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Ton sourire murmure les mots que je ne saurais dire [Ft. Taël]
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Message Sujet: Ton sourire murmure les mots que je ne saurais dire [Ft. Taël]   Mar 6 Fév - 17:29


    Le temps était gris. L'absence de soleil, le souffle du vent, tout était annonciateur d'une pluie prochaine. Elle devait sans doute être l'une des rares personnes qui sortait par temps maussade, là où tous préféraient rester au chaud, à l'abri de la moindre gouttelette. Il y avait quelques minutes, les berges du lac grouillaient d'élèves et de Pokémons. Et en quelques secondes à peine, plus rien. Le calme avait imposé son règne.
       En fin de compte, Iris aimait bien la pluie. Elle était comme elle. Froide.
         La jeune fille se tenait là, perchée sur un petit rocher au bord de l'eau. Diana flottait autour d'elle, observant d'un air perplexe son reflet au cœur du lac. Iris était fascinée des couleurs presque irréelles que portait la Feuforêve. Lorsqu'elle était allée récupérer son Pokémon chez le collectionneur, elle s'était attendue à n'importe quel Pokémon, mais il fallait dire que voir débarquer un petit Feuforêve blanc, dont les pointes de ce qui pouvait s'apparenter à des cheveux étaient colorées de bleu, et dont les gemmes formant un collier étaient mauves, c'était quelque chose de plutôt... imprévisible, inattendu.

    L'air absent d'Iris était fixé sur son image que l'eau lui renvoyait. Elle faisait peine à voir, avec son visage déconfit, son teint presque livide, ses yeux ternes... Tout en elle était sombre, triste. Son attitude, sa nonchalance, son regard, ses couleurs avaient quelque chose de malheureux. Elle était cet échec, cette fille imparfaite que ses parents avaient faite. Loin, il y avait sa cousine, chérie de tous, ce modèle que personne ne pouvait égaler tant elle n'avait rien à se reprocher. Elle était son miroir, cet idéal qu'Iris n'atteindrait jamais. Sur le rocher, la Mentali s'était accroupie. Elle avait plongé sa main dans l'eau, se fichant de tremper la manche de son manteau. Quelques gouttes de pluies frappèrent, blessant le reflet d'Iris. Elle ne put que soupirer. Elle regardait son image, brisée, l'eau en avalant les morceaux. D'un geste sec, ce fut finalement sa main qui acheva tout. Redressée à la hâte, Iris tremblait, ses jambes faibles peinant à la porter. Elle se pinça les lèvres, tournant le dos au lac qui s'étendait derrière elle. Ses mains glissaient dans ses poches, alors qu'elle abattait sa capuche sur sa tête.

-Vient Diana, j'ai envie d'aller ailleurs.

    Elle traînait des pieds, suivie par son Feuforêve qui voletait. Le temps qu'elle passait à chavirer dans ses pensées en faisait parfois jaillir de plus obscures, que de tout cœur elle aurait aimé chasser. Mais elles la hantaient. Ce constant sentiment de n'être qu'une incapable, une déception pour ses deux parents qui auraient tant voulu le meilleur d'elle. Mais Iris n'était pas sa cousine. Iris n'était pas ce que ses parents voulaient. Elle n'était pas bonne à l'école. Elle était perturbatrice, elle aimait rêver. Qu'aurait dit sa mère en apprenant qu'elle cumulait les heures de colle ? Iris aurait voulu n'en avoir rien à faire, maintenant qu'elle était loin. Pourtant... pourtant elle ne pouvait s'empêcher de songer à cela. Il y avait des fois où elle parvenait à se reprendre en se moquant des sentiments de sa mère, en se disant que de toute manière, elle n'était plus là pour la reprendre, mais il y avait des fois où elle n'y parvenait pas. Tout était plus fort qu'elle, les sentiments du passé l'accablaient. Iris n'était pas forte. Elle était faible. Elle était lâche.
         Elle ignorait où elle allait. Elle suivait Diana, la laissant la guider, mains dans les poches, regard baissé. Doucement, la pluie tombait, frappant le sol. Le vent hurlait, torturant les arbres qui imploraient. Il fallait qu'elle se détende, qu'elle se change les idées. Elle avait le cœur serré, les pensées troublées. Elle s'était arrêtée au milieu du chemin, seul, tendant les mains. Paumes ouvertes, elle cueillait les gouttes au creux de ses doigts, accueillait l'eau qui trempait son visage, qui ruisselait. Elle aimait la pluie. Elles étaient les mêmes, Iris et elle. Elles se ressemblaient. Elles étaient tristes, maussades.
          Elles faisaient fuir, malheureuses qu'elles étaient, injustement jugées.

    Elle avait même plus envie de marcher. Ses jambes... rester debout lui faisait mal. Elle ne savait même pas si elle allait encore avoir la force de rejoindre son dortoir. Le début de l'après-midi s’amenait à peine. Iris avait rebroussé chemin, cherchant à s'abriter dans un coin. Il y avait un rocher difforme qui s'élevait non loin des berges du lac. Assez difforme pour servir d'abri de choix. La Mentali, traînant des pieds, était allée se cacher là-bas. Recroquevillée contre la roche froide et dure, elle avait remonté sa capuche sur le sommet de son crâne. Elle avait posé sa tête dans le creux de ses genoux, enlaçant ses jambes à l'aide de ses bras. Elle soupira longuement, attristée, désespérée. Le temps reflétait ses pensées. Il faisait si sombre, si froid. Elle tremblait. Son regard était perdu, illuminé de tristesse. La Feuforêve aux couleurs de diamant se tenait, silencieuse, aux côtés de sa dresseuse, qu'elle ne pouvait qu'observer d'un air inquiet.

-Dit, Diana, pourquoi est-ce que tout est toujours si triste ? Murmura Iris, le regard dans le vague. C'est tellement dur de sourire quand on sait pas ce qu'on est et ce qu'on veut être, et qu'on pense toujours à la même chose alors qu'on voudrait tellement oublier ça.

    Une de ses mains se délia, effleura le sol trempé du bout des doigts. Ils heurtèrent un petit caillou, sur lequel il se refermèrent, le ramenant jusque dans la paume. Iris avait levé la main. Non sans violence, elle éjecta dans l'air le petit galet, qui durement vint s'écraser contre la surface de l'eau frappée par les gouttes de pluie. Iris regardait le lac engloutir le petit caillou qu'elle venait de jeter, si infime devant l'immensité du lac. Comme elle face à la grandeur et l’oppression du monde. Elle se sentait minuscule, constamment terrorisée à l'idée de ce qui pourrait un jour survenir. Qu'elle perde l'usage de ses jambes, ou qu'on lui annonce, comme son père, qu'on avait pu réellement la soigner. Et qu'elle finirait rongée par ses blessures. Elle était effrayée par ce que les autres pouvaient penser d'elle. Elle aurait toujours voulu prouver de quoi elle était capable, prouver qu'elle n'était pas aussi lâche et stupide que sa mère le prétendait. Mais... quoi qu'elle faisait et qu'elle désirait rien n'allait. Quelque chose avait fini par se retourner contre elle. Et elle ne savait même plus ce qu'elle voulait. Elle ne savait même pas ce qu'elle était.
         Se tassant un peu plus sur elle-même alors que la pluie s'intensifiait, la Mentali ferma les yeux. Elle voulait simplement que son esprit la laisse. Un peu de répit. Qu'il cesse de la torturer. C'était tout ce qu'elle demandait. Elle était épuisée de lutter contre des émotions dévorantes de chagrin, de lutter contre ses jambes pour qu'elles acceptent un peu plus chaque jour de la supporter. Elle était lasse. Alors elle chercha à cet instant à ne plus rien penser. A tout chasser. Le sommeil alors l'emporta, la plongeant dans des rêves dont elle ne se souvint pas.

***

-Feuforêeeeve...

    Doucement, la Mentali ouvrit les yeux. Elle avait les muscles engourdis, le corps ensommeillé. Combien de temps avait-elle dormi ? La douce lueur orangée qui s'était posée sur elle semblait signifier la fin de la journée. Elle leva un regard à ses côtés, alors que ses mains couvraient un bâillement. Diana sommeillait profondément, demeurant en lévitation dans les airs. Mais alors qu'elle cherchait à comprendre exactement ce qu'il se passait, elle sentit que quelque chose lui tirait la manche. Mais pas d'une manière brusque, non. C'était quelque chose de beaucoup plus... doux, délicat, presque hésitant. Elle sentait à peine son bras s'agiter, entraîné par la manche qu'on lui saisissait. Elle baissa son terne regard et capta la silhouette d'un petit Pokémon. Un Evoli. Haussant un sourcil, l'air curieux, la jeune fille vint déposer sa main libre sur le crâne du petit Pokémon, avant de doucement le carresser.

-Bah alors, qu'est-ce que tu fais là ? T'as perdu ton dresseur ? Tu sais, ça se mâchouille pas hein.

    Mais au moment où Iris levait la tête, son regard croisa celui d'une autre personne. Une jeune fille venait de passer la tête là où Iris se trouvait. Elle la dévisageait, comme si quelque chose venait de la frapper brusquement. Elle battit par plusieurs fois des paupières. Elle... elle était presque sûre de connaître cette fille.

-C-Ça alors... murmura t-elle.
         
Ton sourire murmure les mots que je ne saurais dire

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Message Sujet: Re: Ton sourire murmure les mots que je ne saurais dire [Ft. Taël]   Mar 6 Fév - 22:47



Tael & Iris


Ton sourire murmure les mots que je ne saurais dire...

Cette journée aurait dû être comme les autres. Simple, sans grandes folies. Ordinaire.
Tael avait tardé à se lever, ce matin-là. Allongée dans son lit, elle avait entendu le clapotis doux d'une pluie nouvelle frapper contre les vitres de son dortoir, annonçant une longue journée maussade et triste. Alors elle n'avait pas voulu lutter, elle était resté là, dans la chaleur de ses draps, Lua sagement couchée contre sa poitrine, lâchant un son semblable à un ronronnement de temps à autre tant elle était bien, sereine, en sécurité contre sa dresseuse.

Avec toute la mauvaise volonté du monde, la jolie blonde s'était enfin extirpée de la couette qui semblait la retenir, dans un grognement contrarié. Elle serait bien resté là, à fixer les gouttelettes ruisseler le long des vitres mais elle savait au fond d'elle que ça n'aurait pas été raisonnable, elle était nouvelle, elle ne voulait pas paraître pour quelqu'un de fainéant -surtout quelle réalité, elle était loin de l'être. D'un pas trainant, elle s'était détendue sous un jet d'eau brulant avant de s'habiller sobrement ; un jean et un sweet à capuche blanche sans doute deux froids trop grands pour elle où était dessiné un motif semblable à un Draco, enroulé sur lui-même, aussi paisible que la jeune fille qui le portait. Les mains dans les poches, elle quitta finalement son dortoir pour prendre un rapide déjeuner au réfectoire ; un petit bol de ramen, assez consistant pour lui faire tenir la journée, trop peu pour réellement la nourrir -depuis la mort de sa mère, l'appétit l'avait quitté. Elle était loin d'être maigre, mais son manque de forme la trahissait, là où certaines jeunes filles de son âge avaient déjà des corps de femme. Après avoir prit soin que Lua mange à son tour, elle avait finalement quitté l'établissement, sa capuche sur la tête, prête à partir on ne sait où.

Ses pas la guidèrent finalement au lac, une nouvelle fois. Quelques jours auparavant, Tael avait fait ici la rentre de Liam, un jeune garçon natif de Johto, tout comme elle et avec qui elle s'était rapidement liée d'amitié. Sa première rencontre concrète, la seule, pour le moment. Elle avait beau être une fille sociable et joyeuse, le manque de temps jouait en sa défaveur, côté sociabilité. La journée, les cours lui prenait de nombreuses heures et le soir venue, la blonde s'écroulait dans les bras de Morphe qui semblait l'attendre à chaque fois de pied ferme, prêt à l'accueillir au creux de ses bras rassurants qui la faisaient sombrer dans un profond sommeil sans rêve, son compagnon bien au chaud contre elle. D'un mouvement rapide, elle sortit de la poche un objet qui, dans notre mode à nous, serait apparenté à un ipod, un genre de baladeur fin qui lui permettait d'écouter de la musique lorsque l'envie lui prenait. Tâchant d'éviter la pluie, elle choisit rapidement la mélodie qui lui convenait avant de reprendre sa marche silencieuse aux côtés d'une Lua que la pluie semblait impressionner que très peu, courant malicieusement au bord de l'étendue d'eau calme.

When you try your best, but you don't succeed
When you get what you want, but not what you need
When you feel so tired, but you can't sleep
Stuck in reverse



Son beau regard clair et bleu se mit à fixer un point invisible sur l'horizon, plus loin encore que la rive opposé du lac où elle marchait. Avec la pluie, la neige avait parfois disparu par endroits, ce qu'elle trouvait dommage. Elle aimait la neige, chez elle, c'était une chose rare qu'elle trouvait belle, pure, rendant les paysages aussi merveilleux que mystérieux. Mais étrangement, Tael aimait encore plus la pluie.

La pluie avait une beauté que la Pyroli n'expliquait pas. Elle donnait une atmosphère à part au monde, plus sombre et poétique que les rayons du soleil où les flocons de neige qui étaient encore offerts à l'île quelques jours auparavant. Dans cette atmosphère, Tael se sentait bien, comme si elle était en parfaite osmose avec elle. Au-dessus de sa tête, d'imposants nuages noirs grondaient, comme s'ils étaient en colère pour une raison que personne ne pouvait deviner. La pluie lui rappelait ces longues soirées dans la chaleur de son foyée, entourée de ses parents, encore ensemble, à l'époque, avant que la mort emporte l'un d'eux. En fermant les yeux tout en marchant de son pas calme, Tael put encore deviner l'odeur du parfum de sa mère alors qu'elle lui lisait un livre contant la légende de Hentei, sur un fauteuil tout près de la cheminée familiale alors que dehors, la pluie et le tonnerre régnaient en maitres. Elle se souvenait de l'orage qui résonnait à l'extérieur, mais elle en avait que faire ; au creux des bras de sa mère, elle était en sécurité, pourquoi cela l'aurait inquiété ? Mais tout cela était terminé, loin derrière elle. Sa mère n'était plus de ce monde et la pluie était à présent qu'un ami fidèle qui lui rappelait de temps à autre des souvenirs heureux. Terminé.
Quand on tombe dans l'eau, la pluie ne fait plus peur.

And the tears come streaming down your face
When you lose something you can't replace
When you love someone, but it goes to waste
Could it be worse?



Perdue dans ses pensées, Tael ne vit tout d'abord pas son Evoli s'éloigner de plus en plus, comme si une présence invisible l'appelait, inconsciemment. Perplèxe, la jeune fille la suivit sans chercher à la rappeler à l'ordre, pensant que cette dernière avait sans doute une bonne raison de partir ainsi jusqu'à disparaitre derrière un rocher crochu qui aurait pu aisément servir d'abri de fortune. Les sourcils froncés, la belle avança encore et toujours, voyant à présent dépasser du rocher en question que le bout de la queue de Lua qui ne revenait toujours pas. Mais plus Tael avançait, plus un pressentiment étrange lui nouait l'estomac, comme si elle avait peur de découvrir ce qui se cachait sous l'énorme pierre. Se voulant discrète, elle fit tout juste assez dépasser sa tête pour voir ce sur quoi Lua avait bloqué.

Puis elle la vit. Elle. Petite poupée aux cheveux aussi noirs que les plumes d'un cornèbre et aux grands yeux marron qui la fixait à présent d'un air étonné, comme si elle avait vu quelqu'un revenir d'outre-tombe. Mais Tael, était tout aussi surprise qu'elle. Iris. Voilà des années qu'elle ne s'était plus vu. La vie les avait éloignés mais en clignant des yeux, elle vit la jeune fille quelques années plus tôt, encore à l'âge où tout devrait n'être qu'innocence et douceur. Elle la revoyait lovée contre elle, dans son lit, comme de nombreuses fois lorsqu'elles étaient toute deux enfants. Iris avait une vie compliquée et de temps en temps, cette dernière venait décompresser chez Tael. Pour elle, la porte était toujours grande ouverte.

Lights will guide you home
And ignite your bones
And I will try to fix you


La musique se stoppa.
Elle était là, recroquevillée sur elle-même, la main posée sur une Lua qui était venue à sa rencontre, le regard joyeux. Découvrant sa chevelure presque blanche, trempée à présent, Tael se glissa sous la pierre humide.

- Iris... C-c'est bien toi ?

Un sourire aussi doux qu'autrefois vint peinturlurer les traits de son visage qui étaient jusque là tirés alors qu'elle s'accroupissait pour se mettre à la hauteur de son amie d'enfance, dont le regard était toujours aussi triste.

- Jamais je n'aurais pensé te revoir... avait-elle finalement lancé d'un ton ému sans savoir vraiment quoi dire, encore sous le choc d'être tombée sur cette jeune fille qu'elle n'avait pas vue depuis si longtemps.

Oui...
Cette journée aurait dû être comme les autres. Simple, sans grandes folies. Ordinaire.
Mais parfois, la vie fait bien les choses.


codage par LaxBilly
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Message Sujet: Re: Ton sourire murmure les mots que je ne saurais dire [Ft. Taël]   Ven 9 Fév - 19:48


-Jamais je n'aurais pensé te revoir...      

    Cette fille, elle la connaissait bien. Elle la connaissait réellement. L'une des amies les plus précieuses qu'elle ai jamais eues. A l'époque où elle vivait encore à Johto, à l'époque où sa mère s'était montrée plus dure que jamais envers elle, elle avait toujours pu compter sur le soutien de cette jeune fille qui la rassurait. Iris allait souvent la voir lorsqu'elle n'allait pas bien, lorsqu'elle avait besoin de se trouver loin de sa mère. Lorsqu'elle avait besoin d'un peu de calme. Même si elle savait qu'elle ne pourrait rester indéfiniment chez son ami, sous peine que sa mère ne la recherche. Dans ces moments, la Mentali s'était toujours demandé si elle l'aurait recherchée par amour ou simplement parce que son père l'aimait. L'adolescente ne voulait pas y songer.

     Iris n'avait pas réfléchi.

    Elle se jeta dans les bras de la jeune fille, de manière si maladroite qu'elle manqua de la faire chuter à la renverse. Elle la serra contre elle aussi fort que ses maigres bras le lui permettaient, fermant les yeux.

-T-T-Taël ! Qu'est-ce que tu fais ici... je suis tellement heureuse, j'aurais jamais pensé te revoir ! J'ai déménagé tellement de fois et... Ça me semblait presque impossible de pouvoir te retrouver ici, le monde est tellement grand...

    Il y eut un long silence. Mais elles n'avaient pas besoin de parler pour se comprendre. Parce que toutes les deux savaient à quel point elles étaient heureuses de se revoir. Même si... Iris était sous le choc. Parce que leur séparation avait été tellement brutale. Iris n'avait même pas prit le temps de dire à son amie qu'elle partait. Parce qu'elle n'en avait jamais vraiment eu le temps, en réalité. L'incident avec sa mère était survenu la veille même de son départ. Iris avait pensé le dire à Taël ce jour là. Mais elle n'avait jamais pu. Parce que sa mère lui avait interdit de sortir, car elle voulait que sa fille révise, prépare les cartons du déménagement. Iris l'avait fait Et le lendemain, elle était partie dès la première heure. Elle avait filé, ses bagages prêts, sans même dire au revoir à sa mère. Comme si elle avait simplement... prit la fuite. Ce qui s'était en quelque sorte passé, en réalité. Elle avait eu tellement mal.
         La jeune fille recula doucement, jusqu'à ce que son dos ne vienne heurter la pierre. Elle se laissa tomber sur le sol tandis qu'elle observait Taël, lui faisant signe de s'asseoir près d'elle. Iris n'en revenait pas. Elle ne s'était pas attendue à la retrouver ici, après presque deux ans de silence. Deux ans durant lesquels elle ne lui avait pas donné la moindre nouvelle, deux ans durant lesquels elle n'avait tout simplement pas pu la contacter.  

-Woaw. Tu peux pas savoir à quel point je suis surprise et tellement heureusement. Bon sang Taël, je me rends compte que je suis partie sans te prévenir et que tu as du te demander où j'étais passer. Je te l'avais dis pourtant, que je m'étais inscrit pour aller dans une école de ranger... enfin je crois. Sauf que je t'avais pas dis quand est-ce que je partais et... je comptais le faire sauf que... Sauf que...

    L'adolescente déglutit. Elle poussa un long soupir, nerveuse.

-Ma mère m'a empêchée de sortir parce qu'elle voulait que je révise et que je prépare les cartons du déménagement. Alors j'ai même pas pu te voir parce que le lendemain je suis partie à la première heure, j'ai même pas dit au revoir à mon père. Ouais, on peut considérer que j'ai fugué en quelque sorte. Mais... Tu sais comment était ma mère... j'en pouvais plus. Je suis désolée.

    La jeune fille soupira. A ce moment là, elle se souvint que Taël n'était pas au courant pour son accident, pour ce qui lui était arrivé. Pour ses jambes, pour son opération précipitée, pour son départ à l'improviste à Sinnoh... pour son père. Au final, elle ne savait même pas si elle devait le lui dire, ou garder ça secret.
         L'adolescente se leva doucement, ses jambes tremblant dangereusement, manquant de la faire chuter en arrière. Elle parvint à se rattraper au dernier moment, avant de s'approcher, passant la tête hors du rocher. Une lumière aveuglante vint lui frapper les yeux. Aidée de son bras, elle se protégea un instant, le temps de s'habituer à la lumière. Un sourire emprunt de mélancolie lui fendit le visage, lorsque son regard se promena sur le lac. La pluie s'était arrêté. Et le crépuscule se posait doucement, illuminant le lac baigné dans un doux silence.

       
Ton sourire murmure les mots que je ne saurais dire

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Message Sujet: Re: Ton sourire murmure les mots que je ne saurais dire [Ft. Taël]   Mar 20 Fév - 12:13



Tael & Iris


Ton sourire murmure les mots que je ne saurais dire...



Dans un sourire ému, la jolie blonde accueillit au creux de ses bras cette amie de longue date que la vie avait éloignée avant de finalement la lui faire retrouver. Elle tint bon sur ses deux jambes tandis qu’elle lui rendait son étreinte, le nez dans ses cheveux couleur ébène. Combien d’années étaient passées ?... Trop nombreuses pour être comptés. Tael avait, après quelques semaines de larmes tenté de prendre le départ d’Iris avec philosophie, comme elle le faisait toujours ; si la vie voulait les réunir, elle le ferait. Et ce jour était arrivé, là, en cette froide journée d’hiver, trempées l’une contre l’autre.

- Je suis si heureuse, si tu savais… Lui souffla doucement la blonde avant de l’écouter dans un sourire doux, la laissant se détacher d’elle pour lui offrir un regard où il était possible de lire à quel point elle était émue de la retrouver. Un regard rempli d’affection. Oui... Je me le suis demandé plus d’une fois… Elle vint s’asseoir aux côtés de son amie, laissant à Lua tout le loisir de venir s’asseoir au chaud contre elle. Mais tu sais, je crois que je me suis toujours doutée que tu finirais par partir comme ça. Ça coulait de source, au fond.

Oui. Tael aurait dû s’y préparer depuis un bon moment mais à l’époque très jeune, elle s’en était moins doutée que voulue. Soupire. Qu’importe. Maintenant elles se retrouvaient toute deux ici, à Pokémon Community et la jeune fille n’en avait que faire du passé. Le sien aussi, elle tentait de le laisser derrière elle. Était-elle seulement au courant de la mort prématurée de sa mère ?... Non, sans doute pas. Et elle ne tenait pas spécialement à le lui annoncer pour le moment, déjà, pour ne pas se faire du mal et surtout, pour ne pas gâcher ces retrouvailles que Tael avait rêvées de nombreuses fois. La voyant se redresser avec difficulté, elle resta bien derrière elle, les sourcils froncés, l’esprit remplis de question. Lorsque Iris faillit chuter, Tael vint la maintenir avant de finalement la laisser quitter son abri de fortune et en fit de même, soupirant d’aise en voyant le ciel enfin dégagé prendre lentement de douces couleurs orangées propres à une fin de journée. La bouche de Tael s’ouvrit, rompant le silence :

- Tu n’as pas à t’excuser Iris. Tu as fait ce qui te semblait le mieux sur le moment. Et tout cela n’a aucune importance, nous nous sommes retrouvées. D’un délicat mouvement du poignet, elle vint lui attraper la main. Où étais-tu pendant toutes ces années ? Je veux tout savoir… Explique-moi comment tu es arrivée ici.

Ses grands yeux bleus prirent une expression curieuse, impatiente de rattraper le temps perdu, la main dans la sienne. Un petit grondement résonna derrière elles ; Lua, visiblement peu ravie d’être mise de côté.

- Oh, et voici Lua… Mon premier pokémon.


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Message Sujet: Re: Ton sourire murmure les mots que je ne saurais dire [Ft. Taël]   Mer 7 Mar - 12:55


-Où étais-tu pendant toutes ces années ? Je veux tout savoir… Explique-moi comment tu es arrivée ici.

    Iris demeura muette. Elle se contenta simplement de caresser la tête du petit Evoli qui accompagnait Taël, sans réel sourire ni véritable expression sur le visage. Elle paraissait pensive. Elle n'était jamais véritablement partante lorsqu'il s'agissait de confier son passé, mais cette fois... cette fois c'était différent. Elle avait retrouvé son amie, une amie chère, une amie envers qui elle avait toujours pu avoir confiance par le passé. Alors... pourquoi ne serait-ce plus le cas maintenant ? Taël semblait toujours aussi douce, débordante de gentillesse. Iris savait qu'elle pouvait lui faire confiance, que son amie l'aiderait en cas de besoin. La jeune fille avait sans doute remarqué les difficultés de la brune pour se déplacer. Ses jambes tremblaient. La Mentali, debout, s'était adossée contre le grand rocher qui précédemment lui avait servi d'abri, croisant les bras contre sa poitrine. Elle regardait le ciel, que le crépuscule avait voilé de sa robe d'ambre. Elle inspira, profondément, tandis que Diana flottait près d'elle, l'observant d'un air inquiet.

-T'es sûre que tu veux tout savoir, Taël ? Demanda finalement la jeune fille, brisant le silence qui venait de prendre place. C'est plutôt... long à raconter.

    Durant quelques secondes, la brune se montra hésitante. Comment réagirait Taël lorsqu'elle apprendrait tout ? Iris avait beau placer une immense confiance envers la jeune fille, le fait de ne pas l'avoir vue durant un long moment la faisait douter.

-Bon, et bah commençons.

    Elle prit une grande inspiration, fermant les yeux l'espace de quelques secondes.

-Je m'étais inscrite dans une école de Ranger, parce que mon père avait toujours voulu que j'en sois une et comme il était dans un sale état, je ne voulais pas le décevoir. Je devais te l'annoncer ça, que je partais, sauf que la veille de mon départ j'ai eu... un souci avec ma mère. Le visage d'Iris se crispa. Donc j'ai... « fugué » en quelques sortes. J'ai pris mes affaires, et je suis partie sans prévenir mes parents, même pas mon père. Et j'y arrivais pas, dans cette école de ranger. J'avais beau faire ce que je pouvais... on sait toutes les deux à quel point j'étais mauvaise à l'école, hein ?

    La Mentali eut un rire amer, sans joie. Son visage était voilé de tristesse. Elle reprit.

-Et c'est dans cette école que j'ai failli finir comme mon père. Enfin... tu sais que mon père ne pouvait plus marcher à cause d'un accident dans une de ses missions de Ranger ? Et bah... moi c'est presque pareil. Un jour pendant une excursion où on devait dormir à la belle étoile, j'ai capté un bruit. Le prof' est parti, et moi... moi j'ai suivi alors qu'il nous avait dit de pas bouger. Il y avait un incendie dans une ferme non loin de là où nous étions. Sauf que... j'ai été inconsciente sur le coup. J'ai foncé vers la ferme parce que je ne voulais pas laisser des innocents comme ça et je voulais que personne ne meure, et je voulais prouver ma valeur. Dans une grange il y avait un petit garçon qui appelait à l'aide, il était coincé à cause d'une poutre qui lui bloquait le passage. Je suis allée le sauver, et il est parvenu à fuir. Pas moi. Une poutre m'est tombée dessus, m'a empêchée de bouger, puis plus rien, le noir. Et je me suis réveillée je ne sais pas combien de temps plus tard dans un lit d'hôpital.

    Elle prit une courte pause, se laissant tomber contre le rocher afin de pouvoir être assise, sur le sol. Elle invita Taël à s'asseoir à ses côtés, tandis qu'elle braquait son regard perdu sur le lac.

-Ma mère est arrivée et elle m'a apprit beaucoup de choses. Notamment que cette lâche qui n'était pas capable de s'occuper de sa gosse m'envoyait chez son oncle, ou alors que... que mon père n'était plus là. Et c'est aussi là que j'ai appris que mes jambes étaient fragilisées. J'avais dû subir une opération d'urgence pour ne pas en perdre l'usage.

    La jeune fille paraissait détachée. Diana l'observait, l'air tantôt inquiet, tantôt perplexe. Iris avait fermé les yeux. Elle respirait fortement, elle semblait bouleversée par ce qu'elle venait de raconter. Mais elle refusait de le laisser transparaître. Peut-être s'était-elle légèrement emportée, peut-être que Taël ne voulait pas tout savoir. Après tout, elle lui avait simplement demandé de lui dire où elle était passée toutes ces années, comment elle était arrivée là. Alors la Mentali, se rattrapant, lui expliqua très vite qu'après quelques mois passés chez son Oncle, elle avait entendu parler de la Pokémon Community. Et elle avait désiré y partir. Y partir pour être loin de sa cousine, pour cesser de subir la pression familiale, et pour peut-être, enfin, trouver sa voie.

-Et voilà, maintenant tu sais tout. Du coup... T-Tu es dans quel dortoir, au fait ?

   Une tentative de changer de sujet plutôt maladroite. Mais c'était plus fort qu'elle. Iris n'aimait pas parler de ça.
Ton sourire murmure les mots que je ne saurais dire

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Ton sourire murmure les mots que je ne saurais dire [Ft. Taël]
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