comme s’il ne connaissait rien de la tristesse | bouddha socket
Sirius B. Powell
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Sujet: comme s’il ne connaissait rien de la tristesse | bouddha socket   Mar 26 Juin - 14:50


Comme s’il ne connaissait rien de la tristesse
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Sirius passe une main agacée dans les mèches pourtant soigneusement disposées le matin même. Ça fait un moment qu’il remet à demain ce qu’il s’apprête à faire aujourd’hui. Il se mordille nerveusement la lèvre tout en entrant le numéro.

Il est dans la salle de la bibliothèque qui propose aux étudiants des ordinateurs pour leurs appels. Bien sur, il aurait pu mener cette conversation depuis sa chambre mais quelque part, il espère que l’aspect public de la salle l’aidera à être plus calme et à mieux maîtriser la colère qu’il sent déjà monter.

Il ne fait pas bien attention aux personnes qui l’entourent. Il n’est vraiment concentré que sur l’écran en face de lui et cet appel qu’il repousse sans cesse.

Son père décroche presque immédiatement. Sirius s’en étonne. Il est pourtant le premier à savoir à quel point cela peut-être difficile de joindre son paternel. Pour être honnête, il espérait qu’il ne répondrait pas. Pourtant il est là, yeux dans les yeux avec cet homme. Père.

Sirius serre les dents. Banalités. Bonjour. Comment vas tu, l’école, les amis. Routine.

Puis la question claque.

Reg.

Sirius sait bien que c’est pour ça qu’il appelle. Il doit rester calme, contrôler la haine dans son cœur. C’est si dur, si dur, si dur. Il tente tant bien que mal de garder le masque de l’indifférence mais il voit dans les yeux moqueurs de son père, dans le rictus qu’il porte sur ses lèvres que ce dernier peut encore lire en lui comme dans un livre ouvert.

Alors il se lève d’un coup. Tant pis pour ce qu’il s’était promis. Tant pis pour ceux qui l’entoure. Il explose. Il devrait hurler cependant la colère de Sirius se manifeste par des murmures secs et froids. Exactement les mêmes que son père utilise quand il est énervé.

Et Sirius voit rouge.

C’est ainsi alors ? Peu importe tous ses efforts ça ne sert à rien ? Il ne serra jamais que le pantin de son père ? Peu importe tout ce qu’il fait, tout ce qu’il accompli par lui même, il ne serra que ce que cet homme veut qu’il soit ? Il retombe sur sa chaise, vaincu. Le calme de son père est bien plus puissant que sa colère.

Il le laisse le traîner plus bas que terre. Lui expliquer à quel point ses décisions sont stupides et fausses. Lui expliquer qu’il a perdu 2 ans. Qu’il doit revenir sur le bon chemin.

Dans le poing droit de Sirius, le ruban d’argent est devenu tout froissé.

Il vient de comprendre. Il cherche encore son approbation. Il cherche encore à faire sa fierté. Et la voie qu’il a choisit n’est pas la voie que son père souhaite le voir prendre. Il ferme les yeux un instant. Un nouvel objectif se dessine. Il le rendra fier, fier de son coordinateur de fils. Il ne sait pas encore comment, mais en rouvrant les yeux, une nouvelle détermination y brille.

Le regard de son père s’est perdu derrière lui. « Valentina Socket ? Votre fils est aussi dans cette école ? Quelle surprise. » Quelle surprise en effet, Monsieur Powell préfère bavasser avec une connaissance au travers de l’écran de son fils. Sirius serre le poing. La douleur de l’accroche du ruban le calme un peu et il s’y accroche. Il n’ose pas tourner les yeux vers la personne a qui s’adresse son père. Il se contente de l’observer.

C’est un connard, un égoïste. Il ne penche jamais qu’à lui. Et jamais, jamais, il ne lui a adressé une parole gentille, encourageante. Il doit le voir comme un jouet, un truc qu’il peut modeler à sa guise. Alors de rage et parce que c’est trop, trop pour qu’il ne puisse le supporter, il appuie sur le bouton rouge. Le visage arrogant de son père se transforme en le sien, sur la surface noire de l’écran de l’ordinateur.

Il ne supporte de voir ses traits sur les siens et se retourne vivement.

Il y avait bien une raison pour qu’il mette tant de temps à vouloir passer cet appel. Il lève enfin les yeux et regarde la femme qui a coupé son père dans son sermon à son égard.

L’environnement ne fait aucun doute. Valentina Socket est dans l’espace.


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Sujet: Re: comme s’il ne connaissait rien de la tristesse | bouddha socket   Mar 26 Juin - 15:49

Comme s'il ne connaissait rien de la tristesse

Bouddha exulte.

Depuis ce matin, l'alolien d'ordinaire si calme, n'arrive pas à tenir en place. Ni ses études, ni sa session de surf n'a réussi à le calmer. Depuis ce matin il n'a qu'une obsession, une seule chose qu'il attend depuis des jours et des jours.

Maman.

Car elle est disponible. C'est rare qu'il puise l'appeler comme ça, comme si elle était juste dans une autre région. C'est rare parce-que d'abord elle travaille beaucoup, et puis surtout, toutes les conditions ne sont pas toujours réunis pour. Une histoire de satellite, il paraît quelque-chose d'un peu compliqué. D'ordinaire, il communiquait par messages enregistrées et c'était long. Trop long pour le gros ourson à sa maman qu'était Bouddha.

Le voilà assis dans une salle de la bibliothèque : les cheveux encore salés et humides, les pieds plein de sable et le regard pétillant. Il s'est connecté sur le site mise à disposition par l'organisation qui emploie sa maman, c'est quand même bien pratique -et simple, pour lui qui n'y connait rien en informatique.

Et il attends. Encore.
Il espère que cette fois-ci maman va appeler, il sait qu'elle a beaucoup de travail et que c'est compliqué mais il n'est toujours pas remis de la dernière fois.

Tululutulu.

Ça sonne, il ne faut pas longtemps à Bouddha pour répondre. Face à lui, la silhouette frêle de sa maman recouverte d'une tenue un peu trop moulante pour lui qui voudrait que sa maman se cache un peu plus. Elle flotte dans les airs, tourne sur elle même, rebondit sur les murs à 360° et ses cheveux rebiquent dans tous les sens.

Maman s'est coupée les cheveux au moment de partir. Bouddha n'a pas vraiment aimé, ça lui fait toujours bizarre de voir que maman ressemble à un garçon.

Mais elle reste qui elle est.

Et il ne faut pas longtemps à l'adolescent pour qu'un gros sourire vint fendre son visage en deux. Et les discussions usuelles démarrent : des je t'aime à foison, des comment vas-tu  sincères. Et voilà Bouddha qui se saisit de son dodoala et le tend à l'écran :

- J'ai réussi à isoler des molécules anesthésiantes dans la salive d'Aka. Mais je ne comprends pas pourquoi elles ont eu un effet permanent sur Ipo. Tu crois que ça peut venir de l'état de rage du dodoala ?
-C'est la piste qui semble le plus probable Bouddha mais... Répond Maman.

Elle ne termine pas sa phrase, elle n'en a pas besoin. Le jeune garçon sait bien que la piste a déjà était exploité par des médecins - sans succès. Alors il baisse ses yeux vers son pokémon - c'est débile qu'il se retrouve affublé d'un dodoala et que ça ne puisse pas l'aider à soigner Ipo.

Son poing se serre. Il se retrouve dans un état de frustration et de colère qui le mettent à mal. Il aimerait tellement pouvoir aider sa petite soeur. Maman sent bien que son ourson n'est pas bien, elle le connaît par coeur - comme tous ses enfants. Alors, elle tente de lui faire penser à autre chose. Elle se haît de ne pas pouvoir le prendre dans ses bras, elle se hait d'avoir à lui annoncer ce quelque-chose.

Elle hésite un instant, se mord la lèvre mais est coupé par une voix cachée par la silhouette imposante de Bouddha. Lui, se retourne intrigué de savoir qu'il connaît sa maman et elle le voit : son patron. Pas le type le plus agréable du monde.

- Monsieur Powel ! Çe fut tout autant une surprise pour moi ! C'est fou comme le monde est petit.

Bouddha fronce les sourcils, lui aussi connaît bien maman. Et il ne reconnaît pas la voix un poil plus aiguë qu'elle utilises pour parler à cet homme. Alors, il le zieute un instant, le dévisage et...

Le voilà qui fixe le reflet d'une garçon d'un peu prés son âge.

Maman recule un peu surprise, elle n'a pas vu ce qu'à vu Bouddha. Elle n'a pas vu que c'est le garçon qui a coupé l'ordinateur. Et elle semble soudainement sincèrement désolé pour le garçon, c'est dur de ne pas pouvoir parler à ses proches.

-Tu devrais vérifier les branchements, on ne sait jamais, c'est peut-être un poékmon qui les a débranchés en passant.

Elle se stoppe un moment, lève les yeux au ciel, essaye de se rappeler de quelque-chose : Powell parle rarement de sa vie personnelle ; mais elle se se souvient de sa soirée de lancement : elle avait parlé à sa femme qui, elle, lui avait parlé de son fils si parfait - elle n'avait pas pu en placer une sur ses neufs enfants :

-Tu dois être Regulus, c'est ça ?

Bouddha ne dit rien. Il se contente de fixer le dénommé Regulus avec un air suspicieux.


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Sujet: Re: comme s’il ne connaissait rien de la tristesse | bouddha socket   Mer 25 Juil - 14:34


Comme s’il ne connaissait rien de la tristesse
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Sirius serre les dents et les poings. Ça l’énerve, ça l’énerve, ça l’énerve. Il voudrait hurler, caser quelque chose. Expliquer à son père le monstre irrespect dont il fait preuve. Il voudrait retourner à l’époque où tout allait bien. Où il le prenait encore sur ses genoux pour lui apprendre l’emplacement des étoiles. Où il le laissait veiller jusqu’à tard juste parce que ce soir là, il y a une pluie de météorites. Il voudrait retourner à cette époque là, cette époque où les Powells étaient une famille unie, une famille qui s’aime.

Pas le semblant de mascarade qu’ils sont devenus aujourd’hui.

Il fixe son père d’un œil noir, presque assassin. Ça fait presque six mois qu’ils ne se sont pas parlés et pourtant, il préfère parler avec une employée plutôt qu’avec lui. Ça le dégoutte et sa rage, sa haine augmente encore un peu. Comment peut-il oser faire ça ? Comment peut-il l’ignorer ainsi ? Tout ce que recherche Sirius c’est un peu de fierté. Un peu d’approbation.

La main part comme éclair et l’écran s’éteint en même temps que l’appel. Il ferme les yeux, la colère qu’il ressent est si vivace qu’elle l’empoisonne. Il parvient à peine à réfléchir, à mettre des mots sur ses émotions, à relever les yeux pour croiser ceux de celle qui est plus importante que le propre fils de Monsieur Powell.

En face de lui, l’air surpris, Valentina Socket et son fils le regardent. La femme s’adresse à lui, le ton doux et chaux, elle est peut-être à des milliers de kilomètres mais il ressent sa gentillesse plus sûrement qu’il n’a jamais ressenti celle de ses propres parents. Il tente d’esquisser un sourire, malhabile et faux.

- C’est pas très grave, je rappellerais plus tard.

Elle n’a pas dû voir que c’est lui, lui qui a éteint l’ordinateur, lui qui a coupé court à la conversation. Le garçon lui, a dû voir. Sirius espère vaguement qu’il ne dira rien. Il n’a pas forcément très envie de parler des problèmes familiaux à des étrangers.

Sirius étouffe un rire narquois à l’annonce de son nom. Regulus. Bien sûr. Il secoue la tête. Il ne devrait pas être déçu pourtant, il a l’habitude. Malgré son départ, malgré les faux bonds, il n’y en a que pour Regulus. Regulus l’intelligent, Regulus le parfait. Sirius aime son frère et réapprend à le côtoyer depuis peu mais … mais il ne peut pas s’empêcher de lui en vouloir encore. Sans le vouloir cette dame remue le couteau dans la plaie.

Il imagine sans mal la scène. Père et mère, fier de parler joyeusement de leur fils, le merveilleux Regulus, major de sa promotion à l’université des sciences d’Unionpolis. Il est si talentueux, si doué, il reprendra sans mal les rênes à la suite de son père. Un excellent dirigeant, je vous le dis. Et on oublie de parler du deuxième. De la poupée, du jouet. De celui qu’on oublie si facilement, du bêta. Son sourire semble encore plus faux quand il répond finalement.

- Je suis Sirius, le fils cadet des Powell. Regulus est mon grand frère.

Il lit sans mal l’étonnement sur son visage. Bien sûr, son père est discret et sa vie de famille n’est pas son sujet de discussion favori mais tout de même, il lui semble qu’il a participé à suffisamment d’événements en compagnie de sa famille pour qu’on sache qui il est. Pour qu’on parle de lui. C’est douloureux. Douloureux de réaliser qu’on ne compte pas pour ses parents. Douloureux de réaliser qu’on est pas fier de ce que l’on fait. Douloureux de réaliser qu’on n’est rien.

Il déglutit vaguement. Sa voix tremble un peu quand il reprend la parole.

- Désolé d’ailleurs, ce n’était pas très sympathique de la part de mon père d’interrompre votre conversation. D’autant plus que vous ne devez pas en avoir beaucoup.

Il agite la main, pointant maladroitement l’environnement qui entoure la mère de son camarade de classe. Dont il ne connaît toujours pas le nom d’ailleurs.

- Je devrais vous laisser d’ailleurs.


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Sujet: Re: comme s’il ne connaissait rien de la tristesse | bouddha socket   Dim 19 Aoû - 23:16

Comme s'il ne connaissait rien de la tristesse


Bouddha louche.

Il louche, sur ce drôle de garçon aux épaules tombantes et à l'air ailleurs. Il loucheur ses lèvres beaucoup plus fines que les siennes -on dirait celles d'une fille- et qui racontent des mensonges à maman. Ses gros yeux divague sur le visage du garçon et, il dissèque un instant son sourire. L'alolien n'est pas dupe et lit bien la tristesse derrière les lèvres trop fines.  

Ce sourire...

Celui des gens qui n'ont plus que ça. Juste encore un peu la force de sourire pour les autres ; et l'alolien croit se voir un instant dans le reflet des yeux d'Hippo. Mais Hippo n'est pas là : seul le dénommé sirius et l'écran noir lui reflètent son image interrogative.

- Ce fut un plaisir de te rencontrer Sirius dit maman d'une voix douce

Mais un demi-tour sur sa chaise roulante suffit à Bouddha pour voir que maman joue la maman. Du genre de celles qui n'ont pas de soucis que ceux de leurs enfants :  décidément, le sourire triste semble décidé à habiter tous les visages.

Sitôt Sirius éloigné, que voilà déjà le géant qui se penche vers l'écran qui accueille le visage rassurant de sa maman : Bouddha n'a aucun secret pour maman, il ne saurait comment faire.

-Il a menti ! rapporte t'il C'est lui qui a éteint son ordinateur !

Face à maman, le ton de Bouddha redevint plus simple, plus entier, plus enfantin. Il aimerait ça : rester entre ses jupes et ne pas grandir, mais maman porte une combinaison spatiale. Moins pratique yup. Le regard de maman brille de milles couleurs et l'adolescent croit y voir un instant de l'amusement noyé sous la noirceur du chagrin. Maman n'a jamais aimé le mensonge, il se souvient encore de ses crises de colère contre Poppo lorsqu'il mangeaient en cachette et le niait ensuite. C'était pour elle révulsant et répugnant.

Pourtant, il n'y avait dans son altitude aucune dégout, juste cette douceur maternelle qui lui connaissait bien, elle entama :  

- Tu sais... Quand tu es parent, c'est parfois difficile de s'occuper de tous ses enfants de la même manière. Égalité et équité sont difficilement atteignables et parfois... Un enfant peut se sentir flouté par les autres... C'est terrible pour lui.

Maman détourne le regard alors qu'une rougeur envahit ses joues provoquant un froncement de sourcil de Bouddha. Quel doute peuvent bien ronger maman, au juste ? Parmi ses neufs enfants, pas un ne s'est senti mis de coté. Jamais. Mais malgré, ça maman détourne le regard..  Bouddha ouvre la bouche, commence à articuler, c'est son rôle de la rassurer. Mais maman est bien plus à l'aise avec les mots, plus rapide :

-Ce Sirius, tu pourrais essayer de t'en faire un ami. Ça te ferait du bien de te sortir la tête de la bave de dodoala.

L'air perplexe qu'affiche maintenant Bouddha ne peut pas être plus équivoque : l'idée lui semble absurde. Maman sait bien pourtant qu'il n'est pas le genre à se faire des amis -ceux qui l'a à Alola lui suffisent. Il ne sait pas comment faire. De plus Sirius n'est absolument pas le candidat idéal, ça se voit. Ils n'auront rien à se dire. Et par où commencer ? C'était trop tard. L'autre était déjà parti.

Maman avait eu la pire idée.

Mais cette dernière n'en démordait pas et voyait l'embarras de son géant, elle enchaina :

-Tu es fait pour aider, les gens je le sais bien, Dabounet d'amour. Tu n'auras qu'à lui montrer quelque-chose de... Personnel.

Elle conclut avec une clin d'oeil évocateur. Maman voulait que Bouddha montre à Sirius l'étoile filante. C'était... Insensé. Fou. Dangereux. Suicidaire. Mais les idées de maman finissaient toujours pas germer quelque-part... Aussi au bout de plusieurs minutes de discussion, l'adolescent finit par céder.

Il eut fallut se dire au revoir et à bientôt - c'était le cas de le dire. Retenir ses larmes aussi. Et promettre d'être un peu plus social. Beaucoup de mots doux et d'amour. Puis Bouddha passa encore plusieurs minutes à ouvrir la bonne page : pokébook.

Il n'y était jamais allé avant et son profil n'affiche qu'une vielle photo de lui au milieu de l'océan, accroché à sa planche. 11 amis en tout et pour tout. Toute sa famille quoi. D'un geste hésitant, le voilà qui ramène sa souris sur le profil de Sirius - Bien plus actif que lui. Le clic de la souris résonne alors que la demande d'ami et envoyé.

C'est Bouddha (on s'est vu tout à l'heure à la bibliothèque). On peut se voir ce soir vers minuit sur la plus grosse dune de sable de la plage ? Ramène de quoi manger et végétarien.

Le message est peut-être un peu sec, un peu direct. Mais c'est tout ce que ce grand béta sait faire. Il hésite un instant, avant d'ajouter une seule coquetterie à son message, comme un indice : un émoticones étoile.


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Sujet: Re: comme s’il ne connaissait rien de la tristesse | bouddha socket   Lun 8 Oct - 13:29


Comme s’il ne connaissait rien de la tristesse
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Et comme ça, Sirius s’en va.

Parce que ça fait beaucoup trop mal de comprendre à quel point son père s’en fout, à quel point il n’est qu’une vague distraction pour lui, à quel point il ne l’aime pas.

Sirius se mord les lèvres et sort de la pièce rapidement, à grandes enjambées.

C’est terrible, il aurait peut-être pas du faire ça. Il aurait dit dire ses quatre vérités à son père. Lui expliquer à quel point c’est un connard, à quel point il lui en veut de le détruire, à quel point il veut son appui.

À quel point il l’aime malgré la haine.

Il voudrait avoir le courage de dire la vérité, de dire ce qu’il a sur le cœur, dire ce qui le ronge, le dévore.

Mais Sirius n’est pas très fort, il n’est pas très honnête. Il est toujours plus facile de mentir et se cacher derrière des faux sentiments. Il est plus simple de dire que tout va bien, qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Sirius ne veut pas que les gens viennent trop près, qu’ils comprennent le bordel de sa famille et à quel point ça le blesse.

Ilea le sait et c’est plus qu’assez.

Sirius revoit la conversation qu’il a eu avec son père sur le chemin jusqu’à son atelier. Ne pas y penser, ne pas y penser, ne pas y penser.

Inspire, expire, inspire, expire.

S’occuper l’esprit pour ne plus voir le regard moqueur de son père. S’occuper l’esprit pour ignorer son Ipok qui vibre et vibre des appels de son père et de Reg. Il ne veut pas leur parler, il ne veut pas attendre parler d’eux.

Il pensait que ça allait mieux avec Reg. Ils ont discuté, mit les points sur les i et pourtant Sirius ne peux pas faire taire l’horrible jalousie qui lui dévore le ventre. Il ne peut pas faire taire la haine si vivace qu’il a cultivé pendant tant de temps.

Et c’est juste horrible. Et il se sent juste tellement mal. Parce qu’il n’a rien fait Reg, il n’a rien fait pour demander l’amour de leur père. C’est juste lui le fautif. Leur père.

Ça a toujours été sa faute.

(C’est plus facile.)

Plus facile de croire que c’est de sa faute à lui. Pas la sienne. Pas la leur. Croire en leur innocence dans l’affaire est tellement plus simple que d’assumer leurs rôles dans le fiasco qu’ils appellent famille.

Sirius soupire et s’écroule sur le fauteuil de son atelier, les yeux dans le vide. Son ordinateur portable est ouvert devant lui et son regard se pose sur une notification. D’un inconnu. Sirius fronce les sourcils et récupère son ordinateur qu’il pose sur ses genoux. C’est exactement ce dont il a besoin. Une distraction.

C’est le garçon de toute à l’heure qui l’invite à le rejoindre ce soir, sur la plage. Sirius soupire. Il veut probablement lui demander pourquoi il a raccroché ainsi. Sirius hésite un moment. Pourquoi accepter ? Le ton est sec, froid et pas vraiment amical, pourtant, Sirius a envie d’accepter.

Il secoue la tête, tant pis. Le « Ok » qu’il envoie est pas forcément beaucoup plus convivial. C’est pas bien grave. Sirius lance une playlist et se lance dans son boulot.



Sirius grogne. Il a bien fait de prendre de l’avance. Le beau temps d’aujourd’hui implique que la majorité des élèves vont pique-niquer et lui même est dans ce cas et font donc la queue à la cafeteria   pour récupérer des sandwichs pour Bouddha et lui-même. Et la queue est longue. Génial.

Le coordinateur sort de la salle commune un bon quart d’heure plus tard, deux sandwichs végétariens dans le sac, son butin bien rangé, il retourne à sa costumerie pour travailler un peu plus. Après tout, il a du temps à perdre jusqu’à minuit et pas question de ne pas l’utiliser à bon escient.

Vers onze heure, Sirius commence à ranger ses affaires pour se diriger vers le point de rendez-vous. Bouddha n’est pas encore là, alors Sirius s’installe et s’allonge sur le sable. Il ne lui faut pas longtemps pour que ses yeux cherchent machinalement les constellations qu’il connaît si bien.

C’est son père qui lui a apprit tout ça. Il est loin ce temps là.

Sirius soupire.


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Sujet: Re: comme s’il ne connaissait rien de la tristesse | bouddha socket   Lun 11 Fév - 14:09

Comme s'il ne connaissait rien de la tristesse


Bouddha est plongé dans le noir. Allongé contre sa planche de surf, passif, se laissant porter par les vagues et admirant d'yeux écarquillés le ciel. Dégagé ce soir. Parfait pour montrer à Sirius ce qu'il veut le lui montrer... Ce que maman veut, en fait. Doucement, la mer rendue ébène par la nuit le ramène au rivage. Et bouddha s'échoue. Des amis... Il y en a quelques-uns, à Alola - toujours éphémères, vie de bohème oblige mais précieux, colorés, simples et joyeux.

Sirius, ce drôle de bonhomme n'avait pas vraiment le profil.

Il était étrange : pétri d'une peine que Bouddha n'arrivait pas tout à fait à saisir. Et surtout... Il n'était pas d'Alola. Et ça, ça terrifiait Bouddha. Il le savait bien lui, que les gens qui ne venaient pas de son archipel étaient... Bizarres, dangereux, prise de tête, irrespectueux - les touristes lui avaient bien appris la leçon.

Doucement, Bouddha se saisit de la sa planche et marcha jusqu'à la dune, lieu de leur rendez-vous forcé. Ses gros pas marquant la plage témoignant de sa lenteur et de son envie de faire demi-tour, de se rendre à l'océan. Mais le regard de maman était bien imprimé dans sa mémoire pour ça.

Il ne voulait pas, trouvait même cela stupide et dangereux : mais pour maman, il aurait fait n'importe quoi.

Alors qu'il gravit la dune, son regard se pose sur un grand corps allongé : Sirius. Est-il endormi ? Cela arrangerait bien Bouddha, même si il ne l'aurait pas reconnu de lui-même - trop influencé par son amour pour sa mère. Mais malheureusement le brun n'est pas assoupi et le voilà qui déplie son corps à l'arrivée du métisse. Bouddha buggue un peu, commence un salut alolien avant de bloquer sur une seule main en l'air et un salut monocorde - il n'est toujours pas habitué, ça le rend ridicule pour autant ?

Le voilà qui s'assoit en tailleurs - faisant fi d'être en maillot de bain alors que Sirius est si habillé, comme à son habitude d'ailleurs, il semble à Bouddha- et il demande sans ménagement aucun si Sirius à ramené à manger. Se saisissant de son sandwich et croquant à pleine dents, l'alolien laisse son regard dériver... L'océan, le ciel... Papa et Maman semble si éloignés à ce moment précis. Encore plus que d'habitude.

Il glapit alors qu'il sent le regard de l'autre se posait sur lui. C'est vrai, c'est lui qui a fixé le rendez-vous, c'est à lui de parlez, d'expliquez, de prendre l'initiative.

-Tu connais les constellations ? demande t'il simplement, puis en pointant un point lumineux dans le ciel Tu vois cette étoile ? ce n'est pas une étoile : c'est ma mère.

Bouddha s'interrompt, un instant : juste pour écoutez sa respiration qui s'accélère sourdement.

-Et mon père, et mes frères et mes soeurs... Ils sont quelque-part, perdus dans l'horizon.

Avalant sa dernière bouchée de sandwich, Bouddha se tapa un instant le ventre et mordant sa lèvre inférieure, il continua, peu sûr de lui :

-Ce que j'essaye de te dire, c'est que depuis que j'ai quitté mon île, je suis terriblement seul. Et je crois que tu souffres de solitude aussi, de manière différente, mais quand même. Et ma mère... JE pense que ça pourrait être une bonne idée de... Tu sais... S'aider, se confier... Ce truc que font les amis.  

Les gros doigts de Bouddha tracèrent des cercles sur le sable - il n'était pas tout à fait à l'aise à cet exercice. Peu rodé, pas dans son élément. Ses amitiés à lui, à Alola, s'étaient toujours faites naturellement, au détour de jeux d'enfants ou de sessions de surf. Personne n'avait jamais à demander un ami... Ça lui paraissait improbable. Et pourtant c'est ce qu'il faisait à cet instant précis, sans vraiment savoir si il s'y prenait bien ou même sil il en avait vraiment envie.

Bouddha, renifla. C'était bientôt l'heure...

Tu n'auras qu'à lui montrer quelque-chose de... Personnel avait dit maman.

Quelle folie... Il soupira avant de reprendre, pointant un de ses doigts boudinés vers l'autre.

- Maintenant, je vais te montrez quelque-chose, mais tu dois me promettre de ne rien dire... À personne. Surtout pas à ton père.

Le doigt tendu se retira, alors que se main se déplia vers sa bouche. Gros crachat sale et la salive de Bouddha s'étale sur sa paume. Le voilà qui tend sa main au brun l'invitant à sceller sa promesse, comme il le faisait autrefois, quand ses camarades lui confiait des secrets.

Croix de bois, crois de fer. Si je mens...


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Sujet: Re: comme s’il ne connaissait rien de la tristesse | bouddha socket   Mer 6 Mar - 9:48


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Allongé sur le sable encore chaud suite à l’exposition à la plus proche des étoiles lors de la journée, Sirius divague et part, chaque fois un peu plus loin, dans l’espace. La passion du garçon, ses yeux en permanence rivés là haut, sur cet objectif inatteignable.

Si proche et pourtant si loin.

Il se redresse et sort de sa rêverie à l’approche de Bouddha. L’alolien est un peu étrange, un peu à part. Sirius ne le comprend pas vraiment et peut-être qu’au fond, il n’a pas envie de le comprendre. Il rend son salut maladroitement, sans tenté de copier celui de son camarade, typiquement alolien. En réponse à sa question brusque, Sirius sort un sandwich et sans un mot de plus les deux adolescents commencent à manger.

C’est bizarre. Et Bouddha ne met pas Sirius à l’aise. Pour être franc, il est même carrément gêné. Être là, sur la plage, avec cet inconnu, sans savoir quoi faire … ça rendrait n’importe qui nerveux. Pourtant, Sirius n’ose pas briser le statut quo et ne prononce pas un mot. Il attend de voir. Il attend de comprendre la situation, ce que Bouddha cherche en l’emmenant ici.

Son regard se lève vers le ciel quand le Phyllali prend enfin la parole. Il se contente d’acquiescer. Évidement qu’il connaît les constellations qui parsèment le ciel, il connaît même les étoiles qui les composent. Les sourcils du coordinateur se froncent. Les étoiles qu’ils observent en ce moment même ne sont que des boules de gaz, à des années lumière d’ici. Elles ne sont pas des personnes, perdues dans le ciel.

C’est illusoire de se rattacher à ça. Enfantin.

Son regard dévie vers Bouddha et il lui faut toute la volonté du monde pour ne pas lui dire. Pour ne pas briser ses rêves et ses croyances. Pour ne pas laisser tout son atroce pragmatisme sortir et se confronter à l’idéalisme du brun. Mais Sirius ne dit rien. Il se contente de reporter son regard sur les étoiles et de souffler doucement. Pas tout à fait un soupir mais pas une simple expiration non plus.

Il ne sait pas trop quoi penser du discours de Bouddha. De ses paroles sur l’amitié et la solitude. De l’entraide qu’il lui propose. Pour être franc, Sirius ne sait pas tout à fait s’il désire faire de Bouddha un ami. Ils sont tellement différents, si opposés. C’est presque ridicule. De les imaginer amis, de les imaginer ainsi, à discuter sous le ciel étoilé.

Sirius ne peut s’empêcher de reculer, un peu surpris et peut-être un peu dégoûté aussi, face à la main baveuse tendue devant lui. Une promesse, promesse de ne pas révéler ce que souhaite lui montrer Bouddha. Impossible. Impossible que Sirius copie le geste de Bouddha. Impossible qu’il accepte totalement cette étrange amitié qu’il lui propose.

Alors Sirius ne sait pas quoi faire.

- Je crois que tu pas de soucis à te faire sur moi qui dit quoi que ce soit à mon père. La conversation de l’autre fois était notre conversation annuelle donc …

Et ainsi, il refuse. Refuse de serrer cette main tendue. Refuse de se laisser tenter par le caractère d’enfant triste de Bouddha. Sirius se considère mature, un peu trop adulte pour être entraîné dans une promesse aussi enfantine qu’un double crachat dans une paume. Rien que de penser à toucher la main salie de Bouddha envoie des frissons dans le dos de Sirius.

Il ne dit rien de plus. Curieux de voir si ses mots suffiront à Bouddha ou si il a totalement anéanti le semblant de relation amicale qui était sur le point de naître entre les deux adolescents.


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