Les rails de fragments
Hope Spettell
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Sujet: Les rails de fragments   Lun 7 Avr - 22:49

Le monde était grand. Ce souterrain était grand. Le monde est donc un souterrain. Ou peut-être pas.
Se promener à une dizaine de mètres sous le sol lui rappelais des souvenirs. Elle n'était encore venue qu'une seule fois, le jour de son arrivé pour aller chercher son premier Pokémon.

Gummy. Elle l'avait surnommé comme ça et cela semblait bien plaire à la petite sphère violette qu'était son Fantominus. C'était le premier Pokémon qu'elle a reçu. Il lui tenait compagnie. Il était un peu la seule personne de qui elle était vraiment proche autant sur le plan sentimental que physique. Pas qu'elle était associable, mais elle avait l'impression qu'elle n'aura jamais personne qui pourrait mieux la comprendre que la bande. Elle n'avait passé que quelques années de sa vie avec eux, et elle avait l'impression que c'était toute son existence.
Elle ne voulait pas les oublier. Et puis, la solitude ne la dérangeait pas plus que ça. Elle savait comment s'amuser. Et c'est ça qui comptait.


Elle était seule, dans un couloir aux murs en briques de pierres. Anciens. Du lierre s'y agrippait. Ça lui rappelait à quel point elle était petite, le désert qu'était cet espace, mais aussi l'importance de sa personne.
Elle n'était qu'un humain parmi tant d'autre. Un grain de sable sur une plage. Non, ça c'était comparé au campus. Si on devait comparer au monde entier, elle ne serait qu'un grain de sable dans l'océan. Elle n'avait aucune importance. Donc elle pouvait faire ce qu'elle veut. La liberté. Personne ne se souciera d'elle. Donc elle le fait.

Elle aimait bien cet endroit. Elle pourrait peut-être s'y perdre. Elle trouvera peut-être quelqu'un. Ou personne. Mais ça ressemblait aux canaux de là-bas. Des contours, des culs de sac, des virages. Elle aime s'y promener.

Elle marchait. Ses pas résonnaient. Rien que les siens.
Et puis quelque chose vint perturber cet équilibre qui régnait depuis un certain temps. Elle ne savait pas comment le définir d'ailleurs. Dans ces couloirs se reliant les unes des autres, où on ne savait où on pourrait déboucher, la notion du temps se perdait. Le soleil n'éclairait rien. Comme si cet endroit ne faisait pas partie du monde.

Plic, ploc. Plic, ploc. Plic.

La pluie ? Non, des gouttes. Mais pourquoi pas de la pluie alors ? Parce que.
Le plafond coulait. Peut-être y avait-il un canal juste au dessus. Ou un ruisseau. Ou le lac.

Le son était irrégulier. C'était déroutant. La synchronisation avec le bruit de ses pas était mauvaise. Alors elle arrêta de marcher et observa leur chute.
Elles était petites. Elles semblaient sortir de nul part. Mais elles tombaient rapidement, et se rassemblait sur le sol. Elles formaient une flaque.
On aurait dit les pleurs d'une personne.
Si c'était le cas, alors l'océan serait donc l’œuvre de la tristesse de l'humanité ?

Les souterrains regorgent tant de souvenirs. Des souvenirs perdus, des souvenirs tristes, des heureux. Que font-ils là ? Cherchent-ils leur propriétaire ? Sûrement.
Personne n'aime être perdu. Mais ils veulent oublier. Alors ils se perdent. Et ils ne le savent pas. Mais enfouir le mal n'est jamais une bonne solution. Un jour il refera surface.
Hope le savait, mais elle n'aimait garder que les heureux.
L'ambiance de ces tunnels la faisait se rappeler de tout. Même de ce qu'elle ne voulait pas. Soudain, elle revit une goutte. Elle tombait. Et s'éclata sur le sol.
Elle s'était perdu dans ses pensées. Elle avait perdu le temps. Celui qui rythmait le monde dans lequel elle vit.

Elle leva une main vers le plafond, et fit comme si elle voulait attraper une gouttelette. L'espace entre son index et son pouce se réduisait lentement. Elle s'immobilisa à une certaine distance.
Hope fixa ses doigts. Petites, mais fines. Des ongles soignés.

L'espace d'un instant, elle cru avoir été éblouie par un rayon de soleil. Mais l'impression se dissipa rapidement. Ces caves étaient sombres. La lumière de l'énorme boule de feu qui éclairait leur journée ne pouvait les atteindre.
Alors elle avança.
Elle marcha dans la flaque qui était toujours en train de se former. Lentement. Très. Peut-être même trop. Qui sait si le sol absorbait l'eau à la même vitesse que tombaient les gouttes ? Alors ces gouttes étaient inutiles. Trop d'effort, et de temps surtout, pour rien.
Une de ses ballerines fut salie. Elle ne s'en préoccupa pas. Elle séchera.

Les bruits de ses pas régulier masqua bientôt le son des perles d'eau qu'elle avait observées quelques instants plus tôt. Et bientôt, elle ne les entendit plus. L'équilibre était revenue.


Un virage. Elle le suivit. Nouveau couloir, très court. Tout au bout, il se divisait en deux. Une de ses mains se posa sur le mur droit. Elle prit la voie de droite.


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Sujet: Re: Les rails de fragments   Mar 8 Avr - 10:03

Sa main devenait sale à cause de la poussière. Des morceaux de terre s'incrustaient entre les plis. Mais elle ne semblait nullement dérangée. Elle continuait de la laisser traîner le long du mur. Elle se sentait proche de le terre, des racines, des origines, de son enfance.

« Tu traverses le canal principal en sautant sur les poteaux. Fais gaffe, c'est glissant. Ensuite tu pars à droite. Deuxième croisement, à gauche, tu remontes par l'échelle, puis au milieu de la montée, tu vas à gauche. Il y un petit muret qui dépasse et t'as un tuyaux au-dessus. Trois mètres après, tu lâches. En bas, il y a la grotte. » C'est ce qu'il lui avait dit. Mais elle n'y était jamais allé. Elle n'a pas eu le temps. Et elle le regrette. Quand elle était arrivée ici, ces paroles sont tombées aux oubliettes dans son cerveau.
Tim.
Et si elle essayait de faire le parcours ici ?

La surface que sa main frôlait devint soudainement plus molle. Elle jeta un regard au mur. La pierre avait laissé place à de la terre. Des racines sortaient de temps à autre du sol. Plus loin, la lumière s'éclipsait progressivement. Et si on avance encore un peu plus, le tunnel disparaissait, ne laissant distinguer plus qu'un trou noir. Le néant.

Peut-être est-ce là que vont les cauchemars ? Les méchants de notre imagination ?
Elle avait oublié ce livre. Un recueil de contes que lui avait offert ses parents pour ses sept ans. Ils lui avaient promis qu'ils lui en liraient un chaque soir. Mais ils rentraient trop tard.
La fillette avait finit par le lire toute seule. Avant de le laisser traîner de côté. Une fois finie, elle ne l'avait plus jamais retouché. Mais elle avait apprécié la féerie et la magie qui se dégageait de chaque histoire. Toutes différentes l'une de l'autre.
Et l'une d'entre elle parlait des mauvais rêves. Elle avait eu peur. Elle avait frissonné, mais il n'y avait eu personne pour la rassurer.
Elle fixa le trou noir.
Puis fit demi-tour.

Elle ne voulait pas avoir à affronter ça. De nouveau. Et seule.

Finalement la solitude ça ne menait pas à grand chose. Elle ne fera jamais rien de grand. Mais ce n'était pas grave. Elle ne voulait pas se donner de l'importance. Se démarquer. Car ça ne sert à rien.


Elle voulut retrouver le couloir principale. Alors elle retourna dans les couloirs soutenus par la pierre. Elle s'y sentait plus en sécurité.

Elle repensa à son acolyte de l'époque. Enfin, époque était un grand mot. Ils l'étaient encore, il y a deux mois à peine. Mais tout ça lui paraissait si lointain.
Que fait-il en ce moment ? Pense-il à elle ? Sait-il ce qu'il fera ?
« Destination : Unknown » Avait-il un jour tagué sur un mur, quand elle lui avait posé des questions sur son futur. Hope voulut reproduire ce qu'il avait fait, mais réalisa qu'elle n'avait pas pris mon sac. Elle n'avait rien pris du tout. Alors Elle ramassa un caillou et grava les deux mots sur une dalle. Ce n'était pas profond. Au moindre frottement la marque partira. Mais l'image restera dans sa mémoire, et c'est ce qui comptait.
De toute manière ces souterrains ressemblaient à un labyrinthe. Elle ne réussira pas à revenir ici.
Elle lançai la pierre précédemment utilisée de toute ses forces. Elle atterrit sur de la pierre. Mais aucun son ne résonna, comme pour lui faire comprendre sa solitude.
Il n'eut que le silence pour lui tenir compagnie.
Alors elle partit.


La pierre n'avait pas résonné. Mais ses pas, toujours. Ça donnait l'impression qu'elle était seule au monde. Seule dans ce désert humide constitué de multiples couloirs qui s'entrecroisaient.
C'était silencieux. Trop. Alors elle remis sa main contre le mur. Le léger son que provoquait les frottements la rassurait. C'était stupide. Elle en avait conscience.

Des couloirs. Des croisements. Des culs de sac.
Une lumière aussi instable que la régularité des tunnels. Voilà ce qu'était le souterrain quand on s'aventurait dans les ruelles plus étroites.
Elle n'avait pas retrouvé les gouttelettes. Elle n'était pas retournée sur ses pas. Elle avait pris un autre itinéaire.
Et au bout d'un moment, elle se fatigua. Les couloirs étaient devenues semblables l'une de l'autre. Alors elle s'appuya contre une paroi et se laissa glisser par terre.
Un dernier son de frottement. Le silence revint.

Elle ne sut pas trop combien de temps elle est restée là, immobile.
Le silence masquait cette notion avec une habilité qui lui était propre.


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Sujet: Re: Les rails de fragments   Ven 11 Avr - 0:08

« Qu'est-ce que tu fais là, flemmarde ? Allez, hop, debout ! On se fait un course. »
« Mais tu es en train de salir tes vêtements ! Lis au moins un magazine, t'auras une bonne raison, comme ça. »
« Oh, mais on dirait que tes habits ne seront plus réutilisables, quel dommage ! On dirait bien que tu va devoir m'accompagner pour ma tournée shopping, demain. »
« Que y a-t-il ? Allez, dis à tonton Kaykay. »
« Une clope ? »

Des voix. Elle entendait des voix. Ils l'appelaient, la grondaient, lui parlaient.
Et ses parents ? Qu'auraient-ils dit, eux ? Pas ça en tout cas. Juste rien. Ils n'étaient jamais là. Pourquoi ? Elle ne l'a jamais su. Alors rien ne l'empêchait de rester comme ça plus longtemps. Un petit peu.
Mais s'ils étaient là ? Comment aurait-ce été ? Des réprimandes. Voilà ce qu'elle aurait voulu. Parce que ça lui aurait donné une valeur. Une raison pour laquelle elle aurait été créée.
Certains enfants n'aiment pas être grondés. Encore moins par leurs parents. Elle, elle aurait voulu. Juste une fois, pour qu'ils lui prouvent qu'elle compte à leurs yeux, qu'ils se préoccupent d'elle. Voilà sa définition à ce mot.

La jeune fille sursauta soudainement. Elle avait entendu des bruits de pas.
Elle ne voulait voir personne. Alors d'un mouvement chancelant, elle se releva, et prit un couloir pour s'éloigner de ce qui annonçait une once de vie, là, sous terre.
Était-ce un rêve ? La réalité ? Une hallucination ? Elle ne savait pas. Elle ne voulait pas le savoir.

Au fil des mètres, elle avait commencé à courir. Elle ne savait pas trop pourquoi. Ses jambes avaient agi seules. Ou serait-ce plutôt son cerveau ? Sûrement l'un des deux en tout cas.

Le son des pas fut remplacé par celui d'une respiration rapide. Hope était essoufflée.
Elle s'était arrêtée et regardait à présent autour d'elle. Le couloir était plus large que les autres, serait-elle retournée au couloir principal ?
Un bruit d'eau qui coule attira son attention. Il venait de l'autre côté du mur. Elle posa sa main sur la paroi qui les séparait, et avança prudemment, de peur de s'éloigner de la provenance du son. Elle ferma les yeux pour mieux l'entendre. Une dizaine de mètres et sa main lui indiqua qu'il y avait un passage. Elle les rouvrit pour l'observer. Il était étroit. Elle s'enfonça dedans.

Une odeur exécrable parvint à son nez. Elle resta immobile plusieurs minutes au bout du passage. Elle observait ce qui se dressait devant elle aucunement dérangée par la puanteur des lieux. Elle en avait plus ou moins l'habitude.
Les égouts. Le souterrain était relié aux égouts. Des murs et des sols bétonnés se trouvaient devant elle. Une eau grise par la saleté coulait dans la rivière artificielle. Des déchets jonchaient le sol et flottaient sur le liquide. Une légère lueur provenant du plafond annonçait qu'il y avait une bouche d'égout un peu plus haut.
Hope longea le canal. Il n'y avait pas de barrière, mais elle ne voulait pas se risquer de tremper ses jambes dans cette eau regroupant sûrement les résidus de toute l'île.

Au bout d'un certain temps, elle finit par trouver un morceau en béton qui pourrait faire office d'un semblant de pont et qui lui permettrait d'arriver à l'autre rive. Quelques algues le recouvraient.
Elle posa un pied pour essayer sa solidité et arriva à la conclusion que il l'était, mais que les végétaux qui le recouvraient le rendaient glissant.
Elle respira un bon coup malgré l'odeur qui régnait en ces lieux, et traversa comme le ferait un funambule. Les bras l'aidant à tenir en équilibre et les pied se posant l'un après l'autre, doucement.
À peine le premier mètre franchi, qu'elle manqua de tomber, mais elle se reprit rapidement. Elle n'était même pas à la moitié. Il fallait qu'elle se concentre. Il était trop tard pour reculer.

Elle ne connaissait pas la profondeur de l'eau. À cette pensée, elle jeta un regard en biais, la tête toujours droite. Mais aucun indice ne pu l'aider à savoir. Il ne lui restait plus qu'à se focaliser sur son équilibre du mieux qu'elle le pouvait. Un pied après l'autre. Solide.

Sur un fil
On marche sur un fil
Funambules imbéciles
On abîme nos vies fragiles

Sur un fil
On marche sur un fil
De vices en évangiles
Face au pile, ainsi soit-il
Circus – Sur un fil – 2012

Il restait un dernier mètre. Un seul. Elle se réjouissait d'atteindre l'autre rive. Alors elle prit la décision de sauter. Erreur fatale.
À peine avait-elle prit un peu d'élan que son pied glissa. Une insulte sortie de sa bouche. Elle tombait en avant et vers la gauche. Dans un dernier recourt, elle poussa son pied sur le pilier de béton. Elle ferma ses yeux.

La force fut assez forte pour qu'elle ne tombe pas à l'eau. Cependant, la chute ne fut pas des plus douces. Elle atterrit sur le ventre, son genou frappa l'angle que formait le béton. Ses pieds pendaient en l'air, au-dessus de la surface liquide.
Avec les muscles de ses bras, elle se hissa vers l'avant pour se mettre en sécurité. Quelques secondes après, elle s'assit, douloureusement. Mais ce n'était pas grave. Elle avait l'habitude.
Elle inspecta sa jambe. Rien qu'une petite égratignure. Un peu de substance rouge avait coulé, mais la plaie se refermera vite.

C'est à ce moment qu'elle remarqua le panneau indiquant la profondeur de l'eau. Deux mètres cinquante. Elle eut un frisson. Hope n'a jamais appris à nager.


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Sujet: Re: Les rails de fragments   Ven 11 Avr - 0:23

Ensuite tu pars à droite.
Après avoir repris ses esprits, la jeune fille se remémora les paroles de son ami. Elle suivit la route qui longeait le canal.
Elle repensa à sa chute et se promit de se venger un jour en exterminant tous les Miasmiasmes et Venalgues de la planète. Mais cela perturberait l'équilibre naturel. Elle décida après un soupire de se contenter d'en tuer une petite dizaine. Enfin, si elle y arrive.
Car encore faudra-t-il qu'elle trouve ce gang de déchets.

Les néons fixés sur le plafond projetaient l'ombre de la jeune fille derrière elle. À peine qu'une disparaissait, qu'une autre apparaissait. Elle commençait fine et allongée, devenait ensuite aplatie et épaisse, avant de reprendre leur forme de départ. Puis elle laissait place à la suivante. Comme un métronome à sens unique. Métronome qui indiquait la vitesse de ses pas.

Deuxième croisement, à gauche.
Il y avait peu de croisement. Elle dut marcher pendant vingt bonnes minutes avant d'en trouver un. Le deuxième se situait environ deux cents mètres après le premier.
Elle observait l'eau du canal. Quelques algues flottaient par-ci par-là. Noires, vertes ou mêmes bleues. Charmant.
Une canette de soda. Des mégots. Des bouteilles en plastique. La propreté régnait.
Finalement, elle arriva devant le passage qu'elle désirait emprunter, chose qu'elle fit sans même réfléchir. Elle s'engouffra dans un tunnel. Le béton gris laissa place à de la roche. Le minéral était teinté d'une jolie couleur caramel. Des taches plus foncées se confondaient aux zones d'ombre.

Il y avait un peu de sable. La roche était légèrement friable. Elle avait l'impression que plus elle avançait, plus elle se rapprochait du centre de la terre. Comment est-ce vers le noyau ? On lui avait raconter une fois qu'il y avait un deuxième soleil, plus petit. Mais très chaud aussi. À l'époque, elle s'était dit qu'elle apporterait des marshmallows si un jour elle y allait. À présent, elle savait que ce n'était pas possible. Mais l'innocence des enfants est adorable tout de même.
La science, ça fait peur. Plus tu découvres, plus tu réalises que les choses sont toutes bien plus compliqués que tu l'aurais cru. Que tout est calculé. Tu découvres les dangers, les vérités. Mais plus tu découvres, plus il y a de mystères aussi. Pourquoi les gens veulent-ils découvrir tout cela? Ne serait-ce pas mieux de vivre sans avoir à s'en préoccuper?

Elle s'enfonçait dans les tréfonds de la terre.

Tu remontes par l'échelle.
Le tunnel était long. Très. On aurait pu le comparer à un serpent. Il n'était pas droit du début à la fin. Parfois, elle courbait légèrement à droit. Puis à gauche.
Finalement, elle déboucha à une grande galerie spacieuse. De l'espace.
Y pénétrer était comme une bouffée d'air fraîche. Hope était de loin pas claustrophobe, mais rester plusieurs heures dans ces espaces confinés ne s'avérait pas être des plus confortable au monde. Ses yeux scrutèrent chaque recoin malgré le mauvais éclairage dû aux lampes bon marché. En effet, elles étaient de basses qualité et n'éclairaient qu'un faible périmètre. À vrai dire, on pourrait même déclarer qu'il faisait sombre.
Et elle le trouva. Une échelle sculptée à même la roche. Elle vérifia une dernière fois la solidité des marches. Puis elle commença à grimper. À s'élever dans le vide.

Puis au milieu, tu vas à gauche. Il y un petit muret qui dépasse et t'as un tuyaux au-dessus.
Elle regarda le haut. Puis le bas. Elle avait déjà grimpé une bonne dizaine de mètres, mais ne voyait toujours pas jusqu'à où l'échelle menait. Des cailloux s'enfonçait dans ses paumes. Certains étaient coupants. Elle avait de plus en plus de mal à s'agripper. Les forces de ses doigts s'épuisaient au fur et à mesure des minutes qui s'écoulaient.

Finalement, après encore être montée de cinq mètres, une plateforme se présenta à sa gauche. Elle s'empressa de se hisser dessus. Ses mains n'en pouvait plus.
Le plafond de la galerie se trouvait à un mètre au dessus de la roche qui retenait la jeune fille. Hope devait alors ramper. Elle jeta un œil vers la bas. Elle ravala sa salive. Quinze mètres, ce n'était pas rien.

Trois mètres après, tu lâches.
Elle rampait. Elle se servait de la force de ses bras. Il n'y avait que quelques centimètres entre sa tête et le plafond. Ses muscles étaient tendus. Finalement, la plateforme se transforma en un escalier de trois marches après lesquels il n'y avait plus rien. La suivante se trouvait environ quatre mètres plus bas. Il fallait sauter.
Elle s'accroupit et se laissa tomber.
L’atterrissage se réalisa sans soucis. Elle se leva, puis se retourna.

En bas, il y a la grotte.
Un tunnel se dressait devant elle. Encore. Mais il était différent des autres. Elle le sentait. Mais ne savait pas pourquoi.
Un regard tout autour d'elle. Elle s'enfonça dans l'ombre.
Les cauchemars ne l'atteindront pas. Elle est à la recherche d'un remède pour soigner ses souvenirs. Et rien ne l'en empêchera.


Les premiers mètres se réalisèrent dans le noir complet. Mais au bout d'un certain temps, elle vit une lueur apparaître. Une lampe à l'huile éclairait merveilleusement bien. Elle était posée contre le mur. Un cul de sac. Le tunnel n'avait pas été terminé de creuser. Elle ressemblait alors plutôt à une grotte. La jeune fille se demanda si c'était une coïncidence. Peut-être.
Une pioche imposante était également posé sur le sol. Lourde. Beaucoup trop pour qu'elle puisse la porter.

Le feu qui brûlait dans la lampe avait quelque chose qui la fascinait. Il n'était pas comme ceux qui sortent des briquets. C'était la première fois que Hope en voyait une d'ailleurs.
Sa forme lui donnait un air majestueux aux yeux de la jeune fille, bien qu'étant un simple verre. Elle observait les ombres que provoquait les flammes qui dansaient, emprisonnées, sur le mur.
Elles paraissaient ne jamais se fatiguer. L'une dévorant l'autre.
La lumière qu'elles projetaient sur le mur donnait l'impression que la pièce se déformait, qu'elle était vivante.
C'était reposant. Et elle en avait besoin. Largement.


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Sujet: Re: Les rails de fragments   Lun 14 Avr - 11:34

On dit que lorsque l'existence d'un être prend fin, qu'il est envoyé au royaume de la mort. Une personne morte est un fantôme. Les Fantominus sont des fantômes. Alors pourquoi n'y vont-ils pas ? Mais je ne veux pas que Gummy me quitte. Alors je ne veux pas connaître l'explication. Peut-être est-ce seulement une inadvertance de la nature, et que si je le lui demande, il réparera son oubli. Mais je ne veux pas. Donc je ne demanderai pas. C'est égoïste. Et je le suis.

À cette pensée, j'imaginai mon spectre se mouvoir dans l'ombre créer par la lumière du feu. Il se serait bien amusé. J'arrivais à le visualiser, là, jouant à cache-cache avec l'obscurité. Je le vis m'indiquer quelque chose, puis il disparût. J'ai halluciné. Mon imagination prend parfois trop de liberté. Je poussai un soupire.

On dit que ces souterrains regorgent de plein de trésors. Des trésors que les souvenirs ont perdu. Peut-être pourrai-je en trouver, moi aussi ? Peut-être est-ce cela que je cherche depuis le début. Quelque chose.
Tim ne m'avait pas dit ce qu'il y avait de si particulier dans le lieu qu'il avait découvert. Peut-être le trouverai-je ici ?

Je ne me préoccupai pas du fait que l'endroit était complètement différent. Mon cerveau réagissait seul. Je voulais trouver quelque chose. Même un tout petit.
Alors je regardai la pioche. Elle me sera utile, avais-je pensé. Elle était trop grande surtout. J'essayai de la soulever, mais à peine avait-elle quitté le sol, qu'elle retomba brusquement.
Ma force n'était pas suffisante.

Je gonflai mes joues et me laissai tomber par terre. Que faire ? Je n'avais absolument rien mis à part cet outil que je n'arrivai pas à manier. Ou à la limite la lampe à huile. Mais je ne voulais pas risquer de perdre ma seule source de lumière de l'instant présent.
Je décidai de déjà inspecter s'il n'y aurait pas déjà un objet visible, ensevelis dans la roche. Je me mis à quatre pattes et commençai à frôler chaque parcelle du sol de mes doigts. C'est à cet instant que je remarquai à quel point mes mains s'étaient salies. Mais ce n'était plus le moment de s'en plaindre. Ces choses se lavent de toute manière.

De la roche. Des cailloux. C'était parfois rugueux, parfois lisse. Quelques fois, coupant, aussi. Mes mains cherchaient, mes doigts inspectaient.
En fermant les yeux pour sentir la texture, on aurait pu prendre le sol pour du marbre comme pour du papier de verre. Du sable aussi, par moment. Le silence régnait. Seul le son de mes ongles grattant la roche et les crépitements des flammes se faisaient entendre de temps à autre.

Lorsque j'estimai avoir assez fouillé le sol, je passai aux parois. Celui du fond avait subit des coups de pioche il n'a pas longtemps, en jugeant la structure. On aurait dit le relief d'une chaîne de montagnes.
Elle me donnait envie de creuser pour voir ce qui se trouvait au bout. Peut-être la lumière du jour, ou un autre passage, un autre tunnel. Mais ce n'était pas dans mes capacités. Au-dessus de ce dont j'en étais capable. C'était dans ces moments-là que je réalisais que ma faiblesse. Comparée à une tornade, à un tsunami. À un solide mur. Peut-être même à un arbre.

Je fixai des yeux ce mur si irrégulier, scrutant chaque centimètre carré de mes pupilles bleues.
Puis j'abandonnai. Je passai aux deux murs suivants, sans trop m'éloigner de la source de lumière. Mais j'étais à présent déjà moins convaincue que tout à l'heure, moins convaincue de pouvoir trouver un quelconque objet. Peut-être ne suis-je qu'une incapable et que mes parents le savaient dès ma naissance ? Je chassai cette idée qui m'horrifiait du plus haut point en secouant ma tête et me concentrai sur les sensations que je captai du bout de mes doigts.

Malgré moi, je finis par me distraire, mes pensées me prirent en otage. Je me demandai à présent quelle couleur devaient avoir mes yeux dans cette obscurité que nous procurait le lieu. Ou si les flammes qui brûlaient le breuvage épais se reflétaient dans mes yeux. Mais une fois qu'elle aura tout dévoré, que restera-t-il pour l'alimenter ? Rien. Le feu disparaîtra. Elle s'éteindra comme une vie qui quitte la Terre.

Je voulus vérifier quelle quantité d'huile restait encore dans le bocal transparent. Mais alors que je m'approchai, je vis dans le sol un fragment d'une matière inhabituelle pour l'endroit. Intriguée, je m'en approchai et m'installai sur mes genoux. Pourquoi ne l'avais-je pas remarqué plus tôt ? Sûrement parce que je n'avais pas inspecté la zone proche de la lampe. Ça avait été instinctivement. Sûrement parce que le feu reste un danger pour l'humain.

Je commençai à gratter la terre qui le recouvrais d'un ongle. Une fois le morceau qui dépassait du sol plus ou moins propre, je m'attaquai à la roche dans laquelle il était incrusté. Cependant ce n'était pas une tâche facile. Je manquai de me casser un ongle sans avoir pu observer même l'once d'un quelconque résultat. Je soupirai.

Alors que mes yeux s'étaient perdus dans les vagues, je repensais à la pioche. Je ne pouvais pas la soulever toute entière, mais si seulement un bout ? Cette idée me semblait bonne. Je me relevai difficilement, les jambes endolories, et me dirigeai vers l'outil convoité. Après l'avoir regardé avec un air de défi, je lui balançai un coup de pied dedans. Un son métallique résonna dans toute la caverne, suivit d'un cri de douleur étouffé.
Les larmes aux yeux, je finis par jeter un regard sur le sol pour voir si ma souffrance avait au moins servit à quelque chose. Lorsque je vis que le partie supérieure s'était détachée de l'inférieure, un sourire s'afficha finalement sur mon visage.

L'ouvrier à qui cela appartenait ne va pas être content. Mais en même temps, il n'avait qu'à ne pas la laisser ici. Je fis quelques pas pour m'approcher de l'objet que je venais de démolir. Je grimaçai légèrement de douleur à mon geste. Mes orteils avaient tout de même souffert.
Je saisis le croissant de lune métallique. Il était largement plus maniable qu'à son état initiale, bien que restant toujours très lourd.
Munie de mon nouvel outil, je retournai à l'endroit de ma fouille, décidée à le déterrer. Avec la tête de la pioche, je grattais doucement, mais sûrement, le contour de l'objet enfouis. Par moment, jugeant que cela devenait trop gros pour le travail que je souhaitais effectuer, j'usais de mes ongles. Au bout d'un certain moment, je décidai de plutôt m'aidai d'un caillou. Trop de particules de roche s'étaient incrustées sous mes ongles, cela commençait à devenir douloureux.

C'est ainsi, à l'aide d'un caillou et de la moitié d'une pioche, que le contour d'un objet commençait à se former sous mes yeux.


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Sujet: Re: Les rails de fragments   Lun 14 Avr - 11:34
Le membre 'Hope Spettell' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'CHASSE' : 1
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Sujet: Re: Les rails de fragments   Mer 16 Avr - 15:43
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RP : C'est un très beau Rp qui mettait en valeur l'histoire et la profondeur d'Hope. Tu as su faire quelque chose d'original au travers du parcours d'Hope et en tirait des descriptions  qui sont vraiment géniales. Tu es aussi l'une des rares à avoir vraiment décrit la "recherche" de l'objet ce qui est très bon point. Un seul bémol, Gummy était absent.

Prédispositions : Aucune.

Autres Bonus : Aucun.

Dé : Mauvais lancer.

Gains : Le précieux objet dont tu fais la découverte est un Bracelet de combat cassé (+3 point en Attaque spéciale).
Hope Spettell
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Todresseur Ranger
Sujet: Re: Les rails de fragments   Lun 21 Avr - 12:54

Des souvenirs heureux, des souvenirs tristes,
Des souvenirs perdus.


Un bijou qui avait traversé le temps. Peut-être s'est-il séparé de sa capsule temporelle ? Je l'observai, posé dans la crevasse issue de mon œuvre. Rouge métallique. Ses reflets ne cessaient de danser, emportés par le rythme des flammes.
Un cercle fermé, avec quelques décorations noires. Mais il avait été brisé vers une partie. Il a vieillit. Les gens aussi, vieillissent. Et un jour, ils disparaîtront.

Je dégageais finalement les derniers morceaux de roche qui le bloquait. Puis délicatement, je le pris dans mes mains. J'avais peur de le briser. De briser les souvenirs qu'il emprisonnait, dont il était emprunt. Je pensai à son propriétaire. L'a-t-il perdu ici ? Un pokémon le lui a volé ? Qui était-ce ? Depuis combien de temps était-il enfoui là ?
Finalement, j'imaginai Tim. Il l'aurait apprécié. Beaucoup. Alors je souris et serrai le bracelet dans mes doigts.
Il était solide. Pour être cassé comme il l'est, il a dû subir une grosse chute. Puis je fixai finalement mes mains. Elles étaient sales, recouvertes de poussière et de terre. Quelques coupures, aussi. Et des égratignures.

J'enfilai le bracelet sur mon poignet. Il était bien trop grand. La personne qui l'avait devait être musclée. Je me relevai. Mon jean était dans le même état que mes mains. Je fis le tour de la grotte avec mes yeux. Cet endroit où j'étais à présent depuis plusieurs dizaines de minutes. J'observai de nouveau le mur au relief important, la pioche séparée en deux parts et la lampes. Il était temps de s'en aller.
Je me dirigeai vers là où j'étais arrivée. Je voyais la lumière provenant de la grande galeries, laissant celle produit le feu du petit bocal derrière moi.
Puis elle s'éteignit.
Surprise, je me retournai. Le noir. Total. Les flammes s'étaient fatiguées. Elles se sont endormies. Je revis le néant. Les cauchemars. Je détournai la tête et courrai vers la sortie. Mes pas résonnaient. Je fuyais.

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La hauteur. Environ dix mètres. Je voyais la vaste galerie s'étendre à mes pieds. Je sentis le bracelet glisser. Je serrai mon poing pour l'empêcher de s'échapper. Par où descendre ? Je repérai une échelle en corde vers un côté de la plateforme où j'étais. Je regardai mes doigts. Je souris. J'y arriverai.

Les cordes s'enfonçaient dans ma main, ouvrant les plaies. Je grimaçai. Du sang commença à s'écouler de la gauche. Je jetai un regard vers le bas. Cinq mètres environ. Tant pis, je lâchai.
J'atterris solidement sur mes jambes. Je poussai un soupire de soulagement et m'appuyai contre le mur.

Je me reposai. Une fois cela fait, je réfléchissais à comment sortir. L'échelle sculptée mène sûrement quelque part, mais dans mon état, l'emprunter se révélait être une prise de risque incompréhensible. Alors je m'enfonçai de nouveau dans les méandres du souterrain.
Labyrinthe où se perdent les souvenirs faisant alors naître les sentiments qui peuplent le monde.



Spoiler:
 

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Les rails de fragments
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