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Entre chaud et froid
 Topdresseur Novice
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Topdresseur Novice
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MessageSujet: Entre chaud et froid   Dim 16 Avr - 23:10

La porte de l’infirmerie eût claqué si elle n’avait été retenue au dernier moment par celle qui venait de l’ouvrir sans douceur. Le courant d’air généré fit frissonner les malheureux qui se trouvaient déjà dans la pièce austère, et Ciane ne se confondit pas en excuses. La jeune fille referma tranquillement le battant dont les gonds grincèrent d’irritation, après avoir été tirés de leur paix où ils n’avaient qu’à rester immobiles. Voilà qu’ils se reposaient sans le souci d‘être attaqués, et l’instant suivant on les sollicitait brusquement !
    La rouquine quitta le seuil pour s’aventurer dans la pièce, observant d’un œil méfiant les nombreux flacons posés sur les étagères, et les aiguilles visibles dans les tiroirs à moitié fermés. L’infirmière qui régnait ici était une fanatique des piqûres et vaccins ; il n’avait pas fallu bien longtemps à la Pyroli pour le deviner, en plus des rumeurs qui se répandaient plus rapidement qu’une traînée de poudre. C’était la première fois qu’elle venait à l’infirmerie depuis son arrivée à la Pokémon Community, soit en deux semaines. Elle ne faisait pas partie de ces élèves paresseux et craintifs qui s’y rendent de multiples fois au point de pouvoir recevoir une carte de fidélité. En dépit de ses pratiques sportives avec le Général Jackie comme professeur, Ciane n’avait pas eu matière à venir. Hélas ! Cela n’avait pas duré bien longtemps.
    Elle était distraite, ce jour-là, et lors de son entrainement, elle avait exécuté un faux-mouvement qui lui avait valu une agaçante contracture. Sur le coup, elle n’avait pas eu vraiment mal ; c’était à la fin des séries d’exercices que sa cuisse avait commencé à la lancer jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus qu’avancer d’une étrange manière. Son Pokémon n’avait pas hésité un seul instant avant de la railler d’un glapissement narquois. Il trouvait bien ridicule qu’une grande sportive comme elle se retrouve avec un muscle anormalement douloureux à cause d’un simple étirement ; et il avait bien raison, puisqu’elle-même se retrouvait surprise par sa bêtise. Sa requête en venant ici était tout simplement de trouver une crème, un baume, un médicament, pour faire passer le mal entêtant. Elle n’en avait dans ses bagages et ne savait où en trouver dans ce lieu, ainsi mieux valait s’en remettre à l’infirmière –peut-être.
    Une fois la pièce balayée du regard pour constater que l’infirmière Needle n’était pas présente –pause-café peut-être, ou une sortie pour refaire son stock de médicaments pourtant bien rempli-, l’adolescente mima une moue contrariée en plissant ses yeux bruns. Elle posa ses mains sur ses hanches en signe d’impatience et d’agacement feints, puis tourna la tête vers le renard bicolore qui trottinait derrière elle.
    Il reniflait les environs avec insistance, pour s’imprégner de cette odeur nouvelle qu’il n’avait jamais connue auparavant. C’était, tout comme sa récente dresseuse qui l’avait adopté suite à un questionnaire fort douteux de la part de celui qu’on surnommait le « Collectionneur », la toute première fois qu’il observait cette pièce aux odeurs médicales mais à l’ambiance sereine et apaisée. Ses oreilles pointues ne cessaient de bouger, s’orienter dans divers sens pour capter tous les bruits inconnus qui lui parvenaient. On entendait les bavardages des élèves, à l’extérieur, qui passaient et repassaient devant l’infirmerie sans jamais y entrer. Leurs pas étaient atténués, mais pas assez pour que le petit monstre ne puisse les capter.
    Le Zorua releva la tête à son tour vers sa maîtresse lorsqu’il la sentit s’éloigner de lui ; elle se dirigeait vers une des nombreuses couchettes mises à disposition aux élèves. En fait, elles faisaient plus office de chaises dans une salle d’attente que de civières pour ceux qui souffraient d’une atroce blessure incurable. Personne qui se trouvait là n’était réellement en mauvais état. Il n’y avait, d’ailleurs, qu’une seule autre élève présente, nonchalamment assise sur son lit. Elle n’avait l’air mal en point, encore moins que Ciane.
    Ses cheveux verts tombaient en cascade sur ses épaules menues, et lui offraient un teint blafard presque maladif. Elle n’avait l’air bien aimable, à en juger par son air renfrogné qui trônait sur son visage froid. Ses sourcils étaient froncés de manière à afficher une discrète ride sur son front. Cachés sous cette arcade, ses yeux suivaient de près les mouvements de la Pyroli, comme suspicieux. Cette adolescente n’avait l’air de se soucier de l’impression qu’elle offrait, puisqu’elle ne répondit aucunement au « bonjour » que l’étudiante lui accorda.
    Ciane soutint un instant ce regard étrange, le souligna en arquant un épais sourcil roux, et s’assit de plus simple manière sur la couchette, allongeant sa jambe douloureux pendant que l’autre demeurait pliée, appuyée sur le carrelage froid. Une grimace étira ses fines lèvres pendant que sa main caressait le muscle tendu qui jouait sous sa peau. Elle avait mal.
    La rouquine originaire d’Unys regarda l’heure affichée sur la pendule qui berçait la pièce dans un tic-tac agaçant, et gonfla ses joues. Elle venait à peine d’arriver qu’elle sentait l’attendre se révéler plus longue qu’elle n’espérait. Et cette compagnie humaine qui pesait dans l’ambiance paisible et peut-être trop calme de l’infirmerie, n’arrangeait rien. C’aurait pu être comme si elle n’était présente, si ses cheveux verts ne laissaient pas percevoir ces yeux antipathiques qui berçaient la nouvelle à Lansat.
    La Pyroli était encore considérée comme telle, et le surnom ne s’atténuerait dans les esprits que lorsque l’année suivante débuterait, puisqu’elle n’exécuterait sa rentrée en pleine saison hivernale, cette fois, mais bien en septembre. Elle s’amusait à se demander si le mois suivant on la hélerait encore avec ce ridicule surnom peu qualificatif au travers des couloirs, ou s’il commencerait déjà à faner dans les esprits. Non que cette appellation frustre la jeune fille, mais elle préférait qu’on la qualifie de son nom véritable plutôt que d’un titre peu original et surtout très inutile.
    Les secondes s’écoulant trop lentement, même en caressant Nequita et lui souriant lorsqu’il ricanait, Ciane décida d’entamer les prémices d’une conversation avec celle qui n’aurait manqué de faire plante verte par son manque de vivacité. C’est dans un espoir fou, que, n’y tenant plus, la jeune fille s’éclairci la voix et s’enquit presque joyeusement :

« Toi aussi tu es ici pour pas grand-chose ? »

    Elle souligna ses dires d’un sourire léger qui révélait ses incisives écartées. Sa réplique ne critiquait pas le fait que beaucoup venaient pour rien à part perdre du temps, loin de là. C’était simplement car sa blessure invisible n’était pas bien grave –elle avait connu pire qu’une vilaine contracture !-, et l’autre ne semblait pas non plus bien amochée.
    Le Zorua au pelage singulier, qui était venu se lover contre la cuisse valide de Ciane, ouvrit une œil intrigué pour observer la scène qui se déroulait devant lui, puisque les doigts de la rouquine avaient cessés de jouer entre ses poils gris. Il ouvrit la gueule pour bailler nonchalamment et accorda une œillade habituellement moqueuse –comme tous ceux de son espèce le font généralement- à la dresseuse sous le joug du Général Jackie.
    Ses oreilles touffues se dressèrent sur sa tête triangulaire lorsqu’il remarqua que le sourire de l’étudiante s’était fané, elle qui était pourtant éprise de joie de vivre avant d’arriver.
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