[Cours été 2015 - Géographie] Ce petit bout de monde... [Terminé]
Nemo Kendhall
Région d'origine : Kalos
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Sujet: [Cours été 2015 - Géographie] Ce petit bout de monde... [Terminé]   Lun 31 Aoû - 11:50
Ce petit bout de monde...

Le silence est pesant dans l'habitacle. Mon compagnon de route ronchonne de temps à autre. Je n’ose pas lui demander pourquoi. J’imagine que m’emmener dans ce trou perdu le fait plus chier qu’autre chose. Vu comme il est jeune ses parents ont dû lui imposer de m’emmener. Mais je ne les ai pas vu. Je ne sais même pas en quoi consiste exactement ma mission. Cartographier un lieu, oui, mais lequel ? Ce ronchon va-t-il m’accompagner durant ces quelques jours ? J’aperçois un panneau sur le bord de la route, nous nous dirigeons vers le Lac Colère. Je suis arrivé hier à Jotho. Je pensais que celui qui me fournirai ma mission serait moins avare en information. J’aurais peut-être dû me renseigner un peu plus, moi aussi. J’hausse les épaules en allumant mon IPok. Autant regarder où nous nous trouvons. Mon chauffeur ne m’adresse pas un coup d’oeil. Il conduit sur de petites route de terre à toute allure. Heureusement que nous sommes dans un 4x4. Je vois, nous nous dirigeons vers l’extrême nord de la région. Très bien, il a en effet une large zone inexplorée aux alentours.

Le paysage défile à toute vitesse sous mes yeux. L’autre n’a toujours pas engagé de conversation, je ne fais pas plus d’effort. C’est en fin d’après-midi que l’eau scintillante finie par apparaître sous mes yeux. Il freine d’un coup sec avec le frein à main. Je suis projeté en avant, j’en ai le souffle coupé. Il arrête le moteur et descend du véhicule. Il m’ouvre la porte. Quel galanterie, je ne l’aurais jamais imaginé venant de cet odieux personnage.

“_ Allez descend, j’ai pas que ça à foutre de ma journée moi.”

Ah non. C’est pas du tout de la gentillesse, juste un besoin irrépressible de se barrer. Très bien. J'attrape mes affaires et sors de la voiture. Je le salue d’un signe de tête. Il mâchouille négligemment sa cigarette. Je pense qu’il va vite repartir. Pourtant, il ose ajouter une petite phrase.

“_ Mon père veut que tu cartographies cette zone là. Juste à l’ouest du lac. Nous n’avons que peu d’informations sur cette zone. Allez, bon courage ! On vient te chercher ici même dans quatre jours.”

Je n’ai pas le temps de répondre, il a déjà sauté au volant et passé la troisième dans un nuage de poussière. Bon, au moins, je sais ce que je dois faire. La région est magnifique. Malgré tout, le ciel est très nuageux, j’ai peur qu’un violent orage ne s’abatte sur moi dans très peu de temps. Je fais sortir de leur Pokeball mes deux Pokemon. Aussitôt Vivaldy se met à courir dans ce nouveau terrain de jeu. Invy, quant à lui, semble intrigué par le paysage mais reste vers moi. Ce trouillard. Voir ma petite Vivaldy gambader comme ça sans aucune forme de couardise me donne la motivation nécessaire pour commencer mon enquête.

Je me suis muni de toutes les affaires nécessaires. J’ai de nombreuses feuilles de papiers accompagnées de différents crayon à papier ainsi que quelque crayon de couleur. Je me met alors à compter les pas. Oui, je n’ai pas d’instrument de mesure plus efficace. Je décide de commencer par reporter la rive gauche du lac pour que mes lecteurs situent bien l’endroit que je vais explorer. Cela doit me prendre une bonne heure. Je ne pensais pas que ce travail serait aussi fastidieux… Pour moi, c’était juste partir à l’aventure, découvrir une nouvelle région. Je me sens un peu abattu face à l’ampleur du travail. Je ne suis pas du genre à baisser les bras alors je continue. La fin d’après-midi arrive à grand pas et je n’ai toujours pas bougé du lac. Même Vivaldy a fini par se lasser et s’est posée sous un grand saule, juste à côté de mon Abra. Ils dorment tout les deux. Je vais finir par croire qu’Invy a une très mauvaise influence sur mon équipe. En même temps, ils ont raison, les jours à venir vont être longs et fastidieux.

Je décide vers dix-huit heures de monter le campement juste vers l’arbre. Au moins ici j’aurais de l’eau et de quoi me faire à manger. J’aurais bien envoyé Abra me chercher du bois mais il dort à poings fermés. Comme d’habitude. C’est donc à moi d’aller dans la forêt pour trouver de quoi faire un feu. Il commence à faire sombre. Je suis assez mal à l’aise. Je décide de seulement prendre les brindilles tombées au sol. Ca ferra bien l’affaire. De retour à la tente j’allume le feu. Vivaldy s’est éclipsée, elle reviendra pendant la nuit. J’ai emporté de quoi faire la cuisine. Pendant que l’eau boue je tombe dans mes pensées. Il y a un mois j’étais dans le restaurant le plus chic du monde des Pokémon et me voilà perdu en pleine forêt à me faire cuire des pâtes parce que je dois  cartographier une forêt. Une forêt qui ne m’inspire que la peur.

Une peur qui se réveille dès la nuit tombée. Dès que le noir m’envahit. Cette chose tapie au fond de moi se réveille. Je la sens, je ne parviens pas à l’identifier, je ne sais pas ce qu’elle peut être. Mais elle est là. Je n’ai pourtant jamais eu particulièrement peur du noir. Mais depuis quelques mois, c’est le cas, sans que je parvienne à l’expliquer. Cette noirceur me fait peur, je commence à me faire peur. J’entends des bruits qui n’existent pas et ils réveillent des souvenirs dont je ne me rappelle pas. C’est inexplicable, mais c’est là.

Je chasse tout cela d’un revers de main. Je plonge sous la tente et dans mon duvet. La nuit se déroule sans rêve. Je suis vite réveillé au petit matin par les bruits de la nature qui s’éveille. Je range mon campement. Vivaldy est là, bien sage. Invy avait déjà trouvé refuge sous la tente, avec moi. Nous pouvons donc partir. Je reprends mes instruments. Je décide aujourd’hui d’opter pour une autre méthode. Je sors mon IPok pour qu’il fasse les mesures à ma place, comme ça, j’aurais juste à dessiner ce que je vois et reporter les mesures indiquées par l’application. Ca sera beaucoup plus simple. Et, en effet, ça l’est. Je travaille beaucoup plus vite et beaucoup plus efficacement. Mes mesures sont aussi beaucoup plus précises.

J’avance dans le bois. Je passe par dessus différents ruisseaux que je note minutieusement. Ils coulent tous en direction du lac. C’est plutôt logique. C’est une grande forêt de conifères. Il est fait plutôt bon malgré une humidité ambiante. Je ne sais pas ce qui peut bien vivre dans cette forêt… J’ai vu plusieurs traces de Pokémon, impossible à identifier. Je les ai prise en photo, peut-être que de retour à la Pokémon Community je pourrais en tirer quelque chose. Je reporte les derniers numéros sur ma feuille. Vivaldy s’approche de moi en galopant, les oreilles dressées. Il se passe quelque chose. Elle m’invite à la suivre. A pas de loup, je la suis. Elle est aussi discrète qu’une ombre sur ce tapis de feuilles. Elle s’enfonce dans un bosquet, je la suis. Devant moi s’étend une immense clairière. Un petit lac s’est formé en son milieu, plus loin, la forêt laisse place à d’immenses amas rocheux. Mais le plus impressionnant se trouve dans cette clairière… Des Pokémon ! Plein de Pokémon ! De nouvelles espèces ! Je m’empresse de noter mes derniers relevés avant de sortir mon appareil photo pour prendre de nombreux clichés de ces nouvelles espèces. Waouh ! Je flatte le flanc de mon Vivaldaim. C’est grâce à elle que je suis tombé sur ce bijou de la nature. Je prends des notes des différentes espèces qui se trouvent ici.

Nous avons une sorte de grand lama qui doit bien faire la taille d’une girafe. Le cou velu mais le reste du corps écaillé. Pas de queue, je dirais qu’il doit y avoir des marais à proximité. Ils viennent seulement ici pour se retrouver. Ils doivent vivre plus loin. Il doit y avoir d’autres Pokémon sol mais je n’arrive pas à bien les observer d’ici. Il faudrait que je me déplace. Mais s’ils me voient, ils vont tous s’enfuir, c’est sûr et certain. Je pourrais envoyer mes propres Pokémon pour les observer… C’est dangereux quand même. Je ne veux pas prendre ce risque. Je passe donc la fin de la journée à prendre des notes. Ces Pokémon ont l’air d’apprécier la vie en communauté. Les mâles ont les écailles légèrement plus foncées que les femelles. Leur poil au cou semble avoir beaucoup d’importance pour eux, plus ils sont longs, plus ils sont respectés par le groupe. Je n’en reviens toujours pas. Je viens de découvrir une nouvelle espèce !

Quand le jour commence à décliner, les Pokémon s'éclipsent. Je dois faire de même. Je m’extirpe du buisson pour trouver un nouvel endroit pour camper. Il commence à faire drôlement noir. Je sent à nouveau cette présence, au fond de moi. Elle cherche à pousser les portes de ma mémoire. Je lutte contre. Je ne veux pas savoir. Jamais je ne me laisserai emporté par cette noirceur. Je me débat intérieurement. La tente ne va pas se monter toute seule. Je remercie d’un signe de tête Abra, qui vient de me rapporter du bois. J’allume un feu. Aussitôt, je me retrouve apaisé. La terreur s’est à nouveau réfugiée dans les limbes de mon cerveau. Cela vaut mieux comme ça. J’avale mon repas en vitesse avant de m’éffondrer dans mon duvet. Cette nuit est plus agitée, je suis réveillé à plusieurs reprises par de mauvais rêves. Pourtant, au matin, je ne me rappel d’aucun de ceux-là.

Je dois reprendre ma mission. Le petit matin n’a pas encore vu arriver les Pokémon dans la clairière. J’en profite donc pour faire mes mesures et pour reporter cet oasis dans mes notes. Parfait. Je décide de me diriger maintenant vers ces amas rocheux. Vivaldy bondit en haut en un clin d’oeil et Invy me snob en planant jusqu’en haut. J’envie leur agilité par moments. J’arrive, essoufflé, en haut. Le spectacle qui m’attend m’empêche de respirer pendant plusieurs secondes. C’est… indescriptible. Devant moi s’étend une immense mer de nuage. Elle s’étale jusqu’à l’endroit où porte mon regard. Pour moi, elle est infinie. A mes pieds, une immense falaise aux couleurs ocres. Je n’en ai jamais vu une aussi grande de ma vie. Elle me rappel notre douloureuse descente avec Gwenn. Je sers ma main qui avait été blessée ce jour là. Je n’en garde aucune marque. Sauf peut-être…

Je suis coupé dans ma réflexion par Vivaldy qui a décidé de s’approcher du bord. Je me précipite vers elle, elle va tomber. Mais non, elle est agile, elle a le pied sûr, pas moi. Je glisse pendant ce qui me paraît être une éternité. Je vois la détresse dans les yeux de ma petite biche. J’ai l’impression de tomber au ralenti. Je m’accroche dans un dernier réflexe au bord de la falaise. Je ne suis quelqu’un de sportif. Je vais lâcher. D’une seconde à l’autre, c’est sûr. J’ai le souffle coupé. Je n’ose pas regarder en bas. Je vois ma courte vie défiler devant mes yeux. Je maudit celui qui m’a envoyé ici. Je me maudit moi-même de n’avoir pas fait assez attention. Que vais-je devenir ? Peut-être que la chute ne sera pas mortelle. Impossible, même si c’est une étendue d’eau qui m’attend en bas, je n’ai aucune chance de survivre. Je sens les larmes me monter aux yeux. Je ne tiens plus. Ma main glisse, elle ne peut plus supporter mon poids. Elle se décroche de la falaise. J’envoie un dernier regard à Vivaldy qui me regarde, du haut de son rocher. Une pensée s’envole pour mes parents. D’autres pour mes amis qui m’ont soutenu jusqu’à là. La dernière s’en va pour Lucenzo.

Je tombe. Combien de temps cela dur, je n’en ai aucune idée. Une petite vois au fond de mon résonne inlassablement.

“_ Délivre-moi. Délivre-moi. Je peux te sauver. Je suis ton dernier espoir. Laisse moi sortir.”

Je ne comprends pas. Je ne sais pas qui parle. Je ne sais pas si je deviens fou. Peut-être Abra essaie-t-il de communiquer avec moi ? Pourquoi devrai-je le libérer, alors ? La suite se passe très vite. Alors que je tombe, tout est blanc autour de moi. Mon cerveau comprends que j’ai atteint les nuages. Je ne peux prédire combien de temps je vais encore chuter. Je sens quelque chose m’empoigner le bras. D’un coup, je me retrouve en haut de la falaise, accroché fermement à Invy. Il vient de me sauver la vie. Je le sers contre moi. Vivaldy s’approche doucement pour poser une tête amicale contre mon dos. Je lui flatte l’encolure. J’ai vraiment pensé que c’était la fin.

“_ Merci, Invy. Merci.”

Je lui frotte gentiment la tête. Il vient de me sauver la vie. Je laisse couler quelques larmes, c’est trop beau. Notre petit cirque n’est pas passé inaperçu, je le crains. Les Pokémon sauvages se sont rassemblés en bas des rochers, formant un groupe compact. Ils n’ont pas l’air d’être très amicaux. Il est temps de se barrer d’ici.

J’attrape mes affaires et saute des rochers, pas question de faire une nouvelle chute. Léger et vif, je cours vers la forêt. Invy s’est vivement accroché à la lanière de mon sac, il plane en se laissant guider. Vivaldy n’a aucun mal à suivre la cadence, elle bondit à mes côtés. J’ose regarder derrière moi en ralentissant le pas, les drôles de lamas barbus nous regardent nous éloigner, là bas, en bordure de forêt. Je vire à gauche pour qu’ils ne nous aient plus en visuel. Chose faite, je m’arrête, à bout de souffle, Vivaldy à côté de moi. Alors que je tente de mettre un pas devant l’autre, je me rends compte que celui-ci est fixé au sol. Une goutte de sueur s’écoule lentement sur mon cou. Les marais. Je l’avais prédit. Il y a bien des marais. Maintenant que je l’ai remarqué, il y a en effet de nombreux bestioles volantes qui n’ont pas l’air des plus sympathiques. J’avance pour tenter de trouver un endroit stable.

Cela me prend beaucoup de temps et c’est fatiguant. Je voudrais demander à Invy de me téléporter, mais il m’a déjà sauvé la vie une fois aujourd’hui, je ne veux pas trop lui en demander. J’en profite donc pour reporter mes mesures dans mes notes. Je situe les marais sur la carte, ils sont au nord de la clairière. Il faudrait idéalement que je rebrousse chemin vers l’est pour avoir une vue d’ensemble de la zone. Mais… il faudrait aussi que je vérifie que la falaise longe tout le côté ouest. Impossible à savoir, je n’est même pas regardé si elle se prolongeait sur les côtés lorsque j’étais au bord. Merde. Je n’ai pas été assez prévoyant.

Mon pied se posant sur quelque chose de stable me tire de ma réflexion. J’ai l’air d’avoir atteint l’autre rive. L’ambiance est étouffante, l’humidité omniprésente. Je transpire à grosses goutes. L’air devient de plus en plus irrespirable. Je vais éviter de camper par ici...

Alors que je reprends ma marche mon sac cogne contre mon dos. Je me retourne, c’est Invy qui vient de le lâcher pour partir découvrir les environs, sagement accompagné par Vivaldy. Je les regarde en souriant. Peut-être que Vivaldy finira par lui faire apprécier toute cette nature qu’il ignore. Ils sont vraiment rigolos tout les deux. Je continue de marcher. D’après ma boussole je me dirige au nord, nord-ouest. Très bien, vérifions si cette falaise s’étend à l’infinie comme la mer qui l’a borde. Nouveau coup dans mon sac.

“_ Invy… Arrête tes bêtises.”

Il me regarde, là bas, de loin. Mais… s’il n’est pas sur mon dos… que…
Par peur, je jette mon sac au sol. Qu’est-ce qui se cache là dedans ? Je prend un bâton pour l’ouvrir doucement. J'écarquille les yeux. Mais… mais oui ! Bien sûr ! L’oeuf récupéré dans le repère de la Team Rouage ! Voilà plus d’un mois que je le transporte… il est en train d’éclore ! D’un geste vif, je le sors de mon sac. Il bouge tout seul, le petit Pokémon à l’intérieur se débat pour sortir. Intrigués, Vivaldy et Invy se sont approchés de moi et, surtout, de l’oeuf. Je regarde, émerveillé, la coquille se fissurer. Un large sourire fend mon visage. C’est trop beau. Je lâche une petite larme. Finalement, un petit bec jaune pointe en dehors du nid. Je m’exclame “Oooooh” et je retiens mon souffle. La suite se déroule très vite. Un éclair vert bondit en dehors de sa coquille. Je tend ma main, la créature me mord violemment et s’échappe en direction du vide. Oh non.
Aaron S. Mightley

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HAIL NOCTA
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Sujet: Re: [Cours été 2015 - Géographie] Ce petit bout de monde... [Terminé]   Lun 31 Aoû - 11:53
Ce petit bout de monde...

Je prends tout de même le temps de récupérer mon sac avant de me mettre à sa poursuite. Ce petit Pokémon est extrêmement vif. J’avoue être un peu déçu… moi qui pensais que le fait de l’élever dès l’oeuf améliorerait nos relations, je me mettais le doigt dans l’oeil. Voilà qu’il me fuit déjà. J’accélère. La falaise ne doit plus être très loin, si elle est là. Vivaldy bondit déjà devant moi, je ne sais pas si elle saisie vraiment la dangerosité de la situation. Le plus important, c’est qu’elle soit à mes côtés. Bizarrement, les marécages ne m’atteignent pas cette fois. Mes chevilles s’enfoncent de plusieurs centimètres à chaque pas mais je garde mon allure, il en va de la vie de ce petit Pokémon.

J’arrive à la bordure de la forêt, les rochers sont toujours là, la falaise aussi. Et… la petite boule verte, aussi. Dès qu’elle m'aperçoit elle se remet à courir. Je suis à bout de force mais je continue à le poursuivre, il est hors de question de le perdre. Je vois la boule de poil escalader la rochers. Oh non. Ca va mal finir. Je bondis dessus. Je me jette à plat ventre. Je sens de douces plumes entre mes doigts. Sauvés. J’ose ouvrir les yeux. De petites billes noires me fixent. J’ai les bras tendus au dessus du vide. Quelques centimètres de plus et s’en était fini. Je n’ai pas le temps de dire ouf que le Pokémon court le long de mes bras pour regagner la terre ferme et se remettre à galoper.

“_STOP !”

Il ne m’écoute pas. Je sors la Pokéball qui lui est réservée. En quelques secondes, le voilà bien au chaud. Je m’assois contre une pierre. C’était chaud. Je m’autorise à boire un coup et à détendre pendant quelques minutes mes muscles chauffés à blanc. Je respire calmement. Quel était ce Pokémon ? Tout s’est passé si vite… je ne suis même pas sûr.

Je me remet en marche, songeur. Au moins, me voilà fixé, la falaise s’étend bien de l’extrême sud au nord. La forêt sur ma droite finie par s'estomper et par laisser un terrain plus aride qui monte en pente douce. Je prends note de tout cela. Je suis quand même là pour ça. Malgré la pente, je trouve relativement facilement un endroit pour planter la tenter. J’envoie à nouveau Invy chercher du bois. Avec sa capacité, il est de retour très rapidement. Je le remercie à nouveau. Vivaldy s’est couchée, profitant des derniers rayons du soleil et du sol encore chaud. Je me décide à monter un petit enclos de pierre pour délivrer à l’intérieur mon nouveau Pokémon. Je n’ai pas envie de lui courir à nouveau après. Ma construction achevée, je sors la Pokeball, mon coeur se serre. Parviendrai-je un jour à ne plus faire fuir mes nouvelles captures ? Mon regard flotte sur Invy et Vivaldy. Ils me donnent force et courage. Heureusement qu’ils sont là.

Je délivre la bête verte entre les pierres. Elle se met à courir partout. C’est encore pire quand elle me voit. Elle fonce dans le mur et tombe à la renverse. Aïe. Je sors mon IPok. Il m’indique que c’est un Natu, un Pokémon Vol / Psy. Waouh. En plus, il vient de ma région d’origine. Je ne peux qu’être heureux de sa présence. L’IPok m’indique que c’est une femelle. Elle est mignonne parce qu’elle tente de s’enfuir mais ses petites ailes ne supportent par encore son poids. Trop choux. Je décide de lui donner un nom. Je réfléchis un instant. Je tends ma main dans l’enclos.

“_ Phy ? Vient par là, Phy !”

Elle me regarde, l’air incertaine. Phy, verte comme les Phyllali, Phy, rapide comme le vent. Cela lui convient à merveille. Elle a l’air de s’être calmée, elle s’approche de moi et me mord violemment les doigts. Non, pas calmée, du tout. Je me relève, rageur. J’ajoute quelques pierres à mon édifice, histoire qu’elle ne se barre pas dans la nuit. Quelque peu énervé, j’avale quelques fruits avant de partir me reposer.

L’orage éclate dans la nuit. Me réveillant à nombreuses reprises. Réveillant aussi cette terreur au fond de moi. Au matin, je me sens plus fatigué que la veille. Je suis de mauvais poil. Vivaldy et Invy ont trouvé refuge sous une large pierre. Cela n’empêche pas le daim de trembler de froid. La pluie est fine mais traverse rapidement les habits. Quant à Phy… je m’en veux terriblement. Elle est à peine reconnaissable, petit boule de poil verte perdue au milieu de tout ces rochers. Elle est toute tremblante. Je la prend aussitôt en pitié. Je tend une main vers elle, je l’attrape pour la lever devant mes yeux. Elle me regarde, apeurée. Mais elle tente aussitôt de me bouffer un oeil. J’échappe de justesse à son bec pointu. Un éclat malicieux brille dans son regard. La coquine… c’était un coup monté ! Cela m’énerve aussitôt d’avoir été berné par ce Pokémon qui tient dans ma main. Je me sens bête et faible. De rage, je lâche Phy par terre. Elle déploie juste à temps ses ailes pour amortir sa chute. Elle se met à courir à toute vitesse vers le reste de mon équipe pour les réveiller en leur donnant des coups de bec. Invy est impossible à tirer de son sommeil. Mais Vivaldy se lève d’un bond et prend la fuite. Quelle horrible petite peste vient de naître…? Libre à elle de partir, aujourd’hui, je lui laisse le choix.

Je sors mon IPok. Les dernières mesures sont reportées avec soin sur mes différentes cartes. Cela commence à prendre forme. La forêt tout au sud, puis cette grande clairière et tout ses ruisseaux, ensuite le marais, et, enfin, cette aride et désolée. Je décide pour aujourd’hui de continuer la grimpette. Je veux savoir ce qui se trouve en haut. Après un petit-déjeuner rapide et le pliage du campement, je reprends la route. Vivaldy est de toute aussi mauvaise humeur que moi, elle marche, à l’affût de Phy. J’ai déposé Invy dans mon dos, au dessus de mon sac, pour qu’il termine sa nuit. Et… la petite bestiole court à cent à l’heure autour de nous, donnant le tournis à qui tente de la suivre des yeux. Je sens que Vivaldy a envie de la rejoindre, elle es trop joueuse pour ça, mais… le coup de ce matin lui est resté en travers de la gorge. A moi aussi. Alors, je ne lui prête pas attention, ignorant ses petits coups de becs sur mes chevilles et ses envolées devant mes yeux.

La journée est morose, le ciel est gris, tout le monde est à cran à cause de Phy. Même Abra préfère resté dans le monde des rêves. La marche n’arrange rien, ni la montée. Je prends quand même le temps de faire des croquis et de noter toutes les mesures ainsi que la dénivelée. Parce que, mine de rien, ça grimpe sec. Il doit être environ quatorze heures quand la pente se décide à devenir un peu moins raide. Tout le monde s’en voit soulagé. Je traîne des pieds dans la poussière humide. Phy est une vraie pile éclectique et court à l’avant. Vivaldy ne tient plus, elle se met à bondit avec elle. Elles me dépriment à gaspiller leur énergie comme ça, mais elles me donnent du courage, au fond. Alors je fais mes mesures, je prends des notes, je reporte le tout. C’est devenu une habitude.

En fin d’après midi, le terrain est devenu plat. Une terre aride et sèche s’étend à des kilomètres devant moi. Impossible de lui donner une fin. Heureusement, cadeau du ciel, une magnifique oasis est découverte grâce à la curiosité de Phy et sa nouvelle compagne de jeu, Vivaldy. Caché par d’immenses rochers, je ne l’aurais jamais aperçue. L’entrée me force à me courber en quatre pour faire quelques mètres sur les genoux et se retrouver face à l’une des plus belles choses qui m’est été donné de voir de ma vie. Une eau étincelante, se reflétant avec harmonie sur les pierres du plafond. Un plafond troué par quelques puits de lumière, laissant pénétrer la lueur fade de ce jour blanc. L’eau est fraîche, mais agréable. Je décide pour la première fois de cette escapade, de prendre du bon temps. Je me déshabille et me glisse dans l’eau. Les nombreuses égratignures me picotent la peau, mais cela fait un bien fou. L’eau est en permanence renouvelée, un léger courant emporte le liquide vers le sud. Cela doit probablement mener au lac.

Je monte le campement, rafraîchi. Je profite du calme du lieu. C’est vraiment un bonheur sans pareil. Je suis tiré de ma rêverie par les piaillements incessants de Phy. J’ouvre les yeux et décide finalement de la suivre. Elle a vraiment l’air paniqué. Elle me fait traverser la rivière en amont pour m’emmener dans une partie plus sombre de cette grotte creusée par l’eau. Aussitôt, je ne me sens pas très bien. Je décide d’aller récupérer une frontale avant de continuer mon chemin. De retour auprès de Phy, je la suis à travers les galeries étroites, la peur au ventre. Elle est maligne la petite Natu, elle tente peut-être de me perdre. Mon coeur se serre. Je n’espère pas, je serais bien incapable de retrouver la sortie, maintenant. Cette mascarade continue encore pendant plusieurs minutes. Nous arrivons dans un cul de sac. Je vois à nouveau l’éclat de malice briller dans la pépite ronde de Phy. La peur me submerge. Elle est bien venue me perdre ici. Lorsque j’ose à nouveau ouvrir les yeux, je ne vois plus aucune plumes vertes. Je suis trop naïf… elle a réussis à nouveau à m’avoir. Ma lampe s’éteint. Forcément. Il fallait que ça m’arrive à moi, là, maintenant. Je pousse un juron. Me voilà seul, perdu, dans l’obscurité la plus totale.
Me voilà seul avec mes démons.

L’insistance de la Terreur se fait plus présente. Des pas résonnent sur ma droite. Je tourne la tête, mais je ne vois rien, il fait trop noir. Les grincements refont surface dans mon esprit. Une impression d’humidité se colle alors à ma peau. Ma respiration se fait plus instable. Je marche, instinctivement, à tâtons pour essayer de trouver de la lumière. Mais je suis paniqué. Tout ces bruits, cette peur sourde, ce noir qui m’envahit. Je commence à perdre espoir. C’est cela que la Terreur attend. Que mon esprit faiblisse pour s’en emparer. Je veux résister. Mais tout ce noir… cette obscurité. Je suis seul. Je crois que je laisse échapper un cris. De terreur. J’avance précipitamment, je me cogne la tête, pose ma main sur un cailloux tranchant et râpe mes coudes contre les parois inégales. Ma main roule contre quelque chose de rond. Mes genoux font craquer des petits bouts de bois. Ma main en attrape un. Non, ce sont des os. Quelque chose est mort ici. Je garde avec moi le gros objet rond avant de me précipiter en avant. Je ne veux pas rester ici.

Une lueur. Je vois filtrer le lueur de la lune. Là haut. Je tombe en avant. Mon corps émet un grand “plouf” quand il atterrit dans l’eau. La froideur m'électrise et mon esprit retrouve de sa clareté. Je nage vers la surface en m’accrochant au bord. Je sors de l’eau, exténué, mon crâne me rappel ma rencontre avec la Terreur à coup de marteau sur la tête. Je suis devant la tente, comme si rien ne s’était passé. Phy est sagement assise avec sa nouvelle amie. Je lui adresse un regard noir et m’en vais vers elle.

“_ Phy ! Tu as failli me faire tuer !”

Vivaldy dresse les oreilles et se range à mes côtés. Phy se fait toute petite et court se réfugier dans un coin sombre. C’est ça, boude ! Je retourne vers l’eau. Un oeuf est sur la rive. Mais bien sûr ! C’était ça, l’objet que j’ai ramassé. Un nouvel oeuf de Pokémon ! Que peut-il bien être ? Un sourire naît sur mon visage, le premier de la journée. Vivaldy sent la texture et se tourne aussitôt vers Phy. Elle comprend que c’est un oeuf, comme celui duquel est sorti Phy hier. Elle est méfiante, elle a probablement peur que ce soit le même fiasco qu’avec l’oiseau. Je lui caresse la tête pour la rassurer. Je ne peux pas laisser cet oeuf ici. Quelque chose est mort pour le mettre au monde. Cet oeuf est plus gros que celui de Phy. Je décide de le ranger tout de même dans mon sac. Il a aussi un légère teinte bleuté, probablement à cause des rayons de lune.

Je baille. Il est l’heure de se coucher. Zou ! Je file sous la tente pour un repos bien mérité.
C’est le soleil filtrant à travers les pierres de la grotte qui me réveil. Aujourd’hui, je dois regagner le Lac Colère. Je n’ai pas de temps à perdre. J’ai retrouvé ma bonne humeur et voir Phy plus calme me rassure. Je n’ai, pour l’instant, aucune confiance en elle. Si elle veut ma reconnaissance, elle va devoir la gagner. Je croque la grotte sur mon carnet. Reporte les mesures de la veilles. J’explique brièvement les galeries.

Maintenant, il est tant de s’amuser un peu. Je souris à mes Pokémon, qui me regardent, perplexes. Je range toutes mes affaires dans des plastiques hermétiques. J’enroule le sac lui-même dans l’un d’eux. En caleçon et t shirt, je me jette à l’eau. Suivi de près par Vivaldy et Phy qui n’en loupe pas une. Invy est plus hésitant. Je lui tend la main. Il finit par se glisser dans l’eau. Je le rassure d’une main apaisante sur le front. Je me laisse couler et porter par le courant. Cette rivière est le moyen le plus rapide de regagner le lac. Nous passons à travers les galeries jusqu’à se retrouver à l’air libre. Je pousse un soupir de soulagement, ça fait du bien de retrouver l’air pur.

Je me laisse porter par le courant, je suis enfin détendu. Je tiens d’une main mon sac. Je somnole, laissant tout le travail à l’eau. J’ouvre les yeux pour nager un peu et garder un oeil sur ma petite équipe. Natu fait des ronds dans l’eau. Invy s’est endormi, ça alors ! Vivaldy se laisse sagement porter, attrapant une branche ou deux en passant pour se nourrir.

Le bruit fracassant d’une cascade se fait bientôt entendre. Oups. J’avais oublié cette possibilité. Je tente de m’accrocher au rivage. Mais le courant est trop fort. Phy me lance un regard désespéré, elle tente de remonter le courant, c’est impossible. L’eau est de plus en plus vive. Elle nous maintient prisonnière en son sein. Le bruit de l’eau se fracassant sur les rochers plus bas se fait plus insistant. La panique commence à me gagner. J’attrape Phy d’un bras et l’envoie en l’air, elle réussit à prendre son envole. Une de sauvée. Je pousse Vivlady sur la rive. Elle parvient à attraper un branche basse et à s’extirper de la rivière. Invy. Là, juste derrière moi, les yeux fermés. Je l’encercle de mes bras. Nous tombons tout les deux. Je n’arrive plus à reprendre ma respiration. Je suis entouré d’eau. Combien de temps dure notre chute ? Cette descente me rappel que trop bien ce qui m’est arrivé il y a quelques jours. C’est encore pire, je n’arrive pas à respirer. J’ai le temps de compter jusqu’à trois dans me tête avant d’être immergé par les eaux.

Je parviens à tirer ma tête de l’eau. Invy s’est téléporté, prenant peur de son atterrissage dans l’eau. Je suis en vie ! Je regarde le haut de la falaise. Une bonne dizaine de mètres. Vivaldy et Phy se trouvent encore en haut. J’éclate de rire. Elles vont devoir sauter.

“_ Allez ! Un peu de courage les filles ! C’est à vous !”

Ni une, ni deux, les deux Pokémon s’élancent en même temps. J’ai à peine le temps d'apercevoir leur saut qu’elles sont déjà à côté de moi. Je les félicite d’une caresse. On ne peut pas nier leur courage. Je frisonne. Je vais finir le chemin à pied. Retrouvant la terre ferme, je retrouve aussi Invy, apeuré. Je le prend dans mes bras pour le rassurer. Vivaldy batifole sur la rive et Phy continue le chemin dans l’eau. Je suis avec attention la rivière, c’est elle qui va me mener jusqu’au point de rendez-vous. Je retrouve le marais, puis la forêt. Et, enfin, le Lac Colère où vient se déversé en un petit ruisseau la rivière qui m’a ramené ici.

Mon chauffeur n’est pas encore là. J’en profite pour terminer mon travail. La zone est dorénavant cartographiée. Il doit y avoir des erreurs. En quatre jours, je ne pouvais pas être plus précis. Et puis… il reste tant à découvrir. Ce désert, au nord et surtout… cette mer de nuage à l’ouest. Je reviendrai.

Le 4x4 arrive dans un bruit dont j’avais perdu l’habitude. Cette fois-ci, c’est un vieil homme qui s’approche de moi, probablement le père du zigoto de l’autre jour.

“_ Ahhh ! Jeune homme ! Tout s’est bien passé ?”

J’adresse un regard à mes Pokémon. J’hésite un instant.

“_ Oui, Monsieur, à merveille. Voici la carte.”

Je lui tend les papiers fraîchement annotés. Il les regarde, l’air intéressé. Un sourire s’étend sur ses lèvres. Il semble nostalgique.

“_ Vois-tu, c’est moi qui est découvert ce Lac. Et… je me suis toujours demandé ce qui pouvait se trouver autour. Pris par la vie, je n’ai jamais pu le découvrir. Aujourd’hui, grâce à toi, tu m’offres cette chance. Merci, c’est parfait.”

Je me sens rougir et aussi pris d’affection pour ce vieil homme. Je m’incline.

“_ Je suis heureux que cela vous convienne.”

Il me sourit.

“_ Allez ! En voiture ! Je vous dépose à l’embarcadère pour Cobaba ?
_ Oui, s’il vous plaît.”

C’est ainsi que je remonte dans la voiture pour partir retrouver la civilisation. Ces quatre jours ont été formateurs pour moi. Remplit de découvertes étonnantes et surprenantes. Je suis quand même heureux de rentrer. Être seul, tout le temps, je ne pourrais pas. La discussion est beaucoup plus animée qu’à l’allée. Je ne vois pas le trajet passer.

Sur le pont du bateau devant me ramener à Cobaba, je fais de grands signes au vieil homme. Peut-être nous reverrons-nous un jour. Quoi qu’il en soit, je vais profiter de la traverser pour rédiger mon devoir sur cette aventure.
Aaron S. Mightley

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