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T’façon tu m’aimes trop pour me tuer là. Et on est sur un forum tout public tu n’as pas le droit..
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Marcher puis dormir sous la lune.
Marcher puis s'enlacer jusqu'à l'aurore.
Marcher puis s'aimer pour l'éternité.
Marchaimer.
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Contrairement à ce que tu penses, les gens ne sont pas prisonniers de leurs idéaux. Et tu devrais toi-même en prendre conscience ...
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Les gosses dans ton genre n'ont aucune expérience de vie. Et certainement pas leur mot à dire pour juger les autres.
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T’es là depuis une seconde à peine et tu me casses déjà les couilles. C’est parfait.
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Je ferai tout pour que ce soit notre flamme qui reste allumée à la fin de ce combat.
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Je te l'ai dis Alex, à demi mot, que je t'aime. C'est vrai, pourtant je t'aime… Est-ce là? La fin de notre relation? Un message perdu que j'essaie de sauver au bord d'une plage alors que tu te noies dans tes sanglots? Je ne me savais pas condamné aux sables
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Tu es prêt Germain ? Reste sage et admire le spectacle, surtout n'interviens pas et sois gentil, trouve moi une cigarette.
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Je ne peux pas te contredire, tu as merdé en beauté.
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Je continuerai de t’aider, de t’assister, ou te servir, pour atteindre ton rêve. Même en sachant tout ça. Même si, pour se faire, je dois abandonner mes propres rêves.
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Son paquet d'Eucalyptus avait provoqué le chaos.
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Mademoiselle Potts ? Je suis désolée mais … est-ce que vous pourriez m’aider à trouver un partenaire, je ne connais personne et je …
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Yuna Frostheart
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http://pokemoncommunity.forumactif.org/t7065-yuna-akabara-givrali
Icon : La dernière page du conte de fée a été réécrite... Yunaic11
Taille de l'équipe : 32/38
Région d'origine : Hoenn
Âge : 17 ans
Niveau : 80
Jetons : 5388
Points d'Expériences : 2822
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Hoenn
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pokemon
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Hoenn
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Yuna Frostheart
est un Topdresseur Spé. Type
La dernière page du conte de fée a été réécrite...

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Rp Solo
♬♪♫♩♫♪♬
Hrp :
Pour ceux qui auraient la flemme de lire, ce rp sert juste à expliquer le changement de situation dans la famille de Yuna, son changement de nom de famille, et de comportement.


Ma tête est lourde…elle est lourde, et je n’arrive pas à réfléchir. Je ne pense à rien, je n’y arrive pas, tout ce qui défile en boucle dans ma tête, ce sont les mots de ma sœur…’’Elle est partie…’’ Je n’arrive pas à y croire, ce n’est pas possible…juste pas possible. J’ai l’impression que mon cœur est fissuré, il me manque quelques choses… j’ai perdue quelque chose, ou plutôt quelqu’un.

~-----~
22 Décembre 2018 – Adala – Dortoir des Givrali

Je me souviens d’hier, tout allait bien. J’ai passé une superbe journée d’anniversaire, j’ai passé de bon moment avec mes amis. Le temps a filé à une vitesse impressionnante, je n’ai rien vu passer, si bien que je suis rentrée dans ma chambre quand le soleil avait déjà disparu. Sans surprise Lauren n’était pas là, elle traine souvent le soir et rentre assez tard dans la chambre. Je ne désespère pas de la comprendre un jour, mais c’est vrai que c’est assez compliqué entre nous, on est si différentes toutes les deux.

Enfin, maintenant que j’y pense, je le sentais…je sentais que quelque chose n’allait pas, qu’un malheur allait arriver. Pourquoi ? Tout simplement parce que je n’avais pas de nouvelle de ma famille. Alone ne m’avait pas répondu quand je lui ai souhaité un joyeux anniversaire la veille. Bon d’accord on est en froid, mais il a un minimum de politesse. Et même s’il ne voulait pas me parler, il m’aurait au moins envoyé un simple merci. Mais là rien…ça aurait pu passer, si ma sœur avait envoyé un message pour mon anniversaire. Encore une fois je me suis retrouvée sans nouvelle, pas un message, pas un appel, que ce soit d’elle ou de maman. Je me suis dit que peut-être elles avaient eu un imprévu, et qu’elles m’en enverraient un dans la soirée. Mais en rentrant dans ma chambre je n’avais toujours rien…

J’avais envie d’appeler, j’avais un mauvais pressentiment…enfin bon ça n’aurait strictement rien changé à la situation en fin de compte. Une fois mes affaires et cadeaux posés sur mon bureau, j’ai libéré une bonne partie de mon équipe pour qu’ils s’installent pour la nuit. J’ai pris une bonne douche avant de me mettre en pyjama. Jusqu’à là, une soirée tout à fait banale…jusqu’à la sonnerie de mon Ipok. Je me suis avancer vers l’appareil sans arrière-pensée, j’ai même souri en voyant qu’il s’agissait du numéro de ma sœur qui s’affichait sur l’écran. Finalement elle n’avait pas oublié mon anniversaire…qu’est-ce que j’ai pu être naïve, j’aurai préféré qu’elle l’oublie et qu’elle ne me passe jamais ce coup de fil. J’ai donc décroché, me tenant debout face à mon bureau.

-Salut grande sœur, ça va ?
-Yunie…

Déjà à ce moment, j’ai compris que quelque chose n’allait pas pour deux raisons. La première, Marie ne m’appelle Yunie que lorsqu’elle doit m’annoncer quelques choses de grave. La dernière fois c’était avant mon départ en vacances, pour m’annoncer qu’Hiro était revenu à la maison, et que je risquais de tomber sur lui. Mais bon ça allait, elle m’avait juste appelé Yunie, tout en parlant normalement cette fois-là. Là c’était différent, totalement différent, et je sentais que la discussion n’allait pas me plaire…j’étais tellement loin de la vérité.  La deuxième raison, c’était sa voix. Ce n’était pas son Ipok qui déformait sa voix, comme si elle ne captait pas bien. Non la voix de ma sœur était chargée d’émotion, et c’est très rare. Et cette émotion qui transparaissait dans sa voix, c’était de la tristesse, une grande peine qu’elle n’arrivait pas à refouler. La dernière fois que je l’ai entendu dans cet état…c’était à l’annonce de la mort de papa. Qu’est-ce qui se passait ?

-Marie ça va ? Qu’est-ce qu’il y a ?
- Est-ce que tu es toute seule Yunie ?
- Oui je suis seule, je suis dans ma chambre au dortoir.
-Assieds-toi s’il te plait je…je dois t’annoncer quelque chose…de grave.

Mais je n’ai pas écouté ma sœur, elle m’inquiétait trop pour que je puisse le faire. Mon visage avait pris un air inquiet, et mes pokémons ont dû le voir car Hestia et Lucifer se sont rapprocher de moi, inquiets eux aussi en voyant ma tête.

-Qu’est-ce qu’il y a grande sœur…tu me fais peur là…
-Yunie…c’est maman…elle est partie…
-Partie ? Comment ça partie ? Elle a quitté la maison ?

A ce moment, je ne voulais pas comprendre le sens des mots de ma sœur. N’importe qui, au ton de la voix de mon ainée, ou à ses recommandations précédentes, aurait compris. Mais pas moi, ou plutôt, je ne voulais pas comprendre, je ne voulais pas me résigner à comprendre.

-Non…elle…Maman est morte…

Il y eut un gros blanc pendant quelques secondes, mais pour moi ça a duré des heures. Le temps que l’information parvienne à mon cerveau, et que ce dernier n’en comprenne le sens…Que je comprenne le poids de ces mots et leur signification. Non…c’était impossible…ça ne pouvait pas être vrai, c’était un poisson d’Avril, ou une farce de très mauvais goût pour mon anniversaire.

-C’est pas vrai…Marie dis…dis-moi que c’est faux ! Dis-moi que tu me fais une mauvaise blague là !!
-Non Yunie…Maman nous a quittés…pour toujours.

C’est à ce moment que j’ai senti les larmes couler le long de mes joues. J’étais paralysée, complètement tétanisée…Je me suis mise à trembler de tout mon corps, inquiétant d’autant plus mes pokémons qui se mirent tous autour de moi. Ils cherchaient à comprendre ce qui se passait, ce qui était en train de m’arriver. Mais je ne pouvais rien leur dire, plus aucun son ne sortait de ma bouche…je n’entendais même plus la voix de ma sœur dans l’Ipok. Elle n’avait pas raccroché pourtant, elle était encore là, j’en suis certaine, mais c’était moi qui n’était plus là. J’étais perdue, j’essayais tant bien que mal de refaire surface, mais un mot tournait en boucle dans mon esprit…Morte…elle est morte…

Après tout est un peu flou, je me souviens de mon Ipok qui tombe au sol, je l’ai surement lâché sans m’en rendre compte. J’ai ressenti une violente douleur au niveau de mon cœur…puis au niveau des genoux quand je me suis effondrée. Heureusement pour moi, mes pokémons étaient présents avec moi, je crois que c’est Lucifer qui m’a soutenu de justesse. Mes jambes ne pouvaient clairement plus me soutenir, je ne pouvais plus rien faire. La seule chose dont je me souviens clairement, c’est mon cri de douleur. Un cri qui provient du plus profond de mes entrailles, un cri qui a surement alerté les chambres voisines, mais personne n’est entré. Encore heureux, je n’aurai pas pu supporter la présence de quelqu’un.

De très longues minutes plus tard, je suis un peu revenue à moi, suffisamment pour voir que l’appel avec ma sœur était toujours en cours. Mais je ne pouvais pas bouger pour attraper l’appareil qui avait roulé bien loin de moi. Heureusement Deva l’a attrapé et me l’a ramené, même elle qui d’habitude est si détachée, si imbu d’elle-même, était inquiète de me voir dans cet état…Je devais vraiment faire peur à voir.

-Marie…
-Yunie...écoutes parler au téléphone n’est pas la meilleure des solutions. J’ai prévenu ton académie pour leur dire que tu rentrais à Hoenn pour quelques temps. Je t’ai pris un billet de ferry qui part demain pour Nénucrique…je viendrai te chercher au port d’accord ?
-Entendu…
-ça va aller Yunie, on va s’en sortir. Essaye de dormir et de te reposer…Je t’aime petite sœur.

Je n’ai même pas eu la force de répondre, c’est pourquoi ma sœur a elle-même raccroché. Marie n’a jamais été très douée avec les mots, encore moins par téléphone. Ma sœur est le genre de personne à tout transmettre par les gestes et le regard, elle préfère les actes aux paroles. En plus elle doit être elle aussi sous le choc. Heureusement qu’elle prend les choses en main…j’aurai été incapable de faire quoi que ce soit…Tout le reste m’est flou, je suppose que j’ai dû m’évanouir, ne supportant plus ce trop-plein d’émotion. Mais malheureusement ce n’est que le début.

~-----~
23 Décembre – Adala – Dortoir des Givrali

Je me prépare pour partir à Nénucrique, comme si j’étais en mode automatique. Je ne réfléchis même pas, j’agis sans vraiment m’en rendre compte. Et ça inquiète grandement mes pokémons, Hestia me suis attentivement, comme si je risquais de m’effondrer à chaque pas. Dovah et Astrega le font de plus loin, tandis que Lucifer me regarde du coin de l’œil. Il fait comme si ça ne le touchait pas, mais je suis certaine qu’il est autant inquiet que les autres…Je m’en veux un peu, je leur fait subir ça alors qu’ils n’ont rien demandé. Je fais du mieux pour garder la tête haute, ne pas craquer à nouveau et fondre en larme...Mais honnêtement le cœur n’y est pas du tout, mes sourires sonnent faux et je pense que ça les inquiètes encore plus malheureusement.

Mes pokémons m’aident comme ils peuvent prenant mes affaires pour les mettre sur la valise, j’ai un faible sourire quand je vois Moegami prendre mes affaires de maquillage un à un et les poser dans la valise en vrac. Une fois que c’est fait, elle est fière comme un pan et bombe le torse, je lui caresse doucement la tête pour la remercier. Je suis très étonnée qu’elle ne soit pas terrorisée dans un coin, comme si elle prenait sur elle pour m’aider et me redonner le sourire. J’ai vraiment beaucoup de chance d’avoir une aussi bonne équipe à mes côtés.

Bien entendue, ma colocataire était revenue à la chambre. Hier j’étais déjà couchée quand elle est rentrée, mais ce matin je n’ai pas pu échapper à son regard. J’ai une tête à faire peur, mais heureusement pour moi, Lauren n’a pas chercher à en savoir plus quand je lui ai dit que je partais pour des raisons familiales. Une fois mes affaires prêtes, je met mon manteau d’hiver et rappelle tout le monde dans sa pokéball sauf Hestia. Elle n’a pas voulu rentrée et je pense que si je l’aurais rappelé, je me serai sentie beaucoup trop seule. Les volets sont fermés, mon lit est fait au carré…comme si je partais pour un long voyage. La vérité c’est que je ne sais même pas combien de temps je vais rester à Nénucrique, n’y même si je pourrai revenir à PC. Tout va dépendre de mes ainés, qui vont certainement devenir mes tuteurs jusqu’à ma majorité. Je soupire à cette idée, Hiro mon tuteur…je sens que ma vie va devenir un enfer. Mais bon, je n’ai plus beaucoup de temps le bateau par bientôt et je dois aller voir le directeur avant de partir pour confirmer mon départ temporaire. Enfin j’espère qu’il le sera.

Dans les couloirs c’est l’agitation partout, tout le monde se lance à corps perdu dans les derniers préparatifs de Nöel. Tout le monde a le sourire, la magie de Noël opère, mais pas pour moi cette année. Quelques élèves sont étonnés de me voir avec ma grosse valise, mais avec ma tête d’enterrement, personne ne vient me poser de question. Si quelqu’un serait venu, je l’aurai envoyé balader d’une manière ou d’une autre.

Une fois la paperasse administrative terminée, je me dirige vers le port, observant peut-être pour la dernière fois ces paysages. C’est étrange, je n’arrive pas à me persuader que maman est…je n’arrive même pas à dire ce mot…qu’elle est partie, pourtant je pense déjà aux conséquences…Qu’est-ce que je vais faire maintenant, est-ce que mes ainés m’autoriseront à continuer ma scolarité ici, ou est-ce qu’ils voudront me garder auprès d’eux. Je n’en sais rien et c’est peut-être ça qui me fait le plus peur dans l’histoire, ne pas pouvoir décider de ce que je vais faire.

J’arrive devant le grand portail et tombe sur le gardien : M.Sentry. Il me regarde étonné, mais il  me laisser passer. En même temps il n’a aucune raison de m’en empêcher, rien n’interdit aux élèves de rentrer chez eux pour Noël. Mais ce qui me gêne, c’est son regard compatissant  que je sens dans mon dos, et ça a l’effet d’une brulure. Je ne veux pas de leur pitié, je veux juste qu’on me laisse tranquille…je veux juste revoir maman.  La voir m’ouvrir la porte, me sourire et me prendre dans ses bras, la voir en vie.

~-----~


Je suis arrivée juste à temps sur le bateau, et me voilà donc partie pour plusieurs longues heures de traversé…Plusieurs heures à réfléchir…Je décide rapidement de sortir de ma cabine, et de me diriger vers le pont qui se trouve être relativement désert. En même temps vu le froid de l’air marin, je ne pense pas que grand monde souhaite se risqué à attraper la crève. Mais pas moi, je suis rarement tombée malade, ou prit de coup de froid. Le vent joue avec mes cheveux, les faisant voltiger dans tous les sens, les envoyant parfois sur mon visage. Mais je ne bouge pas, je reste là immobile contre la barrière, à regarder le bateau fendre l’eau et laisser derrière lui une trainée d’écume.

C’est une sonnerie d’Ipok qui me tire de mes pensées, il s’agit de Suzuki la responsable du théâtre. Avant de partir de l’académie je lui ai écrit un message, l’informant de la situation et de mon incapacité à venir au théâtre pour une durée indéterminée. Heureusement dans son message elle se montre très compréhensive et me dit que je dispose de tout le temps qu’il me faudra avant de revenir au théâtre. Elle me prévient qu’elle mettra seulement Erika au courant de la situation, connaissant la relation qui me lie à la jeune femme. C’est vrai que je n’ai même pas envoyé de message à Erika ou à Henry, je n’y ai pas pensé…Je regarde dans ma liste de contact, il y a plusieurs personnes qui vont être surprise de ne pas me voir à Noël, comme Logan, je lui avais promis qu’on passerait un moment ensemble le 25... J’espère juste qu’ils ne s’inquièteront pas de mon absence soudaine. Mais je referme mon appareil, je n’ai pas le cœur à leur envoyé un message, je le ferai peut-être quand je serai prête. J’imagine sans mal la réaction d’Erika quand elle me verra, sa colère de ne pas l’avoir informée moi-même, et son inquiétude quant à mon état…Et Henry, il sera toujours égal à lui-même, un peu froid et sec, mais dans ses yeux, il y aura cette petite lueur inquiète. Le Reece n’est pas le genre d’homme à montrer ses émotions, mais on peut facilement les comprendre si on lit bien dans ses yeux.

Ça m’arrache un faible sourire de penser à eux. C’est fou, je refuse d’admettre ce qui a pu se passer, pourtant mon corps lui semble totalement l’admettre et réagit en conséquence. Je baisse mon regard pour voir Hestia qui me fixe avec inquiétude. S’il y a bien un de mes pokémons que je ne peux pas duper avec de faux sourire, c’est elle. Je pense que dès que j’ai décroché le téléphone hier, elle savait, elle savait que ça n’allait pas. Elle ne m’a pas quittée de la nuit, et je pense qu’elle ne me quittera pas de tout le voyage, ou en tout cas, pas avant que j’aille mieux, ça c’est sûr. Je m’agenouille devant elle et la gratifie d’une caresse. Elle n’est pas comme la plupart de mon équipe, une accro du combat, mais elle est un soutien bien plus précieux à mes yeux.

-Désolé de t’inquiéter comme ça…
-Pyrooooo
-Je sais que je n’ai pas à m’excuser mais…je me sens si faible de réagir comme ça, je ne sais même pas quoi faire.
-Pyyyypyro
-Heureusement que je t’ai toi.

Je la prends dans mes bras et la sert fort contre moi, j’ai besoin d’elle en cet instant, et elle le sait bien. Je sens la chaleur de son cœur augmenter, me réchauffant quelques peu. Je sais que je pourrais toujours compter sur elle pour me réconforter, et être là quand il le faudra.

Etant donné que je ne suis pas complètement folle pour rester trop longtemps dans le froid, je regagne ma cabine et m’allonge sur le lit. Je ferme juste les yeux et Morphée me prends dans ses bras avant que je n’ai le temps de comprendre quoi que ce soit. Il faut dire que ce n’est pas avec ma nuit d’hier que j’ai eu mon quota d’heure de sommeil. Peut-être que le voyage passera plus vite comme ça.

~-----~


Je sens quelque chose de chaud se glisser dans le creux de mon cou, j’ouvre doucement les yeux pour tomber nez à nez avec Hestia. Elle sourit un peu et s’agite quand elle voit mes yeux s’ouvrir, c’est à ce moment que j’entends la sirène du bateau retentir. On est déjà arrivé ? Je me redresse et quand je regarde par le hublot, je constate qu’on est bel et bien au port de Nénucrique. J’ai dormi tout le voyage et ce n’est pas plus mal, au moins je n’ai pas eu l’occasion de me torturer l’esprit. Je prends mes affaires et rejoint la foule de voyageur qui descend du ferry. Il y a beaucoup de monde qui attendent au pied de débarcadère, je vois beaucoup de sourire, de cri de joie et des rires. Beaucoup de famille sont réunies pour fêter Noël comme il se doit…c’est comme si je prenais un énorme coup de massue sur la tête en me disant que mon Noël allait être teinté de deuil cette année.

Je m’avance dans la foule, recherchant une tête si particulière, celle de ma sœur ainée. Après de longue minute à sonder la foule, je finis par trouver celle que je cherchais…et je dois dire que ça me fait bizarre. Je sais que Marie a énormément pris de maman physiquement, mais à ce point…Quand je vois son visage, et ses longs cheveux roses, j’ai l’impression que voir maman sur les photos du début de sa carrière. Seuls ses yeux sont différents, ils ont la couleur de ceux de papa, mais le regard en lui-même est similaire à celui de maman, doux et aimant…enfin il le serait s’il n’était pas teinté de tristesse aujourd’hui. C’est en voyant son expression que je comprends, que je prends totalement conscience de la réalité. C’est vrai, maman nous a quittés, le visage de Marie, si joyeux d’habitude ne reflètent que tristesse et peine. Je pose une main sur mon ventre, comme si on venait de me donner un violent coup dans l’estomac.

Au moment où ma sœur me voit, des larmes se forment dans mes yeux. Je ne voulais pas y croire, non je ne voulais pas, je refusais d’y croire, je voulais que ce soit une plaisanterie, une très mauvaise plaisanterie. Mais maintenant j’en suis certaine, je ne rêve pas, c’est un cauchemar éveillé que je fais. Mon ainée s’approche rapidement de moi, elle a compris en voyant ma tête, elle se doutait que je n’y croirais pas avant de venir ici. C’est pourquoi elle me prend dans ses bras et me serre très fort, posant sa tête sur la mienne. Les larmes silencieuse commencent à couler le long de mes joues, suivit par de petits sanglots, je craque à nouveau. Mais Marie s’y attendait, elle commence à fredonner une petite mélodie, celle que maman nous chantait pour nous calmer quand on était petites.

-C’est vrai…tout est vrai ?...

Je pose la question une dernière fois, pour chasser le peu d’espoir que je peux encore avoir. Et bon dieu que cet espoir reste accroché…mais ma sœur le détruit totalement d’un simple mot.

-Oui Yunie…c’est vrai…

Le flot de larme redouble d’intensité, et nous restons ainsi pendant je ne sais combien de temps. Quelques minutes, une heure ? Je n’en sais rien, je sais juste que ma sœur me soutiens, qu’elle est là avec moi, que je pourrais toujours compter sur elle, comme je peux compter sur mes pokémons. Je n’ai pas envie de quitter ses bras, mais je n’ai pas vraiment le choix, le vent frai du port me ramène à la réalité. Marie me sourit du mieux qu’elle peut avant de me prendre la main, au cas où je resterai à nouveau déconnecté de la réalité.

-Viens, rentrons à la maison.

J’acquiesce d’un signe de tête avant de la laisser m’emmener vers notre maison. En temps normal j’aurai été tellement contente de rentrer, mais j’ai l’impression d’être une coquille vide. Je suis vraiment en train d’assimiler la situation. Le chemin est plus long que dans mes souvenirs, mais pas assez à mon goût. Marie me lâche pour ouvrir la porte, le bruit de la clé dans la serrure me ramène à la réalité. La porte s’ouvre, j’ai envie de dire ‘’Maman je suis rentrée’’, mais je ne le fais pas, ça ne sert à rien. J’avance dans le couloir d’entrée, Marie sur mes talons, j’ai l’impression que la maison a perdu une partie de son âme, il manque quelque chose. Bon bonne nouvelle, mon frère ainé n’est pas là. Peut-être qu’avec la situation notre relation va s’améliorer, mais honnêtement je ne pense pas, connaissant son caractère et le mien. J’arrive dans le salon et j’entends un petit cri de joie à mon arrivée, il s’agit de Neige, la Goupix d’Alola qui appartient à mon frère jumeau. Je lui souris doucement avant de m’agenouiller pour la caresser, elle ne semble pas avoir pris conscience de la situation. Tant d’innocence, ça me réchauffe un peu le cœur.

-Moi aussi je suis contente de te voir Neige.

Je me redresse, et j’observe la pokémon glace saluer ma Pyronille, ça me fait plaisir de voir que ces deux pokémons de type opposé s’entendent aussi bien…Enfin elles s’entendent mieux que leur dresseur. Je relève mon regard et tombe justement sur mon jumeau qui vient de se lever du canapé. Nos regards améthyste se croisent, et là je me sens mal. Son regard est froid, même glacial je dirais…ça me fait froid dans le dos. Je n’ai jamais vu un regard aussi dur venant de sa part, je ne comprends pas, pourquoi il réagit comme ça en me voyant…Est-ce qu’il est surpris de me voir ici ?

-Bonjour frangin…

Mais aucune réponse de sa part, il s’avance vers moi, me fixant toujours de son regard froid, avant de passer à côté de moi. Il m’ignore complètement avant de monter les escaliers, quelques secondes plus tard j’entends la porte de sa chambre claquer…Qu’est-ce qui lui prends d’un coup ? Je sais qu’on a quelques différents ces derniers temps, mais quand même. Pourquoi m’a-t-il lancé un regard si froid ? Mon cœur s’est serré brusquement, j’ai l’impression qu’il a failli exploser. Je regarde ma sœur avec un regard complètement paniquée, je ne comprends pas ce qui se passe. D’accord il est bouleversé par ce qui se passe je pense, mais de là à m’ignorer…Je dois lui parler. Alors que je m’apprête à le rejoindre, Marie m’attrape le poignet, m’empêchant de monter les escaliers. Qu’est-ce qui lui prend ?

-Marie laisses-moi le voir, je dois lui parler.
- Non Yunie, laisse-lui du temps.
-Mais c’est mon jumeau ! Et…je ne comprends pas pourquoi il m’a ignoré…Je…La disparition de maman l’a secoué, mais ce n’est pas normal qu’il réagisse comme ça…
-Marie a raison Yuna, laisses-le tranquille pour le moment. Il a besoin d’être seul.

Je me retourne à moitié surprise, cette voix dans ma tête, c’est celle d’Arwen, la Gardevoir de maman et aussi ma nounou. Son regard est aussi doux que la dernière fois, mais même si elle le cache, je sais qu’elle est très triste. C’est la starter de maman, c’est ensemble qu’elles ont gagné trois Grand Festival d’affilé. Je me libère de l’emprise de ma sœur et rejoint la pokémon Psy qui me prends dans ses bras. Je me loge à l’intérieur, retenant les larmes de couler le long de mes joues encore une fois. Nous nous écartons quelques minutes plus tard, elle me sourit doucement en remettant une mèche de cheveux correctement.

-ça fait du bien de te revoir petite rose bleue. Va te reposer dans ta chambre, je t’apporterai quelques choses à manger tout à l’heure.

Je me tourne vers ma sœur qui me sourit doucement à son tour, j’aimerai qu’elle reste avec moi, mais je sens qu’elle ne va pas pouvoir.

-Marie tu…
-Je te rejoins tout à l’heure petite sœur, je dois voir certaines choses avec Arwen et Hiro.

Mon visage s’assombrit à la mention de mon ainé, je n’ai pas spécialement envie de tomber sur lui maintenant. J’acquiesce d’un signe de tête avant de prendre mes affaires et monter à l’étage pour rejoindre ma chambre. Je passe devant celle de mon jumeau, et je m’arrête…je sais qu’Arwen et Marie m’ont dit de le laisser tranquille, mais elles ne peuvent pas comprendre. Nous sommes jumeaux, et même si ces derniers temps on ne s’entend pas trop, je ne veux pas le laisser seul. C’est en me mordant la lèvre que je toque à la porte, trois coup d’affilés avant de redonner trois coups espacés. On s’est toujours annoncé comme ça, quand on ne voulait pas ouvrir à nos ainés qui s’amusaient à nous persécuter, c’était une façon simple de se reconnaitre.

-Alone ? Tu es là ?

J’attends quelques secondes, mais rien, pas de bruit de porte qui se déverrouille, je ne vois pas la tête de mon frère apparaitre dans l’embrassure. Je soupire avant d’abandonner, ça ne sert à rien, je ne comprends pas pourquoi il m’évite, pourquoi son regard froid de tout à l’heure. Mais je sais que ça ne sert à rien de s’acharner comme ça, il va se braquer, je le connais. Mon regard se pose sur ma Pyronille qui me regarde un peu inquiète, je la rassure rapidement.

-Ne t’inquiètes pas, on lui parlera plus tard, ce n’est pas facile pour lui comme pour moi.

C’est non sans un dernier regard pour la porte de la chambre de mon frère, que je me redirige vers ma chambre. J’ouvre la porte et rentre avant de la refermer, une fois à l’abris je souffle un bon coup. Enfin….je me sens enfin de retour à la maison, même si ça me laisse un sacré goût amère. Je remercie Arwen qui a dû préparer ma chambre avant mon arrivée, je pose mes affaires, retire mon manteau avant d’aller m’asseoir sur le rebord de la fenêtre.

Le ciel est gris, un gris clair qui annonce l’arrivée éminente de neige…comme le jour où je suis née. Je me souviens que maman me disait toujours que c’était rare que la neige tombe à Nénucrique. Si elle tombait plus souvent ces dernières années, c’était grâce à moi. Le jour de ma naissance, il y eut une violente tempête de neige, et maman a dû marcher des kilomètres dans la neige pour nous mettre au monde en toute sécurité. Et depuis ce jour, les hivers sans neige se comptaient sur les doigts d’une main. Petite j’y croyais vraiment, maintenant je sais que le changement climatique est en grande partie responsable…Mais cet hiver n’aura pas le même gout que ceux d’avant, parce qu’elle n’est plus parmi nous…Je pose ma tête contre la fenêtre alors qu’Hestia vient s’allonger sur mes jambes, plus rien ne sera comme avant….plus rien.

~-----~

Toc toc toc

Je relève la tête, espérant entendre trois autres coups contre la porte, mais rien. A la place cette dernière s’ouvre laissant apparaitre la tête de la Gardevoir de ma mère. Elle me demande par télépathie si elle a le droit de rentrer, autorisation que je lui donne par la pensée. Je n’ai pas le cœur à parler et elle le sait. Heureusement elle ne m’en tient pas rigueur et s’approche de la fenêtre, un plateau repas flottant derrière elle.

-Je t’ai fait ton plat préféré.
-Merci Arwen….

Elle le pose à côté de moi, avant de s’asseoir sur une chaise à côté de moi, sans rien dire. Elle attend, elle le sait, elle me connait. Pas besoin de pouvoir télépathique pour savoir que j’ai besoin de parler, j’ai besoin de savoir le fin mot de cette histoire.

-Qu’est-ce qui s’est passé Arwen ? Pourquoi…pourquoi est-ce que maman est…

Je me mords la lèvre, et je retiens mes larmes tant bien que mal. En étant ici c’est bien plus compliqué de tout garder pour moi, surtout devant une pokémon psy qui peut facilement lire mes pensées. Arwen ferme les yeux, avant de fixer la fenêtre, comme si elle cherchait ses mots.

-Ce n’est pas à moi de tout te raconter, mais je vais te dire tout ce que je peux. Stella est tombée malade il y a des années de cela, une maladie rare qui s’est manifestée quatre ans après la mort de ton père.
-Quatre ans…ça faisait plus de quatre ans…
- Elle vous a caché sa maladie et a fait comme si de rien n’était, tu connais ta mère elle ne voulait pas que vous vous inquiétez pour elle. Elle a tout fait pour que vous ne sachiez pas la vérité, quand bien même elle souffrait. Il y a quelques semaines son état s’est brutalement dégradé…et elle est morte il y a trois jours…
-Trois jours…Mais attends, c’était juste avant l’anniversaire d’Alone !!

Je me suis vivement redressée, un air réellement surpris sur le visage. Je comprends mieux pourquoi Alone agit bizarrement, maman est morte juste avant son anniversaire… Rien que d’imaginer la scène, mon estomac se retourne, comment on a pu en arriver là ? J’aurais…j’aurais aimé être ici, avec eux, ne serait-ce pour lui dire au-revoir…Mon regard se relève sur la Gardevoir qui connait déjà ma question.

-Mais…mais pourquoi elle ne m’a rien dit quand je suis partie à la PC. Je serai restée avec elle, j’aurai apporté mon aide à la maison, j’aurai…
-Elle ne le voulait pas Yuna. Stella voulait que tu vives ta vie sans te soucier de son état de santé, elle ne voulait pas que tu te prive pour elle.
-Et finalement je n’ai même pas pu lui dire au-revoir…
-Tu n’as pas pu…

Je ne peux pas retenir mes larmes de couler, c’en est trop. J’ai été si naïve, je  n’ai rien vu, j’aurai pu voir quelques choses, j’aurai du voir quelques choses. Arwen comprend ma détresse et elle me prend dans ses bras. Je ne sais pas si elle a utilisé ses pouvoirs psychiques pour m’apaiser, ou si sa seule présence suffit, mais les larmes se calment petit à petit quelques minutes plus tard.

-J’aurai dû savoir, j’aurai du comprendre…
-Non Yuna, tu ne pouvais pas, ta mère a toujours fait passer le bonheur des autres avant le sien…je dirai même que c’est ça qui la rendait heureuse... Ne te sens pas coupable pour ça, tu n’as rien a te reprocher ma chérie.

Je ne réponds rien, sachant pertinemment qu’elle avait raison. Je pourrais argumenter toute la nuit, ça ne servirait à rien, ma mère pensait d’abord aux autres avant de penser à elle. Arwen essuie une larme qui coulait encore le long de ma joue, me faisant relever la tête une nouvelle fois.

-Ne t’en veux pas Yuna, Stella ne voudrait pas ça. Elle était très fière de toi, tu étais sa petite lune…sa fierté. Si elle a pu tenir aussi longtemps sans rien dire, c’est en grande partie grâce à toi.

Ces mots me réchauffent le cœur, mais en même temps ils me font mal. Je ne sais pas si je dois bien le prendre ou non ? Le fait est que je n’ai plus la force de rien faire, je ferme juste les yeux et je me laisse bercer par le contact de la main d’Arwen sur ma joue…Je m’imagine ma mère face à moi, sa douce main me caressant la joue, comme elle le faisait pour me réconforter…C’est sur cette douce pensée que je finis par m’endormir à nouveau, je ne tiens plus et je vais avoir besoin de force demain.

~-----~
24 Décembre – Nénucrique – Demeure des Akabara

J’ouvre doucement les yeux, et je sens deux sources de chaleur de part et autre de ma tpete. Qu’est-ce qui se passe ? Je tourne la tête pour voir Hestia d’un côté et Moegami de l’autre. Elles sont adorables, mais ce ne sont pas les seules Dovah fait tout le tour du lit, Astrega est allongée le long de mon corps alors qu’Ama est au pied de mon lit. Enfaite toutes mon équipe s’est installée autours de mon lit…toute sauf Lucifer. Ce dernier est adossé au mur opposé de ma chambre, c’est le seul à être réveillé, mais j’ai l’impression que quelque chose ne va pas. Son regard est dur, voir mauvais, ses bras sont croisés et il semble attendre quelques choses…Mais quoi ? Je me relève, réveillant au passage tous ceux qui dorment autour de moi, pour me rapprocher de mon chromatique qui me regarde du coin de l’œil.

-Lucifer qu’est-ce qui se passe ?
-Reptincel !!

Je soupire, de lassitude ? de blasement ? Je n’en sais trop rien, je sais juste que mon Reptincel est une vraie tête de mule, et que son petit manège peut durer des heures. Et aujourd’hui je n’ai pas le courage de gérer son caractère, non clairement pas. Marie me l’a dit, aujourd’hui c’est…c’est le jour où je vais devoir dire adieu à maman…Je ne l’ai toujours pas vue, mais j’ai l’impression que je ne vais pas y arriver, je ne peux pas me résoudre. A quoi ? A lui dire adieu tout simplement, une part de moi espère encore, et quand je verrai son corps, cet espoir qui me fait tenir debout partira et je me retrouverai désemparée. Mon regard améthyste se pose sur mon chromatique qui me fixe d’un air boudeur.

-Lucifer s’il-te-plait, ne fait pas ta tête de mule…Pas aujourd’hui

Ma phrase mourut dans gorge, et ça suffit à mon Reptincel pour comprendre que vraiment aujourd’hui ce n’était pas le bon moment pour n’en faire qu’à sa tête. Il arrête de faire la tête et va rejoindre les autres. Je le remercie silencieusement avant de me diriger vers la salle de bain, histoire de prendre une bonne douche bien chaude. J’essaye de ne pas penser à ce qui va se passer, mais j’ai bien du mal, je m’imagine déjà dans le crématorium, regardant le cercueil brûler…Je ne sais pas combien de temps je passe sous la douche, mais une petite voix dans ma tête me sors de mes pensées.

-Yuna tu es réveillée ? Tu peux venir manger.
-J’arrive Arwen

Au moins ça, ça n’a pas changé. Impossible d’être en retard ou de loupé un repas avec une telle Gardevoir. Elle a toujours su quand j’étais réveillée, même quand je faisais semblant de dormir pour pas aller à l’école, elle le savait et venait me lever pour pas que je sois en retard. Enfin bref, je me termine de me préparer, une robe noire, des ballerines noires, même les rubans dans mes cheveux sont noirs…noir comme va l’être cette journée.

Je finis par sortir de ma chambre, même si je dois avouer que je n’en ai clairement pas envie. Pourquoi ? Parce que je sais qu’en bas se trouve toute ma famille, donc mon frère ainé Hiro…Je n’ai vraiment pas envie de le voir mais je n’ai pas le choix. Je m’avance pour finalement arriver dans la salle à manger, et comme je m’y attendais mon ainé et mon jumeau sont là, Arwen et Marie ne sont pas là en revanche. Génial, me voilà seule avec Hiro, cette journée va vraiment être difficile, mais bon, je fais bonne figure.

-Bonjour

Un simple et faible bonjour qui tire les deux hommes de leur pensée. Alone me fixe quelques instants avant de détourner le regard, m’ignorant une nouvelle fois. Ça me fait mal, qu’est-ce qui se passe à la fin ? Pourquoi est-ce qu’il m’ignore comme ça ? Qu’est-ce que j’ai bien pu lui faire ? Hiro quant à lui me fixe, comme s’il m’analysait du regard. Mais rapidement il arbore un air presque haineux, décidément bonjour l’ambiance. J’espère sincèrement que ma sœur va vite revenir, ça va partir en cacahuète cette histoire je le sens. J’ignore mon ainé en me dirigeant vers Alone, ce dernier ne me porte toujours pas la moindre attention alors que je m’arrête juste à côté de lui.

-Comment vas-tu Alone ?
-Comment veux-tu que je sois ?!

Son ton est froid, sec, presque agressif. Ça ne lui ressemble pas, ce n’est pas le Alone Akabara que je connais. Mais bon, je peux bien lui pardonner pour aujourd’hui, avec ce qui nous arrive c’est sûr que ce n’est pas facile. Je prends donc sur moi pour ne pas hausser la voix, et j’essaye de poser une main apaisante sur son épaule…

-Ecoute Alone, je sais ce que tu ressens mais…
-La ferme, comment tu pourrais savoir quoi que ce soit !!!!

Il frappe violemment des poings sur la table, me stoppant net dans mon geste et me faisant même reculer. Je ne comprends vraiment pas ce qui lui prend. Il se lève et part sans m’adresser le moindre regard, et je sens mon cœur se briser un peu plus…Comment on a pu en arriver là ? Nous qui étions si proches avant. J’espérai que surmonter cette épreuve ensemble nous permettrait de nous rapprocher à nouveau, mais il semble totalement fermé à la conversation. J’en ai presque les larmes qui me montent aux yeux…mais je fais de mon mieux pour ne pas les laisser couler.

Je n’ai d’autres choix que de reporter mon attention sur le premier de la fratrie, et je suis plutôt choquée par ce que je vois…Il sourit, Hiro est en train de sourire à la scène qu’il vient de voir, comme s’il était heureux qu’Alone et moi nous nous disputions. Quand il croise vraiment mon regard, le sien redevient dur, mais je sens une once de provocation, signe qu’il va chercher les problèmes et la confrontation.

-T’es vraiment pas douée gamine.
-J’ai rien fait !!

Mon ton est froid et mon regard dur, voir défiant. Je ne vais pas le laisser me marcher dessus ça non, mais quand il se redresse pour s’approcher de moi, et qu’il me dépasse de deux têtes…Je ne suis plus si rassurée que ça. Il prend un air narquois avant de reprendre la parole.

-C’est peut-être bien ça le problème tu ne crois pas ? Tu n’as rien fait pour lui ces derniers temps, comme tu n’as rien fait pour maman.
-Que voulais-tu que je fasse ? J’étais à PC.
-T’aurais peut-être pas dû partir comme ça.

Son visage est extrêmement proche du miens, et je dois avouer que je commence à avoir peur. Il est bien plus fort que moi et pourrait m’envoyer balader comme si de rien n’étais…Je n’ai même pas un pokémon avec moi pour lui tenir tête. En plus il se permet de me faire des remarques par rapport à maman, il sait que ça fait mal, et il n’a pas vraiment l’intention de me laisser tranquille.

-Tu sais quoi, j’aurai préféré ne pas voir ta salle tête de gamine irrespectueuse. Mais bon tu es ma sœur, et ma mère était aussi la tienne, alors je vais supporter sa sale tronche par respect pour elle. Si tu veux un bon conseil, n’essaye pas de nous adresser la parole à moi et à Alone, on n’a pas besoin de t’entendre en plus de te voir.

Je serre les dents, il dépasse les bornes. De quel droit il me parle comme ça, c’est de la méchanceté pure et dure en plus d’être gratuite. Une colère sourde gronde dans mes entrailles, je me retiens à grande peine de lui en coller une dans la figure. Tout simplement parce que je sais que ce serait lui donner satisfaction, et qu’il répliquerait plus fort encore.

-Je ne suis pas là pour me battre Hiro. Je ne sais pas ce que tu as dit ou fait à Alone, mais je finirai par le savoir.
-Fais comme bon te chante…Tu sais quoi, profites bien de tes dernières heures de gamine libre, parce que dès lors que j’aurai ta garde, je te jure que je ferai de ta vie un enfer, tu regretteras d’être venue au monde salle vermine.

Une peur s’empare de moi à ces mots…qu’est-ce qu’il vient de dire ? Ma garde ? On a pas encore enterrée maman qu’il se montre sous un visage que je ne lui connaissais pas. Je savais parfaitement qu’il ne m’aimait pas, on ne s’est jamais apprécié, mais jamais il ne m’a dit d’horrible chose…Qu’est-ce qui va m’arriver s’il obtient ma garde ? Ma sœur et Hiro sont majeur, il est donc logique qu’ils deviennent nos tuteurs mais là…c’est un cauchemar ! Si je tombe sous la tutelle d’Hiro je peux dire adieu à ma vie, mon équipe, mes études. J’ai envie de vomir rien qu’à cette idée, la simple pensée de cette éventualité me retourne l’estomac.

Heureusement pour moi, un bruit de clé provenant de l’entrée me tire de mes pensées, et mon frère semble contrarié. J’entends la voix de ma sœur nous avertir de son arrivée, ma sauveuse. Hiro se redresse et me fixe alors que je pousse un léger soupir de soulagement.

-ça ne fait que commencer Yuna.

Puis il s’en va, me laissant seule dans le salon, une mine déconfite au visage. Je tremble…j’ai peur…comment ma vie a pu virer au drame comme ça ? J’aimerai tellement me réveiller dans mon lit à PC et me rendre compte que ce n’est qu’un cauchemar. Mais c’est bien la réalité, et l’arrivée de ma sœur me ramène sur terre.

-Ho bonjour petite sœur tu es réveillée. Ça va ? Tu es bien pâle.
-O…oui ça va ne t’inquiètes pas…j’ai…j’ai mal dormi.

Je ne veux pas lui parler de mon altercation avec Hiro, enfin pas maintenant. Ma réponse semble lui convenir et elle part rapidement dans le salon, me laissant prendre appuis sur l’un des dossiers de chaise. Pour l’instant je dois me calmer et réfléchir à la situation, le tout sans faire une crise de panique. Mais la dure réalité me rattrape et ma sœur revient, me demande de rapidement finir de me préparer, nous devons aller au crématorium…Cette sombre journée n’est pas finie.

~-----~


La route pour le crématorium s’est faite dans un silence pesant, Hiro au volant, Marie à côté de lui, Alone et moi à l’arrière. Neige et Hestia se partage la dernière place à l’arrière de la voiture, ma Pyronille me réchauffant un peu les jambes avec la chaleur qui s’échappe de son corps.  Mais ça n’empêche que je regarde seulement le paysage défilé, d’abord les immenses bâtiments, puis les petites maisonnettes de banlieue qui laisse place aux arbres de la petite campagne avoisinante à la ville. Je ne pense pas, je n’y arrive pas, ma tête est vide de tout, je tel un automate en attente d’un nouvel ordre.

La crémation à lui dans le petit crématorium à l’extérieur de la ville, quand nous arrivons sur les lieux une petite dizaine de voiture sont présentes. Pour la plupart se sont des amis de maman ou des voisins, il faut dire que nous n’avons jamais connu la famille du côté de notre mère. Les Frostheart l’ont renié quand ma mère a clairement fait comprendre à ces derniers, que la politique ou la médecine ne l’intéressaient pas, et qu’elle voulait devenir coordinatrice. La famille de papa n’a aucune raison d’être présente de son côté, mon père étant mort, nous n’avons pour l’instant que peu d’intérêt pour eux. Ce qui me dérange un peu, ce sont les quelques paparazzis venus troubler notre moment de recueil…Mais bon maman était une coordinatrice reconnue mondialement, et même si elle a essayé de cacher un maximum sa vie privée, l’annonce de sa mort va forcément paraitre dans les journaux spécialisés.

Quand nous sortons de la voiture, un photographe s’empresse de nous photographier, seul Alone se protège des flashs. Il n’a pas envie de paraitre dans les journeaux, moi non plus, mais honnêtement je n’ai pas le courage de me cacher. Ça ne semble pas vraiment déranger Hiro, quant à Marie, elle est clairement habituée, mais je vois à son regard que s’ils n’arrêtent pas rapidement leur intrusion dans notre vie privée, ils vont se prendre une Tempête Verte d’Impératrice. Le journaliste semble comprendre à la vue du Majaspic de ma sœur, et il arrête, tenant à son appareil.

Nous sommes rentrés dans le bâtiment où le personnel nous présente leur condoléance, avant de nous emmener dans la salle pour que l’on puisse faire nos derniers adieux. Je sais que Marie va faire un discours avant que nous passions tour à tour devant le cercueil. Je dois avouer que c’est la partie que je redoute le plus, j’ai peur de m’effondrer devant tout le monde, ce serait légitime, après tout il s’agit de ma mère. Mais je n’ai pas envie que des inconnus me voient faible…qu’Hiro me voit faible. Tout le monde s’installe sur les chaises face à la petite estrade, sur laquelle se trouvent un pupitre et le cercueil de maman…Je suis assise au premier rang, Alone à ma droite et Hiro à sa droite. Une fois que tout le monde est installé, Marie se place derrière le pupitre et commence son discours.

-Merci à toutes et à tous d’être venu aujourd’hui. Nous…c’est une épreuve difficile que nous devons traverser car…Stella était une femme remarquable. C’était une voisine agréable, une épouse fidèle et une mère dévouée. Quelques soit la situation, elle n’a jamais laissé paraitre quoi que ce soit, aucune tristesse, aucune peine, elle souriait constamment. Maman était aussi une grande coordinatrice par le passé, mais elle a toujours agis de façon humble et désintéressé.  Pour elle, il y avait toujours quelques choses à apprendre des autres, et rien n’était jamais acquis. Personne ne me contredira si je disais qu’elle était toujours joyeuse, à l’écoute des autres et le cœur sur la main.
Même à la mort de notre père, maman ne s’est jamais laissée abattre, et elle continuait de sourire au monde. Elle a tout fait pour nous donner tous les moyens de réussir dans notre vie, pour nous permettre de prendre notre envol, sans que l’on ne s’inquiète pour elle. Et la perdre nous cause une terrible douleur…
Mais nous ne devons pas nous laisser aller, si elle était là, elle nous dirait de sourire, de regarder droit devant et surtout de ne pas se retourner, qu’il faut continuer à avancer….Alors rendons un dernier hommage, à cette femme qui fut aussi brillante qu’une étoile dans sa vie, et qui restera à jamais graver dans nos cœurs.


Quelques personnes applaudissent suite aux discours de ma sœur. Elle qui n’est pas très douée avec les mots, elle a parfaitement réussi à retranscrire ce qu’était maman en quelques phrases. Et je sais qu’elle a parlé avec son cœur, les autres ne l’ont probablement pas remarqués, mais les yeux de ma sœur brillaient légèrement, sa voix a un peu tremblé…mais si vous ne la connaissait pas, vous ne pouvez pas le savoir. Marie est comme ça, elle ne laisse pas voir ses faiblesses, on ne peut les voir que si on la connait vraiment.

Enfin bref, c’est maintenant que tout le monde va se recueillir devant le cercueil de maman, bien entendu nous sommes les premiers à passer. Marie passe en première, je n’entends pas vraiment ce qu’elle dit, après tous ces derniers mots lui appartiennent. Hiro passe en second, mais c’est très bref, une fleur déposée, un simple regard, et le voici faire demi-tour, un air neutre au visage. Beaucoup de personne peuvent voir une façon de surmonter la douleur, cet air distant et détaché…Mais il n’en est rien, avec la scène qu’il m’a fait ce matin, et ce que je connais de lui, il est tout simplement indifférent. Il s’en moque complètement, la mort de maman ne lui fait tout simplement ni chaud ni froid. La colère monte à nouveau en moi, mais je n’ai clairement pas l’intention de faire un esclandre ici, pas devant maman.

C’est au tour d’Alone de se diriger vers le cercueil, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’arrive pas à cacher sa tristesse. Les larmes coulent à flots le long de ses joues, mais il tient bon, restant bien droit devant le cercueil. Neige est dans ses bras, elle aussi est triste et je me doute que les deux trois petits flocons de neige que je vois sont en réalité ses larmes qui gèlent à cause de son corps froid. Il repart en direction d’Hiro, se réfugiant dans ses bras…ça me fait mal de voir mon jumeau se réfugier dans les bras de notre ainé plutôt que de venir me voir. Je jure que je règlerai ce problème une fois que l’on sera rentré à la maison.

En attendant c’est à mon tour d’aller voir maman. Je soupire profondément, me donnant du courage avant que je ne m’avance vers le cercueil noir…et je finis par la voir. Elle est vraiment là, allonger dans cette boite, les yeux clos, sa robe préférée sur elle. On pourrait croire qu’elle fait juste une sieste, comme ça lui arrivait parfois dans faire l’après-midi en été. Elle s’allongeait dans sa chambre et dormait tranquillement, se réveillant toute seule juste à temps pour nous accueillir quand on rentrait de l’école…Mais je sais que cette fois elle ne se réveillera pas, cette fois ça y est, j’en suis certaine, elle est partie pour toujours. Son teint légèrement rosée a laissé place à un teint des plus pâles, ses joues sont légèrement creusées…Malgré tout elle est quand même belle, même dans la mort.

-Bonjour maman…Je…Je dois t’avouer que je ne voulais pas y croire, c’était impossible…Mais maintenant que je te vois, je sais…je sais que tu ne te réveilleras pas. Si j’avais su…je serai restée, je ne serai pas retournée à l’académie. Mais tu ne voulais pas ça, pas vrai ? Tu voulais vraiment que je continue dans ce qui me rend heureuse…Mais est-ce que tu as pensé un peu à moi ? Je n’ai même pas pu te demander tout ce que je voulais demander. Je n’ai même pas pu dire adieu à ma mère, te dire à quel point je t’aime.

Je marque une courte pause, je lui en veux un peu d’avoir pris la décision à ma place, mais d’un sens je comprends. Si j’avais été au courant de tout ça, j’aurai tout laissé tomber, et j’aurai perdu une chance inestimable…Mon point droit se serre comme jamais, les jointures de mes mains deviennent blanches. J’aimerai cogner contre quelques chose, crier, me défouler…et en même temps je sens une vague de tristesse déferler sur moi tel un tsunami. Maintenant que je suis là, le peu d’espoir que j’avais c’est envolé, mais mes jambes ne cède pas, je reste là debout devant ce cercueil, fixant le visage autrefois si joyeux de ma mère.

-Mais je ne t’en veux pas…je suis juste triste de ne pas avoir eu le temps de tout te dire. Ces dernières années ont dû être vraiment difficiles pour toi, et je sais que malgré ta mort, tu continueras à veiller sur nous et à souhaiter notre bonheur à tous les quatre…où que tu sois.

Je pose délicatement la fleur que je tiens à la main dans le cercueil. Une rose bleue…la fleur qui me représentait le mieux d’après maman.

-Adieu maman et…merci pour tout

Puis je m’éloigne, laissant place à un vieux couple que je sais être nos voisins. Je retourne auprès de mes frères et ma sœur, juste à côté d’Alone. Ce dernier a lâché Hiro et il est assis sur sa chaise, pleurant à chaude larme. Je m’assois à côté de lui sans rien dire, sans un regard avant de poser ma main sur son épaule. S’il me repousse, je pourrais dire que j’ai officiellement perdu mon frère…Mais il ne le fait pas, je l’ai senti se crisper à mon contact mais il ne m’a pas repoussé. Tout n’est peut-être pas perdu finalement…

Les personnes se suivent auprès du cercueil, mais je n’y prête pas vraiment attention, je me plonge dans mes souvenirs. Des souvenirs ou je vois maman souriante, ou je la vois s’énerver à cause d’une bêtise que j’ai faite. Mais d’aussi loin que je me souvienne, je n’arrive pas à la voir triste, je n’arrive pas à voir de larme couler le long de ses joues, si ce n’est des larmes de bonheur ou de soulagement. Alors qu’en réalité, elle souffrait tous les jours…Maman était vraiment une femme des plus fortes, et je ne lui arriverai surement jamais à la cheville.

Une fois que tout le monde à fait leur adieu à maman, nous nous dirigeons tous les quatre dans une pièce pour voir la crémation. Il n'y a que nous quatre, mais aucun de nous ne dit un mot. Le cercueil rentre dans le four dont les flammes dansaient déjà, et seul Alone craque à ce moment-là, les larmes coulant à nouveau le long de ses joues. Il faut attendre quelques temps avant que Marie ne pleure elle aussi, et qu’Hiro ne verse une seule et unique larme…Mais pas moi, non rien. Je ne pleure pas, je n’y arrive pas, comme si j’avais déjà versé toute mes larmes avant. Ou que je voulais paraître forte, pour faire honneur à cette femme qui se trouve dans les flammes.

Pour une fois je n’aime pas le feu, je n’aime pas ce feu. Ces flammes qui peuvent être protectrice ou destructrice, elles sont en train de faire disparaitre l’une des personnes auxquelles je tiens le plus au monde. Je les déteste, oui je déteste ces maudites flammes aujourd’hui, mais je ne détache pas mon regard d’elles pour autant. Si je le fait, je me connais, je ne serais pas certaine que tout est fini, qu’il n’y a vraiment plus d’espoir. C’est idiot me direz-vous, je viens de voir ma mère morte dans un cercueil, et j’espère encore…J’espère toujours que mon père soit vivant 7 ans après sa disparition. Mais en voyant le corps de ma mère brûler, je sais qu’il n’y aura pas de retour en arrière possible, pas cette fois. Je suis bien placée pour savoir qu’un feu ne laisse rien, si ce n’est des cendres et aujourd’hui des larmes.


Dernière édition par Yuna Frostheart le Mer 26 Déc - 23:44, édité 2 fois


 
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Nuit du 24 décembre – Nénucrique – Demeure des Akabara

Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés là-bas, et je me souviens vaguement du chemin retour, comme si j’avais déconnecté mon esprit une nouvelle fois. A peine rentrée, je me suis dirigée sans un mot dans ma chambre, j’avais besoin d’être un peu seule avec mon équipe. Dès que je suis rentrée dans ma pièce, ils se sont presque tous précipités sur moi en voyant la tête que je faisais. Et ça m’a fait du bien, savoir qu’eux étaient, et que quoi qu’il puisse arriver ils le seraient toujours. Je me suis allongée sur mon lit, et je n’ai plus bougé de la journée. Arwen m’a amené à manger, mais honnêtement je n’avais pas faim, encore maintenant d’ailleurs. Je ne fais rien, je ne pense à rien, comme si je n’étais plus là, c’est étrange comme sensation. On ne voit pas les secondes, les minutes, les heures passées…Quand je reviens à moi, il fait nuit, la neige tombe doucement en cette veille de Noël. Dans quelques heures les enfants se réveilleront et ils découvriront leur cadeau qu’ils ouvriront avec leurs parents pour la plupart…

Soudain je repense à une personne : Logan. Je lui avais promis de passer une partie de la journée avec lui…Mais ça ne va pas être possible, et je ne lui ai toujours pas envoyé de message pour lui annoncer. J’attrape mon Ipok que j’ai laissé dans un coin de ma chambre, et je constate sans surprise que j’ai un appel manqué d’Erika ainsi qu’un message sur mon répondeur. Je ne l’écoute pas et je me dirige vers ma messagerie, puis vers notre conversation avant d’écrire mon message.

‘’Coucou Logan, je te souhaite un joyeux Noël. Je suis désolée mais je ne pourrais pas venir demain, j’ai des problèmes familiaux qui m’ont contrainte de rentrée chez moi. Pardonnes-moi de ne pas t’avoir prévenue avant, et passe quand même une agréable journée de Noël’’


J’entends du bruit depuis la chambre de mon frère, il est 23H, il ne dort pas encore…Je soupire avant de me lever et de me diriger vers sa chambre, qui est juste à côté de la mienne. Je dois savoir, je dois savoir pourquoi il réagit ainsi avec moi, et tant pis si je dois le mettre au pied du mur. Je fixe la porte avant de toquer une fois, histoire qu’il ne sache pas que c’est moi qui vient. Et ça marche car il m’autorise à rentrer. J’ouvre doucement la porte et rentre dans la chambre de mon double. Il est dos à moi, pinceau à la main, peignant un nouveau tableau. Mon frère jumeau a toujours adoré la peinture, c’est le moyen le plus simple qu’il a de retranscrire ses émotions, lui qui n’arrive pas vraiment à tout gérer. Il se retourne et constate que c’est moi qui se trouve dans sa chambre, et là son expression douce et fatiguée se durcie immédiatement, laissant place à de la colère…Définitivement il y a quelques choses qui ne va pas, mais je ne partirai pas sans avoir eu de réponse.

-Salut frangin.
-Qu’est-ce que tu veux Yuna ?

Ton froid et sec, il se braque déjà, je vais devoir la jouer fine si je veux savoir ce qui s’est passé.

-Je suis venue te parler, je crois qu’on a besoin de s’expliquer un peu toi et moi.
-Je n’ai rien à te dire, je ne veux pas te parler.

Borné et têtu, pour ne pas changer, s’il y a bien un point commun que l’on a ensemble, c’est celui-là.

-Tu vas devoir faire avec, je ne compte pas partir avant que tu ne m’ai dit ce que tu me reproches. Car il y a forcément quelques choses pour que tu m’évites comme ça.
-Ne fait pas comme si tu ignorais tout, tu sais très bien ce qui ne va pas.

Je prends un air surprise, comment ça je sais ce  qui ne va pas ? Ba non je ne sais pas, sinon je ne viendrai pas te voir à 23 heures du soir pour avoir le fin mot de cette histoire.

-Il va falloir que tu éclaires ma lanterne frangin, parce que je ne vois clairement pas ce que tu me reproche.
-Tu veux savoir…Il se met à rire jaune avant de reporter ses yeux améthystes droit sur les miens. La mort de maman ça te dis quelques choses ?
-Attends…tu me reproches la mort de maman ? Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire, comment j’aurai pu avoir quoi que ce soit à voir avec sa mort ?

Là je suis perdue, mais mon expression étonnée ne semble même pas le toucher plus que ça, car son regard se fait un peu plus dur. Il est persuadé que je me paye sa tête…génial.

-Ne fait pas l’ignorante, Maman est tombée malade à force d’attendre papa. L’attente et le fait de devoir s’occuper de nous l’ont rendu malade, mais elle a toujours tenue bon et elle faisait comme si de rien n’était.
-Tu viens de le dire Alone, c’est la disparition de papa qui l’a rendu malade, pas mon départ.
-Oui mais ton départ n’a fait qu’aggraver les choses, et si je serai parti avec toi, elle serait morte beaucoup plus vite.
-Alone…tu divagues, ce n’est pas possible tu le sais non ?
-Je l’ai vu Yuna, je l’ai vue dépérir petit à petit, je l’ai vue devenir de plus en plus faible au fil des jours. Et quand je t’ai supplié de revenir, tu m’as sorti quoi ? Je ne peux pas !

Oula, mais qu’est-ce qui lui prends ? Il ne se rend même pas compte de l’absurdité de ce qu’il me raconte, comment mon simple départ pour l’académie aurait pu rendre maman encore plus malade…ça n’a aucun sens. Mais il en est totalement persuadé, pour lui je suis responsable de la rechute de maman…Comme si on lui avait monté la tête contre…Ho non Hiro, c’est lui qui a fait ça.

-Alone calmes-toi…Je ne suis pas responsable de la mort de maman, elle a tout fait pour que je parte à l’Académie, pour qu’on parte. Elle était malade depuis longtemps et elle ne voulait pas qu’on voit son état empirer…
-Mais moi j’ai vu son état empirer, j’ai su lire entre les lignes. J’ai d’abord pensé à elle avant mes propres envies. Mais toi ! Ho oui toi Yuna Akabara tu n’as pensé qu’à toi, tu as été égoïste sur toute la ligne ! Tu me dégoûte ! Tu es comme papa, tu nous as abandonné !! Alors je vais te tolérer dans cette maison parce que tu es ma sœur, mais ne viens plus ma parler, je ne veux plus rien savoir ! Maintenant FOUS LE CAMP.

Je suis choquée et encore c’est un euphémisme. Je ne l’ai jamais vu rentrée dans une colère aussi noire…mais je suis certaine d’une chose, je viens de perdre mon frère. Vu l’état dans lequel il est je ne peux plus espérer redevenir proche de lui, c’est impossible désormais. Je me mords la lèvre et serre les poings…tout ça c’est la faute d’Hiro j’en suis certaine.

-Très bien Alone…je vois que tu m’as déjà condamnée avant même que je ne puisse parler…Si tu veux rester dans ta connerie, alors restes-y.

Sur ces mots je tourne les talons et sors de la chambre en faisant claquer violemment la porte, avant de me précipiter dans la mienne. Un étrange mélange d’émotion se fait en moi, comme si je n’en avais pas eu assez avec ce qui s’est passé aujourd’hui. Je suis à la fois triste, mais aussi tellement en colère contre mes frères. Comment Hiro a-t-il pu monter la tête à Alone comme ça ? Pourquoi je le sais, c’est évident que c’est pour me faire du mal, bien que je ne sache toujours pas pourquoi il me déteste à ce point. Mais comment Alone a pu croire sur parole ce que lui a raconté mon frère ? Comment il a pu croire à de telles absurdités ? Mon frère ainé doit être le roi des manipulateurs. Ma vie est vraiment en train de devenir un cauchemar, et j’aimerai vraiment me réveiller genre maintenant, la tout de suite. Mais je sais que ça ne marchera pas…malheureusement. Je reste donc assise sur mon lit sans bouger pendant…je ne sais même pas combien de temps, fulminant dans mon coin.

DING DING DING

Je sursaute en entendant l’horloge du couloir sonner. Il est minuit, on est le 25 décembre…et c’est Noël. Je lâche un profond soupire, c’est le pire Noël de toute ma vie. La mort de maman, le rejet de mon frère jumeau, les menaces de mon ainé, je crois que j’ai eu trop de chance à la Pokémon Community et que je le paye maintenant.

Soudain j’entends qu’on toque à ma porte, je tourne la tête à temps pour voir Arwen rentrer dans la chambre, un cadeau flottant derrière elle. Déjà ? Elle ne perd pas une minute pour les cadeaux de Noël, et je dois dire qu’à une époque ça m’aurait vraiment fait plaisir d’avoir mon cadeau si vite. Mais aujourd’hui je m’en moque, je n’ai pas le cœur à ça malheureusement. Ça n’empêche pas la Gardevoir de maman de s’asseoir à côté de moi, le cadeau atterrissant sur ses genoux.

-Je me suis dis que ça te ferai plaisir.
-C’est gentil Arwen, mais je n’ai pas vraiment le cœur à ça je…
-Tu n’as pas besoin de m’expliquer, je sais que vous vous êtes disputé ton frère et toi. C’est justement pour ça que je viens t’apporter le cadeau de Stella.
-De maman ?

Je suis étonnée, malgré sa maladie et son état de santé, elle a quand même pris le temps de me préparer un petit quelques choses…son dernier cadeau…le dernier souvenir que je vais avoir d’elle. La Gardevoir me tend le paquet que je prends avec délicatesse, j’ai le sentiment que c’est fragile et je ne veux pas l’abîmer. C’est avec des mains tremblantes que je le déballe mon cadeau, et je ne peux pas masquer ma mine surprise quand je constate qu’il s’agit d’un œuf de pokémon dans un incubateur. Je ne comprends pas vraiment la, alors je pose mon regard plein d’interrogation sur ma nounou qui me sourit doucement.

-Nous souhaitions, ta mère et moi-même te confier cet œuf.
-Nous ?
-Oui…il s’agit de mon œuf Yuna, c’est mon bébé que tu tiens dans tes mains.

J’écarquille les yeux au maximum, mon regard allant de l’œuf à sa mère. Me confier son œuf, mais pourquoi ? Je ne suis pas la personne la plus à même de l’élever, je suis une spécialiste du type feu, et même si j’ai des pokémons d’autres types, je suis plus à l’aise avec mon type de prédilection.

-Arwen je…je ne peux pas accepter ce cadeau, c’est ton enfant tu…
-J’insiste Yuna, je veux que ce soit toi qui l’élève.
-Mais pourquoi ?
-Laisse-moi te montrer.

Elle posa sa main sur mon front et me voilà transporter dans un de ses souvenirs.

Il fait jour, et Arwen se tient debout à côté du lit de sa dresseuse. Cette dernière tient dans ses mains un petit œuf qu’elle caresse doucement.

-Félicitation Arwen, je suis contente pour toi.
-Merci Stella, mais c’est à toi de décider qu’est-ce que nous allons faire de lui.

La jeune femme soupire, jamais sa Gardevoir n’a voulu décidé des œufs qu’elle a eu, elle a toujours laissé sa dresseuse décider pour elle. Peut-être parce qu’elle savait qu’au final qu’elles avaient toujours la même idée en tête. La rose arrête de caresser l’œuf pour regarder par la fenêtre, chose qu’elle faisait toujours pour réfléchir.

-Avec ta permission, j’aimerai l’offrir à Yuna.
-A Yuna ?

La Gardevoir était surprise, elle savait que Stella allait vouloir offrir l’œuf à l’un de ses enfants, mais elle ne s’attendait clairement pas à ce que ça soit à la dernière de la famille. Elle pensait plus à son jumeau Alone, lui qui était doux avec tout le monde, et qui tenait énormément à sa mère, ça aurait été un cadeau parfait pour lui. Et avant même que la pokémon psy ne put demander une explication, sa dresseuse s’empressa de lui donner.

-Je vais mourir Arwen, et ce cadeau est la meilleure façon de l’aider.
-Stella, tu ne vas pas mourir, tu vas t’en sortir…
-Arwen s’il-te-plait. Je tiens ce discours devant les garçons, mais nous savons toutes les deux que je ne tiendrai plus très longtemps…Je l’ai trop attendu…j’ai trop espéré qu’un jour il reviendrait.

Le visage de la jeune femme se voile d’un air triste, alors que la Gardevoir ferme les yeux, sachant pertinemment que sa dresseuse faisait référence à son mari. Mais rapidement la matriarche de la famille Akabara se reprit et sourit à nouveau.

-De tous mes enfants, Yuna est peut-être celle qui supportera le moins mon départ. Elle se sentira coupable, elle s’en voudra de n’avoir rien vu. Elle a peut-être hérité de mon caractère impulsif…mais elle a aussi pris de son père, et je sais qu’elle se montera la tête pour toute cette histoire, au point de ne plus savoir où elle en est. Et je ne veux surtout pas que ça arrive.
-Tu penses que mon œuf pourra l’aider à surmonter tout ça ?
-J’en suis certaine, après tout tu m’as bien aidé à surmonter mon expulsion de la famille. Je suis persuadée qu’une part de nous persistera au travers de ce petit, et qu’il veillera sur elle pour l’aider à grandir. Si tu veux Arwen, tu pourras aider Alone à surmonter tout ça, mais Yuna sera seule à l’académie, je veux qu’elle ne le soit pas.
-Je comprends Stella…et je suis d’accord avec toi, je n’avais pas vu les choses sous cet angle. Ça n’empêche que je crois toujours que tu survivras à cette rechute.
-Tu n’es pas possible. Déclara-t-elle en rigolant, un rire cristallin qui remplissait jadis la demeure de joie.

Tout s’efface rapidement, laissant place à nous au décor de ma chambre. J’ouvre les yeux et je sens une larme couler le long de ma joue. Je comprends mieux pourquoi elle voulait me donner cet œuf…et maman avait raison sur toute la ligne, elle me connaissait si bien. Elle savait que je m’en voudrais, que je me torturais l’esprit à la recherche de réponse que je ne pourrais pas avoir. Cet œuf, c’est en quelques sortes son héritage à elle et à Arwen, je ne peux pas refuser non je ne peux pas. Je soupire avant de regarder la Gardevoir de maman.

-Je veillerai sur cet œuf comme si c’était mon petit Arwen je t’en fais la promesse.
-Je sais que tu le feras.

Elle posa sa main sur mes cheveux pour les ébouriffer un peu avant de se relever, et de se diriger vers la sortie. Elle a réussi à me redonner le sourire, mais je l’arrête juste avant qu’elle ne sorte, une petite question me taraude l’esprit.

-Arwen…qui est le père de ce petit ?
-Tu sais bien que comme ta mère, je n’ai eu qu’un seul amour Yuna.

Puis elle s’en va, me laissant seule à nouveau. Un seul amour…oui le Gallame de mon père. Beaucoup de gens trouvaient le parallèle drôle entre mes parents et leur pokémon. Un couple dont les pokémons sont en couple ça prête toujours à sourire…Attend une minute ! Comment se fait-il que le Gallame de mon père, qui a disparu en même temps que ce dernier il y a des années, puisse être le père de ce petit Tarsal ? Est-ce que…non c’est impossible, je dois arrêter de penser à cette idée, Papa est mort il y a des années, et Maman vient de le rejoindre. Alors pourquoi j’ai l’impression que ça sonne tellement faux d’un coup ? Pourquoi j’ai le sentiment qu’il me manque des pièces du puzzle…qu’on me cache quelques choses d’important. Je finis par m’allonger, et c’est sur ses interrogations que je finis par m’endormir, serrant l’œuf de Tarsal contre moi.
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25 Décembre - Nénucrique - Demeure des Akabara


Je me réveille assez tôt ce matin, au moins je n’ai pas la tête lourde c’est déjà ça…Mais je dois de toute urgence voir ma sœur, j’ai quelques questions à lui poser. Je dois savoir si elle sait quelques choses de plus que moi par rapport à la disparition de papa. Ça ne sert à rien que je questionne Arwen, elle ne m’en dira pas plus que ce qu’elle m’a dit, je la connais pour ça. Je me lève et je me prépare rapidement avant de descendre les escaliers, j’espère de tout cœur ne pas tomber sur mes frères…

Il s’emblerait qu’Arceus m’ai entendu, car dans la salle à manger se trouve juste ma sœur, le nez river sur des papiers qu’elle semble lire avec attention. Mais avant même que je n’ai le temps de voir de quoi il s’agit, elle repère ma présence et referme le dossier qu’elle lisait.

-Petite sœur, tu es bien matinale.
-Je pourrais dire la même chose pour toi Marie, tu vas bien ?
-Je fais comme je peux…et toi Yunie ?

Je m’assois en face d’elle et lui sourit faiblement. Oui je ne vais pas très bien, mais je ne veux pas l’inquiéter d’avantage, elle a suffisamment à gérer comme ça.

-ça va, c’est pas la grande forme mais ça va.
-Si jamais tu as besoin, tu peux me parler Yunie.

Ce n’est pas ma grande sœur pour rien, j’ai du mal à la tromper, mais j’hoche négativement la tête, lui signifiant que j’allais bien, que je n’avais pas besoin de parler. Enfin pas besoin de parler de ça, mais d’un autre sujet.

-Marie je…j’aimerai te poser une question. Et j’aimerai que tu me répondes franchement.
-Qu’est-ce qu’il y a ?
-ça concerne papa je…je voudrais savoir si tu sais quelques choses sur sa disparition. Quelques choses de plus que ce que je sais moi.

Le regard de ma sœur s’assombrit…Maintenant j’en suis certaine, il y a quelques choses qu’elle sait et que j’ignore. Je dois savoir, je suis persuadé que c’est la pièce manquante pour comprendre le pourquoi de la réaction d’Alone hier. J’y ai repensé toute la nuit, j’ai tourné la question dans tous les sens…Il y a un point sur lequel il a bien insisté, c’est ma ressemblance avec papa, comme s’il y avait quelques choses chez notre père qui le poussait à le haïr, et donc à me haïr aussi.

-Je ne peux pas t’en parler Yuna. Pas maintenant.
-Il le faut Marie. Hier Alone m’a cracher une haine que je ne lui connaissais pas, Hiro me déteste aussi, je suis persuadée que ça a un lien avec papa. C’est la pièce qui me manque pour compléter le puzzle, et peut-être avoir une chance de me relever…Marie s’il-te-plait.

Ma voix et mon regard se font suppliant, je dois savoir, je dois connaitre la vérité, surtout si ça concerne mon père. Bon d’accord je suis un peu en colère qu’elle ne m’ait rien dit avant, mais elle doit le faire maintenant, j’en ai besoin, j’en ai assez des cachoteries et des mensonges…ça m’a couté mes derniers instants possibles avec ma mère. Marie me fixe de ses yeux rouges sangs, elle pèse le pour et le contre, mais je sens qu’elle n’a pas craqué.

-Yuna…la vérité peut faire plus mal qu’autre chose.
-Laisses-moi en décider par moi-même s’il te plait grande sœur. Parce que maman a décidé de ne rien me dire, je n’ai pas pu lui dire au-revoir correctement…Je ne veux plus de mensonge, plus de cachotterie.

Mon argument semble faire mouche, car je le vois à son regard, elle n’a rien à redire. Elle sait que je dis vrai, j’ai besoin de savoir, je dois connaitre toutes les informations pour décider ce que je vais faire.

-Ecoutes Yuna je…Je ne voulais pas te le cacher, mais j’ai été obligée, j’ai donné ma parole.
-Ta parole à qui ?
-A papa…

Sa voix a largement faibli sur la fin de sa phrase, elle ne cherche plus à me cacher la vérité non. Marie cherche un moyen de m’annoncer la vérité…une vérité que j’ai toujours connu au fond de moi j’en suis certaine. Ma voix se fait alors tremblante.

-Et qu’est-ce qu’il t’a demandé de ne pas me révéler?
-Il…Yuna. Papa est en vie.

En vie…Ce sont les deux mots qui résonnent dans ma tête. S’en suive une multitude de questions, comment ? Pourquoi ne rien avoir dit ? Pourquoi ne pas être rentré ? Ou est-il actuellement ? Trop de question, à la place d’un secret, je me retrouve avec une vague de question supplémentaire. Mais chaque chose en son temps, je dois d’abord en apprendre plus sur le lien entre le fait que mon père et en vie, et la haine de mon frère.

-Il est en vie…mais comment c’est possible ?
-Il a simulé son accident dans les ruines, pour que ses ennemis ne le retrouve pas.
-Ses ennemis ?
-Je n’en sais pas plus sur eux. Je sais juste qu’ils seraient dangereux, et ils n’auraient pas hésité à s’en prendre à nous si papa n’avait pas fait ça.
-Il a fait ça pour nous protéger…

Je ne m’attendais pas vraiment à ce genre de raison, je sais que papa travaillait sur un dossier sensible, et que ses recherches intéressaient beaucoup de monde. Mais de là à ce que ses ennemis s’en prennent à nous…Une minute, d’accord mais s’il est encore en vie…Est-ce qu’il savait pour l’état de maman ?

-Et pour maman ? Il savait pour son état ? Il savait qu’elle était malade et qu’elle avait besoin de lui ?

Ma question est idiote, il ne pouvait pas savoir, elle était tombée malade après sa ‘’disparition’’. Et s’il l’avait appris, il serait revenu à ses côtés…

-Il le savait…

Mon cerveau s’arrête de fonctionner une seconde et mon cœur rate un battement. Qu’est-ce que Marie vient de dire là ? J’ai du mal entendre.

-Il quoi ?
-Il le savait Yunie, il savait qu’elle était malade.

Non c’est pas possible, s’il le savait il serait revenu…Je fixe ma sœur, espérant à une mauvaise blague encore une fois, mais non. Elle était parfaitement sérieuse. Je comprends mieux maintenant, je comprends pourquoi elle m’a dit que la vérité me ferai plus de mal qu’autre chose. Tout s’explique enfin. Mon père est un monstre, il n’a rien fait pour aider sa femme mourante, sous prétexte que nous serions en danger s’il refaisait surface…Il a laissé mourir sa moitié mourir sans rien faire, et je…je lui ressemble. Moi aussi je suis partie, moi aussi je ne suis pas revenue quand on en avait besoin au final…

-C’est pas possible…

Je me lève brusquement et cours en direction de ma chambre, je dois réfléchir, mais je n’y arrive pas. J’agis sans réfléchir, j’ai pris la fuite parce que je ne veux pas faire face à mes déductions. J’entends ma sœur m’appeler, mais je ne me retourne pas. J’entre comme une furie dans ma chambre, surprenant une drôle de scène. Hestia et Lurida faisant mur entre Lucifer et l’œuf de Tarsal que m’a offert Arwen hier. Mon Reptincel a bien l’air décidé d’en découdre et je vois le regard suppliant de ma starter. Je devine sans trop de mal que pour changer, il essaye de s’en prendre à l’œuf que j’ai reçu. C’est un des défauts de Lucifer, je pense qu’étant donné qu’il est né d’un œuf dont je me suis occupée, il jalouse tous ceux qui sont arrivés sous la forme d’œuf après lui. Comme s’il avait peur qu’il ne lui pique sa place, que je ne les traite avec plus d’attention que lui…Malheureusement pour mon premier chromatique, sa crise de jalousie tombe au mauvais moment, vraiment au mauvais moment.

-LUCIFER !!!

Le Reptincel sursaute devant la force et la froideur de ma voix, je crois qu’il ne m’a jamais entendu comme ça, mais là c’est la goutte de lave qui fait déborder le volcan.

-J’en ai plus qu’assez de tes petites crises de jalousie à deux balles !!!
-Repti…
-Tu la boucles, je parle. Je n’en peux plus, j’essaye de faire tout ce que je peux mais là trop c’est trop. Tu t’en prends toujours aux autres, maintenant il n’y a pas une journée sans que tu ne t’en prennes à l’un d’entre nous. Mais bon sang POURQUOI tu ne peux pas t’empêcher de faire ça ?!!! J’essaye de vous accorder le plus de temps possible, mais comprend que vous êtes de plus en plus nombreux, et que je ne peux pas passer autant de temps avec toi qu’avant. Si tu n’es pas capable de comprendre ça, alors tu es un IDIOT. La dernière chose dont j’ai besoin aujourd’hui, c’est d’un crétin qui me pique une foutue crise de jalousie.

Je me détourne d’eux pour poser mes deux mains sur le bureau, j’essaye de me calmer, mais mon regard se pose sur une photo de moi et de mon père…et ça fait remonter toute la colère que j’ai en moi, toute cette colère qui ne demandait à sortir depuis tant de temps.

-Franchement dis-moi ce que j’ai fait de travers, qu’est-ce qui fait de moi une si mauvaise dresseuse pour que tu réagisses comme ça.  J’EN AI MARRE MARRE MARRE. JE N’EN PEUX PLUS, POURQUOI FAUT-IL QUE TOUT PARTE DE TRAVERS COMME ÇA ALORS QUE J’ETAIS SI BIEN !!!


Des larmes commencent à couler le long de mes joues, je craque bel et bien, trop d’émotions que je ne sais pas quoi faire. D’une main tremblante de rage je prends le cadre photo que je balance violemment contre le mur, faisant sursauter tous les pokémons présents qui ne savent pas comment réagir. Jamais ils ne m’ont vu dans un tel accès de rage, je dois avouer que je ne me contrôle plus du tout, j’ai juste envie de tout détruire autours de moi, de tout saccager.

Tous mes pokémons sans exceptions affichent clairement leur stupeur et leur crainte…C’est ce qui me fait redescendre sur terre, la terreur que je lis dans les yeux de Lucifer, Hestia Dovah…Voilà que je leur fait peur maintenant. Je me rends compte que je me suis emportée, mais c’est plus fort que moi, je ne peux pas garder mon calme, Lucifer n’était qu’un prétexte pour que j’explose. Je me dirige vers la sortie d’un pas rapide, j’attrape mon manteau dans la foulé. Je dois sortir, je dois prendre du temps pour moi et réfléchir tranquillement à la situation, enfin après mettre défoulé. Je m’arrête tout de fois à la porte de ma chambre, murmurant un faible ‘’désolé’’ avant de m’enfuir hors de la maison.

Je cours à vive allure dans les rues de la ville, bousculant les rares passants qui passent près de moi. Je vais là où mes pas m’emmènent car honnêtement je n’en ai plus rien à faire. Je ne sais pas pendant combien de temps je cours, mais j’arrive finalement à la plage de Nénucrique, qui bien évidemment est déserte en cette période de l’année. La couche de neige qui recouvre la ville a laissé place au sable humide. Inconsciemment je savais parfaitement où aller, quand je ne vais pas bien, je vais toujours à la plage. C’est drôle mais le bruit des vagues a le même effet sur moi, que le crépitement d’un feu de cheminée. Mais ça ne suffira pas aujourd’hui…je regarde à gauche et à droite, il n’y a personne, parfaite. Je prends une profonde inspiration avant de…

-HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!!

Je dois avouer que je me moque complètement de passer pour une folle à ce moment. C’est en quelques sortes mon moyen d’extérioriser ce surplus de sentiments qui est en moi. Je pense que des passants sur le bord de mer ont dû m’entendre, mais ce n’est pas grave, pas maintenant. Il faut que je réussisse à me calmer, je m’assois donc sur le sable et je regarde la mer…

Finalement j’ai passé toute la journée dehors, j’ai fait un petit saut dans le centre commercial pour acheter à manger, et je suis revenue sur la plage. Je me suis calmée…mais je n’ai pas envie de rentrer à la maison. J’ai encore du mal à croire ce que Marie m’a dit à propos de papa, comme quoi il serait vivant. Mais maintenant que j’y pense tout part dans ce sens, la présence d’Alduin dans le labyrinthe de l’Atoll de Combat, son Gallame qui serait le père de l’œuf que m’a confié Arwen…Et cette sensation de présence qui ne m’est venu plusieurs fois…Je ne peux nier l’évidence, mon père est en vie. Ça aurait dû me rendre folle de joie, moi qui n’ai jamais cru à sa mort. Mais maintenant que je sais qu’il n’a rien fait pour apaiser maman avant sa mort, alors qu’il en avait la possibilité. Il n’est même pas venu à la crémation de sa femme, on est seul tous les quatre et il ne vient même pas nous voir…Les seules personnes à faire ça, ce sont des monstres sans sentiments…Et dire que les gens pensent que je lui ressemble, est-ce que je suis aussi capable d’une telle chose ? Je commence à le croire.

Je suis tellement perdue dans mes pensées que je n’entends pas le sable s’affaisser derrière moi, et ainsi je n’entends pas arriver la seule personne que je ne voulais pas voir.

-J’ai enfin réussi à te retrouver gamine

Un frisson me parcours quand j’entends cette voix qui est devenue désagréable à mon oreille. Je me relève, et me retourne avant de tomber nez à nez avec mon frère ainé. Son regard est froid mais son expression est un brin provocateur, je sens que cette discussion va mal finir.

-Qu’est-ce que tu veux Hiro ?
-Marie er Arwen sont inquiètes pour toi, alors on est parti à ta recherche

Je sens plein de cynisme dans sa voix, lui n’est pas là parce qu’il est inquiet pour moi, ça c’est certain. Après tout pourquoi le serait-il maintenant ?

-Tu es vraiment un sacré cas, t’es insupportable. Avant je ne disais rien par respect pour maman, mais maintenant…je n’arrive même plus à voir ta tête en peinture.
-Rien ne t’obligeais à venir me chercher tu sais. Mais dis-moi plutôt Hiro, pourquoi tu me déteste comme ça ? Je ne t’ai rien fait, et toi tu me déteste comme si j’étais une moins que rien.
- Tu veux savoir pourquoi ? C’est simple, tu es la copie conforme de papa. Quand je te vois, je ne peux pas m’empêcher de penser à ce monstre qui nous a servi de paternel. Tu es exactement comme lui…

Il est sérieux ? Autant de colère et de haine à mon encontre pour juste ma ressemblance avec papa ? C’est complètement stupide, il est complètement fou…Je dois partir d’ici au plus vite, il me fait peur.

-Tu es sérieux ? Juste parce que je ressemble à papa ? Réveilles-toi Hiro je ne suis pas notre père, ce n’est pas la peine de me pourrir la vie.


Je commence à avancer pour passer à côté de lui et rentrer à la maison, mais il m’attrape le bras au passage…Manquait plus que ça, j’essaye de me dégager de son emprise, mais il est bien plus fort que moi, et il me tient fermement.

-Lâches-moi Hiro !!!
-Ho que non, tout comme lui tu n’es pas digne de porter le nom des Akabara. Vous réussissez tout ce que vous entreprenez, et au final vous prenez la grosse tête, vous faites souffrir ceux qui vous sont proches
-Tu racontes n’importe quoi !
-Mais je vais corriger ça, tu ne pourras plus faire ce que tu veux. Je t’empêcherai de retourner à la Pokémon Community, ou de prendre la route, tu resteras gentiment à la maison et je ne serai plus dans ton ombre !!
-Non mais tu t’entends un peu ? Tu es fou oui, mon ombre ? Comment j’aurai pu te faire de l’ombre ?
-Père n’arrêtait pas de vanter vos mérites à toi et Alone, les jumeaux par-ci, les jumeaux par-là, il ne m’a jamais considérer. Mais maintenant c’est fini, je vais me servir de la réputation de la famille pour me faire un nom, et éclipser celui de papa…Et toi tu ne seras plus un obstacle.

Il est devenu fou, mon frère un complètement fou ! Il resserre sa prise sur mon bras, il me fait mal, j’essaye tant bien que mal de me libérer de son emprise. Malheureusement pour moi, il le prend mal et le coup par sans que je ne m’y attende. J’ai à peine eu le temps de voir la main se lever, qu’elle s’est déjà abattue sur ma joue, me projetant sur le sable humide. Je ressens ma joue devenir brulante et une douleur me gagner petit à petit, ça tourne mal. Je dois à tout prix trouver un moyen de m’en sortir, mais comment faire…Mon frère se rapproche de moi, le regard haineux, avant de s’agenouiller devant moi.

-Tu vas payer pour lui.

Il lève à nouveau sa main, et je dévie le regard, m’abritant de mes bras. Mais rien, aucun coup ne tombe, à la place la voix de mon frère me parvient.

-Qu’est-ce que tu fais là toi ?

Je baisse les bras pour finalement voir que le coup de mon frère a été stoppé dans son mouvement par la dernière personne que je pensais voir. Un Reptincel noir…

-Lu…Lucifer ?
-Reptincel !

Je le regarde d’un air surpris alors que mon premier chromatique tourne la tête vers moi. C’est rapide, mais nos regards suffisent pour communiquer. Il est désolé…il est désolé pour son comportement d’aujourd’hui, mais pas seulement. Il a compris, il a compris que je ne fais de mon maximum pour leur bien-être, à lui et aux autres. Bien sûr je sais que je ne suis pas la meilleure dresseuse du monde, j’ai encore beaucoup à apprendre…mais je fais de mon mieux, même si je fais des erreurs. Et je sais que si mes pokémons n’y mettent pas du leurs, je ne pourrais pas m’en sortir…

Et mon Reptincel semble avoir compris, mon coup de gueule de ce matin semble l’avoir touché. Je vois beaucoup de remord dans son regard, comme s’il s’en voulait pour toutes les mauvaises actions qu’il a effectué depuis notre rencontre. Mais je ne peux m’empêcher de me sentir coupable, je n’avais pas à lui balancé tout ça à la figure. Je ne vais pas bien, mais ce n’est pas à lui et à mes autres pokémon de subir mon mal-être. Mes yeux se mettent à briller mais les larmes ne coulent pas. Je suis tellement désolée Lucifer, je suis perdue, je ne sais pas quoi faire…Aide-moi s’il te plait…

Fragile…Vulnérable…Je ne l’ai jamais vu comme ça. Yuna. Ma dresseuse…Ma maman…Elle est à bout, elle a pris de sacré coup, et pas seulement les coups physiques de son monstre de frère…Elle a toujours été là pour nous, certes elle est maladroite, elle fait des erreurs…Mais je sais qu’elle fait de son mieux pour nous, elle apprend et nous apprenons avec elle.

Je dois arrêter de me voiler la face, j’ai toujours eu peur…j’ai toujours eu peur de la perdre. Depuis que je l’ai vu se sacrifier pour me sauver de ce Tyranocif, je sais qu’elle se dévoue corps et âme à nous, au risque de se mettre elle en danger…Nos vies passent avant la sienne et c’est là le problème. On ne la changera pas malheureusement, elle est comme ça. Alors j’ai déjà évolué pour être plus fort, pour pouvoir la protéger…mais je n’ai pas fait attention à mon comportement. La puissance m’est monté à la tête, j’étais l’un des plus forts, j’étais son protecteur. Mais j’ai vu tous les nouveaux arrivants comme des rivaux, de potentiel pokémon qui prendraient ma place…En particulier Ama. Il était là avant, et il avait déjà un rôle protecteur envers elle. Je voulais être le seul et l’unique protecteur de Yuna…Le seul à vraiment compter pour elle. Mais en faisant ça, non seulement j’ai blessé mes amis, ma famille, mais je l’ai surtout blessée elle…

Je m’en veux tellement, je m’en veux d’avoir été égoïste. Je m’en veux de ne pas avoir vu sa douleur avant, d’avoir été obligé de comprendre ça alors qu’elle était au pied du mur…Je ne veux plus la voir triste, je ne veux plus voir cet air désolé sur son doux visage…Non…je ne veux plus la voir souffrir, NOUS la protégerons. On va aider notre dresseuse à se relever, je veux qu’elle retrouve son sourire, qu’elle rigole à nos bêtises, qu’elle redevienne la Yuna d’avant cet appel.  

Mais pour l’instant, je suis le seul à pouvoir la protéger, à pouvoir la défendre contre ce monstre qui ose lever la main sur elle. Contre cet homme qui se fait appeler son frère…Je vais lui faire regretter son geste, fois de Lucifer il va le payer…Après tout, je suis le diable non ?


Je vois le regard de mon Reptincel s’adoucir en une fraction de seconde…Je ne sais pas quoi faire…Je ne peux rien faire. Mais mon pokémon lui semble bien décider à résister, la douceur que je viens de voir laisse rapidement place à de la colère. Cette colère n’est pas tournée contre moi, mais contre mon frère. En levant la main sur moi, mon frère vient de se mettre toute mon équipe à dos, et Lucifer semble prêt à lui faire regretter son geste.

Une fois la surprise passée, Hiro décide de s’en prendre à mon pokémon. Il lève son autre main pour frapper mon Reptincel, mais ce dernier l’incendie du regard et attrape sans problème le bras de mon frère. Les deux bras coincés dans les pattes de mon pokémon, mon ainé s’agite, il se sait coincer, à la merci de potentielles flammes. Je peux sentir toute la colère de mon pokémon, et je sais à ce moment-là que je suis en sécurité. Mais je ne m’attendais certainement pas à ce qui allait se passer.

Musique du combat♬♪♫♩♫♪♬
-Mais qu’est-ce que…
-Lucifer…

Soufflais-je alors que le corps de Lucifer se mit à briller, une lumière que je connais bien, la même qui lui a permis de passer de Salamèche à Reptincel : l’évolution. Alors que son corps grandit et que deux ailes lui poussent dans le dos, je ne peux m’empêcher de ressentir une chaleur dans ma poitrine. Mon cœur s’emballe, et je me sens rassurée. Notre lien est suffisamment fort pour lui permettre de grandir et évoluer…Je plaindrais presque mon frère de ce qui va lui arriver…presque. Une fois la lumière dissipée je contemple mon pokémon…mon Dracaufeu. Une peau toujours aussi noire, un corps musclé, deux petites cornes sur le haut de sa tête, deux puissantes ailes lui permettant de s’envoler, une longue queue au bout de la laquelle brille une flamme des plus belles…J’ai presque l’impression d’être de retours quelques années en arrière, quand ce Dracaufeu noir m’a sauvé de cet Ursaring déchainé.

Je le vois fixer mon frère de son regard rouge incandescent, un grognement de colère échappe de sa gorge. Il tient toujours les bras de mon ainé, attendant le moindre prétexte ou ordre de ma part pour agir.

-Lâches-moi stupide pokémon.

Et c’est mon imbécile de frère qui lui donne cette occasion, il essaye de lui donner un coup de pied, ce à quoi mon Dracaufeu réplique avec un puissant coup de queue. Hiro se retrouve projeter à quelques mètres, et Lucifer se tourne vers moi. Son regard est emplit de douceur et d’inquiétude, ça fait bizarre, moi qui ait l’habitude de voir un regard plutôt provocateur…Je me relève doucement et me rapproche de lui.

-Lucifer…je suis désolée…je n’aurai pas dû m’énerver contre toi comme ça…

-Draaaa

Il secoue la tête de droite à gauche…il ne m’en veut pas…Je ne sais pas pourquoi, mais je sens qu’il n’est plus le même…quelque chose en lui a changé. Nous nous disons tant de chose par le regard, on n’a pas besoin de mot. Je ne peux pas me laisser abattre comme ça, mon équipe est là pour moi, ils savent me pardonner mes erreurs. Quand je vais mal, je peux me reposer sur eux, comme eux sur moi. Je n’ai pas le choix, si je ne veux pas que mon frère fasse de ma vie un enfer, je dois agir maintenant.

Je souris à mon double-type qui comprend, il comprend que j’ai fini de me lamenter, je me relève et fais face à Hiro qui vient d’en faire de-même. Il ne s’attendait pas à ce que mon Reptincel intervienne, encore moins qu’il évolue. Je le vois dans son regard, il n’est pas vraiment rassuré, lui qui pensait m’avoir facilement, je vais lui apprendre qu’on ne maitrise pas aussi facilement un brasier. Il semble comprendre que je ne vais pas en rester là, et que mon Dracaufeu est prêt à repasser à l’attaque. Tout en se tenant les côtes, Hiro fait appel à Némésis, sa Séviper pour un combat qui semble inévitable. Je me méfie, je sais à quel point ce serpent peut être fourbe et attaquer en traitre.

-Tu vas regretter ce que tu viens de faire Hiro…tu vas regretter pour tout ce que tu as fait.

Ma voix est froide, glaçante, comme si une machine sans émotion venait de prendre la parole. Mon frère tente de faire bonne figure, mais je le vois trembler.

-Tu…tu n’es qu’une sale gamine insolente, je…je vais te donner une bonne correction. Je suis le chef de la famille Akabara maintenant, tu me dois le respect.
-Le respect ? Le respect mon cher, ça se mérite, ça ne se prend pas de force. Lucifer débarrasse-moi de lui.

Sans attendre mon chromatique prend son envol, créant une puissante bourrasque qui fait voler mes longs cheveux, mais je ne bouge pas d’un cil. Une fois en hauteur mon Dracaufeu utilise une puissante attaque Lance-Flammes qui frappe la Séviper de plein fouet. Mon ‘’frère’’ grince des dents, et sans même demander à sa Séviper, il lui demande de lancer une attaque Queue Poison sur mon Dracaufeu qui est toujours dans les airs. Mais le ciel n’est pas le terrain le plus approprié pour la pokémon poison qui manque Lucifer, ce dernier ayant donné un coup d’aile pour se dévier de sa trajectoire. C’est le moment de contre-attaquer.

-Lucifer, Tranche

Ses griffes s’illuminent avant qu’il ne les abatte sur son adversaire qui ne peut pas esquiver, et finit sa course dans le sable, créant un gros trou dans le sol au passage. Heureusement pour mon frère il ne s’agissait pas de béton au sol, sinon sa pokémon aurait eut beaucoup plus mal. Mais je ne compte pas en rester là.

-Maintenant lance Rebondifeu.

Sans se poser de question, mon chromatique obéit crachant sa gerbe de flamme sur son adversaire qui peinait à se relever, la mettant définitivement hors d’état de combat. En plus de ça, quelques gerbes de flammes touchèrent mon frère au bras, le brulant légèrement. Enfin on aurait pu croire que c’était une attaque directe sur lui, étant donné le cri de douleur qu’il a poussé. Maintenant il se tient le bras et n’arrête pas de gémir de douleur…une vraie mauviette, comment j’ai pu avoir peur de lui ? Je me le demande…Ou est-ce parce que je me montre sans pitié, et que je me moque complètement de ce qui peut lui arriver ? Je commence à m’avancer vers lui, et il prend peur. Je n’ai jamais une telle panique dans son regard, mais il tente encore une fois de faire bonne figure, de paraitre sur de lui.

-T’as pas encore gagné, Insécateur occupes-toi d’elle.

Aussitôt dit, son pokémon Insecte sort de sa pokéball et fonce sur moi, mais Lucifer s’interpose et le bloque avant qu’il ne m’atteigne. Il le tient fermement, et le pokémon vert ne peut pas se libérer de la prise du chromatique. Je continue donc de marcher vers Hiro qui essaye de prendre la poudre d’escampette, se sachant à me merci. Enfin c’était sans compter sur Dovah qui vient se poser devant le jeune homme qui ne s’y attendait pas du tout. Et je le vois mal passer le serpent bleu de cinq mètres de long.

Je continue de me rapprocher de lui, et quand il se retourne je ne suis plus qu’à deux mètres de lui. Il essaye de me frapper de son bras valide, mais j’esquive le coup. Comme quoi, ça sert de devoir esquiver des Lance-Flammes qui sont mal cadrés. Alors qu’il est en situation de déséquilibre j’en profite pour le pousser, le faisant tomber lourdement sur le sable humide. Il est totalement à ma merci, sa Séviper est hors de combat et son Insecateur bien trop intimidé par Lucifer pour bouger.

-Tu as perdu Hiro, tu ne peux rien faire.

-Non…non…pourquoi faut-il toujours que ça se passe comme ça ? Papa ne m’a jamais considéré à ma véritable valeur…Ce n’est qu’un monstre sans sentiment.
-Et tu penses que t’en prendre à moi t’aidera à aller mieux ?
-Je voulais détruire le serpent dans l’œuf…Tu es comme lui, tu ne te préoccupe que de toi. Regardes moi dans les yeux Yuna et dit moi qu’a un moment tu as songé à rentrer à la maison pour passer du temps avec ta famille. Dis-moi que si maman ne t’avais pas forcé à rentrer, tu l’aurais quand même fait.

Je le fixe dans les yeux…mais je ne peux pas le dire, parce que ce n’est pas vrai. Si maman n’avait pas fait des pieds et des mains pour que je rentre, je ne serais certainement pas rentrée à Nénucrique cet été. Il a raison. Je ne pensais qu’à moi, je ne voulais pas rentrer…parce que je me sens beaucoup plus vivante là-bas, sur Adala.

-Tu vois…tu es une honte pour la famille Akabara, tu n’es même pas digne de porter ce nom !
-Tu te rends compte de l’ironie de ce que tu me sors là ? Tu dis que tu détestes papa et ce qu’il a fait, mais tu t’obstine à vouloir porter son nom.
-Il s’est lui aussi détourné de sa famille et de ce que ça implique. Je compte bien changer tout ça.

Je lâche un profond soupire, mon frère a vraiment péter un cable, mais bon si ça l’amuse de croire en ses paroles, grand bien lui face. Au moins grâce à lui j’ai compris une chose, ma famille n’est pas celle que je pensais.

-Tu sais quoi ? Tu veux porter devenir le chef de famille et te servir de ton statut pour te faire connaitre du monde ? Très bien mais ça sera sans moi. Je ne supporterai pas de porter le même nom que celui qui a abandonné sa famille, n’y de porter le même nom que toi si c’est pour que tu sois le chef de la famille. Alors ce qu’on va faire, c’est que je vais rentrer à Adala, et tu vas me foutre la paix. Tu me laisses libre de ma vie, et tu t’occupes de refaire ta famille à ton image.
-Tu crois que je vais te laisser faire bien gentiment ?
-Tu peux essayer de t’y opposer, mais je ne te garantis pas que Lucifer te laisses en vie.

Mon Dracaufeu pousse un grognement, comme pour appuyer mes propos, je fixe Hiro dans les yeux pour lui faire comprendre que je ne plaisante pas. Puis je fais demi-tour, rejoignant mon chromatique qui comprends que c’est fini. Il a mis l’Insecateur de mon ainé au tapis avec un puissante Lance-Flamme à bout portant. Il se baisse un peu pour me laisser monter sur son dos, et je comprends facilement le message. Nous prenons notre envol, accompagné de Dovah, et je laisse sans regret mon frère sur cette plage. Il faut que je me dépêche, Hiro n’as pas dit son dernier mot, et il ne va pas se laisser faire comme ça, c’est sûr et certain. Mais d’un sens je suis soulagée, la tristesse de ces derniers jours semble passée, et si quelque chose en moi s’est brisée, je sais que je peux avancer maintenant.

Le voyage jusqu’à la maison est rapide, il faut dire que Lucifer et Dovah y sont allés à toute vitesse. Ils se posent à l’entrée de la maison, et je descends de mon chromatique avant de le regarder dans les yeux.

-Merci Lucifer…si tu n’étais pas intervenu, je crois que je n’aurai jamais réussi à m’en sortir…Je te dois beaucoup. A toi aussi Dovah.

Tous deux poussent un petit cri et je ne peux m’empêcher d’avoir un fin sourire. Heureusement que Dovah et Lucifer sont partis à ma recherche…heureusement que j’ai mon équipe avec moi, sans eux je n’aurai probablement pas la force ni le courage de faire ce que je vais faire. Je demande à Lucifer de m’attendre ici, et à Dovah de me rejoindre dans la chambre. Je rentre doucement et je tombe sur une Arwen des plus inquiètes.

-YUNA !!! Mais bon sang ou étais-tu passée ?
-Désolé Arwen je…j’avais besoin d’être un peu seule. Je ne voulais pas vous inquiéter.

La Gardevoir me scrute du regard, avant de prendre un air presque maternelle, et de me sourire tendrement. Elle est rassurée de me savoir de retour, mais je ne vais pas pouvoir rester bien longtemps.

-Arwen je suis désolée…mais je ne vais pas pouvoir rester, je dois partir d’ici…

Elle me fixe alors, mais elle ne semble pas vraiment étonnée par ce que je viens de dire. Je ferme les yeux et ouvre mon esprit, pour qu’elle puisse y lire ce qui vient de se passer. Elle finit par lâcher un soupir avant de me regarder et de me faire un signe de tête vers le haut.

-Si c’est ce que te dictes ton cœur, tu n’as pas a hésité Yuna.


Je lui souris faiblement avant de la prendre dans mes bras, j’ai besoin de cette sensation de protection qu’ils me procurent…Je me suis toujours sentie à l’abri dans ses bras, et c’est surement la dernière fois que je pourrais le faire. Je dois malheureusement mettre un terme à ce moment, et alors que je commence à monter les escaliers, Arwen m’interpelle.

-Yuna
-Oui ?
-Ta mère serait fière de toi

Je souris un peu plus, comprenant sans mal la porter de ces mots, avant de monter les escaliers à vive allure et de me diriger vers ma chambre. A peine j’ai passé la porte que neuf paires d’yeux se tournent d’un coup vers moi, visiblement surpris de me voir rentrer comme ça. Je leur souris un peu gênée, et avant même que je n’ai le temps de dire quoi que ce soit, ils se jettent tous sur moi pour un gros câlin commun. D’un sens ça me fait chaud au cœur, de l’autre je me sens un peu coupable de ce que je leur ai fait subir aujourd’hui. Je murmure plusieurs désolé, mais je sais qu’ils m’ont déjà pardonné, ils ne m’en veulent pas.

Une fois les étreintes terminées, je leur annonce que nous devons plier bagages et partir le plus vite possible. Tous s’activèrent pour m’aider à tout ranger, enfin ça ne prend pas vraiment longtemps, je n’ai pas déballé grand-chose. Mais alors que je suis dans la salle de bain, je vois mon reflet dans la glace, et il y a quelque chose qui me gêne. Je me souviens d’une discussion que j’ai eue avec ma mère un jour, je lui ai demandé pourquoi nous ne devions pas nous couper les cheveux. Elle m’avait répondu que dans la famille Akabara, les femmes avaient toujours les cheveux longs. Une Akabara dont les cheveux étaient coupés court, c’était une femme renié par la famille…

Mon regard tombe alors sur une paire de ciseau posée sur le meuble. Une Akabara reniée ? C’est exactement ce que je suis. Je prends donc les dit ciseaux, et sans l’ombre d’une hésitation, je coupe l’une de mes longues mèches, puis une autre et encore une autre. C’est comme si chaque mèches qui tombaient était un poids en moins que je portais.

Quand je ressors de la salle de bain, mes cheveux sont très courts et m’arrivent au-dessus des épaules. C’est certain que plusieurs personnes vont être surprises à l’académie, enfin si j’en crois la tête surprise de mes pokémons. Mais je me sens un peu plus vivante, c’est bête mais un peu de changement de temps en temps ça ne fait pas de mal. Je finis par prendre toutes mes affaires, je rappelle toute mon équipe, et je descends rapidement les escaliers…Mais trop tard, on sonne à la porte et je vois Alone s’y diriger Et comme je m’y attendais, c’est Hiro qui se trouve de l’autre côté…ce que je ne pensais pas en revanche, c’est que mon ainé soit recouvert de multiples coupures et entailles de part et d’autre de son corps.

-Grand-frère mais qu’est-ce qui t’es arrivé ?!

La voix de mon jumeau est emplie d’inquiétude, alors qu’honnêtement, je suis bien indifférente à son état. Mais je me demande comment il a fait pour se retrouver comme ça. Mon frère jumeau l’aide à se rendre jusqu’au salon, je dépose mes affaires dehors à côté de Lucifer qui grogne encore. Je pense qu’il a voulu cramer la tête à mon frère, et encore heureux qu’il ne l’a pas fait, j’aurais eu de sérieux problème. Je lui laisse tout ça avant de me diriger vers le salon où Alone a déposé Hiro sur le fauteuil, Arwen passe à côté de moi, surement pour chercher la trousse de soin. Je reste à l’entrée de la pièce, prête à faire demi-tour s’il le faut.

-Hiro, dis-moi qu’est-ce qui s’est passé ?
-Tu veux savoir Alone ? Demande donc à ta jumelle.

Alone écarquille les yeux et tourne vivement la tête vers moi, un mélange de stupeur et de colère se dessine sur son visage. Mais je reste parfaitement stoïque devant son regard, et face aux accusations de mon ainé. C’est donc ça son plan me faire porter le chapeau, me discréditer auprès d’Alone et briser définitivement le lien qui nous uni. Je ne le pensais pas si lâche que ça honnêtement, mais face à mon silence, mon double prend la parole.

-Comment tu as pu faire ça Yuna ? Comment tu as pu t’en prendre à notre frère.
-Tu penses vraiment que c’est moi qui ai fait ça ?
-Si Hiro le dit, je le pense oui, il ne mentirait pas sur de si grave accusation.

 Je soupire et ferme les yeux, alors c’est vrai…J’ai définitivement perdu mon frère jumeau, s’il avait cru un petit peu en moi, il aurait eu des doutes. Hors là il n’en a strictement aucun, il croit mon frère comme s’il avait la parole absolue. Il n’y a plus de retour en arrière possible désormais, Alone a fait son choix, j’ai fait le mien, et tant pis si ça nous amène sur des chemins opposés.

-Je vois que tu as décidé de me juger sans même me laisser une chance.
-Expliques-toi alors, pourquoi t’as fait ça.
-A quoi bon parler, tu me détestes autant qu’Hiro. Tu es incapable de comprendre ce qui se passe vraiment autour de toi Alone. Mais si c’est là la voie que tu as décidé de suivre, je ne vais pas essayer de t’en changer.
-Arrêtes de délirer petite sœur, à t’écouter on dirait une histoire de complot…Enfin ouvre les yeux, tu vois à quoi c’est en train de te mener Yuna. Regardes ce que tu es devenue à cette académie, tu n’hésites pas à utiliser tes pokémon contre ton propre frère…Je commence à croire que ma sœur est morte dans cette école…  

Ses mots font mal à entendre…enfin ils auraient dû me faire mal mais…c’est comme s’ils me passaient au-dessus, qu’ils ne me touchaient pas. Je reste impassible, ce qui énerve encore plus mon double qui commence à sortir de ses gongs

-Mais bon sang Yuna dis quelques choses expliques-toi à la fin.
-Il n’y a rien à ajouter Alone ! J’ai l’impression que maman était le maillon qui nous reliait tous, et maintenant qu’elle est partie, il n’y a plus de famille.
-ça suffit Yuna ! Ne mêles pas maman à ça. Ecoutes je vais te donner une dernière chance, assieds-toi et parlons en calmement. Je suis prêt à jeter l’éponge sur ce que tu m’as fait, et on peut repartir de zéro pour reformer la famille qu’on était avant.

La voix d’HIro est douce et calme, comme celle d’un grand-frère désireux de garder sa sœur auprès de lui…Mais je lis sur son visage qu’il n’en est rien, c’est son dernier coup dans cette guerre que nous menons l’un contre l’autre. Et je dois avouer qu’il est très très fort, en me faisant cette proposition il m’oblige à passer pour la méchante de l’histoire dans le pire des cas, et je deviens sa prisonnière dans le meilleur. Si j’accepte sa proposition, je ne pourrais plus repartir, je serai contrainte de rester ici et je pourrai dire adieu à mes rêves. Mais je pourrais peut-être recoller les morceaux avec Alone…Si je pars, je serais libre de retourner à PC, de poursuivre ma vie comme je l’entends, de peut-être le retrouver. Mais en échange je perds définitivement mon jumeau…
A une époque la question ne serait même pas poser, j’aurais tout laissé tomber pour rejoindre ma famille. C’est ce que j’aurais fait si j’avais su pour maman, mais voilà, maman n’est plus là. Et finalement la question ne se pose même pas aujourd’hui non plus…c’est la réponse qui n’est pas la même.

-Non. Il est temps que l’on arrête cette mascarade. Notre famille est morte en même temps que maman.

Rien de plus, rien de moins. Hiro a gagné, il a obtenu en partie ce qu’il voulait, je ne serais pas sa prisonnière, son souffre-douleur, mais je n’ai plus ma place dans cette demeure. Je tourne les talons et je me dirige vers la sortie, attrapant mon manteau au passage. Cependant je ne suis pas si perdante au change, car je peux rester auprès de mon équipe et de mes amis à PC. Mais alors que je m’apprête à passer la porte, la voix de mon double m’arrête.

-Yuna…Si tu franchis cette porte, ce n’est même plus la peine de revenir à la maison.

Sa voix est dure, froide. C’est un ultimatum qu’il me lance, mais c’est trop tard, plus rien ne me retiens vraiment ici…Finalement, je comprends mieux pourquoi maman voulait que je profite de mes mois d’études. Elle voulait que je découvre l’extérieur, que je puisse avoir un aperçu de ce que je suis capable de faire, pour que le moment venu je puisse choisir ma propre voix. Je me tourne vers mon frère, le regard froid, dénué de sentiment.

-Une maison Alone, c’est là où nous attende des gens qui tiennent à nous. Là où il y a des gens qui souhaitent notre bonheur…Et laisses-moi te dire qu’à la mort de maman, cet endroit à cesser d’être ma maison.

Il semble choqué de ce que je viens de dire. Je sais ce que signifient ces mots pour lui, en lui disant ça, je viens définitivement de rompre tous mes liens avec lui. Mais ça ne m’alourdit pas le cœur, au contraire, je me sens libérée.

-Alors ma sœur est vraiment morte dans cette académie…
-Alone…Quand tu comprendras tout ce que tu n’as pas pu voir, tout ce qui t’as fait emprunter cette voie…Quand tu seras désolé, ce n’est pas la peine de revenir me voir, car tu n’es plus mon frère. Mon frère a été assassiné quand je suis partie d’ici.

Sans lui laisser le temps de redire quoi que ce soit, je sors de la maison et referme la porte derrière moi. En même temps je viens de fermer une porte dans mon cœur…une porte qui ne se rouvrira surement jamais. Je mets sur mon dos le sac contenant l’œuf de Tarsal qu’Arwen m’a offert, avant de monter sur le dos de Lucifer qui prend ma valise en main. Il décolle ensuite, m’éloignant de la demeure de mon enfance que je ne prends même pas la peine de regarder.

Il fait nous quand il atterrit dans le parc de la ville, je le remercie pour le voyage avant de m’assoir sur un banc non loin de là. Je souffle un bon coup, il s’en est passé des choses aujourd’hui mais ce n’est pas finit. Je sors mon Ipok et compose le numéro de ma sœur, pour lui dire ou je me trouve.




Hrp :
Obtention de l'oeuf de Tarsal Chromatique + Evolution de Lucifer


 
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27 Décembre 2018 – Nénucrique – Port

Nous y voilà, dans quelques minutes je vais embarquer pour Adala, et tourner la page sur ce qui s’est passé. Je souris mais en vrai je ne ressens même pas vraiment de la joie, je ne sais pas c’est comme si…j’avais du mal à sentir mes émotions. Peut-être que j’ai tout gelé pour ne pas craquer face à mon frère…peut-être que ça reviendra avec le temps, enfin je l’espère. Enfin bref, c’est surement la dernière fois que je quitte le port de Nénucrique, alors je profite de chaque seconde.

Marie m’accompagne, elle ne m’a pas lâché d’une semelle depuis avant-hier, depuis qu’elle m’a retrouvée dans le parc. Nous sommes allées dormir chez son fiancé, et nous avons passé toute la journée d’hier à discuter administratif. Ma fugue de la maison aurait pu très mal se terminer en fin de compte, et je dois avouer que j’ai eu pas mal de chance. J’ai eu de la chance que ce soit Marie qui hérite de ma garde, et pas mon frère. Ce dernier a hérité de la garde d’Alone et c’est tant mieux, qu’il fasse ce qu’il veut, ça ne me regarde plus désormais.

Marie m’a juré qu’il n’y avait aucun problème à ce que je retourne à la Pokémon Community, avec l’argent de l’héritage elle pourrait sans problème me payer les droits d’admission tous les ans. Elle va aussi quitter la ville pour repartir sur les routes avec son fiancé, mais elle m’a promis de venir me vois sur Adala de temps en temps.

Autre nouvelle, je l’ignorais mais Marie voulais depuis longtemps changer de nom de famille. Depuis qu’elle savait que papa était en vie en fait, elle ne voulait plus porter le nom de cet homme qui a abandonné sa femme et ses enfants. C’est pourquoi, elle avait changé son nom de famille en Frostheart, le même que celui de maman. Et comme c’est elle désormais qui a ma garde, j’ai le droit moi aussi de changer de nom, et de prendre le même qu’elle. Autant dire que je n’ai pas mis longtemps avant de lui dire que je voulais en changer aussi. Elle m’a assurée que ce ne serait pas long, et que je peux déjà me présenter sous mon nouveau nom. Ma sœur finit par se tourner vers moi et me sourit.

-Tu es prête à partir ?
-Oui grande sœur, j’ai hâte de retrouver tout le monde là-bas…de rentrée à la maison.
-Tu es certaine que ça va aller ?
-Ne t’inquiètes pas Marie, c’est sûr que je mettrai du temps avant de vraiment m’en remettre. Mais je vais bien, je te le jure.

Elle me sonde de ses yeux rouges sangs, les même que ceux d’Hiro, mais tellement différents en même temps. Une chose est certaine, Marie est la dernière personne de mon sang à laquelle je tiens, et je ne veux pas la perdre. Mais hors de question qu’elle apprenne ce que je ressens en ce moment, hors de question qu’elle sache que finalement ces évènements me passent plus par-dessus la tête qu’autre chose.  Je ne veux pas qu’elle me prenne pour un monstre comme peut l’être mon père…

-Dernier appel pour les passagers en direction d’Adala !!!

J’ai un faible sourire, je dois y aller. Marie me sourit aussi et me prend dans ses bras, me chuchotant que si j’ai besoin de quoi que ce soit, je l’appelle. J’acquiesce avant de me séparer d’elle, et alors que je ramasse mes affaires, elle se tourne vers Hestia et s’agenouille devant ma starter.

-Hestia s’il-te-plait, prend bien soin de Yuna pour moi.  
-Pyroniiiiiii

Je ne peux m’empêcher de rire devant autant d’enthousiasme venant de ma double-type. Après un dernier au-revoir nous montons sur le ferry, et je pars directement sur le pont du bateau. Non pas pour voir ma sœur, mais pour voir la ville de Nénucrique…je ne reviendrai probablement jamais ici alors que j’y ai passé la plus grande partie de ma vie. Mais c’est fini et je dois tourner la page, le plus tôt sera le mieux.

Le bateau démarre et la ville de mon enfance finit par devenir un petit point au loin. Je regarde le paysage et me perds dans mes pensées. J’ai appris beaucoup de chose ces derniers jours, sur moi-même, mais aussi sur ma famille, et l’information la plus importante concerne mon père. Il est encore en vie, il est quelque part et s’il pense pouvoir jouer l’autruche encore très longtemps il se trompe. Nos routes ont failli se croiser, a l’atoll de combat, je suis désormais certaine qu’il était là, caché. Donc il y a une petite chance qu’avec les missions de l’académie je puisse retomber sur lui, et ce jour-là…Je m’expliquerai avec lui, je veux savoir le fin mot de cette histoire, je veux qu’il me regarde dans les yeux et qu’il m’explique en quoi nous abandonner était une bonne idée. Je n’aurais aucun répit avant que je ne le trouve, et que je lui fasse payer. Bien entendu je ne mets pas de côté mon rêve de devenir membre du conseil 4, je ne suis pas folle au point d’abandonner mon rêve et de tomber dans la vengeance…Mais je ne lâcherai pas l’affaire tant qu’il sera en vie et que je n’aurai pas mes réponses.

Moi, Yuna Frostheart, j’en fais la promesse.

La dernière page du conte de fée a été réécrite, et s’est transformée en tragédie. A moi de faire en sorte de changer la suite.


 
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