[Cours Été 2015 - Topdresseur] Paradis Fleuri. [Terminé]
Eryn McNellis
Région d'origine : Sinnoh - Floraville.
Âge : 19 ans.
Niveau : 30
Jetons : 3745
Points d'Expériences : 1334
Coordinateur Éleveur
Voir le profil de l'utilisateur
Sujet: [Cours Été 2015 - Topdresseur] Paradis Fleuri. [Terminé]   Ven 28 Aoû - 23:20
« Tu sais que Shaymin vit au Paradis Fleuri ? »
« Je sais. »
« Il faut passer par le Passage Marin pour y accéder. »
« Je sais. »
« C’est tout près de la Ligue Pokémon ! »
« Je sais. »
« Et même que - »
« Je sais ! Tais-toi maintenant ! »

Eryn se redressa à peine pour se laisser tomber sur Cael, qui ouvrit les bras pour lui faire un câlin, riant tandis qu’elle lui embrassait le cou pour le réduire au silence. Leurs cheveux roses s’entremêlèrent tandis que le Phyllali tentait vainement de la soulever pour se défendre un peu. Mais elle avait levé les épaules, pour l’empêcher d’atteindre son cou, tandis qu’elle continuait de le chatouiller. Quand, d’un coup, il se tourna, les lèvres de la Mentali se posèrent sur celles du Phyllali, les immobilisant quelques secondes, avant qu’ils ne s’embrassent en fermant les yeux. Fin de la dispute. Mais Eryn était contente d’avoir son petit copain à la maison pendant une semaine. Certes, ils risquaient de peu se croiser, vu qu’elle partait dans les hauteurs de Floraville pour étudier l’influence de Shaymin sur sa ville fleurie, tandis que Cael allait visiter les trois lacs de Sinnoh pour étudier l’influence de Créhelf, Créfollet et Créfadet sur le continent. Mais ils pourraient se croiser un peu. Le matin, le soir, et le must, ils dormaient ensemble ! Ils ne pourraient pas beaucoup le faire, car qui dit recherches sur le terrain dit nuits à la belle étoile, mais Eryn espérait pouvoir dormir un peu avec son copain, disons une nuit ou deux, pas plus. D’ailleurs, il allait falloir qu’il parte. Comme s’il n’attendait que cet instant, Cael glissa une main dans ses cheveux avant de lui embrasser doucement le front.

« Tu me laisses partir ? »
« Hmmm… Nan. »

Bisou volé. Pouffant de rire, Cael lui caressa la joue, avant de la repousser doucement pour se lever et se préparer. Eryn n’avait pas très bien compris s’il y allait seul ou avec une équipe. Elle-même y allait avec un assistant du professeur Sorbier, qui avait pour mission d’étudier le mythe de Shaymin. Shaymin ! S’il y avait bien un seul Pokémon légendaire que la Mentali voulait rencontrer, c’était bien lui. Pas pour le capturer, mais seulement pour le rencontrer. C’était un peu la raison pour laquelle elle prenait grand soin de sa Gracidée. Si, un jour, elle rencontrait Shaymin, elle la lui donnerait. Après tout, les Gracidées sont les fleurs de Shaymin, non ? Avant de partir, Cael se pencha pour l’embrasser, et, d’humeur taquine, elle attrapa son col pour le tirer vers elle et prolonger leur baiser. Ah, si elle avait pu le suivre… Mais les trois lutins ne l’intéressaient pas, et Shaymin n’intéressait pas Cael. Une fois le Phyllali parti, Eryn entreprit de ranger sa chambre, en bazar depuis qu’ils avaient commencé à se chercher l’un l’autre, et descendit au salon pour aller chercher quelque chose à manger. L’assistant ne devrait pas trop tarder. Elle devrait recevoir un appel sous peu… Ah, justement, son iPok vibrait. Il venait de lui donner rendez-vous au Pré Floraville. Eryn répondit par l’affirmative, termina son sandwich, et quitta la maison après avoir attrapé son sac. Heureusement, le Pré Floraville n’était pas très loin. Elle y fut en quelques minutes, et en la voyant approcher, un homme se releva, cessant d’observer les fleurs. Eryn s’arrêta devant lui, à bout de souffle, et lui jeta un bref coup d’œil. Brun, yeux verts, sourire chaleureux, il avait l’air plutôt gentil.

« Bonjour ! Tu es Eryn, c’est ça ? » Eryn hocha la tête, un peu timide. « Je m’appelle Sam, et je suis l’un des assistants du professeur Sorbier. Ca fait une sacrée trotte, depuis Littorella ! » Il lâcha un petit rire, amusé de la voir sourire un peu. « Alors dis-moi, tu vas à l’école ici, ou dans la ville d’à côté ? »
« Euh… » L’école de la ville d’à côté ? Plus JAMAIS. « Je suis chercheuse Pokémon en apprentissage, en fait, je vais à l’école à l’académie Pokémon de l’île Lansat. »
« Ouah ! Ca veut dire que tu as monsieur Roseverte comme professeur ? » Elle hocha la tête. « Et madame Jauplain ? » Nouveau hochement de tête. « Eh bien, tu en as de la chance ! Ce sont des sommités dans le monde de la recherche ! » Il esquissa un sourire, qu’elle lui renvoya timidement. « C’est peut-être pour ça que le professeur Sorbier a accepté ta présence. Je pensais que c’était parce que tu es originaire de Floraville, et que tu me servirais de guide. Je te présente mes excuses. »

Et il s’inclina devant elle, la faisant immédiatement rougir et bafouiller. Mais ! C’est très gênant, voyons ! Elle n’est qu’une petite élève après tout, c’est à elle de s’incliner devant l’assistant d’un professeur, normalement ! Surtout que… Bon, elle ne lui avait pas dit toute la vérité. Elle n’avait encore jamais eu Roseverte en cours, vu qu’avant de devenir scientifique, elle était coordinatrice. Il valait mieux ne pas briser ses illusions… Et ne pas le décevoir non plus. Surtout qu’il avait l’air très gentil. Et très cultivé. Plus qu’elle, en fait…

« Alors dis-moi, toi qui vis à Floraville, tu peux me faire visiter ? J’aimerais bien faire un petit tour des lieux avant qu’on commence le travail, au moins pour savoir de quoi je parle. Et puis, j’en profiterai pour montrer les photos au professeur, il sera content. Il trouve les fleurs du Pré vraiment très belles, et… C’est vrai qu’elles sont jolies ! »

Eryn esquissa un sourire, flattée dans son orgueil d’habitante de Floraville. Comme tous ceux qui vivaient ici, elle aimait entendre les touristes dire que le Pré était fabuleux.

« Je n’ai jamais été guide touristique, mais… D’accord ! » Elle se racla doucement la gorge, nerveuse. « Eh bien… Bienvenue à Floraville ! Notre village est certes modeste, à peine plus grand qu’une patte de mouche sur la carte de Sinnoh, mais d’après la légende, il serait la demeure du Pokémon Shaymin. C’est la raison pour laquelle le village et le Pré sont très fleuris, alors que les alentours ne le sont pas autant. A Floraville, l’air est très pur, grâce aux innombrables fleurs et aux arbres qui entourent le village. »

Ce fut avec plaisir que la Mentali le vit sortir un carnet pour prendre des notes de ce qu’elle disait. En voilà un qui n’avait pas eu l’opportunité de voyager souvent ! Eh bien, il allait apprendre à connaître Floraville. Pendant le reste de la journée, la Mentali le promena dans le petit village, pour qu’il parle aux habitants, écoute les légendes et rumeurs à propos de Shaymin, bref, remplisse un peu plus son papier. Quand, le soir venu, il lui annonçait qu’il retournait à son hôtel, elle le raccompagna jusqu’aux portes du village d’un pas léger.

« Alors, petite guide, on va où demain ? »
« Préparez de bonnes chaussures, on va faire de la randonnée. »

_______________________________________

« Bienvenue à la Forge Fuego. »

Sam se pencha en avant, appuyant ses mains sur ses genoux pour reprendre doucement son souffle. Il ne s’attendait pas à marcher autant. En quittant Floraville, ils avaient marché pendant de longues minutes, avant de faire un trajet sur le dos d’Aladar, le Tropius d’Eryn, qui les avait posés plus loin, sur la terre ferme, pour leur faire traverser l’eau. Et le trajet avait repris. Il leur avait fallu une heure trente pour atteindre le bâtiment, et à aucun moment Eryn n’avait voulu lui dire où ils allaient, ce qui renforçait la curiosité du jeune assistant.

« Et… C’est quoi, la Forge Fuego ? »
« La Forge Fuego était une ancienne usine de production de Poké Ball. Toutes les Poké Ball vendues dans le monde étaient faites ici. Mais il y a finalement eu des plaintes, car l’usine était polluante, salissait l’eau, rendait les Pokémon et les humains malades… Donc elle a fermé après l’ouverture de l’usine de Romant-sous-Bois, à Kalos. »

Tandis qu’il prenait des notes, Eryn poussa la porte de l’usine pour entrer dedans, se bouchant le nez pour lutter contre l’effroyable odeur de renfermé métallique. Ca sentait vraiment très mauvais. Elle n’aimait pas du tout cet endroit. Le vieil acier rouillait sans personne pour en prendre soin, et un jour ou l’autre, le bâtiment s’écroulerait et roulerait jusqu’à la rivière, qu’elle polluerait à nouveau. Selon elle, il aurait fallu détruire cet endroit, et pas seulement le faire fermer. Et ceux qui invoquaient le lieu touristique n’avaient que son mépris. Un lieu touristique, ça ? Personne n’y allait jamais ! Personne ne connaissait cet endroit ! Sauf les habitants de Floraville qui grognaient que cet endroit restait dangereux pour l’écosystème et les Pokémon ! Ayant fini de noter, Sam la suivit à l’intérieur, et eut le même réflexe qu’elle. Se boucher le nez. Un simple coup d’œil lui apprit que l’usine ne fonctionnait plus du tout. Les plaques tournantes ne brillaient plus, hors service depuis longtemps, et la faible lumière ne provenait que des quelques rayons de soleil qui passaient à travers les fenêtres encrassées.

« Ca a fermé il y a longtemps, non ? »
« Oui, et ce n’est pas dommage… A l’origine, cette mine fonctionnait au charbon, et Floraville, qui n’existait pas encore, était régulièrement empruntée par des camions venant de Charbourg, qui venaient jusqu’à l’usine avant de repartir. »
« Quel rapport avec Shaymin ? »
« J’y viens. Malgré son très gros rendement, l’usine polluait énormément les environs, à tel point qu’elle a dû fermer. Malheureusement, elle avait fait beaucoup de dégâts à l’écosystème, et quand les premiers colons se sont installés dans la clairière qu’est désormais Floraville, ils n’y ont trouvé qu’une terre morte et stérile, sur laquelle rien ne pouvait pousser. »

Eryn sortit de la Forge pour retourner à l’air libre, Sam la suivant de près, attendant la suite. L’air de rien, elle s’engagea sur un chemin avec l’assistant du professeur Sorbier, qui avait ressorti son carnet pour prendre des notes.

« Ils ne se sont pas découragés. Les gens ont commencé à planter des fleurs sur cette colline nue et triste pour l’égayer un peu, la rendre plus vivante et plus colorée. Malheureusement, malgré leurs efforts, rien ne poussait. Rien du tout ! La pollution engendrée par la Forge Fuego était trop forte pour que les fleurs survivent ici. Et un jour, selon la légende, les habitants se sont rassemblés pour exprimer leur gratitude envers la nature. Et le miracle s’accomplit. » Eryn posa les doigts sur le carnet du scientifique pour le baisser, et le forcer à regarder le paysage. « La colline se recouvrit de fleurs. »

La vue, depuis ce petit promontoire, était magnifique. Tout Floraville s’étendait sous leurs yeux, océan de fleurs dans la maigre végétation alentours. Le scientifique, maintenant, pouvait comprendre pourquoi « paradis fleuri » était un de nombreux noms de Floraville, et, par extension, une des demeures de Shaymin. Eryn aimait beaucoup cette vue. Dans un coin de sa tête, elle se promit d’y emmener Cael, quand ils auraient un peu de temps à se consacrer. Cet endroit lui plairait à coup sûr. En tout cas, il plaisait à ses Pokémon, qui s’étaient dispersés tout autour pour apprécier le vent, la vue, tout ce qu’ils pouvaient faire. Doucement, Eryn reprit la parole.

« On pensait cette terre polluée pour toujours, et voilà qu’un champ de fleurs s’étale dans un endroit où rien ne devrait normalement pousser. Le voilà, le rapport avec Shaymin. Selon, le Pokédex, quand il ressent l’amour et la gratitude des gens envers la nature, il a le pouvoir de dissoudre les toxines dans l’air pour transformer un désert en un luxuriant champ de fleurs. Un désert, une zone polluée, quelle différence ? Rien n’y pousse, et d’un coup, les fleurs s’étalent à perte de vue. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle le Pokémon Gratitude. »
« Et… Tu penses vraiment que Shaymin vit ici ? »
« Ici, là-bas, quelle importance ? C’est grâce à lui que Floraville existe. Cet endroit est pour lui un paradis fleuri comme un autre. Peut-être qu’il se cache là, au milieu des fleurs du Pré Floraville, quand il en a assez de la solitude de son propre Paradis Fleuri. »

Sam semblait ne pas trop y croire, ce qui fit sourire Eryn. Il voulait des preuves scientifiques, concrètes, qu’il pouvait lire et toucher, et il se retrouvait avec un paysage sous les yeux. Ce n’était pour lui que des faits. Pour elle, c’était la preuve qu’il fallait. La terre était polluée, mais un océan de fleurs la recouvrait, et s’arrêtait, étrangement, aux frontières de la ville. Sitôt les portes de Floraville passées, les fleurs ne suivaient plus, remplacées par de la végétation dense et ordinaire, quelconque à côté de la magnificence de son petit village natal. Eryn croisa les mains dans son dos, et continua d’observer l’océan fleuri qu’était Floraville. Elle aimait vraiment beaucoup son village.

_______________________________________

Eryn reposa sa tasse de thé sur la table et leva les yeux vers sa mère. Angeline McNellis était vraiment une très belle femme. Sa longue chevelure rousse, couplée à son regard chocolat, lui donnait un air charmant, adorable, mais surtout innocent, ce qui tranchait avec sa réputation de femme d’affaires aussi dure que froide. Le Requin Fleuri, l’appelait-on dans le monde du commerce. Ca faisait beaucoup rire Angeline, qui s’était appropriée ce surnom, qu’elle ne déméritait pas grâce à son très beau sourire à la fois avenant, agréable, mais plein de dangerosité, celui que Cael appelait plus généralement le Devil Smile. Se sentant observée, Angeline releva la tête pour regarder sa fille en souriant.

« Tracassée, petite fleur ? »
« J’ai l’impression qu’il va s’en aller bientôt. »

Angeline haussa les épaules, sachant très bien de quoi sa fille parlait. L’assistant du professeur Sorbier, présent à Floraville depuis quatre jours déjà, semblait s’impatienter. Pourtant, elle lui avait fait visiter la ville, les environs, montant même jusqu’à la Forge Fuego qu’elle détestait tant, pour lui prouver que Floraville était un océan fleuri grâce à la bénédiction de Shaymin. Mais ce n’était visiblement pas ce qu’il voulait entendre. Ou voir. Eryn avait de plus en plus l’impression qu’il voulait juste voir un Shaymin, voire pourquoi pas plusieurs. Une migration de Shaymin. Elle allait finir par lui rentrer dans le lard en lui demandant d’être un peu moins scientifique et un peu plus chercheur. Comment voulait-il qu’elle lui mette des preuves écrites de la présence de Shaymin à Floraville ? Pour elle, cette marée fleurie était une preuve plus que suffisante.

« Je ne sais pas quoi faire pour qu’il reste. On dirait qu’il s’attend à ce que je lui mette un Shaymin sous le nez pour lui prouver son existence ! »
« Tu peux toujours essayer. »
« Pour ça, il faudrait que je le trouve, et que je le capture… Tu me vois vraiment capturer Shaymin ? Ce serait… Ignoble ! »
« Tu n’es pas obligée de le capturer. Tu peux le lui montrer. »

Eryn fronça les sourcils sans comprendre, faisant sourire sa mère, qui tendit le bras pour lui caresser les cheveux. La petite noble comprit que sa mère ne dirait rien de plus. Le lui montrer. Lui montrer Shaymin. Mais comment ? Elle pouvait difficilement l’attraper. Tiens, et si elle demandait à Cael ? Il était rentré il y a peu, mais avec un peu de chance, il ne s’était pas endormi. Se relevant, elle rangea sa tasse dans le lave-vaisselle et fila dans sa chambre après avoir fait un bisou à sa maman. Mais quand elle ouvrit la porte, le Phyllali dormait déjà. Évidemment… Il avait lutté contre le sommeil pendant le dîner, normal qu’il s’endorme comme une masse. Il n’avait même pas pris la peine de se changer, et il n’était même pas dans les draps. Eryn eut un sourire attendri. Et, aidée de Lucki, elle déplaça tout doucement Cael pour le glisser dans le lit, avant de s’y installer à son tour. Automatiquement, le Phyllali se tourna vers elle, et son bras se posa dans son dos avec douceur, faisant fondre la Mentali. Tant pis, elle lui demanderait demain, s’il n’était pas déjà parti.

_______________________________________

« Mais… Comment ça, vous partez ? »
« Je vais essayer de trouver le Paradis Fleuri près de la Ligue Pokémon. »
« Oh, par pitié ! Ca fait quatre jours que vous dites vouloir des preuves du passage de Shaymin ici, et vous voulez quitter un paradis fleuri bien réel pour en chercher un autre que même les Rangers n’ont jamais trouvé ! Arrêtez d’être aussi factuel et regardez un peu autour de vous ! »

Le jeune assistant se redressa, vexé. Mais trop tard. Eryn était hors d’elle. Était-ce vraiment ce qu’il voulait ? Qu’elle lui mette un Shaymin sous les yeux ? Elle en avait marre de ce type. Pensait-il réellement trouver le Paradis Fleuri près de la Ligue Pokémon alors que des centaines d’autres personnes avaient essayé ? Était-il donc aussi imbu de sa personne qu’il ne voyait même pas l’échec au bout du chemin ? Et puis, si le professeur Sorbier l’avait envoyé à Floraville, c’était bien pour une raison non ? Sam inspira un grand coup, puis expira calmement, visiblement à bout de patience avec la jeune demoiselle.

« Ecoute, Eryn… Oui, ton village est très beau et très fleuri, mais ce n’est pas une preuve suffisante pour - »
« Pas une preuve suffisante ? Mais cet endroit était pollué jusqu’au noyau, et il y a des fleurs partout ! »
« La pollution a dû s’en aller, voilà tout ! »
« Et donc les fleurs sont sagement restées aux limites de Floraville sans s’étendre au-delà des frontières de la ville ? Parce que, comme par hasard, il n’y a qu’une certaine zone qui n’est plus polluée mais que le reste l’est encore ? »

A voir l’expression du scientifique, un point pour elle. Cependant, il ne croyait toujours pas à la présence de Shaymin dans le village. Le souci, c’est qu’à aucun moment il n’était venu ici pour constater la présence du Pokémon Gratitude sur les lieux, mais pour étudier son influence dans le monde. Or, quel meilleur lieu que Floraville pour étudier l’influence de Shaymin ? Il a transformé une terre polluée en océan de fleurs, car l’amour et la gratitude des gens envers la nature lui avaient plu ! Preuve en était encore qu’il n’y a qu’à Floraville que sont cultivées les Gracidées, les fleurs de Shaymin ! Tilt. Sa mère avait raison. Elle n’était pas obligée de capturer Shaymin. Elle pouvait le lui montrer.

« D’accord. Et si je vous montre une chose, une seule, qui prouvera ce que j’avance depuis quatre jours ? »
« Si tu veux, Eryn, si tu veux… »

La Mentali se retourna pour quitter le village, le scientifique la suivant sans grand enthousiasme. Il ne rêvait plus que de rentrer chez lui, et ne voulait pas vraiment crapahuter un peu plus dans le village. Le souci, c’est qu’il ne pouvait pas revenir sans un article, ou quelques pistes, et effectivement, Eryn avait tapé juste. La Ligue Pokémon était très loin, difficilement accessible, et personne n’avait trouvé le Paradis Fleuri. Chercheurs, Rangers, tous s’y étaient frottés, mais sans succès. De son pas plutôt rapide, la jeune chercheuse traversa le Pré Floraville pour prendre un petit chemin caché entre les arbres. Plutôt abrupt et rocailleux, il semblait pourtant relativement utilisé, ce qui étonna un peu l’adulte. Où l’emmenait-elle ? Finalement, au bout de quinze minutes d’une marche forcée, la Mentali s’arrêta, au sommet d’un plateau balayé par un vent froid, mais vivifiant. Et au sommet du plateau…

« Tu voulais constater Shaymin de tes propres yeux ? La voilà, ta preuve, Sam. J’espère qu’elle te suffira, celle-là. »

Eryn croisa les bras, plutôt satisfaite d’elle-même, tandis que le scientifique faisait quelques pas, bouche bée, subjugué par le plus grand champ de Gracidées qu’il ait pu voir de sa vie. Elles s’étendaient à perte de vue, sur plusieurs kilomètres, offrant un panorama exceptionnel sur un océan d’un rose pâle qui surplombait Floraville. Alors qu’il se penchait pour en observer une, la Mentali s’approcha, pour rattraper son bras avant qu’il n’en cueille une. C’étaient les Gracidées de sa famille, vendues dans le monde entier, et ses parents auraient très peu apprécié qu’un inconnu se serve et leur fasse perdre plusieurs milliers de Pokédollars d’un coup.

« On appelle ces fleurs des Gracidées, et elles appartiennent à ma famille. » Le scientifique, qui allait toucher une fleur, recula prestement la main. « Ce sont les fleurs de Shaymin. Quand il entre en contact avec l’une de ces fleurs cultivées avec amour, il peut changer de forme pour passer en Forme Céleste. Du moins, c’est ce que disent les rumeurs. » Elle fit une petite pause pour regarder le scientifique. « Les Gracidées ne poussent que dans les hauteurs de Floraville. Est-ce que c’est suffisant, comme preuve ? Les fleurs de Shaymin qui poussent dans un endroit purifié par Shaymin ? »

Le scientifique ne répondit pas, et s’assit en tailleurs devant les Gracidées, avant de se gratter la tête. Puis il lâcha un profond soupir avant de reprendre la parole.

« Je dois bien admettre que oui. D’après la légende, les Gracidées ne poussent que dans les endroits où Shaymin s’établit. Il y en aurait des milliers dans son Paradis Fleuri, vu que c’est là-bas qu’il vit, mais s’il y en a aussi ici, ça prouve bien que Shaymin est passé par là, mais qu’en plus de ça, il a eu une influence plus ou moins grande sur la vallée. » Il leva la tête vers elle, et elle put voir son regard brillant. « Il y en a d’autres ? Des endroits où poussent les Gracidées, je veux dire. »

Eryn lui sourit, et hocha la tête, faisant immédiatement sourire l’adulte. Pendant le reste de la journée, elle le promena dans les hauteurs de Floraville, lui montrant les champs de Gracidée de sa famille, et sans trop entrer dans les détails, elle lui expliqua comment poussaient ces fleurs pour qu’il puisse l’ajouter à son rapport. Le soir venu, le scientifique retourna à son hôtel, positivement ravi, ayant totalement oublié l’idée de quitter la ville pour retourner au laboratoire. Il comprenait enfin qu’il avait quelque chose à écrire sur l’influence de Shaymin dans Sinnoh.

_______________________________________

« Alors ça y est, vous partez pour de bon ? »
« Eh oui. Ce fut une bien belle semaine, j’ai écrit un bon rapport, mais il faut bien que je retourne à mes études, moi aussi. »

Eryn sourit, et Max l’imita. Portant la main à sa sacoche de cuir, il en sortit une grosse pochette plastique qu’il lui tendit. Sans comprendre, la petite Mentali l’attrapa, et fronça les sourcils en voyant le titre. « Influence de Shaymin sur Floraville, par Samwell Niehaus et Eryn McNellis ». C’était… C’était son rapport. Mais pourquoi y avait-il son nom à elle ? Quand elle leva les yeux, curieuse, il lui fit un clin d’œil et un sourire.

« C’est une copie. Tu n’auras qu’à l’utiliser pour ton devoir à rendre. Et puis, c’est bien d’avoir quelques notes quand on veut être chercheur Pokémon, non ? »

Eryn allait ouvrir la bouche, protester, le remercier, trouver un truc à dire… Il se contenta de lui tendre la main, et elle tendit la sienne pour une poignée de mains. Puis, sur un dernier sourire, il tourna les talons et s’engagea sur le chemin, accélérant le pas pour rentrer à Littorella avant la nuit. Après qu’il ait disparu de son champ de vision, Eryn ouvrit le rapport pour le feuilleter, absolument fascinée par ce qu’elle lisait. Puis elle le referma d’un coup sec et partit en courant dans l’autre sens, pour montrer ça à ses parents, le cœur incroyablement léger.

Quand Cael allait savoir ça !

_________________

We got this together Δ Sometimes the pressure gets you down, and the clouds are dark and grey, just kick them off and let the sun shine through, and scary as it seems, more help is on the way,'cause friends have friends that want to help out too.
[Cours Été 2015 - Topdresseur] Paradis Fleuri. [Terminé]
Page 1 sur 1
Permission de ce forum: Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers:  
Outils de modération :