[435] Ciane Sheridan [PYROLI]
Ciane Sheridan
Région d'origine : Unys
Âge : 15 ans
Niveau : 2
Jetons : 0
Points d'Expériences : 29
Todresseur Novice
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Sujet: [435] Ciane Sheridan [PYROLI]   Lun 10 Avr - 21:09
Ciane Sheridan
Nom. Sheridan
Prénom. Ciane
Âge. 15 ans
Région d'origine. Unys
Ambitions futures. Elle a pour idée de s’engager dans la voie des Top Dresseurs, soit en tant que Ranger, soit pour se spécialiser dans un type. Il n’y a de mieux pour l’action, découvrir de soi-même et s’engager dans des aventures tout en travaillant avec les Pokémon. La médecine lui serait également source d’intérêt, mais Ciane n’envisage pas un instant de s’y engager à plein temps. Il y a tant de possibilités que  même les plus sûrs pourraient être tentés d’hésiter. Rien n’est donc certain pour l’adolescente, même si elle penche sérieusement pour cette alternative.
Il faut se méfier des cendres : elles peuvent cacher du feu.
Description
Si vous demandez à quelqu’un de décrire Ciane, la première chose qui vous parviendra est ses cheveux d’une couleur flamboyante, comme si le soleil était venu mourir dans ses mèches qui ondulent doucement. Très rarement attachés, ils encadrent son joli visage pâle, constellé de taches de rousseur. Celles-ci sont également l’un des premiers traits physiques qu’on lui retiendra, et si parfois elle préfèrerait avoir le teint uniforme, l’adolescente est contente d’avoir une autre particularité qui la démarque. En effet, il lui fort difficile de passer inaperçue notamment à cause de ce qui orne naturellement son crâne. Elle fait partie des personnes qui n’aiment pas être laissées pour seules et ont besoin de compagnie.
On vous contera son visage naturellement avenant, pourvu de lèvres fines et charmantes lorsqu’elles s’étirent mais qui demeurent gercées. Son faciès s’illumine lorsqu’elle sourit et que ses lèvres s’écartent pour dévoiler sa dentition blanche, où les deux incisives du haut s’écartent légèrement pour dévoiler un bonheur qui se cache à peine. Nul doute qu’il s’agit là d’une personne très charismatique, vers qui on se tourne facilement sans qu’on sache pourquoi. Il est plaisant d’entendre sa voix claire et à peine cassée, lorsqu’elle entame un discours. Il y a des gens, comme ça, qui semblent nés sans timidité apparente et qui usent de leur charme naturel. Menteur soit celui qui prétende ne pas vouloir être ainsi ! On aimerait tous être de la sorte, se débarrasser de la gêne.
On vous dira aussi son nez presque droit sur lequel les tâches de rousseurs se sont évidemment invitées, comme sur ses joues fines et ses pommettes. Vous entendrez parler de ses yeux bruns, aux nuances de doré fascinantes, qui ne cessent de changer de teinte à mesure que la lumière change, comme si ces iris étaient constitués d’or fondu qui se mélange avec le bois des pins. Ses prunelles animées qui brillent généralement de joie de vivre ou d’espièglerie sont le reflet sincère de ses sentiments, quels qu’ils soient. Lorsqu’elle tente de cacher une émotion, regarder les deux orbes qui ornent son faciès est le meilleur moyen de savoir son trouble, ou sa colère.
Car ses cheveux de feu sont à l’image d’un caractère qui s’embrase rapidement et soudainement. Ciane est irritable, et quelque réplique inconvenante lui procura courroux qu’il n’aurait fallu déclencher. Une fois sa colère attisée, il est difficile de la calmer et son caractère à sang-chaud n’y arrange rien. Les malheureux qui ont été spectateurs ou victimes de ces moments enragés pourront témoigner du difficile contrôle qu’elle a sur elle-même, et des propos blessants qu’elle tient pour les regretter plus tard. D’aucuns seraient surpris d’un tel contraste entre le visage souriant qu’elle expose et cette façade peu aimable qu’elle présente.
Vous serez prévenus ! Ne lancez pas de rumeurs sur Ciane : elle a beau ne pas être très à l’écoute des propos des autres, vous ne sauriez vous défendre si elle venait à apprendre que tout vient de vous. C’est une personne qui a une fierté à laquelle il ne vaut mieux pas toucher. Ne serait-ce qu’avouer être en faute lui est une humiliation ; elle peut entamer une longue discussion pour vous imposer par a plus b que c’est elle qui a raison, et vous vous murez dans un silence dubitatif parce qu’elle commence à s’agacer et que vous savez que si vous tentez de la contredire elle pourrait véritablement s’énerver.
Il y a bien une chose étonnante dans son comportement présent, c’est qu’elle supporte sans broncher la Générale Jackie. Surement est-ce parce qu’elle est l’incarnation même de l’autorité sévère, et parce que malgré ses nombreux reproches envers les élèves, elle veut tirer le meilleur d’eux. Il était un temps où la rouquine détestait les hiérarchies et n’en saisissait pas le sens jusqu’à volontairement désobéir aux règles : c’est fini maintenant.
Ciane est du genre à employer les grands moyens lorsqu’il le faut, pour parvenir à ses fins. Ne pensez pas que vous hurler dessus sera sa seule alternative : elle peut en venir aux mains sans se soucier des conséquences. La rouquine est très sportive et a la boxe pour dernier sport entrepris –elle en a testé bien d’autres, mais c’est sur celui-ci qu’elle s’est finalement arrêtée, satisfaite de son choix. Elle s’entraîne beaucoup et depuis longtemps, aussi vous feriez surement meilleure affaire en vous retirant tranquillement si elle décide de faire parler ses poings. Un œil au beurre noir est un cadeau qu’elle pourrait vous infliger et vous le retiendriez longtemps avant qu’il ne s’efface de votre peau. Quiconque de sensé vous préviendra, de toute manière, avant que vous ne décidiez de la provoquer. Sinon, c’est que vos amis sont des idiots, ou ne tiennent pas à vous tant que cela.
Comme elle aime le sport, et ça a été dit plus haut, l’adolescente réalise parfois des tournois sportifs, dans lesquels elle donne le meilleur d’elle-même. N’espérez aucune pitié ou compassion de sa part si vous êtes un adversaire ; ami ou non, elle vous considèrera uniquement comme ce que vous représentez à l’heure présente. Trépassez sous son agilité et sa force, mais vous saurez la prendre à revers grâce à un stratagème bien pensé, puisqu’elle n’est pas idiote non plus. La souplesse n’est pas son fort, hélas ! Malgré ses nombreuses heures d’étirement, elle ne sait toujours pas esquisser la réussite d’un grand écart. Ce n’est pas pour autant qu’elle renonce : Ciane a une volonté de fer et si elle peut obtenir ce qu’elle veut, quitte à devoir mordre la poussière avant et recommencer, elle le fera sans hésiter. Elle se donne les moyens de réaliser ses ambitions, et n’aime pas quémander de l’aide aux autres. Loin de la rouquine l’idée de passer pour une jeune fille un peu trop pourrie-gâtée.
Elle est en effet loin d’être une personne qui se plaint devant une assemblée : elle déteste la compassion qu’elle attise si elle est dans le besoin. La rouquine n’ira jamais pleurnicher dans son coin pour quelque chose de futile, et tentera plutôt de trouver une solution concrète mieux que celle de laisser le temps passer.
Son caractère bien trempé s’accompagne d’une franchise parfois blessante à l’égard de ceux qu’elle n’aime pas. Ceux qui ont réussi à se faire détester de la jeune fille ont réussi un exploit car la majorité des élèves de l’école l’apprécie. Ciane peut se montrer méprisante et cassante avec la gent qui suscite son dégoût, et elle juge que cela leur va bien. Ils n’avaient qu’à pas s’attirer ses foudres !
« Comment entrer dans sa liste noire ? », que vous demandez ? Vous semblez plus fou qu’il n’y paraît au premier abord. On peut vous répondre aussitôt qu’il faudrait s’en prendre à ses compagnons de dortoir. Très solidaire et ayant l’esprit d’équipe lorsqu’il le faut, Ciane ne tolère pas le manque de respect envers ceux qui n’ont rien demandé. Vous avez aussi le choix de vous en prendre directement elle. Mais à moins d’être dénué de logique, personne ne s’amuserait à cela.
D’un physique recommandable grâce aux exercices physiques qu’elle réalise, il ne faut toutefois pas la confondre avec ces fashionistas qui réalisent des régimes trop souvent pour s’autoriser à avaler un carré de chocolat le soir de Noël ou le jour de Pâques. Une silhouette aux épaules doucement carrées, des bras fins mais musclés, une taille fine mais un ventre pas totalement plat pour ne pas se confondre avec ces filles parfaitement taillées, et de longues jambes qu’elle met parfois involontairement en valeur, à l’aide de shorts qui font fureur durant l’été ; il s’agit d’une belle fille.
Ciane a une sainte horreur des artifices trop prononcés, et il lui arrive même de ne pas se maquiller. Du mascara ? Elle ne connait pas, et puis elle n’en a pas besoin : ses cils sont déjà bien foncés. Rouge à lèvre ? Elle en a déjà entendu parler. Anticernes ?  Voilà qu’elle en met ! Il est rare de croiser la jeune fille avec plus que cela sur le visage. Son teint a beau être clair, elle ne voit pas de véritables imperfections sous ses taches de rousseurs. Si elle met de cette sorte de crème, c’est uniquement pour les soirs où elle n’a pas assez dormi –ou que son Pokémon la réveille un peu trop tôt. Il lui arrive souvent de ne pas se maquiller du tout, puisqu’elle juge ne pas en avoir besoin.
Pour les vêtements, le cas est semblable : elle n’aime pas s’encombrer de frou-frous ou d’habits trop cintrés et serrés. Ciane aime être bien vêtue mais en même temps confortablement parée. Son style est fatalement celui des adolescents, reflétant un dynamisme communicatif et une jeunesse dont elle profite à plein temps.
Vous savez qu’il s’agit d’une rouquine sportive, mais qu’en est-il des matières scolaires ? Elle n’est pas nulle, mais pas excellente non plus. Elle est polyvalente. Aussi bonne en mathématiques qu’en langues, elle reste à un niveau convenable qui avoisine les quatorze et les seize sur vingt. Il en coûterait de l’admettre qu’en plus de toutes ces qualités elle est ainsi, mais sachez que de nombreux défauts viennent encore compenser cela, et ils sont énumérés plus haut, mélangés dans cette masse d’informations.

Histoire

Les yeux bouffis, elle le regardait. Assise, l’échine courbée pour pouvoir poser ses coudes sur ses genoux, elle regardait son meilleur ami qui s’affairait à ranger un à un les stylos à bille dans leur étui. Il ne faisait que lui délivrer du temps pour réfléchir à ses mots pendant qu’il se donnait contenance devant si peu de coopération de sa part. Il lui avait imposé que sitôt que son bureau serait en ordre, elle devrait lui dire ce qu’il se passait. Evidemment, il avait vidé le contenu de ses nombreuses trousses sur le bois d’ébène pour lui laisser tout le temps dont elle souhaitait disposer.
Cela faisait maintenant un quart d’heure que cela durait, et après avoir rangé la première boîte, le jeune homme en eut assez. Il lâcha soudainement la poignée de stylos qu’il avait agrippé et les objets tombèrent dans un bruit désagréable sur le meuble et le sol de carrelage blanc, qui eût rappelé les austères hôpitaux si la pièce n’était pas si chaleureusement décorée. Outre le bureau qui trônait sur le même pan de mur où la porte se trouvait, un confortable lit était apposé dans l’angle de la pièce, à l’opposé du jeune homme. Une commode encombrée de mille et un bibelots attendait près de la tête de lit, sculptée dans du bois clair qui détonnait avec la couleur sombre du tapis qui couvrait une grande partie du sol à l’infâme revêtement. Les deux jeunes gens s’accordaient parfaitement à qualifier celui-ci de véritable catastrophe gustative. En même temps, quel architecte se serait amusé à mettre telle chose immonde, s'il n'était stupide ? C’était vraiment moche, et surtout froid. Très froid. Mais les parents de Nathaniel n’avaient pas en perspective de changer le carrelage, alors rien ne s’améliorerait d’ici peu.

Les yeux bruns de Ciane se portèrent vers la fenêtre pendant que l’adolescent se dirigeait vers le lit où elle était assise. Il neigeait, au-dehors. Il neigeait toujours à Flocombe, sauf peut-être l’été. On peinait à croire qu’une ville se soit véritablement construite dans le froid mordant du Nord d’Unys, et pourtant c’était bel et bien le cas. La bourgade était réputée pour ses hivers impitoyables –bon nombres de gens qui s’étaient aventurés en forêt avaient été surpris par le blizzard et n’étaient jamais revenus-, et l’on n’imaginait pas combien ceux qui y vivaient étaient amoureux de la neige et de ces basses températures. Mais pas Ciane. Elle n’aimait pas le froid, pas du tout. Il avait fallu qu’elle naisse dans la ville la plus reculée et gelée du pays. On parle de chance…
Pourtant, quoi qu’elle puisse en dire, elle l’aimait bien, sa région austère. Elle était certainement celle qui recelait du plus de légendes puisqu’on racontait qu’il se tenait au beau milieu de la forêt dense, la mythique Tour Dragospire. Hélas ! Elle n’avait pu l’apercevoir que par son imagination. Elle doutait même que quelqu’un l’aie réellement vue un jour : les récits se perdaient rapidement, et l’on n’avait aucun dessin ni texte écrit pour tenter de la représenter.

La rouquine revint rapidement à la réalité lorsque la main calleuse de son plus vieux confident se posa sur son épaule. Elle tourna sa mine triste vers lui. Comment allait-elle lui dire ? Comment ne pas le blesser autant qu’elle l’avait été ?  Elle ne voulait pas le frustrer, mais elle ne voyait pas comment éviter cela. Elle détestait cette situation impossible. Elle détestait se retrouver coincée. Elle détestait cette tension qui s’était établie sitôt qu’elle était entrée dans la pièce.

-Qu’est-ce qu’il se passe ?, demanda le jeune garçon pour la énième fois.

Sa voix grave avait un instant empli l’air chaud de la pièce pour s’atténuer tragiquement. Son intonation inquiète avait resserré l’étau autour du cœur embrasé de la fille aux cheveux de feu. Elle ne pouvait pas lui dire, finalement. C’était trop dur. Rien que le fait de le prononcer à haute voix lui ferait comprendre qu’elle ne rêvait pas. Et les Grands savent qu’elle aurait aimé rêver ! D’habitude si terre à terre et réaliste, elle était maintenant perdue dans les songes d’un idéal qu’elle n’obtiendrait pas.

-Tu peux tout me dire, lui assure-t-il.

Oh, bien sûr qu’elle le pouvait! Elle n’avait tout simplement pas envie.
Constatant ses interventions vaines, Nathan, comme on le surnommait, soupira. A sa mine, on devinait qu’il cherchait à convaincre sa moitié de lui parler. Depuis qu’elle était arrivée devant la porte de sa maison, elle n’avait décroché un seul mot. Peut-être un « bonjour » qu’il n’avait pas entendu, et il en doutait. Ciane n’était pas du genre à s’emprisonner dans le silence pesant qui trônait maintenant. Il semblât que ce fût une malédiction qui la tenait, tant c’était surprenant. Même l’adolescent ne la reconnaissait pas. Elle paraissait véritablement une autre personne, presque une inconnue. On ne la retrouvait que grâce à ses ondulations rousses, et même ses yeux semblaient éteins alors qu’ils démontraient habituellement son dynamisme sans fin et sa joie de vivre apaisante. Elle était là, présente sans vraiment l’être, comme un fantôme qu’on oublierait sitôt qu’on aurait détourné le regard. La belle fille avait, habituellement, toujours le besoin incessant d’être en mouvement : elle avait une sainte horreur de rester les bras ballants, et voilà que c’était ce qu’elle faisait à présent.
Le jeune homme rajusta sa position pour s’assoir en tailleur, derrière la rouquine, et l’étreignit de ses bras en enveloppant ses épaules carrées pour une fille. Le nez dans ses cheveux, il sentait son parfum délicatement légèrement doux pour ses narines. Il embaumait ses mèches, et c’était sans doute l’odeur la plus agréable qu'il lui fusse donnée de sentir. Après de longues minutes à ainsi bercer celle qui était sa meilleure amie, il éleva la voix en un chuchotement assez fort pour qu’elle l’entende :

-Tu te souviens de la fois où nous nous sommes rencontrés ? Nous avions quatre ans. Maintenant, on en a quinze. C’était l’été et nous étions au jardin d’enfant. Tous les deux, on voulait emprunter le toboggan, sauf que toi tu étais en haut et moi je voulais le grimper à l’envers, par la pente. Tu as crié que tu descendais peu importe qui se trouvait en bas et as joint le geste à la parole. Comme un idiot, je pensais que tu ne le ferais pas ; on ne se connaissait pas, à l’époque, et maintenant je sais que tu ne bluffais pas. Le résultat a été que tu es tombée sur moi.

Un sourire nostalgique se dessinait sur ses lèvres fines à mesures qu’il revoyait les évènements défiler devant ses yeux clos. Il se souvenait de tout. Chacune des rides expressives de leur visage, les émotions dans leurs grands yeux d’enfants, et même les plis de leurs vêtements. Tout était ancré dans sa mémoire. Il retenait tout, depuis toujours. C’était un don.

-Quand tu t’es relevée, tu m’as dit que j’aurais dû me pousser. Tu avais des sourcils roux, très foncés, un peu comme maintenant, et ils étaient froncés. Cela formait une ride au milieu de ton front laiteux. A cette époque, tu n’avais pas encore toutes ces tâches de rousseurs ; juste quelques-unes qui décoraient tranquillement tes pommettes. Ton visage aurait été adorable s’il n’avait été si furieux. Tes poings serrés se tenaient au bout de tes bras tendus, droits comme des piquets, le long de ton corps. Tu étais grande pour ton âge –maintenant c’est plus ou moins le cas puisque tu mesures ma taille. C’est fou, je me souviens même de tes vêtements. A cette époque, tu portais encore des jupes, releva-t-il dans rire faussement moqueur.
« Moi, j’étais plus têtu que maintenant. Je ne voulais pas admettre que c’était toi qui avait raison de me blâmer ; n’importe qui se serait pourtant rendu à l’évidence que ce que je voulais faire n’était pas très malin. Alors, je t’ai crié que c’était toi qui aurais dû attendre que je m’écarte avant de glisser. Mes mains agrippaient le sol en tartan, qui était là pour prévenir les chutes stupides d’enfants intrépides qui ne voyaient de danger nulle part alors qu’il était partout. Ceux qui l’avaient mis là avaient eu bon goût de le faire, sinon je ne veux songer à ce que nous aurions pu hériter comme blessure mauvaise. Le goudron nous aurait écorché les codes et les genoux et je ne doute un seul instant qu’au lieu de nous disputer vulgairement, nous aurions pleuré notre douleur.
« Tu t’es relevée avant moi, et tu me dominais de toute ta hauteur. A cette époque, tu avais déjà le sang chaud : tu t’es énervée sans plus tarder et tu as haussé le ton, irritée qu’on t’aie répondu aussi violemment sur un ton qui te déplaisait fort. Ton caractère était aussi bien trempé qu’aujourd’hui, et tu ne t’es pas gênée pour me faire comprendre que je n’étais pas en position de te faire quelconque reproche. Tout cela restait terriblement enfantin, bien évidemment : ce n’était rien de bien grave. Heureusement, nos mères respectives sont arrivées pour interrompre le conflit futile, et elles nous ont examinées avec toute l’attention du monde, de crainte que nous ayons eu quelque mal incurable. Nous savons tous comment elles sont : elles sont protectrices au possible et s’inquiètent jusqu’à se faire un sang d’encre pour pas grand-chose. Mais comment le leur reprocher ? On ne saurait leur en vouloir pour si peu alors qu’elles font tant pour nous.
« J’ai commencé à pleurer lorsque les doigts fins de ma mère ont attouché mon genoux révélé par un disgracieux trou dans mon pantalon tout neuf. J’avais le genou à peine écorché et l’on pouvait affirmer que ce n’étaient donc que des croco-larmes. Les enfants sont généralement en train de sangloter pour un rien, et tous ces petits bobos en sont souvent la cause puisqu’ils sont cascadeurs au possible. Toutefois, pour eux, ils souffrent véritablement d’une douleur atroce, causée par cette petite égratignure imperceptible qui trône sur l’os bien protégé de leur membre blessé. J’avais bel et bien mal –c’est ce que je pensais-, jusqu’à ce qu’on appose sur mon épiderme un pansement de taille ridiculement petite, quoi qu’adaptée à ma blessure de guerre. Après quoi, mes larmes ont vite disparu, et j’ai eu tout le loisir de te regarder essuyer les reproches de ta propre mère, qui ne cessait de te rappeler que ce n’était pas parce que je ne m’étais pas poussé à temps qu’il fallait que tu me rentres-dedans pour autant ; elle avait vu toute la scène depuis le banc où elle te surveillait de son œil prévenant et maternel.
« Nous avons été en froid jusqu’à ce que les adultes nous ordonnes de retourner à nos occupations pendant qu’elles s’excusaient l’une l’autre des désagréments que nous avions pu causer –des politesses bien inutiles du point de vue de simples enfants un peu trop agités en cette fin d’après-midi. C’est ainsi que nous nous sommes regardés dans les yeux, cherchant encore une once d’hostilité chez celui qui nous faisait face.
« Finalement, un sourire a étiré mes lèvres pour dévoiler ma dentition incomplète. Il me manquait une incisive que j’avais perdu quelques jours précédents, alors que je croquais dans une pomme. J’étais précoce pour cet aspect, puisque les dents de lait commencent normalement à chuter des gencives à l’âge de cinq ans. Ce n’est qu’une poignée de plusieurs centaines de jours dont il est question, mais cela faisait de moi un enfant en avance sur ce point. J’avais eu peur lorsque j’avais découvert ce bout d’émail planté dans la chair sucrée et juteuse du fruit. Ma mère n’a pas besoin de me raconter que j’ai crié pendant longtemps pour qu’elle vienne en aide à ce pauvre démuni que je devenais. Mon frère, qui déjà avait la majorité et ne tarderait plus à partir de la maison pour s’en aller dans une autre contrée, m’avait fait croire que j’allais devenir sans-dents et que j’aurais besoin d’un dentier pour le restant de mes jours. Que j’étais naïf ! Tous les enfants le sont, après tout.
« Toi, tu n’avais ni frère ni sœur, et tu en étais inconsciemment contente. Je pense que tu n’aurais supporté qu’on vienne t’embêter alors que tu jouais tranquillement, ou que ton frangin t’envoie sa tartine de confiture sur le visage pendant qu’il s’étouffait en riant de sa stupidité. Tes parents ont bien fait de ne pas mettre au monde un second bambin, si tu veux mon avis ! Peu importe son caractère, vous n’auriez pas fait bon ménage, tous les deux –et encore moins s’il s’agissait d’un garçon. Non, tu n’étais pas égoïste. Tu étais simplement insupportée par ceux qui t’embêtaient pour rigoler, comme ils disaient. Aujourd’hui, tu n’as pas vraiment changé, mais tu es un peu plus patiente –compréhensive, en revanche, j’en doute. Heureusement, tu n’étais pas rancunière, à l’époque ; aujourd’hui tu l’es bien plus : tu n’oublies pas le visage de celui qui t’agace.
« C’est ainsi que mon sourire t’a contaminée de sa joie de vivre et de sa simplicité. Si tu n’avais pas ces deux fossettes qui fendaient et fendent encore mes joues, tu n’en étais pas moins ravissante. Ce visage moucheté de brun et encadré de roux a toujours été plus joli lorsqu’il était joyeux. Cette flamme qu’est ta crinière s’embrasait avec merveille lorsque tes lèvres s’écartaient pour montrer tes dents, les incisives légèrement écartées en signe de bonheur. J’ai toujours aimé cette caractéristique chez toi. Je trouve cette particularité tout à fait adorable, et je crains être le seul sauf tes amies à pouvoir te le dire sans m’attirer ton hostilité.
« Enfin, j’ai tendu la main vers toi en un signe de paix, pour oublier ce malentendu qui n’était que dérisoire maintenant. Nous étions des enfants : nous n’avions cure de rester fâchés, et tout s’envolait en quelques secondes, comme un vent purificateur qui balayerait tous les problèmes d’un souffle libérateur. Tu as saisi ma main moite en l’agitant doucement dans le vide, comme si l’on se rencontrait seulement maintenant et qu’on se saluait de cette manière diplomatique qu’ont les « grands ».
« -Comment tu t’appelles ?, que je t’ai demandé.
« -Moi c’est Ciane !, tu m’as répondu sur un ton joyeux, en pointant ton pouce libre vers toi.
« Tu avais dû voir ce geste quelque part avant, peut-être dans un dessin animé, ou dans un livre imagé qu’on nous lisait à l’école. C’était drôle, et j’ai ris en même temps que toi pendant que tu réalisais que tu venais d’imiter un de tes héros préféré, surement. Comme un tintement apaisant, ton rire cristallin a emplit l’aire de jeu. C’était comme un carillon, tout léger et clair comme le cristal, un véritable plaisir pour les oreilles. Tu possèdes parfois cette innocence lorsque tu ris, hélas ! elle semble s’éloigner à mesure que tu grandis. Après que je me fusse présenté, nous sommes retournés vaquer à nos occupations qui n’étaient autre que jouer ; nous sommes restés ensemble, et la balançoire qui nous a accueillis n’avait de cesse de grincer alors que nous nous amusions sur sa carcasse vieillie par les temps.
« Nos mères avaient eu le temps de faire connaissance, elles aussi, et nous sommes restés si longtemps au parc que j’en ai déduit qu’elles étaient devenues amies. Amies ! C’est un bien grand mot pour des adultes, car seuls les enfants considèrent aussitôt d’amis ceux qu’ils rencontrent. Ils n’ont pas la même vision du monde et des évènements que les « grands », et ceux-ci voient tout en gris et en déclinaisons monotones, pendant que les enfants vivent dans un univers coloré et chantant. Ainsi, je pense qu’on peut dire qu’elles s’appréciaient un peu, mais restaient au stade de connaissance.
« Lorsqu’il a fallu rentrer chacun chez soi, nous étions tous deux déçus et nous avons supplié nos génitrices pour rester un peu encore, alors que le soleil déclinait à l’horizon pour disparaître derrière les montagnes dénuées de neige, pour la première fois de l’année. Nous nous amusions bien et voilà qu’il était nécessaire de partir ! A notre grand dam, elles ont été assez rigoureuses pour nous obliger à nous en aller chacun de notre côté. Nous nous jetions des coups d’œil tristes pendant qu’on nous tirait gentiment par la main, nous faisant comprendre qu’on ne s’attarderait pas plus en ce lieu berceau de nos joies enfantines. Nous avions beau nous muer dans un silence triste, nous savions tous, même inconsciemment, que nous nous reverrions.
« Donnant raison à nos suppositions, nous avons refait rencontre quelques jours plus tard. Ça a été une véritable joie que de se surprendre à nouveau en un même lieu : nous étions impatients. Puis encore quelques jours après, nous avons su nous retrouver, et ça a tout le temps été ainsi jusqu’à ce que nos mamans finissent par devenir véritablement amies et qui plus est selon comme les adultes le conçoivent. Parfois elles nous demandaient même de nous dépêcher de nous préparer alors qu’elles devaient se retrouver à une heure précise en ville, pour cette sortie atrocement longue que nous appelions « l’enfer des magasins ». Elles essayaient des robes, des pantalons, des chemisiers, des tops, sans jamais s’en lasser. De notre petite taille, nous observions avec une lassitude à peine feinte les étalages de vêtements qui faisaient notre malheur. Un jour, ils finiraient par avoir raison de nous : les femmes en étaient si amoureuses que passer leur vie ici ne les aurait pas plus dérangées, et nous aurions le temps de devenir des cadavres squelettiques qu’elles trouveraient encore un nouveau tissu à enrouler autour d’elles. Heureusement, après cette torture, nous pouvions enfin nous rendre à cet agréable parc de jeux, et nous courrions dans tous les sens, nous amusant à des activités aussi farfelues que drôles à regarder depuis l’œil adulte et adolescent. Quiconque nous voyait ne manquait pas de gagner un sourire. Notre innocence ne durerait plus longtemps, et nous en profitions au maximum.
« Cela marquait le début de notre amitié, Ciane. Et je ne l’oublierai jamais.

Il marqua une pause pour avaler sa salive. Contre lui, la rouquine n’avait toujours aucune réaction qu’il pouvait percevoir. Peu découragé, il ne mit que quelques instants à réfléchir à la suite de ses propos : tout lui revenait dans un ordre chronologique, de manière si ordonnée que cela relevait de la magie.
Il caressait de ses doigts les épaules fortes de sa confidente au travers de son sweet-shirt gris ; il savait que cela l’apaisait. Elle aimait qu’il la serre ainsi contre lui : il la rassurait, et c’était très certainement la seule personne extérieure à sa famille qui avait le droit de la prendre ainsi et de l’apercevoir dans un de ses rarissimes instants de faiblesses. D’habitude, Ciane n’était jamais réellement atteinte de quoi que ce soit. Elle s’énervait et se mettait dans des états inimaginables pour tout autre mortel, mais ne déprimait pas. Ce devait être réellement grave, sinon l’orage désolé serait déjà passé –si tant est qu’il ait un instant obscurci le ciel.
Le menton typiquement masculin de Nathan se déposa sur ses trapèzes, d’une manière douce qui serait parue négligente s’il n’affichait pas une telle expression inquiète. Ciane, derrière son visage insondable, prenait bien en compte les paroles nostalgiques de son ami. Elle savait qu’il continuerait son monologue dont l’écoute était aussi plaisante qu’apaisante, alors elle le laissait parler sans dire mot.

-Nous avons eu la meilleure surprise de notre vie lorsque l’école primaire nous a ouvert ses portes, reprit le garçon. Nous avons sauté de joie, ce jour-là, parce qu’on était les plus heureux de monde : nous étions ensemble dans la même école, dans la même classe ! Nous allions pouvoir affronter pour la première fois le regard prétentieux des autres, ensemble. Ensemble, comme presque tous les jours que les Protecteurs d’Unys faisaient. Jusqu’alors, nous étions en maternelle : seule la préoccupation de jouer nous importait. Là, tout changeait, et de brusque manière puisqu’on nous arrachait à ces salles chaleureuses et remplies de bambins innocents pour nous déposer dans une atmosphère déjà plus mature, quoi qu’encore beaucoup enfantine.
« Armés de notre courage, nous avons franchi l’entrée de la classe tous les deux en même temps, le premier jour. Les regards curieux et surpris se sont aussitôt tournés vers nous ; on nous croyait déjà amoureux. Au début, nous n’aimions pas du tout qu’on nous qualifie de la sorte –c’était presque une insulte, chez les gens de notre jeune âge. Finalement, ça a fini par nous faire rire et nos mamans nous disaient de ne pas écouter les autres puisqu’ils étaient bêtes et ne savaient pas ce que c’était que nous ressentions l’un pour l’autre. Je crois maintenant qu’elles pensaient elles aussi que nous nous aimions plus que l’amitié qu’on prétendait, mais elles se trompaient. On a finalement réussi à se foutre de l’incompréhension des autres : nous étions tous les deux, comme des moitiés, comme les deux doigts de la main, et c’était tout ce qui importait.
« Les premiers temps, ça a été compliqué de s’acclimater à ce nouvel environnement mais nous nous sommes finalement habitués –nous n’avions pas vraiment le choix de toute manière. Nous avons rencontré de nouveaux amis -tu avais d'ailleurs le don naturel d'être appréciée des autres-, mais aucun n’a su voler la place que chacun de nous occupait de nos cœurs. Rien ni personne ne pouvait nous séparer et même si parfois il y a eu un orage entre nous, celui-ci n’a duré pas plus longtemps qu’une petite heure. Rien ni personne ne pouvait oser prétendre nous séparer : il eût reçu l’hostilité de nous deux –et tu étais de loin celle qu’il fallait le plus redouter, car contrairement à moi, tu pouvais démarrer au quart de tour.
« Nous étions toujours ensemble. Si on cherchait l’un, on pouvait chercher l’autre qu’on trouverait finalement les deux. Nous grandissions ensemble, nous marchions ensemble, nous riions ensemble, nous faisions absolument tout ensemble. Il était impensable, maintenant, que nous soyons un jour éloignés l’un l’autre.
« Hélas, quatre ans plus tard, nous n’avons pas été répartis dans les mêmes classes. Aucun de nous ne s’y attendait. Nous avons été déçus, mais c’est moi qui ai pleuré. J’étais –et je suis- le plus fragile et sensible de notre duo. J’étais dévasté de penser qu’un instant cela avait pu arriver. Tes cheveux roux allaient être loin de mes yeux bleus, et je ne pourrais trouver du soutient dans ces iris bruns qui étaient ancrés sur ta peau qui se couvrait de taches de rousseur jusque sur le bout de ton nez. Ta démarche légère et tes rires joyeux, qui nous poussaient tous à croire que tu prenais la vie comme une grosse blague alors que ce n’était pas le cas, seraient trop loin pour que je puisse les voir et entendre. J’avais peur de ne pas réussir à marcher sans toi, et t’attendre à un carrefour où tu ne serais jamais pour me retrouver. Ma crainte stupide c’était que nous ne puissions continuer à arpenter nos routes côte à côte comme nous l’avions fait jusqu’alors.
« Toi, tu es en revanche restée indolente. Je crois même que j’ai pu sentir de la détermination émaner de toi. Tu ne semblais pas réellement affectée, mais je devine aisément maintenant que cela devait t’inquiéter tout de même, sinon tu ne tenais pas à moi et c’est faux. Tout comme moi, tu en as parlé à tes parents, de cette nouvelle accablante, mais les lamentations n’ont pas fait surface chez toi, pendant que moi je pleurais sur la robe de ma mère. Tu as été bien plus forte que moi, comme tu l’étais toujours. Je t’admirais et t’admire encore pour cette force dont tu fais preuve, aussi bien moralement que physiquement, même si parfois tu te laisses envahir par le sentiment dévastateur que ta colère est la jalousie à d’autres.
« Alors que j’étais assis sur un banc, aussi abattu que si l’on venait de m’annoncer le décès de la personne la plus chère à mes yeux, tu m’as obligé à relever le menton. Tu as planté ton regard brun dans le mien, et j’ai pu y voir cet étrange sentiment qu’est la volonté sans faille. Tu me rassurais, et rien que sentir tes boucles orangées me chatouiller le visage m’apaisait. Tu étais là, et j’étais heureux. Je ne supportais pas te savoir loin de moi : j’avais besoin de te voir, pour que tu puisses me guider, tout autant que je te guidais. Tu as laissé de longs instants s’écouler, si bien que j’ai cru que tu devenais muette. Et enfin, tu m’as dit :
« -T’inquiètes pas. Je te promets qu’on restera toujours aussi proches, quoi qu’il arrive.
« Toi, la belle sportive du haut de tes douze ans, tu m’as insufflé du courage. Tu as toujours été la plus entreprenante et sûre de nous deux. Pourtant, je pensais que supporterais encore moins bien que moi le fait que nous soyons séparés : tu détestais et détestes la solitude. C’est ce qui te fais le plus peur, d’être abandonnée des autres même si tu ne veux pas le montrer. J’ignore d’où ce trait de caractère peut te venir, et je suppose que toi non plus tu n’en as aucune fichtre idée, puisque tes parents ont toujours été présents pour toi et n’ont pas un instant été tentés de te laisser seule face à tes problèmes.
« Je pensais que le fait d’être loin des yeux nous ferait nous oublier ; c’était égoïste de ma part, et je me rends compte que c’était comme si je n’avais assez confiance en toi. Et pourtant, je t’assure, je pourrais te suivre jusqu’au bout du monde les yeux fermés. Ne m’en veux pas de mon comportement –je sais que tu ne m’en tiendras pas rigueur. Tu m’as toujours pardonné mes erreurs parfois stupides, comme j’ai pu pardonner les tiennes d’ailleurs.
« Après tes paroles simples, je me suis relevé et j’ai regagné mon sourire. C’était comme dans un film, tu sais, au moment où les deux héros se soutiennent alors qu’ils commencent à lâcher prise et finalement ils tiennent bon. J’avais vraiment l’impression qu’il se passait ça. C’était sûrement débile, non ? Nous n’étions que de jeunes adolescents : pas d’histoire, pas de musique pour chanter nos louanges, nos exploits qui n’existaient pas.
« Je t’assure qu’après, je me sentais vraiment mieux. J’ai su faire face à la triste vérité qu’était celle de ne plus être avec toi, et je me suis tourné vers les autres. C’est dur de dire ça, mais je pense que d’avoir été séparés nous a été bénéfique. Nous nous sommes fait une nouvelle bande d’amis -avec une facilité déconcertante pour ta part- sans pour autant se détourner de notre amitié. Comment aurions-nous pu, d’ailleurs ? C’était un sentiment si fort que nous ne pouvions nous écarter même avec toute la volonté qu’on y aurait mis. Au départ, j'étais difficilement sociable avec la jeune gent qui se présentait à nous : mon enfance, je l'avais principalement passée avec toi et les rares autres copains que je m'étais fait n’étaient pas présents pour que je me tourne vers leur connaissance, comme une bouée de sauvetage au milieu d’un océan pour le fou qui s’est jeté à l’eau sans savoir nager. Toi tu avais naturellement ce don d'être à l'aise avec les autres, et les autres venaient instinctivement vers toi ; je t'enviais -tout cela, je l'ai dit plus haut.
« Pendant ces trois dernières années, tes yeux bruns m’ont surveillé comme je veillais sur toi, de loin. Il ne s’est rien passé de bien improbable, comme un secret ressurgi des fonds de la mémoire familiale pour détruire l’un de nous. Ce n’est pas une histoire de livre, pas une histoire qui mérite d’être contée pour ses péripéties trépidantes puisque rien n’est jamais venu bouleverser notre amitié. Et d’un certain côté, c’est tant mieux : nous avons pu vivre une vie d’adolescents toute à fait banale, suivre le cours que l'existence normale était –aucun de nous d’eux n’aime particulièrement la célébrité pour une vie mouvementée.
« Durant les récréations et les interclasses, tu épiais les filles mauvaisement fréquentables qui souhaitaient s’approcher de moi sans même que je le sache. Tu étais véritablement protectrice avec ta moitié d’âme, si bien que tu refusais qu’une personne que tu jugeais potentiellement dangereuse m’aborde et risque de me corrompre après quelques temps de bonheur en sa compagnie. Tu disais que j’étais beau et que ce n’était que cela qui attirait ces enflures, puis lorsqu’elles se lasseraient de ma compagnie, elles me briseraient le cœur. Je n’aurais rien demandé et je souffrirais le plus. Ainsi aucune n’osait réellement prendre son courage à deux mains pour draguer « l’ami de la rousse qui peut vous en coller une si vous la faites chier», celui qui ne parlaiy pas forcément beaucoup en publique, celui qui était plutôt timide, l’intelligent de la classe, et celui qui était bien foutu pour quelqu’un qui ne faisait du sport que toutes les morts de pape. Tu leur menais la vie dure, et pour te défendre de cette réaction tu disais que tu ne voulais que ma protection –et je n’en ai jamais douté une seule seconde. Même si quelques fois j’ai pensé que je pouvais me défendre tout seul, j’ai rapidement compris face à l’entêtement contre lequel tu combattais que ce n’était pas aussi simple qu’il n’y paraissait. Je n’aurais jamais eu le courage requis pour les repousser comme tu le faisais  et le fais toujours.
« Un jour, l’une de ces populaires mal famée a déjoué ta vigilance et a réussi se poser près de moi. J’aurais aimé que tu sois là, mais, hélas ! tu étais absente –nul doute qu’elle avait prévu son coup. Gentil, j’ai parlé avec elle et j’espérais simplement que ce fût une discussion des plus régulières que j’entretenais avec mes amis. Sans le savoir, je suis tombée coup après coup dans les pièges qu’elle me tendait, et le vautour que tu pensais s’est mué en douceur –toi, tu la qualifiais de serpent- pour déposer un baiser enivrant –toi, te le qualifiais de venimeux- sur mes lèvres pures. L’élixir –toi, tu le qualifiais de poison- envoûtant qui s’est répandu m’a rendu perplexe et je suis resté interdit. J’étais choqué et je n’ai rien fait pour lui dire que je ne voulais pas de ses avance, parce que c'aurait été faux de lui dire cela. Finalement, comme toute femme mystérieuse et fatale qui se respecte, elle est partie d’une démarche souple en faisant négligemment onduler son bassin. La belle blonde avait gagné la guerre que tu imposais à ses camarades.
« En tant que meilleur ami, je t’ai tout raconté par téléphone, et ta réaction ne s’est faite attendre : tu t’es enflammée aussitôt, hurlant que tu lui ferais payer le fait qu’elle m’ait approché pour se venger, tenter de voler mon cœur pour le briser. J’étais encore sous l’effet du poison, comme tu disais, et je t’ai prié de ne pas le faire. Coupée net dans ton élan de vengeance, tu as balbutié quelques mots incompréhensibles à l’autre bout de la ligne téléphonique, avant de t’écrier :
« -Tu te fous de moi, Nathan ! Ne me dis pas que tu crois qu’elle t’aime vraiment ?
« Je t’ai répondu que je voulais décider, cette fois, et après avoir insisté tu as finalement cédé. Tu as dû juger que je pouvais bien voir moi-même la réalité de mes propres yeux pour une fois, puisque tu te rendais compte que tu pouvais devenir envahissante, sûrement trop. Ton caractère brûlant voulait me protéger des flammes perfides des autres, et je ne t’en serais jamais assez reconnaissant. Ainsi, Alyson –c’était le nom de cette fille merveilleusement bien habillée et qui m’avait rendu béat- put m’approcher sans craindre d’être recalée sans le moindre scrupule. Je ne voyais pas vos joutes de regards, où l’une provoquait avec moquerie et l’autre fusillait de ses iris colériques. Je ne voyais pas ces sous-entendus où l’une mettait en garde l’autre, et où l’autre raillait sans pitié : j’étais sous son charme.
« La relation a duré plus que ce que tu ne l’avais prévu, et j’étais fier de t’annoncer à chaque fois qu’elle ne m’avait peut-être pas approché juste pour se venger. Je le pense toujours d’ailleurs, puisque son ton n’était pas mielleux, ni vicieux, lorsqu’elle me parlait. Allie de son surnom, m’aimait vraiment, mais c’était plus de l’attirance. Nous étions bien ensemble, et même si parfois tu t’écartais parce que tu ne t’entendais pas bien avec elle, je sais que tu ne m’en voulais pas pour avoir décidé de repousser ta protection. Tu as compris également qu’il ne servait à rien de me couvrir de tes ailes puisqu’un jour je devrais bien apprendre à voler après être tombé plusieurs fois. C’est en forgeant que l’on devient forgeron.
« Enfin, après deux mois, tu commençais à mieux t’entendre avec Allie. Vos conflits silencieux semblaient se régler puisque tu revenais plus souvent avec moi lorsqu’elle se trouvait en ma compagnie. Ils n’étaient pas tout à fait terminés car des tensions persistaient entre vous. Je ne pouvais rien changer à vos litiges puisque d’une part j’étais trop aveuglé par cet amour pour les constater, et d’autre part parce que je n’aurais pu défendre l’une ou l’autre en l’état où je me trouvais.
« Un jour, le rêve s’est brusquement arrêté, et la douloureuse réalité s’est imposée à moi : elle m’a quitté sans la moindre excuse de plus qu’un « je ne t’aime plus ». J’ai compris pourquoi tu me protégeais d’elle, au début, finalement : tu avais peur que mes fréquentations se fassent mauvaises, et tu savais que les histoires d’eau de rose n’étaient jamais bien sérieuses que plus d’une soixantaine de jours, avec cette fille. Tu me savais sérieux dans mes relations, en revanche, et c’était pour ça que tu savais ce qu’il s’en suivrait lorsque le désenchantement me prendrait. Je suis resté dans un état déplorablement déprimé pendant de longues semaines durant lesquelles tu me soutenais. Ta présence me consolait. Je crois que tu étais la seule à pouvoir réussir l’exploit de me tirer de mes lamentations inutiles ; elle ne reviendrait pas.
« J’allais de mieux en mieux grâce à tes sourires compatissants sur ton beau visage ; tes ondulations rousses me redonnaient de la joie lorsque je les voyais se diriger vers moi. Tu m’as finalement tiré de la dépression superficielle mais blessante qu’est celle du premier chagrin d’amour et je t’en suis reconnaissant au possible. Les jours se sont faits plus beaux pour moi : les nuages s’en sont allés jusqu’à ne plus être visible à l’horizon et le renouveau du printemps venait réparer ce que l’hiver avait détruit.
«Ciane, tu n’as jamais été amoureuse. Et c’est tant mieux, parce que je pense que si tu n’avais refusé toi-même les avances de l’unique audacieux qui te tournais autour –les rumeurs disaient que tu pouvais décoller une gifle à quiconque t’agaçait un peu trop, puisque tu en es déjà venue aux mains avec certains : c’est pour cela que peu osaient exprimer l’affection qu’ils voulaient connaître avec toi-, j’aurais fait pareil que ce que tu faisais pour moi. Je ne supportais pas de voir quelqu’un essayer de piquer ton cœur, puisque je savais ce que cela faisait d’être sortit de sa rêverie merveilleuse.
« Beaucoup ont cru que contrairement à ce que nous prétendions, nous étions en couple -et ça nous a bien aidé parfois pour imposer un « râteau » à certains. Ils se trompaient, tout comme ceux qui nous observaient d’un œil innocemment railleur en primaire. Mais ils ne savaient tout simplement pas. Ils ne savaient pas ce que cela faisait d’avoir trouvé la personne qui nous est indispensable pour vivre.
« Aujourd’hui, nous sommes toujours aussi protecteurs l’un envers l’autre. Rien n’a vraiment changé depuis l’année dernière, sauf peut-être notre attachement qui se renforce. Nous ne cessons de nous aider à avancer, et même si aurions pu nous en sortir chacun de notre côté, rien n’égale ta présence auprès de moi.
« Tu sais que, partout où tu es, je suis aussi. Nous savons tout l’un de l’autre, nous l’avons toujours su. Nous sommes deux fragments d’une âme qui a été séparée : maintenant que nous nous sommes rencontrés, nous sommes inséparables.

Nathan termina son long monologue dans un souffle épuisé. Il n’avait eu de cesse de parler, expliquer, relater les souvenirs qui se présentaient à lui en élidant certains faits qu’il jugeait inutile. Il venait de raconter toute leur histoire, leur histoire à eux, leur histoire intime et formidable qu’aucun ne savait parce qu’aucun ne pouvait imaginer ce qui les liait. Pas d’aventures trépidantes pour forger leur attachement : simplement des péripéties communes et banales. Ensemble, ils étaient les plus puissants du monde, le duo inséparable. Ils étaient Ciane et Nathan.
Maintenant, le jeune homme étreignait plus fortement sa compagne. Il ne se rendait pas compte qu’il pouvait lui faire mal, sinon il aurait relâché la pression qu’il exerçait. Ciane ne se plaignait pas pour autant, ainsi il ne pouvait non plus le constater. Elle restait toujours aussi silencieuse qu’à son arrivée. Il lui semblait qu’on venait d’exposer tout ce qu’elle était par de simples mots. Elle était mise à nue, vulnérable à un regard critique qui ne pourrait toutefois pas la railler. Il la protégeait de toute moquerie de cette entité inexistante. Ses bras étaient sa carapace, pour une fois.
Une carapace dont elle devrait se défaire tôt ou tard. Elle devait lui dire. Elle n’avait de toute manière, plus tant de temps devant elle. La rouquine se savait avec un délai très court. Elle voulait profiter une dernière fois avant que tout ne change, et qu’elle ne renaisse des cendres d’un feu qui l’aurait surement consumée jusqu’à la date butoir. Elle survivrait, c’était certain, mais elle supporterait le poids de la décision soudaine de ses parents. Ils lui avaient annoncé la nouvelle tout juste un mois auparavant. C’avait été un choc, et elle n’avait su choisir entre la joie et la déception. Ils l’avaient prise au dépourvu, avec leurs sourires béats et leurs airs inquisiteurs. Ils avaient attendu sa réaction avec tant d’impatience qu’elle n’avait su faire autrement qu’esquisser un sourire à son tour  pour leur dire « c’est génial ». Que pouvait-elle leur répondre après tout ? C’était la chance de sa vie, Ciane ne pouvait pas se permettre de dire qu’elle préférait rester dans cette ville enneigée trois saisons sur quatre.

-Je pars.

Ses mots avaient brisés son mutisme. C’avait été si soudain que Nathan n’avait compris ce qu’elle disait. Il tenta de reconstituer la phrase, devenue complexe par sa simplicité enfantine. Deux mots, qu’il n’avait pas écouté, ou peut-être deux mots qu’il n’avait pas voulu écouter. Sachant pertinemment que sa meilleure amie répèterait ses dires en sentant son incompréhension, il tendit l’oreille.

-Je pars.

Cette fois, il avait bien entendu. Nathan le regrettait d’ailleurs. Il ne comprenait pas. Où ? Quand ? Pourquoi ? Il ne voulait pas en entendre plus. Il savait que si elle avait tant eu de mal à laisser échapper ces deux mots, c’était parce que ce ne serait pas simplement dans une ville proche de Flocombe –Janusia était d’ailleurs celle-ci, et il fallait au moins une journée de route pour franchir les montagnes. Si elle avait pleuré pendant qu’il lui demandait de lui expliquer ses maux, c’était parce que c’était bien plus grave que des vacances dans une région voisine. Il avait peur, maintenant. Son inquiétude venait ronger ses entrailles à mesure qu’elle installait par son silence un suspens involontairement intenable.
Ciane réfléchissait à ce qu’elle allait dire. Elle avait du mal à se souvenir des détails de son départ, parce qu’elle n’avait pas envie de les trouver dans sa mémoire. Elle ne voulait pas remuer le couteau terriblement tranchant dans la plaie béante qui la torturait.
C’était son meilleur ami : elle se devait pourtant de l’informer, lui.

-Je pars loin, très loin de Flocombe, dans deux semaines, déclara-t-elle d’une voix inhabituellement chevrotante. Il y a une île, dans l’océan, à distance parfaitement égale entre tous les pays. Plus paumé, il n’y a pas.

Elle déglutit, tentant de se défaire de l’étau étouffant qui se serrait autour de sa gorge et s’éclaircit inutilement la voix. La rouquine avait besoin de marquer des pauses pour ordonner ses propos : c’était dur de réaliser que tout allait bel et bien arriver.

-Je pars dans cette académie prestigieuse, la Pokémon Community. J’y étudierai des cours réputés dans le monde entier, et peut-être pourrai-je enfin avoir la possibilité d’avoir un avenir plus brillant que ce que l’enseignement de notre ville ne nous le permet. Je pars l’île de Lansat.

Abattu, Nathan s’était posté de manière à pouvoir fixer le visage de Ciane. Il était perdu. Elle serait perdue. Il ne voulait pas le croire. Elle ne pouvait pas le croire. Comment allaient-ils faire ? Il ne la suivrait pas. Il n’irait pas là-bas avec elle, parce que cet enseignement coûtait trop cher à ses parents, et qu’ils souhaitaient déjà qu’il aille étudier dans une école à Volucité pour ses études supérieures, l’une des plus fameuses du pays. Il savait que, tôt ou tard, il serait loin de sa chère amie, mais il pensât qu’elle fût étudiante dans la même métropole que lui, comme ils l’avaient toujours songé. Jamais ils n’auraient pu prévoir un tel coup de poker de la part du destin. Misérable destin ! Maudit soit-il ! Il voulait les éloigner ! Il allait les éloigner. Ils seraient loin des yeux, mais aucun n’espérait être loin du cœur.
Il était impensable qu’ils soient ainsi contraints de se tenir distants. C’était quelque chose d’inconcevable. Impossible ! Ils ne pouvaient pas se quitter pour un temps qui serait peut-être infini –rien n’était plus certain, puisqu’après ses études à Lansat, on pouvait immédiatement trouver du travail sur place, et ne plus jamais retourner dans sa région.
Leur duo allait être brisé en mille éclats de désespoir. Il n’y avait pas d’autre réalité que celle-ci. Tout allait inévitablement arriver, malgré leur volonté de rester près l’un de l’autre, ensemble. Tout a un début et une fin. La fin de leur existence merveilleuse était surement arrivée. Il n’y aurait plus de complicité aussi forte qu’avant. Il n’y aurait plus de moments privilégiés partagés. Ils servaient seuls, séparés par des milliers de kilomètres.

-Promets-moi de m’envoyer de tes nouvelles aussi souvent que tu le pourras, dit Nathan, et surtout de ne jamais m’oublier.

Un piètre sourire ornait le visage de l’adolescent. Il était sur le point de pleurer : ses yeux s’humidifiaient. Ce n’était pas parce qu’il était un garçon qu’il n’avait pas le droit d’exprimer sa tristesse. N’importe qui qui l’aurait supposé fragile aurait d’abord dû se mettre à sa place : comment auriez-vous réagi si votre moitié, la personne qui illumine votre vie, s’en allait ?
La rouquine essuya une larme qui perlait au coin de ses yeux bruns dans un sanglot :

-Promis. Je t’aime.

Surnom. Nequita
Espece. Zorua
Nature. Malin
Description. Nequita est un Pokémon espiègle. Il n’y a pour lui de plus grand amusement que de jouer des tours aux gens qui qu’ils soient et à sa dresseuse. Son pouvoir d’illusion lui permet de revêtir diverses apparences et il ne s’en prive pas : il vagabonde ainsi à peu près partout, au grand dam de Ciane qui tente d’apaiser ses pulsions farceuses. Le Zorua prend souvent forme des Pokémon qu’il croise pour les déstabiliser et observer d’un air narquois leur expression perdue lorsqu’ils constatent qu’on a volé leur apparence. Le renard ténébreux apprécierait se transformer plus souvent en humain mais la rouquine qui lui sert de maîtresse l’en a dissuadé après de longues réprimandes –et dieu sait les colères de la jeune fille-, la fois où il a revêtit son aspect pour se rendre dans un autre dortoir que celui attribué.
Derrière cette façade amusée et amusante pour ceux qui n’en sont pas victimes, il se cache une créature très attachée à ceux qui l’entourent. Nequita aime beaucoup l’adolescente à laquelle il a été confié et la suit partout où elle va s’il n’est en train de tenter de surprendre d’innocentes personnes. Il ne supporte pas d’être sans elle ou de rester dans la chambre qu’elle loge en attendant son retour ; les pauvres jeunes gens qui possèdent leurs appartements près de celui de Ciane ont tout intérêt à espérer qu’elle n'y laisse son Zorua, puisque celui-ci peut couiner sans relâche tout la journée. Le renard aime partager son temps avec l’humaine, et même dans l’effort il la suivra : sa loyauté est sans limite.
Les deux êtres se disputent parfois –il n’est pas rare d’entendre l’un grogner contre l’autre, ne serait-ce que par plaisanterie- et chacun est borné au point de ne pas lâcher le morceau ; chacun veut avoir le dernier mot et il faut longtemps avant qu’ils ne trouvent un terrain d’entendement. Nequita étant aussi fier qu’un coq, il ne peut avouer simplement d’avoir tort lorsque chacun sait pourtant qu’il est dans le faux. Cela explique la difficulté d’apaisement d’une colère, puisque pour lui, s’avouer fautif est une humiliation sans limite. Cette fierté lui confère un esprit compétitif largement plus prononcé que Ciane, et il vaut mieux que la dresseuse soit à la hauteur des espérances du Pokémon si elle veut éviter des grognements et des jappements emplis de reproches.
Il ne faut en revanche pas se fier aux apparences, puisque l’un est attaché à l’autre autant que l’autre est attaché à l’un, et chacun veut le bonheur de son compagnon.
Un surprenant duo, diriez-vous ? Pas tellement, qu’on vous répondra. Il y a, à Lansat, bien plus singulier, et ce couple n’est rien en comparaison.

Pseudo ou prénom. Lyriannae, mais on abrège généralement en « Lyria » ou « Lyly ».
âge 15 ans
Comment avez-vous connu le forum ? Lyra !
Quelque chose à ajouter ? Il s’agit d’un forum très plaisant à l’œil (j’adore ce nouveau thème !), et les membres sont très sympathiques. Enfin je peux reprendre le RP, et c’est avec joie que je reviens ! Gotta catch’em all !

PS : Autorisation de reroll donnée par Elisabeth Snow par MP Smile

Advertissment : Tous les dessins ici présent hormis le Zorua (je ne connais pas le nom du dessinateur dont j'ai recoloré l'entièreté du travail) sont de la merveilleuse artiste Cyarin, que vous pouvez retrouver sur Facebook et Instagram (son pseudo Instagram prend un –e à la fin, en revanche) !



Elisabeth Snow
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Sujet: Re: [435] Ciane Sheridan [PYROLI]   Mar 11 Avr - 9:04
Rebienvenue donc et ... wow ! Félicitations. Ta fiche m'a réellement transportée. J'adore ta manière d'écrire et surtout l'histoire de Ciane, l'originalité dont elle est comptée et surtout la relation fusionnelle avec Nathan. En voyant la fin arriver je me disais : non, j'en veux encore ! Tout en me disant : mais que veut-elle lui dire ?! Vraiment bravo. =)

Du coup, comme ta fiche m'a vraiment bouleversée, j'aimerais te proposer un starter shiny si tu en as envie ! Si tu acceptes, édite juste la partie concernant ton Pokemon et je te validerai. o/

Je modifie ton pseudo. ^^
Ciane Sheridan
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Sujet: Re: [435] Ciane Sheridan [PYROLI]   Mar 11 Avr - 12:08
 Bonjour ! Wouhaou, je ne sais pas quoi dire. Je suis vraiment ravie d'avoir pu rédiger une histoire qui t'ai plue, qui a réussi à susciter chez toi une émotion, et ton compliment sur mon écriture est l'un des plus beaux qu'on puisse me faire (et en vouloir encore alors que le texte est plutôt long, que dire !). Je suis véritablement flattée ! >///<
Je voulais mettre en évidence le fait que l'amitié peut être toute aussi forte, voire plus, que l'Amour (avec un grand "a"). C'est à mes yeux la plus belle expression de l'affection envers une personne, puisque les gestes d'amitié ne demandent pas de retour contrairement à ceux amoureux, qui espèrent quelque chose de la part de l'autre en réaction. Mon défi, c'était aussi de prouver que l'amitié fille/garçon peut être véritablement sincère sans qu'il y aie la barrière entre les sexes, si je puis dire. =) (après, il y a d'autres petits "messages" du genre cachés dans l'histoire, mais je ne les révèle pas, huhu)

J'accepte le starter shiny avec grande joie ! Je modifie ma fiche dès que j'ai réussi à bidouiller quelque chose pour représenter l'aspect shiny que je me fais de Nequita !
Merci encore ! ^-^

EDIT 11/04/2017 (19:35) : Nequita a son apparence shiny ! :3
Elisabeth Snow
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Sujet: Re: [435] Ciane Sheridan [PYROLI]   Mar 11 Avr - 20:44
Parfait ! ^^


Bienvenue dans le Dortoir Pyroli ♀ et bonne intégration parmi tes confrères ! N'hésites pas à poser tes questions si tu as le moindre soucis à ta préfète qui est Aileen Sôma. Tu peux dès lors poster ta T-CARD dans la partie correspondante, ainsi que gérer tes RPs grâce à aux RECHERCHES DE RPs ET RELATIONS. N'oublie pas de remplir les champs de ton profil dès que possible (T-card et Fiche de Présentation) pour faciliter la navigation aux autres joueurs, et de réserver ton AVATAR dans la partie adéquate ! Tu repars aussi avec 2 Pokeball, données par le Collectionneur. Ton numéro étudiant est 435. Bon jeu sur Pokémon Community !
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Sujet: Re: [435] Ciane Sheridan [PYROLI]   Mar 11 Avr - 20:56
Bienvenue chez les Pyrolis !
Ta fiche est vraiment super ! (et trop bien écrite !! >w< )  
Hate que Ciane arrive au dortoir ! YAAAAAAY

_________________

 
Always remember sweet times
and love

Aileen Sôma
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Sujet: Re: [435] Ciane Sheridan [PYROLI]   Mer 12 Avr - 12:57
Bienvenue dans le dortoir Pyroli ! Avant toute chose, je t'invite à passer dans l'espace Concertation des Pyroli pour te tenir informé des nouvelles concernant notre beau dortoir, comme le Skype des membres, des informations sur les events en cours, et tout plein de trucs pour bien t'intégrer parmi nous ! Rejoins-nous sur Skype, qu'on puisse t'ajouter à la convo des Pyroli, où tu pourras rencontrer les autres membres du dortoir en t'installant sur les bancs de musculation poufs rouges disposés çà et là. On pourra aussi te mettre au parfum sur le fameux entraînement matinal des Pyroli, qui fait peur à plein de gens alors qu'en fait c'est pas grand-chose :> Quoi qu'il en soit, si tu as la moindre question, n'hésite pas à squatter la chatbox ou à m'attraper sur Skype, promis, on ne mord pas et on est très gentils malgré les apparences !

Je t'épargne tout mon blabla, tu connais déjà la maison :3
En tout cas, waaah, c'est une fiche magnifique, le shiny est mérité. J'espère que cette petite demoiselle t'inspirera plus, parce qu'elle a beaucoup de potentiel I love you

_________________

Sing me to sleep ★ Remember me now, time cannot erase, I can hear your whispers in my mind, I've become what you cannot embrace, our memory will be my lullaby.
Bellamy Wallace
Région d'origine : Kalos.
Âge : 17 ans
Niveau : 36
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Points d'Expériences : 881
Scientifique Archéologue
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Sujet: Re: [435] Ciane Sheridan [PYROLI]   Mer 12 Avr - 16:19
RIP Ereynne.

Mais c'est un mal pour un bien, j'adore ton personnage et en effet l'histoire est touchante comme tout et ton personnage est vraiment intéressant et plein de potentiels. Enfin, je ne peux qu'aprouver le choix de l'avatar ayant quelques dessins de cette artiste en réserve d'avatar pour Bellamy

Re-Bienvenue parmi nous ! Very Happy
Ciane Sheridan
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Âge : 15 ans
Niveau : 2
Jetons : 0
Points d'Expériences : 29
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Sujet: Re: [435] Ciane Sheridan [PYROLI]   Mer 12 Avr - 19:15
Bonsoir !
Yay ! Le dortir des tyrans Pyrolis m'attend ! J'espérais tellement que Ciane s'y retrouve, ahah.

Merci de tes compliments, Aileen !
A toi aussi, Bellamy ! Oh, toi aussi tu connais Cyarine ? Merveilleux, ahah !

EDIT : Oh, mince ! Je n'avais pas vu ton gentil commentaire, Arianna ! Merci beaucoup ! Very Happy
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Sujet: Re: [435] Ciane Sheridan [PYROLI]   
[435] Ciane Sheridan [PYROLI]
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