[Cours Été 2015 - Topdresseur] ... Et les explosions. [Terminé]
Aileen Sôma
Région d'origine : Illumis, Kalos.
Âge : 20.
Niveau : 80
Jetons : 16666
Points d'Expériences : 3148
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Sujet: [Cours Été 2015 - Topdresseur] ... Et les explosions. [Terminé]   Lun 31 Aoû - 11:47
L'art... Et les explosions.

Résumé des épisodes précédents : Aileen est arrivée à Illumis, Kalos, le 1er Août, en tant que stagiaire de la police internationale. Attaquée à peine arrivée par un homme qui veut lui voler ses Pokémon chromatiques, elle s’enfuit vers l’agence Beladonis où elle est récupérée par la police. Elle y rencontre Théo (le chef), Maël (l’informaticien), Lucie (une inspectrice) et Cléo (Joy, la sœur de Cael, inspectrice envoyée de Volucité). Après une fouille infructueuse des labos Lysandre, on l’envoie infiltrer le bâtiment d’une multinationale versée dans l’art pour poser des caméras-espions. Quelques nuits plus tard, Cléo Joy et elle sont attaquées, et leurs Pokémon sont volés. La police fait alors une descente sur le bâtiment de la multinationale, et Cléo et Aileen décident de s’y rendre sans l’accord de leur supérieur. Une fois sur place, elles réussissent à sauver Sphax, puis le reste de leurs équipes respectives, avant d’empêcher un camion chargé de Pokémon de s’enfuir par le sous-sol. Aileen devait être renvoyée à son école juste après, son stage étant terminé, mais Cléo réussit à faire pression pour qu’elle reste un peu plus longtemps et assiste à la traque des derniers criminels restants.

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Le silence était total dans le laboratoire du professeur Platane. Les agents de la police internationale y étaient encore rassemblés, après le raid qu’ils avaient lancé contre la multinationale abritant un groupe criminel qui faisait des expériences sur les Pokémon pour les transformer en chromatiques, au mépris de leur propre vie. Sur le tableau blanc, Théo avait accroché un plan d’Illumis, où toutes les portes avaient été barrées de rouge. Certains endroits stratégiques, comme l’agence Beladonis, l’arène et, bien entendu, le laboratoire, étaient cerclés de bleu. La carte de la capitale se transformait en océan coloré. Mais Aileen était trop fatiguée pour faire la moindre remarque sur ça. Assise dans son coin, son Pandespiègle endormi sur ses genoux, son Absol d’un côté et sa Persian de l’autre, elle se contentait d’écouter sans broncher la conversation des adultes.

« La police de la ville est déjà en position autour des portes de la cité, pour empêcher qui que ce soit de sortir. Ils vont patrouiller toute la nuit pour débusquer un maximum de ceux qui ont pu s’enfuir. »
« On estime leur nombre à combien ? »
« Une bonne quinzaine. Plus un dénommé Vertigo, qui a l’air d’être leur chef. » Quelques officiers hochèrent la tête. « Bien. Les équipes ont été réparties. Maël va rester ici avec son escouade pour protéger les Pokémon. Lucie, tu t’occupes du côté septentrional avec la tienne, tandis que le prendrai le côté méridional. Cléo… »

L’attention d’Aileen décrocha. Mécaniquement, elle glissa ses doigts dans la douce fourrure de son Pandespiègle rouge. Et dire que c’était à cause de cette couleur rouge qu’ils avaient voulu lui faire du mal… La tête d’Hilda se posa doucement sur sa jambe. Sphax, lui, resta très droit, continuant d’observer tout autour de lui. Il ne semblait pas avoir souffert de son enlèvement. Extérieurement, du moins. Intérieurement, il était tellement collé à elle qu’ils auraient pu fusionner sans le moindre souci. Alors qu’elle commençait à s’endormir un peu sur sa chaise, une main se posa sur son épaule, la forçant à relever la tête pour regarder l’autre dans les yeux. Théo. Le laboratoire était presque vide, sans compter Maël et les quelques hommes restés sur place pour protéger le laboratoire.

« Je pars patrouiller avec vous ? »
« Non. Rentre chez toi et repose-toi. On vous attend demain à l’agence. »
« Chez moi… Seule ? Après ce qu’il vient de se passer ? »
« Je n’ai jamais dit que tu y serais seule. »

Il esquissa un léger sourire, et Aileen hocha la tête. Rentrer chez elle. Okay. Elle avait presque toute la ville à traverser, mais ce n’était pas trop grave. Après avoir fait rentrer Lotso dans sa Poké Ball, elle quitta le laboratoire du professeur Platane et s’engagea dans les rues d’Illumis. Étrangement, elles étaient illuminées. Et il y avait beaucoup de policiers dehors. Le temps qu’elle traverse l’Avenue Floréal, pour atteindre la Tour Prismatique et la contourner, pour atteindre la Place Rouge par la petite ruelle, elle avait décompté plus de vingt patrouilles de police, sans compter les hommes à pied qui fouillaient les ruelles à la recherche des criminels. Par mesure de sécurité, elle avait fait rentrer Sphax. Il avait beaucoup râlé, mais elle préférait ne pas mettre un chromatique sous le nez de scientifiques fous en liberté dans les rues. Hilda, par contre, restait dans son ombre, et Ellie s’était assise sur son épaule droite pour regarder les passants avec une méfiance qu’elle ne lui connaissait pas. Finalement, la Pyroli posa la main sur la poignée de sa porte, et fut enfin chez elle. Elle allait faire un pas quand sa Tarsal apparut devant elle, son pouvoir psychique la maintenant immobile. Sookie leva la patte pour la poser sur sa bouche, pressant doucement les lèvres de sa dresseuse. Silence.

« Il y a quelqu’un dans la maison. »
« Quelqu’un que tu connais ? »
« Non. »


Le doigt d’Aileen pressa doucement la Poké Ball de Sphax. L’Absol en sortit, secouant la tête de dégoût, avant de s’immobiliser, sentant l’intrus dans la maison. Il tourna la tête vers Aileen, qui la hocha sans rien dire. Attaque. L’Absol disparut, se cachant dans les ombres, et s’approcha du salon en silence, bondissant sur son adversaire, sa corne rouge brillant d’un éclat mauvais. Mais alors qu’il allait le toucher, l’autre Pokémon disparut à son tour pour frapper dans le dos. Tenter. Hilda avait bondi pour le plaquer au sol, et s’esquiver avant qu’un coup de griffe ne lui ouvre le ventre. Deux contre un. Pas très loyal. Comme si la préfète en avait quelque chose à faire. Les trois Pokémon recommencèrent leur lutte, mais il était évident que, même à deux, Sphax et Hilda ne parvenaient pas à avoir l’avantage. Et rajouter un troisième Pokémon serait dangereux. En plus de ça, elle était tombée sur quelqu’un comme elle. Quelqu’un qui apprenait à ses Pokémon comment combattre seul, sans attendre d’ordre extérieur du dresseur. Car, cachés dans l’ombre comme ils étaient, lancer un ordre aurait été immédiatement se trahir. Portant la main à une autre Poké Ball, Aileen fit sortir son Dedenne, qui fila en courant vers les trois adversaires. Sa queue pointue s’illumina brièvement tandis qu’il passait entre eux. Persian, Absol… Couafarel ! Aileen lança une Poké Ball, et Sokka, le Riolu, en surgit, sa Forte-Paume prête à frapper. Le Couafarel l’esquiva sans difficulté, et la Forte-Paume heurta brusquement le mur, y creusant un cratère. Outch, sa mère allait gueuler. Quelque chose de pointu lui picota la gorge.

« Plus un geste. »

Sookie se redressa, menaçante, mais la pression du couteau sur la gorge de sa dresseuse la força à redescendre en grondant. Sphax s’immobilisa d’un coup, Hilda l’imita, et tandis qu’elle restait concentrée sur le Couafarel, il se tourna pour s’approcher prudemment de sa dresseuse immobilisée. Joyce fit alors la chose la plus intelligente à faire. Flash. La femme qui la tenait immobile grogna, aveuglée par la lumière, et Aileen, qui avait eu le réflexe de fermer les yeux grâce à Sookie, se cabra d’un coup pour faire passer l’adulte au-dessus d’elle et la plaquer au sol. Elle ne s’attendait pas du tout à ce que l’autre l’attrape pour l’entraîner avec elle. Le couteau, cependant, avait roulé au loin, entre les pattes de Sphax. Ce dernier posa la patte sur le manche, et le fit nonchalamment glisser vers le Couafarel, qui s’en saisit pour le ramener à la cuisine. Puis, l’Absol s’assit, regardant avec amusement sa dresseuse qui essayait de lutter pour se redresser, ayant bien compris qu’elle n’avait aucune chance, tout comme lui-même n’avait eu aucune chance face au Couafarel. Cheveux bruns. Sans oreilles de lapin. Regard améthyste profond. Comme si elle se regardait dans un miroir, avec vingt ans de plus.

« … Maman ? »

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Les canapés avaient été redressés, les tables basses remises à leur place, les vases brisés, nettoyés. Tout était propre. Aileen s’était installée sur un canapé, et serrait entre ses doigts une tasse de thé chaud. Sa mère était assise en face d’elle. Fifi, le Couafarel, était allé se coucher à son endroit favori, juste sous l’escalier. Silica, sans-gêne, était allée se coucher à côté, ce qui n’avait pas semblé déranger le Couafarel, qui avait placidement accepté la petite Zorua près de lui. Le silence durait depuis maintenant plusieurs minutes. Aileen ne savait plus comment regarder sa mère. Coordinatrice ? Pas coordinatrice ? A quel point lui avait-elle menti ? Une coordinatrice n’aurait jamais pu se déplacer aussi vivement. Un Pokémon de concours n’aurait pas pu résister aussi aisément à deux Pokémon rodés aux techniques d’espionnage par le Général Jackie en personne. C’était… Incompréhensible. Sans rien dire, elle but une nouvelle gorgée. Thé de l’amour… Le thé que Loan avait fait pour la Saint-Valentin. Elle le faisait comme lui. Et il lui manquait beaucoup trop. Mais où avait-elle appris à le faire comme lui ? Elle jeta un bref coup d’œil à sa mère.

« Ses parents étaient mes amis. » Elle but une gorgée de thé. « Fauve et William McNellis. C’est vraiment dommage que leur fils n’ait pas pu grandir à Floraville, avec sa cousine. Il faut toujours qu’Evene n’en fasse qu’à sa tête… »
« Tu les connais. C’est pour ça que tu ne voulais pas que je m’approche de Loan. Pourquoi ? »
« Parce que sa grand-mère est une vieille harpie persuadée que le meilleur pour son précieux héritier, c’est d’épouser une richissime noble. Or, tu n’es ni richissime, ni noble, et en partant de son point de vue, tu es une bâtarde. Tant que tu resteras avec lui, elle t’aura à la mauvaise. »
« Tant pis pour elle. »

Leiko esquissa un sourire, amusée de voir à quel point sa fille lui ressemblait. En silence, Aileen termina son thé. Bizarrement, elle n’arrivait pas à lui en vouloir. Sans doute parce qu’elle était encore secouée par le vol et la récupération de ses Pokémon, l’infiltration ultra dangereuse dans le bâtiment de l’entreprise multinationale, et tout ce qu’elle avait pu vivre jusqu’à présent. Sa mère appartenait à la police internationale. Quand elle leva les yeux vers elle, Leiko la fixa quelques secondes avant d’hocher la tête, lui donnant la réponse qu’elle voulait. Oui. Elle appartenait à la police internationale. La brune lâcha un grognement indistinct avant de reposer sa tasse. Évidemment. Quelle meilleure couverture que celle de coordinatrice ? Ca lui permettait de voyager dans le monde, pouvoir entrer partout grâce à sa popularité et sa célébrité, rencontrer des gens importants, participer à des réceptions pendant lesquelles elle pouvait s’éclipser ou, comme elle, profiter d’une visite pour faire un peu d’espionnage politique… C’était redoutablement intelligent. Et bien joué. Tellement bien qu’elle ne l’avait même pas vu venir, en fait. Enfin, si, elle s’en doutait un peu, au fur et à mesure que le temps passait. Quand elle avait découvert avec un peu trop de facilités qu’elle n’était pas coach ou médecin, mais bien espionne. Puis en lui conseillant finement de ne pas se cacher derrière le coaching, mais derrière la médecine, ce qui lui éviterait de se retrouver face à quelqu’un lui demandant de calmer son Tyranocif agressif. Et apprendre les premiers secours, c’est toujours bien non ?

« Qu’est-ce que tu fais là, au fait ? »
« J’ai appris qu’il y avait du grabuge à Illumis et je me suis souvenue que tu étais là-bas. Alors j’ai fait du forcing auprès de mes supérieurs pour y être envoyée, en leur précisant que même sans leur permission, j’irai, donc qu’il valait mieux que je l’aie pour que ça fasse plus propre sur leurs dossiers. »
« Et ton secret ? Parce que je suis au courant, maintenant, tu sais. »
« Honnêtement, je m’en fous. Tu devais bien t’en douter, de toute manière, que ta mère était bien plus qu’une Coordinatrice stupide à la voix de fausset qui court après les rubans comme un Ponchien après des Wattouat. »

Elles esquissèrent un même sourire amusé. Et tournèrent la tête vers la porte en l’entendant s’ouvrir. Cependant, ni Sphax ni Fifi ne bronchèrent, car le nouveau venu n’était autre que Cléo. Sans s’embarrasser, elle posa ses affaires dans un coin, et leva un peu le menton devant Leiko.

« Alors ça y est, tu lui as dit ? »
« Hmm. »
« Eh bah, il était temps. Ca devenait dur à garder, ton p’tit secret, Leiko, surtout pour ce couillon de Théo qui se mordait les lèvres pour pas cracher le morceau. »
« Dommage, déjà qu’il a les lèvres si pincées qu’elles n’existent plus… »

Les deux inspectrices éclatèrent de rire. Aileen, elle, avait dégainé son iPok et cherchait dedans de manière mécanique. Loan, Loan… Non. Elle n’avait plus son numéro. Elle l’avait supprimé de rage en apprenant qu’il était parti sans la prévenir. Déjà qu’elle le trouvait distant, voilà qu’il s’en allait sans un mot… Sans rien dire, Leiko attrapa un papier, un stylo, écrivit un numéro dessus, et le lui tendit avec un sourire.

« Et ne téléphone pas toute la nuit, surtout. »
« Si j’veux, d’abord ! »

Souplement, Aileen quitta le canapé pour se pencher, faire un bisou à sa mère, poser la main sur le papier, et partir avec pour grimper les escaliers et s’enfermer dans sa chambre, Sphax la suivant de près. Cléo prit la place d’Aileen sur le canapé, tandis que la Pyroli se vautrait sur son lit, tapant rapidement le numéro du bout des doigts. Quand un « Allô ? » endormi se fit entendre à l’autre bout du fil, elle prit une grande inspiration, et se jeta à l’eau.

« Salut Loan… C’est Aileen. »

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Théo avait eu un énorme sens de l’humour. S’il avait soupiré en voyant Leiko Sôma débarquer, son Couafarel sur les talons, il avait décidé de l’envoyer avec Aileen et Cléo, jugeant que trois éléments pareils feraient mieux de rester pareil. Aileen avait failli se vexer, avant qu’il ne réponde d’un ton blasé qu’en tant que fille de Leiko et disciple de Cléo, il ne donnait pas cher de son caractère. La brune avait gonflé les joues, imitant son petit copain, et sa mère lui avait tapoté la tête en riant. Cette dernière, d’ailleurs, s’était métamorphosée. Adieu, la brune aux yeux violets. Ses cheveux, désormais blonds, encadraient deux yeux d’un bleu saphir époustouflants. Camouflage. Leiko Sôma étant assez connue, il valait mieux qu’elle ne soit pas vue en compagnie de deux étrangers, sinon la traque allait être plutôt dure. Elles avaient été envoyées dans les ruelles, aux alentours de la Place Verte, où, quelques semaines avant, les criminels revendaient leurs Pokémon chromatiques aux habitants, vantant leurs bienfaits.

« Lui. C’en est un. » Aileen tourna la tête vers un homme, qui traversait rapidement la place bondée. Comment pouvait-elle le savoir ? « Il marche trop vite, sa tête est trop basse, il semble beaucoup trop pressé, et le manteau en plein hiver, c’est suspect. Attrape-le, Cléo. »

L’inspectrice aux cheveux roses s’exécuta, et fut en quelques secondes devant le fuyard, lui bloquant le passage, la main posée bien en évidence sur son badge de la police internationale. Il recula pour s’enfuir, manquant de percuter Leiko et Fifi. Avant qu’il n’ait le temps de penser à s’enfuir, un Ectoplasma apparaissait, lui coupant le chemin, et le Couafarel se déplaçait pour l’encercler.

« Plus un geste. Vous êtes en état d’arresta - »

Lumière rouge, signe qu’une Poké Ball avait été lâchée au sol. Puis d’un coup, un Roucarnage chromatique apparut, se saisit de l’homme, et s’envola. Leiko jura grossièrement, et Cléo porta la main à sa ceinture. Trop tard. Dans un geste adroit, Aileen avait lancé une Poké Ball dans les airs, et Sissi, sa Stalgamin, en sortit, l’air de se demander ce qu’elle faisait dans les airs. Mais en voyant le Roucarnage et son cavalier, elle eut un petit rire tout choupi, de très mauvais augure, qui s’accentua quand l’ordre de sa dresseuse claqua sèchement.

« Vent Glace ! »

L’attaque frappa l’oiseau en plein vol, et il s’écroula en piaillant de douleur. L’homme roula au sol et porta la main à une nouvelle Poké Ball pour en faire sortir un Gardevoir, lui aussi chromatique.

« Il va se téléporter ! »
« Crocs Feu ! »

Un immense Démolosse bondit à l’ordre de Cléo, et attrapa le Gardevoir au bras. Ce dernier lâcha un hurlement de douleur, avant d’essayer de se dégager. Téléportation impossible. Aileen jeta une nouvelle Poké Ball dans les airs, et la rattrapa quand elle retomba. Faisant fi du soleil, un Nosferalto plongea en piqué vers le Gardevoir, l’approchant dans le dos.

« Crochet Venin ! »

Les longs crocs du Nosferalto brillèrent de violet, juste avant de se planter dans le dos du Gardevoir, qui se cambra, restant immobile quelques secondes avant de s’écrouler. Combo Feu plus Poison, c’en était trop pour le Pokémon chromatique. Avant qu’il n’ait le temps d’en sortir un troisième, Cléo attrapa le bras de leur fuyard pour le tordre dans son dos et le plaquer violemment contre un mur. Aïe, il a au moins dû perdre trois ou quatre dents, là.

« Nous disions, plus un geste, vous êtes en état d’arrestation pour vols, manipulations génétiques, escroqueries et recels de Pokémon. »

L’affaire était pliée. Pendant que Cléo amenait tranquillement le criminel en prison (sans toucher les cent jetons de la case départ, le pauvre bougre), Leiko posa une main sur l’épaule de sa fille pour la pousser plus loin. Elles en avaient d’autres à capturer. Leur nombre allait s’amenuiser rapidement, vu qu’ils avaient toute la police internationale, plus la police de la ville, sur le dos, mais tant qu’il en resterait, pas de repos pour les braves !

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« Comment ça, ils t’ont volé tes Pokémon ?! »
« Non, pas tous mes Pokémon… Magnézone et Iguolta. Ils étaient trop nombreux sur moi, m’ont occupé avec leurs Pokémon Sol, il y en a un qui est passé derrière moi et m’a assommé. Quand je me suis réveillé, mes Pokémon avaient disparu. » Il porta la main à sa ceinture. « Il me reste encore mon Emolga. Ils n’ont pas dû le voir à cause de mon blouson. »
« Mais on va où, là, s’ils s’en prennent même aux champions d’arènes ?! »

Lem, le champion d’arène de Kalos, se frotta la tête, un peu gêné de s’être fait avoir comme un bleu. Il les avait rejoint deux jours plus tôt, estimant qu’il était de son devoir de champion de protéger la ville. Après tout, c’était lui qui avait fait appel à la police internationale en voyant le drôle de trafic qui se déroulait sous ses yeux. Il n’était que justice qu’il les rejoigne maintenant que le temps était venu de se battre. Voire Lem dans les rues avait beaucoup plu aux habitants, mais nettement moins aux criminels. Le message était relativement clair. S’ils continuaient sur cette lancée, ils recommenceraient leurs petites expériences sur les Pokémon du champion. Sur que, à écouter la conversation, Aileen en déduisait qu’il était resté longtemps dans les vapes, le champion, au moins trois bonnes heures. Plus le temps qu’il lui avait fallu pour revenir jusqu’ici, quatre heures, au moins. Ils n’allaient pas tarder à recevoir des menaces, que Maël pourrait alors remonter pour savoir où se trouvaient les voleurs en herbe.

« Ca y est, je les ai ! » Quand on parle du loup… Maël se mit immédiatement au travail pour remonter la piste. « Ils sont… A l’arène de la ville ! Mais qui serait assez stupide pour menacer un champion dans sa propre arène ? »
« Ils ne sont pas à l’arène. Je l’ai fermée le temps des recherches, et je suis le seul à pouvoir l’ouvrir à nouveau. Ils ont dû dérouter le signal pour prendre celui de l’arène, et avec toute la tension électrique de la Tour Prismatique, c’est quasiment impossible de savoir où ils se trouvent. »

Heureusement pour la police internationale, impossible ne faisait pas partie du vocabulaire de Leiko Sôma. Ayant reconnu qu’elle ne valait rien sur le terrain (raison pour laquelle elle était espionne, pas inspectrice), elle était retournée à son domaine de compétence, profitant de sa popularité et de son statut de mécène des arts pour s’infiltrer partout, sourire, financer quelques artistes prometteurs, mais surtout en apprendre plus. Comme, par exemple, l’identité de ce Vertigo après lequel ils couraient depuis un moment. Hommes d’affaires moyennement influent, il travaillait pour le musée d’Illumis, et avait été soupçonné de falsifications de tableaux à plusieurs reprises, même si ça n’avait jamais pu être prouvé. Et, une nouvelle fois, Leiko les empêcha de foncer dans le mur. Aileen sentit son iPok vibrer, et elle décrocha par réflexe.

« Dis à cet imbécile de Théo de mieux raccrocher son téléphone, et tant qu’à y être, passe-le moi que je lui dise moi-même. Je sais où ils sont. »

Aileen gicla à moitié de son siège, iPok tendu vers le chef de l’agence. Sans se poser de questions, il l’attrapa pour le coller à l’oreille, et devint soucieux. Alors qu’il répondait par onomatopées, son regard vola de Lem à Aileen de manière mécanique, comme s’il évaluait leurs tailles respectives. Ils faisaient presque la même taille. Lem était sensiblement plus grand qu’elle, ce qui pourrait s’arranger avec des talons. Quand il raccrocha, Aileen savait ce qu’il allait dire. Déguisons la petite stagiaire en Lem et envoyons-la à sa place pour faire l’appât, pendant que nous, on entoure le groupe pour l’attaquer à revers ! Avant qu’il ne prenne la parole, Aileen lui coupa l’herbe sous le pied.

« D’accord, mais à une seule condition. » Elle se tourna vers Lem en souriant. « Je peux avoir un badge Tension en plastique ? C’est pour ma collection. »

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« Eh regardez, c’est Lem ! »
« C’est vrai qu’il aide la police en ce moment… »
« Youhou, Lem, t’es le plus fort ! »


Aileen retint un grognement, et l’envie puissante de rentrer la tête dans les épaules. Elle crevait de chaud. La perruque blonde était un pur calvaire, ces habits collaient à la peau, et les lunettes glissaient sur son nez. Joyce, perché sur son épaule, se retint de lâcher un petit rire amusé. Sa pauvre dresseuse détestait vraiment beaucoup les déguisements. Elle qui préférait miser sur la finesse et la discrétion, c’était la deuxième fois qu’elle était déguisée par la police internationale, et à chaque fois, en petit garçon. Bon, cette fois-ci, elle n’était ni plus ni moins que Lem, le champion d’arène d’Illumis, mais tout de même, c’était un peu agaçant à vivre. Les gens tournaient la tête, reconnaissaient le champion, l’applaudissaient parce qu’il aidait la police… C’était assez ironique. Et la police, qui l’applaudit, hein ? Sérieusement, bonjour l’hypocrisie. Et la discrétion de son costume. C’était bien la première fois qu’elle mettait un déguisement pour être vue, et pas pour passer inaperçue. Le pire était qu’elle n’avait même pas pu garder son équipe. Lem, après tout, était un champion du type Électrique, il aurait été étrange qu’il se promène avec un Absol, une Persian ou un Galegon. Dommage. Elle n’avait donc gardé que Joyce, et l’autre écureuil chiante qu’elle avait capturé à Sinnoh, mais qui ne servirait que de décoration vu que la Pachirisu était bien décidée à l’électrocuter par pur amusement. Esquivant un peu la foule, elle entra dans la gare pour se diriger au bout du quai. Selon sa mère, les voleurs attendaient le train qui les emmènerait loin d’ici, sur un autre continent, avec les Pokémon de Lem en otages.

« Eh, vous ! Plus un geste ! »

De tous ses Pokémon, elle n’avait gardé que sa Tarsal, la seule qui sache prendre le contrôle de son corps pour agir sur sa voix, la rendant masculine ou féminine selon le bon vouloir de sa dresseuse. Actuellement, elle avait la voix de Lem, ce qui correspondait plutôt bien, vu qu’elle était sensé être Lem. Les trois hommes sursautèrent et se retournèrent, la jaugeant avec une pointe d’agressivité. Le déguisement allait-il tenir ? Visiblement, il était convaincant, vu qu’ils se mirent à sourire d’un air méprisant.

« Tiens, revoilà mini-champion. »
« T’es venu reprendre ta branlée, gamin ? »

« Non, je suis venu reprendre mes Pokémon. Vous m’avez eu en traître, ce n’est pas comme ça que les vrais dresseurs combattent ! » Venait-elle réellement de dire ça ? Soupir. C’est exactement comme ça qu’elle combattait pourtant. « Venez ici, que je vous montre ce que c’est, être un champion d’arène ! »

Les trois voleurs éclatèrent de rire, mais se turent d’un coup quand l’Éclair de Joyce frappa entre leurs pieds avec une précision chirurgicale. Ah ouais, vous rigolez de ma dresseuse ? Recommencez, et vous mangerez un Fatal-Foudre ! Piqué au vif, l’un d’eux porta la main à sa ceinture pour en sortir un Kraknoix. Aussitôt, Aileen fit sortir l’Emolga de Lem, ce dernier le lui ayant laissé pour que ça fasse plus vrai. Il avait aussi sorti son Luxray de la boîte PC, et les quelques membres de la brigade qui possédaient un Pokémon Électrique les lui avaient laissé pour renforcer l’illusion de champion type.

« Acrobatie ! »

Aussitôt, l’Emolga, très obéissant, s’éleva pour se laisser tomber sur le Kraknoix, et lui foncer dessus d’un coup. Il le heurta violemment, réussit à l’attraper entre ses ailes, le soulever du sol et l’envoyer voler plus loin. Il lui fonça à nouveau dessus, le jetant hors de la gare d’un Aéropique bien placé. Avec un juron, son dresseur le suivit en courant. La première partie du plan fonctionnait. Le principe était de faire sortir les trois voleurs de la gare, pour ne pas mettre les gens en danger et pour permettre à la police de les encercler sans devoir marcher sur les rails en toute discrétion. Pas très pratique, et relativement risqué pour la santé, aussi. Quand elle sortit, les gens, qui se demandaient pourquoi un Emolga et un Kraknoix se battaient dans la rue, s’écartèrent d’un coup en croyant reconnaître leur champion d’arène. Aussitôt, les trois voleurs portèrent la main à leur ceinture pour faire sortir trois Pokémon Sol. Camérupt, Carmache et Escroco. Non mais c’est une blague là en fait. Ils avaient vraiment tout préparé pour mettre Lem à mal. Cependant… Quel était leur point commun ? Ah oui, le type Sol. Bien, il était donc temps d’utiliser le Lanturn qu’un membre de la police internationale lui avait laissé. D’un geste sûr, Aileen jeta la Poké Ball en l’air, laissant sortir le gros poisson.

« Danse Pluie ! »

La pluie commença à tomber, faisant frémir la brune. Berk. Le Lanturn réussit à tomber dans une flaque d’eau, et y clapota les nageoires, attendant le nouvel ordre. C’était bien un Pokémon de flic ça. Qu’est-ce qu’il lui avait dit ? Ah, oui.

« Détrempage ! »

La pluie se transforma en averse, qui tomba sur les trois Pokémon Sol. Ces derniers possédaient maintenant le type Eau. Ca tombe bien, vu qu’elle a plein de Pokémon Électriques ! D’un geste vif, elle sortit l’Emolga, son Dedenne et le Luxray. Quatre contre trois. Inégal. Rien à battre.

« Séisme ! »
« Fatal-Foudre ! »

Les deux attaques partirent presque au même instant. Les Fatal-Foudre, lancés sous la pluie, furent plus rapides. Les trois Pokémon s’écroulèrent alors que leur mini-Séisme frappait. Heureusement, les Pokémon avaient eu le temps de réintégrer leurs Poké Ball. Le sol se mit à trembler, provoquant la diversion parfaite qu’attendait la police. Alors qu’Aileen luttait pour garder son équilibre (ça bouge trooooop !) les trois voleurs étairnt encerclés par la police internationale. Quand, enfin, elle put se redresser prudemment, ils étaient immobilisés. Et sa perruque était tombée.

« Mais ! C’est pas Lem ! »
« Nan, c’est pas Lem, et c’est même pas un mec, d’ailleurs ! » Aileen toussa, reprenant doucement le contrôle de sa voix. « Et comment il peut porter des trucs pareils, ça tient monstrueusement chaud, sérieux ! »

Lem esquissa un sourire amusé, et tendit la main pour qu’Aileen lui renvoie les Poké Ball d’Emolga et Luxray. Théo et Lucie sortirent de la gare avec le quatrième voleur sous bonne garde, les deux autres Poké Ball en main, qu’ils remirent au champion en passant. L’Iguolta et le Magnézone avaient l’air d’aller bien. Et… Quatre voleurs de moins. Parfait. Lem s’approcha d’elle en souriant, ses deux Pokémon le suivant, et tendit la main pour reprendre ses lunettes et les reposer sur son nez.

« Alors, ça fait quoi d’être un champion d’arène Électrique ? »
« Pas mal. J’aurais préféré Ténèbres, mais pas mal quand même. »

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Sing me to sleep ★ Remember me now, time cannot erase, I can hear your whispers in my mind, I've become what you cannot embrace, our memory will be my lullaby.
Aileen Sôma
Région d'origine : Illumis, Kalos.
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Sujet: Re: [Cours Été 2015 - Topdresseur] ... Et les explosions. [Terminé]   Lun 31 Aoû - 11:59
« Il ne devrait plus en rester beaucoup. On estime leur nombre à six, sept en comptant Vertigo. »
« Toujours aucune trace de lui ? »
« Aucune. »

Quelques jours étaient passés depuis la récupération des Pokémon de Lem. Ce dernier avait tenu parole, et lui avait donné un badge Tension, plus vrai que nature, en plastique dur. Il ne s’inquiétait pas trop. N’importe quel dresseur, de toute manière, verrait que le badge n’était pas un vrai, elle ne pourrait pas trop crâner en disant qu’elle l’avait battu. Assise sur un siège à côté de Cléo, elle jouait avec, le faisant doucement tourner entre ses doigts, écoutant distraitement la conversation. La ville était complètement fermée depuis l’épisode de la gare. Les portes étaient closes, aucun train ne partait ni ne venait, jusqu’à ce que les quelques criminels restants soient retrouvés. Surtout qu’en décryptant leurs dossiers, Maël avait trouvé quelque chose de très inquiétant. Il n’en avait parlé qu’à Théo, et ce dernier avait pâli, avant de s’assombrir d’un coup. Ca devait vraiment être très grave. Tellement grave qu’il avait ensuite attrapé Lucie pour lui murmurer quelque chose à l’oreille, et cette dernière avait filé. Aileen ne l’avait pas vue depuis hier. Elle n’avait pas posé de questions. Et Maël avait été propulsé sous-chef. Il donnait des ordres, les autres obéissaient, même ceux qui étaient plus gradés que lui. Ce dernier, d’ailleurs, était au téléphone, avec Lucie, sans doute, vu qu’une voix féminine sortait du combiné.

« Lucie est vers le Café Les Timides, il y a deux membres du groupe qui essaient de vendre des chromatiques à des touristes. »
« D’accord. Cléo, tu y vas. »
« Enfin, j’ai cru que j’allais pourrir ici ! »

L’inspectrice se leva, et Aileen en fit machinalement de même. Après tout, Cléo l’avait un peu imposée comme sa stagiaire à elle, il lui semblait donc logique qu’où qu’elle aille, elle soit aussi. Comme ni Maël ni Théo ne semblaient contre, elle sortit avec Cléo pour se diriger vers le café en question. Les Timides. Quelle drôle d’idée de nom pour un café, tout de même. Cependant, un petit détail la dérangeait, même si elle n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. En s’approchant du café, elles passèrent devant le laboratoire du professeur Platane, et Aileen tourna machinalement la tête. Depuis plusieurs jours, les gens passaient pour récupérer leurs Pokémon, ou apprendre qu’ils étaient morts en cage à cause des expériences génétiques de ceux qui prétendaient travailler pour l’art. Les pauvres… Cléo lui tapa l’épaule pour lui désigner le café d’un mouvement de tête. Deux hommes, très bien habillés, discutaient avec des touristes qui semblaient aimer ce qu’ils entendaient.

« Il est l’heure de faire tes premiers pas, petit bébé. »

Aileen jeta un coup d’œil surpris à Cléo, mais face à son sourire énigmatique, elle ne put que lever les épaules pour s’avancer, seule, vers les deux adultes. Combattre seule, elle l’avait déjà fait, mais contre une seule personne. Même la stratégie qu’elle avait utilisée en tant que Lem lui avait été expliquée par le champion, qui aurait bien voulu lui aller lui, mais qui avait du rester avec la police pour les aider à récupérer Iguolta et Magnézone. Là, elle devrait improviser toute seule. Inspiration, expiration. C’est parti.

« … Véritables Pokémon chromatiques. Saviez-vous qu’ils apportaient le bonheur et la bonne fortune pour toute personne en possédant un ? »
« Oh, vraiment ? »
« Mais oui, ma chère madame ! Heureusement pour vous, notre sens du civisme nous pousse à aider les gens qui en ont besoin. Vous ne seriez pas contre de la chance et de la fortune dans votre vie, n’est-ce pas ? »

Avant que la touriste n’ait pu répondre, Aileen s’assit sur la table d’à côté dans une attitude nonchalante.

« Si vous leur achetez ce Pokémon, vous serez coupable d’expérimentations génétiques et de recel de Pokémon. A votre place, j’y réfléchirai un peu mieux. »
« Hmpff. Encore une parole de jaloux. Expérimentations génétiques ? Recels ? Allons, allons. Vous n’avez sans doute jamais vu de Pokémon chromatique de votre vie, mademoiselle. »
« Ah bon ? » Aileen appuya sur une Poké Ball, laissant sortir son Absol rouge, qui se redressa pour paraître plus imposant. « Lui, c’est un vrai chromatique. Les vôtres ne sont que de pauvres victimes que vous avez transformées au mépris de leur santé et de leur survie. » Court silence, et elle se permit un petit sourire. Elle avait toujours voulu dire ça. « Police. Vous êtes en état d’arrestation. »

La réponse fut immédiate. L’un des deux hommes tenta de se jeter sur elle, et elle prit appui sur la table pour ramener ses jambes et les envoyer avec force dans le ventre de son agresseur, qui se plia en reculant, privé de souffle. L’autre porta la main à sa ceinture pour faire sortir une Sidérella. Chromatique, bien entendu. Sans réfléchir, Aileen fit de même pour laisser sortir… Sokka. Mais. Elle n’avait pas choisi Riolu… Ah, elle venait de comprendre. Alors que l’autre rigolait, Sokka se mit en position de combat.

« Ca envoie un Combat contre un Psy et ça se prétend de la police ? Psyko ! »

La Sidérella obéit, envoyant une puissante attaque psychique sur le Riolu, qui se plia en deux, touché de plein fouet. Son adversaire ricana… Et se tut quand le Riolu se décolla du sol pour disparaître, réapparaître dans le dos de la Sidérella, et frapper d’une Feinte bien placée qui envoya le Pokémon au sol. Cette dernière se releva, essayant désespérément de frapper psychiquement l’insaisissable Riolu. Finalement, ce fut à Aileen de rire.

« Ca envoie un Psy contre un Ténèbres et ça se prétend dresseur ? » Elle esquissa un sourire moqueur, tandis que Silica reprenait sa forme de Zorua. « Explonuit. »

La Zorua se redressa sur ses petites pattes arrière, et frappa ses pattes avant sur le sol. Un rayon violet en sortit, se dirigeant droit vers la Sidérella, qui fut frappée de plein fouet par l’attaque. Elle s’écroula, KO, et son dresseur recula. Le deuxième en profita pour porter la main à sa ceinture et sortir un Seviper, qui bondit sur Silica. Grave erreur. Asami, la Mangriff d’Aileen, sortit toute seule de sa Poké Ball pour sauter à la gorge de son ennemi de toujours et l’envoyer plus loin d’une baffe, histoire de lui faire la peau au calme. Jurant grossièrement, il fit appel à son deuxième Pokémon, et ce fut une magnifique Shaofouine chromatique qui en sortit. Wow. Vraiment belle, quand même. Sauf qu’elle allait frapper Silica. Aileen appuya sur une Poké Ball, et dans une faible lumière rouge, Kipling s’interposa entre les deux. Il eut à peine le temps de lever la tête vers la Shaofouine qu’il lâchait son pouvoir psychique. Le Choc Psy du petit chaton heurta la Shaofouine en pleine tête, et elle recula d’un coup.

« Ne touche pas mon amie, vilaine ! »

Kipling tendit la patte, frappant à nouveau d’un Choc Psy. Encore. Et encore. Jusqu’à ce que la Shaofouine s’effondre, vaincue. Alors il se tourna vers Asami, qui luttait encore contre le Seviper. Sachant ce qu’il allait faire (ou bien parce qu’il le lui avait dit dans sa tête) Asami balança une grande baffe au Seviper et se jeta brusquement en arrière. Le Seviper bondit. Kipling tendit la patte. Rafale Psy. Le serpent resta en l’air quelques secondes, avant de s’effondrer, vaincu. Kipling baissa la patte, victorieux et fier comme un paon. Il en avait vaincu deux, tout seul, comme un grand.

« Attention ! »

Le cri de la touriste de tout à l’heure, qui s’était prudemment éloignée, fit sursauter Aileen, mais lui permit de voir que l’un des deux hommes avait sorti un nouveau Pokémon. Un énorme Trioxhydre chromatique se matérialisa au milieu de la rue, lâcha un cri terrifiant, et bondit sur Kipling, qui recula, effrayé. C’était sans compter sur Sookie, qui sortit d’elle-même de sa Poké Ball pour s’interposer et écarter les bras, comme pour protéger son camarade. Sauf… Qu’elle avait doublement l’avantage sur lui. Se concentrant, la Tarsal lâcha un Éclat Magique sur le Dragon, qui recula en couinant de douleur.

« On ! Ne ! Touche ! Pas ! A ! Kipling ! »

A chaque syllabe mentale, la Tarsal lâchait un nouvel Éclat Magique qui frappait le Dragon en plein centre. KO. Ils n’avaient plus de Pokémon. Alors que les deux dresseurs se regardaient, se demandant comment s’enfuir, Sphax sauta sur une table pour les regarder de haut, sa corne commençant à briller doucement. Dans un même temps, Cléo passa derrière eux, et posa ses mains sur leurs épaules, y enfonçant les doigts. Ouuuh. Pincement neural. Aileen avait presque mal pour eux.

« Ma stagiaire a dit : vous êtes en état d’arrestation. »

Les poussant d’une bourrade, elle les entraîna plus loin, et Aileen rappela tous ses Pokémon, récupérant les autres pour les emmener au laboratoire du professeur Platane, où des scientifiques réfléchissaient à comment soigner tous ces pauvres cobayes.

______________________________________

Appuyée à l’entrée du laboratoire du professeur Platane, Aileen surveillait les allées et venues des gens. Ils étaient encore nombreux à vouloir récupérer leurs Pokémon. La queue s’étirait dans la rue, le long du trottoir, contrôlée par la police qui demandait leurs cartes d’identité aux gens pour empêcher tout contrevenant de passer. Aileen se contentait de regarder passer les gens. Elle n’avait plus grand-chose à faire. Son stage se terminerait ce soir, après deux semaines intensives à Illumis, et elle avait plutôt hâte de rentrer sur Cobaba, en fait. Elle était fatiguée. Et elle venait de découvrir que l’action du terrain, ce n’était pas pour elle. Elle préférait la finesse de l’infiltration plutôt que le bourrinage du terrain. Mais c’était bien qu’elle s’en rende compte avant de faire une énorme erreur. Alors qu’elle bâillait discrètement, son iPok vibra. Message. Maël qui lui demandait de revenir pour une réunion de crise. Se décollant de son mur, elle se mêla à la foule pour monter dans le laboratoire, jusqu’au bureau de Platane. En la voyant arriver, Cléo se décala pour lui faire une petite place. Il leur fallut encore attendre quelques minutes pour que tout le monde soit là, quelques minutes pendant lesquelles Théo semblait prêt à exploser.

« C’est bon, tout le monde est là ? » Il n’attendit même pas la réponse. « Il y a une bombe cachée quelque part dans le laboratoire. » Personne ne broncha. Aileen ne dit rien, mais sentit les battements de son cœur accélérer d’un coup. « J’ai séparé l’équipe en plusieurs unités, normalement tout le monde connaît son affectation. Au travail. »

Tous les policiers se levèrent pour exécuter les ordres. Chercher les criminels, la bombe, aider à l’évacuation, empêcher la panique et les vols… Théo se déplaça pour se mettre devant elle, et d’instinct, Aileen sut ce qu’il allait dire.

« Ne proteste pas. » Elle grogna, mais se tut. « C’est beaucoup trop dangereux, et je ne peux plus assurer ta sécurité. J’ai dit, ne proteste pas ! » Aileen fit la moue. Mais, euuuuh. « Certes, ce sont les risques du métier, mais ce n’est pas ton métier. Quitte le laboratoire et rentre chez toi, Aileen. Ton stage est terminé. »

Puis il la planta là pour quitter la pièce et dévaler les escaliers. Aileen se tint immobile quelques secondes, puis leva les yeux au ciel en soupirant. Bon… C’est vrai que là, ça devenait dangereux. La mort dans l’âme, avec l’impression de fuir lâchement le combat, elle descendit les escaliers, des fois qu’ils décident de couper le courant et qu’elle reste coincée dans l’ascenseur. Son stage était terminé. Pas vraiment de la manière qu’elle espérait, mais bon, terminé quand même. Alors qu’elle allait atteindre le rez-de chaussée, des voix se firent entendre dans l’escalier. Mue par un instinct soudain, elle se plaqua contre le mur, fit sortir Silica et l’attrapa dans ses bras pour être englobée dans son illusion. Là où elle se tenait, bien droite, il n’y avait plus rien. Juste un pan de mur un peu sale… Et légèrement flou.

« Alors, c’est bon, tout est prêt ? »
« Oui. On a tout installé, ils ne la trouveront jamais. »
« C’est parfait. Rejoignons Vertigo en bas, il doit nous attendre. »


Trèèèèèèès intéressant. Alors comme ça, Vertigo était en bas ? Oubliant totalement son ordre premier, qui était de quitter le bâtiment le plus rapidement possible, elle serra un peu mieux Silica dans ses bras et fit sortir Hilda de sa Poké Ball.

« Va prévenir les autres. » Hilda feula discrètement et remua négativement la tête pour marquer son désaccord. « Ils vont aller jusqu’à leur chef, donc jusqu’à la bombe, va prévenir Théo, de suite ! »

Hilda grogna, et descendit les escaliers pour chercher Théo, bien qu’elle ne sache pas où il était allé. Aileen la suivit aussitôt, pour partir sur la piste des deux voleurs qui avaient parlé de Vertigo. Elle les retrouva très vite, et les suivit à distance raisonnable, tenant toujours Silica dans ses bras pour ne pas sortir de son illusion. Il fallait qu’elle avance lentement, en plus, Silica ayant du mal à gérer les illusions en mouvement. Mais bon, elle était encore toute jeune ! Se fondant dans les ombres, évitant les lumières, elle les suivit de loin, jusqu’à arriver à l’endroit où ils s’arrêtaient. Un troisième homme les attendait. Alors c’était lui, Vertigo ? Zut, elle ne voyait pas son visage… Tant pis. Discrètement, elle s’approcha pour écouter la conversation.

« … De mise à feu ? »
« Oui Vertigo. Le compte à rebours est enclenché. Mais de toute façon, ils ne trouveront pas la bombe, elle est bien cachée. »
Il y eut un ricanement. « Ils ne penseront jamais à regarder derrière l’illusion d’un Zoroark ! »
« Tu devrais le dire encore plus fort, imbécile… »


Il y eut des grommellements dans le noir. Vraiment très intéressant. Alors comme ça, ils cachaient leur bombe sous un Zoroark ? Mais alors… Ca veut dire qu’ils allaient laisser le Zoroark mourir dans l’explosion ? Aileen sentit la colère commencer à pointer le bout de son nez.

« Ils évacuent tout le monde. Mêlons-nous à la foule et partons. »

Alors ça… Certainement pas. Saisissant une de ses Poké Ball, Aileen la fit rouler jusqu’à l’entrée, qui fut bloquée par un Galegon placide. Comprenant vite ce que sa dresseuse attendait de lui, il se redressa de toute sa taille en enchaînant les Mur de Fer. Barrage.

« Mais… C’est quoi ça ? »
« Il sort d’où ce Galegon ? »
« Mais on s’en tape ! »
Bruit de Poké Ball qui tombe au sol. « Stratopercut ! »

Il y eut un piaillement, et un Braségali apparut, fonçant sur Panzer avant de bondir. Le Galegon le regarda tranquillement venir, et ne put que s’esclaffer en le voyant s’écraser sur l’Abri qu’il venait juste de monter. Toujours cachée dans l’ombre, Aileen fit sortir son Grenousse  et lui pointa le Braségali du doigt. La grenouille chromatique s’éloigna en quelques bonds, et brusquement, un Hydrocanon surgit d’un coin de la pièce pour frapper le gros poulet enflammé. Bien fait. Si elle restait bien cachée, elle pourrait gérer tout le combat comme ça. C’est juste au moment où elle se disait ça qu’un grondement se fit entendre derrière elle, et brutalement, elle sentit qu’on lui bondissait dessus. Perdant l’équilibre, elle lâcha Silica et s’étala au sol devant les trois adultes. Alors qu’elle tentait de se retourner souplement, elle se retrouva nez à nez avec les crocs pointus d’un Grahyèna. Oh, ils avaient utilisé Flair pour la trouver. C’était… Intelligent. Merde, elle aurait dû y penser.

« C’est qui cette morveuse ? »
« C’est la stagiaire des flics ! »
« Elle en sait beaucoup trop. Toi. Tue-la. »


Les crocs du Grahyèna se rapprochèrent d’elle, et elle pâlit. Alors qu’il ouvrait la gueule pour frapper, une furie rouge et blanche lui fonça dessus, le percutant avec suffisamment de force pour le faire tomber au sol, puis lui bondir dessus, corne brillante, pour lui apprendre ce qu’il en coûtait de s’en prendre à sa dresseuse. Quand le Grahyèna se releva, semblant jauger Sphax comme un adversaire à sa taille, il fut surpris de l’entendre japper une fois. Et Sokka lui tomba dessus, poing armé, pour frapper une, deux, trois, quatre fois, d’un Poing-Boost un peu plus dévastateur à chaque coup. Au quatrième, le chien ténébreux s’envola, pour retomber dans un coin de la pièce et ne plus bouger. Aileen se redressa, un peu groggy, pour s’asseoir, Sphax convergeant vers elle en grognant, gardant un œil sur leurs trois ennemis, faisant confiance à Panzer pour garder la porte. Personne ne sortirait d’ici tant qu’il serait debout.

« Hmmm. On aurait donc affaire à une stratège. » Aileen cilla. Elle, une stratège ? Quand elle dirait ça à Orren et Seth, tiens… « Ca ne change rien, gamine. Même avec une équipe plus nombreuse que la nôtre, tu ne nous battras pas. » Ils laissèrent sortir un flot de Pokémon Ténèbres. « Nettoyez le passage. »
« Vous, les méchants, vous avez quand même un sérieux problème avec les Pokémon Ténèbres… Faudrait voir à vous renouveler un peu. »

Elle n’avait aucune idée de pourquoi elle venait de dire ça. Le coup sur la tête devait être plus fort que prévu, en fait. Dans un même geste, tous les Pokémon se jetèrent sur Sokka, comme pour le mettre au défi de tous les arrêter. Sokka se contenta de tendre la patte vers Sphax et de le toucher, tandis que ce dernier jetait sa Détection. Au même moment, Aileen levait le bras en l’air pour libérer un nouveau Pokémon, sa Tarsal, qui s’éleva au-dessus du sol pour lancer un Éclat Magique autour d’elle. Ils s’arrêtèrent tous, sonnés par l’attaque féérique. Sauf un. Un Moufflair, qui bondit pour sauter sur Sookie, ses pattes commençant à luire d’un éclat noir. Comprenant qu’elle ne pourrait rien faire, Sookie se téléporta pour lui échapper, et le Choc Venin de la grosse mouffette frappa de plein fouet une Arbok de fort mauvaise humeur. Cette dernière ouvrit grand la gueule et siffla de colère, tandis que ses anneaux entouraient son adversaire. Pas pour le câliner, mais pour le serrer à l’en étouffer. Aileen, qui s’était redressée, recula vers son Galegon, bloquant un peu plus le chemin de la sortie.

« Tu commences à singulièrement m’agacer. »
« Vous m’en voyez ravie. »

Son instinct de survie était totalement mort, tout comme sa peur, même si elle sentait son cœur battre douloureusement dans sa poitrine. Alors c’est ça, l’adrénaline ? C’est pour ça que son frère combat ? Actuellement, elle trouvait ça complètement nul. Ca faisait juste très mal à la tête. Et au cœur. Et partout, en fait. Avec un temps de retard, Sokka, le Riolu, se rendit compte que l’Éclat Magique de sa petite Sookie avait heurté le Zoroark responsable de l’illusion, et que ce dernier, groggy, se tenait la tête, laissant la bombe bien visible. Il ne perdit pas l’occasion rêvée qui s’offrait à lui. Profitant de la confusion, il se pencha pour saisir Silica, qui l’engloba dans son illusion, et fila pour rejoindre le Zoroark confus. Rapidement, le grand Polymorfox fut rajouté à l’illusion, de telle sorte que personne ne put voir le Riolu frapper le Zoroark pour le mettre KO à l’abri des regards. Aileen, qui n’avait rien vu, sentit qu’elle se décourageait. Ils étaient trop forts pour elle. Ce n’était pas limite s’ils la laissaient gagner pour s’amuser un peu avant de la repousser comme un caillou sur leur chemin. Eh bien… Tant pis. Même si elle y restait, elle ne pouvait pas les laisser faire exploser le laboratoire, les gens dedans, et les Pokémon prisonniers. A moins que…

« Bande de bâtards. » Ils lâchèrent un léger rire. « Vous m’occupez pour permettre aux autres de voler les Pokémon. »
« Perspicace, la petite. »
« Et quand on se sera débarrassés de toi, on prendra les tiens, aussi. Deux chromatiques véritables, c’est une aubaine pour nous. »


D’un geste vif, la brune se retourna, prévoyant de passer par-dessus son Galegon pour prévenir les autres. Pas de bol, ils l’avaient prévu. Un Nosferalto vert se matérialisa devant elle, et plongea son regard menaçant dans le sien. Effrayée, elle recula d’un pas, avant de comprendre. Regard Noir. Bande de… Sookie se téléporta brusquement, faisant jurer l’un des trois adultes. Eeeeeh oui, Tarsal se téléporte, et même qu’elle peut revenir… Avec Cléo ! Cette dernière se redressa, esquissa un sourire de pure dangerosité, et son Ectoplasma, Balor, apparut à ses côtés.

« Eh bien eh bien eh bien, on menace ma petite stagiaire ? » Elle lui jeta un coup d’œil. « Va chercher les autres, j’m’occupe d’eux. »
« Je peux pas, je suis sous Regard Noir ! »

Cléo fit un geste. Son Ectoplasma disparut, et trop vite pour qu’elle ne comprenne, il avait frappé le Nosferalto vert en plein poitrail, avant de lui attraper les ailes, le faire tourner comme un poids, et l’envoyer vers les autres Pokémon pour les renverser. Aileen sentit que quelque chose, autour d’elle, disparaissait. Elle en profita pour tourner les talons et s’enfuir, laissant Panzer sur place, se doutant bien que Silica avait pris la place du Zoroark pour dissimuler la bombe et que Sokka frapperait quiconque n’appartenant pas à la police internationale. Courant dans le couloir, la brune remonta les escaliers. Chercher quelqu’un, ou protéger les Pokémon ? Bon, avec un peu de chance, Cléo comprendrait. Obliquant d’un coup, elle se précipita vers l’endroit où étaient les Pokémon, juste à temps pour voir un homme avec une caisse pleine de Poké Ball. Il n’était ni flic, ni scientifique.

« Sphax ! Tranche ! »

L’Absol bondit, et sa corne trancha l’air à quelques millimètres des doigts de l’adulte, qui lâcha sa caisse de surprise. Le vacarme attira immédiatement du monde. En quelques secondes, elle fut entourée d’adultes. Sphax se mit en position d’attaque, et se détendit en reconnaissant Lucie, qui s’approcha d’elle, partagée entre la colère et l’inquiétude.

« Mais qu’est-ce que tu fais là ? Et pourquoi tu nous attaque ? Théo t’avait ordonné de quitter le bâtiment ! »
« J’ai cru que c’était un des voleurs… » Sphax jappa, la ramenant au plus important. « J’allais partir, et j’ai entendu deux hommes parler de la bombe, je les ai suivis, j’ai trouvé la bombe et leur fameux Vertigo, ils m’ont attaqué… Enfin bref, ils sont en sous-sol avec Cléo et j’ai envoyé ma Persian chercher Théo pour le lui dire aussi ! Et ils ont clairement dit qu’ils m’occupaient pour permettre à leurs hommes de voler les Pokémon stockés ici ! »
« Ca expliquerait les quatre hommes que j’ai envoyés au tapis… » Aileen ouvrit de gros yeux. Respect. Elle avait du mal avec trois, Lucie en avait étalé quatre. « Vous trois, terminez le sauvetage, vous quatre, venez avec moi. Tu m’entends Maël ? Oui ? Parfait, retrouve Théo et envoie-le-moi. »

Lucie se détourna avec ses quatre hommes pour prendre le chemin inverse, Aileen la suivant de près. Cependant, la jeune rousse se retourna pour lui faire face, impérieuse.

« Où crois-tu aller comme ça ? »
« Je viens. »
« C’est absolument hors de question. Tes ordres - »
« J’ai laissé trois de mes Pokémon en bas, je ne pars pas sans eux. »

Lucie garda le silence, et soupira, reconnaissant sans doute qu’elle-même aurait refusé qu’on lui ordonne de sortir quand trois de ses Pokémon se trouvaient à quelques centimètres de la bombe. D’un geste, elle l’invita à les suivre, et le groupe de cinq descendit en hâte jusqu’au sous-sol, où Cléo, seule, faisait un carnage et les tenait en respect, laissant à Sokka le soin d’empêcher les autres d’approcher la bombe. L’arrivée de quatre policiers de plus fit cependant pencher la balance en sa faveur. D’un geste assuré, l’un des policiers envoya son Tygnon devant la bombe. Il fut vite rejoint par deux Mistigrix, un mâle et une femelle, permettant à Sokka et Silica de retourner vers leur dresseuse, épuisés d’avoir autant combattu. Il ne lui manquait plus qu’Hilda… Non, la voilà qui arrivait, avec Théo et deux autres policiers. La Persian bondit, réintégrant sa Poké Ball, et Lucie se tourna vers elle.

« Maintenant, tu pars. »
« Mais je - »
« Téléport. »

Les bras d’une Gardevoir l’entourèrent, et elle sentit qu’elle décollait du sol, sans toutefois vraiment le quitter. En un battement de cils, elle se retrouva devant le laboratoire, à bonne distance, à l’abri derrière les cordons de sécurité. Et la Gardevoir disparut, la laissant là pour retourner vers sa dresseuse.

« Aileen ! » Après les bras de la Gardevoir, ce furent ceux de sa mère qui l’entourèrent. Plus doux, plus chauds, plus sécurisants. « Je t’ai cherchée partout, j’ai eu tellement peur… Tu es sortie il y a combien de temps ?! »

Encore dans le brouillard, la brune réfléchit. Elle ne voulait pas inquiéter sa mère. Cléo ne dirait rien, et Lucie la couvrirait, vu qu’elle avait découvert la position de la bombe et empêché Vertigo de s’enfuir le temps que les renforts arrivent. Ce serait donc un mensonge. Un tout petit. Qu’elle lui devait bien, vu tout ce que sa mère lui avait menti.

« Dès qu’on m’en a donné l’ordre. »

______________________________________

Son stage était maintenant terminé pour de bon, et la Pyroli en était plutôt contente. Ces deux semaines avaient été fortes en émotion et en découvertes. Avec du recul, découvrir que sa mère n’était pas une vraie coordinatrice avait sonné comme une évidence. Au fond, elle l’avait toujours su, mais avait toujours refusé de gratter le vernis pour voir ce qu’il y avait en dessous, parce qu’il s’agissait de sa mère et qu’elle ne voulait pas être blessée ou déçue, comme elle avait pu l’être avec son père. Au moins, elles ne se mentiraient plus. Enfin, plus trop. Aileen préférait partir du principe qu’elle connaissait le principal, et que la suite ne la regardait pas. Le plus choquant, dans l’histoire, avait été la réaction de Théo. Quand Hilda était venue le chercher, il avait paniqué, comprenant qu’elle était toujours dans le bâtiment, et avait suivi la Persian jusqu’aux escaliers, le temps qu’elle retrouve la piste et descende au sous-sol. Puis il l’avait vue, juste avant que la Gardevoir de Lucie ne la téléporte à l’extérieur. Après les formalités d’usage pour remercier la police internationale, il avait saisi Aileen par l’épaule pour la pousser un peu plus loin.

« Maintenant, ton stage est bel et bien terminé, jeune fille. » Puis il avait soupiré, comme si ces mots lui coûtaient cher. « Ton refus d’obéissance ayant permis d’empêcher l’explosion de la bombe, la capture de Vertigo et le démantèlement de l’organisation, je ne le noterai pas dans ton rapport. Mais attention, à circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Je ne me montrerai pas aussi conciliant la prochaine fois, compris ? »
« Bien compris. » Silence. « Je peux demander comment vous avez fait, pour la bombe ? »
« Tygnon connaissait Onde Vide. On lui a demandé de le lancer sur la bombe, qui a été entourée de vide pendant les quelques secondes précédant son explosion. Elle a explosé dans le vide et a produit autant de dégâts qu’un pétard mouillé. »

La brune avait hoché la tête. Même maintenant, elle trouvait ça redoutablement intelligent. Juste après ça, Théo avait continué, lui conseillant d’arrêter le terrain. Le terrain, disait-il, n’était pas pour elle. Elle était trop fine, trop sournoise pour l’action pure et dure, la première ligne. Son genre à elle était plutôt de se glisser derrière les lignes ennemies pour voler des informations et les faire parvenir discrètement à son camp. Bref, devenir espionne, comme sa mère. Heureusement pour elle, il y avait des espions dans la police internationale, et avec le rapport de Théo, elle venait de poser l’orteil sur la première marche. Ca avait ensuite été à Cléo de lui parler. Elles avaient traversé les steppes ensemble pour atteindre Port-Tempères. Aileen retournait à Cobaba, Cléo à Volucité. Mais, sur le quai du port, elle lui avait tendu un bout de papier.

« Tiens gamine. Mon numéro. Au moindre problème, t’appelles. »
« Je ne te laisse pas le mien, t’as sûrement fouiné dans mon iPok. »
« Yep. »
« Tu perds ton temps, à Volucité. Tu devrais venir sur Lansat. Tu resterais proche de Cael, et tu pourrais fracasser les blaireaux de la Team Rouage à tour de bras. »

Cléo avait esquissé un grand sourire carnassier.

« Ne me tente même pas. »

Elles avaient souri, et Cléo était montée dans son bateau, tandis qu’Aileen faisait demi-tour pour chercher le sien. Maintenant assise sur un transat, la Pyroli profitait du soleil, Sphax couché à côté d’elle, et Feänor confortablement installée sur ses genoux. Elle avait fini son stage. Elle avait le numéro de Cléo. Théo avait passé l’éponge sur son insubordination involontaire. Cependant, elle avait quelque chose de beaucoup plus intéressant que ça, dont elle devrait parler à une certaine personne en particulier.

Elle esquissa un sourire amusé.
Un certain Caeldeo, par exemple…

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Sing me to sleep ★ Remember me now, time cannot erase, I can hear your whispers in my mind, I've become what you cannot embrace, our memory will be my lullaby.
[Cours Été 2015 - Topdresseur] ... Et les explosions. [Terminé]
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