragilady, Farfaduvet et Manternel sont un peu les parents, donc ils sont dans le groupe familial, élevage. Ensuite j’ai fait un troisième groupe, protection et défense, dans lequel j’ai mis Scarabrute et Scarhino, qui protègent la forêt en prenant soin d’elle, et Venipatte et Scobolide, qui la protègent en attaquant et chassant les intrus. »
« Je vois… C’est plutôt intelligent, en fait. »
« Et pour les autres Pokémon, des groupes spécifiques, ou tu vas les mélanger aux autres ? »
« Aloooooors… » Eryn farfouilla dans ses notes pour ressortir son carnet. « Apitrini, Apireine, Rosélia et Roserade auront un groupe pour eux seuls, parce qu’ils s’occupent de la nature et de l’essaimage de la forêt. Je vais y ajouter Feuillajou, Flamajou et Flotajou, même s’ils ne s’occupent, à première vue, que des baies qu’on peut trouver dans la forêt. Ensuite, Emolga et Nanméouie auront leur groupe pour eux, parce qu’ils semblent travailler de concert pour prendre soin des Pokémon de la forêt. Emolga veille du haut des arbres, et va chercher Nanméouie en cas de blessure. Et enfin, un groupe céleste avec Colombeau et Déflaisan. »
« Eh bien, voilà qui m’a l’air pas mal du tout ! » Eryn récupéra son ordinateur en rosissant légèrement. « J’ai hâte de voir ton papier fini. Ca m’a l’air très bien structuré ! »

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Même si la forêt est protégée, elle ne peut cependant pas s’étendre seule, et finirait par mourir sans les soins constants de ses habitants. Alors que certains s’évertuent à la protéger, d’autres travaillent pour la tenir en vie. C’est notamment le cas d’Apireine, et de son armada d’Apitrini, qui butinent les fleurs pour disséminer le pollen dans leur sillage, permettant aux fleurs de se répandre dans la forêt et à la végétation de croître doucement. S’il est relativement aisé de voir des Apitrini, ces derniers faisant leur vie sans trop s’intéresser aux gens qui passent, voir une Apireine sera beaucoup plus compliqué, cette dernière restant dissimulée dans la brume pour ne pas risquer d’être capturée. Il faudra se révéler patient, et courageux, car en cas d’attaque sur leur reine, les Apitrini cesseront leur travail pour se jeter sur l’importun et le larder de coups de dards, jusqu’à ce qu’il s’enfuie, ou que le vacarme attire un Scobolide ou un Venipatte, qui se chargera alors de jeter l’individu hostile hors de la forêt.
Les fleurs et la végétation semées par les Apitrini est aussitôt prise en charge par les Rosélia et les Roserade, qui s’occuperont de la santé de ces petits plants pour les aider à pousser, à l’aide de leurs parfums et de leurs spores vivifiants. S’il est assez facile de voir un Rosélia au travail dans la forêt, l’approcher sera un peu plus difficile, ce Pokémon ayant tendance à faire surgir ses épines pour décourager les audacieux, et en cas de menace, les expulser avant de s’enfuir promptement. Voir un Roserade sera encore plus malaisé, du fait de leur rareté (une nouvelle fois, trouver une Pierre Éclat dans la forêt n’est pas vraiment à la portée du premier Rosélia venu) et du fait de leur méfiance naturelle pour ces étrangers qui saccagent leur travail en marchant au milieu des fleurs qu’ils font pousser avec tant de soins. Il faudra beaucoup de patience pour en apercevoir un, et ce sera le plus souvent en ombre chinoise se découpant dans la brume.

Eryn tendit la main vers sa tasse de thé, et l’attrapa du bout des doigts pour en boire une gorgée. Thé vert à la menthe. Un peu trop infusé. Pas grave. Ca lui permettrait de rester debout. Son regard tomba brièvement sur l’heure, affichée en bas à droite de son écran. Trois heures quarante-cinq du matin. Ses yeux picotaient, elle bâillait beaucoup trop, et ses Pokémon s’étaient tous endormis les uns après les autres. Tous, sauf le Brocélôme, qui jouait avec un crayon, qu’il s’amusait à passer entre ses bras fantomatiques, souriant de ne pas le sentir. Mais il jouait silencieusement, ne perturbant ni le sommeil des autres, ni la concentration de sa dresseuse, qui le laissait donc faire sans protester. Elle voulait finir ça très vite. Comme ça, elle pourrait, demain, écrire son texte sur les Pokémon célestes, et parcourir une dernière fois la forêt pour essayer de photographier Zoroark. Reposant sa tasse, elle fit lentement craquer son cou, et recommença à écrire, sous le regard de Deku, qui jouait encore avec son crayon à papier, celui qu’elle utilisait autrefois pour dessiner ses plans de styliste.

Cependant, il existe une chose que les Rosélia et Roserade, ni aucun autre Pokémon précédemment cité, ne peut faire : s’occuper des baies. Il y a, en effet, une multitude de baies qui poussent dans le Bois des Illusions, dissimulées dans la brume, et pas vraiment comestibles pour les êtres humains. Elles sont cependant importantes pour l’écosystème du bois, car elles servent à nourrir presque tous les Pokémon présents sur les lieux. Pour s’occuper de ces baies, trois Pokémon joignent leurs efforts pour les faire pousser et prospérer dans toute la forêt : Feuillajou veille à leur croissance, Flotajou les arrose, Flamajou brûle les mauvaises baies et empêche les buissons de prendre trop de place sur le reste de la forêt. Seuls, ils ne pourraient pas s’occuper de la croissance des baies, mais ensemble, ils les font pousser, grandir, mûrir, surveillant leur croissance pour s’assurer que tous puissent être nourris comme il le faut.
Croiser ce trio de Pokémon peut se révéler plutôt ardu, du fait de leur travail plutôt exigeant. En effet, ces Pokémon passent d’un buisson à l’autre toute la journée pour en surveiller la croissance et le maintien, essayant au maximum de rester hors de vue des dresseurs pour ne pas être perturbé dans leur travail. Il reste cependant possible d’en apercevoir quelques-uns en train de s’occuper d’un buisson de baies, continuant leur petit travail tant qu’ils ne seront pas dérangés. Si, cependant, l’un d’eux est attaqué, il ne faut pas oublier que les deux autres ne sont pas loin, et qu’ils se retourneront tous les trois contre l’agresseur pour le dissuader de continuer, jusqu’à ce qu’il s’en aille ou que le bruit attire un Scobolide ou un Venipatte.

Eryn bâilla à nouveau, et ses yeux se fermèrent. Doucement, Deku reposa son stylo, et tendit sa main fantomatique vers l’ordinateur pour le refermer et l’éloigner, riant doucement en voyant sa dresseuse croiser les bras sur son bureau et y poser sa tête. Elle aurait un beau mal de dos, demain…

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« Daiiiiim ! »
« Mais j’ai maaaaal au doooos… J’aimerais bien t’y voir, toi ! »

Le Vivaldaim lâcha un timide brame de rire, qui s’accentua légèrement quand il remarqua que sa dresseuse ne se vexait pas. Tout doucement, il passa derrière elle, pour étendre son cou de Vivaldaim vers son épaule droite, et s’y poser pour réclamer des gratouilles, qu’il reçut aussitôt, le faisant fermer les yeux avec un sourire béat. Quand la caresse s’arrêta, le Vivaldaim vert rouvrit les yeux, pour regarder avec curiosité ce que faisait sa jolie dresseuse. Elle tapotait les touches de son ordinateur. Il ne comprenait pas, et ne parvenait pas à lire ce qu’il y avait d’écrit. Mais il reconnaissait, par ci par là, les photos prises dans les jours précédents. Les Apitrini autour de l’Apireine. La Nanméouie qui soigne le Scarabrute. Le Venipatte qui les regarde d’un air soupçonneux. La tête du Vivaldaim s’approcha, et son nez toucha l’écran, le faisant reculer. C’était une sensation bizarre. Tiède. Eryn pouffa de rire et lui fit un bisou, le faisant bramer à nouveau. La Mentali avait presque fini son petit-déjeuner en terrasse. Elle pourrait bientôt retourner dans la forêt. Mais avant ça, il fallait qu’elle relise ce qu’elle avait écrit sur Nanméouie et Emolga.

Il y a deux Pokémon, dans la forêt, qui s’occupent de veiller sur les autres : Nanméouie et Emolga. Ces deux espèces semblent travailler de pair, pour s’assurer une meilleure visibilité dans la forêt. Emolga survole la forêt et surveille les Pokémon, et en cas de souci, il prévient Nanméouie, qui arrive en quelques minutes pour soigner le Pokémon blessé avec Vibra-Soin, s’en occupant avec douceur et prévenance avant de le laisser repartir vaquer à ses occupations. Pour un œil extérieur à la forêt, le Bois des Illusions semble grouiller de Nanméouie. C’est, en réalité, parfaitement faux, cette espèce n’étant pas plus présente que les autres dans la forêt. En réalité, Nanméouie considère tous les gens qui passent comme des patients éventuels, et n’hésitera pas une seule seconde à s’approcher d’un dresseur ou d’un Pokémon inconnu si ces derniers sont blessés. Cependant, en cas de gestes brusques ou d’attaques, Nanméouie s’enfuira le plus rapidement possible pour se perdre dans la brume.
Emolga, lui, est plus difficile à voir. Restant généralement stationné en hauteur, le plus souvent dans les arbres, il s’approche peu des Pokémon, et encore moins des dresseurs, son seul travail consistant à surveiller que personne ne se blesse. En étant bien attentif, il est toujours possible d’en voir un, perché dans un arbre, qui observe à travers la brume, au moins pour s’assurer que le dresseur ne se blesse pas, ou ne soit pas là pour blesser les autres. En capturer un se révèle plus compliqué. Le petit Pokémon électrique est très prompt à attaquer pour se défendre, et s’envolera à tire-d’aile pour fuir ce qu’il estime être un danger.

Ca avait l’air plutôt bon. Bien, il ne lui manquait que Colombeau et Déflaisan, et elle pourrait attaquer la dernière partie de son article. Mais d’abord… Petit-déjeuner ! Poussant doucement la tête de Ronno qui voulait lui piquer une tartine, elle se saisit de son thé pour en boire une gorgée. Pas mauvais. Pas assez infusé. Ahlala… Et en plus c’était un vulgaire sachet. Eh bien, on sent que c’est un hôtel sans étoiles, hm. Sa grand-mère aurait grincé des dents d’apprendre que sa petite-fille buvait du thé en sachet, et mal infusé en plus. Et Loan ? Il aurait certainement lâché un rire méprisant, avant de prendre sa tasse pour la verser dans le gros pot de fleurs à côté, partir en cuisine pour refaire un thé décent, tout en abreuvant le cuisinier d’insultes nobles, polies, mais bien senties. La Mentali esquissa un sourire, et  reposa sa tasse après avoir pris une nouvelle gorgée. Bizarrement, boire du thé lui rappelait que Cael lui manquait. Lui aussi lui en avait fait, du thé. Du pas très bon. Horrible, en fait. Mais il lui avait servi ça sur un plateau, avec le reste du petit-déjeuner, comme si elle était une véritable princesse, après l’avoir rassurée la nuit et l’avoir ramenée au lit le matin pour empêcher les Rattata de la réveiller. La Mentali lâcha un petit soupir, et Yakuru frotta sa tête douce contre son bras pour la consoler. Allez, elle le reverrait bientôt, son petit copain. D’accord, il passe toutes ses vacances à Hoenn pour faire le service au Terremer, le restaurant de ses parents à Nénucrique, mais au moins, il allait passer une semaine chez elle pour venir étudier les trois lacs de Sinnoh !

« Daim ! »
« Mais ! Ronno ! Voleur de tartines ! »

Elle avait la tête dans les nuages. Et, évidemment, Ronno en avait profité ! Sa tête avait fusé, et il avait volé une tartine de confiture à sa dresseuse pour s’enfuir avec, et la partager avec le Cabriolaine, qui la suivait en bêlant de rire. Avec un soupir, Eryn la leur laissa, et termina son petit-déjeuner avant de se lever. Elle avait des oiseaux à observer. Il ne lui fallut que quelques minutes pour atteindre la forêt. C’est qu’au bout de deux semaines, elle connaissait le chemin, maintenant. Elle était un peu triste de bientôt partir, mais en même temps, elle en était bien contente. Non pas qu’elle n’aimait pas cet endroit, mais… Elle avait un peu envie de rentrer quoi. Présenter Cael à Ronno. Lui montrer que tous les humains ne sont pas méchants. Parce que Cael ne ferait pas de mal à son Vivaldaim, et qu’il pourrait peut-être même l’aider à le rendre moins soumis. Attrapant une Poké Ball, elle en fit sortir un Akwakwak, qui appartenait à Alice. Elle le lui avait laissé quand la Mentali lui avait dit vouloir monter la cascade pour observer les oiseaux. C’est quand même pratique d’avoir un Pokémon avec Surf et Cascade… Il faudrait qu’elle s’en achète un, un de ces quatre. Un Pokémon Eau pour agrandir un peu son équipe. D’ailleurs, aurait-elle pu s’y poser avec Tropius ? Non, se dit-elle après avoir grimpé la Cascade avec l’aide de l’Akwakwak. Il n’y avait pas vraiment d’endroits où se poser. Arriver par la voie de l’eau était la meilleure. Rapidement, la Mentali étala ses affaires au sol et s’installa pour attendre les oiseaux. Elle les avait observés, dans les jours précédents. Ils ne se posaient que quelques instants, dans les arbres, jamais sur la terre ferme. Elle serait mieux en hauteur pour les observer.

« Aladar, va les chercher ! »

Le Tropius étendit ses feuilles en grand, et dans un souffle d’air, il s’envola dans les cieux. Quelques instants plus tard, il était rejoint par un Colombeau méfiant, qui lui tourna autour, puis par un autre quand il fut bien sûr que le Tropius ne représentait pas une menace. Et, très vite, d’autres arrivèrent, ainsi qu’un Déflaisan, mâle, puis, quelques minutes après, une femelle. Eryn était fascinée. Le mâle avait une longue crête qui ressemblait à un masque, le rendant très intimidant, et était plus gros que la femelle. Cette dernière, dépourvue de masque, et plus petite, semblait cependant plus légère, et bien meilleure en vol que son homologue masculin. Attrapant son appareil photo, Elle prit plusieurs photos des oiseaux, regardant leur ballet aérien avec beaucoup d’intérêt. C’était vraiment très joli. Silencieusement, elle ouvrit son ordinateur pour continuer son article.

Colombeau et Déflaisan sont les protecteurs du ciel. Ces deux espèces de Pokémon oiseau ne se posent que très peu au sol, leur préférant les cimes des arbres sur lesquelles ils se reposent quelques instants, avant de recommencer à voler. Très fiers, et très farouches, ils seront difficiles, voire impossible à approcher, et il faudra, pour les observer, se contenter de lever les yeux en se perchant au-dessus de la cascade pour ne pas être gêné par les arbres. S’il sera aisé de voir des Colombeau dans le ciel, apercevoir un Déflaisan pourra prendre un peu plus de temps. Ces Pokémon, très fiers, ne s’approchent que peu des dresseurs, mais les surveillent de loin pour s’assurer qu’aucun mal ne sera fait aux Colombeau qui patrouillent dans le ciel.
Les mâles et femelles Déflaisan vivent tous deux dans la forêt. La distinction entre les deux est assez facile à faire : le mâle, plus grand que la femelle, a un poitrail vert et un masque rouge intimidant, nommé la caroncule., composé de longues plumes roses qui partent du sommet de sa tête pour descendre jusqu’au bas de son cou. La femelle, plus petite que le mâle, a un poitrail marron, et aucune caroncule, ce qui semble lui permettre de mieux voler que son homologue masculin. Les longues pattes des Déflaisan suggère un déplacement plus terrestre qu’aérien, aussi est-il possible d’en croiser quelques-uns dans la forêt, même s’il sera plus facile de les observer en plein vol, malgré leur rareté dans la forêt.

La Mentali arrêta sa rédaction, et esquissa un grand sourire. Elle avait terminé ! Doucement, elle se laissa partir en arrière, et se coucha sur le dos, croisant les bras derrière sa tête pour être plus confortablement installée. Elle avait terminé. Cependant, quand Flim, le Posipi, s’approcha en bondissant, elle se releva en s’appuyant sur un coude, curieuse de le voir s’approcher de l’ordinateur posé à côté. La petite souris escalada l’appareil, et alla appuyer sur une touche, ouvrant un nouveau document. Tiens, elle l’avait oublié, celui-là… Ses recherches sur Zoroark. C’est vrai. Selon une légende, un Zoroark vivait dans le Bois des Illusions, et c’était pour le protéger que la brume avait envahi l’espace. A moins que ce ne soit qu’une illusion créée de toutes pièces par le Pokémon Polymorfox pour se protéger ? Eryn se redressa pour se rasseoir, et posa son regard sur Flim, qui la regardait avec impatience.

« Quoi, tu veux partir à la chasse au Zoroark ? » La petite souris hocha la tête. « Tu sais qu’on ne va pas le trouver, hein ? » Flim hocha la tête à nouveau. « Bon, eh bien, pourquoi pas, ça occupera notre journée, au moins. »

Eryn se redressa, et rangea son ordinateur dans son sac, avant de siffler Aladar pour qu’il redescende. Puis, elle quitta la plateforme avec l’aide de l’Akwakwak, et, Flim perché sur son épaule, elle marcha au hasard dans la forêt. Elle allait bientôt la quitter. Dans quelques jours, son travail ici serait achevé, et elle rentrerait chez elle, à Floraville, pour se reposer avant de partir à la chasse au Shaymin. Avec Cael. Enfin, pas vraiment avec Cael, mais presque. Lui avait décidé de s’intéresser à l’action de Créhelf, Créfollet et Créfadet, les trois lutins de l’harmonie, et à leurs actions sur Sinnoh. Il allait donc se balader au Lac Courage, au Lac Savoir, au Lac Vérité, et logerait chez elle. Ils ne se croiseraient que le soir, un peu le matin, avant de partir chacun de leur côté, lui vers ses lacs pour les étudier, elle vers les hauteurs de Floraville pour s’intéresser à l’action de Shaymin autour de son beau village natal. Alors qu’elle se promenait dans la forêt, elle levait les yeux, regardant tout autour d’elle, s’amusant de pouvoir nommer chaque espèce de Pokémon qu’elle voyait. Venipatte, qui la regarda passer avec placidité, ayant compris, après deux semaines de visites, qu’elle n’était pas une ennemie. Emolga, perché dans son arbre, qui lâcha quelques étincelles pour lui dire bonjour. Nanméouie, qui tendit la main pour lui effleurer la jambe, avant de roucouler, satisfait de la savoir en bonne santé. Apitrini, qui butinait tranquillement le miel des fleurs sans faire attention à elle. Mais aucun Zoroark. Flim s’en fichait. Eryn aussi. Le plaisir de se balader dans les bois passait avant tout le reste. Ou peut-être était-ce parce qu’elle n’avait aucune bête légendaire avec elle ? Bah. Elle avait son équipe chérie, le reste ne l’intéressait pas du tout. Que ferait-elle avec une bête légendaire ? Le seul Pokémon qui l’intéressait était Shaymin, de toute manière, et si elle en voyait un, elle le prendrait juste en photo sans s’embarrasser de vouloir le capturer. Capturer un légendaire ! Quelle idée bizarre.

« Allez, Flim, on rentre à l’hôtel, d’accord ? »

La souris électrique gazouilla, et avec un sourire, la Mentali quitta les bois pour retourner à son hôtel. Devait-elle ajouter Zoroark à son article ? Hm. Oui, elle allait le faire. Ne serait-ce que pour évoquer la légende. Et pour les photos, elle en trouverait bien sur Internet, non ? Ou bien elle pouvait envoyer un texto à Leonidas, pour lui demander s’il accepterait de lui envoyer une photo du sien. Maintenant que le colocataire de son petit ami était devenu préfet, et que son numéro avait été envoyé à tous les élèves de l’académie, il était plus facile pour elle de le contacter, même si sa timidité habituelle l’en empêchait. Arrivant à l’hôtel, elle fit un petit tour par la cafétéria pour s’acheter à manger, et fila s’enfermer dans sa chambre pour poursuivre son article. Zoroark, donc. Elle allait garder le début qu’elle avait écrit, ça lui ferait gagner un peu de temps, comme ça.

Selon la légende, le Bois des Illusions serait la demeure de Zoroark, le Pokémon Polymorfox. Cependant, personne n’a jamais été en mesure de le rencontrer en ces lieux. Zoroark prendrait en effet l’apparence d’un être humain parmi tant d’autres, pour se cacher de ceux qui le recherchent. Il n’apparaîtrait que face à quelques rares personnes, une fois bien sûr qu’ils ne sont pas venus pour le capturer. Il est dit que ceux qui apporteront une bête légendaire inhabituelle au Bois des Illusions seront les seuls en mesure d’affronter Zoroark pour, peut-être, tenter de le capturer. Aussi, sa présence n’a jamais été réellement confirmée dans la forêt, même s’il se raconte que la brume omniprésente qui règne en maître dans le bois est là pour permettre à Zoroark de s’y cacher quand des dresseurs arrivent pour chercher à le voir ou à le capturer. Certains disent même que la brume en question est l’œuvre du Pokémon Polymorfox, que ce n’est qu’une illusion qui n’existerait pas, et que quelques rares personnes sont capables de voir à travers l’illusion, et donc de trouver Zoroark.
Légende ou vérité, cette information reste un mystère. La présence de Zoroark dans le Bois des Illusions reste donc au stade de la simple supposition, personne n’ayant été en mesure de l’approcher, ni même de le voir. Il ne faut cependant pas oublier que le Pokémon Polymorfox a la capacité de se déguiser en un autre Pokémon, ce qui rend plus facile ses tentatives de dissimulation. Mais, même sans Zoroark, le Bois des Illusions reste un des plus beaux endroits d’Unys, car malgré son apparence sauvage, voire dangereuse, de nombreuses espèces de Pokémon y vivent en harmonie, s’entraidant les uns les autres pour prendre soin de leur lieu de vie et pouvoir vivre en parfaite autonomie, sans que la présence de l’homme ne se fasse sentir. Un séjour dans le Bois des Illusions sera, pour les quelques visiteurs, un retour aux sources plus que bienvenu, car malgré la brume, le lieu se révèle aussi accueillant que chaleureux quand on sait où regarder.

La Mentali fit craquer ses doigts, et remonta sa page jusqu’en haut pour la relire, corrigeant les petites fautes et certaines tournures de phrase. Puis, très contente d’elle, elle referma son ordinateur, très fière, et quitta la chambre en l’emportant avec elle, oubliant les vestiges de son repas sur le bureau.

« Alice ! Franck ! J’ai fini ! »

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[Cours Été 2015 - Scientifique] Tout devient merveilleux dans la brume. [Terminé]
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